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...
Musique classique
...
- Un cadeau de l'empereur ?
- L'empereur ne m'offre que son lit.
- Et encore,
il vous le pr�te.
- Pourquoi Sa Majest�
traumatise cette pauvre b�te ? - C'est un b�tard.
Tout comme
M. de Luynes, � qui je r�serve le m�me sort.
- Majest�, quel humour ! Le pouvoir vous illumine.
- Petite catin, vous aimez trop les hommes
pour que cela me flatte. - Oui, je les aime.
- D'ailleurs, j'ai post� autour de nous mes plus belles friandises.
- � ce propos, �tes-vous contente
de votre n�gre ?
- Tr�s.
- Peut-on le toucher ?
- Allez, approche. Allez !
Allez, allez !
Plus pr�s, idiot. Encore.
- �a ne tache pas ?
- Si peu.
Musique classique
...
- Imaginez les plaisirs qu'une telle bouche pourrait nous procurer.
C'est quoi, �a ?
- �a fait partie du jeu ?
- Ne me tuez pas, je suis com�dienne.
- L�che �a !
- C'est lui, le client.
Il est blind�. - Balance la thune !
- Il a pay� une bo�te pour revivre cette �poque.
- C'est �a, leur kif.
Dire du mal des Arabes et des Noirs ! - Ta gueule.
Je dirige une soci�t� d'import-export. Vous allez pas buter une merde ?
- �pargnez-moi, je suis
musulman.
- Moi aussi. - Moi aussi.
- Je suis juif.
- OH !
- Tu veux ma bouche ?
- Non, non.
...
- Regarde ton p�re. - Il comprend rien.
- Rien. Regarde.
Il souffre. L�, il souffre.
On dirait qu'un chien lui mord les couilles.
- Dans deux secondes, il va dire : "Mais c'est quoi, ce truc ?
"C'est un film ? C'est une s�rie ?
"C'est glauque. C'est compl�tement raciste."
- Euh... Je comprends pas.
- Comment ?
- J'ai rien compris.
- �a t'a pas plu ? - Hein ?
- Ton casque !
- Pourquoi t'as voulu que je regarde �a ?
- C'est le promo-reel de mon pilote pour Starnet.
- Ah...
J'ai pas compris un mot de ce qu'il a dit.
- Il produit des fictions
pour une plate-forme digitale.
- Mais c'est raciste, non ?
- Mais non. - �a te fait rire ?
Pourquoi il se marre ?
- C'est une satire, papa.
- Ah, mais oui, bien s�r, c'est une satire !
D�sol� d'�tre con.
C'est toujours bien d'avoir
un con � table.
- Non.
- Tripoter un Noir comme si c'�tait un animal...
- Papa !
- Qui va regarder ?
- Tout le monde.
- Calme-toi.
- Des millions de gens. - Sur Internet ?
- Oui, sur Internet.
En VOD, en streaming, ces mots que tu connais pas.
- D�sol�.
- Tu t'en branles.
Il en a rien � foutre de ce que je fais,
de ce que tu fais.
- Je prendrais bien un peu de vin.
- Avec ou sans alcool ?
- Il y a du vin sans alcool, maintenant ?
Musique enjou�e
- On n'a que 30 minutes.
- Il para�t qu'il y a de la bombasse.
- On bosse pas dans le porno.
- Je me suis inspir�
d'une entreprise qui existe vraiment.
J'ai un ami qui fabrique des soir�es historiques.
- Papa ! Papa ?
- Quoi ?
- Tu te souviens
d'Antoine ? - Qui ?
- Antoine Beck,
mon pote d'enfance.
- Tu l'adorais,
tu lui pr�tais plein de livres.
- Je suis d�sol�, c'est...
Je vois pas.
- Il y a 10 ans,
il a mont� cette bo�te
qui commence � cartonner.
La fiction classique n'impactant plus les gens,
il offre � ses clients la possibilit� de s'immerger
dans n'importe quelle �poque.
Le Moyen �ge, la Seconde Guerre mondiale, ce que tu veux.
- Je peux voir
vos chaussures ?
OK. Parfait.
Il faut me rembourrer tout �a.
Pierrot !
Tu peux rallumer �a, s'il te pla�t ?
�a, c'est bien.
OK. Parfait.
Tr�s bien.
Mathieu Mol�, je vous avais d�j� dit :
il est pas encore n�.
Ben oui, ben oui. Ben non.
Bonsoir. �a, c'est � vous ? Il faut l'enlever.
Soyez gentils, on arr�te avec les portables.
On se met en condition.
Il est o�, Paul ?
- L�.
- Ton nom ?
- Paul.
- Non, demain soir.
- Hans Axel von Fersen, comte su�dois et officier qui, en 17...
Euh, dix-sept cent...
- Me r�cite pas Wikip�dia,
sois plus naturel. T'es n� quand ?
- En dix-neuf cent...
- T'h�sites ? - Non.
- Si.
- Un peu.
- Bon. La cliente de demain soir conna�t tout sur Marie-Antoinette.
Elle r�ve d'�tre dans la peau de cette conne.
Vous devez tout conna�tre :
votre biographie, votre caract�re, vos tics...
Bonsoir.
Vos dialogues...
- �a doit co�ter cher.
- Selon la demande. Un petit peu, oui.
�a marche tr�s bien. Il a rachet� un site de 2 000 m�tres carr�s.
Il loue un ch�teau pr�s de Fontainebleau.
- Oui, pas �tonnant,
la nostalgie est un secteur qui cartonne
- C'est g�nial !
- Si vous deviez revivre une �poque,
vous choisiriez laquelle ?
- La pr�histoire.
Je couchais encore avec ma femme.
Musique enjou�e
- Margot !
Grouille-toi, on va ouvrir !
- J'arrive !
...
- Oubliez les oreillettes, on pourra pas tout vous souffler.
- Il sort toujours avec Margot ?
- T'es pas au courant ?
Elle a accept� de jouer dans une pi�ce de th��tre.
Il supporte pas qu'elle bosse en dehors de la bo�te.
- C'est lui qui l'a quitt�e ?
- Un coup, c'est lui, un coup, c'est elle...
- T'as invit� Antoine ? - Non.
- Menteuse, j'ai vu son nom. - O� ?
- Sur la liste.
- Je l'ai invit� par politesse.
- Depuis quand t'es polie ?
- Depuis que je te souris.
- Je te vois chialer tous les soirs.
- Je chiale parce que le texte est ridicule.
- Tu penses � ses grands yeux
d'enfant perdu. - Arr�te.
- � sa d�marche.
- Ta gueule.
- � son �norme bite humide.
- Tu la connais ?
- �a te ferait chier ?
Par politesse ?
- On va o�, maintenant ? - En 1932.
- La soir�e Hemingway.
- On a pris qui ? - Sylvain nous a plant�s.
- Elle a pris Maurice.
- Celui qui faisait de Gaulle le soir du r�veillon ?
- Oui. - Il est beaucoup trop vieux.
- Mais bilingue, au moins !
...
- Vous qui, d'un simple geste, agrippez les �toiles,
ivres, repus, modestes,
d�chirez la grand-voile...
- Vous pouvez lui donner la t�te que vous voulez,
jeune, vieux, homme, femme...
- Pas pour vous.
- La reconnaissance vocale fonctionne
en anglais ou en fran�ais.
- Donc vous n'avez plus
de patients. - Au contraire.
J'en ai 3 000 !
Par jour ! - On a d�velopp� ce site de psychanalyse.
- �a repose sur des algorithmes � base de questions r�currentes.
- Ils sont beaux, hein ?
- On dirait une expo sur le complexe d'�dipe.
- Vous pouvez me d�dicacer ce... - Avec joie.
Je n'ai vendu que 3 exemplaires.
Votre nom ? - Brigitte.
C'est pour ma grand-m�re. Elle lisait �a quand j'�tais m�me.
On le feuilletait aux WC.
Bruno. Enchant�. Je travaille dans la bo�te de votre fils.
C'est un patron extraordinaire.
Tr�s gentil.
- J'esp�re, vu ce qu'il gagne...
- Vous, vous �tes sur quoi ?
- Euh...
En ce moment, je suis sur une chaise. Tenez.
- Merci.
- Il pionce. - Comment ?
- Mon mari. Il fait la sieste.
- Il est peut-�tre fatigu�.
- Non, il se fait chier.
Air de jazz
- C'est du jus de tomate ?
Il y a pas de vodka. - Je bois pas d'alcool.
-Tu... ? Hemingway boit pas d'alcool ?
- Je suis pas Hemingway.
- Il puait l'alcool. - Moi, je m'appelle Maurice.
- C'est du Bloody Mary.
Le piment doit camoufler l'odeur
de la vodka. - Je sens m�me pas le piment.
- Je sors d'une gastro.
J'ai l'estomac encore un petit peu fragile.
- Oh !
Mettez de la vodka
dans son verre. - Il a gerb� pendant 3 jours.
- Les clients ont command� une cuite avec trois alcooliques.
Vous leur mettez de la vodka, du piment, beaucoup.
S'ils sont malades, je m'en fous.
Bon. Messieurs...
Que fait ce tableau ici ?
- Je sais pas. Belle, hein ?
- Tr�s. Et intelligente.
- Et puis dr�le. - Je l'�pouserais.
- Moi aussi. - Vous l'avez accroch� ici ?
- Non. - Oui.
- Et moi, inerte, m�tallique,
j'extirpe mon plaisir dans le feu de leurs larmes.
- C'�tait bien de se voir.
- Oui, c'�tait bien. Allez, attention.
Allez, rentre bien.
- T'as bien dormi ?
- Hm, hm. *- Verrouillage des portes.
- Ta gueule ! Je parle � la voiture.
- On se voit quand pour le projet ?
- Ah oui, c'est vrai...
Je t'appelle demain. D�marre.
- D'accord.
Ah ! �a, c'est pour toi.
- C'est quoi ?
- Un cadeau. Tu verras. - Merci.
Allez. - D�marre.
- Tu l'ouvres pas ?
- �a doit �tre un de ses gadgets � la con.
Tu trouves pas qu'il a un physique �nervant ?
- Tu dis �a parce qu'il est beau ou riche ?
T'es jaloux. - Jaloux de qui ? Mon fils ?
*- Dans 300 m, tournez � gauche.
- Tu l'aimes tellement d�j�... On va pas faire un plan � trois.
*- Tournez � gauche.
- Arr�te ce truc-l�. On habite � c�t�.
- Je pr�f�re la voix du GPS. - � la mienne ?
- Ton fils veut t'aider. Il te propose du travail.
- Pas sur un jeu vid�o.
- C'est une s�rie d'animation.
- Je travaille d�j� sur une BD !
- Ben, c'est pareil.
Il y a des dessins, des dialogues, un sc�nario.
Tu vas gagner de l'argent.
- Ah, l'argent ! L'argent...
- L'action ! Relis Freud, un peu : "Au commencement �tait l'action."
- Tu veux pas regarder la route ?
- Elle roule toute seule. - Moi, �a me fait peur.
- Tout te fait peur, mon ch�ri.
*- Tournez � gauche.
- Ta gueule, connasse.
- Merde ! - Quoi ?
- J'ai pas de lait pour demain. Tu veux y aller ?
- Bien s�r, si.
*- D�verrouillage des portes. - Merci.
Musique dramatique
...
Ah, pardon.
Oui, ma ch�rie ?
- J'en peux plus.
- Qu'y a-t-il ?
- Je dois ma�triser mon cerveau,
je ressens le plaisir archa�que qu'on observe chez les sadiques.
- Ma ch�rie, je suis � ma soir�e avec Faulkner et Hemingway.
Je peux pas te parler.
- On se voit quand ? *- Quand tu veux.
- Je te laisse.
*Je t'aime. Enfin, je cristallise.
- Je comprends pas, ma Carte bleue passe pas.
- C'est effrayant.
...
- C'est bien des balles � blanc ?
...
- Merde ! Merde...
...
- "Cher M. Drumond,
"votre fils et moi serions honor�s de vous offrir une soir�e
"avec Les Voyageurs du temps."
*- D�tection fum�e. D�tection fum�e.
- Je t'emmerde !
- Merde !
- Merde !
- Oh, merde !
- Merde !
Un petit joint ?
- Non, merci.
- Tu fais quoi ?
- Je teste une ambiance pr�-sommeil.
Il suffit de cligner des yeux, et tu changes d'univers.
Et toi ?
- Je teste un livre en papier.
Il faut tourner la page pour conna�tre la suite.
J'aime bien dessiner avec un crayon, peindre avec de la peinture.
Que tu m'embrasses avec ta bouche...
- Touche-toi avec ta main.
- Comment �a s'�teint, �a ? - Trouve.
- Putain !
Bonne nuit. - Bonne nuit.
- Ah non ! - Allez, 5 minutes. �a me d�tend.
- �a me fait claquer des dents. - Ben, claque !
La chambre d'ami.
Vu qu'on n'a plus d'amis,
t'as qu'� dormir ici.
- On dort plus ensemble ?
- J'ai l'impression de vieillir, � c�t� de toi.
- Quand je pense que tu continues � soigner
cette ordure qui m'a vir� du journal !
Tu as l�ch� tes patients, mais tu psychanalyses
le type qui m'a mis au ch�mage. - C'est ton ami.
- C'�tait.
- Faut bien que quelqu'un travaille.
- Retire ton masque, c'est pas pratique pour s'engueuler.
- J'�vite de voir le pyjama de grand-p�re.
- Mais je suis grand-p�re. Tu es grand-m�re.
- Mais moi, j'en ai pas l'air !
- Enl�ve-moi �a.
Enl�ve-moi �a. - Non !
Ah ! Fous-moi le camp !
Pars !
- Pourquoi ? - Tu critiques tout.
Tout ! Et moi, �a me d�truit.
Au d�but, c'�tait marrant. Mais �a fait trop longtemps.
Je crois que t'es vivant depuis trop longtemps.
Je me suis dit : "Il va se suicider."
"Il aime plus la soci�t�, il travaille plus, son fils l'�nerve...
"Il va bien se suicider !"
Ben non. "Je vous regarde, et puis, je vous emmerde."
Je veux �tre veuve.
- Pourquoi tu dis que je travaille pas ?
- Tu bossais pas sur une BD ? - Si, �a avance.
- �a fait 4 ans que �a avance. �a avance � reculons ?
- Personne n'ach�te de livres. - Personne n'ach�te les tiens.
- Arr�te de boire.
- Je bois, je vis, j'avance.
Tu devrais boire plus souvent.
- Tu fais quoi ? - Je te vire, mon ch�ri.
Tout le monde te vire. Tu es l'arch�type du mec vir�.
- Pourquoi c'est moi qui partirais ? - Je paie le loyer.
T'as m�me pas de portable.
- Pour que je devienne comme toi, qui commandes tout sur Internet ?
On fait plus la cuisine, mon libraire a ferm�,
et mes dessins sont vendus sur des sites d'antiquit�s.
- Il y a d'autres choses.
- Moi, ces choses-l�, je ne les aime pas.
- Alors, d�gage ! Sois fier, redresse la t�te,
bombe le torse
et tombe seul
sous les tirs de l'ennemi.
- T'es bourr�e ?
- Et m�me tes fringues, je les supporte plus.
M�me propres, pour moi, elles puent.
- Si tu continues � me parler sur ce ton, je vais finir par me tirer.
- L�... Et l� !
Allez, je t'en prie.
- Si je passe cette porte...
- Vas-y. - R�fl�chis bien.
OK. C'est bon, tu peux y aller. Il y a plus que 2 m.
"Au commencement �tait l'action."
- Et pour l'argent ? - Tu n'as qu'� songer
� la prostitution. - Je me casse.
Marianne, je pars.
Je te jure, je vais partir. - Mais j'attends que �a.
Bravo !
Musique m�lancolique
...
M�chante.
M�chante.
...
- Il a dormi o� ?
- J'en sais rien.
On se voit quand ?
- Tu lui as dit ?
- Non, pas encore.
- Monsieur Giraud !
- Et toi, tu te sens comment ?
- Je sais pas.
Bien. Libre.
...
- Mon amour, je voudrais que tu saches...
Putain, tu m'as fait peur !
- D�sol�.
- Que fais-tu ici ?
J'allais me pisser dessus.
Je l'ai m�me fait.
Quelques gouttes, 2 ou 3. - Et alors ? Il a dit quoi ?
- Le journal va bien ?
- Oh, tu sais... - Je m'en fous.
- Je comprends.
- T'as l'air en forme, pour un type qui a d� virer
20 personnes. - Merci.
Un petit whisky ?
- �a se passe bien,
avec ma femme ? Tes s�ances, elles te font du bien ?
- C'est la meilleure.
- Je crois qu'elle me trompe.
- Non ? Marianne ? - Oui ?
- Avec qui ?
- Tout le monde.
N'importe qui ferait l'affaire. N'importe qui.
M�me un con, m�me une fiente, m�me une esp�ce de...
Ce qu'elle veut, c'est du neuf. Si �a pouvait la rajeunir,
Elle l�cherait les couches d'un nourrisson.
Elle veut vivre, cette folle.
- Et toi, non ?
- Dans ces conditions...
- Je comprends.
- Tu comprends beaucoup de choses.
Tu trompes toujours ta femme ? - Non, plus du tout.
- Merde. - Pourquoi ?
- Par rapport au studio,
l'esp�ce de gar�onni�re que tu louais � une �poque.
- Je lui ai fil� les cl�s.
- Mon mari habite chez toi ?
- C'est pratique pour le localiser.
Je m'amuse.
- On ira o� ? - Chez toi.
- Tu rigoles ?
- Au contraire.
Je veux qu'on s'aime partout,
pour de vrai.
- � notre �ge ?
- Tu n'as pas d'�ge.
- Ah ? - Tu es la plus jeune
que j'ai aim�e.
- Reprenons la s�ance.
Comment allez-vous ? - �coutez, �a va.
J'ai r�v� de mon fr�re.
- Pourquoi tu me regardes comme �a ?
- Je suis content de te voir, papa.
� ta mort, maman m'a fait lire les lettres que vous �changiez.
J'ai d�couvert un type gentil, sensible.
J'aurais d� venir � l'enterrement.
Je regrette sinc�rement.
J'avais peur de pleurer,
que tu sortes de ton cercueil, que tu me dises :
"Ressaisis-toi, mon fils, on n'est pas des p�d�s."
T'�tais le genre � dire �a.
Il m'a fallu 15 ans pour verser ma premi�re larme.
- Pleure, mon fils, pleure.
- Je peux ?
- Tu dois.
- Eh ben,
ils sont en forme. On dirait du Claude Lelouch.
- Si tu pleurais aussi, �a serait bien.
- Je fais ce que je peux.
- On te met une musique ?
- Oui, merci.
*- J'ai rat� ma vie.
J'ai claqu� tout ton fric.
C'est ce que je sais faire de mieux.
�a et regretter.
Toi, au moins, t'avan�ais.
T'�tais dur,
mais t'avan�ais.
*Musique triste
...
- Mon ch�ri...
...
- Ben, voil�. L�, �a prend, l�.
C'est bien, hein ? - Hm, hm.
- Ils vont �tre super.
...
- Par ici.
- Entrez, monsieur.
Asseyez-vous, je vous en prie. - Merci.
- Je vais vous poser quelques questions.
Je peux vous demander votre m�tier ?
- Je vous en prie.
- Quel est votre m�tier ?
- Aucun...
� la base, je suis dessinateur dans un journal.
Je fais des caricatures
d'hommes politiques... - Cool.
- Le journal n'existe plus. Enfin, si, il existe toujours,
mais uniquement sur Internet.
Ils prennent des conneries, mais pas de dessins.
- OK.
�a, c'est bon.
- C'est lui ? - Hm.
- Dites-moi.
Vous aimeriez commencer quand ? - Le plus t�t sera le mieux.
- Hm, hm.
- En ce moment, j'ai pas d'obligation.
Pas de projet.
J'ai plus rien dans la vie, alors...
- Super.
Concernant l'�poque,
vous avez une id�e
ou je vous fais des suggestions ?
- En fait, j'aime bien l'ann�e 74.
- 1974 ?
- Oui, 1974.
Le 16 mai 74, � Lyon. - Ah oui, vous �tes pr�cis !
- Oui, parce que ce jour-l�, j'ai rencontr� une personne...
que j'aimais beaucoup.
On fr�quentait le m�me bistrot. C'est devenu une pharmacie.
- Cette personne est vivante ?
- Non, elle est morte.
Elle est morte depuis quelques ann�es.
- Ah...
- �a pose probl�me ?
- Non, pas du tout. Au contraire.
- "Au contraire" ? - C'est pas
ce que je voulais dire.
Dans la s�quence, vous aimeriez incarner qui ?
- Ben, moi.
- Vous voulez rester vous-m�me ?
- C'est pas que j'adore �a,
mais en l'occurrence, � l'�poque, c'�tait pas horrible
d'�tre moi.
C'�tait pas g�nial, mais c'�tait pas...
C'�tait mieux.
Je vous sens pas convaincu.
- Hein ? Ah, si, si.
Si, si...
Je vous explique. On va prendre contact avec vous
d'ici quelques jours, et quelqu'un
va venir vous prendre. - �a se passera � Lyon ?
- Non, je crois pas.
On a plusieurs d�cors.
Le site principal est pas loin d'ici.
Musique douce
...
- Pour aider, je poss�de un document.
C'est le brouillon d'une BD.
- Ah oui.
- C'�tait dans ce caf�,
justement. - Super. Merci.
- J'�tais jeune, hein ?
- C'est tr�s bien, �a.
Il y a des images.
- Si vous pouvez faire attention... J'y tiens beaucoup.
- D'accord.
...
- Monsieur...
...
- Bonjour, monsieur Drumond.
C'est un plaisir de vous accueillir.
- C'est fou. Cet h�tel a disparu dans les ann�es 80.
J'ai l'impression d'y �tre.
- Mais vous y �tes.
Voici votre cl�. La 14, n'est-ce pas ?
- La 14, exactement.
- Vos affaires sont dans la penderie. - Quelles affaires ?
...
- Des photos ou autres ?
- J'habite plus chez moi. J'ai pas grand-chose.
...
Vous annoncez du sur-mesure,
c'est pas seulement de la pub !
- Non.
- Margot... - Non.
- Attends. - Tu veux quoi ?
- Tu �tais g�niale. - T'as vu que la fin.
- J'avais pas le temps. - Moi non plus.
- �a se passe bien ? - T'as vu, la salle est pleine.
- Il faut que tu reviennes.
- Qu'est-ce que tu veux ?
- J'ai besoin de toi.
- Moi pas.
Je veux plus te voir. C'est clair ?
- Je te parle pas de nous, mais d'un travail.
- C'est pareil. Les deux me font chier.
- C'est important.
- Chut !
Arr�te de croire que je dirai oui � tout.
- Je crois pas �a. - Si. Je t'ai toujours dit oui.
- Non.
- Ah oui, continue ! Continue !
Oui ! Oui ! Oui ! Ah !
Oui ! Ah oui ! Ah oui ! Ah !
Non. C'est quoi encore ? C'est qui, ce client ?
- Un type que je connais, qui compte pour moi.
- Quelqu'un compte pour toi ?
Quelqu'un de vivant ?
- Petit, il m'a offert un livre qui m'a sauv� la vie.
- Je lui dis pas merci.
- T'auras plein de choses � jouer. - Je pourrai improviser ?
- Pourquoi tous les acteurs veulent improviser ?
- Je peux pas. Tu ma�trises pas tes nerfs.
- Moi ? - Tu vas m'engueuler...
- Tu regardais dans le vide !
- Je te jure que non.
- M�me l�, tu regardes dans le vide !
T'es pas l�. T'es o� ?
Margot ? Margot ?
On peut appeler Margot ? Alors, je vous donne son portable.
06 12 45 27 15. Deux jours qu'on r�p�te cette sc�ne !
Alors ?
C'est pas compliqu�, �a ! Qu'est-ce qu'on fait en attendant ?
Vous avez quel �ge ? - 85 ans.
- Madame a 85 ans.
Elle a pas que �a � foutre de passer la journ�e
� attendre que tu te mettes � jouer ces putains de sc�nes !
Ah non !
- Puis tu vas t'excuser...
- Mon ange, pas le temps de pleurer.
On bosse. Excuse-moi.
Je te parle pas, � toi...
Je parle � l'actrice, putain, au personnage.
- Puis tu vas recommencer.
- On n'est pas l� non plus pour se l�cher les bottes !
Si on doit faire attention � tout ce qu'on dit...
Madame est en porcelaine.
On peut rien lui dire. On peut pas la blesser, l'offusquer.
Il faut changer de m�tier, si tu supportes pas les reproches.
Attention, elle est susceptible, l'actrice !
Non ! Non ! Non ! Non !
�a fait deux jours
qu'on la r�p�te, cette s�quence !
Regarde-le !
- Puis t'excuser encore.
- Magnifique ! Le client �tait sous le charme.
Il t'a ador�e.
Excuse-moi pour tout � l'heure. C'�tait � cause du d�cor.
- Pas de probl�me.
Soigne-toi.
- Moi ? Tu m'as p�t� le nez.
- Il y a toujours un regard que tu trouves faux,
une r�plique mal dite.
Je serai jamais comme tu veux. - T'es la meilleure.
- Pourquoi tu me traites mal ?
- A�e, ma jambe. Arr�te.
- Hein ? Pourquoi ?
- Je fais des efforts. Je fais de la m�ditation.
J'ai vu un sp�cialiste, mais je sais pas...
T'es en train de foutre de l'eau partout.
Pardon. - La m�ditation...
- C'�tait un dessinateur. Il �tait � la mode dans les ann�es 80.
- Et mon r�le, ce serait quoi ?
- Son grand amour. Tu fais tr�s bien les grands amours.
- Garde �a pour tes pouffiasses.
Tu restes pas ?
- J'ai 8 jours pour construire les ann�es 70.
Je dois refaire toutes les fa�ades.
- Alors, va te faire foutre.
Tiens, t'oublies �a.
Bonne nuit.
Tu casses pas un meuble ? - Non.
- La derni�re fois, t'as p�t� la commode.
- Je fais de la m�ditation. - Waouh !
*Dionne Warwick : "(There's) Always Something There to Remind Me"
...
- Coucou, ma belle. Contente de te revoir.
- T'as de la chance.
...
*- Margot, tu m'entends ?
- Malheureusement.
...
- Le client est en chemin.
- On va pas tarder.
- Tout le monde a les documents ?
Oh ! Je vous parle.
- OUAIS !
- Le couple, l�, �a va pas.
- Qu'est-ce qu'ils ont ?
- Ils sont beaux et jeunes.
- On n'a plus le temps de changer.
- Vous �tes pr�ts ? Il arrive.
- Tu vois la jeune fille derri�re toi ?
Bonjour. - Bonjour.
- Tu peux la remplacer ?
- Je suis pas com�dienne. - Tu seras parfaite. Hein ?
- Grave. - Grave.
- Va te changer.
- OK, cool. �a me fait marrer.
- Moi aussi. Allez, on se met en place.
- Vite, vite.
*The Monkees : "I'm a Believer"
...
Tout le monde allume sa clope. Allez, la clope !
...
- �a va, mon grand ?
- Oui, oui, �a va.
Ce bistrot, c'�tait ma vie, mon bureau, ma maison.
J'aurais dormi sur une banquette si Yvon me l'avait permis.
Bonjour, Mesrine. La forme ?
Dans mes souvenirs, t'�tais vivant.
- Vous aimiez quoi
dans les ann�es 70 ? - C'�tait plus simple.
Il y avait les riches, les pauvres, la droite, la gauche...
On d�fendait les immigr�s sans se soucier de l'�conomie.
Les religieux nous gonflaient moins.
Les gens se parlaient sans regarder leur t�l�phone.
Et puis, j'�tais plus jeune. Voil�.
- Alors, les parents vont bien ?
- Ben non. Enfin, oui...
Enfin, je sais plus, l�.
- Ta table va se lib�rer.
- Oh, ben, super. - Je te sers quoi ?
Une petite Suze ?
- C'est bien, �a, la Suze. C'�tait bon, la Suze.
- Sers une Suze au petit Victor.
- "Au petit Victor"...
Oh l� l� !
Qu'est-ce que vous lisez ? - France-Soir.
- Merci. Rappelez-moi votre pr�nom.
- Euh...
- Oh, le con.
Jean-Claude.
- Jean-Claude.
- Ah, c'est �a.
La moustache et l'accent toulousain.
Jean-Claude...
Il prenait de l'h�ro�ne, il est mort d'une overdose.
Oui, c'est pas dr�le.
Je comprends pas pourquoi je souris. C'est juste de revoir tout �a.
Ils ont bien boss�, hein. C'est bien foutu, leur truc.
Je peux vous poser une question ?
- Je vous en prie.
- Le ministre des Finances ?
- Ben...
- Ministre des Finances, 74. Vite.
- Ben, ben...
- 74, les gars.
- C'est pas... - Ben...
- Ben, allez.
- Fourcade. Fourcade.
- Fourcade.
- Fourcade. - Rat�.
Si on est bien le 16 mai, Fourcade sera nomm� dans 2 semaines.
- Dis-lui que tu t'en fous, de la politique.
- Je m'en fous, de la politique.
- Vous avez bien raison.
Quand on voit ce que c'est devenu...
- Le seul qui dit pas trop de conneries, c'est Coluche.
- Une blanquette � 20 francs. �a, �a me parle, �a !
- Elle est tr�s bonne.
- "Petit sal� aux lentilles, navarin d'agneau,
"p�t� en cro�te, coq au vin, quenelles..."
On grossit et on cr�ve, mais avec le sourire.
Excusez-moi. Vous, vous �tes r�el ou vous �tes aussi un acteur ?
- Ah, non. Moi, je suis un client.
- Ah, on partage la m�me s�quence ? - Oui.
Je profite de votre pass�. �a vous g�ne ?
- Non, pas du tout.
- Sauf que moi, c'�tait � Lille. - Ah !
- Vous avez demand� quel �ge, vous ? - 25 ans.
Et vous ? - 18.
- Ah, carr�ment.
- Pourquoi se priver ?
- Les jeunes, je vous ressers ?
- NON, MERCI !
- "Les jeunes"... C'est ridicule.
- Moi, j'aime bien.
- Vous arrivez � y croire ?
- Oh, oui ! Oui.
Ah, mais vous serez surpris.
Au d�but, on fait le malin, on r�siste. Et peu � peu...
Moi, �a fait 2 semaines.
- Deux semaines ? Vous avez les moyens.
- Mon p�re m'a laiss� beaucoup d'argent.
En fait, c'est avec lui que j'ai rendez-vous ce soir.
Je revis la soir�e que j'aurais voulu qu'on passe ensemble.
Ben, tiens, le voil�. Papa !
Bonne soir�e. - Oui, � vous aussi.
- Papa...
- Il est fou, lui.
- Pourquoi ?
- Ta table est bient�t pr�te.
- Cool.
- Un dessert ?
- Oui. Vous auriez pas des �ufs durs avec un peu de sucre ?
- Je vais vous trouver �a.
- Je l'ai quitt�.
- Qui �a ?
- Ton p�re.
Et oui, j'ai rencontr� quelqu'un.
Oui, oui.
Quelqu'un de plus jeune, plus positif... Bref, t'as compris.
Il est question qu'on s'installe tous les deux.
Et �a sera sans doute � la maison.
J'adore cet appart, apr�s tout.
- Mais...
- Tu penses qu'il est tard pour tomber amoureuse ?
Mais d'abord,
un, je suis pas d'accord, deux, je suis pas amoureuse.
Et puis, ne me regarde pas
avec ces yeux de bourgeois.
N'oublie pas ce que dit Freud :
"La disposition joyeuse est produite par la permission
"de faire ce qui est d�fendu."
Je t'ai bien accord� d'�pouser une conne, moi.
C'est beau, ici.
Tu viens souvent ?
- Voil�, Victor. - Merci.
- Je t'en prie.
- Lucie,
viens voir. - Quoi ?
- Tu termines quand ? - Pourquoi ?
- Parce que je t'aime. Je t'ai �crit une chanson.
- Arr�te ton char.
- Si. �a s'appelle "La Serveuse aux yeux d'or".
Elle me servait des verres La serveuse aux yeux d'or
Et en buvant ses verres
J'imaginais son corps
- Il est chanteur, lui ?
- J'en viderais bien encore
Tout le long de son corps
Oh, oh, oh, oh
Chaud, chaud, chaud
- J'�tais bien ? - Hm.
- Top.
- Qu'est-ce qu'elle fout, Margot ?
Freddy a commenc�.
- Tu te calmes ! J'arrive.
Tu prends un Lexomil, tu te fais sucer la queue
*par une de tes larbines, mais tu me l�ches.
- OK.
- S'il aimait les travelos, il va pas �tre d��u.
Chaud, chaud, chaud
Chaud, chaud, chaud - Oh, oh, oh !
Tu vas pas nous casser les oreilles ?
- T'aimes pas les jeunes ?
- J'aime pas les cons.
- Vieux facho !
- Petit p�d� !
- Pardon. - Pardon.
Je suis d�sol�e.
- En la voyant, j'ai cru qu'elle �tait saoule.
Une vraie boule de bowling dans un jeu de quilles.
- Salut, poup�e. - "Poup�e" ?
T'es pas malade ?
T'avais 40 de fi�vre.
- Quand elle �tait tr�s en col�re, elle pouvait faire trembler la terre.
- Pr�ts ? Maintenant.
- D�j� gu�ri ?
- Ben... faut croire que oui.
Ah, ouais... �a commence bien, mon ange.
- J'aime ta peau d'�b�ne
J'aime quand tu ram�nes
Tes petits seins d'amour
Ton corps de velours Tin, lin, lin...
- Tu me fais mal. - �a lui a plu, � Nathalie ?
- �a va, c'est qu'une chanson.
A�e !
- C'est que tes couilles. - Tu me fais mal.
- Pas les copines.
- Cette copine-l�, elle est vraiment bonne.
La salope !
- Non, "grosse pute".
- Pardon ?
- Sauf erreur, il l'a trait�e de grosse pute.
- Il a raison.
- Goure-toi encore et c'est moi qui te p�te les burnes.
- Il se m�le de quoi ?
- Je chipote.
- Regarde-moi, connard.
T'as 41 ans
et m�me pas un 45 tours.
Tu trimballes ta guitare pour compenser le pipeau entre tes jambes.
- C'est tr�s �crit.
Elle a pas dit �a,
mais quand je note de m�moire, j'embellis.
- Tu la fermes ?
- Vous �tes tr�s bien.
- Vous �tes qui ?
- Moi ? Personne. Pour l'instant, personne.
- Bon, allez...
Moi, je trace la route. - C'est �a, casse-toi.
- Jeune homme,
si je puis me permettre...
- Putain !
- C'�tait un verre de vin.
- Connard.
- Les cons ! Vous voyez bien que c'est du vin, non ?
- Putain ! Ils font chier, quoi. C'est ma veste perso, en plus.
- Merde. - Ils auraient pu pr�venir.
- Calme-toi. - Non !
*J'ai raqu� 35 000 balles.
- On a eu 3 jours pour r�p�ter 5 personnages.
On a les Accords de Munich demain. - Je m'en fous, des nazis !
*Putain ! Fait chier.
Qu'est-ce qu'elle fait, l� ? - Elle l'a explos�e.
- Forc�ment.
On lui gueule dans l'oreille.
- Pourquoi on me file toujours des r�les d'abruti ?
- Ben...
- Ben, quoi ?
- C'est ton physique, pas toi.
*Billie Holiday : "The Man I Love"
...
- Vous pouvez m'insulter, vous d�fouler sur moi.
- Je peux ?
- Allez-y.
- Vous �tes moche.
- Hm.
- Vous �tes menteur, inconstant, faux, bavard,
hypocrite, orgueilleux,
l�che.
- M�prisable ?
- Parfaitement.
- Musset. C'�tait sa tirade pr�f�r�e.
Mais comme vous avez rajout� "moche"...
- �a m'est venu comme �a.
Je m'amuse.
- Moi aussi.
�a va mieux ?
- �a cr�ve, d'encha�ner
les sales types. - Vous les encha�nez ?
- Je suis connue pour �a, je me trompe � chaque fois.
- Vous avez mauvais go�t ?
- Tr�s. Par exemple, je vous trouve charmant.
- Ah oui, c'est grave, alors.
- �pousez-moi. - Vous �tes s�rieuse ?
- Ah oui. Il faut que �a s'arr�te.
M�me si vous �tes un enfoir�, vous seriez le dernier.
...
- Elle improvise, l� ?
- Non, elle a bonne m�moire.
- Vous faites quoi ?
- Euh...
- Tu fais m�decine, putain.
Envoie Lucie
avec une oreillette.
Baisse
la lumi�re.
- Vous venez de louper
un concours de m�decine ?
- Comment vous savez �a ?
- Je ne sais pas. L'intuition.
- Vous �tes fort. Continuez.
- Je dirais que vous �tes n�e � Grenoble.
Vous �tes un b�b� pr�matur�. - A�e !
- Vous avez failli mourir,
�a m'aurait emb�t�. - Et mes parents ?
- Je les d�testais. Votre p�re, surtout.
Il r�vait de vous voir chirurgien. Vous avez fait une pr�pa, � Bordeaux.
Mais vous �tes tomb�e amoureuse. - Un con ?
- Oui. Tr�s jaloux.
- M�chant. - L'enfer.
Il vous voulait
pour lui tout seul.
- Alors, il m'emp�chait de bosser. - Oui.
Puis il vous a quitt�e pour une blonde
"tr�s tr�s grande", comme vous dites.
Depuis, vous portez toujours des talons tr�s tr�s hauts.
- Et vous me connaissez tr�s tr�s bien.
- J'ai l'impression.
- Bien. Elle est bien.
- C'est tout ? - Non. Vous n'aimez pas �tre rousse.
Dans quelques ann�es, vous allez
vous teindre en brune.
J'ai trouv� �a dommage, mais c'�tait tr�s bien aussi.
- Politiquement, je suis...
- Vous venez de voter communiste, et dans 30 ans, vous voterez Sarkozy.
- Qui �a ?
- Peu importe.
- Et vous ?
- Moi ? Moi, je vous dois tout.
- Tout ?
- Tout. Le dessin, par exemple.
C'�tait un hobby. Vous m'avez pouss� � en faire mon m�tier.
Vous m'avez sauv� de l'alcool.
Vous m'avez fait conna�tre des livres, des gens, des villes. Tout.
- Il cause bien, le vieux.
- C'est joli, ce que vous dites.
J'adorerais qu'on me dise �a.
- L�, elle est cens�e commander les �ufs durs.
- Avec du sucre. Remonte un peu la lumi�re.
- C'est termin�, Victor ?
Un dessert ?
- Oui. Vous auriez pas des �ufs durs avec du sucre ?
- Oui, oui.
On a.
- Merci. - Je vous en prie.
- Bizarrement, j'adore �a.
- C'est un plat
particulier.
- Mmm. J'adore �a.
- La pauvre.
- Vous �tes com�dienne ?
- Moi ? - Vous devriez.
Je vous trouve tr�s bien.
Les quelques r�pliques que vous avez dites,
franchement, c'�tait...
- Je comprends pas.
- Bravo. C'est pas comme r�citer le m�me texte tous les soirs.
Et puis, personne ne vous applaudit.
Quoique je peux le faire.
- Il casse la sc�ne.
- Change de sujet, Margot.
*Parle-lui de ses mains.
Les hommes adorent �a.
Les compliments en g�n�ral.
Tu sais, ce que tu fais jamais.
On serait encore ensemble si... - Tu te fous de moi ?
- Pardon ?
- Vous vous foutez de moi.
Vous me proposez pas
de m'asseoir.
Offrez-moi
un verre.
*- Je vous en prie.
- D�gage.
- Qu'est-ce que vous buvez ?
- Vous avez de belles dents.
Et j'adore vos oreilles. - Mes oreilles ?
*- Elles sont top. Ni trop grandes ni trop petites.
Mais alors, ces mains...
Mon Dieu, ces mains.
- C'est bon, ma ch�rie.
- Ne m'appelle pas "ma ch�rie". - Mais non.
- Elles sont si douces.
- Je sais pas, je...
- Oui ?
- Un whisky.
- Elle buvait de la vodka.
- Moi, je veux un whisky. J'ai pas le choix ?
- Bien s�r que si.
- Bien s�r que si.
- "Le t�l�phone sonna."
- T�l�phone. - T�l�phone.
- �a doit �tre pour vous.
- All� ? Je vous la passe. Marianne !
- J'arrive.
- All� ?
- Je d�testais d�j� son interlocuteur. Je me figurais des hommes,
tous plus beaux, plus forts que moi, ce qui �tait pas tr�s difficile.
- OK.
Je file. J'ai rendez-vous. - Avec l'autre ?
- Oui, avec l'autre.
- Et papa, il dort o� ?
- Chez un ami � lui.
- Qui �a ?
- Tu le connais pas. - Le pauvre.
- Allez, mon b�b�.
Sois pas triste.
Tes parents faisaient la gueule.
Lui, il a toujours fait la gueule. Tu seras pas d�pays�.
- Je te reconnais pas. J'ai peur que tu fasses une grosse b�tise.
Elle chantonne.
- Tu veux pas te r�jouir
au lieu de me juger ?
J'aurais jamais d� te donner le sein, � toi.
Sucer le sein maternel, �a devient le point de d�part
de toute vie sexuelle, et c'est aussi
le point d'arriv�e.
Bonne nuit.
- All� ?
- Tout se passe bien ?
- Oui, �a avance. T'inqui�te.
*- Il a l'air heureux ?
Est-ce qu'il bande ?
- Quoi ?
*- Dis-moi qu'il bande.
- Je vais aller voir. Allez, � tout � l'heure.
- Excusez-moi, c'�tait mon fr�re.
- C'est ce qu'elle m'avait dit. Le fr�re en question �tait un Italien
avec qui elle couchait les mercredis.
- Vous me prenez pour une pute ?
- On est en 74, c'est une p�riode un peu confuse. Les gens changent.
- Je crois pas.
- T'as tort. Il a raison, les gens changent.
- Tais-toi.
- D'accord.
- T'as jamais �t�
aussi belle.
- �a va ? On te d�range pas ?
- T'es magnifique.
- Tais-toi.
- Je pourrais te regarder jouer pendant des heures. Pardon.
Je fais n'importe quoi.
- �a va pas ?
- Si.
Si, �a va.
Mais j'aimerais qu'on arr�te de reproduire les m�mes erreurs.
- OK, pardon. Mauvais moment. Vas-y, encha�ne.
- J'en ai marre d'attendre quelque chose de doux,
quelque chose d'harmonieux
et de vrai.
Je suis fatigu�e d'attendre.
- Elle fait quoi ?
- Pardon.
- Faites entrer la chanteuse.
Et Gis�le juste apr�s.
- On envoie la chanteuse, et Gis�le juste apr�s.
Air de "Por una cabeza" - Pour la voir sourire
Et l'entendre rire
Je donnerais le temps qu'il me reste � pleurer
Pour une caresse
Un verre de tendresse
Je vous fais cadeau de mon avenir Bien volontiers
- Elle est chanteuse ?
- Chouchou, tu viens ? On t'attend, nous.
- J'y vais.
- D�j� ?
- Voil�. Monte la musique.
*"Por una cabeza"
...
Voil�. C'est bien, �a.
- T'es qu'un gros pervers.
*Tu te branles devant tes mises en sc�ne.
- Mademoiselle !
- Oui ?
- Vous avez oubli� �a.
- Ah, merci.
- �a a �t� un plaisir de vous rencontrer.
Tout est faux, mais c'est pas d�sagr�able.
Vous serez l� demain soir ? Moi, oui.
- D'accord.
- Y avait de la pluie.
- Pas le premier soir. Je te jure.
- On s'en fout. Envoie.
- Je vous remercie.
...
- Arr�te cette pluie, je vais choper la cr�ve.
- On peut se voir apr�s ?
...
- Tr�s jolie.
- Mais tr�s jeune, aussi !
- On a l'�ge qu'on se donne. Moi, j'ai 18 ans depuis 15 jours.
Voici mon p�re.
- Enchant�.
- Enchant�, jeune homme.
� bient�t, mon ch�ri. - Salut, papa.
- Lui faites pas faire le fou.
- Promis.
�a a �t� ?
- Oui. D'autant que dans 5 heures, il va mourir d'une crise cardiaque.
- Un dernier verre ? - C'est pas de refus.
Musique douce
...
- On va rire, tous les deux ? - Oui.
- On va �tre joyeux ? - Oui.
- Regarde-moi comme si j'�tais la promesse du paradis.
- Je peux remettre mes lunettes ?
Oui. Oui.
...
...
- Pour Friedrich Engels, le bonheur,
c'est une gorg�e de ch�teau Margaux 1848.
- Arr�te, avec �a. J'aime pas le vin.
T'as pas une bi�re ? - Une bi�re, l� ?
- Je d�teste ce tableau.
Je parais morte,
comme quand je vivais ici.
- On n'�tait pas si malheureux.
- T'en as pas marre,
de tous ces trucs ?
J'avais envie de mettre des baskets,
de bouffer du McDo et d'�couter du rap.
- Pourquoi tu l'as pas fait ?
- Tu me faisais peur. Je faisais semblant de lire
des po�mes et d'aimer l'op�ra.
Une fois,
je me suis demand� comment on taillait une pipe
en 1841. -Je peux te montrer.
- Ah ! Pardon. Je voulais juste d�poser
le programme pour demain. - Merci.
- Tu voudrais que je joue dans la prochaine s�quence ?
Parce que pour ma part, j'ai trouv� l'exp�rience
hyper enrichissante.
Bon. On se parle demain.
- � demain. Merci.
- Elle tremblait. Tu la niques ?
- Non.
- Si. Et elle, l�, les deux ?
Tu les niques toutes une fois.
C'est comme une revanche
sur ta p�riode dents jaunes, boutons d'acn�.
- Qu'est-ce que tu fais, l� ? Tu t'en vas ?
- Ta d�marche de boiteux, t'en rajoutes pour faire chic
ou bien ?
- Bonne nuit.
Tu claqueras la porte en sortant. - Oh...
C'est tellement XIXe. Lord Byron sur la plage du Lido.
Bouffon !
- Connasse !
Musique dramatique
...
(- Oh, merde...)
H� !
Tu ronfles.
- Ben oui. - Mais arr�te.
- Monsieur Drumond... Excusez-moi,
nous allons devoir r�cup�rer votre costume.
- Pourquoi ?
- Votre s�jour a pris fin ce matin.
- J'ai rendez-vous ce soir.
Combien �a me co�terait de prolonger ?
*- Je calcule.
C'est pas facile � br�le-pourpoint.
*�a va chercher dans les...
- Combien ? En euros ? Mais c'est �norme !
Eh ben, d'accord. Vous savez quoi ? D'accord !
- Votre costume.
- Quoi ? C'est le costume le plus cher que j'ai jamais port�.
Je reste l�.
- Comment il va faire pour r�unir cette somme ?
- T'inqui�te pas pour �a.
- Je lance les r�p�tes ?
- Oui, fonce.
...
- C'est qui, ce guignol ?
- Mon p�re.
T'as vu ?
Je t'ai mis partout.
Tu le lis pas ?
Je te pr�sente l'�quipe ?
- C'est pas la peine, je suis s�r qu'ils sont super.
- Bon, ben...
�a me fait tellement plaisir.
J'ai toujours r�v�
qu'on travaille ensemble. - Moi aussi, finalement.
J'ai un service � te demander.
- Oui ?
- On va bosser avec ce type ?
- Il a un look tr�s personnel.
- C'est une grosse somme. - Prends-la sur mon salaire.
- D'accord, mais... - Allons,
je t'ai fil� de l'argent de poche jusqu'� 25 ans.
On va dire que tu me rembourses
toutes les vacances que je t'ai pay�es.
- Oui.
On va dire �a.
- Il lui fait un ch�que.
- Avec maman, �a va ? - Tr�s bien. Super, vraiment.
J'ai l'impression de la red�couvrir.
- Bienvenue.
Fontella Bass : "Rescue Me"
...
- All� ?
- �a me co�te cher, tes conneries.
- �a vaut pas le coup ? *- Si.
Enfin, j'esp�re.
- Allez, � plus.
Je peux voir la pluie de p�tales ?
...
La beuh, faut en foutre partout.
Une moquette de beuh.
�teignez, pour voir. �teins !
Pas mal. �a marche bien, finalement.
Allez.
...
- Je te sers ?
- Non, j'attends quelqu'un.
- La petite d'hier ?
- Tu lui donnes
quel �ge ?
- De toute fa�on, la beaut�, �a n'a pas d'�ge.
Et puis, t'es qu'un gamin.
- Tu l'aimes, ou quoi ? - Oh l� !
�a remonte � y a longtemps.
J'avais 13 ou 14 ans. On vivait dans un taudis. J'�tais nul � l'�cole.
Mon p�re disait que j'avais rien dans le cerveau.
Je faisais 1,02 m, j'avais des boutons.
- Toi aussi ? �a me fait plaisir.
- Et un matin, j'ai appris que la seule fille qui m'aimait bien
m'avait l�ch� pour un gar�on qui s'appelait J�r�me Corcelet.
J�r�me Corcelet...
Cet encul�.
J'ai ouvert la fen�tre, j'ai regard� dans le vide...
et l�, j'ai fait n'importe quoi.
Je suis parti en couilles.
- C'est pour �a
que ta jambe... - Non, pas du tout.
Je me suis niqu� le poignet.
Quelques mois plus tard, j'ai rencontr� son fils.
L�, on devient copains.
Il m'invite en vacances. Ses parents sont l�.
L'inverse des miens.
Des gens dr�les, vifs. Ils avaient l'air
tellement amoureux.
J'avais jamais vu
un couple comme �a.
Un soir, il m'a offert ce livre qu'il a illustr�.
Je le relis tous les ans.
- Et ta jambe, alors ?
- Il est tomb� en faisant du ski. Fracture du p�ron�.
Dans deux mois, il court.
- Qu'est-ce qu'elle fout ?
- Je sais pas, moi.
- Je dois passer � une f�te.
Vous venez ?
- Ben...
- Allez, c'est juste � c�t�.
*"You Gotta Hold On Me"
- Allez, on y go.
Allez. Allez !
- Tiens.
- Non, merci, c'est gentil.
- Hein ? - Rien.
- Je le prends.
- C'est pas bon
de m�langer l'alcool et le...
- L'alcool et quoi ? - Le...
- C'est lui, le beau gosse ?
Enchant�e. Gis�le.
- Ah oui, Gis�le.
Gis�le la foldingue !
Je suis content de te revoir.
Je l'aimais bien, Gis�le.
- �a tombe bien, mon chou, la nuit est longue.
- Calme-toi, ch�rie.
...
- Attendez, les amis... faut que je m'all�ge.
- Ah, je suis d�sol�e.
- C'�tait une fille tr�s sensible : elle buvait pour combattre
sa timidit�.
- On va boire un coup ?
- Je la pr�f�re timide.
- Bonsoir. - Bonsoir.
- Dire qu'elle est devenue conseill�re au minist�re de l'Int�rieur.
*"Working My Way Up"
...
- J'avais l'impression que l'herbe poussait sous mes fesses,
comme une immense for�t de plaisir.
...
- Il y en a qui s'emmerdent pas.
J'ai l'impression d'�tre en taule.
- C'est de la vraie beuh ? - C'est un m�lange
de chanvre et de t�tes de beuh.
- C'est lui. Il faut que tout soit r�aliste.
- J'ai recrut� 5 dealers.
...
- S'il reste de la beuh, on pourra la go�ter ?
- Ouais, bien s�r. Tu peux te toucher.
Il joue "Bobby McGee" de Janis Joplin.
- Busted flat in Baton Rouge
Waiting for a train
Feeling nearly as faded as my jeans
Bobby thumbed a diesel down
Just before it rained
It rode us all the way to New Orleans
I pulled my harpoon
Out of my dirty red bandana
I was playing soft while Bobby sang the blues
Windshield wipers slapping time
I was holding Bobby's hand in mine
Nothing...
- AIN'T WORTH NOTHING IF IT AIN'T FREE
- Avec ces march�s parall�les,
on renoue avec l'utopie communautaire
des ann�es 70.
Les gens partagent, se m�langent,
sans fronti�re socioculturelle.
- C'est ce que j'appelle la e-convivialit�.
- Et Victor, il va bien ?
- Oui, il travaille avec notre fils sur un gros projet de s�rie.
- Ah oui ? Sur quelle plate-forme ?
- Starnet.
Ils reprennent le refrain en ch�ur.
- Et s'il fait un bad trip et nous colle
un proc�s ? - Lui ? Regarde ses yeux.
Je le sens pas tr�s proc�durier.
...
*Baccara : "Yes Sir, I Can Boogie"
...
- Tu dansais bien.
- Quoi ?
- J'adorais te voir danser.
- Ah !
...
- Ma ch�rie, vas-y mollo sur la bi�re.
- Je t'emmerde.
- Sa femme n'�tait pas stripteaseuse.
- Ah bon ?
...
- On envoie les roses. - Non, oublie les roses.
...
T'es con ou quoi ?
...
- Ce qu'elle est belle. - Grave.
- Oui, tr�s tr�s belle !
- Qu'est-ce que t'as ?
...
- Vous avez test� la th�rapie des grains de caf� dans le rectum ?
- Du caf� dans le rectum ?
- Je l'ai lu sur le blog de Gwyneth Paltrow.
Introduire un grain de caf� dans le conduit d�toxe le colon.
- C'est int�ressant, �a.
- Marianne ?
Marianne ?
- Pardon.
- �a va ? - Oui.
Vous �tes chiants, mais �a va.
- Qu'est-ce que tu dis ?
- Vous �tes chiants.
Vous �tes sinistres, ce soir. Diane, tu le sais bien.
C'est mon mari qui vous a pay�s
pour �tre aussi p�nibles ?
S'il avait �t� l�, on aurait pu dire du mal de vous.
Je vais y aller, non ?
Il le faut.
Je prends �a, parce que c'est bon.
C'est tr�s bon.
- Tu veux qu'on t'appelle un taxi ?
- J'ai quitt� Victor. Depuis, plus de nouvelles.
Je sais m�me pas
comment il va.
Mais bon.
*"Lost in Your Arms"
...
- C'est des vrais cheveux ?
- Bien s�r que c'est des vrais.
Tout est vrai.
- Ils sont devenus quoi, tous les gens comme toi ?
On les a mis o� ?
- Hein ?
...
O� est ma femme ?
- Qui ?
- Je vais prendre l'air un peu.
...
- Faut qu'il arr�te la beuh. - Je l'aime bien fonced�.
...
- Pardon.
- Viens.
- Peut-�tre plus tard.
- J'adore mon taf.
- On bouge.
- On arr�te la partouze.
...
- Je vous d�range ?
- Non, pas du tout, c'est juste que �a tourne.
Elle est forte, leur moquette.
- Ouais.
Le truc, c'est de surtout pas fermer les yeux.
Respirez.
Fort.
- Hein ? Plus fort.
Je crois que c'est pire.
- Ouais, c'est pire.
Regardez-moi.
- Vous avez mis son parfum.
Je l'adorais, celui-l�. Il y avait de la bergamote.
Tu me manques.
- Vraiment ?
...
- Elle l'embrasse !
- C'est �crit : "Nous nous embrass�mes
"avec une brutale conviction."
- On devait sauter ce passage.
- Mais qu'est-ce que vous faites ? Je suis vieux.
- Moi aussi.
Je suis vieux.
- Margot, tu te venges. - C'est de bonne guerre.
- Qu'est-ce que tu dis, toi ? - Rien.
...
- Je vais lui parler.
D'o� elle l'embrasse ? - Calme-toi.
...
- Arr�tez, arr�tez. Stop.
- Laisse-la improviser.
- Improviser quoi ? Une pipe, une levrette ?
- Arr�te. Laisse-la faire.
- C'est de la flotte, putain !
Mais tout est bidon, en fait.
Hein ?
�a, c'est bidon.
�a, c'est bidon. �a, c'est bidon. Tout, tout !
Moi, je suis bidon !
- Peut-�tre.
- Vous avez bien un pr�nom ?
- Non. - Mais si !
Riaan Vosloo et Benedic Lamdin : "Crying Tree"
- L�, c'est un raccourci, enfin, j'esp�re,
qui nous emm�ne au plateau E.
- Messieurs, la discussion avance d'une fa�on plut�t positive.
- �a va ? - Ouais.
- Attention.
- Et l� ?
Oh !
Excusez-nous, messieurs.
- Excusez-moi, mais �a joue.
- Y en a pour deux secondes.
Oh, c'est pas vrai !
Oh, les tar�s !
- Vous �tes qui ?
- Pardon, monsieur, je...
Venez !
- Pardon !
- Vous �tes rest�s, vous ?
- Ouais, on discute.
- Je peux venir ?
- Non. - Non.
...
- Ben dis donc, c'est...
- Entrez, j'arrive tout de suite.
...
�a va ?
- Dites-moi, c'est le petit...
Il a pas tellement chang�.
Vous vivez sur le d�cor ?
- C'est provisoire.
Je vais vous faire un th�
avec du gingembre. Vous devez avoir faim.
- Je pourrais bouffer un chien.
- Le nom de mon p�re, c'est Piotrowska.
- Piotrowska ?
- Mes parents sont polonais.
Je m'appelle Camille Piotrowska.
- Vous aviez l'accent ? - J'avais un an et demi
quand on s'est install�s en France.
- J'ai une passion pour la Pologne.
- Ah oui ? - Oui.
- Alors dis-moi, Victor,
tu connais quoi de la Pologne ?
- J'ai v�cu � c�t� de Varsovie, � Dobre.
- Oui, Dobre. Je connais.
- J'ai fait une BD qui s'y d�roulait pendant les ann�es 20.
- J'aimerais bien la lire.
- Moi aussi, mais je la retrouve plus.
- Comment ?
- Vous avez toujours voulu �tre actrice ?
- Non. J'ai commenc� par le piano.
Nous, on joue du Chopin avant de savoir marcher.
- Vous jouez bien ?
Elle joue "Impromptu No2, Op.36" de Chopin.
...
- Et puis, j'ai arr�t�. J'�tais pas assez dou�e.
- Qui vous a dit �a ?
- Moi.
- Jouez, c'est agr�able.
...
- H� !
Il va falloir rentrer chez vous.
- Je peux pas rester ? - Non.
Regardez vos dessins. Ils dorment pas ensemble
avant le 4e soir. - C'est � vous que je parle.
- Non, vous avez pas le droit.
Je risque de perdre mon boulot.
Et j'ai besoin de ce travail.
- On se revoit quand ?
- En 1974.
...
- Monsieur Drumond,
mettez �a dans votre oreille, s'il vous pla�t.
*- Bonjour, Victor.
J'esp�re que vous m'entendez.
Je voulais juste vous dire
que �a m'a fait tr�s plaisir de vous voir sourire ce soir.
J'ai l'impression que vous allez mieux
qu'en arrivant ici, et pour moi, �a n'a pas de prix.
Parce qu'il y a tr�s longtemps,
vous m'avez fait du bien, je croyais plus en rien,
et vous m'avez dit :
"Faut �tre curieux. Faut d�velopper ton imagination."
Alors, j'ai suivi vos conseils.
J'ai pas trouv� le bonheur, mais �a aurait pu �tre pire.
L�, c'est � moi de vous le dire :
continuez � inventer.
Je sais pas ce qui va se passer,
mais vivez-le � fond.
Putain, je parle comme une chanson.
- Salut.
- Coucou. Pardon de te d�ranger, je viens chercher quelques affaires.
- Tu me d�ranges pas.
�a va bien ? - Tr�s bien.
- Tu t'es ras�, �a te va bien. - Tu trouves ?
- Attends.
Tu veux prendre un caf� ? - Non, merci.
- D'accord.
- Dis-moi. - Oui ?
- Tu as des nouvelles de Gis�le ? - Qui ?
- Tu sais, ta copine Gis�le.
- Ah ! Ma Gis�le ? - Tu devrais la rappeler.
Elle est gentille, cette fille.
Alain Souchon : "J'ai dix ans"
- Les amis,
je vous pr�sente Victor, mon papa, qui va travailler avec nous.
Paul, St�phane, Louise...
...
- J'ai dix ans
Je sais que c'est pas vrai, mais j'ai dix ans
Laissez-moi r�ver que j'ai dix ans
�a fait bient�t quinze ans que j'ai dix ans
�a para�t bizarre, mais
Si tu m'crois pas, h�
T'vas voir ta gueule � la r�cr�
J'ai dix ans Je vais � l'�cole, et j'entends
De belles paroles doucement
Moi, je rigole au cerf-volant
Je r�ve, je vole
Si tu m'crois pas, h�
T'vas voir ta gueule � la r�cr�
Le mercredi, je me balade
Une paille dans ma limonade
Je vais emb�ter les quilles � la vanille
Et les gars en chocolat
J'ai dix ans...
- Ma femme et moi poss�dons un appartement du c�t� de Biarritz,
et on aimerait bien le vendre.
- Tr�s bien.
...
Votre femme est d'accord ?
- Elle est toujours d'accord avec moi. - Vous avez de la chance.
- J'ai dix ans
Des billes plein mes poches, j'ai dix ans
Les filles, c'est des cloches, j'ai dix ans
Laissez-moi r�ver que j'ai dix ans
Si tu m'crois pas, h�
T'vas voir ta gueule � la r�cr�
- Mais qu'est-ce que tu fais, l� ? - Rien. Continue.
- Bien cach� dans ma cabane
Je suis le roi de la sarbacane
J'envoie des chewing-gums m�ch�s � tous les vents...
- Entrez, mes amis.
Viens. Assieds-toi.
...
Musique douce
...
- All� ?
Je peux vous demander
d'�clater de rire ?
Et un rire
un peu plus �nervant ?
Super. Maintenant, regardez mon coll�gue de fa�on libidineuse.
Top, merci. - Encore.
- Arr�te.
- Excuse-moi, je suis en retard. - Vous �tes qui ?
- Ben, Marianne, mon c�ur.
- Ah non, pas du tout. Il y a erreur.
- Je sais pas quoi faire, l�.
- Moi non plus, parce que...
Elle est o� ?
- Je ne sais pas, monsieur.
On m'a demand� d'apprendre un texte...
- Qu'est-ce qui se passe ?
Musique dramatique
...
- J'ai d�pens� une fortune.
R�unir cet argent, c'�tait la croix et la banni�re.
Dites-moi juste o� elle est.
- Mais je n'ai pas le droit.
- Elle revient quand ?
*- Elle n'est pas cens�e revenir.
Elle a quitt� le projet,
je peux pas vous dire plus. - Merci.
...
Qu'est-ce que vous faites l� ?
- Je travaille. Voulez-vous qu'on fasse votre chambre ?
- Mais vous... - Quoi ?
(Ils m'ont demand� de changer)
(de r�le...) - Vous �tes com�dien ?
(- C'est un grand mot.)
- Mais votre p�re, tout �a ?
(- �a fait partie du jeu.)
(Les faux clients mettent en confiance.)
- Quoi ?
- Dites-moi, voulez-vous qu'on garde vos clefs ?
- Tu veux que je te les fasse bouffer ?
(- Je travaille, Victor. Je gagne ma vie.)
- Elle est o� ? (- Qui �a ?)
- La fille. (- L�che-moi, putain.)
- Elle est o� ? (- Je te le dis si tu me l�ches.)
Bien. Alors, je vais vous indiquer l'adresse d'un bon coiffeur
du c�t� de Levallois.
Voil�.
...
...
- Oui ?
- Je cherche Camille Piotrowska.
- Qui ?
- Attends, maman, laisse, c'est pour moi.
Que faites-vous l� ?
- Je dois vous parler.
- Vous n'avez rien � faire ici. - Maman,
je me suis fait un bobo.
- Venez.
- Bonjour. - Bonjour.
- Entre.
On a fait l'anniversaire de la petite hier.
Ch�ri, je te pr�sente Victor. On bosse ensemble.
- Ah, d'accord. Enchant�.
Les ann�es 70 ?
- Ouais. Assieds-toi, Victor, j'arrive.
- Vous jouez quel r�le ?
- Mon p�re.
Il joue mon p�re.
- Ah, d'accord.
Il y a un truc, hein.
Vous voulez quelque chose ?
Sylvie, tu peux apporter des verres ? Vous pouvez la tenir ?
Vous n'avez jamais eu d'enfants.
- Si, il y a longtemps.
- Je peux pas, Antoine.
- T'as d�j� jou� ce genre de s�quence, non ?
*- Oui, mais l�...
- Oui, mais l� quoi ?
- Si tu voyais son regard...
- Je le vois.
T'as couch� avec lui ?
- Arr�te.
- Quoi ?
�largis la GoPro
du salon.
- Comment tu t'appelles ?
- Klaus Barbie.
- C'est joli, comme pr�nom.
- Klaus Barbie...
- C'est quoi, tout �a ?
- C'est ma vie. Vous saviez que j'�tais actrice.
- Oui, mais la brune, la Polonaise, le piano, c'�tait quoi ?
- Je crois que c'est vous qui avez �crit �a, non ?
Je l'ai, l�.
La violoniste de Varsovie.
J'ai juste un peu improvis�.
Je joue que des r�les, moi.
- Tr�s bien.
*- Maman ! *- Quoi ?
- Sylvie.
- Enlevez votre manteau. Mettez-vous � l'aise.
- Vous la tenez ?
*- Je d�teste �a. - Chauffe-le.
- C'est quoi, cette petite t�te ? On dirait un labrador.
Musique enjou�e
Votre visage me dit quelque chose.
- Tu peux le toucher.
- On s'est pas d�j� rencontr�s, nous ? - Je crois pas.
*- Maman...
*- Quoi ?
Attends, j'y vais.
- Vous �tes perverse.
- C'est moi qui suis perverse ?
Vous draguez votre femme � travers quelqu'un d'autre...
Vous vouliez une histoire d'amour.
- Oui, mais pas le chagrin qui va avec.
- Mais �a...
- Je vous d�range, l� ?
- Non. On r�p�te.
- Ah !
- Bonne t�te de con, lui.
*- Je vais vous la reprendre, elle salope tout.
- M�me le b�b� est bien.
- Quel chagrin ?
De quoi on parle ?
- "Tu sais m�me pas qui je suis."
Musique. Musique.
*- Je suis des bouts
de dessins, de r�pliques...
- "Des bouts d'une femme que t'aimes."
- Des bouts d'une femme que t'aimes.
- Je pense que tu l'aimes. Tu la fuis, mais tu l'aimes.
Toi aussi, t'es plus le m�me.
- "Au lieu d'aller fouiller
"dans tes premiers souvenirs d'elle..."
- Trouve ce qu'elle a de beau, de triste, de surprenant,
l�, aujourd'hui.
- "On ne peut pas
"r��crire les gens exactement comme on aimerait qu'ils demeurent."
- Faut accepter d'�tre d��u, d'�tre critiqu�,
d'�tre pr�visible, d'�tre moins brillant ou je ne sais quoi,
sinon, on vit que des d�buts.
- Pourquoi elle pleure ? Je lui ai pas demand� de pleurer.
- On r�ussit quelques brouillons, mais on rate sa vraie vie.
- Oh, c'est g�nial.
On est dedans, l�.
- Je suis d�sol�e si je t'ai fait de la peine, papa.
Je te jure que je suis d�sol�e.
- Pas autant que moi.
Je vais vous laisser.
- J'ai dit une connerie ?
- Non. Victor est fatigu�.
- Je suis tomb� amoureux de vous, vraiment.
- Qu'est-ce qu'il dit ?
- Non, rien. On r�p�te. Au revoir.
- Au revoir. � bient�t.
- Elle �tait g�niale. Il y a quelque chose.
- Mais non.
- Il est parti ? �a commence � me gratter, ce truc dans l'oreille.
- Il est � qui, ce b�b� ?
Tu peux fermer ta gueule ?
- Cette s�quence, c'�tait pas marrant.
- T'as couch� avec lui ?
T'as couch� avec lui ?
T'as couch� avec lui ?
- Tu vas trop loin.
- S'il se flingue,
vous me le dites pas.
- Arr�tez, tout va tr�s bien.
Il va rentrer chez lui retrouver sa femme,
la regarder comme un marin regardant la terre apr�s un naufrage,
et il va la serrer dans ses bras...
- Mais qu'est-ce que t'en sais ? Tu te prends pour Dieu ?
- Je suis sc�nariste.
�a te va bien, un b�b� dans les bras. Je r�vais de voir �a.
Musique.
*Berceuse
- Esp�ce de malade.
Tiens-moi �a 2 secondes.
- Oh non, merde ! Fait chier, l�.
- Elles sont o�, tes cam�ras ?
*Elles sont l� ?
Tu me vois, l� ?
Tu me vois, l�, ou pas ?
- Miroir � 500 boules.
- Margot !
- Margot.
Margot.
Margot, arr�te.
J'arr�te.
- Je peux plus ! - Oui, je sais. J'arr�te. J'arr�te.
Je te jure que j'arr�te. Je te jure que j'arr�te.
Je te jure que j'arr�te.
C'est fini.
J'arr�te.
Je t'aime. Je t'aime.
Je t'aime.
After All : "And I Will Follow"
...
- Bonjour.
- Bonjour.
- Je t'ai fait des �ufs.
Tiens, avec un peu de sucre.
Vous n'imaginez pas ce qui vient de m'arriver.
Allong�, le caf�, non ? - Oui.
- Je suis reparti dans les ann�es 70.
J'avais envie de te rencontrer. Enfin, de te re-rencontrer,
quand tu m'aimais bien,
ou quand j'�tais aimable.
Je rencontre une com�dienne cens�e �tre toi,
bien qu'elle ne te ressemble pas,
mais c'est tes cheveux, en tout cas, tes mots.
Une rousse, quoi, en plus jeune.
Au bout de quelques jours, elle devient pianiste et brune,
parce qu'elle est brune pour de vrai, de naissance, �a arrive.
Et puis, elle est blonde. Et elle a des enfants,
une maison, tout ce qu'il faut.
J'�tais con, je me disais :
"Si elle m'aimait ?" Certains aiment les vieilles.
Mais tout �tait faux.
Du coup, je suis ruin�. Pour rien.
J'ai vendu l'appartement de Biarritz.
- T'as quoi ? - Je l'ai vendu.
- T'es fou.
- Non, je suis pauvre.
Il te va bien, ce pyjama.
- C'est le tien.
- Oui, je sais. Tu veux ?
- Oui. - La seule bonne nouvelle,
c'est que je redessine.
- Ah oui ?
- Tiens. � ce propos, Fran�ois,
je vais retourner vivre
dans ta gar�onni�re. - Bien s�r.
- Merci. T'es vraiment un ami.
- Oui...
- Victor ? Victor ?
- C'est...
- Si t'allais te raser ?
Musique douce
...
- Allez, vas-y.
...
...
- All� ?
*All� ?
- Gis�le ?
...
- �a fait 2 semaines qu'on s'est pas engueul�s.
- Ah bon ?
- Que je t'ai pas quitt�, que tu m'as pas quitt�e.
�a veut dire quoi ?
- Je sais pas, qu'on est en vacances.
- �a faisait tr�s longtemps que j'avais pas pris de vacances.
- T'as couch� avec lui ?
- Apparemment, on vient de rentrer.
...
*- � quoi pensez-vous ?
- C'est compliqu�.
*- Tout est compliqu�. Vous �tes ici
pour accepter la complexit� des choses.
- Ce que tu peux �tre conne.
...
...
- Pourquoi tu fais �a ? Qu'est-ce qui te prend ?
...
...
- Papa.
...
- All� ?
...
- Et voil�.
- Merci, Lucie.
- Je t'en prie.
- Lucie, viens 2 secondes. - Quoi ?
- Tu termines quand ? - Pourquoi ?
- Parce que je t'aime.
J'ai compos� une chanson pour toi. - Arr�te ton char.
- Je t'assure. �a s'appelle "La Serveuse aux yeux d'or".
Elle me servait des verres La serveuse aux yeux d'or
Et en buvant ces verres
J'imaginais son corps J'en viderais bien encore
Rien que pour ses yeux d'or J'en viderais bien encore
Tout le long de son corps
Chaud, chaud, chaud, chaud Chaud, chaud, chaud, chaud
Salut, poup�e.
- "Poup�e" ?
- Tu te rappelles de lui ?
- Non. Je devrais ? - Oh, non.
- Ah ! Si...
Ah ! Je me souviens.
Oh, quelle horreur !
On a bien de la chance de perdre la m�moire.
T'�tais chanteur ? - Je me d�brouille.
Tu m'as manqu�, toi.
Putain, la salope !
- �a te revient, hein ? - �a, j'ai ador�.
- Tiens.
- Non, non, non.
- Quel abruti !
- Fait chier, l�.
Vraiment, quoi.
Je me casse.
- C'est mieux, oui.
*Billie Holiday : "The Man I Love"
...
Bonsoir.
- Bonsoir.
- Donc, c'est ici que tu passes ton temps ?
Moi, je regrette pas cette �poque. On �tait pas si libres.
On se faisait violer en toute impunit�.
C'�tait quasi impossible de se faire avorter.
On vivait dans un cendrier g�ant.
Vous pouvez �teindre vos clopes.
Mais t'aurais pu choisir les vacances � Houlgate.
Ou le week-end � Berlin.
- C'est vrai, il y a quelques dates.
- Qu'est-ce qu'on s'�tait dit, ce soir-l� ?
Ah oui !
"Vous �tes menteur, inconstant,
"faux,
"bavard, hypocrite, orgueilleux, l�che,
"m�prisable, etc.
"Mais... vous voulez pas m'�pouser ?"
- Non.
- Pourquoi ?
- Car dans 25 ans, vous me supporterez plus.
- 25 ans, c'est d�j� pas mal.
Et puis, je suis pas d'accord.
C'est moi, que je supporte plus.
- Je vous sers quelque chose ? - Une vodka.
- Deux.
- Tiens, trois.
(- Viens. Tu peux laisser la place ?)
(- Merci.) (- Assieds-toi.)
Prends le casque.
(- Merci.)
(- �a va ?) (- Oui.)
- �a vous allait bien
d'�tre habill� comme �a.
Vous devriez mettre
des cravates plus souvent. - �a changerait pas grand-chose.
- Les petites choses sont de grandes choses,
quand on se conna�t
depuis 40 ans.
- Vous faites quoi dans la vie ? - J'ai tout � faire.
Des enfants, un mariage, une carri�re, tout.
Il va falloir que j'en profite parce qu'apr�s...
je vais devenir folle.
- Vous allez devenir folle ?
- Oui, un jour. Oui.
Un jour, je vais me r�veiller, et mon fils sera vieux et chiant.
J'aurai fait le tour de mon m�tier,
mon mari sera d�prim�.
Et l�, je vais p�ter les plombs.
- Et vous allez regretter
d'avoir p�t� les plombs ? - Oui.
Tr�s fort.
- Tenez.
- Merci.
- Merci.
J'ai regard� vos dessins.
- Alors ?
- Insupportables.
- Ah...
- J'adore. �a faisait longtemps
que j'avais pas �t� jalouse.
C'est affreux, comme sentiment. C'est bon. J'ai l'impression
d'avoir 12 ans.
Je pourrais la buter violemment.
Vous me manquez.
- Moi ?
- Oui.
Je vous connais � peine, mais vous me manquez d�j�.
- Pourquoi ?
- C'est comme �a.
J'aime bien vos mains.
Elle a raison, cette conne. Vous avez les mains douces.
- Montez la lumi�re.
- Pierre...
Je vous pr�sente ma femme.
- Enchant�.
- Bonsoir.
- Alors, c'est vous ?
- La version vieille.
- Allons, vous �tes superbe !
- Vous jouez qui, vous, ce soir ? - Personne. Je viens boire une Suze.
- Je peux vous poser une question ? - Oui, bien s�r.
- Comment va votre p�re, le vrai ?
- Ah, mon p�re ! Il nous a quitt�s il y a quelques ann�es.
Je dois dire que jouer �a, l�,
�a m'a fait beaucoup de bien.
J'�tais dans mon r�le.
Un dr�le de m�tier.
- J'imagine.
- Bonne soir�e.
- Bonsoir.
- Il a raison, vous �tes superbe.
- S'ils font l'amour, vous allez les regarder ?
- T�l�phone.
- All� ?
Je vous la passe. Marianne !
- Je suis pas l�.
- Vous portez le parfum,
non ? - Oui.
- Pour la voir sourire Et l'entendre rire
Je donnerais le temps qu'il me reste � pleurer
*Pour une caresse Un verre de tendresse
Je vous fais cadeau de mon avenir Bien volontiers
Go�ter ses yeux tendres
Voir son corps s'�tendre...
...
- Chouchou, tu viens ?
On t'attend, l�.
- Ah oui.
Il faut que j'y aille. - D�j� ?
*"Por una cabeza"
...
- Vous m'appellerez ?
- D'accord. Quand ?
- Vite. Au plus vite.
Le temps passe,
vous savez.
...
Dionne Warwick : "(There's) Always Something There To Remind Me"
...
- Yvon ?
- Oui, mon grand ?
- L'addition.
- Tout de suite.
...
- Bon. Arr�tez.
�a va pas du tout.
Vous, poussez-vous.
Donne. Vous, d�j�, arr�tez de faire la gueule.
C'est un mariage.
Toi, en revanche, t'es hilare. C'est pas une sc�ne comique.
Tu sais pas o� mettre tes bras.
Montre-moi comment tu vas embrasser le client.
OK.
Bon...
Fais voir, parce que l�, c'est pas mal.
Quoi ? Quoi ?
Allez, on y va. C'est parti.
Dionne Warwick : "(There's) Always Something There To Remind Me"
...
Musique enjou�e
...
Sous-titrage : ECLAIR
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