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Merci aux habitants de Mont-Lucas.
... ... ... ... ...
... ... ... ...
... ...
Encourageux, mon frère, encourageux
Oui, comme d'habitude.
Ok.
Tu as déjà mangé ton petit déjeuner ce matin ? Oui, depuis.
Il est quelle heure là-bas ? Il est midi.
Il est midi ? Ah, ben oui, tu as déjà mangé ton petit déjeuner.
Oui.
Montre-moi comment Joujou il est.
Comment ? Montre-moi Joran.
Il est OP, hein.
Il est quoi ? Il est OP.
Il est OP ou OK ? Je comprends pas. J'ai dit, il est OP.
Il est OP.
Ouais, tu connais, bon.
C'est sûr, mais quand c'est l'heure du but, bon, il commence à... à se faire
entendre, mais sinon, ça va.
OK.
OK, vas-y. Vas-y, maman. Bisous.
Tu sais faire une omelette aussi ? Bien sûr.
Je t'ai caché aussi.
Dis-moi tout ce que tu sais cuisiner.
Comme ça un jour, si je rentre tard, je sais que tu ne mouriras pas de faim.
C'est
secret.
Toi et moi.
Tu as une copine ? Tu veux mettre au collège ? Tu as une petite copine ? Oui.
Ah ouais ? Ta maman le sait ? Elle s'en fout de ça, mais je ne lui dis pas.
Si je lui dis ça, elle va toujours me dire, mais je
me fous, c'est l'école qui m'intéresse.
Donc c'est à lui dire.
Ça se trouve qu'avec elle, je ne resterai même pas longtemps.
On ne connaît pas l'avenir.
Mais il y a des histoires comme ça, réelles.
Des gens qui se sont rencontrés au collège ?
Tu l'as rencontrée, ça dépend, ça se trouve.
Moi, personnellement, je n'aime pas sortir avec des filles que je rencontre
sur les réseaux.
Parce que tu la rencontres sur les réseaux, et la manière dont tu t'es
rencontrée, elle a vu ta tête, elle t'a envoyé un message, elle a trouvé que t
'étais beau, parce que t'étais sur les réseaux. C'est la même façon qu'elle
peut le faire avec une autre personne.
Et toi, t'as un copain, toi ? Non, pas de copain.
T'en veux pas ?
Comme ça, tu vas rester ma copine.
C'est pas mal, ça.
T'as un peu gousse, là.
Je te dis la vérité. T'as un peu gousse, là. Parce que tu crois que...
Oh, je suis bien comme ça.
C'est cool, je fais ce que je veux.
Très indépendante.
T'as pas de poils dans le lit.
Et puis, ma porte n'est pas fermée.
J'ai pas encore rencontré la bonne personne.
Doucement, doucement.
Tu veux que je mange en face ou là ? Non, le plan est déjà fait.
En deux fois, que de bien remplir ton accès comme ça.
J'ai un pas rempli là, j'ai faim.
Je pense que cette année, imagine des vacances prolongées.
Ça va bien.
Mais moi, ma rentrée, elle est pas cette année, mais l'année prochaine, donc je
peux rester.
Je peux rester avec toi.
La rentrée se fait l'année prochaine ? À qui va comme ça ? À qui va de la
vacances ? À toi va comme ça, moi, qui t'as prolongé ? Oui, oui, oui, attends,
non. Non, mais imagine,
les vacances, c'est pas cette année, mais c'est l'année prochaine.
Et je suis déjà là, parce que j'étais venue en vacances et tout.
Et que la rentrée, elle s'est prolongée jusqu'à...
À l'année prochaine, je reste.
Avec l'accord de ta maman ? Ok, voilà, c'est la même chose que si... On parle
de vacances ? Oui, justement.
Des vacances qui se sont prolongées inopinément ? Regarde, regarde, regarde,
justement.
Tu veux la réponse, ma mère ? Oui, mais imagine, maman, elle te donne son
accord, que je veux rester cette année, et que l'année prochaine, c'est un an
que je peux rester cette année, et qu'elle t'envoie des papiers
directement.
Je ne sais pas.
Parce que c'est un truc qu'on a déjà discuté, qu'on n'a jamais au point pour
l'autre année.
Donc, anticiper comme ça, je ne peux pas. Je ne peux pas te dire que je ferai
comme ça, comme ça.
Ce n'est pas prévu pour cette année.
Et si c'était prévu ? Ce n'est pas pareil.
Je t'accueillerais les bras ouverts.
Ok. Mais là, ce n'est pas le cas.
Tu me vois. Il ne court pas.
Il faudrait faire courir.
Tu ne cours pas.
Tu es habitué en France ? Un instant.
Ça se passe comment en France ? C'est normal.
C'est normal. C'est comme en Guyane ? Non.
Il y a une différence.
Quelle différence ? C'est nul.
Mais là-bas, il fait froid, pas comme ici. Oui, il y a trop de saisons.
Les saisons ne sont pas stables.
Des fois, il peut faire froid, il y a de la grêle, il y a du soleil, il y a de la
pluie.
Grêle, soleil, neige.
Des fois, quand il fait froid, il y a de la neige, il y a de la grêle.
Des fois, il fait beau.
Ensuite, deux minutes après, il pleut.
Nouvelle contrefaçon, doigt d'eau, buzine.
Doucement, ne vous battez pas.
C'est un jeu, les gars.
Envoyez la balle pour Omar aussi.
Omar, avec qui tu es là ? Chut, chut, chut. C'est un jeu, les gars, c'est un
jeu. C'est un jeu, c'est un jeu. Calmez-vous.
Déjà à la passe, les gars.
La balle est là.
Centré.
C'est ça, les gars.
Il faut continuer comme ça.
Oh, il m'a gagé ! Oh, il m'a gagé ! Oh, il m'a gagé ! Oh, il m'a gagé !
Sérieux, t'es un djouma ? Ok, lui aussi c'est ta maman et tout ? Ok, défais
Lucas. Tu connais Lucas ? Lucas, t'as connu Lucas ? Lucas, c'était notre
tonton. C'était un vrai lui, c'était un ancien. La bagarre, il était chaud.
J'ai dit turbulence.
C'est lui qui l'a mis avant.
C'est lui qui l'a mis, il a mis la musique. Laisse tomber, laisse tomber.
Non, t'inquiète même pas pour ça.
À la cité.
C'est lui qui mettait la musique, Turbulence.
Tu n'as pas connu Turbulence ? Je l'ai connu, mais je n'étais pas encore
vraiment capable.
Lui, c'est un ancien. C'est un vrai de vrai.
Il est parti et répit.
À l'époque, quand ton tonton est parti, c'était dangereux. Maintenant, c'est
devenu plus dangereux.
Donc, fais gaffe.
Tu as vu mon Lucas ? Ici, c'est la cité.
Tu as capté ta mamie, même si elle déménage, mon Lucas, c'est dans le sang,
c'est dans le cœur.
Tu as capté, ici, c'est la cité. Mon Lucas, c'est chez nous, c'est chez toi.
Tu as vu, Lucas, il est sorti ici.
Turbulence, il est sorti ici. Tu as vu, tous les murs, il y a son visage.
Tous les murs, il y a son visage.
Turbulence, même il y a 10 ans, 15 ans, il est là toujours avec nous.
Voilà, c'est la même vibe.
Il est là.
Même elle.
La vie, t'as la tête à l'huteur.
Oh non, non, non, non, non. Juste un peu de couleur et les locks, c'est toi.
Turbulence. Enchère un os.
Est-ce que vous n'aviez pas aussi le besoin, quelque part, quelles qu'en
soient les raisons, de vous éloigner de cette région, de ce département qu'on
décrit souvent comme compliqué, mais vous, à titre personnel, vous avez vécu
au premier loge un drame. Est-ce que ça a joué aussi peut-être dans votre
volonté de respirer un petit peu, de prendre de l'air, de s'éloigner de tout
ça ? Dans mon cœur, j'avais envie de voir ailleurs.
de connaître autre chose, un nouvel environnement, d'autres coutumes, d
'autres trucs en fait que la Guyane. Puisque la Guyane, elle est belle la
Guyane, moi j'aime bien ma Guyane, mais j'ai connu beaucoup de violence là-bas.
À partir de la sixième jusqu'à
ce que Lucas soit mort.
On a connu beaucoup de violence, on s'est battus souvent.
Lui et moi contre d'autres personnes, très souvent même.
Mais moi plus que lui quand même.
Et... Ouais, j'avais besoin de voir quelque chose d'autre.
Quel souvenir vous gardez de Lucas ? C'était qui Lucas pour quelqu'un qu'il a
jamais connu ?
Lucas, pour ceux qui ne le connaissent pas, Lucas, c'était une personne
qui avait un grand cœur, mais qui s'énervait très vite aussi si on l
'énervait. Et si tu ne te sentais pas, il ne te parlait pas.
Il va te regarder bizarre.
Quand il ne te sent pas, déjà, quand il ne sentait pas une personne, c'était
pour une bonne raison.
Moi, des fois, je ne voyais pas forcément la raison, mais...
Au fil du temps, je la voyais justement.
C'était quelqu'un de vrai franc aussi.
Très propre sur lui.
Il aimait beaucoup s'habiller.
Il aimait beaucoup la musique.
Il aimait beaucoup mixer aussi.
Parce qu'il est devenu DJ après.
DJ comment ? Turbulence.
Quand ils vont finir là-bas, ils vont casser derrière et je ne serai même plus
là. Là, là, je suis toi. Mais ils seront obligés de trouver un truc pour toi.
Oui, après, si tu n'as rien vu, tu pourras revenir. Après, c'est toi, c'est
ta mère.
Jojo, ils vont casser pourquoi ? Je ne sais pas.
Je pense qu'ils vont casser là-bas.
Ah ouais, écoute, ils vont casser là-bas, ils vont le faire habiter là
-bas.
Et là, ils vont emménager, comme si... Mais les gars, je ne sais pas.
Les gars, je vous dis un truc, je ne sais pas pourquoi, j'ai un mauvais
pressentiment, j'ai un pressent.
Tu vois la cité, ça fait des années, des années.
Il y a des endroits où c'est un peu moyen.
J'ai l'impression qu'ils vont casser certains bâtiments.
J'ai l'impression que toute la cité, ils vont la casser. Je vois pourquoi.
Petit à petit, ils vont casser.
Ils vont commencer par le fond, après ils vont monter.
Ils vont aller à Monucatrois et puis les bâtiments qui seront à peu près
corrects, ils vont les laisser.
J'ai l'impression qu'ils vont faire ça.
C'est ça, j'ai l'impression qu'ils vont faire ça.
C'est ça.
Attends, si t'étais président, qu'est-ce que t'allais faire ? Président de ici,
là. De la Guyane.
On peut pas être président de la Guyane, on n'est pas encore indépendants.
Oui, je sais, mais imagine.
On met son rêve entre nous. Je vais refaire Guyane.
Comment ça tu peux pas ? T'as pas de budget ! Là maintenant je te dis ça !
Aïe aïe aïe ! Je me débrouille ! Non mais voilà ! Après tu t'étonnes qu'on
peut pas ! Malric viens !
Si tu reçois ma navette avec un boc...
Asala.
C'est bon, tu peux en gérer ? Ok.
Je me mets sur le côté.
Je me mets sur le côté.
Ok. Tu commences à... Regarde, tu regardes ce chemin.
Tu commences à t'abîmer un petit peu, à côté.
Et quand tu te sens à l'aise, on va t'intégrer dedans.
Ok ? Tranquillement ? Ok.
C'est là pour le moment, je ne suis pas.
Non, tu te mets à côté, tu commences à trouver tes repères, et quand tu sautes
ta lèse, eh bien...
Ok. Tu connais pas, hein ? Ça va, ça va ? Tu connais pas moi ? Ouais, je connais
pas.
On recommence.
Ok.
Merci.
Le gars, il était assommé à terre. Il était en train de chercher.
Son visage était rempli de sang.
C'est lui, peut-être, qui a perdu ses chaussures.
Je sais pas.
T'as vu, là ? Là, il fait bon, là.
Ouais.
L'air marin.
Par contre, quand tu vas là-bas, des fois, ça plume, c'est normal, c'est de l
'air marin.
Puis la vase et toutes les conneries, là.
Tu veux me dire comment t'entends-tu de ça ? Là-bas, quoi.
Ouais, ça fait du bruit.
Il faisait ça longtemps.
Moi, je n'arrivais pas à faire ça aussi longtemps que lui.
Après, il aimait bien. Ça met ta haine quand tu es fâché.
Quand tu es fâché dedans, là.
Ton chien.
Tu as des photos de lui où il est comme ça.
Il tape.
Là, c'est l'oc, c'est tout.
C'est sur Facebook que tu es allé voir. Oui.
Comme ça, avec les deux.
Moi, je fais ça, moi.
Moi, j'ai le don parce que quand je suis dans les groupes, j'ai testé à la fin, à
la fin.
Oh, ils me disent que je suis mal parce qu'ils ont dit que j'ai pris ça de la
main de mon tonton.
Et lui, il avait une technique.
Il tapait le tambour avec eux. Oui, c'est ça.
Oui, oui.
Il est toujours comme ça.
J'ai envie d'aller voir.
Moi-même, j'ai eu du mal à m'en remettre, moi, de la mort de ton
tonton.
Genre, ça a pris au moins quatre ans, au moins.
Tu vois, à chaque fois que j'en parlais, j'étais mal, tu vois, je pleurais.
C'était comme si c'était là, là, pour moi. Même, je reparle encore, tu vois, c
'est comme si encore c'était hier.
J'ai toutes les odeurs, j'ai tout en mémoire, tout est là.
Tout est là, chaque minute, chaque instant.
Les derniers comme les... Tu vois ?
Quel
souvenir vous gardez de cette nuit du 10 au 11 mars ?
C'est comme si ça s'était passé hier en fait.
Même si ça fait dix ans, pour moi c'était hier parce que je revois tout en
fait, tout le temps.
Si je pouvais remonter dans le temps et éviter qu'on aille dans cette fête-là,
je l'aurais fait.
Mais... Ouais, j'ai de très mauvais souvenirs de cette soirée.
De toute façon, j'en aurai toujours.
Toujours, toujours.
J'oublierai jamais cette soirée.
Pourtant, j'ai eu beaucoup de potes qui sont morts, mais Lucas était mon
meilleur ami, donc... J'en aurai plus jamais, donc je serai toujours obligé
de... Elle sera toujours dans ma tête cette soirée.
11 mars 2012, cité Mortain à Cayenne. La veille au soir dans cette rue, Lucas
Diomar, 18 ans, perd la vie.
Le jeune homme est poignardé en marge d'une fête d'anniversaire. L'un de ses
amis, Yannick Sébré, tente de s'interposer pour le protéger. Il est
grièvement blessé, mais hors de danger.
Au revoir.
Ça va, Nicole ? Eh oui, je viens, j'accompagne les dames. Elles font le
tour.
Viens, je vais te montrer un truc.
Attends, je te laisse ça.
Moi, j'ai dit que j'étais sur Boulogne.
Au revoir, Nicole.
Et toi ? Vite fait.
Je pensais pas que ça allait me faire ça comme ça.
J'arrive pas à oublier ça.
Tu ne pourras jamais l'oublier, Yannick. Tu ne pourras jamais oublier ça.
Jamais.
Il y a trop de trucs qui sont mentis.
Surtout son visage.
On s'en va vite.
On s'en va vite.
Tu connais toutes les louanges.
Tu sais, le dimanche, J'aime bien ma musique reggae, mais quand je commence
la matinée comme ça, je mets de la musique comme ça, ce sont des louanges
pour bien démarrer. C'est quand on voit la musique ? Je te dirais.
Tu t'endormis, là.
Il y a des mecs, il y a des mecs qui me tuent encore.
Un mec là, il me termine, il me termine.
Adem, tu n'es plus comme avant.
Tu as changé.
Je vais être de crash encore, j'ai
crash.
Ferme ta bouche, Oga n'a même pas de fil électrique.
Ferme ta bouche.
On n'aime pas parler de l'Algérie, il commence à se sentir visé.
En Algérie, tu pars quoi en Algérie ? C'est demain, après-demain.
Voilà.
Ah, mais oui, c'est vrai.
Comme tu pars en Algérie, tu vas prendre le bateau. C'est vrai, c'est vrai.
Mais oui.
Moi,
quand je vais revenir en France, je vais venir chez toi.
C'est pas bon.
C'est pas bon, mais il faut coller quand même.
C'est bien fait.
Comment tu as fait ça ? J'ai déchiré le scotch.
Ça a été fermé.
Rien n'est pas bon.
Le scotch qui coupe là.
Les gars, le scotch qui coupe.
Tiens, prends ça.
Tiens ça.
Bon.
Un peu de pierre là.
Tout le monde, tout
le monde, tout le monde !
Qu'est-ce qu'il aurait pensé de vous aujourd'hui si vous voyiez comme ça ? Qu
'est-ce qu'il vous aurait souhaité à votre avis ?
J'ai envie de
vous dire un truc sérieux, mais je sais pas si je pourrais le dire. Allez-y, on
peut se le permettre.
Déjà, il m'a toujours dit que s'il lui arrivait un truc, de le venger.
Déjà.
Déjà, il y a ça en premier.
Et il m'aurait dit de regarder pour avancer tant que je suis en vie.
Je pense.
Est-ce que c'est pas ça la plus belle des vengeances, finalement ? Pas pour
moi.
Non, pas pour moi.
Je n'ai pas encore eu de vengeance. Pour moi, je n'ai pas eu de vengeance pour
lui.
Justement.
Puisqu'il n'y a pas eu de justice à mes yeux.
Donc voilà ce que je pense.
Votre enfant a été tué, vous comprenez pour quelle raison il a été tué ? Vous
savez, on n'a jamais de raison valable pour
arriver à ce genre de geste. Moi je me dis qu'il faut que les cités arrêtent
d'essayer de marquer leur territoire. Nous sommes des êtres humains, nous ne
sommes que de passage.
C'est inutile chaque fois d'arriver à...
à ce genre de drame pour prouver à un tel ou à un tel que je suis plus fort ou
que j'ai marqué mon territoire. Je trouve qu'il y a un peu trop de violence
maintenant en Guyane.
On a besoin d'une Guyane magnifique, en paix.
Il faut que nos jeunes arrivent à comprendre cela.
Trop de jeunes partent pour des...
Pour des questions de violence, pour des questions de cité, il faut que ça s
'arrête. Je ne sais pas quand est-ce que ça s'arrêtera, mais aujourd'hui, on a
voulu montrer que Lucas était un de trop.
Il y en aura encore, j'en suis sûre, mais il faut que ça s'arrête.
Un message de paix, pour dire que plus jamais cela.
que notre Guyane est belle, que nous avons une belle jeunesse et que ça ne
doit pas partir comme ça à la dérive.
Tu veux en parler un peu plus ? Non, ça va ? Moi.
Comment ? Moi.
Ça va ? Ça va.
D'accord.
Je te mets prêt.
La pression, tu vas jouer ce soir.
Je sais que tu vas déchirer là.
Ce sera ma première fois.
Oui, mais bon, une première qui ne sera certainement pas une dernière.
Non, j'ai juste hâte, c'est tout.
Comment ? J'ai juste hâte.
Je sais que les premiers battements de basse
seront les premiers battements de ton cœur.
Et après, ça ira.
Je serai là, t'inquiète.
Je t'accompagnerai comme à chaque fois je t'ai toujours accompagné.
Merci. Dans tout.
D'accord ? On est OK ? On est
OK. D'accord.
Ça va nous rémémorer plein de choses. On aura la sensation que Lucas sera
parmi nous ce soir.
On parlera encore beaucoup plus.
Je te donnerai d'autres conseils.
Je t'expliquerai les choses tranquillement.
Avoir la foi. Il faut prier, prier, prier. Ça aide énormément aussi.
Tu comprends, Médric?
Je ne vais pas à la messe tous les dimanches.
Juste un peu praticote, mais croyante quand même.
À chaque fois, je demandais... Un jour, je me suis rendue à l'église et je
posais la question au prêtre en lui demandant, en lui disant, comment peut
-on pardonner ? C'est quoi le pardon ? Comment faire ? On discutait un
jour comme ça, deux jours, trois jours.
J'allais assez souvent pour comprendre.
Et puis, j'ai dit, OK, d'accord.
Le pardon, c'est moi qui devrais prendre ma décision et être prête le jour J.
Tu comprends, Médric ? Oui.
Ça a été long, hein ? Ce processus du pardon, là.
J'ai dû attendre le procès de Lucas.
C'était au bout du deuxième ou du troisième jour, je ne me souviens pas
trop. J'ai demandé la parole au président du tribunal pour pouvoir
m'adresser à eux, un à un.
Un à un, tu les as dit quoi ? Je leur ai dit, je te pardonne.
Je disais son nom et je lui disais, toi, je te pardonne pour ce que tu as fait.
Et je demande au Seigneur.
de mettre de la paix et de l'amour dans ton cœur et dans ta tête.
C'est ce que je leur ai dit, Marie.
À chacun d'eux.
C'est quand même fort, hein ? Je sais qu'après ça... Alors qu'ils ont retiré
la vie de ton fils... Pardon ? Alors qu'ils ont retiré la vie de ton fils,
mais tu dis quand même au Seigneur de leur... Je t'entends pas trop bien.
Même s'ils ont retiré la vie de ton fils, tu les as quand même pardonnés et
t'as dit au Seigneur de leur...
Oui, je leur ai pardonné, mais c'est toujours là.
C'est toujours dans ma tête et dans mon cœur. C'est quelque chose que je ne
pourrai jamais oublier. Il s'agit de mon fils, Melric.
Tu comprends ? Pourquoi il a tué tonton, alors ? Ça servait à quoi ? Ça, c'est
sûr.
Maintenant, il est en liberté.
Pour moi, il devait pourrir la vie. Il devait être en prison. Il devait être
jusqu'au zoo. Il est sorti dehors. Il vit sa vie comme quelqu'un de libre. Il
ne mérite pas cette vie-là. Il a bien retiré quelqu'un.
Pourquoi ne pas le retirer lui aussi ? Non, ce n'est pas la solution.
C'est la solution pour vous ? Non. Peut-être qu'aujourd'hui, il continue
ces choses.
Peut-être qu'il continue à tuer des gens.
Donc, ça sert à quoi ? On ne rend pas la violence par la violence.
Pourquoi lui, il a utilisé la violence ? Alors, écoutez.
Un des gars, celui qui a fait partie de l'affaire de Lucas, est des
protagonistes.
Je me trouvais devant un libre-service un jour.
Comme par hasard, je cherche une place pour me garer. Je trouve la
place en face du libre-service.
Et quand je vais pour stopper le véhicule, pour descendre, pour me garer
net,
Je tombe sur un des protagonistes.
Et c'était lui le meneur.
Effectivement, il a purgé sa peine.
Mais quand je l'ai vu en train de boire des bières avec
ses amis, il était en pleine vie, en pleine joie. Et moi,
dans ma détresse,
dans ma peine, dans mes douleurs.
Et lui, il était là comme si rien ne s'était passé.
Il a fait 100 ans de prison, il est sorti. Pour lui, il a payé sa dette.
Il vit tranquille.
Je ne suis pas sorti du véhicule.
Je n'avais qu'une idée en tête, Memel.
Il était juste devant moi, pourtant j'ai les vitres de la voiture très peu
teintées, mais peut-être qu'il n'était pas sur moi, il ne pensait pas à moi,
peut-être qu'il me connaît, je ne sais pas. Mais moi, en tout cas, je l'ai
reconnu. Tu sais ce que j'ai voulu faire ? J'ai voulu lui rentrer dedans
avec mon véhicule.
Mais on était vraiment à moins de deux mètres.
Tu m'écoutes ? Oui.
Tu m'entends ? Oui.
Alors ce que j'ai fait, j'ai pris mon téléphone, j'ai appelé un
inspecteur de police.
Et je lui ai raconté, je lui ai dit voilà je me trouve devant un livre
-service.
Un des protagonistes dans l'affaire de Lucas se trouve juste devant moi, à
moins de deux mètres.
Alors je lui ai dit, je pensais que j'allais pouvoir me contrôler.
en les voyant, en voyant un, deux.
Mais là, c'est trop fort, et c'est trop fort pour moi.
Moi, je vous appelle pour vous dire que dans quelques minutes, vous allez devoir
venir me chercher.
Parce que là, il se trouve juste devant moi, à moins de deux mètres, et je vais
l'écrabouiller avec mon véhicule. Mais j'étais très en colère.
Maïdric, très en colère.
Et lorsque je lui ai raconté ça, il m'a dit non, Madame Diomar, non, pas vous.
Ne faites pas ça.
Ne faites surtout pas ça, Madame Diomar.
Vous êtes où, à quel libre-service, dans quel secteur vous vous trouvez ? Il me
pose des questions et moi je lui réponds.
Je lui dis non, mais le temps que vous arrivez, ce sera déjà fait, c'est juste
pour vous prévenir.
Il a vu que j'étais déterminée.
Il a compris que j'allais le faire.
Il m'a raisonné.
Il m'a dit, Madame Dioma, pensez à vos enfants.
Pensez à vos enfants.
Ça leur fera beaucoup de peine.
On est resté à discuter, à discuter.
Puis je lui ai dit, après un bon moment, d'accord.
Je vais partir, je vais quitter les lieux et je vais rentrer à la maison
voir mes enfants.
Mais il s'en est fallu de peu, Médric.
Parce qu'aujourd'hui, tu sais que ta mamie, elle serait pas là avec toi.
À cette date-là d'aujourd'hui, je serais en prison.
Parce que je voulais me venger.
Mais tu vois, c'est pas la bonne... C'est vraiment pas la solution.
Je sais que tu grandis.
Tu aimerais savoir qui sont ces gars qui ont fait ça, qui ont ôté la vie de ton
oncle.
Mais ce n'est pas la solution.
Tu as raison.
On en reparlera tranquillement. Tu as raison, ça ne sert à rien.
Ça ne sert à rien de se venger sans des gens qui nous ont dit qu'ils n'en
veulent pas la peine et qui vont cramer en enfer.
Je sais que c'est très difficile, très... On n'oublie
pas, aucun de nous, que ce soit Luigi, Lessie, Lucie, on ne peut pas oublier.
Et puis Yannick aussi.
Moi, je parle de Lucas, mais Yannick, il porte toujours, il porte les stigmates
en lui.
Est-ce que tu comprends ce que je veux dire ? Oui, je comprends.
Bonsoir tout le monde.
Bonsoir.
Ok, aujourd'hui c'est un moment très important.
Nous faisons une prestation en mémoire du défunt Lucas qui nous a quittés.
Et c'est quelqu'un qui est important pour moi. Pourquoi ? Parce qu'il a fait
partie des premiers de Mayuri.
Je lui ai demandé de venir.
J'allais le chercher chez lui.
Je le grandais, il faut venir en répétition, il pouvait parler comme il
veut.
Donc ce soir, les gars, on met la barre haute.
C'est pour nous, c'est pour la famille.
Contre-basse, en place.
Les cuves à côté.
Les cuves à côté. Et les basses, rapprochez-vous.
Caisse, caisse, caisse, caisse.
Alignez-vous, s'il vous plaît.
On va démarrer avec... C
'est Cello qui donne les coups de baguette pour
le départ.
Elle ressemble à quoi, la Guyane, pour vous ? Si vous deviez la décrire à
quelqu'un qui n'est jamais venu ici, qu'est-ce que vous diriez ? Je lui
dirais que la Guyane, déjà, c'est
le retour aux sources, c'est l'air pur,
les fleurs partout, les feuilles vertes, un peu de pluie de temps
en temps, mais elle est chaude.
La plage, les criques, le soleil,
les jus de fruits, les fruits eux-mêmes, justement.
Les plats, les bons plats à manger de différentes communes.
Le tambour.
Avant cette violence-là, la Guyane, c'était ça.
...
C'est pas mal, Rick, viens.
Après, il faut rattraper le ballon qui part là-bas.
Tiens.
Pardon, excuse-moi.
J'ai le rattrapé maintenant.
Il y a de quoi.
Tiens, un gros bisou.
Sauve-toi, on va chercher le ballon là-bas.
Sauve-toi, cours, Merrick.
Tiens.
Ma petite sorcelle !
Vous appriez pour moi la peau de Sainte-Vierge.
Où pas-t-il, laissez-moi tout sache à pardonner.
Mais moi, peu pas, j'en ai senti, moi, abandonné.
C'est-il, mon ou c'est-moi, qui va crier aux mamans.
Où laissez-moi tout seul, cœur en moi, plein tourment.
Moins qu'à demander au l'amour, courage et protection.
Répondre, maman de douce, c'est une supplication.
Moins ni un seul moment, c'est ouf.
Protéger moins, maman de douce.
Même si je dis à aussi loin.
Sous-titrage ST'
501
Et puis, moi, rester seule m'a fait rien du bon.
Peut-être c'est là des veines, moi, pas savoir la raison.
Oh là, pour moi, aller, quand moi, pète, j'y m'aime.
Et pas-t-il ni baissant, qui veut les bons, moi, l'emmerde.
À force, moi, malheureuse, moi, pas-t-il ni courage.
Maman, maman doudou, il est temps pour vous virer.
Moi, ni un seul moment, c'est où.
Protégez-moi, maman doudou.
Même si je dis à aussi loin, c'est vous qui
tout espoir en moi.
Bon, moi, force pour moi, ça t'aime bien.
Veillez-moi pour moi, pas tomber.
Maman de douce, maman de douce,
je dis à aussi loin. Sous-titrage ST' 501
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