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LA HACHE DE LA VENGEANCE
Dès l'arrivée des premiers colons sur les rivages d'Amérique,
les Indiens n'ont cessé de lutter pour conserver leurs terres.
Finalement, en 1753,
des traités furent signés avec les Anglais et les Français,
et le peuple indien apprit à vivre en paix avec ses nouveaux voisins.
Du moins en apparence...
VIRGINIA MONITOR 10 juillet 1753
1. Course de chevaux. 20 participants. 5 pounds pour le vainqueur.
2. Compétition de lutte. Deux boucles d'argent pour le vainqueur.
3. Une paire de bas de soie sera offerte à la plus jolie demoiselle.
4. Concours de tir à la corde entre deux équipes.
Apparemment, ce garçon n'a pas appris que dans les livres !
Disons qu'il a plus d'une corde à son arc,
Colonel Washington !
Je parie 5 guinées sur l'Indien !
Mademoiselle Leeds appuie les chances de votre élève.
Voyons ?
Personne n'a le courage de tenir mon pari ?
5 guinées sur l'Indien !
- Gouverneur Dinwiddie. - Bonsoir, Mademoiselle Leeds.
Ce n'est pas l'amour du jeu qui me fait relever votre défi,
mais le désir d'être remarqué par la plus éblouissante beauté du pays.
Et comme je n'ai que ce moyen...
On n'est pas plus galant, Monsieur le Gouverneur.
Pardonne-moi, ma chère Elizabeth,
mais je trouve inconvenant d'appuyer les chances d'un Indien.
Ce sera insultant...
si mon Indien gagne.
Reconnaissez avec moi, Felissa, qu'Elizabeth Leeds...
Hormis Jézabel, aucune femme ne pourrait vivre dans cette taverne !
Votre élève semble en mauvaise posture.
Cinq autres guinées, Elizabeth ?
Tenu !
- Lui avez-vous appris cette prise ? - Moi ?
C'est la position des Indiens pour scalper !
Chers amis,
Jeune homme, vous avez gagné les boucles d'argent.
- Et mon admiration. - Merci beaucoup.
En un an, votre anglais est devenu aussi bon que votre lutte.
Ou bien vous êtes un élève exceptionnel, Prince Hannoc,
ou bien, vos deux amis sont des professeurs exceptionnels.
Vous semblez apprécier notre protégé, Gouverneur.
A vrai dire, je le jalouse.
A cause de certains regards de Mademoiselle Leeds,
je n'ai jamais tant regretté
de m'être adonné à la politique plutôt qu'à la lutte !
Et maintenant, la plus belle récompense.
Le vainqueur
doit remettre son prix à la plus belle des jeunes filles présentes.
Mademoiselle Elizabeth Leeds.
C'est d'un goût déplorable.
Je refuse de voir un sauvage te remettre une paire de bas !
Avoue que cette remise de prix a tout de même du piquant !
Mademoiselle Leeds.
Notre ami, le Prince Hannoc,
fils de Shingiss, grand chef de la nation indienne des Delawares,
a l'honneur de remettre son prix à la Reine de beauté de la colonie.
Un prince ?
Comment se fait-il que je ne l'ai jamais rencontré ?
Peut-être ne suis-je pas l'homme qui convient...
Si, Hannoc. Vous êtes l'homme qui convient.
C'est le lieu qui ne convient pas.
Veuillez garder ces bas.
- Les garder ? - Vous me les remettrez ce soir.
Chez moi.
Eh bien...
Je suis très honoré, Mademoiselle Leeds.
Et d'ici ce soir, nous aurons appris à notre ami
comment il sied de se conduire avec une jolie femme.
Si vous le permettez, Colonel Washington,
je préfère le lui apprendre moi-même.
A ce soir.
L'adversaire sera plus dangereux ce soir.
AUBERGE DU CYGNE BLANC
Elizabeth ne descends pas égayer cette soirée
de sa pétillante conversation.
Apparemment, ce soir, elle préfère être divertie à divertir, Appleby !
Allons, souriez. L'Indien n'osera peut-être pas s'aventurer parmi nous.
Je vous ai connu quand vous étiez encore enfant, Hannoc.
Alors, croyez-moi.
Une invitation d'Elizabeth Leeds, ça ne se refuse pas.
Elle m'a l'air d'y tenir particulièrement.
C'est vrai.
Mais plus, sans doute, par curiosité que par sympathie.
Je ne me fais guère d'illusions.
Souvenez-vous, Hannoc,
le coeur des femmes est un abîme insondable.
Si le colonel Washington et Monsieur Gist étaient de vrais gentlemen,
ils ne laisseraient pas Elizabeth en tête-à-tête avec un sauvage !
Si vous tenez à votre cuir chevelu, Appleby, n'insistez pas !
Personne ne parle à Hannoc sur ce ton !
Oh, vous vous estimez offensé ?
Parfait, l'Indien !
Un gentilhomme ne saurait lutter comme un portefaix.
Choisissez votre arme.
Un duel ? Vous perdez la raison, Appleby !
Hannoc n'a jamais tenu une épée !
J'accepte ce duel. Et je vais choisir une arme.
J'ai choisi.
Un hachoir ?
Vous appelez ça une arme ?
J'ai appris chez vous bien des choses.
Laissez-moi vous payer de retour !
Attendez !
Voilà, Monsieur Appleby, comment on peut se battre avec ça.
Une autre fois, réservez-vous le choix des armes, Appleby.
Vous êtes ponctuel, Prince Hannoc.
C'est une qualité que j'apprécie.
Est-il un homme qui retarderait la joie de vous voir ?
Vous avez aussi appris l'art des madrigaux.
Les Blancs sont férus d'escrime, celle à l'épée comme celle des mots.
La rencontre avec une femme est-elle pour vous un duel ?
On y risque une blessure au coeur.
Ah oui...
Vous avez peut-être été surpris de ma hardiesse cet après-midi.
Elle est due à la satisfaction d'avoir gagné mon pari.
C'est l'aspect pratique de la question.
D'un point de vue plus féminin,
j'ai été impressionnée par la manière dont vous avez gagné.
Vous m'en voyez flatté, mais peut-être vous laissez-vous
facilement impresionner ?
Comme toutes les femmes.
Mais, parfois, il survient un homme qui s'empare de notre coeur.
Grâce à son charme.
Son intelligence.
Sa force.
Et vous avez tout cela.
Oui, vous pourriez plaire.
Mais...
Je suis de sang indien.
Cela peut-il vous empêcher de m'embrasser ?
Oh, oui.
Mais non d'en avoir un désir ardent.
Et votre mission ?
Merci.
A mon tour de vous faire un cadeau.
Peut-être cette ceinture indienne vous sera-t-elle un gage d'amitié ?
- Où l'avez-vous eue ? - Eh bien...
Ma mère me l'a donnée.
Pour que je n'oublie jamais que coule dans mes veines
du sang Shawnee.
Du sang Shawnee ?
Mon père m'a donné ces cheveux roux pour me rappeler
que je suis à moitié blanche.
- Je... - Le vin donne de l'audace.
Il faut que j'essaie les bas.
Vous êtes plus blanche qu'indienne.
Vous ne pouvez partager la vie d'un Indien.
Comment pourrais-je le savoir ?
Et voilà.
Vous pourrez dire au Gouverneur que les bas m'allaient à ravir.
Alors, Hannoc ?
Hésitez-vous encore ?
Hannoc ?
Ha...?
Il y a quelque chose.
Attends-moi ici.
Elizabeth ?
Personne ne t'a vu, au moins ?
Je viens de voir l'Indien partir. La tâche semble moins aisée que prévu.
C'est un défi ?
Zuneau vient de m'apporter des nouvelles.
Les Indiens Miamis, arrivés avec Saint Pierre, attaquent demain.
Compte sur moi, John.
Les Delawares ne bougeront pas.
Je n'en doute pas. Mais je serais plus rassuré si le Prince Hannoc
était retenu par tes charmes.
Ce devrait être facile.
En douterais-tu ?
Non.
Les Indiens qui ont commis ce massacre
ont été identifiés, ce sont des Miamis alliés des Français.
Mais pourquoi une telle incursion des Français sans appui militaire ?
Sans appui ?
Ils construisent des fortins tout le long de l'Ohio.
Leur intention, Colonel,
est de relier leurs colonies du Sud avec le Canada,
et de nous enfermer à l'est des monts Allegheny.
Désormais, ils édifient des forts sur nos propres terres !
Voilà pourquoi je vous ai fait demander.
Je suis entièrement à vos ordres.
Il faudrait gagner les Delawares à notre cause.
C'est la tribu la plus puissante.
Si elle se joint à nous, d'autres les imiteront.
D'accord, mais Shingiss, leur chef, a toujours voulu rester neutre.
Si la guerre arrivait jusqu'ici, il ne le pourrait plus.
Il faut convaincre Shingiss de devenir notre allié.
Je ferai tout ce que je pourrai.
Vous remettrez aussi une protestation formelle
au commandant du fort Le Boeuf, près du lac Erié,
et demanderez une réponse.
Je ne vous cache pas que votre voyage sera périlleux.
Gouverneur, si vous me donnez des hommes et du ravitaillement...
vous aurez tout dès demain matin.
L'existence de notre colonie dépend de votre réussite.
Vous devez réussir.
- Que Dieu vous garde. - Merci, Gouverneur.
Nous ferons tout pour éviter la guerre, Hannoc.
Mais nous combattrons s'il le faut.
Vous voudriez que je persuade mon père de se joindre à vous
pour déterrer la hache contre les Français ?
Les Français ont déjà pillé les autres tribus, Hannoc.
S'ils battent nos troupes,
rien ne protégera plus les villages et les femmes des Delawares.
Vous êtes mes amis et je suis prêt à combattre pour vous.
Mais demander à mes frères de mourir pour vous...
- Cela, je dois y réfléchir. - Le temps presse, Hannoc.
Je vous donnerai ma réponse avant que le soleil se soit levé.
Pour le salut des Delawares, j'espère qu'elle sera favorable.
Pour le salut de nos foyers, je l'espère aussi.
Eh bien, mes amis, nous tenons le cuisinier sans son hachoir !
Il a besoin d'une bonne leçon pour l'honneur d'Elizabeth Leeds !
Enlevons-lui l'envie de recommencer !
Vous êtes moins faraud, hein, sauvage !
Tu vois, mon chéri ?
Le ciel est avec nous.
Je commence à le croire.
Je ne vais pas rater une telle occasion.
Attends-moi à côté.
- Elizabeth ! - Appleby, l'homme courageux !
Vous êtes vraiment un héros, cher ami !
Vous mettre à trois contre un, ce n'est pas trop chevaleresque.
Mais, Elizabeth...
Prenez cette cravache et allez frapper votre cheval !
Vous risquerez encore moins.
Venez, il faut panser vos blessures.
Pourquoi êtes-vous revenu par ici, Hannoc ?
- Etait-ce pour me revoir ? - Je ne voulais plus vous revoir.
Peur ?
Elizabeth, pourquoi êtes-vous venue à mon aide ?
Parce que si vous êtes fier, je le suis autant que vous.
Vous m'avez quittée bien brusquement l'autre soir.
Je ne crois pourtant pas vous avoir offensé, Hannoc.
- J'ai eu tort. - Vous avez l'air préoccupé.
En effet.
Pour quelle raison ?
Le Colonel Washington m'a dit que les Français
s'infiltraient de plus en plus.
Ils construisent des forts partout.
Et chaque jour, leurs soldats marchent sur des terres indiennes.
Ne pouvez-vous oublier la politique un instant ?
Je dois donner ce soir une réponse à mes amis.
C'est donc si grave ?
Cela concerne mon peuple.
Elizabeth...
- Vous dites être de sang mêlé. - Oui ?
Alors, peut-être comprendrez-vous ce que j'éprouve.
Les Delawares peuvent-ils rester impassibles, comme mon père,
et laisser les Français piller leurs terres ?
C'est absurde. Les Français ne feront pas la guerre.
Ce n'est pas l'avis du Gouverneur Dinwiddie.
Demain, le Colonel Washington prendra la tête d'un détachement de 40 hommes
pour apporter une protestation au commandant français.
En quoi cela peut-il vous inquiéter ?
Il veut que je l'accompagne.
Et que j'obtienne de mon père de combattre à ses côtés.
Si la guerre se déclarait ouvertement.
Hannoc, refusez.
Vous tenez à voir la défaite de vos amis ?
Non. Non, évidemment, mais...
Je ne voudrais pas vous voir exposé, Hannoc.
Ne laissez pas les vôtres entrer en guerre.
Restez ici.
Vous serez encore là à mon retour ?
Votre décision est prise ?
Pourriez-vous aimer un pleutre, un lâche ?
Agissez selon votre conscience.
Je suis une femme et ne connais rien aux choses de la guerre.
Je vous attendrai.
Au revoir, Elizabeth.
John...
Tu as entendu ?
Oui.
Quel malheur.
40 pauvres bougres vont mourir...
Aucune route ne serait sûre.
Il faudra avancer à couvert.
Vous connaissez bien la région, Chris, qu'en pensez-vous ?
Une troupe de 40 hommes aura l'air d'une provocation
aux yeux de tout Indien préférant le cognac français au rhum anglais.
Nous arriverons plus vite par la route.
Nous y serons tués. Personne ne doit nous voir.
Hannoc a raison, George.
Le Gouverneur va nous dépêcher des Mohicans qui seront nos guides.
Nous pourrions habiller nos hommes en vert.
La couleur de la forêt à cette saison.
Bonne idée.
Hannoc, la sécurité de notre expédition repose sur vous.
Je suis heureux que vous soyez des nôtres.
Merci, George.
Continuez à échanger des compliments, si ça vous amuse.
Moi, je suis plus terre à terre.
Autant profiter de ce vin tant que j'ai encore mon scalp !
Ce sont peut-être les dernières heures que nous vivons dans la paix.
Mais si nous sommes attaqués, rendons-leur coup pour coup !
Messieurs.
- A la victoire. - A notre pays.
Ils pensaient nous échapper en évitant les pistes,
Monsieur Dellereaux.
Nous les avons découverts avant qu'ils ne rejoignent les Delawares.
Ils n'en sont plus loin. Nous devons agir cette nuit.
J'ai un plan.
Très bien, Major. Cette nuit.
- Vous entendez quelque chose ? - Non, rien.
Tout est calme. Trop calme.
Je vais doubler la garde pour cette nuit.
Ensemble, nous sommes exposés. Il faut scinder notre troupe.
Il faut établir deux campements.
Ainsi, en cas d'attaque...
Les assaillants pourraient être pris à revers.
Vous avez raison. Voulez-vous prendre la tête d'un groupe ?
Nous nous tiendrons dans la forêt à une centaine de mètres.
Ne dormez que d'un oeil, attention mes amis.
Merci, Hannoc.
J'ai encore beaucoup à apprendre sur les tactiques de guerre indiennes.
Si vous ne les aviez pas pris à revers,
je ne sais pas ce qui... Oh, mon Dieu...
Mon Dieu...
- Des Français travestis en Indiens. - Des Français ?
Ils voulaient nous empêcher de voir Shingiss sans déclencher la guerre.
Si nous avions été massacrés,
l'agression aurait été mise sur le dos des Indiens.
Leur ruse a échoué et cela nous rapproche de la guerre.
Mes amis, il faut nous mettre en route.
Mon père doit être informé au plus tôt.
Entendu. Faites lever le camp !
Nous entendons ces tambours depuis une demi-heure.
Mauvais signe. Je n'aime pas ça.
Moi aussi.
Nous allons au devant de la plus belle indigestion de notre vie.
Une indigestion ?
Ces tambours sont ceux de ma tribu.
Ils nous invitent à un festin de cérémonie.
Ecoutez ça.
Ils vont nous servir des cuisseaux d'ours rôti,
et du ragoût de porc-épic.
Oui, il faut bien faire les choses.
Un Prince regagne son pays.
Ne fais la grimace, Davey.
Avec ça sur la tête, c'est le meilleur moyen de garder son scalp.
- Bonsoir. - Vous souvenez-vous de Morna ?
Bien sûr que oui.
C'était une petite biquette adorable.
Morna !
J'ai vingt deux printemps, à présent !
Ah oui, tu es devenue une jolie jeune femme.
- Tu te souviens de ton oncle Chris ? - Je me souviens de tout.
Du langage que vous m'avez enseigné, ainsi qu'à Shingiss.
Je l'ai parlé avec des trappeurs blancs.
- Je n'ai rien oublié. - As-tu vu Hannoc ?
Non.
Vous croyez qu'il se souvient, lui ?
Bien sûr, Morna.
Tu n'as jamais cessé de l'aimer, n'est-ce pas ?
Jamais.
- Où est Hannoc ? - Il est avec Shingiss.
- En grand conseil. - Je vais y aller.
Non, non ! Attends un peu !
- Alors, il est bon, ce poulet ? - Hum, un peu spécial.
Bien sûr, c'est du serpent à sonnette.
Les Delawares sont une tribu puissante.
Avec beaucoup de terres et de terrains de chasse.
Et de vaillants guerriers.
Que pourraient-ils contre les canons des Blancs ?
Les Français vous envahiraient en deux semaines.
Et toi, mon fils,
donne ton avis.
J'ai appris à faire confiance au Colonel Washington.
- Il faut beaucoup... - ...y réfléchir ?
Y réfléchir, oui.
Mais à présent, je veux fêter le retour de mon fils parmi nous.
Cela remplit mon coeur de joie.
Attendons quelques lunes, et il sera Roi.
Et son peuple sera bien gouverné.
Alors, rejouissons-nous.
Buvons et dansons toute la nuit !
Il faut fêter le retour de Hannoc !
Hannoc !
Le grillon !
Notre petit grillon qui se battait et chassait comme un homme !
Voyez ce qu'elle est devenue !
Une femme.
Hannoc, nous avons beaucoup à parler.
Je suis prêt à t'entendre.
Nous nous retrouverons à la fête.
Un jour, elle deviendra Reine.
Je veux que rien ne vienne troubler l'union que j'ai souhaitée.
Depuis toujours, je l'aime comme ma fille.
Et je la destine à être Reine.
Hannoc s'en souvient-il ?
Lui seul peut répondre à votre question, Shingiss.
Est-ce qu'une femme blanche...?
- Shingiss... - Mon fils s'est instruit.
Il possède le savoir de l'homme blanc.
Dans sa tête.
Mais il doit garder l'union du peuple indien.
Dans son coeur.
Nous aurions pu aller moins loin pour parler, Morna.
J'avais une raison de t'amener ici, Hannoc.
Regarde.
Je ne vois qu'un vieux tronc d'arbre.
Non, ce n'est pas cela.
Peut-être te souviens-tu à présent ?
Tu te souviens ?
Tu voulais prouver à Morna ta grande force.
Alors, tu as tiré une flèche dans ce vieil arbre.
Tu m'as dit ensuite que ton amour avait
autant de force que ton bras.
Et qu'il dureraitaussi longtemps que cette flèche resterait plantée là.
Et la flèche est toujours là.
Morna, tu sais que je t'aime.
Je t'ai toujours aimé, comme une soeur,
pas comme une femme que l'on veut épouser.
- Pas comme une femme... - Petit grillon, je t'en prie...
Morna !
Non, non, Mogu, je ne peux plus rien avaler.
Ami d'Indien doit manger !
Mais c'est que j'ai l'estomac plus que garni.
Mange !
Mange !
Est-ce que c'est encore du ragoût de porc-épic ?
- Non. Pas porc-épic. - Ah non ?
C'est du rat !
Lui changé couleur ! Trop visage pâle.
Morna !
Le coeur de Shingiss est lourd aussi.
Nous l'avons perdu tous les deux.
Les hommes blancs m'ont pris mon fils.
Ils m'offrent en échange la guerre et la mort.
Père...
Vous avez toujours cru que vivre avec les Blancs est néfaste.
Mais vous ne les connaissez pas.
Vous n'avez jamais vu leurs villes.
Ils sont pleins de sagesse.
Et cette sagesse, je peux l'apporter à notre peuple.
Pleins de sagesse, alors qu'ils ne font que s'entretuer ?
- Sagesse, faire la guerre ? - Père, comprenez donc...
Ils m'amènent leurs luttes, la guerre...
Et un fils qui n'est plus indien.
Un fils qui pense pouvoir faire d'une femme blanche son épouse.
La mère de cette femme était une indienne Shawnee !
Va dire à tes amis
qu'il n'y aura pas de traité entre Shingiss et leur peuple !
Je ne combattrai pas pour eux.
Les Delawares resteront seuls.
Alors les Delawares mourront seuls.
Halte !
George, Chris.
Il ne vous reste plus un long chemin à faire pour atteindre Fort Le Boeuf.
Peut-être ma compagnie ne vous est-elle plus nécessaire.
Vous voulez nous quitter ?
Mon père serait aujourd'hui votre allié si je n'avais pas été là.
Voyez-vous, Hannoc,
tout homme est libre d'élire la femme de son coeur.
- Et quand le coeur a parlé... - Hannoc.
Tout peut encore arriver avant d'avoir atteint le fort.
Nous avons besoin de vous. C'est tout ce que j'ai à vous dire.
Et c'est assez.
J'espère pouvoir réparer le mal que j'ai fait.
Il ne faut pas rester ici pour la nuit.
Debout ! En avant !
Nous sommes sûrs qu'ils étaient guidés par des Indiens.
Aucun Anglais n'aurait pu déjouer notre piège.
Hannoc était avec eux.
Nous devons en déduire que Washington s'est assuré l'aide de Shingiss
avec le secours d'Hannoc.
Mais je connais Shingiss, il exigera un traité.
Et avec lui, cela n'ira pas sans discussions.
Bien sûr. Et Shingiss voudrait une contrepartie.
Alors, nous avons le temps.
Le temps de quoi ?
Le temps de faire comprendre à Shingiss
qu'il a fait un marché de dupe
et qu'il peut encore tout sauver.
Ça ne sera pas si facile que vous le croyez.
Si nous décrétions que le sol sur lequel les Delawares vivent
est un territoire français,
les Delawares seraient obligés de se ranger de notre côté,
pour ne pas perdre leur terre.
- Il y a quelque chose ? - Un village d'Hurons-Wendat.
Hurons-Wendat ? Dans cette contrée ?
Ce sont des Indiens pro-Français de Détroit !
D'abord les Miamis, maintenant les Wendat...
Nos ennemis masseraient des renforts indiens dans la région.
Ça n'est pas tout.
Je n'ai vu que des femmes et des enfants.
Tous les hommes sont partis.
Mais tous les hommes ne seraient pas à la chasse.
Ou je me trompe fort, George, ou l'ennemi prépare quelque chose.
Je ne vois qu'une chose à faire.
Remettre notre protestation au fort et quitter la région au plus vite.
Tout autour de nous sent la poudre. Et un rien, Messieurs,
peut provoquer l'explosion.
Soyez le bienvenu au fort Le Boeuf, Colonel Washington.
Merci, Commandant.
Ma venue doit sans doute vous surprendre.
Toute visite en ces lieux désolés est une surprise, Colonel.
Et quand il s'agit de visiteurs de marque...
Par chance, nous possédons un fort bien aménagé.
Nous nous proposons de rendre votre séjour des plus agréables.
Merci, Commandant.
Lieutenant, menez les hommes à leurs quartiers.
Je serai très heureux de partager mon logis
avec l'émissaire de son excellence, le Gouverneur Dinwiddie.
Vous semblez au courant de ma mission, Commandant.
J'allais répondre... "C'est la guerre, Colonel !"
Mais ce n'est pas encore l'heure d'en parler.
L'heure ne dépendra que de vous.
Nous allons ?
Ils sont entrés.
Le tout, maintenant, est qu'ils puissent sortir.
S'ils ne sont pas revenus dans les douze heures,
il faudra aviser.
Ces messieurs du fort seront peut-être surpris.
Alors...
Votre Gouverneur Dinwiddie nous demande
d'abandonner ces territoires,
et les excellents forts que nous avons construits.
C'est une question de propriété, Commandant.
Vous avez construit sur des terres qui ne vous appartenaient pas.
Mon Roi n'est pas de votre avis.
Bien.
Il ne me reste plus qu'à partir rendre compte à mes supérieurs.
Je crains que cela ne soit pas possible pour le moment.
Et pourquoi ?
Les abords de ce fort sont peuplés de tribus hostiles aux Anglais,
et tant que je ne pourrai garantir votre sécurité...
Ne vous inquiétez pas de ma sécurité et laissez-moi m'en aller.
Votre demande rend ma tâche difficile, Colonel.
Alors, je suis prisonnier ?
Oh, le mot est un peu gros.
Disons que vous resterez notre hôte
pendant quelques jours.
Les guerriers Wendat n'étaient pas dans leur village.
La garnison du fort est réduite de moitié,
et vous me retenez prisonnier.
Pourquoi ?
Nous voulons être libres de nos mouvements, Colonel.
D'autant plus que mes hommes et les Wendat
sont en route pour occuper d'autres territoires.
Des territoires Delaware.
Ne mettez pas ce projet à exécution, Colonel.
Mes gardes n'en goûteraient pas tout le sel.
Je n'ai aucune intention d'en discuter avec eux.
Bonsoir, Commandant.
Vous entendez, Colonel ? Ce sont eux.
Et avec ces Français qui gardent nos armes,
nous sommes incapables de les aider.
Ces hurlements semblent venir de plus près.
Bien. Eteignez les lumières.
Nous prendrons les fusils à la poudrière.
Faites sauter la poudrière, ils ne pourront nous poursuivre !
Ils sont en route pour attaquer les Delawares.
Je ne sais si nous arriverons à temps.
Nous campons ici cette nuit, Capitaine Jumonville ?
Non, nous devons atteindre ce soir la Grande Crique.
C'est là que nous devons prendre contact avec les Wendat.
Ils arrivent en pirogue par la rivière.
C'est voulu.
Le plan consiste à converger vers les Delawares de deux directions.
Nous allons traverser les marais.
Que les hommes gardent leur poudre au sec.
Compagnie, en avant !
Les Wendat descendent la rivière en pirogues de guerre !
Et les Français sont en marche à travers la grande prairie.
Les Français et les Wendat ?
Que mes guerriers se tiennent prêts.
Et que pas un ne lance le tomahawk avant d'en avoir reçu l'ordre.
Les traces sont plus fraîches. Nous les rattrapons.
Shingiss, le Roi de la nation des Delawares,
souhaite la bienvenue à ses frères blancs.
"Ses frères" ?
Si Shingiss veut être le frère du grand Roi de France,
il me permettra d'enfouir cette plaque dans le sol sur lequel il vit.
Plaque ? Que signifie cette plaque ?
Je vais me faire un plaisir de vous dire ce qu'elle signifie.
En l'an de grâce 1753,
durant le règne de Louis XV, Roi de France,
nous avons enfoui dans le sol du village de Shingiss,
Roi de la nation Delaware,
cette plaque de plomb près de la Rivière Ohio,
pour marquer notre prise de possession de ladite rivière,
et de toute l'étendue des territoires en vertu du traité...
Encore des mensonges de l'homme blanc.
Nous n'avons signé aucun traité.
Vous n'enterrerez pas cette plaque dans ma terre.
Alors, vous déterrez la hache de guerre contre notre Roi !
Si les Français veulent notre terre, qu'ils la prennent par les armes !
Monteaux !
Ils sonnent la retraite.
Ils vont regagner leurs pirogues. Coupez-leur la route !
Les Français ont prouvé que vos paroles étaient vraies,
George Washington.
Ils ne seront jamais les frères des Delawares.
Mais pour lutter contre eux,
les Delawares ne sont pas assez forts.
Ainsi, Shingiss vous accompagnera
pour tenir conseil avec votre grand chef blanc.
Dinwiddie.
Si un bon traité est proposé, les Delawares combattront
aux côtés des Anglais.
Vous ne le regretterez pas, Shingiss.
- Il y a une condition. - Dites.
Nous ne partirons avec vous que si Morna nous suit.
Mais père, c'est un voyage rude, même pour des hommes.
Les hommes marchent, mais les grillons volent !
Et puisque tu redoutes que ses forces la trahissent,
je te charge de sa protection durant le voyage.
Saint Pierre a été lamentable.
Jamais Washington et ses hommes n'auraient dû s'échapper du fort.
- Il a été aidé par cet Indien. - Hannoc, encore !
Et Washington amène Shingiss ici.
Tes plans pour empêcher l'alliance entre les Delawares et les Anglais
ont échoué, John.
A qui la faute ? Hannoc devait être à la dévotion.
Et je compte bien qu'il le soit.
Il m'aime, John. Tu l'as entendu.
Nous voici, Shingiss, au terme de notre voyage.
Williamsburg, notre cité, a hâte de vous accueillir.
Voilà un bien grand village, mais paisible.
On n'y voit point de fort aux hautes murailles,
de canons, de soldats.
Je sens que ce village a été construit pour vivre en paix,
et non pour se battre.
Nous savons nous battre quand il le faut.
Nous voulons bâtir un monde où chaque homme sera libre.
Les Français viennent ici avec des armes françaises,
le ventre empli de vin français !
Nous faisons nos propres armes, notre propre vin,
pour être indépendants.
Les Français bâtissent des forts.
Nous, nous bâtissons une grande nation.
Votre sagesse est grande, votre coeur aussi.
Vous êtes digne de devenir le chef de cette nation.
- Et Shingiss dit que vous le serez. - Merci, Shingiss.
Je souhaite pouvoir être utile à mon pays.
Quant à toi, petit grillon, ne quitte jamais Hannoc.
Ces grands villages ne sont pas des villages indiens.
Seuls les visages pâles peuvent y rester toute leur vie.
Pour nous, ils sont pleins d'embûches.
Regardez-le, un vrai toutou attendant son collier.
Je dois admettre que Mademoiselle Leeds avait peut-être raison, l'autre soir.
Ça devient monotone. Ça ne change pas depuis deux mois.
Nous assistons tous les soirs à la même comédie.
Tenez ! Que disais-je ?
Une fois de plus, notre Elizabeth va se promener dans le parc avec lui,
main dans la main, comme des enfants.
Tout ceci n'est pas blâmable, Appleby. C'est anodin.
Veuillez m'excuser, il faut que je m'en aille.
Une affaire importante m'appelle chez le Gouverneur, ce soir.
Je pense que vous vous ennuierez autant que moi !
Morna.
Petit grillon.
Je suis venu te demander de me pardonner.
Vous pardonner quoi, Shingiss ?
Deux lunes sont maintenant écoulées
depuis notre arrivée dans le village de l'homme blanc.
J'espèrais te voir heureuse.
Mais le bonheur attendu cède le pas à la tristesse.
Que pouvons-nous si le coeur de Hannoc est à une autre ?
Ce n'est pas cette femme blanche qui devrait avoir son coeur.
Que lui veut-elle ?
Hannoc peut séduire toutes les femmes.
Tu es une fille courageuse, tu caches ta souffrance.
Aussitôt que nous aurons signé le traité d'alliance,
- nous retournerons dans notre village. - Et ce sera bientôt ?
Ce sera bientôt, je l'espère.
En ce moment, il y a grand conseil au palais.
Peut-être signerons-nous le traité demain.
Dès le retour du Colonel Washington
du fort Le Boeuf, il y a deux mois,
nous avons entrepris la construction d'un fort sur Great Meadows.
Ce fort est terminé, Messieurs, et prêt à entrer en service.
Nous l'avons baptisé "Nécessité", pour des raisons évidentes,
car il était devenu nécessaire de nous protéger des Français.
Monsieur Delmont,
votre compagnie est la plus importante de la colonie.
Nous avons besoin de ravitaillement pour notre fort, de soieries
et de coton pour nos échanges avec les Indiens.
Si votre Excellence veut me soumettre une liste des articles.
Votre Excellence, si votre intention est d'armer et de tenir ce fort
sans l'aide des Delawares,
je crains qu'il ne puisse être défendu avec succès.
Nous pourrions être attaqués par surprise
pendant que nous attendons la signature du traité.
Entrez.
Monsieur le Gouverneur,
un important détachement français est rassemblé à Fort Le Boeuf.
Et les Indiens Ottawa les rejoignent du Canada.
Les Ottawa et les Wendat. Deux puissantes tribus du Nord.
Le doute n'est plus permis.
La guerre peut éclater d'un instant à l'autre.
Colonel,
les seules troupes dont nous disposons sont celles de la milice.
Une centaine d'hommes.
Vous allez occuper le fort dès ce soir avec ces hommes.
D'après nos renseignements,
l'ennemi dispose de plus de 1000 hommes.
Je vous demande de tenir le fort jusqu'à la signature du traité.
Je peux convaincre Hannoc et Shingiss de se joindre à nous dès maintenant.
Shingiss exige qu'on lui cède de larges territoires de l'Ohio.
Je ne peux accéder à sa demande sans avoir la permission du Roi.
Nous ne pouvons compter que sur la milice,
et sur nous-mêmes.
Mon père s'obstine dans sa résolution.
Il n'aidera pas les Anglais avant de savoir
si votre Roi aidera les Delawares.
Il a raison, Hannoc. C'est un sage.
Il veut le bonheur de son peuple et pour cela,
il demande de nouveaux territoires de chasse.
Non, vraiment, je ne puis le blâmer.
Mais je donnerais cher pour que le traité soit signé à temps,
et que je puisse vous avoir à mes côtés.
Vous ne savez donc jurer que par ces satanés traités !
Doit-on vendre l'aide que l'on porte à un ami ?
Je connais votre noblesse de coeur.
Vous êtes venu apprendre chez nous, Hannoc.
C'est nous qui aurions à apprendre chez vous.
Quelle folie !
Espérer défendre un fort avec quelques miliciens inexpérimentés.
Elizabeth...
Ce fort va tomber entre nos mains comme un fruit mûr.
Et si le traité était signé à temps ?
Qu'adviendrait-il de ce fruit mûr, à ton avis ?
Rien ne serait changé, Elizabeth.
Shingiss ne vivra pas assez longtemps.
Des semaines ont passé, Monsieur le Gouverneur,
et vous êtes toujours sans nouvelles du traité.
Vous êtes surtout inquiet pour vos amis.
Vous voudriez être aux côtés de Washington et Gist.
Sachez qu'ils sont arrivés au fort sains et saufs.
Inutile de crier victoire puisque c'est un piège !
L'ennemi ne les a laissés entrer au fort que pour mieux les capturer !
Hannoc !
Les Français, les Ottawa et les Wendat auraient pu massacrer le détachement
dès qu'il avait passé le nord de Stone Creek !
Mais la prise du fort
fera forte impression sur les autres tribus indiennes.
Hannoc, mon cher ami, encore un tout petit peu de patience.
Tu sais ce que tu dois dire si tu es pris ?
- Oui, Monsieur... - Imbécile !
Oublie que tu es français. Parle anglais.
Je m'en souviendrai.
Entrez.
- La réponse est-elle venue ? - Non.
Mauvais présage.
Peut-être le Roi des Anglais connaît-il mal la valeur
des Delawares.
Il faut attendre encore un peu. Je veux aider mes amis.
C'est bien, mon fils.
Il me faudra encore
passer des nuits sur cet instrument de torture !
Un chef qui a enduré le supplice du feu
peut surmonter celui d'une couche moelleuse.
Les visages pâles veulent toutes les terres et tout le ciel.
Et quand ils ont l'un et l'autre,
ils dorment dans des lits pour ne pas sentir la terre.
Et placent le toit au-dessus d'eux pour ne pas apercevoir le ciel.
Comment peuvent-ils dormir entourés de toiles comme des morts ?
- Dors bien, Hannoc. - Bonsoir, père.
- Qui est là ? - Hannoc.
Entre, Hannoc.
- Morna ? - Je prends un bain, comme les Blancs.
Il est étrange de voir comment les habitants de ces villages
transportent les rivières dans leurs maisons pour se baigner !
Est-ce l'eau des rivières qui sent ainsi ?
Les femmes au visage pâle ont d'étranges coutumes.
Elles veulent répandre le parfum des fleurs.
Elizabeth Leeds utilise beaucoup l'eau des fleurs.
Elizabeth ?
Comment connais-tu Elizabeth, Morna ?
Le grillon ne se contente pas de chanter. Il écoute, aussi.
Je peux me faire plus belle qu'Elizabeth Leeds.
Si Hannoc a pu apprendre la science des hommes blancs,
je peux apprendre celles des femmes blanches.
Sors de cette baignoire, Morna, et habille-toi !
J'ai à te parler de choses importantes.
Hannoc suit un étrange chemin, depuis quelques temps.
Ton père dit que tu n'es plus un Indien.
Tu avances seul, entre deux mondes,
mais tu ne pourras jamais être un Blanc.
Tes paroles savent faire mal.
- Morna ! - Hannoc !
Père !
Occupe-toi de lui, Morna.
Pitié ! C'était sur l'ordre de Dinwiddie...
- Vous mentez ! - C'est la vérité.
Dinwiddie craignait que votre père ne passe à l'ennemi
s'il apprenait que le traité n'était pas signé.
Vite, rentre, imbécile !
Je t'avais dit de ne pas venir ici.
- Tu n'as pas été suivi, au moins ? - Je ne crois pas.
Nous avons tué le vieux. Mais Hannoc nous a poursuivis.
Va-t-en. Il ne faut pas qu'on te trouve ici.
Attends, John. Qu'il reste encore un instant.
Morna ?
Morna ?
Nous en boirons bien encore un ?
Servante !
Servante !
Tiens, voilà une jolie petite sauvage !
Si nous l'invitions à notre table, Messieurs ?
Lâchez-moi !
Appleby n'a pas plus de chance avec les Indiens !
Attends, fille du diable !
Hannoc, un des hommes est venu ici.
- Tu en es sûre, Morna ? - J'ai suivi l'homme.
Il est entré dans l'auberge et il a disparu.
Il ne peut qu'être monté au premier.
Mais c'est...
- Morna, dis-moi la vérité. - C'est la vérité.
Au lieu de partir demain pour annoncer la mort de Shingiss,
pars dès ce soir. Et emmène-le avec toi.
Il vaut mieux qu'il quitte la ville.
Tu as raison, comme toujours.
Sois prudent pendant mon absence.
Et toi aussi, John.
Vous vous êtes joué de Hannoc ! Vous vouliez le tuer, comme Shingiss.
C'est moi qui vais vous tuer !
Hé, Messieurs les Blancs, au lieu de vous en prendre aux jeunes filles,
vous feriez mieux d'attraper
les espions français John Delmont et Elizabeth Leeds !
- Où est Elizabeth ? - Je l'ai tuée !
- Tuée ? - J'ai fait de mon mieux !
Très bien, Messieurs.
Allons chez le Gouverneur.
FORT NECESSITE
Combien de temps pourrons-nous tenir encore ?
Ils ont atteint nos réserves d'eau.
J'aimerais que Dinwiddie soit avec nous en ce moment !
Je souhaiterais plutôt la présence de Hannoc et de ses Delawares.
Ça, il fallait s'y attendre !
Si le fort doit brûler, au moins ils n'auront que des cendres !
Peut-être cela servira-t-il de leçon à nos dirigeants,
qui croient que la bravoure remplace le nombre et le matériel !
Peut-être bien, George.
Mais j'aurais préféré ne pas être au nombre des donneurs de leçon !
Colonel Washington !
Les Delawares ! Ils attaquent les Français !
Nous étions enfants quand notre flèche fut tirée.
Celle-ci signifiera davantage encore.
Après la guerre, quand l'armée ennemie aura été chassée,
je reviendrai près de toi, petit grillon.
- Si tu es là. - Je serai là.
Eh bien, si nous n'avons rien appris d'autre aux Indiens,
au moins, nous leur avons appris ça !
Je me demandais si le coup de la flèche marcherait avec une fille de Roanoke.
FIN
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