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Au matin, c'est donc le nom de Michel qui est sur toutes les lèvres.
Au début, j'étais à côté de Michel, mais là, il n'est plus Michel.
Ça faisait bizarre.
C'était quelqu'un qui me soutenait. Je pense que j'ai besoin de ça pour
fonctionner. À la maison, c'est un peu comme ça aussi.
Bon, là, il va falloir faire avec. Mais bon, je pense que je vais avoir un
certain temps d'adaptation.
Et puis, j'espère que ça va repartir parce qu'il m'a...
Il m'a dit plein de choses avant de partir et puis il ne faut pas que je les
oublie.
Il va falloir mettre les bouchées doubles.
Parce que Michel, c'était l'homme de terrain.
De temps en temps, les autres disaient ça me fait de la peine pour Mimi. Et je
pense que c'est un homme qui doit pleurer rarement.
Et le fait de l'avoir vu pleurer hier soir au conseil, ça m'a fait d'autant
plus mal.
Valérie avait un peu ses grâces, on va dire.
C'est-à-dire qu'il ne s'adressait pas à Valérie comme à nous ? Il avait ce côté
dur, russe, ours.
Mais en fin de compte, il avait plein d'autres facettes que je découvrais au
jour le jour et ça me faisait moins rire.
C'est vraiment le dur au cœur tendre pour moi. Et c'était un pilier dans l
'équipe, on le sentait.
C'était l'homme des jaunes.
Michel, il avait vraiment ses qualités bien à lui.
Maintenant, je ne suis pas là pour le remplacer, je suis là pour essayer de
combler un vide.
Faire oublier Michel, voilà la lourde tâche de Sébastien, d'autant que ses
compagnons ne sont pas décidés à lui faire de cadeaux. Le jour où il était
parti, il avait beaucoup de regrets, mais c'était trop tard.
Donc là, il a une deuxième chance et je ne pense pas qu'il va la laisser partir.
Donc je pense qu'il va se donner à fond.
Sinon là, ça se passe bien, on a déjà un poisson.
que Seb, bien sûr, nous a ramené.
Et s'il ne nous l'aurait pas ramené, je crois qu'on l'aurait viré.
Et puis j'espère que ça va continuer comme ça. Moi, je suis un peu faible là
parce qu'on n'a pas mangé depuis 24 heures.
Ma tête, elle commence à tourner.
Les cartes sont redistribuées dans la tribu Machiga et tout le monde s
'observe. Mais la priorité est enfin à la survie et à la pêche.
Chez les Rouges, la mauvaise nouvelle tombe. Julie ne reviendra jamais.
Elle est déjà à l'aéroport de Panama City, direction la France.
C'est Julie.
Coucou à tous.
Désolée d'être partie, de vous avoir laissé comme ça. Mais bon, c'est pas moi
qui ai choisi.
Je vous encourage tous. Je vous fais à tous des gros bisous. Puis merde pour la
prochaine. Merde pour la suite.
J'espère à bientôt.
Bisous. C'est un coup dur pour les Boros. Julie, toujours de bonne humeur,
faisait l'unanimité dans l'équipe.
Et les Rouges ne sont pas encore quittes avec la maladie.
Philippe, à son tour, donne des signes inquiétants de fatigue.
Philippe, il a jamais le cochon.
Il a la chiasse.
Il est libéré, certes, mais c'est un avertissement pour l'avenir.
Il ne faut pas manger salé comme ça.
Philippe disait qu'il avait faim.
Il était pas bien,
il a mis toute la nuit.
Pourquoi ça n'arrive pas qu'au fil ? Voilà.
Et pour lui, je pense qu'un féculent, ça serait mieux, tel que le riz, pour
réagir. Moi, j'ai passé la nuit dehors à régurgiter tout ce que j'avais ingurgité
ces deux derniers jours.
Donc, il faut que j'aille doucement.
C'est surtout le porc.
Toute la nuit, je voyais ce porc avec le gras.
Moi qui ai rarement mangé du gras, et c'est vrai que là j'ai peut-être un peu
trop mangé de gras.
Je voyais que le gras, tu vois, traversé dans les yeux.
Philippe est diminué physiquement et il le supporte mal.
Il n'aime pas la faiblesse, chez lui comme chez les autres. Avec un sens aigu
des affaires, il est devenu à 43 ans un jeune retraité millionnaire. À 19 ans, j
'ai décidé de choisir ma carrière de chef d'entreprise. 25 ans plus tard, j
'étais à la tête d'une PME de 50 personnes qui réalisait 40 millions de
francs de chiffre d'affaires que j'ai revendu il y a deux ans et qui aujourd
'hui me permet de profiter un peu de la vie.
Notre jeune rentier prend désormais le temps de profiter de sa maison.
Soucieux de son apparence, Philippe n'oublie pas pour autant les vraies
motivations de sa participation au jeu. C'est un peu un défi de quitter un petit
peu ce confort, ce côté soyeux de ma vie, ce côté un peu matérialiste.
Marié depuis 25 ans et père de trois grands gaillards, Philippe est fier, sûr
de lui. Ce qui le motive, c'est avant tout être le meilleur.
Je suis un gagneur.
Tout ce que j'ai fait, tout ce que j'ai entrepris dans la vie.
Je l'ai fait pour être le premier. Très sportif, Philippe a aménagé une salle de
musculation chez lui. Il multiplie les activités sportives et profite
pleinement de la région grenobloise, avec une certaine tendance à aller au
bout de ses capacités physiques. J'aime mettre le goût du sang dans la bouche.
Cette souffrance physique est pour moi indispensable.
Même si Philippe n'est plus à la tête de son entreprise, Il continue à diriger
des équipes et il use d'autorité et de rigueur en tant qu'entraîneur d'une
équipe de basket amateur.
Philippe, c'est être dur avec lui-même mais surtout avec les autres. Même
sévèrement touché par ses dérangements gastriques.
Il n'oublie pas la priorité de la survie à Koh-Lanta, déstabiliser l'adversaire.
Je crois que Philippe a dit, oui, elle n'a pas réussi son intégration avec son
petit ton paternaliste.
Le problème, c'est qu'une intégration, ça se fait dans les deux sens.
Elle faisait cas d'une assurance beaucoup trop importante.
Dans l'ensemble des réponses qu'elle nous rapportait sur les questions, elle
était d'une...
Une affirmation sans faille.
Philippe a la dent dure, mais son opinion est largement partagée chez les
Boro. C'était elle aussi de se mettre un peu à notre place, de nous demander ce
qu'on avait vécu depuis qu'on était arrivés.
C'était pas que à nous de faire des efforts pour elle. Dès le jour où je
suis arrivée, elle m'a dit à moi qu'elle n'accepterait personne d'autre.
Ce n'est pas à moi personnellement, mais elle ne voulait personne d'autre sur l
'île. Et donc, quand elle m'a vue, elle a dit à Linda une petite phrase
sympathique. Elle a dit, je ne te vote plus, je la vote elle.
Elle m'a dit qu'elle était là pour s'amuser.
Amuse-toi.
Je ne suis pas là pour m'amuser, personne.
Il s'est moqué de moi en disant, quand je n'étais pas là en plus.
Il a dit, elle est venue là pour s'amuser. Il paraît qu'il m'a refait, il
m'a singé, sûrement très habilement.
Et il dit, moi je suis venue là pour gagner les 100 000 euros. Dès son
arrivée, elle s'est...
Elle s'est plaint, quoi.
Qu'on mangeait que ça, qu'est-ce qu'on mange demain matin ? Enfin bon, il y a
eu des petites réflexions.
Voilà, donc en fait, là, on a mis le riz et le manioc et on va voter pour savoir
qui veut du riz, qui veut du manioc.
Je crois que quand on voit le manioc, quand on sait ce qu'est le riz, on a
tout de suite plus envie de riz.
Hier soir, on a mangé justement du manioc et du fruit à pain.
Malheureusement, c'était un peu trop salé. Ça arrive, on n'est pas des
cuistots. Qu'est-ce qu'elle a dit ? Elle a dit, je vais manger du riz.
C'est du foutage de gueule ou quoi ? Tu crois chez toi ici, tu as la maison, tu
fais ce que tu veux.
Donc on est obligé de dire non.
Il n'en reste pas pour longtemps, donc tu attends.
Tout simplement.
Alors après elle est partie grogner comme une sorcière.
Voilà le prototype même de l'étudiante qui a tout réussi à l'école.
C'est une tête, c'est une tête.
Voilà, mais qui connaît tout par cœur en regard de son système d'éducation.
Mais qui ne connaît rien de la vie.
Qui ne connaît rien de la vie.
Tout ce qu'elle connaît, c'est ce qu'elle a appris.
Depuis son arrivée au sixième jour de l'aventure, Hélène est la bête noire de
Philippe, et il faut le constater, de la plupart des boraux de la première heure.
C'est bien injuste car Hélène n'a pas choisi d'arriver en retard.
À 27 ans, Hélène a toujours su ce qu'elle voulait faire de sa vie.
Après de brillantes études de lettres et un passage par l'enseignement, elle
souhaite devenir écrivain.
Ça fait longtemps que j'ai envie d'écrire quelque chose, mais je ne
savais pas quoi exactement.
Donc voilà, c'est le premier ouvrage que j'ai rédigé.
Je voudrais essayer de le faire publier.
Et j'espère que ça va marcher.
Jeune fille modèle, au parcours scolaire sans faute, Hélène vit encore chez ses
parents et reste très proche de sa mère.
Sa motivation pour Quentin, je pense que c'est pour se prouver que physiquement,
elle peut le faire. Ce n'est pas pour partir de chez nous.
Jolie, souriante.
Hélène a participé à des concours de beauté, mais cette ancienne reine du
carnaval de Nice déteste les étiquettes.
Je ne suis pas petite et grosse et affreuse, donc forcément, tout de suite,
on catalogue. Belle, intelligente, cultivée, Hélène se méfie beaucoup de l
'image bourgeoise qu'elle peut renvoyer. Je pense qu'elle a besoin de briser
cette image de fille antello et distinguée.
Hélène est une fille très gâtée par tout le monde, par nous, et surtout par sa
famille. Du coup, ça la rend capricieuse.
Encore un problème d'image que notre jeune niçoise a bien l'intention de
régler pendant sa participation au jeu. Ça va me permettre de montrer d'un seul
coup d'un seul à tout le monde, à tout ce que je connais, tout ce que je vais
connaître, que je ne suis pas une chouchotte.
Avec son assurance apparemment sans faille, Hélène peut agacer. Et chez les
Boraux, on ne lui pardonne rien.
Heureusement, elle a une alliée, Linda.
C'est une remplaçante et ils ont eu peur peut-être qu'elle, étant fraîche, étant
plus fraîche que nous.
Ils volent le rôle.
L'atmosphère est devenue irrespirable sur l'île Rouge.
Les clans sont formés et s'ignorent mutuellement.
Pour ne rien arranger, Philippe est vraiment mal, mais pas question de se
signaler au docteur.
Chez les jaunes, c'est tout le contraire. Un petit séjour à l
'infirmerie est une stratégie comme une autre pour manger une assiette de riz
sans trop se fatiguer.
J'ai un mal bizarre à l'estomac, je n'ai pas dormi de la nuit. Je sais que ce n
'est pas la bien-être. Ça gargouille, mais il y a...
Il nous a avoué en souriant qu'il aurait
voulu passer une nuit dans un lit.
Avec un petit lit, une nuit, ça fait pas de mal à l'infirmier.
Mais bon, c'est sûr que moi, je lui ai fait comprendre qu'il ne faut pas
recommencer.
Sur Machiga, Valérie donne volontiers des leçons minces et lancées et sûres de
son charme.
Elle ne supporte pas l'indifférence.
et cherche par conséquent à renvoyer l'image de la femme idéale. Je peux être
à la fois maman, je peux être à la fois sportive, je peux être à la fois une
grande voyageuse. Valérie, c'est une femme très active.
Elle colle bien à son époque, je trouve. Elle est vivante, elle est spontanée,
elle est très exigeante avec elle-même, mais aussi avec les autres.
Représenter le fantasme masculin par excellence, la femme fatale inabordable,
voilà l'objectif de Valérie.
À 31 ans, elle a trouvé sa voix, sa vraie personnalité. Elle a enfin
confiance en elle.
Je m'affirme parce que je pense être mieux dans ma peau. Maintenant, je me
sens femme et moins enfant.
Valérie est nostalgique de son enfance et de sa jeunesse passée en Afrique
pendant plus de 20 ans.
Aujourd'hui, son cœur est partagé entre le Sénégal et la France.
Je suis autant sénégalaise que française, en fait. Le Sénégal, c'est
tout, c'est la joie de vivre, c'est la chaleur, c'est la chaleur humaine avant
tout. Voilà, prête.
Habituée professionnellement à s'adapter à toutes les situations et à tous les
types de personnalités, reste à savoir si Valérie fera l'unanimité sur cette
île. Comme tous les Machigas, Valérie a changé ces dernières heures. Quelle
différence avec les jaunes du début de l'aventure ? Plutôt, souvenez-vous,
râleurs et peu entreprenants. Cette journée sans épreuves est l'occasion de
multiplier les activités au camp.
C'est pour le bien de tout le monde.
J'aimerais bien pêcher un poisson. Quand j'ai vu qu'il y avait pas mal de
poissons, je suis allée chercher le harpon.
Et on a vraiment envie d'en attraper un.
Moi, j'en ai touché un, donc on se dit, allez, on continue, on continue.
Mais là, je suis fatiguée, donc j'arrête.
Avec le beau temps, la sérénité est revenue dans l'équipe jaune.
Chez les Rouges, la journée avance et les tensions ne sont absolument pas
apaisées. Bien au contraire, Sylvie et Linda ne se supportent plus. J'étais
proche de Sylvie. En une journée, ça s'est complètement détérioré. Disons que
je me suis peut-être aperçue de choses qui ne m'attiraient plus. Elle a
beaucoup de vices, très calculatrice.
Elle a dit que quiconque serait venu sur Lille en remplacement, elle ne l'aurait
même pas calculé, puisque toute la tension est basée sur elle et que
personne n'a sa place.
Ici, en tant que remplaçant, j'ai trouvé ça monstrueux. Où est la tolérance ?
Elles s'ignorent mutuellement, mais Lille est bien petite.
Lorsqu'elles se croisent, toute la rancœur contenue refait surface.
Linda, c'était quelqu'un de...
Elle est devenue agressive d'un coup et moi les gens agressifs, non quoi, on me
dit dégage comme ça, c'est non quoi. Donc moi c'est fini avec Linda, c'est
tout, je n'admets pas qu'on me parle comme ça.
Sylvie au départ me prêtait son paréo pour dormir et après elle m'a dit je ne
te prêterai plus mon paréo pour dormir. Elle me fait dégage. Non, je ne t'ai pas
dit dégage.
Si tu m'as dit dégage, vous pouvez demander à Tony, Tony était témoin. Je t
'ai dit barre toi. Et quand j'ai continué à discuter, madame a fait la la
la la la la la la la la. Comme ça, bien énervée.
Donc là je me suis dit c'est pas la peine.
de ce qu'elle peut dire en tapant des mains j'étais peut-être pas aussi
ridicule qu'elle vient de l'être mais
Bon voilà quoi, moi si elles disent que je suis agressive, tant mieux, tant pis,
j'en ai rien à foutre. Moi je pense que t'as pas de faute de personnalité parce
que quand Moune s'est énervée, tu t'es énervée derrière. Dès que Philippe dit
quelque chose, t'es toujours d'accord, t'as pas d'avis à donner.
Moi le groupe entier peut être derrière moi, j'aurai toujours un avis à donner.
Mais moi aussi j'ai un avis.
Bah dis-le alors dans ces cas-là parce que, je sais pas quoi, quand t
'interroges, tu dis ah bah moi je suis le groupe, c'est un peu l'âne qui suit
bêtement le... Non mais ça va, tu vas te calmer.
Tu te calmes, s'il te plaît. Je ne suis pas un âne qui suit le groupe.
Donc ce n'est pas moi l'agressive ? Non mais oui, je ne t'ai pas traité d'âne.
Donc s'il te plaît, mesure tes propos.
Il n'y a pas d'abcès pour moi, puisqu'elle n'est rien à mes yeux.
Elle ne représente rien.
On va arrêter là, parce que moi je sens que c'est un gonfle.
J'en ai un rail-bol.
Vraiment. Ça suffit.
Vraiment. Les relations entre Sylvie et Linda se dégradent depuis le cinquième
jour. Les chances de se réconcilier sont aujourd'hui minimes, d'autant que
Moundir, toujours prêt à défendre Sylvie, s'en mêle. J'ai expliqué à la
dernière fois avec elle, j'ai dit moi ici je suis pas ton ami.
Alors t'embrouilles Sylvie mais moi tu m'embrouilles pas moi.
Elle est super jalouse de cette fille, tout simplement.
Et ça se voit.
Bien sûr qu'elle va pleurer, espèce de sorcière va.
Sorcière va.
Quelle fourchue va. Ouais.
Elle pète les pieds elle.
Tu te renvoies à son soeur, moi, je vais te renvoyer mon... Tu sais ce que je
vais te renvoyer ? Dommage, si y a pas ton mec qui est là, c'est que j'aurais
parlé avec ton mec, moi. J'ai pas parlé avec tes meufs, moi. Je parlais avec ton
mari, moi, directement.
Qu'est-ce qu'il y a ? T'es pas content ? Qu'est-ce qu'il y a ? Qu'est-ce qu'il y
a ? Qu'est-ce qu'il y a ? Arrête, arrête ! Mais il est violent, faut faire gaffe,
là ! Qu'est-ce qu'il y a ? Qu'est-ce qu'il y a ? Tu tapes sur une femme, là ?
Qu'est-ce que tu me casses ? Putain, c'est grave ! Arrête ta race.
Vas-y.
D'un coup, la tension est montée de plusieurs crans dans le camp des Rouges.
Il faut calmer les esprits. Même si la violence n'est que verbale, le
comportement de Moundir est inadmissible, indigne de l'esprit de l
'aventure. Nous décidons qu'il doit passer la nuit à l'écart de ses
compagnons. Les boraux, quels qu'ils soient, ont ainsi toute la nuit pour
réfléchir.
S'il n'a pas compris le message, il le comprendra autrement.
Le jour se lève sur l'île Boro et bien évidemment, les événements violents de
la veille au soir sont abondamment commentés.
Hier, Moon, c'était de la violence pure et dure. Il était en deux secondes. Il
aurait pas eu les caméras, à mon avis, il lui aurait mis une baffe.
Très franchement, il est arrivé à la main sur elle comme ça. Il a gratté la
tente comme un furieux pour rentrer. Il avait sa tête à ça. J'avais mon bras
comme ça.
Et elle a dit, il va me frapper, il va me frapper.
Il était à deux doigts de le faire.
Un furieux comme ça, il n'a rien à faire ici, pour le coup.
Alors, on a une belle équipe.
Il y a Philippe qui est mort.
Moon, c'est un violent. Il vient là pour faire une thérapie.
Sylvie qui est inutile, qui se prend un petit peu pour Miss Monde, qui croit qu
'elle va faire le podium en sortant d'ici. J'ai horreur quand on s'acharne
sur quelqu'un, gratuitement.
Et là, c'est ce qu'elle faisait hier.
Donc j'ai pété un cabot.
Parce que certes, si je la tape, je vais partir, mais elle finit pas le jeu, elle
aussi.
Elle viendra avec moi.
Franchement, on est mieux ici à discuter, on voit la mer, au moins on
profite un peu des derniers jours. Parce qu'on sait que ce sont nos derniers
jours.
Le dénouement est proche, je pense, parce que ça ne devient plus possible
maintenant et je suis certain que ce sera sans retour.
Tony, le capitaine courageux des Boros, est désabusé. Son groupe prend l'eau de
toutes parts.
Les jaunes ne vivent pas de moments aussi intenses. Ce matin, Richard serait
même d'humeur badine.
Bonjour Baloch.
Petite bise.
Ça va ? 3, 2... Oh Richard !
Mais le temps des embrassades est bref, une nouvelle épreuve est annoncée.
Chez vous, une embarcation est échouée. A bout de la retrouver, sachez la
remonter, le drapeau hisser, les balises suivées et peut-être vous gagnerez. C
'est un jeu maintenant ? Les jeunes sont surpris, mais c'est bien un jeu, un jeu
de construction, c'est très simple.
Il faut fabriquer une embarcation solide avec les éléments déposés sur la plage.
Pour les aider, le plan est même fourni. Tu vois qu'on sache... Non, c'est en
intérieur. Non, c'est en intérieur.
Non,
mais c'est celui-là qui doit être en-dessus de celui-là.
Celui-là, il doit toucher le bateau, celui-là.
Oui, ça, ça touche le bateau. Non ? Si, c'est en intérieur.
Si, ces deux-là sont en intérieur.
Ah, ça, c'est en extérieur, ça.
Après les événements de la nuit, les Borons ont du mal à démarrer et ils
découvrent le message tardivement. Je ne sais pas si je vais réveiller parce que
je ne suis pas très intelligente.
Chez vous, une embarcation s'est échouée.
A vous de la retrouver, sachez la remonter, le drapeau hisser, les
balises, suivez et peut-être vous gagnerez.
On devrait confier cette énigme à Philippe qui est de loin le plus
intelligent du groupe, qui ne sait faire que casser les membres de son équipe et
ne pas reconnaître l'intelligence où elle se trouve. Pour Philippe, une
équipe c'est...
Un cerveau divisé en six, donc le sien qu'on devrait diviser en six, je pense,
mais je pense qu'on a tous un cerveau, contrairement à ce qu'il croit.
Et il est temps qu'il s'en rende compte, parce que Philippe m'exaspère beaucoup.
Voilà. Il n'a pas la science incluse, il se croit intelligent et cultivé, parce
qu'il a 43 ans, et que j'en ai que 27.
Philippe, Philippe, je l'adore.
D'ailleurs, je vais aller lui parler.
J'aimerais bien que tu arrêtes, en fait, de dire des choses que tu ne connais pas
sur mon compte.
Non,
non, non, tu ne connais pas ma vie, tu ne te mises pas dans ma vie personnelle.
Tu ne dis pas que je suis ici d'une famille bourgeoise, tu ne sais rien de
moi. Je ne me suis pas permis, moi, de rentrer dans ta vie personnelle.
On est là pour un jeu.
Tu n'es pas là pour me critiquer, Philippe. Je ne rentre pas non plus dans
ta vie privée. Tu ne me connais pas, d'accord ? J'exprime simplement ce que
je pense être de ton analyse personnelle. Tu penses, tu ne sais pas.
Alors, quand je ne suis pas là, ce n'est pas le moment de critiquer. Si tu veux
parler, on parle.
Mais quand tu n'es pas là, j'en ai parlé avec toi aussi, j'en ai pas parlé à l
'extérieur. Mais tu ne me connais pas, Philippe. Comment tu te permets de juger
?
Malgré cet incident, les rouges se mettent à leur tour à l'ouvrage.
La matinée avance, il faut rattraper le temps perdu.
Là, c'est bon, de ce côté-là.
Ça va, hein ? Ça a l'air solide.
Faut bien équilibrer les poids. Tony, combien, toi ? La même partie, 72, mais
maintenant, 65.
Tony et Linda, à gauche.
Hélène, Sylvie et moi, à droite.
Les jaunes sont bien avancés, mais des divergences apparaissent.
Moi, j'ai juste un truc. Si vous n'avez rien envie de branler, vous le dites
tout de suite.
Non,
mais on est en train de s'enrouler.
Donc allez-y, faites-le.
Comme ça, après on verra. Mais là, attendez, vous avez rien fait, là.
Arrête de me dire, on fait rien. On commence à attacher un truc, vous êtes
là encore. Dès qu'on se dit quelque chose, tout le monde fait la gueule.
Putain, on peut le faire calmer, non ? Attachez-le, c'est cher de le brûler
pour rien.
C'est quoi, nous ? Je vais attacher ça.
C'est bon, là. C'est bon, là, si, c'est bon. Mais non, c'est pas bon, non.
J'ai un mauvais esprit, finalement.
Je pensais que tu avais vu quelqu'un de bon.
Mais non, tu es mauvais dans le fond. Tu as un esprit malin.
Si.
Si.
Susceptible, ouais.
On m'a vexé. Entre l'attente, en train de me dire j'ai dormi. Mais moi, c'est
pas moi qui t'ai dit ça, c'est l'autre. En train de me dire avec les planches,
je sais pas quoi.
On se rend d'homme et puis on passe à autre chose, là.
Quelques petites frictions chez les Machigas, mais rien de sérieux. La
construction de l'embarcation est maintenant achevée.
Il est 13h, place à l'épreuve.
Bonjour à tous, les Rouges, est-ce que vous m'entendez ? Bonjour Denis, ici
Philippe pour les Boros. Bonjour les Jaunes, les Machigas, est-ce que vous m
'entendez également ?
Bonjour Denis, c'est Sébastien, on t'entend sans problème.
Alors, je vous demande d'être particulièrement attentif pour écouter l
'énoncé de ce jeu de confort.
Votre objectif, c'est de venir me rejoindre le plus vite possible.
L'équipe qui gagnera sera celle qui touchera le bateau en premier.
Vous êtes prêts ? Oui ! Attention !
Le bateau est ancré à mi-distance des deux îles Boro et Machiga.
Les deux tribus ont donc environ un mille marins à parcourir à la force des
pagaies.
Vous découvrez entre votre île et le
bateau trois balises.
Vous devez passer par ces balises. C'est en tout cas un conseil que je vous
donne, car à chaque fois vous pourrez récupérer un ustensile qui favorisera
votre progression.
La tactique jaune, envoyer un nageur à la balise, charge à lui de rattraper le
radeau.
Les rouges sont
encore loin de la première balise mais ils restent groupés.
C'est pas mal là, c'est pas mal, on est bien, on est bien.
C'est donc ensemble qu'ils font naufrage une fois de plus.
Décidément, les rouges n'ont pas de chance avec les pirogues indiennes. La
vague les a tout simplement retournés.
Pendant ce temps-là, les jaunes avancent sous l'impulsion de Richard.
Moussa est en difficulté, il ne parvient pas à rattraper le radeau.
Moussa, psychologiquement, il était abattu et on ne le sentait pas à fond.
Et ça s'est retraduit dans sa façon de nager.
où il a pris peur, il s'est dit, j'ai pas la force, je vais pas rejoindre le
bateau, et il a paniqué, quoi.
Allez, on recule, allez, on recule, on va chercher Moussa, allez, on recule.
Tant bien que mal, les boraux font avancer leur embarcation qui flotte
entre deux eaux.
Moussa est finalement repêché, mais il est à bout de force, il ne peut plus
participer à l'effort collectif.
A la dernière balise, les deux équipes trouvent une corde reliée au bateau
arrivé. Il faut tirer dessus pour avancer le plus vite possible jusqu'à la
fin de l'épreuve. Le bateau rempli d'eau des rouges est évidemment beaucoup plus
lourd à tirer que celui des jaunes. C'est donc logiquement que les Machigas
remportent la victoire.
Moussa a vécu de bien mauvais moments pendant l'épreuve et cette fois-ci, il
ne simule pas. Par mesure de précaution, le docteur décide de le placer en
observation à l'infirmerie.
Les rouges, désolé, ça fait un moment que vous vous êtes rendu compte que les
jaunes avaient touché le bateau. Ce sont donc eux, les machigas, qui remportent
ce jeu de confort.
Pour la récompense, je vais la garder encore un tout petit peu pour moi. Et je
vous donne d'ores et déjà rendez-vous tous sur l'île des Boraux.
Bienvenue dans le camp des Rouges.
C'est une situation un peu incongrue, je le conçois.
Mais c'est ici que tout va se passer pour votre récompense. Vous allez avoir
très exactement deux minutes pour prendre ce que vous voulez dans le camp
des Rouges.
Tout ce qu'on veut. Il n'y a rien d'interdit.
Le riz, c'est clair.
Le riz est trop bon.
La brapa, c'est trop loin.
Les réserves, il n'y a pas un peu de réserve. Les réserves, il n'y en a pas.
Les jaunes, vous êtes prêts ? Attention,
deux minutes, top chrono.
Les rouges, vous pouvez les suivre.
Le riz.
Le riz, ouais. C'est bon, ça a l'air bon, ça.
Vas-y, vas-y.
Le riz, le riz, ouais, le riz. Le riz. Tiens, mets-le là-dedans, mets-le là
-dedans.
Tiens, ils ont du manioc.
Regarde, les racines.
Il vous reste 30 secondes.
10 secondes.
Le compte à rebours est déclenché.
5, 4, 3, 2, 1.
Richard,
vous
êtes peut-être le mieux placé pour nous parler du butin, puisqu'il y a encore
quelques jours, vous étiez ici même, dans ce camp rouge, et depuis, vous êtes
jaune. Alors, qu'est-ce que vous avez récupéré en deux minutes ?
En deux minutes, c'est pas si mal.
Il y a apparemment du manioc, je crois, c'est tubercule, qui n'était pas là
quand j'étais chez les Rouges. De la canne à sucre, il y en avait à l'époque
un petit peu plus.
Un peu de fruits de l'arbre à pain, ce qui je pense va être très sympathique,
vu qu'avec le feu, on va pouvoir bien le manger.
Sylvie, vous n'avez pas voulu tout à l'heure aller assister à cette exaction
des jaunes ? Pourquoi ?
Non, parce que je trouve ça vachement dur.
Ça
m
'a gênée qu'on vienne violer notre petite intimité à nous ici.
Je suis sensible.
Alors, voilà, ça m'a touchée. Nous, on rigolait un petit peu.
Le film est au bord de la crise de tétanie.
C'est pas évident pour lui de réagir.
Le riz, ils ne l'ont pas trouvé.
Le temps s'écoulait et ils m'ont demandé, mais vous avez mangé votre riz
? Moi, pas con quand même.
Je dis, bah oui, on a tout mangé.
Le plus important pour nous, c'était la bâche quand même. Parce qu'on dormait
dans le sable avec tous les bestioles, c'était pas le pied.
Cette scène brutale de pillage a profondément choqué la plupart des
boraux. Le remords n'étouffe pas les machigas, c'est même la bonne humeur qui
règne.
Ce Philippe, c'est différent. Il rigolait parce qu'il ne voulait laisser
aucune impression passer.
Mais Mundi a mouru de rire.
Il était contenu.
Il faudrait qu'on fasse comme ça.
Et d'ailleurs, j'ai senti toute cette haine quand j'ai pris la caisse. Il est
passé tout droit et il m'a poussé au passage.
C'était monsieur qui passait. Il a mis un grand coup de pied dans un gilet de
sauvetage. Il était vraiment en colère. Il était fou furieux. Qui menace
Richard, ça m'a gonflé, ça m'a énervé. On a pris le manioc, mais du coup, on en
a trouvé.
Et puis, qu'est-ce qu'on a pris d'autre ? Le fruit à pain.
Bonne nuit les amis.
Les machigas mangent ce soir copieusement et se couchent assez
contents d'eux-mêmes.
Les bourreaux se lèvent, eux, avec le goût amer de la défaite dans la bouche.
Mais une épreuve est annoncée. L'occasion peut-être de faire payer aux
jaunes leur sacrilège.
C'est l'instant où se dilatent les pupilles, où se contractent les
papilles. On va bouffer. On va bouffer un truc dégueulasse.
Malheureusement pour eux, les rouges ne semblent pas très motivés pour affronter
cette nouvelle épreuve d'immunité. Les machigas de leur côté sont gonflés à
bloc.
On se dilate les pupilles, on se contracte les papilles. C'est pas
forcément des vers, c'est peut-être des scorpions, des araignées. Et tu nous
fais pas un gaga nerveux. Non, je mangerai mon verre. Et en face, donc
chez nous c'est bon, et en face, il faut choisir Linda.
Ah ouais ? Ah ouais.
La horreur des vers.
J'ai mes informations.
Super, on choisit Linda. La sérénité règne chez les jaunes, mais attention,
pas de confiance excessive.
Enjeu, le conseil pour la tribu vaincue, et donc...
L'élimination d'un aventurier.
Et ça commence mal pour les Rouges. Sitôt débarqué, Philippe s'écroule, il
est à bout de force et doit être évacué d'urgence à l'infirmerie. Mais il n'est
pas hors-jeu, le docteur va mettre tout en œuvre pour lui permettre de regagner
son campement dans les meilleurs délais.
Bonjour à tous. Bonjour.
Antoine, je voudrais récupérer le totem.
Vous l'avez constaté, vous êtes 6 jaunes contre 5 rouges.
Donc un des jaunes va être exclu de cette épreuve d'immunité. Moussa,
écrasez-le.
Blanc, vous participez.
Richard.
Blanc.
Alexandre.
Noah, Alexandre, vous allez vous mettre à la droite de Moussa.
Les boros, les machigas.
Je vous propose de participer à un repas un petit peu particulier.
J'appelle derrière la table des jaunes, Richard.
Allez Richard.
Derrière la table des rouges, Sylvie.
Vous distinguez cinq gros morceaux de poisson cru.
Vous en avez un chacun à manger pour votre équipe.
Vous ne vous servez que de votre bouche.
Ce qu'il y avait autour, c'était vraiment un fait. C'était pourri, quoi.
Pourri de chez pourri. Et ça sentait vraiment mauvais.
Quand vous voulez.
Arrivé au milieu du poisson, les nerfs me rentraient dans le fond de la gorge
et je n'arrivais pas à trancher les nerfs. Donc il fallait que j'avance et
les nerfs, il fallait qu'ils avancent dans le fond de la gorge.
C'est bon ? Ok Richard !
Un morceau partout, Sylvie a surmonté son dégoût. Antoine.
Sébastien.
Ce n'est pas une surprise, Sébastien et Antoine avalent le morceau de poisson
nauséabond sans broncher.
Du côté des jaunes, Valérie.
Chez les rouges, Hélène.
C'est dégueulasse.
Ça y est.
C'est bon.
Hélène, Hélène.
Vous n'avez à peine mangé la moitié, ça ne suffit pas.
J'ai essayé, ça ne sert à rien. Je vais manger une bouchée, je ne finirai pas et
je vais vomir ici.
Vraiment.
Hélène abandonne. Les jaunes sont donc en tête.
Moussa pour les jaunes.
Moins de dire pour les rouges.
Allez mousse !
Après le passage de Mundir et Moussa, il y a toujours un morceau d'avance pour
les jaunes.
Linda, pour avoir une chance de continuer à espérer dans cette épreuve d
'immunité, il faut aller au bout, il faut manger le filet de poisson.
Je ne peux pas mettre la tête dedans, ça chlingue, c'est dégueulasse.
Je peux bien goûter, mais ça chlingue.
Mais je mors, mais c'est une petite douche.
Allez.
Il y a une mouche tout là.
Non, non, je... Je n'y reste pas.
Vous êtes bien sûre ? Je vaux mieux.
Vous allez faire perdre votre équipe ?
Les Boros, pas de discussion possible.
Bon retour sur votre bivouac.
Et à ce soir pour le conseil.
Sébastien, bravo, félicitations. Vous avez tous été impressionnants.
Franchement, bravo. Le défi vient de s'achever sur une défaite prévisible
des Rouges. Linda et Hélène n'étaient guère motivées. Mais pour Moundir,
perdre est toujours aussi humiliant.
Devant leurs adversaires et sur les lieux même de l'épreuve, les reproches
fusent.
On sait que t'es venu ici pour gagner les 100 000 euros, tu l'as dit.
Moi, quoi ? J'ai dit quoi ? Au coin du feu, tu l'as dit.
Moi,
j'ai dit que je suis venu ici pour gagner les 100 000.
Moi, je te dis ça une fois, moi ? Tu sais quoi ? Je vais lui balancer la
bâche dans la gueule.
Moi, je te dis ça, moi ? Moi, je te dis ça, moi ? Attends, est-ce que moi, je te
dis que je suis venu ici pour les 100 000, moi ? Est-ce que moi, je te dis ça
? Qui te l'a répété ? Qui te l'a répété ? Je la bave tout de suite.
Tout de suite et je m'en vais après devant tout le monde. Vas-y, qui te l'a
dit ? Parle, t'es une femme. Qui te l'a dit ? Moi, j'ai dit ça ?
C'est toi qui a dit ça, qui lui a dit ? T'as dit que t'étais là pour gagner le
jeu, les 100 000 ! Moi j'ai les 100 000, espèce de grosse... Bon là, euh... Là,
euh... Tu m'as déjà entendu parler comme ça, Sylvie, dis la vérité.
Regarde-moi dans les yeux, est-ce que tu m'as déjà... Non, non, non, attends, on
va aller voir Philippe aussi, tu m'as déjà entendu dire ça. Assez-toi là, je t
'ai dit ça, tu m'as dit ça hier soir. Assez-toi là.
On a dit...
Voilà ce qu'il m'a dit hier soir, et c'est tout à ton honneur. Vas-y, répète
bien à la caméra, répète bien parce que je vais en tarter une tout de suite.
Hier soir, bon je ne sais pas si par le passé il a eu dit quelque chose, je ne
sais rien.
Eh, Moun ! Hier soir, il me dit, il me dit si par hasard, si par hasard
je gagnais, si par hasard je gagnais, j'ai souffri à ma mère pour payer ses
dettes.
Voilà ce qu'il m'a dit.
Voilà ce qu'il m'a dit.
Et je crois que c'est tout à son honneur.
Moi, t'as menti, je vais te déchirer, t'as compris ? Fille ou pas fille, je
vous déchire toutes les deux.
Juste pour le mensonge que t'as dit.
J'ai jamais joué pour l'argent, moi.
Tu vas voir. Moi,
pour gagner 100 000.
Moi, pour être sûr.
C'est toi, Moun.
Moun.
Les Machigas ont assisté à la scène.
Et il faut bien le dire, la violence de Moundir les a profondément choqués, les
femmes principalement.
Valérie et Isabelle ressentent une vraie solidarité féminine. Pour Hélène et
Linda, les cibles favorites de Moundir.
Il a dit qu'il était venu là pour gagner,
même s'il s'est foutu de Hélène en disant... J'étais venu là pour rigoler.
Pour rigoler, pour s'amuser. Voilà.
Et personne n'est capable de le dire.
Évidemment, elle ne va pas se mouiller.
Mais c'est ce qui a été dit réellement.
S'il veut me violenter comme il a voulu faire hier soir, je porterai plainte.
Il a poussé le bouchon un peu loin.
Il a parlé de ton mari.
Qu'est-ce qu'il vient foutre le mari là-dedans ? Il a poussé fort.
Qu'est-ce qu'il a dit ? Il est où ton mari ? Qu'est-ce que ça peut foutre de
mon mari ?
Stéphane, c'est quelqu'un de bien, il est intelligent, il lui arrive même pas
la cheville.
Qu'est-ce qu'il aurait tapé sur mon mari ? Pourquoi ? Taper sur une femme,
c'est la chose la plus dégueulasse qu'on peut faire.
Linda a eu très peur. Une telle violence, même verbale, est inacceptable
et le problème est maintenant posé.
Moundir représente-t-il un danger pour ses compagnons ?
Le psychologue de l'aventure doit évaluer la situation.
Le principe de l'intimidation, c'est de se montrer plus gros, plus fort ou plus
dangereux qu'on ne l'est en réalité.
Les menaces, la violence verbale, elles étaient aussi exagérées. Le danger n
'était pas réel.
Cet avis rassure la production.
Tout danger de voix de fait de la part de Moundir étant écarté, nous l
'autorisons à rejoindre le reste de la tribu. Et si sanction il y a, elle
viendra par la suite de ses coéquipiers au conseil.
Comme j'ai dit, je m'en excusais.
J'arrêterai justement ces excès pour me contrôler parce que j'ai fait mon
autocritique.
Ça m'a servi de leçon.
On n'a jamais fini d'apprendre de toute façon.
La situation est confuse dans la tribu Boro.
Le paroxysme verbal de Moundir brouille les cartes.
Difficile dans ces conditions de se déterminer sereinement.
Je pense que Linda a délibérément démontré qu'elle n'avait pas envie de se
battre. On parle trop, je pense.
On est en groupe et il faut faire attention aux humeurs de chacun et d'un
autre côté.
La réaction violente de Moundir a été la plus impressionnante. Il ne se contrôle
pas, je crois, à un moment donné.
C'est dommage pour lui et pour le couple aussi.
Il n'y a plus de solidarité féminine. Sylvie a été dans l'ombre des hommes dès
le départ.
Je suis venu ici pour vivre une très grande aventure, pour apprendre à me
calmer, pour apprendre aussi à voir comment les gens arrivent à se
transcender. Le départ de Moundir serait pas un bienfait, mais en tout cas,
tendrait à apaiser un peu les tensions.
Je sais qui c'est qui va être rejeté.
Dans l'immédiat, je ne crains rien. Ce n'est pas moi qui vais devoir partir ce
soir, je pense.
Ce soir, il y aura trois contrats.
Ça y est.
Je pense que ce sera nous ce soir.
Philippe est malade, je ne peux pas parler pour lui.
Moi, j'ai de la peine pour lui, je lui dis au revoir. On sait que s'il vient, s
'il ne vient pas...
La vie continue quand même. Là, c'est le physique qui flanche, mais mentalement,
il est costaud.
Donc j'espère que les médecins arriveront à le remettre sur pied.
Il faisait partie de ceux qui disaient et qui critiquaient les gens qui
allaient voir le médecin, qui s'étaient refait santé et qui revenaient deux
jours après fringants, comme tout.
Pour l'instant, Philippe doit rester en observation. Mais vu l'importance
stratégique de son vote pour le conseil de ce soir, je décide de recueillir son
bulletin à l'infirmerie.
Bonsoir Philippe.
Bonsoir Denis.
D'abord, comment ça va ? Mieux, beaucoup mieux que ça.
Alors ce matin, je vous l'apprends sans doute, votre équipe a perdu l'épreuve d
'immunité, donc elle se retrouve au conseil.
Mais le médecin ne vous autorise pas à participer physiquement à ce conseil, et
vous serez quand même présent, c'est-à-dire que vous allez voter, et qu
'on peut éventuellement voter contre vous.
Merci Philippe. Voilà, merci.
Une bonne nuit de repos, les fortifiants que vous donne le médecin.
Et j'espère vous retrouver très très vite au milieu de votre équipe pour
poursuivre l'aventure. J'espère grandement, moi aussi. Merci. A très
bientôt.
L'heure du départ a sonné. Tout est possible ce soir. Moundir sait que sa
violence risque d'être lourdement sanctionnée.
Linda et Hélène se sentent isolées. Et Tony, sans Philippe, peut être la cible
d'un vote des femmes.
Sylvie sait qu'Hélène et Linda ne lui feront aucun cadeau.
Quant à Philippe, son état de santé précaire le condamne selon les principes
qu'il a lui-même érigés.
Ils marchent tous dans la jungle avec leurs affaires à la main, car l'un d
'entre eux ne rentrera pas au bivouac ce soir.
Avec lui. Il y a des mots qui ont dépassé ma pensée, effectivement.
Parce que je ne supportais plus ce côté macabre,
ce vice que du mensonge, que pour faire
mal.
Je ne l'ai pas supporté.
Là, on n'a plus de raison de s'inquiéter ? Pas du tout.
Il n'y a aucun problème, je vous donne ma parole.
Rarement dans l'histoire de Koh-Lanta, on a assisté à de pareilles scènes. La
cohésion des Rouges a volé en éclats. Leur défaite est donc logique et la
situation est de plus en plus explosive.
Les Boros marchent actuellement dans la jungle en direction d'un conseil à haut
risque. Tout peut arriver, c'est vrai, mais quoi qu'il en soit ce soir, l'un d
'entre eux sera exclu et devra rentrer en France.
Bonsoir Hélène. Bonsoir.
Vous mettez votre flambeau ici.
Bonsoir Denis. Bonsoir Linda.
Et enfin, bonsoir Moundir. Bonsoir.
J'ai des nouvelles à vous donner de Philippe.
Il fait toujours partie de l'aventure.
Il se remet petit à petit de son problème médical, mais le médecin a
estimé qu'il était encore trop tôt pour lui.
de revenir parmi vous.
Mais comme il fait toujours partie de l'aventure, c'est comme s'il était là.
Il a voté depuis sa chambre et il peut très bien être éliminé. Vous pouvez
voter contre Philippe si vous le souhaitez.
D'accord ? Bon, vous êtes tous en face de moi et je n'ai pas l'impression de
voir vraiment une équipe.
Je croyais avoir une tribu soudée.
Et en fait, j'ai face à moi une somme d'individualité.
Linda, qu'est-ce qui pose problème aujourd'hui chez les Boros ? Ça n'a
jamais été une équipe en fin de compte.
Moi, je ne suis pas d'accord avec ce point de vue, Linda.
Quand je me souviens de vos victoires passées, vous avez gagné deux épreuves d
'immunité consécutivement. On a senti cette solidarité. On vous a sentis tous
portés par le même esprit. Oui, au jeu. Mais sur le camp, c'était toujours la
même...
La même morosité, c'était toujours mort.
Parce qu'on a marre de cette ambiance, c'est tout.
On a beau faire des efforts les uns les autres, apparemment ça ne fonctionne
pas. Chacun en a marre.
Je pense que c'est un ras-le-bol quotidien.
Moundir, les tensions sont un petit peu retombées.
Comment vous analysez tout ce qui a pu se passer ? Ces emportements ? Qu'est-ce
qui s'est passé ? On rentre dans notre camp, et puis là, J'ai une discussion
avec Hélène, j'ai la bâche dans la main, elle commence à me dire « ouais mais toi
t'es là pour gagner ». Je fais « attends quoi ? ». Je balance la bâche, je fais «
qui t'a dit ça ? ». « Qui t'a dit que moi j'étais là pour jouer pour 100 000
euros ? ». Elle m'a dit « on me l'a dit ». Je fais « dis-moi qu'un » et je l
'attarde tout de suite.
Comme par hasard, la bonne parole, Linda, toujours pareil.
Linda, aujourd'hui, qu'est-ce que vous répondez à Moundir ?
Je réponds qu'il a de la haine en lui et il n'est pas capable de se contenir. Et
je crois qu'il est dangereux pour lui-même et pour les autres.
Et effectivement, avant-hier, il est rentré en furie dans la tente.
Il voulait me cogner carrément. Il l'aurait fait, je pense, s'il n'y avait
pas eu les caméras.
Et l'haine aussi a failli.
Donc je pense que moi, ça m'a démotivée complètement aujourd'hui. Est-ce que
vous avez le sentiment, Linda, d'avoir essayé ?
Depuis que vous sentez cette animosité avec Mondial, est-ce que vous avez
essayé de l'apaiser ? Est-ce que vous avez essayé d'aller vers lui ? Non, pas
d'aller vers lui, mais dans l'attente, je lui ai dit, mais calme-toi, on ne va
pas. Et l'Anne s'y est mise aussi en disant, calme-toi. Et là, il est venu
comme un ogre.
Il est sorti de ses bons. Il n'arrive pas, quand il sort de ses bons, il ne
réagit plus, il ne sait plus qui il est. Et à mon avis, il est dangereux pour lui
-même. Vous me direz, est-ce que c'est une apparence ? Est-ce que vous êtes
comme ça pour vous donner une contenance ? Non, pas du tout. Je pense que si j
'aurais été dangereux... Parce que si je vous compare à Linda, franchement, il n
'y a pas photo. Et j'ai envie de vous dire que... Bien sûr qu'il n'y a pas
photo. Il ne faut surtout pas. J'ai 29 ans, je n'ai jamais levé la main sur une
fille. J'ai l'habitude de bosser qu'avec des femmes. Le problème, c'est qu'elles
veulent tenir tête.
Moi, je suis un tempérament où il ne faut pas trop me tenir tête.
Elles avaient tort là-dessus.
Linda, aujourd'hui, vous ne dites pas que vous êtes en train de vivre une
aventure exceptionnelle, dans un pays exceptionnel, que jamais plus dans votre
vie, vous ne pourrez vous retrouver dans de telles conditions et que vous êtes en
train de tout gâcher ? Non, je ne gâche pas tout.
Je ne gâche pas tout. Mais quand il s'agit d'une violence et de me faire
taper dessus, je dis stop.
Et avant ça ?
Est-ce que vous n'avez pas eu l'impression de gâcher ça ? Avant ça,
pour des broutilles, si, évidemment.
Évidemment qu'après, on se dit, mais comment on a pu en arriver là ? Moundir,
est-ce que vous avez conscience aujourd'hui qu'elles aient pu avoir peur
? Mais bien sûr. Je parle de Linda, mais Hélène était à ses côtés. Bien sûr, je n
'ai pas fait ça pour être gentil.
Si je n'aurais rien fait, elles m'auraient monté dessus.
Et on ne monte pas dessus, tout simplement.
Sylvie, comment vous réagissez par rapport à la violence de Moundir ? Non,
mais je ne tolère pas la violence.
C'est clair.
Vous lui avez dit ? Non, on n'en a pas discuté encore de ce qui s'est passé cet
après-midi.
Vous n'avez pas eu envie d'en discuter ? Non, mais je crois qu'il avait besoin d
'être... Enfin, il s'est un peu isolé depuis qu'on est rentrés.
On n'a pas eu l'occasion de discuter.
J'ai laissé tranquille dans son coin.
Antoine, après cette discussion longue et instructive, quelles sont vos
conclusions ? Alors, peut-être y a-t-il quelqu'un actuellement qui, jusqu'à
maintenant, n'a pas fait tout ce qu'il aurait pu faire.
On va essayer tous ensemble de voir ce qu'il y a lieu de faire et à notre âme
et conscience, on va voter pour peut-être éliminer celui qui doit être.
Bon, tous autant que vous êtes, Moundir, Sylvie, Antoine, Linda et Hélène, il va
maintenant falloir passer au vote.
Il y a déjà un bulletin dans l'urne.
C'est celui de Philippe.
Je suis allé le voir à l'infirmerie.
Il m'a donné son bulletin, il a exprimé son choix.
À vous de faire de même.
Hélène, allez-y.
Donc voilà, je vote Moundir car c'est un violent dans l'âme, il n'a pas sa place
sur cette île, il est dangereux pour lui-même et pour les autres.
Sylvie, c'est à vous d'aller voter.
Et enfin Moundir ?
C'est à vous que revient la responsabilité de clore le vote.
Mon Dieu, s'il vous plaît, est-ce que tu peux enlever tout le venin qu'elle a
dans son corps ? Parce que c'est une fille à 25 ans qui a un mensonge à la
perfection.
Le sort de l'un ou l'une d'entre vous est
désormais scellé.
Vous avez tous voté.
Donc il y a à l'intérieur de cette urne vos 5 bulletins plus celui de Philippe.
Je vous rappelle qu'il a voté un petit peu plus tôt à l'infirmerie.
Et j'espère de tout cœur qu'il vous rejoindra au plus vite.
Si d'aventure, vous ne l'avez pas éliminé ce soir.
Je vais donc maintenant passer au dépouillement.
Moundir.
Mundir. Linda.
Linda.
Quatre bulletins ont été dépouillés.
Deux contre Mundir, deux contre vous, Linda.
Il en reste donc deux.
Linda.
Ce dernier bulletin est décisif.
Linda.
Linda, vous l'avez déjà compris.
Prenez votre sac, allez récupérer votre flambeau et rejoignez-moi.
Linda, ils ont choisi...
Vous devez quitter l'aventure.
Mais avant de la quitter, la tradition veut que vous puissiez vous exprimer une
dernière fois devant eux.
J'ai vécu mon aventure.
J'ai vécu ce que j'avais à vivre.
Donc Hélène, je te souhaite beaucoup de courage et de chance.
Et on se reverra après. De toute façon, il n'y a pas de souci quant à Sylvie et
Tony. Ils ont l'esprit aventurier et c'est eux qui mériteront.
Parmi les boraux, d'aller en réunification. Quant à la violence, pour
moi, elle n'a pas de place sur l'île.
Donc, voilà.
Comme disait Alexandra, méfiez-vous de Moun.
Au revoir.
Contre toute attente, les boraux ont choisi. Ce n'est pas Moun dire, mais
Linda, qui doit quitter le Panama.
Son franc-parler, son caractère entier n'ont pas su trouver d'écho compatissant
dans cette tribu vraiment impitoyable.
Je vote Linda parce qu'aujourd'hui, elle n'a plus la volonté nécessaire pour
continuer l'aventure.
Je vote Linda car elle a baissé les bras et veut quitter l'aventure.
Pour ma part, je vote Linda parce que c'est la personne qui, dans le groupe, c
'est le plus vite découvert sous son vrai visage et son vrai caractère.
Je ne supporte plus ces agressions injustifiées et sa violence excessive
dans le jeu. Il est sorti du cadre du jeu.
Il y a beaucoup de machos, de machisme.
On nous a pas vraiment laissé... C'est vrai qu'on entendait souvent qu'on
aurait eu un homme de plus, qu'on aurait peut-être réussi.
Mais moi, avec mon frère en parler...
Je suis peut-être une femme, mais j'ai ma place, j'avais ma place sur l'île.
Ils ne sont aujourd'hui plus que 11 naufragés perdus sur les deux minuscules
îlots de la mer des Caraïbes. La semaine prochaine, un autre aventurier partira.
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