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- Cyril ! Cyril !
- J'ai frappé 2 fois à sa porte, il va descendre.
- Cyril, tu vas être en retard ! Grouille !
- Tu dis vouloir m'aider mais tu m'emmènes
chez mes parents.
Tu te fous de moi.
La voiture démarre.
- Cyril !
Cyril !
Cyril, tu te fous de ma gueule ?
Tu sors maintenant !
Oh ! Allez !
Cyril !
Tu ouvres maintenant !
- J'arrive. - Ouvre cette putain de porte !
Tu ouvres ou je la défonce. C'est ça que tu veux ?
Merde ! - 2 secondes, j'arrive.
- Tu m'ouvres cette porte. Cyril !
Cris au loin
Catherine ! Viens, dépêche-toi !
Musique pesante
Générique
- Jonathan, c'est quoi,
ton signe ? - Verseaux.
-"Attention, trop-plein de vitalité."
- Matteï ! - Présent.
- Quand une juge appelle, on répond.
- Je t'ai appelé 6 fois.
- Ca frôle le harcèlement.
- Cyril, 17 ans, garçon de bonne famille, bon élève.
Apparemment sans problème.
Retrouvé chez lui hier avec une coupure faite au cutter.
Il dit avoir surpris un cambrioleur.
- La brigade des mineurs gère les cambriolages ?
- Il a pas tort.
- Oh là, vas-y ! T'es relou, là.
- Désolé.
- C'est compliqué de partager un bureau avec toi !
- Je suis pas sûre qu'il y ait un cambriolage.
- Quoi ? - Tout est dans le dossier.
Il y a aucun vol et on n'a pas de témoignage.
- Les seules empreintes
sur le cutter sont celles du père. - Va chercher Julia.
Retrouve le dossier médical du gamin.
- Il est à Trousseau.
- T'aurais pu appeler plus tôt. Non ?
- Julie ? Le commandant Matteï te demande.
- Vas-y, rince-toi l'oeil.
- Je regarde juste tes bleus.
Tu m'expliques ?
- Je suis maladroite. Je me cogne.
- Ou quelqu'un d'autre te cogne.
- La prochaine fois, mate mes seins et fous-moi la paix.
- Ca va, Julie ? - Impeccable.
- Sûre ? - Ouais.
- T'as déjà le sentiment d'avoir tout dit,
mais pas à moi.
Moi, j'ai besoin de tout savoir sur ton agression.
- Il était 8h20, je me préparais pour aller en cours.
J'ai entendu un bruit dans la salle de bains.
Je suis allé voir.
Et un mec m'a sauté dessus.
Musique de tension
Heureusement, mon père frappait à la porte.
Ca a fait fuir
le mec, il est sorti par la fenêtre.
Après, je me suis évanoui.
- Personne n'est passé par cette fenêtre.
Je taillais les branches. Je l'aurais vu.
- Je dis la vérité, il ment. - Pourquoi faire ?
- Et moi, pourquoi je mentirais ? - J'ai demandé l'examen clinique
de quand t'étais aux urgences. Il révèle des traces de coups.
- C'est une bagarre au bahut.
- C'était qui ?
- On m'a attaqué dans le dos.
- T'en as parlé à quelqu'un ?
Tes parents, la CPE ?
Ca t'arrive souvent de te faire harceler ?
- On arrête la parano. Il y a personne qui m'emmerde.
- Alors je résume.
Tu te fais agresser par des types que tu vois pas.
Je suppose que c'était sans témoin.
Ca va avec ton père ? - Bien.
- Bien-bien ? - Bien-bien.
- Il y a que ses empreintes sur le cutter.
- Il l'a récupéré.
- Je crois que t'as inventé
toute cette histoire pour protéger
ton père alors qu'en ce moment, ce serait plutôt toi qui aurais
besoin d'être protégé de lui.
Cyril, aide-moi un peu.
Sinon, je pourrai pas t'aider. - Je vois pas de quoi vous parlez.
- Bien sûr.
Musique pesante
- Léo ?
- Tu vois, je prends tes appels.
-Catherine Aubin a demandé le divorce il y a 2 ans.
Mais le couple a changé d'avis
à la dernière minute. *-Et ?
-Catherine allait charger le mari.
Elle l'accusait de violence sur Cyril.
- Y a eu une enquête ? *-Ca a rien donné.
C'était peut-être pour avoir la garde.
- OK, merci.
Dis-moi, tu voudrais pas un bureau
à la BPM ? - Tu sais, je t'adore,
mais à petites doses.
- Ca tombe bien, moi aussi.
- Il se met souvent en colère comme ça ?
- Il était pas en colère.
Cyril traînait pour descendre.
Il a juste crié un peu. - Il monte souvent le ton ?
Il est sanguin ? - Où vous voulez en venir ?
Vous devriez vous intéresser au cambrioleur.
- L'enquête n'établit pas un cambriolage.
On se pose des questions sur votre mari.
- Mais Cyril et lui ont parfois
des rapports conflictuels.
Comme n'importe quel ado avec son père, c'est tout.
- Vous l'avez pourtant signalé il y a quelques années
pour violence.
Je me trompe ? - Mais non, ça n'allait pas
entre nous, à l'époque.
On parlait divorce.
J'étais en colère, j'ai voulu lui faire du mal, j'ai menti.
Mon mari n'a rien fait.
- Tu veux toujours rien me dire ? - Parce que j'ai rien à te dire.
- C'est ton petit copain ?
- Je te colle un rapport pour harcèlement ?
- Ca serait bien le monde à l'envers.
Musique pesante
- Bonjour, Monsieur. Monsieur Aubin, s'il vous plaît.
Merci.
Monsieur Aubin ?
Monsieur Aubin ?
- Oui ? - Bonjour.
Je trouve ça cool de vivre sur une péniche.
- Quel est votre bateau ? - Aucun. J'ai le mal de mer.
Je suis venu vous parler
de votre fils. Brigade des mineurs.
- Vous avez arrêté le cambrioleur ? - Non, pas encore.
Comment sont vos rapports avec votre fils ?
Tendus ?
- C'est un ado et comme tous les ados,
il est dans le conflit permanent. Vous voulez savoir quoi ?
- Vous vous êtes déjà battus ? - Ca va pas, jamais de la vie.
Qu'est-ce qui vous faire dire ces conneries ?
- Votre femme. - Quoi ?
Je vous crois pas, vous mentez.
C'est vrai qu'avec Cyril, on s'engueule.
Je lui ai interdit de s'inscrire dans une école de graphisme.
Il me le fait payer et je m'énerve.
- Je vais être plus explicite.
La blessure au cutter n'est pas faite par un cambrioleur.
Il s'est passé quoi ? Soit vous l'avez menacé
et il s'est blessé accidentellement,
soit au cours d'une dispute... - Il dit quoi, Cyril ?
Il dit quoi ?
Rien. Vous n'avez rien contre moi.
Allez vous faire foutre, j'ai du boulot.
- On va aller à la brigade.
- Ah non. - Si, Monsieur Aubin.
Découvrons ce qui se passe dans votre famille.
Monsieur Aubin crie de douleur.
- Ah, putain.
- Restez ici, on va venir vous chercher.
- Connard.
- Ouais, je comprends.
Ouais, Jonathan.
Tu m'envoies une voiture au chantier naval
à Villeneuve-la-Garenne.
La porte d'entrée s'ouvre.
- Eliot ?
Eliot !
Eliot !
- C'est pas Eliot.
- Qu'est-ce que tu fous là ? Comment t'es entré ?
- C'est comme ça que tu m'accueilles ?
T'as des glaçons ?
- Cédric, va-t'en, il faut que tu y ailles.
- Personne va me dire ce que je dois faire.
Et encore moins toi. - Arrête !
Hurlements de douleur
- S'il te plaît !
Pleurs
- Maman ?
- Ouais ? D'accord.
OK. D'accord, merci.
- Sympa, le foulard, c'est nouveau ?
- OK, merci.
La juge confirme la mise en garde à vue
de Pierre Aubin. On a 24 heures pour le faire
parler lui ou sa famille. - C'est plus compliqué.
J'ai épluché le dossier médical de Cyril.
Il a un gros historique de scarification.
Des blessures sérieuses. C'est un gamin qui va pas bien.
- Il se serait tailladé la jambe et aurait menti ?
- Il a peut-être fantasmé la présence
du cambrioleur. - Ou pas.
- C'est moi.
Comment tu te sens ?
- Ca va. Et Papa ?
Musique pesante
- Il a été placé en garde à vue.
C'est parce qu'il refuse de t'envoyer dans cette école
que t'as inventé tout ça ?
Cyril.
Pourquoi tu veux pas comprendre pourquoi il fait ça ?
Il y en a plein d'autres, des écoles de design à Paris.
- Pas aussi bonnes.
- Mais on peut pas te laisser partir si loin, t'es trop jeune.
- Je vais avoir 18 ans.
- On veut juste te protéger des autres.
- J'en ai rien à foutre, j'emmerde les autres.
Toi aussi, je t'emmerde. - Tu vas où ?
- C'est gentil d'avoir répondu aussi vite.
Bonjour, Manon.
J'ai confié l'enquête concernant l'agression de votre voisin
à la brigade des mineurs. Asseyez-vous.
Mais en regardant vos premières dépositions, il m'a semblé
que Manon était pas sûre d'elle dans ses réponses.
Je voulais entendre ce qu'elle pensait de Cyril.
Hein, Manon ?
- Manon, tu peux parler en toute confiance.
- Tu me racontes un peu ?
Tu peux tout me dire, tu sais.
- En fait, Manon a un peu peur de Cyril.
- Et pourquoi ça ?
- On a demandé à Cyril de donner des cours
d'anglais à Manon.
Mais il y a quelques jours, elle a voulu arrêter.
- Pourquoi tu voulais arrêter ?
- Un jour, il s'est énervé. J'ai eu peur et j'ai pleuré.
Il s'est énervé encore plus.
Et il m'a serré très fort les bras.
(Et j'ai eu mal.)
- Léo, je t'envoie les coordonnées
d'une voisine de Cyril, il aurait été violent avec sa fille.
- C'est sérieux ou une voisine qui veut régler ses comptes ?
- Elles ont l'air sincères.
T'arriveras à faire parler la gamine.
- On a le père,
le compteur tourne. - Je sais.
Mais je veux que tu la voies.
- OK, c'est bon. J'ai entendu.
Musique pesante
- Vous y retournez ou on y va à 2 ?
- Ca sert à rien.
Le cutter n'est pas suffisant pour le faire tomber.
Il faut que ce soit son fils qui le balance.
Sinon, on n'y arrivera pas.
- Mme Martinez, la CPE. - Morin, professeur
de français et son professeur principal.
Cyril est un élève brillant
avec une soif d'apprendre. - Vous le connaissez bien.
Il s'est déjà montré violent ? - Non, jamais.
- Même pas une altercation ?
- Voyez ses notes, les appréciations de ses profs.
Personne ne s'en plaint. - L'élève parfait n'existe pas.
Avant aussi, il était comme ça ?
- Oui, il a eu des soucis en seconde, mais...
Des élèves le harcelaient.
Ils le traitaient de "pédé" mais ça a pas duré.
Je sais pas pourquoi. Tout s'est arrêté.
Il s'est mis à traîner avec une fille populaire, Agathe Lalande.
Du coup, tout a cessé. - C'est sa petite amie ?
- Non. Enfin, je sais pas.
Pourquoi ces questions ? Ca a un lien avec
son agression ?
On s'interroge sur sa personnalité.
Une moto approche.
- Prends ça. - Pour faire quoi ?
- Pour monter en bécane. - Ma mère voudra pas.
- Elle est pas obligée de savoir.
C'est bon ?
- On est ensemble depuis toujours, depuis la primaire.
- Ensemble ? - Je suis jamais sortie avec lui.
C'est comme un frère.
- Vous deviez être proches. - Moins depuis 2 ans.
- Il s'est passé quoi ?
- Il est devenu plus discret. Seuls ses dessins l'intéressaient.
- Il aurait eu des problèmes avec
des élèves. - En seconde ?
Les bouffons qui l'ont harcelé ? Je les ai vite calmés.
- Et lui, tu l'as calmé ? Il s'est pas mal scarifié.
- Il s'est fait un mauvais trip pendant quelque temps.
Il pourrait encore se faire mal ? - Je crois pas.
C'est un mec torturé, mais il aime la vie.
- Excusez-moi. Allô ?
-Matteï est parti avec Cyril. Il répond pas au téléphone,
La mère veut porter plainte pour enlèvement.
- Va sur mon ordi, traque son GPS. - le GPS du commandant ?
T'es sûr de toi ? - On n'a pas le choix.
- J'aime bien venir ici, ça a un côté apaisant, non ?
- Non. - Moi, j'aime bien.
Tu fais quoi quand t'as envie d'être tranquille,
pour te retrouver tout seul ? - Je dessine.
- C'est bien, de dessiner. C'est mieux
que de se scarifier.
- Il sort quand, mon père ?
- Ca dépend un peu de toi.
J'ai pas envie de prendre le risque
de le laisser revenir chez toi.
- Mon père m'a jamais fait de mal.
- Ouais. Alors c'est quoi, ça ?
D'où vient cette coupure ?
- C'est un cambrioleur.
- Oui, c'est un cambrioleur.
Soit tu t'es filé un énième coup de cutter pour faire chier
ton père et le faire accuser,
soit tu penses que c'est un cambrioleur et tu risques
l'hôpital psychiatrique.
- Mon père, c'est un relou, je lui rentre dans la gueule.
Mais je cherche pas à le faire accuser de quoi que ce soit.
- Vous êtes malade ?
Cyril, on rentre à la maison.
Musique douce
- C'est n'importe quoi, partir avec un mineur
sans avertir les parents.
- Fidèle à ta réputation, mais là, ça nous aide pas.
- Ca fait partie de mon charme.
- Un mineur psychiatriquement fragile.
Et dangereux, en plus.
- Il est pas dangereux. J'ai parlé avec lui.
C'est un ado perdu et en colère.
- Je regarde les faits. Cyril a l'air dangereux.
Je prends aucun risque.
Il doit suivre un examen psychiatrique.
- Ce môme est fragile !
Une procédure d'hospitalisation
peut le détruire. - T'as un élément
qui prouve qu'il est ni délirant
ni dangereux ?
Jeanne ?
- Il a l'air d'être un schizophrène potentiel
qui risque d'exploser. Je suis désolé, Léo.
Il est dans le déni, il se mutile. Sa place est en institution.
- Je veux voir Cyril dans mon bureau demain.
Je déciderai
s'il doit partir en HP.
Relâchez Pierre Aubin. - Très bien.
- Tu fais une connerie, Hélène.
- Matteï,
n'en rajoute pas.
Sonnerie de téléphone
Musique pesante
- Il est dans le déni, se mutile. Sa place est en institution.
Sirène de police
- Bonjour, Eliot. Tu te souviens de moi ?
- Bah oui, tu travailles avec Maman.
- Exactement.
Lieutenant Nassib, brigade des mineurs.
On peut parler 2 minutes sans la nounou ?
Super.
Je m'inquiète beaucoup
pour ta maman. Tu peux me dire si le soir,
vous êtes seuls ou si des fois, il y a quelqu'un ?
- Des fois, il y a quelqu'un. - Et il crie, ce Monsieur ?
Raconte-moi tout.
- Bah il est méchant, il fait pleurer Maman.
- Et est-ce que tu connais le nom
de ce Monsieur ?
- C'est...
C'est Papa.
- J'ai beaucoup réfléchi.
On peut pas continuer comme ça.
- Je suis désolé. Je m'emporte souvent.
Je sais pas ce que j'ai,
c'est plus fort que moi.
- Je suis sans doute un peu étouffant.
J'ai envie de retrouver mon Cyril.
Tiens.
C'est l'inscription signée et le chèque pour ton école
à Toulouse.
- T'as changé d'avis ?
- Oui, je serai pas toujours là à te protéger
et à décider à ta place. Mais il va
falloir que t'assures.
- Je voulais pas que t'ailles en prison, Papa.
Il y avait vraiment quelqu'un.
Je suis pas fou.
- D'accord. Il y avait quelqu'un.
- Tu me crois ?
Non, tu me crois pas, en fait. - Mais...
Musique pesante
Coups de sifflet
- Je vois que t'as pas changé.
Tu comptes toujours tes heures.
- Pas grand-chose qui m'attend à la maison.
Ma vie, elle est là pour tous ces gosses.
Qu'est-ce que tu fais là ? Qu'est-ce qui se passe ?
- C'est fini, avec Philippe. On se sépare.
- Ah, merde.
J'aurais jamais imaginé... - Bah et moi !
Il faut croire qu'en amour, je suis pas si bon juge.
- Je suis désolé, c'est une très mauvaise nouvelle.
Lena, elle le prend comment ? - Lena, c'est Lena.
Elle est forte. En tout cas, elle montre rien.
- Je la connais bien, oui.
Musique douce
- Eloïse lui manque beaucoup.
Ta fille et elle, c'était
comme 2 soeurs.
Elle m'en parle souvent, tu sais ? - Je me doute.
- Tu devrais passer la voir.
T'as interrogé la petite Manon ? - Non, pas encore.
J'ai vraiment cru à la piste du père.
- Ta fameuse règle ?
80 % des agressions d'enfants ont lieu dans le cercle familial.
- C'est les chiffres qui parlent.
- Qu'est-ce qu'on va faire de ce gamin, Léo ?
Tu crois que je fais une connerie si je l'envoie en HP ?
- Non, je crois pas. J'en suis sûr.
On va trouver ce qu'il cache.
- Matteï, il est où ?
- Matteï, il est là. Un café, Hélène ?
- Cyril Aubin devait être à mon bureau à 10h.
- Mince, la convocation. J'ai complètement zappé.
- Je t'ai appelé 10 fois !
Alors on dîne ensemble
et tu te crois autorisé à plus suivre mes instructions ?
- Je les aurais pas suivies quand même.
Vibreur de téléphone
Je dois répondre. - Tu te fous de moi ?
- J'oserais jamais. Oui, Cyril ?
-Il est là. - Qu'est-ce qui se passe ?
- Mon agresseur est devant chez moi, il me regarde.
- Passe en mode
vidéo. Montre-le-moi.
- Pardon. - Qu'est-ce que tu fous ?
- J'enregistre tout.
- Putain. Tu bouges pas, j'arrive.
Désolé.
Musique pesante
T'inquiète pas, Cyril. On va le retrouver, ton agresseur.
Tu sais pourquoi il pourrait t'en vouloir ?
Non, j'ai pas d'ennemi, j'emmerde personne.
Je dessine, je lis, je fous la paix à tout le monde.
On frappe à la porte. - Ouais ?
- Commandant, Pierre Aubin
vient d'arriver.
- Tu vois ?
J'avais raison, Papa.
- Je sais.
- Emmenez-les dans la salle des enfants.
- J'ai chopé la moto à 2 carrefours des Aubin.
C'est des images de vidéosurveillance,
j'ai isolé la plaque.
Regardez.
- T'as le nom
du propriétaire ?
- Ouais, 2 secondes.
Kevin Maillard.
- A ta place, j'y serais déjà.
Musique pesante
- Kevin Maillard ?
- C'est moi, oui.
- Votre moto est immatriculée AB-341-JQ ?
- Oui. - Il va falloir nous suivre.
- Kev, tout va bien ? - Pas vraiment, non.
- Vous allez nous suivre aussi, Mademoiselle.
- Tu m'expliques ? - C'était une idée pour déconner.
- Pour déconner ?
C'est drôle de terroriser les gens.
Cyril est ton ami et tu organises ce harcèlement, la logique ?
- La logique, c'est que c'est un gros connard.
Depuis le CP, je suis là pour lui.
A l'aider pour un rien, toujours là.
- Les doutes sur la santé mentale de Cyril vont être levés,
comme son placement en hôpital. Mais le harcèlement.
Un an de prison, 75 000 euros d'amende.
Agathe, ça ira, elle est mineure. Mais toi...
- J'ai pas signé pour ça. - T'as signé pour quoi ?
C'est une idée à toi, cette agression.
Ce sont les dires de ton pote Kevin.
- C'est débile. Pourquoi j'aurais fait ça ?
- Parce que tu sais que Cyril a de gros problèmes.
Tu cherches pas à te venger de lui.
Tu organises cette agression bidon pour le protéger.
Pour lui éviter l'hôpital psychiatrique.
Je me trompe ?
- C'est n'importe quoi.
- Tu l'aimes à ce point-là ?
- Bon, allez, je file au bureau. Je te laisse ?
- Bah oui.
Musique pesante
- J'en ai encore pour une demi-heure et je rentre.
Je finis juste les factures...
Crépitements de flammes et aboiements
Je te rappelle, bisous.
Putain, merde !
Merde.
- Ca va aller ? - Ouais.
- Vous avez vu qui vous a agressé ?
- Non, j'ai été frappé dans le dos.
- Commandant, j'ai quelque chose à vous montrer.
Regardez ça, c'est les images de vidéosurveillance.
- Attends. Retour en arrière.
Arrêt sur image.
Le blouson, là...
- Ouais ?
- C'est le blouson de Cyril.
- OK, je m'envoie la vidéo.
- Tu crois que je fais une connerie si je l'envoie un HP ?
- Non, je crois pas. J'en suis sûr.
- Il a l'air d'être un schizophrène potentiel
qui risque d'exploser. Je suis désolée, Léo.
Il est dans le déni, il se mutile.
Sa place est en institution.
Musique douce
- Lâchez-moi, j'ai rien fait !
Je suis pas fou, lâchez-moi !
Vous, je vous déteste ! Vous m'aviez promis !
- T'as raison de me détester. J'ai pas réussi
à convaincre la juge.
Fais pas ça ! - J'ai rien
fait, j'étais pas sur le chantier.
- Alors dis-moi où tu étais pendant l'agression.
- Je peux pas.
- Fais pas ça, tu donnes raison
à tout le monde. Sois plus fort que ça.
Prouve que tu n'es pas celui que tout le monde croit.
Donne-moi ce cutter.
Musique douce
Tu peux me faire confiance. Je lâcherai rien.
Sirène
Jonathan, cracke le téléphone portable de Cyril.
Je veux savoir où il était hier soir.
Musique à suspense
- Commandant, les nerveux me rendent nerveux.
Vous pouvez pas lâcher la tension ailleurs que derrière moi ?
- Non. - OK.
- Julie ?
T'as une minute ? - Ouais, pourquoi ?
- Tu peux me donner ton sentiment sur ce dossier ?
- C'est qui ?
- Un enfant dont on s'est occupés. Sa mère se faisait frapper
par son copain et disait rien. - Pourquoi tu me montres ça ?
- Jonathan est inquiet, il a raison.
Les enfants des femmes battues finissent battus aussi.
- Arrêtez de vous inquiéter.
Eliot part bientôt en vacances et tout va rentrer dans l'ordre.
- Parle au commandant, Julie. Il t'aidera.
- Il lui est arrivé quoi, à cet enfant ?
- Il est mort.
Tu me promets ? - Ouais.
- Oui ?
Musique intrigante
- Vous aviez raison, Cyril
était pas au chantier.
Il était chez son prof principal. Il y a passé la nuit, le signal
GPS n'a pas bougé.
- Cyril est hospitalisé en psychiatrie
parce qu'il avait des bouffées de violence
et des moments de confusion mentale.
Hier, il a fait le mur pour agresser son père.
- Impossible.
- Pourquoi c'est impossible ?
- Parce que Cyril était avec moi pendant toute la nuit.
Vous le saviez.
- Il a préféré aller en HP plutôt
que de dire ce qu'il se passait. Pourquoi ?
- Je suppose qu'il voulait me protéger.
Je suis homosexuel. Tout le monde le sait au lycée.
Cyril aussi, sans doute. Mais il ne peut pas se l'avouer.
- Vous êtes son professeur.
Vous devez garder vos distances avec vos élèves.
- C'est ce que je fais. - En passant la nuit avec Cyril ?
- En accueillant un élève en détresse, sans ambiguïté.
Je sais où est ma place.
- Je suis censé vous arrêter pour avoir accueilli un mineur ?
- Arrêtez-moi, ça changera rien.
Vous et moi, on essaie d'aider Cyril.
- Qu'est-ce qui me prouve qu'il a passé la nuit chez vous ?
Et qu'il se soit rien passé entre vous ?
- Ma soeur est sur Paris en ce moment et je l'héberge.
Elle pourra vous le dire. - Donc d'après vous, et je vais
vérifier si c'est vrai, ça veut dire qu'il y a quelqu'un
dans l'entourage de Cyril qui voudrait
le faire passer pour fou ?
Savez-vous qui ?
- Non, la seule chose qu'il m'ait dite d'étrange, c'est qu'il a
toujours senti que ses parents cachaient quelque chose sur lui.
Il y a 2 ans, il a découvert quoi.
- Et si Cyril avait raison ?
- Ca implique un complot avec beaucoup de personnes dedans.
- Son père qui a été attaqué.
L'employé municipal qui dit ne pas avoir vu le cambrioleur.
La petite Manon.
- 3 personnes et un témoin direct de la soi-disant folie de Cyril.
- Manon. - Je vais m'occuper d'elle.
- T'aurais dû écouter la juge. - C'est bon.
La priorité était de protéger Cyril.
Et on avait son père en garde à vue.
Va chercher la petite Manon. - OK.
- On fait sortir Cyril ?
- Exactement, et tu vas aller le chercher.
Musique pesante
Monsieur Aubin, bonjour.
- Bonjour.
A cause de vous, mon fils est en hôpital psychiatrique.
- J'en suis désolé. On va tout faire pour l'en sortir.
Mais je vais avoir
besoin de votre aide. - C'est ça.
- Votre fils aurait découvert quelque chose sur lui.
- Comme quoi ? - Quelque chose
que vous lui auriez caché.
- Je vois pas le rapport avec ce qui arrive.
- Vous pourriez m'en dire plus ?
- Catherine pouvait pas avoir d'enfants.
- Cyril a été adopté.
Il le sait ? - Non.
Elle voulait que je lui dise, on s'est engueulés.
J'ai refusé. - C'était il y a combien de temps ?
C'était il y a 2 ans ?
- C'était à l'anniversaire des 15 ans de Cyril, oui.
- Quand il a commencé ses crises de violence
et ses scarifications.
- Il a tout entendu.
- Voilà pourquoi il se fait autant de mal depuis 2 ans.
Musique sombre
Tu dessines bien.
Musique douce
Manon chantonne.
Dis-moi, j'ai une question un peu étrange à te poser.
Quand t'as dit à la juge que Cyril
t'avait fait mal parce que t'avais mal répondu
en anglais, tu t'en rappelles ?
Tu peux me dire ce qu'il s'est passé ?
- Il a poussé tous les livres qui étaient sur la table.
Et il m'a giflée. - Il t'a donné une gifle ?
T'es sûre qu'il t'a donné une gifle ?
La juge m'a dit qu'il t'avait
serré les bras.
Mais elle m'a pas dit qu'il t'avait donné une gifle.
- J'ai oublié. - T'as oublié ?
T'as oublié qu'il t'avait donné une gifle
ou t'as oublié de me le dire ?
- Les 2.
- T'es sûre de ce que tu me dis ? Tu racontes pas des histoires ?
Pourquoi t'as menti ?
- Il me l'a demandé. - Il ?
C'est qui, il ?
- Le monsieur qui coupait les arbres.
- Qui coupait les arbres ? - Qui était dehors.
En échange, il m'a donné des outils de jardinage.
- L'employé municipal qui travaillait devant les Aubin,
José Gomez, j'ai son pedigree. Y a pas grand-chose.
Pas fiché, pas de casier, il est clean.
- T'as le CV qu'il a envoyé à la mairie ?
- CAP agricole, toujours en stage depuis l'année
dernière et dans la même équipe. Une situation stable.
Vous cherchez quoi ? - Ca.
Il a 17 ans, comme Cyril.
Ca va, Julie ? - Ouais.
- T'es sûre ?
Je pourrai vous parler quand vous aurez un moment ?
- Professionnel ou personnel ? - Personnel.
- Bien sûr.
Musique pesante
Il y a quelqu'un ?
Il y a quelqu'un ? - Oui, c'est pour quoi ?
- Monsieur Gomez ? Bonjour.
Commandant Matteï, t'as 2 minutes ?
Eh !
Musique intrigante
Vibreur de téléphone portable
Oui, Jonathan ? *-J'ai creusé sur José Gomez.
C'est un gamin de l'ADAS.
Pas de parents connus, passé de foyer en foyer.
- Géolocalise son téléphone.
- Il vous obsède ? *-C'est l'agresseur de Cyril.
Cyril est en danger.
- Salut, Cyril. T'es un bon fils à papa qui répare les dégâts.
Mais t'aurais dû rester chez les fous.
- T'es qui, toi ? - Le vrai fils Aubin.
T'a volé mes parents et ma vie. - J'ai rien fait.
- C'est la vérité, c'est à cause d'une conne de l'ADAS.
J'aurais dû être leur fils, avoir ta putain de belle vie.
- Tu la crois comment, ma vie ?
Elle est pourrie, ma vie, pauvre con.
Mon père et ma mère me rendent dingue.
Tout le monde me prend pour un taré, tu veux ma vie ?
Prends là, ma vie ! Sers-toi !
Moi, je la fuis, ma vie.
- C'est fini, José.
- Je suis venu parler à mon père.
- Pierre Aubin n'est pas ton père. Je te comprends.
- Vous comprenez rien. Cassez-vous.
- Les Aubin t'ont choisi. C'est toi ?
- Mais une nana de l'ADAS a merdé mon dossier.
- Elle te l'a dit ? - Quand j'ai
cherché qui étaient mes parents.
Elle voulait se racheter.
Mais elle aurait dû se taire. - Calme-toi avec ce couteau !
Je comprends cette injustice. Mais Cyril n'y est pour rien.
C'est dur pour lui aussi. - J'ai plus rien.
- T'as tout l'avenir devant toi ! Gâche pas tout avec ce couteau.
On peut t'aider à te remettre sur les rails.
Lâche ça.
Musique sombre
Musique folk douce
Musique folk douce
Sous-titrage : BLUE ELEMENTS
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