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Mais pourquoi intime?
- Bien parce que! On veut une fête qui nous ressemble!
(ding!)
Un truc simple, sans chichi!
- Alors je sais même pas par quoi commencer. Un,
il faut pas confondre simple et bâclé.
(ding!)
Un mariage, ça se prépare, ça s'organise,
ça se pense même. Enfin, sauf si
tu veux que ce soit la première étape de ton divorce! Hum?
(petit rire)
- Et deux donc?
- Mais y a pas de deux!
Si t'es pas capable d'organiser une journée, comment tu veux
t'engager sur les 40 prochaines années?
- N'importe quoi! Bien et toi Alex,
tu dis rien! Ça va?
- Tu souris bêtement, surtout.
- Oui, oui. Il y a Pierre qui m'a proposé
qu'on s'installe ensemble.
- T'as dit quoi?
- Bien euh... oui!
- Bravo, bravo! - Mais c'est super!
- Ah! Hum!
Bien du coup, on commence par un test, hein!
On a dit qu'on essayait
une semaine et puis bon, bien après, on verra.
- Ça va très bien se passer. Il est parfait, Pierre!
- Ouais! Et puis il a l'air tellement amoureux, hein!
- Ah! Non, mais là, je le sens bien!
(vibration)
Allô.
Oui.
Oui...
- Ça tire un peu sur les petits cheveux, là!
- Ah! Chocotte! - Hein?
- Bien ça tire sur les petits cheveux!
- OK.
D'accord.
Euh...
On a retrouvé une jeune fille dans un cercueil, là.
Il faut que j'y aille.
Bien du coup, pour la couleur, je repasserai, hein! Merci!
- Alex!
- À plus! Ouais, ouais, ouais!
(rires)
Au revoir, madame!
(indicatif musical)
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
(ouverture de la portière)
(claquement)
(cloche de l'église)
Et toi, avec Iggy,
tu te projettes?
- Je vous ai déjà dit qu'on n'était pas en couple.
On traîne ensemble, c'est tout!
- Arrête! Vous êtes ensemble toute la journée!
- Et alors?
- Alors vous avez des projets jusqu'aux vacances prochaines!
- Et?
- Elle a rencontré tes parents! - Je vois pas le rapport.
- Vous êtes ensemble toute la journée, vous avez prévu
des vacances ensemble et tu lui as présenté tes parents
et tu n'appelles pas ça être en couple?
- Non!
(claquement)
- C'est quoi pour toi
être en couple?
- Je sais pas! Prendre un chien, par exemple!
- Mais Iggy m'a dit que vous alliez prendre un hamster!
- Oui, mais ça n'a rien à voir! Un hamster, c'est une projection
sur 15 jours alors qu'un chien, c'est pour 15 ans.
On va où, là? - Bien au cimetière!
Tiens Stéphanie, tu peux me le garder s'il te plaît?
- Pourquoi? - Bien parce qu'on a un corps!
- Et alors, un mort dans un cimetière,
c'est un peu habituel, non? - Pas là.
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
- (Antoine): Ça va? - (Alex): C'est bien.
- (Antoine): Bon, c'est une jeune femme. On l'a retrouvée
dans un cercueil dont le couvercle a été cloué.
Ensuite, le cercueil a été enterré et recouvert
de cailloux blancs.
- Être enterré vivant, c'est ma pire angoisse!
Et comment on s'en est aperçu?
- Le tueur a utilisé un trou creusé pour quelqu'un d'autre.
Le fossoyeur a remarqué ce matin que le trou avait été recouvert.
Il a aussitôt appelé la police,
mais quand on a déterré le cercueil,
la jeune femme était déjà morte.
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
Regarde-moi ça, les traces de griffes et de sang.
T'imagines l'horreur? Être enterrée vivante!
- Ah! Ouais!
Elle a dû essayer de sortir en griffant comme ça
la paroi, mais c'était trop long.
Avec les clous et le poids de la terre par-dessus...
(soupir)
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
- On dirait le Christ.
- Ouais.
♪ ♪ ♪
Sauf que elle, on ne lui a pas cloué les mains.
♪ ♪ ♪
Ni les pieds d'ailleurs.
♪ ♪ ♪
Ah! Elle n'a pas de lésion.
Il y a juste le bout des doigts
et les ongles qui sont abîmés.
- Vous voulez dire qu'un cinglé
l'a barbouillée avec le sang de quelqu'un d'autre?
♪ ♪ ♪
- Apparemment.
Il lui a dessiné des symboles christiques
et il l'a laissée mourir.
(soupir)
- Les squames, les yeux enfoncés,
les taches, là, sur les coudes.
Elle était dans un état de déshydratation sévère.
- Contusions du visage.
Cyanose des lèvres...
et du bout des doigts.
- Elle est probablement morte par asphyxie.
À confirmer à l'autopsie interne.
♪ ♪ ♪
- Aucune contusion, aucun hématome.
Elle n'a pas été frappée ni étranglée.
- Hum!
- Elle n'a même pas été forcée à s'allonger
ni maintenue le temps de clouer
le cercueil.
Sinon, elle aurait des marques, là, sur les bras
et au niveau des épaules.
♪ ♪ ♪
- Non. À part les ongles et le bout des doigts abîmés
quand elle a cherché à ouvrir le cercueil, elle n'a rien.
- Ça veut dire
qu'on l'aurait cru morte et qu'on l'aurait enterrée.
C'est horrible.
- Bien s'il n'y avait pas cette mise en scène macabre,
on aurait pu croire en effet à une catalepsie.
- Bien je vais faire analyser le sang.
Vu qu'elle n'a aucune plaie,
c'est peut-être celui de l'assassin.
- (Antoine): On recherche toutes
les adolescentes entre 15 et 20 ans dans le fichier
des personnes disparues.
- Et tous les détraqués religieux de la région!
- Ouais, et on interroge le fossoyeur aussi pour voir
s'il a vu quelqu'un transporter le cercueil.
À mon avis, il faut être plusieurs pour déplacer un truc
comme ça. - On a une caméra
de vidéosurveillance à l'entrée du cimetière, ça donnera
peut-être quelque chose.
- Ils ont dû venir en camion ou en camionnette.
- Je vais essayer de retrouver les pompes funèbres
qui ont vendu le cercueil.
- Hé! Pincé, qu'est-ce qu'il y a?
Je vous sens un peu à fleur de peau, là.
- Absolument pas, non.
- Si, il y a quelque chose qui cloche. Un truc personnel?
- Il y a rien de personnel.
Je veux juste m'assurer que les salauds qui ont enterré
une gamine vivante vont pourrir en prison jusqu'à la fin
de leurs jours!
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
(claquement)
- Euh... En parlant de personnel,
je veux pas m'immiscer,
mais votre femme, enfin, votre ancienne femme...
- Oh là! Vous voulez des conseils pour votre futur
mariage? Je suis désolé mon vieux,
je suis plutôt mal placé pour vous en donner.
Ma femme m'a foutu dehors.
- Écoutez... - En même temps,
c'est peut-être pas plus mal, hein? Si je réfléchis bien,
c'était quelqu'un de particulièrement chiant...
(Il se racle la gorge.)
- Ah!
- Quelqu'un de bien,
de très bien même!
Véronique,
qu'est-ce que tu fais là?
- Je suis venue faire la paix.
Je veux que tu rentres à la maison, Antoine.
♪ ♪ ♪
(claquement)
♪ ♪ ♪
(voix de Diane qui débarque du véhicule)
- (Diane): C'est sans doute pas des miracles,
mais il y a quand même...
Ah! - Merde! Il y a Louis!
Il ne supporte pas que je fume!
(Diane soupire.) - Antoine!
Tu vas bien?
- Il peut pas aller bien, le pauvre homme, il vient
de se réconcilier avec sa femme!
- Ah!
- Mais c'est stupide! Enfin, je... T'es sûr?
Après tout ce qu'elle t'a fait subir?
- Ah! Bien de son point de vue, c'est plutôt moi qui lui ai fait
quelque chose, hein! En même temps, un enfant caché
je peux pas lui donner tort!
- Oui, enfin, bon!
Qui n'a pas un enfant caché quelque part, hein?
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
- Hum!
♪ ♪ ♪
- Qu'est-ce que tu racontes?
♪ ♪ ♪
- Olivia Amblard, tout juste 18 ans, déscolarisée.
Elle n'a pas eu le bac.
Disparition déclarée il y a trois jours.
- Mais ses parents ont attendu tout ce temps?
- Le commissariat a reçu un appel anonyme.
Les parents n'ont rien déclaré du tout.
- Qu'est-ce qui s'est passé entre sa disparition et sa mort?
C'est quand même long, trois jours!
- Son ravisseur a dû la séquestrer.
- Pourquoi? Elle est morte quand?
- Il y a une douzaine d'heures,
je dirais. Bien je vais dater plus précisément avec les vers.
- Et le sang, on sait à qui il appartient?
- Maintenant, oui.
C'est à elle.
- On lui a versé son propre sang sur le corps? Pourquoi?
- C'est son sang et, en même temps, il n'y a aucune coupure,
aucune blessure.
- Et comment est-ce qu'elle a pu saigner alors?
- Ça ressemble à des pathologies rares : hématidrose
et molacrie, ce qui expliquerait
les saignements sans blessures, mais...
- Elle n'a pas d'anomalie des glandes sudoripares...
- Ni d'inflammation des petits vaisseaux.
- Elle souffrait d'une forme d'hémophilie.
- Non. Ses analyses de sang
ne montrent aucun trouble de la coagulation.
- Il doit bien y avoir une explication!
- Oui.
Il y en a une!
(cloche)
Un miracle!
(petit rire retenu)
(soupir)
(grincement de la porte)
- Alex!
En parlant de miracle, tu sais quoi? Véronique est revenue!
(long soupir)
- Pas sûre que le clergé classerait ça
dans la rubrique miracles!
- On va aller manger en tête-à-tête.
On a décidé de se donner une chance.
- Ah!
(eau renversée)
♪ ♪ ♪
- Qu'est-ce qu'elle a? - Je sais pas.
C'est les parents, là?
- Oui, Nadine et Sylvain Amblard.
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
- C'est...
C'est bien notre Olivia.
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
- Je vous remercie d'avoir accepté de témoigner,
Monsieur Amblard.
Monsieur Amblard, à votre avis, est-ce que quelqu'un aurait pu
en vouloir votre fille?
- Non, je... je ne vois pas.
Elle avait gardé quelques amis du lycée, des ados, mais...
aucun d'entre eux n'aurait pu faire un truc pareil.
- Elle avait un petit ami?
- Non, ça ne l'intéressait pas.
Elle ne sortait plus beaucoup depuis quelques temps.
- Vous n'avez pas signalé sa disparition. Pourquoi?
- Ma fille était majeure.
- Mais elle vivait chez vous.
- Hum...
- Elle a disparu combien de temps?
- Trois semaines.
- Trois semaines!
Et vous n'avez pas cherché à savoir où elle était?
- Elle avait besoin de prendre du recul.
Elle avait du mal à accepter son statut.
- Quel statut?
- Vous avez vu ses paumes et son visage?
Ma fille était une sainte, monsieur.
- Pourquoi votre fille est partie de chez vous,
Monsieur Amblard? - Les relations entre elle
et ma femme n'étaient pas très bonnes.
- Pour quelle raison, d'après vous?
- Parce que Nadine la considérait comme un être
à part, alors qu'Olivia voulait juste vivre sa vie,
être une adolescente normale, comme sa soeur.
- (Nadine): Elle était différente.
Elle apportait du bonheur
et du réconfort aux gens malheureux.
- Et comment?
- Par son existence, sa foi, sa volonté.
- La sienne ou la vôtre?
- Non, la sienne.
Ses stigmates avaient fait d'elle une icône.
Les gens venaient pour la toucher.
- La toucher?
Pour guérir, vous voulez dire?
- Dieu ne lui avait pas donné ce don par hasard.
Elle avait une mission.
- C'est vrai qu'elle avait des stigmates,
mais c'était une maladie.
♪ ♪ ♪
Une malédiction.
- Visiblement, la gamine avait fugué à cause de sa mère.
C'était trop lourd à porter, ces stigmates.
- À 18 ans, être considérée comme une sainte
pendant que tes petits camarades vont en boîte de nuit,
je comprends que ça soit pénible, oui.
- La vidéosurveillance,
ça donne quoi? - On voit une camionnette
qui s'arrête devant le portail du cimetière, mais il fait nuit.
Impossible de repérer une immatriculation.
Mais après...
C'est bizarre. Venez voir.
♪ ♪ ♪
(touche du clavier)
(soupir)
♪ ♪ ♪
- Même avec un diable,
transporter un cercueil tout seul, ça devrait être beaucoup
plus compliqué que ça. - Sauf si le cercueil est vide.
♪ ♪ ♪
Regardez.
(touche du clavier)
Vous allez comprendre.
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
- Elle était vivante.
- Il l'a emmenée comme ça jusqu'au trou.
♪ ♪ ♪
- Repassez l'image.
♪ ♪ ♪
(touche du clavier)
- Elle a l'air complètement ivre.
- Même ivre, elle se serait pas laissée conduire
comme ça jusqu'au cercueil, ni même enfermer dedans.
- Non.
Elle devait être dans un état de conscience très altéré.
- Vous voulez dire qu'on l'aurait droguée?
On verra ça avec les analyses de sang.
- Quel genre d'ordure peut préméditer un truc pareil?
Droguer une gamine de 18 ans
et la clouer dans son propre cercueil.
Il faut un sacré mobile, hein,
pour tuer de façon si cruelle.
- Quelqu'un dans son entourage aurait une camionnette blanche?
- Pour les parents, j'ai vérifié, ça n'a rien donné.
Mais ils ont pu en louer une, hein!
- Bon! Il faut qu'on détermine où Olivia a disparu
et ce qu'elle a fait durant les trois dernières semaines
avant sa mort. - La fête, j'espère.
Avant d'être assassinée.
- En parlant de ça, vous... vous me rappelez
que j'ai rendez-vous avec ma femme demain.
- En parlant de fête ou d'assassinat?
- Euh... Je sais pas.
Je vous dirai ça lundi, mon vieux!
(raclement de gorge)
♪ ♪ ♪
- Viens, Monsieur. (Le chien gémit.)
- Oh! J'avais oublié! T'emménages chez Pierre ce soir!
Ça va, t'as pas trop le trac?
- Au contraire, hein! Je vais souffler un peu parce que entre
mon frère, Iggy et Théo, c'est l'auberge espagnole chez moi!
- Ah! Quand même, c'est pas rien d'emménager avec quelqu'un!
- On n'emménage pas, c'est juste une semaine!
- Ouais! Ça s'appelle un CDD, ma fille
et s'il est content de toi,
il va renouveler ton contrat! - Oh! Bien je croise les doigts
parce que t'as raison, hein, les CDI, c'est pas si fréquent.
Regarde mon frère! - Non, mais il y a Louis
qui m'a dit que sa femme voulait revenir.
C'est génial! Il doit être heureux, non?
(fracas)
(fracas)
♪ ♪ ♪
- Oui, en même temps, ça serait dommage qu'il se réconcilie
plus par devoir que par amour.
- Fais-lui confiance, hein? Puis pense un petit peu à toi!
(petit rire)
- Allez viens, Monsieur!
♪ L'amour est enfant ♪
♪ De bohème, il n'a jamais ♪
♪ Jamais connu de loi ♪
♪ Si tu ne m'aimes pas je t'aime ♪
(toc! toc! toc!)
- Oui!
Salut. - Salut.
J'ai pris quelques trucs, hein! Ça te dérange?
- Non, non, vas-y, fais comme chez toi, hein!
- Monsieur! - Ah!
♪ ♪ ♪
- Ça t'ennuie pas si j'ai amené Monsieur?
Il supporte pas de rester seul, mais il est très facile à vivre.
- Non, non, au contraire, t'as bien fait!
Bon après...
Je suis plus habitué aux animaux empaillés.
- Il dort dans mon lit.
♪ ♪ ♪
- C'est marrant, je pensais que tu plaisantais avec ton chien,
mais en fait pas du tout.
- Non, mais tu verras, hein, il prend pas de place.
(écoulement de l'eau)
(tintement de la brosse à dents)
♪ ♪ ♪
Mais qu'est-ce que c'est?
- Ça? C'est un masque ventilé contre l'apnée du sommeil.
- Ah! Ah! Tu fais de l'apnée du sommeil?
- Non, pas du tout! Non, non, mais ça ouvre
mes cloisons nasales. Je dors beaucoup mieux depuis.
- Ah...
- Hé! Sois pas jalouse, hein! Je t'en offrirai un.
(petit rire)
(profonde respiration)
(ronflement)
(chant des oiseaux)
(étirement)
Salut!
Ça va, t'as bien dormi?
- Ouais, très bien, et toi?
- Tu gigotes, tu gigotes beaucoup!
♪ ♪ ♪
(eau qui coule)
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
- Alors Monsieur, bien dormi?
- Tu m'étonnes avec ce qu'il ronfle!
- Quoi, ça t'a gêné?
- Ah! Penses-tu?
Avec une bonne paire de boules caisses, ça ira très bien.
Ou alors je lui achèterai une petite machine à ventiler.
♪ ♪ ♪
- Allez, viens Monsieur, on va manger!
♪ ♪ ♪
Wow! T'as un rencard?
- Moi? Bien non, pourquoi?
- Pfft! On dirait que tu vas au Festival de Cannes!
- Mais pas du tout! C'est comme d'habitude, je t'assure.
Bon, comment ça s'est passé?
Bah, ça s'est bien passé, hein!
Mais j'ai l'impression
qu'il n'a pas trop l'habitude d'être avec quelqu'un.
- Eh oui, mais tu veux que je te dise, entre toi et moi,
je pense qu'il serait beaucoup mieux tout seul!
- Quoi, qu'il serait mieux tout seul qu'avec moi?
- Non, qu'avec elle!
- Mais qui? Tu parles de qui, là?
- Bien Antoine et sa femme!
- Ah! Ah! Non, excuse!
- Tu croyais que je parlais de qui?
- Euh... Non, rien.
- Donc, Antoine et sa femme, ça s'est passé comment?
- Ah! Bien c'est ce soir.
- Les filles!
Pour le mariage, vous diriez plutôt juin ou septembre?
- Ah! Mais quelle importance,
quand on sait qu'un mariage sur deux se termine par un divorce,
vraiment, il faut être suicidaire pour avoir envie
de se marier encore!
- Hum!
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
- Ouf! Mon Dieu, ma chérie,
mais comment tu peux vivre dans cette puanteur, là?
- Non, c'est pas si terrible que ça!
C'est même assez agréable
quand on s'y habitue.
- Ouf!
- Et grâce à mes petits chéris,
on a pu dater le moment exact de la mort.
Voilà ce qu'on a retrouvé
dans son corps.
Le miracle de la vie qui continue.
- Elle est morte quand?
- Elle est morte samedi, entre 4 h et 5 h du matin.
- D'après les analyses toxicos,
elle avait de l'alcool
et du GHB dans le sang.
- Du GHB,
la drogue du viol? On a trouvé des traces d'agression sexuelle?
- Non, aucune.
- Mais alors pourquoi ce genre de drogue?
- Bien ça a un effet sédatif, hein, ça ralentit la respiration
et le rythme cardiaque.
- Donc ça rend docile.
Ça explique ce qu'on a vu sur la vidéosurveillance.
La gamine a suivi son agresseur volontairement
jusqu'à sa propre tombe.
- Et l'effet du GHB dure environ 8 h.
- Quand elle a repris
conscience, elle était déjà enterrée depuis longtemps.
Bon, pour info,
on sait que le père est pharmacien et que la mère a
arrêté de travailler il y a deux ans.
- Attends! Son père est pharmacien?
Il avait quand même tout sous la main pour traiter
les saignements de sa fille!
- Même de cette nature?
- Oui, en cas d'hémorragie, on peut prendre du propanol.
Enfin, ça, il devait le savoir!
Il n'y en a aucune trace dans ses analyses.
- Bien peut-être que les parents Amblard, ça les arrangeait bien
que leur fille reste une sainte.
- Oui, sûrement! - Wow!
(raclement de gorge)
Tu vas où habillée comme ça?
- J'ai un rendez-vous ce soir.
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
(bruit de la circulation)
- Bonjour.
- On se... on se connaît, il me semble.
- Oui, je suis la médecin légiste.
- Ah! Oui, bien sûr. - Et je suis en train d'examiner
votre fille et j'ai quelques interrogations.
- Tout ce qui pourrait aider
à coincer celui ou celle qui a fait ça.
- Les saignements de votre fille,
vous pensiez que c'était dû à quoi?
- Je ne sais pas.
Aucun médecin n'a jamais trouvé de raison médicale.
Mais j'avais réussi à les faire disparaître.
- En lui donnant du propanol. - Oui.
Les saignements s'étaient quasiment arrêtés.
Mais pourquoi vous me demandez ça?
- Bien parce qu'on a fait des analyses toxicologiques
et il n'y a aucune trace de propanol.
- Je sais. Elle avait arrêté son traitement.
- Et vous savez pourquoi?
- Elle avait fini par croire aux mensonges de sa mère.
Voilà pourquoi.
♪ ♪ ♪
- On sait qu'elle est morte la nuit dernière,
entre 4 h et 5 h du matin.
Il faut qu'on reconstitue son emploi du temps
pendant les trois dernières semaines où elle a disparu.
Et pour l'instant, on n'a rien.
- J'ai récupéré toutes ses données.
Son historique de recherche est plutôt éclectique :
sainteté, maladie mentale, monstre.
Mais sur son emploi du temps, rien.
Elle n'a pas consulté depuis trois semaines.
- Et les services funéraires, ça donne quoi?
- Pour l'instant, ça ne donne rien.
Ni la camionnette.
Et il y a un détail qui me chiffonne par contre.
Le cercueil, il était en chêne massif.
Le chêne,
c'est résistant, c'est cher.
C'est fait pour durer, c'est beaucoup plus cher.
Le tueur...
aimait ou respectait Olivia.
- Vous avez raison. C'est un proche.
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
(aboiements au loin)
- Qu'est-ce qu'on fait?
- Bien c'est la maison des Amblard.
- Et alors?
- Eh bien alors, j'aimerais bien comprendre pourquoi
elle a arrêté le propanol.
- Elle a sûrement voulu reprendre son show mystique,
voilà!
- Elle a quitté sa mère qui était son meilleur tourneur.
- Vous allez pas refaire
le coup? Il y a votre frère, la procédure, la loi!
- Non, mais on n'est pas là pour l'enquête, là!
On est là pour sauver notre âme!
(soupir)
(sonnerie)
- (Mme Amblard): Oui?
- Oui, bonjour. C'est Alexandra Ehle, la légiste.
(grincement de la grille)
- Pour sauver notre âme...
- Bonjour.
- Bonjour.
- Qu'est-ce que vous voulez? - Eh bien en fait,
mon assistant et moi, on a voué notre vie à Dieu.
- Et c'est peu dire, hein!
Sans mentir, on vit, on dort, on respire Dieu.
- Chaque jour,
chaque seconde, on essaie de s'approcher
de plus en plus de lui.
- Et quoi de plus proche que votre fille?
♪ ♪ ♪
- Maintenant qu'Olivia n'est plus là, je vois pas comment
je peux vous aider.
- S'il vous plaît, laissez-nous approcher ses reliques.
♪ ♪ ♪
- Entrez.
♪ ♪ ♪
- Bonjour. - Bonjour.
- N'en veuillez pas à ma fille,
elle est bouleversée par la mort de sa soeur.
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
C'est ici.
♪ ♪ ♪
Je suis sûre qu'Olivia nous regarde.
- Oui, elle est là.
Moi aussi, je sens sa présence.
Et elle se mettait où quand elle recevait les gens?
- Elle s'installait ici, elle ouvrait les bras et...
les gens s'approchaient, s'agenouillaient.
Elle... Elle touchait leurs plaies.
Quelquefois, elle posait sa main sur l'organe malade.
- Et ils guérissaient, bien sûr.
- Ils allaient mieux.
La plupart du temps, ils nous envoyaient un mot
ou ils revenaient nous voir pour nous dire
qu'elle leur avait apporté la guérison,
ou tout au moins un immense réconfort.
- Hum! Et elle guérissait même des maladies graves?
- Elle a réalisé au moins deux miracles authentiques.
Un homme de 42 ans, cancer en phase terminale.
Elle a posé ses mains sur lui et il a guéri.
En peu de temps!
- Ah! Et le deuxième?
- Un jeune homme de 17 ans, paraplégique.
Elle a touché ses jambes et il s'est levé.
♪ ♪ ♪
- Ah!
- Il m'envoie des fleurs toutes les semaines depuis sa guérison.
- S'il vous plaît, Madame Amblard,
est-ce qu'on pourrait aller voir sa chambre?
J'aimerais vraiment
toucher ses objets personnels.
- Oui, s'il vous plaît.
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
- Tenez.
- Merci. J'ai épluché les comptes de Nadine Amblard.
Elle faisait payer les miracles de sa fille.
- Vous êtes sûr?
- Ouais, elle a des entrées et des sorties
totalement anormales,
surtout pour quelqu'un qui ne travaille plus.
- Et ça coûte combien, l'imposition des mains?
- Toujours la même entrée, 5000 euros.
Parfois, ça s'arrête.
Parfois une personne complète
10 000, 20 000 et ça monte même deux fois jusqu'à 40 000 euros.
(sifflement)
- C'est un business lucratif, hein, de toucher les lépreux!
La fugue de sa fille a dû la mettre dans une position
très difficile.
À ce tarif-là, elle a dû être furieuse qu'elle parte!
- Vous croyez que c'est un mobile suffisant, hein,
pour tuer son... son propre enfant?
- L'argent?
Je crois que c'est le meilleur du monde.
- Et l'homme de la vidéo serait son complice?
- Ou juste son homme de main.
- Le père?
- Ils n'ont pas l'air de s'entendre,
mais c'est peut-être une couverture.
Ces gens-là ont l'air doués pour le spectacle.
- On va cuisiner cette Nadine Amblard. Venez!
On va la chercher.
♪ ♪ ♪
- Samia, Virginie?
C'étaient des amies de votre fille?
- Jamais entendu parler.
- Peut-être elle n'avait pas beaucoup d'amis?
- Elle était très solitaire.
- Son don devait l'isoler. - Hum!
Elle était à part.
Elle avait un destin.
(sonnette)
Pardon, excusez-moi.
Oui?
- Bonjour, commandant Doisneau.
♪ ♪ ♪
- Je... je descends. Attendez-moi une minute.
C'est la police. - Ah!
- Ils ont peut-être du nouveau.
- S'il vous plaît, Madame Amblard,
pourriez-vous ne pas leur dire qu'on est là?
- Pourquoi?
- Parce que vous savez comment ils sont, les policiers!
- Ils croient pas aux miracles!
- Ces gens-là sont d'insupportables rationnels!
- Ah! J'ai vu! Celui qui m'a interrogée,
il a été absolument odieux.
Quand je lui ai dit
que ma fille était une sainte, j'ai vu qu'il me croyait pas.
- Ouais.
- Il y a une porte à l'arrière. Passez par là.
- Oui, merci!
♪ ♪ ♪
On y va! - Attends!
♪ ♪ ♪
Oh! Hé! Elle n'était
quand même pas si différente des autres filles de son âge!
- Bon, on a vu, allons-y. - Ouais.
♪ ♪ ♪
(sirène au loin)
(grincement d'une porte)
(fermeture de la porte)
- Hé! Venez voir!
Sa mère a fait un blog sur Olivia.
C'était une vraie communicante, hein!
La guérison miraculeuse.
Êtes-vous prêt à vivre un miracle?
Olivia, la sainteté aujourd'hui. Elle n'a pas lésiné!
- C'était payant?
- Elle parle juste d'apposer les mains et de guérir
les écrouelles. - Écrouelles? Pfft!
Et le dernier rendez-vous date de quand?
- Il y a deux mois. - Bien pourquoi?
Les gens n'y croyaient plus? - Non. Elle a juste arrêté
de prendre des rendez-vous. - Peut-être que c'est Olivia
qui a voulu arrêter, hein, et qu'elle a fait une fugue
pour échapper à toute cette pression, ce qui a dû
bien contrarier sa mère!
- Hum! Et si la mère avait enterré Olivia vivante
pour tester sa sainteté?
♪ ♪ ♪
Et si elle avait cru qu'elle ressusciterait
au troisième jour comme Jésus?
- Bon. Est-ce qu'on peut voir ses... ses patients, là?
- Ouais. Ah! Bien il y a des avis, là!
Vous savez, comme pour les auto écoles ou les pièces de théâtre!
♪ ♪ ♪
Olivia m'a sauvé. Elle a accompli un miracle.
Elle a aidé mon fils à faire ses nuits.
(rire)
Il y a de tout!
- Et tu peux me retrouver les vrais miraculés, là,
ceux dont nous parlait la mère?
- Ouais. Elle a dû leur demander de témoigner, hein! Bonne pub!
Mais pourquoi? Vous avez envie de les voir?
À priori, eux, ils avaient pas de raison de se plaindre
des prestations.
- Non, mais j'aimerais juste comprendre
comment ils ont pu guérir.
- Oui.
- Vous faisiez payer les miracles de votre fille?
- Non. Non, j'ai jamais rien fait payer du tout.
- Remarquez, je vous comprends.
On n'a pas toujours une sainte dans la famille.
- Je dirai rien tant que mon avocat ne sera pas ici.
- À la bonne heure, ouais, taisez-vous.
Et laissez-moi vous raconter.
Vous vouliez faire de votre fille une bête
de foire? La femme à barbe version
Bernadette Soubirou.
Mais Olivia a fini par se révolter.
Elle a refusé de continuer
votre petit atelier des miracles payés à prix d'or.
Elle a fugué il y a trois semaines
pour échapper à cette vie que vous avez décidée pour elle
et vous l'avez tuée!
♪ ♪ ♪
- Capitaine, vous pouvez aller voir si l'avocat
de Mme Amblard est arrivé?
Et, au passage, prenez-moi un café. Merci.
♪ ♪ ♪
(ouverture de la porte)
Madame Amblard...
(fermeture de la porte)
J'ai examiné vos comptes en banques.
Je sais que vous étiez en grande difficulté financière
avec tous vos emprunts pour la maison, la voiture,
l'achat de la pharmacie, le financement des études
de votre fille Laure.
Les fins de mois étaient difficiles.
Je suis sûr que vous avez fait payer les consultations
auprès d'Olivia par stricte nécessité.
- Les gens donnaient ce qu'ils voulaient.
Mais le problème, c'était ce taux d'intérêt modulable
qui n'arrêtait pas
d'augmenter et... et puis aussi le prêt relais,
alors qu'on n'arrivait pas à vendre la maison.
On s'en sortait pas.
- C'est pour ça que vous lui avez fait arrêter
son traitement au propranol?
- Olivia avait un don trop rare pour être caché.
- Votre mari?
- Mon mari déteste ce qu'il ne comprend pas.
Il voulait que ça s'arrête. - À quel point?
- Vous pensez qu'il pourrait...
- Non, je... je ne pense rien.
Je suis seulement là pour évoquer toutes les possibilités.
- Mon mari est un homme colérique. Il se fâchait souvent
contre Olivia, mais c'était plutôt au sujet des garçons.
- Elle fréquentait des garçons ou quelqu'un en particulier?
- Non, pas du tout, non, mais je sais pas pourquoi,
il était obsédé par ça.
Avant les stigmates, il lui menait une vie infernale.
Il l'obligeait à aller se changer,
se démaquiller. Dès qu'elle sortait, il...
Il la traitait de tous les noms.
- Et vous, ça vous dérangeait qu'elle se comporte
comme une fille normale, de son âge?
- Après les stigmates, elle a arrêté de se comporter
comme une vulgaire adolescente.
Elle a accepté son destin.
- Mais des miracles, il n'y en avait pas toujours, si?
Comment ça se passait quand il n'y en avait pas?
- Les gens repartaient avec de l'espoir.
C'est pas rien, vous savez, l'espoir.
- Sauf quand il est déçu.
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
(cloche)
- Olivia était une sainte,
une vraie. Elle aurait dû être canonisée.
- Raconte-moi ta maladie, Robin.
- J'ai eu un accident de voiture il y a... il y a quelques mois.
- Un jour, son médecin m'a convoquée.
Il m'a dit : "Madame, il ne marchera plus jamais."
- C'est fini, maintenant.
- J'étais atteint d'un cancer des os et les médecins
me donnaient six mois, pas plus, hein!
- Et vous avez rencontré Olivia.
- À la paroisse Saint-Nicolas. Elle y venait le dimanche
à l'office, avec sa mère.
Comme moi.
Et c'est là que je lui ai demandé de m'aider,
mais, au départ, elle a refusé.
- Pourquoi? - Elle me disait qu'elle était
une fille comme les autres.
Et c'est là qu'elle s'est mise à pleurer des larmes de sang.
- Ah!
- Ses paumes se sont mises à saigner.
- Maman l'a fait venir dans... dans ma chambre.
Elle avait l'air d'un ange.
J'ai su tout de suite qu'elle avait quelque chose
de spécial. Elle me parlait
et des traînées rouges coulaient sur ses joues.
- Expliquez-moi la rémission de votre cancer.
Comment ça s'est passé?
- Ah! Mais c'était pas une rémission, c'était
une authentique guérison et complète!
- Mais elle a fait quoi exactement?
- Elle a posé ses mains là où les... les métastases s'étaient
développées et elle a réussi là où la médecine avait échoué.
Elle a guéri un cancer de stade 4.
- Elle m'a juste regardé et... et je me suis levé.
- Et tu t'es levé,
comme ça?
- Je me suis levé et j'ai marché.
- Et vous aviez continué la chimio?
- Non, non, j'avais tout arrêté.
Les effets secondaires étaient pires que les symptômes.
- Oui, donc vous ne preniez plus aucun médicament?
- Eh non, rien! J'allais mourir de toute façon, donc à quoi bon?
- Et vous l'avez revue?
- Les dimanches matins à l'office, mais c'était devenu
compliqué de l'approcher.
- Elle était devenue comme les rois de France qui apposent
leurs mains sur les lépreux.
Sa mère veillait au grain.
- Elle voulait protéger sa fille, c'est normal.
- Et monnayer ses dons, surtout.
- Ah! Elle était rémunérée.
- La guérison m'a coûté 40 000 euros.
- 5000 pour faire venir Olivia
et 35 000 à la guérison complète.
- Les Voies du Seigneur sont assez onéreuses apparemment.
- Qui ne payerait pas ça pour rester en vie?
♪ ♪ ♪
- T'as un problème avec les primes?
- J'y arrive pas, je te dis! Je n'arrive pas, ça rentre pas!
- Non, mais ça me bouffe, cette histoire!
Vous croyez qu'on peut guérir des malades
juste par le pouvoir de la persuasion?
- Oui. - Non.
- Apparemment, Olivia a
au moins accompli deux vrais miracles :
un cancéreux et un paraplégique.
- Mais t'es sûre qu'ils étaient vraiment malades?
Parce que c'est peut-être juste
des patients qui allaient
de toute façon guérir?
- Bien c'est ce que je me suis
dit, mais je les ai vus et j'ai vu les traces
de la maladie sur eux.
- La volonté. - Non, coïncidence.
- Mais non! L'effet du mental sur le physique, c'est prouvé.
- Mais c'est prouvé par qui?
Par ceux qui te vendent de l'eau en te faisant passer ça
pour des médicaments? - L'effet placebo, 20 %
des guérisons! - Oui, pour les rhumes,
mais pas pour les cancers ou les paraplégies, enfin!
- Et pourtant, il marche.
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
- Vous m'avez appelé? - Oui, j'ai commandé
de nouvelles analyses sur les cheveux d'Olivia.
- Pourquoi? Vous pensez que les saintes ont les cheveux
différents des autres?
- Non, mais d'après les analystes toxicos,
c'était quand même une grosse consommatrice de cannabis.
- Fumeuse de cannabis et sainte?
- Elle avait l'air un peu perdue.
- Bonjour. - Bonjour.
- Vous m'avez demandé de venir?
- Oui, pour ta soeur. Viens.
Tu savais
qu'elle consommait du cannabis?
- Pourquoi?
- Il y a des choses qui m'échappent, là.
Il faudrait que tu m'aides un peu.
- D'accord, mais à une condition.
Je voudrais la voir une dernière fois.
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
Ma mère dit que c'était une sainte.
Mon père dit que c'est une maladie.
Vous en pensez quoi, vous?
- Je sais pas.
Et toi, tu peux me dire
quand ils sont arrivés, ces stigmates?
- À Noël, il y a deux ans.
Papa et Olivia se sont disputés.
Papa a commencé à lui hurler dessus
et quand elle est redescendue,
elle s'est mise à pleurer du sang.
- Il a dû flipper,
genre ambiance film d'horreur.
♪ ♪ ♪
Et toi aussi, non?
- Moi, j'ai cru que c'était du faux sang ou de la peinture.
- Mais comment?
Elle pouvait pas prévoir que votre père allait se mettre
en colère comme ça!
- Si, un peu.
Papa s'est toujours mis dans des colères pas possibles.
Il essayait toujours de l'empêcher de sortir,
de voir des garçons, de s'habiller en jupe courte.
- Et Olivia dans tout ça?
Parce que les mini shorts en cuir et le cannabis,
ça fait pas très sainte!
- À l'arrivée des stigmates, elle s'est calmée,
mais dernièrement,
elle s'est mise à fumer,
à aller en boîte, à sortir avec des garçons.
Elle se disait que si elle se comportait mal,
peut-être que Dieu arrêterait
de lui donner ce don.
- Mais ça a continué. - Oui, ça a même empiré.
Mon père voulait qu'elle consulte
un psy, un spécialiste pour les filles comme elle, il a dit.
- Mais elle en a vu un?
- Je sais pas.
Mais quand il a proposé l'idée, ma mère a fait une crise
et elle lui a interdit d'y mettre les pieds.
- Et est-ce que tu sais, toi,
si elle a pu se mettre dans des embrouilles
peut-être avec de la drogue ou des mecs?
- Elle a peut-être rencontré quelqu'un et elle a fugué.
- Non, j'ai juste entendu dire qu'elle...
qu'elle cherchait des filles.
- Elle préfère les femmes?
- Je sais pas.
On se parlait plus.
- Dis donc, Théo, tu ferais quoi toi, si t'avais des stigmates?
- Je me filmerais.
Je balancerais les vidéos sur Instagram,
je deviendrais célèbre
et les femmes voudraient se marier avec moi.
Et vous?
- Bien je crois que j'irais voir un spécialiste.
- Un spécialiste de quoi?
- De filles comme moi.
- Sylvain Amblard empruntait régulièrement une camionnette
blanche. - Oui, peut-être, mais...
il nous faudrait quelque chose de plus pour le reconvoquer.
- J'ai lancé un appel à témoins, ça va peut-être nous aider
à reconstituer son emploi du temps.
♪ ♪ ♪
Il est déjà 20 h 30.
Vous partez pas?
- Si, si! Il faut que j'y aille!
Je dois dîner avec ma femme.
Mais j'y vais.
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
- Bon. Je vous laisse y aller de votre côté alors!
♪ ♪ ♪
Bonne soirée!
- Bonne soirée.
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
(ouverture et fermeture de la porte)
- Salut!
- Salut chérie, ça va? - Hum, hum!
♪ ♪ ♪
- Ah! C'est trop mignon!
Tu m'as laissé des petites traces, là.
- Est-ce que tu crois, toi, que la foi peut guérir les gens?
- Je sais pas,
mais en tout cas, contre les traces de pas, c'est inefficace.
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
Tu sais que j'ai une machine à laver aussi, hein?
- Et à quel point
tu crois que ça marche, toi, l'effet placebo?
- Contre les taches, c'est inutile en tout cas.
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
(ambiance du restaurant)
♪ ♪ ♪
- Et... Tu crois que tu pourrais accepter l'existence d'Iggy?
- Je sais pas.
J'ai envie d'essayer, Antoine.
- Tu fais ça parce que tu m'aimes encore
ou tu fais ça pour notre fils?
- Non. Je fais ça parce que je me suis mariée
avec toi, Antoine.
J'ai pris un engagement.
Et, tu le sais, ça a du sens pour moi.
Pas toi? - Si, bien sûr.
Peut-être pas autant que l'amour, mais oui, bien sûr.
- Justement, c'est ça l'amour.
Rester fidèle à sa parole, à ceux qu'on a aimés.
Même si on change, même s'ils changent.
- Du coup, euh...
L'amour et le devoir, ça se ressemble beaucoup, non?
- J'appellerais plutôt ça la fidélité à soi-même.
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
(tintement des objets)
(soupir)
(entrechoquement des objets)
- Hé! Dis donc! - Hum?
- T'aurais pas vu ma brosse à dents, là? J'étais sûr
de l'avoir posée là. - Bien oui.
Pardon, je l'ai utilisée, j'ai perdu la mienne.
- Dis donc, toi, les gestes barrières!
- Ah! Bien c'est ça la vie commune, hein!
Une immunité collective miniature.
Tiens, regarde dans la douche.
♪ ♪ ♪
(écoulement de l'eau)
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
(ouverture de la porte)
- Tu voulais me voir?
- Alors, t'en es où?
Vous avez du nouveau?
- On bloque sur la fugue, où elle allait,
qui elle allait rejoindre.
- On sait maintenant qu'elle consommait régulièrement
du cannabis. Franchement,
je me demande si elle n'a pas pris volontairement du GHB.
- Pourquoi elle aurait fait une chose pareille?
- Bien nous, on en est restés à GHB, drogue du viol.
Mais là, ces temps-ci,
il y a des jeunes qui en prennent pour s'éclater, euh...
faire l'amour et tout ça.
- Je croyais qu'elle avait arrêté de sortir,
qu'elle n'avait plus trop d'amis de son âge.
- Bien, en tout cas, elle avait au moins un dealer
ou une dealeuse.
D'ailleurs, t'aurais pas entendu parler d'une certaine Samia
ou Virginie aussi dans son entourage, non?
- Non, pourquoi? C'est qui? - Mais je sais pas.
Je...
En tout cas, sa soeur,
elle m'a parlé de grosses engueulades avec leur père
au sujet des sorties, des mecs et tout ça.
- Sa soeur?
- Bien oui. Figure-toi qu'elle est venue voir le corps
d'Olivia.
- Qu'est-ce qu'elle t'a raconté?
- Bien ça, que le père pouvait être assez violent, enfin,
verbalement en tout cas, hein!
- Bon, OK, je le convoque,
mais toi, tu restes bien
tranquillement ici, hein, on est d'accord?
- Oui!
♪ ♪ ♪
- Eh bien vous le convoquez. Comme ça, on le réinterroge.
Hein? Ouais, vous me tenez au courant.
OK.
Hé! Hé! Hé!
(soupir)
Sinon ça va, toi? T'as l'air crevé!
- J'ai hyper mal dormi la nuit dernière! Ah non, mais Pierre...
- Ah! Non, je t'en prie, ne me raconte pas tes exploits
sexuels avec ton copain!
- Pfft! Hé! Tu n'y es pas du tout!
C'est juste que je me demande
si Monsieur et moi, on le dérange pas.
- Mais c'est pas lui qui t'a demandé d'emménager?
- Mais si! Ouais, il était hyper sincère, hein!
Mais je me sens mal à l'aise.
Tu vois, dès que je prends une chaise, il se précipite
pour la remettre en place!
Je... Je pose
ma brosse à dents, il l'enlève!
Je me lève du lit, il déplisse le drap.
- Bien il est maniaque, quoi!
- Peut-être juste qu'il n'y a pas de place pour moi
dans sa vie, tu vois?
- Alex! Tu le sais que t'es bordélique, non?
Laisse-lui un peu le temps de s'habituer. Et puis toi,
de ton côté, essaye de mettre
moins le bordel.
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
Hé! Diane.
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
Diane?
♪ ♪ ♪
Elle est bizarre, Diane, avec moi depuis quelques jours,
tu trouves pas?
- Non.
- Non? Ah bon... Je...
Je croyais.
(moteur du véhicule)
Il paraît que vous et votre fille,
vous vous entendiez mal.
- Vous désapprouviez sa consommation de drogue?
- Vous pouvez dire à votre collègue d'arrêter
d'insulter ma fille?
- L'homme qui a tué votre fille avait une camionnette blanche.
Vous aussi, paraît-il.
- Vous m'accusez d'avoir tué
Olivia, c'est ça? - Monsieur Amblard.
Monsieur Amblard.
- Excusez-moi.
♪ ♪ ♪
Excusez-moi.
Hum...
C'était à Noël, il y a deux ans.
Je suis entré dans sa chambre et...
Je l'ai surprise en train de fumer un joint.
- Et vous vous êtes mis en colère?
- Oui.
Et elle s'est mise à pleurer du sang.
Je t'interdis de revoir ce petit con! C'est lui
qui t'incite à fumer?
Cette racaille? Je te préviens, Olivia,
si tu sors, je t'en colle une!
Olivia! Hé! Olivia!
Où tu vas?
♪ ♪ ♪
Olivia...
Olivia.
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
(frottement de la chaise)
- Et le petit con en question, on peut le trouver où?
- Il s'appelle Jules Destours.
- Monsieur Amblard,
est-ce que Samia et Virginie, ça vous dit quelque chose?
- Rien du tout.
Je n'ai même pas eu le temps de lui dire au revoir.
♪ ♪ ♪
Alors depuis qu'elle est morte, toutes les nuits,
je vais dans la chapelle et je lui parle.
Je lui demande de faire un miracle,
d'apparaître rien qu'un instant,
de me faire un signe qu'elle est là.
Mais...
Elle ne vient jamais.
(sanglots)
Jamais.
(sanglots)
♪ ♪ ♪ ♪ ♪
- Et t'es sûr que c'est lui
le spécialiste des filles comme elle?
- Oui, il n'y en a qu'un sur Bordeaux, donc assez sûr.
- Occupe la secrétaire, s'il te plaît.
- Aucun problème, observez la manoeuvre!
(petit souffle)
♪ ♪ ♪
- Oui, très bien.
- Suivez-moi.
- Une minute, s'il vous plaît.
- On vous a préparé une chambre, vous serez très bien.
- Vous avez rendez-vous avec un médecin?
- C'est vous qui avez
rendez-vous, Karen! Allez, hop!
- Monsieur, lâchez ça ou j'appelle la sécurité.
- Écoutez, j'ai rendu saines d'esprit des femmes bien
plus folles que vous. Faites-moi confiance, venez.
Allez, venez!
Le lit est prêt! - Arrêtez!
Monsieur, mais oh!
Vous aussi, vous êtes rétif à la psychiatrie?
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
- Tu étais son petit ami?
- Un de ses petits amis.
- Elle en avait combien?
- Alors là, je peux pas vous dire, hein! Un paquet!
- Tu te fous de nous.
Tu sais qu'elle était très croyante.
- Peut-être, mais pas les soirs où je l'ai vue!
- Explique-nous ça.
- Mais je sais pas. Elle s'amusait, elle sortait.
- Vous vous êtes vus quand
la dernière fois?
- Vendredi, on est sortis en boîte.
- Vous êtes sortis en boîte le 11 au soir?
- Si vendredi, c'était le 11, alors ouais.
- Raconte-nous ça.
- Rien de spécial.
On s'est retrouvés avec des potes
et on a fait la fête.
- Avec du cannabis que tu lui vendais?
- Mais c'est pour ça que je suis là?
- Non. Tu es ici parce qu'on l'a assassinée.
- Sérieux? - Sérieux.
Dans la nuit du 11 au 12.
- Alors si j'étais toi, je raconterais la soirée
dans les moindres détails.
- Euh...
On a... on a fumé un joint, mais je vends pas, je partage.
Après, on est allés boire des coups dans un bar-boîte,
le Royal.
On a... on a dansé.
J'ai pas vu à quelle heure Olivia s'était barrée
parce que moi, j'étais avec une autre fille. D'ailleurs,
j'ai passé la nuit avec elle.
Vous pouvez lui demander si vous voulez.
- T'inquiète. Oui, on le fera.
- Vous avez pris du GHB?
- Moi non, mais Olivia, elle aimait bien ça.
Elle en prenait souvent.
- Samia et Virginie, est-ce que ça te dit quelque chose?
- Jamais entendu parler.
(toc! toc! toc!)
- Bonjour docteur Slimani. Docteure Ehle, toxicologue.
Je voulais discuter avec vous
des symptômes d'une de mes patientes. Il paraît
que vous êtes spécialiste dans les cas de miraculés.
- Je reçois des patientes qui souffrent de stigmates.
J'ai fait une thèse là-dessus.
- Et ça arrive comment, en général?
- Ce type de symptôme survient
en majorité chez des femmes jeunes et très croyantes.
La plupart de ces patientes s'infligent elles-mêmes
ces blessures,
de l'automutilation suite à une crise, accompagnée
de visions de scènes bibliques.
- Hum! Dont elles n'ont pas forcément conscience.
- Absolument pas.
C'est une volonté inconsciente de s'identifier
aux souffrances du Christ.
- Mais ce n'est pas le cas de ma patiente.
Elle ne s'inflige pas ses blessures,
elles sont spontanées.
- C'est très rare.
- Et votre diagnostic dans ce cas?
- Les larmes et la sudation sanglante sont un symptôme
de stress intense.
- Hum! Pour ma patiente, ça pourrait être lié
à un père très colérique.
- J'ai une patiente comme ça, Olivia...
- Olivia Amblard.
Vous l'avez vue récemment?
- Elle a été internée ici, il y a...
trois semaines, oui, du 21 au 28.
- Vous avez pu l'aider?
- Elle voulait faire disparaître ses symptômes,
mais comme la thérapie ne la guérissait pas assez vite,
elle a quitté la clinique et s'est tournée vers l'Église.
- Vous savez laquelle?
♪ ♪ ♪
(deux coups)
♪ ♪ ♪
Ça va, Théo? - Ah! Pardon!
J'étais tellement dans mon rôle que ça m'a un peu fatigué.
- Ouais, ouais, c'est ça! Pfft!
♪ ♪ ♪
Antoine. Oui. Je sais où elle était
la première semaine de sa fugue.
♪ ♪ ♪
- La première semaine, Olivia Amblard a consulté
un psychiatre en espérant soigner sa maladie.
- Donc elle était plutôt du côté
de son père.
Elle considérait ses stigmates comme une tare.
- J'ai vérifié l'alibi de Sylvain Amblard.
Il est béton.
Au moment où sa fille a été tuée,
il était à Madrid, en déplacement professionnel.
Ses collègues ont témoigné, l'hôtel aussi.
- Dommage.
Sa tête ne me revient pas, moi.
- Ah!
Avec ses colères, il a peut-être provoqué une crise
psychosomatique chez sa fille, mais il l'a pas tuée.
- L'alibi du gosse tient aussi.
Jules était avec une fille toute la nuit.
- Il faut absolument qu'on interroge le barman
de la boîte de nuit ainsi que tous ceux
qu'elle a croisés cette nuit-là. - Et j'ai relevé la liste
des clients d'Olivia et de sa mère. Parmi eux,
il y aura sans doute plusieurs qui lui en voulaient
de s'être faits arnaquer.
- Au point de planifier un meurtre aussi atroce?
Je veux dire d'acheter un cercueil, de l'attendre
à la sortie de la boîte, de l'enterrer vivante.
- Je sais pas.
- Ou alors on se plante complètement avec cette idée
du cercueil en chêne en pensant que le tueur se souciait d'elle.
Peut-être que le meurtre n'est pas prémédité.
- Comment ça? Il aurait été pour qui, ce cercueil?
- Pour quelqu'un qui savait qu'il allait mourir.
Quelqu'un qu'elle n'a pas réussi à sauver.
- Je... je cherche mon amie Olivia Amblard.
- Elle est partie il y a huit jours.
Vous êtes une de ses amies, vous devriez le savoir.
- Non, mais amie, c'est beaucoup dire. Mais c'est quelqu'un
que j'admire. C'est une sainte.
(petit rire)
- L'Église est très prudente avec la sainteté, vous savez,
les miracles.
- Oui, mais pour Olivia, c'est vrai,
elle a des vrais stigmates.
(souffle du vent et soupir)
- Alexandra,
vous n'êtes pas une amie d'Olivia, n'est-ce pas?
Vous êtes en quête de quelque chose, mais pas d'Olivia.
Et si vous me permettez,
je doute que vous cherchiez ici la lumière de Dieu.
J'ai touché juste?
(petit soupir)
- Continuez.
- Vous cherchez un sens,
mais vous ne le cherchez pas dans la religion.
Je dirais plutôt, à votre façon de m'observer,
dans les postures, dans les attitudes... dans le corps.
Pour une femme comme vous,
le corps d'Olivia doit représenter un mystère agaçant.
Et si vous l'avez observé d'assez près pour savoir
qu'elle n'a pas de coupure,
c'est que vous la connaissez bien.
Et pourtant, vous ignorez où elle est.
Ah! Non! En fait, vous savez où elle est.
Et pourtant, vous continuez à chercher, mais quoi?
Mon Dieu.
Il lui est arrivé quelque chose?
♪ ♪ ♪
(bruit de leurs pas)
Qui a pu faire une chose aussi horrible
à une jeune fille si adorable?
- Moi aussi, j'aimerais bien le savoir.
Je pense que c'est peut-être lié à son image de sainte.
Sinon, on l'aurait pas tuée comme ça.
- Enterrée vivante, quelle horreur!
C'est ici qu'elle a passé la semaine.
(bruit de ses pas)
(chant d'oiseau dehors)
Elle était perdue.
Elle est venue dans l'espoir de savoir qui elle était,
mais ce n'est pas à moi de le dire.
- Et elle vous a dit qu'elle avait réalisé
au moins deux miracles?
- Je sais, elle m'en a parlé.
Elle l'avait visiblement troublée.
Elle se demandait si finalement
sa mère avait raison,
si elle était vraiment élue
et si elle avait un devoir envers les autres.
- Et un prénom comme Samia, Virginie,
ça vous dit quelque chose?
- Oui.
- Elles avaient les mêmes stigmates?
- Exactement.
Elle a rencontré Samia,
mais ça ne lui a pas apporté de réponse.
Il lui restait à voir Virginie, le jour où elle est partie.
- Et vous savez où je peux la trouver?
Parce que c'est sans doute une des dernières personnes
à avoir vu Olivia en vie.
- Je sais que Virginie fréquente l'église Saint-Luc.
C'est là qu'Olivia devait la rencontrer dimanche
de la semaine dernière.
Depuis ce jour-là, je ne les ai pas revues.
♪ ♪ ♪
Je souhaite que vous trouviez ce que vous cherchez.
- Moi, je voudrais surtout trouver qui a tué Olivia.
- Le reste aussi.
♪ ♪ ♪
- Merci. On vous convoquera au besoin.
Le barman se rappelle avoir vu Olivia vendredi soir.
D'après lui, elle était bourrée.
Elle était très joyeuse.
Elle ne se méfiait de rien.
Elle est restée pratiquement tout le temps
avec sa bande de copains.
Ils sont même repartis tous ensemble.
Si c'est vrai, ça veut dire qu'elle a rencontré
son meurtrier après et qu'il l'attendait à la sortie.
(sonnerie au loin)
- Ce sont les gens qu'Olivia n'a pas sauvés
et que sa mère a arnaqués.
Victor Dorian, 38 ans, leucémie.
Lui, il est mort l'année dernière.
Soraya Smaali, 43 ans,
sclérose en plaques.
Marion Séjourné, 66 ans.
- Si l'hypothèse du cercueil est bonne,
on cherche quelqu'un qui va mourir bientôt.
♪ ♪ ♪
- Alors, vous avez trouvé la foi?
- J'ai trouvé mieux que ça! J'ai trouvé une deuxième sainte!
- Grand Dieu!
- Mais la fameuse Virginie, là, tu te souviens?
- Hum, hum!
- Bien en fait, c'est une fille comme elle, avec des stigmates.
Mais c'est surtout une des dernières personnes
à l'avoir vue en vie, Olivia!
(bruit métallique)
- J'oubliais. Il y a quelqu'un pour vous.
J'ai essayé de le mettre à la porte, hein,
mais j'ai pas réussi.
♪ ♪ ♪
- Ah!
- Qu'est-ce que tu veux?
- Bien je suis venu te chercher!
- Pour aller où?
- Où tu veux!
Chez moi, chez toi.
Au bowling.
Et sinon, je voulais te parler
d'un truc, c'est qu'en fait, j'ai recroisé un copain
que j'avais rencontré en fait dans un hôtel en Birmanie,
mais... et il a des terres en Bolivie.
- Oui? - Est-ce que ça te dirait
qu'on parte tous les deux, d'ici un an ou deux,
faire de l'agriculture bio?
(rire)
- L'agriculture, toi?
- Bio.
(rire)
- T'es même capable de faire crever un cactus!
- Ah! Non, le cactus, c'était pas moi, hein!
C'est la chèvre d'un pote qui l'avait boulottée hein!
C'est pas...
- Mais, tu sais...
♪ ♪ ♪
Je crois qu'on s'est pas bien compris, hein?
Ce qui s'est passé l'autre soir, c'est...
- (Pierre): Alex!
Alex, tu fais quoi?
Parce que la... - J'arrive.
- ... séance commence dans 28 minutes.
- Ah! Ouais...
OK.
Désolé, oui.
Effectivement, on s'était mal compris.
- Salut.
- On va être en retard. On y va, ouais.
- Monsieur, viens!
♪ ♪ ♪
(halètement)
(bâillement)
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
Bon, elles sont où, mes fringues?
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
(claquement)
♪ ♪ ♪
(soupir)
rgue) (orgue)
(grincement)
(orgue)
(orgue)
(orgue)
(orgue)
(orgue)
(orgue)
(orgue)
(orgue)
(orgue)
(orgue)
(orgue)
(petit grincement métallique)
(bruit de voix au loin)
(égouttement du sang)
(bruit de voix au loin)
(bruit de voix au loin)
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
Virginie!
♪ ♪ ♪
- On se connaît?
- Je suis, euh...
Enfin, j'ai des...
Comme Olivia, comme toi.
♪ ♪ ♪
Olivia m'a dit
qu'elle avait passé quelques jours chez toi.
- Oui, mais ça fait une semaine que je l'ai pas vue.
Elle a laissé toutes ses affaires chez moi et...
j'arrive plus à la joindre.
Je me suis inquiétée. J'ai même appelé la police!
- Mais pourquoi pas ses parents?
- Je sais qu'elle s'était fâchée avec sa famille et...
et sa soeur aussi.
Je savais qu'elle y serait pas retournée.
♪ ♪ ♪
- Mais elle n'a pas réapparu. Moi aussi, ça m'inquiète.
- Tu veux venir prendre un café? J'habite à deux pas.
- Ouais.
(répondeur): Bonjour! Alexandra Ehle. Laissez un message, merci.
(soupir)
- (répondeur): Bonjour! Antoine Doisneau. Laissez un message.
- Ouais, Antoine, c'est Pierre.
Écoute, j'arrive pas à joindre Alex, là, ça fait 4 h.
Est-ce que tu peux me rappeler s'il te plaît?
Tu sais peut-être où elle est, toi.
Merci.
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
- Je peux voir tes mains?
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
Ça t'arrive à quel moment, toi?
- Quand j'ai peur. Et toi? - Moi aussi.
En général,
je souffre atrocement,
mais quand les saignements s'arrêtent, je sens plus rien.
- Et tu vois des trucs avant?
- J'entends des coups de marteau,
je vois la croix devant moi et je sens les coups de fouet
et les piquants de la couronne d'épines.
♪ ♪ ♪
- (répondeur): Bonjour! Alexandra Ehle.
Laissez un message. Merci.
- Alex! Réponds, s'il te plaît. Je suis sûr que t'es chez toi!
Bon! Je m'en fous, je rentre!
(grincement)
Alex!
Bien qu'est-ce que tu fous là? - Bien attends!
T'es pas au courant?
Alex est toujours ma femme jusqu'à preuve du contraire.
Ça, c'est la réalité.
On s'est dit oui devant l'État français,
devant monsieur le maire qui était tout ému!
Il était retourné, le pauvre!
- Ah ouais? Moi, je crois surtout que tu l'as beaucoup
fait souffrir,
comme la fois où t'as disparu du jour au lendemain
sans laisser l'adresse. Hum?
- Mais je suis revenu! Pour elle!
- Ouais, mais c'est trop tard!
Parce que maintenant, c'est moi qu'elle aime!
- Elle m'aimera toujours!
- Elle mérite mieux qu'un loser criblé de dettes!
♪ ♪ ♪
- Elle mérite mieux qu'un empailleur de phoques!
(inspiration colérique)
(coups et exclamations)
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
Aïe!
(bruit des pas d'Alexandra)
(grincement)
(froissement des draps)
- Merci de me laisser dormir ici, hein!
Chez moi, personne me comprend.
- Je sais ce que c'est. Moi, c'est pareil.
- Bien bonne nuit. - Toi aussi.
- Merci.
(clic)
(petits grincements des ressorts du matelas)
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
(petits grincements des ressorts du matelas)
♪ ♪ ♪
- Ah!
- Tu fous quoi là, en vrai?
- Je voulais voir si Alex, elle pouvait me prêter
un sac de couchage parce que je pourrais faire
du camping en fait.
- Elle a disparu.
- Disparu où?
- Bien si je savais, ça serait plus une disparition.
Ça fait 6 h que je l'attends.
- Mais t'es allé voir à l'observatoire?
Elle y va des fois.
- Son frère est passé; il n'y avait personne.
- Son frère ne sait pas
non plus où elle est?
Mais attends, il a lancé une alerte enlèvement ou...
- Bien non, parce qu'elle est majeure et qu'elle est partie
de son plein gré.
- Ah! Putain, mais pourquoi?
- Je crois que c'est de ma faute.
(soupirs)
(souffle)
- Qu'est-ce qui te fais dire ça?
- Bien je suis un petit peu vieux garçon, tu vois.
J'aime bien l'ordre.
- Ah ouais, bien là, tu vas galérer, mon pote!
(tintement des bouteilles)
Alex,
elle aime la folie, elle aime l'imprévu, elle aime partir
sur un coup de tête.
Alex, elle aime les promenades nocturnes, regarder la lune,
les crocus.
Les brioches à la praline. Enfin...
Elle aime...
les trains qui partent en retard, les...
les repas qui partent en vrille. Tu vois.
- En tout cas, toi, tu l'aimes encore, hein!
- Bien tu sais, j'ai...
J'ai laissé passer ma chance il y a bien longtemps déjà.
♪ ♪ ♪
(tintement)
À la tienne.
- Je vais ranger un peu.
(grincement des ressorts)
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
(grincement des ressorts)
♪ ♪ ♪
(grincement des ressorts)
♪ ♪ ♪
(grincement des ressorts)
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
(La musique s'intensifie.)
(clic)
- Qu'est-ce que tu fous, là?
- Mais c'est quoi, ça?
- C'est pas à moi,
c'est à Olivia. Tu cherches quoi?
- Bien j'essaie justement de savoir ce qui lui est arrivé,
à Olivia. - Pourquoi?
- Bien parce qu'elle n'a pas disparu.
Elle a été tuée.
On l'a enterrée vivante.
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
Je suis désolée. Je...
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
- Pourquoi t'es venue chez moi?
- Bien parce que vous aviez
quelques points communs : même âge, même foi,
mêmes stigmates,
sauf que les tiens sont faux et tu le sais.
- C'est n'importe quoi!
- Tu t'automutiles.
- Mais pas du tout!
- Montre-moi tes mains.
Bon bien là, tu vois, il y a des lésions cutanées, hein!
Et là, sous les ongles,
il y a des toutes petites traces d'épiderme.
Bien c'est pas très dur à comprendre, hein!
Tu te grattes au sang.
♪ ♪ ♪
Tu n'en as vraiment pas du tout conscience?
- Les gens veulent toujours abîmer la vraie foi.
Même Olivia. - Même Olivia?
- Une nuit, elle...
Elle s'est réveillée et...
Elle m'a vue en train de me faire mal.
Enfin, c'est ce qu'elle a dit.
- Et vous vous êtes disputées?
- Oui.
Toute façon, Olivia n'était pas mieux que moi!
- Non.
Elle saignait spontanément, elle.
- Peut-être.
Un jour, on...
On se baladait dans la rue et...
Et un homme a traité Olivia d'escroc!
♪ ♪ ♪
Il a dit qu'elle méritait de crever.
♪ ♪ ♪
- Et tu... tu peux me dire où tu as filé hier?
- Bien, en fait, j'ai repéré une fille comme elle,
comme Olivia, avec des stigmates.
Donc je l'ai suivie et... et j'ai passé la nuit chez elle.
- Tu te fous de moi?
- Mais quoi, il fallait que je sache!
(soupir d'exaspération)
- Et t'as su quoi?
- Bien j'ai su qu'Olivia avait passé ses derniers jours
chez elle,
et cette fille, là,
Virginie Le Querre, eh bien, elle a des faux stigmates.
- Tu crois qu'elle a pu se sentir en rivalité?
- Peut-être, ouais.
- Et Olivia a passé la dernière semaine chez elle?
- Oui.
- Donc cette Virginie passe au premier plan de nos suspects?
- Ouais.
- Ouais. Et toi... Et toi, tu disparais, là,
tu t'en vas sans prévenir personne
pour aller dormir chez elle!
Non, mais c'est quoi ton problème, Alex?
T'es complètement cinglée, en fait!
Si tu veux mourir, jette-toi d'un pont, ça ira plus vite!
- Mais je suis désolée d'être partie!
Mais j'ai appris un autre truc encore.
C'est que parmi les clients ou les patients d'Olivia,
eh bien il n'y a pas que des miraculés!
Il y a un type qui, apparemment, lui en voulait beaucoup.
- Mais tu sais qui c'est?
♪ ♪ ♪
Je voudrais que tu me dises si tu le reconnais
dans toutes ces photos.
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
- C'est lui!
♪ ♪ ♪
- Tu es sûre?
Je tiens notre suspect, il s'appelle Arthur Mégard.
- Je vois pas. C'est qui?
- C'est le frère jumeau de Françoise Mégard.
Elle est morte.
Il a dépensé une fortune pour essayer de la sauver
et j'ai aussi reconstitué l'emploi du temps d'Olivia.
La deuxième semaine, elle s'est retirée dans un couvent.
- Une semaine à embrasser la raison,
l'autre à chercher la foi.
Et la troisième? - Visiblement,
elle s'est mise en contact avec une fille comme elle.
Virginie Le Querre.
C'est chez elle qu'elle a passé les derniers jours.
- Bravo mon petit Doisneau!
Je vois qu'à mon contact,
vous commencez vraiment à progresser, hein?
♪ ♪ ♪
- Alors j'ai tout organisé!
Donc ici, le plan minute par minute du déroulé du cocktail
et ici, celui du repas.
Donc on va commencer vers 19 h 15, 19 h 16.
20 h 20, fin de l'apéritif. Les gens qui ne restent pas
pour le repas s'en vont!
- Bien... C'est pas très sympa d'inviter des gens uniquement
pour le cocktail!
- Tu vas pas inviter, je sais pas moi, Théo, au dîner!
- Bien, euh... Je sais pas, j'y ai pas encore pensé,
mais j'imagine que si.
- Non, non.
Ensuite, le placement des tables.
Ah! Alors, du nouveau?
- Bien on faisait le point
avec mon frère, là. - Et alors?
- Bien on a deux suspects, hein!
Une autre sainte, mais fausse, et le frère jumeau d'une femme
qu'Olivia n'a pas pu sauver.
- Oui, d'accord, mais avec sa femme?
- Ah! J'ai pas pensé à lui demander!
- Ah! Hum!
- Bon, j'y vais!
- Je ne crois pas que je vais inviter des gens et les renvoyer
après le cocktail.
- Tu fais comme tu veux.
(bruit de ses pas)
- Diane...
J'y pensais depuis quelques temps...
Tu serais pas un peu jalouse?
- De qui?
- De Véronique,
la femme d'Antoine. - N'importe quoi!
Non, vraiment, toi,
l'amour te ramollis le cerveau ma grande, hein!
- Bien je sais pas, mais en ce moment, t'es insupportable!
- Ah!
- T'es irascible. - Hum!
- T'es tout le temps en colère,
t'es énervante. - Oui, ça va, j'ai compris.
- Et depuis que sa femme est revenue. Alors je suis désolée
de te le dire, ma petite Diane : t'es amoureuse d'Antoine.
(soupir)
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
- Monsieur Mégard, qu'est-ce qui vous a poussé à consulter?
- Ma soeur était gravement malade, un cancer du sein.
- Et Olivia ne l'a pas sauvée.
- Non. Elle n'a rien pu faire.
- Mais Nadine Amblard vous a pris beaucoup d'argent.
- 15 000 euros.
Parce que j'y croyais.
J'y suis retourné plusieurs fois.
Je l'ai même fait venir à l'hôpital.
- Mais pour votre soeur, il n'y a pas eu de miracle.
- Non.
♪ ♪ ♪
Elle est morte.
- Vous en avez beaucoup voulu à Olivia?
- Non, surtout à sa mère.
La gamine, j'ai vu la dernière fois qu'elle était mal.
Elle doutait.
- Vous faisiez quoi
dans la nuit du 11 au 12?
- Ça ne vous regarde pas.
- Si. En fait, si.
- Vous savez pourquoi vous êtes ici?
- Non.
- Olivia Amblard a été assassinée,
enterrée vivante
dans un cercueil.
- Un témoin vous a entendu
accuser Olivia Amblard d'être un escroc.
Vous avez dit que vous aimeriez, je cite, "la voir crever".
♪ ♪ ♪
- Oui, euh...
- (Pincé): Vous l'avez tuée?
- Mais non, je l'ai pas tuée!
Non,
je l'ai pas tuée.
(vibration du cellulaire)
- Allô.
- (Antoine): Alex, c'est pas le frère jumeau,
il a un alibi. Il était dans un bar cette nuit-là.
Il était ivre mort. Il a provoqué une bagarre générale.
On a une vingtaine de témoins.
- Mais on est sur la bonne piste, hein!
Il faut trouver quelqu'un qui allait mourir,
mais qui sûrement a cru qu'elle pourrait le sauver.
- Je vais t'apporter l'enregistrement
de la vidéosurveillance.
Tu vas peut-être voir quelque chose que j'ai pas vu.
- D'accord, à tout de suite.
♪ ♪ ♪
Attends, on voit un avant-bras, là.
♪ ♪ ♪
On va mesurer la taille de son cubitus et avec ça,
on pourra estimer celle de notre tueur.
(cliquetis des touches du portable)
Ah! Bien il a l'air immense, hein!
Il doit mesurer au moins 1,90 m.
J'ai vu quelqu'un comme ça...
Non, mais ça n'a aucun sens!
♪ ♪ ♪
(bruit de ses pas)
- Oh! Diane.
- Hum!
- Qu'est-ce qu'il y a?
- Euh... Rien. Pourquoi?
- Je sais pas. J'ai l'impression qu'il y a un malaise.
- Non, pas du tout. - Mais si!
Avant, on mangeait ensemble, on se parlait et là, tu me fuis.
T'as l'air en colère.
- Non!
J'ai juste tellement de travail en ce moment.
(soupir)
- T'es sûre? Il y a rien d'autre?
- Rien du tout.
(petit souffle)
- Bon, on n'est pas fâché.
- On n'est pas fâché. - OK, tu me rassures.
(petit rire)
- Bon. Bien à plus. - Ouais, c'est ça, à plus.
Hé! Antoine!
♪ ♪ ♪
Bonne chance avec ta femme.
Tu fais le bon choix.
♪ ♪ ♪
(grincement)
♪ ♪ ♪
(claquement de la porte)
(bruit de la circulation)
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
(claquement de la portière)
(cliquetis des clés)
(démarrage de la camionnette blanche)
(accélération)
(claquement)
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
- Il y a quelqu'un?
(grincement métallique)
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
(frottement du tiroir)
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
(claquement)
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
(froissement du sac en plastique)
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
(souffle court)
Votre cancer récidive.
Vous y avez cru, pourtant, au miracle?
- Oui, j'y ai cru et maintenant, je vais mourir.
- Le cercueil était pour vous.
- Moi, je voulais juste mourir tout seul, dans mon coin.
♪ ♪ ♪
Et ce soir-là,
je l'ai croisée. Elle sortait de boîte de nuit avec des copains.
(musique de la boîte de nuit)
(rires)
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
- Ah!
- De la voir rigoler, ça, je l'ai pas supporté.
(moteur)
(moteur)
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
Je l'ai fait monter dans le camion.
Elle n'a opposé aucune résistance.
Elle était dans un état second ou je sais pas.
- Parce qu'elle avait pris du GHB.
- Et dans la nuit, après, je l'ai amenée au cimetière.
♪ ♪ ♪
Et après non plus, il n'y a pas eu de miracle.
(cliquetis de l'arme)
♪ ♪ ♪
(coup de feu)
♪ ♪ ♪
- C'est la dernière fois que tu t'impliques
de cette manière-là, Alex. Tu m'entends? La dernière fois!
(Alex soupire.)
Il était au stade 4.
Il allait mourir.
Il savait qu'il était condamné de toute façon.
- Bien on sait pas. Il y aurait peut-être eu un miracle.
- Non, Alex, non.
Pas deux fois de suite.
♪ ♪ ♪
(soupir)
(sanglots)
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
(ouverture du corbillard)
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
- Messieurs.
♪ ♪ ♪
- J'ai décidé de me faire soigner.
- Je connais un super médecin qui soigne les filles comme toi.
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
(froissement)
- J'aimerais bien savoir pourquoi cette affaire
vous a mis si en colère.
Vous avez peur d'être enterré vivant?
- Ça s'appelle la taphophobie et c'est parmi les plus anciennes
peurs connues de l'être humain.
Mais non, non. Non, non, c'est pas ça, non.
- Pourquoi alors?
- Ça va probablement vous amuser,
mais quand j'étais jeune homme, j'étais très croyant.
Je voulais rentrer dans les ordres.
- Hum! Ha! Ha! - J'ai commencé mon séminaire,
mais comme je vous l'ai dit, j'avais beaucoup de succès
auprès du beau sexe et j'ai un peu... failli.
- Ah!
- Bref, on m'a renvoyé.
Je crois que je nourris
pour l'autorité religieuse depuis ce moment-là, disons...
une certaine aigreur.
- Hum... Je suis sûr que vous auriez fait un très bon curé.
Ha! Ha!
Mais je suis sûr aussi que vous ferez un mari exemplaire.
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
(froissement des papiers)
(ouverture de la porte)
(fermeture de la porte)
(halètement du chien)
- Je te demande pardon, je...
J'ai eu peur de te déranger.
J'avais l'impression qu'il n'y avait pas de place pour moi.
- Ah! Mais c'est moi, je suis un peu vieux garçon et...
Mais, au fond, j'ai envie qu'on me bouscule.
(petit rire)
- Non, mais tu vois, on peut commencer tranquillement
par bien un jour ou deux par semaine.
- Carrément, on pourrait fixer le mardi et le vendredi
à 18 h 30. Enfin, 18 h 45
parce que 18 h 30, le temps que je ferme la boutique.
- Ouais. Non, mais c'est bien que ce soit précis!
- J'ai un truc pour toi.
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
- Ah!
♪ ♪ ♪
- C'est des chaussons.
- Mais c'est pas du tout ma taille!
- Non, mais c'est pour Monsieur.
- Ah!
- Tu lui essayes? Je finis un truc et je reviens.
- OK.
♪ ♪ ♪
(halètement du chien)
Viens!
(halètement du chien)
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
- Alex?
Monsieur?
Can't find what you're looking for?
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