All language subtitles for Alexandra.Ehle.2018.S04E01.FRENCH.1080p.WEB.H264-TFA

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Original subtitles

Alors, aujourd'hui,

nous allons apprendre la recette de la tête de veau pochée.

- T'es sûre? - Certaine.

Pour moi, l'amour, c'est terminé, j'en ai trop bavé.

Tu te souviens, Cédric, là, le mytho qui me faisait croire

qu'il était astronaute?

- Ah! Oui!

- Et Pierre, qui triait ses caleçons par nuances de bleu.

- Et Samuel...

- Ah! Oui, et Samuel...

- Oui.

- Alors, attention,

âmes sensibles, s'abstenir.

♪ ♪ ♪

Alors, d'abord, il va falloir inciser le haut du crâne

sans trembler.

- Mais... je suis d'accord avec toi,

l'amour, ça rend fou.

Regarde Diane.

- Pfft! Elle est partie en vacances, on va quand même pas

la plaindre.

- Non, enfin, elle est partie

parce qu'elle voulait plus croiser ton frère.

- Les petites dames qui bavardent là-bas,

hein, une volontaire pour inciser?

Allez, c'est pour vous, ma belle.

Alors, ça demande de la poigne, hein, et surtout,

il faut pas trembler.

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

- Et après?

♪ ♪ ♪

- On fait glisser la lame entre la peau et l'os du crâne,

pour sectionner les terminaisons nerveuses,

sans abîmer les chairs, hein.

- Tiens.

- Bien sûr.

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

Et après?

- On doit enlever les yeux pour déshabiller la tête.

- Ah! Les yeux! Tiens.

♪ ♪ ♪

J'adore quand tu fais ça.

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

- Ensuite, on fait plonger la chair dans de l'eau salée.

Puis on extrait la langue en désenclavant la mâchoire.

Jeune dame, allez-y.

Hein? Vous me saisissez cette langue, hein,

et vous la coupez avant l'arrière-gorge.

♪ ♪ ♪ (sirène de police au loin)

(sirène)

- (chuchotant): Allô?

Oui. Antoine? Non.

Je suis au boulot là.

Enfin... enfin presque.

Enfin, je t'expliquerai.

- Pour la trépanation, on va scier le crâne

et prélever la cervelle.

- Il y a un mort sur les berges de la Garonne.

Bon, je ferais bien la trépanation du veau avec vous,

mais j'en ai une qui m'attend

sur une tête humaine.

À plus! - À tout à l'heure!

(bruit de ses pas s'éloignant)

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

- (homme): Salut!

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

- Ah! Merde!

- Hé! Le porte-monnaie grenouille

que je vous avais offert!

Regardez! Je l'ai retrouvé!

- Bien, tu vois, je te l'avais

dit que je l'avais pas perdu.

- Oui, bien, n'empêche que vous saviez plus où il était.

- Mais ça n'a rien à voir.

Et puis, t'as raison,

je vais faire le ménage dans ma voiture et dans ma vie.

- Dans votre vie? Ménage de quoi?

- Mais... des hommes.

- Attendez. Tous?

- Mais non, pas toi, Théo!

- Ah! Vous m'avez fait peur.

- Non! Ménage des amoureux.

Bye-bye le couple!

Vive les joies du célibat!

- Les joies? Et qui sont?

- Oui. Euh... bien qui sont

plus de ronflements,

plus de compromis, plus de déceptions.

- Oui, plus de câlins, plus de restos en tête-à-tête,

plus personne pour vous réchauffer les pieds la nuit.

- Oui, bien, plus...

plus de mensonges, plus de trahisons,

plus de mélanges de microbes!

- Oui, et qui va vous consoler

quand vous aurez cassé votre bocal de formol?

Qui va vous masser vos poignets

quand vous aurez disséqué toute la nuit?

- Bien, toi!

♪ ♪ ♪

- Vous avez raison.

Le célibat vous ira comme un gant.

♪ ♪ ♪

- Salut! - Salut!

- Venez, c'est par là.

- Ça va?

- Ah! Oui! En fait, j'ai un truc à te demander.

Est-ce que tu pourrais garder Iggy chez toi,

le temps que ma femme se fasse à l'idée?

- T'es sûr qu'elle va s'y faire?

- Bien, tu la connais, au début, elle est un peu bourrue,

mais après...

- Elle est pire.

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

- C'est un joggeur qui l'a découvert ce matin.

Enfin, pour l'instant, on n'a aucune disparition déclarée

qui corresponde.

Et, bon, avec tous ces tatouages, on va pas avoir

trop de mal à l'identifier.

♪ ♪ ♪

- D'après les lividités

et la température qu'il a dû faire cette nuit,

il est mort hier soir pour moi.

- Mais là il est vraiment mort, mort?

- C'est bizarre, mais il est mort, mort, oui.

On t'a attendue, bien sûr, mais nous,

on n'a pas vu de lésions.

- Bien non, apparemment,

il a pas été frappé

ni étranglé.

- Le tueur a imité le Penseur de Rodin.

Je me demande bien pourquoi.

- Peut-être pour nous inviter

à réfléchir sur la fugacité de la vie.

Carpe diem.

- Bien, vu ses tatouages,

il devait avoir une drôle de vie.

Ancien taulard?

Membre d'un gang?

Dealer de coke?

- Et il a les pieds et les mains

d'un homme aisé, hein, aucune trace de lutte.

On pourrait presque croire à une mort naturelle.

- Oui, s'il était pas tout nu et dans cette posture.

- Oui...

Et... et s'il avait pas

un rectangle de peau découpé.

♪ (dramatique) ♪

Tiens, tu peux me passer le bocal là-bas, s'il te plaît?

- Faudra pas oublier de ranger, hein?

- Ah! Oui, je le ferai demain. Tiens.

- Ah! Non! Des scarabées!

C'est aujourd'hui qu'elle arrive la nouvelle directrice de l'IML?

- Ah! Oui! On est le 12.

- Ah...

Vous êtes pas trop déçue

qu'on n'ait pas pensé à vous donner la direction à vous?

- Ah! Bien, t'es fou!

Diriger l'IML, moi?

Ah! Non, mais c'est se taper

toutes les tâches administratives,

les demandes de subventions,

les appels d'offres.

Et il faut une grosse abnégation pour faire ça!

- Parce qu'elle en a la nouvelle?

Comment elle s'appelle déjà?

- Sonia Ricoeur; écoute, je sais pas si elle en a,

mais elle est considérée comme une grande légiste et moi, bien,

j'ai hâte de la rencontrer.

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

- Elle arrive d'une minute à l'autre.

- Et tu l'as déjà rencontrée, toi?

- Non. Ah! Mais c'est un star.

Il paraît qu'elle a trépané Émile Louis.

- Ah!

- Ouais! C'est tellement excitant!

- Nous nous apprêtons à réaliser l'autopsie

d'un quinquagénaire de type caucasien,

dont nous ignorons l'identité.

Il a été trouvé nu,

et son corps dégage

une odeur d'éther

au niveau du visage.

♪ ♪ ♪

Comme si on l'avait endormi avant de le tuer.

On observe de la poussière dans ses cheveux.

Ça doit être de la cendre.

♪ ♪ ♪

La victime est recouverte de tatouages

et on lui a découpé un morceau de peau

au niveau du biceps droit,

post mortem.

Il y a aucune autre trace de blessure apparente.

♪ ♪ ♪

- Toujours rien qui matche

avec le fichier des personnes disparues?

- Rien.

- Vous êtes sur la mort du tatoué?

- Oui.

- Elle est bizarre cette histoire.

Très bizarre.

- Vous avez vu?

- Quoi?

- Comment elle me regardait.

- Non. Comment?

- Avec envie.

- Mais, tant mieux pour vous, mon vieux!

(rire)

- Riez pas, c'est assez ennuyeux.

Depuis que je vais me marier, c'est comme si...

c'est comme si les femmes le sentaient.

Comme si elles voulaient m'en empêcher.

Tester mes limites.

- Et vous croyez pas que...

- On a une femme qui vient de nous contacter.

Elle a signalé la disparition de son mari,

elle a pas eu de nouvelles depuis hier,

c'est un prof des beaux-arts.

Et il est tatoué.

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

- Vous avez vu cette fois.

Vous avez vu comment elle m'a dévoré du regard, là.

- Excusez-moi, Louis, mais au contraire,

vous croyez pas que...

- Que quoi?

- Mais je sais pas, que c'est peut-être vous qui...

- Qui quoi?

- Non, rien, laissez tomber.

(On frappe.)

Bon, Alex,

alors notre victime s'appelle Hubert Riveline.

Il a 56 ans, il est prof aux beaux-arts.

Marié, un enfant.

Aucun casier judiciaire.

- Et on est sûr de l'identification?

- Écoute, sa femme doit venir ici pour reconnaître le corps.

Mais vu la description des tatouages,

il y a peu de place au doute.

- Et de votre côté?

- Bien, on l'a endormi avant de le tuer.

Il sent encore l'éther.

Il est mort mercredi vers 21 h.

- Hier soir?

Sa femme ne s'est inquiétée de sa disparition que ce midi.

- Et à part ça, là,

il y a aucune autre blessure apparente.

Et pour l'instant, on sait pas de quoi il est mort.

- Hé! Ça y est, il y a la nouvelle directrice

qui vient d'arriver.

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

- Ah! Bonjour! Dr Ricoeur?

Alexandra Ehle.

- Ce n'est pas à vous que je vais apprendre

le nombre de maladies infectieuses

qu'on peut transmettre avec une poignée de main.

C'est qui ces deux-là?

- Commandant Antoine Doisneau, enchanté.

Je vous présente mon collègue, le capitaine Louis Pincé.

- La prochaine fois que vous venez ici, bien,

bien, vous mettez une blouse.

Et ne retardez pas mon équipe.

- C'était une joie de vous rencontrer, docteure.

- Quant à nous,

on ne va pas être bonnes amies parce que je n'en ai pas.

Ni bonnes collègues parce que je ne suis pas là pour ça.

On m'a demandé de reprendre en main l'IML,

rationaliser les "process" et les coûts.

- Oui, mais en quoi ça nous concerne?

Nous, on fait juste notre boulot.

- Ah! C'est très simple.

Avec un budget divisé par deux,

va falloir être deux fois plus efficace.

- Bonjour. Je suis Mme Riveline.

Je viens pour reconnaître le corps.

- Ah! Oui, euh...

Venez avec moi.

C'est par là.

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

- C'est lui.

C'est mon mari.

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

Qu'est-ce qui s'est passé?

- Bien, on sait pas, pas encore.

On l'a trouvé sur une barque.

- Une barque?

- Oui. Ça vous évoque quelque chose?

- Non.

♪ ♪ ♪

Oh! Il faut surtout pas que notre fils le voie comme ça.

S'il vient, je vous en supplie,

refusez absolument de lui montrer.

- Vous êtes sûre?

Parfois, voir le corps, ça aide à faire son deuil.

- Non. Non, il est trop...

il est fragile.

♪ ♪ ♪

- Je peux vous poser une question?

- Oui.

- Votre mari, ses tatouages,

c'est lui qui les dessinait?

♪ ♪ ♪

- Quand on s'est rencontrés, il en avait aucun.

Puis un jour, il s'est fait tatouer ce paysage.

Après, il s'est plus arrêté.

- Et vous savez pourquoi il a fait ça?

- C'était il y a une dizaine d'années.

Il passait un moment difficile.

La crise de la quarantaine.

- Et vous avez réagi comment, vous?

- Au début, ça m'a surprise,

et puis j'ai appris à...

à les aimer.

Il en parlait pas beaucoup, vous savez.

Il disait que c'était ses tableaux.

- Et ça correspondait à quoi,

d'après vous?

♪ ♪ ♪

- Il dessinait ses rêves, je crois.

♪ ♪ ♪

- Je suis désolée de vous montrer ça,

mais j'aurais voulu savoir ce qu'il y avait à cet endroit-là.

- Ah! Pourquoi il lui a fait ça?

- Quoi? Qui? Vous pensez à quelqu'un en particulier?

- Non, non, non, non, juste...

Il y avait aucun tatouage justement à cet endroit,

il y en avait pas, il y avait rien.

♪ ♪ ♪

- Oh! Là, ça va?

Qu'est-ce qui se passe?

- Bien, je sais pas.

Plus le mariage approche, plus Louis est bizarre.

- Plus bizarre que d'habitude, tu veux dire?

- Non, il... il est plus distant.

S'il changeait d'avis?

S'il disait non au dernier moment?

Ou s'il venait pas du tout?

Ça s'est fait souvent ça.

- Oui, bien, vu le prix d'un mariage,

ça serait complètement con.

- On en est où sur l'affaire Riveline?

- (Diane): Hé!

- Eh bien, on attend les vers, la datation.

On devrait avoir les résultats dans 48 heures.

- Ah! Il me les faut demain.

C'est trop long. Va falloir optimiser nos méthodes.

- Mais optimiser comment?

- Je vais auditer les ML pour trouver où faire des coupes.

À partir de maintenant, réunion tous les lundis à 8 h 30.

Port de la blouse, des masques, des charlottes

et des surchaussures en salle d'autopsie.

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

(déclic d'appareil photo)

- Il y avait aucun tatouage sur le carré de peau découpé.

Mais pourquoi le tueur aurait fait ça?

Pourquoi il aurait découpé le seul morceau de peau vierge?

- Il a peut-être voulu cacher quelque chose.

- Ou les raisons de la mort peut-être.

Ou quelque chose qui permettrait de le retrouver.

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

Hé! Hubert Riveline a été filmé

par ses étudiants des beaux-arts.

- Fais voir.

♪ ♪ ♪

- (Hubert): Bien, Lola, c'est à toi, révèle-nous ton travail.

- Alors, c'est... c'est un autoportrait.

Ça se voit pas.

- Non, mais le but d'une oeuvre,

c'est... c'est de faire passer l'émotion.

Et moi, quand je vois ton tableau, bien, je ressens...

je ressens des tas de choses.

Tu vois, ton personnage,

il s'en dégage un élan vital,

une... une énergie, quoi, qui... qui vous prend aux tripes.

Moi, si j'étais toi,

bien, je serais fier de mon personnage.

- J'aurais trop aimé l'avoir comme prof.

- Oui, merci Lola.

- Bon, euh...

- Très beau travail.

- Prof parfait, mari parfait...

Pourtant, quelqu'un l'a tué et on sait toujours pas comment.

Ouais...

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

- Et là, dans son bureau, vous avez ses carnets de dessin.

Et ici c'est ce qu'il griffonnait partout,

même dans les livres.

- Des ennemis?

- Mon mari? Ah! Non.

- On a toujours des ennemis.

- Hubert était un professeur

très aimé par ses étudiants.

- Trop?

- Bien, les jeunes l'adoraient.

Et il le leur rendait bien.

Ils venaient ici

lui présenter leurs travaux.

Il les encourageait.

Même après leurs études, ils les abandonnaient jamais.

- Vous-même, vous êtes femme au foyer, non?

Vous viviez dans son ombre?

- Votre mari a l'air

d'avoir été un très bon professeur.

J'imagine qu'il a été aussi un bon mari.

- J'avais 19 ans quand je l'ai rencontré.

C'était l'homme de ma vie.

Il y a jamais eu que lui.

- Il s'entendait bien avec votre fils?

- Vincent adore son père.

- Hier, vous avez passé la journée avec lui?

- Euh... Non, j'étais chez Vincent, le mercredi,

je garde ma petite-fille.

Et quand je suis rentrée à 20 h, Hubert était absent.

Je me suis inquiétée.

J'ai appelé Vincent et il avait pas de nouvelles non plus.

J'ai fini par vous appeler.

- Vous avez fini, comme vous dites.

Vous avez attendu toute la soirée,

toute la nuit et encore une matinée.

C'est long quand on aime, comme vous, d'un aussi grand amour.

Elle ment.

Ça se voit comme le nez au milieu de la figure.

Cette femme nous ment comme une arracheuse de dents.

- On va creuser.

On commence par lui chercher un mobile.

- C'est toujours les mêmes, hélas!

L'argent, la maltraitance et la jalousie.

- Bien, voyons déjà si elle coche un des trois, hein?

Pour part, ça m'étonnerait

que ce soit pour un mobile financier.

Elle aurait pas placé le corps comme ça, je veux dire,

dans cette mise en scène.

- Vous marquez un point, mon petit Antoine.

Il y a que l'amour

qui nous fasse faire de telles monstruosités.

♪ ♪ ♪ (roucoulement d'oiseaux)

♪ ♪ ♪

Les femmes ne me laissent aucun répit!

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

- On n'a toujours rien sur les causes de la mort?

- Bien non, c'est bizarre.

Un corps qui en montre autant et qui en dit si peu!

(bruit de porte)

- Alors, vous avez terminé?

- Bien non, pas du tout, on commence en fait, là.

- Bien, vous prenez trop de temps.

Et le temps, c'est de l'argent.

- Bien oui, mais c'est aussi des gens,

c'est des deuils, de la douleur...

Puis ça prend du temps de rendre son histoire à quelqu'un.

Parfois.

- On n'est pas là pour leur rendre une histoire,

juste établir l'heure et les causes du décès.

- Justement, on a l'heure, mais pas la cause.

- Bien, oui, ça on sèche.

On n'a rien sur les causes du décès.

- Notez arrêt cardiaque alors.

- Oui, enfin, pardon, hein, il y a quand même quelqu'un

qui a découpé un bout de son bras.

- Non, et puis il y a ces tatouages.

Moi je suis sûre qu'on va comprendre des choses.

- Oui, c'est-à-dire?

- Bien, sur sa vie.

Ses secrets, ses rêves...

- Je vois pas le rapport.

Dès que vous saurez de quoi il est mort, vous le rangerez.

On doit avoir un turn-over plus rapide.

♪ ♪ ♪

(claquement de porte)

♪ ♪ ♪

- Quelle femme!

Elle vous a salement claqué le beignet.

- Tiens, tu peux m'imprimer les photos de ces tatouages

en grand format, s'il te plaît?

- Oui.

♪ ♪ ♪

- À part celui de la victime,

on n'a pas d'ADN sur la barque.

Zéro empreinte, rien.

À croire qu'il est mort tout seul.

- Rien non plus sur ses relevés de portable.

En gros, on a des appels à sa femme, son fils,

un ami et les beaux-arts.

- Par contre, on a un testament et il est plutôt bavard.

- Qu'est-ce qu'il nous raconte?

- En cas de décès, sa femme et son fils héritent de tout.

Et c'est plutôt pas mal.

Une résidence principale

et une assurance vie de 120 000 euros.

- On a tué pour moins que ça.

- Hum.

- Mais pourquoi...

l'un ou l'autre aurait voulu lui découper la peau du bras?

- La personne qui a fait ça

a placé un prof des beaux-arts dans la posture d'une statue,

sur une barque.

On peut supposer

que c'est quelqu'un qui le connaissait bien.

Ce genre de mise en scène,

ça ferait plutôt penser à une vengeance, non?

- Sa femme.

- Hum...

- Deux personnes qui vivent sous le même toit

accumulent forcément des tas de raisons de s'en vouloir.

Des rancoeurs, des malaises, des agacements,

la vaisselle dans l'évier,

les tours de lessive,

l'amant ou la maîtresse,

les chaussons mal rangés!

- Euh... Je vous trouver un peu tendu envers les liens conjugaux

en ce moment.

- Et moi je vous trouve un peu détendu envers le lien filial,

ces derniers temps.

- Hum...

- Votre fille va bien?

(soupir)

♪ ♪ ♪

(chant des oiseaux)

- Il vient pas Antoine?

- (Alex): Bien... pas de soir.

- Il veut plus me voir tu crois?

♪ ♪ ♪

- Au contraire, il est chez sa femme.

Il prépare ton arrivée.

- Oui, tu veux dire qu'il m'a abandonnée

pour la deuxième fois.

- Bien sûr que non.

Tu vas voir, tout va bien se passer.

- Il est vraiment chiant.

Mais j'espère que t'as raison.

C'est la première fois que j'ai l'occase

de faire partie d'une famille normale.

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

(petit grincement)

Mais c'est juste moi. C'est juste moi. Je...

J'arrive pas à dormir.

Ça t'embête si je dors avec toi?

- Bien non, vas-y.

- Tu sais, quand j'étais petite, j'avais peur des fantômes.

Je faisais hyper gaffe à pas laisser dépasser un bras

ou une jambe hors du lit.

Un jour, j'ai osé le dire

à ma mère, tu sais ce qu'elle m'a dit?

- Non.

- Elle m'a dit :

"Bien, évidemment que ça existe, tu sais, ta grand-mère,

elle est toujours là avec nous, je la sens la nuit."

- Super rassurant.

- Grave.

- Non, mais les fantômes, ça existe pas, hein.

Quand les vers ont terminé leur boulot, il reste rien,

plus rien, je te l'assure.

- Ah! Oui, c'est vachement plus rassurant.

- Peut-être, des fois, juste des petites traces de cartilage,

mais c'est tout.

C'est rare.

Allez, bonne nuit.

- Bonne nuit.

Hé! Dis, Alex? - Oui?

- Ça t'arrive de te sentir seule?

- Bien, euh... entre Antoine, toi et Monsieur, franchement,

j'ai pas souvent l'occasion.

- Non, mais je veux dire...

bien, sans enfant, sans amoureux.

- Non, ah! non, ça,

je suis hyper contente d'être célibataire.

Tu vois, je dois rien à personne, je...

je fais ce que je veux, quand je veux, non, non,

mais c'est le rêve.

Et puis, je suis pas vraiment seule.

Je t'ai toi.

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

- Ah! Dr Ehle!

On ne fait plus rien, ça tombe bien,

vous allez vider ce bureau.

Hein? C'est un IML ici.

Pas une brocante.

- Ah! Non, mais tout ce qui est ici est indispensable

au bon déroulement de mon travail.

- Ah! Votre travail, parlons-en.

On en est où sur Riveline?

- Mort blanche, on n'a toujours pas d'explications.

- Bien, eh bien, terminez ce PV, vous notez : mort blanche.

Et puis, on passe au suivant.

- Ah! Non, non, non, je vais trouver.

- Eh bien, je vous le conseille vivement.

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

- Une maîtresse femme, vraiment.

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

- Ça va?

- Oui, oui.

- Dis, la nouvelle cheffe a l'air de prendre

les choses en main.

- Ah! Oui. Oui, oui, on aimerait qu'elle le fasse un peu moins.

Mais bon... Bon, et toi, ça va?

- Ça va, ça va.

- Avec ta femme, t'es heureux?

- Oui. Oui.

Et Diane, elle va comment?

- Bien, elle est heureuse.

Oui, oui, elle aussi, elle est très heureuse.

♪ ♪ ♪

- Elle est où déjà?

- À la Réunion.

- Wow!

Et elle est avec quelqu'un?

- Oui. Oui, oui, oui.

- Tant... tant mieux, tant mieux. Tant mieux.

- Tant mieux, oui.

♪ ♪ ♪

- Alors?

- Bien, alors on a retrouvé de la toxine de Conus geographus

dans ses cheveux.

- Tu me traduis ça en français?

- Bien, Conus geographus,

c'est un coquillage très venimeux qui se trouve

dans les eaux du Pacifique,

et notamment en Nouvelle-Calédonie.

Viens voir.

Regarde.

Ça, c'est ses tatouages.

À mon avis, c'est la meilleure piste.

Regarde celui-là.

Ça c'est la flèche du drapeau Kanak.

Et ces symboles, là,

bien, c'est des chiffres romains.

VII 2009.

Le drapeau de la Nouvelle-Calédonie et VII 2009.

J'en déduis qu'il est parti en Nouvelle-Calédonie

en juillet 2009.

- OK, je vais vérifier ça.

- Et vous?

Des pistes?

- Nous, on creuse la piste du fils, Vincent Riveline.

Tout ce qu'il a, sa maison,

sa nouvelle voiture, il le doit à des virements de son père,

qui a même réglé ses pénalités d'impôt.

Bien, peut-être que le père en avait marre de payer.

Et Pincé pense aussi que la femme de Riveline

cache quelque chose.

- Et toi?

- Moi je pense

qu'elle aimait son mari.

- Oui, bien, elle peut-être, mais lui, j'en suis moins sûre.

- Pourquoi tu dis ça?

- Parce que c'est écrit partout.

Regarde bien, dans presque tous ses tatouages,

il y a un visage caché.

Et toujours le même on dirait.

Regarde là.

Dans les feuilles...

♪ ♪ ♪

Et ici, pareil,

dans les branches, tu vois ces oiseaux?

♪ ♪ ♪

Tu vois, ça fait des yeux.

Le nez, la bouche.

Et là, elle est là aussi, de profil.

♪ ♪ ♪

Et regarde cette colline,

là la bouche,

le menton.

- En tout cas, tout ce que tu me montres,

ça ressemble pas tellement à Valentine Riveline.

Elle est blonde, elle a des cheveux courts.

- Il a aimé quelqu'un d'autre.

Les tatouages datent d'il y a une dizaine d'années.

- Il aurait eu une maîtresse.

- Peut-être.

Enfin...

En tout cas,

cette femme-là, c'est la clé de tout.

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

- Mais attends, c'est là!

On va essayer d'en savoir plus Hubert Riveline.

- Hubert?

C'est mon papi!

- Ah!

Va la voir toi.

Les enfants t'adorent.

Comme ça tu lui demandes, bien,

ce qu'elle a fait mercredi avec sa grand-mère.

- Non, mais attendez, parce que

si le Dr Ricoeur s'en aperçoit, à mon avis, vu le caractère,

on est bon pour...

- Eh bien tu lui diras que tu t'inities ici à la fiscalité.

- La fiscalité? Pourquoi? - Oui!

(soupir)

♪ ♪ ♪

- Bonjour.

- Bonjour.

Juliette Marchand, direction contrôle fiscal Aquitaine,

13e Brigade de vérification Ouest.

Je peux rentrer?

- Euh... Oui, entrez.

- Alors, M. Riveline, vos revenus en ce moment,

c'est quoi?

- J'ai un business de vente de voitures d'occasion.

- Oui, d'ailleurs, d'après nos sources,

ça vous a rapporté 62 623 euros

pour l'année fiscale passée.

- N'importe quoi, ma société a rapporté 21 000 euros.

- Ah! Bien, ça doit être difficile, hein,

d'arriver à payer cette maison,

votre voiture, vos parties de golf.

Donc, vous nous avez

un petit peu menti sur vos déclarations.

- J'ai pas menti, c'est mon père qui...

C'était mon père, il m'aidait.

Il a été tué.

- Le fisc, et toute son équipe,

hein, vous présente ses plus sincères condoléances.

Je suis désolée.

Même si, du coup,

ça pourrait nous aider à régler notre différend.

Vous héritez.

- Oui, ma mère et moi.

- Et vos parents s'entendaient bien.

- Très bien, oui.

- Dans ce rapport toujours,

il a été spécifié

que votre père aurait pu avoir une maîtresse.

- En quoi ça vous aide à contrôler ma fiscalité?

- La fiscalité va se nicher partout, M. Riveline.

- Bêêê!

Au secours! Bêê!

- Et on dirait que tu serais en feu.

- D'accord, et toi, tu viendrais me sauver alors.

- Oui.

- Vite! C'est chaud!

Ah!

Tu joues souvent aux pompiers avec ta mamie le mercredi?

- Non.

Mamie, elle joue pas.

Sauf aux puzzles.

Et elle me lit des histoires.

Et elle fait des tartes aux pommes.

- Comme avant-hier quoi.

- Oui, sauf qu'elle m'a laissée toute seule avec la voisine.

- Ah! Bon?

Elle t'a dit ce qu'elle allait faire?

- Elle est partie faire une course.

- Et qu'est-ce qu'elle a acheté?

- Elle a rien ramené du tout.

- Ah! Rien du tout.

- Non, rien.

♪ ♪ ♪

- (Alex): Vérifie l'alibi de Valentine Riveline.

Elle t'a menti.

Et t'as raison, le fils est louche.

- Comment tu sais ça?

- Bien, j'ai eu le tuyau

d'une amie qui est contrôleuse fiscale.

Juliette.

Je t'en avais jamais parlé?

- Juliette? - Oui.

- Non, je crois pas, non.

Ou alors, t'as oublié.

En tout cas, t'avais raison pour Riveline.

Il est bien parti en Nouvelle-Calédonie

en juillet 2009.

- Ah! Bien, j'en étais sûre.

Et il a écrit son histoire sur sa peau.

(bêlements au loin)

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

Regarde.

C'est le portrait-robot de sa maîtresse il y a 10 ans.

- Ah!

- Tant qu'on sait pas de quoi Riveline est mort,

ça reste notre seule piste.

- Vous pensez que c'est elle qui l'a tué?

Ou qu'on l'aurait tué à cause d'elle?

- Je sais pas.

Mais, apparemment, elle est son plus gros secret.

La zone d'ombre du professeur,

adoré par ses élèves et par sa femme.

- Si ça se trouve,

les paysages pourraient nous aider à la retrouver.

- Peut-être, mais ça reste quand même

des scènes oniriques.

Il faudrait pouvoir les déchiffrer.

- J'ai peut-être un traducteur.

- De rêves?

- Mon papa. Il est psychanalyste.

- Chouquettes?

- Oh! Là!

- Votre retour à la maison se passe bien?

Vous goûtez à nouveau la quiétude

de la routine conjugale?

- Décidément, vous avez l'art de présenter les choses

sous leur plus beau jour, vous, hein.

Sinon,

les préparatifs du mariage, ça avance?

- Je me hâte avec lenteur.

Même si Ludivine perçoit plus la lenteur que la hâte.

Mais trêve de badinage,

mon petit Antoine.

Valentine Riveline a menti.

D'après le traçage de son téléphone,

elle est sortie mercredi après-midi,

au moment où elle aurait dû garder sa petite-fille.

- Quant à Vincent Riveline, ses relevés bancaires montrent

que son père comblait les trous.

Jusqu'à récemment.

Il a arrêté les virements il y a un mois.

- Donc sa femme n'a plus d'alibi

et son fils a un mobile.

À eux deux, ils forment un bon assassin.

- Le jour de la mort de votre mari,

vous étiez chez votre fils?

- Oui, je gardais ma petite-fille.

- Mais pas tout l'après-midi, je crois.

La voisine nous a expliqué

que vous lui aviez confié votre petite Sacha

pendant deux longues heures.

Vous avez fait quoi pendant ce temps-là?

♪ ♪ ♪

- Une course.

- Votre petite-fille nous a dit que vous n'aviez rien rapporté.

♪ ♪ ♪

Vous n'avez pas gardé un ticket de caisse, par hasard?

♪ ♪ ♪

- Ah! Non, je l'ai plus.

♪ ♪ ♪

- On dirait que vous étiez très dépendant

de votre papa financièrement.

- Il m'aidait de temps en temps.

- Entre une et trois fois par mois,

j'appellerais pas ça "de temps en temps".

Il y a deux mois, le 5, il vous a versé 1000 euros.

Le 18, encore 1000.

Le mois suivant, le 3, vous recevez encore 1500 euros.

Grâce à votre papa, vous gagnez plus que mon salaire.

♪ ♪ ♪

- Il me devait bien ça.

- Ah! Bon! Et pourquoi?

- Mon père...

ses élèves l'adoraient.

Ils étaient tout le temps fourrés chez nous.

Et moi, je passais toujours après eux.

- Mme Riveline, nous avons pu tracer votre portable.

Vous étiez à Saint-Michel.

Qu'est-ce que vous alliez faire par là-bas?

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

- J'ai suivi mon mari.

- Vous avez suivi votre mari.

Pourquoi?

Dans quel but?

- Je lui avais demandé où il allait,

il m'avait dit qu'il allait voir un vieil ami.

Mais je savais que cet ami était à Londres cette semaine.

Donc, il mentait.

♪ ♪ ♪

J'ai voulu savoir pourquoi.

- Depuis un mois, il vous versait plus d'argent.

Pourtant, vous en aviez cruellement besoin.

Il s'est passé quoi?

- Il en avait marre de m'entretenir, alors il a arrêté.

- Vous le soupçonniez de quoi? D'avoir une aventure?

- Non.

Non, c'est idiot, c'est...

- Si vous voulez qu'on sache ce qui s'est passé,

il faut nous aider.

(bruit de pas)

- Je pensais qu'il avait rendez-vous avec Vincent.

Il lui a coupé les vivres et Vincent était furieux.

J'avais peur que ça finisse mal.

- Alors, votre mari, vous avez su où il allait?

- Mais une fois à Saint-Michel,

je l'ai perdu de vue.

♪ ♪ ♪

- Ça vous a mis très en colère

qu'il arrête de vous donner de l'argent?

♪ ♪ ♪

Vous l'avez tué pour ça?

♪ ♪ ♪

Par colère ou pour toucher l'assurance vie?

- Je l'ai pas tué.

- Si c'est pas vous, c'est qui?

(conversations au loin)

Alors, sa femme avait un mobile?

- Je sais pas encore.

Mais cette posture, cette barque, c'est trop précis.

Ça fait forcément écho à quelque chose.

J'ai cherché, il faisait pas de voile, il avait pas de bateau,

juste une résidence familiale à Lacanau, en bord de mer,

mais il l'a vendue il y a des années.

- Il s'est peut-être passé quelque chose là-bas

avec son fils.

- Qu'on puisse aider ses enfants financièrement, c'est normal.

Mais tout cet argent qu'Hubert donnait à son fils,

c'était énorme pour son salaire de prof.

C'était peut-être une compensation.

- Un chantage du fils qui se serait arrêté brusquement.

C'est possible.

- Bon, il y a beaucoup de caméras de vidéosurveillance

à Saint-Michel, hein.

On va s'y intéresser.

Ça nous apprendra peut-être quelque chose.

- Café?

- Non. Merci.

♪ ♪ ♪

Je me comporte peut-être de façon trop provocante.

♪ ♪ ♪

Vous croyez que je devrais

m'habiller d'une manière sexuellement moins attractive?

- Peut-être.

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

- Bien, qu'est-ce que 'as?

T'en fais une tête.

- Non, c'est Ricoeur.

Elle veut que je trouve un nouveau système de datation.

Elle dit que la méthode des vers est obsolète.

Tu te rends compte?

- Bien, à ce compte-là, elle aura pas que les vers.

Elle va tous nous tuer.

- Puis Louis est trop bizarre.

Enfin bon... Bon, toi alors, ton sevrage amoureux?

- Le bonheur.

- Non! Arrête.

Sérieux?

- Bien oui, je suis sérieuse.

Je me sens bien, je me sens libre, je me sens forte.

Je suis une femme indépendante

qui n'a besoin de personne.

- Bon! Tu m'impressionnes.

- Bien, c'est fini, quoi, je suis guérie. Guérie.

Plus jamais je retomberai amoureuse.

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

- Bonjour.

♪ ♪ ♪

- Bonjour.

- Aurélien Durrel, je suis psychanalyste

et surtout heureux papa

de ce grand garçon.

♪ ♪ ♪

Je suis venu vous aider.

À décrypter les tatouages.

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

Je vois.

Le meurtrier a voulu mutiler sa victime.

On a affaire à un rituel de dépeçage,

comme chez les Amérindiens.

La cérémonie du scalp.

Vous savez, ils pensaient que le grand esprit

tirait l'âme du défunt par les cheveux, en le scalpant,

on le privait de paradis.

La personne qui lui a fait ça

a voulu lui faire du mal au-delà de la mort.

Il y a beaucoup de haine, impossible que ce soit

un inconnu.

- Et est-ce qu'on peut considérer que ces tatouages

racontent sa vie de façon objective?

- Dans les civilisations préhistoriques,

à Lascaux ou à Chauvet,

les animaux sont représentés parfois

avec plusieurs têtes.

C'était des images en mouvement, en fait,

mieux qu'un récit, c'est un film qu'il a sur son corps.

- Bon, papa, tu peux éviter les anecdotes historiques,

là, s'il te plaît?

- Bien, vous faites référence

à cette femme qu'il a reproduite constamment.

- Elle est omniprésente.

Partout.

On a le sentiment qu'il veut l'emmener dans l'au-delà,

tellement il devait l'aimer.

- Non, mais moi je vois

rien du tout, c'est encore un de tes délires pervers.

- Mon poussin, si t'as du mal à parler de sexualité

avec ton papa, c'est normal.

- On parle pas de sexualité, là.

C'est toi qui es obnubilé.

- Non, mais il faut absolument qu'on retrouve cette femme.

- Oui! Où?

- T'as jamais eu envie de dessiner?

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

Et ton père, il est toujours comme ça?

- Aussi m'as-tu-vu?

Hélas, oui.

- Bien non! Aussi brillant, limpide.

Ah! Ça doit être un psy extraordinaire.

- Extraordinaire, non, mais pas du tout...

- Et un père incroyable!

- Non, mais non, mais alors là vous y êtes pas du tout.

Figurez-vous qu'il est...

- C'est là.

Bon, j'ai eu l'école, c'est le cours de Riveline.

On peut peut-être parler aux élèves.

Bonjour. Je suis une amie d'Hubert,

d'Hubert Riveline, il m'a beaucoup parlé de vous.

- Il vous a parlé de moi?

- Silence s'il vous plaît.

- Oui. Vous vous connaissiez bien?

- Oui, c'est vrai, je l'admire beaucoup.

- Vous perturbez le cours,

je vais vous demander de sortir.

- Pardon. - Je suis désolée, mademoiselle.

Il est mort.

♪ (dramatique) ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

- M. Riveline était un homme exceptionnel.

C'est grâce à lui que j'ai eu ce boulot de modèle.

Sans lui, j'aurais jamais pu continuer mes études.

- Oui, vous étiez proche, vous disiez.

- Je lui dois beaucoup.

Comme tous les étudiants

qui lui demandaient son aide ou son avis.

- Vous l'aimiez comme un...

- Comme un père.

- Ah! Bon, vous n'étiez pas...

- Non, M. Riveline était marié.

Il en a jamais été question.

- Ah! Et est-ce qu'il y avait une élève avec qui il aurait pu

avoir une relation plus intime,

une collègue ou une femme aux grands cheveux noirs?

- Je sais pas, je suis désolée, M. Riveline était pas du tout

un séducteur.

Il essayait juste de nous donner confiance en ce qu'on faisait,

en ce qu'on était.

- Ouais, parce que modèle, ça doit être super gênant quoi.

- Oui, c'est ce que j'ai pensé au début. J'ai refusé.

Vous savez ce qu'il a fait?

- (Théo): Non.

- Il a posé pour nous.

- Nu?

- Hum. Nu.

Pour nous montrer qu'il n'y avait aucune honte,

que tous les corps étaient beaux, quels que soient leur âge

ou leur forme.

- Vous avez vu ses tatouages.

- Ça a été un moment très émouvant.

- Et vous savez qui le tatouait?

- Non.

Mais il y a une de ses anciennes élèves

qui est devenue une star dans le domaine.

Alba.

♪ ♪ ♪

- Tenez.

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

- Tiens, c'est les suivantes.

- Là, c'est lui.

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

- Vous avez raison.

Il rentre. Oh! Là, c'est quoi ça, "Dans la peau"?

- Un salon de tatouage.

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

- Elle est pas là Alba aujourd'hui?

- Non.

- Il paraît que c'est un star.

- Alba, c'est la meilleure.

Mais vous pouvez attendre son retour si vous voulez

que ce soit elle qui vous tatoue.

- Ah! Non, non, c'est bon. Je vous aime bien.

Je peux vous poser une question?

- Hum, hum.

- Est-ce que vous pensez

qu'on pourrait vouloir voler un tatouage qu'Alba aurait fait?

- La peau humaine, je suis pas sûr que ça se vende très bien.

Pourquoi?

Vous voulez nous braquer?

- Elle revient quand?

- Je sais pas du tout.

(tintement de sonnette de porte)

Bougez pas, j'arrive.

Bonjour.

Je peux vous renseigner?

- Bonjour monsieur.

Commandant Doisneau.

On aurait quelques questions à vous poser.

- Oui, bien sûr.

- Connaissez-vous cet homme?

- Euh... Oui, il est venu pour la première fois il y a

quelques jours, je dirais.

- Mercredi.

Très exactement à 16 h 56.

Il s'est passé quelque chose de spécial?

- Bien non, rien.

Alba, c'est sa tatoueuse.

C'était leur deuxième rendez-vous.

Et puis c'est tout.

- Cette Alba, on peut lui parler?

- Elle... elle est là.

- Depuis quand?

- Depuis ce matin.

Elle est malade.

- Ah! Et vous savez où on peut la trouver?

- Je sais pas.

Chez le docteur.

Enfin, on est juste collègues, vous savez, je sais pas.

C'est quoi toutes ces questions?

Il y a une dame à côté qui m'a demandé la même chose.

- Une dame? Quelle dame?

- Bien, suivez-moi.

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

(sonnerie de téléphone)

- Je me demande si ça m'irait bien un tatouage.

Un ange, en bas du dos,

avec le visage de Ludivine.

- Ça y est, j'ai la tatoueuse de Riveline.

- Le tatouage manquant.

- Alors, Alba Simon, 24 ans.

Écoutez ça, elle a des antécédents.

Elle a été internée à 18 ans en psychiatrie.

Ils ont écrit :

"Trouble de la personnalité borderline

"pouvant entraîner de la violence

"envers soi-même et les autres."

- Voilà qui nous fait une nouvelle suspecte intéressante.

- Oui, d'autant plus que c'est probablement

la dernière personne à l'avoir vu en vie.

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

- Hé! J'ai vu le beau gosse de la dernière fois.

T'as changé d'avis sur le célibat?

Tu te remets en selle?

- Pfft! Moi?

Mais jamais de la vie!

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

Aucun de ces tatouages n'est d'Alba,

sauf celui qui a disparu.

- Mais si c'est un chef-d'oeuvre,

peut-être que le tueur l'a découpé

pour le vendre aux enchères.

Ou pour cacher son rôle dans le meurtre.

- Mais je sais pas.

Mais il faut absolument qu'on arrive à parler à cette fille.

- OK. Allons-y!

- Ah! Non, non, non, non!

Toi tu restes là.

Ce serait bien que tu termines les dossiers en retard,

sans quoi la Ricoeur va nous tomber dessus.

- Mais non, c'est hors de question que je vous laisse

y aller toute seule, c'est beaucoup trop dangereux!

Et si vous la retrouvez? Et si c'est la meurtrière?

- Mais t'en fais pas, j'y vais pas seule.

J'y vais avec ton père.

♪ ♪ ♪

- Alba a été l'élève d'Hubert aux beaux-arts.

Et c'est elle qu'il va voir pour faire son dernier tatouage.

Preuve qu'ils étaient toujours en lien.

- Bon, elle fait ce tatouage.

Mais les choses dégénèrent.

Rupture amoureuse, ancienne rancoeur,

enfin quoi qu'il en soit,

elle le tue

et elle découpe le tatouage pour qu'on remonte pas jusqu'à elle?

- Bon, admettons, Alba et Hubert ont une liaison.

Son fils a pu l'apprendre,

le faire chanter et puis le tuer par dépit.

- Oui...

Ou sa femme, pour lui faire payer son infidélité.

Hé...

- Qu'est-ce que vous faites?

- Rien! Enfin, je termine

les dossiers en retard.

- Ah! Le Dr Ehle n'a pas daigné vous aider.

- Non, mais elle avait du travail.

- Du travail, hors de l'IML.

Quel genre de travail?

- Je sais pas.

Des... Elle a ses méthodes et elles sont efficaces.

- Moi j'ai surtout l'impression qu'elle se donne du bon temps.

Et que vous couvrez ses frasques.

Vous êtes le travailleur de l'ombre.

Elle prend la lumière

mais sans vous, rien n'avance.

M. Durrel, j'ai besoin de vous.

♪ ♪ ♪

De vos observations.

J'aurais besoin de vos suggestions sur tous les postes

où on pourrait faire des économies.

De l'achat de fournitures de bureau

jusqu'à la température de conservation des corps.

Je peux compter sur vous?

- Euh... Oui, enfin...

C'est pas un secret, je peux en parler au Dr Ehle?

- Bien sûr, votre mission est dans le meilleur intérêt

de tous.

♪ ♪ ♪

- Je vais faire de mon mieux pour aider l'IML alors.

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

- Et sinon,

le syndrome de Diogène, ça vous dit quelque chose?

- Non.

- Ce philosophe grec un peu marginal qui se baladait

avec une lanterne en plein jour

en disant : "Je cherche un homme."

Il rassemblait plein d'objets comme ça autour de lui.

On appelle ça aussi

la syllogomanie,

du grec "sullogos" qui veut dire rassembler

des objets inutiles, obsolètes, qui servent à rien du tout

et qui vous bouffent l'espace vital.

- Bien, pourquoi vous me parlez de ça?

Vous croyez que Riveline souffrait de ce syndrome?

- Non, là je parlais surtout de votre voiture.

- Ma voiture?

Mais ces objets ne sont ni inutiles ni obsolètes.

Ils sont tous très utiles, au contraire!

- Alors, si vous vous défendez avec autant de véhémence

en essayant de vous justifier,

c'est peut-être que j'ai tapé dans le mille.

- Et si j'avais pas cherché à me justifier?

- Pareil.

- Voilà, Alba, c'est elle.

- Merci.

Il faut absolument que vous nous aidiez

à retrouver votre soeur.

- Elle a pas dormi là la nuit dernière.

- Mais peut-être elle a pu aller chez des amis.

Ou chez un petit copain.

- Je crois, mais elle est assez secrète là-dessus.

On habite ensemble, mais on se voit pas beaucoup.

Je fais des études d'infirmière

à l'Hôpital Charles Perrens.

On vit en horaires décalés.

- Oui, donc vous avez aucune idée d'où elle peut être là?

- Non, je suis désolée.

- Et qu'est-ce que vous pouvez nous dire sur Alba?

- Bien, c'est une fille géniale, vivante et drôle.

Et parfois un peu dépressive.

- Et encore maintenant?

- Elle s'en est sorti.

- En tout cas, moi j'ai l'impression que votre soeur

s'est réapproprié son corps grâce aux tatouages.

Fiou!

- Oui, il y a de ça.

C'est sûr qu'elle a jamais été super bien dans sa peau.

- Nine, je peux vous poser une question indiscrète?

Enfant, elle a subi un trauma?

- Notre mère est morte quand elle avait 13 ans.

- Et du coup, le papa sur toutes les photos.

Partout. Omniprésent.

- Il nous a juste beaucoup aidées.

Il nous a toujours soutenues et poussées à nous exprimer.

- Oui, mais là, à ce niveau-là, c'est du transfert,

et puis balaise, hein, fiou!

Il y a un Oedipe même...

- Bon, je vais vous demander de partir, là.

♪ ♪ ♪

(caquètement de poules)

- Moi je pensais lui rendre service en mettant des mots

sur des non-dits familiaux.

Mais apparemment, elle l'a super mal pris.

- Mais j'ai rarement vu un psy aussi peu psychologue.

- N'empêche, cette Nine,

elle nous cache quelque chose.

Elle travaille à l'Hôpital Charles Perrens.

J'exerce là-bas une fois par semaine à l'unité psychiatrique.

Je vais me renseigner sur elle.

- Bien, tant que vous y êtes,

il y a aussi une médecin qui a travaillé là-bas et sur laquelle

j'aimerais des infos.

- Qui?

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

- Où est le Dr Ehle?

- Ah!

♪ ♪ ♪

- Toujours pas rentrée?

♪ ♪ ♪

- Non.

Elle est malade.

- Vous êtes sûr?

- Oui.

Un rhume fulgurant et très nocif.

(Il tousse.)

♪ ♪ ♪

- J'espère que vous avez conscience que si vous couvrez

une irrégularité, vous risquez votre job.

Si vous tenez à votre poste,

il va falloir choisir votre camp.

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

(fracas)

♪ ♪ ♪

- Pardon de déranger vos charmantes agapes.

Mais nous avons une question.

- Est-ce que votre mari connaissait Alba Simon?

- Alba? Oui, c'était une de ses élèves aux beaux-arts.

Et même, il lui avait donné des cours particuliers avant.

Enfin, c'était il y a un moment.

- C'est à son salon de tatouage qu'il allait le jour de sa mort.

- Mais ils avaient gardé aucun contact.

- Il allait se faire tatouer, mais nous pensons

qu'il y a autre chose.

- On se demande si elle aurait pu être sa maîtresse.

- Elle?

(tintement de cloches d'église)

- Bien, oui, il lui donnait des cours particuliers.

Je sais qu'il la trouvait douée.

Enfin, c'était une gamine à l'époque.

- Mais aujourd'hui, c'est une jeune femme.

- Arrêtez de harceler ma mère!

Dehors! Tirez-vous!

- Ou?

- Ou je vous en colle une!

- Il est un peu tendu.

Je trouve.

- C'est bien, vous peaufinez votre méthode.

Souplesse, rondeur, douceur.

- Merci, mon petit Antoine.

Vous êtes pas mal non plus, vous savez.

Valentine Riveline n'a pas l'air de croire

à une quelconque liaison entre Alba et son mari.

- Oui, c'est peut-être pas une histoire d'adultère,

mais un traumatisme ancien.

Quand elle était étudiante,

elle aurait été agressée par son prof des beaux-arts,

d'où la posture dans laquelle on a retrouvé le corps.

- La référence à Rodin.

Et la barque.

- On va essayer de savoir s'il recevait des étudiantes

dans sa maison à Lacanau.

- Et il faut retrouver à tout prix cette Alba.

- Bon, alors je me suis renseigné

auprès du service hospitalier.

Sonia Ricoeur a fait l'objet de nombreuses plaintes

pour harcèlement moral, toutes classées sans suite.

Voilà.

Il y a autre chose que je peux faire pour vous?

- Pourquoi pas?

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

- Ça va?

Iggy, euh... Véronique est d'accord.

Tu peux venir t'installer avec nous.

- Ah! Oui? Cool! Quand?

- Euh... Bientôt.

Il faut juste lui laisser un peu de temps, pas grand-chose.

Je... histoire de digérer un peu, quoi.

- Quand?

T'as pas osé lui en parler en fait.

- Bien sûr que si! Tu me prends pour qui?

Bon, OK, je lui en ai pas parlé.

Mais ça sert à rien,

je la connais, je... je sais qu'elle sera d'accord.

- Je savais, hein, que t'étais flic, psychorigide et réac,

mais j'aurais jamais cru que t'étais un lâche.

Iggy!

- Oublie-moi!

Et si tu cherches Alex, je sais pas où elle est!

(claquement de porte)

(soupir)

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

(petit rire)

(bruit de porte qu'on ouvre)

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

- On se demande qui paie les factures d'électricité.

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

- J'adore les promenades matinales.

Mais pourquoi ici?

- Bien, on va voir le père d'Alba parce que peut-être

qu'il saura où est sa fille.

- Tu penses qu'Alba

est liée au meurtre?

- Bien, je sais pas,

mais moi je voudrais surtout savoir ce qu'elle a tatoué

sur le bras de Riveline.

Peut-être que c'est encore cette femme aux cheveux noirs, là.

Et peut-être qu'elle sait qui c'est.

- Mais on va faire comment pour entrer, on va dire quoi?

- Témoins de Jéhovah. - Ah! Mauvais plan!

- La dernière fois, pendant deux heures, j'ai essayé

de leur faire admettre

que saint Jean aurait pas pu écrire "L'apocalypse" tout seul.

Pfft! Aucune culture.

Alors, ça marche pas.

- Non, c'est sûr, c'est pas très porteur, bon bien, on dit

qu'on adore leur maison et qu'on veut l'acheter.

- Mieux que ça, on va dire que c'est la maison de mon enfance

et qu'en ce moment,

comme j'ai fait une rencontre exceptionnelle,

j'ai envie de savoir d'où je viens.

Et j'ai envie d'aller plus loin.

- On va faire une super équipe!

- Alors, comme ça, vous avez habité ici?

- Eh oui, c'est la maison de mon enfance.

Ah! Les souvenirs reviennent!

Ah! Vous voyez, dans ce jardin, parfois, quand il faisait beau,

ma mère sortait une bassine et elle me donnait mon bain dehors.

Moi j'étais Ulysse qui barbotait dans son bateau,

la Méditerranée,

bien, elle était là, c'était tout le jardin, quoi.

- Vous êtes le fils des Laurais.

- Bien oui, les Laurais, c'était donc mes parents, voilà.

- Parce que, dans mon souvenir, ils avaient juste un chien.

- Un chien et moi, mais j'étais un petit garçon très discret.

Je pouvais rester

des heures dans ma chambre.

À 8 ans, j'avais lu tout Stevenson déjà.

Je peux... - Bien allez-y, je vous en prie.

- Et vous avez des enfants?

- Deux filles, oui.

Mes trésors.

- Les parties de cache-cache qu'on faisait dans ce jardin!

- Il se souvient.

- On peut visiter

le reste de la maison?

- Eh bien, allons-y.

Vous connaissez le chemin.

- Oui, et nous aussi, on a deux enfants, 17 et 24 ans.

Iggy et Théo.

- 24 ans! Comme ma fille Alba.

- Ah! Et elle, ça va?

Parce que notre Théo se cherche beaucoup en ce moment.

- Ah! Bien, j'ai connu ça.

Moi aussi elle a mis du temps avant de trouver sa voie.

- Et elle fait quoi?

- Ça.

- Ah!

Mais c'est splendide!

Bien, ça, ça plairait à notre Théo.

Elle fait ça depuis longtemps?

- Elle a toujours aimé dessiner, mais elle pensait pas forcément

en faire un métier.

Moi j'étais pas chaud au départ.

Je suis ingénieur, alors je pensais que les tatoueurs,

c'était forcément des gens bizarres ou des criminels.

- Et vous avez changé d'avis.

- Oui.

Quand ma femme Héloïse est morte,

j'ai reconsidéré ce qui était essentiel.

Mes filles pensent que je ferais tout pour elles.

Elles ont tort, c'est elles qui me sauvent la vie.

(bruit de pas approchant)

Mais elles le savent pas.

- Alors, mon coeur, t'as tout vu?

- Oui.

- On va peut-être pas déranger le monsieur plus longtemps.

- Je vous raccompagne alors.

- Merci.

J'ai une piste.

Sur le bras d'Alba, il y a une moitié de rose des vents :

le sud et l'est.

- Et alors?

- Eh bien, l'autre moitié,

je l'ai vue sur l'avant-bras d'un type au salon de tatouage.

Il m'a menti.

Il m'a dit que c'était son collègue, mais c'était son mec.

- En tout cas, une chose est sûre :

j'ai rarement vu un père qui dégage un Oedipe aussi marqué.

- Ah! T'es dur, franchement.

Il fait ce qu'il peut, le pauvre.

- Tu te sens concernée.

Toi, ton Oedipe s'est pas bien passé.

- Ah! Non...

C'était un peu radical.

Mon père est mort dans l'explosion de sa voiture.

- Ah! Merde!

- On n'a jamais su ce qui s'était passé.

- Ah! Pardon, je suis désolé.

Et du coup, c'est ta mère

qui a compensé.

- Ma mère! Ah! Ma mère!

♪ ♪ ♪

- Alors, Antoine,

Véronique a accepté de te reprendre?

C'est une sainte femme!

Parce que moi, à sa place, je t'aurais foutu à la porte.

Et bye-bye!

- On peut parler d'autre chose, maman?

- Et de quoi?

De tes errances avec la mère de...

cette pauvre enfant?

- Maman, laisse-le tranquille un peu.

- Ah! Toi, ma petite Alexandra, tu ne peux pas comprendre.

Si tu avais su garder un homme, tu pourrais parler.

Mais maintenant, vu ton âge, c'est fini.

- Arrête, mamie.

Elle est jeune, Alex, elle est belle.

- Hum!

- Je t'interdis de m'appeler mamie.

Laurette, ça ira très bien.

- Ah! Il faut pas exagérer, on peut retrouver l'amour

à n'importe quel âge.

- Que tu crois.

Après 40 ans, tu peux toujours courir, tu ne trouveras plus

que des cas sociaux.

- Maman!

- Ah! Vous montez tout de suite sur vos grands chevaux

parce que j'ose dire tout haut ce que tout le monde

pense tout bas.

Ah! Bande d'hypocrites!

Et toi,

ose soutenir que tu ne choisirais pas

une gamine de 10 ans de moins si on te laissait faire.

- Eh bien, je te le soutiens.

Pfft! Menteur!

Et toi, ma fille,

fais-toi une raison.

Ta vie amoureuse est morte.

- Ah!

- Enfin, sauf si tu cherches un type de... de 80 ans.

Tchin-tchin!

- Elle est en forme, hein?

- Super en forme!

- Ça fait plaisir.

- Super plaisir.

Hé! Dis donc, l'enquête, t'en es où?

- Bien, on en sait un peu plus sur Vincent Riveline.

Le fils,

il a eu de graves difficultés à partir de l'adolescence.

À 15 ans, il a commencé à vriller;

à 16 ans, il a quitté l'école.

Et il est fiché au FNAEG pour coups et blessures

volontaires sur un agent de sécurité.

- Bien, ça peut être lui.

- Hum.

- Il y a aussi la tatoueuse.

- On est dessus, mais apparemment elle est en fuite.

- Et dis donc, à propos de fuite,

tu fais quoi avec Iggy?

- Je... je sais pas encore.

- Ne la rate pas deux fois, Antoine.

- À table!

Le fondant aux marrons est servi!

- On arrive!

- Faudrait qu'on finisse par lui dire un jour

qu'on n'aime pas ça.

- Ah! Je t'en prie, pas aujourd'hui, hein?

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

- (garçon): Alba?

- (Alba): Je suis là!

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

(tintement de sonnette)

- (garçon): Ouais, c'est qui?

- Oui, je viens voir Alba.

Je sais qu'elle est là.

(signal sonore)

- Bonjour.

- Comment vous avez su?

- Bien, vos tatouages, ils se complètent.

Et j'ai besoin de savoir ce que vous aviez tatoué

sur le bras d'Hubert Riveline.

- Pourquoi vous êtes là?

Qu'est-ce que vous voulez?

- Bien, il a été tué.

Et on a retrouvé son corps sur une barque

dans la position du Penseur.

- Et c'est quoi le rapport avec moi?

- Bien, vous lui avez fait son dernier tatouage.

Et ce tatouage a été découpé.

Donc, c'est pour ça que j'aimerais bien savoir

ce qu'il y avait dessus.

- Un paysage.

C'est lui qui l'avait dessiné.

Moi je l'ai juste reproduit.

- Et il avait pas quelque chose de spécial ce dessin?

Un motif caché?

- Non.

Juste un lac, du sable et des arbres.

- Vous pourriez me le dessiner?

- Vous êtes qui au fait?

- Je suis médecin légiste.

C'est pour ça que j'aurais voulu m'imaginer son corps en entier.

- Je me souviens pas des détails.

- Je vous balancerai pas.

Mais je serais vous, j'irais voir la police.

Ils vous cherchent.

- Si les flics faisaient bien leur boulot, ça se saurait.

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

- Elle était en forme aujourd'hui la mamie.

- Oui, un peu trop à mon goût.

- Parce qu'elle a dit que tu trouverais plus personne?

- Bien oui, entre autres.

- Mais tu sais que c'est pas vrai, hein.

T'es trop belle.

- Pfft! T'es adorable.

- Non, mais t'es passionnée, t'es marrante.

Même à 70 ans, tu trouverais un mec.

- Bien, au fait, j'ai déjà trouvé quelqu'un.

- Ah! Bon? - Hum.

- Je croyais que tu voulais plus tomber amoureuse.

- Bien oui, mais là, je crois que c'est le bon.

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

- Si elle dit non Véronique,

tu crois qu'il fera quoi Antoine?

- Ah! Bien, il t'abandonnera pas.

- T'es sûre?

- Ah! Oui. Ah! Je le connais.

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

(bruit de pas approchant)

- Voilà, ici il y a tous ses carnets.

Je vous fais un café?

- Oui.

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

Excusez-moi.

Il y a d'autres endroits où il aurait pu mettre ses dessins?

- Dans les livres.

Oui, il dessinait beaucoup dans les livres.

- Merci.

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

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♪ ♪ ♪

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♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

- J'ai retrouvé le tatouage manquant.

Le lac, le sable, les arbres.

- J'ai pas le temps pour vos dessins, j'ai du travail, moi.

- Oui.

On dirait bien qu'il y a encore

ce visage.

- Le travail que le Dr Ricoeur m'a confié.

- Qu'est-ce qu'il y a, mon bichon?

Je te sens contrarié, là.

C'est à cause de moi?

- Non, tout ne tourne pas en permanence autour de toi.

- Je sens bien qu'il y a quelque chose qui te contrarie.

Est-ce que c'est à cause de ma relation avec Alexandra?

- Vous avez une liaison?

- Attends.

Oui, mais ça doit rien changer entre vous deux, hein.

Bon, même si les relations avec ta mère font que tu reportes

tous tes désirs sexuels sur le dos...

- Mais arrête!

J'en ai marre

d'être analysé en permanence!

C'est pas possible!

- Mais vas-y, mon gamin, énerve-toi!

C'est très bon ça!

Oh!

- Oh! Pardon.

Le Dr Ehle vous fait des misères?

- Non, non, ça va, ça va.

- J'ai l'impression que le Dr Ehle vous a remplacé.

♪ ♪ ♪

Mais moi je ne vous laisserai pas tomber.

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

- Regarde,

on retrouve la femme brune là, dans les arbres.

- Pour moi, c'est un tatouage funéraire.

Regarde, ici, il y a une croix cachée.

Et là, un crâne.

- Sur cette image, il a été plus précis.

L'écartement des sourcils

et la forme des lèvres,

ça me rappelle quelqu'un.

Je sais.

Elle ressemble à Alba.

- Alba ou quelqu'un de sa famille.

- Et si la femme qu'Hubert n'arrivait pas à oublier

c'était la mère d'Alba et de Nine?

Attends...

Héloïse...

♪ ♪ ♪

Oui?

♪ ♪ ♪

(claquement de porte)

♪ ♪ ♪

Héloïse Simon.

Elle a publié trois recueils de poésie.

- Elle est morte comment?

- Attends, il y a un entrefilet

dans le compte.

"La poétesse Héloïse Simon s'est noyée dans le lac de Lacanau

"où elle était venue

"écrire seule, comme à son habitude."

- Tu crois qu'Hubert l'a tuée?

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

- Alors,

tu sais comment elle est morte Héloïse Simon?

- Eh bien, je suis dessus justement.

L'enquête de police a conclu à une noyade accidentelle.

Elle a pris une barque et elle s'est noyée.

Oui, une barque.

Mais le corps a été retrouvé des jours après,

complètement décomposé.

Du coup, l'autopsie n'a rien déterminé de suspect.

Séjour du corps trop prolongé sous l'eau.

- Bien, d'après l'article, là,

elle partait écrire seule à Carreyre.

- Attends, les Riveline avaient une résidence secondaire

à Lacanau, c'est juste en face de Carreyre.

- Bien, il était là, il l'a tuée.

- Ah! Je te vois venir, toi, ne me dis pas...

- Il faut déterrer le corps.

C'est la seule solution.

(soupir)

- Elle l'a dit.

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

- Exhumer un corps au bout de 10 ans,

c'est quand même...

- Si on veut prouver qu'il a tué cette femme,

il faut qu'on comprenne le lien qu'il y avait entre eux.

- L'analyse des cheveux devrait pas tarder.

Je leur ai dit de faire au plus vite.

- Bien, espérons qu'ils trouvent quelque chose.

- Donc, c'est quoi ce squelette dans la salle d'autopsie?

- Ah! Oui, c'est ma faute.

(petit rire)

- Alors, les choses doivent changer ici. hein.

Je vais prendre des mesures drastiques.

- On a le résultat des cheveux!

♪ ♪ ♪

- Mais...

♪ ♪ ♪

Slice 1, rationaliser les fournitures.

♪ ♪ ♪

- Désolé.

- Donc, oui...

Slice 2...

♪ ♪ ♪

Budget prévisionnel.

♪ ♪ ♪

- Vous avez trouvé quel lien entre les deux corps?

- Dans ses cheveux à elle,

on a trouvé de la toxine de Conus geographus.

- Comme lui.

- Donc, ils étaient ensemble en Nouvelle-Calédonie.

- À Lacanau aussi.

Moi je suis sûre qu'elle était pas seule quand elle est morte.

Il était avec elle.

- Vincent Riveline devait le savoir.

C'est pour ça qu'il a vrillé quand on a évoqué Alba

et c'est pour ça qu'il recevait autant d'argent de son père.

Il le faisait peut-être chanter.

- Hum.

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

- M. Riveline, s'il vous plaît, dites-nous quels rapports

vous entreteniez avec Alba Simon.

♪ ♪ ♪

- J'ai toujours été jaloux d'Alba.

C'était l'élève préférée de mon père.

Elle venait souvent chez nous avec sa mère, Héloïse.

- Vous pouvez nous parler d'elle, d'Héloïse?

♪ ♪ ♪

- C'était une femme...

différente.

Je me souviens d'une femme très libre.

- Votre père est tombé amoureux de cette Héloïse?

♪ ♪ ♪

- À l'époque, je m'étais pas rendu compte.

J'ai compris beaucoup plus tard.

- Vous vous souvenez du printemps 2011?

♪ ♪ ♪

- Votre père est mort, Vincent.

Il peut plus rien lui arriver maintenant.

Et vous, vous allez soulager votre conscience.

- Hum, hum.

La mère d'Alba est partie à Carreyre.

Elle y allait pour écrire.

Sa famille croyait qu'elle partait seule.

Mais en fait, votre père allait la rejoindre.

- Et le plus cruel,

c'est que vous étiez à deux pas,

car il vous avait amenés en vacances avec lui

dans votre maison de Lacanau?

Hum?

♪ ♪ ♪

- Mais une fois là-bas, on le voyait jamais.

♪ ♪ ♪

Il disait qu'il allait dessiner,

mais ses carnets de croquis se remplissaient pas beaucoup.

♪ ♪ ♪

Un jour, j'ai décidé de le suivre.

Un matin, très tôt.

♪ ♪ ♪

Il est allé jusqu'au lac...

♪ ♪ ♪

- (Pincé): Et vous l'avez vu rejoindre une femme

et vous l'avez reconnue?

- Oui, c'était la mère d'Alba.

- Et après?

Qu'est-ce que vous avez vu?

- Héloïse a rompu avec mon père.

Elle disait qu'elle devait le quitter, que...

qu'elle aimait toujours son mari,

qu'elle voulait pas faire souffrir ses filles.

Et lui était bouleversé.

♪ ♪ ♪ (clapotis)

- (Héloïse): Laisse-moi!

♪ ♪ ♪

- C'est tout?

- Peut-être qu'elle a eu un accident ou qu'elle s'est tuée.

En tout cas, je l'ai jamais revue.

Papa a plus jamais été le même après ça.

Il s'est consacré plus que jamais à ses étudiants.

- Et vous avez fait chanter votre père.

De l'argent contre votre silence

sur son aventure amoureuse.

- Même pas.

Peut-être que mon père a compris, peut-être pas.

J'ai rien dit, lui non plus.

Et je lui en voulais tellement.

Peut-être qu'il a voulu se racheter.

- Ça va?

- Oui.

Écoute, j'ai fait mon petit Sherlock Holmes.

Nine Simon, la soeur, elle vient de se faire virer de l'hôpital

parce qu'elle a volé du chlorure de potassium.

Elle refuse de s'expliquer, elle refuse de se défendre.

- Ah! Mais bien sûr!

Mais quelle idiote!

Quand on injecte du chlorure de potassium,

ça provoque un arrêt cardiaque immédiat.

Et ça, c'est indétectable quelques heures après la mort.

On a trouvé le corps de Riveline trop tard.

- Oui, mais j'imagine que vous auriez trouvé

des traces d'aiguille.

- Pas forcé.

Si on a piqué là où on a découpé la peau, on voit rien.

Il faut que je prévienne mon frère.

- (chuchotant): D'accord.

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

- On sait de quoi est mort Riveline.

Chlorure de potassium.

Et Nine Simon est accusée d'en avoir volé à l'hôpital.

Elle a quelque chose à voir dans la mort de Riveline.

Et sa soeur aussi, hein, j'en suis sûre.

Alba, quand elle a tatoué Riveline,

elle a reconnu sa mère

et elle a pensé qu'Hubert l'avait tuée.

- Elle en a parlé à sa soeur, qui s'est vengée,

ou les deux soeurs ensemble.

- Bien oui, mais il y a un truc qui colle pas, là.

Pourquoi Alba aurait fait un tatouage

pour pouvoir le découper après?

- Eh bien, pour pas qu'on remonte jusqu'à elle.

- Bien non, ça, c'est ce qu'a dû se dire le vrai tueur.

Peut-être il voulait la protéger.

On récapitule, OK.

Hubert Riveline est tué au chlorure de potassium

et Nine Simon est accusée d'en avoir volé

et elle fait rien pour se défendre.

- Donc, elle sait.

Alors, soit c'est elle, soit elle couvre quelqu'un.

- Mais oui!

On a retrouvé des cendres dans les cheveux du mort.

Des cendres qui provenaient d'un incinérateur.

Et je l'ai vu cet incinérateur.

♪ ♪ ♪

Je sais qui les deux soeurs essaient de couvrir.

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

La police vient d'arrêter votre père.

Mais vous saviez déjà.

- C'est vrai, j'ai tué cet enfoiré.

- Racontez-nous comment vous avez su.

- Il est allé se faire tatouer chez Alba.

- M. Riveline avait déjà fait son dessin lui-même.

- Et vous avez reconnu votre mère.

- Je l'ai reconnue tout de suite.

Il avait dessiné la cicatrice qu'elle avait sur le front.

♪ ♪ ♪

- (Antoine): Alba a conservé le croquis d'Hubert Riveline

pour le reproduire.

Elle vous l'a montré pour savoir si, vous aussi,

vous reconnaissiez Héloïse.

- Après leur premier rendez-vous, Alba m'a montré

des photos qu'elle avait prises de tous ses tatouages.

Elle était troublée, elle avait reconnu sa mère.

- Et vous avez reconnu votre femme.

Vous soupçonniez qu'elle avait eu un amant?

- Elle me l'avait avoué juste avant de partir à Carreyre.

Elle s'en voulait.

Elle voulait rompre avec lui.

- Elle vous avait dit qui c'était?

- Non.

Je voulais pas m'encombre d'images d'un autre homme.

Ça avait pas d'importance, puisqu'elle allait revenir.

♪ ♪ ♪

- À l'époque, vous avez eu des soupçons sur sa mort?

- Oui.

Certains ont laissé entendre qu'elle s'était suicidée.

Mais c'est impossible.

C'était pas son genre.

L'accident...

Je sais pas.

J'ai jamais voulu croire à une mort aussi stupide.

- Quand Alba a reconnu sa mère sur les tatouages,

elle a compris le reste.

- Non, heureusement, c'est tout ce qu'elle savait, la pauvre.

- Mais vous, vous avez reconnu Lacanau.

♪ ♪ ♪

- Et j'ai compris.

- Et vous, quand votre père est venu vous voir à l'hôpital,

vous avez constaté

qu'il manquait un flacon de chlorure de potassium

et de l'éther.

Et vous n'avez rien dit.

- Je savais que c'était papa.

Alba m'avait parlé des tatouages.

On a vite compris.

- Vous l'avez protégé par amour.

C'est votre père.

♪ ♪ ♪

- Ça va peut-être être difficile

à entendre pour vous après ce qu'il a fait.

Mais c'est le meilleur père du monde.

- J'ai tout prémédité.

Après le deuxième rendez-vous d'Hubert avec Alba,

je l'ai suivi.

Je me suis garé dans une rue sans caméra de surveillance.

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

Je l'ai endormi avec de l'éther.

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

Je l'ai ramené chez moi.

♪ ♪ ♪

Et je l'ai tué, comme il a tué ma femme.

♪ ♪ ♪

- Pourquoi avoir découpé sa peau?

- Pour pas qu'on incrimine Alba.

Je vous l'ai dit,

mes filles, c'est ce que j'ai de plus cher au monde.

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

- Une dernière question, M. Simon.

Pourquoi lui avoir donné

la posture du Penseur?

♪ ♪ ♪

- Cette sculpture représente

un homme qui contemple les enfers.

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

- (Alex): Tu viens boire un coup à la maison ce soir?

- Ah! Oui, tiens, avec plaisir.

Mais tu vois pas ton bel Aurélien?

- Bien non, pas ce soir.

Mais c'est bien, ça entretient le désir.

- Oui. T'as pas tenu très longtemps ton voeu de célibat.

- Mais quoi? Mais ça n'a rien à voir!

C'est l'homme de ma vie.

- Ah! Oui? Bon, et Théo, comment il prend ça?

- Ah! Bien, pas très bien.

Il fait la gueule depuis qu'il est au courant, il a peur

que je lui pique son père.

- Oui, il est jaloux quoi.

- Mais non! Et toi?

Mais c'est rare que tu sois libre à cette heure-là.

Qu'est-ce qui se passe?

- Ah! Bien, moi, plus le mariage approche,

plus Louis est bizarre.

Bien, j'ai pas trouvé d'autre mot, tu vois,

il est bizarre.

Je suis sûre qu'il me prépare.

Il va m'annoncer qu'il a rencontré d'autre.

- Mais non! Il a peur, c'est tout!

Et comme il est bizarre, bien, il réagit de façon bizarre.

- Oui, tu crois?

- Hum. - Ouais...

(On frappe et on entre.)

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

- Ah! Bien, non.

T'es plus libre en fait ce soir.

- Ça va aller?

- Mais oui! Je suis amoureuse.

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

(petit claquement de porte)

♪ (triste) ♪

♪ ♪ ♪

- Iggy...

♪ ♪ ♪

Iggy...

♪ ♪ ♪

- Si tu cherches Alex, elle est pas encore rentrée.

♪ ♪ ♪

- Écoute, c'est bon, c'est d'accord.

- Comment ça?

- On va vivre ensemble.

- Véronique a dit oui?

Tu lui en as parlé?

- Non, elle est pas d'accord.

- Je comprends pas.

- Elle est pas d'accord,

elle est jamais d'accord de toute façon.

Mais ça change rien, c'est pas grave.

On va se trouver un lieu à nous, pour tous les deux.

- T'es sûr?

- J'ai jamais été aussi sûr.

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

- Vous travaillez encore.

- J'avais juste quelques pages de budget à terminer.

Je crois que j'ai trouvé un moyen de faire des économies

sur le transport des cadavres à la morgue.

- Je suis ravie de votre travail, Théo.

Mais j'ai trouvé un nouvel objectif

de restriction budgétaire.

♪ ♪ ♪

Virer le Dr Ehle.

Vous êtes avec moi?

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

- Alex! Ah! Ça fait trop plaisir!

Angèle, Alex. Alex, Angèle.

- Bonjour. - Bonjour.

- C'est ta femme?

- Non, c'est une amie. - J'ai eu peur.

- Enfin, une petite amie.

Je t'ai pas dit, mais je suis adepte du polyamour.

♪ ♪ ♪

Les filles, vous voulez pas

qu'on boive un coup tous les trois?

♪ ♪ ♪

♪ ♪ ♪

Sous-titrage Société Radio-Canada

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