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Yoruba
Zulu
Pas de traces visibles sur la peau.
Ses constantes chutent.
Il n'y a pas de temps à perdre.
Je comprends pas, elle est en bonne santé.
Je sais.
On n'a pas encore d'explication.
J'ai contacté tous les médecins de l'hôpital.
S'il y a une solution, on la trouvera.
BON ANNIVERSAIRE MAMAN
ALEP, SYRIE 8 ANS PLUS TÔT
La balle n'est pas ressortie. Le poumon est perforé.
On nettoie et on lance l'intubation.
Seringue, vite !
Docteur, c'est une urgence.
Soldat en état critique. Blessé par obus au torse et aux jambes.
- Docteur Aboud ? - Le Dr Aboud est au bloc.
- Votre nom ? - Zafer.
Zafer, je dois regarder sous votre bras.
- Vois si on a encore de la morphine. - Entendu.
Compresse.
Vite !
Docteur !
Zafer, je vous en prie.
Traîtresse !
Vous avez perdu du sang, mais lui aussi.
On aurait dû le tuer à la première occasion.
Ce que vous faites en dehors de cet hôpital, c'est pas mon affaire.
Tuez-le maintenant et vous mourrez.
Vous devez me sauver.
Je suis radiologue en pédiatrie
et je viens d'enchaîner 72 heures de garde.
Si vous tuez cet homme,
vous n'aurez d'autre choix
que d'attendre le Dr Aboud
pour une intervention chirurgicale.
Quelqu'un est blessé ?
Non, docteur.
Bravo, docteur.
C'est gentil.
Bonjour, Alaa.
- Il va s'en sortir ? - Il est en salle de réveil.
- Merci, Amira. - De rien.
On peut le voir ?
Un instant, j'appelle l'infirmière.
Tu vas soigner ce chien ?
On soigne tous les blessés et les mourants,
sans demander s'ils ont attaqué l'hôpital.
Si on soigne l'ennemi,
c'est qu'on est dans son camp.
Et si je sauve ton ami ?
En salle de réveil !
Allons-y !
- Abeer ! - Oui, docteur ?
Raccompagne-les.
Excusez-moi.
Maman !
Elle devait aller chez toi juste après l'école.
J'essaie de la joindre.
- Merci. - De rien.
- Rasha ? - Allô, maman !
Qu'est-ce que tu fais ici ?
C'est ton anniversaire.
C'est vrai.
On y va.
Viens !
Tu es une vedette ?
Il faut l'examiner.
C'est bon, je m'en occupe.
J'arrive !
- Bonsoir, papa. - Bon anniversaire !
- Entrez. - Salut, papy.
Rasha, ma chérie. Tout le monde vous attend.
Tu es là !
Tu m'as manqué !
Bonsoir, trésor.
Il fallait pas, maman.
- Bon anniversaire ! - Merci.
Je te souhaite un joyeux anniversaire.
Contente de te voir.
- Ma sœur ! - Ça va ?
Tout va bien.
- J'aimerais savoir chanter. - Mais tu sais !
Rasha, ma chérie,
viens écouter une histoire sur ta maman.
Viens t'asseoir avec nous.
La semaine où ta mère est née,
il avait tellement plu
que les rues étaient inondées
sur tout le trajet jusqu'à l'hôpital.
On aurait dit
que Dieu refusait de la partager avec le monde.
Amira est née à la maison.
Je me revois la porter dans mes bras.
Ressentant un amour infini.
Ça n'a pas changé.
Pas vrai, Amira ?
C'est Fathi, mon ami.
Tu peux me passer un peu de muhammara ?
Merci beaucoup, ma chérie.
Est-ce Fathi, le poète le plus célèbre d'Alep ?
Dîne avec nous.
Assieds-toi, s'il te plaît.
Désolé, ma femme et mes enfants m'attendent dans la voiture.
J'espère que tout le monde va bien.
Fathi a combien d'enfants ?
Trois. C'est un brave homme.
Où étais-tu ces derniers mois ?
Je travaillais.
Les affaires prospèrent.
Les affaires prospèrent ? Sérieusement ?
Tu voudrais que je reste sans rien faire ?
Je voudrais que tu protèges notre famille.
Adnan ?
C'est le moment du gâteau.
Bon anniversaire, ma sœur !
- C'est ton gâteau préféré, ça. - Oui.
Mais c'est mon anniversaire.
Quelqu'un m'entend ?
Fouille cette zone, Mohammed.
Il y a quelqu'un ?
J'ai entendu quelque chose.
Sous cette dalle.
- Par ici ? - Sous la dalle.
Vous m'entendez ?
Par ici, Mohammed !
Dépêche-toi !
Ici !
À l'aide !
On tire, on tire !
Tirez avec moi !
Allez, allez !
On y est presque, allez !
Il y avait d'autres personnes dans la maison ?
Personne d'autre ?
Il y a quelqu'un ?
Ma fille.
Maman !
Rasha ?
Maman !
Attention ! Faites attention !
Rasha !
Aidez-moi.
On y va.
Un, deux, trois !
Dieu merci, elle est vivante !
Doucement, doucement.
Aide-moi, maman.
Ça va aller, chérie.
Regarde-moi.
Papa ?
Papa !
Ils reviennent. À terre !
Sauvez-vous !
Regarde-moi.
Respire.
Et papy, mamie, Fouad ?
Vous êtes le Dr Amira ?
On n'est pas en sécurité ici.
Il faut qu'on s'en aille.
Partez dès que possible.
Soyez prudent.
Dépêchez-vous, montez.
C'est Alaa.
Au cas où.
Qu'est-ce qu'on a fait, Maman ?
Qu'est-ce qu'on a fait de mal ?
Regarde si la lumière de ton portable fonctionne.
On n'a jamais parlé de ton père.
Tu t'es interrogée sur lui ?
J'ai vu, tu as mis sa photo dans ton sac.
Nous étions si jeunes quand on s'est rencontrés.
Plus jeunes que toi aujourd'hui.
Il avait de magnifiques yeux noirs.
Je faisais tout pour qu'il me remarque, mais ça ne marchait pas.
Et un jour, pendant les cours,
je l'ai surpris en train de me regarder.
Il avait l'air détaché.
Je pensais que je ne lui plaisais pas.
Je me sentais très mal à l'aise.
Quelques jours après,
toute la classe jouait dans la cour.
Une alarme a retenti, on nous a dit d'évacuer.
J'étais pétrifiée.
J'ai regardé ton père.
Je n'ai vu que ses grands yeux magnifiques.
Il a pris ma main et m'a mise à l'abri.
Ce jour-là, j'ai su
que je ne lâcherai jamais sa main.
Et je ne l'ai jamais lâchée
jusqu'au jour de sa mort.
Tu es née quelques semaines après.
Chaque fois que je te regarde,
je le vois dans tes yeux.
Rasha...
Amira !
Frappe si tu m'entends.
Quand je tournerai, on sera à moins d'un kilomètre de la frontière.
À partir de là, restez silencieuses.
Quoi que vous entendiez, ne faites pas un bruit.
C'est compris ?
Éteins la lumière.
ALEP, SYRIE 4 HEURES PLUS TÔT
C'est moins drôle, là, hein ?
Où sont passés tes slogans révolutionnaires ?
Attention !
Ils sont des nôtres ?
Des agents du renseignement.
Je suis là pour combattre les terroristes, pas pour surveiller mes frères d'armes.
Tarek, ne s'agit-il pas d'une seule et même guerre ?
Notre devoir est de décapiter le serpent sioniste, où qu'il soit.
Vive la Syrie unie.
Vive la Syrie unie !
Notre fierté nationale.
Nos fidèles frères.
Aujourd'hui, c'est notre jour.
Aujourd'hui,
il est temps de combattre
les traîtres.
Éliminons ces terroristes
de notre ville, de nos terres, de nos vies.
Pour que la Syrie soit unie à nouveau.
En avant !
Libérez-le ! Pour l'amour de Dieu !
Par pitié !
Par pitié !
Il n'a rien fait !
Enfonce-la !
On n'a rien fait de mal !
Relève-toi !
À genoux !
Où est Ali ?
Tu vas me le dire.
Où est ton mari Ali ?
Vous avez oublié ?
Vous l'avez emmené il y a trois mois.
Il l'a emmené il y a trois mois.
Soldat, ce garçon s'appelle Ali.
Lâche-moi, sale chien !
Et voilà !
C'est cet Ali qu'on cherche.
Celui qui tague sa haine sur les murs
alors qu'il croit que personne ne le voit.
Mais nous, on voit tout.
Embarque-le.
Ce n'est qu'un enfant, ses mots ne veulent rien dire.
Je le jure, ses mots sont innocents.
Je vous le jure...
Les mots sont des armes.
Les jeunes traîtres grandissent
et restent des traîtres une fois adultes.
Apporte-moi mon carnet.
Laissez mon fils, je vous en supplie !
Par pitié !
Ayez pitié de mon petit garçon !
Je vous en supplie !
Je vous en supplie !
Ali !
Ali !
Non !
Chef.
Chef.
Votre attention.
Vous avez été reconnus coupables de trahison
contre la République de Syrie
et de complot
contre notre grand président !
Ces crimes ne peuvent rester impunis aux yeux du peuple syrien.
Honte à vous !
Empêchez-les d'avancer.
Ce n'est qu'un enfant !
Tirez sur ceux qui s'interposent.
Vous êtes condamnés à mort.
Présentez armes !
En joue !
Feu !
Mustafa !
Où tu vas ?
On est de garde à la frontière.
Je reviens dans une heure.
Mustafa !
Il y a quelqu'un ?
Par ici !
S'ils le voient, ce drapeau te coûtera la vie.
Je prie pour qu'ils t'envoient me tuer.
J'ai vu ton nom sur une liste.
Qu'ils viennent.
Qu'est-ce qu'il te reste ici ?
Une vie pleine de beaux souvenirs.
Arrête !
Qu'est-ce qu'on peut me prendre de plus ?
Va-t'en !
Je n'ai pas peur de la mort.
Personne ne te pleurera.
J'ai manifesté en paix, ils m'ont tiré dessus.
Tu as soutenu les terroristes !
Les terroristes ?
J'ai déterré les corps de ta mère et de ta sœur, de mes bras.
Elles étaient innocentes.
- Papa... - Non, reste là !
Tu fais honte à cette famille.
Je suis celui que tu as élevé.
Un bon soldat.
Loyal comme mon père.
Mon fils est mort.
Où tu étais passé ?
- En tirant sur ce gamin aujourd'hui ... - Le terroriste ?
Tu as ressenti quoi ?
Je suis un soldat.
On m'a donné un ordre, j'ai obéi.
Tu as rien ressenti ?
J'étais censé ressentir quoi ?
C'était un enfant
qui gribouillait sur les murs.
Et la Syrie unie ?
On doit décapiter le serpent sioniste.
J'ai pas fait mon boulot ? Comme tu m'as appris...
On a quitté nos familles pour combattre ensemble.
Je t'ai suivi, mon frère.
Mustafa,
où étais-tu passé ?
Mes frères.
Content de te revoir, frère Mustafa.
Quelle chance !
Chef, qu'est-ce qui vous amène ici ?
Je contrôle la sécurité de nos barrages.
Protéger nos frontières de tous ces terroristes,
de l'extérieur comme de l'intérieur, est une de nos priorités.
C'est un honneur.
Non, l'honneur est pour moi.
On nous a confié la mission de créer une Syrie plus forte.
Pas vrai, frère Mustafa ?
Aucun Syrien ne peut mettre en doute notre autorité.
On dirait qu'on a un visiteur.
Et il a l'air pressé.
- Comment ça va ? - Ça peut aller.
Je suis pressé, Tarek.
Ouvre.
Bien sûr.
Demande ses papiers à notre ami.
Tes papiers !
Il est en règle.
Bonne journée.
Demande-lui où il va.
Où tu vas ?
Voir mon oncle à A'zaz.
Ouvre, c'est un ordre.
Un ordre ?
Tarek, demande à notre ami de sortir de sa voiture.
Coupe le moteur et sors de là !
Quel est ton nom, soldat ?
Capitaine Alaa din-Halabi.
Capitaine ?
Très bien... capitaine...
On a ordre d'inspecter chaque véhicule.
Y compris ceux des militaires.
Ouvre le coffre.
Il est cassé.
Cassé ?
Fais voir.
Content ?
Ouvre.
Tu partiras pas comme ça !
Tue-le.
Tarek.
Je le répéterai pas.
Ouvre le coffre.
Tu sais ce qui a déclenché cette guerre, Mustafa ?
Surprise !
Quelle jolie surprise !
Voilà pourquoi je continuerai à me battre pour la Syrie !
Fais voir comme tes yeux sont magnifiques.
Regarde-moi.
Quoi qu'il arrive...
Ne me quitte pas des yeux.
Mustafa.
Ces gens-là prétendent
être des nôtres.
En public, ils professent
leur loyauté.
Mais en privé,
ils complotent.
Viens.
Les surprises ?
Ça en fait une de moins.
Allez, Mustafa,
montre-moi que tu n'es pas comme ton père.
Vas-y !
Tire !
IZMIR, TURQUIE, UN MOIS PLUS TARD
AVIS D'EXPULSION DÉMOLITION PROCHAINE
Allô ?
D'accord.
On se voit dans une heure.
Bien.
Papa ?
Bonjour, mon fils.
- T'as bien dormi ? - Oui.
- Comment tu te sens ? - Mieux.
Mieux ?
On a un marché, tu t'en rappelles ?
D'abord le médicament.
Tu souriras moins quand t'auras bu ça.
Écoute.
Après ce soir,
on s'en va pour de bon.
C'était pas le marché.
C'est un nouveau marché.
Où on pourrait aller ?
Dans un endroit plus cool.
Plus cool pour nous deux ?
Un endroit où il y a des pizzas.
Des pizzas ?
Chicago ?
Chicago ?
- C'est où, Chicago, papa ? - En Amérique.
Le pays de tous les possibles.
- Je pourrai aller à l'école ? - Bien sûr.
Avec d'autres enfants ?
Pas d'autre choix.
Mais c'est réservé à ceux qui prennent leurs médicaments.
Bien.
Allez, repose-toi.
Il faut que j'y aille.
S'il te plaît, reste.
Tu le remarqueras même pas quand je vais partir.
Je le remarque toujours.
Tu veux regarder Rimolar ?
Papa ?
Je t'attendrai.
- Content de te revoir. - Moi aussi.
Fais gaffe, ça coupe, ce truc.
Encore des frères à toi ?
Pas ceux-là, patron.
Je viens d'Afrique, comme toi.
- D'où ? - Égypte.
Mais ici, c'est devenu chez moi maintenant.
Je suis arrivé sans rien.
Maintenant, j'ai un toit, une copine,
quatre types sous mes ordres et une belle bagnole.
Depuis quand tu fais ça ?
Bientôt deux ans.
Et t'as jamais vu un pitch ?
Ça sera mon premier.
Mais j'ai toujours fourni le service.
T'es ambitieux.
J'essaie, patron.
Tes tarifs sont corrects.
Je peux faire mieux avec du volume.
Ça viendra avec le temps.
Patience.
Depuis quand ils attendent ?
Une heure.
Bien.
Tu dois toujours t'assurer qu'ils sont assez à cran
pour se sentir désespérés.
Mais pas à cran au point
qu'ils doutent de toi.
Tu les fais toujours attendre une heure ?
Non, mon ami.
Tu dois prendre la température.
Tu saisis ?
Ça veut dire que tu dois écouter les clients ?
Quoi ?
Il faut pas toujours écouter les clients ?
Qui a dit ça ?
Toi.
J'ai jamais dit ça.
C'est la loi de l'offre et la demande.
Les gouvernements créent la demande.
Nous, on fournit l'offre.
Salut.
Je propose des allers simples pour la Grèce.
2 000 pour un adulte.
1 500 pour un enfant.
Dollars.
Pas en livres.
Écoutez-moi.
Le nègre dit que le voyage coûte 1 500 dollars par enfant
et 2 000 dollars par adulte.
Pas de Visa, pas de Mastercard ni d'American Express.
Je prends que du cash.
Pas d'échange, Pas de remboursement.
Si vous êtes en retard, si vous vous faites choper,
c'est pas mon problème.
Il accepte que le liquide.
Traduis.
Il veut savoir s'ils sont sûrs d'arriver en Grèce.
Dis à ce petit malin
que le bateau part demain matin à 5 h pétantes.
Le bateau part demain matin à 5 h.
Dégage !
Des questions ?
Il semble qu'on n'aura pas le temps d'y répondre aujourd'hui.
Bon, la demande étant trop importante...
on ne pourra prendre que 30 personnes.
Que ceux qui sont prêts à démarrer une nouvelle vie
paient mon ami.
Allez !
Un peu de patience, une seconde.
On a vendu presque 30 billets.
Combien exactement ?
27.
Alors ?
Il manque 6 000 dollars.
Je les déduis de ta part ?
Vous demandez tout ce que j'ai.
J'ai rien d'autre.
Marwan !
Je vous donne ce qu'il y a de plus important pour vous.
Puis-je vous confier
ce que j'ai de plus important au monde ?
Repère le trou dans le grillage.
Puis tu continues à marcher jusqu'à la mer.
Ni remboursement ni échange.
Sois pas en retard et te fais pas choper.
D'accord ?
Tu crois que ce canot peut transporter 32 personnes ?
Qu'ils s'en sortent ou pas,
ils payent pareil.
Et ma part, Marwan ?
Rendez-vous à 5 h.
Sois à l'heure.
J'en prends deux.
Avec du fromage.
T'as mangé que le fromage et laissé le burger ?
Il y a que les petits malins qui font ça.
T' es un petit malin, toi ?
Oui ?
On part quand à Chicago, papa ?
Dans combien de nuits ?
À toi de voir.
Tu veux partir quand ?
Je suis prêt.
Maintenant ?
Et tes bagages ?
Tes affaires sont prêtes ?
S'il te plaît, ne me laisse plus, papa.
Montrons comme on est des tueurs quand on joue ensemble.
C'est parti.
Fais voir.
Bien.
Bonne nuit.
Ça va aller.
Allez, on se dépêche. Vite, il arrive.
Comment ça va, patron ?
Amène le canot sur la plage.
Magnez-vous, le nègre va se fâcher.
Bien, patron.
- Ils sont combien ? - 23.
Vérifie que le canot est bien mis à l'eau.
Entendu.
Allez, on s'active !
Tire de ton côté.
Il y a trop de vagues.
Allez, les gars, on se dépêche.
Tirez !
Tout le monde à bord !
Allez, dans le bateau.
Vite, il veut partir.
Monsieur, je vous en prie.
Un gilet pour ma fille, s'il vous plaît.
Je vous en prie !
Tu es blessée ?
On a besoin de gilets pour les enfants.
Ils savent pas nager.
Désolé pour le retard.
Ma fille s'est blessée à la jambe.
Il nous faut d'autres gilets de sauvetage.
Quoi ?
Je m'inquiète pour mes enfants.
Inquiète-toi plutôt de ce qui leur arrivera
s'ils montent pas à bord. Immédiatement !
Je le répéterai pas !
Tout le monde à bord, immédiatement !
Vite ! Montez dans le bateau !
Allez, dépêchez-vous !
Montez à bord !
Tout le monde assis !
Toi !
Viens avec moi.
Vite, il veut partir.
Allez, plus vite que ça !
Tourne le bateau dans l'autre sens !
Shaheen !
Fais ton boulot.
Demi-tour !
Revenez ! Le nègre ne veut pas se mouiller.
Allez !
C'est bon, c'est bon ! Stop !
C'est assez profond, ça suffit.
Assis.
Bien.
Ça se conduit comme une voiture.
Tu sais conduire une voiture ?
Si le moteur cale,
tire sur ce cordon pour redémarrer.
Tu tires
jusqu'à ce que ça reparte.
Quand le moteur tourne, tu contrôles la vitesse.
Plus tu tournes, plus ça accélère.
C'est facile. Même ton fils peut le faire.
D'accord.
Tu vois la boussole ?
La flèche doit pointer vers le sud.
Toujours vers le sud.
Si tu fais ça,
tu mangeras du slouvaki et de la pita pour le déjeuner.
Mais si...
Tu parles au lieu d'écouter.
Écoute-moi.
Le cap toujours vers le sud.
Tu piges ?
Bien.
Une dernière chose.
Dès que tu vois les garde-côtes,
tu prends le couteau et tu perces le canot.
- Quoi ? - Le canot se dégonflera.
Et les garde-côtes vous sauveront.
Ils adorent jouer les héros.
Mais on sait pas nager.
C'est pas mon problème.
À toi de jouer, capitaine.
Il va où ?
Qu'ils s'en sortent ou pas,
ils payent pareil.
J'en ai compté 28.
Il en manque quatre.
C'est pas mon problème.
Dis-moi une chose, Marwan.
Comment tu peux garder tout cet argent
dans ton caleçon mouillé ?
À toi de me dire une autre chose.
C'est quoi, ce mot arabe
que tu utilises pour parler de moi ?
Celui que tu crois que je comprends pas.
Nègre !
Allah est grand, Allah est le plus grand...
Pour ce voyage, nous Te demandons
sécurité et protection.
Nous ferons ce qu'il Te plaira.
Allah, fais que ce voyage soit le plus paisible pour nous.
Rends la distance accessible.
Amen.
Sara,
c'est l'heure.
Allons-y.
KUŞADASI, TURQUIE 2 HEURES PLUS TÔT
Allons-y.
Aya !
Aya,
on en a déjà parlé.
Mais j'adore Blu, papa. Je peux pas l'abandonner.
Chérie, on ne peut pas l'emmener.
Il faut que tu le laisses.
Ne m'obligez pas à faire ça, je l'aime tant, Blu.
Je sais, mais il ne peut pas venir sur le bateau.
S'il te plaît, il fait partie de la famille.
Laisse-le à l'intérieur.
Papa, je t'en prie.
Laisse-le à l'intérieur.
Je suis désolée.
On y va.
La police est en état d'alerte.
On doit rester groupés
et éviter les lumières.
Par ici.
Je promets de te trouver un nouveau chiot en Grèce.
Sami,
tiens l'autre côté.
Papa, ma jambe !
Aide-moi !
Aide ta mère.
Tiens ton frère.
Sara.
Pardon, maman.
J'ai déchiré mon plus beau pantalon.
Ne t'en fais pas, ma puce, c'est rien.
Ça pique.
On va y arriver ?
On doit avancer.
Ça pique.
Allons-y !
Par ici.
Éteins !
Papa, ma jambe.
Tiens bon, tu es très courageuse.
On ne doit pas faire de bruit.
Sami, aide ta mère.
On doit se dépêcher.
En avant !
Allez !
Halte ou on tire !
Je vais faire diversion. Cours avec les enfants.
C'est compris ?
Fathi, tu as dit qu'on devait rester groupés.
Montrez-vous ou on tire !
Vous devez être à la plage avant le départ du bateau.
Les mains en l'air !
Sami,
occupe-toi de ta sœur.
Avancez lentement, les mains à la lumière !
Pas un geste.
Gardez les mains à la lumière.
C'est par ici.
Allez, on avance !
Tout le monde à bord !
Monsieur,
je vous en prie.
Un gilet pour ma fille, s'il vous plaît.
Je vous en prie !
Tu es blessée ?
On a besoin de gilets pour les enfants.
Ils savent pas nager.
C'est pour toi.
Avec ça, tu ne risques rien.
Merci.
Merci beaucoup !
Merci du fond du cœur.
- Maman ! - Ça va, ma puce ?
Désolé pour le retard.
Ma fille s'est blessée à la jambe.
Il nous faut d'autres gilets de sauvetage.
Donne-le-moi, trésor.
Je le répéterai pas !
Tout le monde à bord. Immédiatement !
On doit embarquer.
On y va, trésor.
Vite, vite !
On se dépêche !
Plus vite que ça !
Montez dans le bateau.
- Allez ! - On se dépêche.
Tout le monde assis !
Tout le monde assis !
Toi !
Viens avec moi.
Vite, il veut partir !
Allez, plus vite que ça !
Tourne le bateau dans l'autre sens !
Shaheen, fais ton boulot.
Demi-tour !
Revenez ! Le nègre veut pas se mouiller.
C'est bon, c'est bon ! Stop !
C'est assez profond, ça suffit.
Assis.
Ça se conduit comme une voiture.
Tu sais conduire une voiture ?
Bien.
Si le moteur cale, tire sur ce cordon...
Fais voir ta jambe.
Tu tires jusqu'à ce que ça reparte.
Je peux ? Je suis médecin.
Et vous êtes bien chargée.
Montre ta jambe, trésor. N'aie pas peur.
Je vous connais.
Vous êtes médecin à l'hôpital.
Je m'appelle Sara.
Voici Elias
et Aya.
Notre aîné s'appelle Sami.
Moi, c'est Amira.
Ma fille Rasha,
et voici Mustafa.
Mustafa Faris. C'est un voisin.
Faris ?
Êtes-vous le fils d'Adeem Faris ?
Votre père a sauvé bien des vies.
C'est un grand homme.
Mustafa nous a sauvé la vie.
Vous travaillez avec votre père ?
Tu parles au lieu d'écouter.
Non.
J'étais juste au bon endroit au bon moment.
Ça va aller.
Dès que tu vois les garde-côtes,
tu prends le couteau
et tu perces le canot.
- Quoi ? - Le canot se dégonflera.
Et les garde-côtes vous sauveront.
Ils adorent jouer les héros.
À toi de jouer, capitaine.
Il va où ?
Vous pouvez pas partir.
Revenez !
Ne nous laissez pas !
Revenez !
Papa, on va y arriver ?
Mais oui, bien sûr qu'on va y arriver.
Ça va aller.
Maman, j'ai peur.
Fais demi-tour avant qu'on meure tous.
Qu'est-ce qui se passe ?
Qu'est-ce qui se passe ?
Je m'en occupe !
Bien joué, mon garçon.
Bravo !
Papa !
Papa !
N'aie pas peur, je suis là.
Mustafa !
Maman !
Rasha !
Je T'en prie, mon Dieu, aie pitié de nous !
Pitié, Allah, aide-nous !
Maman, un bateau !
Ici les garde-côtes grecs.
Veuillez rester à bord
pendant qu'on récupère ceux qui sont dans l'eau.
Fais pas ça, papa.
On va tous mourir !
Tous ensemble !
On rame. Allez, on rame.
Allez, on rame, on rame !
Les enfants d'abord !
Les enfants d'abord !
Allez-y, allez-y.
Sami !
Sami !
LESBOS, GRÈCE 24 HEURES PLUS TÔT
Stavros ?
Bon sang...
J'ai vu...
Pardon de t'avoir réveillée.
Tu étais encore là-bas ?
La prochaine fois, prends quelque chose avant de te coucher.
Encore ?
Il s'inquiète pour toi.
Où tu vas ?
Chercher de l'eau.
Tu es sûr que ça ne risque rien ?
Bonjour, papa.
Bonjour, mon grand.
Tu viens me voir jouer au match de foot demain ?
Quel jour on est ?
Samedi.
J'espère venir.
Pour que tu me voies marquer un but.
J'en suis sûr.
Tu viendras ?
S'il te plaît.
Allez, Nikolas, cherche encore !
Ils ont été repérés dans ce coin.
Regarde ! Par là, sur la droite.
Prends la barre.
Tu les vois ?
Absolument.
On les a trouvés. Préparez-vous !
Vagellis, tiens-toi prêt à la poupe.
Ils sont à 50 mètres !
Ils sont combien ?
Dans les 35.
Kostis, vite, sors les couvertures et les gilets de sauvetage !
Nikolas !
Viens nous donner un coup de main !
J'arrive !
Vagellis, prends la barre !
Attrapez la corde !
Attrapez-la !
Nikolas, lance l'autre corde ! À la poupe.
Allez, vite ! Vite !
À l'arrière, à l'arrière !
La corde à l'arrière !
À l'arrière !
Tire, Nikolas !
Bravo !
Voilà ! Beau boulot. Bravo !
On tire, on tire !
Recule, recule !
Tire, tire encore !
Allez, on tire encore !
Reculez !
Reculez, reculez !
Laissez le bateau reculer.
Laissez le bateau reculer !
Tenez-vous prêts !
Accrochez-vous !
Les enfants d'abord !
Les enfants d'abord !
Du calme !
C'est fini, c'est fini...
Tout va bien. C'est fini...
- Heureusement que vous les avez trouvés. - Autant de personnes sur un canot...
Et ça ne vas pas s'arrêter.
Tu as assez mangé ?
Tu ne peux plus être là-bas, maintenant.
Reste ici.
Avec nous.
Par curiosité, Stavros,
tu as sauvé combien de vies ?
Il en sauve tellement qu'il ne compte plus !
Même Dieu appellerait Stavros s'Il avait besoin d'aide.
Je tiens un registre.
Mais est-ce que tu comptes ?
Non.
Et toi, Nikolas,
tu comptes ?
Pas depuis le début.
Mais vous avez sauvé des milliers de vies.
Ils espèrent quoi, ici ?
Ça vaut vraiment la peine de risquer sa vie ?
Je crois pas.
On risque pas sa peau pour vivre à Lesbos.
Mais ils continuent à venir.
Ça va s'arrêter ?
S'ils restent coincés ici,
ils deviennent violents.
Parmi eux, il y a beaucoup de terroristes.
Ce ne sont pas des terroristes.
On peut pas continuer à payer pour ça.
D'après toi,
qui pense ici que tu paies quoi que ce soit ?
On en est à combien, Nikolas ?
Rien que pour notre bateau ?
Depuis octobre dernier ?
11 627.
En comptant aujourd'hui ?
La journée n'est pas encore finie.
Et on parle pas de tous ceux qui sont morts ?
Tu as déjà essayé d'en estimer le nombre ?
Non.
Ça fait plus de 1 000.
Comment tu le sais ?
On en était là quand j'ai cessé de compter.
Tu as un supporter !
Oui !
Tu vas jusqu'à combien de jongles ?
Six ou sept.
Tu veux voir ?
Allez, il faut te coucher.
Papa, tu veux bien t'allonger deux minutes avec moi ?
Pas ce soir, mon grand.
Si on gagne demain, on participera au championnat.
C'est déjà la finale ?
Oui, papa.
Tu travailles demain ?
Je sais pas, chéri.
Je sais pas.
Si c'est pour sauver plein de gens, je comprends.
Couche-toi, mon grand.
Papa, est-ce que c'est dangereux ?
Oui.
Pour de nombreuses personnes, c'est dangereux.
Surtout pour les bébés ?
Rien que deux minutes.
En approche des dernières coordonnées connues.
L'orage n'est pas loin.
Merci de nous avoir prévenus. On fait comme prévu.
On allume les projecteurs. Chacun à son poste.
Allumez les projecteurs !
Tout le monde en place !
Je m'occupe des projecteurs. Tout le monde en place.
On est dans le secteur.
La visibilité est mauvaise, Stavros.
On a déjà repéré le coin.
Vois s'ils sont prêts.
Ok pour tout le monde ?
Tout l'équipage est en place.
On est tous en place.
On devrait faire demi-tour, Stavros.
Prends la barre.
Silence, tout le monde !
Écoutez ! Écoutez !
À l'aide !
À droite !
À l'aide !
Il y a des gens dans l'eau. Marche arrière.
Arrière toute !
Préparez les cordes !
Aide le capitaine. Va avec lui.
Il faut reculer !
Attention ! Soyez prudents !
Sortez-les de l'eau !
Nikolas, on bouge plus. Ils sont là.
Bien, capitaine !
Vas-y, attrape-la.
Faites attention !
On vous la confie.
Apportez des couvertures.
Nikolas, j'ai besoin de toi tout de suite !
J'arrive !
La petite a besoin d'un massage cardiaque.
Je m'en occupe.
Voilà, voilà.
Soulève-la.
Elle ne réagit pas, Stavros !
N'abandonne pas, Nikolas !
Allez, allez ! Respire, je t'en prie.
Où est le bateau ?
Où sont les autres ? Où ils sont ?
Montrez-moi !
Projecteurs à tribord et à la poupe !
À tribord et à la poupe !
De l'autre côté.
Ils sont là !
Ici les garde-côtes grecs.
Veuillez rester à bord
pendant qu'on récupère ceux qui sont dans l'eau.
Pitié, mon Dieu.
Occupez-vous de ceux qui sont à l'eau !
Attrapez la corde !
Rasha !
Respire.
Respire, ma chérie.
Respire.
Voilà. Voilà, c'est bon.
Allez à l'arrière du bateau.
Tirez !
Tirez !
Respire, Rasha.
Respire, ma chérie.
Allez...
Les enfants d'abord !
Les enfants d'abord !
Tirez encore ! Tirez !
Les enfants d'abord !
Les enfants d'abord !
Amenez-les par ici.
Oui, par ici ! Vite !
Occupez-vous du petit.
À l'arrière du bateau.
Avancez.
Allez-y, allez-y.
Sami !
Sami !
Mon bébé !
Il y a quelqu'un dans l'eau.
Nikolas ! Il faut qu'on fasse demi-tour !
On est attachés au canot. C'est dangereux !
Stavros !
Demande à un homme de ne pas me quitter des yeux.
Sami ?
Sami, mon bébé.
Sami !
Respire...
Arrêtez.
C'est pas votre faute.
C'est pas votre faute.
Sami !
Pitié, mon Dieu, pas Sami...
Parle-moi, mon fils !
Allah ... !
Allah !
Je t'aime, mon chéri.
Excusez-moi.
Désolée, docteur.
- Madame. - Ça va, merci.
Madame.
Bien sûr.
DISSECTION AORTIQUE
Sous-titrage TITRAFILM
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