All language subtitles for Alexandra_Ehle_s.3_ep.01.fr

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Original subtitles

cocktails, faits par moi.

Alors, nous avons vodka grenade et gingembre pour la forme.

Merci !

Alors, écoutez.

"Mesdames.

"N'hésitez pas à customiser votre it bag

"avec du denim pour vous la jouer Kim K."

Il faut un traducteur, pour lire les magazines ?

Pourquoi tu les achètes si ça t'énerve autant ?

Pour l'horoscope !

Tu sais bien que c'est complètement bidon !

Que c'est fait par des ordinateurs qui te...

C'est bon ! Vas-y, lis-nous les nôtres.

Tu vois que ça t'intéresse ! Alors,

donc Taureau :

"Si vous êtes en couple,

"votre vie sexuelle sera un véritable feu d'artifice !"

Et d'ailleurs, t'en es où ?

Après son conseil de discipline,

Louis est parti attendre la sanction chez sa mère.

Donc le feu d'artifice, c'est pas pour ce soir !

Mais j'espère qu'il va revenir, quand même, ton Pincé...

T'avais l'air épanouie !

- Je l'étais. - Non, en fait,

je préfère pas.

Voilà ! Qu'il ne revienne pas entre nos pattes.

- Seulement entre les tiennes. - T'es con, toi !

- Vas-y, le tien. - Lion.

"Vous allez rencontrer l'homme de votre vie cette semaine.

- Non ! - "Ne le laissez pas passer !"

Pas mal ! Et moi ?

- C'est quoi, toi ? - Balance.

Balance.

"Alors, pour une fois, vous allez droit au but en amour.

"Vous savez ce que vous voulez et vous le faites savoir.

"Votre conseil coquin..." Attends !

Allô ? Oui. Quoi ?

D'accord. J'arrive. À toute.

- Donc : "Votre conseil coquin..." - Non mais j'y vais, là.

Une morte m'attend dans la forêt.

Allez, Monsieur, viens !

"Votre conseil coquin : dessinez-vous des dessous en chantilly !"

C'est pas possible, ce truc.

Diane t'a lu ton horoscope ?

Oui. C'était très riche.

C'est marrant qu'une fille rationnelle comme elle

puisse croire en des trucs pareils !

- Vous y croyez pas ? - Moi ?

Croire qu'un algorithme informatique

peut prédire si que je vais manger du thon ou du saumon cette semaine ?

Non.

Toi, oui ?

Oui. Et pas qu'un peu.

Un jour, une Bohémienne

m'a lu les lignes de la main.

Elle m'a annoncé qu'il allait m'arriver un drame.

Et deux ans plus tard, j'ai perdu mon chat.

Mais elle t'a prédit quoi, Diane ?

Qu'une grande nouvelle allait changer ma vie.

Veinard !

Tiens. C'est là.

Je m'en occupe, mais...

Salut.

- Salut. - Ça va ?

Alors, elle a été étranglée à mains nues.

Et vu les ecchymoses, le type qui a fait ça devait être costaud.

D'après la rigidité cadavérique, la mort date de plus d'un jour.

Pourquoi la mettre là ?

Sous cet arbre, sur une couverture ?

On dirait un cérémonial.

Le tueur est peut-être délicat.

Il a même fait un petit tas de feuilles sous sa tête.

Délicat, j'en sais rien, mais en tout cas, il est maniaque.

Il a entièrement passé son corps au détergent.

Tiens, il y a le garde forestier.

Martin Delmas. Il a découvert le corps.

Bonjour.

Bonjour. Alexandra Ehle, médecin légiste.

Juste deux ou trois questions. Le Monsieur Propre, c'est vous ?

Je comprends pas.

Vous n'avez touché à rien ?

Non, j'ai touché à rien. Dès que je l'ai vue, je vous ai appelé.

Il était quelle heure ?

Six heures et demie.

Vous êtes tout pâle. Vous voulez pas du sucre ?

J'avais jamais vu de cadavre.

Je comprends, mon vieux. Je suis passé par là.

Maintenant, je les décortique comme des Babybel.

Alors, vous en pensez quoi ?

Moi, je pense que c'est très dur d'étrangler quelqu'un.

Ça résiste. Les tendons et tout.

Il faut être animé d'une vraie rage.

Il a eu le sang-froid de la nettoyer et mettre en scène une mort paisible.

En tout cas,

il a pas choisi l'endroit par hasard.

On va devoir trouver le lien entre cette forêt et cette femme.

On va devoir... Je vais devoir.

C'est mon boulot. Toi, tu fais le tien.

Allez, on se rejoint à l'IML.

Alex, j'ai une question.

Je me demandais si tu pouvais m'héberger encore un peu,

mais il y en a plus pour longtemps.

Évidemment. Pourquoi ? Ça s'arrange avec ta femme ?

Oui, peut-être. Enfin, c'est compliqué.

- OK, à toute. - À toute.

Tonio !

Sam !

C'est fou de te voir là ! J'étais là aussi moi, je regardais...

Qu'est-ce que tu veux ?

Rien... Enfin, ouais, si...

Parce qu'en fait, en ce moment, je crèche chez un pote.

En fait, dans la cave de sa belle-mère.

On veut pas l'embêter.

Elle est âgée et tout.

Chez elle, c'est bourré de rats.

Vraiment bourré.

Et moi, je respecte toute forme de vie animale,

mais là, ils boulottent tous les machins.

Ils ont bouffé mes grolles, mon téléphone, ma brosse à dents...

Samuel, c'est pas une bonne idée.

Juste une nuit.

Je décide pas. Alex sait pas que t'es revenu.

Et c'est chez elle.

Alors, si tu veux qu'elle t'héberge, tu lui demandes à elle.

Comme ça, de but en blanc, elle voudra jamais.

Comme ça, tu seras fixé.

Alors, juste une faveur :

tu la prépares psychologiquement au fait que je suis revenu ?

Comme ça, tu vois, ça passera...

Ça, c'est cool, tu vois. Ça, vraiment, c'est top.

Ça va, toi ?

Ça va avec Iggy ? Je l'ai trouvée toute chose, ces derniers temps.

Oui. Non mais, vous savez, j'ai... j'ai aussi mes doutes.

C'est normal.

L'amour, c'est un truc tellement irrationnel.

Vous avez des doutes avec votre taxidermiste ?

Non, aucun. C'est un type bien.

- Vous trouvez, vous ? - Oui.

Quand il y en a un, il faut pas le laisser filer !

Parce qu'un type bien, c'est aussi rare qu'un cadavre sans lésion !

Vous vouliez me parler ?

Un nouvel officier va être affecté chez vous.

Super.

Ça va pas nous faire de mal d'augmenter nos effectifs !

Avec les restrictions budgétaires, on tire la langue.

Je suis ravi que vous le preniez comme ça.

D'autant que la nouvelle,

je crois que c'est une femme, sera votre coéquipier.

Un coéquipier ?

Ou une coéquipière.

Je me suis laissé dire qu'elle avait la quarantaine. Divorcée.

Le travail en binôme, c'est pas trop mon truc.

J'aime pas qu'on me suive partout.

C'est à cause de l'enquête de l'IGPN ?

Mais non ! Qu'est-ce que vous allez encore inventer !

Vous êtes vraiment parano, mon vieux.

En vrai ?

L'IGPN préfère que vous travailliez en équipe.

Super.

Je vais me taper une taupe à longueur de journée.

Si ça peut vous servir de consolation,

c'est rien par rapport à Pincé.

Et il écope de quoi, lui ?

Commission disciplinaire,

il a dû quitter l'IGPN.

À mon avis, ils vont le mettre à la circulation pour une paye !

Vous avez raison, c'est une consolation.

Je comprends pas, elle a quel âge ?

Je sais pas.

Elle a le derme d'une femme de 50.

Et la musculature d'une femme de 30.

Il faut vraiment que je me mette au sport.

Toi ? Si tu veux.

Mais ne va pas aussi loin qu'elle.

Regarde ses bras.

Biceps... triceps... quadriceps...

Elle a un corps de gymnaste.

Ça m'étonnerait qu'elle se soit laissée étrangler sans réagir.

Et pourtant, rien sous les ongles.

L'assassin l'a vraiment nettoyée.

Ou alors, il l'a prise par surprise.

Mais...

T'as vu toutes ces cicatrices, quand même ?

Ça peut être un accident de voiture.

Les plaies sont anciennes.

Enfin, c'est bizarre, quand même.

Même en 1950,

on faisait pas un travail de cochon pareil.

Mais quoi, alors ? Une agression ?

Non. Tu sais ce que ça m'évoque ?

Des blessures de guerre.

Antoine, votre binôme est arrivé.

Elle est mignonne, au moins ?

Je ne vous présente pas Louis Pincé.

Que faites-vous là ?

Je suis... votre nouveau... coéquipier.

C'est une blague ? Ne me dites pas que c'est vrai ?

Je ne dis rien.

- C'est vrai ? - Oui.

La jolie divorcée, c'est lui ?

Ordre d'en haut. C'est sa punition. Et la vôtre.

C'est un cauchemar. Je vais me réveiller !

Mon vieux, serrons-nous la main.

Sans rancune.

Tu peux y aller, elle va pas te mordre.

J'ai pas peur, je suis juste méticuleux.

Remarque, si elle avait été vivante,

tu aurais eu raison de te méfier.

Elle a pas dû sécher souvent ses entraînements de boxe.

Mais comment vous savez qu'elle faisait de la boxe ?

Me dites pas !

Soit c'était dans votre horoscope,

soit vous parlez aux morts.

J'ai plutôt regardé la déformation de ses jointures.

Et si je parlais aux morts,

je lui aurais demandé comment elle s'appelle et qui l'a tuée.

Ça aurait été plus pratique.

Parce qu'on connaît pas son nom ?

Non. Et d'ailleurs, à ce propos,

ça nous ferait gagner du temps

si on téléphonait à toutes les salles de sport de la région

- qui pratiquent la boxe. - OK.

Et je leur demande quoi, exactement ?

Si parmi leurs adhérentes,

il y aurait pas une quinquagénaire ultra sportive

qui pratique la boxe de manière intensive.

Ça doit pas courir les rues.

Je me mets dans votre bureau ?

Ouais, parfait. Non.

J'ai promis à mon frère de rester réglo sur tes attributions,

donc il vaudrait mieux que personne te voie.

Attendez, vous voulez que je me cache ?

Jamais je te demanderais un truc pareil, non mais !

Je veux juste qu'on ne te voie pas trop.

Ouais, donc que je me cache.

Tout de suite les grands mots.

Je cherc... je cherche...

Oui. Je cherche une femme... Vous m'entendez, c'est bon ?

Oui, la cinquantaine, brune, qui fait de la boxe régulièrement.

Sur Internet, il y avait écrit club de boxe, alors...

Que pour les ados ? D'accord. Bon, désolé.

Merci, au revoir !

Bonjour, madame,

je vous appelle, car je suis à la recherche d'une femme...

Ça dépendra des résultats, c'est difficile

de poser un diagnostic avant.

Tu te prépares pour l'homme de ta vie ?

"Cette semaine", ça peut être aujourd'hui.

Je ne veux pas être prise au dépourvu.

Et toi ? Toujours pas de nouvelles de ton Pincé ?

Rien. Je crève de peur.

S'il a rencontré quelqu'un ?

Ça m'étonnerait, il doit pas souvent avoir des occasions.

Mais oui, évidemment, il est... Il est tellement... séduisant,

- il doit beaucoup plaire. - Arrête, me dis pas ça.

Tu crois que...

je vois pas l'attraction qu'il a sur les femmes ?

Je suis bouffée par la jalousie.

Non, alors vraiment, si j'étais toi,

je m'inquiéterais pas trop, parce que...

même s'il est très séduisant, t'es pas mal non plus.

Difficile de rivaliser avec toi.

- Tu trouves ? - Oui.

- Bon, alors, il va revenir. - Il a intérêt.

Je dois te dire un truc.

Tu le gardes pour toi ?

- Oui. - C'est à propos d'Alex.

Oui, je te le jure. Sur la tête de Théo.

Son ex est revenu.

- Quoi, Samuel ? - Ouais,

Antoine n'a pas encore osé le dire à Alex.

Qu'est-ce qu'il lui veut ?

Il veut la reconquérir, j'imagine.

Dites...

J'ai jamais osé vous demander, mais... vous étiez mariée ?

Question suivante.

Et votre mari, il est devenu quoi ?

Il est au diable et il a intérêt à y rester.

Vous l'aimez toujours ?

Je le déteste.

Et l'empailleur ? Enfin...

J'entends pas, Théo, là. Je bosse.

J'ai trouvé la salle et le nom de la victime.

Où ?

À Bègles. Une certaine Christine.

Le gars du gymnase connaissait pas son nom de famille,

mais c'est la partenaire d'un jeune du club.

Pourquoi tu l'as pas dit avant, au lieu de poser des questions idiotes ?

Viens.

Ils sont balaises.

- Il faut pas vous gêner ! - Désolé.

- Tu fais le combat, ce week-end ? - Ouais, sûrement.

Sélim ?

Oui. Vous êtes qui ?

Alex et Théo.

L'entraîneur nous a dit qu'on pouvait te parler.

De quoi ?

Christine.

Il lui est arrivé quelque chose ?

Bon, OK, je prends ma douche et j'arrive tout de suite.

Non. Je prends ma douche tout seul et j'arrive.

Ouais.

Ça va, des corps de gens tout nus,

j'en vois toute la journée.

C'est des morts, il y a une petite différence.

On l'a pas vue depuis 2 jours. C'est notre voisine.

Vous avez signalé sa disparition ? Toi ou tes parents ?

J'ai dit à ma mère d'aller voir les flics.

Je sais pas si elle l'a fait. Vous êtes flics ?

Non, on collabore avec eux. Enfin, collaboration indirecte.

Je vais pas donner de détails.

Mais tu la connais bien, Christine ?

Ouais, elle habite l'appart d'à côté.

Je la connais depuis tout petit.

Tu t'entends bien avec elle ?

Ouais, bien sûr.

C'est comme ma mère. En moins chiante.

C'est pas banal, une femme si musclée, si sportive.

Elle est tout sauf banale.

Elle voulait que j'aie confiance en moi.

Parce que je me faisais emmerder à l'école.

La première fois qu'on est allés à la boxe, j'y croyais pas.

Vu son âge, et tout ça.

Et là, elle est montée sur le ring,

elle nous a fait une petite démo avec un type.

Et là, elle l'a carrément étalé par terre !

Tout le monde était scotché ! Ouais, Christine...

Mais...

vous croyez qu'il lui est arrivé quelque chose ?

Oui. Je crois.

Il va venir aujourd'hui ?

Ou demain ?

Et s'il était venu hier et que je l'ai pas vu...

Si j'étais passée à côté de l'amour sans le voir ?

Et toi,

est-ce que t'as été aimée ?

Est-ce que tu as senti battre ton cœur à une fréquence inconnue ?

Louis est revenu ! Il est à Bordeaux, quelque part.

Et il m'a pas appelée !

C'est atroce, je te jure. J'en peux plus, je dors plus,

je fais de l'hyperventilation...

J'ai compris, j'ai saisi l'idée.

C'est peut-être pour le mieux, non ?

Réfléchis. S'il te quitte,

t'auras plus à être avec lui.

Hein ?

Je veux être avec lui !

Ah ?

- Oui. - Ah oui ?

Pourquoi, en fait ?

- Parce que je l'aime ! - Ah bon ?

- Oui, je l'aime. - Eh ben !

OK, là, je peux plus rien pour toi.

Je vois pas le rapport.

Elle s'appelait Christine Monnier.

53 ans.

Elle a perdu ses parents dans un accident de voiture

quand elle avait quatre ans.

Elle a été recueillie par la DASS

et adoptée à l'âge de 8 ans par un certain Robert Monnier.

Bon, le type est introuvable.

Pour l'instant, on le cherche, mais s'il est vivant, il a 85 ans.

Qui lui a fait ça ?

On cherche.

Tu connais quelqu'un qui aurait pu lui en vouloir ?

Non.

Personne. C'était...

C'était une femme extraordinaire.

Lâche-moi.

On aura besoin de prendre votre déposition.

Et celle de votre fils.

Oui. Bien sûr.

Je reprends le boulot dans une heure, il faut...

Visiblement, elle n'a pas le même avis que son fils sur Christine.

Alex, je te présente mon nouveau coéquipier.

Je comprends pas.

Une petite plaisanterie dont l'IGPN a le secret.

Pour notre plus grand plaisir à tous.

J'ai manqué quelque chose ?

Ah, c'est toi ?

Je croyais qu'on avait frappé.

Quoi ?

J'ai de la salade entre les dents ?

Non.

Je me demandais...

Non, impossible, pardon. N'importe quoi.

Pourquoi tu décroches pas ?

Qu'est-ce que tu fais là ?

Ça fait trois jours que tu réponds pas !

- Je suis occupé. - À quoi, exactement ?

À faire le larbin d'Alex ?

Je suis pas son larbin, je suis son bras droit, nuance !

Elle t'a demandé de balayer ?

Non, elle m'a suggéré,

si j'avais le temps.

Je pars quand je veux.

Tiens tu vois, là, je pars.

Elle te traite moins bien que son chien.

Je vois clair dans ton petit jeu.

Tu nous montes l'un contre l'autre !

Sortir ensemble pour la rendre jalouse,

c'est n'importe quoi ! Ça l'éloigne de moi au lieu de la rapprocher !

C'est parce que t'y mets pas du tien !

On va pas se marier pour rendre ça crédible !

On arrête de jouer, c'est fini.

Mais c'est pas possible, Théo.

Je... je suis enceinte.

T'es quoi ?

Je suis enceinte.

Et de qui ?

À ton avis ?

C'est pas possible, on l'a fait qu'une fois.

Il faut croire qu'on est ultra fertiles.

On va faire quoi, maintenant ?

Je me casse, j'ai rendez-vous avec mon père.

Je veux dire, on va faire quoi, avec le bébé ?

Toi, tu fais ce que tu veux, moi, je le garde.

- Tu m'as manqué ! - Toi aussi.

Tous les soirs, je pensais à toi.

Ton corps sur une couverture en mohair...

Samuel...

Ludivine ! Trop belle ! C'est ton Jules ?

Louis Pincé. Et vous êtes ?

Salut, vieux. Dis-moi, elle est où, Alex ?

Elle est partie.

Sinon, ça va, le business ?

Enfin, j'imagine. Des morts, il y en a toujours mais bon...

Tu peux me passer ton portable ?

Elle m'a mis en contact indésirable, et je voudrais lui expliquer...

C'est sans doute qu'elle a pas envie de te voir !

Diane ! T'as pas changé.

Toi non plus.

Tu disparais pendant un an, Alex est dévastée

et t'as le culot de te repointer ici ?

Justement, je voudrais lui expliquer...

Non ! Elle serait capable de t'écouter.

Voilà ce que tu vas faire :

tu prends tes cliques et tes claques et tu redisparais.

On va même pas lui dire qu'on t'a vu.

Ouais. Parce qu'elle a rencontré quelqu'un, et elle est heureuse.

Donc il faut que tu la laisses se reconstruire.

Vous avez raison.

Dites-lui que je l'embrasse.

- Oui. - Non !

- Non. - Non !

Super.

T'es dure avec lui, quand même.

Tu te souviens de l'état dans lequel il l'a laissée ?

Est-ce que quelqu'un peut m'expliquer qui est ce type ?

Je vous laisse.

Je vais t'expliquer, ouais.

Ah, quand même !

Dis donc, cette femme a un corps extraordinaire.

Non seulement elle a une tonicité musculaire hors du commun,

mais les radios montrent un nombre de fractures effarant.

Hein ? Qui ça ?

Ça va, Théo ?

T'es pas un peu tendu, là ?

Tendu ? Moi ?

Pourquoi ? Ça se voit ?

Viens, on va se faire un petit massage.

Hein ? Qui ? Moi ? Vous ?

Nous.

Que faites-vous là ?

Ce garçon est vraiment trop stressé ! Ça tombe bien...

parce que je m'intéressais à Christine

et j'aurais aimé vous poser quelques questions.

J'ai le choix ?

Vous avez l'air de la connaître vraiment bien.

Elle habitait la porte à côté. On a fini par devenir amies.

Elle m'a beaucoup aidée, avec Sélim.

Elle lui faisait faire ses devoirs quand j'étais pas là.

J'ai rarement vu un corps comme le sien.

Elle vous a dit comment elle était devenue si sportive ?

Non.

Elle était plutôt évasive sur le sujet.

Elle m'a juste dit qu'elle avait été pro, à l'adolescence.

Mais votre fils l'aimait beaucoup.

Ça vous posait pas de problème ?

Quel genre ?

Je sais pas, peut-être que vous pensiez

qu'elle s'immisçait un peu trop dans votre vie de famille.

Non, c'est pas ça.

C'est quoi, alors ?

J'ai vu que vous aviez envie de dire quelque chose à l'IML,

et vous l'avez pas dit. Peut-être à cause de Sélim ou...

Pour moi, elle était dangereuse.

En quoi ?

On est sorties un soir, un restaurant dans le quartier.

Je l'avais invitée pour la remercier de ce qu'elle faisait pour Sélim.

On est sorties assez tard, un peu pompettes,

on a été attaquées.

Oh ! File ton sac !

Ils étaient menaçants,

c'est là que j'ai découvert une autre Christine.

Personne n'aurait pu imaginer qu'elle avait cette rage.

Christine ! Arrête !

Viens ! Viens ! Viens !

Si je l'avais pas arrêtée, elle aurait pu les tuer.

Et après ?

Et après, on n'a jamais abordé le sujet.

J'avais peur d'elle, je voulais plus que Sélim la voie.

Mais il était tellement attaché...

Bon, la séance est terminée.

Une dernière chose.

Christine vous a dit qu'elle était sportive professionnelle,

mais c'était quoi, sa spécialité ?

La natation.

Merci.

Allez, viens, rhabille-toi !

Elle a pas du tout le corps d'une nageuse. Elle mentait.

On dirait un fœtus... flottant dans le liquide amniotique, encore naïf...

Alors, quel genre de sport ?

Elle a aussi des traces de fractures mal traitées.

Ça devait être sauvage.

On devrait interdire à une humanité si cruelle de se perpétuer.

Mais qu'est-ce qu'il y a, toi, en ce moment ? Ça va pas ?

Tu te rends compte qu'elle a failli tuer un type à mains nues ?

Ah oui ?

Et où elle a pu apprendre à faire ça ?

À l'armée !

Vous pouvez prendre tout ça en photo ?

On a fait le tour du salon.

Ah bon ? Tu trouves ?

OK.

Ma sœur dit qu'elle a un corps de femme surentraînée.

Un corps de guerrière, genre force spéciale, GIGN, soldat.

Sauf qu'à part des factures, du détergent,

il n'y a rien.

Rien sur son passé. Pas d'armes, pas de médailles.

- Du détergent ? - Au moins cinq bouteilles.

Elle emmagasinait des produits de première nécessité,

farine, boîtes de conserve, eau minérale.

Commandant !

Une connaissance de la victime.

Attendez là, s'il vous plaît.

Guillaume, c'est bon.

Alors ? Vous avez trouvé quelque chose ?

On cherche.

Dis-moi, est-ce que tu sais si Christine avait fait l'armée

ou quelque chose ?

Non, elle bossait dans un centre aéré.

Tu mens ! Arrête de bluffer, mon garçon.

Le trou va te rafraîchir la mémoire.

Je mens pas, elle a jamais parlé d'armée.

File, que je te revoie pas !

Va falloir qu'on mette les choses au point.

Arrêtez de terrifier mes témoins !

Chacun ses méthodes. Vous, c'est le laxisme et la triche.

Et moi, la fermeté et l'exemplarité.

Ouais, bien sûr.

Vous êtes sous mes ordres.

Plaignez-vous à l'IGPN.

Si vous voulez pas

que je parle à votre sœur du retour du mari prodigue,

laissez-moi mener ma barque.

Je sais pas ce qui me retient de vous étrangler.

La loi, peut-être.

D'après mon frère,

elle détruisait tous ses documents personnels.

Pas de passé, pas d'histoire connue.

Elle faisait confiance à personne.

À qui faire confiance dans un monde

où ceux que vous aimez vous poignardent dans le dos ?

Théo ! Quelle forme ! Je sais pas ce que tu as aujourd'hui,

tu irradies, t'es lumineux ! Non, ça fait plaisir !

Vous pouvez pas comprendre.

Ah ? Explique-moi.

Vous avez pas la poisse avec votre horoscope.

Vos collègues sont déjà passés.

On sait, M. Vinaver,

mais on s'est dit

qu'il fallait creuser certains aspects de sa personnalité

pour essayer de comprendre pourquoi on l'a tuée.

C'est vrai qu'elle était spéciale, mais de là à la tuer...

Spéciale comment ?

Christine s'occupait des activités physiques des enfants.

Et ça s'est mal passé ?

Elle poussait les gamins à bout. Certains terminaient en pleurs.

Elle voulait qu'ils découvrent leurs limites.

Des gamins de sept ou huit ans.

Elle disait qu'elle faisait ça pour leur bien,

mais certains parents se sont plaints.

Du coup, on lui a retiré les activités physiques.

Et elle vous avait parlé un peu d'elle, de son histoire ?

Non. Non, elle parlait jamais d'elle.

Son corps nous parle de sévices plus anciens

que ce que je croyais.

Ça remonte à quand elle était gamine.

Elle a pas de passé militaire.

À mon avis, c'est plutôt une enfance brisée à coups de barre de fer, ça.

Son père ?

Peut-être.

Il faut qu'on le retrouve.

Je peux vous poser une question ?

Dans un monde aussi fou,

vous trouvez raisonnable de faire naître des enfants ?

Je suis pas vraiment bien placée pour juger ça, mais...

J'ai pas d'enfant.

Mais justement ! Vous, vous avez fait un choix sensé !

Le seul choix sensé, c'est de jamais mettre d'enfant au monde. C'est ça !

T'es sûr que tu forces pas un peu sur le thé vert, toi ?

Au fait, je l'ai eue, ma grande nouvelle !

Et croyez-moi, je m'en serais bien passé !

OK.

Et toi alors, l'homme de ta vie, t'en es où ?

Eh bien, j'attendrai encore une semaine.

Alors ? Toujours rien ?

Non, toujours rien, voilà !

Pas l'ombre d'un homme.

- C'est désespérant. - T'as bien regardé ?

Parfois, c'est le point de vue.

Exactement !

Des fois, tu peux, comme ça, vivre à côté de quelqu'un

sans vraiment le voir, et un jour, on sait pas pourquoi,

tu te mets à le regarder autrement.

À le regarder vraiment. À voir l'homme sous l'uniforme.

Oui, j'y ai pensé, figurez-vous.

J'ai même envisagé Théo, c'est vous dire mon niveau de désespoir.

Ce Théo-là ? Notre Théo ?

Je le trouve mignon, Théo.

Oui, mais...

Je préfère sortir avec un adulte.

Et toi, Pincé, alors ?

L'horoscope avait raison mais... feu d'artifice !

Stop ! N'en dis pas plus. Merci, merci.

Bon, je vous laisse, j'ai rendez-vous avec Pierre.

Et moi, avec Louis.

Et moi, avec... mes sushis !

Cadeau ! Pour toi !

Un cadeau ? Mais en quel honneur ?

Tu sais pas, c'est... On fête nos six mois aujourd'hui.

Si, je le savais.

- C'est quoi ? - Ouvre.

Des billets de train ? Pour Quimper ?

Le festival des Vieilles Charrettes !

J'ai toujours rêvé d'y aller !

Merci !

Voici une liste de trucs à prendre parce qu'il fait un peu frisquet.

OK.

Résultats des prélèvements.

Tiens.

Merci.

Résidus de fumée toxique ?

Et pas qu'un peu.

Ça veut dire quoi ?

Elle est morte à proximité d'un incendie.

Elle est pas morte étranglée ?

Si.

L'œdème cérébral causé par la compression des veines

entraîne une perte de connaissance lente

et est suivi d'un décès parfois tardif.

Du coup, Christine peut avoir été étranglée juste avant

ou juste après un incendie.

Il faut que j'appelle mon frère.

La priorité est de rechercher si des incendies ont été déclarés

dans la région dans les 24 heures précédant la découverte du corps.

Je vous rappelle que l'endroit où on a découvert le corps

n'est pas l'endroit du crime.

Au boulot, les gars !

Et vous aussi.

Je sais pas ce que vous faites de vos nuits, mais vous avez l'air fatigué.

Vous voyez, quand vous voulez.

C'est un miracle que tout n'ait pas cramé.

- Et c'est le box... - ...de Christine Monnier ?

Vous avez reçu des visites, ce jour-là ?

J'étais pas là.

Mais elle avait sa clé,

elle est peut-être venue en mon absence.

Quelqu'un est venu avec la clé

parce que la serrure était intacte quand j'ai constaté les dégâts.

D'après la police, enfin, vos collègues, c'est criminel.

- Et il y avait quoi... - ...dans ce box ?

Des vieilleries, des papiers.

Des vieux bancs de muscu. Tout un barda.

Elle vous a dit ce que c'était ?

Non. Et j'ai pas demandé.

Je suis pas un fouineur.

"Je suis pas un fouineur."

Vous avez remarqué comme les gens adorent se vanter de leurs défauts ?

Christine a été étranglée dans le box,

puis le meurtrier y a mis le feu, mais il a emporté le corps.

Il l'a nettoyé et il l'a déposé dans la forêt.

Pourquoi tant d'efforts ? Il aurait gagné à le laisser brûler.

C'est plus rapide, plus hygiénique.

Notre assassin n'a pas agi en homme rationnel.

Il devait être très lié avec elle.

Enfance martyrisée, plus lien fort entre le tueur et sa victime...

Il va vraiment falloir rencontrer le papa.

Oui, Doisneau.

Oui, vas-y, je t'écoute.

Voilà.

Merci.

"Examen externe.

"Le corps est celui d'une femme..." OK.

J'ai essayé d'être très factuel.

C'est ce qu'on te demande.

Du coup, le style est peut-être un peu froid.

"Évidence de blessures... Extrémités...

"Tronc... Tête et cou..." Tête et cou.

Qu'est-ce qu'il y a ? Il y a des fautes ? C'est trop sec ?

Non, mais tu mentionnes des taches sur les reins.

Oui, les taches.

Attendez.

Ah ouais.

J'ai l'impression que c'est à la fois plus clair

et plus net qu'hier. Comme une hémorragie sous-cutanée.

Mais tu vois,

quand t'appuies dessus, ça disparaît pas.

C'est des ecchymoses.

On l'a frappée ?

Mais non, sinon ça aurait fait un hématome.

Mais tu vois, la rupture des vaisseaux est très apparente,

mais c'est peut-être la pression des doigts.

Mais pourquoi quelqu'un aurait mis ses mains là,

comme ça, sur les reins ?

À ton avis ?

Maintenant, remarque, on sait ce qu'on cherche.

Ah bon ?

On cherche l'homme !

Mais moi, je suis d'avis de ne rien lui dire !

On ne lui parle pas de Samuel.

C'est à elle de décider.

Non, elle va faire le mauvais choix.

C'est à nous de décider pour elle.

Tu sais que tu ferais un super dictateur ?

Merci. Je le prends comme un compliment, tu sais.

Toi, tu dis rien ?

Laisse tomber, elle rêve de son Pincé. T'y crois ?

Non !

Et vu comme il est crevé ces derniers temps,

ils doivent pas dormir beaucoup.

Mais son horoscope l'avait prédit.

T'es de quel signe ?

- Lion. - Mais non ! Comme moi !

Alors figure-toi

que tu vas rencontrer la femme de ta vie cette semaine.

- Merde. - Quoi ?

J'avais déjà pas assez de ma sœur et d'Iggy sur le dos,

il manquait plus que la femme de ma vie !

Mais t'as les épaules pour.

Excusez-moi, faut que j'y aille.

Tu vas où ?

Parfois, il faut donner un petit coup de pouce au destin.

Bonsoir.

J'ai l'impression que vous vous ennuyez...

Il est comment, Louis, dans le travail ?

Tu as vu comme il est félin, quand il marche ?

On dirait un guépard.

Tiens.

Merci.

Tu voulais me dire quoi ?

J'ai réfléchi.

Tu trouves ça sérieux d'élever un enfant

dans un monde où la banquise est en train de fondre ?

Où les partis fascistes progressent partout ?

Et où le scrabble a été remplacé par les jeux vidéo ?

C'est mon corps, je fais ce que je veux.

Ouais, enfin,

en tant que père, j'ai mon petit mot à dire, non ?

Non.

T'es chiante...

Ça a empêché personne de faire des bébés.

Regarde mon père.

Si finalement tu veux avorter, j'irai avec toi à l'hôpital.

Et...

si tu veux le garder, je te laisserai pas tomber.

Quoi que tu choisisses, je serai là.

Alex ?

Ça t'embête si je dors avec toi ?

Parce que le canapé, je...

Non. Viens.

Alors, ta soirée ?

On t'a attendue, tu sais.

Je suis restée à l'IML.

Il y a quelque chose

qui me bouleverse dans le corps de cette Christine.

Et vous, c'était sympa ?

Oui, très.

Diane est partie à l'abordage de l'homme de sa vie.

- Et ? - Je suis rentré.

Si tu recroisais Samuel,

tu serais capable de recraquer ?

Jamais !

- T'es sûre ? - À 1 000 %.

Mais tu sais, n'importe qui serait tombé dans le panneau.

Tu te souviens, quand il m'avait offert les 80 pétunias ?

Comment j'aurais pu me douter que c'était ceux du maire ?

Et quand il avait son vélo-trompette,

le boucan qu'il a fait dans le quartier !

Non mais tu te souviens ?

L'assassin a voulu faire disparaître quelque chose du box,

mais pas le corps.

Et il a couvert ses traces.

On a affaire à un homme méthodique, rationnel.

Ouais, mais il a quand même pas eu le cran de brûler le corps.

Peut-être il l'aimait ?

Peut-être c'était son père ? Ou un amant ?

On aurait bien un mobile,

mais beaucoup plus terre-à-terre.

Christine avait souscrit une assurance vie.

Et qui remporte le jackpot ? Sélim !

Il l'adorait !

Mais sa mère, non. Elle était surendettée, jalouse.

Son fils aimait beaucoup trop Christine.

Elle était comme une seconde mère pour lui.

Nadia a pu péter un plomb.

Bonjour, bonjour.

Alors, l'homme de ta vie ?

Il porte une robe de chambre

et a trois paires de charentaises sous le lit.

Le destin ne fait pas toujours bien les choses.

Te moque pas.

Une assurance vie ?

Vous êtes les seuls proches qu'on lui connaisse,

vous et Sélim.

Je n'y ai jamais pensé...

Et puis, on était plutôt en froid, ces derniers temps.

Au point de la tuer ?

C'est n'importe quoi !

En froid comment ?

Elle vous a pas dit, votre collègue ?

Quelle collègue ?

La fille qui nous a montré le corps, elle est venue me voir.

Je vais répéter ma question :

en froid au point de la tuer ?

T'étais où, l'après-midi du 9 ?

Je vous l'ai déjà dit. J'étais seul, je me baladais.

Ceux de ton âge ne se baladent pas.

Ils fument des joints ou jouent à la PlayStation.

Mais vous êtes vraiment un psychopathe.

Peut-être.

Mais là, on va plutôt chercher à savoir si toi,

tu es un psychopathe capable de tuer des quinquagénaires.

Est-ce qu'elle t'avait parlé d'une assurance vie, Christine ?

De l'argent que tu recevrais à sa mort

pour payer tes études de photo ?

Quoi ? D'une assurance vie ?

Non.

Vous étiez au boulot.

Or, vous avez eu une pause entre 13 h et 14 h.

Christine est morte dans ces eaux-là.

Vous me soupçonnez ?

Naturellement, chère madame.

On vous interroge juste, c'est la procédure.

Vous êtes surendettée,

vous étiez jalouse de la relation de votre fils avec Christine,

et vous n'avez pas d'alibi.

C'est le tiercé gagnant !

Je l'ai pas tuée ! J'étais au boulot avec une cliente.

Son nom ?

J'attends.

Pourquoi tu dis rien ?

Mais parce que j'ai rien à dire ! Il nous accuse de meurtre !

Je devrais coopérer avec ce mec-là ?

Si tu veux pas finir au dépôt, oui.

Bon, OK, je parle s'il s'en va.

Alors ?

On a pu confirmer l'alibi de la mère.

Pas celui du fils. On va le surveiller.

Je voulais dire : alors, nous deux ? Notre duo, pas mal, non ?

Comment ça ?

Good cop, bad cop, ça marche plutôt bien, finalement !

Pourquoi s'éloigner du commissariat ?

Pour une question d'hygiène. C'est très pollué, figurez-vous.

Tiens...

Et toi, le jour du meurtre, qu'est-ce que tu faisais ?

J'étais en forêt, j'étais avec un pote, on grimpait aux arbres.

Mais ma mère, elle aime pas trop.

Des arbres de 15 mètres, il monte sans protection.

Je croyais qu'il avait arrêté.

C'est Christine qui t'a appris ça ?

Oui.

À mains nues, avec une sangle.

Tu sais d'où elle tenait ça ?

Alors là, non, je sais pas. Enfin...

Mais elle disait tout le temps :

"Dans une zone à risque, toujours chercher un poste dominant."

- Elle était cinglée. - Non,

elle était prévoyante !

Elle était préparée à chaque éventualité.

C'est quoi, le problème ?

Hein ?

Elle, elle m'a toujours soutenu.

Et le copain qui était avec toi, il pourra témoigner ?

Je sais pas s'il voudra.

Pourquoi ?

Parce que...

il veut pas dire à ses parents qu'on est ensemble.

Pourquoi ?

Parce qu'on est ensemble. On s'aime.

Ça va, j'ai compris, mais pourquoi il veut pas le dire ?

Vous savez, deux garçons, en général,

les parents aiment pas trop ça.

Ça me va, tu sais. T'inquiète pas.

Mais j'ai des photos datées, numériques.

- Ah bon ? - Ouais.

Et t'as des photos de Christine ?

Ouais.

Juste là.

Elles sont belles !

Merci.

Et là ? Là, c'est qui ? C'est où ?

En bas de chez elle.

Mais je l'espionnais pas, je...

Enfin voilà, je prenais des photos pour montrer la rue,

les saisons qui passent.

Et un jour, j'ai vu Christine avec cette femme.

Elle t'a dit qui c'était ?

Non.

Dis donc, elle très musclée !

Je vais noter la plaque d'immatriculation, on sait jamais.

C'est quoi, le nom de ton copain ?

Thomas.

- Thomas comment ? - Thomas Ladies.

Comment vous l'avez fait changer d'avis ?

L'expérience, Pincé, l'expérience. Et le tact.

Vous avez identifié la plaque incomplète ?

Ouais. Voilà.

Bravo.

C'est l'heure du goûter !

Tournée générale ! Tiens.

Merci, Alex.

- Mademoiselle. - Merci.

- T'en veux ? - Ouais, merci.

Qu'est-ce que vous foutez là ?

J'ai acheté des chouquettes pour mon frère et son équipe.

Bon, arrêtez-moi, qu'on en finisse.

J'adore les chouquettes.

Merci.

On a le nom de la visiteuse de Christine.

Caroline Brac.

- Oui ? - Madame Brac ?

C'est pour mon mari ?

Non. C'est vous qu'on vient voir.

Moi ?

Pourquoi ?

C'est au sujet de Christine.

Vous la connaissiez ?

Christine Monnier.

Oui.

Rentrez, allez-y.

Merci.

Je voulais aider ces enfants et me rendre utile.

Alors j'ai aidé Christine au centre aéré.

Puis on a sympathisé.

C'est pour ça qu'elle vous a invitée chez elle ?

Pardon ?

Vous êtes allée chez elle, on le sait.

On a même la date. C'était une dizaine de jours avant sa mort.

Oui, enfin, avant son assassinat.

C'est la vérité.

Elle a été assassinée. Et avec les mains.

Bonjour. Daniel Brac. On a appris aux infos.

La dernière fois que vous l'avez vue,

elle était comment ?

Normale. Un peu déçue,

car je quittais le centre.

Pourquoi ?

Les enfants en difficulté, c'est trop dur.

J'étais pas à la hauteur.

C'est pas toujours gratifiant de s'occuper d'ados.

Vous êtes très sportive.

Daniel est entraîneur. J'essaie de me maintenir en forme.

On pratique tous les deux.

Mais enfant, elle était comment, Christine ?

Garçon manqué ?

Comment je le saurais ?

Vous étiez à l'école ensemble !

Je l'ai rencontrée il y a deux ans.

Ah non, pardon, j'ai dû m'embrouiller dans mes dossiers.

Merci.

- Au revoir. - Au revoir.

C'était quoi, cette histoire d'école ?

La mort de Christine a un lien avec son enfance, ça, on le sait.

Et puis, t'as vu les photos de Sélim,

les bras de Caroline, les muscles de son cou.

Oui.

C'est elle qui aurait pu tuer Christine ?

J'en sais rien.

Mais tout ce que je sais, moi,

c'est que j'ai jamais vu de femme aussi musclée de ma vie.

Et là, on en rencontre deux en trois jours, dont une est morte assassinée.

- On va où ? - On remonte le temps.

On va là où Christine a grandi.

On a retrouvé le type qui l'a adoptée, Robert Monnier.

Foutez le camp ! C'est une propriété privée !

Doucement, monsieur ! Police ! Commandant Doisneau !

Foutez le camp !

C'est au sujet de votre fille, Christine !

Ma petite Christine...

Qui est-ce qui me l'a tuée ?

C'est ce qu'on aimerait bien savoir.

Vous faites des réserves ?

Je fais des réserves de tout.

Avec tous ces salopards qui nous gouvernent, il faut se tenir prêt.

À quoi ?

Vous regardez pas les infos ?

Le monde est en train de s'effondrer et eux, là,

ils restent là, les bras croisés.

Du coup, vous vous préparez ?

Faut bien. Personne le fera pour moi.

Quand je suis rentré d'Indochine, on m'a aidé ?

J'avais perdu 15 kilos, j'arrivais pas à dormir.

Mais la patrie, là, vous croyez qu'elle m'a tendu la main ?

Rien !

J'ai vécu sans un rond, avec de sales idées plein la tête !

Et ma femme m'a quitté au bout d'un an.

C'est pour ça que vous avez eu envie d'adopter, non ?

J'en pouvais plus d'être seul.

Christine a fait l'armée ?

L'armée ?

Jamais je l'aurais laissée faire !

Donc, vous lui avez appris à se débrouiller seule.

Ouais.

Pour la préparer à l'enfer qui nous attend. Tous.

Vous étiez encore en contact avec elle ?

Un jour, ils ont disparu et je les ai jamais revus.

"Ils" ?

Oui.

J'en ai eu trois, des gamins de l'assistance.

Il va falloir qu'on parle aux deux autres gosses.

Suspects potentiels ?

Peut-être, ou un proche.

En tout cas, ça a forcément un rapport

avec ce qui s'est passé ici.

Et le père, tu crois qu'il a été capable de tuer sa fille ?

Je pense pas, moi.

J'en sais rien.

Mais il y a quand même la scène de crime avec l'eau de javel,

et t'as vu chez lui ? Tous ces détergents !

Non, ce type est un maniaque.

Et un paranoïaque, aussi.

La guerre l'a rendu complètement cinglé.

Il vit dans l'idée d'une catastrophe imminente.

Il a dû inculquer ça à ses gamins.

Et il les a entraînés comme à la légion.

Regarde Christine, avec les gosses du centre aéré

qu'elle poussait à fond,

ou Sélim qu'elle faisait grimper aux arbres.

Ou même son corps à elle, avec ses plaies, ses blessures...

- Ça colle ? - Ouais.

Je suis désolée, j'ai pas grand-chose sur lui.

Juste une fois, le signalement de son frère.

Il disait que Robert Monnier

entraînait les gamins comme des soldats.

Il les faisait défiler, il leur apprenait à manier des armes.

Les services n'ont rien vu d'anormal

quand ils sont venus le contrôler.

Christine... Agrément donné en 1974.

Et les deux autres frères ?

Et les deux autres. Sébastien Lamarque, en 76.

Et en 77, Martin Delmas.

Martin Delmas !

C'est le garde-forestier qui a découvert le corps.

Il était complètement choqué.

Parce qu'il la connaissait.

Oui, ou parce qu'il l'a tuée.

Pourquoi vous nous avez pas dit que vous connaissiez Christine ?

Vous la connaissiez même très bien.

Vous avez grandi ensemble, chez Robert Monnier.

Vous êtes arrivé là-bas en 1977,

et vous y êtes resté huit ans.

Pourquoi est-ce que vous avez fugué de chez votre père adoptif ?

Martin ?

Martin ?

Est-ce que vous êtes bien conscient de ce qui se joue ici ?

On le met en garde à vue ?

Il sera peut-être plus coopératif après une nuit en cellule.

En même temps, apparemment, ce mec en a vu d'autres.

Salut, à demain !

Il y a quelqu'un ?

Samuel ?

Qu'est-ce que tu fous là ?

Je passais dire bonjour.

Tu disparais pendant un an et demi et tu reviens pour dire bonjour ?

Tu te fous de moi ?

Relax ! Je vais tout t'expliquer !

Il y a rien à expliquer,

à part que t'es qu'un salopard !

Non mais t'imagines ?

L'angoisse que je me suis faite pour toi avant que je réalise

qu'en fait, tu t'étais juste conduit comme un lâche ?

- Je croyais que t'étais mort ! - Attends,

parce que là, il y a un gros malentendu.

Figure-toi que je nettoyais mon bateau

quand un type que je connais s'est pointé.

Alors je te passe les détails de ce qui s'est passé,

mais pour une raison X, ce gusse a estimé,

à tort ou à raison, je sais plus, que je lui devais de l'argent.

Alors, j'ai coupé la corde

et j'ai laissé le bateau partir. T'aurais fait quoi ?

J'aurais passé un coup de fil !

Ouais.

Ouais, aussi... Ouais, c'est vrai.

Mais figure-toi, j'y ai pas pensé parce que...

Parce que ?

Je sais pas, Alex. L'appel du vent.

L'appel de l'eau.

Le ciel, il était immense

et je me suis imaginé comment c'était derrière.

La mer de Chine, la Voie lactée.

Et j'ai plus pensé à rien d'autre qu'à ça, au mouvement, à partir.

Ça m'a fait beaucoup de peine.

Ça n'a pas été qu'une partie de plaisir

pour moi non plus.

Je me suis fait courser par des lézards géants,

j'ai été recherché par la police indonésienne

et là-bas, ils rigolent pas.

Midnight Express, à côté, c'est le Club Mickey !

Une vieille dame m'a tondu.

Va-t'en ! Va-t'en avant que je t'égorge !

Attends, parce que... Je vais te reconquérir, Alex.

J'ai appris le banjo en Géorgie,

parce que j'ai dû y aller. En fait...

J'ai déjà quelqu'un.

L'empailleur ?

Comment tu sais ?

Tu m'espionnes, en plus ?

Tu rigoles ou quoi ?

C'est juste qu'en fait, je passais par là...

Va-t'en.

- Sûre ? - Oui ! Maintenant !

- Sûre, sûre ? - Allez.

OK.

T'attends quelqu'un ?

Oui, l'homme de ma vie.

- Ça risque d'être long. - Je te remercie.

Tu vas pas y retourner, hein ?

Où ça ?

Samuel, tu vas pas retomber dans ses bras ?

Non mais t'es folle !

Je suis avec le mec le plus gentil de la Terre.

Pourquoi me fourrer dans les emmerdes ?

Ça te ressemble bien, non ?

Tu me connais mal !

D'ailleurs, mon horoscope me l'avait dit :

je sais ce que je veux et je vais droit au but.

Oui, c'est vrai.

Vas-y, fonce !

À demain.

À demain.

Si on met Martin Delmas face à la réalité,

il pourra plus se défiler.

On fait ça comment ?

On pourrait lui faire passer des radios.

S'il a subi les mêmes violences que Christine,

son corps en gardera les traces.

Je sais pas s'il avouera le meurtre,

mais il nous dira ce qu'ils ont vécu là-bas.

Parce que moi, je suis sûre

que c'est là-bas que tout s'est joué, dans cette maison.

Tu trouves que je suis trop dur avec Iggy ?

Quel cauchemar...

Qu'est-ce que je vais faire ?

Je vais l'emmener chez le psy, hein ?

Je vais lui donner une fessée ?

Qu'est-ce que je vais dire à mon fils ?

Sérieusement, on aucune raison d'être ici.

C'est hyper dangereux ! C'est limite un suicide collectif.

Je te demande juste de surveiller et de me prévenir.

C'est pas James Bond !

Vous avez conscience

que vous me faites prendre des risques inouïs ! Que... Quoi ?

Ils sont là ?

Notre mission commence ici. Je compte sur toi, 007.

La radiologie ?

Docteur Frappart, Martin Delmas. Je vous le laisse.

Vous êtes ?

Sabrina Marquès, je suis médecin référent de la police.

Je suis là pour M. Delmas.

Ah bon ? Ils m'ont rien dit.

Qu'est-ce qui a pu arriver à ce type

pour avoir un corps et ces blessures ?

C'est exactement la question qu'on se pose.

- Il est où, d'ailleurs ? - À côté.

M. Delmas ?

Vous me remettez ?

Je suis la légiste, c'est moi qui m'occupe du corps de Christine.

Il faut pas avoir peur.

Je vais pas vous étrangler.

Ah, vous parlez ? Ça fait plaisir.

Mon frère m'a dit que vous n'aviez pas ouvert la bouche.

Que voulez-vous ?

Là, avec moi, j'ai les radios de Christine.

Je viens de voir les vôtres à l'instant.

Elles se ressemblent, c'est étonnant.

Ces déformations de la colonne,

ces fractures.

Qu'est-ce qui vous est arrivé ?

Qu'est-ce qui s'est passé ?

Qu'est-ce qu'on vous a fait ?

Vous voulez vraiment savoir ?

Oui.

Le vieux nous forçait à nous battre entre nous, au couteau.

Quand on se blessait, on n'allait pas à l'hôpital.

C'est lui qui nous recousait.

Sans anesthésie.

Je sais, j'ai vu...

Et pourtant, vous avez continué les entraînements.

Comme Christine. Même après votre départ. Pourquoi ?

Il nous a programmés pour ça !

Oui, mais il ne s'agit plus de votre enfance.

Christine est morte assassinée !

Par un type qui pourrait avoir vos mains !

Il faut nous dire ce qui s'est passé !

On s'est enfuis, on est partis chacun de notre côté,

puis on s'est plus vus.

Mais je voulais retrouver Christine parce que...

Parce qu'elle me manquait trop.

Mais elle était pas sur les réseaux sociaux

ni dans l'annuaire.

Et puis un jour, je...

j'ai vu son nom sur le site d'un centre aéré, alors...

J'ai appelé, c'est tout.

Vous en vouliez à Christine parce que c'était la préférée

et c'est la seule que Robert Monnier avait adoptée.

Non.

Monsieur Delmas, surveillez bien vos fractures, s'il vous plaît.

Ça y est, Alex a revu Samuel. Je le sens pas du tout.

J'ai regardé ses yeux après qu'elle l'a croisé.

Ils étaient comment ?

Mydriase. Pupille dilatée à 45 %.

45 ? Merde...

Salut, Pierre ! Tu tombes bien.

Je cherche Alex.

Viens, rentre.

Tu veux qu'on lui prenne un message ?

Oui, un petit mot doux, drôle, spirituel...

Ouais, mais en même temps romantique, émouvant.

Non, je voulais juste la prévenir

qu'elle prenne une bouillotte pour les concerts.

La météo, là-bas, elle est un peu traître.

Bonne idée,

mais tu pourrais aussi faire un truc un peu plus...

inattendu.

Tu la connais, elle adore les surprises. Les trucs loufoques.

Les propositions un peu dingues.

Tu pourrais écrire "je t'aime"

sur une peau de raton laveur.

Ouais ! Ou tu pourrais lui faire un...

un petit mouchoir en intestin de loutre.

C'est bien, ça !

Je vois très bien parce que ma mère était pareille.

Ah ouais ?

Alex, elle aime les trucs imprévus, les plans imprévus.

Foireux, même.

Les propositions un peu folles...

Voire pourries.

Les trains qui déraillent, les voyages en montgolfière,

les routes qui mènent nulle part.

Exactement !

Ouais, t'as tout compris !

Eh bien non. Ça, c'était l'ancienne Alex.

Quand elle était avec son ex. Et elle m'a dit qu'elle le détestait.

Alors, je vais faire le contraire. Je vais lui offrir du prévu.

Voilà ! Des trains qui arrivent à l'heure.

Des routes toutes droites, tracées comme ça.

Ça va marcher.

OK ? Merci les filles !

De rien.

Putain...

- C'est pas gagné. - On est mal barrées.

Il y a rien par là.

Antoine ?

"Je brûle de toi, mon amour. Christine"

Et il y en a tout un paquet.

Théo.

Théo ! Théo !

Commande une pizza, on en a pour un moment !

Quoi ? Pourquoi ?

Regarde.

Des lettres. Des dizaines de lettres qu'elle a écrites à Martin Delmas.

Faites voir.

"Le goût de tes baisers m'a rendue au monde,

"l'odeur de ta sève contre mon corps brûlant.

- "Ta langue douce..." - C'est bon, là.

Ouais.

C'est chaud.

- Vas-y. - J'y vais.

Pourquoi vous nous avez caché tout ça ?

Ça regardait que nous.

Vous lui répondiez ? On n'a rien trouvé chez elle.

Moi, je sais pas bien écrire.

Je fais plein de fautes d'orthographe et j'ai...

J'ai une écriture horrible.

Elle, elle écrivait bien.

On sait que chez Robert Monnier, vous avez grandi avec Christine,

mais aussi avec Sébastien. Il est où, Sébastien ?

On l'a cherché, mais il a disparu de la circulation depuis longtemps,

depuis trente ans.

J'en sais rien.

C'est Christine qui était en contact avec lui.

Oui, mais elle vous parlait de lui dans ses lettres,

et elle l'appelait Daniel, aussi.

Pourquoi ?

Il avait changé de nom.

Depuis la fugue, moi, je l'ai jamais revu.

Ça m'intéressait pas.

Seule Christine m'intéressait.

On s'aimait depuis qu'on est ado,

on s'était retrouvés, on était tous les deux.

Ouais, on a été bien naïfs.

Parce qu'on a pensé que comme on avait beaucoup souffert,

on avait droit...

On avait droit à un peu de bonheur.

Mais c'est pas pour nous, ça.

Les gens comme nous...

Les gens comme nous, on n'a droit qu'au malheur.

J'ai noté des trucs à emmener

et je t'ai préparé une petite liste pour tes affaires.

- Tiens. - Merci.

Chemise de nuit chaude, chaussettes en laine, parapluie, ciré...

C'est bon, quand même, je sais faire une valise.

Oui, je sais, mais dans le Finistère,

la météo est un peu trompeuse.

Alors du coup, la météo, ils te font "il va faire beau"

et le soir, il fait quand même très froid.

Mieux vaut prévenir que guérir.

C'est sûr.

"Bouillotte. Sous-vêtements léopard..."

C'était une blague

pour voir si t'allais jusqu'en bas de la liste.

Après, si t'en as...

Samuel ?

Ça va ?

Tu m'as pété l'épaule.

Tu t'en remettras.

Et si je fais une hémorragie ?

La jugulaire, c'est là !

Tu me regretteras un peu ?

Non ! J'irai danser sur ta tombe, même.

Tiens, c'est un cadeau que je voulais te faire ce soir.

C'est adorable !

Mais ça change rien !

Tu demandes pas où je les ai eus ?

Non !

Si...

À Lombok.

J'ai mangé une soupe aux yeux de crocodile,

je les ai gardés pour toi.

C'est des yeux de rat.

Oui, de rat.

Mais pourquoi ce soir, absolument ?

C'est notre anniversaire de mariage.

15 septembre.

Bon anniversaire, mon amour !

Ça a pas l'air d'aller très fort !

T'as pas une mine réjouissante non plus.

T'as vu Pierre ?

Ouais. Et Samuel.

Et alors ?

Pierre est vraiment gentil.

Oh là là, ça commence mal.

On tombe amoureux des gens gentils ?

Oui, moi ! Il est rassurant, fiable.

Il a même un peu de fantaisie dans son genre bizarre.

Mais Samuel, je sais pas...

C'est une planche pourrie.

Je sais.

Qu'est-ce qu'il nous aura emmerdés, celui-là !

Dépêche-toi, Alex.

Merci !

Allez. En tout cas, pas un mot à maman de ma femme.

Ni du fait qu'on dort chez toi.

OK. Mais toi, pas un mot sur Samuel.

Tu la connais,

elle risquerait de l'inviter à tout bout de champ !

Ouais.

Monsieur ! Comment ça va ?

Bonjour.

- Bonjour. - Maman.

Vous avez l'air fatigués, tous les deux.

Et Véronique ?

Elle a dû conduire le petit à l'équitation.

Je vais croire qu'elle n'aime pas ma langue de bœuf.

Bonjour !

Tiens, tu as ramené ta petite stagiaire ?

- Ingrid, c'est ça ? - C'est ça !

Bon, entrez, j'ai une surprise.

Ma fille est une ingrate,

mais moi, je vous ai pas oublié, mon petit Samuel.

Sympa.

Salut.

Salut.

Alors, Samuel, votre voyage, c'était bien ?

J'ai beaucoup baroudé en Asie.

C'était pas toujours simple.

Les gens, vous savez...

M'en parlez pas ! Mon pauvre.

Sans compter qu'Alex m'a beaucoup manqué.

Ah, tu vois ?

Je vois quoi ? Arrête, maman.

Tu vas encore te faire embobiner, comme d'habitude !

Si je lui avais manqué, il m'aurait appelée.

Au moins une fois. Tu crois pas ?

Oui, alors, je te comprends, mais quand je me suis fait kidnapper,

je pouvais pas téléphoner.

Et j'ai été arrêté par la police, en Indonésie.

Très dure, soit dit en passant, la police indonésienne.

Je pouvais pas appeler.

Tu vois ?

Je vois que c'est toujours un gros baratineur !

Si tu insultes les gens au lieu d'essayer de les comprendre,

t'étonne pas qu'ils s'enfuient !

Je passe ma vie à essayer de les comprendre, les gens !

C'est mon boulot.

Oui, si je peux me permettre, c'est des morts.

Ça fait quand même une petite différence. Je dis ça...

Oui ?

Moi aussi, j'ai quelque chose à dire.

Bien.

Je suis enceinte.

Tu vas devenir grand-père.

Et vous, arrière-grand-mère.

Pardon ?

Félicitations !

Antoine ? C'est une plaisanterie ?

T'as bien foutu la merde, toi !

Tu peux parler !

En même temps, la tête de la mamie...

Rien que pour ça, ça valait le coup !

Carrément !

Ton père, c'est un bon gars, tu sais ?

Lui raconte pas n'importe quoi.

Comment tu sais ?

Je suis l'inventeur du n'importe quoi !

Un bébé... elle m'aura tout fait.

Et en même temps, c'est merveilleux, non ?

Non, c'est pas merveilleux.

Pas à 17 ans, et pas avec ce...

Elle aurait pu tomber sur quelqu'un de pire.

- Ah bon, tu trouves ? - Ouais.

Il est gentil, poli, serviable.

Et amoureux de toi.

Mais qu'est-ce que tu racontes ? Mais t'es fou !

T'es toujours à la ramasse avec les mecs.

Tu vois jamais rien !

À la ramasse ?

Oui ! Tu choisis toujours le mauvais cheval.

Entre mille bêtes, tu prendras toujours celle qui a la peste.

Je vais la tuer. Je vais les tuer !

Et en même temps, elle a aucun signe de grossesse.

Ça veut dire quoi, ça ?

Tu crois qu'elle a tout inventé ?

C'est possible.

Elle a des vrais problèmes psychiatriques alors, comme sa mère !

Mais non, elle veut juste créer un lien avec toi.

Quitte à t'en faire voir de toutes les couleurs.

Il est bon ton sandwich, Théo.

Merci, je l'ai fait avec...

Enfin, avec du pain et de la moutarde.

Martin a été relâché. Ils attendent un complément d'enquête.

Vous pensez que c'est lui ?

Il a peut-être pas supporté ce torrent d'amour

et il a pété les plombs.

C'est un peu tordu, non ?

Si on procède par élimination,

il nous reste Caroline Brac.

Oui, mais c'est une femme.

Et si...

Et si Sébastien/Daniel avait changé de sexe ?

Mais j'y pense, le mari de Caroline Brac, il s'appelle Daniel !

On n'attend pas votre frère ?

Si ce mec est un psychopathe, on sait pas comment il peut réagir.

C'est légal, ça ?

Non, mais c'est hyper efficace. J'ai testé récemment.

Putain...

Quelqu'un crie au secours !

- J'ai rien entendu ! - Si, t'entends pas ?

- Non. - Cas de force majeure.

Quoi ?

Vous faites n'importe quoi, c'est de la folie.

On va pas là-bas !

Vous savez ce qui se passe dans la cave des psychopathes ?

Non.

Voilà, justement, on sait pas.

Mais t'es trop stressé, Théo.

Moi ? Non, je suis pas stressé, je suis inquiet pour vous,

parce que vous êtes une femme et...

Tu sais quoi, t'as qu'à y aller le premier, alors.

Ouais. Aucun souci.

C'est mon mari qui l'a construite.

Je m'entraîne six heures par jour.

Il vous force ?

Non.

Je me sens tellement mieux depuis. Tellement plus forte.

Je contrôle mon corps.

Mais il se passe quoi, si vous lâchez l'échelle ?

C'est là qu'on comprend qu'on peut pas lâcher.

Vous seriez surpris de voir ce que la volonté permet de faire.

Et vous trouvez ça normal, comme entraînement ?

Vous comprenez pas. Il le fait par amour.

Quand on s'est rencontrés, je sortais d'une relation difficile.

Mon mari me battait.

Daniel m'a appris à plus être une victime.

À sculpter mon corps, à le maîtriser entièrement.

Il m'a libérée.

Il a fait de vous sa Christine.

Daniel lui a écrit il y a 20 ans, pour lui donner son nouveau nom.

Mais à l'époque,

elle voulait pas renouer avec son passé.

Et puis un jour, il y a deux ans, c'est elle qui l'a rappelé.

Elle est venue ici.

Daniel était hyper heureux de la revoir.

Et vous ?

On s'est rapprochées.

C'est elle qui m'a proposé de travailler au centre aéré.

Elle était un peu mon modèle,

j'aimais sa force, son énergie.

Vous avez compris que votre mari

essayait de faire de vous une sorte de double de sa sœur ?

Et qu'il l'aimait ?

Alors vous l'avez tuée ?

Non ! Non, je l'ai pas tuée !

Je lui ai juste dit de sortir de nos vies.

Je l'ai agressée, mais elle m'a écoutée,

elle a essayé de me comprendre.

Enfin, elle compatissait.

Je me suis même dit qu'on aurait pu être amies.

Mais Daniel, elle... elle l'obsédait.

Et quand il a compris qu'elle était amoureuse de Martin...

Ça l'a rendu fou.

Ils avaient essayé de le ménager,

de garder leur histoire secrète.

Ils avaient reformé le trio de leur enfance.

Mais il est où, Daniel, là ?

Il est parti faire sa randonnée.

Ce matin, Martin l'a appelé, il le cherchait.

Et vous lui avez dit où il était ?

Oui.

Le sentier principal. Ouais.

Dans la forêt, derrière la maison !

Attendez, là !

Martin nous a menti.

Il nous a rien dit pour pas qu'on remonte à Daniel.

Il voulait s'en charger lui-même !

T'entends, Théo ?

On ferait mieux de les attendre, non ?

Arrêtez ! Arrêtez, Martin !

Vous allez finir en taule ! Lâchez-le !

Lâchez-le !

Ils sont là-bas !

OK, c'est bon !

À 17 ans, on s'est enfuis,

chacun de notre côté.

On a lu vos antécédents, ouais.

Chapeau ! Délinquance, violence.

Pour échapper à la justice,

vous vous êtes arrangé pour changer de nom, de région,

puis vous êtes revenu.

Vous avez découvert

que Christine et Martin n'avaient jamais cessé de s'aimer.

Daniel a dit à Christine

qu'il aimerait revoir des photos de leur enfance.

Ils sont allés tous les deux au box.

C'est là qu'elle lui a avoué que... qu'elle aimait Martin.

Il l'a étranglée

et a mis le feu au box pour pas qu'on fasse le lien.

Puis il a lavé soigneusement le corps de Christine avec du détergent,

comme leur père leur avait appris.

Et il a déposé son corps dans la forêt,

là où ils avaient grandi.

C'est à cause d'Alex. J'étais jalouse.

J'ai voulu me venger, alors j'ai inventé ce truc.

Tout ça, c'est pas vrai ?

- Non. - Je vais pas être père ?

Tu dois être soulagé !

Ouais, grave !

Mais en même temps, je suis un peu déçu.

Je commençais à me faire à l'idée.

On peut recommencer, si tu veux.

C'est surtout que Diane m'avait annoncé un événement

qui allait bouleverser ma vie, et comme je crois en l'astrologie...

Et tu sais ce que c'est, cet événement ?

Non, du coup.

Je te paye un burger.

Ouais. Super.

Et je t'aime bien.

Moi aussi, je t'aime bien.

Je t'aime beaucoup. Je t'aime, tout court.

Ouais, OK, bon, calmos.

On va y aller petit à petit, on va commencer par un burger.

Vous avez raison.

Christine qui a renoué avec son passé, c'est ça qui l'a tuée.

J'espère que ça va pas t'arriver.

T'es dingue ! Je vais vers l'avenir, moi.

- Aux Vieilles Charrettes ? - Ouais !

C'est bon, t'as tout ? Alors. Sept paires de chaussettes ?

- Ouais. - Mouchoirs ?

Trois gros pulls en gros lainage ?

Ouais.

Et les sous-vêtements léopard ?

N'empêche, ton horoscope avait raison.

Parce que moi, je sais pas trop ce que je veux, mais là,

je suis sûre que je pars avec la bonne personne.

Pour moi, que ça ne marche pas.

Je devais rencontrer l'homme de ma vie, rien.

Nada. Où est-il ?

J'y vais, c'est Pierre.

Profite !

- Allez. - OK.

Attends. Allô ?

Ah oui ! Et toi, as-tu rencontré la femme de ta vie cette semaine ?

Moi... je... Peut-être.

C'est Samuel ! Il est au poste !

Oh non...

Et c'est reparti.

J'y vais. J'en ai pour cinq minutes.

Le train est dans 45 minutes.

On doit y être 15 minutes à l'avance.

Sinon, les gens mettent leurs bagages partout

et il y a plus de place pour nous.

OK.

- Cinq minutes ! - Oui.

C'est raté pour les 15 minutes d'avance !

Ouais.

Pierre, je te présente Samuel.

- Salut, Pierre. - Salut, Samuel.

Je veux surtout pas vous retarder.

Je profite du trajet,

j'aimerais prendre le même train que vous.

J'ai pas de billet, mais des gars en vendent à la sauvette.

Voilà, je vais me débrouiller.

Vous vous apercevrez pas que je suis là.

Super.

Et vous allez où ?

Si c'est pas indiscret, bien sûr !

Loin, très loin... Et sans toi.

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