All language subtitles for Permis.De.Detruire.2026.FRENCH.1080p.WEB.H264-SUPPLY

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Original subtitles

Musique entraînante

Nous allons procéder à l'embarquement

du vol Air Corsica XK232, à destination de Calvi.

Nous demandons aux personnes accompagnées d'enfants

de bien vouloir se présenter.

Bonjour.

Merci, bon voyage.

Bonjour, monsieur.

- Merci, bon voyage. - Merci.

- Eh, Santu ! - Quoi ?

- Eh ben, ouvre la bouche ! - Elle est ouverte.

- Non. Eh, Santu, ouvre la bouche.

Non mais plus !

Ah !

Bouge pas, n'aie pas peur.

Perceuse

Stop !

Stop, stop ! Loulou !

Stop ! Stop !

Stop ! Y a trop de bruit, je peux pas travailler.

- (Accent portugais) - Je fais comment ?

Je peux pas mettre le silencieux.

Oh !

Laisse-le se concentrer.

- Oh, c'est mes dents, merde. - Eh oui.

C'est pas possible.

- Il soupire. - C'est fou.

Allez, détends-toi, tu vois.

Je suis détendu.

Eh non. Ouvre la bouche.

- Ouvre bien. - Voilà.

Attends, attends. Attends, Dominique.

Non, Dumè. Pas Dominique.

- Dumè. - Voilà.

Tu me fais une autre anesthésie ?

Je t'en ai déjà fait quatre.

- Il se racle la gorge. - Bonjour, madame.

"Heu."

Vous avez une voiture de disponible ?

Non.

Ah, mince.

Euh...

Où se trouvent les taxis ?

Y en a pas.

Ils sont morts.

Y en avait quatre,

mais ils se sont fait tuer.

Ah bon ?

- Ah. Mais qu'est-ce qui s'est passé ? - Vous savez,

on est peu de chose.

Dans la vie, on est vivants.

Et puis hop, on meurt.

C'est la vie. C'est comme ça.

Oui, bien sûr.

Bon, merci, madame.

Au revoir.

Allez. La dernière, hein ?

Attends, attends, attends.

Tu es obligé de mettre l'aiguille ?

Santu...

Oui, OK.

Allez.

Allez.

Ouvre la bouche, là.

Tu vas voir, c'est pas la même chose si ça arrive dans l'œil.

Bouge pas.

Bouge pas. Bouge vraiment pas.

Musique cocasse Gémissements

Voilà.

- C'est bon, avec ça, je vais pas avoir mal ?

- Bah là, je te coupe la langue, tu sentirais rien.

Ah, ça, c'est bien.

Allez, c'est bon.

Allez, vas-y.

Ouvre.

Ouvre. Regarde bien.

Sonnerie chant corse

Ah... Ah, attends.

Oui ?

Allô ?

C'est moi, Olivier.

- Ah, Olivier ! Comment ça va ?

Je suis à l'aéroport de Calvi.

- Ah bon ? Mais tu devais arriver ce soir.

Oui, mais y avait un avion

ce matin, donc j'en ai profité pour le prendre.

Voilà, je suis là.

- Ben OK, sauf que moi, j'ai un problème.

Je suis au cabinet. Je pourrai jamais venir.

Prends un taxi.

Justement, je voulais t'en parler.

Ils m'ont dit que les taxis se faisaient descendre.

- Mais non ! Qu'est-ce que... Qui t'a raconté ça ?

Une dame, là.

À la location.

Ah, oui ? Ça doit être Chantal.

Elle adore déconner. C'est une blague.

Ouais.

- Ouais, beh la "macagna". L'humour corse.

C'est un drôle d'humour.

Qu'est-ce que je fais ? Je t'attends ici ?

Oui, att... Santu !

Mais... tu vas où ?

C'est pas fini.

- On finira plus tard. Dis-lui que je vais aller le chercher.

Ah. Bon...

Bouge pas, j'ai un ami qui vient te chercher.

Ah, super !

Merci. À quoi il ressemble ?

- À rien. T'inquiète pas, lui va te reconnaître.

Ici, quand un mec, il débarque du continent,

ça se reconnaît même dans le noir.

Musique cocasse

On frappe.

Entrez !

- Bonjour. - Bonjour.

Qu'est-ce que je peux faire ?

Je viens pour Maurice.

Maurice ?

- C'est mon sanglier. - Oh !

Alors, qu'est-ce qui lui arrive, à Maurice ?

Il faudrait lui parler.

Il est dans la voiture.

Vous voulez pas aller discuter avec lui ?

Euh...

Alors, comment vous dire ? Déjà, je ne parle pas le sanglier.

Donc, avoir une discussion avec lui, ça va être un peu compliqué.

Et qu'est-ce que vous voudriez que je lui dise ?

Je pense qu'il est bipolaire

ou qu'il a un dédoublement de personnalité.

- Monsieur, je suis vétérinaire, pas comportementaliste.

Vrombissement de moteur

Crissement de pneus Coups de klaxon

Vrombissement de moteur

Crissement de pneus

Frein à main

- (En zozotant) - Bonjour. Olivier ?

Oui, c'est ça. Bonjour.

- Moi, c'est Santu. - Comment ?

Santu.

- Fantou ? Ah, enchanté, Fantou.

- On va les mettre dans le... - Pardon, vous avez du...

du sang qui sort de la bouche, là.

- Ah ! C'est à cause des piqûres. - Ah, des piqûres.

Évidemment, il est sous traitement.

- J'ai dû me mordre la langue. - Sûrement, oui.

Excusez-moi, on peut y aller, monsieur Fantou ?

- Oui, bien sûr. - Allez.

Musique cocasse

Attendez, je mets la ceinture.

Attendez, j'ai pas mis la ceinture ! Oh !

La ceinture !

J'aime pas le dentiste.

- En bégayant - Et tu-tu crois que moi, j-j-j'aime ?

- Ce qui me fait peur, c'est la roulette. J'ai horreur de ça.

- T'in-t'in-t'in-t'inquiète pas.

Maintenant, ils font des rou-rou... des rou-rou... des roulettes au to-top.

Musique cocasse

Allez, suivant.

Qu'est-ce qui lui arrive ?

- Il se chi-chi... Il se chi-chi... Il se chi-chie dessus.

Coup de klaxon

Il tousse puis vomit.

Oh !

Olivier !

- Ça va ? - Ça va, ça va.

- Qu'est-ce qui se passe ?

T'es malade ?

Non, c'est rien.

Tu sais,

à mon avis, c'est l'air pur d'ici.

Comme il habite à Lyon, il a pas l'habitude.

Là-bas, y a plein de gaz d'échappement.

- Il est fou, ce mec. Il roule comme un malade.

- On roule tous comme ça, ici. - Ah bon ?

Bon, allez.

Eh, Santu, tu vas où ? Il faut que je soigne ta dent.

Ah ouais, mais là, je peux pas.

J'ai quelque chose d'urgent à faire.

Une autre fois.

- Ouais, bon... Allez, viens, je te fais visiter.

Attends, les valises.

- T'inquiète, laisse-les là. Elles risquent rien.

Eh, Olivier, t'es pas à Lyon. Détends-toi.

Ça me fait vraiment plaisir que tu sois là.

À moi aussi.

J'ai pas l'air comme ça, mais ça me fait du bien.

Le téléphone sonne. Allez.

Regarde-moi ça.

Il est fou.

- C'est un taré, hein. - C'est un ami, surtout.

Allez.

Le téléphone sonne.

Tu réponds pas ?

- Ça n'arrête pas. Faut trouver quelqu'un pour l'accueil.

Viens, viens.

Musique cocasse

Viens.

- Tu vas voir, c'est presque fini. - Ouais.

Il sifflote.

Presque.

T'inquiète, on a une bonne équipe.

Ils vont vite.

Je te présente Loulou.

Bonjour.

Bonjour.

Euh... Loulou, tu fais quoi ?

Je mets le carrelage.

Ouais... Au plafond ?

- Bah oui. - Ah ouais.

- Sur les murs aussi ? - Tu m'as dit

de mettre du carrelage tout partout.

Je mets le carrelage tout partout.

- Le carrelage partout... Je parlais du sol !

J'ai pas parlé de la pièce entière.

Non, faut me casser tout ça.

Hein ? Enfin, sauf le sol.

OK.

Comme tu veux, patron.

- T'inquiète. Petit rire

- Par là ? - Ouais.

Et toi, comment t'as atterri ici ?

- À un colloque de dentistes, j'ai croisé Romain Leblanc,

un ancien collègue que j'avais connu à l'école de chirurgie dentaire.

Et il était venu là pour s'installer et monter un centre médical.

- Mais il a craqué au bout de six mois. - Ah bon ? Pourquoi ?

- Tu sais, pas tout le monde est capable de vivre ici.

- La Corse, ça se mérite. - Oui.

- Et le Romain, il était pas taillé pour ça.

Résultat des comptes :

il est reparti, il a mis le centre médical en vente.

Vu que c'était une bonne affaire, j'ai acheté.

Ah ouais.

Voilà.

C'est là que je vais faire ma maison.

- Ah ouais ! Il siffle puis rit.

- Ils vont commencer quand, les travaux ? - Bah là.

Ça a déjà commencé depuis huit mois.

Là, tu vois pas ?

Ça fait huit mois

qu'ils ont commencé ? Ils ont rien fait.

- C'est parce que j'ai mobilisé l'équipe pour le centre médical.

- Ah, c'est l'équipe du centre médical qui fait les travaux ?

- C'est pas gagné, alors. - Si,

ça va aller.

Musique cocasse

Achille, ça va depuis ce matin ?

Non.

- Ah bon ? Qu'est-ce qui se passe ?

Rien. Comme ça.

Ah ouais, d'accord.

- Achille, je te présente mon ami Olivier. - Bonjour, monsieur.

"Heu."

- Il va bosser avec nous au centre médical. Il est psy.

- J'aime pas les psys. - Ah bon ?

Et pourquoi ?

Comme ça.

C'est un argument de poids, ça.

- Vous en avez déjà vu un ? - Oui.

Quand j'étais ado.

Il s'est suicidé.

Tu m'étonnes.

Pas à cause de moi, hein.

Il était fou.

En même temps, ils sont tous fous.

- Merci. Petit rire

- Du coup, on a pas pu finir les entretiens.

Vous voulez pas passer ?

C'est...

C'est mignon, ça. C'est quoi ?

C'est Pompon,

- mon chat. - Ah !

Quand il est mort, je l'ai empaillé.

J'ai mis les cheveux de ma mère quand elle est morte.

C'est pour le souvenir.

- Ah oui. - Ici, on est très famille.

Y a un petit air.

On ouvre une porte.

Oh, Ninie.

- Elle sera prête à quelle heure, la 12 ? - Après-demain.

- Alors, attends, je vais lui donner la 11.

Tu veux lui montrer où elle est ?

Il a qu'à mettre le GPS.

Petit rire

Bon, allez, venez.

Je vous montre comment vous devez faire le lit.

C'est à moi de le faire ?

Et c'est qui qui va le faire ?

- Bah... - C'est qui, celui-là ?

- Un psy. - Ah, ça m'étonne pas.

Les psys expliquent ce qui est compliqué et comprennent pas ce qui est simple.

Voilà.

Musique cocasse

Allez.

- Pardon. - Venez.

- OK, je vous suis. - Tu vas t'éclater !

Bon, dis-moi, Achille,

quelqu'un cherche du travail ?

J'ai besoin d'une personne

- pour l'accueil au centre médical. - Ma sœur.

Ah bah oui, ce serait super.

Je te préviens, elle est spéciale.

- Eh ! C'est normal, si c'est ta sœur.

Mmh.

- La "macagna" ! Petits rires

(-Oh, merci.)

Et voilà, Santu.

Du rouge et du blanc.

C'est quoi ?

De chez nous.

Ah...

Bien.

Olivier, bien installé chez Achille ?

Très bien. Il est très mignon.

Petits rires

Je parle de l'hôtel.

- On s'en doutait. Achille, on dirait un gnou.

Santu, t'es pas gentil.

- Quoi ? C'est vrai. On l'appelle comme ça.

Eh oui.

- C'est vrai qu'il y a une ressemblance.

- C'est... C'est un sacré personnage, faut avouer.

Et Ninie, c'est pas rien non plus.

- Ninie, c'est la Napoléon des femmes de ménage.

Il rit.

Je suis très content d'être ici.

- J'en pouvais plus de Lyon, moi. - Ah bah ça...

Sur le continent, je survis une semaine.

Oui !

- Ça en est où, les travaux au centre ?

- C'est un peu galère, mais on a l'électricité.

En parlant de ça,

aujourd'hui, j'ai reçu un mail de la préfecture :

France Énergie va construire une centrale électrique.

Hein ?

Quoi ? Où ça ?

Dans la vallée.

Le même genre que celle d'Ajaccio.

Mais... c'est...

C'est une catastrophe.

Ah non, au contraire.

On manque d'électricité en Corse.

On en fait venir d'Italie et de Sardaigne.

Et c'est limite. Plusieurs fois l'hiver, on frôle le black-out.

- Tu t'en fous, tu la verras pas de chez toi.

- Mais je parle pas pour moi, mais pour la région.

En plus, si c'est comme à Ajaccio,

elle va fonctionner au fioul lourd. La pollution !

Ça va pas te changer de Paris.

- Si je suis venu ici, c'est pas pour vivre comme à Paris.

C'est un scandale qu'on laisse faire ça.

Ça m'a coupé l'appétit.

Allez, debout !

- Qu'est-ce qu'il y a ?

Fini,

la grasse matinée.

Mais il est 5 heures du matin, là.

- Eh oui, c'est tard, mais j'ai pas pu venir avant.

J'ai une vie, moi.

Allez, allez, sortez, que je fasse la chambre.

Où vous voulez que j'aille ?

Dehors. C'est beau, l'aube.

- Elle est folle, celle-là.

Musique cocasse

Bonjour.

Bonjour.

Vous êtes matinal.

Pas vraiment, non.

Mais j'ai pas trop eu le choix.

Il expire.

C'est magnifique, ici. Je regrette pas.

Olivier.

- Félicia. - Enchanté.

Vous êtes en vacances ?

- Non. Non, non, je vais m'installer ici

pour travailler au centre médical.

- Ah oui. C'est bien qu'ils aient fait ce centre.

On en avait vraiment besoin.

Musique douce

Vous êtes médecin ?

- Pas vraiment. Je suis psychologue.

- Vous allez avoir du boulot ici. - Oui.

D'ailleurs, j'en cherchais un.

Petit rire

C'est une "macagna", c'est ça ?

- Une "magagne". - "Magagne."

Euh, non. C'est pas une blague.

Pourquoi ? Y a pas de psy ici ?

- Oui, y en a un à Île-Rousse, mais...

je préfère en voir un qui soit pas d'ici.

Attendez.

Ah.

Tenez pas compte de l'adresse parce ça va changer.

Mais le numéro de téléphone, c'est le bon.

Olivier Dartois. Enchanté.

Merci.

- Pardon. Petits rires

- Au revoir, madame. - Au revoir.

Musique traditionnelle sicilienne

- Qu'est-ce qui t'arrive ?

T'es...

T'es au courant pour le projet de la centrale électrique ?

Oui.

Ah.

Et...

vous allez faire quoi pour empêcher la construction ?

Rien.

Pourquoi ?

Pourquoi ? Comment ça, "pourquoi" ?

Elle va défigurer le paysage.

Elle va polluer à mort.

- Tu sais bien qu'il y a un vrai manque d'électricité.

On a pas d'autre choix.

Bravo.

Super.

Y a des années, on aurait construit une centrale,

elle aurait sauté avant même d'être construite.

Aujourd'hui, rien.

Vous baissez les bras, voire le pantalon.

Je me suis emballé.

Y a plus personne pour défendre la Corse, alors...

- Qu'est-ce que tu dis ?

Cette centrale,

c'est pas contre la Corse.

C'est pour la Corse.

Ouais.

Ouais, bon bah...

Dans 20 ans, y aura encore plus de monde.

Il en faudra une autre, alors.

Et ainsi de suite.

Eh ben...

Elle va être belle, la Corse.

Musique intrigante

On frappe.

Oui, entrez.

Ah...

Je suis content que vous soyez venu, Achille.

Allez-y.

Confiez-vous. Il n'y a que vous et moi.

Et eux.

Couinement du chien

- Ne vous inquiétez pas, ils n'écoutent pas.

(Venez, on va se parler doucement, quand même.)

(Je vous écoute.)

- Alors, moi, je pense que ça sert à rien.

Parce qu'à l'époque, quand ils m'ont envoyé chez le psy,

c'est parce que je faisais que me disputer avec mon père.

Et maintenant qu'il est mort...

- Votre père n'est plus là, mais votre problème avec lui

est toujours encore en vous, peut-être.

Qu'est-ce qui n'allait pas entre vous ?

Je sais pas, moi.

Je le supportais plus.

C'est révélateur, tout ça.

Connaissez-vous Œdipe ?

Non.

Il est pas du village, celui-là ?

C'est pas compliqué.

Selon la théorie freudienne,

le complexe d'Œdipe représente une étape constitutive,

organisationnelle,

du développement psychogénito-infantile.

OK, je vous ai perdu, là.

Je vais faire plus simple.

Achille, avez-vous rêvé que vous faisiez l'amour avec votre mère ?

Couinements du chien

Attendez, docteur.

Je suis pas sûr d'avoir bien compris.

Si j'ai déjà rêvé que je faisais l'amour avec ma mère ?

C'est ça, oui.

Vous me demandez si je suis fou ?

- Détrompez-vous, Achille.

C'est une phase normale du développement de l'enfant.

C'est l'une des théories de Freud.

- Celui-là aussi, il est pas d'ici, hein.

- Selon Freud, le désir d'entretenir un rapport amoureux

avec le parent du sexe opposé

est tout à fait normal.

- Vous êtes en train de me dire que ma sœur aussi,

elle rêvait de faire l'amour avec notre père ?

- Normalement, oui. Et ça va plus loin.

Freud dit aussi que ce désir amoureux pour le parent du sexe opposé

pousse l'enfant à souhaiter la mort du parent du même sexe. Logique.

Donc, pour faire un petit résumé,

j'ai envie de baiser ma mère.

Ma sœur, elle veut niquer mon père.

J'ai envie de tuer mon père.

Ma sœur veut tuer ma mère.

C'est un peu ça.

Oui.

C'est la famille de Faites entrer l'accusé, là.

Bonjour, madame.

"Heu."

Euh...

Vous avez rendez-vous pour quoi ?

La place à l'accueil.

Je suis la sœur d'Achille.

Ah !

Eh ben, bonjour. Je suis Dominique.

- Maria-Anghjula.

- Enchanté, Marie-Andoula.

- Anghjula. - Andoula.

Anghjula.

- Marie-Anghjula.

- Voilà. Ça veut dire Marie-Ange.

Ah !

Très bien.

Et... vous pouvez commencer quand ?

Maintenant.

Mais c'est super.

Eh bah, ça, c'est votre place.

Voilà l'ordinateur sur lequel vous allez travailler.

Pas d'ordinateur.

- Comment ça, pas d'ordinateur ? Et pour le planning des rendez-vous ?

Papier, stylo.

Avec les ordinateurs, ils nous espionnent.

Et au moins, comme ça, on se fait pas pirater.

Bien sûr.

Et vous parlez anglais ?

"Of course".

"I'm" bilingue.

Eh ben, on est sauvés.

Voilà. Vous pouvez y aller.

- "Mi." - Ah...

Achille, tu es là.

Olivier, je te présente Marie-Andoula.

- Bonjour, madame. - La sœur d'Achille.

Ah oui ?

- Voilà. - Oui.

Et...

- elle s'occupe de l'accueil. - Très bien.

Et Olivier, notre psy.

Mmh.

- Le téléphone sonne. - Ah !

On est sauvés.

Comment on décroche ?

Ah ben, comme ça.

Voilà, attention de pas vous blesser.

- Centre médical. Maria-Anghjula, j'écoute.

Bonjour, Mme Andoula.

Anghjula.

- Excusez-moi. J'ai une rage de dents terrible.

Je pense que je fais une infection. Vous pourriez

me recevoir ? Je souffre le martyre.

- Dites-moi, votre accent,

vous êtes du continent, vous êtes pas corse ?

- Je suis parisien. Je suis en vacances ici.

- Alors je peux vous donner rendez-vous le 6 septembre.

- C'est dans 4 mois. - Le centre est à bloc.

Désolée. Allez, ciao.

Musique cocasse

Il avait qu'à être corse.

- Voilà. - On est sauvés.

- Dis, tu voulais baiser avec papa et tuer maman ?

- Bonsoir. - BONSOIR.

- "Heu." - Quelque chose à boire ?

- Oui, j'aimerais... Vous avez un petit Bordeaux ?

- Ça vous dit ? - Bonne idée, ils en ont du bon.

Avec les bons vins qu'on a chez nous,

on va pas en prendre un du continent.

- Avec toi, on boit plus que du corse.

Ça changerait un peu, non ?

- Il a raison. En même temps, j'en ai jamais goûté.

On peut essayer, non ?

Voilà.

- Très bien. Alors, lequel vous voulez ?

Choisissez, ils sont tous bons.

OK.

Merci.

Dominique, tu es devenu un vrai Corse.

- Plus corse que les Corses. - C'est l'intégration.

D'ailleurs, il faut que je vous parle d'un truc.

Je veux monter une association

pour empêcher la construction de la centrale.

Encore la centrale ?

Tu bloques sur ça, toi.

- En psycho, ça s'appelle faire une idée fixe.

- On va pas laisser construire la centrale sans rien faire ?

On en a besoin.

- Tu peux pas empêcher ce projet. Tout est validé.

- Ah oui ? C'est toi qui as donné le permis ?

- Oui, moi, la préfecture, toutes les autorités concernées.

- Quand un particulier veut faire construire sa maison,

ça prend des plombes, mais là, en un clin d'œil.

- C'est une construction d'utilité publique.

- Hé ? Une centrale qui va défigurer le paysage,

rejeter des fumées toxiques, c'est d'utilité publique ?

Je savais pas.

Je suis sûr qu'il y a une combine derrière tout ça.

- Alors ça, ça s'appelle de la paranoïa. Petit rire

Y a pas de combine, Dominique.

Y a eu un jeu d'influence, c'est vrai.

Y a pas de combine.

Quelle influence ?

- Un haut responsable de France Énergie a une résidence pas loin.

Il va diriger la centrale.

Du coup, ça va lui permettre de vivre ici.

Voilà.

Je le savais.

Hein ? Après, on va dire que je suis parano.

- Et depuis quand il a sa maison, celui-là ?

Quatre ou cinq ans.

- C'est pas croyable. Ils viennent tous faire construire.

On est envahis par les "pinzuti".

Nous aussi, on est des "pinzuti", non ?

- Non, mais tu vas pas t'y mettre, toi aussi ?

J'ai tout quitté pour venir m'installer.

Je fais travailler les gens du coin. Je suis sympa.

Je suis pro-Corse à mort.

Et je suis toujours un "pinzutu" ?

Il faut faire quoi, pour être considéré corse ?

Bah, faut être corse.

- On s'est régalés, vraiment. Merci beaucoup.

- Laisse, c'est pour moi. - Non, pas question.

Non, je te dis que c'est pour moi.

Arrête. Prends les sous ici.

- C'est pour moi, ça me fait plaisir. - Tiens,

c'est pour moi.

- Qu'est-ce qui se passe ? - Ils se disputent pour payer.

Ah bon ?

S'il paye, je te fracasse.

Si c'est lui, je te fracasse.

- Ah oui. Dans les deux cas, il se fait fracasser.

Petit rire

Faut avoir une prime de risque ici pour être serveur ?

Hé, Carlu, Petru, ne vous disputez pas.

C'est pour moi.

- Reste en dehors de ça. - C'est entre lui et moi.

- Vous m'avez démaquisé le terrain pour le centre médical, alors...

Vous avez même pas voulu accepter un centime.

Alors... Non, mais laissez-moi vous inviter.

S'il vous plaît, ça me fait plaisir.

Merci, Dumè. T'es un type bien.

Un "pinzutu", mais t'es un type bien.

Encore un "pinzutu", tu vois ?

Voilà. "Pinzutu."

- Le téléphone sonne. - Bonjour, Maria-Andjoula.

Anghjula.

"Heu."

Répondez.

Moi, je peux pas, je sèche.

Oui, bien sûr.

Si c'est un Parisien,

pas de rendez-vous avant au moins six mois.

Six mois ?

- Si c'est une urgence ? - Il a qu'à pas avoir mal aux dents.

Je vous aime pas, moi, les Parisiens.

- Je suis pas parisien. Je suis lyonnais.

- Ouais, c'est moins pire, mais bon, vous êtes des "pinzuti".

Oui, allô ?

Oui, bonjour.

Un rendez-vous pour le dentiste, bien sûr.

À quel nom ?

Monsieur Pinelli.

- Demandez-lui de quel village il est.

- De quel village il est ? - Oui.

De quel village vous êtes ?

Calenzana.

- Ça va pas être possible. C'est complet pendant un an.

Elle raccroche.

C'est le neveu d'un cousin d'un neveu par alliance

qui est en conflit

avec la filleule de l'oncle d'un ami à moi.

Eh ouais, y a même eu des morts à cause de ça.

Le grand-père du neveu par alliance,

il a coupé la branche d'un figuier pour que l'âne

du grand-père de la filleule de l'oncle du cousin

de mon ami à moi, il puisse plus manger les fruits.

Y a des morts pour ça ?

Bien sûr.

C'est grave, hein, quand même. Il siffle.

- Un truc de fou. - Ouais.

Ça s'est passé quand ?

- C'était après la guerre 39-45.

C'est récent.

- Vibreur - Oui... Excusez-moi.

Oui ? Ah, bonjour.

Bien sûr, vous pouvez venir. J'ai pas de rendez-vous en ce moment.

Ah, vous êtes là ?

Ah bah oui.

Non, je vous vois. Attendez, j'arrive.

- Bonjour, Félicia. - Bonjour.

Vous voulez pas venir dans mon bureau ?

- Si Maria-Anghjula me voit, toute la région sera au courant.

- Ah oui. - Vous voulez pas venir dans ma voiture ?

Ah non, je préfère pas, vous savez...

Il faut faire l'entretien dans un endroit pas familier.

Dans la vôtre, alors ?

J'en ai pas, moi.

Attendez, j'ai peut-être une solution.

Attendez, j'arrive.

Eh, les gars.

- Quelqu'un peut me prêter sa voiture ? - Ah non.

Impossible. Elle est trop propre.

La mienne, elle est trop sale.

Bon, maintenant, si tu veux, je te la prête, hein.

Mais regarde,

va doucement, parce que derrière, y a tout le "bacalhau".

- C'est pas pour rouler, c'est pour rester dans le parking.

Merci.

Il expire.

- Le type, il te demande une voiture pour rester sur le parking.

Ils sont fous, ces psychologues, hein.

- Installez-vous. - Merci

Voilà. Attention, les jambes.

Et voilà.

Elle renifle.

Et voilà.

Ça sent... Ça sent quoi ?

Il gémit puis il rit.

C'est une infection.

Ah bah...

C'est...

Gémissement La morue de Loulou.

Il m'avait prévenu.

Bon, désolé, c'est un fauteuil de psy un peu spécial, mais bon...

J'ai voulu louer une voiture, aucune de disponible.

Attendez, je vais arranger ça.

Tonalité

Allô, Chantal ? C'est Félicia.

Ça va ?

Dis-moi, j'aurais besoin d'une voiture. Ouais.

Non, c'est pas pour moi, c'est pour un ami.

C'est super, je te remercie.

Ouais, je lui laisse ton numéro.

Salut.

Voilà.

Ici, quand on connaît pas, c'est compliqué.

Merci beaucoup.

Bon alors, dites-moi, pourquoi vous voulez faire une analyse ?

- C'est pas pour moi, c'est pour ma fille, Marina.

Elle a 16 ans et...

je la trouve pas heureuse du tout.

Oh, vous savez,

à cet âge-là, ça arrive souvent. C'est une ado.

- Peut-être, mais...

je serais plus rassurée si vous la voyiez.

Pas de problème.

Quand vous voulez.

Merci, c'est gentil.

Non, c'est...

C'est normal, c'est mon travail.

Il se racle la gorge.

Musique douce

Est-ce que je peux vous demander une faveur ?

Oui, bien sûr.

Je peux vous inviter à dîner ?

Ah ouais,

direct...

Attention, c'est pas...

C'est pas une invitation pour vous draguer.

Non, non.

Je me permettrais pas.

- Et... pourquoi vous vous permettriez pas ?

Ben...

C'est... C'est un peu déplacé.

On se connaît même pas.

Bonne réponse.

C'est juste pour vous remercier de...

pour la voiture.

En tout bien, tout honneur.

D'accord.

D'accord ?

D'accord.

- Cool. Léger rire

Musique intrigante On ouvre la porte.

"Mi."

"Heu."

- Tu es pas au travail ? - Non.

Il... Il fallait que je te voie. J'ai besoin que tu m'aides.

Il faut que tu rassembles

quelques personnes

pour monter une équipe.

- Une équipe ? - Oui.

Des gens de confiance.

Et puis il me faudrait un peu de...

d'explosifs aussi.

- Des explosifs ? - Oui.

Pour quoi faire ?

Je t'expliquerai.

Tintement de cloche

Il ferme la porte.

- Bien. Alors, qu'est-ce qui vous amène ?

- Je-je-je-je-je-je...

Vous bégayez.

- Co-c-c-comment vous le savez ?

L'intuition.

Y a deux sortes de bégaiement.

Le clonique et le tonique.

Le bégaiement clonique : "Je veux pa-pa-pa-partir",

par exemple.

Le bégaiement tonique : "Je veux p-p-p-partir."

Vous voyez la différence ?

- Ah moi, c'est clo-clo-clo-clo-clo-clonique.

- Voilà. Vous, c'est Cloclo. Ça s'en va et ça revient.

C'était une blague.

Vous avez envie d'arrêter ?

Hé hé hé hé hé hé hé hé.

- Il faudrait voir un orthophoniste spécialisé.

- Su-su-su-super.

- J'en connais un qui est, pour moi, le plus grand spécialiste.

Il est un peu loin, à Paris.

Simplement, il a développé une thérapie de séances vidéo à distance.

- Ça peut vous intéresser ? - To-to-to-to-top.

- Je crois que ce serait le meilleur moyen.

J'ai besoin de votre identité.

Alors, vous vous appelez comment, cher monsieur ?

Tutu.

Tu ?

- Tutu. - Ah, Tutu ?

Très bien. Ça sera Tutu.

Votre numéro de téléphone ?

- Zé-zé-zé-zé-zéro,

six-six-six... (-Tenez.)

Musique cocasse

Ah oui, même en écrivant, vous bégayez.

Oui.

Sacré cas, ça.

Perceuse

Ça va ? T'as l'air contrarié.

Non, non, ça va.

- Tu pourrais me conseiller un restaurant romantique ?

Romantique ?

- Oui, j'ai... J'ai un rendez-vous.

- Ah oui, t'as déjà rencontré quelqu'un. Tu perds pas de temps.

- J'ai encore rien fait. C'est une ouverture de dossier.

Elle s'appelle comment ?

Félicia.

Félicia ?

Félicia Nomi ?

Ah bah oui, oui. Tu la connais ?

Ah, je connais surtout ses frères.

L'aîné, c'est Mica. Mica Nomi.

Un leader nationaliste.

Donc, avec toutes les femmes qu'il y a, t'as juste été chercher Félicia.

- Je savais pas. On a rien fait de mal.

Ah bah, fais gaffe quand même, hein ?

C'est des chauds.

Portière et bips

- Bonsoir. - "Heu."

Où vous allez ?

Euh, je viens chercher Félicia.

Félicia ?

Oui.

Vous allez faire quoi ?

Ben, on...

On va se faire un petit restaurant.

Et après ?

Après, je sais pas, on va...

peut-être aller boire un verre.

- Pourquoi la faire boire ? Tu veux la saouler ?

Ah non, non, pas du tout.

Tu comptes faire quoi avec Félicia ?

Tu veux te marier ?

Ah non, non.

Juste...

On va se faire un petit restaurant.

Tu es célibataire, au moins ?

Hein ?

Oui. Oui, oui.

- Vu ton âge, ça me paraît un peu bizarre.

Ah non, parce que je suis div...

Il se racle la gorge. Je suis divorcé.

Félicia aussi, elle était mariée.

- Ah bon ? Elle aussi, elle est divorcée ?

Non.

Elle est veuve.

- Ah mince, je savais pas. Je suis désolé.

Non, elle est pas veuve.

On a jamais retrouvé le corps de son mari.

Il l'a trompée.

Tu comptes la tromper ?

Ah non, non. Pas du tout, non.

- D'ailleurs, on est même pas ensemble. - Stop.

Pas à l'approche

Fin de la garde à vue. Petit rire gêné

- Dis-moi, qui c'est, celui-là ?

Ça te regarde pas.

Oui, ça nous regarde.

Notre sœur a pas à aller au resto avec n'importe qui.

Pas n'importe qui.

- C'est mon fiancé. - Ah non !

Non, non, non. Pas du tout, non.

C'est... Elle plaisante.

C'est...

Je suis pas son fiancé. C'est une "macagna".

- Avec tous les Corses, tu vas te trouver un "pinzutu" ?

Et en plus, il est chauve.

D'une, je vais avec qui je veux.

Et de deux, j'aime bien les chauves.

Allez, on y va.

- J'arrive. - Monsieur.

Félicia ouvre la portière puis la referme.

Attention à ce que vous faites.

Ah oui.

Non, non, non.

Hein ?

Oui, non, non. Vous inquiétez pas.

Bips

- Allez, mettez les gaz. - Ouais, ça va être compliqué.

Dans cette bagnole, y a moins de gaz que dans un briquet.

Je savais que j'étais chauve, mais pas qu'on était fiancés.

C'est vrai ?

J'ai dit ça pour les faire marronner.

- Non, c'est vrai que vous aimez les chauves ?

Non, je trouve ça moche.

Musique douce

Moi aussi.

Y a un dos d'âne.

Léger grincement

Musique intrigante

"Heu."

- "Heu." - "Heu."

- "Heu." - "Heu."

"Heu."

"Heu."

Salut, les gars.

Merci d'être venus.

- Bon, tu peux nous expliquer ce que tu comptes faire ?

- Je voudrais qu'on fasse sauter la maison du mec de France Énergie.

Celui qui veut construire la centrale.

Tu as craqué ou quoi ?

Non, je suis très lucide.

Tu veux faire le terroriste ?

- C'est pas du terrorisme. C'est de la résistance.

Tu peux pas faire ça, quand même ?

Bien sûr que je vais le faire.

Vous allez m'aider.

Non, Dumè, pas question qu'on t'aide.

Ah !

Ah, super.

Et moi qui pensais que vous étiez des amis.

C'est parce qu'on est tes amis

qu'on veut pas t'aider à faire cette connerie.

Ah ouais.

Eh bah...

D'accord.

Je vais le faire tout seul, alors.

Alors, ils sont où, les explosifs ?

Musique intrigante

Voilà, c'est avec ça qu'on fait péter

les rochers sur les chantiers.

OK.

Ça marche comment ?

- Je-je peux t'-t-t'expliquer. - C'est gentil, Tutu.

Si c'est toi, on va y passer la nuit.

Tiens, regarde.

Ça, c'est le plastique.

Ça, le détonateur.

Tu prends le détonateur, tu le mets dans le plastique.

Et là, c'est la mèche.

- Fais gaffe, hein. C'est très dangereux.

Bon...

De toute façon, cette nuit, c'est juste un essai.

Musique d'ambiance

- Ils sont pas commodes, vos frangins. Petit rire

- Ils m'énervent à jouer les frères corses protecteurs.

Il s'est passé quoi avec votre mari ?

Rien d'important.

Quand même...

On a jamais retrouvé son corps.

Non, c'est une "macagna".

Son corps, on sait où il est.

Collé à celui de la jeune poule avec qui il s'est barré.

Je préfère ça.

Enfin non, pardon,

je veux dire... Je préfère qu'il soit vivant.

Moi, non.

Je plaisante.

Je m'en fiche.

Il s'est barré, eh bien...

bon vent.

Ça vous fait rien qu'il soit parti ?

- Au début, oui, mais je suis passée à autre chose.

- C'est pour Marina que c'est compliqué. - Ouais.

Elle est triste de plus voir son père ?

Léger soupir

Déçue, surtout.

Elle veut même plus le voir.

Elle est comme moi.

Sensible.

Mais très dure.

Oh.

OK, je note.

Il soupire.

Moi aussi, ma femme est partie.

- Ah bon ? - Ouais.

Avec son coach sportif de 20 ans de moins qu'elle.

Donc voilà...

Je pouvais pas lutter.

Un beau gosse, corps d'athlète, des cheveux...

En fait, j'ai morflé, quand même.

Comme vous, j'ai envie de tourner la page.

Moi, j'ai pas tourné la page.

J'ai carrément changé de livre.

Musique cocasse

(-Dumè...)

(Calme.)

Il expire. (Respire.)

(Allez, voilà.)

(Hein ?)

(Bon alors, je...)

(Le détonateur et la mèche)

(dans le plastique.)

(OK...)

(Ouais.)

Musique de tension

Choc métallique

Musique cocasse Dégonflement

Hululement

Mais bon allez, assez parlé de moi.

J'ai l'habitude d'écouter les autres. Parlez-moi de vous.

Vous savez, chez nous,

on se livre pas si facilement.

Bon.

Je vais pas y aller par quatre chemins.

Je vais être...

franc avec vous.

On va arrêter de jouer au chat et à la souris, là, non ?

Voilà, je...

Je suis complètement tombé sur votre charme.

Vous me plaisez beaucoup.

Musique douce

Moi aussi, je vais être franche.

Je vous trouve pas beau.

Mais ça tombe bien, j'aime pas la beauté.

Alors j'ai toutes mes chances.

Ils rient.

On ouvre la porte.

Musique intrigante

Alors ?

Ça a foiré.

J'ai mis le plastique sur la roue d'une épave.

C'est juste le pneu qui a crevé.

Pour ça, pas besoin de plastique.

Le clou, ça suffit.

- C'est l'humidité du dépôt qui a niqué la gomme.

- Et il te faudrait des bouteilles de gaz,

c'est plus puissant.

C'est un signe.

Laisse tomber.

Non.

J'irai jusqu'au bout.

Trouvez-moi du bon plastique et puis...

des bouteilles de gaz aussi, puis...

je vous demanderai plus rien après.

Voilà.

J'ai passé une super soirée.

Moi aussi.

Musique douce

Stop.

- Excusez-moi, je croyais que... - C'est pas ça.

Un point rouge sur la poitrine.

- Qu'est-ce que c'est ? - Une visée laser.

Oh, putain, non !

Oh, putain. Oh, putain.

Non, non, non, non, non !

Oh putain, putain, non !

Putain...

Maï, arrête tes conneries.

Musique cocasse

Ça t'amuse ?

T'es vraiment bête.

Il est fou, lui.

Il m'a fait peur.

Désolée.

C'est pas grave.

C'était pile au mauvais moment.

Y en aura d'autres, des bons moments.

J'espère.

Aboiements Musique cocasse

Monsieur Tutu ?

Vous bégayez parce qu'en fait, lorsque vous parlez,

votre respiration s'inverse.

Alors, c'est pas grave. On va arranger ça.

On va commencer par la marche afghane.

- A-a-a-a-afghane ?

Oui. Oui, c'est très simple.

Alors, vous faites trois grands pas

pendant lesquels vous respirez à fond.

Ensuite, un grand pas

pendant lequel vous bloquez votre respiration.

Et ensuite, vous faites trois grands pas

pendant lesquels vous expirez.

Et ainsi de suite.

Alors,

il faudrait faire ça avec une paille dans la bouche.

C'est très très bon pour le diaphragme, voilà.

- Santu, tu as une pa-paille ?

- Une papaye ? Où tu veux que je trouve une papaye ici ?

J'ai des pommes, si tu veux.

- Non, une pa-paille pour boi-boire.

Ah ! Là, regarde.

- J'ai la pa-paille.

- Alors, allez-y, que je voie.

Musique cocasse Aspirations et expirations

C'est bien.

Revenez, maintenant. Continuez toujours.

Respirez à fond, hein.

Bien.

- Qu'est-ce que tu fais ?

- Je fais-fais la marche afghane.

La marche afghane ?

Bonjour.

Bonjour.

Voilà Marina.

Bonjour, Marina.

Tu viens dans mon bureau ?

Portière

Allez, installe-toi.

Il se racle la gorge.

(Allez...)

Pas la peine de mettre ta ceinture. Petit rire

Bon, ça va ? T'es bien installée ?

Ça va ? Je suis ravi de te rencontrer.

Ta mère m'a beaucoup parlé de toi.

Ah ouais ?

Et elle a dit quoi ?

- Que des belles choses. Détends-toi.

Je suis pas tendue.

C'est juste que j'ai pas envie de vous parler.

- Ah. Alors, ça va être compliqué.

Non, ça va être très simple.

Je veux pas faire d'analyse.

J'ai pas besoin de voir un psy.

C'est pas ce que pense ta mère.

Musique dramatique

Elle te trouve pas très heureuse.

C'est... Ça a un rapport avec ton père, non ?

Ça vous regarde pas.

Ben dis donc...

Si je peux pas te poser de questions,

ça va être compliqué de faire quelque chose.

- Si vous voulez faire quelque chose pour moi,

arrêtez de voir ma mère.

C'est parce que je suis un "pinzutu" ?

Non.

Ma mère a assez souffert.

Alors laissez-la tranquille.

Portière

Elle démarre la voiture.

Gloussements

Alors, monsieur,

- qu'est-ce qui vous arrive ? - C'est ma poule.

Elle doit avoir un problème.

Elle pond jamais d'œufs.

- C'est normal, monsieur. C'est un coq.

Un coq japonais. Ils sont plus petits.

Un coq ?

Mmh.

Ça, alors !

Moi qui l'appelle Brigitte...

Caquètements

Faut que je change de prénom ?

Bah, si vous voulez.

Même si vous changez, il pondra jamais d'œufs.

Grondement du tonnerre

On devait se voir au restaurant.

- Justement, je préfère qu'on évite de nous voir ensemble.

Ouais.

Elle me fait la gueule.

On est même pas ensemble.

- Musique douce - Voilà, on est ensemble.

- Petit rire - Ouh là !

Faut que je fasse attention aux visées laser.

T'es bête.

- Bon ben, on va être obligés de se voir en cachette.

Non, on a passé l'âge.

Demain, j'aurai une discussion avec elle.

OK, pas de souci.

- Tu m'en veux pas pour ce soir ? - Non.

Mais non, tu me plantes comme une merde, mais ça va.

On se voit demain ?

Grondement du tonnerre

Portière

Tonnerre Aspirations et expirations

Il fait quoi, Tutu ?

Il fait sa marche afghane.

Mais bon, j'ai l'impression qu'il se radicalise.

Bon, vous avez le matos ?

- Oui, regarde. Augustin a tout mis là.

Salut tout le monde.

Il ferme la porte.

C'est quoi, ça ?

Ah, ça, c'est le gaz pour ma tante.

Euh...

Ça, là ? Ça, c'est quoi, ça ?

Ça, c'est le mastic.

Pour les fenêtres.

(-Ouais.)

Musique intrigante

- C'est pas parce que je suis un "pinzutu" qu'il faut se foutre de ma gueule.

Olivier rit.

Il se passe quoi ?

Demande à Dumè qu'il t'explique.

C'est...

pour faire un attentat.

Musique cocasse

Un attentat ?

Ah, ça va, j'ai compris.

Vous me charriez, c'est ça ?

Hein ? C'est une "macagna" ?

Ah, OK, c'est pas...

C'est pas une "macagna".

Vous voulez faire sauter quoi ?

Ah nous, on veut rien faire sauter.

Non, c'est moi.

- Toi ? - Ouais.

Je veux détruire la maison du responsable de France Énergie.

- T'as perdu les pédales ! - C'est ce qu'on lui dit,

mais il veut rien entendre.

- Le type, il est "têtou" comme une "moule".

Toi, tu vas faire péter la baraque ?

Oui.

Tout seul ?

Oui.

Je viens avec toi.

Non, Olivier.

Ne te mêle pas de ça.

C'est pas tes affaires.

Si, si, si, c'est mes affaires.

On laisse pas un ami tout seul dans la merde.

Même si c'est pour faire une connerie. Viens.

Attendez !

On vient vous aider.

Vous allez faire n'importe quoi sinon.

Je voulais pas vous faire des ennuis.

- On va pas laisser seuls deux "pinzuti" plastiquer une maison.

On va passer pour qui ? On est encore chez nous.

Petits rires

Hululements

Tu vas pas garder le bob, quand même, non ?

Musique cocasse

C'est bon, Fifi ?

Impec.

Là, on vous voit bien.

- Non, non. Attends, moi, je... J'ai pas confiance.

Fais voir.

C'est quoi,

ce bordel ? On voit rien du tout.

Va là-bas, je filme. Allez.

Va là-bas.

Attention, je filme.

Je suis prêt...

Il se racle la gorge.

Action !

Nous,

le Mouvement pour la défense de la Corse,

revendiquons l'attentat perpétré

contre la maison de monsieur Bergereau.

- De-de Fran-France Énergie.

Non, Tutu, tu parles pas, toi.

On va se faire repérer direct.

C'est Augustin qui parle.

Voilà, on recommence.

Action !

Fifi

et Loulou,

vous allez

poser la charge.

Non.

C'est à moi de faire ça.

- Non, Dominique, non. Toi, tu te places ici.

C'est parti.

- Oh, putain, Tutu ! Même ta lampe, elle bégaye.

Ils rient.

- Tu-tu-tu le sais. - Eh oui, eh oui.

- Bon, on y va. - Allez. En route.

"Sò Elli" (L'Arcusgi)

- La musique s'arrête net. - Bon, les gars,

- prêts ? - Oui.

Ah.

Merci.

C'est là ?

Un...

deux...

trois !

Explosion

C'était quoi ?

Bah, c'est le plasticage.

Alarme de voiture

C'est quoi qui a sauté ?

Ben... C'est la maison.

Non, non, non.

Elle est en face, la maison.

Et elle a rien.

Et là, ça a sauté à droite.

- Aïe. - C'est la caca...

la caca... la catastrophe.

Je comprends pas.

Pourtant, j'ai bien regardé le plan.

- Le problème, c'est que tu as les yeux d'une taupe.

- Mais alors, on a fait sauter la maison de qui ?

Santu ?

C'est carrément en première page.

C'est la cata.

- C'est sûr, mais bon, je vois pas qui va penser que c'est nous.

Musique traditionnelle sicilienne

- "Heu." - "Mi."

Mica, ça va ?

Non.

(-Ah.)

Quelqu'un a plastiqué une maison.

- C'est ce qu'on vient de lire. - Ouais.

C'est incroyable.

C'était la maison de Roseline.

Une dame âgée.

- Oh, la pauvre. - Ouais.

- Vous savez qui est le neveu de Roseline ?

- Non - Non.

- Jean-Jo Mari.

- Merde. - Qui ?

(-J'ignore qui c'est, mais ça a pas l'air bon.)

Non.

- Jean-Jo, c'est mon ami.

Alors, je suis venu vous voir parce que peut-être,

vous savez qui a fait ça.

Nous ?

Pourquoi on saurait, nous ?

Je sais pas.

Peut-être parce que la maison n'était pas très loin

de celle du responsable de France Énergie

qui a lancé le projet de la centrale.

Et vu que toi, Dumè, tu es venu me voir en me suggérant

de faire quelque chose contre sa construction,

je me dis que peut-être,

tu es derrière tout ça.

Moi ?

Je...

Mais jamais de la vie ! Tu...

Tu m'imagines, hein ?

- Faire un attentat... - Mmh mmh.

En effet.

T'en es pas capable.

Non.

Mais un attentat raté, oui.

Euh, non, hein, Mica.

Je...

Je pense que ça doit venir d'ailleurs.

Peut-être...

des ennemis de ce Jojo.

Ils sont tous enterrés.

Ah.

Oui, alors ça vient pas d'eux.

Non.

Non.

Donc, c'est pas vous ?

- Mais... - Non.

Non, je t'assure.

- J'espère pour vous. - Mmh.

De toute façon, on va le savoir.

Tôt ou tard, ici, tout se sait.

Tant mieux.

Ils ouvrent la porte puis la referment.

On est dans la merde.

J'ai les mains moites.

Oui.

On frappe.

Oui ?

Musique cocasse

Ça, alors !

Ninie.

- On me dit que c'est bien d'aller voir un psy.

Alors, voilà.

- Il se racle la gorge. - Je vous en prie, installez-vous.

Alors, je vous écoute.

- Ah, non. Non, non, non, Ninie.

Il soupire.

C'est moi qui vous écoute. Détendez-vous.

Je suis très détendue.

- Pour faire une analyse, il faut que vous me parliez de vous.

- Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ?

- Alors, par exemple, parlez-moi de votre relation avec votre famille.

Ah, non.

Ici, les histoires de famille, ça reste en famille.

- D'accord. Parlez-moi de votre relation avec votre mari.

- Ah, non. Ça, c'est trop intime.

Génial.

Euh...

De votre travail, alors.

- Ah, non. Secret professionnel.

Super.

Et vos amis, on peut en parler ?

J'ai pas d'amis.

Bon.

Vous savez, Ninie, il faut me dire quelque chose.

Moi, je peux rien faire.

- Vous me demandez que des choses qui ne vous regardent pas.

Chez nous,

on ne se confie pas au premier venu.

C'est ça, le principe

de la psychanalyse.

Musique cocasse

J'ai compris.

C'est de la connerie, je le savais.

Petit rire

Ah ! Salut, Ninie.

- "Heu." - "Heu."

Une psychanalyse avec Ninie, ça doit être quelque chose.

- Ah, oui. Elle parle moins qu'un parrain de la mafia.

- Qu'est-ce que t'as fait avec ta voiture ?

- Quoi, ma voiture ? - Beh...

Tu crois que c'est Mica et ses frères ?

- Ah non, si c'était eux, elle serait sur orbite.

Oui, t'as raison.

Je crois savoir qui a fait ça.

Tu vas où ?

Je reviens !

On frappe.

Travaux

Porte

Ça va ?

T'as l'air contrarié.

C'est à cause de l'attentat ?

Non.

C'est à cause de la centrale ?

Tu sais, j'ai peut-être trouvé une solution.

Brouhaha

Marina ?

Je peux te voir ?

Non, j'ai pas envie de vous parler.

Je veux pas que tu me parles.

Je veux juste que tu m'écoutes.

On s'assoit 5 minutes ?

Tu sais, Marina,

quand ma femme m'a quitté,

j'ai eu l'impression que le monde s'était effondré.

C'était...

C'était très dur.

Tu vois, j'avais fait un trait sur une...

une nouvelle histoire d'amour.

J'en avais plus envie.

Et j'ai rencontré ta mère.

Et là...

je sais pas ce qui s'est passé.

Ça a été un vrai coup de foudre.

Tu vois, c'est ça, la vie. On a l'impression que...

tout va mal et puis...

une rencontre, et boum, ça repart.

Ouais. Ou le contraire.

Tout va bien et... boum,

tout va mal.

Ma mère et moi, on était heureuses.

Et mon père a tout gâché.

Musique douce

Je suis amoureux de ta mère.

J'ai pas envie qu'il y ait une mauvaise relation entre toi et ta mère.

Ça la rendrait trop malheureuse. C'est pas ce que je veux.

Je veux qu'elle soit heureuse.

Ah puis, t'avais raison, hein.

T'as bien fait de fracasser cette bagnole.

Je la trouvais horrible aussi. Petit rire

Musique inquiétante Pas à l'approche

- Ah, "mi", Jean-Jo.

Tu veux boire quelque chose ?

Où il est, le "pinzutu" ?

Le "pinzutu" ?

Quel "pinzutu" ?

Le "pinzutu".

- Ah, celui-là.

Je... Je sais pas.

- Ça va ? - Et toi ?

- Je suis trop content qu'on se fasse ce resto.

- Ouais, moi aussi. - Magnifique.

- Même si je suis pas sûre que ce soit une bonne idée.

Si Marina l'apprend, elle va me faire la gueule.

Mais c'est...

C'est toi qui as eu l'idée.

Non, c'est toi.

- Non, c'est le resto qui m'a appelé pour confirmer la réservation.

Je pensais que c'était toi, moi.

- Moi aussi, c'est le resto qui m'a appelée.

Alors, c'est qui ?

Attends.

Jean-Louis ?

- Oui, Félicia ? - Qui t'a appelé pour réserver ?

- Ta fille. Pourquoi ? Y a un souci ?

Non, pas du tout, merci.

C'est parfait. Vous êtes bien ?

- Ah, on peut pas être mieux. - Si vous avez un souci, n'hésitez pas.

Merci.

Musique douce

Notification Oh.

Ah bah, c'est elle.

- Qu'est-ce qu'elle dit, alors ?

- "Passez une bonne soirée, maman. Je t'aime."

Incroyable, non ?

Vibreur

Ah, excuse-moi, c'est Dumè.

Oui, Dumè ?

Quoi ?

Mais t'es où, là ?

Ah bon ?

Non, tu bouges pas.

Tu m'attends, j'arrive. OK ?

Ça va ?

- Bon, faut que je file. Dumè a un problème.

Musique intrigante

Qu'est-ce qui se passe ?

- Santu m'a prévenu, Jean-Jo Mari me cherche.

Tu fais quoi, là ?

Je prends le maquis.

Tu vas pas te cacher dans la nature.

J'ai pas le choix.

C'est un homme très dangereux.

- Tu vas pas t'enfuir ! Va lui parler. - C'est ça.

Pour qu'il me découpe.

- Enfin, tu vas pas disparaître ! Et Clémentine ?

Je lui ai dit que je partais en rando.

Trop surmené.

Je compte sur toi, le centre, tu t'en occupes ?

- Je viens avec toi. - Ah non, reste en dehors de tout ça.

- Tu connais : "Mes amis, mes amours, mes emmerdes."

C'est par où ?

Euh... là.

On y va.

- Par là ? - Ouais.

- Attends. - Hein ?

Attends.

Je passe devant.

Tiens.

Prends une lampe, tu vas te casser la gueule.

OK, merci.

Pourquoi t'as un fusil ?

On prend pas le maquis sans arme.

On est pas dans la jungle, non plus.

Tu sais t'en servir ?

- C'est un fusil de chasse. C'est pas sorcier.

Ah.

- Attends-moi. - Ouais.

Tu sais où on va ?

- Évidemment ! Je connais par cœur, je suis chez moi.

On va marcher jusqu'à Bocca Bianca.

Puis après, on prendra à droite.

Hein ? Vers les bergeries de Monte Vecchio.

Et c'est loin ?

Une heure et demie.

Ah ouais, quand même !

Eh ouais, on est obligés.

- On peut pas rester trop près du village. - OK.

Allez, viens.

- Attention. - J'ai entendu un bruit.

- Non, non, c'est bon. - Ah bon ?

Y a trois heures, t'as dit une heure et demie.

- T'es sûr qu'on est sur le bon chemin ? - Ouais.

J'ai pris une variante.

C'est plus long, mais c'est moins raide.

J'ai vu que tu galérais.

Tu fatigues pas, toi ?

Non.

J'ai l'habitude.

Gémissement

Bon bah avoue, on est paumés.

Non, pas du tout.

J'ai pris une autre variante.

Y a même pas de chemin.

Si, si.

Il est en dessous.

Attends, attends.

Stop.

Stop, stop, je suis mort.

Tu fous quoi ?

J'ai plus rien dans les chaussettes.

Il expire.

- Attends. - Attends un peu.

- Respire, hein ? - Hein ?

Respire par la bouche.

Inspire par le nez.

- Allez, souffle. - J'ai plus rien dans les poumons.

J'ai plus de jambes.

Je suis au bout de ma vie.

- Attends. - Oh, putain.

Ça va te faire du bien.

Attends.

La vache.

Putain.

Qu'est-ce que tu fais ?

C'est un truc...

Tu vas voir, ça va te faire du bien.

C'est des...

C'est des figues sauvages.

C'est des sucres rapides.

Ça va te rebooster.

Croque dedans.

Ça va, on est arrivés.

Y en a pour 30 minutes.

- 30 minutes ? - Ouais.

- T'es sûr, cette fois ? - Ouais.

Certain.

Et encore.

Peut-être 20 minutes.

Allez.

Allez.

Il expire.

Musique cocasse

C'est bon.

La vache...

Olivier gémit.

Quoi ? Oh !

Oh !

- Ça va ? - Non.

Non.

Prends ma carte bleue.

Code : 2436.

Vide le compte.

Éclate-toi, profite de la vie. C'est ici que je vais mourir.

- Qu'est-ce que tu racontes ?

Allez, lève-toi.

Lève-toi.

- Lève-toi. - J'en peux plus, je te jure.

Bruissement C'est quoi, ça ?

Grouinement

C'est quoi ?

- C'est un ours ! - Non, y en a pas ici.

- Attends. Attends. - Je te jure, y a un ours.

- Non, c'est peut-être un sanglier.

Mais c'est dangereux aussi. Attends.

Attends, pousse-toi.

Il crie. Grouinement

Oh, putain.

Dumè gémit.

Ça va mieux ?

C'est bon.

C'est juste une bosse.

Mais...

ce qui me...

J'ai mal aux lèvres.

- Regarde. - Oh, merde. C'est quoi ?

Dégueulasse. C'est des cloques.

- C'est vrai ? - C'est une infection, non ?

- Oh, mince ! - Quoi ?

- Ça te fait pareil. - Ah bon ? Merde.

C'est quoi, ça ?

- On a dû toucher des mauvaises herbes. - Ah, putain.

Il manquait plus que ça, putain.

Ils soupirent.

T'as raison.

On touche le fond.

Je suis vraiment désolé de t'avoir entraîné dans cette galère.

Craquement Attends.

- Qu'est-ce que c'est ? - Aide-moi.

- Qu'est-ce que c'est ?

- Aide-moi.

- Oh, baisse ce fusil. C'est plus dangereux qu'une roulette.

Mais Santu,

tu fais quoi, là ?

- Je suis venu pour vous. - Comment tu nous as trouvés ?

- Deux "pinzuti" dans le maquis, ça se repère aussi vite

que deux supporters du PSG au Vélodrome.

Qu'est-ce que vous avez sur la bouche ?

On a dû toucher une saloperie.

- Vous avez mangé des figues, non ? - OUI.

En cette période, le lait de figuier,

- c'est toxique. - Ah ! C'est ça.

On voulait des sucres rapides.

C'est plutôt des brûlures rapides.

- Putain. - Bon, vous comptez rester là longtemps ?

On se croirait dans un épisode de En Terre inconnue.

- On a pas franchement le choix. - Putain, Dumè, c'est pas

une solution. Il faut parler à Jean-Jo pour démêler cette affaire.

- Bah oui, on va pas passer notre vie à se sauver, quand même.

Bah, pff...

Il soupire. Vous avez raison.

- Allez, on y va. - Attends.

Il siffle. Eh oh !

Y a deux jours de marche.

- Le village est à un kilomètre. Y en a pour 20 min.

Oh.

Léger gémissement

Musique traditionnelle sicilienne

Les gars, les gars.

Vous me laissez leur parler. Je suis psy.

Je sais comment convaincre ce genre de gars.

OK ?

Musique intrigante

Monsieur Mari,

les...

les méandres de la psychologie peuvent conduire parfois dans l'erreur.

Mais l'erreur n'est pas une impasse.

Au contraire, elle peut conduire à une ouverture d'esprit.

Ta gueule.

Oui, c'est ce que je voulais dire.

- Si tu essaies de m'embrouiller avec tes jolies phrases,

c'est pas ton esprit qui va s'ouvrir.

C'est ta tête.

Tes diplômes te rendent pas plus intelligent que nous.

- Loin de moi cette idée. Moi, je... - Laisse.

- C'est à moi de parler. - Bon.

- Monsieur Mari, tout ça, c'est de ma faute.

C'est moi qui ai fait sauter la maison de votre tante.

Je sais.

J'avais pas la preuve.

- Vous pouvez pas savoir combien je suis désolé.

Avec qui tu as fait ça ?

Vous donneriez vos complices, vous ?

Je suis venu pour vous présenter mes excuses.

Je vais me charger de la reconstruction de la maison de votre tante.

Tiens ta parole.

Sinon, moi, je tiendrai la mienne.

Il acquiesce.

- Qu'est-ce qui t'a pris de faire ça ?

Écoute, Mica.

Je suis pas d'ici, mais j'aime sincèrement la Corse.

Alors...

j'ai fait ça pour montrer que j'étais un des vôtres,

pour qu'on me considère comme un Corse.

- C'est pas parce que tu es pas corse que tu n'as pas ta place ici.

T'aurais pas dû faire ça.

Je sais.

Mais j'ai aussi voulu faire ça pour défendre l'île.

Pour moi, cette centrale, c'est une catastrophe pour la région.

Oui.

D'accord, elle va être polluante.

Mais on en a besoin, de cette électricité.

Et on a pas d'autre solution.

Oui, y en a une.

J'ai eu une idée. Enfin, non.

C'est ma femme qui l'a eue.

Euh...

Elle m'a dit qu'il existe...

des centrales vertes, c'est-à-dire non polluantes.

J'ai fait des recherches et j'ai découvert

qu'ils en construisent de plus en plus dans le nord de l'Europe.

Alors, ben j'ai contacté des spécialistes danois.

Ils sont prêts à nous aider.

Il faut monter un mouvement

pour que le projet de la centrale au fioul lourd

soit modifié en projet de centrale verte.

Mais...

pour ça, j'ai besoin de toi.

- Explique-moi. C'est quoi, ces centrales vertes ?

Musique légère

Tintement de cloche

Aspirations et expirations

Ah oui.

Oh, "he's" Tutu.

"He's a" bègue, "a Corsican" bègue.

Hein ? "No problem."

"Afghan walk."

- "Afghan ?" - Oui.

"Heu."

- "Heu." - "Heu."

- Laissez-moi vous présenter notre délégation d'ingénieurs danois.

Ah.

Je vous présente

Santu, Mica, Riri, Fifi, Loulou...

Comme Walt Disney.

Vous connaissez Walt Disney?

Picsou. Le neveu, Donald.

Voilà. Riri, Fifi, Loulou, les "nephews", et puis "Augustine".

- Stine ? Stin. Au-gu-stin.

Enchanté, messieurs.

Et merci d'avoir fait appel à nous.

Vous parlez français ?

- Mon français n'est pas très bon. Mais meilleur que votre anglais.

Je suis monsieur Glöten, et voici

monsieur Larsen et monsieur Petersen.

- "Heu." - "Heu."

- "Heu." - Voilà.

Ces messieurs vont présenter le projet de la centrale verte.

Monsieur Gluten ?

- Glöten. - Ah oui.

Oui, c'est ça. Gluten, oui.

Mettez de l'argent dans la petite boîte, là.

- C'est une collecte pour aider une dame âgée qui a perdu sa maison.

Oui.

Un grand malheur.

Voilà. Et les autres Gluten aussi.

Voilà.

Il parle allemand.

Ah non, ça, c'est en allemand.

Au Danemark, on dit "tak".

Ah, "tak", "tak".

- "Sehr tak." - "Tak", "tak".

- "Tak." - "Tak."

Bon.

Venez.

- "Heu." - Bonjour.

Je vais voir si tout est prêt pour la conférence de presse.

Bon, Achille,

je te confie nos ingénieurs danois.

Je vais donner un coup de main à Clémentine.

"Heu."

Musique cocasse

Vos noms.

- Alors, moi, c'est Glöten. Larsen. Petersen.

- Ça fait beaucoup de "eun". - En vrai, on dit :

Glöten, Larsen, Petersen.

- Hein ? - Glöten.

- Hein ? - Glöten.

Glö-ten.

- Gl... - Glöten.

Glokeun ?

- "Ten". Petit rire moqueur

Gl... Glokeun.

Glöten.

Ah !

- Qui c'est, ceux-là ? - Oh, c'est des ingénieurs danois.

Ah.

Un psy, des ingénieurs...

Y a un peu trop d'intellos dans cet hôtel.

Bon allez, les Danois, suivez-moi et on se bouge.

J'ai pas que ça à faire.

"Heu."

- Faut mettre de l'argent, là. - Encore ?

On en a déjà donné tout à l'heure dans le bar.

- Ah oui, mais la cagnotte du bar, c'est la cagnotte du bar.

Et la cagnotte de là, c'est la cagnotte de là.

Musique légère

- Ça a pas commencé. J'avais peur d'être en retard.

Tutu...

Qu'est-ce qui t'arrive ?

Rien. Pourquoi ?

Tu bégaies plus.

Ah, mais ça, c'est fini.

Bravo, Tutu !

- Félicitations ! - Merci, Clémentine.

Ça a pas été facile. Mais à force de travailler

avec l'orthophoniste, j'y suis arrivé.

Ça fait bizarre, hein ?

- Ben quoi ? C'est mieux, quand même.

Tutu qui bégaye pas, c'est trop bon !

Ils rient.

Effet Larsen

Un, deux. On m'entend.

On m'entend.

Alors, ben...

Bonjour tout le monde.

Et tout d'abord, merci à tous

d'être venus et d'avoir répondu présent

pour cette conférence de presse.

Et...

un merci tout particulier à ma femme,

Clémentine,

car l'idée de faire une centrale verte

à la place d'une centrale au fioul lourd

vient d'elle. Merci, chérie.

Cette centrale est extrêmement polluante.

C'est pour ça que nous demandons aux autorités

de remplacer

cette centrale

par une centrale verte. Alors...

qu'est-ce que c'est qu'une centrale verte ?

Pour vous expliquer précisément de quoi il s'agit,

M. Glöten.

Musique cocasse

- Au centre médical ! Ils rient.

- Oh, Tutu, quand tu parles sans bégayer, ça fait trop rire.

Tenez.

C'est l'argent de la cagnotte pour la maison de votre tante.

Il manquait 50 000 euros. Je les ai mis de ma poche.

Eh bien, tu as de grosses poches.

Non, mais disons que...

j'ai pris l'argent mis de côté pour notre maison.

Et ta maison ?

D'abord mes dettes.

Pour ma maison, on verra plus tard.

Mais il va falloir que vous me donniez un coup de main.

Pour ma cavale.

Ta cavale ?

Ouais.

Quand ma femme va apprendre pour sa maison,

je vais prendre le maquis.

Petits rires

- Ça va bien ? - Ça va, oui.

- En fait, ça me gêne que tu sois avec maman.

Je croyais que t'étais d'accord.

- Oui, mais il faut que tu te fasses naturaliser corse.

Oh !

C'est une "macagna", c'est ça ? C'est pas vrai.

Mais je vais jamais m'y faire, moi, avec cet humour corse.

- Tu peux rien faire pour que je rebégaie ?

Depuis que je parle normalement, on se fout de ma gueule.

T'as qu'à faire semblant de bégayer.

- J'arrive plus. - T'arrives plus ?

Comment t'as fait pour ne plus bégayer ?

- Trois pas en avant. - Tu les fais en arrière, je sais pas.

- Arrête, oh ! - "Salute."

- Allez, "salute". - Santé.

S'il vous plaît.

S'il vous plaît, un peu de silence.

Approchez.

Approchez.

J'ai quelque chose à vous dire.

Je viens de recevoir un mail de la préfecture.

Et ils sont d'accord

pour notre proposition de centrale verte.

Cris de joie et applaudissements

Il chante "La Goffa Lolita".

L'autre soir

On profitait d'une bonne bouteille

Acclamations

Dans la vieille ville ajaccienne

Quand elle est arrivée

Elle est entrée comme un mirage

La tête haute

Ne se souciant pas du regard

Des autres

Elle a traversé toute l'allée

Mais c'était qui ?

Mais c'était qui ?

Mais c'était qui ?

Mais c'était qui ?

Mais c'était qui ?

C'est qui ? C'est qui ? C'est qui ?

Mais c'était...

C'était Loli

C'était Loli, c'était Lolo

C'était Lola

C'était Loli

C'était Lolo, c'était Lola

C'était la goffa Lolita

C'était Loli

C'était Loli, c'était Lolo

C'était Lola

C'était Loli, c'était Lolo

C'était Lola

C'était la goffa Lolita

Ils chantent tous.

"La Goffa Lolita" (La Petite Culotte)

Miaulements

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