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Chère Blu, comment vas-tu ?
La météo annonce toujours le même temps de merde,
rien de plus, rien de moins.
C'est toujours et sans cesse la même merde
qui s'étale sur toute la journée.
Rien de nouveau, quoi.
Quand tu avais 16 ans, chaque jour se ressemblait,
chaque jour était terrible.
Ça a l'air impossible, mais il y a 25 ans, c'était comme ça.
Tu pouvais faire ce que tu voulais :
écouter de la musique ou te balader,
écrire ou rester en colle à la bibliothèque.
C'était toujours pareil,
et je suis là pour te le rappeler.
Le 23 mars, à 16 h 37, tu avais 16 ans,
ma très chère Blu, et la vie te faisait vraiment chier.
Quoique tu sois en train de faire maintenant, souris.
Rien ne pourra être pire que ce que c'était.
Bien à toi, Blu.
Ciao.
BLU AIME SUCER DES BITES
UN BAISER
Nous y voilà.
Tu pensais que c'était plus grand ?
Non, ça ressemblait à ça sur les photos.
Viens, ta chambre est par là.
On voulait mettre de trucs aux murs,
mais on préfère te laisser choisir.
Merci, et il est pour moi, l'ordi ?
Il était à mon cousin et je l'ai fait nettoyer, il te plaît ?
Énormément.
L'armoire risque d'être petite pour mes fringues et mes chaussures,
pour mes millions de chaussures et de chapeaux.
C'est pour que vous soyez prêts.
On est prêts.
- Autre chose. - Oui.
Il faut un miroir en pied... Le drame.
- J'en prendrai un. - On va s'en charger.
Je range mes affaires.
On te laisse.
BIENVENUE LORENZO !
Merde...
Il s'est sauvé, c'est rien.
Je suis mauvais, j'ai tiré trop tôt.
Ce sera pour une prochaine, viens.
Tu veux pas que je t'accompagne ?
Tu veux déjà direct détruire ma vie sociale ?
Tout, mais pas fils à sa maman.
OK...
BLU EST UNE PUTE
- C'est pas Turin, ici. - Peu importe.
Je suis né pour survivre, né pour être courageux.
Lady Gaga.
- Je dois te faire un cours accéléré. - C'est sûr.
Je comprends même pas quand tu parles.
On se voit à la maison.
Salut.
Pédale !
Bienvenue au lycée, Lorenzo, c'est parti.
La prochaine fois, je te fais pas entrer.
- Excusez-moi. - Asseyez-vous.
Reprenez, Lorenzo.
Je suis revenu au centre d'accueil où j'ai continué mes études.
Et hier, je suis arrivé dans cette jolie petite ville.
Vous allez nous écouter, on travaille sur "L'Enfer" de Dante.
À la fin du cours, on discutera ensemble du programme.
Asseyez-vous près de Mlle Mantoni, vous pourriez devenir amis.
- Cool, ta chemise. - Je te la prête ?
Elle est mieux que ton pull jaune à gerber.
C'est trop une tapette...
Ciao.
Je m'appelle Lorenzo.
- Oui. - Mlle Mantoni !
Vous devez retourner à la bibliothèque,
comment ça se fait ?
Vous verrez ça avec Mme la proviseure.
On reprend Dante, ouvrez vos libres
aux pages 238-239.
Tu bosses à la bibli ?
J'étais en colle pour avoir envoyé chier Mme Messina
qui m'empêchait de tabasser les trois connes.
Messina, c'est la prof d'anglais, les trois connes,
c'est Caterina, Irene et Claudia.
Lisons d'abord le passage.
"Réjouis-toi, Florence, puisque ta renommée"...
Je m'appelle Blu.
- Comme la couleur ? - Non.
Comme "à ma naissance, mes parents étaient défoncés".
Les miens aussi, mais ils m'ont donné un nom normal.
- Par contre, pour le reste... - Heureusement.
Roberto Santoro, je t'attendais.
Bonjour.
Pas de téléphone portable ici.
- Tu pratiques quel sport ? - Aucun.
Comme elles flippent, elles les dégonflent juste.
- Tu leur as fait quoi ? - Rien.
C'est vrai ce qu'on voit sur les murs ?
Que je suis une pute ? Non.
Je sors avec le plus convoité, donc elles me haïssent.
Et toi, t'es homo ou c'est une couverture ?
J'aime les garçons, donc je pourrais bien être homo.
- J'en ai jamais connu. - Tu l'ignorais peut-être.
On dit qu'un gars sur 15 est homo.
La station est là-bas au bout,
tu pousses ou t'es un homo fragile ?
Je suis un homo malin : je pousse avec toi.
Faites une passe à Antonio !
Attendez pas qu'ils arrivent...
On va se boire une bière ? On sera rentrés à 21 h.
Il y a Giacomo, toi, Gianluca et Paolo
ça fait cinq, la voiture est au complet.
Restez pas une heure sous la douche.
Tu voulais venir ?
- Je dois étudier. - Étudier, toi ?
- Ça te sert à rien. - J'ai des trucs à faire.
SALUT TRAÎNÉE
SALUT TAPETTE J'AI PAS ENCORE FINI MA PARTIE
TRAÎNÉE ET LENTE AVEC ÇA ! JE T'APPELLE, T'EXCITE PAS
Tu vas me dire que t'es bon aussi en latin ?
Je le suis dans toutes les matières,
et quand les gens le découvrent, ça les énerve.
Pas moi, j'aime bien que tu fasses tout.
T'avais quoi, comme notes ?
À Turin, j'avais 16 de moyenne, un vrai génie.
Mes parents seraient fiers de moi s'ils étaient en vie.
Ça t'a fait chier ?
Non, pas du tout.
Si, parce qu'ils t'ont pas demandé d'aller au pub avec eux.
Je m'en tape, Simone, c'est un bouffon.
C'est clair...
Ça, c'est vrai.
Mais ça t'a quand même fait chier.
Un peu, mais pas trop.
Ils pensent que je suis débile.
Tu t'en tapes, Antonio.
Tu t'en tapes.
T'es le plus fort au basket, t'es indispensable.
Ils sont rien sans toi, souviens-toi de ça.
Oui, je m'en souviendrai.
Maintenant, va te coucher et pense plus à ça.
La mesure est mauvaise, le morceau doit être 2 cm plus court.
Excusez-moi un instant.
Allô ?
Oui, c'est moi.
Pardon ? Qui est à l'appareil ?
Comme t'es mignonne.
Pédale.
Alors ?
Renato crie un peu de temps en temps.
Si c'est lui qui crie, ça va.
M. Petris, n'en faisons pas toute une histoire.
Lorenzo n'a pas été renvoyé de cours à cause de son vernis.
Ah, non ? C'est bizarre,
c'est ce que vient de dire l'enseignante.
Vous n'avez pas dit vouloir le renvoyer à cause de ça ?
Le vernis du jeune homme a provoqué le désordre
et les élèves l'ont chahuté...
Il fallait donc renvoyer les autres.
Ne l'appelez pas "le jeune homme", mais Lorenzo.
Les élèves ont juste été surpris.
Si je viens en classe habillée en tahitienne
et que les élèves font du boucan, ce n'est pas de leur faute.
Mon fils n'avait pas de couronne de fleurs.
Vu l'énergumène, il en a l'air capable, ça ne nous étonnerait pas.
Anna, je t'en prie.
Si vous êtes incapable de maintenir la discipline en classe,
ce n'est pas notre problème, mais le vôtre.
Et si vous renvoyez Lorenzo à cause de ce vernis,
vous finirez dans les journaux.
Vous n'aviez pas le droit de le renvoyer de cours.
Dites à ce jeune homme d'avoir un comportement approprié.
Il s'appelle Lorenzo. Appelez-le Lorenzo, compris ?
Vous savez quoi ?
Je vais lui dire de se mettre du gloss,
et si vous vous y opposez, vous verrez bien.
Renato, calme-toi.
Je suis très calme.
Connasse.
Je vous demande pardon ?
J'ai dit "connasse",
vous vous sentez visée ?
M. Petris, on peut s'arrêter là.
Le fait que Lorenzo ait mis du vernis
ne peut pas être qualifié d'élément perturbateur.
Demain, votre fils Lorenzo pourra venir en cours.
Si ces comportements provocateurs continuent,
je ne réponds pas des réactions des élèves.
Mais bien sûr que si.
Vous devez leur enseigner le respect.
Et la tolérance, qui doit être réciproque.
Je n'aime pas le mot "tolérance".
Mon fils ne doit pas être toléré,
il doit être accepté pour ce qu'il est.
On a terminé ?
N'en fais pas tout un plat, personne n'écoute Mme Messina.
C'est une enseignante à Lorenzo.
Ça me fait vraiment chier.
Miriam va bien ?
- Oui, elle en est au 5e mois. - Passe-lui le bonjour.
- D'accord. - J'y vais, Roby.
- Merci. - De rien. Salut, Lorenzo !
Tu peux te mettre tout le vernis que tu veux.
Si tes profs disent quelque chose, tu m'appelles, OK ?
Stefy ? Tout va bien, on arrive.
- T'as gardé cette sonnerie ? - C'est très moderne.
Et à l'usine, je suis le seul à avoir celle-là.
- Je peux te demander un truc ? - Oui.
Pourquoi vous m'avez choisi ?
Comment ça ?
Au centre d'accueil, il y avait des garçons plus jeunes,
plus jeunes et plus faciles.
Mme Rosato m'a dit qu'à 16 ans...
Elle nous a dit que les gens vont là-bas pour les plus jeunes
et elle nous a expliqué ce qui s'est passé avec tes autres parents.
Mais on a vu une photo où tu dansais
dans la salle de réunion du centre.
- J'étais habillé comment ? - Avec un collant jaune.
C'était il y a un an, j'imitais celui dans "Glee".
Je sais pas ce que tu faisais, mais...
j'aimais bien.
Je n'ai pas peur, pas besoin de me mettre à l'épreuve.
- Moi non plus. - C'est bien.
- Salut. - Salut, Stefania.
Tout va bien ?
Très bien, pas vrai ?
Montre-moi un peu tes mains.
Le noir, ça fait sale, choisis une autre couleur.
Ils s'attendent tous à ce que je mette du rose.
Ah, toi !
"Madame Coroni, nous sommes désolés,
"mais votre proposition ne convient pas à notre maison d'édition".
Salut.
Salut, ça va ?
Bien, mais j'ai bu trop de café, ce matin.
Et tu as aussi trop fumé.
- Ça te va, des lasagnes ? - Oui.
- Luca est rentré ? - Pas encore.
J'ai bien travaillé, ce matin.
J'ai écrit deux pages qui ont l'air bien.
Je les ai même relues, et toi, les cours ?
Il y a un nouvel élève, Lorenzo.
Tu vas tout me dire, mais avant, je vais voir le courrier.
Croise les doigts pour moi.
Chère Blu, quand tu seras grande, tu repenseras au temps
où tes parents s'occupaient de toi,
où ils te protégeaient des déceptions
et de la cruauté de la vie.
T'as vraiment oublié comment ça se passait.
Ils ne te protégeaient pas du tout.
Ils t'aimaient, mais ils ne te protégeaient pas.
C'était pas de leur faute, ils n'y arrivaient pas,
ni avec toi ni avec ton petit con de frère.
Je me plains ? Non, je ne me plains pas.
Je suis sûre que ça a été utile
pour ne pas trop en attendre de tes années lycée.
Et tu as croqué la vie à pleines dents, pas vrai, Blu ?
En 25 ans, tu en as même plus que profité.
Je te prépare un café et tu pourras étudier.
Salut, papa.
Tu veux manger du poulet ?
Non, merci, j'ai mangé au travail.
Je vais au lit, demain, je suis de nuit.
J'ai acheté des fleurs, je voudrais y aller avant la nuit.
Alors, réveille-moi.
Je peux y aller seule, mais je demande pas à Antonio.
Réveille-moi.
PÉDALE ! JE HAIS LORENZO
VOUS ÊTES DES PETITES MERDES UN JOUR VOUS BOSSEREZ POUR MOI
Lorenzo !
Sors, viens !
PARDON
Vous voulez quoi ?
T'es quand même pas fâché ?
On te déteste pas, on t'adore.
Tu nous as éclairés.
Je l'ai tout de suite su, je te souriais.
Avant moi, vous étiez d'un ennui mortel,
des bouseux endormis, des zombies, vous savez ?
Oui.
Allez, Lorenzo, te fâche pas !
Tu es vraiment trop exceptionnel.
C'est vrai que je le suis.
Si vous le voyez, c'est tout à votre honneur.
- Et comment tu fais ? - C'est inné.
Pourquoi le groupe des sportifs est ici ?
- Et Antonio ? - Il pouvait pas venir.
Il veut te parler seul à seul.
T'aimes bien Antonio ?
Dis-nous la vérité.
Ça suffit.
Je peux pas rester, on se verra au lycée,
mais je ne vous dirai pas bonjour.
Je dois garder un certain niveau... Je me retire.
Quelle bande de connards.
Ils sont tous là, Claudia est en train d'écrire.
Regarde cet exemple de communication sans effort.
Avec un seul post, cette connasse m'insulte
et invite les gens à son anniversaire.
Tu y vas, toi ?
Jamais de la vie, et puis, je suis pas invitée.
Mais si elle t'invitait ?
- Si elle te priait de venir ? - Non.
Elles te détestent à cause de Gio' ?
Pas uniquement.
L'an dernier, je me suis tapé les quatre canons du lycée
qui sont en dernière année.
Tous en même temps.
- C'est pas vrai. - Si.
Ces cons sont allés le raconter et tout le monde me déteste.
Le mois dernier, Giacomo m'a proposé 50 euros pour une branlette.
T'as fait quoi ?
Je lui ai dit que sa mère lui ferait la totale.
Ici, on m'appelle "pédé".
- Comment tu tiens le coup ? - Je les ignore.
Dans deux ans, je m'en vais, et toi ?
Moi, je fais ça.
Regarde.
Ils se sont suicidés.
Ils ont sauté par la fenêtre, ils se sont pendus,
ils se sont coupés les veines ou se sont tiré une balle.
Je finirai pas comme eux.
J'ai plein de bonnes raisons de vivre.
- Genre ? - Genre, la vie.
Genre Antonio, il te plaît et je l'ai vu.
Non... oui.
Il est louche, t'as remarqué qu'il dit jamais rien ?
Les gens disent qu'il est débile.
- Pourquoi ? - Je sais pas.
Ils l'appellent "handicapé".
La plupart du temps, les gens disent des conneries.
Y a quoi, là-dedans ?
Des CD, des vieilles fringues.
Des fringues vintage qui attendent de voir le jour ?
Non, des vieilles fringues, t'excite pas.
T'excite pas ? On ouvre.
Regarde !
Ils ont mis la musique pour pas qu'on les entende.
- Ils font l'amour, je le savais. - Casse-toi.
PRÊTE !
PRÊT ! GO !
Non, je danse pas.
Toi non plus, t'es pas invité à la fête de Claudia, bouffon.
Félicitations, rendez-vous vendredi, 20 h, au 5 rue Paolo Sarpi.
Dress code : très élégant.
On dirait un débile ?
On dirait un débile.
Tu fais quoi ?
Mais comment t'es sapée ?
On avait dit élégant.
Entre, je vais prendre froid.
Allez !
- Vous faites quoi ? - Assieds-toi.
Reste pas planté là.
- Ces fringues viennent d'où ? - C'était à mes parents.
Dans le garage.
Le Dr Mantoni mettait cette veste ?
On n'est pas exceptionnels ?
On dirait deux tarés.
Buvons vite ou ils vont nous virer.
On a la pizzeria rien que pour nous.
- Comme dans les films. - J'ai que 20 euros.
C'est pas vrai, arrête.
Ici, personne vient jamais.
Je propose un toast :
aux trois plus gros bouffons du lycée Newton,
de la ville toute entière.
T'es fou ? Cul-sec ?
Moi, fou ? T'as vu comme t'es sapée ?
- Touché. - Quoi ?
- Touché. - Touché par qui ?
Vous prendrez quelles pizzas ?
C'est un Égyptien qui fait des pizzas napolitaines.
- Quoi ? - Alors ?
Une margherita.
Pour moi, une capricciosa.
Non, excusez-moi, je vais changer.
Chère Blu, petite surprise du mois d'avril.
Les choses changent.
Rien d'extraordinaire, la vie reste chiante :
au lycée, personne ne te parle,
les profs sont toujours des cons...
- Moi, une Jenny. - Jenny ?
Deux pizzas Texane.
Je reviens plus tard.
... mais parfois, tu l'oublies
car tu es soûle ou contente
ou que tu fais des trucs nouveaux.
Vous avez flippé ?
Il y a des jours où tu as moins peur,
où le temps passe plus vite...
Si on disait à la police qu'il y a une bombe à la fête ?
- T'es folle ! - On peut pas faire ça.
- Pourquoi ? - C'est pas crédible.
- Une fuite de gaz. - Faut appeler qui ?
- Vous déconnez ? - Les pompiers.
- Je rentre. - Reste avec nous !
... où tu es un peu contente d'être de ce monde.
Ils sont vraiment nazes.
Les regardons pas.
Des jours comme ça, on s'en souvient toujours,
mais ça n'arrive qu'une fois sur un million.
M. Pavan, vous avez presque eu la moyenne avec votre rédaction.
J'ignore ce qui vous arrive, mais c'est bien.
Merci.
Mlle Mantoni...
je peux la lire à la classe ?
- S'il vous plaît. - Pas moyen.
- Juste une fois. - On a fait un pacte.
Vous êtes encore mon élève,
mais une fois que vous aurez votre bac, j'afficherai tout.
T'as écrit quoi ? Tu me fais lire.
Laisse tomber, t'es trop homo.
Des jours comme ça te font regretter le passé.
Mais c'est quoi ?
Non ! Elles étaient où ?
T'es moche avec ces lunettes.
C'est les lunettes des Mods !
- C'est qui ? - Je vais te le dire...
Ils sont fiers, élégants et toujours à l'avant-garde !
- Tu vas bien, ce soir ? - Elles étaient où ?
Ces jours-là ne sont pas la règle
car si c'était ça, la vie, ce serait insoutenablement beau.
Vous me ferez pas changer d'avis.
Pourquoi tu nous apprends pas à jouer ?
Vous êtes pas capables, faut être coordonnés.
- Je suis vexée. - Moi, pas coordonné ?
À 13 ans, j'ai publié une vidéo où je dansais comme Justin Bieber
et j'ai eu 300 like.
Et 3 000 messages d'insultes.
Et alors ? Du coup, je l'ai retirée.
Je suis très coordonné ! Donnez-moi immédiatement ce ballon !
Bravo !
- Tu traînes avec ces bouffons ? - Joue, va.
Il va pas le faire.
- Je suis sûr que si. - Il va pas le faire.
- Tu le connais pas. - Toi non plus.
Mais je le comprends, et tu verras, il va le faire.
Pavan, souviens-toi bien de l'ordre :
on se savonne et on se rince, pas le contraire.
Va te faire foutre.
Faut éviter de pointer la lumière sur Lorenzo,
mais la pointer sur le fond sans qu'elle déborde.
- Blu t'a montré mes vidéos ? - Quelques-unes.
Il a vu celle où maman dort pendant 360 minutes,
celle de l'aquarium avec le poisson mort,
mais pas celle sur la banane qui moisit en vitesse accélérée.
C'était des anciens travaux.
John Lennon a séduit Yoko Ono avec une pomme pourrie.
Laissez tomber... Vous vous donnez bien du mal.
On doit faire un reportage sur un fait-divers inventé.
C'est lui ?
Il l'a fait ! Il est super petit !
Quoi donc ?
- On met le couvert ? - J'ai presque fini.
Il manque une centaines de paillettes.
Cette veste peut pas être plus simple ?
Je veux pas limiter ta liberté d'expression,
je te le jure, mais j'ai faim.
ON ENREGISTRE DEMAIN !
C'est des tarés.
JE SAIS PAS SI JE VIENS
Trop tard. Bonne nuit et faites de beaux rêves.
De beaux rêves sur nous.
On sait même pas si c'est vrai.
Si, ça se voit à des kilomètres.
Mais ça la regarde, elle fait de mal à personne.
T'aimes bien Irene ? Tu veux te la faire ?
Non, je l'aime pas.
- C'est le texte. T'as la trouille ? - Non.
Ils vont nous le faire payer.
En nous insultant et se moquant de nous ?
J'ai l'habitude.
Si on dit des mensonges sur toi, tu devrais...
Mensonges ou pas, on s'en tape.
Si tu veux plus le faire, dis-le.
J'ai pas dit ça.
Ça te rend agressive, ce truc.
Impossible.
Quand ma mère fume cette beuh, elle aime le monde entier.
Quoi ?
C'est dur de te regarder, tu es trop belle.
N'importe quoi !
Je suis comment ?
Exceptionnel.
J'ai jamais vu de journaliste avec une bague.
Elle appartenait à ma mère, pas Stefania.
J'ai toujours voulu la porter pour mes débuts dans le spectacle.
Et si je concluais avec une chanson ? "Applause".
Non !
Est-ce que je sue ?
Il me faut plus de poudre ?
Non, pas besoin,
même si tu aimerais bien.
Miracle ! Il a fait une blague.
On fait un essai pour le son.
J'ai compris, va.
Bonne chance !
Bonsoir et bienvenue au premier épisode de la web-série :
"Les ragots du lycée Newton".
Dans la rubrique "Secrets dévoilés",
on va parler des trois stars de la terminale A :
Caterina, Irene et Claudia.
Tout le monde ignore sûrement que Caterina
s'est fait jeter de la voiture de Gio' Accardi
alors qu'elle était soûle et essayait de le sucer.
Ou bien qu'Irene Cadorin transpire tellement
qu'aucun déodorant ne fonctionne.
Quant à Claudia, ses sacs de marque
proviennent de chez le marocain du coin où sa mère marchande.
Passons à la rubrique "La nature belle-mère",
en vous montrant un document exclusif.
Giacomo Dorsi, le meneur populaire de l'équipe de basket,
a le sexe le plus microscopique jamais conçu par l'homme.
Vous voyez ça ? Vous ne voyez pas ?
C'est ça, le problème.
On remercie les créateurs du groupe "Je hais Lorenzo".
C'est facile de critiquer, nul n'est normal en ce bas monde.
En attendant, occupez-vous de votre cul,
et rendez-vous au prochain épisode, générique !
Qu'est-ce qu'il y a de si drôle ?
Rien, je te jure.
Je pense qu'on va me virer de l'équipe de basket
à coups de pied au cul.
C'est triste, vraiment très triste.
Pourquoi ? Tu as perdu un match important ?
Il a révélé des détails compromettants sur les membres de son équipe.
- Quels détails ? - La taille de la bite...
Aucun détail.
- Mais vous avez bu ou quoi ? - Non.
On à l'esprit ouvert, mais faut pas se comporter comme ça.
Mais enfin !
Je crois que j'ai compris.
Je vous raccompagne, et Lorenzo, dans ta chambre.
Nous aussi, on a fumé quelques pétards,
mais on s'exhibait pas devant nos parents.
Allez, debout ! Filez, et vite !
Pardon, M. Petris, on prend nos manteaux.
J'aurais pas dû, à ton avis ?
Non, tu as bien fait.
Il faut poser des limites, non ?
Oui.
Si je lui montais une tisane pour qu'elle me raconte tout ?
Quand tu fumais des pétards, ta mère te montait une tisane ?
- Non. - Ben, tu vois !
T'es encore debout ?
- Tu m'attendais ? - Non.
C'est que...
Tu répondais pas et j'arrivais pas à dormir.
J'écoutais de la musique.
J'avais plus de batterie, t'inquiète pas, je vais bien.
Je sais, je vois ça. Mais ça va ?
- T'es bizarre. - Ça va, maman.
Tu me montreras comment ça marche ? J'écoute toujours la même chanson.
Oui, mais va te coucher.
Vas-y aussi, il est tard.
Tu éteins ?
Je suis désolé.
De quoi ?
Ils te collent trop
à cause de ce qui m'est arrivé.
Ils s'inquiètent.
C'est pas grave, ça fait rien.
Maman écoutait tes chansons.
Elle pourrait faire une attaque.
Y a des sacrés morceaux.
Massimo ?
À mon avis, maman et papa auraient préféré
que ce soit moi qui meure, ce soir-là.
- Si ça avait été l'inverse. - Dis pas de conneries.
T'es trop défoncé.
Pense à de belles choses, pense à Blu.
Couche-toi, va.
Tu me manques.
Tu me manques tellement.
Antonio !
Arrête !
Tu sais pas chanter, t'as une voix de merde !
Éteins le moteur.
Stefania a bien su prendre tes mesures,
elle te va trop bien.
Ils ont tous vu la vidéo.
Normal, on l'a mise sur YouTube.
- Ils sont super énervés. - On doit accepter les conséquences.
C'est mieux qu'ils se calment, allons pas en cours.
- Quoi ? - Allons dans les bois.
Dans les bois ?
Vous pouvez pas être aussi bouseux.
Qu'est-ce que j'ai dit ?
Tu as la carte de crédit de ton père ?
- Pourquoi ? - Parce qu'on se casse.
Ça me fait tout drôle qu'on soit habillés pareil.
J'aime bien, on se ressemble et on dirait un groupe pop rock.
Y a quatre ans, je vivais à Trastevere, je vous montre où ?
D'accord.
Je vous ai dit qu'on verrait ma maison de famille, moi ?
On va quand même pas visiter des vieilles baraques !
Et que désire faire le jeune homme exceptionnel ?
Imbécile !
Laissez-moi deviner...
- Rien me va. - Moi, je prends ce bracelet.
Il coûte 2,99 euro, vous pouvez passer en caisse.
Qui lui a filé ma photo ? C'est toi !
- Y a pas que moi, ici. - C'est toi, connard.
- Me touche pas. - Ça risque pas.
Lui et ta salope de copine, ils te sucent bien ?
Lâche-moi ou je t'en mets une.
Va te faire.
10 à huit ! S'ils marquent, ils gagnent.
Passe ! Suis la balle. Monte au panier.
12 ! Les Blancs vont au fond du terrain.
Vous allez où, là ? Bel esprit d'équipe, hein !
Pourquoi t'es énervé ? Giacomo t'a dit quoi ?
Il m'a rien dit, mais il était énervé grave.
À mon avis, on a exagéré.
Je vous file le devoir d'anglais avant que la prof arrive.
C'est quoi ?
Les lettres de refus que les éditeurs envoient à ma mère.
Ça la rendrait triste, alors je les intercepte.
Je te le passe.
"Nous avons aimé votre blog, 'Ma vie, c'est mon écriture',
"intéressant portrait de vie de famille".
Blu, ça va ?
Bonjour.
Mlle Bortoluzzi, la porte !
Vous pouvez le faire.
Grouille.
Bien.
On va corriger les devoirs que vous aviez à faire.
Vous pouvez poser votre téléphone ?
Assieds-toi ou elle va criser.
Mlle Mantoni, votre téléphone !
Mlle Mantoni...
Où allez-vous ?
- Alors ? - Je sais pas.
Je vais vous faire renvoyer.
Ma fille a deux nouveaux amis,
un homo et un autre qui ne l'est pas.
Elle passe beaucoup de temps avec eux.
Trop ? Je sais pas si je les aime bien.
Elle sourit un peu plus, mais elle a toujours cet air triste
qui semble être indispensable à une jeune de 16 ans.
Moi aussi, j'étais comme ça ? Passive et amorphe ?
Sur le canapé, on dirait une petite fille,
et je me souviens quand j'avais son âge.
Stop ! Tu as l'autorisation de sortie ?
Elle dit qu'elle aime son fiancé,
je l'ai vue embrasser sa photo.
Ma fille est romantique, qui l'eût cru !
Elle fait l'émancipée, mais ses jambes tremblent.
Ce qui me frappe, c'est son indifférence,
son manque constant de perspectives.
Que feront-ils quand ils seront grands ?
Je n'ai transmis aucun de mes rêves à ma fille ?
Elle ne rêve pas, elle se laisse glisser.
Est-ce qu'on peut regarder sa fille et penser
que c'est à la fois sa fierté et son échec ?
Qu'est-ce que tu fais là ?
J'ai toute ma vie, là-dedans !
Ma fille est romantique, déprimée,
elle a un ami homo, elle n'a pas de rêves !
Tu parles de ma vie.
Non, je parle de la mienne.
Il est écrit nulle part...
Tu as mis toutes mes histoires sur Internet sans rien me dire.
Je dois écrire pour me libérer,
sinon j'ai l'impression de devenir folle.
T'as pas honte d'utiliser ma vie pour pouvoir écrire ?
T'as rien compris du tout.
Papa sait ce que tu écris sur lui ?
"Mon mari est devenu un autre"...
Et à Luca ? "Mon fils n'a pas l'air brillant".
Personne le sait, juste toi et moi.
Blu...
Tu m'as toujours comprise.
Tu lis, tu écris des rédactions superbes.
Me touche pas.
Je te hais.
Tu peux pas dormir dehors.
Je rentrerai quand ils dormiront.
- Je peux aussi dormir ici. - J'ai déjà froid, moi.
Vous vous imaginez jamais être ailleurs ?
Si, mais je finis toujours dans ce putain de trou.
Je dis pas de rêver d'être ailleurs,
mais d'imaginer que les choses soient différentes.
Je le fais tout le temps et ça me rend exceptionnel.
Ouais, c'est ça...
Quand je veux pas voir un truc, je le vois pas.
Je suis ailleurs, je m'imagine autre chose.
- Genre ? - Genre, que tout le monde m'aime.
- T'as trop bu. - Pas assez, on en a encore ?
C'est ma mère, je dois y aller, à demain.
- Blu, rentre chez toi. - Ouais.
Ciao.
- Tu m'enlaces, j'ai froid. - Dans tes rêves.
C'est trop un fils à maman.
Ils le protègent parce qu'ils ont peur.
Tu le connaissais, son frangin ?
De vue, c'était un gars intelligent,
avec plein d'amis autour de lui, comme Antonio...
- Ils étaient proches ? - Je sais pas.
Il s'appelait Massimo, toute la ville est venue à son enterrement.
Il en parle jamais, ils devaient très proches.
Passons à un autre drame... il t'aime bien.
- Qui ? - Antonio.
T'as pas vu comment il te regarde ?
T'as peur qu'il refuse de sortir avec toi,
alors t'inventes cette histoire.
J'ai peur de rien.
C'est toi qu'il aime bien, il rigole à toutes tes blagues.
Parce que je suis un gars extrêmement drôle.
Sérieux ? Tu penses qu'il m'aime bien ?
T'es pire qu'une gonzesse.
J'aime bien Blu.
Par contre, Lorenzo...
Lorenzo, quoi ?
Je l'aime pas.
C'est un ami.
On est amis.
Laisse-moi tranquille, je dois dormir.
Pitoyables, nous, on aurait été bien plus originaux.
Félicitations pour ce joyeux bordel.
Laisse, regarde ce qu'ils ont fait, quand les profs verront...
Lâche-la !
Ça suffit ! Antonio, lâchez-la !
Qu'est-ce que vous avez fait ? Blu, que se passe-t-il ?
"Nous vous informons que suite à une réunion de discipline,
"votre fils Antonio a été renvoyé trois jours".
Je veux pas le faire, pourquoi ils nous croient pas ?
Ces dessins pourraient être les nôtres
et en plus, t'allais envoyer Caterina à l'hôpital.
- On le fait et on y va. - Pas moi.
- Lorenzo, tu m'aides ? - Oui, allez.
Mais vous devez commencer à comprendre.
À comprendre quoi ?
- Que cette vie est insupportable. - On l'a compris.
Ouais, prends ce seau
et change notre vie en nettoyant ce mur, va.
Très bien.
Vous avez bientôt fini ?
On a presque fini.
C'est joli, hein ? On a repeint les autres murs.
Tout en blanc.
C'est joli ou pas ?
Oui, dépêchez-vous.
Chère Blu, être ado, ça craint toujours et encore,
surtout après que tous mes secrets et les tiens
aient fini sur Internet grâce à cette grande écrivaine, notre mère.
Par contre, l'amitié, c'est grandiose.
Souviens-toi de ça,
et si à 40 ans, tu n'as pas d'amis,
dépêche-toi d'en trouver car c'est eux qui te sauveront.
Et personne d'autre.
J'aime pas bien cette nouvelle.
C'est juste un renvoi
de deux jours, c'est tout.
Un renvoi, c'est un renvoi.
S'ils te font encore redoubler ?
- Ils le feront pas. - Tu peux pas savoir.
Je sais plus quoi faire avec maman, elle m'enquiquine.
Elle dit que tu sors tout le temps,
que tu as changé, et elle s'inquiète.
Et toi, t'es pas inquiet ?
Tu ris et c'était pas arrivé depuis longtemps,
mais je veux pas que tu redoubles.
Tu peux pas voir tes copains et étudier ?
Je peux essayer.
Tu dois bien pouvoir faire deux choses à la fois ?
Je suis pas comme Massimo.
C'est quoi le rapport, avec lui ?
Il était bon en tout, même à la chasse, et moi je prends rien.
D'où te viennent toutes ces conneries ?
C'est moi qui les pense.
Eh bien, tu devrais pas, Antonio.
On est trop sur ton dos ?
Faut comprendre maman, elle a peur,
mais ça ne doit pas te freiner,
t'as compris ?
Vous me demandez toujours ça ! J'ai compris, je suis pas débile.
C'est une façon de dire, qu'est-ce qui te prend ?
Tu dis que si on parle trop, on prend rien.
Restons sans rien dire juste quelque temps.
Blu, tu vas où ?
T'as pas cours aujourd'hui.
Je te parle, reste-là !
J'aurais pas dû, pardon.
J'ai tout effacé, tu peux vérifier.
Combien de temps tu vas me le faire payer ?
Tu lui laisses faire tout ce qu'elle veut.
Elle a été renvoyée, si ça avait été moi...
Tais-toi et prends ton cartable, le bus va arriver.
Un jour, je vais porter plainte.
Salut, j'y vais.
- Tu manges rien ? - J'ai pas faim, merci.
Tu vas où ?
Me balader avec Blu et Antonio, ceux qui ont été renvoyés.
- Fais attention. - À quoi ?
À tout.
T'es bon à l'école, tu les écrases tous,
tes élèves, tes profs, et ils le supportent pas.
- Faut que tu te calmes. - Je ferai gaffe
à moins les écraser.
Ciao !
Un bisou, avant.
On doit l'encourager, ils nous l'ont dit à l'institut.
On doit l'épauler.
Peut-être qu'on est en train de faire fausse route.
On devrait faire les choses différemment ?
Je sais pas.
On nous dit comment faire, mais on voit qu'il est heureux,
alors, ça n'a plus d'importance.
On se change ? Je vais là-bas.
Alors ? Ça y est ?
Salut.
- Tu fais quoi ? - Je remets ça dedans.
On les a pas abîmés, on les a utilisés qu'une fois.
Vous avez bien fait,
mais rangeons-les, ils vont s'abîmer.
- Pourquoi t'es déjà là ? - Y a que nous deux.
Maman et Luca restent chez mamie quelques jours.
C'est pour te laisser tranquille, pour t'aider.
Elle pouvait rester, ça aurait rien changé.
Quand on est adultes, les choses sont plus compliquées.
Maman pense peut-être que je suis un raté, et toi aussi.
Je le pense pas, papa.
Moi, je le pense un peu.
Mais Nina peut continuer à écrire et ça suffit à me rendre heureux.
Tu devrais pas la juger.
Moi, je le fais pas.
Finis de ranger.
T'exagères pas un peu ?
Quatre messages, et tu réponds à aucun !
- Tu me dis pas bonjour. - Lâche-moi.
Pourquoi c'est si grave ? Je t'aime bien, et alors ?
Tais-toi ! Barre-toi !
- T'es pas avec les deux bouffons ? - Lâche-le.
Bonjour.
Regarde ce que je t'ai acheté au marché.
T'aimes bien ?
- Tu l'essaies ? - Laisse-moi.
Je trouve que c'est bien ton genre.
Il y a les deux mêmes pour tes copains.
Qu'est-ce qui va pas ?
Je suis amoureux d'Antonio, mais il veut pas de moi.
Excuse-moi, Stefania, laisse-moi.
Pousse-toi.
T'es chiant, arrête.
Pourquoi tu veux plus nous voir ?
- J'ai pas envie d'en parler. - Moi, si.
On s'éclatait tous les trois.
C'est toi et Lorenzo qui êtes unis depuis le début.
C'est pas vrai.
Au fleuve, vous étiez de mèche.
Je suis débile, mais pas autant que ça.
Je savais que Lorenzo t'aimais bien, et alors ?
Pourquoi tout devrait changer ?
Tu comprends vraiment pas ?
C'est moi qui dois te le dire ?
Je suis amoureux de toi, Blu.
Mais moi, je peux pas.
Je suis avec Gio', tu le sais.
Celui qui t'a fait coucher avec trois autres gars.
C'est pas lui qui me l'a fait faire, j'étais d'accord.
- T'en sais rien. - Moi, je pourrais pas.
Je te voudrais pour moi tout seul, lui, c'est un connard.
Laisse-moi passer.
Je peux entrer ?
Oui.
Ça va un peu mieux ?
Oui.
J'ai acheté du poulet pour ce soir.
Du poulet au curry ?
Mon plat préféré.
À ton âge, je suis tombée amoureuse d'un garçon du coin.
Il s'appelait Giulio.
Le raconte pas à Renato.
Il était beau...
et j'avais arrêté de manger.
J'étais devenue maigre comme un clou.
Il était avec une autre,
plus vieille, très belle, et qui travaillait à l'usine.
Il me regardait même pas.
Parfois, je le rencontre.
Il est devenu gros et moche.
Quand je pense combien j'ai souffert pour lui...
- Ça t'arrivera aussi. - Antonio deviendra gros et moche ?
Non, tu oublieras son visage.
Ça, je sais pas.
Je voulais te dire que tu y arriveras.
Oui, j'y arriverai.
Enfin...
tu y arriveras et tu seras heureux.
Il vient quelques jours voir son père.
Je suis content pour toi.
Quelle tête ! Je te crois pas.
Le légendaire Gio' devient enfin réel. Génial !
- C'est mieux comme ça ? - Oui.
Tu fais quoi demain, avec Antonio ?
Je vais fêter son anniversaire, ni plus, ni moins.
T'es complètement taré.
J'ai mis une tonne de sucre glace.
- Merci. - Souffle, la bougie fond.
Fais un souhait.
Un véritable souhait.
- C'est bon ? - Oui.
Et un, deux, trois !
Bon anniversaire !
Bon anniversaire, mon chéri !
Bon anniversaire !
Dimanche, on ira acheter le reste.
T'auras plus de place dans ta propre chambre.
Prends ton sac, tu vas être en retard en cours.
Maman et moi, on coupe le gâteau.
Si je pouvais revenir en arrière, je ferais 10 enfants.
Ne pense pas. Souris et ne pense pas.
C'est ce que je fais tout le temps.
- Qu'est-ce que tu veux ? - Une urgence.
Vous devez me coiffer comme sur cette photo.
Mais on est fermé...
Je viens juste te dire bonjour.
Viens là.
T'as bien fait, mais je vais chez le notaire avec mon père.
On se voit ce soir, hein ?
Ciao.
T'es de plus en plus belle.
Ça va ?
J'ai mal au genou, je peux pas faire de sport.
Pas de souci, ils jouent au volley, de toute façon.
Ça doit pas être facile pour toi.
Notre école est vieux-jeu, pleine de préjugés.
- Tu t'attendais à mieux. - Je m'attendais à rien.
Parfois, on dirait des animaux,
et j'aimerais secouer leurs têtes vides.
Ce que je veux dire, c'est que tu dois être fort.
Tu dois être plus fort qu'eux, compris ?
Excusez-moi.
On se voit plus tard, alors.
Prof ?
Vous inquiétez pas pour moi, je suis plus fort qu'eux.
Moi, je le suis.
Salut !
- On t'a manqué ? - C'est clair... Énormément.
Ça va ?
Salut, ça va.
Mamie veut savoir quand tu iras la voir.
J'irai un de ces jours.
Tu restes pas dîner ? On vient de rentrer.
J'ai des trucs à faire, on se verra demain.
Tu vas chez Gio' ? J'ai su qu'il était rentré.
Impossible de garder un secret, ici.
- Il veut quoi ? - Il t'apporte un cadeau ?
- Tu veux quoi ? - Bon anniversaire.
Je t'ai apporté un cadeau.
Lorenzo, barre-toi, t'as compris ?
Je t'ai apporté ça, je partirai pas.
- Casse-toi, pédé ! - J'ai pas peur.
Bon anniversaire.
Bon anniversaire.
Barre-toi !
Ce soir, nous recevons un invité très spécial : Lorenzo.
- Je suis ravie que tu sois là. - Merci.
Tu es devenu un jeune homme que le monde entier admire.
En effet, et j'aimerais remercier tous mes fans
car c'est à eux que je dois tout, merci.
Comment c'était quand tu étais ado ? Comment on te voyait à l'école ?
C'était les plus belles années de ma vie.
On m'aimait beaucoup, j'avais un tas d'amis.
Des années inoubliables.
Tout était magique.
Tu n'auras plus d'amis comme ceux que tu avais à ce moment-là.
T'es la meilleure.
Combien tu t'en es tapé, à Milan, mon petit salaud ?
J'étudie toute la journée et je pense à toi.
Bien sûr...
Tu me crois pas ?
Je regarde très souvent notre vidéo.
- Laquelle ? - Celle de l'an dernier.
La fête de fin d'année, ici.
Y a une vidéo ?
Vittorio l'a faite et me l'a envoyée.
Je savais pas qu'on nous filmait.
On s'en fout, ça reste entre nous, je vais pas la mettre sur Internet.
Pour qui tu me prends ?
Tu veux la voir ?
Tu veux la voir ? T'es trop belle.
Allez...
Salut, bébé.
Attends qu'ils s'en aillent.
Y a que nous.
Tu sais que t'es belle ?
- Casse-toi ! - T'es trop belle.
Y a que nous, t'inquiète.
- Viens là, viens avec moi. - J'ai pas envie.
Allez, viens...
C'est moi, bébé.
- J'ai honte. - Mais de quoi ?
- Je veux pas. - C'est des potes.
- Pourquoi ? - Je veux rentrer.
Rentrer ? Non !
Allez, on va jouer.
Une chute du scooter de Blu ? Je te crois pas.
C'est vrai, je te jure,
je faisais l'andouille et j'ai glissé.
Heureusement, je me suis pas cogné la tête.
Demain, je viens au lycée avec toi voir tes profs.
Quel est le rapport avec mes profs ?
Je veux m'assurer que tu me dises la vérité.
C'était Blu, je voulais lui voler son gloss.
Arrête.
Demain, je viens au lycée avec toi.
Salut.
Doucement, papa essaie d'endormir Luca.
Chaque fois qu'on sort, ça le perturbe.
Qu'est-ce qu'il y a ?
Blu, qu'est-ce qu'il y a ?
Je voulais pas, maman.
Je me suis vue.
Je comprenais rien, je voulais pas.
C'est rien, laissez-nous.
- Qu'y a-t-il ? - Laissez-nous.
Retourne au lit.
Calme-toi.
Quoiqu'il soit arrivé,
tout peut être réparé.
C'était des conneries.
Je faisais ce qu'ils me disaient de faire,
mais je comprenais rien, je comprends rien de rien !
Mais qui, "ils" ? De quoi tu parles ?
Lorenzo !
Je suis désolé, je sais pas ce qui m'a pris.
Je suis désolé.
TOUJOURS AVEC GIO' ? ANTONIO M'A EMBRASSÉ, APPELLE-MOI
Antonio !
On se sépare.
Du calme.
Tu dois rester calme.
Respire.
Comme ça.
Tu dois pas avoir peur, Antonio.
Tout dépend de toi.
C'est bien.
Il l'a déjà raconté à tout le monde.
Blu sait déjà ce qui s'est passé
et tout le monde au lycée aussi.
Lorenzo a déjà tout raconté.
Respire.
C'est bien, comme ça.
Tu es parti, mais tu as mis le temps.
T'es resté là.
C'est toi qui es allé
le chercher en bas de chez lui,
oui ou non ?
Et même que ça t'a plu.
C'est toi qui as fait...
Antonio !
Tu l'as tué.
Bravo !
C'est bien.
Bonjour.
- Tu as cuisiné quoi ? - J'ai tout fait.
On appelle Renato ?
Si t'as fait ça pour pas que je vienne, c'est inutile.
Tout va bien, c'était rien,
pas besoin de parler aux profs.
Ni Renato ni moi croyons à une chute en scooter.
On ne peut rien vous cacher.
C'est un accident, des conneries entre potes.
Des potes, ça fait pas des trucs comme ça.
Ça arrive, à notre âge, on s'est expliqués, tu peux me croire.
Je vais me changer, mais me lave pas ce t-shirt.
- Pourquoi ? - Je dois le faire encadrer.
Comment va Blu ?
Ça ira, ça ira bien pour tout le monde.
- Je le trouve pas. - Vincenzo, tu cherches quoi ?
N'aie pas peur.
On vient porter plainte.
Je t'avais prévenu, je te fais pas entrer, ce matin.
Allez, viens.
Mais c'est la dernière fois.
Alors ?
LORENZO BAISE AVEC ANTONIO
Tout ira bien, tu as fait ce qu'il fallait.
Je reviens.
- Qu'y a-t-il ? - Un jeune homme au lycée a été tué.
Chère Blu, c'est la dernière lettre que je t'écris.
J'ai commencé à l'écrire pour que tu n'oublies pas tes 16 ans,
mais c'est inutile,
car tout ce qui s'est passé, tu ne pourras jamais l'oublier.
Tu ne pourras jamais l'oublier.
Ce qui est arrivé t'accompagnera tous les jours,
et tu voudras tout l'oublier, mais ce sera impossible,
car Lorenzo et Antonio seront toujours avec nous, ils ne nous quitteront plus.
Il y a quelque chose qu'on doit faire,
que tu dois faire quand tu seras grande,
car aujourd'hui, je n'ai pas la force.
Tu devras raconter cette histoire.
Tu devras raconter ce qui t'est arrivé,
mais surtout que ça ne devait pas se passer ainsi.
Pas forcément.
Ça aurait pu être différent, et nous aussi,
on aurait pu être meilleurs et plus forts.
Voilà ce que tu devras raconter :
il en fallait si peu.
Il fallait avoir moins peur.
Il en fallait si peu, Blu.
Il en fallait si peu
et on aurait pu être heureux.
Lorenzo, c'est pas ce que je veux,
en tout cas, pas maintenant.
Maintenant, on fait quoi ?
On va se baigner, comme on a dit.
Ça va, vous deux ?
Ça va, ça va super.
On a tout notre temps.
Traduction Marion Bidault
Sous-titrage Elvira de Majo - Ombre elettriche
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