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Joyeux Noël !
J'y travaille.
- Pas question, elle est horrible ! - Faux.
- Elle est grossière. - Indélicate.
- Et vieille. - Très, très vieille.
J'ai pas eu le choix.
- Je vais me coucher. - Moi aussi.
Elle vous couchera.
- Jamais de la vie. - On ferait des cauchemars.
- Tu dis rien, poussin ? - Je fais déjà des cauchemars.
Ecoutez, je suis désolé de devoir aller au bureau,
mais je reviens très vite.
Et votre mère adorait votre tante, alors...
Quelle mine affreuse !
Bonsoir, tante Ruth.
C'est un plaisir.
Je ne vois pas de sapin.
- Ni de décorations. - Pas cette année.
C'est un tort.
Bonsoir, les enfants.
Comment ça va ?
Ils vont très bien.
Laissez-moi vous regarder.
Je m'en doutais. Toujours le coeur brisé.
- Pas moi. - Ni moi.
Moi, si.
Mais j'aime toujours maman avec mes morceaux de coeur.
Ils vont très bien.
- Tu es très vieille. - Oui.
Je suis parfaitement au courant.
Je vois pas pourquoi on doit écouter.
Parce que l'univers est constitué d'histoires, pas d'atomes.
C'est pas vrai.
Ca doit l'être, car je ne mens jamais.
Bref, vous écoutez l'histoire,
ensuite vous dormez, puis ce sera Noël.
Mais on veut pas que ça soit Noël.
Alors, je sais quelle histoire je vais vous raconter.
Vous êtes bien installés ?
J'espère pour vous, parce que je commence.
Vous aurez peut-être du mal à le croire,
mais autrefois, personne ne savait ce qu'était Noël.
A l'époque, au beau milieu d'une forêt de Finlande,
vivaient un garçon ordinaire, du nom de Nikolas,
et son père, un modeste bûcheron
qui, en cet instant, était pour le moins inquiet.
Sois la forêt.
J'ignore ce que ça veut dire.
Ca veut dire : "Ne bouge pas."
Quand je te dis de courir, tu cours.
Alors, j'arrête d'être la forêt.
Tu cours à toute vitesse.
Pas sans toi.
Alors, cours avec moi !
Cours !
Après avoir frôlé le drame,
Nikolas et son père rejoignirent leur cabane dans les bois.
Les temps étaient durs pour le père et le fils.
Ils avaient à peine de quoi vivre.
Attends.
Pardon.
Qu'y a-t-il ?
Où est sa maman ?
Elle est morte.
2 ans plus tôt.
Je crains que l'ours n'y soit pour quelque chose.
L'ours a mangé la maman. J'ai compris.
La Finlande était un endroit très dangereux à l'époque.
Et ça l'est toujours.
Mais malgré les difficultés, Nikolas avait toujours de l'espoir.
Surtout au moment de se coucher.
Tu me racontes l'histoire ?
Encore ?
Pourquoi pas ?
Ce n'est pas mon histoire.
Mais maman n'est plus là.
D'accord, je vais te parler de Lutinbourg.
Il y a longtemps,
dans un endroit comme celui-ci,
vivait une jeune fille du nom de Lumi.
Un jour, en ramassant des glands dans la forêt,
Lumi s'est complètement perdue.
Plus elle cherchait sa maison, plus elle s'en éloignait.
Elle alla au-delà du fleuve, sous la lune,
franchit la montagne pointue,
avant de redescendre en passant devant...
Les géants endormis ?
... devant les géants endormis, puis elle traversa le ciel
vers un endroit où la neige était aussi douce que les nuages.
Et ensuite ?
Lumi était à bout de forces quand elle vit un village secret
du nom de Lutinbourg.
Les lutins, peuple le plus heureux du monde,
habitaient ce lieu, le plus magique du monde.
Lumi y resta jusqu'à la fonte des neiges.
Et elle put enfin rentrer chez elle dans le sud,
les poches pleines de chocolats.
Tu y crois, pas vrai, papa ?
La fin est tirée par les cheveux. Le chocolat aurait fondu.
Mais le reste ?
La magie ?
Les lutins ?
Je n'en ai jamais vu.
Mais tu y crois ?
Ta mère y croyait. Pour elle, croire valait autant que savoir.
C'est quoi ?
- On aurait dit un couinement. - Ou un craquement.
Un couinement, c'est sûr.
- Peu importe, tu exagères. - Pousse-toi.
On a une souris.
Ne lui fais pas de mal !
Papa !
- Elle va voler notre nourriture. - Laquelle ?
Vas-y !
La voilà.
On la tient.
Je t'en prie !
Epargne-la.
Je t'en prie.
J'ai bien réfléchi.
Et j'ai décidé de te baptiser...
Miika.
Et je vais t'apprendre à parler.
Garçon.
Garçon.
Souris.
Souris.
Comme disait ma mère,
si on croit pouvoir faire une chose, c'est presque gagné.
Arbres.
Arbres.
C'est peut-être pas gagné, mais c'est un début.
Puis un jour,
quelque chose vint illuminer l'obscurité de cet hiver si long.
Une convocation du roi en personne.
L'invitation n'était que pour deux,
mais Nikolas ne vit aucun mal à amener
de la compagnie.
On va voir le roi, Miika.
Roi.
- La joie l'empêche de parler. - Pas de quoi se réjouir.
Pourquoi ?
Tu aimes le roi.
Bien sûr que j'aime le roi.
C'est un grand homme, il mérite ce qu'il a.
- Mais nous aussi, comme chacun. - On se débrouille avec ce qu'on a.
- On n'a pas grand-chose. - On se soutient.
Et c'est merveilleux.
Mais je veux davantage.
Sa Majesté le roi.
Bonjour à tous.
Merci d'être venus.
Tout va bien ?
Voulez-vous un verre d'eau ?
Je peux sonner pour qu'on vous en apporte un.
Non ?
Sûr ? Très bien.
Les temps sont durs.
Je dirais même très, très, très durs.
J'ignore à quand remonte mon dernier sourire. Et vous ?
Pourquoi sourirait-on ?
Nous sommes tous malheureux.
Il nous manque quelque chose à tous.
Et je crois que nous savons quoi.
Un système de santé ?
Bien vu, mais non.
Un salaire ?
L'idée est à creuser.
Un gouvernement équitable ? De quoi se nourrir ?
Mieux vaut que je vous dise
de quoi nous manquons.
D'espoir.
Nous avons tous besoin d'espoir.
Une lueur de magie
pour nous donner du courage.
Je vous ai fait venir
car vous êtes les habitants les plus robustes du pays.
Pas vous.
Et je vous demande
d'aller aux confins de notre royaume
et au-delà...
pour nous rapporter quelque chose qui nous rendra espoir.
Le regard de notre grande nation sera braqué sur cette quête.
Ceux qui se lanceront seront largement récompensés.
Ce sera dangereux.
Certains mourront.
Probablement la plupart.
Mais si vous réussissez,
la récompense n'en sera que plus grande.
Je te tiens !
Attrapez-le !
Pardonnez-le, sire.
Je vous en supplie.
Je suis navré, Majesté.
Il a la tête dans les nuages.
Petit chanceux.
- Que t'a-t-il donné ? - Deux mots aimables.
De quoi me réchauffer le coeur.
Combien d'argent ?
Je ne sais pas.
Une demi-couronne.
Une souris tiendrait une semaine avec.
Fourchette.
Pomme de pin.
Cuillère.
Dis quelque chose, Miika.
Ce que tu voudras.
Anders !
C'est bien moi.
Il s'en est fallu de peu avec l'ours. Merci.
On doit parler. Le petit peut changer de pièce ?
On n'a qu'une pièce.
Et je veux entendre.
Allons parler dehors. Je te prête mon bonnet.
Je survivrai.
A ton avis, de quoi il s'agit ?
On part vers le nord.
Le nord ?
Nikolas.
La quête du roi...
Je vais me lancer.
- Tu pars ? - Pas pour longtemps.
Deux mois.
Deux mois ?
Peut-être trois, mais ça passera très vite.
Ca vaudra la peine.
Pour apporter de l'espoir ?
Pour toucher la récompense.
La récompense n'est pas de nous rendre espoir ?
La récompense, c'est l'argent.
Et qui dit argent dit nourriture et vêtements chauds,
une autre vie pour toi.
La vie que j'ai promis à ta mère de t'offrir, sur sa tombe.
Nikolas, je t'en prie !
Où vas-tu aller ?
Anders forme une équipe.
On ira vers le nord.
Le Grand Nord. Pour trouver Lutinbourg.
- Lutinbourg ? - Si ça existe.
- Ca existe. Emmène-moi. - C'est trop dangereux.
On dormira dans le froid.
J'adore le froid.
Au nord de Seipajarvi, ce n'est que lacs gelés et champs enneigés.
Je raffole des champs enneigés !
Ensuite, c'est pire. Voilà pourquoi nul n'y va.
C'est que nul ne connaît le chemin.
Ce passage de l'histoire est vague, tu t'en souviens à peine.
Je t'en prie, je sais que je peux t'aider.
Je t'en prie.
Je pars à l'aube.
Tu vas me manquer, Noël.
Tu ne m'as jamais dit pourquoi maman m'appelait comme ça.
Elle ne me l'a jamais dit non plus.
Ce n'est qu'un mot, ça n'a pas forcément de sens.
Très cher frère,
merci d'avoir la générosité de me laisser veiller sur l'enfant.
Qui veillera sur moi ?
La joie absolue
de passer du temps avec mon neveu me suffit comme récompense.
Mais si tu insistes, on trouvera sûrement un arrangement.
J'ai écrit à ma soeur.
Signé : ta soeur qui vous adore.
Pas tante Carlotta !
Tu lui refuserais ce plaisir ? Elle est seule.
Pas étonnant.
Mon frère !
Quelle joie pour moi de recevoir ton message !
Je m'en doutais.
C'est une longue et belle balade
pour arriver jusqu'ici.
Quelle bonne idée
d'avoir construit cette bicoque au bout du monde !
Nikolas.
C'est un plaisir de te voir.
Un plaisir, tante Carlotta.
Tatie, je t'en prie.
On est une famille unie.
Dépêchez-vous de charger.
Fais tes adieux,
bûcheron.
Ca en vaudra la peine.
C'est impossible.
Bûcheron,
il est temps.
Papa...
Je suis prêt.
Papa, attends.
Ton couteau.
Prends ça.
Maman l'a fait pour toi.
Elle disait que j'en aurais besoin.
Moi, j'ai besoin que tu sois au chaud
et en sécurité.
Et aveugle !
Je t'aime.
C'est pas trop tôt. Quel raffut !
Bien...
Nous voilà seuls.
Tante Carlotta était devenue...
Attends.
Oui ?
- Il va revoir son père ? - Oui.
Promis ?
Je ne mens jamais. Je peux continuer ?
Tu as intérêt.
Bien. Tante Carlotta était devenue
exactement ce que Nikolas redoutait.
Dehors ! Plus vite que ça ! Allez !
Ouste !
Règle numéro 1 : tu dors dehors, j'aime être tranquille.
Il fait froid.
- Ne réponds pas. - Mais...
Ne réponds pas.
- Il fait froid. - Tu continues !
Règle numéro 2 :
pas de rats.
Ce n'est pas un rat, c'est une souris.
C'est un immonde rat miniature !
Ne lui fais pas de mal !
Sale vermine !
Miika...
Et pas d'horribles légumes pourris !
Ma poupée en navet ! C'est maman qui me l'a faite.
Regarde, elle a un visage.
"Regarde, elle a un visage "!
Je déteste les enfants !
Tu as vu, Miika ?
Il faut faire un voeu.
Je souhaite que mon père réussisse
et rapporte quelque chose de magique.
On en a tous besoin.
Le temps passe lentement pour ceux qui attendent.
Tandis que Nikolas attendait,
il maigrissait.
C'est toi qui gargouilles comme ça ?
C'est mon ventre, tante Carlotta.
Cesse de te plaindre. Je suis plus affamée que toi.
Tu manges ma part.
Sans la savourer. Même la neige est plus goûteuse.
Pourquoi il n'y a rien de bon ?
Comme de la pâte d'amandes ou du gâteau ?
Du chocolat ?
Pourquoi je n'ai pas de chocolat ?
Parce que ça n'apparaît pas par magie.
Ca serait bien si c'était le cas.
Un foyer n'est pas un endroit, c'est une sensation.
Les jours se transformant en semaines
et son père ne revenant pas,
Nikolas se demandait s'il l'éprouverait encore un jour.
On mélange le tout et...
Nikolas !
Te voilà.
Je t'ai...
fait de la soupe.
C'est vrai ?
Avec quoi ?
Avec amour.
C'est ça.
Régale-toi.
Je n'aurais jamais dû venir.
Tu peux rentrer chez toi.
J'ai Miika et ma poupée en navet.
Je me débrouillerai.
C'est drôle que...
tu parles de cette...
chose.
Non ! Comment tu as pu faire ça ?
Tu es stupide et sentimental, exactement comme ta mère.
Ne la critique pas !
Elle était gentille, bonne...
Et stupide !
Exactement comme ton père
avec sa quête qui le tuera aussi !
Chacun sait que les lutins n'existent pas !
C'est faux.
Et il n'existe aucun endroit
du nom de Lutinbourg.
Enlève-moi ça de là !
Il est fichu.
Au-delà du fleuve,
sous la lune,
au sommet de la montagne pointue...
après les géants endormis...
Lutinbourg.
Et c'est ainsi
que Nikolas se découvrit un but,
une mission.
Je vais retrouver mon père et lui donner la carte.
Mais c'est un voyage long et dangereux.
Peut-être même mortel.
Rien ne t'oblige à venir.
J'aime autant que tu ne comprennes pas.
Arbres.
Arbres.
Les deux amis entamèrent donc leur voyage.
Arbres.
Ils fuyaient le malheur
pour partir vers l'inconnu.
Le Grand Nord.
Petit !
Bonjour.
Où vas-tu, mystérieux garçon avec une souris sur l'épaule ?
Je vais aider mon père. Il est parti vers le Grand Nord.
Tu es trop jeune pour aider quiconque,
petit.
Et le Grand Nord est dangereux.
Non, ils sont à la recherche de Lutinbourg.
Ne crois jamais à rien.
Surtout pas aux contes de fées,
aux villes magiques
peuplées de minuscules créatures heureuses.
Jette-toi d'un pont, petit, tu souffriras moins.
Muni de sa seule carte pour le guider,
Nikolas poursuivit sa route.
Il avait froid et faim.
Les paroles de la vieille femme
résonnaient à ses oreilles.
Elle se trompe, pas vrai, Miika ?
On le trouvera.
J'en suis sûr.
Il suffit...
d'arriver à destination.
Par ici !
Tu crois à la magie ?
Moi, je n'y crois plus.
S'il y a un moment
pour prouver que la magie est réelle et extraordinaire,
c'est maintenant.
Garçon.
Souris. Arbre. Boule. Cuillère.
Miika ! Tu sais parler.
Bien sûr que je sais parler, et aussi voler.
Je plaisante. Les souris ne volent pas.
Il fallait parler avant.
Je voulais pouvoir faire une phrase.
Mais vu ta façon de m'apprendre un mot à la fois, c'était long.
Bon, on peut parler d'un sujet très important ?
- Lequel ? - Le fromage.
Ca existe ?
Je n'en ai jamais vu.
Mais j'y crois quand même.
Je préfère y goûter que d'y croire, mais...
Ca, c'est un feu, non ?
Arbres.
On marche...
On marche parmi les arbres enneigés.
C'est quoi, ça ? Tiens, un écureuil.
Un écureuil mort et gelé.
Quel drôle de mot, pas vrai ?
Ecureuil. "Bonjour, je suis un écureuil."
Comment on appelle
le gros truc effrayant qui a quatre pattes
et de drôles de cornes ?
- Comment ça s'appelle ? - Aucune idée.
- Un renne ? - C'est ça, un renne.
Pourquoi ?
Pour rien. Sauf qu'il y en a un qui fonce sur nous !
Ramasse-moi !
Cours !
Accroche-toi, Miika.
- Il est blessé. - Et alors ?
Regarde.
- Une flèche. - Oublie.
Elle va tomber toute seule.
Laisse, ce n'est pas notre problème.
Impossible.
Là, c'est notre problème.
Doucement, mon grand.
Tout va bien.
Tu vois ?
Je ne te ferai aucun mal.
- C'est ça, caresse-le. - Rassure-toi.
Anders.
Le chasseur.
Tu es prêt ? Je compte jusqu'à 3.
1... 2...
Ne t'en fais pas.
Tout va bien.
Tu vois ? Pas de quoi s'inquiéter.
C'est bien.
Bonne journée !
Salut, mon vieux.
Ca s'est passé mieux que prévu, je nous voyais déjà morts.
File !
Ne viens pas avec nous !
La route est encore longue pour nous.
Tu veux que je grimpe ?
Tu m'expliques ?
- C'est oui en langue des rennes ? - J'opte pour non.
On n'a pas le choix.
Pourquoi m'apprendre à parler si tu n'écoutes pas ?
Pas question.
D'accord, on grimpe.
Regarde, Miika.
La montagne toute pointue !
On y est presque !
Je ne peux pas t'appeler Renne.
- Je vais te trouver un nom. - Mauvaise idée.
Moi, je me suis retrouvé avec Miika.
Petit, je faisais de la luge avec ma mère,
près du lac de l'Eclair.
Si je t'appelais comme ça ?
Comment ? Lac ou Eclair ?
Tu veux dire les deux ?
Je trouve que ça fait beaucoup.
"En avant, vaillant Lac de l'Eclair."
Miika, regarde.
Les géants endormis.
On approche.
De quoi ?
De Lutinbourg.
De mon père.
Mais de l'autre côté de la montagne,
ils ne trouvèrent que de la neige,
et encore de la neige.
Lutinbourg
n'était pas à l'horizon.
Je ne comprends pas.
On a dû se tromper.
Il n'y a rien ici.
Rien ici ?
Comment ça, rien ici ?
Ce n'était pas prévu ?
Qu'est-ce qu'on va faire ?
Qu'est-ce qu'on va faire ?
Eclair, par là !
C'est là que les choses empirèrent.
Papa...
C'est...
son couteau ?
Nikolas se sentit accablé par le doute.
La quête semblait inaccessible.
Nikolas, ça ne va pas ?
J'ai essayé de le retrouver,
mais j'ai échoué.
La température chutait.
Je suis fatigué.
Même l'air commençait à geler.
Le coeur de Nikolas se mit à battre plus lentement.
Chaque respiration était un effort.
Il avait fait de son mieux.
Mais cela ne suffisait pas.
On s'arrête là pour ce soir ? Il est tard.
Je peux revenir l'an prochain.
Je plaisante, j'y retourne.
Nikolas était étendu dans la neige.
Gelé et abandonné.
Réveille-toi, je t'en prie.
Quand soudain, il y eut un bruit.
Tu entends ?
Quelque chose...
se rapproche.
Ils viennent nous aider.
On est sauvés...
Faux espoir.
Regarde ses drôles d'oreilles, grand-papa.
Les oreilles d'humain sont surprenantes.
C'est un humain ? Il va nous manger ?
Non, on ne risque rien.
Mais...
Il faut toujours aider ceux qui sont en détresse.
Même les humains.
Où suis-je ?
- Qui êtes-vous ? - Je suis Tite Nouch.
Moi, je suis le père Topo,
l'arrière-arrière-grand-père de Nouch,
figure-toi.
- Je suis mort ? - Non.
Grand-papa t'a fait un petit drimwick.
- Un drimwick ? - C'est quoi ?
Un drimwick est un sort d'espoir.
J'ai souhaité que tu sois fort, au chaud,
et toujours en sécurité.
Toujours en sécurité ? C'est impossible.
C'est un mot que l'on ne prononce jamais.
Une impossibilité
n'est qu'une possibilité
qui t'échappe encore.
En attendant, il faut qu'on s'éloigne de toi
et tu dois quitter Lutinbourg.
Lutinbourg ? Le village des lutins ?
Mais je n'y suis pas encore !
Tu es bête !
On est au bout de la rue des Sept Virages,
la plus longue de Lutinbourg.
Désolé.
Il n'y a rien par ici.
Sauf de la neige.
Il est aveugle ?
Il ne sait pas voir.
Attendez, j'ai tout risqué pour trouver Lutinbourg.
Laissez-moi voir ça.
Rien qu'une fois.
Pour voir une chose...
il faut y croire.
Y croire vraiment.
Vas-y.
Essaie de toutes tes forces.
Tente de voir ce que tu cherches.
Allez !
Il faut y croire !
Lutinbourg.
Je n'en crois pas mes moustaches !
On est où ?
A Lutinbourg.
Regarde-moi ça !
C'est incroyable.
Entre nous,
je nous trouvais mal partis.
Maintenant que tu as vu,
prends ton renne et ta souris, et va-t'en.
Ce que tu cherches n'est pas ici.
Je cherche mon père.
Pour lui donner ce bonnet.
Allez, en avant !
Vite !
On est déjà en retard.
Par ici.
Pourquoi on se cache ?
Je t'expliquerai.
Ti Kip toujours introuvable
- Qui est Ti Kip ? - Comment ?
Qui est Ti Kip ?
On doit y aller.
Par ici.
Tout droit.
Je n'y comprends rien.
Pour moi, Lutinbourg était l'endroit le plus magique du monde.
- Ca l'était. - Ca le sera encore.
C'est ce qu'on croit, dans la résistance.
La résistance ?
De quoi parlez-vous ?
Vite, entre.
Entre.
Ecoute-moi, humain.
Quand tu entreras là-bas,
contente-toi de...
Tu verras.
Entrer où ?
Donne-moi la main.
Voilà, tu y es.
C'est comme ça qu'on résiste.
A la santé mentale ?
Joyeux Noël !
Nikolas ?
Qu'est-ce que c'est ?
C'est Gâteauville !
Incroyable !
Salut, beauté.
Ne bouge pas, je reviens.
Aucune idée de ce qu'est Noël,
mais j'adore.
Nikolas, devine qui a mangé une chaise !
C'est du sucre, je suis indemne.
Et rassasié.
Goûte, c'est délicieux.
Je ne peux plus rien avaler.
Un régal.
Fais goûter.
Père Topo ?
Ils ont bien dit "Noël" ?
- Oui, on fête Noël. - Qu'est-ce que c'est, Noël ?
Ma mère m'appelait comme ça.
Pardon ?
Tu as bien dit : "Qu'est-ce que c'est, Noël ?"
Excusez mon ami, il est simplet.
Un Noël est une ville faite de gâteaux, pas vrai ?
Je n'ai jamais rien entendu de plus triste de toute ma vie.
Noël est le plus beau des jours, car c'est celui de la bonté.
De la joie et du bonheur.
Un jour où l'important est d'ouvrir son coeur.
Alors, on refuse d'y renoncer.
Ca suffit, Tite Nouch.
Parlons de choses plus légères.
On t'a dit notre nom, mais on ne connaît pas le tien.
- Moi, c'est Miika. - Nikolas.
C'est trop drôle ! Ca ressemble à "nekilas".
Ma foi, tu as raison. Nekilas !
- Nekilas, c'est un problème ? - C'est une saucisse qui pue.
Seuls les trolls en mangent.
Les trolls existent aussi ?
Ils arrivent !
Cachez-vous !
Tout le monde à terre !
Vous avez entendu, à terre.
Ne braque pas ce truc sur moi.
Pardon, maman.
Que se passe-t-il ?
Les rumeurs sont donc vraies.
Il reste des lutins qui aiment s'amuser.
Mère Vodol...
Silence !
N'a-t-on pas retenu la leçon ?
La souffrance des derniers mois
ne nous a-t-elle pas assagis du tout ?
Les nouvelles règles sont-elles complètement igno...
Qui...
ou plutôt que vois-je ?
Je suis Miika. Vous avez déjà vu une souris ?
Ce n'est pas à toi que je parle.
Veuillez m'excuser.
- Je suis Nikolas. - Ce n'était pas clair.
Je suis un humain.
Je vois bien, seulement...
je n'y crois pas.
Père Topo...
si je ne me trompe pas,
et je ne me trompe jamais, tu étais présent
à la dernière réunion du Conseil.
Oui, en effet.
C'est là que les nouvelles règles ont été présentées.
La règle la plus importante à respecter étant :
aucun humain ne doit jamais...
absolument jamais être amené ici.
Je ne l'ai pas amené ici.
Je l'ai trouvé.
Il était quasiment mourant.
Alors, je lui ai lancé
un petit sort d'espoir.
Un drimwick ?
Sur un humain ?
Un petit.
Imbécile !
- Quels pouvoirs as-tu libérés ? - Pitié !
C'était le seul moyen de le sauver.
Souvenons-nous
des choses telles qu'elles étaient avant.
Nous sommes des lutins.
Nos pouvoirs servent à faire le bien.
Où est le bien quand nous sommes attaqués ?
Il faut s'adapter...
faire passer un message clair :
plus aucun étranger ne doit être admis ici.
C'est sur ce programme que j'ai été élue Porteuse du Bâton,
souveraine de Lutinbourg.
En toute franchise, mère Vodol...
Silence !
Dis-moi,
humain,
pourquoi es-tu venu ?
- Pour retrouver mon père. - Ton père ?
Il cherchait quelque chose de magique.
Elle n'a pas à le savoir.
A tout hasard, voyageait-il avec d'autres hommes ?
Oui ! Vous l'avez vu ? Il est arrivé jusqu'à Lutinbourg ?
En effet, il est venu ici.
C'était l'un d'eux.
Que lui avez-vous fait ?
Je lui ai fait confiance.
Comme nous tous.
C'est normal.
Une humaine nous avait rendu visite par le passé.
Trop brièvement.
Son séjour nous avait inondés de joie.
Nous avons attendu des années,
prêts à accueillir quiconque arriverait à Lutinbourg
et à faire preuve de bonne volonté.
Mais ces hommes
n'ont fait que révéler notre faiblesse.
Comment ça ?
Je parle, bien entendu, de ce pauvre Ti Kip.
Qui est-ce ?
Ses parents sont là. Pose-leur la question.
Dites-moi, je vous en prie.
Qu'ont fait ces hommes ?
Répondez-lui !
Ils ont pris notre fils.
Ils l'ont enlevé.
Vous vous trompez. Mon père ne ferait jamais ça.
Pourtant, il l'a fait.
C'est pourquoi je me suis présentée aux élections
avec le slogan "Les lutins pour les lutins".
Fini, les fêtes ridicules où on baisse la garde.
Fini, l'insouciance excessive.
Fini, les chants.
Et interdiction absolue de danser la gigolette !
Fini, la bonté.
Fini, la joie.
Fini, Noël.
Gardes !
Emmenez-le à la tour !
Avance.
Donne-moi ça.
- Miika ? - Oui !
- File tant qu'il est temps. - Pas question de t'abandonner.
Qui sait ce qu'il y a dans la tour ?
Pas question... Qu'est-ce qu'on risque ?
On peut être torturés, démembrés, voire tués.
C'est quoi, ça ?
Il cachait une souris !
Avance !
Te voilà seul, maintenant.
Entre là-dedans.
Où m'emmenez-vous ?
Entre.
Si je retrouvais mon père, il pourrait tout expliquer.
Pitié, je dis la vérité !
"Pitié, je dis la vérité !"
Tu ne sais rien de la vérité.
Personne n'en sait rien.
Mon coeur solitaire en est la preuve.
Tu es un lutin ?
Non, beurk ! Je suis une fée.
Une fée de Vérité.
Tu mens, ça n'existe pas.
Je ne peux pas mentir.
Je suis une fée de Vérité, ça m'attire des ennuis.
Ca, et faire exploser la tête des gens...
Quoi ?
Je fais avaler de la sautegraine à quelqu'un
et douze secondes plus tard, il explose !
Ecoute,
je cherche mon père. Tu peux m'aider ?
Je pourrais, mais...
je n'en ai pas envie.
Je ne mens jamais.
Sauver ton père n'a rien d'amusant !
Et Ti Kip ? Que sais-tu de lui ?
Il a un nom rigolo, des humains l'ont enlevé.
C'est un malentendu. Mon père pourra tout expliquer.
Ca m'ennuie d'avance. Par chance, on est enfermés.
Tiens ça.
J'appelle ça des papillotes.
Moins puissant que la sautegraine, mais déjà pas mal.
Pour quoi faire ça ?
- Pour réveiller le troll. - Quel troll ?
Celui qui est derrière toi.
Mon conseil : écrase-lui la tête,
aspire les morceaux juteux et descends jusqu'aux orteils.
Tu es folle ?
Désolée, c'est sorti comme ça.
Tu veux bien m'aider ?
Tu es censée dire la vérité.
Ce reste de sautegraine devait servir pour une grande occasion.
C'est l'occasion, je me fais dévorer !
Bon, d'accord.
Attrape !
Mets-lui dans la bouche !
10...
9...
8...
7...
Prends ma main.
3... 2...
On vole !
Tu as été exposé à la magie, récemment ?
J'ai été drimwické.
Un drimwick est un sort sans intérêt qui exige des pensées positives.
Je pensais à ceux que j'aime : ma mère, mon père et Miika.
- Qui est Miika ? - Mon ami souris.
Je n'ai jamais fait exploser de souris !
- Qu'est-ce qui se passe ? - J'ai tout gâché.
- Je pense à de belles choses. - Et moi, à une souris morte.
Maintenant, j'y pense aussi !
Dépêchez-vous !
Où sont-ils ?
Où sont-ils ?
Vite !
Plus vite que ça !
Quelqu'un les a vus ?
Empêche-moi de parler.
Où sont-ils ?
On est là !
Arrête !
- Sur le toit ! - Les voilà !
Tu ne pouvais pas te taire ?
J'aurais bien aimé.
Tu sais combien de gens rêvent d'un ami qui ne dit que la vérité ?
Pas beaucoup.
Aucun, jeune humain.
Ecoute, il faut que j'arrête de t'appeler jeune humain.
Même si c'est exactement ce que tu es.
Et à vrai dire, je n'ai pas le luxe d'être difficile en matière d'amis.
Alors, nouvel ami, comment je dois t'appeler ?
Ma mère m'appelait Noël.
Les autres m'appellent Nikolas.
En conclusion, les humains sont des animaux dangereux
dont il faut se méfier.
Donc, qu'est-ce qu'on doit faire si on voit un humain ?
C'est tout à fait ça.
Pitié,
vous devez m'aider.
Vous n'êtes pas obligée.
Je me dois de protéger mes élèves de ceux qui pourraient leur nuire.
Comme les humains qui ont enlevé Ti Kip.
Je vous en prie.
Aidez-moi à m'évader,
je trouverai Ti Kip et je le ramènerai à Lutinbourg.
Ouvrez la porte !
Je vous en prie.
Je dis la vérité.
Ouvrez !
C'est un ordre !
Recule.
Vite !
File et ramène Ti Kip !
- Allez ! - Ca y est !
Il y a des humains ici ?
Je peux sortir ?
- Et toi, tu es humain ? - Non.
C'est bon.
Suis-moi.
Nikolas !
Tout va bien, je connais ce renne.
Merci, Nouch.
Salut. Toi aussi, tu m'as manqué.
Ils sont là !
On y va.
Attrapez-les !
Grimpe !
Allez, Eclair !
Pousse-toi, petite.
Bonne chance, saucisse puante !
Nikolas !
Je suis là !
Miika !
Tu m'as manqué.
Toi aussi, terriblement.
- Voici la fée de Vérité. - Pardon ?
Ne les laissez pas s'enfuir !
- Grosse pour une fée. - Pardon ?
Pas maintenant.
Et lui, c'est un ami ?
Eclair, par ici.
Il me tient !
Baisse-toi !
On l'a eu !
On y est presque.
Descendez !
On est cernés.
Voilà,
prenez-les en étau.
C'est épuisant d'avoir autant de pouvoir.
Attends !
Oui ?
Ils l'ont attrapé ?
Pardon ?
- Il meurt ? - Si oui, arrête-toi tout de suite.
On s'en remettrait pas.
Mais si.
Vous pouvez vous remettre de tout,
parce que vous vous êtes déjà remis du pire.
Nikolas était cerné.
De tous les côtés,
des lutins leur barraient la route.
Je refuse d'être recapturé.
J'ai quelques tours dans mon sac.
Ou plutôt des explosifs maison improvisés.
Attrapez-les !
Miika, bouche-toi les oreilles.
Baissez-vous !
Eclair !
Gardes, le pont-levis !
Bien, mère Vodol.
On n'y arrivera pas.
Que fais-tu ?
Je m'occupe du pont, file !
- Je ne peux pas te laisser. - Si !
Vite !
Fonce, ça va barder !
- Attrapez-les ! - Vite !
Retrouve ton père !
Il s'échappe !
Vous l'avez laissé partir !
Dépêchez-vous, imbéciles ! Qu'est-ce que vous attendez ?
Les trois amis passèrent la journée à chercher.
Ils franchirent des montagnes, des cours d'eau
et des lacs complètement gelés.
Quelque part dans cette étendue sauvage,
Nikolas espérait retrouver son père
et élucider le mystère
du petit lutin perdu.
De la fumée.
Miika ?
- Regarde ça. - Un fil. Tu sais où il mène ?
Non, mais il mène forcément quelque part.
Voilà qui est rassurant.
Ti Kip...
Je sais que tu as peur.
Moi aussi.
Mais je veux t'aider.
C'était facile !
Comme d'attraper un lapin !
Il y a plein d'oiseaux.
Je dis ça comme ça.
Tout dépend de la promesse que tu veux tenir.
Celle faite à ton roi
ou celle faite à ton fils.
On touche au but.
Ne faisons pas de bruit.
Ne t'avise pas de broncher.
Qui es-tu ?
Réponds ou tu es mort.
Je suis perdu, je ne fais rien de mal.
Tu mijotes quelque chose. Dis-moi quoi
ou je te transperce d'une flèche.
- Qu'y a-t-il ? - J'ai trouvé ce gamin.
Qu'est-ce que tu fais là ?
Qui es-tu ?
Le fils de Joël !
Mon père, où est-il ?
Nikolas ?
C'est toi ?
Papa !
Comment es-tu arrivé ici ?
Je te cherchais.
J'ignorais que tu enlèverais un lutin.
Tu devais prouver que Lutinbourg existait.
Oui, et quelle meilleure preuve
qu'un lutin ?
Ils ont dû t'obliger à l'enlever.
Dis-moi que c'est ça.
C'est pour notre bien.
Le roi a demandé de l'espoir. Où est l'espoir dans tout ça ?
Ramenons ce lutin à Lutinbourg.
Chez lui.
Les lutins seront contents.
Il y aura peut-être une récompense
pour chacun.
Etre bon, c'est mieux qu'être riche.
C'est mieux que tout.
Si tu l'as oublié...
tu as oublié maman.
Je vais te libérer, Kip.
Anders !
- Pousse-toi. - C'est mon fils.
Il veut aider le lutin à s'évader.
Alors, attachons-le.
Bien serré pour l'empêcher de filer.
Silence.
Bon, d'accord.
Attachez-le.
Attachez aussi le renne.
Mais papa...
Papa, je t'en prie !
Eclair !
Laissez-le tranquille !
Faites du mal à mon ami et je vous croque un oeil.
Tu as réussi ! Tu lui as appris à parler ?
Oui, il a réussi, il est incroyable.
Ne me regarde pas comme ça.
Je fais de mon mieux.
C'est ça, votre mieux ?
Entre nous, on peut vite juger les gens.
S'ils te menacent avec...
Tais-toi, Miika.
... une hache...
Reste calme.
Que fais-tu ?
Suis-moi.
Non, pourquoi on ferait ça ?
Nikolas !
C'était une très mauvaise idée de venir ici, de t'enfuir...
Mais je soutiendrai toujours mon fils.
Pourquoi tu souris ?
Il y a de la bonté en toi.
Viens, Ti Kip.
Voilà ce qu'on va faire.
Ramène Kip à Lutinbourg avec le renne,
puis continue vers le sud jusqu'à la maison.
Ils s'échappent !
- Vite ! - Ils filent !
Debout !
- Vers le sud. - Pas sans toi !
Debout, les gars !
- Ils s'enfuient ! - Avec le lutin !
Joël ! Nikolas !
Cette fois, je l'aurai.
Plus vite, Eclair, plus vite.
Dépêchez-vous !
Rattrapez-les !
Ils nous échappent !
On doit accélérer.
On ne va pas assez vite, Eclair.
Nikolas ! Droit devant !
Allez, Eclair.
Il y a de la magie en toi.
Voilà, c'est ça !
- Je vous ralentis. - On y est presque !
Vas-y, Eclair !
Je t'en prie ! Vole, Eclair, vole !
Non, papa !
Je t'aime, Nikolas.
Tu es plein de bonté, ça compte plus que tout.
Papa, je t'en supplie !
C'est la pire de toutes les histoires.
Je n'ai pas terminé.
La fin risque pas d'être heureuse.
C'est inutile, le bonheur n'est pas une obligation
et rien ne finit jamais.
Bon, joyeux Noël à tous !
Mais tante Ruth...
Oui, poussin ?
Pauvre Nikolas...
Je sais.
Il a ressenti une douleur incroyable.
Le chagrin est le prix à payer quand on aime.
Et ça le vaut
un million de fois.
Nikolas...
Je suis désolé.
Mais le moment était venu
pour Nikolas de rétablir la situation...
et de ramener Ti Kip chez lui,
à Lutinbourg.
Ecoute...
tu dois penser que mon père était un mauvais humain.
Mais il y a aussi du bon.
Les humains sont compliqués.
Nikolas trouva les rues de Lutinbourg
entièrement désertes.
Pas un lutin à l'horizon.
Mère Harkus,
pour crimes odieux envers les lutins,
tu es dès à présent bannie à vie.
Vous pouvez nous punir,
mais pas nous priver du sol
sur lequel nous nous tenons...
Nous sommes chez nous.
Assez !
Vous êtes tous bannis !
- Vous ne pouvez pas faire ça. - Trop tard !
Je refuse qu'on menace notre sécurité,
qu'on perturbe notre existence.
Avons-nous déjà oublié les leçons de ce pauvre Ti Kip ?
Posez-lui la question.
Je ne ferai pas de grand discours.
Je crois que c'est plié.
Si Ti Kip est vivant...
alors...
l'espoir est vivant !
Attendez.
Posez-le et ramenez-le.
S'adapter... Je dois m'adapter.
Attendez !
Je vous ordonne...
Qu'est-ce qu'il a dit ?
Rien. Il a seulement frappé.
Quel suspense...
Oui ?
Mon petit !
Désolé, maman.
On en parlera quand ton père rentrera.
Tu as trouvé ton père ?
Ecoute.
Une seule chose est simple et claire dans la vie : la vérité.
Mais ça peut être douloureux.
La douleur finit par passer ?
Non.
Tu aurais pu mentir.
Mais on apprend à vivre avec.
Et ça rend plus fort.
Ca, c'est la vérité.
Je ne comprends pas bien comment tu as fait.
Raconte-moi depuis...
Tu as sauvé notre fils.
- N'importe qui pouvait le faire. - Toi seul l'as fait.
Reconnais ta victoire.
- On ne fait que des toupies. - Il est modeste.
Leurs toupies ont du toupet.
En signe de gratitude,
voici une sélection de nos plus beaux modèles.
J'ai eu un seul jouet.
Une poupée en navet,
faite par ma mère.
Une triste histoire.
- Il l'a mangée. - On a tous des regrets.
Un seul jouet ?
Ca me donnait l'impression d'être heureux et aimé.
C'est suffisant pour un enfant.
Attendez.
Quoi ?
Vous pourriez en faire plein d'autres ?
Oui, mais...
Ca doit briller, s'empiler,
se remonter.
Il me faut ce rideau.
On enlève un autre lutin ?
Non, mieux. Bien mieux.
Une boutique de rideaux ?
- Allez ! - On a peu de temps.
Et peu de fromage.
Il fallait le dire ! J'en fabrique.
Marions-nous.
Tout va bien, j'actionne la roue.
Merci, c'est parfait.
Vous faites du bon travail.
Continuez comme ça.
Formidable, merci.
Raté.
Recommence.
J'ai vu pire.
Merci.
Si tu voyais ça, maman...
Tout ce dont tu rêvais.
Plus que cinq minutes, les amis.
Cinq minutes.
Peinture fraîche.
Bleu comme la paix,
rouge comme la joie, vert comme l'émerveillement
et jaune pour le plaisir.
- Tu aimes ? - Un peu criard.
- Parfait. - J'adore.
Le renne a besoin d'être dirigé.
Allez, c'est l'heure.
On a peu de temps.
Joyeux Noël !
- Tiens, prends ça. - Je ne peux pas.
Tu es des nôtres, maintenant.
Tu ne vas pas représenter Lutinbourg fagoté comme ça.
Pour eux, il y a de la grandeur en toi.
Pour nous tous.
Et pas seulement parce que tu es géant.
Allez,
Lutinbourg est ta patrie.
Vas-y, fais-nous honneur.
Voilà.
Merci.
Sois prudent.
On va se débrouiller. A bientôt !
On espère bien.
Halte !
Cet humain n'a pas le droit de quitter Lutinbourg.
Il nous a ramené le petit lutin.
Bravo !
Mais que pèse un garçon
contre toute une communauté ?
Ce que nous avons gagné ne doit pas nous faire oublier
ce que nous pouvons perdre.
Notre pays.
Notre culture.
Non, je n'y crois pas.
Petit...
d'où vient ce médaillon ?
Où l'as-tu trouvé ?
Ma mère.
Elle l'a porté toute sa vie.
Je pensais ne jamais le revoir.
Il y a longtemps...
une humaine est arrivée dans notre village.
Fatiguée et perdue.
On l'a accueillie.
Elle était gentille, aimable et...
pleine d'espoir.
Elle est devenue notre amie.
Mon amie.
Jusqu'au jour où la neige a fondu
et où elle est repartie dans le sud.
Les poches pleines de chocolats.
Voilà où étaient passés mes chocolats.
Dans mon souvenir,
Dimelza...
il fut un temps où tu aimais les humains
plus que nous autres.
Mais elle est partie sans un mot.
Elle n'a jamais oublié.
Ma mère me racontait l'histoire de Lutinbourg chaque soir.
Ca ne la quittait jamais.
Lumi.
On l'appelait Lumi.
Lumi...
Celle qui est venue...
mais n'a pas pu rester.
Je la vois.
Je la vois en toi.
Ma mère disait que Lutinbourg
était l'endroit le plus rempli d'espoir et de joie au monde.
Ca devrait le redevenir.
Surtout à Noël.
D'où mon surnom.
Elle t'appelait...
Elle t'appelait Noël ?
Il nous reste un peu de temps avant le grand jour.
On pourrait en faire le plus beau de tous les temps.
- Prêt, mon ami ? - Toujours prêt.
Tu parlais au renne ?
Plus vite, Eclair, plus vite.
Au revoir, Nikolas !
A bientôt, mon ami !
Bon vol, père Noël !
C'est là, Eclair, descends.
Je me suis tordu la queue.
Qui es-tu ?
Que contient ce sac ?
De l'espoir, de la magie, de l'émerveillement.
Gardes !
Attendez.
Ce que vous cherchiez,
de quoi ranimer la lueur.
Ah, ça...
J'y ai plus ou moins renoncé.
Les chevaux déguisés en licornes finissent par rendre cynique.
Attendez.
Gardes !
Arrêtez de dire ça.
Il n'y a sûrement personne.
Regardez.
Je vous en prie.
Bon, d'accord. Montre-moi.
Rien de très magique.
Comment ça marche ?
On commence par là.
Les rois font la courte échelle ?
Ca peut arriver.
Comment êtes-vous entré ?
- Et maintenant ? - Regardez.
Nikolas montra au roi
que ce ne sont pas les cadeaux qui comptent.
Même s'ils sont magnifiques.
L'important, c'est ce qu'il y a derrière.
En voilà un.
Nous offrons ce que nous avons pour montrer notre affection.
Et le partage se fait dans la joie.
Et cette joie peut se transformer en espoir,
une maison après l'autre,
pour se répandre dans tout le pays.
J'ai demandé quelque chose de nouveau.
On avait déjà ce que tu as apporté, mais on l'avait oublié.
Merci.
- Bonne chance. - Salut !
- Où vas-tu comme ça ? - Ma mission est finie.
Finie ?
Je vous ai donné l'idée,
je vous ai montré comment faire.
Il me reste à nommer un responsable.
Parfait.
Tu commences quand ?
Je te connais peu, mais il me semble
que si quelqu'un mérite
le bonheur d'aimer et d'être aimé, c'est toi,
mon jeune ami.
Et ce n'est qu'un jour par an.
Comment pourrait-on l'appeler ?
Facile : le jour de Nikolas et de Miika la souris parlante.
D'autres idées ?
Vous savez qui a besoin de magie ?
Qui ça ?
Au voleur !
Viens !
Bandit !
Intrus !
En avant !
Tante Carlotta !
C'est moi, Nikolas.
Je vole sur un renne et ma souris parle.
Et on est avec notre copain le roi.
Bonjour !
Je voulais seulement te dire
que la magie existe !
Oui, c'est vrai !
La poche.
Regarde dans tes poches !
Merci, Nikolas !
Le sac de jouets était presque vide.
Mais pour Nikolas,
l'aventure ne faisait que commencer.
Et c'est ainsi
qu'un roi,
une souris,
un renne
et un garçon nommé Noël
disparurent dans le ciel.
- Je comprends pas. - Peut-être l'an prochain.
Ecoute, c'est simple...
Attends, je vais trouver.
Ca y est.
Tu nous raconteras une autre histoire ?
Dès que vous en aurez besoin.
Pourquoi pas demain ?
Encore debout ? Vous devriez être au lit.
L'an prochain, on laissera faire le père Noël.
Et si on...
Papa !
C'est toujours comme ça.
La nuit la plus sombre s'achève.
Le soleil se lève.
Et les matins de Noël reviennent.
C'est là que tout, absolument tout, peut arriver.
Maman aurait adoré.
Elle reviendra jamais, pas vrai ?
Non.
Mais désormais, vous entretenez son souvenir.
- Tante Ruth ! - Oui ?
C'est vraiment comme ça que Noël a commencé ?
Oui, il faut croire,
vu que je ne mens jamais.
Adaptation : Odile Manforti
Sous-titrage TITRAFILM
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