All language subtitles for Beyond.The.Sea.2004.1080p.FR.x264.ac3-mHDgz

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Original subtitles

On arrive, oui. Bien.

Tu viens à sa soirée après ?

Il y a des chances. Et toi ?

Faut voir... Tu sais à quelle heure ça finit ?

Non, pas du tout.

On y est.

Ravis de vous rencontrer, Monsieur Darin !

On a une interview avec l'agence de presse demain.

- Demain ? Tu rigoles ? - Je sais bien. Ce sera pas long !

C'est ma soirée avec la famille ! Tu sais que c'est important pour nous !

- Je peux avoir un autographe ? - Voilà. Bonne soirée !

Je ne te demande pas plus que deux minutes !

C'est le seul soir où je ne veux pas avoir à faire ce genre de truc !

On fête mon anniversaire de mariage, je te rappelle !

C'est important ! Ils t'ont raté en Floride, on ne peut plus les éviter !

Bonne chance, Bobby !

Je te le rappellerai demain matin.

Salut Bobby ! Bonne soirée !

- Salut Charlie ! - Donne-moi tes lunettes. Parfait.

Et maintenant Mesdames et Messieurs,

ce soir, pour son dixième anniversaire dans le show-business

le Coconut Grove est fier d'accueillir le seul,

l'unique Bobby Darin !

Merci ! Trois suppositions. Faux !

Stop ! Stop ! Richie ! Stop ! Stop ! Arrêtez ! Arrêtez !

OK, on reprend du début, je veux la refaire.

Allons, tu plaisantes ! C'était parfait !

Non, je veux recommencer, je peux faire mieux.

Tu te rends compte du temps qu'il faudra pour tout remettre en place ?

Je ne sais pas si mes lèvres vont encore pouvoir tenir longtemps !

Quand tu joueras correctement, on s'arrêtera,

mais si tu continues à saloper le boulot

comme tu l'as fait toute cette après-midi,

on recommencera encore et encore jusqu'à ce que ce soit parfait !

Mais, Bobby, les gars sont crevés, c'est tout !

Et moi, alors ! Allez, préviens tout le monde.

Mesdames et Messieurs, vous pourrez partir dans quelques minutes, mais...

Attendez !

S'il vous plaît, restez assis jusqu'au départ de M. Darin, merci.

La sonnerie s'il vous plaît !

Bobby ! On ne peut pas recommencer cette prise, comme ça, sans arrêt !

Écoute, si Bobby dit qu'il peut faire mieux c'est que c'est vrai !

- Mais il agresse tout le monde ! - Laisse-le se détendre un peu.

Monsieur Darin, vous voulez tout reprendre du début ?

Bobby, tu sais que la presse est là, aujourd'hui.

Accorde leur une minute, tu veux !

On reprend dans dix minutes ! Que personne ne s'éloigne !

- Comment tu te sens ? - J'en sais rien, Charlie.

Allez, te fais pas de bile ! Viens. Il faut y retourner.

Assemble ces deux morceaux, je regarderai ça après le dîner.

Monsieur Darin ! David a dit que je peux vous parler aujourd'hui.

- On peut faire ça maintenant ? - Il est occupé, là !

M. Darin, personne n'a encore jamais fait un film sur sa propre vie.

Bien sûr que ça a déjà été fait ! C'est un autoportrait, mais en film !

Vous pensez vraiment pouvoir être objectif sur votre propre vie ?

Écoutez ! Quand il était petit, on lui a appris à ne jamais mentir,

- Et c'est ce qu'il fait ! - Excusez-moi, mais... qui êtes-vous ?

Son beau-frère ! Et si vous le cherchez, vous aurez affaire à moi !

Je ne cherche personne, Monsieur ! Mais honnêtement, admettez-le !

Il est trop vieux pour ce rôle !

Il est né pour interpréter ce rôle et vous le savez très bien !

Fichez le camp d'ici !

- Merci Charlie ! - Quelle connerie !

Tu serais trop âgé pour jouer ton propre rôle ?! Allez, viens, on y va.

OK tout le monde ! On change le début.

- Quoi ? Et pourquoi, Bobby ? - Commencer par Mackie, c'est risqué !

Au contraire, commencer par celle-là, c'est courageux !

Le message c'est : vous voulez voir ce dont je suis capable ? Me voilà !

Non ! C'est une erreur !

Et si on faisait "Hello, young lovers" ?

Commence donc avec le début de ta maladie !

Nina, c'est son histoire, laisse-lui le temps d'y réfléchir !

Non ! N'essaie pas de me faire taire, je sais ce qui est important, moi !

Tout a commencé quand il est tombé malade.

Nina arrête, s'il te plaît !

On devrait commencer par la fois où je me suis fait huer sur scène.

Enfin ! Personne ne viendra te voir te faire huer et sortir de scène !

Restes-en à tes succès ! C'est ça qui qui se vend !

Comment tu sais ce que les gens viendront voir, Boum-Boum ?

Depuis quand es-tu expert ?

- Bien vu, Bobby ! - Nina !

Dis donc ! Je te connais depuis toujours, alors pour tes affaires,

je suis l'expert numéro 1 !

Foutaises !

- C'est qui celui-là ? - Le gamin qui joue Bobby enfant.

- Eh ! Descends de là, petit ! - Je vais le chercher !

On n'est pas prêts pour ta scène !

Attendez les gars. J'aimerais savoir ce qu'il a à nous dire.

Qu'est-ce que tu viens de dire ?

J'ai dit "foutaises !"

Qu'est-ce qui est des foutaises ?

Que vous le connaissez mieux que tout le monde !

Génial ! Un mini Bobby, acteur, en plus ! J'ai besoin d'un verre !

- Marrant, c'est Bobby tout craché ! - Oui, il lui ressemble vraiment !

Je reviens tout de suite !

Oh non, c'est reparti !

Alors c'est toi qui joues mon rôle !

Je ne joue pas, je suis toi !

Tu crois vraiment me connaître ?

Je te connais mieux qu'aucun d'entre eux !

Même en la refaisant cent fois, ce ne sera jamais assez bon pour lui !

Qu'il s'en prenne à moi, ça je peux l'admettre...

Mais qu'il crie sur les gars, non ! Ils bossent comme des fous pour lui !

Je n'ai jamais travaillé avec un enfoiré aussi arrogant !

Écoute-moi, petite merde !

Il y a quatre personnes, ici, qui ne peuvent pas être renvoyées !

Et toi, tu ne fais pas partie des quatre !

C'est peut-être bien un enfoiré,

mais c'est pour lui qu'on bosse !

Regardez ! Il s'est trouvé lui-même !

On devrait commencer par quoi alors ?

Tu veux de la vérité ? Je vais te donner de la vérité !

Attends ! Cours pas si vite !

Le gamin a raison. C'est là qu'il faut commencer.

Dans la rue où j'ai grandi avec ma sœur Nina, mon beau-frère Charlie,

et la personne la plus importante à mes yeux, ma mère Polly.

Madame Cassotto, je suis désolé de devoir vous l'annoncer...

Votre fils souffre de rhumatisme articulaire.

- Qu'est-ce que c'est ? - Une sorte d'infection aiguë.

Pourquoi c'est si douloureux ?

Le rhumatisme articulaire endommage le cœur.

Cela affecte aussi les articulations et les muscles.

Que peut-on faire pour le soulager, Docteur ?

Donnez-lui simplement tout le confort possible.

Dites-nous la vérité !

La vérité est toujours une bonne chose !

Même avec le meilleur traitement médical au monde,

il aura beaucoup de chance s'il atteint ses quinze ans !

Qu'est-ce que tu fais là, Bobby ?

Allons viens dans mes bras. Cet homme ne sait pas de quoi il parle.

Il faut te recoucher, viens !

Maman, parle-moi de mon père !

Allons, tu sais déjà tout à son sujet ! Dors, maintenant !

Mais j'adore quand tu me parles de lui !

Eh bien... Sam Cassotto était un homme très important.

C'était un excellent ébéniste !

Mais un jour il s'est mis à travailler pour un autre homme.

- Qui était un gangster. - Walden Robert Cassotto !

C'était un homme d'affaires !

Je croyais que tu disais que la vérité était toujours bonne à dire !

OK, tu as raison. Mais pour notre famille, il n'a jamais rien fait !

Ton père, par contre, Sam Cassotto était un homme loyal et généreux.

Et il aurait été très fier de toi !

Et ne faites pas de bruit ! Je veux que ce soit une surprise.

Ne réveillez pas le gosse !

Ça va pas, non ? Que fichez-vous au milieu de la rue ! Imbéciles !

Si tu réveilles mon gosse, je te fous ton klaxon dans le cul !

Tu sais, avant la naissance de ta sœur, je gagnais ma vie comme ça !

La musique m'a ouvert les portes d'un tout nouveau monde !

Même si je me sens mal, que je sois triste ou malade,

il suffit que je pose mes doigts sur ces touches et pouh !...

Comme par magie, tout de suite je me sens nettement mieux !

J'ai toujours su que tu avais du talent, Bobby ! Ce piano est à toi !

Charlie a travaillé dur pour l'acheter !

Dieu t'a fait souffrir, mais il comptait se rattraper plus tard !

Maman avait raison au sujet de la musique :

elle m'ouvrit les portes d'un monde nouveau,

extérieur au temps et à la maladie.

Un monde où je pouvais vivre.

Je savais que si j'atteignais les dix ans,

je pourrais peut-être atteindre les quinze, puis même les vingt ans !

De ce moment, la musique devint la chose la plus importante de ma vie.

Maman me montra les pas qu'elle avait appris dans les vaudevilles

qui faisaient se démarquer les grands artistes.

Je passais la plupart de mes journées cloué au lit par la fièvre,

mais dès que j'en avais la force, on s'exerçait encore et encore !

Jusqu'à ce que soit créé ce qu'elle appela "Le Plan !"

J'allais bientôt être assez grand pour aller à New York,

mais maman avait encore quelque chose à m'apprendre.

Quoi ?

Tu n'as pas dansé dans la rue comme ça !

Je le sais ! C'est de la fantaisie, de l'imaginaire !

- Mais ce n'est pas vrai ! - Oublie la réalité !

Écoute, gamin ! Les souvenirs sont comme des rayons de lune.

On en fait ce qu'on veut !

OK, dans ce cas, continue !

Je reste dans le coin si t'as besoin de moi !

Une partie du plan de ma mère, c'était de m'entourer des meilleurs !

Du coup, j'ai eu un manager qui n'avait jamais fait ça de sa vie :

Steve "Boum Boum" Blauner.

Un attaché aux relations publiques

qui n'avait jamais eu de relations avec le public : David Gershenson.

Dick Berke, qui n'avait jamais dirigé que l'orchestre du lycée,

et mon beau-frère Charlie, éboueur, comme serviteur.

Ce n'est plus l'orchestre du Lycée, hein Bobby !

Quand on vient de rien comme nous, ou lui, là,

on n'a pas d'autre choix que de se faire un nom.

C'est ce qu'on va faire, Richie. Et on y arrivera.

Va là-bas ! Va jusqu'à ces nanas là-bas ! Allez, va ! Va ! Va !

Hé les filles ! Vous voulez voir une vraie star ?

Et donc, pendant que Sinatra jouait à guichet fermé au Copa,

Walden Robert Cassotto se produisait partout où on l'engageait :

aux bar-mitsvah, mariages, et quelques rades de Long Island.

- Eh gamin ! T'es pas Sinatra. - Stop ! Stop !

Ce sont des paresseux ! Ils n'aiment pas répéter !!

Ils ne s'améliorent pas en répétant ! Je perds mon temps !

- Ce n'est que le Safari-Club ! - Peu importe !

Vire-les, Bobby ! Ils ne sont pas à ta hauteur !

Sur deux de nos trois chansons, ils ne tiennent même pas le rythme !

La semaine dernière, tu savais pas ce qu'était un fa dièse,

- Maintenant t'es un expert ? - Oui, je suis un expert !

Bobby, tu as dit toi-même que le Safari Club était une infection !

Moi, je vous ai trouvé très bien !

Non ! On a joué comme de la merde et le public mérite bien mieux !

J'étais une tête brûlée,

avec un cœur fragile et un très mauvais nom de scène.

"Walden Robert Cassatto" n'a pas vraiment sa place sur un auvent !

Ou alors peut-être seulement pour un soir !

À l'époque, un artiste se devait d'avoir un super nom de scène.

Et un jour... je le vis. Le nom parfait ! Qui clignotait :

Dès que j'eus changé de nom, je fis mon premier passage à la télévision.

Malheureusement, je ne connaissais pas les paroles

de la chanson que j'avais choisi de chanter.

Je conçus donc une technique personnelle pour réussir ce direct.

Ça ne m'a pas gagné beaucoup de fans !

Mais ça n'a pas non plus signé la fin de ma carrière.

Ma maison de disques me donna une dernière chance de percer.

Bobby ! Tout est une question d'image, pas vrai ?

Laisse-moi un peu tranquille ! C'est ma dernière session !

T'as vraiment un look de chiottes !

Je sais que je perds mes cheveux ! Je me vois tous les jours !

La prochaine fois que tu fais une télé mets un postiche !

- Ce serait une imposture ! - John Wayne en porte un.

Trouve donc plus honnête que lui ! Humphrey Bogart aussi.

Oh ! Bogart aussi prépare un disque ?

Sinatra en porte un aussi.

OK, Boum-Boum, tu as gagné !

Et maintenant faut que je retourne là-bas faire le vinyle

et puis mettre la cire dans le truc pour que ça fonctionne.

Faut que je recommence cette chanson. Salut.

Cette chanson a du sens, pour toi ?

Elle se passe dans les toilettes ! On s'en fiche du sens !

Ce serait mieux dans une douche au lieu d'une baignoire !

- Un mec ne prend pas de bain ! - C'est vrai ça !

Je me drape dans la serviette, je ressaute dans la baignoire, et puis ?

Il veut ressauter dans la baignoire ? Il les connaît, ces gens ?

Où veux-tu qu'il aille d'autre ?

Non, non, on va jouer avec ça un peu plus longtemps.

Joue tant que tu veux, mais rappelle-toi, une heure, pas plus !

Eh, c'est qui ce gars, Yom Kippur, qui réserve le studio le vendredi ?

Regardez-le ! Il a dit qu'il y arriverait et ça y est !

Il va devenir la plus grande star du show-business !

M'man ! Pousse-toi, s'te plaît, je vois rien !

Qu'est-ce qu'il a sur la tête ?

Qu'est-ce que c'est ?

C'est un toupet ! Un postiche !

Je fus l'idole des jeunes pendant une minute et demi.

Mais Maman voulait que je sois plus célèbre que Sinatra !

Je voulais reprendre les grands standards du jazz,

mais mon producteur me disait de ne pas tourner le dos au rock'n'roll

Les teenagers n'achèteront jamais un album où tu fais des reprises !

Non, pas encore ! Comment tu sais ça ? T'as une boule de cristal, là ?

Je m'y connais ! On ne change pas son image quand on est au top !

Je ne veux pas des teenagers comme seul public alors c'est parfait !

Pourquoi n'es-tu pas satisfait ? Tu viens de faire un tabac !

Devant des gosses ! Ahmet, je veux le Copa !

En faisant du rock, je suis comme tous les autres, tu le sais !

Je vais prouver que je sais chanter ! Je veux tout !

Les meilleures salles, les clubs, Vegas, le cinéma, la télé...

Avec cet album ça ira très vite, plus vite que tu ne l'imagines !

Mais tu n'as rien à prouver ! Tu es déjà une grande star !

- Tu crois vraiment ? - Mais oui !

Une seconde ! Eh, toi ! Attends une seconde ! Toi, là-bas !

Je n'ai pas de temps à perdre, Bobby !

Viens là, une seconde. Juste une question, tu veux ? Regarde-moi.

- Quoi ? - Regarde-moi.

- Tu me connais ? - Quoi ?

- Tu me reconnais ? - De quoi vous parlez ?

- Mon visage t'est-il familier ? - Non ! Pas du tout !

Je ne vous connais pas ! Maintenant laissez-moi, j'ai du boulot !

Merci, vieux !

Ahmet, quand le livreur me reconnaîtra, là je serai une star.

Cyprès deux - six, sept, deux.

Bobby, retiens ce numéro.

Si tu as besoin de moi...

Où que tu sois...

Appelle-moi. Cyprès deux, six, sept, deux.

Réponds-moi !

Tu dois raconter ce qui s'est passé après.

Hé ! Nina ! Comment va ?

Bobby, j'ai quelque chose à te dire.

Quoi ?

Vas-y ! Il faut que tu y ailles !

T'inquiète pas pour moi !

Je ne peux pas !

Il le faut.

Maman, Je crois que c'est celui que nous voulions.

Le voici ! Le grand Bobby Darin !

Meilleur nouvel artiste ! Meilleur album !

En route pour Hollywood !

Ainsi, avec le succès, Hollywood vint frapper à la porte.

Je m'envolai pour l'Italie avec Charlie et Nina

pour faire un film avec Rock Hudson et Sandra Dee.

C'est quoi ton problème, espèce de stupide rital !

Il a des choses fragiles là-dedans ! Mon Dieu !

- Nina. - Je suis désolée, mais je...

- Nina, calme-toi s'il te plaît ! - Je vais le faire moi-même.

Regarde qui est en couverture de "Screen magazine", Charlie !

Non pas ça, laissez ça tranquille !

- C'est génial ! - Nina ! On va faire un tour !

- Un film ! - T'as deviné !

- Tu sais jouer la comédie ? - J'ai fait ça toute ma vie !

Un, deux, trois.

C'est quoi, ton vœu ?

Faut pas le dire si on veut que ça se réalise !

J'espère que tu auras ce que tu veux.

C'est vraiment gentil !

Coupez ! Parfait !

C'est dans la boîte ?

On va manger, on reprend après. Change de bobine.

Sandy, est-ce que ça te dirait de dîner avec moi ce soir ?

Non, merci. Je vais dîner dans ma chambre et me coucher tôt.

Oh mon Dieu ! Et tu supportes ce genre de soirées trépidantes ?

Je ne suis pas ici pour m'amuser mais pour travailler !

Peut-être que toi aussi, tu devrais te coucher tôt !

Et qu'est-ce qui te fait dire que ce n'est pas le cas ?

Sandra Dee, est-ce que vous m'espionnez, par hasard ?

Je n'ai jamais travaillé avec quelqu'un d'aussi peu professionnel !

- Tu as déjà fait ça, avant ? - Je suis en train d'apprendre.

Mais laisse-moi te dire un truc, toi tu n'as rien d'Audrey Hepburn !

OK tout le monde ! Pause repas ! Une heure !

- Poupou ! Comment va, gamin ? - C'est Pompom et c'est une femelle !

Sandy, ne laisse pas ton chien ruiner ton beau maquillage !

Dites, Mary, il y a une chose que je ne comprends pas.

- J'aimerais que vous m'expliquiez. - Quoi ?

Comment se fait-il que vous soyez la mère de Sandy et non sa sœur ?

Monsieur Darin !

Non, sérieusement !

Vous êtes le parfait miroir l'une de l'autre !

Quand tu souris, il faut que le sourire reste léger.

C'est ça, pas plus, sinon tu auras des petites rides.

Regarde, c'est elle, Charlie, la fille que je vais épouser.

Je veux que tu me trouves un bon fleuriste.

Je veux lui faire livrer chaque jour dix-huit roses jaunes.

Pas de carte. Elle saura qui les envoie.

Je lui donne une semaine, peut-être moins.

Je crois que très vite, Mary cédera.

Tu vas envoyer ces roses à la mère ?

On doit s'assurer les faveurs de la chienne avant d'approcher son petit !

Mary n'a rien de Rin-tin-tin ! C'est une femme de caractère !

Et elle a une star à protéger.

Tu vas avoir des ennuis !

Ces ennuis-là, je peux les gérer.

Ton fleuriste va se faire plus de fric que toi sur ce tournage !

Souviens-toi : pour jouer bien, tu dois aussi avoir ça en tête :

Tu dois te demander comment sont tes lèvres, si on voit tes dents.

OK ! Tout le monde sur le plateau !

Sandy et moi avions juste démarré du mauvais pied.

Si je pouvais seulement l'éloigner de sa mère !

Je veux dire, imaginez : Bobby Darin et Sandra Dee !

Sandy, nous avons une séance photo dans moins d'une heure !

Je veux que tu mettes l'ensemble que le studio a envoyé de Paris. Venez !

C'est ça ! Je vais recommencer du début.

Comme si on ne s'était jamais rencontré.

Mais cette fois, je la charmerai à ma façon !

Bonjour Sandra Dee, je suis Bobby Darin.

Je crois que nous allons tourner ensemble.

Bonjour !

Sandy ! On doit y aller, maintenant !

J'ai une interview.

Dis-leur que t'as rencontré Bobby Darin et qu'il va t'épouser !

- Allez viens, Pompom ! - Joli chapeau, Monsieur Darin !

Je crois bien qu'elle m'apprécie, Charlie !

La mère ?

Ça, c'est une autre histoire !

Elle ne fait que son job !

De quel job tu parles ?

Tenir sa fille éloignée de gars de ton genre !

Ouais ! Eh ben tu veux que je dise, Charlie ?

Le job de MA mère était bien plus compliqué !

Ça c'est bien mon gamin !

Alors, j'ai lu que vous avez une très haute opinion de vous-même.

Eh bien, Madame Duvan,

j'ai été élevé dans l'idée

qu'il faut avoir un objectif dans la vie.

Alors une fois que j'ai pris une décision,

je vais jusqu'au bout.

Vous voulez bien m'excuser une seconde ?

Je crois que Sandy a un peu froid.

Vous savez, Madame Duvan... Mary...

Je trouve votre fille absolument magnifique.

Il n'y a pas plus belle qu'elle sur terre !

Mais elle n'est encore qu'une enfant !

Vous, il vous faut une femme plus mûre !

Je veux juste qu'on soit amis, si on doit tourner ensemble.

Mais elle n'a même pas l'air de m'apprécier !

Il faut lui laisser du temps ! Elle a toujours été un peu timide !

J'ai une idée ! Je pourrais sortir avec elle un soir !

Pour un tête-à-tête ?

Non, non ! Pour la pub ! Une seule fois !

Je ne l'ai jamais laissé faire une chose pareille !

Pensez à la promotion que ça ferait pour le film !

- Une seule fois ! - Une seule fois !

Pourquoi pas. Juste pour la promotion du film !

Je vous jure, Sandra Dee, une fidélité éternelle,

à vous, la Reine du Cinéma !

Et moi je vous nomme chevalier Splish Splash.

Relevez-vous, chevalier Splish Splash !

Comment c'était, les gars ?

Quelles sont vos relations avec vos partenaires ?

- Parlez-nous de Rock Hudson ! - Oui, Rock Hudson, comment est-il ?

Tout va très bien, Rock Hudson est fantastique, pas vrai ?

Fantastique !

- On va semer ces clowns ! - Quoi ?

Quand je dirai "cours" tu pars en courant.

- Comment vous vous sentez ici ? - L'Italie, c'est magnifique !

Vous prévoyez de tourner d'autres films ensemble ?

Oh mon Dieu ! Oh mon Dieu !

Cours ! Cours !

Attends !

Ça va ?

Je n'en reviens pas d'avoir fait ça !

Tu es magnifique !

Viens !

Ça va ? Je te trouve plutôt pâle !

Oh non, ça va ! J'ai juste des baisses d'énergie, parfois.

Être dans un si vieil endroit, ça fait réfléchir !

Pendant des siècles, des gens ont vécu ici, se sont aimé ici...

ils ont combattu, sont morts...

Et maintenant nous sommes là, toi et moi.

Quel genre de choses tu apprécies ?

Je pense à une chose en particulier, là, tout de suite !

- Sois sérieux ! - Attends, je dois réfléchir un peu !

Une belle mélodie.

Voir quelqu'un faire quelque chose à la perfection.

La crème glacée !

Un bon livre... À toi, maintenant. Qu'est-ce qui plaît à Sandra Dee ?

Les longues marches sur la plage.

Faire des mots croisés.

Les plateaux de cinéma vides.

Elvis.

Je voulais juste voir si tu me prêtais attention !

Je te prête attention, crois-moi !

Je ne m'étais pas trompé à ton sujet !

Comment ça ?

Ça va être facile de t'aimer !

Voulez-vous m'accorder cette danse, Mademoiselle Sandra Dee ?

J'en serais très honorée, Bobby Darin !

Espèce de salaud !

J'ai eu pitié de vous, et vous avez trahi ma confiance !

Mary, vous exagérez !

Je vous ai dit que vous pouviez emmener ma fille en promenade !

Pour les journalistes ! Pas pour l'épouser !

Maman ! Pour l'instant, nous ne sommes que fiancés !

Toi tu viens avec moi !

Assise !

Tu ne sais même pas comment te coiffer, sans moi !

Tu ne sais pas t'habiller sans moi !

Tu ne sais pas comment marcher ni comment parler aux gens sans moi !

Je t'ai fait entrer dans cet univers ! C'est moi qui t'ai créée !

Tu tomberas en miettes en moins de deux sans moi !

Oh maman, je t'en prie, arrête !

Le jour venu, quand tu seras prête

on te trouvera un mari convenable avec une bonne situation.

Qu'est-ce qui se passe ?

Mais je l'aime, maman !

- Je l'aime de tout mon cœur ! - Ce n'est qu'un loser !

Non, pas du tout ! Il est charmant et il me fait rire !

J'aurais aimé que tu te concentres davantage sur Rock Hudson !

Rock Hudson est très sympa mais je ne suis pas amoureuse de lui !

Il aurait été un meilleur mari pour toi que ce Bobby Darin !

Laisse-moi prendre une décision toute seule, pour une fois !

Je ne veux même pas en discuter plus longtemps ! On s'en va !

C'est lui ou moi !

Parfait ! Donne-la-moi !

J'ai dit donne-la-moi !

Mary ! Attendez une petite seconde !

Nina ! Bon Dieu ! Reste ici ! Ne te mêle pas de ça !

- C'est pas tes oignons ! - Mary, je voudrais vous parler !

- Vous projetez d'avoir des enfants ? - Pas encore !

Montrez-nous la bague !

Pour quand le mariage ?

Le mariage est une si grande étape !

Nous avons décidé de ne pas précipiter les choses !

- Pas vrai, chéri ? - Bien sûr ! Absolument !

Nous avons décidé de prendre notre temps, Messieurs ! Absolument !

On y est ! Ceci est ta maison.

Je serai ravi d'inviter ici quelques amis de temps en temps,

et quand ta mère voudra venir, ce qui finira certainement par arriver,

elle sera la bienvenue elle aussi !

Mais pour le moment, je pense qu'on devrait rester seuls tous les deux :

Monsieur et Madame Bobby Darin dans leur demeure.

Où es-tu passée ?

Tu es déjà entrée dans la chambre ?

Sandy, où es-tu ?

Eh bien ma chérie !

Chérie, ce devrait être le plus beau soir de ta vie !

Allez, viens, lève-toi. Sortons d'ici. Viens.

Non, non, je... je ne peux pas, non ! Je ne peux pas !

Tu ne peux pas quoi ?

- Je ne peux pas aller plus loin ! - Bien sûr que tu peux, ma belle !

- Non, je ne peux pas ! - Mais si tu peux !

Tu n'aurais pas dû m'épouser !

Je suis ton mari, et le resterai jusqu'à ce que la mort nous sépare !

Comment peux-tu épouser quelqu'un que tu ne connais pas ?

C'est moi qui ne te connais pas ou c'est toi qui ne me connais pas ?

Je ne sais pas si je te connais,

mais je sais que tu ne me connais pas !

Oh si, je te connais, tu es Madame Bobby Darin !

Ça ne marchera pas, Bobby ! Arrêtons tout de suite !

Hors de question !

Tu ne seras jamais heureux avec moi ! Tu ne comprends donc rien ?

Je veux qu'on en reste là ! Je refuse de te rendre malheureux !

Oh mon Dieu !

Quoi ?

Je t'aime !

Je t'aime tellement !

Attends une seconde ! Attends-moi ! Ne bouge pas ! Ne bouge pas !

Mon Dieu, Bobby ! Non ! Pitié !

Chérie ! Calme-toi, ma belle !

Tout va bien. Je ne vais rien te faire du tout !

Je la pose, d'accord ?

Ma maman me racontait souvent une histoire quand j'étais petit.

Au Moyen-âge,

un des chevaliers du Roi Arthur

avait déposé son épée au milieu du lit entre lui-même et Guenièvre.

Et il avait juré qu'il ne passerait jamais de l'autre côté du lit.

C'est vrai ?

Je dépose cette épée entre nous deux.

Celui-ci est mon côté du lit. Et celui-là c'est le tien.

Et je ne passerai jamais de l'autre côté de l'épée. Jamais.

Peu m'importe qu'on ne se touche pas pendant mille nuits !

Toi seule pourras franchir l'épée pour venir de mon côté !

Toi seule.

- Il fait quand même deux pages ! - Je t'aurais cru plus modeste !

- Il en a pas mal rajouté ! - Joli coup de pub !

La prochaine fois, essaie de limiter les dégâts !

- Tu es présenté comme un requin ! - C'est pas de ma faute.

Comment, c'est pas de ta faute ? C'est toi qui menais la barque !

- Hello chéri ! - Hé ! Ma belle !

Regarde qui est en couverture !

Chérie, c'est génial ! Tu as vu ça ?

"Je veux être une légende". Je ne peux pas croire que tu aies dit ça !

Disons que ce n'est pas exactement ce que j'ai dit !

La prochaine fois, obtiens-lui la couverture !

Allons, c'est un super article, Blauner !

Attendez, la suite est encore mieux !

"Bravache, impudent et arrogant, Darin ajoute :

"Je souhaite surpasser Sinatra dans absolument tous les domaines !"

Et maintenant, messieurs-dames,

pour la première fois sur notre scène

"Bravache, impudent et arrogant !"

Ressors-la, la prochaine fois qu'on joue quelque part !

Promis ! Eh, quels sont tes projets ? On sera où dans cinq ans ?

Va savoir. D'ici là les Russes pourraient être Rois du business !

Tu dis n'importe quoi, Boum-Boum !

Dis-moi plutôt ce qui se passera dans une semaine, un mois, un an !

Dans un an je ne sais pas, mais je sais où nous serons dans un mois !

Pitié ! Ne me dis pas que c'est à Détroit !

Tout le monde me déteste dans le show-business

à cause des contrats que je négocie.

D'après vous, les gars, c'est pour ça qu'on le déteste ?

Au fait, puisqu'on parle justement des projets futurs...

Bobby, j'ai failli oublier de te le dire :

Il va nous falloir un comédien pour ta première partie au Copa !

Répète ce que tu viens de dire !

Je t'avais rien dit ?

On va jouer au Copa.

Tu te fiches de moi ?

Ça m'a été confirmé ce matin.

Nom de Dieu, c'est génial !

- Ça y est ! On joue au Copa ! - On va cartonner !

Boum Boum t'es un génie !

Quel fou furieux !

Sandy ! Je vais jouer...

Je vais jouer au Copa ! Je vais jouer au Copa ! On joue au Copa !

Mon rêve est enfin devenu réalité ! On joue au Copa !

C'est génial, chéri !

Mais c'est quoi, le Copa ?

Le Copacabana est le night-club le plus important du monde !

Tous les gens célèbres ont joué ici.

Et un jour c'est toi qui joueras ici, Bobby !

Et crois-moi, tu feras encore plus d'entrées que Sinatra !

Georges Kerby est le comique le plus drôle de notre temps.

Je n'ai jamais dit qu'il n'était pas drôle !

J'ai dit que c'était un négro.

- Il a beaucoup de succès ! - Écoutez !

Si c'était une star comme Sammy Davis, il aurait sa place ici.

Mais jamais, et vous le savez très bien,

il ne pourra faire l'ouverture du Copa !

Écoutez, Monsieur Podell, il y a une première fois à tout !

Pourquoi ne pas laisser un des plus grands comédiens du pays jouer ici ?

Parce que j'ai dit non !

C'est la politique de la maison, vous comprenez ?

Je comprends, mais au diable la politique de votre maison !

On est en 1960 aujourd'hui, pas 1860 !

On m'a dit que vous n'aviez pas la langue dans votre poche !

Gardez-la donc pour chanter !

Je respecte le fait que ce soit votre club, je vous assure,

mais si vous refusez que Georges Kirby fasse ma première partie,

je vous assure que cela aura de fâcheuses conséquences !

Des menaces ?

Je ne fais que vous mettre en garde, Monsieur Podell !

Vous savez ce qu'est un sit-in !

Un sit-quoi ?

C'est une forme de protestation très populaire aujourd'hui.

Les membres d'une communauté, qu'elle soit noire ou blanche,

en fait elles sont souvent ensemble aujourd'hui,

se réunissent dans un établissement qu'ils considèrent être, disons...

discriminatoire envers leurs frères et sœurs.

Et puis les média se pointent,

ils forment une chaîne humaine, et puis ils s'asseyent !

Parfois pendant plusieurs jours.

Ils s'asseyent !

Oui, ils s'asseyent.

Et ils chantent.

Des chansons du genre... comment, déjà ?

"Nous triompherons".

"Nous triompherons" ? Mais triompher de quoi ?

Des politiques, Monsieur Podell !

Des politiques dépassées !

Merci beaucoup ! Je ne sais pas si vous avez remarqué

cette merveilleuse chose qu'est la télévision de nos jours.

J'avais Hollywood, en Californie, sur une de mes chaînes.

Parmi tous les présentateurs, ma préférée était Louella Parsons.

Je n'oublierai jamais comment elle commençait son émission :

"Bien le bonsoir d'Hollywood !"

Apparemment, je ne suis pas le seul à en avoir été marqué !

- Et je veux juste aller le saluer. - C'est impossible.

- Vous n'avez pas à me dire ça ! - Je sais où je vais !

Inutile de vous énerver !

- Laissez-moi passer ! - Retournez dans la salle, Madame.

Vous n'avez pas à me dire où je dois aller !

Je vais là-bas, au fond voir M. Darin ! Je suis sa sœur !

Vous n'avez pas d'ordre à me donner ! Je sais ce que j'ai à faire.

Nina ! Qu'est-ce qui se passe ?

Ces imbéciles m'empêchent de passer pour venir te voir !

Je suis de la famille et ils me traitent comme une vulgaire fan !

Chérie, ils sont obligés de ne pas laisser circuler

n'importe qui en coulisses à cette heure-ci.

Oh bien entendu ! Parce que je suis n'importe qui ?

Non, tu n'es pas... Les gars, laissez-nous deux minutes.

Je dois me préparer à entrer sur scène.

- Pourquoi on est encore au fond ? - Mais de quoi tu parles ?

Ma table est quasiment dans la cuisine !

Tu veux peut-être que je t'apporte le café pendant que j'y serais !

Les tables devant sont réservées aux gars et aux gens du métier !

J'ai vu Sandy, elle est assise tout devant !

Ils voulaient qu'elle soit assise là, tout devant.

Avoue-le ! Ma présence et celle de Charlie te gênent !

Mais pas du tout, chérie !

Ce sont les tables de Podell, ce n'est pas moi qui décide !

- Tu dis n'importe quoi ! Foutaises ! - C'est pas n'importe quoi !

Allez, va profiter du spectacle !

C'est le soir le plus important de toute ma vie !

Je ferai de mon mieux, même si je ne vois rien !

Je demanderai au chef de salle comment ça s'est passé !

Mesdames et messieurs, voici Bobby Darin !

Merci beaucoup !

Merci et bienvenue au Copacabana !

À la direction musicale, Mesdames et Messieurs, Richie Berke !

Je suis très honoré d'être ici, ce soir, au Copacabana.

J'ai toujours rêvé

de me produire ici.

Je voudrais profiter de l'occasion pour

rendre hommage aux deux femmes de ma vie.

Ma mère, Polly, qui a toujours rêvé et cru

qu'un jour, je me produirais au Copacabana.

Et donc cette soirée est pour elle. Pour ma mère.

Et l'autre femme est ici ce soir.

C'est bien sûr ma très chère jeune épouse, Sandra Dee.

La femme que vous regardez pendant que j'essaie de travailler !

Ah ! Regardez ça ! Elle rougit !

Merci de l'accueil chaleureux, Mesdames et messieurs !

Et maintenant j'aimerais chanter spécialement pour elle.

Je veux dédier cette chanson à celle qui a profondément changé ma vie.

Allez, viens.

Je t'aime, Sandy !

Après toutes ces années, il semble que Bobby Darin et Sandra Dee

soient devenus le couple le plus célèbre de la planète.

Après la naissance de Dodd Mitchell Cassotto, le 16 décembre,

ils se sont installé à Los Angeles pour y tourner des films.

Sandra dans un nouvel épisode de "Tammy"

et Bobby, en second rôle dans "Le combat du Capitaine Newman".

Silence !

Je suis désolé.

OK ? Silence sur le plateau !

Et... Action, Bobby !

D'accord Big Jim !

Tu y vas et tu me fais décoller ces deux vieux coucous du sol, OK ?

On devrait se taper quelques minettes une fois rentré chez nous !

Des nanas avec de gros nibards, tu vois ce que je veux dire ?

Je te parle d'énormes roberts ! Ça te plairait ?

Dieu du ciel ! Qu'est-ce que c'était ?

On a été touché !

Buck ! Buck, on perd de l'altitude ! Dieu du ciel, on va s'écraser !

Il faut que je sorte, par la trappe de secours !

Oh C'est pas vrai ! Oh non ! Il n'a plus de tête !

Ô Dieu, je vous en prie, faites qu'il redevienne comme avant !

Oh, mon Dieu ! Non !

Coupez ! Magnifique !

Bobby, tu as été fantastique !

Excusez-moi. Bobby ! Merci, c'était incroyable !

C'est le meilleur rôle que j'ai eu à jouer !

Je t'avais dit que c'était un bon script !

Tu ne peux que cartonner avec un Gregory Peck et un Tony Curtis !

Et une Angie Dickinson !

- N'oublie pas Angie ! Merci Angie ! - Bye-bye ! À bientôt !

Bon, et pour la suite ?

Je n'en sais rien. Boum-boum, la suite ?

On va jouer à Tahoe pour trois soirs, le vingt.

Ensuite on a Philadelphie, Chicago et Miami Beach.

- Merci ! Bonne chance ! - Merci beaucoup !

- Mais de quoi est-ce qu'il parle ? - De la tournée, ma belle !

Mais mon tournage n'est pas encore terminé !

C'est pas grave ! Dodd et toi vous me rejoindrez quand tu auras fini !

Je ne vais pas emmener le bébé sur les routes !

Dans ce cas, laisse-le à la nurse, c'est pour ça qu'on l'a engagée !

Je ne veux pas que Dodd soit élevé par la nurse !

Chérie ! Il ne sera pas élevé par la nurse !

Et moi, qu'est-ce que je vais faire sur les routes ?

Pour qui je vais chanter si t'es pas là ?

Il faut que j'y retourne.

- Ne sois pas fâchée ! - Je ne le suis pas !

- Tu as l'air fâchée ! - Je ne le suis pas !

Plus vite j'aurai fini mon film, plus vite je vous rejoindrai.

Chéri ! Ton toupet est légèrement de travers !

Quoi ?

Tu rigoles !

Les filles ! Il faut faire plus attention à mes cheveux !

Super timing, Steve ! J'espérais l'avoir un peu à la maison !

Ce sera un miracle si Dodd redonnait son père !

Génial de les avoir tous les deux dans le même studio, non ?

Voici votre suite, Bobby et Madame Darin.

Allez-y, entrez ! Le bar ici, là-bas la salle de bain...

- et le salon par ici. - Oh ! D'accord.

Je dépose vos bagages et reviens dans une minute.

Regarde ça, chérie ! Ça va être une chaude nuit à Las Vegas !

- Autre chose pour vous servir ? - C'est tout pour le moment, merci.

Voulez-vous des glaçons ou autre chose ?

Non, non, c'est parfait comme ça. Merci. Voici. Vous venez d'où ?

- Je viens d'Allemagne. - C'est une ville fantastique !

- Je suis un de vos grands fans ! - C'est très gentil. Bonne nuit.

Tu ne crois pas que tu bois un peu trop ces derniers temps ?

Non. Je crois que je n'ai pas assez bu au contraire !

- Quel est le problème ? - Je voudrais qu'on soit ensemble !

Mais on est ensemble, ma belle, regarde !

Je te parle d'un emploi du temps plus normal !

Nous avons un bébé maintenant !

Si je te ne voyais pas sur scène, je ne te verrais jamais !

Mais tu es tout le temps avec moi !

Pour les enregistrements, les shows, les films, les mondanités !

On ne pourrait pas juste être chez nous ?

- Le spectacle, c'est toute ma vie ! - Mais et moi alors ?

- Mais tu es là, non ? - Oui, avec toute ton équipe !

Ils font partie de ma vie,

comme Mary fait partie de ta vie et maintenant de la nôtre !

Ils sont notre famille, tous, que ça te plaise ou non !

J'ai aussi du travail, je ne peux pas continuellement t'accompagner !

- Bien sûr que si ! - Non ! Je suis une actrice !

Jouer dans des films c'est mon métier à moi !

Embrasser Troy Donahue, c'est pas un métier !

- Ah non ? Eh bien alors essaie ! - Je préfère pas !

Quel beau visage !

- Tu devrais fermer la porte à clé. - Mais non !

- Et si quelqu'un entrait ! - Personne ne va entrer.

Hier, Charlie est entré pendant que j'étais sous la douche.

Tu rigoles ? Qu'est-ce qu'il voulait ?

Il voulait savoir si je voulais un sandwich !

T'en veux un ?

T'inquiète, on est tous seuls !

Bobby ! Oh ! Désolé ! Mais j'avais bien raison pour ce film de guerre !

Prépare ton discours ! Dès la fin de la tournée, tu files aux Oscars !

Tu viens d'être nominé !

Oh ! Misère !

Et les nominés sont : Nick Adams dans "Le motel du crime"

Bobby Darin dans "Le combat du Capitaine Newman"

Melvyn Douglas dans "Le plus sauvage d'entre tous"

Hugh Grifith dans "Tom Jones"

et John Huston dans "Le cardinal".

Et le gagnant est...

Je me suis donné corps et âme à ce film

et ils donnent l'Oscar à Melvyn Douglas !

Tu peux défaire ma robe s'il te plaît ?

"Tu te fiches pas mal des gens, Hud ! Tu les enverrais au diable !"

Il paraît qu'il est mourant. C'est un vote de compassion !

Mourant ? C'est moi qui suis mourant et depuis plus longtemps que lui !

Et où est leur compassion à mon égard ?

Tu n'as jamais de scrupules à toujours te lamenter sur ton sort ?

"Mets ton doigt dans mon cul, Alma, et tortille-le comme le docteur !"

C'est déjà un honneur d'être nominé ! Moi je n'ai jamais été nominée !

Tous tes fichus amis d'Hollywood !

C'est eux qui ont voté contre moi, j'en suis sûr !

Moi j'ai voté pour toi !

C'est moi, le car est à quelle heure ? OK, à demain.

Toutes ces tapes sur l'épaule, ces sourires ! J'ai été ridiculisé !

Tu n'étais pas aussi ridicule que tu ne l'es en ce moment !

Warren Beatty est là avec Leslie Caron, nominée meilleure actrice,

et moi, je suis là avec "Gidget" !

Leslie Caron ne vaut rien au Box office !

- Ces gens-là s'en fichent pas mal ! - C'est ce qu'ils prétendent, Bobby !

Il n'y a que les gens du Bronx qui font toute une histoire des Oscars !

Melvyn Douglas est marié à une députée et moi je le suis à "Tammy" !

Il lui a fallu quarante ans pour s'imposer et être reconnu.

Tu devrais être content de l'avoir fait en deux ans !

Tu sais quoi ? Je ferais mieux de repartir en tournée !

Quelle idée magnifique, Bobby ! C'est vraiment une excellente idée !

Et comme d'habitude, Dodd et moi on reste tous seuls !

Quand on est sur scène, c'est réel, tu sens que le public est là !

Le public de cinéma est sans doute trop sobre pour t'apprécier ?

Non, je te répète que c'est réel ! Les night-clubs c'est du réel !

C'est pas comme le cinéma où tout est faux !

Je n'ai que ça à dire, Monsieur Réalité, Monsieur le Roi du Réel :

ton fichu toupet est encore de travers !

Tu fais tout le temps ça !

À me déstabiliser chaque fois que je monte sur scène, comme ça...

à me dire que j'ai un bouton sur le nez ! C'est bon, j'en ai marre !

- Qu'est-ce que tu fabriques ? - À ton avis, ça ne se voit pas ?

Non ! Pas question ! Tu ne feras pas ça !

Tu ne me quitteras pas ! C'est moi qui te quitte !

Les bagnoles, les fringues, les postiches, les premières,

c'est des conneries ! J'en ai marre de tout ça !

- Je laisse tomber et je me casse ! - Non ! Tu restes ici !

Toi tu restes ici pour t'occuper de Dodd !

La nurse est là, il ne craint rien !

Tu avais une chance d'être heureux et tu l'as gâchée, pauvre idiot !

Non ! Tu vas voir ! Reviens ici ! Reviens ici tout de suite !

Tu crois que ça va être facile de trouver quelqu'un qui t'aime ?

Un petit merdeux prétentieux, égocentrique, mesquin,

méchant, dégarni, avec un cœur malade, comme toi ?

Eh ben, tu peux toujours chercher, parce que moi j'en veux plus !

Tu as peut-être raison

au sujet de tous ces gens qui nous entourent constamment !

Peut-être qu'on devrait rester rien que nous trois !

Ça tombe bien ! Je ne savais plus où je les avais posés !

Les années 1960 filèrent comme une locomotive et Dodd grandissait.

Sandy et moi avons tourné quelques films ensemble, tous des navets.

La scène musicale changea aussi dramatiquement que le pays.

Les night-clubs passés de mode

furent remplacés par de grandes scènes comme les stades.

J'étais soudain devenu hors sujet.

Les scènes où je me produisais disparaissaient une à une.

J'essayai d'écrire de nouvelles musiques et m'engageai en politique

parce que nous étions maintenant un pays en guerre.

Mais à la vérité, j'étais un chanteur à succès dégarni

qui n'avait plus fait un tube depuis des années,

et qui aurait déjà dû être mort.

Et pourquoi Kennedy ?

Comme la plupart des gens de ce pays, j'en ai marre de cette folie !

L'assassinat de notre président, le Vietnam, les émeutes.

Je suis en quête d'un remède à cette folie

et voilà qu'apparaît cet autre Bobby !

Voilà enfin quelqu'un de sérieux. Un homme dévoué, passionné.

Il se soucie réellement du peuple. Je le soutiens autant que je peux.

Je crois qu'il représente le dernier espoir de ce pays.

Il a besoin de vos votes !

Et alors qu'il semblait que Bobby Kennedy pourrait guérir le pays,

Sandy et moi nous éloignions de plus en plus.

Bobby, pourquoi tu chantes les mêmes chansons tous les soirs ?

Ça doit être pelant à la longue !

C'est quoi ton souci, chérie ? Tu veux que je change chaque soir ?

Pourquoi pas ? Je ne fais pas chaque fois les mêmes films !

Ben si justement, c'est ce que tu fais ! Des films à l'eau de rose...

Je suis bien placée pour savoir ce que veut le public de nos jours !

Tu es peut-être l'expert en musique, mais moi, moi...

j'ai des années d'expérience au cinéma, je te signale !

Bien envoyé, Sandy !

Mais ce serait encore plus percutant si tu articulais correctement.

Ma sœur était venue passer quelque temps avec nous.

Mais je n'aurais jamais pu imaginer la véritable raison de sa visite.

Écoute, Bobby.

J'ai décidé de venir m'installer ici pour une raison précise.

Oui. Laquelle ?

Tu penses à t'investir dans la politique, paraît-il ?

On me l'a proposé alors j'y réfléchis !

Tu sais que souvent la presse s'acharne à discréditer les gens,

en fouillant dans leur passé, s'ils prétendent accéder au pouvoir.

Oui, je sais et alors ?

Il est grand temps que tu apprennes un point important de ton passé.

De quoi est-ce que tu parles ?

C'est au sujet de Polly.

Elle n'était pas celle que tu croyais, Bobby !

Elle était la meilleure mère du monde ! Qu'est-ce qui te prend ?

C'était une mère merveilleuse. C'était ma mère et je le sais !

Alors retire ce que tu as dit !

C'était vraiment une personne magnifique et une mère merveilleuse !

Mais ce dont tu as besoin aujourd'hui, c'est de la vérité.

De la vérité sur ta mère.

Et la vérité, c'est que...

Polly n'était pas ta mère.

Sam n'était pas ton père.

Tu n'es pas mon frère, Bobby.

Nous avons juré de tout faire pour que tu ne le découvres jamais.

Polly était ma mère.

Pas la tienne.

Elle était ta grand-mère.

Mon cœur

Je ne suis pas ta sœur !

Je suis ta mère !

Nous avons juré de ne jamais te le dire.

C'est un canular !

Elle est tombée enceinte à dix-sept ans !

C'est vrai, Bobby. Je ne voulais pas que tu sois un bâtard.

Je t'ai donné à maman pour que personne ne dise que tu en étais un !

Elle ne voulait pas te confier à l'adoption !

Quand je suis allée à l'hôpital, pour ta naissance,

Maman a déménagé dans le Bronx, où personne ne nous connaissait.

À mon retour, on a dit à tous que tu étais son bébé, pas le mien !

Mais au moins, tu restais près de moi !

Tu réalises ce que tu es en train de me dire ?

Il fallait qu'on te protège, Bobby !

Tu as besoin de moi aujourd'hui. Je veux être présente à tes côtés.

Tu peux enfin avoir la mère que tu n'as jamais vraiment eue !

Qui était mon père ?

À cette époque, j'enchaînais les amants !

Je veux savoir qui était mon père !

Le sénateur finit son discours et se dirigera vers la salle de presse.

Non, ça a changé, on va passer par là !

On vient de tirer sur le Sénateur Kennedy ! Ce n'est pas possible !

Ce n'est pas possible ! C'est affreux !

Charlie !

Comment tu vas ? Bien ?

Je ne peux pas monter sur scène et chanter les mêmes vieilles conneries

alors que des milliers de jeunes Américains se font tuer

dans des champs de riz de l'autre côté de la planète !

Le gouvernement nous a menti ! On nous ment tous les jours, Charlie !

Il n'y a pas de fin à cette guerre ! Le président nous a menti !

Toutes les personnes en qui on avait confiance nous ont menti.

- Tu es un peu énervé en ce moment ! - Non, c'est pas ça !

Bobby Kennedy prônait la vérité. Et regarde ce qu'ils lui ont fait !

Et regarde ce qu'il a fait du temps où il était là !

Il n'a pas gaspillé ce temps !

Mais qu'est-ce que tu fais ici, toi ? Sandy dit que tu lui manques.

Dodd aussi.

Tu as rencontré Nina en quelle année ?

J'en sais rien. Dix-neuf cent trente et des poussières.

Tu sais qui est mon père, Charlie ?

Non, Bobby. Je n'en sais rien.

J'aimerais tellement savoir qui il était !

Je sais bien que je ne suis qu'un petit ouvrier, mais...

j'ai toujours eu le sentiment que c'était moi, ton père !

Charlie, tu as été mieux qu'un père pour moi, tu le sais !

J'aimerais juste savoir.

Si tu restes ici plus longtemps, Dodd va se poser la même question !

C'est vrai que tu ne sais pas qui est ton père

mais en attendant tu as eu deux mères à tes côtés !

Et toutes les deux sont remarquables.

Tu as pensé à combien ça a été dur pour Nina ?

De ne pouvoir dire à personne que tu étais son fils ?

Si tu veux savoir qui tu es vraiment, remonte sur scène !

- Tu es Bobby Darin ! - C'est ce que je croyais aussi.

OK, OK, dans ce cas, tu es Walden Robert Cassotto.

C'est pas vrai, Charlie. J'suis même pas ce type là !

T'es peut-être tout bêtement les deux !

Allez, Boum-Boum, on a un concert à donner !

On y va ! En route !

Je vais leur dire, je n'ai ni mère, ni père, je n'ai que moi seul !

Hé ! Chante "Dream Lover" !

Chante nous "Splish Splash" !

Qu'est-ce que c'est que ça ? Il trouve ça drôle ?

T'es en train de devenir un vrai hippie !

Tu sais je n'ai plus beaucoup de temps devant moi, je suis mourant !

Arrête un peu ton cirque ! Tout ça c'est des conneries, Bobby !

C'est pas des conneries, c'est seulement la vérité !

- On est tous mortels, Bobby ! - Je te parle pas de ça, tu le sais !

Chaque jour que je vis est un miracle de la médecine moderne !

Je sais, tu n'étais pas censé atteindre l'âge de seize ans !

- Ne te moque pas de moi ! - Je ne me moque pas de toi !

Comment je suis censé réagir quand tu me sors toujours le même refrain ?

Ils m'ont hué, Steve ! Ils m'ont hué jusqu'à me faire quitter la scène !

Comme si je leur avais volé leurs quinze derniers fichus dollars !

Ils veulent entendre "Dream Lover" !

Ils ne sont pas prêts pour ce que tu es devenu.

Qu'ils me prennent comme je suis ou je me passerai du public !

En dix ans, tu as tourné sept films, gagné deux Grammy Awards,

eu sept titres au top dix de la chanson,

et été nominé pour les Oscars ! Que veux-tu de plus, bordel ?

Je veux juste savoir qui je suis vraiment, c'est tout.

Le reste du monde a l'air de savoir qui tu es !

Mais continue à chercher.

Quand tu te seras trouvé appelle-moi ! On verra où on en est !

Tu crois sincèrement que je suis cinglé ?

Ma montre s'est mise à ralentir !

Faudrait la réparer !

Qu'est-ce que ça veut dire "ton temps est écoulé ?"

De quoi tu parles ?

Mon copain Grégory a dit que mon temps est écoulé, maintenant.

Ton temps est écoulé ? C'est que des conneries !

Tiens ! Tu la porteras quand tu seras grand.

Je vais devenir grand, tu crois ?

Oui, bien sûr ! Seulement tu dois y croire !

Il faut que tu n'arrêtes jamais d'y croire, Bobby !

Tant que tu y croiras, ce sera le cas !

Te revoilà ! Dis, comment tu te sens ?

J'ai l'impression d'avoir comme un poids sur le cœur.

Ils disent que ça s'est bien passé. Ils ont remplacé les deux valves.

Ça ne tiendra pas longtemps !

Tu dis ça parce que t'es sous médocs !

- Il faut que tu manges. - Que je mange ?

Tu n'as pas le droit de manger tout de suite,

mais je voulais que tu aies quand même quelques provisions !

- Qu'est-ce que c'est ? - Regarde ! De délicieux manicotti !

Et les spaghetti de Nina qui ont fait tout le voyage depuis New York.

Les spaghetti de Nina ? Mais tu cherches à me tuer ?

Tu lui manques tellement, Bobby !

Je vais les appeler, elle et Sandy et leur dire que tu vas bien. OK ?

Neuf heures sur la table d'opération et il est toujours en pleine forme !

Vous savez, je parie que le vieux Docteur Andretti

qui est mort voilà déjà des années,

serait surpris de me voir fêter mon trente- sixième anniversaire !

Ne piquez pas ça ! C'est pas à vous !

- Bon anniversaire ! - Tu es superbe ! Bel ensemble !

T'aimes bien ? Je l'ai acheté exprès pour ton anniversaire.

Je voulais que tu voies que ta mère peut avoir une certaine classe.

Quoi, Bobby ?

C'est bon, Nina. Je crois que je sais pourquoi tu me l'as dit.

Excuse-moi une minute.

- Tu trouves pas qu'il a bonne mine ? - Très bonne mine.

Il a vraiment l'air en pleine forme ! Il finira centenaire, c'est sûr !

- Je t'ai cherché toute la journée ! - Je suis sûre que c'est pas vrai !

- Tu as l'air en forme ! - Je me sens en forme, physiquement.

Je respire enfin correctement pour la première fois depuis longtemps.

Dodd espère que tu restes un peu à la maison.

Tu me manques.

Je suis fier de tes efforts Sandy !

- C'est pas facile de résister ! - Je m'en doute.

Ce n'est pas pour ça que tu nous as quittés ! Il y avait plus grave !

Je suis pas celle qui te fallait. Je suis pas une intellectuelle.

- Je ne suis pas si maligne que toi. - Tu l'es pour dix gars comme moi !

Et regarde ce que nous avons fait ensemble !

- Tu vas te remettre à chanter ? - J'adorerais, mais...

Je doute de pouvoir m'habituer à me faire huer comme ça tous les soirs !

Il ne faut pas leur en vouloir, ils ne comprennent rien !

T'as toujours eu une longueur d'avance !

Les gens veulent du spectacle. Ils ont besoin de voir pour écouter !

Je sais. Qu'est-ce que tu viens de dire ?

- Qu'il ne faut pas leur en vou... - Non, au sujet des gens qui... quoi ?

Fais-moi jouer à Las Vegas !

- Tu ne veux pas retourner à Vegas ! - Oh que si !

Je veux retourner à Vegas et je veux remonter sur scène !

- Ne me dis pas que tu t'es trouvé ! - Non !

- Il veut retourner à Vegas ? - Première nouvelle !

Les night-clubs, c'est ma vie ! J'adore ça !

En plus, je fais ça mieux que n'importe qui d'autre au monde !

Tu es aussi la personne la plus modeste de mon entourage

mais je refuse que tu y retournes !

Ça va marcher, cette fois !

Je peux être, dire et chanter ce que je veux !

Sandy vient de le dire ! Elle l'a dit merveilleusement bien !

Quoi ?

Il faut voir pour écouter !

C'est drôle...

Tu n'étais pas une fille qu'un gars comme moi pouvait espérer épouser !

Je veux dire, je n'étais qu'un chanteur venu du Bronx...

Toi, tu étais une star de cinéma.

Bobby, qu'est-ce que je vais devenir, maintenant ?

Qu'importe ce que tu deviendras, ma belle, tu seras toujours Sandra Dee.

- Pourquoi je peux pas l'ouvrir ? - C'est pas un cadeau habituel.

C'est un cadeau très spécial. Personne ne doit savoir que tu l'as.

Mais qu'est-ce qu'il y a dedans ?

Deux millions de dollars en liquide,

mais qui datent de la Confédération malheureusement !

Non. C'est juste quelques trucs que je veux te léguer.

Et personne ne doit savoir que je l'ai ? Même pas maman ?

Ni maman, ni Charlie, ni tante Nina... ni grand-mère.

Personne d'autre que toi et moi. C'est un secret.

Quand est-ce que je pourrai l'ouvrir ?

Quand je ne serai plus là.

J'ai pas envie que tu meures !

Tu sais, je suis pas différent des autres !

Mon heure viendra peut-être juste un peu plus tôt, c'est tout !

Et qu'est-ce que je vais devenir ?

Toi ? Tout ira très bien pour toi !

Si tu es l'homme que je pense que tu es !

Moi, j'ai dû me battre pour sortir du Bronx et devenir quelqu'un.

Mais toi, pour sortir de Beverly Hills, ce sera une autre histoire !

Qu'est-ce que tu fiches là-dedans ?

J'essaie de sentir un battement de cœur !

C'est vraiment pas drôle !

Mon smoking et mon toupet sont prêts ?

Ne t'inquiète pas, tout est prêt !

Ça n'a pas l'air d'aller !

Je suis pas au top, non, pour te dire la vérité.

Je dois retourner à l'hôpital. C'est pour ça qu'on repart plus tôt.

J'ai un empoisonnement du sang et ça attaque mon cœur.

Tu n'es pas obligé de te produire, on peut annuler !

Il est temps que je m'habille, Charlie !

Je vais aller vérifier si Nina est à une bonne table !

Charlie, sans toi je serais jamais allé aussi loin !

Fiston, t'as toujours été un train qu'on ne peut pas arrêter !

Roule encore ce soir !

Il faut les quitter quand ils en demandent encore, Charlie !

Mesdames et Messieurs, je vous demande d'accueillir chaleureusement

sur la scène du Flamingo le retour d'un vieil ami

un des plus grands artistes de ce pays, nominé aux Oscars,

vainqueur par deux fois des Grammy Awards,

un artiste des plus complets !

Hé ! Chante Dream lover !

L'hôtel Flamingo est fier d'accueillir ce soir

le légendaire... Bobby Darin !

Doux Jésus, Steve ! Où t'étais ?

- Impossible de sortir de L.A. ! - Faut que tu viennes voir ça !

- Pourquoi ? Qu'est-ce qui se passe ? - Tu vas pas le croire ! Il a réussi !

"Il faut voir pour écouter" !

Merci. S'il vous plaît, asseyez-vous. Merci beaucoup !

Merci beaucoup, vous êtes un merveilleux public !

Et c'est un bonheur d'être de retour à Las Vegas.

J'espère que vous avez eu de la chance à vos tables de jeu !

Il est probable que je ne me produise pas pendant un moment,

j'ai besoin de faire une pause.

C'est pourquoi je ne voudrais pas rater l'occasion de

faire en public

quelque chose que j'aurai voulu

faire depuis longtemps.

Et c'est de

vous présenter

la femme qui m'a élevé.

Ma mère.

Nina Cassotto Maffia.

Je t'en prie, lève-toi, maman. Lève-toi !

- C'est mon fils ! - Oui, Nina !

C'est mon fils !

Je voudrais chanter une chanson que j'ai réécrit exprès pour ce soir.

J'en ai changé les paroles. C'est une vieille chanson de Bob Hope.

Et nous voulons vous l'interpréter ce soir en guise de conclusion

et d'au revoir.

Dès que Richie aura fini de composer dans son coin !

Ça donne à peu près ceci...

Attends une minute !

Attends une minute ! Où tu vas ?

- Ben, on a terminé ! - Ne pars pas, ce n'est pas fini !

Voilà l'histoire :

L'homme qu'on croyait être notre père est en fait notre grand-père.

Le gars qu'on croyait être notre beau-frère est notre beau-père,

et la femme qu'on croyait notre sœur

se révèle être notre mère !

Et comme elle a couché avec la moitié du Bronx,

Dieu seul sait qui était notre père !

Exact. Maintenant qu'on sait tout ça, on a fini.

Non, pas toi ! C'est moi seul qui vais m'en aller.

Tu n'as pas compris ? Bobby Darin sera toujours là !

- Mais de quoi tu parles ? - Tu ne te souviens pas ?

Les souvenirs sont comme des rayons de lune. On en fait ce qu'on veut !

Écoute ! Ce n'est pas comme ça que ça finit.

Hé ! Garde ceci pour moi !

Traduction : Isabelle Legros

Sous-titres : AGM Factory

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