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Pentagone 1942.
La 2de Guerre mondiale dure depuis trois ans.
Les Nazis, victorieux en Europe, ont déclaré la guerre à l'Amérique.
Neuf mois après Pearl Harbor.
Repos.
Allez... Allez !
Un, deux, trois...
Les Japs n'ont qu'à bien se tenir. Bonne chance.
Le Génie vous regrettera.
Merci, messieurs. Je l'ai construit, je veux bien en manger.
Bravo.
- Allez casser du Jap, Groves. - Merci, Thomas.
Je n'y manquerai pas.
Je ne pourrai plus décoller d'un bureau pour mener des hommes au combat.
- Inutile, colonel Groves. - Même Bronson veut aller au front !
Vous êtes un officier du Génie.
C'est d'ici que vous mènerez le combat.
C'est à ce poste que vous me nommez, ce cul-de-sac ?
Ce "cul-de-sac" intéresse personnellement le Président.
Ce n'est pas ce qu'on m'avait promis.
Étudiez la question. Allez à Chicago, parlez aux scientifiques.
Si ça semble possible, foncez.
Choisissez qui vous voulez, prenez ce qu'il vous faut.
Vous pourriez la gagner tout seul, cette guerre.
Avec une étoile en prime.
Nos soldats ont le moral et harcèlent les Allemands,
mais leurs pertes inquiètent sérieusement les Alliés
dans cette guerre contre l'ennemi nazi.
Mauvaises nouvelles de la guerre dans le Pacifique.
On nous confirme que trois croiseurs ont été coulés.
- On ignore le nom des victimes. - Entrez !
Il s'agirait d'un raid de bombardiers et de chasseurs japonais tôt le matin.
- Par ici. Ici ! - Liszard ?
Szilard !
Général Groves, je vous attendais. Entrez.
Pardonnez-moi. Il m'arrive d'être coincé là... métaphoriquement.
J'ai lu ça... Est-ce possible ?
Pourriez-vous ajouter un peu d'eau chaude ?
Je ne suis pas un expert en contes de fées, dites-moi juste s'il finit bien.
Ce que j'ai écrit est possible. Probablement inévitable.
Séparer l'uranium 235.
Mettre soudainement en contact deux éléments
afin que la masse qui en résulte - pas plus grosse que ça -
subisse une réaction en chaîne spontanée.
Et si cette masse était l'épicentre de cette explosion,
toute la ville de Chicago serait désintégrée.
Alléluia.
Pour l'instant nous n'avons que des théories, des concepts...
Si nous pouvons fabriquer cet engin, les Boches aussi.
Oui, l'Allemagne en a la capacité scientifique.
- Il faut une direction. Je peux servir. - Merci.
Il vous faut un allié, général.
CALIFORNIE DU NORD OCTOBRE 1942
Parle-nous de ce général.
Pourquoi ?
Parce que c'est mystérieux.
"Je vous attends quelque part Dieu sait où,
"pas avant 16 h 20 ni après 16 h 29."
À ce qu'on dit,
c'est un hâbleur qui a passé sa vie à creuser des trous en Amérique Latine.
- Des tombes d'indigènes sans doute ! - Oh, Frank !
Après tout, Robert est un savant.
Si l'Armée le veut, elle le voudra tout entier.
Robert tout entier, pourquoi pas ?
Voyons ce qu'il a à m'offrir.
- Robert, doit-on rouler si vite ? - Oui !
- C'est dingue. - Oui !
Oui !
Par ici, professeur Oppenheimer.
Professeur, par ici.
Leslie Groves. Dick pour mes amis. Asseyez-vous.
L'ingéniosité. J'aime ça.
On l'a créé à partir de rien sauf là-dedans.
Dégagez !
Le vieux n'aime pas la promiscuité, hein ?
Devinez quoi ?
La grosse tête veut du jus de carottes.
Donnez-lui ce qu'il demande. C'est un pli à prendre.
Bizarre, ce type.
Oppenheimer est un crack. D'une intelligence indécente.
Il le sait. Il est caractériel. Il sera pas facile a manier.
Le général sait ce qu'il fait.
Oppenheimer n'est pas de notre bord.
Si le général le choisit, ce sera une grosse erreur.
Il faut rendre le projet cohérent.
Je pense que vous êtes l'homme de la situation.
J'ai un faible pour les hommes de valeur.
Les Frisés y travaillent sans répit.
S'ils aboutissent avant nous, imaginez un peu.
Par quoi commencez-vous ?
Par focaliser.
Il y a d'éminents spécialistes avec chacun sa partition.
On les réunit. On les isole. Pas de distractions.
On crée une atmosphère de tension créative.
Tous rivalisent pour résoudre un problème.
Avec un maître d'œuvre. Pour l'instant tout est éparpillé.
- Il faut tout centraliser. - Il y a un os.
Certains ici sont hostiles à vos choix politiques.
Mes choix politiques sont transparents.
Je l'espère. Vous pourriez gagner une guerre
et le prix Nobel.
Le commandant De Silva vous rappelle
que votre train part à 18 h.
Pas de répit pour les durs.
Oh, professeur,
si vous vous engagez, je le dis en toute humilité,
l'intellect cède le pas au galon.
Ce général est une ganache.
Un zéro. Dans 8 jours il me mangera dans la main.
Alors tu vas accepter ?
Je me pose la question. Une foule de questions.
Je vois.
Je suis la reine des banalités au petit déjeuner.
Gardes-en pour le soir, en tant qu'épouse du patron.
Ça veut dire qu'on déménage ?
Tu dois dire oui.
Tu es trop brillant pour Berkeley.
"La Création d'Adam" de Michel-Ange :
origine... destinée.
L'origine et la destinée.
La lutte pour exhumer l'une et découvrir l'autre, c'est ça, la science.
Avant de partir démêler ma propre petite destinée,
je tiens à vous féliciter tous d'être les meilleurs.
J'ai foi en vous. Dieu vous garde et que votre vie soit riche et douce.
- Merci. - Vous nous manquerez, Oppie !
LOS ALAMOS, NOUVEAU MEXIQUE AVRIL 1943
Dépêchez-vous. Avancez !
Dégagez.
Mon général !
- Bonjour, général. - Bonnes nouvelles, Jack ?
Les services sont installés,
les égouts sont réparés et l'eau arrive partout.
Les deux laboratoires...
Ça ne suffit pas. On a deux semaines de retard.
Il y a une bande de scientifiques qui attendent.
Embauchez et rattrapez le retard en une semaine.
On ne peut loger davantage de personnel.
Les loger ? Vous croyez qu'ils dormiront ?
Commandez des tentes pour apaiser votre conscience.
J'avais demandé des chiens de garde.
- Je n'en vois pas. - Ils arrivent, mon général.
Donc...
Tout ce qui se passe ici est strictement confidentiel.
Pas d'exceptions. Ni femme. Ni coiffeur.
Pas d'exceptions.
Ce que vous voyez,
ce que vous entendez,
ce que vous lisez et ce dont vous rêvez,
ce qui vous donne des aigreurs, qui provoque vos ulcères,
qui vous fait transpirer,
ce qui vous réveille la nuit...
Tout cela...
appartient à l'armée des Etats-Unis.
Ou à moi, si ça vous met plus à l'aise.
Vous devez descendre de vos nuages, messieurs,
et entreprendre de gagner la guerre.
Je ne le dirai qu'une fois. Une seule.
Ceux qui savent, le savent. Ceux qui ignorent, l'ignorent.
Vous n'êtes pas ici pour votre confort.
D'accord ?
Vous êtes ici pour dépasser le théorique,
le spéculatif, le fantaisiste.
Vous êtes ici
pour mobiliser le talent, l'intelligence, l'énergie que Dieu vous a donnés
en vue d'une réalisation concrète :
une arme militaire.
Nucléaire. La bombe atomique.
Plus discrets les murmures, messieurs.
Pourquoi faire une bombe ? Il suffit de lancer ce type sur Berlin.
Ça produira le même effet.
On désignera la chose par le terme "gadget" ou "engin".
Est-ce clair ?
Il y a un mot que je refuse d'entendre.
C'est le mot "impossible".
- Vous avez deux jours de retard. - Je suis allé au 109 East Palace Street
voir Mme McKibben, mais il n'y avait personne.
J'ai sauté dans un car qui m'a presque ramené à Chicago.
Je me morfonds dans des bus, des trains,
des gares depuis 60 heures.
À Santa Fe, on m'a dit que cet endroit n'existait pas.
C'est vrai.
On peut manger un morceau quelque part ?
- On a déjà mangé. - Génial.
Si vous voulez une douche, allez-y maintenant.
Ils coupent l'eau à 14 h.
Ouvrez cette porte !
Désolé, je ne pouvais pas entrer.
Dans un mois, vous ferez ça pour sortir. C'est vous Merriman ?
- Oui. - Richard Schoenfield.
Je suis le toubib.
Vous êtes parfait comme compagnon de chambre. La force brute.
Nom de Dieu ! C'est quoi, ça ?
- On dirait un frigo. - C'est vrai.
- Il a l'air d'être coincé. - Vous arrivez à point nommé.
Heureusement que vous êtes là. Vous prenez quel côté ?
Prêt ?
- Vous m'aidez ou quoi ? - Soulevez.
L'équipe Oppenheimer résout tous les problèmes.
Messieurs, ce projet comporte trois aspects.
La physique. Combien de matière ? Plutonium ou uranium 235 ?
Deux : la fabrication du produit.
Cela concerne Oakridge, Tennesse et Hanford. Et trois...
notre responsabilité. C'est un jeu d'enfant.
Fabriquer l'engin, le tester. Et espérer pouvoir le maîtriser.
Messieurs, nous sommes ici.
Au point de départ. Notre objectif, c'est là.
Nous avons un délai de 19 mois.
Ça semble très court.
Enrico, c'est dans 19 mois que Oakridge nous livrera.
Nous avons 19 mois pour assembler, emballer et livrer le colis.
Des contradicteurs ?
Non ?
Bien.
19 mois en partant de rien. Bon sang.
Mais nous avons Oppie et les meilleurs théoriciens et ingénieurs au monde.
Certains sont déjà légendaires. Et si jeunes. C'est une ruche ici.
Le médecin a l'air d'un type bien.
Selon lui, le job est coton mais il veillera sur nous.
Son hôpital ressemble à l'Arche de Noé.
Quand je pense a Jimmy qui se bat aux Philippines, je ne me plains pas.
Je te quitte. Le général veut un rapport.
Et quand Groves veut quelque chose, c'est tout de suite.
Encore.
On construit un canon
dont la bouche est obturée par une masse sous-critique soudée.
Avec une autre masse sous-critique, nous faisons un obus
que nous lançons dans le canon.
- Quelle quantité de matière ? - Environ 15 kilos.
Autant demander la lune !
Nous voulons capter l'énergie qui alimente l'univers. Stupéfiant.
Nous n'avons que des problèmes. Sans compter ceux à venir.
Dites-moi le problème, je m'habitue.
Il y a deux problèmes.
La pré-détonation. Le gadget se désintègre avant d'exploser.
Deux, le problème du poids.
Pour que l'obus ait la vélocité requise,
le canon devra être si lourd qu'on ne pourra pas le déplacer.
Deke ?
Pour un projectile de 18 cm de diamètre,
le tube du canon aura plus de 10 cm d'épaisseur.
J'espère que vous trouverez la musique.
On n'a même pas encore un air à fredonner.
- Discussion libre. - Je n'approuve pas...
Discussion libre. Seth, Deke, le tube du canon.
Robert, Michael, la détonation.
Merde et re-merde ! Ça doit être l'altitude.
- On n'en est qu'à griffonner à la craie. - On patauge.
Si on coulait un tube de canon en alliage léger ?
La compression serait trop forte. Il faut faire exploser les atomes.
Concentrer l'énergie et écraser la masse.
Bon, revoyons tout ça.
Le tube est si lourd qu'un avion ne peut le soulever.
- Mais la force explosive... - Michael !
Michael, viens ici.
Quand je presse cette orange j'obtiens quoi ?
- Du jus. - Non.
Je la presse. J'obtiens une compression.
On prend une boule creuse de plutonium. On la compresse
avec une explosion rentrée, une implosion.
- Réaction en chaîne. - Boum !
- L'explosif agit vers l'extérieur. - Je sais.
On en fait un qui agisse vers l'intérieur.
Seigneur.
- Michael... - Appelons les autres.
On se retrouve à la cantine.
L'engin sera si léger qu'on n'aura pas besoin de canon !
Du feu, soldat ?
C'est Michael et Seth.
Désolés de vous déranger, mais Seth a eu une idée.
- Il pensait à une orange. - Sauter à pieds joints sur une orange.
- Écraser une orange ? - Écraser.
Écraser... le cœur !
Mon Dieu ! Très plaisant.
- Où sont les autres ? - À la cantine.
- Ça peut peut-être attendre. - Non, vas-y.
- Je t'aurais perdu de toute façon. - Merci.
Et merde !
Ils vont nous dégager.
Regarde !
Professeur.
En cherchant un site pour nos essais, le car s'est embourbé.
Hier soir vous avez discuté de votre travail en public.
- Oui, une alternative au canon... - En public !
- On avait une discussion libre. - Justement, parlons-en.
Je ne veux pas de discussions libres. Je veux le cloisonnement.
Que le théoricien ignore ce que sait l'ingénieur.
- La sécurité l'exige. - Écoutez-moi.
Ces garçons épinglent leurs idées au tableau d'affichage.
Les idées sont propriété commune. C'est un principe.
Si vous insistez, il n'y aura plus de discussions
car il n'y aura plus personne pour discuter !
L'idée de Neddermeyer était brillante : une implosion
produisant une compression uniforme et d'une masse légère.
Plus de canon, de vélocité, de poids. Par la libre discussion.
Laissez-nous respirer.
- Bronson ! - Mon général ?
Ne le racontez pas aux serveuses.
Oppie peut tenir tête au général.
Mais Groves est du genre à toujours vouloir avoir le dessus.
On a peur que les Allemands soient plus avancés.
Toutes ces restrictions nous mettent à cran.
C'est typique. Nous sommes des individus, pas des numéros.
- Ce n'est pas dans le contrat. - Excusez-moi si je proteste.
- Des barbelés, des chiens, des gardes ? - Des badges de sécurité !
Je pensais avoir laissé ça en Italie chez Mussolini !
Général, l'ouverture est un principe de base des scientifiques !
Je n'aime pas qu'on censure mes lettres.
Que le FBI m'interroge, soit,
mais qu'il contacte ma femme, ma famille, mes voisins, c'est trop !
On ne peut continuer à travailler dans ces conditions.
Professeur.
C'est une véritable ménagerie.
La pagaille.
- Que comptez-vous faire ? - Je vous avais prévenu.
Confiez-moi la sécurité à l'intérieur du labo.
Qu'on y fasse ce qu'on veut. L'extérieur du labo est pour vous.
Je sais qu'ils accepteront.
Ça ne me plaît pas. Mais je vais m'y faire.
Pour l'instant.
La 8e Force Aérienne
a lancé sur l'Allemagne ta plus forte attaque de ta guerre.
Michael, que deviens-tu ? Content de te voir.
J'ai amené Kathleen.
La soirée s'annonçant assez pauvre en créatures de rêve,
j'ai pris mes dispositions.
- C'est mon infirmière préférée. - Vous allez vous mettre ensemble ?
Non, pas du tout.
En fait, je vais m'envoyer un verre.
Un verre bien tassé.
- Comme je le disais... - C'est coincé.
On se sent parfois très seul ici.
C'est la guerre. Tout le monde ne peut pas être à Acapulco.
- Nom d'un chien ! - Ça va ?
Ça va, merci.
Ils sont parfaits. Une minute de plus, ils brûlaient.
Je mets ça dans l'évier.
- Du jus d'orange ? - Oui, volontiers. Je suis désolé.
Ne vous en faites pas.
- On le fera réparer. - Ce n'est pas grave.
Je suis sûre que nous serons des alliés.
Nous cherchons à séduire le même homme.
Il y a une Madame Groves ?
Oui. Et elle a le courage de rester au second plan.
Certains hommes ont un but sur la terre, Mme Oppenheimer.
Une bonne épouse le reconnaît et se contente de faciliter les choses.
Vous avez lu ma théorie sur la matière dégénérée ?
Elle n'a pas généré grand intérêt.
Que trouverons-nous au bout du tunnel, Michael ?
- Un Martini. - Probablement.
- Opératrice. - Berkeley 5558, je vous prie.
Allô, Jean.
C'est moi. Je sais que c'est toi.
Je n'attendais plus.
- Désolé. Je n'ai pas pu... - J'ai eu si peur.
- Tu n'appelles pas. Tu n'écris pas. - Je ne peux pas.
- Tu ne peux pas ? - Non, je ne peux pas.
- Tu vas venir ? - Eh bien...
- Quand vas-tu venir ? - Jean !
On ne parle pas, on fait du bruit.
Si on échangeait des grognements ? "Je file, il y a une guerre à gagner."
Je ne souffre qu'avec toi.
Jean, écoute-moi. Il faut que tu comprennes, je t'en prie.
Oui ?
- Ce ne sera pas long. - Je l'espère pour vous.
Me réveiller à 2 h du matin.
J'ai voulu vous montrer ceci sans délai.
Elle le cuisine. Je connais la méthode.
Ces grognements peuvent être un code.
Le déchiffreur dit que non.
- Qui est cette femme ? - Jean Tatlock.
- Une communiste notoire. - Faites-moi un rapport sur son passé.
Il doit me manquer des détails sur ce brave professeur.
- Trouvez-les-moi. - Oui.
Le rôle d'Oppenheimer dans ce projet devra être revu.
Le Pr. Oppenheimer est ce projet.
Ne représente-t-il pas un risque inacceptable ?
Non ! Le risque, c'est l'échec.
Je sais que s'il est avec elle il n'est pas avec nous.
C'est peut-être le moment de lui serrer la vis.
- Puis-je demander comment ? - Non, colonel.
- La compression n'est pas uniforme. - Attendez.
Une cloison plus mince augmenterait la compression ?
- Seth, la réponse doit être là. - L'implosion est peut-être une impasse.
- On remet ça ? - Oui.
- C'est une excuse pour ne pas réfléchir. - On se prépare.
Parés ! Replacez les charges !
Replacez les charges !
On est parés, allons-y !
Vite !
Dépêchez-vous ! Allez !
Du nerf ! À gauche !
Canyon à Los Alamos.
Répondez, Los Alamos. Canyon à Los Alamos.
Répondez, Los Alamos. Répondez.
- Le détonateur s'est déclenché ! - Reculez ! Ils sont montés en série !
Allez-vous-en !
- Non, Oppie. - Merde !
Du calme, mon vieux.
Monte dans l'ambulance, je t'examinerai à l'hôpital.
Vous jouez à quoi par ici ?
Allez, démarre !
On vous a appris ça au lycée ?
Vous avez pris un risque.
J'ai tiré le type sans réfléchir.
- Par instinct. - L'instinct ?
Dans cette guerre, je me demande,
si on sauve un homme par instinct, par quoi on en tue d'autres ?
Par instinct aussi ?
Vous parlez comme mon père.
- Pourquoi ? Comment est-il ? - Mon père ?
Il est pasteur,
à Jackson, dans l'Illinois.
J'ai un grand frère, Jimmy. Il est soldat.
Ma mère est morte.
Ça doit le chagriner que je ne sois pas au front.
Pourquoi ?
Jackson est une petite ville.
Il a dit : "Où vas-tu ?" J'ai dit : "B.P. 1663 Santa Fe, Nouveau Mexique."
Ça ne l'a pas emballé.
Et il a dit : "Si tu n'es pas soldat, sois le meilleur scientifique."
Etes-vous le meilleur ?
Je l'étais à Chicago.
Ces gars sont tellement brillants. Des fois, je crois que je perds pied.
Mais j'assumerai ce qu'ils me demanderont.
Mais savez-vous danser ?
Pardon ?
Savez-vous danser ?
- Oui. - Eh bien, allez-y.
- Sérieusement ? - On n'assume pas ?
Très joli.
- Quelque chose comme ça. - Très bien !
Jean Tatlock, diplômée en 1932.
Ils ont une aventure avant qu'Oppenheimer se marie.
Ils se voient par intermittence jusqu'en 1942, puis ça reprend.
Un ami a dit : "Sa femme est son ambition et Tatlock sa conscience."
Elle l'a présenté à des anti-fascistes, des anti-franquistes
et des communistes notoires.
Doucement, les gaz.
Le colonel part en mission. Il doit vivre.
Oppenheimer peut être victime d'un chantage.
- Je dois insister pour qu'il soit suspendu. - N'en faites rien. Détendez-vous.
Pour mener un homme dans une direction,
on ne le tire pas par le nez.
On bloque ses options.
Simple comme un camion.
Nous sommes au début du 9e tour.
Les scientifiques ont une manche d'avance sur l'Armée.
Dugan est à la batte. Merriman lance.
Touché.
Dugan bataille dur.
Bon lancer. H glisse jusqu'à la 2e base.
Oui ?
Oui !
Mauvais moment ?
La vélocité nous pose toujours un problème.
Qui est la poulette que vous fréquentez ?
- Quoi ? - Je dois vous le dire ?
Je l'ai su par quelqu'un qui me devait une faveur.
Mais si on donnait cette information a la mauvaise personne ?
Ce serait la fin de votre carrière.
La fin de ce projet.
Je ne vous comprends pas.
Vous vous prenez pour une sorte de bohémien, j'imagine.
Piégé.
Je ne m'attendais pas à être piégé comme ça.
Grande course jusqu'à la 1re base.
Professeur, puis-je vous aider ?
Et moi dans tout cela ?
Ça la fout mal ! Ça rejaillit sur moi et ma capacité à choisir des hommes.
Je fréquentais cette femme bien avant ce projet.
Peu importe.
Je n'aime pas l'idée d'être coulé par cette affaire.
Je tiens à elle.
C'est une communiste.
Une communiste.
Ça aurait déjà été scandaleux
si c'était une jeunette de l'Indiana.
Elle a sa carte du PC.
Et votre travail classé top secret... Dois-je vous faire un dessin ?
Décrochez ce téléphone et dites-lui adieu !
Long lancer...
Elle est dehors ! Home run pour Merriman.
Un home run !
- Ça va, Bronson, nous survivrons. - Bien.
À vous de jouer.
Regis, la prochaine fois, lève la tête !
On acclame le héros.
Les gratte-papiers battent les soldats.
"Les eaux croupissent vite à demeurer stagnantes."
SAN FRANCISCO JANVIER 1944
Robert !
- Frank. - Content de te voir, frangin.
- On nous suit ou quoi ? - J'ai failli te demander tes papiers.
- Ridicule. - Allons-nous-en au plus vite.
Ils veulent les noms
de tous les sympathisants communistes que je connais.
Ils surveillent mes déplacements. Et sûrement mon téléphone.
- Pourquoi tu restes ? - H y a une contrainte.
Sur une partie de ma vie du moins.
Désolée, je n'ai eu ton message qu'à 17 h.
J'étais à l'hôpital. Ça m'a mis dans un état...
- Tu es superbe. - Et toi si sérieux. Pourquoi ?
J'ai très peu de temps. Je repars ce soir.
Ce soir ? J'ai fait un dîner.
Il ne s'agit pas de dîner, Jean.
Je n'ai pas voulu t'en parler au téléphone.
C'est pour ça que je suis ici.
C'est à cause de ton travail ?
Très bien.
Et on tranche dans le vif avant les cocktails.
Jean ?
Reste. Reste ce soir.
S'il te plaît.
S'il te plaît.
S'il te plaît.
S'il te plaît.
Tu travailles sur une chose mauvaise, c'est ça ?
- Et tu ne peux pas m'en parler. - Parce que c'est un secret.
Nomme une chose bien qui soit secrète.
Nous sommes bien.
Nous avons cessé de l'être quand tu t'es marié.
Quitte-moi pour quelque chose que je peux comprendre.
Ta femme, ton fils, ta conscience. Quelque chose de vivant.
Pas pour ce que tu dois cacher.
Robert...
Oh, Robert, j'ai rêvé que tu étais parti.
C'était donc pour ça, ton silence.
Pas de lettres, pas de message.
J'ai cru que c'était moi. Ma faute.
- Jean, je t'ai dit que... - Justement tu n'as rien dit...
Sur quoi tu travailles de si important ?
C'est important, ne sois pas si arrogante.
C'est de l'arrogance de vouloir être près de toi,
de vouloir comprendre ?
Voici l'homme que j'ai aimé.
J'ai aimé ses rêves, sa vision qu'il ne pouvait prouver.
J'ai aimé sa bonté.
Par lui je voyais le monde devenir meilleur.
Et s'il est mort, je refuse de vivre.
Le monde est... différent.
Il n'est pas comme nous le voulions. Voilà tout.
Tu as tellement compté pour moi.
Tellement.
Elle m'a dit que j'avais un penchant destructif.
Que j'avais perdu la foi.
Elle se trompe ?
Non, elle ne se trompe pas.
Après la guerre, je passerai six mois dans le désert, sans délais à tenir.
Rien.
Merci, Frank.
- Il a embrassé son frère. - Il doit être communiste.
Regardez, il est tordu. Il devait être aplati.
L'implosion n'est qu'un songe creux. Désolé d'y avoir pensé.
Je n'y arriverai pas.
Je dois d'abord focaliser les ondes de choc.
- Je suis à court d'idées ! - C'est une excuse pour ne pas réfléchir.
Au besoin je vous remplacerai.
- On vous demande d'urgence au labo. - Oppie !
Vous l'avez dit, Seth. Focaliser.
Quelqu'un arrivera a focaliser une onde de choc explosive.
- Continuez a travailler. - Bon sang !
C'est Oppie qui implosera s'il ne se calme pas.
Entrez.
La bonne nouvelle : abondance de neutrons dans le nouveau plutonium,
mais le taux de fission spontanée est bien trop élevé.
La réaction trop rapide avortera. Pas d'explosion.
- Qui a fait les calculs ? - Segre.
- Lui-même ? - Segre en personne.
Le plutonium pose problème, ce qui nous ramène à l'uranium 235.
Mais Oakridge ne peut fournir les quantités. Donc retour à l'implosion.
Or, Neddermeyer n'avance pas avec l'implosion.
Un retard est impensable.
Ça Va, Oppie ?
Vous avez un délai à tenir.
J'ai investi un milliard de dollars sur vous. Ce n'est pas rien.
Ce que je veux entendre de vous, c'est "À vos ordres."
Je donne à ce projet 26 heures par jour, 8 jours par semaine.
J'ai renoncé à tout.
Ne me dites pas ça. Je refuse d'écouter ça.
J'ai renoncé à tout. Vous savez de quoi je parle.
Je me fous que les voyages soient limités.
Il fallait un tête-à-tête, il a eu lieu.
Dernières nouvelles du front.
L'armée américaine a percé en France
et repousse les Allemands vers leurs propres frontières.
Mais les Allemands préparent une contre-attaque massive.
- C'est qui ? - Des experts en explosifs.
Neddermeyer a renoncé à son implosion,
mais pas Oppie qui a fait appel à deux experts.
On poursuit notre lutte isolée.
Parfois la guerre semble bien loin.
Je vous dépose, Doc ?
Depuis quand vous avez un permis ?
- Tu es venue voir les gars jouer ? - Oui.
Désolé, je ne pourrai pas aller au ciné ce soir.
Mais je vous rejoindrai après pour un verre.
- Ça vous va ? - Parfait.
Bon, bon.
J'ai promis au singe de lui apprendre le swing. Ça vaut mieux.
Michael, qu'est-ce qui ne va pas ?
- Vous le voyez souvent ? - Oui, je l'aime bien.
Vous êtes jaloux ?
Oui.
Eh bien, faites quelque chose.
Je ne suis pas d'accord.
La Maison-Blanche ne donnera les chiffres qu'après la guerre.
Vous êtes difficile à joindre, Groves. Je viens donc avec mon problème.
Vous voyez des rainures sur ce pneu ? Moi pas.
Pourtant mes hommes roulent avec ça.
J'ignore dans quelle affaire foireuse vous vous êtes fourré.
Vous marchez sur mes plates-bandes.
Pour transporter du matériel, j'ai besoin de camions.
Ces camions roulent sur des pneus.
Quand ils sont immobilisés par manque de pneus, je vois rouge.
Quand j'apprends que c'est votre faute, j'ai des envies de meurtre.
- Il faut... - Non.
J'ai une triple priorité de la Maison-Blanche.
On a besoin du produit.
Vous devez savoir que vous provoquez la colère d'un tas de gens.
Autre chose. Regardez, j'en ai deux. Et vous une.
À la fin de la guerre, ça comptera.
J'espère que vous me comprendrez.
Je vous conseille par tous les saints de vous blinder le cul !
- Eh bien, Bronson. - Mon général ?
Tout est affaire de cul.
On le botte ou on le lèche.
Ça revient à ça.
Excusez mon langage, mais je suis sur le fil du rasoir.
Ces grosses têtes feraient bien d'aboutir,
sinon, je suis un cadavre en sursis.
Oui, mon général.
- Qu'est-ce que c'est ? - Je l'ignore.
- Mon Dieu ! - C'est un arrêt ?
Il n'y a pas d'arrêt prévu ici.
Message pour le général Groves.
Je vais voir quel est le problème.
Message pour le général Groves.
- Message pour le général Groves. - Par ici.
Général Groves, ceci vient d'Allemagne.
On a câblé pour arrêter le train.
Excusez-moi, messieurs.
- Colonel. - Général ?
Mettez-le dans mon coffre. Ne le sortez pas sans ma permission.
LA MÈRE N'A PAS DE BÉBÉ
Cela veut dire que les Allemands n'ont pas la bombe.
Est-ce bien sage d'ignorer ceci ?
À vous de me le dire, colonel. C'est délicat.
Je pense à mes intellos, mes grosses têtes. L'élément juif.
Ôtez Hitler de l'équation, adieu la motivation.
Pourquoi le risquer ?
On peut donner à ce pays le plus gros bâton du parcours.
Je vais m'y employer.
Je vous dirai autre chose sur notre groupe.
Qu'ils approchent de la solution et ils iront jusqu'au bout.
- Ils ne sont pas encore assez près. - Bien, mon général.
LOS ALAMOS AVRIL 1945 3 MOIS AVANT LA DATE LIMITE
Ces coins explosifs sont intégrés à l'obus.
Ils répercutent les ondes de choc comme une lentille la lumière.
Pour votre information,
l'idée a été appliquée en Angleterre sur les obus perforants.
Si ça marche, on sera à nouveau dans les temps.
- Attention ! - Attention, derrière.
On n'a jamais utilisé un explosif comme un outil de précision.
C'est simple. De convexe, l'onde de choc devient concave.
- Sacrée orange, hein, Oppie ? - Après l'explosion, Seth.
Pr. Oppenheimer ?
Une lettre pour vous.
- C'est important. - Merci.
JEAN TATLOCK S'EST SUICIDÉE LE MERCREDI 5 JANVIER 1945.
Bonne chance.
C'est gagné pour la compression !
On a réussi ! On avait raison !
Maintenant, c'est jouable.
Seth, viens ici !
Prochain arrêt : l'implosion !
Je peux entrer ?
Où est-il ?
Derrière la maison.
Assis au soleil sous une couverture.
Dorlotant une bite coupable sans doute.
Inutile d'être vulgaire.
Aucun mot n'atteindra la vulgarité de ce que vous fabriquez.
Vulgaire ou pas, j'ai besoin qu'il aboutisse.
Il le doit à son pays. Il le doit à lui-même.
Il est le meilleur. Il doit avoir ce qu'il veut.
N'essayez pas de me convaincre. Vous n'avez pas besoin de moi.
Et votre sermon sur la "bonne épouse", je connais.
Pourquoi l'avoir supportée si longtemps ?
Parce qu'il est le meilleur et qu'il doit avoir ce qu'il veut.
Je ne sais pas vivre seule. Certains sont ainsi.
Chacun défend son territoire à sa façon.
Concha, vous êtes en retard. J'avais dit 2 h.
Je suis navré.
Je regrette qu'on ait mis tout ce temps pour vous aviser.
Les embouteillages de la censure.
Vous savez...
On n'est pas responsable de ceux qui refusent de vivre.
C'est impossible, inconcevable.
Je ne peux plus travailler là-dessus.
Je ne veux plus.
Et je n'en ai pas besoin.
L'Allemagne est finie.
Question de temps. Ils n'aboutiront pas.
- Vous en êtes sûr ? - Je refuse d'entendre vos arguments.
Je sais que tout représente un risque.
Que la guerre est finie quand elle est finie.
Qu'ils arrosent Londres de bombes.
Que l'Allemagne est désespérée et a de la ressource.
Qu'elle peut asperger l'Angleterre de substances radioactives.
En fait, ils ne nous valent pas. Si ?
J'ai le crâne bourré de doutes.
On me demande de jongler avec trop de boules.
Quand je suis ainsi, je m'agenouille et je prie.
Je trouve ainsi mes certitudes.
Si cela vous échappe et que d'autres réussissent,
vous n'aurez plus à compter les boules, mon ami.
Si vous avez besoin d'une flamme, trouvez-la.
N'importe où.
Enfin des bonnes nouvelles.
Suffisamment d'uranium commence à arriver d'Oakridge.
Mais aussi brillant qu'il soit, Oppie montre des signes de fatigue.
Nous dépendons tous de lui.
Il est notre inspiration.
S'il craquait, tout s'écroulerait.
Magnifique, n'est-ce pas, Michael ? Pensez juste
qu'à quelques kilomètres plus près ou plus loin du soleil,
il n'y aurait rien.
Une masse de gaz ou de glace dont personne ne profiterait.
Odi et amo. "Je hais et j'aime." Catulle. Vous connaissez ?
Non.
"Je hais et j'aime. Tu demandes pourquoi ? Je l'ignore.
"J'éprouve haine et amour et j'en suis torturé."
Groves a peut-être raison. Bannissons la pensée à jamais.
Michael, nous devons tester la masse critique.
- Vous nous aiderez ? - Bien sûr.
Je veux vous montrer quelque chose.
Vous venez voir notre joujou ?
C'est ce que nous appelons chatouiller la queue du dragon.
Une barre d'uranium de 5 x 15 cm sera tirée par ce poids.
Elle part d'ici puis accélère à 10 m par seconde au carré.
Elle passe entre ces briques d'uranium
et en une fraction de seconde, on obtient une réaction en chaîne.
On ne fera pas mieux comme explosion atomique dans ce labo.
Déterminer l'exacte quantité d'uranium est essentiel.
Il y a dix ans, j'imaginais a peine son usage. Dix ans.
Chaque molécule extraite de l'air, une à une.
Allô ?
Quoi ?
J'ai l'honneur de parler au nom de 5 millions de combattants victorieux.
Avec les femmes qui les assistaient si bien,
ils constituent la Force Expéditionnaire Alliée qui a libéré l'Europe.
Ils ont capturé ou détruit des armées plus nombreuses
et ont franchi les centaines de kilomètres
qui séparent Cherbourg de Lubeck, Leipzig et Munich.
Ces succès n'ont pas été obtenus sans sacrifices.
Sur ces champs de bataille, 80 000 Américains et autant d'Alliés
ont perdu la vie,
afin que nous puissions vivre sous le soleil de la liberté.
Ouais !
- Qu'est-ce qu'on fera après ? - On en commencera une autre.
C'est ce que j'aime dans ce boulot : l'avenir est garanti.
Nous descendons d'une longue lignée de nobles prédateurs.
Richard, tu es incorrigible.
Je vais être incorrigible en bas.
Viens, ma beauté.
- Ça va ? - Oui, je suis incorrigible.
- Qu'écrivez-vous ? - Une phrase que Oppie a dite.
Allez-y, lisez-la.
"Toute intelligence est issue
"d'une longue lignée de nobles prédateurs."
Je veux vous embrasser.
Approchez.
Maintenant qu'on a battu l'Allemagne on va rentrer chez nous ?
- Je suis pour. - Ça se pourrait, soldat.
Votre attention, s'il vous plaît. Excusez-moi.
Il semble qu'il y ait pénurie de danseuses ce soir.
En hommage à nos militaires,
je voudrais leur offrir les services
de tous les intellos de Los Alamos ici présents.
Et pour rompre la glace protocolaire, je choisirai le premier danseur.
Général Groves,
m'accorderez-vous cette danse ?
Pourquoi pas ?
- Pourquoi tu gardes ce carnet sur toi ? - Je prends des notes pour mon père.
Les lettres seraient caviardées. Là, je lui raconte tout.
Que vas-tu écrire aujourd'hui ?
- À part la fin de la guerre ? - Oui.
Que j'ai rencontré une fille...
Je t'ai embrassée tout à l'heure ?
Descendez de vos nuages, messieurs.
Plus discrets les murmures, messieurs.
J'en vois qui dansent... trop serrés.
Je n'aime pas ça.
J'aperçois... des mamelles dans le secteur.
Ce qui peut conduire à des grossesses.
Quiconque entrerait en action ou en érection,
devra déposer son zizi au FBI.
Ils s'amusent, c'est bien. Ils y ont droit.
- Qu'ils ne croient pas que c'est fini. - Ce n'est pas fini ?
Mais alors qu'est-ce qu'on célèbre ?
Notre travail pourrait servir à autre chose.
- Le fascisme est mort. - En Europe.
Vous croyez que les Japonais tirent sur des écureuils ?
Non, et la question n'est pas là.
Où est la question ?
Ils n'ont pas la technologie, ils sont incapables d'aboutir.
Si on n'en a pas besoin, pourquoi la fabriquer ?
Je vais vous montrer quelque chose.
La plus grande collection de néant au monde.
Faites-les fonctionner et vous avez une entité.
Une entité irrésistible...
par sa seule menace.
Notre propriété.
Parfois, à rester là debout,
je me pose la question : nous travaillons sur elles ou elles sur nous ?
Donnez-leur de la dignité, professeur.
Ensuite on parlera...
de ce qu'il convient de faire...
et de ce qu'elles impliquent.
Continuer ? Oui / Non
Quelle heure est-il ?
Même dans mon sommeil, des chiens me prennent à la gorge.
Robert ?
Tu penses à démissionner ?
Non.
Je serais rayé des listes. Ils ne comprendraient pas.
Surtout dans le climat actuel.
L'engin continue de m'obséder.
Oui, c'est vrai, mais...
si on pense au-delà,
c'est une réserve illimitée d'énergie. Réfléchis, Kitty.
La force qui fait tourner l'univers.
Ça dépasse l'imagination. Et nous l'avons domestiquée.
Un nouveau monde.
Attrape-les, cow-boy !
SITE D'ESSAIS DE TRINITY - Juin 1945 À un mois de la date limite
Qu'est-ce qui se passe ici ?
Le bétail a détruit les câbles. Deux journées perdues.
Personne n'a pensé à les évacuer hors du site ?
Les éleveurs refusaient et l'Armée a cessé de négocier.
- C'est le chaos total. - Edward, ces estimations...
On bouscule, on presse. Date limite. Tout le projet est dans le chaos total.
On n'a pas réfléchi aux conséquences, Oppie !
Wilson, on attend les données du cyclotron depuis deux semaines.
On les aura quand ?
Wilson a raison.
Il faut discuter de ce que nous pensons tous.
L'argument est abstrait, Edward.
L'affaire devient concrète. Elle affectera des milliers de vies.
Nous devons en parler.
Très bien. Mais pas ici.
Chez moi ce soir.
On chatouille la queue du dragon.
Montez la barre.
Espérons que la barre d'uranium ne se coincera pas dans la pile.
Auquel cas, nous serons sans doute tous évaporés.
- Combien ? - 1,19K.
- On vous attend. - Le compteur est prêt.
Quand vous voulez.
Allons-y.
Chatouillons-la.
Grosse explosion.
Ça a l'air excellent.
Notez les données. Pause cigarette.
Bon travail.
Michael, tu as un instant ? Ils ne me laissent pas entrer.
Tu vas toujours à Chicago ?
Oui, Frisch ne peut pas ramener les barres.
Je voudrais que tu rapportes autre chose.
Tu connais Leo Szilard et Ralph Lapp ?
Avec vingt autres collègues de Chicago,
ils ont rédigé une pétition contre l'usage de l'engin.
Ils s'inquiètent des conséquences possibles.
Moi aussi.
Mon frère est aux Philippines. Je lis les journaux tous les jours.
Je ne te demande pas de l'avaliser. Je ne l'ai pas lue.
Mais on devrait en discuter.
Va à Chicago, rapporte-la. On l'étudiera et on décidera nous-même.
Ce n'est pas bête.
Je la rapporterai.
- À plus tard. - OK.
Comment rationaliser un meurtre prémédité ?
Foutaise ! Quel meurtre ? C'est une guerre qu'il faut gagner.
On ne peut interdire une arme.
Plus elle est efficace, plus on s'en servira.
On a interdit les gaz.
Oppie, parlez en notre nom. Les généraux ne nous écouteront pas.
Parlez aussi pour les gars qui se battent.
Je sais ce qu'ils diraient.
Les Japonais l'ont bien cherché.
- Je me fous qu'ils grillent tous. - Excusez-moi un instant.
Je vous en veux de croire que j'ignore un argument moral.
Encore réveillé ? Tu n'es pas censé dormir ?
Je n'aime pas dormir.
On doit faire plein de choses qu'on n'aime pas
pour pouvoir faire ce qu'on aime.
- Quel est ton cadeau de demain ? - Monter à cheval.
Comment pourras-tu monter un grand cheval si tu n'es pas reposé ?
Tu vas dormir pour papa ? Tu es un bon garçon.
WASHINGTON - Juillet 1945 À deux semaines de la date limite
Il fait chaud.
On pourrait aller chez Carlucci boire du café frappé.
Le projet tout entier commence à s'effilocher.
Nous avons toujours évité certaines questions.
Maintenant, il y a crise.
- Bronson, arrêtez la voiture. - Bien, mon général.
- Va pisser dehors. - C'est un jardin public !
Alors va cueillir des fleurs. Je veux gueuler !
C'est une crise. Une crise de conscience.
Bon. Je ne gueule pas.
Je ne suis même pas en colère.
Je suis abasourdi.
Vous voulez rester là, à polir votre conscience,
quand on pourrait finir la guerre en frappant un grand coup ?
Crise de conscience, hein ?
Très bien, je vous l'offre.
Baignez-vous dedans.
Macérez dedans.
Après quoi, dites-moi si vous allez livrer, finir le travail.
Dites-moi comment expliquer à la Commission du Sénat
la dépense de 2 milliards de dollars pour un show mort-né.
Crise de conscience ?
Vous avez une tâche : me livrer la bombe. Donnez-la-moi !
L'Allemagne a connu des atrocités car les gens ne parlaient pas.
Nous le leur reprochions malgré le danger qu'ils couraient.
Mais il n'est pas dangereux pour nous de parler.
Même sans approuver cette pétition, Michael,
admettez qu'elle doit être discutée.
- Oui, professeur. - Bravo, Michael.
Content de vous revoir.
- Ça vient d'arriver par câble. - Quoi ?
Les Japonais nous sondent pour une reddition. Via les Russes.
Quelle reddition ? Inconditionnelle ?
- Pas selon mes sources. Non. - Bien. Personne n'y croira.
- Monsieur ? - Rien.
Avancez. Jusqu'ici.
M. le Ministre. Une question brutale.
Pensez-vous avec le Président que les Russes
entreront au Japon en cas d'invasion ?
Ce ne sera pas pour rien.
Les Russes voudront la Mandchourie et Sakhaline.
Je peux livrer le Japon au Président. Pas d'invasion, ni d'arrangements.
Vous le garantissez ? Certains de vos scientifiques s'agitent.
Ils cherchent à voir le Président.
Je l'ignorais. Je m'en occupe.
- Bien. Je compte sur vous, général. - M. le Ministre.
Bonsoir.
Panton ?
Pr. Oppenheimer a tenu, à trois reprises, des réunions
avec des personnes suspectes, communistes ou autres.
- Il ne nous a donné qu'un nom. Exact ? - Oui.
Insistez pour avoir les autres.
- Il a besoin d'un coup de semonce. - Bien, mon général.
- On m'a dit que vous étiez la. - Le capitaine Panton m'a appelé.
Encore la sécurité. J'en ai assez d'être harcelé !
- C'était une affaire classée ! - Rien n'est jamais classé avec vous.
J'essaierai de l'étouffer. Ceci n'aidera pas.
- Qu'est-ce que c'est ? - Une pétition.
Vos copains de Chicago manœuvrent pour voir le Président.
Ils n'y arriveront jamais. Vous êtes au courant ?
Du principe, oui.
Faire une démonstration de l'engin sans l'utiliser.
Pouvez-vous les dissuader ?
Pouvez-vous arrêter ça ?
Mon déjeuner refroidit là-haut.
Ne laissez pas ces zozos vous troubler.
Robert, vous êtes à ça de devenir l'homme qui a gagné la guerre.
On ne peut ignorer ce qu'ont à dire les sommités de Chicago.
Ils cherchent une occasion de discuter de cette démonstration.
Comment s'appelle-t-il ? Zi-lard...
- Szilard. - Assis dans la baignoire.
J'aurais dû noyer ce salaud le premier jour !
Pourquoi ne pas faire une démonstration ?
Carbonisez un atoll désert et dictez vos conditions aux Japonais.
Sottises ! Ça ne marchera pas.
Ce sont des kamikazes. Tous.
Votre famille est riche. Ça explique tout.
- Quoi ? - Votre optimisme.
Votre foi dans la nature humaine. Je n'en ai jamais eu. D'argent.
Ça m'a rendu réaliste.
L'idée devrait être soumise au Président.
Où cherchez-vous ces idées ?
Notre service de sécurité a le droit de savoir d'où viennent ces idées.
Démonstrations, arrêts de travail...
partager avec d'autres pays.
Vous aurez du mal à prouver que ces idées viennent de Chicago.
- Elles sont étrangères, subversives. - Elles sont morales !
Pearl Harbor était moral ?
La Pologne, Munich, c'était moral ?
La Marche de la mort à Bataan ? C'était moral ?
Foutaise !
Démonstration foutaise.
Il faut montrer à l'ennemi, aussi durement que possible,
que nous jouons le même jeu que lui.
Demain le Comité votera sur cette démonstration.
Un avis sera envoyé au Président. Écoutez bien.
Dans votre propre intérêt... Faites le bon choix.
Vous êtes avec nous ou contre nous.
Ernest, comment vas-tu ? Je te présente le Pr. Oppenheimer.
Il paraît que vous nous aidez
à chasser ces singes bridés de leurs arbres.
Mes gars vous seront reconnaissants.
Heureux de vous serrer la main. Et merci.
- Je vous serre aussi la main. - Content de vous voir.
Vous les avez entendus ?
Gardez ça en mémoire. Nous vous en serons gré, soldat.
"Nous sommes dans une situation inédite que la guerre ne peut résoudre.
"Pétition au président des États-Unis.
"Des découvertes ignorées du peuple pourraient affecter son avenir."
Les Russes sont nos alliés.
Si on la largue sans les prévenir ils peuvent réagir très mal.
Les Japonais sont à genoux. Les kamikazes, c'est du vent.
Ils ont autant la trouille de nous que nous d'eux.
La guerre a conduit des hommes des deux camps à renier la race humaine.
- Ce ne sera pas notre cas, j'espère. - J'approuve.
Le blocus achèvera le Japon cet automne.
Peut-être même avant.
Cet engin n'est pas le moyen honorable de gagner une guerre.
J'ai appris à me battre avec honneur.
Si Custer avait eu des mitrailleuses,
son histoire serait toute autre.
Si vous maintenez le projet,
et surtout si vous lancez l'engin sans avertissement,
je serai forcé, pour ma part, de démissionner de l'Armée.
Excusez-moi, messieurs.
Au fait, quel est l'avis du Comité au sujet de la démonstration ?
Si nous acceptions une démonstration
devant des observateurs japonais et que celle-ci échouait,
nous ne pourrions plus obtenir la reddition du Japon.
Et nous manquerions de matière fissile.
Le largage de l'engin a toujours fait partie du projet.
C'est donc l'avis que je devrai transmettre au Président ?
Oui, monsieur.
Bob, bienvenue à Trinity.
- Voilà. - J'en porte une ?
Bon Voyage 7
- Vous êtes l'officier responsable ? - Oui.
C'est pour vous.
L'Université de Californie vous livre un cœur de plutonium
destiné à un engin nucléaire de l'Armée US.
C'est une facture de 2 milliards de dollars.
Et voici ce que le prix comprend.
L'initiateur...
Et l'autre moitié.
Il suffit de les entrechoquer violemment.
Commençons le montage final.
OK, M. Merriman.
Tu es bien silencieux.
Ça approche, la fin de ton travail ?
Oui.
Je sens la tension chez tout le monde.
Il se passe quelque chose ici.
Et ça vous hypnotise tous, c'est ça ?
Oui.
On a de grosses demandes de somnifères et d'aspirine.
Il y a autre chose que le travail.
- Je sais que tu ne peux pas en parler. - Je ne peux pas.
Alors parle au Pr. Oppenheimer.
Si quelqu'un connaît la question c'est bien lui.
OK.
Touche-moi.
Nue.
N'est-ce pas un joli mot ?
Cette nuit.
Je veux faire l'amour.
Et je veux un avenir.
C'est ce que je souhaite le plus.
Pour toi et moi.
Moi aussi.
- Mais enfin, George ! - Il est piqué.
Ça doit être le moule.
Je ne suis pas expert en explosifs, mais ça, c'est inacceptable !
Il faut un tournage manuel.
Vous auriez dû faire un tournage manuel avant de me faire venir !
- Michael, que faites-vous ici ? - De Szilard à Chicago.
Je l'ai lue dans le train.
- Qu'en pensez-vous ? - Ça m'a déconcerté.
Ne va-t-on jamais en discuter ?
Entre nous ?
On continue ?
Personne ne s'est arrêté.
On résout un problème technique pour faire un engin.
On n'est pas responsables de son usage.
Oppie, c'est pour vous.
Bethe a les chiffres corrigés.
Laissez-moi ce papier.
On attend l'initiateur. On a besoin de vos résultats.
- D'accord ? - D'accord.
Prêts ?
- Compteur en place. - C'est parti.
21.
29.
31.
38.
Vous notez ? 40. Tous en arrière, vite !
Derrière le mur !
Éteignez !
Bougez pas ! Personne ne bouge !
Merde !
Jetez tout ce qui est métallique.
Marquez vos positions et sortez.
Cet incident n'est jamais arrivé.
Tout le monde devrait s'en tirer.
Sauf moi.
Je suis mort.
Docteur ! Je vous cherche partout. On a un problème.
- Mauvaise allergie. - Quand ?
- Il y a une heure. - Qui ?
- M. Merriman. - Michael ?
- Oui. - Oh, merde !
Allons-y.
- Vite, allons-y ! - À vos ordres !
Par ici.
- Michael, que se passe-t-il ? - Rien, ça va.
- Docteur, combien a-t-il pris ? - Plus de 1000 rads.
- Richard, que se passe-t-il ? - On a la situation en main.
- Stephen, que se passe-t-il ? - Excusez-moi.
Il n'y a pas de patient ici. Personne ne doit le savoir.
Que s'est-il passé ?
Cette salle sera condamnée. Venez avec moi.
Sortez de là !
Ce sont les circuits de détonation.
Je ne sais pas.
Il me faut 24 heures de plus.
Je crois, mais je ne suis pas certain.
J'ai dit un jour de plus.
Il me faut un jour de plus !
Non, Merriman m'a ramené un exemplaire de Chicago.
Quelques physiciens l'ont signée.
Des cocos siphonnés !
Quand ce truc marchera, je le balancerai sur Chicago !
Et vous, vous m'entendez ? Terminez ce foutu machin, c'est un ordre.
Je suis occupé.
Mais j'ai un avion, je serai présent.
Je tourne le dos et il m'échappe.
Voilà qu'il me parle d'ajournement.
- On a l'accord pour aller à Washington ? - Oui.
"Truman arrive Potsdam demain pour conférence avec Staline.
"Donnez résultats tests de Trinity."
Staline bouffera Truman tout cru.
- À moins que... - Oui, à moins que.
À moins que nous donnions au Président un argument frappant.
Et croyez-moi, ce ne sera pas un ajournement.
Oh, mon Dieu.
Si près du but.
Descends-la doucement.
Son cœur semble dilaté, plein de fluide.
- Le rayonnement ? - Probablement.
Il a doublé de volume en une nuit.
Si ça continue, le cœur sera noyé.
- Il est lucide ? - Par moments.
Grosse tumescence du cerveau due aux radiations.
- Et après ? - Je n'en sais rien. Aucune idée.
Aucun être humain n'a reçu une telle dose de radiations.
- Il se consume de l'intérieur. - Mademoiselle, n'entrez pas.
Excusez-moi.
On fait tout ce qu'on peut pour lui.
Absolument tout.
Ça ne sert à rien de te ronger les sangs.
- Va te reposer. - Je ne peux pas.
- Sacrée orange, hein, Oppie ? - Oui.
Attention !
Hornig ? Hornig !
Tout va bien ! L'autre sécurité tient.
Qui encore veut un martini ?
- Comment ça se présente ? - Pas terrible.
Il y a risque d'orages les cinq prochains jours.
- Pourquoi on ne m'a pas dit ? - L'affolement.
- Comment va-t-il ? - Difficile à dire.
- Je veux le voir. - On ne permet pas les visites.
Sécurité. C'est délicat.
C'est un gars solide. Il s'en tirera.
Schoenfield, comment est-il ?
- Il est conscient ? - Par intermittence.
Il a demandé si vous aviez lu la pétition de Chicago.
Oui, je l'ai lue.
C'est tout ?
"Oui, je l'ai lue, et maintenant je m'en lave les mains" ?
J'ai un ami là, brûlé à mort. Il croyait que vous saviez tout.
Vous savez vraiment ce qui se passe ici ?
Que cherchez-vous à démontrer ?
Deux années de ma vie,
j'ai subi vos mesures de sécurité, vos secrets, votre contrôle.
Ces conneries censées cacher vos travaux aux Allemands,
aux Japonais ou aux Russes,
étaient destinées aux Américains qui risquaient de ne pas apprécier.
Les Américains ordinaires veulent juste que leurs fils rentrent en vie.
Je fais tout pour cela.
À Oakridge, on injecte aux handicapés mentaux d'énormes doses de plutonium.
Je ne sais rien d'Oakridge. Posez plutôt la question :
Sera-t-elle assez puissante pour nous terrifier et nous faire réfléchir ?
Pour arrêter à jamais la guerre ? Là est la question !
J'ai vu le complexe d'Oakridge.
Construit non pour produire une ou deux bombes,
mais des milliers.
Bientôt tout le monde aura sa bombe.
Et après ? On restera là à attendre que ça fasse boum ?
Le monde sera plein de Merriman crevant de l'intérieur.
C'est ce que vous voulez ?
Car c'est l'avenir que vous nous préparez !
Oppenheimer ! Arrêtez de jouer à Dieu le Père !
Vous êtes nul dans le rôle et la place est déjà prise.
Sa tension baisse rapidement. Il faut pomper le fluide.
On y va, Michael.
C'est bon, commencez à pomper.
Allez, docteur !
Sa tension commence à remonter lentement.
- Robert, tu devrais dormir. - Je suis dans le noir.
Nous avons tous concocté cette chose.
Avec les Allemands, les Japonais, les Américains et les Anglais.
C'est une horreur qui remonte très loin.
Je ne suis plus un scientifique.
Je suis un maudit fonctionnaire.
Je dois rester à la barre.
Je dois contrôler qui obtiendra cette chose.
Pouvoir et contrôle. Je n'entendrai plus que ça.
La vie ne compte pas pour toi ?
Et l'amour et la compréhension ?
Je croyais que c'était ça, la science.
Je voulais que ça marche entre nous.
Faut-il tout sacrifier à cette... chose ?
J'ai supporté...
Jean...
parce que je croyais que tu avais besoin d'elle.
Et que tu renoncerais à elle pour moi.
Mais elle ne comptait pas.
Je ne compte pas.
Rien ne compte pour toi excepté cette fichue bombe.
Voilà ce que c'est.
Mais ce n'est pas ta seule création.
Il y a les enfants.
Tu as besoin de mon amour et de mon soutien. Je le sais.
Je ne sais pas où les trouver.
Pourquoi moi ?
Pourquoi m'a-t-il choisi ?
- Panton ! - Mon général ?
La sécurité est nulle ! Personne au point de contrôle !
On n'est pas sur une plage publique !
- Il faut annuler le tir. - Pas à cause de la météo.
On risque des retombées radioactives jusqu'à Amarillo !
Vous êtes du New York Times ? Je veux trois papiers.
Un si on réussit, un si on échoue et un si on se désintègre.
Avec ce vent on risque des retombées massives.
C'est moi qui décide ! C'est compris ?
On procède comme prévu ! Sergent, faites taire ce chien.
Vous parlez comme un chef de gare !
Vous cherchez des échappatoires. Je n'ai pas besoin de vous !
Si vous le faites contre mon avis et qu'un incident survient...
Montez dans la voiture.
Mon général, on dirait que ça s'éclaircit.
Quand on s'est préparé à un grand moment,
on s'y accroche très fort, sinon il vous dépasse.
Vous avez toujours su que je le ferai, non ?
On ne va pas contre sa nature.
Ce sera comment ?
Inimaginable.
C'est votre bébé.
Allons-y.
Alléluia.
C'est sans danger, on peut y aller.
Allons-y.
Commencez le compte à rebours.
Branchez. Les explosifs, réveillez-vous !
On va réveiller le dragon.
- Branchement. - Branchement.
Relais synchronisation 1 : ouverts.
Relais synchronisation 1 : ouverts.
Relais synchronisation 2 : ouverts.
Relais synchronisation 2 : ouverts.
Je t'aime, Michael.
Doucement.
Respire doucement.
Doucement.
Remets-toi sur la glace.
Ça va, voici la glace.
Kathleen, qu'est-ce que tu fais là ?
Kathleen ? Mon Dieu !
Viens, chérie.
- Tu ne peux pas rester là. - Il fallait que je vienne.
Je voulais lui dire que je l'aime parce qu'il va mourir !
Relais détonateur 4 : ouverts.
Elle est armée. Maintenant, à l'abri.
Descendons de là.
J'ai toujours cru que le Seigneur était avec nous.
Maintenant on va le prouver.
- Ça doit venir de la base militaire. - Enrico, un pronostic ?
Je parie qu'on mettra le feu à l'atmosphère.
Avec un peu de chance, on n'effacera que le Nouveau Mexique, pas la planète.
Qui veut parier ?
J'espère que ce machin n'explosera pas.
Qu'est-ce que c'est ?
C'est Casse-Noisettes.
Je ne peux pas l'éviter.
- Passez sur 6-5. - 6-5.
Essayez la fréquence 7.
Chargement de l'engin.
Robert, par ici.
L'engin est chargé.
Nous sommes à zéro moins 60 secondes, 59, 58,
57, 56,
55, 54,
53, 52, 51, 50, 49...
- D'où vient cette musique ? - Fréquence de terre. Inévitable.
44, 43, 42.
41, 40...
Saleté de musique !
37, 36, 35, 34,
33, 32, 31, 30,
29, 28, 27, 26, 25,
24, 23, 22, 21, 20,
19,18,17.
16,15,14.
13,12,11,10,
9, 8, 7, 6,
5, 4, 3, 2, 1, zéro.
POUR MON PÈRE.
Kathleen mon amour. Un jour tu m'as posé une question :
est-ce par instinct qu'on sauve ou qu'on ôte une vie ?
Je ne le sais pas, ma chérie.
Je sais seulement que nous sommes fibres de choisir.
J'espère que nous choisirons la vie plutôt que la mort.
Non que l'implacable univers s'en soucie outre mesure,
mais parce qu'en te regardant, ma chérie,
je comprends la splendeur et la magie de la vie.
21 jours plus tard, le 8 août 1945,
la bombe nommée "Little Boy" fut lancée sur Hiroshima.
Trois jours après, la bombe nommée "Fat Man" fut lancée sur Nagasaki.
Au moins 200 000 personnes moururent dans ces bombardements.
Le Japon capitula sans conditions le 2 septembre 1945.
Robert Oppenheimer fut pour un temps un héros national.
En 1949, il refusa son soutien au projet de bombe à hydrogène.
En 1954, on lui retira son aval Sécurité.
Il dut démissionner du service public et mourut d'un cancer en 1967.
Le Général Groves perdit la direction du programme d'armement nucléaire
et entra dans les affaires. Il mourut d'une maladie du cœur en 1970.
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