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Mais au matin, c'est Philippe plus que Moundir qui est contesté par ses
coéquipiers. En son absence, les langues se délient.
Philippe est insidieux.
Il est fourbe.
Et ça, je ne suis pas seule à le dire.
Et je n'aime pas sa façon d'agir. Philippe, il ne se mouille pas quand
même.
Il dit qu'il est là pour calmer les ardeurs.
Donc quand tout va bien, c'est pour lui. Mais quand ça ne va pas, c'est Tony.
Parce que c'est Tony qui prend quand même plus de décisions.
Philippe reste un peu en retrait quand même. Il y avait une ambiance un peu
tendue toujours avec des groupes qui se créaient, essentiellement deux groupes,
mais qui se créaient un peu comme ça.
Peut-être que c'est lui qui souhaitait ça en fait.
D'ailleurs Philippe, je ne sais pas quand il va arriver, peut-être en fin d
'après-midi.
Philippe qui disait que les blessés ne devaient pas revenir ou les malades, on
va voir s'il revient et dans quel état d'esprit.
De toute façon, Philippe n'aura pas l'occasion de se défendre. Il est hors
de combat, terrassé par une infection sérieuse.
Je suis très déçu.
Je ne pensais pas raisonnablement sortir de l'épreuve pour raison médicale.
Au plus ça allait, au plus j'avançais dans le jeu, au plus je me positionnais
un petit peu comme un leader.
Malgré moi, ce n'est pas moi forcément qui le disait, c'est plus mes collègues
qui me confirmaient dans ce sens-là.
Donc c'est vrai que ça a été une très très très grosse déception.
Philippe est la troisième victime des très dures conditions de vie qui
sévissent ici, dans la province de Bocas del Toro, où la saison sèche est en
retard de près de trois semaines.
Les jaunes n'ont personne à l'infirmerie, mais pourtant, le moral n
'est pas des meilleurs. Et le réveil est difficile.
C'est dur le réveil.
Si il y a un jeu, on arrache le jeu.
J'ai eu besoin de communion avec la forêt, la terre, les animaux, donc je me
sentais bien sur le sable, il y a eu la pluie en plus qui m'a purifié, donc ça
me fait beaucoup beaucoup de bien.
Il est dans son monde, il est dans sa bulle.
Alex, il peut péter les plombs dans le bon sens du terme, nous sortir des
blagues ou des poèmes à la con, et c'est pour ça que je dis qu'il est fou, parce
qu'hier soir il avait besoin de réfléchir, et donc il est venu dormir
tout seul sur la plage.
Quand je commence à m'ennuyer, à tourner un peu en rond comme ça, j'ai peur de
péter un plomb.
Soit je pourrais m'isoler, ce serait peut-être pas très agréable, soit je
vais commencer à courir tout nu sur l'île en poussant des cris.
Je ne sais pas si ce sera ça, mais on verra.
Putain, merde, vous m'avez piqué mon ballon de bain !
Gai et fantasque, Alexandre est un bout en train apprécié de tous.
Il est très immature, il ira faire des idioties d'un enfant de peut-être moins
de 12 ans. La dernière fois, il était entouré d'un drap à 3h du matin,
transformé en Jules César et monté les escaliers marche pas marche.
Créatif plus que commercial, Alexandre s'est joué de son charme un peu décalé.
Ma devise, je dirais que c'est au fond de l'inconnu pour trouver du nouveau.
Comédien dans l'âme, il a aussi les pieds sur terre.
D'abord le diplôme, ensuite la bohème.
Mon père qui me pousse un peu à faire mes études, je ne veux pas non plus le
décevoir. Si je vois que j'ai plutôt envie d'une vie, pas bohème, mais plutôt
moins dans le monde professionnel, je m'orienterais plutôt vers ça. J'ai un
filet de sécurité avec mes diplômes.
Mais depuis quelques jours, Alexandre n'est plus le joyeux luron qu'il était
au début de l'aventure.
Il se laisse aller.
C'est vrai que les 10 premiers jours, c'était un peu la découverte, c'était un
moment exceptionnel.
Mais là, petit à petit, je me rends compte qu'on fait toujours un petit peu
la même chose. C'est ça qui est un peu oppressant.
Je pense que c'est vrai que petit à petit, même sur une île déserte, la
routine s'installe. On prend nos habitudes, quasiment comme la vie au
bureau.
Mais cette déprime a un nom, Candice, la jolie Candice.
Dès le début de l'aventure, une complicité évidente s'est créée entre
les deux plus jeunes membres de la tribu Machiga.
Tous les rapprochent, leur âge, une vingtaine d'années chacun, leurs
occupations, ils sont étudiants tous les deux et aussi, c'est probable, une
certaine attirance physique.
Quoi de plus normal dans ces conditions difficiles que le rapprochement entre
deux séduisants jeunes gens.
Quand on dit, j'ai beaucoup apprécié tout ce qui nous touche, chez elle c
'était un peu, c'était justement ça...
Son côté, sa fragilité, c'est un peu notre pupus.
C'est vrai qu'on aime bien la protéger.
Mais le départ prématuré de Candice sonne le glas de la romance.
Déboussolé, perturbé par cet abandon, Alexandre s'éloigne peu à peu des autres
membres de l'équipe.
Mais la survie est implacable. Les autres le laissent doucement s'enfoncer
dans cette déprime.
Les Rouges, bien sûr, ont du mal à oublier le drame de la veille et le
comportement violent de Moundir est dans tous les esprits.
Quelques heures après la perte de la dernière épreuve d'immunité, il s'en
prend violemment à Linda et Hélène. On sait que t'es venu essayer de gagner 100
000 euros, tu l'as dit.
Tu vas voir ! Tu vas voir ! Moi, pour gagner 100 000 ! Moi, pourriture ! Ses
propos sont inadmissibles, mais les Boron ne le sanctionnent pas.
24 heures plus tard, la tribu est encore sous le choc de cette agression.
Le comportement qu'il a eu hier, violent, on peut dire violent, à la
limite de porter des coups, c'est grave.
Jusqu'à maintenant, on pouvait peut-être le pardonner, parce qu'il n'était pas
tombé dans l'exagération qu'il est tombé.
Aujourd'hui, plus que quiconque, je le condamne.
Quand il est vraiment en colère, je ne sais pas où ça pourrait aller.
Ça porte à réfléchir quand même.
C'est inadmissible, ça reste quand même un jeu.
Sortir de ses gonds comme ça, ce n'est pas tolérable.
Là, il dépasse les limites.
Je pense qu'il en a pris conscience.
On espère tous qu'il va se calmer.
En dépit de déclarations de principe assez dures, les Rouges se sont montrés
clément avec Moundir.
Mais la stratégie de la violence a montré ses limites.
Moundir en est conscient.
Je suis très apaisé.
Ça y est, c'est fini.
Je suis reparti par la petite porte.
Je reprends à zéro.
Je versais des larmes parce que c'est naturel, je crois.
Dans des moments comme ça, il n'y a pas de fierté, il n'y a pas d'enjeu. J'ai
fait peur à des gens.
Je m'en excuse.
On te demande tous, sincèrement, d'essayer de faire en sorte, au moins à
partir de maintenant,
de te dominer plus que tu le fais. Il faut essayer.
Bon, on perd, tu râles, tu t'en veux à mort, mais prends sur toi un petit peu
et calme-toi.
J'ai fait mon autocritique. Je crois que j'ai eu toute une nuit pour réfléchir à
tout ça.
C'est bien.
La question de 100 000 euros, effectivement, pour moi, ça a touché mes
parents, ça a touché mon éducation, ça a touché tous les fondements que j'avais
mis en moi pour être ici.
Les 100 000 euros, si ce sont les bienvenus, je paierai toutes les dettes
de mes parents.
Au moins, ça leur permettrait de
bien dormir.
C'est dur.
C'est pas évident à parler.
Parce que c'est pas des choses où on balance comme ça.
Je suis là pour apprendre.
Ça se reproduira plus.
Ceci dit, on n'est pas à l'abri d'un prochain coup de grisou. On le sait
tous.
Ça dépend comment ça va se passer dans l'avenir.
Moi, j'ai toujours dit que Moon était quelqu'un de sympathique, contre qui je
n'avais rien du tout, mais que je ne supportais pas, comme je l'ai appelé à l
'époque, ses coups de bourre. La sincérité du repentir de Moon Deer n'a
pas le temps d'être mise à l'épreuve. Les deux équipes doivent s'affronter à
nouveau. En jeu, une récompense de confort.
Étirez-vous, allongez-vous, mais pour cette épreuve, restez tendus.
On va rester debout sur un truc.
Bonjour à tous.
Vous êtes aujourd'hui quatre rouges face à six jaunes.
Il y a deux filles chez les rouges. Il y aura donc automatiquement deux filles
chez les jaunes. Le tirage au sort va se faire entre les quatre garçons.
Deux parmi vous ne participeront pas à cette épreuve.
Blanche, vous participez.
Blanche, vous participez. Moussa, Alexandre, vous êtes donc exclus.
C'est un relais particulier que je vous propose aujourd'hui.
Votre but, c'est d'aller chercher trois témoins qui se trouvent sur les deux
plateformes que vous voyez en mer, de les passer de relayeur en relayeur, qui
seront liés à un élastique.
L'équipe qui en premier allume ses trois torches et les place sur sa plateforme
remporte ce jeu de confort.
Et la récompense qui va avec, pour l'instant, je la garde pour moi.
Attention ! 3, 2...
1, temps de départ ! Première étape pour Valérie et Tony, récupérer le premier
témoin sur la plateforme.
Malgré la tension des élastiques, le passage de témoins est impeccable chez
les jaunes. Pour les rouges, c'est une toute autre affaire.
La première torche jaune est entre les mains de Valérie.
Elle doit maintenant la placer allumée sur la plateforme en mer.
Tony pose à son tour la torche pour les rouges, mais le deuxième relais jaune
est déjà parti.
Sébastien s'empare de la deuxième torche, mais Moundir n'est pas loin.
Les rouges refont peu à peu leur retard.
Troisième relais pour les jaunes, ils ne baissent pas le rythme.
Mais Rouge, décidément, les épreuves de confort ne vous réussissent pas très
bien. Je pense que la tactique des jaunes de mettre une fille dans la
position du coureur était la bonne tactique.
A très bientôt. Valérie, rejoignez-moi.
Ce piège, c'est un piège à rats.
Et le rat, ici au Panama, est un mets particulièrement couru. Ça va vous
permettre de reprendre des forces.
Ça fait partie aussi de votre récompense. Merci. Encore une fois,
félicitations.
Vous allez peut-être pouvoir vous soucier un tout petit peu plus de l
'hygiène grâce à ce savon. A bientôt.
J'avais proposé à Sylvie de prendre sa place.
Elle m'a dit non, non, non, je reste comme ça.
Quand on ne veut pas écouter les conseils de ceux qui sont peut-être un
peu plus avisés, échec.
Évidemment, comme on a perdu, si on avait écouté Tony et que j'avais couru,
on aurait peut-être gagné. C'est toujours un peu comme ça.
Et la réaction, je trouve que c'est nul.
Je trouve que c'est familial.
Je ne cherche pas toujours à avoir raison, mais j'estime qu'aujourd'hui, ce
n'était pas le beau choix.
Elle aurait dû prendre ma place.
Elle n'a pas voulu.
Je reste là.
Bien
sûr, les
Machigas sont fiers de leur victoire, mais ils sont perplexes.
Le piège à rats est un ustensile pour le moins inattendu.
Je suis en train de remettre la pierre du piège à rats. J'aimerais bien manger
du rat.
Moi, j'aurais déjà mangé.
Du rat ? Oui, c'est beaucoup plus gentil.
Ça a le goût de lapin.
Ça tombe bien, je n'aime pas le lapin.
Vous n'avez pas de ralentissement ? Oui.
L'enquête est sous le fond d'arbre. Vous verrez bien par ici.
Moi qui vis en ferme, les rats, ce ne sont pas vraiment mes copains.
pas trop manger du rat, donc ça va être une grande première.
Alors j'espère qu'on va l'attraper ce rat, qu'on va pouvoir manger un petit
peu de viande. Ce type de piège est parfaitement opérationnel et le rat
sauvage, un mets particulièrement recherché des habitants de la lagune de
Chiriqui, ils utilisent d'ailleurs couramment cette technique de chasse.
Alors déjà, il faut attraper le rat, et puis après il va falloir le récupérer de
la boîte, ce qui ne va pas forcément être évident.
Donc ce qu'on a pensé, c'est que si le rat est présent, on va mettre la boîte
dans un sac, on va l'ouvrir, et on va faire rentrer le rat dans le sac, et
après l'assommer avec un bon coup de bâton. Ça va être peut-être que cette
nuit, parce que les rats sortent principalement la nuit, donc il va
falloir qu'on soit patient.
Je pense que le piège, il ne faut pas qu'on le retire avant demain matin.
Un peu déçus donc les Machigas, pourtant la deuxième récompense, le savon, trouve
aussitôt son utilité.
De la propreté des odeurs des uns et des autres, ça n'a pas été un gros souci.
Mais juste quand Richard est arrivé au campement, les deux premiers jours, on s
'est tous regardés dans les yeux parce qu'apparemment, il dégageait une odeur
assez forte.
Donc j'étais la première à lui dire, Richard, il faut que tu te laves un peu
plus. Et puis après, il y en a d'autres qui lui ont dit. On a gagné le savon et
c'était juste un problème de savon, d'eau douce qu'on a trouvé.
Et tout est rentré dans l'ordre.
Un litre d'eau, c'est la douche économique.
Je n'ai jamais douché avec si peu d'eau.
Les organismes souffrent, c'est l'heure de la détente sur le camp des
vainqueurs. Isabelle est aux petits soins.
Avec humour, on m'appelle la maman, mais je ne me sens pas non plus très éloignée
d'eux au niveau de l'âge, même si je suis la plus âgée. Je les materne peut
-être un peu parce que j'aime bien ce contact-là, de leur passer de la crème
dans le dos, de regarder qu'ils étendent le linge comme il faut, à surveiller à
qui sont ses chaussettes, qu'ils laissent traîner les chaussures, des
petites bêtises comme ça.
C'est exceptionnel.
S'occuper des autres plus que de soi-même, être la maman universelle,
voilà le rôle que s'est donné Isabelle dans l'aventure.
Cette ancienne hôtesse de l'air est brocanteuse dans la région lyonnaise.
Elle jongle entre sa vie de mère de famille et son travail.
Levée à l'aube pour vendre ses meubles, Isabelle est passionnée par son métier.
Je suis paradoxalement pas attachée aux objets.
Ce qui m'intéresse, c'est de les transformer et d'en faire quelque chose.
Et si Isabelle n'est pas tellement sportive, elle estime avoir une grande
résistance physique.
Pour elle, pas de séance de gym, pas de musculation en salle, mais de longues
balades dans la nature avec ses enfants.
Seule exception à la règle, des cours de pilotage qu'Isabelle s'octroie de temps
en temps, histoire de retrouver son ancienne profession.
J'aime mon métier de brocanteur, mais ici, je retrouve des notions de liberté
que j'avais quand j'étais hôtesse.
Pour Isabelle, 40 ans, c'est le temps des bilans. Après avoir vécu une année
difficile, elle veut prendre sa revanche et compte sur Colanta pour la
réconforter. Colanta, c'est un amant. On prend un amant, mais c'est tout à fait
honorable. C'est un amant honorable.
Mais Isabelle est avant tout une maman.
Guillaume et Victoria sont ses points faibles.
Et elle le sait.
Ce qui va me manquer, c'est peut-être des odeurs d'être chère, l'odeur de mes
enfants.
Derrière l'oreille, je vais sentir derrière l'oreille, ça sent bon l
'enfant. C'est ce qui risque de me manquer le plus.
Isabelle sait ce que souffrir veut dire.
Elle sait aussi qu'il est inutile de cacher ses faiblesses. Et
paradoxalement, c'est peut-être sa force dans l'aventure.
Quand j'ai été sélectionnée, ma fille a dit que je le savais. C'est-à-dire que
pour elle, c'était évident que maman allait aller jusqu'au bout.
Elle m'a dit, si tu rentres au bout de dix jours, ce n'est même pas la peine de
partir. Elle a dix ans.
Je fais ça pour eux.
Pour eux, c'est eux qui me portent.
Je n'ai pas l'impression de les avoir abandonnés, au contraire.
La nuit est tombée sur les deux campements, Boro et Machiga. Nuit sans
averse des deux côtés.
Ces quelques heures de répit, sinon de repos, ont redonné le moral à Tony. Le
forfait de Philippe lui laisse toute la place de leader.
L'ancien gendarme décide de reprendre ses troupes en main.
Vu que l'effectif diminue, que les liens se resserrent, que les éléments
qui ne jouaient pas le jeu complètement partent peu à peu,
j'aimerais qu'aujourd'hui on fasse une vraie équipe en participant à tout, même
si ça coûte à chacun.
Si à un moment quelconque c'était le cas, l'une et l'autre.
Vous avez été réveillé.
Faites l'effort quand même de vous lever et d'aller voir si le feu a besoin d
'être ratisé. Il faut que vous le fassiez, les filles. Parce qu'on est
plus nombreux. On n'est plus que quatre pour l'instant.
Moi, je vais bien me lever tant que je peux. Mais bon, écoutez, franchement,
participez aussi.
Il ne dort pas.
Donc, il se lève pour voir le feu. Et puis, quand on se lève le matin, vous n
'êtes pas levé.
Je ne sais pas s'il est réveillé. Ça paraît normal.
Il ne va pas nous réveiller pour y aller alors qu'il est réveillé.
Moi, je ne le ferai pas, personnellement.
Et après, ça nous est reproché.
Ça l'arrange bien après de dire qu'il fait tout.
L'après-midi, on fera la corvée bois tout ensemble.
La grande corvée bois, c'est-à-dire au bas mot 4 à 5 allers-retours, qu'on
remonte un peu le stock.
Le chef, ça commande et ça demande à ce que ce qui a été dit soit fait.
Donc, ou alors on me suivra, ou alors on me cassera. On fait un voyage de bois.
Là, il faut aller au bois. Pourquoi ils sont assis là ? Ils vont au bois déjà.
Je vais les pousser un peu plus.
Je veux bien, moi, bosser, travailler, faire le maximum, faire peut-être plus
que les autres.
Il faut qu'ils participent un petit peu plus.
Là, ce matin, ça se réveille, c'est dur à lancer.
Chacun attend un peu que l'autre fasse. Non, ça ne va pas.
Comme je l'ai dit, je fais ici, tu sais, ce n'est pas une gendarmerie. Tu ne
feras pas le boulot que tu as fait il y a 20 ans ici.
Tout le monde a sa personnalité.
Chacun peut apporter sa pierre dans l'édifice.
Maintenant, continue à faire ce que tu fais.
À être la personne qui est gracieuse, qui sait parler.
Je pense que le respect, tu le garderas comme ça.
Il faut y aller, les filles ?
À ce stade de l'aventure et après les péripéties des derniers jours, Les
Rouges manquent visiblement d'énergie.
Tous, sauf bien sûr Tony, qui malgré ses 58 ans, trouve toujours quelque chose à
faire.
C'est un filet qui, normalement, est plutôt destiné à la pêche, mais là, en l
'occurrence, il va faire l'affaire pour ce piège à merles. Il y a de quoi tirer
les merles. Et puis la trappe qui descend brutalement lorsque j'aurai
lâché la corde là-bas.
Tous les petits, ils vont s'approcher, ils ne vont pas trop oser y aller.
On va les laisser s'habituer.
Et puis, vraiment confiance.
Et à ce moment-là, on va les choper sans problème.
Ça volait autour, mais il y en a un qui passe derrière.
J'ai mis ça parce que j'ai vu qu'ils me voyaient là. Ils sont tellement
méfiants.
Le merle, si on attendait de se nourrir au merle de Tony, je crois qu'il serait
déjà tout mort.
Pour Tony, qui ne tente rien à rien après l'échec du piège à merle, il
invente le piège à arbre à pain.
Et les résultats sont là.
Ça ne sent pas trop haut.
Avec ce système-là, ça permet d'englober la branche qui porte le fruit et de
faire glisser le fruit ensuite en sol.
Après 2, 3, 4 lancés, ça marche. Des fois, un premier coup, ça dépend.
Je vois que déjà, la hauteur sera bonne.
Grâce à l'énergie sans faille d'Antoine, la subsistance est assurée chez les
boro.
Ce n'est pas le cas chez les jaunes, loin sans faux.
Ils n'ont pas trouvé d'arbre à pain, se sont lassés de la pêche et les rats
évitent soigneusement le piège gagné la veille. C'est un crabe.
C'est un crabe. Il paraît que c'est facile.
J'ai cru qu'on allait pêcher comme on voulait.
Dès le moment où on avait tous les outils dont on avait besoin, qu'il y
aurait des fruits dans les arbres, qu'on ne pourrait pas manger comme on voulait,
mais au moins aller chercher la bouffe et qu'elle soit présente.
Alors que là, ce n'est pas ça du tout. Je ne savais pas que ça allait être
aussi la misère que ça.
La fatigue aidant, les tensions apparaissent.
Ce matin, mais comme tous les jours, je crois qu'hier et avant-hier c'était la
même chose, il n'a pas de place pour dormir, il est le seul à ne pas avoir de
place, il est le seul à être sous la flotte quand il pleut, et du coup il le
dit trop et il nous fatigue.
Moi je dors mal la nuit.
Se plaindre parce qu'on ne mange pas, parce qu'on ne boit pas assez, parce qu
'on dort mal, ouais mais on le savait.
Donc moi je l'ai dit, j'ai pris Moussa à part, j'ai dit arrête, arrête parce que
ça commence à gonfler les autres et puis j'ai pas envie qu'il y ait une ambiance
de merde parce qu'il y en a un qui se plaint, qui l'a mal, qui dort pas.
Personne dort.
Non mais ce que tu pourrais faire c'est aller chercher les oranges que tu fais
au-dessus.
Hein ? Les oranges.
Ouais. La dernière fois pour vous ramener tout ça j'allais mourir.
J'étais avec des sandales. Richard il a fait pareil.
Mon frère, il a fait pareil. Il râle tout le temps, tout le temps, tout le
temps, tout le temps.
Il dit qu'il a faim, il va être le premier à servir.
Il faut qu'il mange le riz du dessus parce que le riz d'en dessous, il a le
goût du rouillé, alors il ne le veut pas.
Pour moi, c'est de l'égoïsme. C'est quoi la dernière fois que je me suis plaint ?
Tu te plains tout le temps. C'est vrai.
Non, je ne rigole pas. La dernière fois, parce que j'étais malade. En tout cas,
nous, on n'a pas été informés.
Pourquoi j'étais à l'infirmerie ? Toi qui veux en venir à l'infirmerie, dis
-moi pourquoi j'étais à l'infirmerie. Parce que tu étais fatigué ? Donc tu
penses que j'étais à l'infirmerie juste parce que j'étais fatigué ? Ben, ouais.
Dès qu'elle m'a dit ça, je l'ai coupé directement.
Je lui ai dit, qu'est-ce que tu me racontes ? Ça n'a rien à voir ceci,
cela. Tu ne sais même pas ce que j'avais pour me dire, chochotte, tu es à l
'infirmerie. Comme je t'ai dit, ne crois pas que moi je dors sur mes lauriers.
Attends, je suis là, je me donne un donf.
On me dit... Un donf ?
Vas-y. Tu te donnes à don ? Ouais, à fond, ou je me trompe ? Pour moi, tu ne
te donnes pas à fond.
Pour moi.
D'accord.
C'est bien de l'entendre.
Le fait que ce soit Valérie et moi qui l'aient un peu repoussé dans ses
retranchements, savoir quand même où ça, c'est un homme, et les critiques des
femmes, c'est difficile à admettre. Donc il nous remet dans... Il joue de
mauvaise foi, et puis il nous repose les mêmes questions qu'on lui pose.
Tu te donnes à fond, toi ? C'est juste une question.
Je crois, moi, dès que j'ai 5 minutes, je vais chercher du bois.
Valérie, tu te donnes l'info ? En tout cas, j'en garde pas une, mais je l
'assume.
C'est dommage.
Isabelle lui a dit de façon intelligente, j'espère qu'il a compris.
Et je pense qu'il a compris, il est assez intelligent.
Et il va prendre sur lui, je pense.
Ce n'est pas la première fois que Moussa est en difficulté dans sa tribu. Son
caractère nonchalant et sa faible implication dans les tâches quotidiennes
entraîne fréquemment la réprobation de ses camarades.
Pourtant, Moussa est un personnage sympathique et attachant.
Passionné par le rap, c'est dans cette musique qu'il se ressource.
Je ne prends aucune substance bizarre, c'est que par rapport au taf, je me
donne tellement. Quand je suis avec les amis, je me relâche un peu, je parle un
peu plus lentement, je me détends.
A 22 ans, Moussa est quelqu'un d'ambitieux, l'image même de la banlieue
qui réussit.
Propriétaire d'un vidéoclub, champion de Kung Fu, animateur dans un centre aéré,
c'est un véritable touche-à-tout. Mais c'est bien le sport qui lui permet de
canaliser son énergie et ses colères.
Le Kung Fu lui apprend à mieux se connaître et à mieux se construire. Ce n
'est pas un énervé qui veut se battre.
C'est quelqu'un qui a la connaissance, donc qui est très très calme, parce qu
'il sait ce qu'il peut subir ou faire subir aux autres. C'est quelqu'un qui va
vraiment de l'avant, qui aime faire ce qu'il entreprend à 100%, qui est prêt à
donner le meilleur de soi-même.
Apprécié de tous, Moussa n'est pas un meneur, mais il sait s'adapter à toutes
les situations.
Honnête et franc, il n'aime pas les conflits, il préfère s'expliquer. On m'a
appris à toujours pardonner, pourquoi ? Parce que c'est peut-être une erreur que
la personne a faite.
C'est peut-être que moi, demain, si je fais une erreur, j'aimerais être
pardonné. Si on ne me pardonne pas, j'aurai mal au cœur.
Grand travailleur, infatigable sportif, Moussa prend la vie du bon côté. Pour
lui, rien n'est jamais grave.
En faisant partager sa philosophie de la vie, il peut aller loin dans l'aventure.
Un nouveau départ ! Pour l'instant, l'incompréhension entre Moussa et ses
compagnons gagne du terrain.
Mais l'épreuve d'immunité est en vue. Et là, Moussa sait faire parler toute sa
puissance athlétique.
Le message.
Alors, lorsqu'un lièvre est lâché,
la meute s'élance. Vous êtes confié à cette danse.
Donc effectivement, là il y a un effort physique à prévoir, une course.
Pour nous, en ce moment, c'est... Tous les trois. Enfin, il y en a trois à
avoir un genou un peu froid. Quelque chose qui nous demande un effort assez
important. On verra bien. C'est pour bientôt.
Ça ne se voit pas, mais je ne peux pas mettre la jambe droite, en fait.
Je suis obligée de rester comme ça, pliée. Donc, courir, je ne sais pas
comment je vais faire.
Là, on s'est fait mal avec la ceinture hier, lors de l'épreuve.
Une fille en particulier, là, vous voyez.
On faisait le bonheur, quoi.
Bonjour à tous ! Alors une information d'abord, regardez le genou d'Hélène,
elle s'est fait mal et elle ne pourra donc pas participer au jeu aujourd'hui.
Avant de débuter Isabelle, je vais vous demander de me rendre le totem.
C'est une chasse à l'homme que je vous propose. Dans chacune des tribus vous
allez devoir choisir un fuyard, ce sera obligatoirement une fille. Donc chez les
rouges, le choix va être vite fait puisqu'il n'y a plus que Sylvie. Vous
êtes donc le fuyard.
de l'équipe Boro.
Chez les jaunes, vous avez le choix, Isabelle ou Valérie.
Isabelle.
Ok, Isabelle.
Pour les cinq autres membres de l'équipe, Mashiga, un tirage au sort.
Elle est noire.
Noire. Valérie, Moussa, vous ne participez pas.
Blanche, vous ferez partie des poursuivants.
Alexandre.
Blanche. Par conséquent, vous participez également.
Je vous donne rendez-vous maintenant au sommet de la colline pour le départ de
cette épreuve.
Pour cette épreuve, la règle est des plus simples.
Il s'agit d'arriver le premier au totem et de s'en emparer. Les femmes de chaque
équipe partent avec 100 mètres d'avance sur les hommes. Attention ! Tote départ
!
Première difficulté de ce parcours qui en compte 4, une barrière à escalader de
près de 2 mètres.
Sylvie pour les rouges prend facilement la tête.
Attention les poursuivants, temps de départ ! Les hommes sont lancés mais ils
ont un handicap supplémentaire.
Ils sont attachés l'un à l'autre.
Au troisième obstacle, les trois boros se sont regroupés et progressent
rapidement.
Les hommes Machiga ont rejoint et dépassé Sylvie. Le sprint final oppose
donc les hommes des deux tribus.
Les jaunes, la conséquence c'est que ce soir je vais vous retrouver au
conseil. Vous êtes 6 et à l'issue du vote, 5.
Pour l'instant, vous allez retourner sur votre campement.
On se retrouve ce soir au conseil. A tout à l'heure.
Alors les Rouges, bravo.
Félicitations, ça fait longtemps qu'on attendait ça.
Belle victoire. Vous récupérez le totem. Vous restez à 4.
Vous restez soudés.
A très vite.
Au revoir David, merci.
Je les ai vus et c'est vrai qu'ils sont bien débrouillés. Ils avaient beaucoup d
'avance. C'était logique qu'ils gagnent. Ils se sont bien battus.
Je suis fière.
On a déboulé tout droit à fond, un dérapage de contrôlé.
Mais tant pis, il fallait y aller.
Franchement, je suis super content, ravi. La forme est là, le physique
aussi, le moral.
Je suis content pour le moral de tout le monde.
Il y a un jeune qui va en partir là-bas.
J'ai des doutes un peu lorsque la fille est tombée, parce que je trouve qu'elle
est tombée un peu trop facile.
Elle est tombée, on est passé devant elle. On lui a fait ça.
Elle est tombée bizarrement. J'espère qu'ils n'ont pas fait exprès de perdre
pour virer quelqu'un de chez eux. Parce que c'est vrai que quand elle est
tombée, on l'a rattrapée avant le premier obstacle. Elle n'a pas touché le
bois. Et quand je l'ai vue tomber, je n'ai pas vu qu'il y avait énormément de
trous.
Sylvie, elle a fait le même chemin et elle n'est pas tombée.
Bon, maintenant, c'est le bénéfice du doute.
On a perdu.
Quand on fait un jour, on est à 100%.
Des fois à 200%, des fois à 100%. On a gagné le confort, on a gagné l'immunité
précédente. On ne peut pas toujours gagner. Donc là, c'est une défaite. C
'est une défaite, quoi.
Il y a de la stratégie, bien évidemment.
Et dans la victoire et dans la défaite.
Mais là... On est malins, on est fourbes.
Je ne sais pas, comme ça, on a l'air un peu de bonnet, mais ça réfléchit.
Il ne nous a pas échappé que les Machigas ont eu un comportement suspect
pendant le jeu.
Visiblement, Ils ne se sont pas donnés à fond.
Certains même ont manifestement ralenti le rythme pendant l'épreuve.
Avec cette défaite organisée, les jaunes ont pris des
risques. Très vite, ils commencent à regretter cette stratégie antisportive
qui a peu de choses à voir avec l'esprit de l'aventure.
On l'a fait exprès de le perdre et je pense que les Rouges l'ont senti aussi.
Notamment Tony, je pense qu'il a vraiment senti qu'on l'avait fait
exprès. Et effectivement, ça n'a rien de glorieux. Moi, je me sens mal d'avoir
fait exprès de perdre. Au gré d'avoir perdu le jeu, on aurait dû réfléchir un
peu plus et aller à fond.
Disons qu'on n'est pas du tout de bons acteurs. Donc si ça s'était passé un peu
plus inaperçu et que les autres avaient été super brillants, peut-être que ça
serait mieux passé. C'est vrai qu'on s'est un peu ridiculisé. Les Machigas s
'en rendent compte maintenant.
Ils ont fait plus qu'une erreur.
Perdre sciemment est une faute grave.
Les Boros, eux, sont de bonne humeur.
Eux, ils ont gagné. Et de plus, la mer se montre généreuse.
Le courant a déposé presque à leurs pieds une nasse à poisson en bon état.
Poisson grillé sur la braise avec du riz.
C'est qui ce poisson ? C'est aussi un piège.
Donc là il y a le poisson et le casier.
Le casier, oui.
C'est bien quand même. Les poissons on va les manger et ensuite la caisse on va
la remettre à la mer.
Là où il y a des côtés rocheux, où les poissons sont susceptibles de prendre
tout ce qui est plancton.
ou attirés par les coquillages. Je crois que c'est un lambi ça, donc je pense qu
'ils sont peut-être attirés par ça.
Je pense que ça, ça peut être fait par quelqu'un d'autre éventuellement quand
même. Mais bon, est-ce que je peux dire, tiens, on va nettoyer le poisson, à
Hélène, elle va dire comment je fais.
Alors pourquoi je lui laisserais faire une tâche comme ça, alors que moi je
peux le faire très très bien et très très mieux.
Vas-y, vas-y, vas-y.
Voilà.
Viens le calme derrière, Hélène. Viens le calme derrière.
Fais preuve d'initiative.
L'esprit pratique, toujours.
N'attends pas que la bassine se renverse et qu'on voit l'oeil.
Adieu l'oreiller.
Adieu l'oreiller.
Je suis un peu irrité, un peu, parce que si vous voulez, je voudrais quand même
que ça participe un peu plus.
On n'a pas l'esprit pratique, peut-être, mais quand même, il faut faire preuve de
bon sens.
Là, l'oreiller a failli se remplacer à deux reprises.
Encore la bassine, c'est fini.
Bientôt cuit le rien. Je ne sais pas où est le poisson.
Il faudrait vider l'eau.
On va se faire engueuler parce qu'on l'a enlevé, je pense.
Il faudrait vider l'eau.
Lui, il est tellement actif et ça se respecte. Mais d'un autre côté, je n
'aime pas trop.
les réflexions qu'il nous fait justement pour montrer que lui fait ça et que nous
on ne le fait pas.
Donc à chaque fois qu'on fait quelque chose, on se sent obligé de lui dire
pour qu'il remarque qu'on n'est pas inactif.
Après 18 jours de survie, les rouges découvrent enfin le goût du poisson
bouilli. Le bonheur serait complet s'il n'était gâché par la réapparition
soudaine d'une nuée de chitras. Ces moustiques, souvenez-vous, si pénibles.
Nuit de cauchemar pour les survivants de Boro. Le souvenir d'Alexandra hante les
esprits.
Impossible de se protéger complètement.
La moindre parcelle de peau exposée à l'air est aussitôt attaquée par les
chitras.
Cette nuit, ça m'a gratté, les mains surtout.
Et les pieds.
Je n'ai pas arrêté de me gratter, je n'ai presque pas dormi. On n'a jamais
une minute tranquille.
On est tout le temps bouffés, de la tête aux pieds.
Quoi qu'on fasse, on mange, on est bouffés, on dort, on est bouffés.
On va à la plage, on est bouffés. On se lave, on est bouffés. Il y en a marre.
Cette vermine permanente, vous connaissez ? Ça, c'est le problème.
Il ne faut pas gratter, parce que sinon, ça fait des cloques.
Et après, ça fait des oedèmes.
Là, j'ai gratté, j'en ai gratté deux. Ça commence à gonfler, alors il faut être
solide mentalement.
Allez, clin, clin, clin, clin, clin.
Ambiance maussade chez les Boro malgré la perspective de trois journées sans
conseil.
Les jaunes, quant à eux, tentent de faire bonne figure après leur peu
sportive défaite.
Ils affichent une cohésion de façade en organisant un conseil avant le conseil.
Ce pré-conseil, là, effectivement, c'est pour bien mettre les choses au clair
parce qu'on ne veut pas d'hypocrisie entre nous, de quoi que ce soit.
On s'entend bien, c'est un fait, mais je crois qu'il faut garder les pieds sur
terre et savoir que dans deux jours, on peut dire qu'on est tous cons.
Je pense qu'il faut garder les pieds sur terre, c'est important.
Il ne faut pas s'attendre à avoir des cadeaux des candidats. Tiens, je te
rends la monnaie de ta pièce. Non, au bout d'un moment, il faut y aller
franco.
C'est pour ça que je me suis blindé aussi, dans le sens où ça peut être moi
qui me suis fait virer.
J'ai connu les boraux.
J'ai connu les Matshiga.
Donc quelque part, je dirais que le jeu pourrait s'arrêter là pour moi.
Mais l'équipe, je me sens tellement bien au sein des Matshiga que j'ai envie de
pousser un petit peu plus loin.
Donc bon, j'espère qu'ils ne vont pas me faire un couvache.
Une fois que j'aurai bien mis la cabane étanche, une fois que j'aurai bien amené
un gros stock de bois, peut-être qu'on va me jeter. Enfin bon, c'est le jeu. À
un moment ou un autre, on va être obligé de s'éliminer sans qu'il y en ait un qui
soit volontaire pour partir.
C'est clair.
La stratégie d'équipe est justement de privilégier l'individu, donc l'individu
s'exprimera. Ça fait déjà une semaine que je me sens démotivé, donc je leur en
parle. Et petit à petit, de plus en plus, je sens que j'ai envie de partir.
Ouais, il se pose la question.
Il pense qu'il a fait le tour du jeu, il a fait le tour de la question.
Moi, je ne pense pas. Je pense qu'il a un...
Il a un coup de blouse et je suis bien placé pour en parler, puisque moi j'en
ai eu un vis-à-vis de ma femme et de ma fille.
Donc je lui ai dit, écoute, tu vas partir, tu vas regretter.
Ces trois jours se sont mieux passés. Au début, je pensais vraiment que je n
'allais pas pouvoir tenir.
Et finalement, ils m'ont soutenu. Donc ces trois jours se sont bien passés.
C'est vrai que quand on va chercher du bois, ces jours derniers, Alexandre et
Moussa, qui sont jeunes et qui ont plus besoin de sommeil, puisque c'est des
bébés que des vieux, passent leur temps quand même à vous piller.
Isa elle m'en veut, elle m'a dit je vais voter contre toi parce que tu as été à l
'infirmerie 24 ans. Tu nous as laissé tomber.
Moussa il est très difficile à vivre, c'est un être égoïste.
Vivre à côté de quelqu'un qui est aussi lourd à vivre, moi je veux qu'une
chose c'est m'en débarrasser.
Je pense qu'il y a au moins deux personnes qui veulent voter contre moi.
Et même trois pour sauver une troisième personne.
Je pense que ce soir, je vais peut-être quitter l'aventure.
La nuit approche sur Machiga. C'est le départ pour le conseil. Tous sont
inquiets. Les non-dits sont nombreux.
Un jaune voudrait peut-être quitter l'aventure. Oui, mais lequel ? Existe-t
-il une alliance secrète pour se débarrasser de quelqu'un ? Mais dans ce
cas, les stratèges ne risquent-ils pas de payer cher leur manœuvre ?
Moussa est en difficulté dans la tribu.
Isabelle n'a pas le moral.
Alexandre est fatigué. Les femmes sont en minorité et pourraient faire les
frais du vote des hommes. Dans ces conditions, il est difficile de faire un
pronostic.
Ce cinquième conseil clôt trois jours de survie très rudes. Les conditions
climatiques sont éprouvantes, il fait chaud, la mer est très formée, les
averses se succèdent et par conséquent, les aventuriers souffrent. Mais ils ont
tous accepté de vivre cette épopée avec ces bons et ces moins bons moments, c
'est ça Koh-Lanta.
Ce soir, les jaunes affrontent le conseil et c'est leur choix, puisqu'ils
ont délibérément perdu la dernière épreuve d'immunité.
Malheureusement, après le vote, l'un ou l'une d'entre eux le regrettera.
Bonsoir Moussa. On pose le flambeau et je vous invite à aller vous asseoir avec
votre sac.
Bonsoir Isabelle. Bonsoir Denis.
Les Machigas, c'est tout sauf une surprise de vous retrouver là.
Vous l'avez décidé, vous l'avez organisé et finalement vous avez ce que vous avez
voulu.
Je ne vous cache pas que je ne trouve ça pas franchement glorieux que d'avoir
volontairement perdu une épreuve d'immunité pour vous retrouver au
conseil. Car quoi qu'il arrive, l'un ou l'une d'entre vous va partir et
regrettera très certainement d'avoir participé à cette tactique.
Sébastien, ce n'est pas très glorieux ? Non, ce n'est pas glorieux,
effectivement. Je suis d'accord avec vous, ce n'est pas glorieux du tout.
Ça fait partie de la stratégie, bien que je l'ai encore un peu en travers de la
gorge. Je n'ai pas l'habitude de faire un jeu pour perdre.
Expliquez-moi un petit peu cette stratégie.
On a décidé de freiner un petit peu la course pour laisser passer les
rouges, les boraux.
Parce qu'on a décidé que l'un de nous devait s'en aller pour un manque de
motivation certain.
Et vous étiez tous d'accord pour faire ça ? Oui, oui, on était d'accord. Enfin,
on était d'accord.
C'est dur pour chacun d'entre nous, moi, quand on me demande de perdre.
Qui est-ce qui était contre parmi vous ? Tous, oui.
Vous étiez contre cette défaite ? Tous ? Isabelle ? À la base, personne n'avait
envie de perdre puisque ça faisait plusieurs jeux qu'on réussissait et qui
nous... qui nous renforçaient pour aller jusqu'à la réunification.
Et c'est certain que ce n'était pas dans la volonté de chacun de perdre et de
montrer une image de nous qui était peu glorieuse, effectivement.
C'est vrai, je vous l'ai dit. C'est vrai que quand on voit dans une compétition
quelqu'un qui fait exprès de perdre, déjà c'est rare.
Et c'est vrai que ça ne donne pas une belle image.
Valérie ? Là, vous nous faites faire des regrets.
Douter. Douter.
Mais bon...
Non, c'est sûr qu'on a la gagne.
On a une équipe qui a la gagne.
On a sûrement un petit peu honte de nous, c'est clair.
Vous,
vous vivez à la dure, Richard. Vous travaillez beaucoup.
Vous ne savez pas vraiment ce que c'est que les vacances.
Vous travaillez de tôt le matin à tard le soir.
Avec cette expérience, ce recul, vous n'avez pas su trouver les mots. Vous n
'avez pas essayé.
J'ai essayé, j'ai essayé, mais on a tous essayé et je n'y suis pas arrivé.
Isabelle, c'est un peu un sentiment de gâchis ? Oui, c'est vrai que le fait qu
'on soit allé trop loin et qu'on soit là ce soir, on le regrette.
Alors, les Machigas, j'ose espérer que vous avez cette motivation, cette flamme
qui vous permettra d'aller le plus loin possible.
Il n'y en a qu'un seul qui restera à la fin.
Ça peut être l'un ou l'une d'entre vous.
Par rapport à toute la discussion que nous avons eue, il y a eu des prises de
conscience, il y a des regrets qui ont été exprimés.
C'est peut-être le moment de concrétiser tout ça par un vote.
C'est votre image que vous mettez dans l'urne.
C'est votre image que vos amis verront.
Moussa, vous êtes le premier à aller voter.
Alors en fait, j'hésite entre deux personnes, mais je vais choisir Alex
parce qu'il n'est plus motivé.
Et là où on est, on ne peut plus se permettre de garder les personnes qui ne
sont plus motivées.
Richard, n'oubliez pas que c'est l'avenir de votre tribu qui est en jeu.
Valérie, c'est à vous.
Alexandre, à vous d'aller voter.
Sébastien, allez-y.
Parce que j'ai quelque chose à me faire pardonner avec Alex.
On n'a pas le droit de perdre comme ça.
Voilà, il est temps maintenant de passer au dépouillement.
Richard.
Richard.
Alexandre.
Alexandre.
Sur quatre bulletins, deux voix contre Richard, deux voix contre Alexandre, il
en reste encore deux à l'intérieur de l'urne.
Alexandre.
Alexandre.
Alexandre. Quelle image vous pensez laisser ? On peut
dire que c'est vrai que, comparé aux autres, quelqu'un qui ne se bat pas.
Mais c'est vrai que, comme j'ai dit, j'ai eu plein d'occasions de montrer que
je pouvais être un battant, dans plusieurs domaines. Et là, quelqu'un qui
dit « c'est fini », mais sans regret.
Sans regret pour vous, peut-être ?
Peut-être pas.
En tout cas, beaucoup de regrets pour l'ensemble des coéquipiers.
Sébastien, vous êtes d'accord avec moi ? À 100%. Là, je suis tellement déçu de la
connerie qu'on vient de faire que je suis un peu dans le flou, dans le vague.
Je me rends compte qu'en fait, on a peut-être même beaucoup de faux sur
la ligne, notamment cette épreuve de tout à l'heure.
Alexandre ?
Prenez votre sac, allez récupérer votre flambeau et venez me rejoindre.
Alexandre, ils ont voté, ils ont décidé de vous exclure de l'aventure.
Salut, je suis Alex.
Alexandre s'en va sans avoir beaucoup lutté. Le plus jeune des Machigas n
'était pas le plus pugnace.
Je vote contre Alex, mais c'est la dernière fois que je vote contre ma
volonté.
Je vote pour Alex parce que je n'ai pas pu le motiver plus pour rester sur l
'île.
Je vote pour Alex parce qu'il n'a pas la rage de gagner.
Ce soir, ils sont encore neufs. La semaine prochaine, un autre conseil, un
autre vote, après trois nouvelles journées de survie.
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