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(Diane, riant): Attends, je trouve pas la page!
- (Alexandra): Et maintenant, ladies...
cocktails faits par moi!
Alors nous avons vodka grenade et gingembre pour la forme.
- Merci! - OK!
- Alors, écoutez, Mesdames,
n'hésitez pas à customiser
votre hit bag avec du denim pour vous la jouer Kim K.
Faut un traducteur automatique maintenant
pour lire les magazines féminins?
- Mais pourquoi tu les achètes si ça t'énerve autant?
- Pour l'horoscope!
- Bah non, mais tu sais bien que c'est complètement bidon!
Que c'est écrit automatiquement par des ordinateurs qui te...
- C'est bon, c'est bon! Vas-y, lis-nous les nôtres.
- Tu vois que ça t'intéresse! Alors...
Donc taureau!
"Si vous êtes en couple,
"votre vie sexuelle sera un véritable feu d'artifice."
- Ouh!
Et d'ailleurs, t'en es où?
- Après son conseil de discipline, Louis est parti
attendre la sanction administrative chez sa mère.
Donc le feu d'artifice, c'est pas pour ce soir.
- Ah, mais j'espère qu'il va revenir quand même, ton Pincé.
T'avais l'air épanouie, hein!
- Ah, mais j'étais épanouie! - (Alex): Non, en fait...
en fait, je préfère pas qu'il revienne.
- Voilà, qu'il reviendra pas entre nos pattes.
Seulement entre les tiennes!
- Mais t'es con, toi! Vas-y, le tien.
- Euh... lion!
- Ah!
- "Vous allez rencontrer l'homme de votre vie cette semaine!
- (Alex et Ludivine): Non! - "Ne le laissez pas passer."
- Oh-oh!
- Ouh! Pas mal!
Et moi?
- C'est quoi, toi? - Balance.
- Balance.
- "Alors pour une fois,
"vous allez droit au but en amour.
"Vous savez ce que vous voulez et vous le faites savoir.
- Non!
- "Votre conseil coquin... Attends!
- Allô?
Ouais. Quoi?
- Qu'est-ce qu'elle a mis là-dedans?
- J'arrive!
À toute. - (Diane): Donc...
"Votre conseil coquin... - (Alex): Non, mais attends!
Il y a une morte qui m'attend dans la forêt des pins, là.
Allez, Monsieur, viens!
- "Notre conseil coquin :
"Desssinez-vous des dessous en chantilly."
(cliquetis d'une serrure au loin)
- C'est pas possible, ce truc!
(indicatif musical)
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
- Toi aussi, Diane t'a lu ton horoscope?
- Ouais, c'était très riche.
- Non, mais c'est marrant qu'une fille aussi rationnelle qu'elle
puisse croire des trucs pareils!
- Vous y croyez pas?
- Moi, croire qu'un algorithme informatique peut prédire
si je vais manger du thon ou du saumon cette semaine? Non!
Toi, oui?
- Bien oui! Et pas qu'un peu!
Un jour, j'ai rencontré une bohémienne qui m'a lu
les lignes de la main,
elle m'a annoncé qu'il allait m'arriver un drame.
Et deux ans plus tard, j'ai perdu mon chat.
- Mais elle t'a prédit quoi, Diane?
- Qu'on allait m'annoncer
une grande nouvelle qui allait changer ma vie.
- Wow! Veinard.
Tiens, c'est là.
(paroles inaudibles d'Antoine)
♪ ♪ ♪
(paroles inaudibles du policier)
- Salut.
- Salut.
- Ça va?
Alors, elle a été étranglée à mains nues.
Et vu les ecchymoses,
le type qui a fait ça devait être costaud.
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
- Oui... d'après la rigidité cadavérique,
la mort date de plus d'un jour.
- Pourquoi il est venu la mettre là,
sous cet arbre, sur une couverture?
On dirait un cérémonial.
- Peut-être que le tueur est quelqu'un de délicat.
Regardez, il a fait un petit tas de feuilles sous sa tête.
- Bah délicat, j'en sais rien.
Mais en tout cas, il est maniaque.
Il a entièrement passé son corps...
(reniflement)
... au détergent.
♪ ♪ ♪
- Il y a... il y a le garde forestier,
Martin Delmas.
C'est lui qui a découvert le corps.
Bonjour.
- Bonjour. Alexandra Ehle.
Médecin légiste.
Juste deux ou trois questions.
Le monsieur propre, c'est vous?
- Je comprends pas.
- Euh...
Vous n'avez touché à rien? Vous l'avez trouvée comme ça?
- Non, j'ai touché à rien.
Dès que je l'ai vue, je vous ai appelés.
- Et il était quelle heure?
- Six heures et demie.
- Mais vous êtes tout pâle. Vous voulez pas du sucre?
- C'est la première fois que je vois un cadavre.
- Je comprends, mon vieux. Même moi, je suis passé par là.
Et maintenant, je décortique les morts comme des petits Babybel.
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
- Alors, vous en pensez quoi?
- Bien moi, je pense c'est très dur d'étrangler quelqu'un.
Ça résiste, les tendons et tout.
Il faut être animé d'une vraie rage.
- En même temps, il a eu assez de sang-froid
pour la nettoyer et mettre en scène une mort paisible.
- Une chose est sûre,
c'est qu'il n'a pas choisi l'endroit par hasard.
Et on va devoir trouver le lien
entre cette forêt et cette femme.
- Oh, "on va devoir"...
Je vais devoir. C'est mon boulot.
Toi, tu vas faire le tien. Allez, on se rejoint à l'IML.
Alex...
J'ai... une question.
Je me demandais si tu pouvais m'héberger encore un peu.
Mais euh, il y en a plus pour longtemps.
- Évidemment!
Pourquoi? Ça s'arrange avec ta femme?
- Oui, euh... Peut-être. Enfin, c'est compliqué.
- Ah, OK. À toute.
- À toute.
(claquement d'une portière)
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
- Tonio!
- Sam?
- C'est fou de te voir là!
J'étais là aussi, moi. Je regardais...
- Et... qu'est-ce que tu veux?
- Rien!
Enfin oui, si, parce qu'en fait,
en ce moment, je... je crèche chez un pote.
Enfin, pas chez lui. En fait, dans la cave de sa belle-mère.
Sauf qu'elle sait pas.
On veut pas l'embêter, elle est âgée et tout.
En fait, chez elle, c'est bourré de rats.
Mais vraiment bourré.
Et moi, je respecte toute forme de vie animale comme tu sais.
Mais là, ils boulottent tout, les machins.
Ils ont bouffé mes grolles, mon téléphone, ma brosse à dents...
- Euh... Samuel, c'est pas une bonne idée.
- Non, mais juste une nuit, quoi.
- C'est pas moi qui décide.
Alex sait pas que t'es revenu et c'est chez elle.
Alors si tu veux qu'elle t'héberge,
bien tu lui demandes à elle.
- Enfin, sauf que comme ça, de but en blanc,
elle voudra jamais, quoi.
- Eh bien comme ça, tu seras fixé, hein.
- Alors je te demande juste une faveur.
Est-ce que tu peux la préparer psychologiquement
au fait que je suis revenu?
Comme ça, tu vois, ça passera...
(soupir)
Ça, c'est cool, tu vois!
Ça va, c'est top.
Ça va, toi? - Hum.
- Ça va avec Iggy?
Je l'ai trouvée toute chose ces derniers temps.
- Ah... oui, oui.
Non, mais... vous savez, j'ai... j'ai aussi mes doutes, hein.
- Non, mais c'est normal!
L'amour, c'est un truc tellement irrationnel!
- Vous aussi, vous avez des doutes avec votre taxidermiste?
- Ah, aucun!
C'est un type bien.
- Ah, vous trouvez, vous?
- Bah oui!
Quand il s'en présente un, faut pas le laisser filer.
Parce qu'un type bien, c'est aussi rare
qu'un cadavre sans lésion!
♪ ♪ ♪
- Vous vouliez me parler?
- Un nouvel officier va être affecté dans votre unité.
- Super.
Ça va pas nous faire du mal d'augmenter nos effectifs.
Avec les restrictions budgétaires,
on commence à tirer la langue.
- Ah bien, je suis ravi que vous le preniez comme ça.
D'autant que le nouveau ou la nouvelle,
je crois que c'est une femme, sera votre coéquipier.
Un coéquipier?
- Ou une coéquipière.
Je me suis laissé dire qu'elle avait la quarantaine,
divorcée...
(soupir)
- Le travail en binôme, c'est pas trop mon truc.
J'aime pas qu'on me suive partout.
C'est à cause de l'enquête de l'IGPN?
- Mais non, mais non!
Mais qu'est-ce que vous allez encore inventer?
Vous êtes vraiment parano, mon vieux!
- En vrai? - L'IGPN préfère
que vous travailliez en équipe maintenant.
- Bien oui, super... Je vais devoir me taper une taupe
à longueur de journée maintenant!
- Si ça peut vous servir de consolation,
c'est rien par rapport à la punition de Louis Pincé.
- Il écope de quoi, lui?
- Il est passé en commission disciplinaire
et il a dû quitter l'IGPN.
À mon avis,
ils vont le mettre à la circulation pour une paye.
- Vous avez raison, c'est une consolation.
- (Diane): Je comprends pas. Elle a quel âge?
- Mais je sais pas.
Elle a le derme d'une femme de 50.
- Et la musculature d'une femme de 30.
- Faut vraiment que je me mette au sport!
- Pff! Toi? Si tu veux...
Mais t'es pas obligée d'aller aussi loin qu'elle.
Regarde ses bras, biceps...
triceps... - Oui.
- .... quadriceps.
- Elle a un corps de gymnaste.
Ça m'étonnerait qu'elle se soit laissé étrangler sans réagir.
Et pourtant...
rien sous les ongles.
- L'assassin l'a vraiment nettoyée.
- Ou alors, il l'a prise par surprise.
♪ ♪ ♪
Mais... t'as vu toutes ces cicatrices
quand même...
- Ça peut être un accident de voiture.
Les plaies sont anciennes.
♪ ♪ ♪
Enfin, c'est bizarre quand même.
Même dans les années 50,
on faisait pas un travail de cochon pareil pour recoudre.
- Mais quoi alors?
Une agression?
Non...
Tu sais ce que ça m'évoque?
Des blessures de guerre.
- Ah, Antoine!
Votre binôme est arrivé.
- Ah! Elle est mignonne au moins?
♪ ♪ ♪
- Je... je ne vous présente pas Louis Pincé.
- Qu'est-ce que vous foutez là?
- Je suis... votre nouveau coéquipier.
- C'est une blague?
Ne me dites pas que c'est vrai!
- Ah, mais je ne dis rien.
- C'est vrai? - (soupirant): Oui.
- La jolie divorcée, c'est lui?
- Ordre d'en haut. C'est sa punition.
Et la vôtre.
- C'est un cauchemar, je vais me réveiller, là!
- Hé, mon vieux... serrons-nous la main.
♪ ♪ ♪
Sans rancune!
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
- Tu peux y aller, hein. Elle va pas te mordre.
- Mais j'ai pas peur.
Je suis juste méticuleux, quoi.
- Remarque, si elle avait été vivante,
t'aurais eu raison de te méfier.
Elle a pas dû sécher souvent ses entraînements de boxe.
- Mais comment vous savez qu'elle faisait de la boxe?
Attendez, me dites pas!
Soit c'était dans votre horoscope, soit...
vous parlez aux morts!
- J'ai plutôt regardé la déformation de ses jointures.
Et si je parlais aux morts,
je lui aurais demandé
comment elle s'appelle et qui l'a tuée.
Ça aurait été vachement plus pratique.
- Parce qu'on connaît pas son nom?
- Non. Et d'ailleurs, à ce propos,
ça nous ferait gagner du temps
si on téléphonait à toutes les salles de sport de la région
qui pratiquent la boxe.
- OK.
Et je leur demande quoi exactement?
- Bien si parmi leurs adhérentes
il y aurait pas eu une quinquagénaire ultra sportive
qui pratique la boxe de manière intensive.
Ça doit pas courir les rues.
- Hum.
Je peux me mettre dans votre bureau?
- Ouais, parfait.
Euh, non!
J'ai promis à mon frère de rester réglo
sur tes attributions.
Donc vaudrait mieux que personne te voit.
- Hum. Euh, attendez.
Vous voulez que je me cache?
- Bah, jamais je te demanderais un truc pareil! Non, mais...
Je... je veux juste... qu'on te voit pas trop, quoi.
- Ouais, donc que je me cache quoi.
- Pff!
Tout de suite les grands mots!
♪ ♪ ♪
- (Théo): Je cherche... je cherche une... Oui.
Je cherche une femme.
Vous m'entendez, c'est bon?
Oui, la cinquantaine, brune,
qui... qui fait de la boxe régulièrement.
Ah bien, sur Internet, y avait écrit "Club de boxe".
Alors...
Que pour les ados.
D'accord. Bon, désolé. Merci, au revoir.
Oui, bonjour Madame.
Je vous appelle car je suis à la recherche d'une femme...
(fracas)
- (Diane): Ça dépendra des résultats.
Pas possible de poser un diagnostic avant.
Ouh! (écoulement du robinet)
- (Ludivine): Tu te prépares pour l'homme de ta vie?
- Bien cette semaine, ça peut être aujourd'hui.
Je ne veux pas être prise au dépourvu.
Toi, toujours pas de nouvelle de ton Pincé?
- Rien! Je crève de peur.
Et s'il a rencontré quelqu'un d'autre?
- (riant): Ça m'étonnerait!
Il doit pas souvent avoir des occasions.
Mais oui, évidemment, il est...
il est tellement séduisant, il doit beaucoup plaire.
- Arrête! Me dis pas ça, là!
Tu crois que je vois pas
l'attraction qu'il exerce sur les femmes?
Putain, je suis bouffée par la jalousie, c'est horrible!
- Non, alors vraiment, si j'étais toi,
je m'inquiéterais pas trop, hein,
parce que même si...
même s'il est très séduisant, t'es pas mal non plus, hein!
C'est difficile de rivaliser avec toi.
- Oh, tu trouves? - Oui.
- Alors il va revenir! - Il a intérêt.
- Faut que je te dise un truc. - Ouais?
- Tu me jures de le garder pour toi, hein?
C'est à propos d'Alex.
- Oui, bien je te le jure... sur la tête de Théo!
- Son ex est revenu.
- Quoi, Samuel?
- Et Antoine a pas encore osé le dire à Alex.
- Qu'est-ce qu'il lui veut?
- Bien, il veut la reconquérir, j'imagine.
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
- Dites...
Euh...
J'ai... j'ai jamais osé vous demander,
mais vous étiez mariée?
- Question suivante!
- Et votre mari, il est devenu quoi?
- Il est au diable! Et il a intérêt à y rester.
- Vous l'aimez toujours?
(soupir)
- Je le déteste!
- Et l'empailleur, enfin...
- J'entends, pas, Théo, là! Je bosse!
(soupir)
- J'ai trouvé la salle et le nom de la victime.
- Où?
- À Bègles, une certaine Christine.
Le gars du gymnase connaissait pas son nom de famille,
mais apparemment, c'est la partenaire d'un jeune
qui s'entraîne dans son club.
- Pourquoi tu l'as pas dit avant
au lieu de poser des questions idiotes?
♪ ♪ ♪
Viens!
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
- Ils sont balèzes, hein!
♪ ♪ ♪
(vibration d'un téléphone)
♪ ♪ ♪
- (femme): Faut pas vous gêner! - (Théo): Désolé.
(rires d'un homme)
- (homme): T'as un combat ce week-end?
- Ouais, sûrement.
- Sélim?
- Oui? Vous êtes qui?
- Euh, Alex et Théo.
L'entraîneur nous a dit qu'on pouvait te parler ici.
- De quoi?
- Christine.
- Pourquoi, il lui est arrivé quelque chose?
- Euh...
- Bon OK, je prends ma douche et j'arrive tout de suite.
- Euh...
- Non. Je prends ma douche tout seul et j'arrive.
- Ah, hé, ça va!
Des corps de gens tout nus, j'en vois toute la journée.
- En général, des morts, petite différence quand même, non?
(soupir)
- On l'a pas vue depuis deux jours. C'est notre voisine.
- Et vous avez signalé sa disparition,
toi ou tes parents?
- Bien j'ai dit à ma mère d'aller voir les flics.
Après, je sais pas si elle l'a fait.
Pourquoi, vous êtes flics?
- Non, enfin, on collabore avec eux.
Enfin, collaboration indirecte.
Je vais pas entrer dans les détails.
Mais tu la connais bien, Christine?
- Bah... ouais, c'est... Elle habite l'appart d'à côté.
Je la connais depuis que je suis tout petit, quoi.
- Tu t'entends bien avec elle?
- Ouais, bien sûr.
C'est comme ma mère en moins chiante.
- C'est pas banal, hein,
une femme si musclée, si sportive.
- Elle est tout sauf banale.
Elle voulait que je prenne confiance en moi,
parce que je me faisais emmerder à l'école.
La première fois qu'on est allés à la boxe ensemble,
j'y croyais pas trop, vu son âge et tout ça.
Et là, elle est montée sur le ring d'un coup.
Elle nous a fait une petite démo avec un type du club.
Et là, elle l'a carrément étalé par terre!
Tout le monde était scotché!
Ah, Christine...
Mais euh... vous croyez vraiment
qu'il lui est arrivé quelque chose de grave?
- Euh... oui. Je crois.
♪ ♪ ♪
qu'il va venir aujourd'hui?
- (Nicole): Tu crois qu'il va venir aujourd'hui?
Hum, ou demain...
S'il était venu hier et que je l'ai pas vu?
Ah, mais si j'étais passée à côté de l'amour sans le voir?
Et toi, hum...
est-ce que t'as été aimée?
Est-ce que t'as senti
battre ton coeur à une fréquence inconnue?
(pas approchant)
- Louis est revenu.
Il est à Bordeaux, là, quelque part.
Il m'a pas appelée!
C'est atroce, là, je te jure!
J'en peux plus! Je dors plus...
Je fais de l'hyperventilation... Je perds mes cheveux...
- Oui, j'ai compris, j'ai saisi l'idée.
Bah, j'en sais rien, moi.
C'est peut-être pour le mieux, non?
Réfléchis!
S'il te quitte, ah! T'auras plus à être avec lui.
- Hein? Non, mais je veux être avec lui!
- Hein?
- Oui.
- Ah oui...
Mais pourquoi, en fait?
- Bien parce que je l'aime!
- Ah bon?
- Bien oui, je l'aime.
- Eh bien!
OK, bien là, je peux plus rien pour toi.
- Je vois pas le rapport.
♪ ♪ ♪
- (Antoine): Elle s'appelait Christine Monnier.
53 ans.
Elle a perdu ses parents dans un accident de voiture
quand elle avait 4 ans.
Elle a été recueillie par la DDASS
et adoptée à l'âge de 8 ans par un certain Robert Monnier.
Bon, le type est introuvable.
Pour l'instant, on le cherche.
Mais s'il est vivant, il a 85 ans.
- Ah...
♪ ♪ ♪
♪ (douce) ♪
- Qui lui a fait ça?
- On cherche.
Tu connais quelqu'un qui aurait pu lui en vouloir?
- Non.
♪ ♪ ♪
Personne.
C'était...
c'était une femme extraordinaire.
(halètements)
Lâche-moi!
♪ ♪ ♪
(ouverture d'une porte)
- On aura besoin de prendre votre déposition.
Et celle de votre fils.
- Oui, bien sûr.
Je reprends le boulot dans une heure.
Il faut...
- Visiblement, elle a pas le même avis que son fils
sur Christine.
♪ ♪ ♪
- Alex, je te présente mon nouveau coéquipier.
- Je comprends pas.
- Une petite plaisanterie dont l'IGPN a le secret.
- Pour notre plus grand plaisir à tous, hein!
♪ ♪ ♪
J'ai manqué quelque chose?
♪ ♪ ♪
(coups de balai contre la porte)
- Ah, c'est toi.
Je croyais que quelqu'un avait frappé.
♪ ♪ ♪
- Quoi?
♪ ♪ ♪
J'ai de la salade entre les dents?
- Non.
Je me demandais si...
♪ ♪ ♪
Non, non, impossible! Pardon.
N'importe quoi!
(claquement de porte)
(vibration d'un téléphone)
(soupir)
- Pourquoi tu décroches pas?
- Qu'est-ce que tu fais là?
- Ça fait trois jours que tu réponds à aucun texto
et à aucun coup de fil.
- Bien, je suis occupé.
- À quoi exactement?
À faire le larbin d'Alex?
- Je suis pas son larbin. Je suis son bras droit, nuance!
- C'est elle qui t'a demandé de balayer le sol.
- Elle m'a pas demandé. Elle m'a suggéré si j'avais le temps.
Je suis libre, hein, je pars quand je veux. Tiens, tu vois...
là d'ailleurs, je pars.
- En attendant, elle te traite moins bien que son chien.
- Mais je vois clair dans ton petit jeu, là.
T'essayes de nous monter l'un contre l'autre.
Ton histoire de sortir ensemble pour la rendre jalouse,
c'est n'importe quoi!
Ça l'éloigne de moi au lieu de la rapprocher.
♪ ♪ ♪
- C'est parce que t'y mets pas du tien, c'est pas crédible!
- On va pas se marier pour rendre ça crédible non plus.
C'est bon, là, on arrête de jouer. C'est fini.
- Mais c'est pas possible, Théo!
Je... je suis enceinte!
♪ ♪ ♪
- T'es quoi?
- Je suis enceinte.
- Et de qui?
- À ton avis...
♪ ♪ ♪
- Mais c'est pas possible, on l'a fait qu'une fois.
- Bien, faut croire qu'on est très fertiles.
♪ ♪ ♪
- On va faire quoi, là, maintenant?
- Moi, je me casse, j'ai rendez-vous avec mon père.
- Non, je veux dire, on va faire quoi avec le bébé?
- Bien alors toi, tu fais ce que tu veux. Moi, je le garde.
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
- Ah, tu m'as tellement manqué! - Moi aussi!
Tous les soirs, je pensais à toi.
Ton corps... sur une couverture en mohair...
(petit rire de Ludivine)
- Ah, Samuel?
- Mais Ludivine!
Trop belle!
C'est ton Jules?
- Louis Pincé. Et vous êtes?
- Salut, vieux.
Dis-moi, elle est où, Alex?
- Elle est partie. - Ah, OK.
Si... sinon, ça va, le... le business?
Enfin, je... j'imagine,
des morts, il y en a toujours, mais bon!
Dis-moi, tu peux me passer ton portable?
Parce qu'en fait, elle m'a mis en contact indésirable
et je voudrais lui expliquer...
- Si elle t'a mis en contact indésirable,
c'est sans doute qu'elle a pas envie de te voir.
- Diane!
T'as pas changé!
- Toi non plus.
Tu disparais pendant un an, Alex est dévastée.
Et t'as le culot de te repointer ici la gueule enfarinée?
- Justement, en fait,
je voudrais lui expliquer...
- Ah non, mais surtout pas. Elle serait capable de t'écouter.
Alors voilà ce que tu vas faire.
Tu vas prendre tes cliques et tes claques.
Tu disparais comme l'an dernier.
Et nous, on va même pas lui dire qu'on t'a vu. Hum?
- Oui. Oui, parce qu'elle a rencontré quelqu'un.
Et elle est heureuse.
Donc il faut que tu la laisses se reconstruire, Samuel.
- Vous avez raison.
Vous pourriez quand même juste lui dire que je l'embrasse?
- Non. - Oui. Non! Non!
(bourdonnement)
- Super.
- Non, mais t'es dure avec lui, quand même.
- Tu te souviens de l'état dans lequel il l'a laissée?
- (Pincé): Est-ce que quelqu'un
peut m'expliquer qui est ce type?
- Je vous laisse...
- Je vais t'expliquer, oui!
♪ ♪ ♪
(claquement d'une porte)
- Ah bien, quand même!
Hé, dis donc...
cette femme a un corps extraordinaire!
Non seulement, elle a une tonicité musculaire
hors du commun,
mais les radios montrent un nombre de fractures effarant!
- Hein, qui ça?
- Ça va, Théo?
T'es pas un peu tendu, là?
- Tendu? Moi?
Pourquoi? Ça se voit?
- Viens, on va se faire un petit massage.
- Hein?
Qui, moi? Vous?
- Nous!
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
- Vous m'expliquez ce que vous faites là?
- Ce garçon est vraiment trop stressé.
Ça tombe bien,
puisque je m'intéressais à Christine
et j'aurais aimé vous poser deux, trois questions.
- J'ai le choix?
- Bien, vous avez l'air de la connaître vraiment bien.
- Elle habitait la porte à côté.
On a fini par devenir amies.
Elle m'a beaucoup aidé avec Sélim.
Elle lui faisait faire ses devoirs quand j'étais pas là.
- J'ai rarement vu un corps comme le sien!
Elle vous a dit comment elle était devenue si sportive?
- Non.
Elle était plutôt évasive sur le sujet.
Elle m'a juste dit qu'elle avait été pro
à l'adolescence.
- Mais votre fils l'aimait beaucoup.
Ça vous posait pas de problème?
- (Théo): Aïe!
- Quel genre de problèmes?
- Bien je sais pas. Peut-être
que vous pensiez qu'elle s'immisçait un peu trop
dans votre vie de famille.
- Non, c'est pas ça.
- Bien c'est quoi alors?
J'ai vu que vous aviez envie
de dire quelque chose à l'IML et vous l'avez pas dit.
Peut-être à cause de Sélim ou...?
- Pour moi, cette femme était dangereuse.
- En quoi?
- On est sorties un soir,
au resto, dans le quartier.
Je l'avais invitée
pour la remercier de tout ce qu'elle faisait pour Sélim.
On est sorties du resto
assez tard, un peu pompettes.
Et des types nous ont attaquées.
- Wô!
File ton sac!
- Ils sont devenus vraiment menaçants.
C'est là que j'ai découvert une autre Christine.
(coups)
Personne n'aurait pu imaginer
qu'elle avait cette rage.
(coups) ♪ (sombre) ♪
Christine! Christine, allons, arrête!
Viens, viens, viens!
Si je l'avais pas arrêtée,
je crois qu'elle aurait pu les tuer.
- Et après?
- Après, on a jamais abordé le sujet.
J'avais peur d'elle.
Je voulais plus que Sélim la voit.
Mais il était tellement attaché.
Bon, la séance est terminée.
- Euh... une dernière chose.
Christine vous a dit qu'elle était sportive professionnelle.
Mais c'était quoi sa spécialité?
- La natation.
- Merci.
Bien allez, viens, rhabille-toi!
♪ ♪ ♪
Elle a pas du tout le corps d'une nageuse.
Elle mentait.
- (Théo): On dirait... on dirait un foetus
flottant de le liquide amniotique.
Encore naïf.
- Alors, quel genre de sport?
Elle a pas seulement des plaies, elle a aussi des traces
de fractures mal traitées. Ça devait être sauvage.
- Hum.
- On devrait interdire à une humanité si cruelle
de se perpétuer.
- Ah, mais qu'est-ce qu'il y a, toi, en ce moment?
Ça va pas, hein.
Tu te rends compte quand même
qu'elle a failli tuer un type à mains nues.
- Ah oui? Et où elle a pu apprendre à faire ça?
- À l'armée!
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
- Vous pouvez me prendre tout ça en photo?
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
- On a fait le tour du salon.
♪ ♪ ♪
- Ah bon? Tu trouves?
OK.
Ma soeur me dit qu'elle a un corps de femme surentraîné,
un corps de guerrière, genre forces spéciales,
GIGN, soldat...
- Sauf qu'à part des factures, des post-it, du détergent,
il y a rien, hein.
Rien qui évoque son passé. Pas d'armes, pas de médailles.
- Du détergent?
- Au moins cinq bouteilles.
Puis elle emmagasinait des produits de première nécessité.
Farine, boîtes de conserve, eau minérale.
- (homme): Commandant!
Il y a quelqu'un qui prétend connaître la victime.
Attendez là, s'il vous plaît.
- (Sélim): Mais pourquoi?
- Guillaume, c'est bon.
- Alors, vous avez trouvé quelque chose ou pas?
- On cherche.
Dis-moi, est-ce que tu sais si Christine avait fait l'armée
ou quelque chose du genre?
- Non, non, elle bossait dans un centre aéré...
- Tu mens! Arrête de bluffer, mon garçon, hein!
On va te mettre au trou, ça va te rafraîchir la mémoire!
- Je vous jure! Je mens pas. Elle a jamais parlé d'armée.
- Allez, file que je te revois pas!
♪ ♪ ♪
- Va falloir qu'on mette les choses au point, tous les deux.
Vous allez arrêter de terrifier mes témoins.
- Chacun ses méthodes.
Vous, c'est le laxisme et la triche.
Moi, c'est la fermeté et l'exemplarité.
- Ouais, bien sûr!
Vous êtes sous mes ordres, je vous rappelle, hein.
- Plaignez-vous à l'IGPN!
Et si vous voulez pas que je parle à votre soeur
du retour du mari prodigue,
je vous suggère de me laisser mener ma barque.
- Je sais pas ce qui me retient de vous étrangler!
- La loi peut-être.
(crissement de pneus)
♪ ♪ ♪
- Mais d'après mon frère,
elle détruisait tous ses documents personnels.
Pas de passé, pas d'histoire connue.
Elle faisait confiance à personne.
- En même temps, à qui faire confiance dans un monde
où ceux que vous appréciez vous poignardent dans le dos?
- Wouah, Théo! Quelle forme!
Je sais pas ce que t'as aujourd'hui, tu irradies!
T'es lumineux!
Non, ça fait plaisir.
- Oui, bien de toute façon, vous pouvez pas comprendre.
- Ah oui? Explique-moi.
- Vous avez pas la poisse avec votre horoscope.
- Vos collèges sont déjà passés, vous savez?
- Mais on sait, M. Vinaver.
Mais on s'est dit qu'il fallait creuser certains aspects
de sa personnalité pour essayer de comprendre
pourquoi on l'a tuée.
- C'est vrai qu'elle était spéciale, Christine,
mais de là à la tuer...
- Spéciale comment?
- Christine s'occupait des activités physiques des enfants.
- Et ça s'est mal passé.
- Elle poussait les gamins à bout.
Certains terminaient en pleurs.
Elle voulait qu'ils découvrent leurs limites,
des gamins de 7 ou 8 ans!
On l'avait convoquée.
Elle nous avait expliqué qu'elle faisait ça pour leur bien,
mais certains parents se sont plaints.
Du coup, on lui a
retiré les activités physiques.
- Et elle vous avait parlé un peu d'elle,
de son histoire?
- Non. Elle parlait jamais d'elle.
♪ ♪ ♪
- Son corps nous parle de sévices beaucoup anciens
que ce que je croyais.
Ça remonte à quand elle était gamine.
Elle a pas de passé militaire.
À mon avis, c'est plutôt une enfance brisée
à coups de barre de fer, ça.
- Son père?
- Bien peut-être.
Mais faut qu'on le retrouve.
- Je peux vous poser une question?
Dans un monde aussi fou,
vous trouvez ça raisonnable de faire naître des enfants?
- Bien...
Je suis pas vraiment bien placée pour juger ça, mais...
J'ai pas d'enfant.
- Mais justement!
Vous, vous avez fait un choix sensé.
Le seul choix sensé, c'est de jamais mettre d'enfant au monde.
C'est ça.
- Pff! Hé!
T'es sûr que tu forces pas un peu sur le thé vert, toi,
en ce moment?
- Hé, au fait...
je l'ai eue, ma grande nouvelle, hein!
Et croyez-moi, je m'en serais bien passé!
♪ ♪ ♪
- OK...
♪ ♪ ♪
- Et toi, alors, l'homme de ta vie, t'en est où?
- Eh bien, j'attendrai encore une semaine!
- Bien alors, toujours rien?
- Non, toujours rien, voilà!
Pas l'ombre d'un homme à se mettre sous la dent!
C'est... c'est désespérant!
- Est-ce que t'as bien regardé?
Parce que des fois, c'est juste une question de point de vue.
- Exactement! Des fois,
tu peux comme ça vivre à côté de quelqu'un
sans vraiment le voir, et un jour, on sait pas pourquoi,
tu vas te mettre à le regarder autrement.
- À le regarder vraiment, à voir l'homme sous l'uniforme.
- Oui, bien j'y ai pensé, figurez-vous.
(soupirant): J'ai même envisagé Théo.
C'est vous dire mon niveau de désespoir!
- Ce Théo-là, notre Théo?
- Mais attends, moi, je le trouve mignon, Théo!
- Si j'ai le choix, je préfère sortir avec adulte.
- (Alexandra): Et euh...
Et toi, Pincé, alors?
- Ah! L'horoscope avait raison, mais pff! Un feu d'artifice!
- Stop! N'en dis pas plus. Merci.
- Bon, eh bien moi, je vous laisse.
J'ai rendez-vous avec Pierre.
- Et moi, avec Louis!
- Ah, et moi avec... pff! ... mes sushis!
♪ ♪ ♪
- Cadeau, pour toi!
- Un cadeau, mais... en quel honneur?
- Tu sais pas, c'est... On fête nos 6 mois aujourd'hui.
- Ah bien si, je le savais,
C'est quoi?
- Ouvre!
- Des billets de train pour Quimper!
Oh! Des billets pour le Festival des vieilles charrettes!
Non, mais j'ai toujours rêvé d'y aller!
(petit rire)
Ah, merci!
- Je vais te donner une liste de trucs à prendre,
parce que là-bas, parfois, il fait un peu frisquet.
- OK!
♪ ♪ ♪
♪ (mystérieuse) ♪
♪ ♪ ♪
- (Ludivine): Résultats des prélèvements.
- Ah!
- Tiens.
- Merci.
Résidu de fumée toxique?
- Oui, pas qu'un peu.
- Ça veut dire quoi?
- Qu'elle est morte à proximité d'un incendie.
- Elle est pas morte étranglée?
- Si, si, si.
- L'oedème cérébral,
causé par la compression des veines jugulaires,
entraîne une perte de connaissance assez lente.
Et suivi d'un décès parfois assez tardif.
Du coup, Christine peut très bien avoir été étranglée
juste avant ou juste après un incendie.
- Faut que j'appelle mon frère.
- Hum.
- La priorité, c'est de rechercher
si des incendies ont été déclarés dans la région
dans les 24 heures précédant la découverte du corps.
Je vous rappelle que l'endroit où on a découvert le corps
n'est pas l'endroit où le crime a eu lieu.
Au boulot, les gars.
Et vous aussi.
Je sais pas ce que vous faites de vos nuits,
mais vous m'avez l'air fatigué.
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
Ah bien, vous voyez quand vous voulez!
- Hum!
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
- C'est un miracle que tout n'ait pas cramé.
♪ (mystérieuse) ♪
♪ ♪ ♪
- Et c'est le box...
- De Christine Monnier?
- Vous avez reçu des visites ce jour-là?
- J'étais pas là quand c'est arrivé.
Mais Christine Monnier avait sa clé.
Alors elle est peut-être venue en mon absence.
Mais quelqu'un est venu avec la clé, en tout cas,
parce que la serrure était intacte
quand j'ai constaté les dégâts.
D'après la police, enfin vos collègues,
c'est criminel.
- Et il y avait quoi... - Dans ce box?
- Des vieilleries, des papiers,
des vieux bancs de muscu, tout un barda.
- (en choeur): Elle vous a dit ce que c'était?
- Non et j'ai pas demandé.
Je suis pas un fouineur.
- Je suis pas un fouineur.
Vous avez remarqué comme les gens
adorent se vanter de leurs défauts?
(petits rires)
- (Antoine): Christine a été étranglée dans le box,
puis le meurtrier y a mis le feu,
mais il a emporté le corps.
Il l'a nettoyé et il l'a déposé dans la forêt.
- Pourquoi faire tant d'efforts
alors qu'il aurait beaucoup gagné à le laisser brûler.
C'est plus rapide, plus hygiénique.
Notre assassin n'a pas agi en homme rationnel.
- Il devait être très lié avec elle.
- Enfance martyrisée,
plus lien fort entre le tueur et sa victime,
il va vraiment falloir rencontrer le papa.
(vibration d'un téléphone)
- Oui, Doisneau.
Vas-y, je t'écoute.
- Voilà.
- Merci.
Examen externe.
"Le corps est celui d'une femme, nan, nan, nan, nan, nan..." OK.
- Bon, j'ai essayé d'être très factuel, hein.
- Bien c'est ce qu'on te demande.
- Du coup, le style est peut-être un peu froid, quoi.
- "Évidence de blessures nan, nan, nan...
"Extrémités, tronc, nan, nan, nan...
"Tête et cou... Tête et cou...
- Qu'est-ce qu'il y a? Il y a des fautes?
C'est... c'est trop sec? - Non.
Mais tu mentionnes des taches sur les reins.
- Ah, oui, les taches.
Attendez.
- Ah ouais! C'est bizarre, hein.
J'ai l'impression que c'est à la fois plus clair
et plus net qu'hier.
Comme une hémorragie sous-cutanée, mais tu vois...
quand t'appuies dessus, ça disparaît pas.
C'est des ecchymoses.
- Mais on l'a frappée?
- Mais non! Sinon, ça aurait fait un hématome.
Tu vois, la rupture des vaisseaux est très apparente,
mais c'est peut-être la pression des doigts.
- Mais pourquoi quelqu'un aurait mis ses mains là,
comme ça, sur les reins?
- Bah, à ton avis?
Maintenant, remarque, on sait ce qu'on cherche.
- Ah bon?
- On cherche l'homme!
♪ ♪ ♪
- (homme): Hé! Viens par ici!
(rumeur de conversations)
- (Diane): Mais moi, je suis d'avis de ne rien lui dire.
On ne lui parle pas de Samuel.
- C'est quand même à elle de décider.
- Mais non! Elle va faire le mauvais choix, tu la connais!
C'est à nous de décider pour elle!
- On t'a déjà dit que tu ferais un super dictateur?
- Oh, merci! Je le prends comme un compliment, tu sais.
- Hum! (petit rire de Diane)
- Toi, tu dis rien?
Laisse tomber, elle rêve de son Pincé.
Tu y crois?
- Non! Et vu comme il est crevé
ces derniers temps,
ils doivent pas dormir beaucoup. - Oh!
Mais son horoscope l'avait prédit.
T'es de quel signe, toi?
- Lion.
- Mais non, comme moi! Bien alors,
figure-toi que tu vas rencontrer
la femme de ta vie cette semaine.
- Merde!
- Quoi?
- J'avais déjà pas assez de ma soeur et d'Iggy sur le dos...
Manquerait plus que la femme de ma vie.
- Mais t'as les épaules qu'il faut, hein.
(rumeur de conversations)
Hum... excusez-moi, faut que j'y aille.
- Tu vas où?
- Oh, parfois, faut savoir donner
un petit coup de pouce au destin.
(rumeur de conversations)
(au loin): Bonsoir. - Mademoiselle.
- J'ai l'impression que vous vous ennuyez.
(rumeur de conversations)
- Il est comment, Louis, dans le travail?
- Euh...
- T'as vu comme il est félin quand il marche?
On dirait un guépard.
Hein?
- Ouais...
(rumeur de conversations)
- Tiens. - Merci.
Tu voulais me dire quoi?
- J'ai réfléchi.
Tu trouves ça sérieux d'élever un enfant
dans un monde où la banquise est en train de fondre?
Où les partis fascistes progressent partout.
Et où le Scrabble a été remplacé par les jeux vidéo?
- C'est mon corps, je fais ce que je veux.
- Oui, enfin...
en tant que père, j'ai quand même mon petit mot à dire, non?
- Non.
- Ah, t'es chiante!
- Ça a jamais empêché personne de faire des bébés.
Regarde mon père!
- Si finalement tu veux avorter,
j'irai avec toi à l'hôpital.
Et...
si tu veux le garder, bien...
je te laisserai pas tomber.
Quoi que tu choisisses,
je serai là.
♪ ♪ ♪
(On toque à la porte.) - (Antoine): Hum... Alex...
ça t'embête si je dors avec toi?
Parce que... le canapé, là...
- Non! Viens.
Alors, ta soirée?
On t'a attendu, tu sais. - Hum!
Je suis restée à l'IML.
Non, mais il y a quelque chose qui me bouleverse
dans le corps de cette Christine, là.
Et vous, c'était sympa?
- Oui, très.
Diane est partie à l'abordage de l'homme de sa vie.
- Et?
- Je suis rentré.
Si tu euh...
recroisais Samuel,
est-ce que tu serais capable de recraquer?
- Ah, jamais!
- T'es sûre?
- Pff! À 1000 %!
Mais tu sais, n'importe qui serait tombé dans le panneau.
Tu te souviens, quand il m'avait offert les 80 pétunias?
Comment j'aurais pu me douter que c'étaient ceux du maire?
Et quand il avait son vélo trompette, là...
Pff! Oh, le boucan qu'il a fait dans le quartier!
Non, mais tu te souviens?
(ronflements)
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
L'assassin a voulu
♪ ♪ ♪
- (Antoine): L'assassin a voulu
faire disparaître quelque chose du box.
Mais pas le corps.
Et il a couvert ses traces.
On a affaire à un homme méthodique, rationnel.
- Oui.
Mais il a quand même pas eu le cran de brûler le corps.
Peut-être il l'aimait?
Peut-être... c'était son père ou un amant.
- Hum... En même temps, on aurait bien un mobile,
mais beaucoup plus terre à terre.
Christine avait souscrit à une assurance vie.
Et qui remporte le jackpot? Sélim!
- Pff!
Il l'adorait!
- Mais sa mère, non.
Elle était surendettée, jalouse.
Son fils aimait beaucoup trop Christine.
Elle était comme une seconde mère pour lui.
Nadia a pu péter un plomb.
- Bonjour, bonjour!
- Hé! Ha, ha!
Alors, l'homme de ta vie?
- Ah, il porte une robe de chambre
et a trois paires de charentaises sous le lit. Pff!
- C'est sûr,
le destin ne fait pas toujours bien les choses.
- Te moque pas!
- Hé!
♪ ♪ ♪
- Une assurance vie?
- Après tout, vous êtes les seuls proches
qu'on lui connaisse, vous et Sélim.
- C'est-à-dire, j'y ai jamais pensé.
Et puis, on était plutôt en froid ces derniers temps.
- En froid au point de la tuer?
- C'est n'importe quoi!
- En froid comment?
- Bien elle vous a pas dit, votre collègue?
- Quelle collègue?
- La fille qui nous a montré le corps.
Elle est venue me voir.
♪ ♪ ♪
- Je vais répéter ma question.
En froid au point de la tuer?
♪ ♪ ♪
T'étais où l'après-midi du 9?
- Je vous l'ai déjà dit. J'étais seul, je me baladais.
- Les jeunes de ton âge ne se baladent pas!
Ils fument des joints!
Au mieux, ils jouent à la Playstation.
- Mais vous êtes vraiment un psychopathe, vous, en fait!
- Peut-être!
Mais là, on va plutôt chercher à savoir si toi,
tu es un psychopathe capable
de tuer des quinquagénaires!
- Est-ce qu'elle t'avait parlé d'une assurance vie,
Christine, de l'argent que tu recevrais à sa mort
pour payer tes... tes études de photo?
- Quoi?
D'une... d'une assurance vie?
Non!
- Vous nous avez dit que vous étiez au boulot.
Or vous avez eu une pause entre 13 heures et 14 heures.
Christine est morte dans ces eaux-là.
- Vous me soupçonnez?
- Naturellement, chère madame.
- On vous interroge juste. C'est la procédure.
- Vous êtes surendettée.
Vous étiez jalouse de la relation de votre fils
avec Christine et vous n'avez pas d'alibi.
C'est le tiercé gagnant!
- Je l'ai pas tuée!
J'étais au boulot avec une cliente.
- Son nom?
J'attends.
(soupir)
- Pourquoi tu réponds pas?
- Bien parce que j'ai rien à dire!
Ils nous accusent de meurtre.
Et quoi, je devrais coopérer avec ce mec-là?
- Si tu veux pas finir au dépôt, oui.
(soupir)
- Bon, OK. Je parle s'il s'en va.
(ouverture d'une porte)
- Alors?
- On a pu confirmer l'alibi de la mère.
Pas celui du fils. On va le surveiller.
- Je voulais dire, alors... nous deux?
Notre duo, pas mal, non!
- Comment ça?
- Good cop, bad cop.
Ça marche plutôt bien finalement, hein!
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
- (Nadia): Je comprends pas.
Pourquoi vous vouliez qu'on s'éloigne du commissariat?
- Pour une question d'hygiène.
C'est très pollué, figurez-vous!
Tiens!
Et toi, le jour du meurtre, qu'est-ce que tu faisais?
- Bah, rien de spécial.
J'étais... j'étais en forêt.
J'étais avec un pote, on grimpait aux arbres.
Ma mère, elle aime pas trop ça.
- C'est des arbres de 15 mètres. Ils montent sans protection.
Je croyais qu'il avait arrêté.
- C'est Christine qui t'a appris ça?
- Ouais.
À mains nues, avec une sangle.
- Et tu sais d'où elle le tenait, ça?
- Alors là...
Non, je sais pas. Enfin...
Mais elle disait tout le temps :
"Dans une zone à risque,
"toujours chercher un poste dominant."
- Elle était cinglée!
- Non.
Elle était prévoyante.
Elle cherchait toujours à être préparée à chaque éventualité.
C'est quoi le problème, hein?
Elle au moins, elle m'a toujours soutenu.
- Et... et le copain qui était avec toi,
il pourra témoigner.
- Je sais pas s'il voudra.
- Pourquoi?
- Bien parce que...
il veut pas dire à ses parents qu'on est ensemble.
- Pourquoi?
- Bien parce qu'on est ensemble, on s'aime, quoi, c'est tout!
- Ah non, mais ça va, j'ai compris!
Mais pourquoi il veut pas le dire?
- Bien vous savez... deux garçons en général,
les parents, ils aiment pas trop ça, quoi.
- Moi, ça me va.
Tu sais, t'inquiète pas.
- Mais de toute façon, j'ai des photos datées,
numériques et tout.
- Ah bon? - Ouais.
- Et t'as des photos de Christine?
- Ouais.
Juste là.
- Ah, elles sont belles, tes photos.
- Merci.
- (Alexandra): Et là?
Là, c'est qui? C'est où?
- En bas de chez elle, mais je les espionnais pas.
Je...
Enfin, voilà, genre je prenais des photos euh...
pour montrer la rue, les saisons qui passent.
Et un jour, j'ai... j'ai vu Christine avec cette femme.
- Elle t'a dit qui c'était?
- Non.
- Dis donc, elle est très musclée.
Je vais noter la plaque d'immatriculation.
On sait jamais.
- Alors c'est quoi le nom de ton copain?
- Thomas.
- Thomas comment?
- Thomas Lahidis.
- Comment vous l'avez fait changer d'avis?
- L'expérience, Pincé, l'expérience et le tact.
Vous avez identifié la plaque incomplète?
- Oui. Voilà.
- Ah, bravo. Merci.
- (Alex): L'heure du goûter!
Tournée générale! - (femme): Ah, on est gâtés!
- Tiens. - Merci, Alex.
- (Alex): Mademoiselle.
- Quoi?
- T'en veux? - Ouais. Merci.
- (agente): Je l'ai. Tiens.
- Qu'est-ce que vous foutez là?
- J'ai acheté des chouquettes pour mon frère et son équipe.
Bon, arrêtez-moi, qu'on en finisse!
- J'adore les chouquettes!
Merci.
- Tiens!
- Voilà le nom de la visiteuse de Christine.
Caroline Brac.
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
(Alexandra toque à la porte.)
- Oui?
- Mme Brac?
- Euh... c'est pour mon mari?
- Non, c'est vous qu'on vient voir.
- Moi?
Pourquoi?
- Bien, c'est... c'est au sujet de Christine.
Je crois que vous la connaissiez, Christine Monnier?
- Euh... oui.
Bah entrez, allez-y.
- Merci.
- Merci.
- Je voulais aider ces enfants et me rendre utile.
Alors j'ai aidé Christine au centre aéré.
Puis on a sympathisé.
- C'est pour ça qu'elle vous a invitée chez elle.
- Pardon?
- Bien vous êtes allée chez elle, on le sait.
On a même la date.
C'était une dizaine de jours avant sa mort.
- (Théo): Oui, enfin, avant son assassinat.
Parce que c'est ça la vérité, elle a été assassinée
et avec les mains.
- Bonjour.
Daniel Brac.
On a appris aux infos.
- Mais la dernière fois que vous l'avez vue,
vous l'avez trouvé comment?
- Normale. Un peu déçue.
Je venais de lui annoncer que je quittais le centre.
- Pourquoi?
- S'occuper d'enfants en difficulté, c'est trop dur.
Je me sentais pas à la hauteur.
- C'est pas toujours gratifiant de s'occuper d'ados.
- Vous êtes très sportive.
- Daniel est entraîneur
et j'essaie de me maintenir en forme.
- On pratique tous les deux.
- Mais.... enfant, elle était comment Christine?
Plutôt garçon manqué, non?
- Mais comment voulez-vous que je le sache?
- Vous étiez à l'école ensemble.
- Mais je l'ai rencontrée il n'y a que deux ans.
- Ah! Non, pardon. J'ai dû m'embrouiller
dans mes dossiers.
Merci. - Au revoir.
- Au revoir.
♪ ♪ ♪
C'était quoi cette histoire d'école?
- La mort de Christine a un lien avec son enfance.
Ça, on le sait.
Et puis, t'as vu les photos de Sélim,
les bras de Caroline,
les muscles de son cou.
- Oui, bien oui.
Donc vous pensez que c'est elle qui aurait pu tuer Christine?
- Ah bien, j'en sais rien.
Mais tout ce que je sais, moi,
c'est que j'ai jamais vu de femmes aussi musclées de ma vie!
Et là, on en rencontre deux en trois jours
dont une est morte assassinée.
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
On va où?
- On remonte le temps. On va là ou Christine a grandi.
On a retrouvé le type qui l'a adoptée,
un certain Robert Monnier.
(coup de fusil) - Foutez le camp!
C'est une propriété privée! - (Antoine): Doucement monsieur!
Doucement! Police! Commandant Doisneau.
(coup de fusil) - Foutez le camp!
- C'est au sujet de votre fille, Christine!
♪ ♪ ♪
- (Robert): Ma petite Christine...
Qui est-ce qui me l'a tuée?
- C'est ce qu'on aimerait bien savoir.
- Vous faites des réserves.
- Je fais des réserves de tout.
Avec tous ces salopards qui nous gouvernent,
faut se tenir prêt.
- À quoi?
- Vous regardez pas les infos?
Le monde est en train de s'effondrer
et eux, là, ils restent là,
les bras croisés.
- Du coup, vous vous préparez.
- Pff! Faut bien!
Personne le fera pour moi.
Quand je suis rentré d'Indochine,
vous croyez qu'on m'a aidé?
J'avais perdu 15 kilos et j'arrivais pas à dormir.
Mais la patrie, là,
vous croyez qu'elle m'a tendu la main?
Rien!
J'ai vécu sans un rond
avec de sales idées plein la tête.
Ma femme m'a quitté au bout d'un an.
- C'est pour ça que vous avez eu envie d'adopter, non?
- J'en pouvais plus d'être seul.
- Et Christine a fait l'armée, elle aussi?
- L'armée?
Jamais je l'aurais laissé faire!
- Donc vous lui avez appris à se débrouiller seule.
- Ouais.
Pour la préparer à l'enfer qui nous attend,
tous!
- Vous étiez encore en contact avec elle?
- Un jour, ils ont disparu.
Je les ai jamais revus.
- Ils?
- J'en ai eu trois.
Des gamins de l'assistance.
Mais Christine est la seule que j'ai adoptée.
♪ ♪ ♪
- Bien, il va falloir qu'on parle aux deux autres gosses.
- Suspects potentiels.
- Peut-être. Ou un proche.
En tout cas, ça a forcément un rapport
avec ce qui s'est passé dans cette maison.
- Et le père, tu crois qu'il a été capable de tuer sa fille?
Je pense pas, moi.
- Bien j'en sais rien.
Mais il y a quand même la scène de crime avec l'eau de javel.
Et puis, t'as vu chez lui? Tous ces détergents!
Non, ce type est un maniaque.
- Et un paranoïaque aussi.
La guerre l'a rendu complètement cinglé.
Il vit dans l'idée d'une catastrophe imminente.
C'est peut-être ça qu'il a inculqué à ses gamins, hein.
Il les a entraînés comme à la Légion.
- Oui bien, regarde Christine.
Avec les gosses du centre aéré qu'elle poussait à fond, là
ou Sélim qu'elle faisait grimper aux arbres.
Ou même son corps à elle avec ses plaies, ses blessures.
- Ça colle. - Oui.
♪ ♪ ♪
(téléphone)
- Je suis désolée, j'ai pas grand-chose sur lui.
Ah, juste une fois, le signalement de son frère.
Alors, il disait...
"que Robert Monnier entraînait les gamins comme des soldats."
Il les faisait défiler,
leur apprenait à manier des armes.
Mais les services n'ont rien vu d'anormal
quand ils sont venus contrôler.
"Christine, agrément donné en 1974."
- Et.... et les deux autres frères?
- Et les deux autres, Sébastien Lamarque en 76.
Et en 77, Martin Delmas.
- Martin Delmas...
C'est le garde forestier qui a découvert le corps.
- Ah oui, il était complètement choqué.
- Parce qu'il la connaissait.
- Oui, ou parce qu'il l'a tuée.
♪ ♪ ♪
- (Pincé): Pourquoi vous nous avez pas dit
que vous connaissiez Christine Monnier?
- Vous la connaissiez même très bien.
Vous avez grandi ensemble chez Robert Monnier.
Vous êtes arrivé là-bas en 1977
et vous y êtes resté 8 ans.
Pourquoi est-ce que vous avez fugué
de chez votre père adoptif?
(soupir)
Martin...
Martin?
Est-ce que vous êtes bien conscient de ce qui se joue ici?
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
- On le met en garde à vue?
Il sera peut-être plus coopératif
après une nuit en cellule?
- En même temps, apparemment, ce mec en a vu d'autres.
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
- (Diane, en sourdine): Salut Alex, à demain!
♪ ♪ ♪
(fracas)
- Il y a quelqu'un?
Ah! Samuel?
- Ouais!
- Mais qu'est-ce que tu fous là?
- Je passais dire bonjour.
- Tu disparais pendant un an et demi
et tu reviens pour dire bonjour?!
Tu te fous de moi!
- Non, mais cool, relaxe! Je vais tout t'expliquer.
- Ah non, mais y a rien à expliquer!
À part que t'es qu'un salopard!
Non, mais t'imagine l'angoisse que je me suis faite pour toi?
Avant que je réalise
qu'en fait, tu t'étais juste conduit comme un lâche!
Et moi, je croyais que t'étais mort!
- Attends, attends! Parce que là, il y a un grand malentendu.
Parce que figure-toi que j'étais en train de nettoyer mon bateau
quand un type que je connais s'est pointé.
Alors je te passe les détails de ce qui s'est passé,
mais pour une raison X,
ce gus a estimé, à tort ou à raison, je sais plus très bien,
que je lui devais de l'argent.
Qu'est-ce que j'ai fait moi?
Bien j'ai coupé la corde et j'ai laissé le bateau partir.
T'aurais fait quoi à ma place?
- J'aurais passé un coup de fil.
- Ouais...
Ouais, c'est vrai.
Mais... figure-toi, j'ai pas pensé
parce que...
- Parce que?
- Je sais pas, Alex, l'appel du vent.
L'appel de l'eau.
Le ciel... il était immense
et je me suis imaginé comment c'était derrière.
La mer de Chine, la Voie lactée...
Et j'ai plus pensé à rien d'autre qu'à ça, au mouvement!
À partir...
♪ ♪ ♪
- Bien ça m'a fait beaucoup de peine.
Si ça peut te soulager, ça n'a pas été qu'une partie de plaisir
pour moi non plus, hein.
Parce que je me suis fait courser par des lézards géants.
J'ai été recherché par la police indonésienne.
Et je peux te dire, là-bas, ils rigolent pas.
Je veux dire, "Midnight express" à côté, c'est Club Mickey, quoi!
Il y a une vieille dame qui m'a tondu.
- Va-t'en. Va-t'en avant que je t'égorge, là!
- Attends, parce que...
je vais te reconquérir, Alex.
J'ai appris à jouer du banjo en Géorgie,
parce que j'ai dû y aller... Enfin, pour tout un truc...
- J'ai déjà quelqu'un!
- L'empailleur?
- Bien comment tu sais?
Tu m'espionnes en plus!
- Non, mais tu rigoles ou quoi!
Non, mais c'est juste qu'en fait...
En fait, je passais par là...
- Va-t'en.
- Sûre?
- Oui! Maintenant, là.
- Sûre, sûre? - Allez!
- OK.
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
- T'attends quelqu'un? - (Diane): Mais oui!
L'homme de ma vie!
- Pff! Ça risque d'être long.
- Je te remercie!
Bon, tu vas pas y retourner, hein?
- Où ça?
- J'ai croisé Samuel.
Tu vas pas retomber dans ses bras.
- Non, mais t'es folle!
Je suis avec le mec le plus gentil de la terre.
Pourquoi j'irais me fourrer dans les emmerdes?
- Ça te ressemble bien, non?
- Ah bien, tu me connais mal!
D'ailleurs, mon horoscope me l'avait dit.
Je sais ce que je veux et je vais droit au but.
- Oui, c'est vrai.
Bien vas-y, fonce!
- À demain.
(ouverture d'une porte)
- À demain.
- (Alexandra): Si on met
Martin Delmas face à la réalité,
bien il pourra plus se défiler.
- On fait ça comment?
- Bien on pourrait lui faire passer des radios.
S'il a subi les mêmes violences que Christine,
son corps en gardera les traces.
Je sais pas s'il avouera un meurtre, mais il nous dira
ce qu'ils ont vécu là-bas.
Parce que moi, je suis sûre
que c'est là-bas que tout s'est joué, dans cette maison.
- Hum...
Tu trouves que je suis trop dur avec Iggy?
(soupirant): Quel cauchemar!
Qu'est-ce que je vais faire?
Si je vais l'amener chez le psy, hein?
Ou je vais lui donner une fessée?
Qu'est-ce que je vais dire à mon fils?
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
(sirène)
♪ ♪ ♪
(sirène s'éloignant)
♪ ♪ ♪
- Sérieusement là, on a aucune raison d'être ici.
C'est hyper dangereux, quoi!
C'est limite un suicide collectif.
- Je te demande juste de surveiller et en cas de souci,
de me prévenir. C'est pas James Bond quand même!
- Enfin, d'accord, mais vous avez conscience que là,
vous me faites prendre des risques inouïs? Que... Quoi?
Ils sont là?
- Notre mission commence ici.
Je compte sur toi, 007!
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
- La radiologie, c'est...
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
Dr Frappart, Martin Delmas. Je vous le laisse.
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
- Vous êtes?
- Sabrina Marquez.
Euh... je suis le médecin référent de la police.
Je suis là pour M. Delmas.
- Ah bon? Ils m'ont rien dit.
Qu'est-ce qui a pu arriver à ce type
pour avoir un corps et des blessures pareils?
- C'est exactement la question qu'on se pose.
Il est où d'ailleurs?
- À côté.
- M. Delmas?
Vous me remettez? Je suis la légiste.
C'est moi qui m'occupe du corps de Christine.
- Faut pas avoir peur.
Je vais pas vous étrangler.
- Ah, vous parlez?
Ça fais plaisir.
Mon frère me dit que vous aviez pas ouvert la bouche
depuis hier.
- Qu'est-ce que vous voulez?
- Bien... là avec moi, j'ai les radios de Christine.
Je viens de voir les vôtres à l'instant.
Mais elles se ressemblent, c'est étonnant.
Ces déformations de la colonne,
ces fractures...
C'est... Qu'est-ce qui vous est arrivé?
Qu'est-ce qui s'est passé?
Qu'est-ce qu'on vous a fait?
- Vous voulez vraiment savoir?
- Oui.
- Le vieux nous forçait à nous battre entre nous au couteau.
Quand on était blessé, il nous amenait pas à l'hôpital.
C'est lui qui nous recousait sans anesthésie.
♪ ♪ ♪
- Oui, je sais, j'ai vu.
Et pourtant, vous avez continué les entraînements.
Comme Christine, même après votre départ.
Pourquoi?
- Il nous a programmés pour ça.
- Oui.
Mais il ne s'agit plus de votre enfance, là.
Christine est morte assassinée
par un type qui pourrait avoir vos mains, là!
Alors il faut nous dire ce qui s'est passé.
- On s'est enfuis, on... on est partis chacun de notre côté,
puis on... on s'est plus vus.
Et moi, Christine, je voulais la retrouver, parce que...
Bien parce qu'elle me manquait trop.
C'était pas facile, elle était pas sur les réseaux sociaux.
Elle était pas dans l'annuaire,
Et puis un jour, je...
J'ai vu son nom sur le site d'un centre aéré.
Alors, bien j'ai appelé, quoi, c'est tout.
♪ ♪ ♪
- Vous en vouliez à Christine parce que c'était la préférée.
Et c'est la seule que Robert Monnier avait adoptée.
- Non.
(bip de notification)
♪ ♪ ♪
- Bon, et M. Delmas, surveillez bien vos fractures,
s'il vous plaît.
♪ ♪ ♪
(soupir d'Antoine)
(ouverture d'une porte)
- (Diane): Ça y est!
Alex a revu Samuel. Je le sens pas du tout.
J'ai bien regardé ses yeux juste après qu'elle l'ait croisé.
- Ils étaient comment?
- Mydriase, pupilles dilatées à 45 %.
- 45? - Hum.
- Merde! (On toque.)
- Ah, salut Pierre! Ah bien, tu tombes bien.
- Je cherche Alex.
- Viens, viens, viens, rentre!
Tu... tu veux qu'on prenne un message de ta part?
- Oui, un petit mot doux, drôle, spirituel.
- Ouais, mais en même temps romantique, émouvant.
- Oui, non, non, mais en fait, je voulais juste
la prévenir qu'elle prenne une petite bouillotte,
pour les concerts le soir, parce que la météo là-bas,
elle est un peu traître parfois. - Oui, c'est une bonne idée.
Mais tu... tu pourrais aussi faire un truc un peu plus...
un peu plus inattendu.
Tu la connais, elle adore les surprises.
Les trucs loufoques.
- Ouais, les propositions un peu dingues.
- Hum...
- Tu pourrais écrire "je t'aime" sur une peau de raton laveur.
- Oui, oui!
Ou... ou tu pourrais lui faire un... un petit mouchoir
en intestin de loutre!
- C'est bien, ça! - (Pierre): Non, non!
Je vois de quoi vous voulez parler, ma mère était pareille.
- Ah oui?
- Alex, elle aime les trucs imprévus, quoi,
les plans imprévus.
- Et fort, même.
- Les propositions un peu folles.
- Voire pourries.
- Les trains qui déraillent, les voyages en montgolfière,
les routes qui mènent nulle part.
- Exactement! - Ouais, t'as tout compris.
- Eh bien non, non, non.
Parce que ça, c'était l'ancienne Alex.
Quand elle était avec son ex,
elle m'a dit qu'elle le détestait.
Alors moi, je vais faire le contraire.
Je vais lui offrir du prévu.
Voilà! Des trains qui arrivent à l'heure.
Des routes toutes droites tracées comme ça.
Ça va marcher.
Merci, les filles, je vous dois une fière chandelle.
- Eh voilà...
- C'est pas gagné.
- Non, non, non, non, non! On est mal barrées.
- Y a rien par là.
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
- Antoine!
♪ ♪ ♪
- Martin Delmas...
- "Je brûle de toi, mon amour. Christine"
♪ ♪ ♪
Pff! Et il y en a tout un paquet.
♪ ♪ ♪
(bip de notification)
♪ ♪ ♪
- Théo?
Théo! Théo!
- Hein! - Commande une pizza!
On en a pour un moment.
- Quoi? Pourquoi?
- Bien regarde, des lettres, des dizaines de lettres,
qu'elle a écrites à Martin Delmas.
- Faites voir.
"Le goût de tes baisers m'a rendue au monde."
"L'odeur de ta sève contre mon corps brûlant."
"Ta langue, douce...
- Non, mais c'est bon, là!
- Ouais.
Ah bien, c'est... c'est chaud, hein.
- Vas-y!
- Pourquoi vous nous avez caché tout ça?
♪ ♪ ♪
- Ça regardait que nous.
- Vous lui répondiez?
On a rien trouvé chez elle.
- Je sais pas bien écrire.
Je fais plein de fautes d'orthographe
et puis, je... j'ai une écriture horrible.
Elle... elle écrivait bien.
- On sait que chez Robert Monnier,
vous avez grandi avec Christine, mais aussi avec Sébastien.
Il est où, Sébastien?
Hum?
On l'a cherché, mais il a disparu de la circulation
depuis longtemps, depuis 30 ans.
- J'en sais rien.
C'est Christine qui était en contact avec lui.
- Oui...
Mais elle vous parlait de lui dans ses lettres.
et elle l'appelait Daniel aussi.
Pourquoi?
- Il avait changé de nom.
Et depuis le fugue, moi, je l'ai jamais revu.
Ça m'intéressait pas.
Moi, la seule chose qui m'intéressait,
c'était Christine.
On s'aimait depuis qu'on est ados
et là, on s'était retrouvés, on était tous les deux.
Voilà, on a été bien naïfs,
parce qu'on a pensé
que comme on avait beaucoup souffert,
on avait droit...
on avait droit à un peu de bonheur.
Mais c'est pas pour nous, ça.
Les gens comme nous, on...
les gens comme nous, on... on a droit qu'au malheur.
- (Pierre): J'ai noté deux, trois trucs à emmener et puis,
je t'ai préparé une petite liste pour tes affaires aussi.
- Oh! - Oui.
- Merci!
"Chemise de nuit chaude.
"Chaussette en laine, parapluie, ciré"...
Hé, c'est bon quand même! Je sais faire une valise.
- Non, non, non, je sais, mais dans le Finistère,
la météo, elle est un peu trompeuse.
Alors du coup, la météo, ils te font :
Ah, il va faire beau!
Et puis le soir, il fait quand même très, très froid.
D'où la liste. Mieux vaut prévenir que guérir, non?
- C'est sûr.
"Bouillotte, sous-vêtements léopard"...
- Ça, en fait, c'était une blague pour voir
si t'allais jusqu'en bas de la liste.
Après, si t'en as...
♪ (suspense) ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
- Ouh!
- Hé, Samuel?
Ça va?
- Tu m'as pété l'épaule, là.
- Pff! Bien tu t'en remettras!
- Et si je fais une hémorragie interne?
La jugulaire, c'est là, je te rappelle!
Tu me regretteras un peu?
- Bien non! Non, j'irai danser sur ta tombe même!
- Tiens.
C'est un cadeau que je voulais te faire ce soir.
- Ah!
Ah, c'est adorable!
Mais ça change rien!
- Tu me demandes pas où je les ai eus?
- Non.
Si.
- À Lombok, j'ai mangé une soupe.
Aux yeux de crocodile.
Et je les ai gardés pour toi.
- C'est des yeux de rats.
- Oui, de rats, oui.
- Mais pourquoi ce soir, là, absolument?
- C'est notre anniversaire de mariage.
15 septembre.
Bon anniversaire, mon amour!
♪ ♪ ♪
(ouverture d'une porte)
♪ ♪ ♪
- Oh là là! Ça a pas l'air d'aller très fort.
(soupir)
- T'as pas une mine réjouissante non plus.
(soupir)
- T'as vu Pierre?
- Ouais. Et Samuel.
- Aïe! Et alors?
- Bien Pierre est vraiment gentil...
- Oh là là! Ça commence mal.
On tombe amoureux des gens gentils?
- Bien oui, moi!
Il est rassurant, fiable.
Il a même un peu de fantaisie dans son genre bizarre.
Non, mais Samuel, je sais pas, là.
- C'est une planche pourrie.
- Je sais!
- Hum, qu'est-ce qu'il nous aura emmerdé celui-là!
♪ ♪ ♪
Dépêche-toi, Alex!
- Merci!
- Allez!
En tout cas, pas un mot à maman de ma femme, hein.
Ni du fait qu'on dort chez toi.
- OK!
Mais toi, pas un mot sur Samuel, parce que tu la connais,
elle risquerait de l'inviter à tout bout de champ!
- Oui.
- Oh! Monsieur, comment ça va?
(rire de la mère)
Bonjour! - Bonjour.
- Bonjour! - Maman.
- Vous avez l'air fatigué tous les deux!
Et Véronique?
- Elle a dû conduire le petit à l'équitation.
- Non, mais je vais finir par croire qu'elle n'aime pas
ma langue de boeuf!
- (Iggy): Bonjour.
- Ah bien tiens...
tu as ramené ta petite stagiaire.
Ingrid, c'est ça?
- C'est ça.
- Bon, entrez, j'ai une surprise.
(soupir d'Antoine)
♪ ♪ ♪
Ma fille est une ingrate!
Mais moi, je ne vous ai pas oublié, mon petit Samuel.
- C'est sympa.
Salut!
- Salut.
- (mère): Alors Samuel,
votre voyage, c'était bien?
- Bien... j'ai beaucoup baroudé en Asie.
C'était pas toujours simple. Les gens, vous savez, c'est...
- Ah, m'en parlez pas, mon pauvre!
- Sans compter que...
Alex m'a beaucoup manqué.
- Ah, tu vois! - (Alex): Mais je vois quoi?
Arrête, maman, là!
Tu vas encore te faire embobiner comme d'habitude!
Si je lui avais manqué, il m'aurait appelée.
Au moins une fois! Tu crois pas?
- Oui, alors... je te comprends, et en même temps,
quand je me suis fait kidnappé, je pouvais pas téléphoné, quoi.
Et j'ai été arrêté par la police.
En Indonésie.
Très dure, soit dit en passant, la police indonésienne.
Bien là non plus, je pouvais pas appeler, quoi.
- Tu vois! - Mais je vois
que c'est toujours un gros baratineur!
- Non, mais si tu insultes les gens au lieu d'essayer
de les comprendre,
faut pas t'étonner qu'ils s'enfuient.
- Mais je passe ma vie à essayer de les comprendre,
moi, les gens, maman! C'est mon boulot!
- Oui, alors si je peux me permettre, c'est des morts.
Ça fait quand même une petite différence.
Je dis ça...
- Oui?
- Moi aussi, j'ai quelque chose à dire.
- (mère): Ah, bien.
- Je suis enceinte!
Tu vas devenir grand-père.
Et vous, vous allez être arrière-grand-mère!
- Pardon?
♪ ♪ ♪
- Félicitations!
- Ah!
♪ ♪ ♪
Antoine, c'est une plaisanterie?
♪ ♪ ♪
- T'as bien foutu la merde, toi.
- Tu peux parler!
- En même temps, la tête de la mamie...
(rire)
Oh, oh, oh, oh!
- Rien que pour ça, ça valait le coup!
- Ah, carrément!
Mais ton père, c'est un bon gars, t'sais.
T'es pas obligée de lui raconter n'importe quoi.
- Comment tu sais que c'est n'importe quoi?
- Je suis l'inventeur du n'importe quoi.
- Un bébé, quoi! Elle m'aura tout fait.
- Pff! En même temps, c'est merveilleux, non?
- Non! Non, non, c'est pas merveilleux.
Pas à 17 ans et pas avec ce...
- Écoute, elle aurait pu tomber sur quelqu'un de pire.
- Ah bon, tu trouves? - Bien oui.
Il est gentil, poli, serviable.
- Et amoureux de toi!
- Mais qu'est-ce que tu racontes? T'es fou, hein!
- C'est pour ça que t'es toujours à la ramasse
avec les mecs, toi, tu vois jamais rien!
- Comment ça, à la ramasse?
- Oui, tu choisis toujours le mauvais cheval.
Entre 1000 bêtes, tu prendras toujours celle qui a la peste.
- Oh!
♪ ♪ ♪
(petit rire d'Iggy)
- (Antoine soupirant): Ah, je vais la tuer!
Je... je vais les tuer!
- En même temps, elle a aucun signe de grossesse, hein.
- Ça veut dire quoi, ça?
Tu crois qu'elle a tout inventé?
- C'est possible.
- Bon, elle a des vrais problèmes psychiatriques alors!
Comme sa mère!
- Mais non!
Elle veut juste créer un lien avec toi.
Quitte à t'en faire voir de toutes les couleurs.
♪ ♪ ♪
Il est bon, ton sandwich, Théo.
- Ah, merci. Je l'ai fait avec...
Enfin, avec du pain et de la moutarde, quoi.
- Martin a été relâché.
Ils attendent un complément d'enquête.
- Vous pensez que c'est lui qui aurait fait le coup?
Il a peut-être pas supporté tout ce torrent d'amour
et ça lui a fait péter les plombs.
- Hum, c'est un peu tordu, non?
Si on procède par élimination,
il nous reste Caroline Brac.
- Oui, mais c'est une femme.
- Hum.
- Et si...
et si Sébastien-Daniel avait changé de sexe?
- Mais j'y pense...
Le mari de Caroline Brac s'appelle Daniel!
♪ ♪ ♪
n attend pas
♪ ♪ ♪
votre frère?
- Pourquoi on attend pas votre frère?
Si ce mec est un psychopathe,
on sait pas comment il peut réagir et...
Attendez, c'est légal, ça?
- Mais non!
Mais c'est hyper efficace! Je l'ai testé récemment.
♪ ♪ ♪
Hé! Il y a quelqu'un qui crie "au secours", là!
- J'ai rien entendu.
- Bien si! T'entends pas? - Non.
- Cas de force majeure! - (faiblement): Quoi?
(bris de verre)
♪ ♪ ♪
- Hé, vous faites n'importe quoi! C'est de la folie, là!
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
♪ (suspense) ♪
C'est hors de question! On va pas là-bas!
Vous savez ce qui se passe dans la cave des psychopathes, hein!
- Bien... non. - Eh bien non!
Eh voilà, bien justement, on sait pas.
- T'es trop stressé, Théo, là. - Quoi? Non!
Je suis pas stressé. Non, je suis inquiet pour vous,
parce que vous êtes une femme et que...
- Tu sais quoi?
T'as qu'à y aller le premier alors.
- Ouais, aucun souci...
♪ (suspense) ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
(cliquetis)
- C'est mon mari qui l'a construite.
Je m'entraîne six heures par jour.
- Il vous force?
- Non.
Je me sens tellement mieux depuis,
tellement plus forte.
Je contrôle mon corps.
♪ ♪ ♪
- (Théo): Mais il se passe quoi
si vous lâchez l'échelle?
- C'est dans ces moments-là
qu'on comprend qu'on peut pas lâcher.
Vous seriez surpris de voir ce que la volonté
vous permet de faire.
- Vous trouvez ça normal comme entraînement?
- Vous comprenez pas.
Il le fait par amour.
Quand on s'est rencontrés,
je sortais d'une relation difficile.
Mon mari me battait.
Daniel m'a appris à ne plus être une victime,
à sculpter mon corps,
à me maîtriser entièrement.
Il m'a libérée.
- Il a fait de vous sa Christine.
- Daniel lui a écrit il y a 20 ans
pour lui donner son nouveau nom.
Mais à l'époque, Christine,
elle avait pas envie de renouer avec son passé.
Et puis un jour, il y a deux ans,
c'est elle qui l'a rappelé.
Elle est venue ici.
Daniel était hyper heureux de la revoir.
- Et vous?
- On s'est rapprochées.
C'est elle qui m'a proposé de travailler au centre aéré.
Elle était un petit peu comme mon modèle.
Enfin, j'aimais sa force, son énergie.
- Mais vous avez compris que votre mari
essayait de faire de vous une sorte de double de sa soeur.
♪ ♪ ♪
- Et qu'il l'aimait.
- Et c'est pour ça que vous l'avez tuée?
- Non!
Non, je l'ai pas tuée!
Je... je lui ai juste dit de sortir de nos vies.
Je l'ai presque agressée, mais elle m'a écoutée.
Elle a essayé de me comprendre.
Enfin, elle compatissait.
Un moment donné, je me suis même dit
qu'on aurait pu être amies toutes les deux.
Mais Daniel, elle... elle l'obsédait.
- Et quand il a compris que
elle, elle était amoureuse de Martin...
- Bien ça l'a rendu fou!
Pff! Martin et Christine,
ils avaient essayé de le ménager,
de garder leur histoire secrète.
Ils avaient reformé le trio de leur enfance.
- Mais il est où, Daniel, là?
- Il est parti faire sa randonnée.
Ce matin, Martin l'a appelé. Il le cherchait.
- Et vous lui avez dit où il était?
- Bien oui.
♪ ♪ ♪
- (Alex): Le sentier principal, ouais.
Dans la forêt, derrière la maison.
- (Théo): Attendez, là!
- Martin nous a mentis. Il nous a rien dit
pour pas qu'on remonte à Daniel.
Il voulait s'en charger lui-même.
(cris de douleur d'un homme)
T'entends, Théo?
- Hé, on ferait mieux de les attendre, non?
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪ (gémissements)
- Arrêtez! Arrêtez, Martin!
Vous allez finir en taule!
Lâche-le!
Lâche-le.
(chute d'un corps sur le sol)
♪ ♪ ♪
(sirène)
♪ ♪ ♪
- (Théo): Ils sont là-bas!
- (Antoine): OK, c'est bon.
- À 17 ans, on s'est enfuis.
Chacun de notre côté.
- (Pincé): On a lu vos antécédents, ouais.
Chapeau... Délinquance, violence.
- (Antoine): Pour échapper à la justice,
vous vous êtes arrangé pour changer de nom,
de région,
puis vous êtes revenu.
- Et vous avez découvert
que Christine et Martin
n'avaient jamais cessé de s'aimer.
♪ ♪ ♪
- Daniel a dit à Christine qu'il aimerait revoir
des photos de leur enfance.
Ils sont allés tous les deux au box.
C'est là qu'elle lui a avoué que... qu'elle aimait Martin.
Il l'a étranglée
et il a mis le feu au box pour pas qu'on fasse le lien
avec le meurtre.
Puis il a lavé soigneusement le corps de Christine
avec du détergent.
Comme leur père leur avait appris.
Et il a déposé son corps dans la forêt.
Là où ils avaient grandi.
♪ (douce) ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
♪ ♪ ♪
- C'est à cause d'Alex, j'étais jalouse.
J'ai voulu me venger, alors j'ai inventé ce truc.
- Alors tout ça, c'est pas vrai?
- Bien non.
- Je vais pas être père.
- Pff! Tu dois être soulagé.
- Ouais, grave!
Mais en même temps, je suis un peu déçu, hein.
Je commençais à me faire à l'idée.
- Bien, on peut recommencer si tu veux!
- Non, mais c'est surtout que Diane m'avait annoncé
un événement qui allait bouleverser ma vie.
Et comme je crois en l'astrologie...
- Et tu sais ce que c'est cet événement?
- Bah non, du coup.
- Je te paye un burger!
- Ouais, super...
(petit rire)
- Et je... t'aime bien.
- Moi aussi, je t'aime bien.
- Je t'aime beaucoup.
Je t'aime tout court.
- Ouais, OK, bon calmos! On va y aller petit à petit.
On va commencer par un burger.
♪ ♪ ♪
- Non, mais vous avez raison.
Christine qui a renoué avec son passé,
eh bien c'est ça qui l'a tuée.
- Bien j'espère que ça va pas t'arriver!
- Pff! T'es dingue! Je vais vers l'avenir, moi!
- Ouais! Au Festival des vieilles charrettes!
- Ouais!
- Bon, c'est bon, t'as tout?
Alors sept paires de chaussettes.
- Ouais.
- Mouchoirs, trois gros pulls, un en gros lainage.
- Ouais.
- Et des sous-vêtements léopard.
- Ah! N'empêche, ton horoscope avait raison, hein.
Parce que moi, je sais pas trop ce que je veux,
mais là, je suis sûre que je pars avec la bonne personne.
- Y a que pour moi que ça ne marche pas.
Je devais rencontrer l'homme de ma vie, Pff! Rien, nada!
Où est-il? - Mmmm!
(coups de klaxon)
- Ah! J'y vais. C'est Pierre.
- Oh, profite! - Allez!
(vibration d'un téléphone) - OK! Attends. Allô?
- Ah oui, et toi?
As-tu rencontré la femme de ta vie cette semaine?
- Moi, je... Peut-être.
- (Alex): Hé!
C'est Samuel, il est au poste.
(soupir de Diane) - Ah non.
- Et c'est reparti.
♪ ♪ ♪
- (Alex): J'y vais, j'en ai pour 5 minutes.
- Oui, bien le train est dans 45 minutes!
J'aimerais bien qu'on soit 15 minutes à l'avance.
Sinon après, les gens, ils mettent leurs bagages partout
et puis, y a plus de place pour nos affaires.
- OK.
- Cinq minutes, hein? - Oui, oui, oui!
(soupir)
- Ouais, bien c'est raté pour les 15 minutes d'avance.
- Oui.
Ah! Euh... Pierre. Je... je te présente Samuel.
- Salut, Pierre!
- Salut. - Samuel. Je veux pas déranger.
Je veux surtout pas vous retarder.
Je profite du trajet pour la gare, parce que j'aimerais bien
prendre le même train que vous.
J'ai pas de billet,
mais y a toujours des gars qui en vendent à la sauvette.
Je me dis... Ah, je vais me débrouiller.
Vous vous apercevrez même pas que je suis là.
- Super.
(démarrage)
- (Samuel): Et vous allez où?
Si c'est pas indiscret bien sûr.
- (Alex): Loin! Très loin!
Et sans toi.
♪ ♪ ♪
Sous-titrage Société Radio-Canada
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