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Vous n'avez pas vérifié si c'est bien décapé. C'est pas assez net.
Bougez-vous un peu. Nous sommes en retard.
Faites attention que les fils soient bien branchés. Pas d'accidents.
Comment ça va, Franklin ? Continuez.
Bougez-vous, Barney !
C'est mon 263 000e pare-brise, bon sang.
Elles me sortent par les yeux, ces plaques de verre.
Et voilà.
Saleté.
Content de vous voir bosser, Zeke.
- Quoi de neuf, Smoke ? - Ça roule ?
Ça roule. Un billet de loterie ?
Occupe-toi de ça et dis-moi comment ça se présente.
Une bonne semaine. 300. Voilà Miller. Je me sauve.
OK, vieux. À plus.
Je m'en occupe, Jerry.
Pas pendant le travail, Bartowski. Salut, Smokey.
Ce machin est mortel, Miller.
Je vais choper un cancer au cerveau.
Me parle même pas. T'es moche, tu pues.
Tout est moche chez toi : ta mère,
ton père, toute ta famille est moche.
Sale gros tas de merd...
J'y crois pas !
Jenkins ! Reprenez le travail !
C'est la 15e fois que cette machine m'arnaque.
- Vous allez la réparer quand ? - Parles-en à ton agent syndical.
Vous dites tout le temps ça.
On commence ou quoi ? Vous, là-bas, près de la machine à café, asseyez-vous.
Commençons. On ne va pas y passer la nuit.
Il nous faut deux bénévoles pour distribuer ces brochures samedi.
Nous savons tous que ce vote est important.
Qui veut aider ?
On a quelqu'un, là-bas au fond.
Allez, les gars. Personne n'a dit que c'était une partie de plaisir.
J'ai deux jobs, je vais pas distribuer des brochures en plus !
Nous allons devoir payer pour engager quelqu'un.
"Nous" ? C'est quoi, c'est conneries ? Tu y seras, Clarence ?
Vous êtes tous des membres fidèles.
Le syndicat vous soutient. Soutenez le syndicat !
C'est vous qui en profiterez.
Allez, il me faut des bénévoles.
- Zeke, on peut compter sur toi. - Non.
Pas samedi, mec. Je vais pas distribuer ces conneries.
- De quoi veux-tu parler, Zeke ? - Du syndicat qui me soutient.
- Quel est le problème, Zeke ? - La porte de mon casier.
La serrure est cassée depuis six mois
et la boîte n'a rien fait pour la réparer.
Je dois foutre le doigt dans un trou minuscule.
Je me suis coupé le doigt, il y a 15 jours, ça n'a pas cicatrisé.
Alors je fous des stylos dedans et ils se cassent.
- J'ai gaspillé 20 $ en stylos à bille. - Sois raisonnable, Zeke.
Raisonnable ? Mec, bouffe mon Bic !
Raisonnable ? Six mois, bordel !
Tu es l'agent syndical et tu ne branles rien.
Parles-en aux supérieurs, que ça soit réglé.
Je peux pas y aller pour chaque babiole.
Je dois attendre un truc plus important.
On ne peut pas laisser l'usine saper notre pouvoir.
L'usine, mon cul ! Tu ne parles que de l'usine !
On connaît la chanson. C'est pas une usine, c'est une plantation !
Il a raison ! Je suis d'accord !
Ça suffit ! Vu que Zeke a terminé...
J'ai pas terminé. Je commence.
Je vais parler de mon cas au bureau central.
Je vais parler au grand chef. Lui demander son soutien.
- C'est ton droit. - Tu l'as dit, que c'est mon droit !
J'ai aussi le droit de me présenter pour faire ton putain de boulot.
Moi, au moins, je défendrais vraiment les gens.
En plus, personne peut te saquer.
Quand j'aurai ton boulot, devine ce que je ferai ?
J'irai à Palm Springs sur mon jet privé.
J'irai voir Eddie Knuckles et je jouerai au golf avec le président Ford,
Nixon et les autres connards.
Retournons aux choses sérieuses.
- Et mon casier ? - On en parlera plus tard.
- Et les 20 $ pour les stylos ! - On en parlera plus tard.
- C'est sérieux, merde. - On cherche encore des bénévoles.
- Il a fait quoi, exactement ? - Je te l'ai déjà dit.
Demande à Smoke ce qu'il a fait. Il te le dira. C'est sûr.
Sois gentil avec lui. Va l'embrasser.
- Me mêle pas à ça. - Excusez-moi, mesdames. Smoke !
Raconte-lui ce que tu as fait. Faut bien qu'il apprenne un jour.
J'ai rien fait.
Il était président de la prison de Jackson.
Il est devenu président sans avoir été élu.
Dis, Hank, tu peux te calmer avec ta musique de ploucs ?
C'est mon fric, je mets ce que je veux. C'est pour ça que j'aime le Sud.
Hank. Je croyais qu'il m'aimait. Je peux pas le blairer, ce con.
Dis, Smoke. Je vais raconter l'histoire.
Ça a commencé quand il est arrivé ici du Mississippi.
Il ne connaissait rien aux filles. Il se tapait la femme de son pote.
C'est minable, hein ? Il baisait la femme de son pote.
Edna May Culver. En plus, c'était un thon.
- C'était pas un thon ! - Elle avait une tronche de cul.
Excusez-moi. Je dois aller remettre les choses en place.
- C'est ça. - C'est quoi, ton problème ?
Pourquoi tu racontes ces trucs sur moi ? Qu'est-ce que je t'ai fait ?
Elle était nymphomane, elle baisait n'importe qui.
Je mens, Jerry ? Cette salope était pas nympho ?
Tu inventes ! Voilà ce qui s'est passé.
Mon pote Leroy et moi, on a rencontré une salope.
Elle voulait se faire baiser par deux mecs.
Elle a dit que son mari était absent.
Raconte quand il a frappé à la porte !
- Qui est là ? - Qui est là ?
Attends, minute. Ce qui s'est passé, c'est...
On fumait et on a entendu cet enculé monter l'escalier.
Leroy a dit : "Tirons-nous d'ici." J'ai dit : "T'as raison."
Leroy a dit : "À mon signal, j'ouvrirai la porte."
Il a ouvert la porte et j'ai pris mon élan pour cogner cet enculé.
- Tu l'as touché ? - D'après toi ?
Dans les couilles, la bouche. Avec un rasoir.
J'ai dit : "Je vais te défigurer, sale..."
Je l'ai regardé et c'était un putain de flic !
Il frappait aux portes, il cherchait quelqu'un.
C'est vraiment pas de bol, vieux.
Pourquoi tu ne lui as pas expliqué la situation ?
Allez, relève-toi, Bambi.
Pourquoi ne pas expliquer la situation ?
Hé, vieux ! Explique-le à ce taré.
Un Black cogne un flic sur la 12e rue,
il ne risque pas d'expliquer quoi que ce soit.
- Trois ans pour avoir frappé un flic ? - Non, ça c'était la deuxième fois.
La première fois, cet enfoiré a tué quelqu'un.
J'ai tué personne, moi.
Il est mort. Quelqu'un l'a bien buté.
J'ai jamais tué personne.
C'est ça, t'as raison.
Je m'en vais.
Mesdames, vous partez avec ce grand Black ? Merde, alors.
Laissez vos empreintes digitales, il va bouffer tout le reste.
- Je vais essayer. - Super.
- Pitié. - Faut que j'aille bosser à la station.
- À plus, Zeke. - Te foule pas trop, Jerry.
Dépêchez ! On va s'enfiler des bières !
On fait la fête !
Salut ! Va falloir que j'aille boire ailleurs, y a des Blacks ici.
- Que la fête commence ! - Bon sang !
- Pas touche. - Mon moteur a besoin d'essence.
C'est pas de l'essence qu'il lui faut mais une révision.
- J'ai besoin d'une révision ? - Tenez, je paie la tournée.
Ça ne vous dérange pas si je vous pose quelques questions ?
Je m'en fous, si vous payez la tournée.
Vous travaillez à Checker, hein ?
L'été seulement. L'hiver, on bosse à Wall Street.
Je suis assistant à l'université du Michigan.
Je fais une thèse de doctorat sur les syndicats de Detroit.
J'aimerais vous parler de votre syndicat et d'Eddie Johnson.
Personne ne se frotte à Eddie Johnson.
Quel con.
C'est quoi, cette histoire de thèse ? Ça a un rapport avec le cul ?
Pas exactement.
Il paraît que vous payez des Blancs très cher pour baiser, maintenant.
- Je ne suis pas au courant. - Vous payez par centimètre ?
Si oui, Smoke va se faire un million de dollars.
Ce n'est pas vraiment mon domaine.
- On t'a déjà payé pour ça, Smoke ? - Merde.
Ignorez-les. Que voulez-vous savoir ?
- Qui est votre agent syndical ? - Clarence L.C. Hill.
- L.C. comme lèche-cul. - Lèche-cul.
Vous pensez que Hill et Johnson écoutent les ouvriers ?
Johnson était un dur, au début, mais c'était il y a 30 ans.
C'est ça. Ces connards sont tous pareils maintenant.
Quatre de plus, s'il vous plaît.
Des jeunes gars comme vous à l'usine aujourd'hui, des gars avec des familles.
- Hé, ordure. - Pardon ?
Ce Blanc bidon ne vient d'aucune université.
Quoi ?
Ce Blanc bidon n'est pas assistant à l'université.
Il ne l'a jamais été et ne sera jamais que ce qu'il est.
Ouais. Je te cause.
Je parie que tu viens du putain de FBI. Allez, dis que je mens.
- Le salaud. - Tu plaisantes ?
Je t'ai vu fureter dans le coin, bouffon.
Je suis assistant. Je voulais juste parler du syndicat.
- Vous avez honte de votre syndicat ? - Honte ?
Écoute, trouduc, il y a trois ans, on a fait grève 73 putains de jours.
- Je faisais partie du piquet de grève. - C'est vrai.
Je rembourse encore l'argent que j'ai dû emprunter.
Tu sais quoi ? On a eu l'augmentation ! Je suis fier du syndicat !
Pourquoi vous laissez le syndicat vous arnaquer comme le patronat ?
On dirait que ça vous plaît de vous faire enculer.
Dégage. Tu n'y connais rien. Tu sais quoi sur le syndicat ?
Quand j'étais en grève,
tu décidais ce que tu allais porter au bal d'étudiants.
C'est bon. C'est pas mes mômes qui marcheront pieds nus.
- Sale connard, t'as rien à dire ! - Du calme, les gars.
- On me doit 2,60. - C'est lui qui a commandé.
- On m'a demandé de partir. - Tu peux rester. Règle les bières.
- Mais ne parle plus de mon syndicat. - Allez, paie.
Garde la monnaie, ma belle.
- Je vais jouer au flipper. - Je viens avec toi.
Essaie de faire mieux que 72 626 points.
Les doigts dans le nez !
Je croyais que ça serait gentil de faire un dîner pour M. Bentley.
Tu t'habilles toujours trop pour impressionner les autres.
La fête, c'était mon idée. Que ça soit habillé, c'était celle de George.
C'est nul à chier. Je comprends pas comment ce Black se fait du fric.
C'est trop nul. Regarde-moi ce con.
On dirait une putain d'autruche.
Regarde-moi ces conneries !
Pourquoi t'éteins pas ?
Tu rigoles ? J'ai mis trois ans pour me payer cette putain de télé.
On va tout regarder, toutes les conneries qu'ils passent.
Même la neige quand ce machin s'éteint.
C'est le seul truc qui marche dans la baraque.
- Tu as perdu. À moi. - Gloria a poussé mon bras !
Arrête tes conneries ! Je t'ai pas touché.
Là, tu vas morfler.
Jouez à tour de rôle. Vous êtes obligés de tout casser ?
Je vais vous filer un truc incassable, des cubes.
- Je l'ai pas cassé ! - C'est nul, de toute façon.
Quoi ? T'as l'argent pour t'en payer un autre ?
Jack, ferme ta gueule tant que t'as pas de boulot.
Tu devrais avoir honte aussi, Gloria.
Si c'est ton frère, dis-lui qu'on a déjà dîné.
Pourquoi t'es si désagréable avec mon frère ?
J'aime pas cuisiner pour lui.
- Qui est-ce ? - M. Brown ?
- Oui ? - Je suis M. Berg, du fisc.
- Je veux rien acheter. - Je ne suis pas vendeur. Ma carte.
Je suis avec le fisc. Voici ma carte.
- Un instant. - Voilà. Vous voyez ?
Je suis avec le fisc. Je travaille sur le terrain.
Je me suis dit que ça vous éviterait de venir au bureau.
- Ça vous ressemble pas. - Une vieille photo.
- Caroline, on a de la visite. - Bonsoir.
- Caroline, M. Bracket. - Non, M. Berg.
- Je suis avec le fisc. - Votre chemise a une grosse tache.
C'est ma dernière visite ce soir, et mon stylo a coulé.
- Va lui chercher une bière. - Non, merci.
Je dîne dans une demi-heure. Je n'aurai plus d'appétit.
- Merci. - Toujours prêt à aider le gouvernement.
Oui, nous travaillons tous pour Oncle Sam, de toute façon.
- Il y a un problème ? - Deux anomalies dans vos déclarations.
Des anomalies, hein ? Ma femme et moi, on en a une chaque année. Nos enfants.
Selon les registres de l'hôpital, vous en avez trois et pas six.
Les registres disent ça, hein ?
J'ai pas pu avoir tous mes enfants à l'hôpital.
Il y a Sugar Ray Brown, puis Gloria Brown,
O.J. Brown, Gayle Sayers Brown, Jim Brown,
Stevie Wonder Brown... Qui est Stevie Wonder ?
C'est un chanteur.
Super. Très bien. Où sont les enfants ?
Dennis et Gloria et leur ami sont ici.
Le reste des enfants... C'est dur de les surveiller.
Ils sont dans la rue, ils jouent dans le quartier.
Caroline peut aller les chercher. Tu y vas, ma poule ?
- Les enfants... - Emmène-les, chérie.
- Venez, les enfants. - Non, merci, Mme Brown.
- Je ne veux pas de bière. - Vous en voudrez peut-être plus tard.
- C'est une femme super. - Charmante.
Nos rapports indiquent aussi
que vous avez travaillé à mi-temps sans le déclarer.
Vous avez fait 20 jours comme peintre en bâtiment ?
Ce job, c'était un service que je rendais à un ami.
Voilà ce qui arrive quand on aide un ami. Vous avez travaillé 20 jours.
Vous avez dû oublier, mais il va falloir payer un arriéré,
plus une pénalité de retard, ce qui fait... Je vais calculer.
Voyons.
Mary ? C'est Caroline !
- Entre, ma chérie ! - Merci.
Je suis contente que tu sois chez toi. J'ai un problème.
Un type du fisc est chez moi.
- Zeke a déclaré qu'on a six enfants. - Six ?
- Il a perdu la tête ? - Je n'en sais rien.
Tu es censée les avoir eus quand, ces enfants ?
J'ai un problème. Si tu me prêtes tes enfants,
et si on met les habits de tes enfants aux miens,
- il ne verra pas la différence. - On peut toujours essayer.
Enlevez vos T-shirts. Tu y arrives ?
Ça fait 295 $ pour le deuxième boulot.
Mais si on ajoute les trois fausses déductions sur six ans,
ça fait... Voyons voir.
Voyons... C'est ça. 2 460,75 $.
Nom de Dieu.
C'est pas moi. C'est Oncle Sam.
Vous devez trouver le moyen de payer. Je dois faire un rapport ce soir.
Mais où je vais trouver tout ce fric ?
Merde, ça me prendrait... toute une vie.
- On pourrait peut-être... - Allez.
Entre, Caroline. Elle amène les enfants.
M. Brown, vous n'êtes pas obligé de faire ça. Ce n'est pas bien.
- Je vais juste... - Cochez leurs noms.
- Il me faut leurs certificats. - Voilà Sonny, Gayle, Sugar Ray.
Comment tu t'appelles ? Ton nom ?
Quel est ton nom ? Tu es un garçon ou une fille ?
- Ils n'ont pas de noms. - Ils ne parlent pas aux inconnus.
Vous devez bien avoir des certificats. J'aimerais rentrer chez moi !
J'aimerais rentrer chez moi. Ce ne sont pas vos enfants.
Je gagne 210 par semaine, bon sang.
Je paie pour l'électricité, le gaz, les vêtements, la nourriture.
Toutes ces conneries ! Il me reste environ 30 $ après.
Vous me lâchez la grappe deux minutes ?
- M. Brown, je travaille pour Oncle Sam. - Oncle Sam, je l'emmerde !
Les politiciens, on les fait pas chier ! Agnew et le reste paient que dalle !
C'est les travailleurs qui se font baiser !
- Dites pas ça d'Oncle Sam. - Me montrez pas du doigt !
Dégagez ! Vous l'aurez, votre putain de fric.
- Ça, c'est sûr. - Je le sais !
Si j'avais la marine derrière moi, je ferais le malin, moi aussi !
C'était sympa, l'autre soir.
- Je voulais te demander un truc. - Je ne sais rien.
- J'allais passer chez toi, mais... - Écoute, mec !
Personne ne vient chez moi sans invitation.
Trois dollars.
Tu connais Clarence Hill, non ?
Tu étais son bras droit avant qu'il devienne délégué syndical.
Il a acheté une grande maison à Woodland Hills.
- Je suis pas au courant. - Arrête !
- Je sais que dalle sur sa baraque ! - Arrête !
Que dalle sur Clarence Hill, sur le syndicat. Je sais rien de rien !
Tout le monde sait que ta section syndicale est la plus corrompue.
- Ah ouais ? - Ouais.
Il y a un espion au syndicat et le syndicat a un type au gouvernement.
J'ai qu'à péter contre le vent et je serai viré en une heure.
- Tu me sembles un gars... - Je parle pas au gouvernement.
Fatigué ?
Jerry ?
Tu as encore mal au dos, chéri ?
L'infirmière de l'école a encore appelé
pour dire que Debby doit porter un appareil.
Je t'avertis, elle va te le redemander demain.
AAW SECTION SYNDICALE 291
- Excusez-moi. - Un instant.
Je m'appelle Ezekial Brown. J'aimerais voir M. Johnson.
M. Johnson, un certain Ezekial Brown est là.
Vous pouvez y aller.
Oh, bonjour, Zeke. Entrez.
- Comment allez-vous ? - Asseyez-vous. Il y a un problème ?
J'aimerais parler de Clarence Hill, M. Johnson.
Je veux me plaindre. Clarence Hill est délégué syndical à l'usine de Checker.
Je sais pas comment il s'est fait élire, il est raciste.
- Comment ça ? - Il ignore les ouvriers noirs.
Quant les Blancs veulent un truc, il s'en occupe.
Les Noirs ont que dalle. C'est pas juste.
Zeke, notre section fut la première à réclamer l'égalité des salaires.
Notre section a les meilleurs rapports entre Noirs et Blancs du syndicat.
J'ai rien contre le syndicat. Il est juste concernant les salaires.
Mais merde, les salaires, c'est plus le problème.
C'est les putains de prix. Tout coûte tellement cher.
Plus on gagne d'argent, moins ça vaut.
Quel est votre problème exactement, Zeke ?
Mon casier.
Ça fait six mois que j'attends qu'on le répare.
J'ai failli m'arracher le doigt en l'ouvrant,
comme un gamin, et Clarence Hill ne branle rien.
Janet, appelez Clarence Hill. Il est chez lui.
Je suis pas un gamin. Je dois foutre mon doigt dans un trou.
- Je me suis écorché. - Vous êtes à l'usine depuis quand ?
Sept ans. Chrysler, Ford, en général.
Mais putain, j'ai besoin que ça soit réglé.
Désolée, il n'y a pas de réponse. M. Hill a dû sortir.
Oui. Merci, Janet. Clarence ?
Non, tout va bien. Clarence, Zeke Brown est ici.
Il est venu se plaindre pour son casier. Débrouillez-vous pour qu'on le répare.
- Dites-lui, pour mon doigt. - Oui. Parfait.
Tenez-moi au courant. Merci.
On se reparle plus tard, Clarence.
Ça devrait être réglé, Zeke. Il y a autre chose ?
Non, pas pour l'instant.
- Merci pour votre aide. - Pas de problème.
Venez quand vous voulez. Je suis là pour ça.
Pour entendre vos griefs et aider. C'est ça, le syndicat.
Merci.
Oh, merde !
Quoi ?
J'ai oublié de verrouiller l'une des pompes.
Tu dois le faire maintenant ? Tu ne peux pas y aller demain matin ?
Si, et je devrai payer si quelqu'un vole de l'essence.
En plus, j'ai envie de faire la grasse matinée avec toi.
Tu viendras à la messe avec moi ?
D'accord. Juste cette fois.
Zeke ? Où tu vas ?
- Je vais aider Rason à déménager. - Rason ? Quoi ?
Il a un nouvel appartement et il emménage ce soir.
Il se fait la malle pour éviter ses deux mois de loyer en retard.
Pourquoi tu mets ton nouveau pantalon ?
Tu rigoles ? C'est mon pantalon de travail.
Tu viens de l'acheter. Où tu vas ?
- Qu'est-ce qui te prend ? - Où tu vas ?
- Aider mon pote. - Ne te fous pas de moi.
- Je pue. - Tu mets quelle chemise ?
Cette vieille chemise pourrie.
- Bon sang, qu'est-ce qu'il y a ? - Tu me prends pour qui ?
Je t'ai jamais menti. Bon sang, faut que j'y aille.
Il ne va pas vouloir que je l'aide, vu comme je pue.
T'as pas besoin de revenir.
Quoi de neuf, vieux ?
- Comment tu t'es esquivé ? - Caroline sait qui commande.
- Tu lui as mis des menottes. - Je peux pas me payer de menottes.
Je l'ai attachée avec la corde à linge. T'as dit quoi à Arlene ?
Que j'allais à la station verrouiller une pompe.
Smoke, on est là ! Déshabille-les, mec !
Comment ça va ?
Oh, mon Dieu. Pitié.
Que la fête commence !
- Jerry Bartowski. Enchanté. - Cathy.
Purée, ça fait trois semaines de salaire, ça.
Comment ça, trois ? Cinq !
Oh, putain !
C'est monté par là, puis par là, pour redescendre dans ma bite.
Oh, pitié !
Fais gaffe à ce con de Jerry.
Il croit que son bébé est né par téléphone.
Au moins, c'était mon téléphone.
Je ne vais pas passer ma vie à l'usine.
- Tu y es depuis combien de temps ? - Dix ans.
Il est tellement gros, on peut se mettre debout dedans.
De qui il parle ?
Pas de qui, de quoi. Je parle du coffre au siège du syndicat.
Il est énorme.
Le coffre, bordel, c'est du coffre que je parle.
Il est énorme. On peut se faire une tonne de fric.
Je dis pas qu'on devrait, mais si on le faisait, on serait riches.
Jerry, je te parle de fric, enculé.
Zeke, je suis un peu occupé, tu vois pas ?
Un peu ?
Quand je prends de la coke, je me dis que je retournerai pas à l'usine.
- Je sais pas pourquoi j'y retourne. - Le mec du crédit veut ta paie.
Tout ce que la boîte nous file gratos, c'est du crédit.
J'ai une maison, un frigo,
un lave-vaisselle, un lave-linge, une télé,
une stéréo, une moto, une voiture.
Achète cette merde, puis celle-là.
On finit avec des tas de merdes.
Qui ne nous appartiennent même pas.
Je peux rien ramener car c'est déjà cassé.
Des fois, ça me déprime tellement.
Je pense aux trucs que j'ai promis à Caroline.
Les conneries que je ne pourrai jamais faire.
Je sais qu'un mec est censé s'occuper de sa famille.
- Putain. - J'ai jamais été doué avec le fric.
Je suis toujours à sec.
J'arrive pas à piger le truc.
Et pourtant, j'essaie.
Si Smokey n'était pas là, on ne s'éclaterait jamais.
J'avais juré de pas bosser pendant mes vacances, cette année.
D'où je vais sortir trois mille dollars ?
Je peux pas emprunter aux usuriers ritals, ils s'en prennent à la famille.
Alors, dévalise ce coffre dont tu nous rebats les oreilles.
- Tu plaisantes ? C'est notre syndicat. - Tu disais que c'était du gâteau.
- C'était la coke. - C'est du gâteau ou pas ?
C'est du gâteau, mec. De la tarte, même.
Il n'y a qu'un gardien, un Blanc qui se cure le nez toute la journée.
- C'est même pas un vrai flic. - Alors, dévalise-le.
- T'as fait pire, mec. - Mais merde, c'est notre syndicat.
- Ça serait le comble, non ? - Ils ont fait que dalle pour nous.
Ça serait comme si on récupérait ce qui nous appartient.
- Ils ont combien de gardiens de nuit ? - J'en sais rien.
- T'en penses quoi ? - Non, je pourrais pas.
On devrait leur donner une leçon.
Ils nous traitent pire que la boîte.
C'est pas faisable.
Mais j'aimerais bien voir leurs têtes.
T'as pensé à notre conversation ?
- Le casse au syndicat ? - La ferme, mec !
Smokey et moi, on va en reparler ce soir, au bar.
Ça t'intéresse ?
Voilà Miller le Tas de Merde.
Allez, les bourricots. Bougez-vous le cul.
- Les voitures vous attendent. - On le sait, Miller.
Le capitaine trouduc. J'aimerais savoir comment on l'a engagé.
Allez, Smokey.
Saloperie !
- T'as eu des effets secondaires ? - Après la soirée ?
Oui.
- J'ai eu mal au crâne. - Pas de démangeaisons ?
T'es fou ? Ces chattes étaient nickel.
C'est ce que je me disais. Tope là.
Encore des morpions psychosomatiques.
T'aurais dû laisser faire Mme Pouce et ses quatre filles.
Ça me démange le plus quand je suis avec Arlene.
Seize fois, sale merde !
Tu ne me le referas plus jamais, ordure !
Saloperie de machine pourrie !
Jenkins ! Ça va pas ?
Bon sang, Jenkins ! À quoi vous jouez ?
Je retiendrai les frais sur votre salaire ! Chaque centime !
- C'est bon ! - Salaud, vous allez payer !
Abruti ! Vous êtes viré pendant quinze jours !
Ne te laisse pas faire, Jenkins !
La cote est de sept contre un pour vous, mais ce n'est pas trop mal.
- Indiquez une autre carte et... - J'en veux encore, papa.
J'ai faim. Tu me donnes ta part ?
Écoute, ils disent qu'il y en a pour quatre personnes.
- Regarde. "Pour quatre personnes." - J'ai encore faim.
- Écris à la société. - Tu m'en donnes, maman ?
Tiens, Bobby, mange un autre morceau de pain.
Et Debby ? Elle n'a rien mangé.
Où est Debby ?
Debby ! À table, ma chérie ! Ça refroidit !
Sois gentil. Elle a eu une rude journée.
- Qu'est-ce qui ne va pas ? - Elle ne se sent pas bien.
Debby, viens ici ! Qu'est-ce qu'il y a ?
Je vais donner 750 $ après ces spots publicitaires.
Tu sais qu'elle rêvait de faire partie des majorettes.
Que s'est-il passé ? Personne ne me dit rien ?
- Je n'ai pas encore eu l'occasion. - Fais voir à papa.
Que s'est-il passé, ma chérie ? Debby !
Jerry, laisse-la.
Elle a essayé de se faire un appareil avec un fil de fer.
Nom de Dieu.
Nom de Dieu, Arlene.
Achète-lui un putain d'appareil. Dès demain.
On s'inquiètera pour la note plus tard.
- On pourrait vendre des trucs. - Qu'est-ce qu'on a à vendre ?
Ça irait mieux si je ne bossais pas du tout.
Au moins, on toucherait des allocations.
Salut, Jerry.
Hé, Jerry. Tu l'as raté.
Miller le Tas de Merde voulait te montrer sa caisse.
Après, il va la laisser chez toi, comme cadeau.
J'ai pensé à ce que vous disiez.
- Vous allez vraiment le faire ? - On va le faire ! Crois-moi.
Smokey connaît une fille...
Elle y travaillait. Elle connaît chaque recoin.
On fait une réunion demain soir chez Smokey.
- T'amènes des flingues ? - Quoi ?
Pas de flingues. Une simple effraction.
Faut espérer que ça sera un vol qualifié, hein ?
Il y aura combien, d'après toi ?
Peut-être cinq ou six mille dollars.
Qu'est-ce que t'en dis ?
Charlie T nous montrera comment ouvrir le coffre.
- Merde, c'est une brute. Il veut quoi ? - 100 $ et 10 % du butin.
Bon sang, je suis foutu. J'ai que dix dollars.
- Je mettrai une bague en gage. - Dis-lui oui.
À plus tard.
Un flic passe toutes les 15 min.
Le garde vient voir toutes les heures le soir,
à et quart, en général.
- Ils ont des caméras ? - Non, un faisceau électrique.
Merde ! J'ai vu ça dans La Panthère Rose.
Ces machins peuvent nous coincer. Nous peser.
Dire si on est des mecs ou des nanas, l'âge de notre mère.
Comme un il électrique au supermarché.
Mais non ! Ces machins sont vicieux.
- On prendra quelle voiture ? - La mienne.
Cette cage à poules ? Les flics nous repèreront à 1 km.
- La tienne, alors ? - Mon injection déconne.
Tout déconne, sur ta caisse. Pourquoi t'achètes pas d'injection ?
- On devrait tous contribuer. - Quoi ?
Arrêtez, on fait ça ensemble.
Il nous faut des masques, des déguisements ?
- Peut-être, au cas où. - Des bandanas ?
Si je me fais choper, je veux pas avoir l'air d'un cow-boy.
On devrait peut-être acheter des masques d'Halloween.
Ouais, on va t'acheter un costume de King Kong.
C'est qui, en Buick ?
La salope dont je vous parlais, le canon.
Un canon ?
Elle est pas belle. C'est un cageot !
Tu n'as aucune classe, tu n'y connais rien.
- Cette salope est bandante. - Tu parles.
Elle bouffe de la pâtée pour chiens.
- Enculé. Elle est pas bien ? - J'en sais rien.
Tu vois ?
- Je peux avoir 25 cents ? - Quoi ?
- Je peux avoir 25 cents ? - Oui, d'accord.
Passe-moi ces lunettes.
T'as la monnaie de 20 $ ?
- Oui. - Dommage.
Ma putain de bague. Merde !
- Smokey, mon vieux ! - Hé, quoi de neuf ?
Regarde, tu veux des montres ?
J'ai un deal d'enfer pour toi.
Seize rubis, plaquée or, faite par Cartier.
En magasin, ça te coûterait 150 $ pièce.
- Faites par Cartier ? - Par Cartier.
En personne.
Pourquoi y a pas écrit Cartier ?
- C'est pour les magasins de soldes. - Tu me prends pour qui ?
- C'est pas une putain de Cartier. - C'est donné, mec.
- Parce que t'es mon pote. - Ton quoi ?
Je te fais une faveur. Trois pour vingt.
- Combien tu veux ? - Trois pour vingt dollars.
- Je t'en donne dix. - Tu me prends pour un taré ?
- À plus. - Pas si vite.
Adjugé à celui qui aboule le fric.
J'ai les déguisements.
Tout est prêt. Bon, synchronisez vos montres.
- J'ai pas de montre. - La mienne est cassée.
Vous avez du bol. J'ai acheté des montres.
Seize rubis, Cartier, plaquées or.
Seulement dix dollars pièce.
- Ils sont où, mec ? - Reste cool.
On aurait mieux fait de dévaliser un magasin de vins.
Tu rigoles ? Je pourrais jamais faire un vrai cambriolage.
- C'est quoi, ça, d'après toi, Jerry ? - Une restitution.
- Mon cul. Dis ça aux poulets. - Les voilà.
Allons-y.
- Mettez vos gants. - Je suis prêt, mec.
Voilà les yeux.
- Tu le vois ? - Ouais.
Doucement, vieux.
Désolé.
T'as le plan ?
Smoke ?
Je crois que c'est ouvert.
- C'est ouvert. - Putain, j'y crois pas !
Oh, non ! Il est vide !
Pas étonnant que ça soit du gâteau. Ils n'ont rien ici.
C'est pas possible !
Merde !
- C'est débile. Cassons-nous. - Tirons-nous d'ici.
- Attendez ! Voilà le coffre. - C'est là qu'ils mettent l'argent.
- Comment on va l'ouvrir ? - On va le sortir de là.
Qui c'est ?
- Le garde ? - Merde.
- Pourquoi il s'est arrêté ? - Quelle heure il est ?
- Minuit trente. - Moi, j'ai minuit quinze.
La mienne s'est arrêtée.
- Ferme la porte. - Quoi ?
- Ferme la porte ! - On va étouffer.
Éteins la lumière.
Smoke...
Sors les déguisements.
Tu l'as tué ?
Non, il n'a rien.
Allons chercher le coffre.
Après, tirons-nous d'ici.
- Bon. - J'espère que t'as pas tout cramé.
- Encore des papiers. - De quoi tu parles, bordel ?
Voilà le cash. Pour les dépenses courantes.
Où est l'argent ?
Il y a combien ?
- Que dalle. - Six cents.
- Putain, six cents ? - Merde !
On est un vrai gang de ploucs.
- Au moins, c'est du vol qualifié. - C'est déjà ça.
Plus coups et blessures, pour le garde.
- Partageons. - OK.
Cent pour Charlie T plus 10 %, ça fait 160.
- On l'emmerde, Charlie T. - Voilà 240... il reste 440.
- Ça fait 140 chacun. - J'ai risqué ma peau pour rien.
- Plus 20. - Pour les masques et les déguisements.
- Et pour mon injection ? - Tu rigoles ?
- Tirons au sort. - Je veux bien.
- T'es spécial. - Un, deux, trois !
C'est pas juste, Zeke a attendu.
- C'est pas vrai ? - On recommence. Un, deux, trois !
Tu vois ? Tu dis quoi, maintenant ?
- T'as du bol. - J'ai un doigt magique.
- Et le coffre ? - Je vais pas payer pour cette montre.
Je m'occupe du coffre.
Mon pote vit près de la décharge. Je vais le lui laisser.
- File-lui la montre. - Caroline va me botter le cul.
Il y a peut-être un double fond.
C'est tout ce que je peux dire. La police fait son enquête.
Combien ont-ils pris ?
On essaie encore de calculer.
Plus de 10 000 $, paraît-il. C'est vrai ?
Oui, c'est à peu près ça.
Et après, que s'est-il passé ?
C'était incroyable. Ils sont sortis du coffre.
Deux Noirs avec un Blanc au milieu.
Comme un sandwich pain de seigle et dinde.
À quoi ressemblaient les deux Noirs ?
Je ne sais pas. Ils étaient déguisés.
Et le Blanc ?
Une flèche lui traversait le crâne.
Oh, la fille qui m'embrassait ?
C'était mon infirmière.
J'ai fait don de mon corps splendide à la science.
Elle s'assurait que tous les membres y étaient.
Dépêche-toi, j'attends un appel !
Qu'est-ce que tu regardes ?
Rien.
Quoi ? Regarde ça.
T'as vu le monstre. On dirait un bouledogue.
Vas-y, Caroline.
Vise bien, ma poule.
Super. Bravo.
Dix mille dollars.
- La vérité, ça les tuerait. - Le syndicat ?
Ils ont trop l'habitude de mentir.
Tombe pas dans la rigole !
Tu sais quoi ? Il y avait un truc dans le coffre.
- J'ai gardé un cahier. - Je croyais que tu avais tout jeté.
J'ai gardé le cahier, il y avait un truc de marrant dedans.
- Comme quoi ? - Eh bien...
- Zeke, c'est ton tour. - J'arrive.
- Un spare, ça nous arrangerait. - T'inquiète, Zeke est sur le coup.
- Je t'achèterai un chien d'aveugle. - Merci, c'est sympa.
Il est lent comme un escargot.
Au moins, on sort de temps en temps.
Sinon, ils sortent et ils picolent.
Tu vises jamais ?
De quoi tu parles ? La boule a dévié.
Je me prépare avant de parier.
J'ai une nouvelle technique. Ça s'appelle le radar.
Bon sang, Jerry, tu as bien caché ton jeu.
C'est à moi de nous sauver.
Oui, à toi de jouer.
Qu'y avait-il dans le cahier ?
Une liste de prêts, et c'était pas des prêts ordinaires.
Plutôt des prêts d'arnaqueurs. Tu vois le genre ?
À des taux d'intérêt super élevés.
On devrait le dire à Smokey.
Ça n'a rien d'extraordinaire.
Smokey, regarde.
Tu as vu ces machins. C'est des prêts illégaux.
J'ai demandé à la banque du Michigan, Smokey.
Ils ne font pas payer 15 % d'intérêts par mois.
Aucune banque ne fait ça.
- Bon, d'accord, c'est illégal. - Tu m'étonnes !
Assez illégal pour foutre ces cons en taule.
Si tu envoies ça au sénat... Tu les as vus à la télé ?
Les enquêtes du sénat. C'est de ça qu'ils parlent.
- Ça pourrait rapporter. - Comment ça ?
Il veut dire qu'on les tient par les couilles.
On les tient par les couilles comme ils nous ont toujours tenus.
Pas vrai ? Tu te souviens du mec du gouvernement qu'on a rencontré ?
Il parlait de ce cahier.
On peut choper Eddie Johnson, Miller le Tas de Merde,
Clarence Hill, tous ces connards gicleront !
On amène ça au prochain meeting du syndicat. On les démasque.
Putain. On est vraiment dans la merde.
Qu'est-ce que tu racontes ?
Ils vont nous poursuivre !
- Quoi ? - Même le Pape ne peut rien pour nous.
Ce truc est d'enfer. On peut transformer le syndicat, avec ce cahier.
Oublie, Zeke ! Faut se débarrasser de ce cahier.
Aussitôt que possible.
- À quoi tu joues ? - Il est à moi aussi.
- C'est pas ton cahier. - Comment ça ?
Vous ne savez pas de quoi vous parlez.
Et toi, tu le sais, bordel ?
Pourquoi tu y vas chaque vendredi ?
Je dois écouter ces conneries ?
Pourquoi tu y vas chaque vendredi ?
Parce que le créancier sera chez toi samedi, n'est-ce pas ?
- Tu m'étonnes ! - C'est exactement ce que veut la boîte.
Ils feraient tout pour nous garder à l'usine.
Ils montent les vieux contre les jeunes,
les Noirs contre les Blancs, pour nous garder à notre place.
Vous ne comprenez pas ça ?
Arrête, merde, de quoi tu parles ? Ce cahier va nous rendre notre place.
Le cahier ?
La politique ne change rien. C'est l'argent qui fait la différence.
Comment l'argent va faire une différence
pour choper Clarence Hill et ces enculés ?
Tu veux faire du mal à quelqu'un au lieu d'en profiter ! C'est ça le problème !
J'ai un problème, maintenant ? T'es un putain de psy ?
Bon, alors on fait quoi pour en profiter ?
- Du chantage. - Du chantage ?
C'est ça. Ils veulent ce cahier.
Laisse-les nous payer les 10 000 $ de l'assurance
et crois-moi, on les emmerde et on fait la fête.
Smoke, tu sais, tu as déjà fait de la prison.
T'as l'habitude de ce genre de trucs, hein ? Bon.
Comment on va leur faire cracher ça ?
Photocopie une page, et envoie-la à Eddie Johnson.
Dis-leur que s'ils veulent le récupérer, qu'ils passent une annonce.
- Et si ces enculés ne paient pas ? - On leur refera un trou du cul.
Vous devriez déjà avoir fini. Vous êtes en retard.
Ma mère irait plus vite que vous !
- T'aurais dû avoir terminé. - Je fais de mon mieux.
Hé, l'homme à tout faire.
Smokey ! Smokey !
Il me faut quelqu'un aux sièges.
- Que s'est-il passé ? - Deux gars sont en congé.
L'autre s'est évanoui, il est parti.
Quoi, je vais me taper le boulot de trois mecs ?
Oui, mais j'ai confiance en toi, mon grand. On compte sur toi.
C'est des gars comme toi qui font tourner la boîte !
Allez, monte là-haut !
Sale connard d'enculé de merde...
Serre bien. La dernière fois, ça s'est arraché.
Gros lard. Tu prends plus de place qu'un éléphant.
Ne me regarde pas, regarde ton boulot. Rentre-moi ça. Accroche ces fils.
Dis, tu ramassais le coton aussi lentement ? Bouge-toi !
C'est bien, mon petit. Bouge-toi, Zeke. T'es toujours à la traîne.
- Lâchez-moi un peu ! - Fais attention, Zeke.
- Lâchez-moi, enfin ! - Ne réponds pas ou je te vire
et je retiens l'argent de la journée.
Espèce d'enculé de beauf.
Ça suffit, t'es viré ! Ras le bol de tes conneries !
Je vais le tuer, cet enculé !
- Chef ! - Chef, mon cul !
- Tu es allé trop loin ! - Sale mauviette !
Ce gros branleur !
- Tu n'aurais pas dû faire ça. - Qui a entendu ?
- Pas moi. J'ai rien entendu. - J'ai rien entendu non plus. Ce con.
- Zeke, on y va. - Vous plaisantez ?
- Dans mon bureau. Allez ! - Salopard.
Bon. Quel est le problème ?
Je fais mon boulot, personne ne peut dire le contraire.
J'avais une grande gueule en arrivant, ça sera pareil quand je partirai.
Plus tôt que tu ne le penses.
La chaîne avance et vous deux devriez vous en occuper.
Tout ceci semble un simple malentendu.
Zeke offrira une bouteille de whisky à Miller, et on passe l'éponge.
Zeke offrira que dalle, t'es un délégué de merde.
- Quitte le syndicat ! - D'accord !
Tu vois ça, Clarence ? Tu ne peux même pas contrôler tes gars.
Le syndicat nous fera des ennuis si on se débarrasse de lui ?
Le syndicat est strict avec les licenciements.
- Eddie Johnson voudra une audience. - Appelons-le, alors !
Je peux vous dire un truc, personne ne menace un chef d'équipe.
- Quelles conneries ! - Ce n'est pas si grave.
Les choses ont dégénéré, c'est tout.
Qu'en dis-tu, Zeke ? Tu veux faire la paix ?
Tas de Merde me harcèle. Je devrais avoir une compensation pour ça.
Miller offrira du whisky à Zeke, et on reprend tous le boulot.
D'accord ?
- D'accord. - Parfait. On oublie tout.
Serrez-vous la main, et au boulot.
Je t'en veux pas, Zeke. C'est mon boulot, c'est tout.
Si on oublie tout, pas besoin de se serrer la main.
C'est ça. Retournons à la chaîne.
- Je vais avoir une bouteille de scotch. - J'y crois pas !
Tu as bien fait.
Si j'étais pas ici depuis 18 ans, j'aurais fait pareil.
- Va chier, Barney. - Quoi ?
T'es un putain d'hypocrite.
Le mec veut enculer quelqu'un, tu baisses ton froc.
- Moi, je me laisse pas enculer ! - Hein ?
"Hein" mon cul ! Tu ferais quoi, si le mec te faisait chier ?
- Je le tuerais. - Mon cul, ouais !
Tu ferais tout pour protéger ton ancienneté.
Tes 18 ans sont pas plus importants que les miens !
Ta femme est pas plus importante que la mienne !
Tes gamins sont pas plus importants que les miens !
Nom de Dieu !
C'est même pas à toi que j'en veux !
Désolé, Barney. Cette putain de boîte...
Merde !
Hé, calme-toi, mon frère.
- C'est pas le moment de t'exciter. - J'ai rien fait.
Écoute-moi.
J'ai lu le journal aujourd'hui,
et le syndicat est prêt à nous filer le blé.
On va être riches !
Du calme. Asseyez-vous, les gars.
Le total ? Ils vont payer les dix mille dollars ?
J'ai jamais vu autant d'argent.
Ça fait plus de 3 000 $ chacun, d'un coup.
On ne devrait pas s'asseoir à côté.
Bon, installez-vous.
Les gars, entrez et asseyez-vous, on doit commencer.
Il y avait combien d'argent, Clarence ?
Il y avait un peu plus de 20 000 $.
- 20 600 $, plus exactement. - Minute, 20 000 $ ?
Pourquoi le syndicat avait tant de liquide ?
On le gardait temporairement. Pour la grève de la section 644.
Quelqu'un devait le savoir.
Vous deviez protéger le fric. Selon la presse, le coffre était ouvert !
- Ce n'est pas vrai. - C'est bon, asseyez-vous.
Ce n'était pas notre argent. C'était le vôtre.
Ils ont volé votre argent !
Comment on va récupérer notre argent ?
Nous étions assurés.
Assurés ? Et les gars qui ont fait ça, alors ?
Les flics les retrouveront.
La police doit plusieurs services à ce syndicat.
Nous voici devant le siège du syndicat de la section 291.
Les voilà qui sortent, on va peut-être en interroger un ou deux.
Pour en savoir plus. Voilà quelqu'un. Excusez-moi.
- Tire-toi, connard. - Merci.
Un autre avis, peut-être ? Monsieur ?
Putain. Merde, je sais pas.
Nous sommes les travailleurs de l'usine.
Les directeurs sont juste là pour nous superviser.
Tu sais quoi ? Il faut qu'on parle de l'échange.
Tu vois ce que je veux dire ?
Allons au bar.
- Bon sang ! - Non, non.
- C'est qui ? - Je m'appelle Charlie T Hernandez.
- Smokey sait qui je suis. - C'est vrai.
- Tu me dois de l'argent. - Écoute, Charlie.
Ne crois pas aux conneries que tu lis dans les journaux.
Le syndicat essaie d'arnaquer l'assurance.
Pas de salades.
- Je veux mes mille dollars. - Mais on a autre chose !
Un truc que le syndicat va nous payer cher.
Après, tu auras tes mille dollars.
Donne-nous quinze jours, mec.
Quel genre de truc ?
- Des prêts illégaux... - Des conneries, c'est tout.
Je le dirais, si c'était pas des conneries.
D'accord.
Je connais Smoke depuis un bail, alors je vous donne quinze jours.
Smoke paie toujours ses dettes.
Charlie, le syndicat a dit qu'ils nous donneraient l'argent,
mais... Et s'ils ne le font pas ?
Tu trouveras le fric même si tu dois vendre cette voiture.
Tu le sais bien, hein, Smoke ?
Ouais, je sais, Charlie.
J'y crois pas, que le syndicat réclame 10 000 $ de plus à l'assurance.
- J'y crois pas, merde. - Ça fait 20 000 $.
Ils en rendront dix et empocheront dix. Ces enfoirés.
On devrait leur faire payer la même somme qu'ils réclament à l'assurance.
- Tu viens au soft-ball, Jerry ? - Ouais, à 21 h.
Ce truc, ça commence à tourner en...
- Comment on va récupérer le blé ? - J'en sais rien.
Je croyais que t'avais tout calculé.
Je suis quoi, un putain de génie ?
Tu sais comme c'est dur de faire un échange ?
Et la consigne à la station de bus ?
- Ils nous choperont avec le fric. - Pas s'ils ont peur du cahier.
Il faut réfléchir à ça. Ce cahier, ils le veulent à quel point ?
C'est ce qu'on doit découvrir, vous comprenez ?
On déchire le cahier en deux.
On leur donne une moitié, s'ils nous filent l'argent, ils auront le reste.
Ça ne va pas marcher.
Smokey, ça va marcher. On peut louer une boîte aux lettres.
Je ne parle pas de ça, Zeke. On ne peut pas être vus ensemble.
Ils savent que trois mecs l'ont fait, deux Blacks et un Blanc.
- Et alors ? - On ne doit pas nous voir ensemble.
Il faut se parler au téléphone.
C'est dangereux, de passer du temps ensemble.
Faut pas le faire, vous pigez ?
Si quelqu'un pose la question, on n'a jamais été ensemble.
C'est fini. Chacun de son côté.
C'est dommage.
Le bowling va manquer à Arlene.
Tu parles, elle était nulle !
Bon, prends soin de toi, vieux.
Putain.
Hé, tu veux une bière ? Le destin, on l'emmerde.
Prends soin de toi.
Je crois que tu fais erreur, Hernandez.
On a trouvé un Harrington et un Richardson .32 dans le couloir.
Les balles indiquent que c'était le flingue qui a blessé un flic.
Il est encore à l'hôpital.
Vous savez bien que tirer sur les gens, c'est pas mon style.
Ah bon ?
Bon, d'accord, c'est mal barré.
Je peux faire un échange ?
- Que voulez-vous savoir ? - Tu nous proposes quoi ?
- Trois ratés. - Et alors ?
Ces trois abrutis sont mêlés à un truc qui les dépasse.
Une histoire de syndicat.
Un truc si gros que vous allez devoir l'étouffer.
C'est un gars du syndicat.
Il cèdera sous la pression.
Celui-ci, il est ambitieux.
Il veut tenir les rênes.
Ce con-là est un truand raté.
Il nous fera payer une fortune et nous baisera rien que pour rigoler.
- Tiens, Smoke. - Merci.
Quand j'étais petit, mon père m'a dit :
"Quand tu seras grand, trime dur, le chef n'aura rien à dire.
Mais ne transpire pas."
Comment tu veux bosser sans transpirer ?
- Une bière ? - Et un scotch.
- Deux bières et un scotch, sec. - Sec.
- Où sont les chiottes ? - Au fond. Dis mon nom.
Oui, t'auras une bonne place.
Allô, Mme Bartowski ? C'est le service des réparations.
Votre mari est à la maison ?
Vous avez un problème avec votre ligne ?
Il doit y avoir une erreur. Merci.
Il est à la station-service, sa femme est à la maison.
- Tu sais comment y aller ? - Faut prendre Raymer.
Il a dit : "Zager, vous ne bossez jamais une semaine entière." Un absentéiste.
- Quoi ? - "Jamais plus de quatre jours."
Zager a répondu : "J'arrive pas à nourrir ma famille avec trois jours."
- Arlene ! - Oui ?
- C'est Smokey James. - Oh, bonsoir.
Bonsoir. Arlene, tu viens d'avoir un appel ?
Oui, du service des réparations. Ils se sont trompés.
Oui, je sais. J'essayais d'appeler et la ligne était occupée.
Qu'est-ce que j'entends, les enfants ? Ils sont à la maison, Arlene ?
- Non, pourquoi ? - Oh, pour rien.
Jerry m'a demandé d'appeler. Il a déchiré son pantalon à la station,
et il a besoin que tu lui amènes une autre paire.
- Oh, je vois. - Ça marche ? Il est un peu gêné.
Et toi, tout va bien ?
- Ça va. - Parfait. À plus.
- Ça marche. - Parfait.
Mme Bartowski ?
BIENVENUE CHEZ NOUS
Vous cherchez quelqu'un, les filles ?
On a dû se tromper de maison.
Non, tu t'es pas trompé de maison, tu t'es trompé d'heure.
- On n'allait rien faire de mal. - Sale menteur !
Attends une minute, mec. Je veux te parler.
- Je veux savoir qui vous a envoyés. - Personne !
- Qui vous envoie ? - On s'est gourés de maison !
Me raconte pas de conneries.
Dis-moi qui vous envoie, bordel. Tu vas me le dire ?
Sale enculé de bamboula, je te tuerai !
- Ma patience a des limites. - Arrête, mon frère.
Tu te fous de ma gueule, "mon frère" ?
Je veux savoir qui vous envoie. Donne-moi son nom.
Tu sais qu'il ne marchera plus.
Qui vous envoie ?
- Qui vous envoie, bordel ? - Un mec du syndicat...
Quel putain de mec ? Qui t'envoie, bordel ?
Un mec qui bosse pour Eddie Knuckles. Pour Eddie Knuckles.
Eddie Knuckles. Pas la peine de chercher plus loin.
Je t'observe depuis longtemps, Zeke.
Tu me rappelles quand j'étais jeune.
Un peu brutal, un peu arriviste, tu parles trop, mais tu as du cran.
Exactement le type de gars qui défend les droits des travailleurs.
Nous avons réfléchi à ce que tu as dit, ainsi que les autres, sur Clarence Hill.
Nous pensons que vous avez raison.
Alors, Clarence va être muté dans une usine en Ohio.
Et j'aimerais que tu le remplaces jusqu'à la prochaine élection.
Le salaire est de 17 400 $ par an.
On peut arrêter les conneries ?
Il est temps.
Il paraît que tu as un truc que je veux.
Oui, mais je veux être sûr que rien n'arrivera à Jerry et Smokey.
Bien sûr. Ce sont des gars du syndicat, on va les protéger.
Pas d'embrouilles. Je veux votre parole.
Eh bien, tu l'as.
Ce boulot de délégué t'intéresse encore ?
Je veux être capable de changer les choses.
J'aurai beaucoup de pouvoir ?
- Autant que tu peux gérer. - Je veux tout.
Alors, c'est fait.
C'est du sérieux.
Une équipe de durs, on ne veut pas de fainéants.
Je ne suis pas fainéant.
Très bien.
L'homme de main ! Il est où, cet âne ?
L'homme de main !
L'homme de main !
Hé, Smokey, le superviseur veut un homme de main à la peinture.
Une voiture a été bousillée, il veut que tu arranges ça.
- Je m'en occupe. - Merci.
Zeke, ces enculés sont venus chez moi !
Que va-t-il se passer ? J'ai la trouille.
La ferme, putain ! Ne t'inquiète pas, d'accord ?
Ils ne sont pas allés chez toi, ils sont venus chez moi.
Charlie T s'est calmé. Plus besoin d'aller voir les flics.
On va faire comment avec le cahier ?
Jerry...
Je m'en occupe. On en reparle plus tard.
On en fait quoi, maintenant ? C'est ça la question.
Calme-toi. On en reparlera ce soir.
- D'accord ? - À plus.
C'est lui qui va prendre ta place ?
- Zeke va être responsable ? - Je ne veux pas en parler.
C'est comme ça, c'est tout.
Hé, qui a...
Qui a...
Qui a laissé ce monte-charge ici ?
Laissez-moi sortir !
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Zeke ?
Enculés, vous m'avez menti.
Il ne devait rien arriver à Smokey et à Jerry.
Mais de quoi tu parles ?
Je parle de Smokey. Je parle de sa mort !
Nous avons eu des réunions toute la matinée.
Nous avons appris que la mort de James est le résultat de négligence
et de mesures de sécurité inadéquates.
Des conneries ! Vous l'avez tué !
Fais attention à qui tu traites de tueur, Zeke.
Vous appelez ça comment ?
Je vais te donner une petite leçon, fiston, tu ferais mieux d'écouter.
Quand j'avais ton âge, il n'y avait pas de Noirs dans les usines de voitures.
- Pas de Noirs... - Eddie...
Les Noirs ont eu du boulot car des gars comme moi savaient quand l'ouvrir,
et quand fermer les yeux.
J'aurais pu parler à Smokey et tout arranger si j'en avais eu la chance !
Vous n'aviez pas besoin de le tuer !
Arrête, Zeke, réveille-toi, tu veux ?
Tu crois que les choses changent comment, par ici ?
Pas avec des martyrs qui croient à des chimères !
Il ne t'arrivera rien, Zeke.
Tu croyais qu'être agent syndical, c'était facile.
Maintenant, tu sais que c'est dur et que c'est brutal.
Je croyais que tu avais du cran.
Voilà le "K" et le génie d'ébène a gagné une autre partie de Scrabble.
Minute, J. J. "Snerk", ce n'est pas un mot.
- Mais si. C'est une puce féroce. - Jamais vu un chien à snerks.
Michael, ça ne va pas sur les chiens. Les snerks viennent d'Afrique...
Tu peux baisser, ma chérie ? Papa essaie de travailler.
- Tu l'as inventé. - Hé, regardez !
Arlene, viens ici une minute.
- Il mérite de se reposer. - Je suis bonne, papa ?
Splendide, mon trésor. Vraiment.
- Ma puce, va t'exercer dans ta chambre. - D'accord.
Je croyais que tu allais à Manistee voir ta mère.
C'était à l'automne. On n'y est pas allés. Tu as changé d'avis.
J'ai réfléchi. Tu devrais y aller. Emmène les enfants.
Qu'est-ce que tu racontes ? Ils vont à l'école.
Je veux que tu quittes la ville avec les enfants.
Vous prendrez le bus demain matin.
Que se passe-t-il ?
Du grabuge au syndicat. Tu ne devrais pas rester.
Ça a un rapport avec la mort de Smokey James ?
Écoute, on sait tous les deux que Smokey a été assassiné.
C'était pas un putain d'accident comme le prétend l'usine.
Qu'est-ce qu'on va faire ?
Rien.
Rien ne va aider Smokey, maintenant.
Notre pote s'est fait tuer, Zeke.
Il faut dénoncer le syndicat, comme tu disais.
- Ce n'est pas si simple. - Comment ça ?
On ne peut pas dénoncer le syndicat sans aller en prison nous aussi.
On peut peut-être s'arranger avec le type du FBI.
C'est quoi son nom, déjà ? Burrows.
Et comment on restera en vie ?
- Et le cahier ? - Les choses sont devenues compliquées.
- Ce n'est plus si simple. - Tu n'as plus le cahier ?
Il va y avoir des gros changements dans le syndicat.
Je vais reprendre le poste de Clarence Hill.
Je serai le nouveau délégué syndical.
Bon sang.
Tu le leur as donné.
Dennis, ne reste pas au milieu de la rue.
On s'amuse, papa.
Je m'en branle. Reste pas au milieu.
Ce n'était pas illégal, de toute façon.
Enfin, illégal, si, mais pas dans le sens qu'on connaît.
Une grosse affaire. Le syndicat prête du fric à des gens à Vegas et à New York.
Ils font payer des intérêts élevés. Il ne faut pas rater une échéance.
C'est comme ça que ça marche.
Connard, tu crois que ces salauds vont te laisser changer quelque chose ?
Ils t'ont acheté avec une promotion.
Non, c'est ce qu'ils s'imaginent.
Ils ont acheté un bâton de dynamite. Je vais faire des étincelles.
Et Smokey, alors ?
Miller le Tas de Merde sera viré pour sa négligence.
Ça ne changera rien !
Putain, tu rigoles ou quoi ? Tout ça, c'est pour de vrai.
Ça serait mieux si j'allais en taule
ou si ma famille se faisait tuer ?
Pour Smokey qui est déjà mort ? Rien ne va le ressusciter.
Je resterai libre. Je changerai peut-être les choses.
Jerry, avec ce poste d'agent syndical,
j'ai une massue dans les mains.
Tu es mon ami, Jerry, mais tu penses comme un Blanc.
Ça veut dire quoi, cette connerie ?
Que tu as plus de chances que moi.
Tu auras toujours plus de chances. J'en ai une et je vais la tenter.
Je suis Black. La police ne me protègera pas.
Six mois après tout ça, je me retrouverai là où j'ai commencé,
habitant dans un ghetto, nageant dans les dettes,
me demandant quelle nuit ils vont venir tuer les enfants, Caroline et moi.
Si je dois faire le lèche-cul, je vais choisir le cul.
Et ça sera pas celui de la police, ils me chieront dessus.
Smokey était Blanc ?
Tu ne piges rien, pas vrai ?
Tu me prends pour un fou ? Tu veux te venger ? T'as un flingue ?
Va chercher les tueurs, moi, je risque pas.
Écoute, au moins, comme ça, au sein du syndicat,
je peux peut-être changer les choses.
Tu parles !
Tu rigoles ou quoi ?
Le syndicat récupère le cahier, tu chopes un boulot pépère.
Ouais, t'as la chance de changer les choses.
Et moi, j'ai quoi ? Et ma famille, Zeke ?
Ta famille est plus importante que la mienne ?
Jerry, je ferais tout au monde
pour protéger mes gamins et ma femme.
Maintenant, tu dois t'occuper de ta propre famille.
Tu es un travailleur. Moi aussi.
Travaillons ensemble. Il faut un nouveau chef d'équipe pour remplacer Miller.
Je peux t'avoir le boulot.
Je me fais baiser.
C'est tout ce que je sais.
Réfléchis-y, vieux.
- Salut, Bartowski. - Salut.
Ça va être le bordel.
J'imagine que tu le sais.
La police de Detroit ne sait pas garder un secret. C'est une ville industrielle.
Pourquoi ne pas m'avoir appelé avant ? J'aurais pu empêcher tout ça.
Je n'avais rien à voir avec ça.
Tu peux nous aider à coincer le syndicat. Il s'agit de meurtre.
Je n'ai rien à vendre.
J'ai volé un cahier, entendu des choses, vu un accident du travail.
Deux gars peuvent me soutenir. Un mort et un délégué.
Dis-nous tout ce que tu sais. On reconstituera le tout.
- Ça m'apportera quoi ? - Une peine avec sursis.
Comment je protège ma famille ?
Tu n'as pas le choix. Je suis ton seul ami.
Le seul à pouvoir vous protéger, toi et ta famille.
J'irai peut-être au Canada. Ça ne peut pas être pire.
Ils te retrouveront, où que tu ailles.
- Je me débrouillerai tout seul. - Ah bon, vraiment ?
Admets que tu es tout seul,
et que tes amis ne vont pas t'aider, maintenant.
Je ne t'aiderai pas. Je les laisserai me tuer avant d'être indic.
Ah oui ? Tu te fous de moi ?
Je dédie ce verre à tous les alcoolos de chez General Motors.
Un bourbon, Jo.
Comment Zeke est-il devenu délégué ?
Oui, ils nous tiennent, maintenant.
Il en profite bien, ça, c'est sûr.
Allô ?
J'aimerais passer un coup de fil interurbain en PCV.
Le numéro est le 616-582-3976.
- Merci. De la part de qui ? - Jerry Bartowski.
Allô ?
Vous avez un appel de Jerry Bartowski. Vous l'acceptez ?
Oui.
- Arlene, c'est moi. - Baisse ça, Debby. Comment ça va ?
- Et toi ? - Ça va.
- Rien de bizarre ? - Comme quoi ?
Des représentants ou des gars qui traînent dans le coin ?
- Non. - Où sont les enfants ?
- Ils sont ici. - Ne les laisse pas sortir seuls.
Qu'est-ce qui ne va pas, Jerry ?
- Je crois qu'ils me suivent. - Qui ?
Je suis le seul qui reste à savoir ce qui s'est passé.
Le cahier, les prêts, la mort de Smokey, comment Zeke a eu son boulot.
Tout ira bien quand je serai mort.
- Où es-tu, là ? - Au bar. J'ai peur de rentrer.
Appelle la police tout de suite.
Je ne suis pas courageux. Je ne peux pas me battre contre tous.
Tu peux avoir un boulot comme Zeke ?
Oui, mais je leur fais pas confiance.
Si tu ne dis rien, ils te laisseront tranquille, non ?
Je ne vois pas comment.
TUNNEL VERS LE CANADA
- Pas un geste ! - Ne tirez pas.
Sortez de la voiture !
Je veux avouer un cambriolage.
On va d'abord vous lire vos droits.
J'aimerais parler à un gars du FBI qui s'appelle John Burrows.
C'est au sujet d'un meurtre.
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Vérifiez la puissance du boîtier de direction.
Ces lignes doivent être coupées.
Il faut des attaches, là.
Faites avancer la chaîne. C'est pas un spectacle !
Il n'y a vraiment rien à voir.
Hé, quel homme !
Ce connard va tout déballer.
- Ce salaud. - Zeke arrive.
Dis-leur que je vais arrêter ça en ville.
Espèce d'ordure.
J'aimerais pas être à ta place, dans tes petits souliers blancs.
Ton casier a finalement été réparé.
Personne ne vous a dit d'arrêter de travailler.
Tu le verras au tribunal.
Non, c'est bon. J'aimerais parler au nouveau délégué.
Oui, laissez-le me dire comment il aime les travailleurs.
Tout ce qui t'intéresse, c'est ton cul de Polaque.
Tu m'as doublé, mon frère. Tu as essayé de me faire descendre.
Je suis pas ton frère, enculé ! Tu ferais tout pour éviter la taule !
Même trahir tes amis.
C'est pas moi, le traître, c'est toi !
Ah ouais, sale con de Blanc ?
Tu ne t'occupes que de toi. C'est ton style, petit Blanc bidon.
T'es rien, sale nègre.
Tes parents ont intérêt à te protéger, va falloir te planquer !
- Putain de nègre ! - Sale enculé !
Tuez-le !
Ils montent les vieux contre les jeunes, les Noirs contre les Blancs.
Tout pour nous garder à notre place.
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