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Gazouillis des oiseaux
- Alex...
Hop,
ton assiette. - Merci.
- Approche ton assiette. Merci.
Marion, je te ressers ?
- Pourquoi ? Elle a pas commencé.
Musique de tension
Tu les comptes ?
- Tu devrais goûter.
- Marion, tu réponds.
C'est quoi, ces manières ?
Eh, je t'ai parlé.
Oh, oh ?
Qu'est-ce qui se passe ?
Qu'est-ce qu'elle a ?
C'est quoi, ces manières ?
Musique tragique
Tu dis rien ?
Choc sourd
- Mon Dieu...
Marion !
- As-tu regardé le football ?
Jonathan ?
- En retard. Regardez ce que j'ai trouvé.
- Tu fouilles son bureau ?
C'est quoi ?
- Une proposition de boulot de Sécurité 7.
Regardez le salaire.
- Tu l'as trouvée en évidence ?
Si ça se trouve, il l'a laissée exprès.
Ou c'est un faux pour te faire réagir.
On va encore pas changer le sens de la rayure des zèbres.
Sonnerie de téléphone
- Quel enfoiré, celui-là ! - C'est qui, l'enfoiré ?
- Devine.
T'étais en retard.
- Tu me passeras ton cahier, je recopierai.
- Pourquoi cette affaire
nous revient ? OK.
- Quoi ?
- On va à l'hôpital, une ado s'est défenestrée.
Sirène d'ambulance
- A tout à l'heure.
Musique douce
- Marion ?
Bonjour.
Protection des mineurs.
Clara Besson, Jeanne Delorme. - La police ?
J'ai fait quoi ? - On s'assure que ça va.
On veut comprendre.
- J'ai eu un accident.
- C'est pas un accident. Tu t'es jetée par la fenêtre.
Pourquoi t'as fait ça ?
- Je sais pas.
- Tu es enceinte.
Enceinte de 5 mois, c'est ça ?
Marion soupire.
- Je peux pas le dire
à mes parents. Je peux pas...
- Donc tu t'es défenestrée ?
Parce que tu peux pas en parler à tes parents ?
Ou pour te débarrasser
du bébé ?
- L'avortement est interdit à 5 mois, mais y a des solutions.
Tu t'es renseignée sur l'accouchement sous X ?
- Mes parents, je veux pas
qu'ils sachent.
- C'est difficile, je sais.
Mais il faudra leur dire.
Ils comprendront, j'en suis sûre.
- Vous connaissez pas mon père.
Musique de tension
- On peut pas la voir !
C'est n'importe quoi, non ? - Il doit y avoir une raison.
- Mais y en a pas, de raison !
Ces flics, des connards !
Ca fait des heures qu'on poirote pour rien !
Ils s'imaginent des trucs sordides sur nous ?
Alerte de SMS
Oh !
Il sait pas lire ?
- Il sait lire,
mais il est flic.
Connard de flic.
Je peux pas couper mon téléphone.
Et ça concerne votre fille.
Vous allez pouvoir la voir.
Avant, je dois vous parler.
- Qu'est-ce qui se passe ?
- Votre fille est enceinte.
- Quoi ?
- Enceinte de 5 mois.
Elle est sous le choc, il faudra être compréhensifs.
Dès que vous serez prêts, on ira.
- Ma chérie ! - Maman !
- Oh, je suis désolée.
Je suis désolée...
Musique à suspense
- C'est qui, le père ?
C'est qui, le salopard ?
- Papa, s'il te plaît...
- Marion !
- Monsieur Joffrin...
- Elle a 17 ans. C'est une gamine !
Sa vie est bousillée.
Elle ne peut plus avorter !
- Je vous comprends.
- Vous comprenez pas.
- Monsieur Joffrin, vous continuez, vous sortez, on est d'accord ?
Oui ?
Merci.
- Dis-moi qui t'a fait ça ou tu remets pas les pieds à la maison !
- Du calme.
- C'est qui ? - Sortez !
- Je sais pas !
Marion pleure.
J'ai été violée.
Musique à suspense
- Marion aurait été violée il y a 5 mois dans son lycée.
Elle s'est fait agresser en allant à l'infirmerie.
Son agresseur
l'a mise à moitié KO. A son réveil,
il n'y avait plus personne dans la classe.
Comme toute victime, elle s'est tue,
entre peur et honte, elle a fait
comme si rien ne s'était passé.
- Personne n'a rien vu ? - Non.
Profs et élèves étaient en cours. Ca s'est passé
vers la classe de musique. - Qui jouait de la musique.
- Donc elle aurait
voulu faire disparaître son bébé pour oublier.
- L'article L22.13-1 du Code de la santé publique
vous parle ?
- Vous plaisantez ?
- C'est quoi ? - Il autorise l'avortement
si la grossesse met en péril la santé
de la femme. - Psychologique, pour un viol.
- Elle aurait menti ? C'est dingue.
On remet en doute
sa parole ? - C'est qu'une éventualité.
Elle pourrait évoquer le viol pour rendre
légal l'avortement.
- Comment elle sait ? - C'est là.
J'ai trouvé ça à l'hôpital.
- Faut pas en vouloir à mon mari. Il est dur, mais il aime Marion.
- Aucun parent ne veut retrouver sa fille enceinte
à 17 ans.
- C'est ce qui nous est arrivé.
Nos familles nous ont tourné le dos
et on a dû arrêter nos études.
- Vous regrettez ?
- Non, pas une seule seconde.
Mais pour Eric, c'est plus difficile.
Il aurait aimé nous offrir plus,
que ses enfants aient plus de chance que nous.
- Raison de plus
pour ne pas répéter
ce qu'ont fait vos parents, ne lui tournez pas le dos.
Votre fille a tenté
de se suicider, c'est un geste grave mais c'est surtout
un appel au secours.
- Ton père l'a installé ?
Il joue avec toi, de temps en temps ?
- Pas trop.
- Il a pas l'air facile, Papa.
- Ca lui arrive de crier, comme tous les parents.
- Plutôt sur toi ou ta soeur ?
- Moi, j'ai des bonnes notes. - Alors sur ta soeur.
- On aurait dû le voir venir.
Surtout après son viol.
On aurait dû deviner.
- Les proches sont souvent les derniers à le voir.
Musique douce
Il ne faut pas culpabiliser.
Marion va bientôt revenir chez vous.
Nous voulons être sûrs qu'elle soit bien accueillie.
- Il faut fléchir sur les jambes.
- Je vais essayer.
- Je vais parler à son père.
- Merci.
- Eh, pas mal ! Que dit ta soeur quand il crie, Papa ?
- Des trucs de filles : "Je vois qui je veux".
- Elle a un petit ami ?
- Papa dit qu'elle a le temps, qu'il faut penser à son avenir.
- Chez les flics, on a une espèce de 6e sens.
Tu sais quoi ?
- Non. - On a du flair.
- Comme les chiens ?
- Fous-toi de moi. Non, je suis sérieux.
Par exemple, là...
je sais que tu me caches un truc
sur ta soeur.
Léo fait rebondir la balle.
Ca a pas dû être facile, pour toi.
Le geste de ta soeur m'aurait fait peur.
Ca m'aurait mis en colère. J'aurais trouvé ça
super égoïste.
Eh !
Admettons, je le mets d'ici, tu m'en dis plus ?
- Vous allez jamais le mettre.
Léo rit.
- Deal ou pas deal ? - D'accord.
- Fléchis...
Faut essayer pour y arriver.
Je veux pas de mal à ta soeur, je veux
la comprendre pour l'aider.
- Elle avait un petit ami.
Mais elle voulait partir parce qu'elle en avait marre.
Musique à suspense
- Marion est pas allée à l'infirmerie à cette date
et la salle où aurait pu se passer le viol était en travaux.
J'ai double checké.
Témoignage de la dirlo, planning des travaux...
Rien. Mattei doit avoir raison.
Marion nous a menti. - Pas entièrement.
- Tu l'appelles, là ? - Ouais.
Sécurité 7, c'est une blague ? - T'es au courant ?
J'ai rien demandé, des potes m'ont inscrit.
Je te dis même pas le salaire proposé...
- Non, ne me dis pas.
- On a un souci.
On a vérifié à ton lycée.
Il semble impossible que tu aies été violée là-bas.
- J'ai pas menti, je vous jure. J'ai été violée.
- La salle où ça aurait pu se passer
était en travaux, l'infirmerie n'a pas
de trace de ton passage et ton prof de musique
dit que tu n'as jamais manqué son cours.
- J'ai parlé au médecin. T'as demandé à te faire avorter ?
- C'est pas possible
tant qu'on est pas sûrs de la vérité.
- J'ai été violée, je vous dis. Je veux avorter.
- Légalement, ce bébé est considéré comme
une vraie personne.
Si tu mens,
tu peux être accusée d'homicide.
- Tu avais un petit ami
avec qui tu projetais de partir. C'est le père ?
- J'ai été violée.
Je veux avorter.
- A cause de ton accident et du risque sur le foetus,
l'hôpital a pratiqué une amniocentèse.
- C'est quoi ?
- On analyse du liquide amniotique pour voir si le bébé
va bien et aussi pour déterminer l'ADN des parents.
- Je résume ?
On retrouve ton petit copain, on sait
que c'est le père.
- S'il vous plaît. - Oui ?
- On a déjà un résultat. Surprenant.
- Que se passe-t-il ?
Musique dramatique
Musique à suspense
- Merci
d'être venus jusqu'ici. - Qu'est-ce qui se passe ?
C'est Marion ? Ca va ?
- Elle va bien.
Nous avons des éléments
à vous transmettre.
Marion n'a pas été violée.
On en a la certitude.
Si elle a évoqué le viol, c'est...
pour pouvoir avorter.
- Elle a dit qui était le père ? - C'est plus compliqué.
Elle voulait partir avec
son copain et avait besoin d'argent.
Elle s'est proposée comme mère porteuse.
- Quoi ?
- C'est pas possible.
Marion n'a que 17 ans.
Comment elle aurait pu imaginer... C'est insensé...
- Celui qui a fait ça, vous l'avez arrêté ?
- On y travaille.
Elle va s'expliquer devant la justice.
La gestation pour autrui est illégale en France.
Elle passera devant un juge
et sera suivie par un psy. Pour qu'une adolescente
de 17 ans en arrive à une telle extrémité,
c'est pas anodin.
Il y a de lourdes raisons derrière.
- Ca veut dire quoi ?
Qu'on est des monstres ?
N'importe quoi !
- J'ai pas dit ça.
- On n'est pas des mauvais parents.
On a tout fait...
- J'ignore pourquoi votre fille a accepté de faire ça,
mais une chose est sûre, elle ne sait plus où elle en est.
Elle a besoin d'être protégée.
Plus que jamais.
Je vous raccompagne.
- Pauvre fille.
- Pauvres parents, une mineure, ça va leur retomber dessus.
- Comment ça ? - C'est généreux de faire
un enfant à un couple.
Et elle y gagne. - Elle a 17 ans !
J'espère qu'il y a pas de test de QI chez Sécurité 7.
- Je rigolais. - Tomber enceinte, c'est pas
juste le ventre qui grossit.
Cette femme peut pas
s'attacher à l'enfant ? Y a pas de lien entre elle et lui ?
- Calme-toi, je disais ça comme ça.
- Tu deviens sexiste, mon pauvre garçon.
- Je rigolais !
- Ca va, là ?
- Clara est pas
à prendre avec
des forceps. - Sur le copain, on avance ?
- Ouais. Kevin Morin,
25 ans, un chanteur.
Marion a rompu
mais il la relance via Facebook et par SMS.
- Je sais ce que je te dois. J'avais prévu de...
OK.
15 jours sans faute.
- Kevin Morin ? On peut se parler 5 minutes ?
Non... Putain...
Cri de rage
Police, arrête-toi !
Musique de tension
Arrête-toi, je te dis !
Gémissements de douleur
- A force de filer pas droit, on part de travers.
- J'ai rien à me reprocher.
- Pourquoi tu détales comme un lapin ?
- Je croyais que c'était une caillera, pour me taxer.
- Problèmes d'argent ? - Vous savez pas ?
C'est la crise.
On a tous des problèmes d'argent.
- Ca te parle ? - Ouais.
C'était ma petite copine. Il lui est arrivé quelque chose ?
- Elle s'est défenestrée.
- Et...
Elle va bien ?
- Pas terrible.
Mais son bébé, ça va. Enfin, c'est pas le sien.
Pas le tien non plus, d'ailleurs.
- C'était son idée, je voulais pas.
- Son idée, à 17 ans ?
- Elle était dingue de moi
et elle voulait m'aider. - A quoi ?
- Je suis chanteur, moi.
La France, c'est mort
pour la musique. On voulait se tirer à L.A.
- Donc elle s'est proposée de faire une gestation
pour autrui uniquement pour la gloire.
La gloire de ta future carrière, bien sûr.
Ca devait rapporter combien ?
- 30 000.
- Un truc que je comprends pas...
Pourquoi te quitter alors qu'elle était dingue de toi ?
- Je me suis éloigné.
Elle est super, je veux pas dire de mal.
Sauf qu'elle est...
Elle est trop...
Trop excessive.
- Comme chanteur, je sais pas, mais comme musicien,
t'es le roi du violon et du pipeau.
Kevin ricane.
Les parents biologiques, tu les as trouvés comment ?
- Par un mec de Belgique
qui va sur des sites qui parlent de GPA.
Il fait le lien entre candidats et parents biologiques.
Moi, il m'a jamais filé
ses coordonnées.
- Au terme de la grossesse, il devait se passer quoi ?
- Je devais contacter les parents via leur mail.
J'imagine qu'ils savaient quoi faire ensuite.
- Ca te dirait de nous aider à identifier ce Belge ?
- Il nous a donné une avance de 10 000 balles.
Il va pas être content de savoir que le deal foire.
C'est pas des rigolos, dans ce business.
- Putain, t'es courageux, toi.
Tu vas me marquer l'adresse mail sur ce papier.
Et pour le reste,
surtout, tu te rassures.
On va faire sans toi.
Musique dramatique
- Tu t'es fait un copain ?
- Un copain de sport. On court ensemble.
- Clara, j'ai le mail des parents biologiques.
7Demande une ordonnance pour remonter l'identité.
- A cette heure, le palais est vide.
- Jonathan, lâche pas Kevin.
Comment une fille intelligente peut le couvrir ?
- Ouais.
- Vous avez pas été une adolescente révoltée.
- J'ai sauté ce stade à la puberté.
Tu crois vraiment que l'idée de la grossesse vient d'elle ?
- Une mineure face à un adulte reste une victime.
Même si elle a eu l'idée, c'est à l'adulte de refuser.
Je vois ça comme ça.
Ca me paraît logique.
Sécurité 7 ? - Rien à voir.
- Tu serais mignon, en costume-cravate.
- En quoi ? Je porte pas la cravate !
- Et les chaussures de ville, aussi.
- T'es sérieuse ? - Ouais, pas de baskets.
Musique douce
- T'en fais pas, ça va aller, avec tes parents.
On a parlé avec ton copain, Kevin.
Cette histoire de mère porteuse,
c'est de qui ? - Ca change quoi ?
- Tout.
Tu es mineure. Kevin est majeur.
Si l'idée vient de lui,
le juge peut ne retenir aucune charge contre toi.
- On y va ?
Et Papa ? - Il est encore au travail.
Il va être content de te voir.
Musique à suspense
Tintements des couverts
- Je suis désolée.
- Pourquoi t'as fait ça ?
Tu voulais nous punir
de quoi ?
- J'ai pas voulu vous punir.
- On a été trop durs avec toi ?
- C'est pas ça.
- Alors c'est quoi ?
C'est quoi, cette histoire de bébé
et de vouloir partir d'ici ?
T'es si malheureuse, avec nous ?
Bah explique-toi.
- Je l'aime.
Je pensais pas que ça se passerait comme ça.
Je voulais juste l'aider.
- 15 000 euros
d'amende. - Eric...
- Un an de prison.
Hein ?
T'as fait une grosse connerie. - Je suis désolée.
Je suis désolée...
- Marion !
- T'as peur que je ressaute ? Je vais juste dans ma chambre.
Musique dramatique
Musique à suspense
- Bon...
On transmet le dossier au juge.
A lui de voir comment poursuivre.
- Tu peux attendre un peu ?
On doit creuser autour du copain, savoir comment les parents
biologiques en sont arrivés là.
- Elle est mère porteuse.
Elle l'a reconnu !
C'est assez pour le juge.
- Pour qu'il la charge encore plus ?
On l'a manipulée. - Pour qu'il fasse son métier.
Nous, on collecte les faits.
- Les faits, je les ai pas tous.
- Arrête, je veux ce dossier sur mon bureau...
immédiatement !
- T'as mal dormi, toi.
Clara, tu peux venir, s'il te plaît ?
- Quelqu'un est mort ?
- Très drôle, tu devrais faire du stand-up, toi.
J'ai le nom des parents biologiques.
Stéphane et Elodie Moreau.
Mariés depuis 10 ans.
- Tu me les convoques.
Et pour ça, tu nous expliques ?
- Vous y mettez pas ! J'ai pas le droit de me saper ?
Sonnerie de téléphone
- Allô ?
- T'as rendez-vous
chez Sécurité 7 ? - Couvre-moi, à 13h.
- T'y vas en baskets ?
- C'est la touche d'originalité parfaite !
Regarde !
"Té-ma" !
- Craque le téléphone de Marion.
- Sans ordonnance du juge ?
- Elle a fugué.
C'était sa mère au téléphone. - OK.
Musique à suspense
Elle est sur la passerelle Debilly.
Marion pleure.
- Je peux pas retourner chez moi.
Mon père me comprend pas.
Musique douce
- On va trouver une solution. On veut t'aider.
T'as parlé à Kevin ?
Comment ça s'est passé ?
- On s'est engueulés.
Il m'a reproché
d'avoir voulu tuer le bébé.
Qu'est-ce qu'il va se passer pour moi ?
- Je te cache pas que ça va être très dur.
Dur dans la décision que tu vas prendre pour le bébé.
Et puis dur dans les rapports avec tes parents.
On y va ?
- Je vous installe ici. - Merci.
- Clara, tu peux venir 5 minutes ? - Je reviens.
Oui ?
- On a un service
à te demander. - Vous me faites peur.
- Recueillir Marion chez toi quelques jours.
- Pas très légal, tout ça. - Je te le fais pas dire.
- Ca me rassurerait.
Avec 30 000 euros en jeu, ça peut faire des mécontents.
- OK. - J'avertis sa mère.
- Mattéï ? J'attends toujours le dossier !
- J'ai une audition, là.
Il soupire.
- Marion, tu viens avec moi ?
- Bonjour.
- BONJOUR.
- Pourquoi vous êtes là ?
- Sans enfant, à la brigade des mineurs,
simple à deviner.
- Il est arrivé
quelque chose
à notre enfant ? - Non, la grossesse continue.
Vous vous êtes mis hors la loi. Vous risquez
une amende ou la prison.
- Qu'est-ce que vous racontez ?
En Belgique, c'est parfaitement légal.
- Bien sûr.
Vous êtes français donc l'enfant sera français.
La mère porteuse est française et... mineure.
Musique de tension
- Comment ça, mineure ?
- 17 ans et elle s'est jetée par la fenêtre.
- Mais on savait pas... On l'a jamais rencontrée.
- On a essayé et on nous a dit
que c'était impossible. -"On" ?
C'est qui, "on" ?
- L'intermédiaire qui a tout organisé.
- Lui ?
- Non,
plus âgé, 40 ans environ.
On l'a contacté via enfantspourtous.be.
- Ca fait 1O ans qu'on essaie.
Vous n'imaginez pas ce qu'on a vécu.
Espoirs déçus, traitements inutiles...
- On est prêts à tout.
Même à faire un an de prison pour avoir un enfant.
- C'est une gosse enceinte de 5 mois qui s'est défenestrée.
- On voulait juste avoir un enfant.
- Cet enfant est le nôtre.
Génétiquement, nous sommes les parents.
- Légalement, pas du tout.
- On se battra encore pour avoir cet enfant.
- C'est Marion, la mère.
- Commandant ?
Je peux vous parler ? - J'arrive.
Qu'est-ce qui se passe ?
- J'ai fouillé les mails de Kevin. - T'as trouvé quoi ?
- Il a des échanges de mails avec 3 autres femmes.
- Et alors ?
- Il leur a proposé de devenir mères porteuses.
Je crois qu'il monte un business. - Faut le choper rapidement.
Sirènes de police
Musique à suspense
Sonnette Kevin, ouvre, police !
Ouvre !
Vas-y.
Fracas
- Personne.
- Il a pris ses fringues et il s'est barré.
- Non, on n'annule rien !
Je me débrouillerai. J'ai besoin de cet argent.
- En attendant, on se concentre sur le Belge.
- Je m'occuperai d'elle d'une manière ou d'une autre.
- Il recrute les filles sur enfantspourtous.be.
Tu vas lui offrir le profil parfait de la mère porteuse.
Jonathan est déjà sur le coup.
- Je t'ai créé un faux profil.
Je t'ai rajeunie. Pour ce marché, t'es périmée.
- T'as pas un souci ? - Pour eux,
pas pour moi.
OK...
-"Enfants pour tous. Héra22."
- La déesse de la fertilité.
- Depuis quand tu sais ça, toi ?
- J'ai été sur Wikipédia, OK ?
- Ton rendez-vous chez Sécurité 7...
- C'était bien.
Je suis pas obligé, pour la cravate.
- Tous les jours en costume,
tu vas assumer ?
- Ca me va, non ?
- J'ai des appels à passer. - T'aimes pas ?
T'aimes bien, hein ? Pourquoi tu me le dis pas ?
- Monsieur Joffrin ?
Je peux vous parler ? - OK, montez.
- Ca va pas être possible.
En fait, j'ai le vertige.
- Ma pause est dans 30 mn.
Oh, doucement !
- Sympa, ce jeu vidéo !
- Vous êtes malade ?
- Non, je suis flic.
- Vous voulez m'annoncer que ma fille a braqué une banque
ou assassiné le président ?
- Il a l'air de bien aller.
Je suis venu pour vous dire que...
votre fille vous aime
et vous agissez comme un gros con. - Si c'est pour m'insulter...
- C'est une terrible épreuve et vous l'aidez pas.
- Et moi, alors ? Qui est dans le rouge
à la banque et a 2 boulots ?
- J'ai pas dit que c'était facile, mais ce qui arrive
à Marion est pas de sa faute.
Elle est victime d'un salopard
qui fait du trafic
de mères porteuses. - Quoi ?
- Son soi-disant copain travaille avec un Belge qui vit en France
et qui recherche des jeunes en manque d'argent
et des couples
en manque d'enfants. - Dégueulasse...
- Je vous le fais pas dire.
Elle y est pour rien.
On a juste profité de sa vulnérabilité.
Elle a besoin de vous,
comprenez-le. Et surtout,
appelez-la.
Musique dramatique
Musique à suspense
- Oui, Papa.
Moi aussi, je suis contente.
Non, pas ce soir.
Je préfère rester seule pour réfléchir.
Moi aussi, je t'aime.
A demain.
Musique dramatique
- Tu viens, Marion ?
- De la pizza surgelée ? - Oui, j'aime pas cuisiner
donc surgelés. Chez moi, je fais ce qu'il me plaît.
- Ca a l'air cool.
- Tu verras, quand t'auras ton chez toi,
t'auras un sentiment de liberté.
- Hum. Sauf que pour l'instant...
- Ca durera pas.
Musique mélancolique
- Je fais quoi, pour le bébé ?
Il est pas de moi.
Et pourtant, je le sens.
Si je le garde, ma vie va être un enfer.
Comme mes parents.
- Ou pas, tu verras.
- Tu ferais quoi, toi ?
- Je sais pas. C'est compliqué.
C'est sans doute pour ça que c'est interdit.
Quelle que soit ta décision,
tu seras jamais seule.
- Kevin, il dit quoi de ça ?
- Il a contacté d'autres filles
pour faire pareil. - C'est pas vrai ?
Quel connard...
- Kevin a pris la fuite, on le recherche.
S'il reprend contact avec toi,
tu dois nous prévenir.
- Clara ? - Oui ?
- Respecte le timing, d'accord ?
- Ca va aller. - Rassurez-vous,
c'est une pro du speed dating.
- Jonathan... - OK, je la ferme.
- Merci.
- Vous êtes Héra22 ?
- Oui, c'est moi.
- Vous êtes là pour le bébé ? - Oui.
- Merci.
- Pour être honnête, vous êtes la 4e candidate.
On cherche un profil particulier.
- Un coup de coeur, quoi.
- Oui, un coup de coeur. - Je comprends.
- Alors 5 000 à l'insémination,
10 000 quand l'ovule tient
et 20 000 à la livraison.
- 10 000 ? - 10 000 euros.
20 000 à la fin.
- Ah, 20 000 !
Bah merci.
Au revoir. - Au revoir.
- T'attends quoi ?
- De quoi ? - Pour me parler de Sécurité 7.
- Vous êtes au courant ?
Bon, je vous fais le topo. Le boulot a l'air cool,
bien payé. Qu'en pensez-vous ?
- Je t'ai fait venir à la BPM
pour t'éviter des conneries dans ta cité.
J'ai rempli mon contrat
avec ton frangin. Si t'as un bon boulot, basta.
- Non !
J'y crois pas. Au fond, vous m'aimez bien.
Vous êtes attaché.
C'est compliqué de le dire, surtout à un mec,
mais je vous comprends.
Je vous aime bien aussi. - Jonathan...
- Oui ? - Chacun a sa montagne à gravir
et chacun se donne la hauteur du pic.
- Bonjour. - Bonjour.
- Avant tout, je m'excuse.
J'ai menti sur ce que je suis.
- Pardon ?
- C'est Tony, il a 8 ans. On l'a eu
grâce à une mère porteuse.
- Je comprends toujours pas.
- Devenir une mère porteuse, c'est une aventure vers l'inconnu.
Alors je vous offre un savoir-faire.
Depuis Tony, je travaille pour une société belge
spécialisée en GPA et j'aide des femmes.
Voici ma carte.
- C'est votre carte ?
Et moi, je vous offre la mienne.
- Vous restez assis, Monsieur.
Musique de tension
Musique à suspense
Marion sonne.
On ouvre une porte.
- Oui ?
- Je suis Marion.
C'est moi qui porte votre enfant.
- Vous êtes si jeune.
Si on avait su, on n'aurait pas
accepté. Je suis désolée.
- Vous avez jamais eu envie
de me rencontrer ? - Bien sûr que si.
On nous a dit que c'était plus simple
pour vous de ne pas nous voir. - C'est faux.
- Entrez.
Il va bien ?
- Je suis vraiment content de vous rencontrer.
Tout ça était tellement...
Vous voulez vous asseoir ?
Je vous rassure,
ça change rien à nos arrangements.
Vous renoncez à vos droits de mère,
je reconnais l'enfant. - Je sais pas.
- Pour l'argent,
si vous avez une amende...
- Vous savez pas ?
- Ce que je vais faire du bébé.
- Vous pouvez pas
le garder pour vous. C'est pas votre enfant.
- Légalement, je suis sa mère. Je le porte.
Je lui donne vie et je l'accoucherai.
- C'est l'argent ?
Ca peut se négocier.
Il vous faut 10 000 euros ?
- Je vends pas mon enfant. - Votre enfant ?
Ne nous faites pas ça.
- Je suis pas décidée.
Je voulais vous rencontrer, voir qui vous étiez.
- Voilà qui nous sommes.
Un couple heureux.
Sauf qu'on a pas d'enfant et ça nous tue.
- Ne faites pas ça. On sera là pour lui !
Il sera heureux.
- Moi aussi... je peux être là pour lui.
- Peut-être, mais...
Vous êtes un peu jeune. - Vous avez une vie à construire.
Vous étudierez, voyagerez, vous marierez un jour.
Demandez-vous si votre choix,
c'est le mieux pour vous ou le mieux pour le bébé.
Musique de tension
- M. Vervoort, vous faites quoi,
exactement ?
Vous travaillez pour Enfants pour tous ?
- Oui, une société spécialisée
en gestation pour autrui.
Je chasse pas les têtes mais les ventres.
Je vie en France, j'approche des couples
désirant des enfants, des femmes voulant aider ces gens.
- Et qui veulent de l'argent ?
- Je vais pas être hypocrite.
Ca arrive, mais c'est pas de mon ressort.
Les couples paient la société.
S'ils font des cadeaux à la mère porteuse,
où est le mal ? Et je suis pas au courant.
- Heureusement que vous voulez pas être hypocrite.
- Stéphane et Elodie Moreau, Marion Joffrin,
Kevin Morin, ça vous parle ? - Oui,
je me souviens.
- Ils ont bien été vos clients ?
- Oui.
- Bien sûr.
Musique à suspense
Merci.
- C'est tout ?
C'est quoi, le piège ?
- Il y a aucun piège, Monsieur.
Marion Joffrin est mineure et même en Belgique, c'est illégal.
On vérifie, vous restez en garde à vue.
Musique à suspense
- C'est pas suffisant, sur Vervoort.
- Je dis à Marion qu'elle risque la prison
et pas ceux qui l'ont manipulée ?
- Vous avez prouvé l'abus.
Elle n'aura ni amende ni prison.
Mais c'est le flou juridique
pour la clinique belge. - Monsieur le juge ?
- Oui ?
- Le flou, vous pouvez le...
- Mattéï !
- Laissez, cette colère est légitime.
Faites avancer les choses autrement
que par des voies légales.
Ces sociétés vivent uniquement
de leur bonne réputation. - Vous suggérez quoi ?
Qu'on ébruite cette affaire ?
- Vous n'avez besoin d'aucune
suggestion.
Musique de tension
- Au secours ! A l'aide !
- Décrivez-moi cet homme.
- A mon âge, la vue sert juste à regarder la télé.
- Ah, la télé...
Qu'a prévu la météo ?
- Temps pluvieux.
- Pluvieux ?
- Le temps que je sorte,
ils étaient déjà dans la voiture.
Elle a failli m'écraser. - Quelle voiture ?
- Une vieille américaine. - Clara ?
- OK, merci. - Au revoir.
- Aucune description du ravisseur, et vous ?
- Je pense avoir le témoin parfait.
Musique à suspense
- L'alerte enlèvement a été lancée.
La photo de Marion est diffusée. - Qui fait des choses pareilles ?
- Ca peut être Kevin, son ex-copain...
Oui, c'est dur à entendre.
Ca peut être Enfants pour tous,
les Moreau...
Je sais que c'est dur.
On va la retrouver.
J'en fais une affaire personnelle.
Je vous le promets.
- Alors ?
- On y est presque.
- Balance.
Stop. Arrêt sur image.
- Je zoome.
- C'est Kevin.
Diffuse son signalement.
- Je m'en occupe.
- Ca va ?
- Les Joffrin sont choqués. - Et toi ?
- J'aurais dû être plus vigilante.
- Mattéï t'a demandé de la garder,
il est fautif.
- Sécurité 7 a raison.
- Vous allez où ?
- Kevin a besoin d'argent. Il enlève Marion.
Il va vouloir
reprendre là où il en était. - Kevin ?
Sonnerie de téléphone
- Allô ?
Quoi ?
Qui êtes-vous ? Oui ?
Attendez... Vous croyez pas que...
- Qu'est-ce qu'il y a ? - C'est le ravisseur de Marion.
Il reprend le deal, il veut une avance de 10 000 euros.
Tu es prête à quoi
pour cet enfant ?
- Kevin
vous a déjà appelés ?
- A l'instant.
- Suivez-moi à la BPM. Merci.
Musique de tension
- Tu veux quoi de moi ?
- Que t'honores notre contrat.
Que t'accouches
et que je touche mon fric. - Mais je pourrai pas accoucher
avant 4 mois. - J'ai augmenté les tarifs.
Un pote de Bruxelles nous prête son appart'.
T'inquiète.
On va être bien, là-bas. - Je te laisserai pas faire.
C'est mon bébé, t'y toucheras pas.
- Quoi ? Tu me menaces, toi ?
Vraiment ?
- J'ai le numéro du dernier appel.
Je peux le localiser. - Combien de temps ?
- C'est vite fait. - Balance-le par texto.
- Merci.
On pense pouvoir
vous ramener votre fille.
- Merci.
- Bonjour.
- Oui ? - Vous êtes les parents de Marion ?
Nous sommes vraiment désolés. On savait pas, en fait.
On aurait pas imaginé que ça prendrait
cette tournure. - Vous êtes qui, vous ?
- Les... - Les parents de l'enfant
que porte votre fille.
- C'est toi,
salopard ! - Eric...
- Arrêtez !
- On se calme ! - Mais t'as pas honte ?
- On savait pas qu'elle était mineure.
- On va arranger
tout ça. A l'accouchement,
ça rentrera dans l'ordre.
- Ca veut dire quoi ?
- On disparaît. - Avec l'enfant ?
- Evidemment. - Non !
Non !
C'est pas vous qui allez décider ! Ce sera Marion, compris, connard ?
- Allez, allez...
- C'est sa vie !
- Arrête de chialer, là.
On passe prendre l'avance des Moreau et après, la Belgique.
C'est des vacances tous frais payés.
Marion pleure.
Avance !
- Je t'en supplie, arrête ! - Mais bouge !
- Lâche-moi ! Tu me fais mal...
Sirènes de police au loin
- Mets-toi face au capot.
- Ma chérie, c'est fini.
C'est fini.
Musique douce
- Mattéï, c'est quoi, tous ces journalistes ?
Le juge a dit d'ébruiter l'affaire,
pas de se faire remarquer.
- C'est toi qui vas leur parler. - Ah non !
- Désolé.
- Mattéï !
Mattéï !
- Tu sais déjà
ce que tu veux faire. - Oui.
- T'es sûre de toi ?
- Ils vont être des parents formidables.
Ils acceptent que je reste dans la vie de l'enfant.
- Ca va être difficile pour toi.
Très difficile. - Je sais.
Mais mes parents seront là pour moi.
- Patron...
- C'est pour le gars
au bureau bien rangé. - Merci.
On y va.
- C'est quoi, ça ?
- Voilà tes chaussures pour le privé !
- C'est marrant.
- C'est classe.
- Essaie-les. - J'ai refusé l'offre.
Pas pour vous, mais la cravate et les chaussures,
c'est pas possible. - On te croit, hein.
- Ca va aller ?
- Ouais.
Ca va, toi ?
Sous-titrage : BLUE ELEMENTS
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