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Zulu
...
Capucine, j'y vais.
Ton père passera vous chercher plus tard.
T'es sûre que ça va ? - Oui, ça va.
- J'ai l'impression que t'as de la fièvre.
- Non, je me sens bien.
- Faut que tu voies Pierre. On rentre à la maison.
Ton père prendra ton petit frère. - Maman, je vais bien.
- Après ce qui s'est passé avec ta santé, je suis prudente.
Va chercher tes affaires et on y va.
- J'ai besoin de toi. Faut que tu me sauves la vie.
- Quoi ? Pourquoi ?
- Tu vas faire exactement ce que je te dis.
Musique intrigante
...
- Qu'est-ce que tu fous là ?
Elle est où, ta soeur ? - Elle viendra pas.
- Attends !
- Lâche-moi !
Tu me fais mal !
- Attends, je te veux pas de mal.
Explique-moi ce qui se passe.
- J'ai pas le droit de te parler. Lâche-moi !
- Tu veux quoi, toi ?
Musique intrigante
...
- Pierre, Capucine ne se sent pas très bien.
- Regarde-moi.
On va s'occuper de ça.
Je sens des blocages énergétiques.
Tu as des pensées négatives en ce moment, Capucine.
Installe-toi.
Musique intrigante
...
Si tu gardes
des secrets pour ceux qui t'aiment,
ils te dévorent de l'intérieur.
Tu as encore des secrets,
Capucine ?
- Non.
- Tu sais l'importance que tu as pour ta mère ?
Pour moi ?
Tu es l'élue de notre communauté.
Tu n'es pas encore complètement lavée.
Tu dois expier ta faute, Capucine.
Si tu veux redevenir pure...
déshabille-toi.
Musique sombre
...
Musique intrigante
...
- Salut, Léo.
- Salut.
- Bonjour. Il a été poignardé, il a fait quelques mètres
et s'est effondré ici.
- Un coup fatal, là ?
- La lame a pu
toucher le foie, sectionner une artère.
- C'est bizarre, non ?
Il y a peu de sang.
- L'hémorragie a pu être juste interne.
On verra ça à l'autopsie.
- Pas de blessures
défensives ?
- Non.
- Et le couteau ?
- Il était à 3 m du corps.
Sûrement l'arme du crime.
Il a été nettoyé. Pas d'empreintes.
- Les empreintes de la victime sont pas
dans le fichier.
- C'est pas normal, ça. Il est rouge
autour des yeux.
Faites un prélèvement sur le visage.
- Vous avez évalué l'heure de la mort ?
- Vu la température
du corps, hier soir avant la fermeture du parc.
- OK. Autre chose ? - Commandant ?
Venez voir, s'il vous plaît.
On a trouvé ça sur lui.
Pas de papiers. - Oh...
La montre qui coûte une blinde.
Et le portable...
- C'est pas le 1er prix.
- Regarde, pas mal de fric, aussi.
- Pas mal, tu dis ?
- De l'herbe.
Un peu de shit aussi.
- On l'a pas tué
pour le voler.
- Règlement de compte ?
- Ou la 1re connerie d'un gosse.
Tu sais... C'est étonnant que ses parents
n'aient pas signalé sa disparition.
Ca va, toi ? - Non, ça va pas.
- Allez, viens.
Analysez tout ça au plus vite, OK ?
- Ca marche.
Musique sombre
...
- Ton traitement te fatigue.
- Je suis épuisée.
Je prends mes médicaments à 2h du matin et j'angoisse.
Je pensais tenir le coup au moins moralement.
Mais j'ai peur, Léo.
Léo, j'ai peur.
- Faut que tu souffles un peu.
Lâche prise pour te consacrer à ton traitement.
- Je veux pas vous laisser tomber. J'ai besoin de travailler.
- Tu vas pas te débarrasser de moi comme ça.
Ton traitement va marcher, j'en suis certain.
Pour l'enquête, je passerai le soir chez toi
pour te faire un point.
Comme ça, tu me feras à dîner
tous les soirs. - T'es con.
Tu prends des risques, là.
- Le plus important, c'est toi.
- Merci, Léo.
Musique douce
...
- J'ai exploré le portable de la victime.
C'est pas évident.
- Pourquoi ? - Aucun nom,
pas de numéro visible.
Applications désactivées.
Encore plus rare, localisation désactivée.
- Ca doit être un téléphone volé.
Les SMS, les mails ?
- J'allais y venir.
Tous les SMS ont été effacés.
Sauf le dernier reçu.
Regardez.
Elle lui donne RDV au parc Valmer à 19h.
- A l'heure et l'endroit même où on l'a poignardé.
- C'est signé "Capucine".
- Trouve-moi cette Capucine.
Je passe voir la docteure Fabre.
- Je vous envoie ça.
- Pardon.
C'est à cause de moi s'il est mort.
- Faut pas dire ça, Hugo.
T'as juste voulu m'aider.
J'aurais pas dû t'envoyer là-bas.
- Tu vas partir ?
Toute seule ? - Non, promis, je te laisserai pas.
Raconte jamais ce qui s'est passé au parc.
Jamais. - Jamais.
Musique sombre
...
Vibreur
...
*-Allô, papa ? - Oui, Eloïse ?
T'étais où ? Je t'ai appelée.
- Désolée, je suis occupée, papa.
- La docteure Fabre s'est fait agresser
la nuit dernière.
- Quoi ? Fabre s'est fait agresser.
Il s'est passé quoi ? C'est grave ?
*-Elle est à l'hosto sous sédatifs.
- Ca va aller ?
*-Oui, mais c'est chiant ce qui s'est passé.
Il va y avoir une enquête, tu seras convoquée.
T'es à la maison, là ?
- Euh, oui. *-Attends-moi, j'arrive.
- Non, j'ai des trucs à faire, ce matin.
On en parle ce soir ? - Tu déconnes ?
- Allez, bisous.
- Mais...
Musique intrigante
...
Elle est même pas à la maison.
- C'est pas vrai... Ca s'est passé quand ?
- Hier au soir, j'ai pas de détails.
- Putain...
- J'espère que ça va aller.
- Fabre, si elle est à l'hosto, c'est la merde
pour moi. - Pourquoi tu dis ça ?
- Ton père, déjà, il me calcule pas.
Il va m'embrouiller avec ça.
Il va dire que c'est ma faute.
Comment je vais faire ?
Je tiens à toi, moi.
- Ecoute.
Mon père, c'est mon père et moi, c'est moi.
Moi aussi, je tiens à toi.
Fais-moi confiance.
Musique douce
...
Téléphone
...
- Réponds, Capucine.
...
- Allô ? *-Capucine de Lamballe ?
- Oui, c'est moi. *-Bonjour, mademoiselle.
C'est la police.
Brigade de protection des mineurs.
Vous êtes où, actuellement ? - Chez moi,
avec mes parents. *-OK.
Nous arrivons, restez sur place.
- D'accord.
- C'était qui ? - La police.
- Qu'est-ce qu'ils te voulaient ?
- Je sais pas. Me parler.
- Quand est-ce que tu vas comprendre ?
Tu as encore fait quelque chose de mal, Capucine ?
- Jonathan, t'as l'adresse de Capucine ?
*-Forcément, commandant.
2 chemin de l'Olivet à Cassis.
*-OK.
*-Je viens de lui parler.
Elle est avec ses parents, ils vous attendent.
Musique intrigante
...
- Bonjour. - Bonjour.
- Odile de Lamballe, la mère de Capucine.
- Commandant Léo Mattéï, brigade des mineurs.
- Votre collègue a appelé ma fille.
- J'ai besoin de lui parler
au sujet d'une affaire importante.
- Désolée, elle est malade depuis hier soir.
- J'ai juste quelques questions à lui poser.
Ce sera bref, autrement, je peux la convoquer à la brigade.
- Suivez-moi.
- Merci.
- Je vous en prie.
- C'est vraiment très beau, chez vous.
- Oui, merci.
C'est un ancien couvent que nous avons rénové.
- Magnifique.
- Le lieu idéal pour soigner les âmes et les corps malades.
- Bonjour, Capucine.
Bonjour, monsieur.
- Philippe de Lamballe.
Le papa de Capucine. - Commandant Mattéï.
J'ai tenu à te voir, Capucine,
car j'ai besoin de ton aide.
Tu connais...
ce garçon ?
J'ai pas entendu ta réponse.
- Non, je le reconnais pas.
- Tu es sûre ?
Je vais t'aider.
On a retrouvé un de tes SMS. Tu lui donnais RDV
hier soir au parc Valmer.
Ca te parle ?
- Non, c'est impossible.
Hier soir, notre fille était avec nous
à la librairie du Verger.
Nous sommes rentrés à la maison,
en famille, comme tous les soirs.
- Tu confirmes, Capucine ?
- Je lui ai donné RDV.
- Pardon ? - Mais j'y suis pas allée.
- C'est quoi, cette histoire ?
Capucine ? - Mme de Lamballe,
s'il vous plaît...
Comment il s'appelle ?
- Manu Rodriguez.
C'est un gitan.
- Qu'est-ce qui s'est passé ? Raconte-moi.
- C'est pas que je le connais, mais...
il me tournait autour à la sortie du lycée.
Il y a un mois, j'ai eu
un problème de santé, j'ai fait un malaise.
- Notre fille a eu une crise d'appendicite.
Ca a donné une péritonite aiguë.
On l'a opérée d'urgence.
- Continue, Capucine.
- J'étais toute seule.
Je pouvais plus bouger, j'avais trop mal.
Et...
Manu m'a amenée à l'hôpital.
- Vous êtes devenus amis ? - Non.
Il a commencé à m'envoyer des messages.
Je sais pas comment il a eu mon numéro.
Je lui ai donné RDV pour lui dire d'arrêter.
- On a retrouvé ce jeune homme mort.
Ce matin.
Il a été poignardé.
Au parc Valmer.
A l'heure et l'endroit même où Capucine lui a donné RDV.
Tu étais où, hier soir ? - Commandant,
ma fille n'a pas à répondre à vos questions.
Je le sais. Je suis avocate.
Nous allons vous raccompagner.
- Que se passe-t-il, Odile ?
Et à qui avons-nous l'honneur ?
- Commandant Mattéï, brigade des mineurs.
- Pierre de Lamballe, propriétaire des lieux.
Maître de la communauté du Verger.
Une communauté qui a soigné des centaines de personnes
depuis des années.
- Dans la famille de Lamballe, vous êtes ?
- Le grand-père de Capucine.
- Pierre, je t'expliquerai.
On raccompagnait le commandant
Mattéï.
- La police, ça faisait longtemps.
- Pardon ?
- Vous cherchez un prétexte
pour vous en prendre à la communauté.
Le Verger a fait l'objet de nombreuses enquêtes.
Dont une parlementaire, il y a 2 ans.
Croyez-moi, ils ont rien trouvé.
Pourtant, ils ne nous aiment pas.
Malgré nos résultats avec nos thérapies alternatives.
- M. de Lamballe, je me contrefous de votre communauté.
J'enquête sur la mort
d'un adolescent et votre petite-fille
est liée à cette mort. - J'en doute.
Elle est l'innocence même, c'est impossible.
- Je vous le souhaite, M. de Lamballe.
- Très bien.
Notre entretien est terminé.
Tu viens, Capucine ?
- A bientôt, Capucine.
- Commandant, je vous raccompagne.
- Pas la peine, merci, madame.
Musique sombre
...
- Assieds-toi.
Soupir
Je comprends pas, Capucine.
Combien de fois on a parlé de ce mec ?
Combien de fois ? Hein ?
Pourquoi tu m'as pas écouté ?
Je t'avais dit de ne pas
revoir ce petit con !
Tu te rends compte de ce que t'as fait ?
Tu te rends compte des conséquences ?
Pour toi ! Pour nous ! Regarde-moi !
A cause de toi, les flics vont plus nous lâcher !
Tu nous mets tous en danger !
Merde !
Tu es appelée un jour à diriger notre communauté.
Tu dois respecter
cette responsabilité. - Papa...
Soupir
- Je t'aime, mon bébé.
Maman et moi, on veut te protéger de ce monde.
C'est pour ça qu'on s'occupe de toi comme ça.
Regarde ce qu'il y a eu quand on a relâché
notre surveillance.
Ecoute...
Je sais que t'as vécu des choses très difficiles.
Je sais, mais ça va aller.
Tu vas oublier.
Et tu vas aller de l'avant.
Musique douce
...
- Jonathan ?
Des nouvelles ?
- J'ai fait des recherches
sur la communauté du Verger.
"Le Verger
"est un mouvement spirituel initié en 1990
"par Pierre de Lamballe, chercheur en physique à l'INSERM."
- J'ai eu le plaisir de le rencontrer.
Un bonheur. Arrogant comme je les aime.
- Il a écrit des livres sur la guérison.
Il donne une interprétation scientifique
aux phénomènes paranormaux.
Il prétend soigner des maladies incurables
lors de stages qui coûtent une blinde.
Il est appuyé par un médecin qui lui envoie des malades.
Docteure Marine Sergent. Chirurgienne, gynécologue.
- Elle fait partie du club ?
- Et pas qu'un peu.
C'est la plus active du mouvement.
Avec De Lamballe, ils organisent des séminaires
de 2 jours à 2 500 euros.
- 2 500 euros ?
C'est le verger le plus juteux que j'aie jamais vu.
- J'ai une autre information. - Vas-y.
- Il a
une librairie ésotérique.
La librairie du Verger.
Rue Cabassole.
- Rue Cabassole ?
C'est à 10 mn à pied du parc Valmer.
- Et pas très loin du camp de gitan de Rodriguez.
- A ce propos,
on doit leur annoncer la mauvaise nouvelle.
- "On" ?
- Ouais, tu viens avec moi.
- J'ai du boulot, là. Elle est où, Olivia ?
- Ca va te faire du bien de sortir.
De voir la vraie vie. T'en as pas marre
de tes écrans ? - Bah non, non.
Moi et le terrain... - C'est maintenant, on y va.
Musique triste
...
Mme Rodriguez ?
Je suis là pour votre fils...
Musique triste
...
- Je savais que ça arriverait.
Depuis la mort de son père, il n'écoutait personne.
Sanglot
Un enfant doit pas mourir. Pas comme ça.
- Vous avez raison.
Je suis désolé.
Le prénom de Capucine, ça vous parle ?
- Je sais pas avec qui il traînait.
- Il vivait où ?
- Là-bas.
Ma chérie...
- C'était où, exactement ?
- Venez avec moi, je vais vous montrer.
Musique triste
...
- C'est ici ?
- C'est la caravane de Manu. - OK.
Merci.
Musique intrigante
...
- Capucine, ça vous dit quelque chose ?
- Excusez-moi, je peux vous parler ?
- Oui, bien sûr.
- Il allait voir une fille
depuis quelque temps.
Une gadgé du lycée Daumier.
- Tu sais comment elle s'appelle ?
- Elle a un nom de bourge.
Capucine de je sais pas quoi.
Tu vas où ?
- Ca te regarde pas. Lâche-moi.
- Tu vas encore la retrouver ?
C'est pas une meuf
pour toi, lâche l'affaire.
- T'inquiète.
Je gère. - Avec ton couteau ?
- Mêle-toi de ce qui te regarde, Maya.
- Ils se voyaient en douce.
Chez nous, c'est mal vu de traîner avec quelqu'un pas du clan.
Et chez la fille aussi.
Ils voulaient tous les deux partir
en cachette.
Manu avait déjà préparé sa valise
avec des vêtements et des médicaments.
Je crois qu'elle avait des problèmes de santé.
La semaine dernière, je les ai vus nager.
J'ai filmé, regardez.
Je les ai suivis en douce.
- Viens. - Ouais.
- Je suis content de te voir.
- Il y a que mon petit frère qui sait que je suis venue.
- Je dirai rien. - Ca va, alors.
Viens, on va se baigner.
- Ouais, si tu veux.
*-Allez, viens.
Je te jure qu'elle est bonne.
- Qui d'autre était au courant de leur relation, ici ?
- Personne.
Dans la famille de la fille non plus.
Ils sont complètement à l'ouest.
- Comment tu sais ça, toi ?
- J'ai parlé une fois avec la fille.
Pour lui dire qu'entre elle et Manu, ce serait pas possible,
que ça finirait mal.
- Qu'est-ce qu'elle a dit ? - Un truc trop chelou.
Elle était pas intéressée parce qu'elle était déjà fiancée.
- Fiancée ?
- Hm, hm.
- Tu sais qui est ce soi-disant fiancé ?
- Un mec du lycée.
Il s'appelle Noé Fratter.
- Noé Fratter...
- Je suis heureux que notre maître nous ait fiancés, Capucine.
Tu sais...
j'ai toujours su qu'on finirait ensemble.
- Moi, ça me fait bizarre.
- Tu vas t'y faire.
Toi aussi, tu sentiras ce lien entre nous.
Le maître se trompe jamais.
Il sait ce qui est bon pour nous.
- C'est ce que dit ma mère.
*-Pierre de Lamballe m'a sauvée.
A 16 ans, on m'a diagnostiqué une leucémie.
La médecine classique m'avait condamnée.
Pierre de Lamballe m'a guérie avec sa méthode
basée sur l'énergie quantique.
Par le pouvoir de l'esprit sur le corps.
*-Pourtant, Pierre de Lamballe n'est pas médecin.
- Il est docteur en physique nucléaire.
De nombreux médecins nous réfèrent leurs patients.
*-Ces thérapies alternatives...
- Pourquoi on se fatigue à construire des hôpitaux ?
Des gens croient encore à ça, aujourd'hui ?
- Plus que tu penses.
- Dans cette communauté, on a des chefs d'entreprise,
des avocats et même des médecins.
Cet escroc leur pique leur thune en profitant de leurs maladies.
- Moi, j'ai vu des témoignages.
Le pouvoir de l'esprit sur le corps fait partie
de la guérison.
*-Pour les personnes concernées
par la maladie, avez-vous un message ?
- Gardez l'espoir.
Toujours.
- Aïe !
- Fais gaffe aux épines. T'as pas mis de gants.
Surtout toi, Hugo. C'est grave si tu te coupes.
Ca va, tu saignes pas.
Celle-là, c'est du poison.
De la ricine. Fais très attention.
- OK. Mais c'est papy qui les cultive.
Il en a récolté, l'autre jour. Avec maman.
Il parlait des gitans.
Il était très en colère contre toi.
Il a dit que tu voulais partir avec Manu.
- Il était au courant ?
- Oui et papy a dit à Noé que si tu partais,
on allait tous devenir malades
et que moi, j'allais perdre tout mon sang.
- Il a dit ça à Noé ?
C'est pas vrai, Hugo.
T'es juste hémophile.
Ca se soigne.
- Papy dit que c'est
une punition. - Non, non.
Ecoute pas ce qu'ils disent. C'est des mensonges
pour te faire peur.
Allez, viens.
*-Commandant, j'ai les images de vidéosurveillance
du parc Valmer.
- OK, j'arrive. Avant, je passe à l'hôpital.
Ils m'ont appelé.
Fabre est sortie de réanimation.
Ca va ? Vous avez pas trop mal ?
- Un peu quand même.
- Je vous aide ? - Surtout quand je me redresse.
Oui, merci.
- Ca va aller ? - Oui.
J'ai mal quand je mange, j'ai mal...
- Vous avez pas vu qui vous a agressée ?
- Non, je l'ai dit à vos collègues de la PJ.
Ils m'ont dit
que la réserve de médicaments a été pillée.
- Ouais.
- C'est quelqu'un qui savait où je cachais la clé.
- Un de vos patients.
- Vous pensez à Cédric Revault ?
Bah oui, moi aussi, mais bon...
j'ai rien vu, j'ai rien vu...
- Je sais pas quoi penser de lui.
Cette relation rend ma fille heureuse,
mais il peut vraiment lui faire du mal.
- Allez, il faut que j'y aille.
- Ca va, attends encore un peu.
Des nouvelles de Fabre ? - Non.
Pas encore, non.
- J'ai été convoqué par les flics.
- Je sais, moi aussi.
C'est juste une formalité.
- Attends...
Je peux te demander
un service, Heloïse ?
- Oui.
C'est quoi ?
- Dis-leur que j'étais avec toi au moment
de l'agression de Fabre.
- Tu veux que je mente ?
- Ca va m'éviter une tonne de soucis.
- T'es pas en train de me dire que...
c'était toi, là-bas ? - Non, non.
Je te promets.
Tu connais les flics.
Coupable un jour, coupable toujours.
Regarde ton père.
La dernière fois, il m'a démonté.
- La vidéosurveillance du parc Valmer.
Le soir de la mort de Manu.
- Ca donne quoi ? - Pas d'image de l'agression.
Regardez la silhouette qui sort, là.
Juste quelques minutes après l'agression.
Regardez bien.
C'est un adolescent. Regardez son bras.
On dirait qu'il est blessé.
- Je serais pas étonné qu'il porte un prénom biblique.
Premier indice, animaux.
2e indice, arche. 3e indice, déluge.
Réponse ? - Moïse.
- Noé !
Le fiancé de Capucine.
Tu feras jamais
Question pour un champion, toi.
Tu me le convoques pour demain matin.
- Capucine ?
Ca va ?
- Non et tu le sais très bien.
- Je suis désolé.
Mais on va s'en sortir.
La lumière finit toujours par l'emporter.
- Me touche pas.
Fous-moi la paix, Noé.
Musique intrigante
...
- Oh...
Bonsoir, ma chérie.
Ca fait plaisir de te voir.
Depuis que t'es avec Cédric, tu te fais rare.
Dis-moi, t'étais où, hier après-midi ?
- Euh... j'ai... Je suis passée voir Ethan.
- Ah cool, il va bien ? - Oui, très bien.
- Et euh...
après ? - Je l'ai ramené chez lui.
Et on a été boire un verre avec Cédric.
- A quelle heure ? - Je sais pas. Pourquoi ?
- Après ce qui s'est passé la dernière fois...
j'espère que ton ami Cédric a un bon alibi.
Tu veux boire quelque chose ? - Non.
Musique sombre
...
- Commandant, un RDV pour vous.
- Oui, merci, Ludivine.
Bonjour.
- Bonjour, commandant. - Bonjour.
- Nous sommes les parents de Noé.
- J'avais juste besoin de parler avec votre fils.
- Notre avocate a dit de rester avec lui.
- Pas de problème.
C'est qui, votre avocate ?
- Maître de Lamballe.
- C'est marrant, ça.
Pour rien vous cacher, je m'en doutais.
Tu viens avec moi ? Il gémit.
Qu'est-ce que t'as ?
- Ca va, rien.
- Je peux voir ?
- Non, je vous dis, ça va. - Attends.
Fais voir ?
Ca, c'est rien ? - Oh ! Noé...
- C'est quoi ?
Hein ? C'est quoi ?
- C'est quoi ?
- Ce mec m'a fait ça l'autre soir
au parc. Le gitan, là, Manu.
- Tu viens ? On va en parler.
Vous pouvez venir, messieurs-dames.
OK, Noé,
je t'écoute.
Vous êtes fiancés, toi et Capucine ?
- C'est ça. - Tu trouves pas
que c'est un peu jeune pour toi et elle d'être fiancés ?
- Ca ne vous regarde pas, commandant.
C'est notre vie.
Et celle de notre fils. - Très bien.
Tu étais au courant
des problèmes de santé qu'a eus Capucine ?
- Oui.
Elle a fait une chute dans l'escalier du lycée.
- Je croyais qu'elle avait eu
une péritonite.
- Oui, c'est ça, une péritonite.
Suite à la chute dans l'escalier.
- T'as vu quelque chose ? - Non.
J'étais en cours.
Capucine me l'a raconté.
- Tu faisais quoi au parc Valmer, le jour où Manu a été tué ?
- En fait,
j'avais vu que Capucine était pas bien depuis le matin.
Je lui ai demandé ce qui allait pas et elle a rien dit.
J'ai vu le message qu'elle a envoyé à Manu sur son téléphone.
Elle avait peur de ce mec. Il la harcelait.
J'ai décidé d'aller lui parler, à ce Manu.
Avant que Capucine arrive.
Quand je suis arrivé...
je voulais juste lui parler, lui dire d'arrêter.
- Mais lâche-moi !
Lâche-moi ! - Lâche-le !
- Tu veux quoi, toi ?
- Laisse-le tranquille.
- Sinon quoi ?
- Tu la reverras plus.
- Et pourquoi ?
- Elle m'aime moi.
Il a sorti un couteau en criant qu'il allait me crever.
J'ai eu peur. J'ai utilisé mon spray d'autodéfense.
Cri
- Arrête !
J'ai attrapé son bras.
On était au corps à corps.
Je voulais juste me défendre.
- C'est ça, ta blessure sur le bras ?
- Je sais pas. Il donnait des coups de couteau partout.
C'est allé super vite.
Je sais pas ce qui s'est passé.
Je suis parti en courant.
- Manu se serait poignardé lui-même dans la bagarre ?
- C'est ça. C'était un accident.
- Il est où, ce spray ?
- Je l'ai jeté en repartant dans la rue.
- Je te place en garde à vue pour vérifier tes aveux.
- Tu risques rien. Odile va faire une demande
de remise en liberté.
- Tu étais en état
de légitime défense. - Oui.
- Tu es mineur, Noé. Il ne peut rien t'arriver.
- Tu as dit à Noé que tu allais voir Manu,
au parc ? - Non.
Je sais pas comment il a su.
Je savais pas qu'il voulait y aller.
- Bon, écoutez.
C'est un homicide involontaire impliquant 2 adolescents
qui ont essayé d'en éconduire un 3e.
Ca s'est mal fini pour lui.
Avec son propre couteau.
- Capucine et Noé ont été briefés par leur avocate
pour obtenir cette version.
- Vous nous connaissez mal, commandant Mattéï..
Pourquoi vous acharner contre nous ? Contre ma communauté ?
Contre ma petite-fille ?
Tenez, cadeau.
Vous apprendrez peut-être à vous débarrasser
de vos colères si vous avez un minimum d'ouverture d'esprit.
- Vous me le dédicacez ?
Ca se revend mieux sur Internet.
- Vous savez ce qu'on a découvert sur le monde quantique ?
- J'ai essayé au petit-déjeuner et j'ai pas digéré.
- Les gens viennent ici en toute liberté.
Pour se soigner et devenir meilleurs.
- Meilleurs, vous plaisantez ? Vous et votre complice,
vous abusez de personnes vulnérables pour leur soutirer de l'argent.
- Ces personnes sont consentantes. Fichez-moi la paix avec ça.
- La différence entre vos adeptes et Capucine et Noé,
c'est qu'eux, ils sont mineurs et moi, mon boulot,
c'est de protéger les mineurs.
- Mais Capucine aime Noé. Elle vous l'a dit.
J'ai senti ce lien quantique entre eux.
- Ca l'a pas empêchée
de se rapprocher de Manu Rodriguez.
- Elle n'avait aucun intérêt pour ce marginal.
- Mais lui en avait pour elle.
Ca rentrait pas dans vos plans.
Un jeune gitan
qui tombe amoureux de la petite-fille du gourou,
ça fait désordre.
- J'aime pas cette appellation de gourou.
Allez, arrêtez, commandant.
Arrêtez de vous en prendre à nous
de façon inique.
- Il a vraiment dit "inique" ?
Pourquoi pas "il nique sa mère" pendant qu'il y est ?
- Inique veut dire très injuste.
T'as fait quoi comme école ?
- L'école de la rue, option rap. - Ah ouais ?
Y compris beat box. Beat box
- Ah non, par contre, non. - Hein ?
Vraiment ? - Laisse tomber.
- Tu voulais dire quoi ?
- On a reçu
le rapport d'autopsie de Manu Rodriguez.
- Ouais ? - Regardez.
Le coup de couteau n'a atteint
aucun organe vital.
Il est mort d'un arrêt
cardiorespiratoire.
- Causé par quoi ?
- La légiste a demandé des analyses toxicologiques.
C'est pas pour demain.
- Si le couteau a pas tué Manu, qu'est-ce que c'est ?
- C'est comme la péritonite de Capucine.
Aucune trace d'elle à l'hosto.
Bizarre de pas avoir
de trace de la péritonite.
- Pas con, Jonathan, sa péritonite.
Hé... - Ouais.
- Capucine ?
Tu vas chercher le dessert ?
- Je suis inquiet pour Capucine.
J'ai senti de mauvaises ondes.
Je sens qu'elle est perturbée
par toute cette histoire.
Qu'elle n'aille pas
au lycée quelque temps.
- Tu veux reprendre
les séances de méditation avec elle ?
- Ca s'impose.
Choc
Soyez aussi plus vigilants
avec elle.
Surveillez
ses fréquentations. - On va pas
l'enfermer.
- Si, si c'est le seul moyen.
C'est bon.
Tu peux y aller.
Regardez comment elle s'habille.
Comme une pute.
Hein ? Vous vous étonnez
que des petits cons
lui tournent autour ?
- Oui, t'as raison. - Comment voulez-vous
que je la prépare
à prendre ma relève ? - Je vais lui parler.
- Je l'ai choisie.
Capucine est promise à un grand destin.
Elle doit m'écouter comme toi.
Pleurs
...
- Qu'est-ce qui se passe, ma chérie ?
C'est à cause de ce qu'a fait Noé ?
Il va s'en sortir, tu sais.
Ta mère va le faire sortir de là.
Tu sais...
Noé s'est sacrifié pour toi.
Par amour pour toi, ma chérie.
- Moi, c'est Manu que j'aimais.
- Comment tu peux dire un truc pareil.
- C'est la vérité, vous vous en foutez.
- Ce Manu
était un étranger.
Il aurait jamais dû te toucher.
Il a commis un crime et voilà.
La vie le lui a fait payer.
- Il m'a jamais touchée.
Il était gentil, il me respectait.
- La docteure Sergent a été formelle.
Ca aurait pu avoir des conséquences sur ta santé.
- Il a rien fait.
Soupir
- Bon, écoute, ça suffit, maintenant.
Musique sombre
...
- Observe bien Capucine.
- Ca, c'est la vidéo que Maya
a filmée en cachette ?
- 3 semaines après son opération.
Zoome sur son ventre, pour voir.
Tu vois une cicatrice ? - Non.
- Une intervention chirurgicale
pour une péritonite aiguë, ça laisse des traces.
- C'est clair. - Ca m'a titillé.
Je suis allé à l'hôpital.
Un interne m'a dit que c'était pas
dans cet établissement qu'on l'avait opérée.
- Alors où ? - Son père est venu la chercher
et l'a emmenée dans une clinique privée.
La clinique de la docteure Sergent.
Une gynécologue et rabatteuse pour la communauté du Verger.
Et qui plus est
meilleure amie de Pierre de Lamballe.
- Tu crois...
- C'était pas une péritonite.
- Elle était enceinte ?
- Oui.
Ils en ont profité pour régler le problème.
Dans un 1er temps,
avec elle à la clinique.
Et peut-être même après en éliminant Manu.
Avortement clandestin,
meurtre d'adolescent...
Ils sont capables de tout, ces gens-là.
- Si tu veux vraiment savoir de quoi ils sont capables...
il faudrait infiltrer la communauté.
- Cabelle sera jamais d'accord.
- On n'est pas obligés de lui dire.
Je pourrais tenter le coup.
- Tu rigoles ? - Quoi ?
Je suis le cobaye idéal.
Pas besoin de faire un faux dossier médical.
- Dans ton état ?
- Bah oui.
Je pourrais faire un stage. C'est le seul moyen
de sortir la petite Capucine de là.
- On en reparlera, si tu veux bien.
Je vais voir ma nouvelle future meilleure amie,
la docteure Sergent.
- Fais gaffe, je peux éventuellement être jalouse.
- M. Cédric Revault, on nous a dit que vous avez eu
un problème avec la Dre Fabre ?
Vous lui avez fait ça ?
- Non.
Pas du tout.
Je l'aime beaucoup, je l'apprécie.
Elle me juge pas sur mon passé.
- T'étais où, mardi après-midi ?
- Excusez-moi.
Il a pas à me tutoyer, lui.
C'est un manque de respect.
- Désolée.
Alors, vous étiez où ?
- Sur le vieux port.
- Seul ?
- Non.
J'étais avec ma copine.
- Et c'est qui,
votre copine ?
- Eloïse Mattéï.
Son père est commandant
à la brigade des mineurs. Demandez-lui.
Elle vous confirmera.
- OK...
- Yo. - Alors ?
Comment ça s'est passé ?
- C'était humiliant.
Quand t'as un casier, t'es un délinquant pour toujours.
- C'est pas forcément le casier, tu sais.
On en parle de mon père qui m'espionne ?
- C'est vrai, j'avais pas pensé à ça.
Je dirais même qu'on est un super couple de vainqueurs.
Rires
- Je suis bien avec toi. - Moi aussi, je suis bien.
- Docteure Sergent ?
Commandant Mattéï, brigade des mineurs.
Je peux vous parler ?
- Brièvement, alors. - Je vous laisse.
- Oui, très brièvement.
Vous avez opéré une adolescente le mois dernier,
Capucine de Lamballe, d'une péritonite.
- Parfaitement et alors ?
- Pourquoi avez-vous réalisé ce genre d'intervention ?
Vous êtes gynécologue.
- J'ai eu un diplôme en chirurgie viscérale, avant.
Je suis également cancérologue.
- Je comprends mieux pourquoi son père
a fait appel à vous. - Je suis une amie
de la famille, ils ont eu confiance
en moi. - Confiance pour quoi ?
Pour vous taire ?
- Pardon ? - Sur l'intervention que vous avez
réellement réalisée sur Capucine.
Un avortement clandestin.
- Vous avez une imagination débordante.
- Je prends ça comme un compliment.
N'oubliez pas votre ceinture de sécurité.
- J'ai creusé sur ta docteure Sergent.
C'est une amie très proche des De Lamballe
et c'est une pointure.
Elle a diagnostiqué la leucémie d'Odile
et l'a guérie avec Pierre de Lamballe.
Quoi qu'il en soit, il y a
aucune plainte en cours à l'ordre des médecins.
Elle a l'air irréprochable.
- Elle est de mèche avec Pierre de Lamballe.
- C'est quand même troublant.
J'ai vérifié.
Des cas de guérison ont été expertisés
par des médecins indépendants.
- Au prix de combien d'échecs ?
C'est extraordinaire qu'ils ne parlent que de guérison.
Ils ont couvert des cas pour jouer aux apprentis sorciers.
Tu commences aussi à croire à ces conneries ?
De Lamballe n'est qu'un escroc.
- Tu cherches plus à nous quitter, Capucine ?
Tu as vu ce que ça a donné ?
A travers ton père, tu es la chair de ma chair.
Tu comprends cette responsabilité ?
Tu es l'élue que nous attendions.
Tu dois faire ce que je te dis.
Tout ce que je te dis.
Tu ne peux pas nous trahir.
Et si tu y penses de nouveau...
le pendule me le dira.
Allonge-toi.
Allonge-toi.
Si tu nous trahis, la maladie pourrait s'abattre sur ton frère.
Tu tiens à lui ?
Tu sais qu'il est gravement malade.
Sa vie ne tient qu'à un fil.
Alors, fais ce que je te demande.
Et tout ira bien.
Musique sombre
...
Sous-titrage : Nice Fellow
.
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