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...
Elle rit.
-Waouh ! On dirait que t'as fait ça toute ta vie.
-Tu vas voir, c'est parfait pour se détendre.
-Tu viens de rentrer de vacances et t'as besoin de te détendre ?
C'est mon frère qui te fait cet effet ?
-Non, tout va bien, avec Antoine.
On a essayé et on a compris que ça marcherait pas. Mais ça va.
J'ai découvert ça au club, et ça fait un bien fou.
-OK.
J'essaye.
Euh...
-Ou pas. -Moyen.
Pas pour moi.
-Et si je mets la tête de Laurette sur la cible ?
-J'en suis pas là.
Mais depuis qu'elle a emménagé à côté de chez moi,
je me méfie un peu.
Elle veut reprendre ma vie en main. -Ca veut dire quoi ?
-Je sais pas. C'est pour ça que ça m'angoisse.
-Ben, ça te réussit !
Sonnerie de portable. -Oh, dingue... Attends.
Ouais, Antoine ? Ouais, ça va.
Où ça ?
OK. Bon, ben j'arrive. A tout'. Ouais. Bises.
-Un mort ?
-Ils ont retrouvé un corps dans un château abandonné.
-OK. -J'y vais.
-Tu pars comme ça ?
-Je me changerai après. Merci, monsieur.
...
-On a cru que c'était le proprio.
-Truc de ouf.
-Pourquoi être venus ici ?
-On partage les infos sur un forum entre fans d'urbex.
Vous avez la réf ?
-Exploration urbaine, oui.
-On s'attendait pas à voir un cadavre.
-Truc de ouf.
-Vous avez filmé ?
-Oui, jusqu'à ce qu'on voie le corps.
On peut vous filer nos rushs, mais on aimerait les récupérer.
-Pour les poster ?
-Oui, mais pas pour du putaclic.
-Donnez-moi ça.
C'est une pièce à conviction.
Vous ne posterez pas ça.
-On n'aurait jamais dû vous appeler.
-Vous n'avez pas tué pour quelques followers de plus ?
-On n'a rien fait.
Vous pouvez garder nos rushs. -C'est ce qui me semblait.
Robert, tu me les gardes au chaud.
Elle crie. -T'es con, tu m'as fait peur.
-Excuse-moi. Alors, nouveau style ?
-Diane a voulu me faire découvrir le tir à l'arc.
-Elle est pas trop déprimée par notre rupture ?
-Elle a l'air au fond du gouffre. Klaxon.
-Salut, frère !
-C'est ton nouveau Pincé ?
-C'est juste un remplacement,
le temps de ses congés avec Ludivine. Je l'ai rencontré hier.
On n'a pas encore eu le temps d'échanger.
Il est en retard, déjà. -Oui.
-Sympa, ta scène de crime.
-Oui, c'est pas moi qui ai choisi.
-Bonjour. Alexandra Ehle, médecin légiste.
-Guillaume Lejeune.
Tu peux m'appeler Guillaume.
-Tu peux me tutoyer, si tu veux. -C'est plus simple.
-Enchantée, Guillaume. Tu commences tout juste, alors ?
-Ca fait 20 ans que je suis dans la maison,
mais je déteste la routine, me poser.
-Donc tu fais des remplacements. -Comme ça, je garde ma liberté.
Ma liberté de penser.
-Bon, on y va ?
-Oui, chef.
Bouh ! Elle halète.
Il rit. -C'est malin.
-C'est comme si tout avait été abandonné.
Il y a plein de choses. -On se croirait dans un film.
-Voilà.
-C'est fascinant.
-Waouh !
-Mais...
C'est comme si l'eau était encore chaude.
-C'est lui qui a été refroidi.
-Julien Méchineaud, VRP chez Laporte.
Un commercial. J'ai une autre carte ici.
Un club de sport, au nom de...
Julien de Vallerive.
Méchineaud, de Vallerive...
-Tiens, il a une chevalière. -Ah, un aristo.
Stylé !
-Moi, je dirais que la mort remonte à hier,
en fin d'après-midi,
mais la température
du haut du corps semble plus fraîche que le reste.
Regarde.
-Oui, il y a une différence de température.
-Le refroidissement naturel du corps
suit une courbe prédictible.
Ca s'appelle l'"algor mortis".
Alors que là,
toute la zone du coeur
est beaucoup plus froide,
comme si elle avait été refroidie artificiellement.
-J'ai rien capté.
-Le coeur aurait été congelé.
-Comme les poissons panés ?
-Oui. -Non, mais,
c'est dingue !
Pourquoi une telle mise en scène ? Il toussote.
-M. de Malvert ?
-Oui. -Alex,
on te laisse travailler. -OK.
-Vous voulez bien me suivre ?
Vous saviez que votre château servait
de lieu d'exploration pour les fans d'urbex ?
-Les petits cons qui entrent illégalement chez moi ?
J'ai pas les moyens de me payer un service de sécurité.
-Oui, c'est reuch. -Le château doit être détruit
dans les prochaines semaines.
-Julien de Vallerive ou Méchineaud, ça vous dit quelque chose ?
-Julien de Vallerive ? Il se fait appeler comme ça ?
C'est le roturier que Marie de Vallerive a épousé.
De Vallerive, c'est le nom de sa femme.
Pourquoi ?
-C'est lui, le mort.
-J'y suis pour rien.
Je le connais pas. -Vous avez l'air d'avoir le seum.
-Le ?
-Ca a l'air de vous embêter. -Pas du tout.
J'ai juste trouvé dommage qu'elle perde sa particule.
-Où étiez-vous, hier après-midi ? -A une compétition de polo.
J'ai même gagné le premier prix.
J'y ai passé la journée et le début de la soirée.
-Bien.
-Ils sont golri, ces aristos !
"Et mon château, et ma particule, et mon match de polo..."
-Vous pourrez vérifier ? -Quoi ?
-Son alibi. -Ah oui.
On bouge chez la petite de Vallerive ?
-Marie de Vallerive.
-J'ai hâte de voir comment elle est.
-On va lui annoncer
la mort de son mari.
-Tu crois que ça va le faire ? -J'ai des doutes.
Il parle n'importe comment.
Oublie pas Iggy. C'est son 1er jour de stage.
-Je passe me changer et je la retrouve à l'IML.
J'ai trop hâte.
-Tu t'occupes bien d'elle, hein ! -Bien sûr. Pour qui tu me prends ?
...
Laurette...
Elle frappe puis sonne.
-Ah, c'est toi ? -Oui.
-Ah, merci, monsieur.
Je vous tiens au courant.
-Il s'agirait pas de... -Non. Merci ! A bientôt !
A bientôt ! -Au revoir.
-C'est qui, lui ?
-Un artisan. Je refais la cuisine.
-Ah bon ? Tu refais ta cuisine ?
-Oui. Tu es venue pour me parler travaux ?
-Non, je veux savoir où sont mes affaires.
-A la benne. Je m'en suis débarrassée.
-C'est une blague ? Ma déco te plaisait pas ?
-On aurait dit un vide-greniers.
-Je ne veux pas vivre dans une maison témoin.
Je me sens bien dans ma maison, comme elle est.
Arrête de venir chez moi.
Rends-moi mes clés.
-Voilà.
-Merci.
C'est qui, celui-là ?
Tu fais un casting
d'artisans ou quoi ?
-Je vais pas employer le premier venu. Allez, laisse-moi.
-OK, mais t'arrêtes de toucher à mes affaires.
Merci !
-Et tiens-toi droite !
-Alors, vous avez fait connaissance ?
-Hm.
-ggy.
-Enchantée.
-Qui aurait cru que tu te retrouverais à l'IML ?
On bosse avec les flics, tu sais ? -Oui, je sais.
C'est bien, de combattre l'ennemi de l'intérieur.
Et puis, ici,
y a pas de risque de violences policières.
-On va te bichonner pour que tu n'aies plus envie de partir.
-Il dit pas grand-chose, le Julien.
-Détrompe-toi. Regarde.
On a les marques
de strangulation autour du cou.
Et ça, c'est quoi ?
Ca... c'est probablement
un fil de Nylon qui a servi pour la strangulation.
-Un fil de Nylon comme une corde de guitare ?
-Oui, ou un fil de pêche ou un fil de couture.
J'envoie ça au labo.
La rigidité cadavérique indique
que le décès s'est produit il y a une quinzaine d'heures.
Les lividités "post mortem" sont bien marquées,
avec une coloration violacée et une fixation partielle,
ce qui voudrait dire que la mort est survenue entre 17h et 19h,
la veille.
Mais qu'est-ce que c'est, ça ?
Mais...
Regarde.
C'est comme une fibre.
Ca, je l'envoie au labo aussi.
Et là... -Quoi ?
-Y a une petite trace de piqûre.
Et y a comme une croûte
qui se forme autour de la plaie. On lui aurait injecté
quelque chose dans le coeur.
De l'azote liquide.
-On lui a congelé le coeur ? Pourquoi ?
-Ca, c'est à ton père de le découvrir.
Moi, je dois seulement savoir si on lui a fait ça
après ou avant sa mort.
-Trop bien.
-Elle crèche là, la mère de Vallerive ?
-Marie de Vallerive.
Il sonne.
-Bonjour. -Bonjour, madame.
Marie de Vallerive ?
-Marie Méchineaud, mais je suis née de Vallerive.
-Commandant Doisneau, PJ de Bordeaux.
J'ai quelque chose de délicat à vous dire. On peut entrer ?
-Vous pouvez le faire là.
-J'ai le regret de vous annoncer qu'on a découvert le corps sans vie
de votre mari, ce matin.
Nous avons des raisons de croire qu'il s'agit d'un acte criminel.
Elle sanglote.
-Excusez-moi.
-Hé ! Bonjour, la nouvelle
médecin légiste.
-Je n'ai pas encore de spécialité. -Tu voulais juste te rapprocher
de papa. -T'as tout compris.
-C'est marrant, ça.
Julien a été circoncis, et la cicatrice
semble récente.
Pourtant, il portait une croix genre catholique.
-Aujourd'hui, beaucoup d'hommes se font circoncire pour l'hygiène.
-Ils feraient mieux d'apprendre à s'en servir !
-Sinon, tu as raison,
pas de problème de dos.
Rien sur les lombaires, pas de tassement.
-Pourquoi t'avais raison ?
-Parce qu'il a l'air assez athlétique.
Il a des tablettes de chocolat. -Effectivement.
-Ses ongles, ses cheveux sont impeccables.
-Il était obsédé par son apparence, mais quel rapport avec son dos ?
-Souvent, les commerciaux ont des problèmes de dos,
car ils font beaucoup de route.
-Mais là, il n'a pas de problèmes de dos.
-Donc il était pas commercial ? -C'est la question.
Ca te dirait, un petit exercice pratique ?
-Bon, allez-y.
Je vais surveiller les analyses du bol alimentaire et des cheveux.
-Tu es parfaite. -Oui.
-On va où ?
-Votre époux portait une chevalière. C'était la vôtre ?
-Euh... oui, oui.
J'en ai hérité, mais je ne la portais pas.
Julien était d'un autre milieu. Pour lui, ça comptait beaucoup.
Il était orphelin.
Il aimait l'idée d'appartenir à une grande famille.
Et il le faisait par amour pour moi.
-Lourd, le mariage. Y avait du beau monde.
-Depuis combien de temps étiez-vous mariés ?
-On s'est connus il y a 10 ans.
On s'est mariés presque tout de suite.
C'était un coup de foudre.
Ma famille n'était pas ravie que j'épouse un commercial,
mais moi, je m'en fichais. J'étais un peu
plus âgée que lui.
Il aimait cette idée.
-Et vos enfants, ils sont pas photogéniques ?
-Nous n'avons pas eu
d'enfants, par choix.
Julien, à cause
de son histoire personnelle, et moi, ça m'allait.
On se suffisait à nous-mêmes.
-J'avoue.
-Euh... Il n'est pas rentré de la nuit.
Ca ne vous a pas inquiétée ?
Pourquoi ne pas avoir signalé sa disparition ?
-Il était commercial pour une boîte de portes et de fenêtres.
Il était sur les routes,
il s'absentait souvent.
Il n'y avait rien d'inquiétant. Cliquetis.
Vous pouvez arrêter
de toucher à tout ? Ce vase a beaucoup de valeur.
-Oups.
-Excusez-nous.
Pensez-vous que Julien avait des ennemis ?
-Des ennemis ? Mais enfin !
Non, c'était un homme calme,
qui aimait les soirées au coin du feu.
C'était un homme assez solitaire.
Si, il y a eu un accrochage, il y a quelques années,
avec un certain Kevin.
Non.
Pas Kevin.
Mickaël quelque chose.
Ils avaient essayé de s'associer pour monter une boîte,
et Mickaël l'avait escroqué,
lui avait pris ses économies.
Je l'ai aidé à se relever.
-Sympa.
-Je dois vous demander ce que vous faisiez,
hier, entre 17h et 19h.
-J'étais chez moi.
Une dizaine de personnes peut en témoigner.
J'étais en visioconférence
avec une agence qui gère un immeuble dont je suis propriétaire.
C'est enregistré. Vous pouvez demander les images.
-Bien sûr.
-Ecoute, on fait comme ça. Bonjour.
Vous venez faire un contrôle ? L'URSSAF ne m'a pas prévenu.
-On ne prend pas rendez-vous, quand il s'agit d'une plainte.
-Une plainte ? -On a reçu une dénonciation
concernant des pratiques de travail dissimulé
et des fraudes aux avantages sociaux.
-Vous employez des sans-papiers que vous ne déclarez pas.
-Hein ?
-Ma collègue. -Domitille Prieur.
C'est pas joli, ça.
Vous exploitez des gens.
-Jamais de la vie. Venez par ici.
-Oh, je vois ici des frais de repas conséquents.
Vous masquez une partie
du salaire de vos employés pour éviter de payer les charges.
-Non, j'augmente l'enveloppe de mes commerciaux
pour qu'ils se fassent plaisir. -Et vous les payez au lance-pierre.
-Non. Tous les ans, on renégocie leur rémunération.
Personne ne se plaint. -Vous êtes dans une relation
dominant-dominés. -Ca suffit.
Qui a déposé plainte ?
-Julien Méchineaud, un de vos employés
qui nous a tout raconté.
-Je connais pas de Julien Méchineaud.
-Mais... vous êtes sûr ?
C'est même pas un de vos anciens salariés ?
-Vous pouvez vérifier. On est une entreprise familiale.
Je m'en rappellerais. -Ah, désolée.
Peut-être est-ce une erreur. Merci pour votre accueil.
-Une entreprise familiale ?
Le chauffeur, sur le parking, c'est votre cousin ?
Véhicule de fonction
utilisé à titre privé. Je note.
Je serais pas étonnée
que la femme de ménage vous serve d'employée de maison.
C'est de l'esclavage !
C'est puni par la loi !
C'était trop bien. -Le pauvre, il a rien compris.
-Il a sûrement des trucs à se reprocher.
-Les patrons sont pas tous d'horribles capitalistes.
Toi, t'es faite pour ça. Tu devrais faire du théâtre.
-C'est moins drôle, si c'est écrit. Si c'est ça, la médecine légale,
je signe direct. -N'en parle pas à ton père.
-Hm. -Donc...
Julien mentait sur son job. Il n'était pas VRP.
-Peut-être qu'il était espion pour la DGSI, ou mafieux.
-Il s'est fait faire des fausses cartes de visite.
Il avait peut-être honte d'être au chômage.
-Non, ce Méchineaud n'est pas un de mes employés.
-Vous êtes sûr ? -Je suis certain.
Deux agentes de l'URSSAF sont passées pour m'interroger sur lui.
-Deux agentes ?
-Oui, et j'ai jamais eu personne de ce nom-là.
-Le mytho,
le Julien ! -Je comprends pas.
On a trouvé sur lui une carte de visite
avec votre logo.
Ce visage ne vous dit rien ? -Attendez.
Ah, mais si ! Il est passé il y a environ un an
pour régler des comptes avec un de nos employés.
-Je peux avoir le nom de cet employé ?
Il s'appelle Mickaël ? -Oui, Mickaël Sanchez.
-Mickaël Sanchez... -Oui.
-On a des questions à vous poser.
-Euh, oui.
J'ai pas trop le temps. -On sera pas longs.
Vous connaissez cet homme ?
-Il a fait quoi, encore, cette ordure ?
-Le mec est "dead". -Hein ?
Il est mort ? -On a découvert son corps ce matin.
Il a été assassiné. -Ca devait finir par arriver.
Il arnaque les gens.
-D'après sa femme, c'est vous qui l'avez arnaqué.
-Non, c'est l'inverse.
Il m'a entubé de 20 000 euros.
-Waouh ! -On avait monté une boîte de taxis.
Je connaissais pas mal de mecs habitués à rouler.
Julien, lui, c'était la clientèle.
Au début, ça roulait, il était convaincant.
Mais j'ai vu un trou dans nos comptes, et on s'est embrouillés.
-Moi aussi, j'aurais pété un câble.
-Ouais. Mais c'est pas moi.
Même si sa mort m'attriste pas beaucoup.
J'étais en Pologne toute la semaine pour le travail.
-J'ai votre numéro. Vous pouvez rester joignable ?
-Bien sûr.
Bonne journée. Au revoir.
-Tu vas pas l'étudier ? -Pas encore.
Si on le découpe alors qu'il est encore gelé,
on risque de détruire des indices.
On va le laisser reposer tranquille en chambre froide,
et on découpe après. -OK.
-A part sa femme, on connaît rien de la victime.
-La daronne gagne à être connue. -Il partait pour quelques jours
et il a arnaqué Mickaël Sanchez. Vous vérifierez son alibi ?
-De qui ? -De Mickaël Sanchez.
-Ah oui !
-Hé... coucou !
Alors, ces vacances ?
-Parfait ! Ca m'a fait un bien fou, vu que j'étais au bord du suicide,
après notre rupture.
-Ah, Perdon, je te présente
Guillaume Lejeune. -Ah, c'est ton nouveau Pincé.
-On peut dire ça comme ça. -Madame...
-Hé, viens là, toi.
C'est quoi, cette histoire d'URSSAF ?
-Hein ?
Je sais pas de quoi tu parles. -Tu n'es que stagiaire, ici.
C'est pas parce que ta tante te dit de sauter d'un pont
qu'il faut le faire avec elle. -Tout de suite les grands mots !
-Donc c'est confirmé,
il était pas commercial.
-Il était pas commercial et il avait aussi menti à sa femme
en disant s'être fait escroquer.
C'était lui, l'arnaqueur.
-Tout est "fake". -Il passait ses journées
à la salle de sport. -On va vérifier
avec son club.
On est loin de l'ange parfait
décrit par sa femme. -Il avait son alliance avec lui ?
-Oui, elle est dans les scellés.
Pourquoi ?
-Y a pas de traces de bronzage sur l'annulaire.
Il devait pas la porter souvent,
contrairement à sa chevalière. -Ce qui veut dire
qu'il était pas fidèle.
-Donc il faisait aussi du sport en chambre.
C'est pas la pomme la plus fraîche du panier,
la vieille de Vallerive. -Perdon ?
-Sinon,
le bol alimentaire était vide. Il avait rien mangé de la journée.
J'attends l'analyse des cheveux. -Vide ?
Ca épaissit encore plus le mystère. Qu'a-t-il pu faire de sa journée ?
-Il a peut-être été kidnappé
avant d'avoir été tué.
-La clé, c'est son emploi du temps. Tu as avancé sur le coeur ?
-Il décongèle.
-Tiens-moi au courant.
-Attends, frère, c'est l'heure du déjeuner. Invitons ces dames.
-Je suis pas votre frère.
-Alors, merci,
mais non merci. On a un dossier...
-Un dossier. -A étudier.
-Oui. -Tant pis.
-Bon appétit ! -Bon app'
-Egalement.
-Merci.
C'était embarrassant, non ? -Tellement lourd !
Et sa manière de parler, c'est cramé. Je plains mon père.
"Wesh." -Moi, je le trouve sympa.
-HEIN ?
-"Pas la pomme la plus fraîche du panier."
-"Du sport en chambre". -Tu trouves ça élégant ?
-Les mecs avec une moumoute, ils ont un truc à cacher.
-Quoi ? -Une moumoute ?
-Ben, vous avez pas vu ? Elle rit.
Le mec a peur de vieillir, donc il cache sa calvitie.
- -C'est pire.
Elle rit.
-Maintenant que tu le dis...
*-
*
* -En fait,
c'est pas un IML que t'as, c'est un harem.
Tu te mets bien, hein ?
Déjà, la blonde, elle est fraîche, mais la black...
Un avion de chasse.
-Alors, d'abord, la blonde, c'est ma soeur.
Et "black", ça ne se dit pas. Elle a un prénom.
-Ah, je vois le genre. Y a dossier. Y a sujet.
-On peut se concentrer sur notre enquête ?
Les images d'urbex ne donnent rien.
Vous avez vérifié l'alibi de Mickaël ?
-Oui, je l'ai fait.
Et non, y a R. Il a pas d'alibi.
-Fallait le dire plus tôt.
-Je comprends pas ce que je fais là.
-Quels étaient vos rapports avec la victime
après votre altercation ?
-Je vous ai tout dit.
C'était une ordure, il m'a escroqué,
et je l'ai pas tué. J'étais pas en France.
-Votre alibi n'a pas été confirmé. Vous aviez un bon mobile
pour tuer Julien.
-J'ai un alibi. J'ai gardé les factures.
-Les factures, ça se trafique. -Ben, alors, mon portable,
vous l'avez bien géolocalisé, non ?
Et mon relevé de télépéage ?
Rire nerveux. Vérifiez, putain !
Faites votre job !
-Je comprends pas, il a l'air sincère.
Vous êtes sûr que son téléphone a pas borné là-bas ?
-J'ai pas vérifié,
mais j'ai appelé sa boîte et j'ai sympathisé avec la secrétaire.
-Vous vous rendez compte qu'on l'a arrêté pour rien ?
-Tu sais, au fond, je te comprends.
Moi aussi, j'aimerais vivre une autre vie.
Plus de Laurette et toutes ses conneries.
Ben, oui, c'est elle qui m'a faite. Enfin, je crois.
Quelqu'un toussote.
-J'ai les analyses de cheveux. Diane vient de me les donner.
Tu parlais toute seule. -Non, je faisais un récap.
Il manque le dossier médical, mais j'ai fait la demande.
-OK. Merci.
C'est bien ce que je pensais.
Julien a été drogué avant d'être étranglé.
-A quoi ? -A la kétamine.
C'est un anesthésiant pour chevaux, mais son usage est détourné.
-A la fac, y en a pas mal qui en prennent.
-C'est n'importe quoi.
En plus, c'est hyper dangereux.
Tiens, ben, justement,
Julien devait faire pareil.
En plus de la dose qu'il avait dans le sang
et qui pourrait être une soumission chimique,
y a des traces plus anciennes
qui suggèrent des consommations occasionnelles.
-Donc Julien se droguait parfois
pour faire la fête ?
Sa femme a dit qu'il était plutôt calme.
-Oui, c'est bizarre.
-Les fibres retrouvées dans ses cheveux viennent d'un tapis
en velours synthétique.
-Y avait pas de tapis sur la scène de crime.
-Peut-être qu'il a été kidnappé ailleurs.
Si on trouve le tapis, peut-être qu'on trouve
le meurtrier. -Oui, peut-être.
Oui.
-Au fait, j'ai eu son club de sport.
Il ne vient plus depuis 4 jours.
-Depuis 4 jours ? Il doit y avoir une raison.
J'ai pas vu de mouvements spéciaux sur son compte.
Mais il menait la grande vie.
Hôtels, restaurants, vêtements de luxe.
Il se refusait rien.
-Mais avec quelle oseille ?
-Sa femme lui faisait des versements.
-Donc c'était un michto. Mais elle était au courant, alors ?
-S'il faisait ses dépenses avec elle, ce qui m'étonnerait.
Tu me photocopies ça ? -Oui.
-Vous avez avancé
sur ses réseaux sociaux ?
C'était quoi, ça ? Le rapport avec la victime ?
-Comme c'était un charo, elles ont peut-être des infos.
Sinon, j'ai été voir
sur ses réseaux sociaux, et y a juste des photos
avec sa femme en mode relou.
-Essayez "Julien de Vallerive".
-Y a un compte,
mais privé.
-Demandez à y avoir accès.
-Vous voulez des enfants ? -Oui.
Dans l'idéal, deux.
-Ca vous dérange si la mère travaille ?
-Pas particulièrement.
-Même si elle fait un métier d'homme un peu glauque ?
-C'est-à-dire ?
-Travailler avec des cadavres. -Comme des pompes funèbres ?
-Oui, c'est à peu près ça.
-Si elle se lave bien les mains avant de rentrer, ça va.
-Les femmes
un peu excentriques, ça vous plaît ?
-J'aime les femmes avec du caractère.
-Là, vous serez servi.
Ils rient.
Vous savez réparer les chaudières ?
-Euh... oui.
Je ne vois pas le rapport avec l'annonce.
-L'annonce proposait de rencontrer une jeune femme de 40 ans,
au physique commun mais agréable.
-C'est ça.
-La voilà. Je vous ai pas menti.
-Non. Ils rient.
-Je ne peux pas vous faire passer à la prochaine étape
sans connaître vos goûts. Barbecue au gaz ou charbon ?
-Euh, charbon. Clochette.
-Vous avez un Livret A ? -Oui.
-Vous dormez de quel côté ? -Euh... droit.
Clochette.
-Slip ou caleçon ? -Caleçon.
-Thé ou café ? -Café.
-Viande ou poisson ? -Poisson.
-Eau pétillante ou plate ? -Pétillante.
-Vin rouge ou blanc ? -Rouge.
Clochette.
-Alors, la dernière et la plus importante...
Vous appréciez votre maman ?
-Oui, je m'entendais bien avec elle, mais elle est décédée.
-Oh... Super, ça !
Deux bonnes réponses en une !
C'est un sans-faute !
Clochette.
-Voilà. Là, c'est mieux.
Mais...
ma pizza ?
Elle soupire.
Heureusement que j'ai repris mes clés.
...
Il crie.
-Sortez de chez moi.
Ras le bol de ces conneries d'urbex.
J'appelle la police.
-Je fais partie de la police. Inspectrice Bodujon.
-Je peux voir votre carte ?
-Oui. Euh... Je l'ai oubliée.
-J'appelle vos collègues.
-Appelez pas le commandant Doisneau !
Il a une dent contre moi depuis que j'ai résolu
une de ses enquêtes. Un vrai aigri.
-Qu'est-ce qui t'a pris ?
-Je voulais voir s'il y avait un tapis.
-Et s'il avait appelé ton père ?
-De toute façon, il va être détruit, ce château.
Avoue que c'est chelou.
Le mec mentait sur son job, sur son nom.
Il a été retrouvé étranglé,
le coeur congelé, le ventre vide, dans un château abandonné,
des fils de tapis dans les cheveux. -C'est pas ramadan, en ce moment ?
-Si, pourquoi ? -Mais...
Les fils de tapis, le ventre vide, la circoncision et le ramadan !
-Tu penses que... -Et si Julien était musulman ?
-Ca va, Martine ? -Bonjour.
-Ca va ? Déjà au taf ?
-On a un crime à résoudre et on n'a toujours pas de suspect.
-Des news ? -Oui.
J'ai pu accéder au compte privé de Julien.
Ca correspond à ses dépenses.
Regardez.
Guillaume siffle.
-"Fast life."
-Ca nous avance pas beaucoup. Il est seul sur les photos
et il a désactivé les commentaires.
Il faut qu'on étudie les profils qu'il suivait. Beaucoup de femmes.
L'une d'elles doit être sa maîtresse.
Ca vous dérange pas de vous y coller ?
-Non.
S'il le faut, je me sacrifie pour la team, frère.
-Je suis pas votre frère.
Sonnerie de portable.
Alors ? Du nouveau ? *-Tu vas pas le croire.
Julien était peut-être musulman.
-Il s'était marié à l'église, non ?
-Oui, mais il avait le ventre vide,
des fils de tapis dans les cheveux, et il était circoncis.
C'est une hypothèse, mais ça semble très probable.
-Ca expliquerait pourquoi il n'a pas fait de sport
depuis 4 jours, depuis le début du ramadan.
On va réinterroger Marie de Vallerive
pour voir ce qu'elle savait du train de vie son mari.
-OK. On se tient au courant. *-Bien sûr.
Hé...
-Messieurs, s'il vous plaît.
Est-ce que vous avez du nouveau ? -Oui. Enfin, non.
Vous nous avez dit que votre mari travaillait
comme commercial chez Laporte et qu'il s'absentait pour ça.
Mais apparemment... -Il vous a menti.
Il a jamais bossé là-bas. Bim !
-De quoi parle-t-il ?
-C'est vrai. On a vérifié, et personne ne le connaît là-bas,
à part un certain Mickaël Sanchez,
avec qui il avait eu un différend sur un projet d'entreprise.
-C'est Julien qui l'avait carotte. -"Carotte" ?
-Oui,
enfumé.
-C'est pas possible. Julien ne m'aurait pas menti.
-On a besoin de savoir ce qu'il faisait de ses journées
pour comprendre ce qui lui est arrivé.
Il dépensait beaucoup,
et pour l'aider, vous lui versiez de l'argent.
-Oui, je l'aidais après sa faillite.
C'est normal, entre époux.
Et d'ailleurs, il avait
un train de vie raisonnable.
-Depuis quand il s'était converti à l'islam ?
-A l'islam ? Qu'est-ce que vous racontez ?
-Pourquoi il était circoncis ?
-Il avait vu un documentaire sur la circoncision
qui lui avait plu.
Ca se pratique
de plus en plus.
Ce n'est pas le seul.
-Il n'avait rien mangé, le jour de sa mort.
Il ne faisait pas le ramadan ?
-C'est n'importe quoi. Je vais vous raccompagner.
Messieurs...
...
-Excusez-moi, vous connaissez cet homme ?
-Non.
-Mesdames, vous connaissez cet homme ?
Vous connaissez cet homme ?
Vous le connaissez pas ?
Est-ce que vous connaissez cet homme ?
-Euh, non.
-Non.
-(C'est parfait. Je vais te confier ça.)
-Salam Aleykoum. -Aleykoum salam.
Comment puis-je vous aider ? -J'ai une question à vous poser.
J'espère que vous pourrez me répondre.
-Bien sûr. De quoi s'agit-il ?
-Il y a un frère que je considère sérieusement pour le mariage.
-Hamdulilah.
Le mariage est un bel engagement.
-Mais, avant d'aller plus loin,
j'aimerais être sûre que c'est un bon musulman.
Et je me suis dit
que, peut-être, vous l'avez déjà vu.
-Bien sûr que je le reconnais. Je l'ai aidé à faire sa "chahada".
Sa profession de foi.
-Donc il est musulman. -Oui, il est musulman.
Il t'a demandée en mariage ? -Oui.
-C'est impossible.
Tu ne confonds pas ?
-Il s'appelle bien Julien ? -Oui.
Tu ne peux pas convoiter le mari d'une autre.
-Il est marié ? -Oui.
Je l'ai marié l'année dernière à Nour Daouda.
-Il est marié à Nour Daouda ? -Oui, la dentiste.
Une soeur très respectée de notre communauté.
Allah nous commande de respecter les liens sacrés du mariage.
-Oui, mon père.
Enfin, mon frère. Je ne convoiterai pas.
Merci beaucoup. Merci. Vraiment, merci.
Tu te rends compte ?
C'est pas une maîtresse qu'il avait, c'est une 2e épouse !
-Comment il a fait ? -Avec Nour Daouda,
il s'est pas marié à la mairie. C'était un mariage religieux.
-Donc Julien mentait sur son nom, son job, sa religion
et sur ses mariages.
-Et on n'est pas à l'abri de nouvelles découvertes.
-Je vais interroger cette Nour.
Elle aura sûrement des choses à nous dire.
-OK.
-Commandant, Mme Daouda est là.
-Bonjour, madame. -Vous avez demandé à me voir ?
-Oui. Merci d'être venue. Commandant Doisneau.
Et mon collègue, Guillaume Lejeune. -Madame...
-On a quelque chose de délicat à vous annoncer.
-Je vous écoute.
-Il s'agit de votre mari.
On a découvert son corps sans vie
dans un château abandonné.
Il a été étranglé.
-C'est une plaisanterie ?
-Malheureusement, non.
-Franchement, moi, je vous l'aurais pas annoncé comme ça.
-Il doit y avoir une erreur.
J'ai eu mon mari avant-hier, il allait très bien.
Je vais l'appeler, vous verrez.
*-Bonjour, vous êtes sur le répondeur de Julien.
*Laissez un message.
-Julien, c'est moi. Rappelle-moi, s'il te plaît.
Il m'arrive quelque chose de bizarre.
-Je suis désolé,
mais son téléphone est sous scellés.
-J'ai enfin le dossier médical
de Julien.
Et ta commande spéciale.
-Oh...
-T'es en manque ?
-Exactement.
J'ai besoin d'un shoot de chocolat.
Tu dis rien à Laurette. -Non, elle serait capable
de te l'arracher des mains.
-Hm... C'est tellement bon.
Prends-en un. -Non, merci.
La culture du cacao, c'est la 3e cause
de déforestation mondiale.
-T'es pire que Laurette, toi.
Attends. C'est dingue, là. -Quoi ?
-Julien venait de faire un don de moelle osseuse
à une certaine Mélanie Dubois.
-Non...
-Me dis pas qu'il y a une 3e femme.
-Etranglé, je comprends pas.
Personne voudrait faire de mal à Julien.
Tout le monde l'adore.
-Vous n'aviez pas remarqué sa disparition ?
-Il est commercial, tout le temps sur la route.
Et moi aussi, je travaille beaucoup.
On se voit pas souvent,
et quand on se voit, on en profite. -J'imagine.
-Ca veut dire quoi ? Restaurants, hôtels de luxe ?
-Oui, ça peut nous arriver.
Julien a eu une enfance difficile.
Les belles choses, c'est sa revanche sur la vie.
-Aviez-vous l'habitude de faire la fête ?
Julien se lâchait ? -La fête ? Non.
C'est quelqu'un de très sociable, alors, oui,
on va à des dîners, des réceptions, mais ça s'arrête là. Il boit pas.
-Un petit bédo de temps en temps. -Perdon ?
Julien respecte les principes de l'islam.
-C'est un très bon mari.
-Faut le dire vite. -Que voulez-vous dire ?
-Julien était marié à une autre femme depuis 10 ans.
Une certaine Marie de Vallerive.
-Ca devient grotesque. Je souhaiterais partir.
-Je comprends.
Voici ma carte. N'hésitez pas. On vous recontactera.
Vous pouvez pas être lourd comme ça avec les témoins.
-Vas-y, je les fais bouger.
Toi, tu prends trop de pincettes. -On n'a même pas son alibi.
-Je vais le gérer, son alibi.
-Comme pour Mickaël ?
-Oh là là, l'ambiance, merci !
-C'est dingue. On avance d'un côté, on recule de l'autre.
-Et son coeur nous a pas encore tout révélé.
-Rien ne dit que Mélanie Dubois était sa maîtresse.
C'est déjà compliqué de vivre une double vie, mais une triple...
Y en a une qui a voulu se venger.
Marie a un alibi, on a vérifié.
Nour Daouda aussi. Elle était à un congrès de dentistes.
-Mélanie Dubois n'était peut-être pas sa maîtresse,
mais c'était quelqu'un d'important pour lui.
Il lui a fait un don
de moelle osseuse. -Elle, je l'interroge demain.
-T'as l'air épuisé. T'es sûr que ça va ?
-Non, c'est ce Guillaume. Je peux plus l'encadrer.
-Oh, merde.
-T'inquiète, ça va aller.
-Antoine ? Antoine !
Ben, alors ! Tu passes sans dire bonjour ?
T'as peur de retomber sous mon charme ?
-C'est exactement ça.
Je garde mes distances, sinon c'est trop dur.
-Je sais, je suis irrésistible.
-Désolé, j'ai la tête ailleurs.
-Ca a pas l'air d'aller fort.
C'est Guillaume ?
-Je cherche un moyen de m'en débarrasser.
-Creuse, tu vas voir, y a quelque chose à trouver.
-T'as raison, frère !
-J'avoue !
-Enfin, cette façon de parler ! On dirait un ado attardé.
-J'ai peut-être une info qui va te détendre.
Ton ado attardé a une moumoute.
-Mais non. -Si. Il veut faire jeune,
et comme il assume pas sa calvitie,
il porte une moumoute. -Mais...
Il rit.
-Oui, il avait l'air
au bout de sa vie ! *-Tu t'imagines,
*supporter un mec aussi lourd toute la journée ?
-Pourquoi tu crois que je bosse
avec les morts ? *-Sympa pour moi.
-Je dis ça comme ça ! *-J'ai compris.
*T'es bientôt prête ? Je veux pas attendre seule au bar.
-Tu resterais pas toute seule au bar.
*-Je veux pas rencontrer un mec. -Antoine t'a traumatisée.
*-Non, arrête avec ça. Mais, justement,
*si ça n'a pas marché avec Antoine, c'est que j'ai besoin d'une pause.
*Propos indistincts.
*Hé, ho, je te parle. Qu'est-ce qui se passe ?
*Bon, tu viens ou pas ?
-Pas mal ! Pas mal du tout !
Sur les petits plis, là.
-Bon, ça suffit, maintenant.
Où sont mes fringues ? -Je les ai jetées.
-D'où tu fais un truc pareil ?
-Il te faut une garde-robe digne de ton âge.
-Tu te prends pour qui ? Et c'est qui, lui ?
-Je te présente Arnaud, l'homme de ta vie.
-Bonjour. -Quoi ?
-Arnaud, ma fille Alexandra.
-Enchanté.
Votre mère m'a beaucoup parlé de vous.
-Tu délires !
-Je vous avais prévenu, elle est soupe au lait.
Elle tient ça de son père.
Arnaud est parfait pour toi.
Regarde, il sait même repasser. -Tous les hommes
qui défilaient, c'était pas pour ta cuisine, en fait.
-Tu as vu les sacrifices que j'ai faits
pour te trouver un mari ?
Ne me remercie pas, surtout.
Je n'ai fait que mon travail de mère.
-C'est pire que ce que je pensais.
Evidemment, ça marchera pas. C'est une erreur.
-Mais... -Ah, ben non !
-Et voilà !
Encore une réaction égoïste et puérile.
-C'est la moustache ? Je peux la raser, au besoin.
-Oh, ça non. Pas la moustache.
-J'ai dû me tromper de bureau, je cherche Alexandra.
-Très malin. Elle rit.
-Je vois que tes problèmes d'intrusion maternelle sont réglés.
-Maintenant, elle s'invite dans mon lit.
-Perdon ? -Ben, tu sais, tous les mecs
que je voyais entrer chez elle, en fait, c'était pour moi.
Elle rit.
-Elle a organisé un casting du gendre idéal ?
-Oui. Je crois que la condition, c'est qu'ils soient moustachus.
-Je comprends mieux pourquoi tu m'as plantée hier soir.
Téléphone. -Attends.
Ah, ben, c'est elle. C'est encore elle.
"Je te laisse une seconde chance. Voici le numéro d'Arnaud.
"Appelle-le. Tu n'es plus toute jeune."
-Garde le numéro. Il est peut-être très bien.
-Arrête, t'es con !
Comment on fait pour rompre avec sa mère ?
Non, mais regarde ça.
Laurette !
-Les dernières analyses.
-Oh, merci.
Ah...
Il y a des traces de clomifène.
Tu sais ce que c'est ?
-On a vu ça en 2e année, mais j'ai beaucoup séché.
-Chez la femme, ça aide à lutter contre les ovaires polykystiques.
-Et chez l'homme, ça augmente la production de testostérone !
-Oui, et de spermatozoïdes.
-Donc ça veut dire que Julien
voulait faire un enfant ? -Oui.
-Sa femme a dit qu'elle en voulait pas.
-Oui, mais sa 2e femme...
-Ou alors, cette fameuse femme à qui il a fait don
de sa moelle osseuse.
Comment elle s'appelle ? Mélanie Dubois.
Elle rit. Quoi ?
-C'est le tailleur, je m'y fais pas.
On dirait Angela Merkel.
-Moi non plus, je m'y fais pas.
D'ailleurs, là, j'en ai marre, je vais me débarrasser d'elle.
-De la veste ou de mamie ? -Laurette ! J'en peux plus.
-Ca y est, tu fais ta crise d'ado.
-Terminé, la Alex qui se laisse marcher dessus.
Elle veut la guerre ?
Elle va l'avoir.
Elle crie puis rit.
Petits couinements.
...
-Allez ! Au boulot !
-Oh là... Petite nuit ?
Ca tombe bien, j'ai pris un café. -Merci.
J'ai hâte de découvrir
le doss' Mélanie Dubois.
Une 3e meuf, il assure, le Julien. Je parie sur une rousse.
Une vraie rousse,
genre poil-de-carotte. Tu vois ce que je veux dire ?
Il frappe.
Pour la cougar, je comprends,
mais là, c'est pas un paquet fraîcheur.
-Bonjour. Commandant Doisneau.
Désolé de vous déranger en pleine convalescence.
J'ai des questions sur la personne qui vous a fait
ce don de moelle osseuse. -Julien ?
-J'aurais aimé connaître la nature de vos rapports.
Ce genre de don est rare.
-C'est normal, je suis sa mère.
-Sa mère ? Je comprends mieux. C'était pas le style de Julien.
-Mais on croyait que Julien était orphelin.
-C'est ce qu'il raconte ?
Ca m'étonne pas, ça a toujours été un petit vicieux.
-Truc de ouf. -M. Lejeune...
-Il a raison, c'est un truc de ouf.
Julien, je l'ai eu, j'étais encore qu'une gamine.
J'étais trop jeune, et lui, il s'accrochait.
Quand la juge lui demandait son avis,
il voulait revenir avec moi. J'avais pas les moyens.
Ca coûte cher d'élever un gosse. -C'est un gouffre.
-Impossible de refaire sa vie, avec ça.
J'avais le droit de profiter, moi aussi.
J'ai essayé
de le récupérer. -A quel âge ?
-Il était majeur, mais ça, on s'en fout.
J'ai voulu refaire partie de sa vie,
mais il m'a jetée comme une merde. -Abusé.
-Vous aviez des problèmes d'argent ?
-Ca sert à ça, les enfants. A soutenir leurs parents.
-Il vous a fait don de sa moelle osseuse.
-J'étais à l'article de la mort. J'ai chopé une leucémie.
Mais c'est surtout
que j'ai menacé de sonner chez lui. -Vous l'avez fait ?
-J'ai pas eu besoin.
Il avait trop peur que je dérange sa petite vie bien rangée.
-Les analyses montrent
que Julien prenait un traitement pour booster sa fertilité.
Il voulait un enfant. -Avec Nour ou Mélanie Dubois.
-Avec sa reum ? Ca m'étonnerait. -SA REUM ?
-Oui. On a interrogé Mélanie Dubois.
C'est la mère de Julien. Il a menti là-dessus aussi.
-Ouais ! Y a du doss' !
-Moi, si j'avais été une de ses femmes,
j'aurais été capable de le tuer. -De l'émasculer, même.
-Et de les lui faire bouffer.
Le mâle blanc typique !
Vibreur. -Perdon.
Oui, allô ?
Oui.
D'accord.
J'arrive.
C'était le commissariat.
Une femme a déclaré la disparition de son conjoint.
-Et ? -Il s'appelle Julien de Vallerive.
-Oh...
Petit cri.
-Mila Lemarchand ? -Oui ?
-Voilà la rousse ! -Je m'en occupe.
Vous pouvez prendre un café.
Commandant Doisneau, PJ de Bordeaux.
Vous avez signalé
une disparition. -Oui, merci d'être venu.
Je prends 2 mn.
Venez avec moi.
-Depuis combien de temps
votre conjoint a disparu ?
-Il devait rentrer il y a deux jours.
Il est commercial, il est beaucoup sur les routes.
Mais il est jamais en retard, ou alors, il me prévient.
Il est très ponctuel.
Je suis vraiment inquiète.
-Il s'appelle Julien de Vallerive ?
-Oui.
Je sais que c'est dur à prouver, les disparitions d'adultes,
mais ça lui ressemble pas. -Il avait des problèmes ?
-Non, pas du tout.
-C'était un fêtard ? -Il lui faut pas grand-chose
pour se lâcher.
-De la drogue, de temps en temps ? -Oui, enfin, rien d'excessif.
On essaie de faire un bébé.
-Je suis désolé de vous annoncer ça,
mais on a découvert un corps correspondant à sa description,
avec ses papiers.
-Euh... Comment ça ?
-D'après les 1res constatations, il est mort par étranglement.
Ce sont des jeunes qui ont trouvé son corps
dans un château abandonné.
-C'est pas possible.
Quand ?
-Dans la nuit de lundi à mardi.
Je suis désolé
de vous demander ça, mais vous faisiez quoi,
entre 17h et 19h, ce jour-là.
-Je suis suspecte, en plus ?
-C'est juste pour vérification.
-Lundi, j'ai fait une brocante à Cadaujac.
J'y suis allée seule, donc j'ai pas de témoins.
J'avais pas pris mon téléphone, en plus.
On peut demander aux vendeurs de confirmer
que j'étais là.
Je suis allée faire un plein
à la station-service.
Peut-être qu'une vidéosurveillance
prouve que j'étais là. -Ce sera facile de vérifier.
-Perdon.
-Je suis désolé.
Bon, on y va ? -Hm.
Tu me payes mon Blue Moon ? J'ai pas droit aux notes de frais.
Cimer, frère.
-Je ne suis pas votre frère.
-Ben alors, on se fait des tresses ou quoi ?
Je viens de retourner à l'IML. Julien m'a donné des idées,
avec sa petite jeune.
Celle-là, elle a du répondant. -De qui vous parlez ?
-La meuf qui a un prénom chelou. -Iggy ?
-Iggy ! Oh, le prénom ! Les parents, merci !
Oh !
T'as craqué ?
-Ca fait du bien.
-Alors, ce coeur ?
-Moi, je dirais que la putréfaction a été stoppée artificiellement.
Tu vois, les cellules avaient commencé
à se dégrader avant d'être gelées.
-Conclusion ?
-Le coeur a été congelé "post mortem",
mais pas tout de suite. Quelques heures après.
-Le tueur serait revenu sur le lieu du crime ?
-Ou alors, il y aurait plusieurs meurtriers.
-Ou meurtrières. -Hm.
-Bonjour.
-Bonjour.
Ca va ?
-Très bien. Pourquoi ?
-Je sais pas. T'as l'air bizarre.
-Je voulais juste te prévenir que j'avais pris un chat.
-Je suis allergique aux chats.
-Oh, mince. J'avais oublié.
Mais ma maison est infestée
de souris.
Elles sont arrivées d'un coup, en meute.
-Les souris, ça se reproduit à vitesse...
Ca peut faire 30 bébés par portée !
-Ah oui, quand même.
-Oh oui.
-Elles ont grandi vite, alors.
Tu feras attention, ma chérie.
Le refuge m'a prévenue que le chat avait tendance
à faire ses besoins partout.
-Oui...
-Bonne soirée, ma chérie.
-Bonne soirée.
-T'es mort, mec ! J'ai 5 jours d'ITT !
-Je vous ai même pas touché le bras.
-Je vais saisir l'IGPN, je porte plainte.
-Allez-y, je m'en fous.
-J'hallucine.
-Qu'est-ce que tu fais là ? -Fais attention, avec Guillaume.
C'est le fils de la préfète. -Quoi ?
-Fais profil bas, sinon ça va te retomber dessus.
-C'est mal barré. Je lui ai mis mon poing dans la gueule.
-Quoi ? -Il porte plainte.
-Ah merde. Comment je peux t'aider ?
-Les souris, ça t'a pas suffi ? Je t'emmène au Hellfest.
Et si ça, ça marche pas... *Metal.
...
On sonne.
...
Je suis désolée pour le bruit.
C'est le problème avec ces maisons, c'est trop sonore.
-Ne t'inquiète pas, j'ai mis mes bouchons.
Il faut bien
faire la fête de temps en temps. Tu reçois ?
-Ouais. -Tu n'invites pas ta mère
à prendre un verre ?
-Non, c'est des collègues. C'est vraiment professionnel.
...
-Ils sont venus à pied, tes collègues ?
... -Oui. Ils sont tous
hyper écolos. ...
Oui, j'arrive ! ...
Bon, ben, je te laisse. ...
Désolée pour le bruit.
-Ne t'inquiète pas. Tu me donneras ta playlist.
J'adore !
...
*Jazz.
...
-Oh...
C'est légal d'être aussi canon ?
Petits cris. -Oh là...
-Fraté, tu me mets un verre de blanc ?
-J'aurais bien testé un petit rouge, mais bon...
-T'inquiète, il est carré, celui-là.
J'ai été surpris de ton coup de fil.
J'avais vu que tu me kiffais, mais je pensais pas que tu ferais
le premier pas. -Ca m'a surprise aussi.
-C'est super.
J'adore les femmes entreprenantes.
Il est bon, hein ?
Mon gâté, tu remets la même chose ?
-Dis donc...
J'ai appris que toi,
tu as tout de suite compris que M. Dubois était la mère de Julien.
-Ouais, j'ai tout de suite senti que c'était un mytho.
-Impressionnant.
C'est dommage qu'Antoine te ralentisse.
-Il est pas très futé. Et violent, en plus !
T'as vu ? -Oh oui, j'ai appris.
Mon pauvre...
Ca m'étonne pas. Il est au fond du trou.
Irrécupérable.
-Ah oui ? A ce point-là ? -Ben, oui.
Un problème d'alcool.
T'as pas senti son haleine ?
-Ouais, grave.
Et il se croit au-dessus de tout le monde.
-Il essaie de donner le change, mais la vérité :
sa femme l'a quitté, sa fille veut plus lui parler
et il est criblé de dettes. Irrécupérable.
-Cheh ! Le vicos, quoi ! -Euh... ça.
Non, si j'étais toi, je laisserais tomber ma plainte.
Ca sert à rien, le mec est fini.
-Ah oui, tu crois ? -Perds pas ton temps avec lui.
Il va t'entraîner avec lui dans sa chute.
-Bon, on va prendre le prochain chez moi ?
Elle éternue.
Ca va ? -Non, je...
Je suis allergique à quelque chose. -Le vin blanc ?
-Non. Tu dois porter quelque chose en acrylique.
-Non, c'est 100 % coton. -Ca doit être les cheveux, alors.
-Ils ont quoi, mes cheveux ? -Je sais pas.
J'ai dû me tromper. Elle éternue.
Ca va pas du tout, moi, je... Je suis désolée. Je dois y aller.
-Non, mais attends, attends !
On peut peut-être s'arranger.
Moteur.
...
-Ah. Désolée, ça te dérange ?
-Non, non. -Je dois faire ma pelouse.
-Je voulais te demander si tu pouvais tondre
devant chez moi.
Tu devrais te faire un masque. T'as l'air fatiguée.
C'est bien, de faire la fête, mais faut assumer le lendemain.
Moi, j'ai dormi comme un bébé.
Allez, bonne journée !
-Ca va ? Petite mine...
-Tu vas pas t'y mettre, toi aussi.
C'est Laurette qui me file des cernes.
-Moi, c'est Guillaume. On échange ?
-Ca s'est pas arrangé ? -Comment te résumer ?
Je lui ai foutu mon poing dans la gueule.
J'en pouvais plus. Et il a porté plainte.
Je suis convoqué chez la préfète. Je t'ai pas tout dit.
La préfète, c'est sa mère. -Oh, merde !
C'est pas vrai !
-Alors, tu vois, tes problèmes avec maman...
Fais la paix avec elle.
-Ouais...
Bon, alors,
il y a du nouveau sur Julien, tout ça ?
-Je suis en train de tout reprendre.
Ses trois femmes ont chacune un alibi, mais aussi un mobile.
Julien leur a menti à toutes les trois.
Mila a pu se procurer de la kétamine,
car elle travaille dans un bar.
-Mais les analyses ont confirmé que le fil de Nylon
qui a servi à étrangler Julien,
ça pouvait être un fil professionnel dentaire.
Ca pourrait venir de Nour.
-Marie était sans doute la plus blessée,
vu que c'est avec son argent
qu'il menait sa triple vie.
-En tout cas, l'étude du coeur
il a été congelé quelques heures après la mort,
vers 22h.
-A cette heure-là, leur alibi n'est plus valable.
-La personne qui a congelé le coeur n'est peut-être pas
celle qui l'a tué.
-Ou peut-être qu'elle est revenue pour finir le travail.
-Ben, peut-être.
-Il est pas là, votre collègue ? Dommage.
-J'espère que vous m'avez convoquée pour me dire
que je peux récupérer le corps de mon mari.
J'aimerais organiser les obsèques.
-Qu'est-ce que je fais là ? Vous avez trouvé le coupable ?
-Non. Il reste quelques points à éclaircir.
*Comment avez-vous pu
vivre avec Julien sans vous rendre compte de ses mensonges ?
Il ne travaillait pas, il vous trompait avec deux femmes.
Il séduisait avec votre nom,
il dilapidait votre argent pour s'amuser avec les deux autres.
Ca fait beaucoup. -Oui, ça fait beaucoup.
Je ne dis pas qu'en apprenant ça,
je n'aurais pas eu envie de le tuer,
mais c'est trop tard.
-Il voulait un enfant avec vous, mais il partageait sa vie
avec deux autres femmes. -Il allait peut-être les quitter.
Il s'éclatait, avec moi.
-Il se faisait passer pour un bon musulman,
*mais il fumait, il buvait, il faisait la fête.
-Que voulez-vous que je vous dise ?
Il a trompé tout le monde, et j'ai jamais douté de lui.
-Son train de vie ne vous étonnait pas,
pour un simple commercial ? -Il avait des origines nobles.
-Il avait plein de projets. Il m'avait parlé
de ses affaires.
Il avait décidé de lever le pied pour en profiter.
-Rien d'anormal.
-Vous connaissez ses collègues ?
-On voyait pas grand monde, on se suffisait à nous-mêmes.
*-Il essayait de faire un enfant avec une autre femme,
alors qu'il vous avait dit
ne pas en vouloir.
-C'était d'un commun accord.
-Enfin une réaction...
*-Vous ne connaissez pas sa famille.
-C'était tabou.
-Julien est orphelin. -Il a erré de foyer en foyer.
-Il voulait oublier ça. -Et je le comprenais.
*-C'est marrant qu'il vous ait dit
qu'il était orphelin, alors que sa mère était vivante.
-Vivante ?
-Cette blague est de mauvais goût. -Vous devez faire erreur.
-Il venait de lui faire don de sa moelle osseuse.
-Décidément, même mort, Julien est plein de surprises.
-Alors, vous lui avez congelé le coeur,
pour symboliser son coeur de pierre.
-Attendez, quoi ? -Congelé le coeur ?
-Encore une fois, je n'ai rien fait à Julien,
à part le soutenir et l'aimer.
-T'as rien lâché. -Elles non plus.
-Détrompe-toi. T'as réussi à troubler Marie.
Elle est restée stoïque
jusqu'à ce que tu parles des enfants.
-Normal, c'est la trahison ultime.
-Mais quand t'as parlé du coeur congelé,
Nour et Mila avaient l'air d'halluciner,
tandis que Marie est restée étrangement calme.
-Elle aurait congelé le coeur ? -Je sais pas,
mais même si c'est elle,
ça veut pas dire que c'est elle qui l'a tué.
-Je peux pas baser mon enquête sur des intuitions.
J'ai besoin de preuves. Je vais revoir leur alibi.
Je sens qu'un détail m'échappe. -Hm, allez.
Bonjour, Geneviève de Chauveron et Clémence Siboni,
ma stagiaire.
Notre entreprise est spécialiste de la marbrerie funéraire
et de l'organisation d'obsèques.
-Nous vous aiderons à préparer votre discours avant l'inhumation,
qui est un moment difficile.
-Entrez. -Merci.
Et vous aviez un surnom affectueux
pour désigner vote mari ?
"Chouchou", "chéri"... -"Bébé"...
-Je déteste ça, je l'appelais par son prénom.
-Tu notes, hein ?
-Avait-il des qualités
comme la bonté, la générosité, l'humour ?
-La fidélité ?
-Oui, c'est ça, si vous voulez.
-Aimeriez-vous partager un événement avec l'assistance ?
Peut-être un voyage,
un anniversaire, une naissance ?
Vous avez des enfants ? -Non. Ca va être encore long ?
-Non, rassurez-vous.
Mais j'aimerais vous emprunter vos toilettes.
-C'est à l'étage. -Merci.
-Tu continues, Clémence. -Oui, bien sûr.
-Merci.
-Comment votre époux aimait-il passer son temps libre ?
-Je ne sais pas. -Pas de souci. Merci.
...
-"Dr Lancelot, dermatologue."
Tiens, tiens...
...
-Mme la préfète... -Asseyez-vous.
Alors, comme ça, en plein service, vous avez frappé votre collègue ?
-Oui, je suis désolé, je sais pas ce qui m'a pris.
La fatigue ou la tension liées à cette enquête, sûrement.
Mais je suis prêt à accepter toutes les sanctions
que vous estimerez nécessaires.
Mon geste est inexcusable. Je ne me l'explique pas.
-Moi, si.
Quelqu'un a enfin osé remettre Guillaume à sa place.
Depuis le temps que j'attendais ça !
-Perdon ? -Quand les sanctions
viennent de moi, ce petit con s'en fiche.
Si vous saviez le nombre de fois où j'ai rêvé de faire comme vous...
-Mais...
-Je sais, la violence ne résout rien,
mais il est insupportable, non ?
Déjà, tout petit,
c'était un sale gosse.
Il se faisait virer de partout. Fallait que j'intervienne.
Là, grâce à vous, je vais avoir un petit moment de calme.
-Je suis désolé. -Arrêtez de vous excuser.
Je vais pas vous sanctionner.
Si ça tenait qu'à moi, vous auriez une promotion.
Et vous inquiétez pas
pour Guillaume. Je vais le calmer.
Sirène de police.
-Alors, ces jours d'ITT ?
-On m'a demandé de t'aider à boucler ton enquête
parce que sans moi, tu t'en sors pas.
-Ben, bien sûr !
Très sympa, votre mère, en tout cas.
-Tu veux son 06 ?
-Allez, venez voir.
Ce sont les images de la station-service
où Mila a fait son plein. Y a un truc qui cloche, mais quoi ?
-Ben, déjà, ce regard caméra,
il est chelou. -Elle montre son visage exprès.
Quand je l'ai interrogée, c'est elle qui a mentionné la vidéo,
comme si elle s'y attendait.
Attendez, attendez,
attendez.
C'était quand,
le dernier match de l'équipe de France de foot ?
-Le 13 mai. Pourquoi ?
-On la tient. A la une du journal, la victoire de l'équipe de foot.
C'est une semaine avant le meurtre. La date a été trafiquée.
-Ah ouais !
-Vous avez le dossier du vendeur de la station ?
Mathieu Douaire...
Pourquoi a-t-il menti sur le jour de passage de Mila ?
C'est qu'il doit la connaître.
-C'est peut-être pas lui, le boss.
J'ai un cousin, à chaque fête de famille,
il se la racontait, avec son salon de coiffure.
"Mes clientes, mes brushings..." C'était même pas lui le gérant.
Vous faites quoi ?
-Je vérifie le Registre du commerce et des sociétés.
Vous avez raison. -J'avoue.
-C'est pas Mathieu Douaire, le propriétaire de la station,
mais Kamel Daouda. -Le père de Nour ?
-Ou son frère, on va vérifier. -Alors, elles se connaissent ?
-Nour a aidé Mila à maquiller son alibi. Elles sont complices.
Hé !
Vous voyez,
quand vous voulez...
-T'es un killer, Lejeune.
Un killer.
Il souffle.
...
Petit cri.
-Hé, Antoine,
j'ai eu le Dr Lancelot, le dermato de Marie.
Il a bien une bouteille d'azote qui a disparu.
Il s'était planté dans son inventaire.
-Elles seraient toutes les trois de mèche.
-Elles ont découvert le pot aux roses
et elles ont voulu se venger. -Je vais faire revenir Marie.
On se voit ce soir à la crémaillère de maman ?
-Je vais pas fêter l'arrivée de celle qui me pourrit la vie.
-Aux dernières nouvelles, c'était pas elle, la voisine envahissante.
Tu t'es mise au rotofil...
-Hé, t'as pas une enquête à boucler, toi ?
Elle grogne.
-On sait que c'est vous qui avez congelé le coeur de Julien.
Votre alibi ne tient plus.
Vous avez enregistré vos réactions en amont du Zoom
pour faire croire à votre syndic que vous étiez en direct.
-Vous auriez réagi comment, vous ?
Ca fait des années qu'il me raconte n'importe quoi,
qu'on vit quasi cloîtrés, tous les deux, alors qu'à côté,
il s'éclatait. Il m'a privée d'avoir des enfants
pendant qu'il essayait d'en faire avec une autre.
Il m'a menti sur tout.
Même sur sa mère.
-Comment vous l'avez découvert ?
-J'ai reçu un colis pour lui.
C'était un petit collier en or avec un pendentif en forme de coeur,
très délicat.
J'ai rien dit.
J'ai attendu qu'il me l'offre.
-Il ne l'a jamais fait ?
-C'est pathétique, hein ? -Pas du tout.
Vous étiez mariés, vous l'aimiez. C'est normal.
-Quelle idiote !
J'ai commencé à le suivre
et j'ai découvert qu'en plus de me tromper,
il faisait rien
de ses journées, à part du sport et dépenser mon argent.
-C'est là que vous avez contacté Nour et Mila
pour qu'elles vous aident à vous venger.
-Non, c'est moi qui l'ai tué.
-Je suis désolé, mais nous avons aussi des preuves
contre Mila et Nour. On les interroge.
-Non. Elles n'y sont pour rien.
C'est moi qui suis allée les chercher.
-Vous l'avez tué à trois. Vous avez utilisé la kétamine
de Mila pour le droguer
et le fil dentaire de Nour pour l'étrangler.
-Avant qu'il perde connaissance, on a pu le confronter.
Il faisait pas le fier.
La tête qu'il a faite quand il nous a vues toutes les trois !
-Vous aviez prévu votre alibi ?
Nour a glissé son portable dans le sac d'un collègue
pour qu'il continue de borner à son congrès.
Puis elle a demandé à son cousin de couvrir Mila
à la station-service,
et vous avez préenregistré votre visio.
-Oui.
C'est vrai qu'on s'était mises d'accord, toutes les trois.
Mais c'est moi qui suis revenue sur place pour le mettre en scène
et congeler son coeur.
...
-Vous étiez trop blessée pour vous contenter d'une mort toute simple.
C'est ce qui a causé votre perte.
-Je vous demande Perdon. Je suis désolée.
Perdon, c'est de ma faute.
-Ca fout les boules. Elles plaisantent pas, les meufs.
-En tout cas, elles sont restées soudées jusqu'au bout.
-Bon, allez, faut que je bouge.
Je vais pas m'enterrer ici. J'ai peur que tu me ralentisses.
-Quoi ? Vous partez ?
-Diane m'a parlé de tes problèmes de tise.
Faut que tu te fasses soigner, frère.
-Mince ! Ca va pas être facile,
sans vous.
Je vais écouter vos conseils. Je vais me reprendre en main.
-Pareil sur le chichon. Vas-y mollo.
-Le chichon ? Diane...
-Ouais. C'est chaud, fais gaffe. Allez, sans rancune.
-Au fait, je vous trouve beaucoup mieux comme ça.
-Oui. Ca me donnait chaud.
Un killer, Lejeune.
Un killer.
-T'as joué avec le coeur des femmes.
Mais t'as eu le coeur brisé, toi aussi.
Les mères toxiques, je connais. Allez, repose-toi, maintenant.
Tu n'es plus obligé de jouer un rôle pour qu'on t'aime.
-"Merci pour le sacrifice. A charge de revanche.
"PS : j'espère que tu passeras me voir en cure de désintox."
-Quelle horreur !
Si elle croit que je vais porter ça...
-Hop. Allez...
-Voilà. Ah ! Tiens, tiens...
-Te voilà. C'est bien que tu aies changé d'avis.
-Je suis pas sûre. -Mais si.
-Ah !
Alexandra nous fait l'honneur de sa présence.
-Merci. -Ne me remercie pas.
Ca te met pas en valeur, mais si c'est ce que tu aimes...
-Pas vraiment, en plus, mais...
-Allez !
-Bon, si on veut que ça se passe bien,
mieux vaut établir des règles de voisinage claires.
-Pas de musique après minuit. -Je mets un billet sur tata.
-J'aimerais que tu me rendes le double de mes clés.
Je sais que tu les as.
-Maman... -Oh... C'est agaçant.
-Règle numéro 1 : pas d'intrusion sans autorisation.
Règle numéro 2...
-T'es pas un peu dure ? -Moi, je suis dure ?
-Pour une fois qu'elle résiste
à l'oppresseur.
-Bonsoir.
-Me dis pas que...
-Calme-toi, ça accentue ta ride du lion.
Arnaud n'est pas là pour toi, mais pour moi.
Une coupette, Arnaud ?
-Volontiers, oui.
-Merci.
Ah. Voilà.
-Merci.
-On trinque à quoi ?
-C'est ma crémaillère.
On trinque à moi ! -Et à la famille.
-A la famille. -A LA FAMILLE !
-Bienvenue, Arnaud. -Merci.
Santé. -Oui...
-Et alors, ça vient d'où ?
Propos indistincts.
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