All language subtitles for Non.a.l.argent.2019.VOF.1080p.PAPR.WEB-DL.H.264.AAC.2.0-Caren

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Original subtitles

le rôti au four ? Oui, ça fait trois fois que tu me le demandes. Ok, super.

C'est pas vrai, on est au tarif max à la crèche, c'est dingue ça.

Ah non, ce qui est dingue, c'est surtout de trouver une place en crèche. Non mais

qu'est-ce que tu m'énerves, on va toujours lever à la moitié plein, je te

dis qu'on est au tarif max.

Ça veut dire qu'on est riche. Non, non, non.

Riche, c'est quand t'es pas obligé de servir à tes invités des biscuits

bourrés d'huile de palme.

Non, non, non, riche, c'est quand t'es pas obligé de te mettre à quatre pâtes

au supermarché pour essayer de choper toutes les promos qui me foutent bien en

bas des rayons.

Mais ça, c'est un classique dans le commerce. Mais au théâtre, c'est l

'inverse. Les riches en bas, les pauvres en haut.

Non, en fait, riche, c'est quand tu fais ni tes courses, ni tes gosses.

Et que tu payes quelqu'un qui est ravi de le faire pour toi.

Ne touche pas.

Excuse-moi, j'ai pas bien vu.

Dis-donc, ce soir, tu nous la joues « In the moon for love ». Je sais, mais c'est

hyper pratique pour allaiter.

Ah bon ? On peut voir ?

Eh bien, tu n'as qu'à enlever les boutons du haut.

Et voilà.

Ah oui, d'accord. Non seulement c'est pratique, mais c'est super sexy.

Premier compliment en deux mois.

Ça se fait, ça, non ? Oui, ça se fait.

Eh,

on a le temps. On a cinq minutes.

On va enfin mettre nos graines de riz dans le temps bon. Ça, t'es tenté.

Il ne dort pas.

Pas tout le temps, non ? On n'a jamais le temps.

Ta mère, déjà ? Je ne sais pas.

Oui, oui, chérie, j'arrive, j'arrive.

Oui, oui, j'arrive, maman, j'arrive, j'arrive.

Bonjour, maman.

reposer un lapin.

Encore ? Ben oui, tu sais, je suis sur ce site de rencontre à la mode.

Je me demande s'ils devraient pas plutôt m'inscrire dans une agence matrimoniale

à l'ancienne.

C'est payant, mais à mon avis, tu as moins de rendez-vous foireux.

Qu'est-ce que t'en penses ? Écoute, je sais pas, maman.

Ça me gêne de parler de ça avec toi. Je veux juste avoir ton avis. Tu sais, j'en

ai marre.

J'ai l'impression d'attirer que des pervers.

La plupart, ils veulent juste tirer un coup et après aller revoir madame.

L'autre jour, j'avais rendez-vous au bar d'un hôtel. Le bonhomme était déjà dans

la chambre.

Il m'attendait peinard à poil sur le plus bas.

S'il te plaît, maman, arrête, stop.

Ça va, t'as quel âge ? Non, mais c'est pas la question. Je suis ton fils.

Parle-en à tes copines.

Ça va, si je peux plus rien te dire.

Tu sais pas ce que c'est que d'être seul, toi.

Avec qui je pourrais manger ce midi ? Avec moi, tiens.

Et ce soir, je vais me réinviter.

J'adore ma compagnie, je ne m'en lasse pas.

Maman, arrête ton cinéma.

Je sais pas, moi.

Sors, balade-toi, laisse faire la vie.

Laisse faire la vie, oui. À mon âge, quand tu travailles plus, t'as plus

beaucoup l'occasion de rencontrer grand monde, à part ton médecin traitant.

Non, mais je sais pas, moi.

T'as pas des soirées ? Oh bah si, chez mon fils.

Et bien voilà ! T'as invité quelqu'un ? Ouais, Etienne.

Ah bah d'accord.

Quoi, qu'est-ce qu'il y a ? Il risque pas de me sauter dessus ton pote. Et

pourquoi ? Il est homosexuel.

Maman, c'est pas parce que tu l'as jamais vu avec une femme qu'il est

homosexuel.

Tu l'as déjà vu avec une femme toi ? Bah écoute, pas récemment non.

Bonsoir !

Bonsoir Claire, alors comment ça va le petit ? Bon d'accord.

Dis donc Claire, à ton avis, Étienne est non sexuel, non ? Ah ben faudrait lui

demander. Mais non, attendez. Ah ben tiens, elle me voit là.

Eh, bonne idée, on va lui demander.

Non mais non. Si, si, si, si, ça va tout de suite le mettre à l'aise.

Salut Étienne.

Salut, salut.

Dis-moi Etienne, je peux te poser une question ? Quoi ? Ça va ?

Non, ça va pas. Qu'est-ce qu'il y a ? A ton avis, qui lève les essuie-glaces

sans nettoyer le pare-brise ? Une contractuelle. Non, une connasse de

contractuelle. Qui me colle un PV pendant que je me garde.

Tu dis, je peux au moins filer mon créneau avant de prendre un ticket ? Et

là, elle me dit, ça commence à bien faire, tout le monde me sort la même

excuse, il faut bien que je verbalise au bout d'un moment.

Non mais je sais pas si vous réalisez bien le rabissage de sa connerie. Enfin

bref, tiens.

Comme c'était dans ta rue, cadeau.

En plus, je reviens de la mairie. La réunion s'éternise. Ils sont 12 000 à

donner leur avis.

Et une fois de plus, on se retrouve au coude à coude avec ce con de Ravel.

Quoi, pour les maisons de retraite ? Ah oui, oui. Non, mais t'inquiète pas.

Tant qu'on n'a pas décroché ce contrat, je vois pas bien comment je vais pouvoir

te sortir un salaire. Mais, confiance, ne t'inquiète pas.

Mais oui, t'inquiète pas. Je viens quand même d'être augmentée de 7,25 euros, s

'il te plaît.

Alors, on est sauvés.

Donne-moi ta veste.

Tu reviens de Chine ? Eh bien, j'aimerais bien.

N'empêche que Salah vient vraiment de Pékin.

Oh, il a fait fort, ton pote. Le premier été, il me demande en mariage sur la

grande muraille de Chine. La classe.

Mais après, on n'a plus jamais quitté Limoges.

De quoi tu te plains ? Tu as quand même une collection d'assiettes en personnel.

Tu n'es pas heureux de la Limoges ? Tu as voulu voir Limoges ? Eh bien, tu as

vu Limoges.

Je suis transparent.

Pardon, pardon, pardon, Rose, je manquais de tous mes devoirs, je ne vous

ai même pas embrassé.

Vous êtes très en beauté. Merci.

Comment allez-vous ? Très bien.

Enfin, ça irait mieux si j'avais les coordonnées de l'homme de ma vie.

L'homme de ta vie ? Et papa ? Il est mort depuis 30 ans, mon fils.

Ça fait long, hein ? Bon, et ton dernier rendez-vous, qu'est-ce que ça a donné ?

Encore un obsédé ? Non, il est carrément pas venu.

Enfin, peut-être qu'il est venu et qu'il s'est barré en voyant la marchandise.

Non, mais arrête, t'es splendide.

Non, au contraire. Moi, je pense que tu les impressionnes. Ça, c'est gentil,

mais franchement, c'est du mal à te croire.

Enfin, j'ai tout essayé, moi-même.

Le speed dating.

Le speed dating ? Ça se fait encore, ça ? N'empêche que c'est mieux que

mythique. Au moins, tu peux parler avec chaque personne pendant 7 minutes.

D'accord.

Ouais, 7 minutes.

C'est vrai qu'en 7 minutes, t'as bien le temps de savoir à qui t'as affaire.

Parce que vous êtes sur une étude, vous aussi, tiens.

Oui, oui, ça m'arrive.

Et quel genre de personne vous cherchez à rencontrer ? J'ai pas de critères

précis, je suis assez ouvert.

Je vois par exemple la dernière personne que j'ai rencontrée, on est parti sur

une relation saine, et puis d'un commun accord.

Après trois jours, je crois, oui.

Claude a préféré tout arrêter.

Oh, ben moi, c'est pas mieux. Je ne rencontre que des hommes de l'âge de mon

fils, dont un très, très bien organisé, lui. Alors, il est coché des petites

cases, là, au lieu de me regarder.

Il m'a dit, donne-moi cinq bonnes raisons pour vivre à tes côtés. Alors, j

'ai bafouillé. J'en ai trouvé que trois.

Mais en fait, ce qu'il voulait, c'est quand un vous...

Vous lui rangez sa chambre. En deux, vous lui laviez son linge. Et puis en

trois, vous lui fassiez une bonne petite pipe.

Etienne, qu'est-ce que tu bois ? C'est bon, je suis servi.

Maman, qu'est-ce que je te sers ? Un baby.

Un petit.

Un baby, quoi.

Chéri, qu'est-ce que tu bois ? Euh, ben, jus de fruits.

Bon, mais un petit, hein. Oui, enfin, un petit baby jus de fruits. Voilà.

Regarde ça, l'autre chacal qui continue à aligner tout le monde, elle a que ça à

foutre, hein. Regarde là.

On ne trinque pas, en fait.

Pardon, excusez-moi, pardon.

Allez, à nous.

À nous ? Et qu'est-ce qu'on fête ? Eh bien, nous, tout simplement.

Eh bien, à nous.

Bien,

alors, si je vous ai réunis ce soir, c'est parce qu'il m'est arrivé un truc.

Un truc ? Quel truc ? Eh bien, non,

je ne peux pas.

Excusez-moi, je ne peux pas vous le dire cash comme ça parce que j'ai peur qu

'après... En fait, je ne sais pas si ça va vous plaire. Moi, je pense que oui,

mais bon, je vais faire autrement. On va jouer aux devinettes, d'accord ? Mais

avant, je vais vous demander d'ouvrir votre esprit, de penser le monde

différemment, d'être moins terre à terre, enfin, d'essayer de... Mais qu

'est-ce que tu fais ? Je me resserre un verre, ça m'aide à m'ouvrir les chakras.

Attends, Etienne. J'ai soif, Richard.

Non, mais sérieusement, je voudrais vraiment que vous arriviez à quitter vos

réflexes primaires.

Parce que le truc qui m'est arrivé, c'est pas simple. Enfin si, le truc en

question, c'est simple.

Mais c'est ma décision qui sera peut-être plus compliquée à comprendre

pour vous dans un premier temps.

Toujours, on tâchera.

Ok, bon alors pour faire court, il m'est arrivé un truc totalement inattendu,

hyper violent à gérer.

Et au lieu de vous en parler, je me suis renfermé sur moi-même par peur de vos

réactions. Mais de quoi tu parles ? Qu'est-ce qui t'est arrivé, mon amour ?

J'y viens. Tu sais que tu peux tout me dire à moi.

Oui, je sais, maman. Je ne voulais pas vous en parler avant d'avoir pris une

décision seule en mon âme et conscience.

Maintenant que je suis sûr d'avoir fait le bon choix, je me sens beaucoup mieux.

Voilà, libéré.

Bon, à mon avis, vous ne devinerez jamais.

Ben vas-y, allez, crache ton morceau, Richard, c'est bon. Ok, devinette.

C'est un truc qui fait partie de l'inconscient collectif. Un truc génial

dont tout le monde rêve, mais en fait, un truc pourri.

Un truc génial, mais en fait qui est pourri. Ouais, un truc monstrueux,

dévastateur. Quoi ? Tu veux divorcer ? Mais non, arrête, je t'aime.

Alors tu veux m'épouser ? Non, non, non.

C'est comme un traquenard.

Un traquenard ? Une prise d'otage ? Ouais, tu y es presque.

Oh ! T'as tué quelqu'un sans faire exprès ! Non, non, non ! Comme dans ce

film de Hitchcock, là ! Attendez, c'est pas fini ! Avec cet acteur que j'adore,

comment il s'appelle ? J'ai sur vous la langue, là ! Si, mais si ! C'est des

étudiants, ils invitent leur professeur, ils ont planté un cadavre sur la table !

On a tous vu ce film ! Etienne ! Oh ! Il n'y a pas de cadavre sur la table, j'ai

tué personne, enfin ! Ben, c'est dommage ! C'est pas grave à ce point ! Enfin, si

! Ça aurait pu, justement ! Mais heureusement que j'ai pris deux mois

pour y réfléchir, parce que cet événement...

aurait vraiment pu bouleverser nos vies.

Bouleverser nos vies ? Ah ouais, moi j'attends que ça d'être bouleversé.

Toi aussi.

Oui, mais pas moi.

Oh non, pas moi.

Non mais c'est vrai, je suis un homme comblé.

J'ai une femme magnifique, que j'aime depuis bientôt dix ans, qui m'a fait un

beau bébé, en pleine santé.

Et sans prendre un gramme. C'est vrai, sans prendre un gramme.

J'ai une mère adorable, truffée de qualité, qui m'a élevé seul, mais quand

même. en inculquant les vraies valeurs de la vie.

Le sens du partage, de l'amitié, de la fraternité.

Sans prendre un gramme.

Quoi, Étienne, viens là, toi. Mon patron, mon patron et mon ami, ne bouge

pas. Toi, tu m'as toujours soutenu, toujours.

Même si mes projets d'architecte sont souvent controversés, tu m'as jamais

laissé tomber. C'est vrai. Jamais.

Jamais. Et sans prendre...

Un gramme.

Si tu veux, si tu veux.

Allez, vas-y, chérie, on t'écoute, là.

Oui, oui, oui, oui, oui, oui.

En fait, là, j'y vais mollo parce que je ne suis pas sûr que vous soyez prêts.

Enfin, je comprendrai, c'est normal, on est humains.

Donc, j'hésite. Bon, il y a un repas, un moment, là.

On écoute Martin Luther King jusqu'à 3h du mat.

Bon, vous savez tous que pour garder un lien avec mon père, que j'ai très peu

connu, Je joue au loto depuis des années, ses numéros favoris, à savoir sa

date de mariage. Maman ? 1,

7, 10, 9, 6, 8.

C'est exactement ça.

Et il se trouve qu'il y a deux mois, t'as gagné.

Oui, mais...

C'est pas vrai, t'as gagné ? T'as gagné combien ? T'as gagné combien ? Beaucoup.

Mais beaucoup combien ? C'est pas ça que je veux vous dire, j'ai pas fini.

Ne le dis pas.

S'il ne le dit pas, c'est que ça doit être énorme. Non, non, non.

Ecoutez-moi, j'ai refusé cet argent.

T'es con ! Non, non, si, si, j'ai refusé cet argent.

En fait, la vérité, c'est que j'ai pris la décision de ne pas aller chercher cet

argent quand j'ai réalisé que j'avais tout ce qu'il me fallait, c'est-à-dire

vous.

Non, mais c'est vrai, vous.

Vous m'avez donné la force de résister à des rêves bidons, des rêves de

pacotille, des rêves qui ne sont pas les miens. Alors ce soir, je voulais vous

remercier du fond du cœur, car sans vous j'aurais certainement craqué. Alors

merci chérie, merci maman, merci Étienne, car vous m'avez donné la force

de résister à des dizaines de millions. Alors pour ça, merci.

Il y a de quoi faire de l'asthme ! T'es coupé, Richard ! Qu'est-ce qu'il faut

faire pour faire ça ? D'attention, ça c'est un inhalateur.

On va aller chercher un verre d'eau. Oui, d'accord.

Tenez ! Osez,

osez, osez ! Tiens, tiens, tiens ! Respire, maman, respire !

Ça va mieux ? Ça va mieux, maman ? À chaque fois que tu me fais peur...

Mais alors qu'est-ce qu'on fait exactement, je comprends pas bien.

Non mais t'as gagné combien ? Dis-le nous à la fin.

Ben, pas mal.

Trop justement.

Non mais comment ça trop ? Comment on peut gagner trop d'argent ? Ah ça ? C

'est quand même pas toi le connard qui le cherche depuis deux mois.

Le mec qui n'a pas été chercher ses 162 millions d'euros, c

'est toi ? Eh bien oui, c'est moi.

Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux ? Qu'est-ce qu'on attend pour faire la

fête ? La vie est belle.

Bon, écoutez, faites pas cette aide d'enterrement, je suis pas mort.

Ça devrait pas tarder.

Non mais attendez, moi si j'ai pas pris cet argent, c'est parce que je vous

aime.

Mais oui, on est tellement bien ensemble, on en a pas besoin de ce fric.

Je comprends parfaitement vos réactions.

Et d'ailleurs, je vous avais prévenu.

T'as pas été chercher 162 millions parce que tu nous aimes ? C'est une blague.

Dis-moi, c'est une blague.

Non, mais essayez d'oublier le montant.

Oubliez le montant.

Non, mais je veux dire, maman, faut pas se focaliser sur le chiffre. On s'en

fout du chiffre. Le chiffre, on s'en fout, je rêve. Non, mais 162... Arrête

de le répéter, alors, c'est insoutenable.

Ça va, c'est bon, j'ai compris, vous êtes en colère. Non, Richard, on n'est

pas en colère.

On a juste envie de te tuer, tu saisis la nuance.

Mais c'est parce que vous restez bloqués, là.

Bon, je me mets parfaitement à votre place.

Vous êtes encore sous le choc de la nouvelle, vous avez du mal à... Oui,

excuse-nous, on a un petit peu de mal à... Comme tu dis, ça va, tu nous en

veux pas trop ? Mais pas du tout ! Non, mais vous allez

voir, ça ira mieux demain.

Si, si, ça va faire son chemin, comme moi, calmement.

Faut peut-être pas trop nous en demander, là, Richard.

Si vous y réfléchissez deux minutes, 162 millions d'euros, c'est totalement

ridicule.

Bah oui, on va pas s'acheter pour 162 millions de maisons de Rolex, de

tablettes de chocolat. Attendez, oh, cet argent, c'est de la monnaie de singe.

De la monnaie de quoi ? Oui, maman.

De la monnaie de singe.

Non, mais attendez, attendez. Moi, au début, j'étais comme vous. J'étais fou

de joie, ouais.

En plus, c'était le week-end.

Claire venait d'accoucher.

Donc, je ne pouvais pas le retirer tout de suite, cet argent. Alors, je me suis

dit, en attendant, est-ce que je leur balance l'info bêtement, genre, « Hey, j

'ai gagné au loto. Wow, c'est génial. Je suis le roi du pain d'épices. » Mais

non, c'est pas original.

Donc je me suis mis à réfléchir à une manière démente de vous l'annoncer. Par

exemple, que je débarquerai chez toi un moment, en jet privé, ouais, et après qu

'on ferait la fête.

Et après, ben, on se reposera un petit peu parce que faire la fête, c'est

fatigant.

Et après, ben, on re-refraît la fête. Ben oui, parce qu'il faut le dépenser le

pognon.

Et après, on re-refraît la fête.

Ça va être ça notre vie ? Faire la fête en fête ? Nanana...

Donc j'ai retourné tout ça dans ma tête.

Et puis tout d'un coup, je me suis senti mal.

J'avais les pieds gelés, des palpitations. C'était horrible.

Non, franchement, je ne souhaite à personne.

Rien que le fait de savoir que je pouvais tout m'acheter, ça m'a écœuré.

Je n'avais plus envie de rien, moi.

Tu n'avais plus envie de rien parce que tu avais les pieds gelés ? Mais ça ne va

pas bien, Richard, non ? Tu te rends compte de tout ce qu'on aurait pu faire

avec ce blé ? Tu aurais pu tout changer, tout. Tu aurais pu faire n'importe quoi.

Nous envoyer sur la Lune.

T'aurais pu payer mes contraventions pendant 50 ans ! T'aurais pu adopter 35

hostes ! T'aurais même pu racheter les galeries Lafayette ! Et pourquoi pas la

Tour Eiffel ? Ben oui, pourquoi pas ! Et puis tiens, la Tour Eiffel, on l'aurait

déplacée à Limoges ! On l'aurait déplacée à Limoges, au Bahamas ! Ben

oui, tranquille ! Et là-bas, qu'est-ce qu'on ferait au Bahamas ? On passerait

nos soirées à Jomonopoly ! Avec des vrais billets, bien sûr ! Ensuite, on

achèterait des hôtels, et puis des casinos ! Et puis on amasserait le

pognon, et on se la péterait, parce que ça va avec, bien sûr ! Et encore mieux !

On parlerait à tout le monde comme à des merdes. Ah c'est bon ça, ouais.

Ils seraient tous là à s'écraser platement comme des hypocrites. Pourquoi

? Parce qu'aujourd'hui l'argent te donne tous les droits. C'est ça le problème.

L'argent n'a jamais été créé pour écraser les autres.

Jamais. Parce que l'argent... Mais qu'est-ce que c'est que ces conneries ?

T'es contre l'argent, c'est ça ? Tu ne me laisses pas m'expliquer.

Si, mais t'es pas très clair.

Je te parle de l'argent, de l'origine de l'argent.

Au départ, l'argent a été créé pour faciliter les échanges. Point barre.

Aujourd'hui, on en est où ?

Les gens sont pris à tout pour de l'argent, surtout au pire.

C'est devenu une fin, alors c'était un moyen.

Résultat, les pauvres travaillent plus pour que les riches gagnent beaucoup

plus. Voilà la vérité.

T'es devenu communiste.

Mais non maman, je ne suis pas communiste. Attends, je ne suis pas

contre l'argent. Moi aussi j'aime bien l'argent. Alors il est où le problème ?

Le problème il est que... Assieds-toi.

Assieds-toi.

Le problème, il est que je suis contre l'argent comme unique valeur.

Comme unique valeur, ouais.

Mais de quoi tu parles ? L'argent ne fait pas le bonheur, c'est bien connu.

Mais il y contribue.

Codard ! Alors pas du tout, Étienne, pas du tout. L'argent, ça rend fou, ça rend

agressif. Comme toi, là.

Ça fout en l'air les relations humaines.

Ah bah tiens, la preuve. La preuve. Il y a cinq minutes, vous étiez parfaitement

heureux. Et depuis que vous êtes au courant, vous vous mettez dans tous vos

états. Dans tous nos états. Je crois que tu ne m'as jamais vu dans tous mes

états. Mais je peux te montrer si tu y tiens.

Oui, parce que pour des gens qui viennent de perdre 162 millions, moi je

trouve qu'on est relativement calme.

Estime-toi heureux d'être encore en vie.

Il y en a qui meurent, pour moins que ça.

C'est dingue ça. Moi je...

Moi, je pensais vous faire plaisir.

Non.

Oh, ben, tu nous fais plaisir.

Il nous fait plaisir.

C'est fou ce que tu nous fais plaisir.

Enfin, un petit peu moins que si t'avais gagné au loto et que t'avais pris l

'argent. Enfin, Étienne.

C'est quoi le loto ? Vas-y, dis-moi, c'est quoi ? Si, réponds. C'est quoi ? J

'ai plus envie. Réponds, là.

Je vais te dire, moi. Un hochet en or qu'on agite sur le nez des gens.

Eh bien, pardon.

Moi, j'en veux pas de ce hochet.

J'ai pas envie d'être la libide dont on se sert pour que tout le monde accepte

en souriant sa vie merdique.

Alors, non au système.

Non, à l'argent extorqué aux pauvres.

Eh, alors tiens, là, question, dis-moi, question.

Qui joue au loto ? Allez, dis-moi, qui joue au loto ? Les riches peut-être ? Eh

bien non, les pauvres en majorité, oui, des millions de pauvres qui s

'appauvrissent chaque semaine de plus en plus pour qu'un seul d'entre eux

devienne ridiculement riche.

Enfin, vous ne captez pas la perversité du système, là ? Alors

oui, oui, oui, j'estime avoir fait un sacrifice fondateur.

Pour aller ensemble faire une société plus juste.

C'est quoi la phrase là ? Une société plus

juste.

Mais quel ramassis de conneries, mais t'as quel âge ? On dirait un pré-ado qui

fait grève sans même savoir au monde quel décret il s'est jeté court.

Mais regarde-toi là, regarde-toi là, tu t'auto-glorifies.

Et pour nous faire passer la pilule...

Tu voudrais me faire croire que c'est une décision engagée ? Mais depuis quand

la société te préoccupe à ce point, Robin et moi ? Depuis que j'ai gagné en

loto, figure-toi. Ben oui, ça m'a ouvert les yeux. Ah oui, t'espères quoi,

devenir un héros parce que t'aurais été le premier à dire non au gros lot ? Tu

te prends pour le messie ? Tu veux un nom de rue en récompense ? Tu veux ta

gueule dans le journal de 20 heures ? Tu veux qu'on descende tous dans la rue en

disant « Je suis Richard, je suis Richard », c'est ça que tu veux, hein ?

Du « Je suis Richard ». Mieux.

Mieux, il veut qu'on lui remette le prix Nobel de la paix.

Depuis le temps qu'on attendait qu'un mec refuse son pognon, enfin le voilà,

il est là.

Mais quel courage ! C'est pas ça le courage, mon pote.

Tout le monde s'en tape, que t'ailles pas chercher ton pognon, la terre

continuera de tourner, ça changera rien.

Tant pis pour toi, pour ta femme chérie, ta mère adorée et ton soi

-disant meilleur ami.

C'est pour toi que je l'ai fait, Etienne.

Oui, pour toi.

Pour ma femme, pour ma mère et aussi pour mon gosse.

Je l'ai fait pour vous protéger.

Pour nous protéger ? Oui. Mais de quoi ? De devenir riche ? Non, de devenir

dingue.

Eh ben, mais que tu pleures.

C'est pas de sa faute. Il ne faut rien.

On va laisser pleurer.

C'est bien alors.

C'est bien alors.

à une société plus juste, mort aux riches, abats l'argent, et vive la

loose ! Bien dit, Étienne ! Abats l'argent

! Abats ce vil argent-là, ce sale argent qui nous aurait probablement pourri la

vie. Mais tu sais qu'on l'a échappé belle, hein ? Mais alors on est passé,

mais alors... Mais à ça d'être riche ! Quelle angoisse !

Merci, Richard.

Ah oui, merci, Richard. Eh, tu nous as sortis d'un sacré pétrin, chérie.

Non, mais quand je pense à tous ces millions qu'on aurait pu dépenser

bêtement... Mais oui, mais on est tellement cons.

Et si peu dignes de confiance.

Mais Richard est là.

Richard Coeur de Lion est là.

Il veille.

Tu sais qu'il n'y a pas un rôle facile, en plus.

À l'image des grands hommes, enfin ceux qui ont marqué l'histoire, bien

évidemment. Mais oui, comme tous ces présidents, ces hommes de poigne qui

prennent des décisions radicales. Et bien souvent, le péquenaud de base ne

comprend pas.

Effectivement. Mais c'est pour le bien de l'ensemble de la nation. Mais oui, c

'est ça.

Faut pas penser à des visualistes.

Faut penser bien de l'humanité toute entière. Et heureusement, Richard, il

nous a ramenés dans le droit chemin.

Et c'est ça, mais ça, Richard Desbois.

Ouais, ça va, là ? Allez, au droit chemin.

Ça va, là ? Non, ça va pas ! Non.

Ça va pas.

T'es le plus grand malade que j'ai jamais rencontré.

Faut te faire interner, mon beau vieux.

Hé, l'interner, t'es bien gentille.

Ça ne nous aurait pas rendu plus heureux, c'est ça que vous voulez pas

comprendre.

Donc là, c'est mort ? C'est trop tard ? Trop tard quoi ? Le ticket.

Qu'est-ce que tu as fait du ticket ? Je ne sais pas.

Je ne sais pas, je ne sais plus.

Je ne sais pas, je l'ai jeté. Où ? Où ça, bordel ? De toute façon, ça n'a plus

d'importance. Le délai est dépassé, ça fait plus de deux mois, on s'en fout.

Attends, attends, attends.

Moi, il y a quand même quelque chose qui m'échappe.

Pardonne mon côté terre à terre, mais j'ai quand même envie de te poser la

question.

Pourquoi tu jouais à la base ?

Je

ne comprends pas ta question.

Pourtant, tu me connais.

La preuve que non. Arrête. Je pensais bêtement qu'un type qui joue au loto

toutes les semaines depuis 20 ans...

Mais la fois où il gagne, il ne serait pas assez con pour se vanter d'avoir

jeté le ticket.

Mais moi, je n'ai jamais joué pour gagner.

Ah d'accord.

Je jouais pour me rapprocher de mon père.

Eh bien oui, pour la beauté du geste, la beauté du lien.

Parce que moi, être riche, ça ne m'a jamais fait triper. Ça, jamais. Mais j

'avoue, j'avoue, j'ai failli retourner ma veste.

J'étais à ça quand tu dis.

Parce que c'est facile d'avoir des principes tant que tu ne gagnes pas.

Mais quand tu gagnes, il faut tenir.

Il faut avoir le courage de dire non.

Et j'ai dit non.

Ok.

Ok, d'accord, il est con cet officiel.

Qu'est-ce qu'on fait ? On appelle la française des jeux, on dit qu'il a

paniqué. Attends, attends, j'ai pas paniqué.

Au contraire.

Etienne, tu parles à ses morts. Si le délai est dépassé, c'est foutu.

Ils n'ont pas fini de se marrer à la française des jeux.

Quand on leur expliquera que Richard a délibérément choisi de renoncer à son

gain pour aller ensemble vers une société plus juste.

Putain, j'y crois pas.

Mais comment t'as fait pour me cacher un truc pareil ? T'as pas eu l'idée de m'en

parler avant ?

On vit ensemble quand même, non ? Claire, je te l'ai dit tout à l'heure.

Quand c'est arrivé, tu venais d'accoucher. J'ai eu peur que ça te

bouleverse trop.

Je te sentais épanouie depuis que t'en tout voulais, cet enfant.

Ça n'a rien à voir.

L'un n'empêche pas l'autre.

Et depuis quand tu décides à ma place ? De mes envies, de mes besoins ? Je

décide pas à ta place. Toi-même, après l'accouchement, tu m'as dit...

Enfin, je suis heureuse. Ouais, j'adore ma vie. Bon travail.

Mais on dit n'importe quoi quand on vient d'accoucher.

T'as tellement mal.

T'es juste content de ne plus avoir de contractions.

Excuse-moi, là, je comprends plus rien.

Pourtant, j'ai jamais eu l'impression que l'argent avait de l'importance. Pour

toi, on n'en parle jamais.

Mais on n'en parle jamais parce qu'on n'en a pas.

Je te croyais passionné par ton travail.

Et alors ? On peut aimer la philo et le caviar.

Ok, d'accord.

Alors ? Bah alors, il a jeté le

ticket.

Ah, bah alors... Et alors, je vous rassure, Rose, apparemment, ça ne nous

aurait pas rendu plus heureux. Ouais. Hein, Richard, c'est ça ? Ouais, c'est

ça, ouais.

Bon, maintenant, tu vas nous dire la vérité. Quoi ? T'as entendu une voix qui

te disait de pas le prendre, c'est ça ? Non, j'ai pas entendu de voix. J'ai

réfléchi tout seul, comme un grand. Comme un con, putain ! Mais il faut pas,

ça, réfléchir tout seul, tu le sais ! T'arrives déjà pas à prendre la décision

de doubler une bagnole sur l'autoroute, donc je vois pas bien comment tout à

coup, t'auras décidé de pas aller chercher... Laisse-moi, laisse-moi,

laisse-moi !

quelque chose d'un petit peu intéressant à me raconter et une décision capitale à

prendre et tu m'appelles pas ? Maman, je ne t'ai pas appelé parce que je sais

très bien ce que tu m'aurais dit si je t'avais parlé de mes doutes.

Prends l'argent, mon chéri, on réfléchira après.

Évidemment ! Oh, mais non, pardon, non, non, plutôt j'aurais dit le

contraire. Parce qu'il suffit que je dise verre d'eau pour qu'ils choisissent

verre pomme.

Je t'aurais dit de ne pas le prendre, et comme ça, tu l'aurais pris.

Justement, maman, c'est ça le piège. Parce qu'une fois qu'on a pris l'argent,

on ne peut plus réfléchir. Eh oui, on devient immédiatement débile. Mais qu

'est-ce que tu en sais, puisque tu n'as pas pris l'argent ? Eh bien, je me suis

renseigné. Qu'est-ce que tu crois ? Oh, il s'est renseigné. Oui, parfaitement.

Vas-y, marque-toi, toi. Oui, je me suis renseigné. Attendez.

Eh, vous voulez voir la gueule d'anciens vainqueurs ? Ah, ils sont tous en

dépression. Oui, parfaitement.

Fâchés avec leurs gosses, leurs amis, leur famille.

Il y en a même un qu'on a retrouvé avec une aiguille dans le bras, là.

Evidemment que ça fait peur.

C'est quand même pas ce que vous souhaitez, non ? Parce qu'ils en font

pas la pub, la Française des Jeux.

Moi, devenir une grosse patate de salon qui bouffe des chips toute la journée

devant sa piscine, très peu pour moi.

Il y a beaucoup de gagnants qui vont très bien.

Et qui ont fait plein de bonnes actions.

Tiens, toi, je sais pas, au hasard, t'aurais pu faire creuser des puits dans

toute l'Afrique.

Ou t'aurais pu faire des dons à des dizaines d'associations. Oui, d'accord,

et au hasard, j'ai de qui, je sais pas, moi, alors, les SDF, les cancéreux, les

migrants... Ben oui, oui, ben... Non, non, non, jamais j'aurais pu aider tout

le monde.

Mais tout le monde, nous ! Mais nous, au moins, nous.

Et puis t'es architecte, t'aurais pu vivre de ta passion, bordel. Enfin,

Étienne, je vis déjà de ma passion. Ah ouais ?

vachement ! Ah ben ouais, vachement ! Parce que si on décroche le contrat des

maisons de retraite sur la région, et y'a aucune raison que ça foire, on sera

les rois du pétrole. Tu réalises que t'aurais pu faire construire la maison

de tes rêves ? Ouais.

Et puis dans un mois, j'en aurais voulu une plus grande, une plus haute. Pas

forcément. Mais si forcément, Étienne, si forcément ! Parce qu'on croit tous qu

'on est différents, qu'on sera plus forts que les autres.

Mais la vérité, c'est quoi la vérité ? C'est que tous ces millionnaires, là,

ils deviennent tarés, avec des envies stupides ! Mais attends, mais c'est

évident, dès qu'il y a trop de pognon, ça explose là-dedans !

Bah tiens, c'est comme tous ces footballeurs, dès qu'ils croulent sous

les millions pour certains, après ils ont plus aucun sens des valeurs. Et en

plus moi, si j'avais croulé sous les millions, j'aurais été le premier à

devenir un connard.

Ah bah c'est sûr que toi t'as fait mieux.

Toi t'as décidé de devenir un connard mais sans toucher les millions.

Fier de quoi, maman ? Fier de quoi ? J'ai inventé le vaccin contre le sida,

non ? J'ai coché des numéros sur une grille, excuse-moi. Il n'y a aucun

mérite là-dedans, c'est que de la chance.

C'est merveilleux, la chance, ça change tout.

Mais justement, hé, comprenez-moi, comprenez-moi. Moi, je ne veux pas que

ça change. Je veux que tout reste comme c'est.

Oh, le petit chéri, il veut que tout reste comme c'est.

Il faut dire, il est comme un coq en pâte, là.

On est tous là depuis des années à le surprotéger.

A vous entendre, j'aurais mieux fait de me taire, moi.

Et tout serait resté comme avant.

Maintenant on est tous là à s'engueuler comme des cons, c'est ridicule quoi. Ah

non, non, non, non, ce qui est ridicule, c'est de s'engueuler dans un HLM au lieu

de s'engueuler dans un château, ça c'est ridicule.

Oui c'est moi, pardon, excusez-moi.

Tiens Richard, regarde qui c'est, hein ? La mairie ! Quittez pas une seconde s'il

vous plaît.

J'espère pour toi que c'est une bonne nouvelle.

Je vais téléphoner sur le palier pour pas déranger le petit.

Oui, oui, je ne vous entends pas mais je vous écoute, oui.

Eh ben, ton père doit se retourner dans sa tombe.

Je pense que c'est avec ces numéros que t'as gagné.

Eh ben, c'était pas ton argent ! C'était celui de ton père ! Ah ! Ah !

Mais crois-moi que lui, il serait allé te chercher, hein ! Et il se serait

pillé les meilleurs médecins, voilà ! Il serait pas mort trop jeune dans un hosto

pourri à Cayenne à cause de toi ! À cause de moi ? À cause de toi ! Mais

enfin, maman, arrête ! C'est le comble, ça ! Enfin, oh ! Vous en connaissez

beaucoup, vous, des gagnants qui, par amour, refusent de toucher l'organe ? Ah

ben non, ça, on est vernis !

Moi, j'ai fait tout ça parce que je vous aime. Je vous l'ai dit, je vous aime.

Maman, je t'aime. Mais qu'est-ce que tu veux que ça me fasse ?

Tu crois que ça remplit les

journées ? Mon fils m'aime, ça me fait une belle jambe.

Et j'ai voulu répéter à la caissière, vous savez quoi ? Mon fils m'aime.

Ça ne fait pas baisser le prix des courses.

Une formule magique, arrête. Vraiment, là, tu m'énerves.

Oh là, il n'y a pas de la vodka ? Arrête, tu ne vas pas boire. Arrête,

maman. Arrête. Mais pose ça, s'il te plaît.

Arrête, s'il te plaît. Maman, pose ça.

Maman ! Mais

comment tu as pu décider de nous

priver de tout comme ça ?

De priver ton enfant d'une vie de rêve.

Comment t'as pu être aussi égoïste ? Pardon ? Moi égoïste ?

Attends, attends, attends, je peux pas te laisser dire ça, c'est tout le

contraire. Oui, au contraire, moi je pensais que tu serais fière de moi.

Fière de toi ? Ben oui ! T'aurais préféré quoi ? Que je devienne un gros

beauf qui flambe ses millions au casino et qui se barre avec une pute ou un top

modèle ? Un top modèle, mais regarde-toi !

Toi, Richard Carré est top modèle, sérieux.

Ok.

Donc, je résume, si j'ai bien compris.

Tout ce qu'on sait faire, tout ce qu'on a dans le cœur, tout ce qu'on est, ça

vaut que dalle.

La seule valeur pour toi, c'est le compte en banque.

Excuse-moi, mais là, c'est pathétique. Oui, c'est pathétique, parce que moi,

moi... J'ai pris une décision qui peut faire bouger les mentalités.

Mais je savais pas que j'avais épousé Gandhi.

Tu nages en pleine utopie, mon pauvre chéri.

Wow, c'est toi qui dis ça ? Viens.

Ah ouais, viens, viens, dis-donc.

Elle est loin, la prof de philo.

Elle est loin, la prof de philo ? Mais pour qui tu te prends, monsieur l

'architecte au grand cœur ? Qui peut se permettre de dire non à l'argent, lui ?

Pendant que Beauborne ramène un salaire fixe.

Ah oui, mais ça fait toujours bien de balancer. Ma femme est prof de philo,

elle adore son métier.

Mais qu'est-ce que t'en sais ? Qui te dit que je voulais pas être astronaute ?

Chercheuse ? Ou comédienne ? Ah oui, mais c'est sûr que quand on regarde

jamais les contes, y'a pas de problème.

Mais pour assumer, t'es haut et t'es bas, mon petit chéri. Le train de train,

la vie de merde, le bébé.

Mais c'est moi qui vais bosser.

Et en souriant.

Parce qu'on a de la chance, on a tellement de vacances. C'est l'éducation

nationale ! Quel choix d'aller faire du camping trois fois par an ! Un résultat

j'ai le dos cassé à 35 ans à cause de tes grandes conneries de camping sauvage

en montagne en plus ! Alors j'ai toujours préféré la mer !

Mais

moi aussi je préfère la mer !

La montagne, c'était pour te faire plaisir.

Me faire plaisir ? Ne me dis pas que ça fait 10 ans qu'on va à la montagne l'été

alors qu'on préfère tous les deux la mer. Non, excuse-moi, c'est toi.

C'est toi qui m'a toujours fascinée avec mon père adorer la montagne l'été. Si tu

ne me coupais pas la parole en permanence, tu connaîtrais la fin de ma

phrase.

Mon père adorait la montagne l'été, mais moi je rêvais secrètement d'aller à la

mer.

Et tu veux me faire croire qu'en 10 ans,

Putain de fraise !

Mais

je

pourrai jamais te pardonner ! Mais comment t'as fait pour cracher avec

autant d'insouciance sur une somme pareille ? Il tombe sur la lampe d

'Aladin, il râle !

Tu m'as pas reconnu ? Je m'appelle Jésus.

Ah non, mais moi je préfère changer le monde, faire évoluer les mentalités,

revenir au troc, tout ça.

Ouais, bah tiens, tiens, le troc, j'aime bien, c'est une bonne idée ça le troc.

Je prends, excuse-moi deux secondes, petite parenthèse.

Tu penses qu'il y a 3 millions d'années, Lucie, tu sais, la première femme, est

arrivée sur Terre avec 15 euros en poche pour faire ses courses ? Un monde sans

argent, pourquoi pas ? Un monde sans argent, mais quelle idée

révolutionnaire.

Et on fait comment le dimanche au marché ?

Une petite pipe contre une botte de radis ?

Le

bébé, qu'est-ce qu'il a là ? Je sais pas, il va peut-être s'étouffer, il va

peut-être... Eh ben, il attendra ! On voit ce que ça donne plus tard de céder

aux moindres caprices.

Il a peut-être tout la faim, là.

Moi, tu préfères prendre deux mois pour réfléchir.

Pour finalement ne pas y aller.

Ça veut dire quoi, ça ? On voit ce que ça donne plus...

que si t'avais pas autant couvé ton fils, ça n'en serait pas là.

Ah oui,

parce que tu le couves pas, toi, peut-être. Moi, c'est différent, je suis

sa femme.

Et toi, dès que son père est mort, tu l'as pourri d'argent de poche.

Il avait à peine le temps de désirer quelque chose qu'il l'avait déjà.

Voilà pourquoi elle a l'impression que l'argent lui tombe du ciel.

Ah non, mais faut pas chercher.

Tu lui en as mis plein. les poches.

Mais c'est n'importe quoi.

Excuse-moi, mais 50 francs d'argent de poche par semaine à 10 ans, moi je

trouve ça légèrement exagéré.

Bon, ok.

Si mon con de fils n'est pas allé chercher son fric, c'est peut-être pas

entièrement de ma faute. Si, c'est ta faute.

Pardonne-moi ça.

Tiens, l'an dernier, pour son anniversaire, il rêvait d'avoir des

Weston.

Tu t'es précipité pour les liaufriers.

Mais sultan, moi j'avais l'air d'une conne avec mon coffret Francis Cabrel.

Ah ça oui alors !

J

'ai encore le droit d'offrir les cadeaux que je veux à mon fils.

Ouais mais faut toujours que tu rafles la mise.

Que tu sois la vedette.

Tu prends toujours les plus gros cadeaux de la liste et tu nous laisses que les

trucs pourris.

Tiens, si je veux lui faire une surprise et l'emmener au resto le midi.

Ah, mais je peux être sûre que maman l'a fait la veille.

Mais non, mais vas-y, vas-y, prends ma place.

De toute façon, mon rôti n'aura jamais le goût du rôti de sa mère. Ça ne suffit

pas ? Non, ça me suffit. Bah non, parce que tu lui as mis une crabe peint

dessus, je te rappelle, alors qu'il rêvait de se marier avec la petite

voisine. Quoi, quoi, quoi ? Attends, c'est quoi cette histoire ? J'ai jamais

rêvé de me marier avec la petite voisine.

Ça va, j'ai rêvé, t'as rêvé, on s'en fout.

Arrête de dire des bêtises, s'il te plaît.

Mais parce qu'il t'aimait pas tant que ça au début, il me l'a dit.

mais ça c'est peut-être parce que tu l'avais jamais vu heureux

mais il était très heureux avant de te connaître très heureux et la

preuve avec quel chiffre il jouait au loto avec la date de ton mariage peut

-être et bah non avec la date du mariage de sa maman

Moi, je suis pop, si, hein, mais quand même, c'est lourd de sang.

Merci pour la thérapie, Rose. Tu m'enverras la facture.

Mais bien sûr, vas-y, moque-toi, mais moque-toi, tu verras le jour de te

débrouiller. Arrête, arrête.

Arrête.

Arrête. Arrête. Arrête.

Arrête.

Maman, qu'est-ce que tu fais ? Eh bien, je suis le conseil de ton épouse. Je

pars vivre ma vie. Oui, il était temps. J'ai failli passer à côté, dis-donc.

Eh, Claire ! Allô, Rose ! Tu peux nous garder le petit...

Allô, là ! Va falloir oublier, hein, oui.

Oh, mais je sens que ma vie va devenir très...

Et là, je vais m'inflataxer parce que je reste pas... Le rôti, le rôti.

T'as tout le temps du rôti.

Aïe, aïe, aïe, aïe, aïe, aïe. Il prend ce fou. Qu'est-ce qu'il y a ? Qu'est-ce

qu'il y a ? Pourquoi t'as pas pris le gant ? Mais je sais

pas.

Mais je sais pas. Je sais pas ce qu'on a dans la famille ce soir. On prend pas de

gants.

On prend pas d'argent.

On aime, ça nous suffit.

Bon, écoute, assieds-toi.

Assieds-toi, tu bouges plus. Moi, je recule du biberon de petit, t'as trop

bu, là. Ok, tu te calmes.

Merci, c'est gentil.

Perso, je me demande s'il voudrait pas mieux l'étouffer maintenant.

Plutôt qu'il apprenne un jour qu'il a failli être millionnaire.

Bref, ça suffit maintenant.

Oui, oui, oui.

Oui.

Ah, bon, je pense. C'est bon, j'ai pas réveillé le petit.

Bon.

Alors, c'est pas nous.

Ah bon ? Ils ont trouvé ton projet magnifique, mais un peu trop cher.

Un peu trop utopique.

Utopique ? C'est sûr que des maisons de retraite sur Piloti, c'était risqué.

Des maisons de retraite sur Piloti ?

C'est une plaisanterie. Non, non, non, je t'en avais parlé. Non, non, non, je

pensais que tu déconnais, c'est n'importe quoi. Mais non, c'est pas n

'importe quoi. Mais toi, Étienne, t'as soutenu un projet pareil.

J'ai soutenu, j'ai soutenu.

Parfois, les projets les plus dingues sont les plus remarqués.

Je dois avouer qu'avec les pilotis, on s'est bien foirés.

Ah non, non, non, Étienne, on s'est pas foirés, non, non.

Les maisons sur pilotis, c'est la solution idéale face au réchauffement

climatique.

La fonte des glaces, ça t'inquiète pas, toi ? La fonte des glaces ? À Limoges ?

Pas trop.

Bon excusez moi monsieur dame d'être visionnaire mais aux dernières nouvelles

la banquise se meurt et visiblement tout le monde s'en fout là

Je vais la ranger.

Vous avez tort.

En Suède, ça marche très bien, les maisons sans pilotis.

Tout le monde s'extasie devant la maison 34 de Prouvé, la maison Cascade de

Wright. Et quand en 2019, on te met sous le nez la maison sans pilotis de Carré,

c'est utopique. Enfin, Étienne, c'est n'importe quoi, c'est à se flinguer, non

? Je sais pas, dis quelque chose.

Je bois.

Excuse-moi, on vit en Suède ? Alors, pour l'instant, tu t'appelles Richard

Carré. Alors arrête de te prendre pour le corbusier ou je ne sais qui.

Et adapte-toi à la demande.

Quand est-ce que tu vas atterrir, Richard ? Quand est-ce que tu vas te

décider à vivre dans la vraie vie ? À t'arrêter de rêver, bordel ? Hé, oh, oh,

c'est mon métier de rêver et de faire rêver. Non, je te demande juste de t

'adapter un minimum.

Dire vendre des maisons de retraite à la con pour une fois.

Alors oui, oui, oui, ton concurrent a peut-être été moins original, mais il a

de quoi bouffer, lui, au moins.

Ah, ça c'est sûr que cet abruti de ravel a de quoi bouffer pendant un moment,

hein. Vu le contrat qu'il vient de nous rafler, on parle de chiffres, non ?

Pourquoi

les

vieux ne pourraient pas finir leurs jours dans des endroits de rêve ?

Pourquoi ? Moi, j'en ai marre de ce système du rêvon prudent, du rêvon

réaliste, du rêvon sagement.

Tes projets ne sont jamais retenus, Richard.

Alors faudrait peut-être commencer à te remettre en question, voire de remettre

en question le monde.

Dire la qualité d'un architecte, c'est aussi de s'adapter à la réalité du

marché.

J'ai pas raison, Etienne ? C'est pas faux.

Ah ouais ? C'est pas faux ? Construire des blocs de béton, tu cautionnes ça,

toi ?

Je rêve là, c'est n'importe quoi. Claire, tu refuses l'inspection

académique depuis 15 ans, tu notes tes élèves de terminale avec des codes

couleurs comme en maternelle, et moi tu me demandes de m'adapter.

Mais ça m'empêche pas de ramener un salaire, moi.

Avec ce que t'as gagné, t'aurais pu en construire 5000 des maisons sur pilotis.

Oui, mais moi j'ai envie d'être choisi, j'ai pas envie d'acheter ma place.

Pardon Etienne, pardon, excuse-moi, ça m'a échappé, pardon.

Oui, vous avez raison tous les deux, je suis une grosse merde, je suis un

mauvais, je suis un loser.

Et puis toi Etienne, t'aurais dû choisir Ravel, parce que lui au moins, il s

'adapte. Je ne suis que d'architecte génial, mais incompris.

Incompris, c'est clair.

Ouais, c'est sûr.

Génial, ça reste à prouver.

Merci.

On n'arrivera pas à le plaindre aujourd'hui, Richard, à la rarette.

Ah oui, pourquoi ? Pourquoi ? Parce que j'ai gagné en loto.

Alors je n'ai que le droit d'être connement heureux et de fermer ma gueule

? Voilà.

Bon ben moi je vais vous laisser.

Comment ça tu nous laisses, Étienne ? Enfin, on n'a même pas dîné là.

J'ai plus très faim là, tu vois.

Ah oui d'accord, ok, ben salut Étienne.

Je pensais qu'on allait passer une belle soirée moi.

Ok, c'est bon. Va rejoindre Ravel. Oui, va le rejoindre. T'inquiète, je

comprendrai.

Tu te rends compte du nombre d'établissements qu'on aurait pu mettre

en chantier avec tes putains de millions ? Du nombre d'écoles, de crèches, d

'hôpitaux, de maisons de retraite qu'on aurait pu construire dans la région ?

Mais non.

Monsieur va être choisi.

Mais je t'ai choisi, moi, bordel. Tu réalises ça ?

Tu vois pas comment je galère avec le cabinet ? Mais je fais prêt sur prêt

pour qu'on puisse garder la tête hors de l'eau.

Mais un patron, c'est un patron, ça n'a jamais de problème, c'est bien connu.

Richard, j'ai hypothéqué ma baraque pour sauver la boîte.

Ah bon ? Oh bon.

Mais qu'est-ce que tu crois ? Sous prétexte qu'on a du pognon, on est

obligé de tout flamber, c'est ça que tu crois ? L'argent, ça peut nous aider à

entreprendre, à construire, à faire des belles choses.

Ça peut même nous sauver la vie.

Tu sais pourquoi je suis seul ? Parce que j'ai pas le temps.

Parce que ça me prend la tête tout ça. Parce que je dors pas, je suis angoissé.

Je suis seul parce que j'ai pas une thune pour vivre un truc correct avec

une nana.

Commencer par l'inviter au resto.

J'ai plus une thune, je suis raide.

Mais pourquoi ? Tu m'en as jamais parlé.

Mais parce que je voulais pas que ça te perturbe, que ça t'empêche d'avoir des

idées géniales.

Par amour, comme tu dis.

J'ai toujours cru en toi, moi.

Tes parcs suspendus pour enfants, tes terrasses renversées, tes maisons

surpilotées. J'y ai toujours cru, toujours.

J'ai tout fait pour que tu gardes un esprit libre, détaché de tout problème

bassement matériel.

Moi qui croyais avoir misé sur le bon cheval, mais je me suis planté, mais je

me suis tellement planté. Mais dire que t'as tout eu entre les mains pour tout

changer, me renvoyer l'ascenseur.

Tu me déçois tellement, Richard.

Etienne, je suis désolé.

Je pensais pas que tu le prendrais comme ça. Ah ouais ? Tu pensais quoi ? Que je

sauterais en l'air ? Que je t'applaudirais ? Ben non, pas du tout.

Et en plus, je pensais pas que cette soirée deviendrait un tel drame.

Enfin... Plein d'argent n'est pas mortel.

Tout à fait.

Ah ben tout à fait. C'est ce que je dis tous les jours à mon banquier quand je

rentre dans la succursale.

Ben plein d'argent n'est pas mortel ! Je sais pas demain si je le croise.

Je lui dirais que Richard m'aime.

Peut-être que comme ça, il me baissera le coup de mes agios.

Je me tire, je suis assez lu, c'est bon.

Ah, ben là, vous portez aussi, tiens. Oui, je crois qu'il est temps. Mais si

vous voulez, je vous dépose parce que ma limousine est en bas.

Vous nous tirez, c'est impossible d'avoir un taxi.

Non, mais attendez, non, mais restez, quoi.

Moi, j'ai acheté un rôti.

Oh, ben ton rôti, mon chéri, tu sais où tu peux te le mettre.

Très, très original, hein, le concept de la soirée. Nom à l'argent, moi, j'adore.

Oh, tiens, tu devrais écrire un livre.

Après, indignez-vous, t'auras l'argent.

Mais méfie-toi quand même, si jamais ça marche, tu risques de te faire du

pognon. Oh non, pas de pognon, je ne veux pas de pognon.

Dieu nous préserve du pognon.

Allez, voléros, je vous invite au resto.

Mais au resto du cœur.

Richard, c'est quoi ce ticket du 27 juin sur le frigo, là ? C'est pas le ticket

gagnant ? Quoi ?

Le ticket gagnant ? Si, si, c'est le... Si, c'est le ticket gagnant.

Attends, je comprends pas.

Je pensais l'avoir jeté, excuse-moi, mais je... Tu veux dire que ça fait deux

mois que j'ai 162 millions de colères au frigo ? Tu vas finir en tranche dans le

congélo ? Attends, excuse-moi, chérie, je sais pas comment... Y'a plus, chérie

! Tu ne me parles pas, tu ne me touches pas, tu ne me regardes pas !

Je suis désolé, je ne sais pas ce qu'il s'est passé.

Qu'est-ce que je peux faire pour... Balance-toi par la fenêtre.

Oh putain, j'y crois pas.

Je me retrouve entre un con de four, un con de mari et un frigo millionnaire.

Regarde ce que j'en fais de ta porcelaine.

il n'y a plus de yaourt

Non mais chérie, chérie, t'énerve pas.

On est le combien là aujourd'hui ? 25 août. Pourquoi ?

27 juin, 25 août, ça fait pas 60 jours.

Donc c'est encore bon. Non mais c'est mort. Mais y'a rien de mort du tout, c

'est deux mois qu'on l'a pour se présenter. Donc je te dis que c'est bon.

Arrête. C'est bon. Arrête-moi ça, c'est pas bon.

Oui c'est bon.

C'est la musique d'attendre pourrir.

Oui. Oui.

Mais bon sang, madame.

Alors, ne quittez pas.

Moi, je suis la maman.

Mais la maman du gagnant.

C'est lui qui a gagné le gros lot, là, le 27 juin.

Eh ben ça, oui.

Ah, c'est des nains !

Moi j'étais beaucoup trop loin.

On dit des mots parfois dans le contexte et puis après on regrette.

Parce que moi je suis très très contente que vous soyez ensemble.

Et bon, j'ai tendance à trop le gâter, ça c'est vrai.

Mais c'est normal, t'es sa mère.

En plus, c'est moi, je ne sais pas ce que j'ai.

Depuis l'accouchement, on ne peut rien me dire sans que je monte sur mes grands

chevaux. Mais quelque part, Richard

a raison.

L'argent, ça pourrit tout.

Mais regardez depuis tout à l'heure.

On se prend la tête alors qu'on s'adore.

Mais ce qu'on a vécu jusqu'ici, ça vaut quand même plus que 162 millions.

Mais beaucoup plus.

L'amour, c'est au-delà de tout.

Et l'amour, ça n'a pas de prix.

Évidemment, mais on s'en fout complètement de ce fric.

En tout cas, moi, je m'en fous carrément. Moi aussi, alors.

Moi aussi.

Tu en as toujours fait 100, alors on peut continuer à tenir 100.

Mais bien sûr qu'on peut tenir.

D'autant qu'il ne reste plus très longtemps à tenir.

Ça va être

simple, ça va pas être simple.

Attendez, moi je suis prête à tout.

162 millions, je revends ma mère, mon gosse.

Non mais attention, faut pas le brusquer.

Je le connais, c'est un bélier. Alors quand il se braque sur un truc, il en

démorda. Allez, allez, allez, tu me redis comme ça, il est buté, il est

buté.

Je sais, je sais, je sais, je sais. On détend l'atmosphère.

Qu'il puisse se réapproprier l'événement.

Là, il a trop l'impression que ça lui échappe, c'est ça qui lui plaît pas.

Je crois qu'il a l'impression qu'on lui force la main.

On n'a qu'à faire comme si on s'en foutait.

D'ailleurs, dans le fond, on s'en fout.

Carrément.

De toute façon, le

billet n'est pas nominatif.

Il n'y a pas son nom dessus.

Il n'y a pas son nom.

Non, mais il y a ma date de mariage.

Avec son père ! Ah là là ! Mais qu'est-ce qu'il a pu me gaver avec son

père ! Or, cet abruti d'alcoolique ! Il a collé enceinte à 16 ans !

Sans parler des trois quarts de sa paye qui passaient direct à la Française des

Jeux ! Alors, entre ce qu'il jouait et ce qu'il buvait, il ne restait pas grand

-chose, c'est moi qui peux le dire ! Mais je ne savais pas ça ! Et tu en as

déjà parlé à Richard ? Bien sûr que non !

Son père, il a un tel mythe pour lui.

Enfin, tu sais bien, Richard, il a toujours été incapable de regarder la

réalité en face.

Il a toujours raconté à ses copains qu'avant, quand on vivait en Guyane avec

son père, j'étais chef dans une grande école de cuisine.

Tu parles, je servais les gamins le midi dans une école maternelle.

Ici, quoi !

Mais c'est à dire ma mère, dame de cantine. Tu parles, il n'y est jamais

arrivé.

Je viens de comprendre.

C'est pour ça qu'on n'a jamais goûté vos fameux petits plats.

Bien sûr, moi je ne cuisine pas mieux que Claire.

Il est fier. Il faut toujours qu'il enjolisse tout, en permanence.

Allez, écoutez, l'image est... C'est New York, c'est... Bon, je ne comprends pas

pourquoi il fait tant d'histoires avec ses 162 millions.

Parce que, franchement, 162 millions, t'enlèves les impôts, les dons aux

petits frères des pauvres, les dons aux handicapés, les épreuves, la maison de

campagne. La maison de campagne ne nous tira jamais parce que la campagne n'est

rien de plus chiant. Faut arrêter avec le bonheur.

162 millions, c'est tchada.

Les grandes barraques, là, ça fait rêver tout le monde. Mais bonjour, l

'entretien. Les grandes barraques, c'est que des emmerdes, tout ça. Tu montes, tu

descends, tu montes, tu descends.

Ben, quand c'est de plein pied... Ben, tu

rentres, tu sors, tu rentres, tu sors.

Alors, c'est vrai, on a été un petit peu durs avec lui.

Il faut dire qu'il nous a poussé à bout aussi.

Mais c'est totalement de sa faute.

Non.

Mais bon.

Non,

ce qu'il faudrait, c'est le faire changer d'avis. C'est ça.

Qu'il aille chercher ce fric. C'est ça.

Mais oui, mais avant minuit.

Pour le faire réagir.

Voir.

le bousculer.

Et s'il reste bloqué, il pourrait peut-être glisser.

Ceux qui tuent pour 20 euros, c'est des cons.

Alors qu'à partir de 100, 150 millions, là, d'accord !

Mais bon, on va pas le tuer, on n'est pas des monstres ! Mais

il s'est gêné !

tuer son frère son

frère qu'est le frère son frère jumeau

il l'a étoffé mais entendu

parler d'un frère jumeau j'attendais des jumeaux richard après toute la

est morné.

Oui, peut-être pas fait exprès, quand même.

Ça,

on n'en sait rien ! Et en attendant, il est mort, le petit frère.

Alors, est-ce qu'il aurait partagé ses gains avec son frère ? Mais non,

vous l'êtes tout seul, un peinard, comme un...

Et dire que je suis passé pour un guignol auprès du maire et de ses

adjoints à refourguer les maisons sur Piloti à des retraités limougeaux pour

un mec qui a tué son frère ! Il m'a ridiculisé.

J'ai plus aucun crédit dans la région à cause de lui.

Il a toujours eu le cycle pour se tirer de toutes les situations et foutre les

autres dans la merde.

Et moi, tu crois qu'il se laverait la nuit pour nourrir son gars ? Attends,

mais je trime toute la journée. Le soir, je corrige les copies. La nuit,

maintenant, Jalette, pendant que Monsieur joue au loto pour garder un

lien avec son père, alors qu'il a tué son propre frère ! Mais

attention, une fois par an, j'ai quand même le droit à un bouquet de fleurs

toutes pourries à deux balles de chez Lidl.

Mais c'est tard !

T'es encore là, toi ? Je croyais que je t'avais déçu.

Les mots ont dépassé ma pensée, Richard.

Parfois, on est maladroit, on dit un mot pour un autre, et puis... Ça va, laisse

tomber, là.

Je m'en veux, voilà, je m'en veux.

Je crois qu'on s'en veut tous les trois.

On n'a pas réussi à garder notre sang-froid.

On n'a surtout pas réussi à comprendre ta démarche.

On ne comprend pas bien ce qui te gêne, dans le fond, parce que ce n'est pas

comme si tu l'avais volé.

Je pense à quelque chose.

Tu sais que tes vieilles maisons sur les pylories...

Et ben, t'as qu'à les construire dans une autre région.

Les limougeaux, il y en a plein. Mais bien sûr.

En Camargue.

Parce que c'est une idée, mais c'est tellement original.

Tu comprends ? Mais c'est ça. Mais des concerts de Saint-Hibatou, mais les gens

sont frileux. Mais maintenant, tu peux tout faire changer avec... Le

courbusier.

Le corbusier, il est vénéré aujourd'hui. De son vivant, c'est un homme très

controversé. Il a fallu qu'il attende d'avoir 75 ans pour être sacré génie.

Ah ben, tu vois, t'as le temps.

Allez, Richard.

C'est toi qui as raison.

On a besoin de rêveurs.

Vous, vous croyez ? Parce que là, moi, je suis perdu, moi. À cause de vous, je

sais plus où j'en suis, là.

C'est un peu normal.

Ressource-toi, réfléchis, et tu reviens vers nous. Mais non, pas le temps.

C'est un destin individuel exceptionnel pour faire bouger la société.

Mais c'est un geste admirable. Et là-dessus, il n'y a rien à dire.

Maintenant, est-ce que ce geste aura la répercussion que tu espères ? C'est

surtout ça qui m'inquiète.

J'ai peur que tu sois déçu au final. Parce que faire bouger le monde aujourd

'hui, les mentalités, c'est pas simple.

D'accord.

Ok, d'accord. Alors, à la limite, si on donnait tout à des associations... Mais

Richard, mais c'est magnifique ! Cette vie sale ! Les associations, les assos !

Oui, oui, les assos ! Mais on en gardera quand même un petit peu pour nous.

Non, Etienne, c'est pas possible.

Non, non, non. Je nous connais. On serait pas capables de n'en garder même

qu'un petit peu. Moi, je suis capable.

Non, mais laissez tomber.

Laissez tomber.

C'est pas une bonne idée. Si on a bien qui est capable.

On n'en parle plus. S'il vous plaît.

Alors que c'est con, parce que tu aurais pu offrir quelques cours de cuisine à ta

femme.

Bon, quoi, qu'est-ce qu'il y a ? Oh non, il est mort, le rôti.

Ah ben, il est mort, c'est une prénom.

Ben, il reste les patates.

Ouais, soirée foutue, quoi.

Et les radis.

Et l'oseille.

Qu'est-ce qu'il y a comme synonyme pour l'argent ? C'est dingue.

Pour les chaises, il n'y en a pas ? Les chaises, quoi.

Le... Par exemple, le... Ça ne me vient pas. La thune ! Le flouze. La thune.

La caillasse. Et le pognon. La caillasse.

Les picaillons. Les picaillons. Les piques. Les piques.

Les fêtes. Les vidéos de cinéma. Les états. Oui, c'est ça.

Vous avez bien amusé ? Ça va ? Tout le monde s'amuse ? Non mais on te taquine !

Arrêtez

de me taquiner, maintenant c'est plus drôle, ça va, c'est bon là.

Je pensais que vous seriez plus ouvert, mais visiblement vous êtes incapable de

penser à autre chose.

Ça, ça vous travaille toujours ? Ah ben voilà ! Ça, ça vous...

Alors s'il vous plaît, non, s'il vous plaît, laissez-moi tranquille, 5

minutes, j'ai besoin de réfléchir.

Une dernière fois, s'il vous plaît.

Il est quand même 20h58.

C'est pas la question de l'argent. Soit c'est que tu ne m'en ai pas parlé dès le

départ, que tu ne m'as pas fait confiance, tu vois.

Mais qu'est-ce que... Non mais t'as rembassé des... Je ne sais pas, il faut

la remettre.

Tu t'es bloqué par peur de voir les choses changer.

Eh ben moi je suis ta mère, tu es mon fils. Eh ben ça, ça ne peut pas changer

quand même alors.

Et moi c'est pareil, mais j'adore ma vie avec toi, mon travail.

Non mais j'ai parfois l'impression...

Je te laisse jamais la moindre initiative.

C'est ça.

C'est ça.

Attendez, c'est aussi un peu... Attends, chérie, chérie.

C'est aussi un peu de ma faute.

Regarde, il y a du laisser-aller. Ça fait des mois que je regarde plus les

factures. Je me suis trop reposé sur vous tous.

Pour toi, sur la maison.

Et toi, Étienne, dans le travail, n'en parlons pas.

Merci, moi.

Qui a insisté.

Qui a insisté pour t'avoir au cabinet, Richard. Oui, oui, peut-être, mais...

Mais même toi, maman, tu... Excuse-moi, tu étais trop occupée de moi, c'est

vrai.

Même pendant mes études, t'étais toujours derrière moi, c'est vrai.

Et encore aujourd'hui, dès que j'ai un petit souci, à le moment bobo, je...

Bien sûr.

Non, mais j'ai été trop couvé, je le sais bien, mais... Maman, ce que je

voudrais te dire, c'est que... Je sais que tu te sens seul.

Mais moi, j'ai du mal à parler de ça avec toi, j'arrive pas... Non, mais ce

que je voudrais... Ah, madame !

Je vais m'excuser. Non, non, mais non, mais c'est normal.

C'est normal.

C'est normal, c'est normal.

C'est normal, c'est normal. C'est normal, c'est normal. C'est normal, c

'est normal. C'est normal, c'est normal. C'est normal, c'est normal. C'est

normal, c'est normal.

C'est normal, c'est normal.

Ecoutez, laissez-moi parler deux petites secondes. Je fais mon mea culpa.

J'ai quand même tendance à être un peu centré sur moi-même. Non, pas du tout.

Mais absolument pas. Je veux dire, t'es quelqu'un de très ouvert.

T'es généreux. Et c'est peut-être pour ça qu'on a du mal à comprendre ta

décision.

Ça, je le vois bien que vous avez du mal à encaisser.

Je te moque que ça.

Je suis désolé. Viens là, maman.

Je suis désolé.

Viens là, mon pote.

Mais tu sais quoi ? Je préfère ça, moi.

Mais moi aussi, je préfère ça.

Je suis désolé, j'étais maladroit. Excusez-moi, je me suis mal pris. Pas du

tout. Si, si, c'est de ma faute. Excusez-moi.

Regarde, tu vois, j'aime bien quand on est comme ça. On se retrouve, on est une

famille, on est uniques.

Et puis tous les deux, on s'est perdus un peu. On se retrouve. Quand on était

étudiants, on n'avait pas deux balles en poche. Mais qu'est-ce qu'on se marrait ?

On riait tout le temps, on chantait tout le temps.

Et d'ailleurs, pourquoi tu chantes plus ? J'ai un peu moins le temps.

Oui, en archi, on avait un petit groupe, c'était super.

Un petit groupe ? Attends, on était quatre, c'était super.

Moi, j'étais à la guitare, et puis lui, lui, il chantait.

Quoi ? Tu chantais quoi ? Des chansons.

Des chansons françaises, quoi.

Des chansons gays.

Pas seulement, Rose, je chantais aussi des chansons tristes.

Et alors, il y avait un truc que Richard adorait à la fin du spectacle.

Quand ça s'était bien passé, on avait un petit rappel. Il adorait ce moment, il

adorait cette chanson. Ah ouais. Tu te rappelles de la chanson ? Ah ouais, je

me rappelle du rappel de la chanson. Mais je t'écoute. Ben oui.

Ben je te... Oui ? Mec de la Mecque, il y a de la garotte.

Salut Pépita, où est le shérif que je l'assomme ? Belle martise, mais elle

serait une belle baronne.

Mille et mille et mille et mille millions de personnes, joueurs de blues.

On est des joueurs de blues.

On est des joueurs de blues On est des joueurs de blues On est des joueurs de

blues On est des joueurs de blues On est des joueurs de blues On est des joueurs

de blues On est des joueurs de blues On est des joueurs de blues On est des

joueurs de blues On est des joueurs de blues On est des joueurs de blues On est

des joueurs de blues On est des joueurs de blues On est des joueurs de blues On

est des joueurs de blues On

est des joueurs de blues

Pourquoi tu t'arrêtes là ? Qu'est-ce qu'il y a ? J'aime moins les paroles.

Ça va, on rigole comme avant.

Excusez-moi, qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce que vous avez ? Qu'est-ce qu

'il y a là ? C'est de la torture psychologique.

On était ras de laboratoire, c'est ça que tu fais une expérience ? Quoi ?

Expliquez-moi là, je comprends pas, qu'est-ce qui se passe ? À quoi tu joues

Richard ? Tu veux nous rendre dingues, c'est ça l'idée.

Donc là tout est faux là ? On n'est pas en train de s'amuser pour de vrai, c'est

ça que je comprends ? Vous avez fait semblant de détendre l'atmosphère pour

mieux m'endormir ?

Décidément, vous pensez toujours qu'au fric. Bien sûr, toi et Thiel, on est en

train de te dire, c'est bon, je l'ai retourné.

Toi, chérie, évidemment, avec ta robe, t'es déjà en Chine. Et ta maman en

vacances avec un gigolo. Eh,

regardez-moi bien, tous les trois, regardez-moi bien.

J'ai failli, oui, j'ai failli. Maintenant, c'est mort ! T'as raison, c

'est mort.

Parce que si tu vas pas faire valider ce ticket avant minuit... Quoi ? Je demande

le divorce !

Et moi aussi ! Pardon ? Bien entendu, là ?

Vous avez demandé un divorce parce que je n'ai pas 162 millions d'euros sur mon

compte ? Ça va pas la tête, là ? Hé ! Réveillou, merde ! Ben voilà, voilà,

voilà.

Ce que je redoutais est arrivé. Vous avez changé. Vous avez tous changé !

Mais oui, oui, oui, oui, oui, on a changé ! Mais c'est normal ! La vie, c

'est du mouvement. Rien n'est parfait.

Rien n'est immuable. Alors oui !

agressive. La nouvelle claire est arrivée. Non, mais c'est ta réaction qui

est pas normale, pas la nôtre. Non, non, non, non. Tu nous as piégés. Non. Si, tu

nous as piégés. Et maintenant, tu nous fais passer pour des salopards.

Ok, ça va, c'est bon, j'ai compris. Je ne vous suffis plus. Alors, salut.

Alors, non seulement tu nous suffis plus. Ça va, ça va. Mais on n'a plus

envie de voir ta tronche de pervers manipulateur.

Pardon ? Moi, pervers ? Oh, putain.

Je suis le seul mec sincère dans cette pièce. Richard, tais-toi, je ne veux

plus t'entendre.

On sait tout.

On n'a pas de leçon à recevoir d'un mec qui a du sang sur les mains.

C'est quoi l'histoire ? Je ne suis pas au courant. Moi, j'ai du sang sur les

mains. On n'a pas de sang sur les mains. Vas-y, développe. Ce n'est pas le sujet.

T'es l'égoïsme incarné, tu joues les idéalistes, mais tu t'es comporté comme

une merde toute ta vie.

Même pas capable d'offrir un bouquet de fleurs à plus de 20 euros à ta femme.

C'est l'intention qui compte.

Mais arrête avec tes dictons pourris.

Et d'abord, mais avec quel argent t'as acheté ce ticket, on peut savoir ? Avec

le compte commun, j'imagine.

Donc mon salaire ? On est mariés sous le régime de la...

J'exige ma part du gâteau ! La moitié ! 81 millions

!

Donne

! D

'accord.

Je te rembourserai à la moitié du prix du billet.

Et de tous les billets que j'ai achetés depuis 10 ans, si ça te fait plaisir.

Mais je ne validerai pas celui-là, d'accord ? C'est mon billet, c'est mon

lien, mon histoire avec mon père.

D'ailleurs, papa, plus besoin de jouer au loto pour rester connecté avec toi.

Pour rester connecté avec ton...

faire pousser et bien moi je me fais mousser maman je me fais mousser c'est

pour notre bien tous alors je n'irai pas je n'irai pas très

bien mais bon si je vais faire les comptes

malheureux c'est pas le moment c'est exactement le moment alors je te prierai

de me rembourser la scolarité et les années d'archi 25 ans voilà 25 ans de

repas à 8 euros le repas

Arrête maman, c'est ridicule ! Arrête.

Maman. Eh ben dis donc, ça nous fait... 21h32.

Très bien.

Eh ben voilà.

Je te fais grâce du tennis, du judo, du ski, des matances au bord de la mer pour

le bon air.

Parce qu'il a les brosses fragiles ! Ok ! Ok, on arrête tout maintenant, ça

suffit, j'en ai marre. Stop, ça suffit ! C

'est ça que vous voulez ?

C'est ça que tu veux, toi ? C'est ça que tu veux ? Ça va, j'ai compris, j'ai

compris, c'est bon, c'est bon ? Ok, ça va, lâche-moi.

Etienne, qu'est-ce que vous avez fait ?

J'ai serré.

Trop fort ! Il ne

bouge plus du tout, là.

Il est peut-être mort. Oh merde, oh merde, oh merde, oh merde, j'ai tué mon

père.

C'était un accident, un accident.

Oui, un accident, c'est si vite arrivé.

Oui,

surtout quand on est poussé à bout.

Il est mort.

Alors c'est peinant, bien sûr.

Mais ça nous arrange bien.

En même temps, je ne sais pas vous, mais moi, je ne pouvais plus le voir en

peinture.

D'autant qu'ils sont tous morts très jeunes du côté de son père.

et le petit a pas eu le temps de s'attacher.

Et puis il en voulait pas de cet argent, il est mort heureux.

Et son père lui manque tellement, c'est l'occasion de le retrouver.

Et voilà, on dispersera ses cendres en Guyane.

Je vais t'en... organiser des funérailles du tonnerre. Je vais filer 2

millions à téléphone pour qu'ils te chantent argent trop cher.

Mais voilà qui meurt pauvre si c'est sa volonté. Mais c'était sûrement son

destin.

Je propose une minute de silence pour Richard.

Cinquante-quatre.

Si on partage en trois, ça fait cinquante-quatre ! Cinquante-quatre !

Cinquante-quatre millions ! En onze ! On peut avoir un paquet de brochines ! Mais

pour partager, il faut récupérer le ticket ! Oh oui, vite, vite, vite ! Il

est loin, là.

Il y a un mâchoire toute contractée, j'y arrive pas.

Il nous emmerdera jusqu'au bout !

C'est pas un chausse-pied, c'est... Rose

? Oui, ah bah oui, ah bah... Attention ! Quoi ? Déchire pas le

ticket !

Je viens de tomber de la mouche.

Tout m'a chaudé.

C'est le petit qui a qui.

Ça va, ça va, ça va. On peut aller chez vous.

Oh bah merde, il est pas mort.

Le salaud.

Allez, vite, vite, vite, vite, on y va. Non, non, mais reste avec lui, ça va lui

faire plaisir de voir le message.

Non,

non, non, je suis bien avec vous.

Je lui laisse un petit verre d'eau, ça ira très bien.

On est parti chercher ton argent, on revient.

Alors là, je ne sais jamais.

Parti, parti, il faut un S, il ne faut pas un S.

Oh, c'est qui, oh, c'est nous, donc il faut un S. Et bien c'est ce que j

'admets. Voilà, je n'étais pas sûr.

Allez, il faut vraiment peut-être...

C'est maison sur Piloti !

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