All language subtitles for 1965 Le Tonnerre de Dieu

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Original subtitles

Tu ne crois pas que t'as fait le plein.

Eh bien ! moi je suis comme ma voiture.

je suis sobre sur la route.

Et je consomme en ville.

Et puis, dites donc vous ! Je vous le répète,

vous êtes une bande de cocus,

et vous l'avez toujours été d'ailleurs,

et vous le serez encore,

sans le savoir, bien sûr, comme tout le monde..

Vous avez payé la taille et la gabelle,

les impôts du clergé,

maintenant, c'est la surtaxe progressive et le tiers provisionnel,

et puis la vignette,

la vignette pour un an pour les petits vieux,

vous êtes allés faire la guerre de Cent Ans,

les guerres de religions,

vous avez endossé la cuirasse pour prendre Jérusalem,

Vous vous êtes saignes pour les fourriers de l'empire.

On vous a filé les bonnetières à Verdun.

vous les aviez encore à Dunkerque.

Et ça fait deux mille ans que ça dure, bande de patates !

Non, croyez un homme qui a fait ses humanités, allez.

Un homme qui parle le grec et le latin

Vous êtes tous des cons, moi aussi d'ailleurs !

Sheila.

Il devait se sentir ridicule.

Ma chienne ridicule. oui.

Deux pattes et général ou quatre pattes et clébard.

Le ridicule, ça fait mal.

Vous croyez?

Tu peux le croire, c'est un vétérinaire.

Tiens, te voilà petit voyou.

Soit doux avec elle, elle débute.

Tu veux faire un tour.

Monsieur, étant donné la profession de Madame.

Elle est en main. Bon !

Alors à tout à l'heure.

Elle est en main pour la nuit.

Tiens, tenez

Tu prends aussi le chien.

Oh ! mais, vous n'y êtes pas du tout monsieur.

Je l’emmène pas au lit, je l’emmène à la compagne.

Au soleil, aux fleurs du printemps.

Toutes choses que vous voyez tous les jours.

et dont vous n'avez jamais admiré la beauté.

Stultorum infinitus est numerus.

Le nombre des cons est infini,

comme disait Salomon.

Tu viens mon petit lapin ?

Ah celui-là,

à force de bouffer la bricole dans les laisser clients

et boire son château.

Ne t’inquiètes de lui,

il lui reste assez pour ne rien foutre jusqu’à sa mort.

Il en a tellement à gauche.

Au moment ou il y eu le phylloxéra dans les vignes

Son père les a toutes rachetées pour presque rien.

Et puis, il a tout planté en cépaje américain.

et il les a revendus à ses clients.

Il est devenu le plus grand notaire de la région.

Il était né dans une ferme,

eh bien ! il est mort dans un château.

Moi qui suis né dans un cloaque,

tu crois que je mourrais à l'Élysée ?

Où m'emmenez-vous ? Eh ben ! je te l'ai dit, chez moi !

Oh ! C'est plus bien loin, maintenant,

c'est à côte De mashecoul...

Au pays de barbe-bleue.

Barbe-Bleue?

Gilles de Retz, comte de Montmorency-Laval

c'était un pote à Jeanne d'Arc.

Barbe-Bleue c'est un pote à Jeanne d'Arc ? Je t'expliquerai.

Allez viens

On est arrivé.

Non, pas encore,

mais nous, par ici, à chaque arrêt de car,

on a l'habitude de descendre boire un coup.

L'un dans l'autre, ça fait du deux trois litres au cent

allez, viens.

T'es pas de la compagne, toi !

Non, j'avais une grand-mère,

je suis déjà allée quand j’étais petite.

Je me rappelle presque plus.

Donnez-nous une bouteille et deux verres là.

Non, j'ai pas soif.

ça ne fait rien, j'ai soif pour deux.

Ah, voilà notre curé !

Il boira bien une petite goutte notre curé !

à la votre

Alors toujours fâché avec le bon Dieu.

Oh ! pour croire en Dieu curé, il faut croire aux hommes,

Et quand, vous me parlez de la charité des hommes,

moi ça me fout le voile rouge.

Je préfère mes chiens.

Pourriez-vous me dire, pourquoi vous parlez toujours de paix.

quand on nous prépare la grosse bombe pour Noël ?

Parce qu’ils la veulent tous la grosse bombe,

y compris ceux qui vont à la messe les bien-pensants.

Moi, je vais vous dire, dans la crèche,

Eh bien je vois les trente cinq millions de morts

De la dernière guerre et les deux cent millions de la prochaine

C'est pas une colombe blanche qui est sorti de l'arche.

c'est un vol de corbeau.

Vous n’êtes pas optimiste, mon fils.

Primo, je ne suis pas votre fils, mon père.

Et secundo, un optimiste c'est homme sans imagination,

Or moi, j'en ai de l'imagination.

surtout quand je suis rond comme aujourd'hui!

Mais oui, mon cher Brassac,

L'alcool développe beaucoup d’inquiétude Métaphysique.

comme dirait Daniel Robs.

Prends, quelques bonnes cuites et vous croirez en Dieu.

Pour moi, c'est déjà fait, alors, je vais m’arrêter là.

A bientôt.

C'est merveilleux, d'entendre parler, comme ça !

Je n'y connais rien, mais je crois bien, que vous avez raison !

Qui a raison, lui ou moi ?

Difficile à dire !

Je ne sais pas comment vous expliquer !

mais je crois bien, c'est tous les deux.

Toi, t'es normande.

Qu'est-ce que c'est ça ?

Ça, c'est une Hispano Suiza 1930, kings car,

Quoi? la voiture des rois,

Elle marche !

Elle démarre en troisième, à froid et en côte.

Il y a longtemps que vous l'avez ? Elle vient de mon père, ma chère enfant.

Et puis, là-dedans au moins, je peux monter

avec un chapeau haut-de-forme, sans baisser la tête !

Vous portez des haut-de-formes? Non, mais je pourrais.

Et puis, c'est pas comme les véhicules modernes

où on est obligé de rentrer à quatre pattes,

et puis pour sortir, il faut un chausse-pied et un tube de vaseline.

Pourquoi vous n’êtes pas venu en ville avec ?

Oh, mais moi vivant,

elle ne verra jamais la zone bleue, même à Nantes.

Oh, mes petits mignons !

Allons, doucement, doucement.

Allez allez

Soyez calme toi allons

Allons, soit calme toi, c'est une petite camarade.

Dis donc, comment, elle s'appelle ta chienne ? Sheila.

Eh ben ! c'est pas un nom, ça.

On va l’appeler Sophie, tiens, allez !

Excuse-moi, je ne sais pas ce qui m'a pris.

Moi non plus, après tout, vous avez payé d'avance.

Allez, marche !

Eh ! rentre, viens.

Tiens, la Schleue n'est pas encore couchée.

Figure-toi que quand je rentre la gueule saoule, comme ça.

Mon épouse m'attend toujours.

ça fait vingt ans qu'elle m'attend !

Dis donc, j'ai faim la mère.

C'est prêt !

Entrée madame.

Oh mais, c'est pas une dame, c'est une putain.

Une vraie pute du quai de la Fosse, cré ben diou !

Je veux m'en aller.

Tiens, tu vois tu lui fais peur !

N'aie pas peur ma belle, va.

Ah ! La Prussienne elle a l'air maussade comme ça, mais elle n'est pas méchante.

Allez viens !

Allez, mange, va !

Tiens, un couvert.

Tu veux du beurre ?

Oh, mes bébés tiens tiens tiens

Tiens, tiens toi ma fille.

Tiens, voilà mon père

Ah ben ! dis donc,

il a l'air de se plaire ici ton clébard.

Tiens, mes enfants ! tiens .

Tiens, tiens toi le grand, tiens mon pépère ! tiens .

Simone est rentrée ?

Sa clé est là, à moins qu'elle n’ait pas fermé sa porte.

Elle doit toujours être avec Brassac.

Mais qu'est-ce que vous faites. Il faut que je m'en aille.

Ne faites pas ça, il va croire que je vous ai fait partir.

Mais non, puisque c'est moi qui veux m'en aller. Il me croira pas.

Je ne veux pas d'avoir d’ennuis à cause de vous.

il faut toujours qu'il ramène quelque chose à la maison,

des chiens, des clochards, des ivrognes.

Restez jusqu’à son retour.

Ou alors, fallait pas venir.

Barrons-nous

Les petits salauds.

Le voilà !

Ben ! dites donc, je viens de prendre deux petits merdeux

qui ne sont même pas d'ici.

Ils m'ont colleté un lièvre.

Et c’était une femelle,

elle venait d'avoir ses petits.

Qu'est-ce que tu leur as fait ? Je les ai sermonnés.

Comme le notaire ? Ah non, j'avais qu'un bâton.

Ah ! heureusement,

le notaire, il lui a tiré dessus avec du sel.

Il est passé en correctionnelle.

Bon, ben ! je voulais vous dire au revoir, et...

Merci pour tout.

C'est toi qui lui as dit de partir ! Non, c'est elle qui veut s'en aller.

Tu veux t'en aller ?

Pourquoi tu restes pas ici, deux ou trois jours.

Ici, tu prendrais l'air,

et puis ça te changerait du quai de la Fosse.

Et Marcel?

Qu'est-ce que t'as à foutre de ce voyou, hein !

Alors c'est oui !

Tu vois pas d’inconvénient, toi !

Puis, ça nous ferait une compagnie à tous les deux, hein ?

Qu'est-ce que t'en dis ! qu'est-ce que tu veux que j'en dise !

Qu'est-ce que c'est que ça ?

Si c'est une cliente, elle va être bien reçue.

D'abord, chère Madame, je n'exerce plus.

et les chiens, c'était pas tellement ma spécialité.

moi c'était surtout les vaches et les chevaux.

Vous auriez dû aller à Paris,

il y a des cliniques là-bas,

avec des infirmières en blanc,

le petit bonnet, enfin.

Mais écoutez, je viens de très loin.

C'est monsieur Libero, qui m'envoie.

Je connais pas. C'est un banquier de Genève.

Il était en vacances à Bâle,

son berger allemand était fou.

Tout le monde lui avait dit de le faire abattre

et vous l'avez guéri

Ah, oui, je me souviens !

Pas du nom du propriétaire

mais de celui du chien, Socrate.

C'était une bête superbe d'ailleurs..

Et qu'est-ce qu'il a votre teckel,

il déménage lui aussi !

Non, il a un eczéma qui dure depuis un an.

Je ne sais plus que faire.

Non c'est pas un eczéma, c'est une mycose. C'est nerveux ?

Bien, au début ça l'était !

Et puis, il s'est gratté et ça s'est infecté.

Et puis les champignons s'y sont mis,

attendez une seconde

Donnez

Qu'est-ce que c'est ?

C'est ce qu'il faut, et c'est suisse,

comme votre banquier.

Et ça va le guérir !

Ça va sans doute le guérir à cet endroit-là,

mais ça risque de réapparaître ailleurs !

Votre clébard, il est comme les gens.

Il n'est pas content de son existence.

Alors, il cristallise ses malheurs comme ça.

Il y a des chiens gratteux, comme il y a des hommes gratteux

Tenez Clemenceau !

Il avait de l'urticaire aux mains,

eh ben ! quand on lui guérissait les mains.

ça, revenait au jambes

la maladie c'est l'effet, il faut connaître la cause.

Tenez

Quel genre de vie menez-vous ?

Je vis à Paris ou en Suisse, l’été, je vis sur la côte.

Vous changez souvent d'amants.

Je vais vous dire, chère madame.

Votre chienne elle vous aime.

Les chiens, eux, n'ont pas le choix, il leur faut aimer leur maître.

Et comme vraisemblablement vous menez une vie d'abrutie, elle en souffre.

C'est une femelle comme vous.

Et comme elle n'a pas de mâle,

le défilé de vos play-boys, ça l'irrite.

d’où névrose, urticaire et mycose.

Vous étés sérieux? Comme un pape !

Voilà, chère madame, c'est tout ce que je peux faire pour vous !

Si je comprends bien, vous voulez que je change de vie.

Ah ! moi, je ne veux rien, je vous explique.

Tenez, vous voyez celui là !

Il était tout enrubanné, il se sentait ridicule.

Et sa maîtresse faisait le trottoir

Maintenant il est au grand air et sa maîtresse est libre !

Eh ben ! regardez-le, hein.

Je vous dois. deux cent francs.

Nouveau ? Nouveau.

Mes chiens aussi aiment la viande rouge.

Alors, voilà mille, et donnez leur du caviars.

Merci, pour eux !

C'est à vous ? oui, j’élève quelques chevaux.

Cavalière ? amoureuse

Je change rarement de cheval. Bravo.!

Au revoir, monsieur. Mes hommages, madame.

Tu fais des petit pois au lard ? Tu aimes ça !

Brassac.

Tiens, Roger quoi de neuf !

Quoi de neuf !

Les deux jeunes que tu viens de rosser,

c'est des petits cousins à moi !

Ah ben ! dis donc, tu as de drôles de petits cousins, toi.

Eh ben ! Qu'est-ce qu'ils faisaient ?

Eh ben ! ils braconnaient.

Au Moyen Age, c’était puni de mort, ça !

Vous n’êtes plus au Moyen-Age, on est sous la cinquième.

Hélas.

Tu aurais pu leur faire mal !

Et alors

Tu as de la chance que ce soit moi, un autre ira à la police.

Pour dire quoi ? Qu'ils braconnaient en propriété privée !

Non seulement t'es cinglé, mais en plus t'es vicieux.

Après tout c’était qu'un lièvre.

Ça ne fait de mal à personne, un lièvre,

ça ne fait pas la guerre, un lièvre !

Tu dois voir un psychiatre, toi !

Pour qu'il me guérisse

pour qu'il me remette dans le rang de la connerie humaine.

Ah ba ! ça, jamais

Tu es encore plus fou que je ne pensais.

Mais tu ne penses pas.

Tu veux que je te dise Brassac, tu finiras tout seul.

Mais tout le monde fini tout seul mon vieux, tout le monde.

Il ne fallait pas te déranger, j'allais descendre

Vous n'avez pas déjeuner, alors je vous apporte un casse-Croûte

Bon. Joseph, je vous laisse votre casse-croûte

Et comme ça vous n'aurez pas à descendre.

Ah Marie qui appelle, il doit y avoir quelque chose, tiens !

Viens

C'est Marcel

T'as peur? Oui, je veux pas y aller.

T'es bien décidée à ne pas retourner là-bas bas ?

Oui.

Eh ben ! il faut que tu lui parles, tu vas lui dire toi même !

T'as pas besoin d'avoir peur, je suis là.

Mais si je lui dis ça, il va me tuer.

Oh ! ça m’étonnerait, va, allez, viens.

Qu'est-ce que tu viens faire ici, petit voyou.

Je viens chercher ma femme.

Quelle femme ? Simone.

C'est joli les vacances, hein !

maintenant c'est fini, il va falloir rentrer.

Tu boiras bien quelque chose ! Ah ! non, je suis pressé !

Ah ! nous ici, mon vieux,

qu'on on offre un verre on n'aime pas qu'on le refuse.

Allez, viens ! on boira un seul et en vitesse.

à ta santé Brassac. A la tienne de santé

Va faire ta valise, toi . Alors, elle n'a pas de valise !

Allez, viens.

Viens ou je vais te chercher.

Eh ben ! dis lui !

Je reste ici.

Ah oui ?

On peut savoir jusqu’à quand ? Toujours.

Moi, j'y vois pas d’inconvénient, seulement, il faut me la racheter !

Ah ! J’achète pas de femme, moi, j’achète des vaches et des chevaux.

Chacun son métier,

Qu'est-ce que tu dirais, si je te piquais tes bêtes !

C'est pas pour un saint-Bernard, Brassac.

Dites-moi que le tonneau de rhum autour du cou là.

Et toi le coup de botte dans le train !

Et tu vas l'avoir, si tu baisses pas d'un ton.

parce qu'ici, t'es chez moi, on gueule pas, on cause,

tu fais pas le poids !

Cent soixante-dix livres, été comme hiver, ça te va ?

Fais attention Brassac, j'ai des amis, toi, t'en as pas.

Tu sais, j'ai dit toujours,

mais tu resteras autant que tu voudras, ...

Et ben Marie, c'est du gros sel ?

Non, c'est de la chevrotine !

Ah là ! tu pousses un peu

Tu ne vas pas en ville ? Non !

on est pourtant Mardi !

J'irai la semaine prochaine.

Bon, aller, au lit.

Tu mets pas les chiens dehors !

Oh ! ils sont aussi bien dedans.

Qu'est-ce que c'est ?

Hein ! Ça doit être le petit maquereau qui revient, va,

La lumière marche pas.

Brassac

Brassac

Rends-moi la fille, ou je fous le feu à ta grange.

Laissez-moi, aller.

Ben ! Reste ici et fous-moi la paix.

Allez.

Allez.

Les salauds, ils ont coupé la ligne, hein !

Dépêches-toi Brassac, tu peux plus appeler personne.

Envoie la fille, ou dans cinq minutes ta maison flambe.

Pas besoin.

Il y en a un qui bouge, je lui fous mon tocard dans le ventre !

La petite, elle restera ici !

Lâche les chiens, bon Dieu !

Allez, assis Guéreau !

Ah toi.

Tiens ! Un bout de prince-de-galles, ça doit être au voyou de Marcel ça !

On lui rapportera quand on ira chercher tes affaires

Tiens, Marie, donne donc du sucre aux chiens,

pour une fois, ça ne leur fera pas de mal,

et puis nous,

on va aller boire une petite goutte, on l'a bien gagné, hein?

Allo, allo.

Toute la journée

Au palais de la foire.

dégustation gratuite

des cafés Camo

un café camo, une heure de rêve !

Tiens, là-bas.

Donne-moi un blanc.

Tu prends quelque chose ? comme vous

Deux !

Où est ta chambre? Au premier.

Et ben ! va-y !

Va-y, je te dis ! Moi, je t'attends là

Tu peux prendre tout ton temps.

Nous, on causera tout à l'heure.

Écoute-moi vieux fourneau.

Ta gueule bouffie, ici, on en veut plus.

Tu marines dans le pinard comme des cerises dans l'osier

Ton sang, plus globules, c'est du 11,5,

Tu causes pas, tu dégueules.

Tu vas te taire.

La grande injure c'est un art !

Et pour ça, t'es trop bête.

Note bien, t'as des excuses.

Tu fais le dernier des métiers.

Et ta mère était le plus beau cas de vérole tertiaire du département !

Quant à ton père qui t'a même pas reconnu,

Je me suis laissé dire qu'il avait fini à Cayenne !

Ça te fait un drôle de pedigree, hein !

Range ça !

Coup et blessure, c'est trop cher pour moi.

Mais une bonne trempe à un ivrogne, c'est pas rien.

Et maintenant arrêtez votre numéro de férocité, hein !

Ah doucement, ne bouge pas !

Ne gueule pas bon dieu c'est de la teinture d'iode.

Oh, ça pique ! ça pique !

D’abord, t'es vétérinaire, t'es pas médecin, t'as pas le droit de soigner un homme.

Parce que tu te crois un homme en plus !

Mais, tu veux, je vais en appeler un, de médecin, mais le médecin va appeler les flics !

Non, Brassac, ça je t'aurais à l'oeil.

Fillette, va, allez.

C’était pour lui. je m'en fous.

Elle est prête ta seringue?

Ah non hein ! pas de piqûre ça, je supporte pas .

Eh ben ! il faudra que tu supportes

Oh ! Brassac, je me sens mal, moi.

il fallait pas faire le con !

Non, non, je veux pas.

Allez, lève-toi et baisse ton froc

Pour que je te fasse voir mon cul,

ça, tu peux toujours courir.

Eh ben ! ce n'est pas pour mon plaisir,

pour ce qu'il doit être beau.

Allez ! fais ce que je te dis

Fou-toi à califourchon et baisse ton froc.

Allez abruti !

Alors ?

Oh, il survivra. Hélas...

Tu peux rouvrir ?

T'as fait tes valises ?

Oui.

Bon, tu vas rentrer par le car toute seule.

Parce que moi, j'ai à faire en ville.

Non, non, je vous assure qu'il n'avait pas bu.

Juste un petit blanc, En arrivant.

Venez d'une nombreuse famille, vous allez voir.

Le charmant bambin quand il va rentrer.

Ah ! non pas aujourd'hui.

Vous êtes bien sûre de vous.

Il y a longtemps qu'il boit ?

Quand vous l'avez connu, il était déjà comme ça.

Pas du tout.

C’était avant la guerre.

J'étais venue au Sacré Coeur – Nantes.

Donner des leçons d'allemand.

Et apprendre le français.

Certaines familles d’élèves m'invitaient le dimanche !

Dans l'ensemble, on était très froid avec moi.

Jusqu’à me dire à peine bonjour.

Je crois que c'est cela qui a attiré Léandre.

Son horreur de l'injustice, l'a poussé vers moi.

J’étais persécutée et il m'a tendu les bras.

Un soir, il m'a raccompagné au sacré coeur.

En m'embrassant tous les dix pas en pleine rue.

à cette époque-là, ça ne se faisait pas du tout.

Les bonnes soeurs m'ont réexpédié chez moi, par le premier train.

Mais dans le second, il y avait Leander.

Venu demander ma main à mon père.

Avec moi comme interprète.

Ça été la scène la plus cocasse et la plus touchante de ma vie.

Ils se sont plu tout de suite sans se pouvoir parler.

Je crois que le vin du Rhin lui était pour quelque chose.

Laissez-ça, madame, je vais le faire.

Madame, il y a ma jument qui est prête !

Elle va sûrement mettre bas ce soir.

Ou demain matin au plus tard.

La dernière fois, ça s’était mal passé.

Croyez vous que Mr Léandre voudra venir.

Je l’espère. Faudrait mieux !

Je le sais.

Pourquoi il irait pas ?

Parce que la dernière fois.

ce n’était pas lui qu'on faisait venir, et qu'il était furieux.

Ah le voilà !

Merde!

Marie!

Marie, apporte-moi le mastic! Il y a un carreau cassé !

Marie!

Marie, je t'attends hein ?

Dis, ils sont pas vache !

Tiens, je vais me taper l'autre petite salope !

Pourquoi, je ne la taperai pas ?

Oh on va aller te la réveiller en fanfare, tiens !

Eh ! Ouvre Simone !

Ouvrez, bon dieu!

Et dis donc, joue pas les pucelles, hein !

Tu les as pris les vingt mille balles ou tu ne les as pas pris ?

Ah, elles sont ensemble, les garces !

Je vous préviens,

si vous vous foutez de ma gueule toutes les deux, ça va mal tourner !

Marie ! Fous-la-moi dans mon lit, tu me dois bien ça !

Ça fait vingt-cinq ans que t'es dans le mien.

et t'as jamais été foutue d'être enceinte, bon Dieu !

Pas même une fois !

Ton ventre, c'est un cimetière, la vieille !

T'entends ? Un cimetière !

Ouvre, bon dieu !

Vous étés dégoûtant !

Allons, pépère, viens.

Aller

M. Léandre. Oui ?

Ma jument va pouliner.

Bon, ben ! va devant ! je prends ce qu'il faut.

Et puis dis-lui qu'elle ne se fasse pas de bile, que j'arrive.

allez, fouette, va !

Tu vois celui-là, hein !

Son grand-Père, il tirait le corbillard du pays.

et puis son père était un grand séducteur,

lui, on ne sait pas,

peut- être que ça sera la boucherie chevaline.

Vous aviez été odieux, hier soir !

Vous avez insulté Marie, parce qu’elle n'a pas eu d'enfants.

C'est pas en injuriant une femmes qu'on la met enceinte.

Vous croyez qu'ils viennent pour moi ?

Je sais pas, mais, en tout cas monte dans ta chambre !

Salut Maurice.

Salut Léandre.

Bonjour, monsieur Brassac.

Bonjour vieux ! Et bien, dis donc, il fait beau pour la saison, hein ?

Oui, mais il y a du vent dans la plaine.

Qu'est-ce qui vous amène ?

Puis moitié parce que je te connais, et moitié officielle.

On boit bien un verre.

Jamais pendant le service,

mais un coup de main, c'est seulement une politesse.

Allezn, venez !

Léandre, si je suis là,

c'est que dans le pays, tu es loin d'avoir que des amis.

Nous deux, on se connaît depuis vingt ans, ça va.

Seulement, avec tes façons brutales, t'es mal vu de la police.

Et alors ?

Alors, on a reçu une lettre d'un de tes voisins.

Il dit que tu abrites une putain de Nantes

Et qu'est-ce qui se passe ici, c'est pire que Babylone.

Qu'est-ce qui a écrit ça? Ça je ne te le dirai pas

Oh ! mais moi, je m'en doute,

c'est cette veille charogne de Boiteau !

Je vais lui arranger sa cirrhose à celui-là !

D'abord, c'est pas lui puis écoute !

Quand le chef à lu cette lettre...

Je le connais ton chef

Quand il à vu ça il à téléphoné à la préfecture de Nantes,

et on lui à confirmer, que la fille Leboucher Simone

ne s'était pas présentée à la dernière visite à l'hôtel-Dieu.

Dis moi Léandre la belle fille que j'ai vu avec toi dans la cour,

c'est pas Leboucher Simone, quand même !

Si, Maurice, c'est elle.

Alors ça te suffisait pas d'amener des cloches et des des trimards.

Il te faut des putains maintenant.

C'est irraisonnable ça ! oui, mais, ça me regarde !

à la tienne.

Tu veux une cigarette?

He ben ! en tout cas avec le dossier que tu as chez nous !

Insulte à un officier de police,

coup et blessure menace de mort à des chasseurs.

Ivresse publique.

Si cette personne continue son métier dans le pays.

Je te préviens, tu seras poursuivi pour proxénétisme.

Moi, maquereau ! ben ! merde alors !

Le chef t'aime pas, il a la loi pour lui et la loi c'est la loi !

Et si je lui bottais le train à ton chef ?

J'aimerai mieux pas !

Ça m'obligerait à te passer les menottes et ça ne me fait pas plaisir.

En tout cas, tout ce qui peut me faire ton chef, je m'en fous,

mais la petite, elle risque ...

Ben !

Bon alors, il faut que je m'en occupe. Qu'est-ce que tu me conseilles ?

Moi à ta place, j'irai faire un tour du côté de la préfecture.

à la préfecture, d'après ce que tu me dis, je suis pas très bien vu.

Tu sais ce que je vais faire,

eh ben ! je vais monter à Paris pour voir Bricard.

Bricard ! Pas le ministre quand même !

Ben ! Si Monsieur !

Il copiait toutes ses versions latines sur moi, il me doit bien ça.

Tu sais ce que c'est qu'une version latine !

Oh ben ! je m'en doute !

Demain matin j'appelle le préfet,

Et ta protégée, n'aura, je t'assure aucun ennui avec l'administration.

Et ben, je te remercie pour elle.

Ah! si l'on m'avait dit qu'un jour.

Nous nous retrouverions pour mettre une fille dans le droit chemin.

en ce qui te concerne, ça me paraît une juste compensation, non !

C'est pourtant vrai, que nous avons couru tous les deux.

Et maintenant les liaisons de mes collaborateurs me choquent.

La vertu a grandi avec mon tour de taille.

Je ne vois plus la femme qu'en tant que suffragette.

Et toi que deviens-tu ? rien.

Vertueux ? Même pas.

Alcoolique, paillard et surtout de plus en plus anarchique.

D'habitude ça s'arrange avec l'âge, tout ça.

Qu'est-ce que tu veux,

le physique a vieilli mais à l'intérieur, je me sens monstrueusement jeune.

Pourquoi monstrueusement ?

Ben, parce que quand on a une vieille carcasse comme la mienne,

on doit être indulgent, j'y arrive pas !

Ah ! toi comme je te vois là,

tu ne penses rien de bon du gouvernement !

Je suis venu pour demander un service,

je suis pas venu pour t'engueuler.

Ne t'en fais pas !

Avec le général, j'ai l'habitude !

Allez vas y

Vas y quoi ! Ce que je vais te dire, tu le sais comme moi.

La France d’aujourd’hui, c'est l’espéranto.

voitures allemandes,

bonnes espagnoles,

ministre maltais,

notre tiers provisionnel s'envole en fumée atomique,

et puis pendant ce temps-là, la Bretagne redevient carolingienne,

vous foutez des généraux en taule mais vous en fabriquez d’autres.

Il n'y a pas d'autoroutes mais on fait trop des voitures.

non crois-moi, va, il y a eu la grande peste de l'an 1000,

mais, tu vas voir la grande merde de l'an 2000 !

Ne te gênes plus ! ah dis donc, c'est toi, qui l'a voulu !

Ah vous êtes bien tous les mêmes.

Vous, les quarante millions d'individus des Français,

vous habitez le pays le plus beau du monde.

Vous avez toutes les libertés !

Douce France, tant décriée.

Je t'en prie mon vieux ! t'es pas à la chambre.

Tu as raison, mais avoue, que tout ce que je dis, est vrai !

Tu préférais la quatrième ! off !

La troisième, la quatrième, la cinquième.

Peut- être que du temps de César,

gouverner ses semblables était un grand art,

Mais maintenant j'y crois plus.

Figure-toi que j'ai acquis sur les institutions humaines un doute colossal !

Tu ne vas pas me dire qu'il te plaît ton portefeuille !

Si ! Mais je n'ai pas sa sagesse.

Je suis de ceux qui croit qu'on peut encore et toujours améliorer.

même si pour se faire il faut crier dans le dessert

Et se mettre de la merde jusqu'au cou.

Oh, ce n'est pas la merde qui me gêne, c'est le désert.

Où dînes-Tu ?

Ben, si tu n'es pas libre, dans le train,

mais si tu l'es, je te propose de poursuivre ce débat dans une bonne gargote.

"Maxime"?

Excellente idée. Il y a très longtemps que j'y suis pas allé.

En somme, tu es un grand ministre.

Un grand ministre, un grand ministre, c'est un ministre en place.

Et oui, tu grilles les feux rouges, toi !

Dans le fond, tu as raison, un grand ministre, c'est un ministre en place !

Allô !

C'est toi Marie ? Oui.

Bonsoir, la petite est réveillée

Oui, elle est là !

à cote de toi

Alors, donne-lui l'écouteur.

Voilà !

Je viens de dîner avec Bricard

Le préfet sera saisi de l'affaire.

et tous les barbouzes autochtones nous salueront bien bas !

Alors c'est arrangé !

Oui, c'est arrangé, alors dormez bien toutes les deux,

et moi j'arriverai demain à Nantes par le train de six heures, le soir.

Dis donc ! Je voudrais bien que tu te fasses belle,

et que tu viennes me chercher à la gare.

Qui? Simone !

Non, toi ! Moi ?

Oui, toi !

Je t'invite à dîner à la Bûcherie.

Alors à demain,

et dis bien à la petite qu'on rentrera tard le soir, hein ?

Bon !

Mais, qu'est-ce qui lui est arrivé !

Il a peut-être un peu trop bu?

Mais cette fois, je crois qu'il est heureux.

Vous êtes contente !

Il y a dix ans qu'il m'a pas invité au restaurant.

Tout ce passera très bien vous verrez.

Vous souvenez de sa voix au téléphone.

Un couple, c'est plus compliqué que ça !

Pourtant quand on s'aime ! s'aimait !

C'est pas une solution, c'est un problème.

Moi je trouve pas

Si un jour j'aimais vraiment, je demanderais rien de plus.

on croit ça !

Et puis, ce n'est pas vrai du tout !

Pour vivre en paix avec un homme,

il faut le rendre heureux.

Peut-être qu'il ne faudrait pas l'aimer.

Comment pouvez-vous dire ça ?

Je dis ça, parce que je l'aime.

Je comprends pas.

Il y a que la vie qui puisse vous faire comprendre.

La vie à deux.

La guerre de Trente Ans.

Remarquer, ça peut-être très beau la guerre.

Je vous trouve très belle.

Moi aussi.

Vous n'aurez pas peur, toute seule.

Qu'est-ce que vous voulez qu'il m'arrive ?

de toute façon, il y a les chiens.

Allez, Guéreau .

Tu ne manges pas ? J'ai pas faim !

Tu ne bois pas?

Aussi curieux que ça puisse te paraître, je n'ai pas soif.

Eh bien moi je bois . Eh bien ! bois !

Je crois que je commence à être légèrement bourrée, comme tu dis !

Ce soir, je sors, je sors de chez moi.

Je sors de moi même, je prends la cuite de ma vie.

J'aime bien t'entendre parler de cette façon-là.

Comment peux-tu dire ça !

Il y a dix ans que je me tais.

Oh tu sais, ma grande,

moi aussi je suis enfermé dans le grand silence.

parce que l'alcool rendait toute maladie,

c'est une mauvaise habitude.

On boit un verre, deux verres pour oublier son angoisse,

et puis total, on plonge dedans.

Il y a une chose que je voudrais toujours savoir,

pourquoi as-tu commencé.

je ne sais pas !

parce que je m'emmerdais,

pourtant, j'avais aucune raison de m'emmerder.

Et j'ai peut-être bu aussi à cause de...

à la monotonie de notre vie,

du gosse qu'on n'a pas pu avoir,

enfin tout ce qu'on a raté ensemble.

Mais dans tout ça, j'ai des circonstances atténuantes...

Parce que, tu sais, dans le fond, hein,

je crois que je suis dingue !

En somme, tu as désespéré de nous.

Oui.

Et bien ! moi, jamais.

Oh ! tu sais bien, moi aussi,

j'ai souvent senti que tout était raté !

Mais en ce qui te concerne,

je ne suis jamais lasse de guetter une lueur d'espoir.

Quand tu t’éloignes de moi,

moi j'essaye de faire un pas vers toi.

Je t'ai toujours suivi, et tu ne le savais pas

Tu n'as jamais tourné la tête.

Tu veux qu'on divorce. Pourquoi ?

Si tu veux, on divorce.

Tu épouses Simone,

et comme ça tu pourras avoir un petit Brassac.

à mon âge, écoute, je suis dingue mais pas à ce point-là.

Je vais te dire une chose que je ne t'ai jamais dite.

Je te quitterai jamais pour la raison bien simple.

Que je tiens à toi et qu'inconsciemment je t'aime.

Et puis, un petit Brassac qui serait pas de toi,

c'est pas un Brassac.

Il faut que je t'embrasse ! bon embrasse-moi !

Il y a quelqu'un?

Il y a quelqu'un?

Il y a quelqu'un?

Monsieur, je suis à cote chez Brassac,

je suis toute seule, ils sont à Nantes,

Les chevaux sont détachés,

ils sont comme fous, on dirait qu'ils vont me tuer.

Bon, entrer, j'arrive.

Poussez-vous.

Calme. Doucement.

Allez fermer les barbelés derrière.

Allez.

Allez.

Allez.

Allez vous mouiller, imbéciles.

Ils vont se détendre,

quand ils seront fatigués, on pourra les rentrer

Venez, on va se sécher

Et voilà

Je ne sais pas comment vous remercier.

Il n'y a qu'une manière

Trois .

Tu es bien gaie, toi. pourquoi c'est mal.

Ah ! que non !

Le café est prêt.

à la soupe oui

Dis donc, ça va !

Qui ça

Bonjour pas trop de dégâts.

non, rien de grave,

en tout cas je te remercie, c'est gentil ce que t'as fait.

C'est bien normal.

Bonjour, mademoiselle.

Tu prends pas un café ?

Non, merci, on m'attend au bourg, allez au revoir et à bientôt.

Il est bien ce garçon-là, tu trouves pas.

Oui

J'ai du mal à m'en aller.

Pourquoi tous ces mystères ?

Je ne veux rien dire à Brassac !

Pourquoi ? - Je ne veux pas.

Eh bien ! moi, je vais vous dire une chose,

vous me plaisez beaucoup.

Et moi, comment me trouvez vous ?

Sais pas.

Hier soir je te plaisais pas ?

Oh ! hier soir, il y avait l'orage,

j'avais peur, je vous trouvais comme ça !

Puis il y avais longtemps que j'avais pas eu d'homme.

Il y a quelqu'un dans ta vie ?

Non, personne.

Et avant non plus.

Mais enfin, je ne suis pas ton premier amour?

Si, j'ai jamais eu d'amants, j'ai eu des clients.

C'est pas vrai !

Oui, je travaillais quai de la Fosse.

On me l'avait dit, mais je ne voulais pas le croire.

Elles sont pas comme ça !

Toutes les femmes se ressemblent quand elles sont heureuses.

Est ce que t’étais heureuse ? Oui.

Pas toi ? Si

Et avant, qu'est-ce que tu faisais ?

Oh ! avant, j’étais bonne et puis...

C'est Brassac qui t'a tiré de là ? Oui

Il m'a ramassé, comme ses chiens.

Et toi

Ah ! moi, moi aussi, j'ai fait un drôle de métier avant.

Militaire, sept ans en Indochine.

Et puis, quand je me suis trouvé à poil dans une cage en bambou.

Avec un curé, un nègre et les femmes viets qui nous regardaient.

Je me suis demandé ce que je foutais là.

Mon Brassac à moi, c'était un type qui m'a forcé à m’évader avec lui.

Trente jours ferme en taule, et puis la liberté la médaille et la quine.

En somme, tu es un héros, quoi !

Ah ! non, je suis cultivateur, et c'est déjà difficile !

Au fait où était-tu ce matin? Je t'ai cherché partout.

Je me suis promenée

Seule ? Oui.

Dis donc Léandre,

tu es en train de lui faire une scène de jalousie?

Pas aujourd'hui !

que tu vas t’apercevoir que je suis un vieux tyran, non ?

Allez les chiens on va se promener.

Tu vois là, je suis sûr qu'elle va retrouver Roger.

Et alors !

Ben ! alors, alors, pourquoi elle ne le dit pas !

Ils ne font pas de mal.

Ben, je ne sais pas s'ils font du mal,

mais ce que je veux pas c'est qu'il se foute d'elle.

Tu ne vas pas les espionner.

Non, je ne vais pas les espionner, mais je veux la protéger.

Mais si... quoi?

S'ils s'embrassent !

Et , s'ils s'embrassent, pour qui tu me prends ?

s'ils s'embrassent, je ne regarderai pas, alors

Qu'est-ce que c'est que ça ? j'ai entendu une porte grincer.

Tu rêves. Non, je rêve pas.

Tu vois, c'est bien elle.

Et puis les chiens, ils bougent même pas,

ils sont complices ces chameaux !

à quoi, ça te sert de te ronger, comme ça !

Je me ronge ,je me ronge parce que si...

Roger avait des intentions honnêtes, il serait venu me trouver.

Si on m'avait dit que je devrais rejouer les pères nobles

Je ne veux pas du tout jouer les pères nobles.

mais je voudrais savoir sien me taisant,

je favorise une belle histoire d'amour ou bien une belle saloperie.

Oui, eh ben ! en attendant, tu ferais mieux de te recoucher.

je comprends pas pourquoi tu ne veux pas que je vienne te chercher chez Brassac.

Ce qui nous arrive, on n’a pas à le cacher.

écoute !

Pour l'instant tout va bien, je suis heureuse.

Mais si les autres s’emmêlent, tout sera fini.

Et puis, avec Brassac, j'ai peur.

Peur de quoi? Qu'il tire un coup de fusil.

Ou bien ! qu'il eu de la peine.

Je préférai la peine. moi pas.

Dis donc, toi !

Je voudrai vous parlez, mademoiselle.

Je suis sa soeur. Eh ! voilà.

Eh voilà quoi ? Rien.

Vous êtes joli mademoiselle,

vous le savez et vous savez même vous en servir .

Mon frère est faible et c'est un homme.

Vous avez mis le grappin dessus.

C'est votre métier puisqu'il est riche.

Seulement moi, je vais faire mon métier de sœur.

Votre jeu, je le connais puisque je suis une femme.

Alors inutile de me raconter des histoire et inutile de vous fatiguer.

Ce que vous venez chercher ici, vous ne l'aurez pas.

Ni son nom, ni sa fortune, rien.

Je ne comprends pas ce que vous voulez dire Mme !

Le grappin dessus.

Nous on n'emploie pas des mots comme ça.

Je que je viens chercher ici comme vous dites,

c'est la seule chose qu'il ne puisse pas vous donner,

puisque vous êtes sa soeur.

Alors vous voyez, je ne vous vole pas.

Et puis, ce qui m'arrive avec votre frère,

vous pouvez le comprendre, c'est l'amour, avec un grand A

Je ne sais pas l'orthographe.

Au revoir, madame.

Alors on prend le frais.

J'ai à te parler.

ça tombe bien, je suis d'excellente humeur.

Tu vois pas ça, plus ça va, plus je pense que la vie familiale, il y a que ça de vrai.

je vais me marier moi.

Un bon whisky, et je suis en pleine forme pour écouter tes malheurs.

J'ai à te parler de toi.

J'adore ça.

la carrière de ton mari au gaz de France, ça me passionne.

Mais, on est Mardi on peux changer de sujet.

Ta vie prive ne me regarde pas, ! voilà qui me parait plein de bon sens.

Mais je suis ta soeur.

écoute, Françoise, tes précautions oratoires, c'est gentil.

Mais comme je sais ce que tu vas me dire, c'est inutile.

Si je t'ai pas envoyé paître, c'est d’abord que je suis de bonnes humeur. .

Ensuite que tu es ma soeur.

Il t'est m'arriver de m’empêcher de faire des conneries.

Alors je t’écoute et cesse de faire la gueule, et viens

Rentrons au chaud

Le dollar qui dégringole, la livre qui fout le camp...

Les blancs qui n'aiment pas les noirs,

les noirs qui n'aiment pas les blancs...

Les jaunes qui aiment trop les noirs...

Oh là là, tu t'en fous, toi, hein ?

Qu'est-ce qui se passe ?

Ma soeur t'a parlé ! oui

à moi aussi.

Elle parlera à son mari, qui sera de son avis,

à mon oncle, aux voisins.

Parle même au pape, si elle le connaisse.

Tu vois, j'avais raison d'avoir peur.

Elle m'a mis en devoir de rompre avec toi.

Tu veux plus qu'on se voit ?

C'est pas une conversation, c'est un ultimatum.

Il faut choisir, Roger, ce sera elle ou moi.

Alors, je lui ai dit de faire sa valise.

Chérie, toi et moi, on aurait pu vivre longtemps, Sans rien demander à personne.

Mais on me demandait de choisir, alors j'ai réfléchi.

Et plus je réfléchissais,

plus je pensais que je ne pourrais pas vivre sans toi.

Autrement, dis, je t'aime, tu veux m’épouser !

Moi ? Eh! oui toi ! pas une autre !

Je ne veux pas que tu sois volé.

J'ai suffisamment d'argent pour nous deux.

C'est pas de ça, que je parle.

Un jour, ce que j'ai fait, ça te dégoûtera. mais non !

Puisque ça, ne m’empêche pas de t'aimer.

Dis-le, encore.

Je t'aime, Simone. .

C'est vrai que c'est bon de l'entendre.

On ne me l'a jamais, dis !

Tu pleures?

Non, je ris.

Je ne sais pas, je suis pas sûre, mais ...

je crois bien que je suis heureuse.

Tu sais pourquoi, je suis heureuse ?

Parce que, je vais avoir un enfant,

qui va avoir un père.

Et que ce père m'aime.

Je savais pas que c’était possible.

Pourquoi ne m'avais-tu rien dit ?

Je voulais pas que tu te fasses des soucis.

Je voulais que tu sois heureux.

Et tu crois que tu sais pas aimer.

Demain...

Je prends mon courage à deux mains et je vais parler à Brassac.

Non

Tu ne bouges pas, tu te tais.

Demain, je mets une chemise et une cravate.

et je vais demander ta main à Mr . Brassac.

Mais vous vous méprenez complètement.

Simone, c'est quelqu'un de très bien.

Elle est pleine de fraîcheur et d’honnêteté.

Je suis sûre que non !

D'ailleurs si mes déductions sont exactes.

elle s'est donnée à lui dès leur première rencontre.

Mais alors !

Ils ont peut être eu la chance de s'aimer tout de suite.

Ma chère Marie,

voilà une morale qu'on ne vous à pas enseigner au Sacré-Coeur

C'est le moins qu'on puisse dire

Et bien, moi, je vais vous répondre comme il convient, à vos propos incongrus,

Primo, vous n'aurez pas à gueuler sous les toits

que votre frère se fait dévaliser par une gourgandine.

parce que s'il l'épouse,

moi, je leur donne

la Sauvignère, cent hectares et une maison Louis XIII,

secundo, je vous dis, merde,

tertio, la porte est derrière vous.

Et surtout, Marie, ne dis rien de tout ça à Simone, hein !

Parce que je veux qu'elle me parle elle même.

Je t'ai dit qu'il voudra pas,

t'as pas vu la tête qu'il faisait à table, toi !

Ne te frappe pas, ça fait vingt ans qu'il fait la tête Brassac.

Pas à moi, mais à toi comme à tout le monde, qu'est ce tu crois !

Il t'adore, puis cinq minutes après,

il ne veut plus te parler, il faut le connaître.

Dans le fond c'est le meilleur des gars,

mais il est complètement dingue.

peut être !

Seulement, je rencontrerai jamais un homme comme toi !

Ça est vrai. Je sais de quoi je parle.

La chance que j'ai, je veux pas la laisser gâcher comprend-tu,

même pas par lui !

Alors profites en non ne ris, pas j'ai pas envie de rire.

Je veux pas te perdre,

mais je ne veux le perdre non plus.

La fille qui t'a plu Roger, c'est lui qui l'a fait.

Au fond, c'est un peu mon père, tu comprends.

Alors pour une fois que j'en ai un.

Dis donc Brassac comme beau père,

c'est un drôle de cadeau de fiançailles,

je sais pas, si tu te rends compte !

Pour une fille du quai de la Fosse, c'est pas si mal.

Ne commence pas à m'emmerder avec ça.

Quai de la fosse, c'est fini une bonne fois pour toutes, tu as compris !

Pour toi oui, et pour les pour voisins, ça fait que commencer.

Aujourd'hui, tu t'en fous,

mais dans un an, on verra la tête que tu feras.

Dans un an, tu seras la mère de mon môme.

On ne va pas venir me souffler sur les moustaches.

T'es bagarreur. non pourquoi ?

T'aimes ça ! j'ai horreur !

Les bagarreurs et les don Juan, c'est pas des hommes !

Et moi je suis un homme? Oui.

à quoi tu vois ça!

Au courage que t'as de m’épouser

tous les hommes qui m'ont parlé d'eux,

ils n'ont jamais eu le courage d'aller jusqu'au bout de leur amour.

Toi tu l'as, c'est formidable.

C'est facile. Non

Tu vas te fâcher avec toute ta famille et cela fait de la peine.

Je le sais.

écoute, le mariage, ça se joue à deux, jusqu’à preuve du contraire.

N'y mêlant pas cinquante personnes.

Demain matin, puisque c'est ton père, je te l'ai déjà dit.

je mets la chemise et la cravate et je vais parler au vieux.

Et puis c'est marre

Et s'il dit non.

Je lui dis merde comme on a déjà dit à beaucoup de pères.

alors, dis-lui merde gentiment

Je te promets.

Je vais m’entraîner dès ce soir.

Je t'admire de pouvoir rire.

moi, j'ai le trac,

ça va faire du joli, quand il va savoir que je suis enceinte.

Eh bien il fera comme tous les pères.

Il gueulera comme un veau, et dans un an il sera ravi.

Vous, à force de picoler pour pas que je picole.

Vous allez être plus poivre que moi, hein ?

Votre foie est de bonne composition Brassac,

mais il finira par se fâcher

Sale Cirrhose, priez pour nous à l'heure de la mort parfumée des ivrognes.

Oh ! elle n'a rien de parfumer leur mort.

Je crois bien qu'ils ont plus peur de la mort, que les autres.

Vous vivez dans un pays de planteurs, Prelac

et vous n'avez rien compris à l'alcool.

Vous croyez quand devient fou parce qu’on boit.

Alors que c'est tout le contraire, on boit parce qu’on est fou

Tiens, mets-en nous une autre là !

Veux-tu que je te dise Maurice,

Tolstoï c'est un connard.

Ah oui ?

Résurrection ? Pff, c'est du bidon !

Vous êtes bien dans la critique.

Résurrection c'est l'histoire de Lazare qui sort du tombeau.

Ce sera plutôt celle de Marie-Madeleine.

Oui, mais moi, je ne suis pas le Christ.

C'est l'aventure d'un gars qui est complètement siphonné.

Et qui s'attache à une prostituée,

Mais c'est ton histoire.

Mais non! C'est pas mon histoire! C'est une histoire banale.

Les cloaques sont pleins de clients.

qui veulent sauver des putes, sauver leurs âmes, comme vous dites.

Et votre rage Brassac,

votre révolte devant la bêtise et la violence.

Cette espèce de soif de perfection qui vous dévore.

vous appelez ça comment ? si vous n'avez pas d’âme !

à quelle partie du corps avez-vous donc si mal !

Au ventre, curé,

ça me fait mal au ventre de m'être fait entuber encore une fois.

Parce que je lui avais ouvert ma maison, moi, à la petite,

je lui avais même ouvert mon cœur,

Total, elle a mis les clébards dans la confidence,

et puis moi, Pff, pas de balle !

Tu sais moi j'ai une fille de dix huit ans depuis un mois elle est amoureuse.

Ben ! elle ne dit plus rien.

Peut-être que ta fille à toi c'est pareil.

Quelle fille? Votre Marie-Madeleine.

Ben ! Ta pute quoi, !

peut être qu'elle parle pas pour te ménager,

ou pas te faire de peine

Peut-être même qu'elle t'aime .

Eh ben, c'est une drôle de preuve d'amour.

Il y en a de plus étranges !

Le mal que vous avez dit d'elle toute la soirée, je n'ai jamais compris autrement.

On n'y voit rien ici !

C'est toi qui veux plus !

Comment j'y vois plus, c'est ce bon Dieu de troquet qui est mal éclairé, oui !

Alors là, t'es de mauvaise foi ! moi !

Eh ! oui, avec vous c'est toujours les autres,

vous voyez double et c'est le café qui est fautif.

dis donc entre le café et moi, j’hésite pas. vous êtes l’étalon or.

oui, je suis l’étalon or.

parce que moi, je me connais, tandis que les autres

Les autres c'est des cons, comme vous dites. oui, monsieur !

Pas vrai, elle t'as mis dans un drôle d’état la Simone.

Quand je pense aux relations que j'avais fait les vins, la biscuiterie, les sardines.

Eh ! voilà, qu'elle part avec un poivrot.

Et pour se faire honnête en plus,

tu aurais dû te méfier d'elle, dès le début.

Elle allait jamais à la messe.

Tu te souviens de Simone, quand je l'ai amené ici la première fois.

Jeune fille.

Et t'as vu ce que j'avais réussi à en faire en moins de six mois.

Une pute

Si les mecs veulent que leur filles ne s’embrochent pas

ils n'ont qu'à pas donner une pute

Tant le whisky donne à leur bonnes en un mois

C'est vrai quoi

Tu sais que tu parles bien, tu me rappelles mon député que j'avais en trente-Six.

Les femmes c'est pas fait pour travailler.

Ou bien il faut qu'elles soient putes ou mères de famille,

le reste d’à peu près.

Ah ! pardon, il y a de bonnes femmes savantes. .

Il y a de toubibs, il y en a dans le cosmos.

Ben ! tout ça, c'est exception.

Mais dans l'ensemble vous êtes vide là-dedans. hein !

Parce que chez toi, ça carbure.

Enfin, quoi, je suis lucide, non !

Dans le tapas à ton âge, c'est pas une réussite.

On verra bien à mon âge, comme tu dis.

Et on me donne encore de la fraîche pour monter dans un lit.

Mais ça, n’a rien à voir, tu mélanges tout.

Les idées, ta vie, la mienne, les sexes.

écoute, hein ! que tu sois bath, plutôt t’aie une bonne affaire, ça je le sais.

Quand tu as eu un ministre, ça, je le sais.

Trois. Peut-être !

Mais ce que je cherche à t'expliquer.

C'est que vous dans l’ensemble les bonnes femmes, vous êtes toutes débranches.

Ça reste à démontrer.

Dis donc.

Tu me trouves beau.

T'es pas mon style.

Que je sois con, tout le monde le sait, tu es au courant.

Et en plus de ça, je suis dégueulasse avec les filles.

Tu es plutôt le genre rustique.

Mais avec tout ça, les bonnes femmes, ça fait dix ans que j'envie.

C'est vrai que t'es un cas.

Quoi ! c'est vous autres, qui êtes des cas.

Pense pas, qu'on couche avec vous.

Tiens, tu veux que je te dise, ben ! c'est pas noble.

T'aurais dû être pédé.

Peut-être bien, oui !

Qui c'est ? C'est la vieille.

ça, recommence.

Mais qu'est-ce que c'est, cette comédie au restaurant.

Je te quitterai jamais, inconsciemment, je t'aime.

Fallait pas me dire ça, Léandre, si tu devrais recommencer.

Alors, à chaque fois que quelqu'un.

Ne te plaira pas dans le monde.

à chaque fois que tu seras déçu ce sera moi la victime.

Ce sera moi qui ne pourrai pas dormir.

à jamais savoir dans quel fossé.

Tu es en train de dégueuler ou de crever, pendant que tu ronfles ici.

Avec tes chiens ou tes vaches, pourquoi pas tes cochons,

ça fait dix ans que je supporte ça.

J'en ai assez, t'entends.

Ça te fait rien de condamner les autres,

tu m'appelles la vieille !

Tu t'es déjà vu dans la glace !

Vieil ivrogne,

Va, vieux débris, tu m'as tout ramené.

Ici des dingues comme toi, des clochards, des ivrognes.

Tu me ramènes une putain, encore une fois, je ne dis rien.

J'essaye de comprendre.

Sans même savoir si tu veux en faire ta femme ou ta fille.

Et puis, parce que cette petite

ne se conduit pas avec toi comme la reine d’Angleterre

Ça y est

Tu vas te saouler pendant un an.

Et pas m'adresser la parole,

je vais te dire Léandre,

t'es pas seulement un dingue

T'es un con.

Pour employer ton vocabulaire

T'en voulais des petits Brassac.

Eh bien ! si c'est pour faire des emmerdeurs comme toi !

Il vaut mieux que mon ventre, il soit un cimetière, comme tu dis !

D'accord, tu veux l’épouser, mais pourquoi ?

Eh bien ! je l'aime, enfin je crois.

Tu crois ou t'en es sûr ? oh ho ! dis !

T'as intérêt à être sûr !

Parce que un amour qui va bien c'est déjà difficile à supporter,

mais un amour qui va mal, c'est l'enfer.

Je mets tout neuf et je porte très bien.

Ne ris pas c'est pas drôle l'amour,

le mariage non plus d'ailleurs.

Le mariage c'est une grande escroquerie.

Note-bien que finalement,

c'est encore le meilleur moyen de vivre à deux.

C'est long, j'ai peur.

Eh bien, ma petite Simone, il faut vous y faire.

C'est ça, le mariage.

Et puis mon vieux, je te cacherais pas que je te trouve un peu jeune.

Dis donc quarante piges, de la terre, toutes mes dents enfin presque.

Ça te suffit pas !

Mais je sais bien que tu as vécu, mais les femmes est-ce que tu les connais ?

J'ai connu vingt-cinq blanches six jaunes et deux Noires, ça te suffit.

Tu peux bien forniquer sans connaître

Où veux-tu emmèner, Brassac ?

Eh ben ! je veux en venir, que si tu peux la rendre heureuse.

Je te la confie mais si tu ne peux pas, eh bien ! je peux !

Et puis, en plus je l'ai mise enceinte !

Quoi?

J'attends un gosse.

Eh ben ! dis donc, fais attention, à ce que tu dis !

Fais attention.

Dis donc, c'est vrai ? Quoi ?

T'es enceinte ? Oui !

T'es sûre !

C'est votre faute si j'ai rien dit, on peut jamais vous parler.

Vous pouvez hurler tout casser, m'injurier, ça m'est égal,

puis d'abord, je suis heureuse.

Marie, Marie, on va avoir un petit !

Bon Dieu, je vais avoir un petit !

Les chiens, on va avoir un petit !

On va avoir un petit, les chiens !

Viens, mon père, on va avoir un petit !

Du champagne pour tout le monde, c'est ma tournée !

Qu'est-ce qui se passe Brassac ?

Il se passe patate, que je vais avoir un petit !

Toi ? Simone !

En somme, tu vas être père !

Main non vicieux,

je vais pas être père, je vais être grand-père.

Comme ça, tu es content !

Mais tu ne peux pas comprendre voyou, voilà les différences.

Comment vous l'appellerez ?

Léandre, comme moi. Il réussira tout ce que j'ai raté.

Et si c'est une fille?

C'est une fille, Marie.

Comme ma mère.

Ah ! non pas comme ta mère, comme ma femme.

Et si c’étaient des jumeaux?

Oh ! alors là, je pavoise, je rentre dans la fanfare

Je paie plus mes impôts et vais à confesse.

Qu'est ce qu'il y a là-dedans ?

Ce qu'il y a coton de laine brassière bavoirs,

Landes, couches, pointes, barboteuses , hochets

Et tout et tout et tout.

Oh ! C'est une cocotte minute.

Mais non gros laie, c'est un stérilisateur à biberons.

Mais dis donc, tu as oublié la poussette. Non monsieur.

Un landau suspendu comme une rolls, il est sur le toit de la voiture.

Avec le siphon en aval pour ne pas pisser à coté.

En somme, t'as rien oublié.

Mais comment veux-tu que j'ai oublié quelque chose, bouge d'abruti !

J'ai acheté toute la boutique.

Eh hop

Allez-y les filles !

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