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Allez-y !
Traversez, bon sang !
- Et pour madame ? - Un vittel.
T'as vu la bonne femme avec son chien ?
Elle drague.
Non. C'est une petite annonce de mariage.
Qu'est-ce que t'en sais ?
Quand t'auras fait la salle comme moi pendant 20 ans, tu sauras.
T'as pas vu le man�ge avec le journal ?
Je crois que nous avons rendez-vous.
On dirait.
Je peux ?
Je m'appelle Paul.
- Paul Gaillard. - C'est tr�s bien.
- Je suis Jacqueline Br�ch�re. - Enchant�.
�a, c'est Gaston.
Ah, bonjour Gaston !
C'est la 1re fois que je me retrouve dans cette situation.
Je sais vraiment pas quoi dire.
- Je dois avoir l'air idiot, non ? - Oh non !
Pas tellement.
Remarquez, je ne suis pas une habitu�e non plus.
Tant mieux, comme �a...
- On d�bute tous les 2. - Voil�.
Tu vas voir. Il va commander une bi�re.
Parce que la flotte fait pas s�rieux et l'alcool fait mauvais effet.
Gar�on, une bi�re.
Aucune imagination !
- Vous venez souvent ici. - Non, jamais.
Ce n'est pas mon quartier.
-Et vous ? -Moi non plus, j'habite en banlieue.
-Moi, j'habite le 15e. -Oui, moi aussi.
Comment ? Vous venez de me dire que vous habitez en banlieue !?
Excusez-moi. Je sais plus ce que je dis.
Je voulais dire : j'ai habit� le 15e.
- J'aime bien. - Le 15e ?
Non. Ici, le caf�.
Il fait chaud.
C'est pas normal du tout pour la saison, vous ne trouvez pas ?
Il para�t m�me que �a fait 17 ans qu'on a pas vu un temps pareil.
Y a vraiment plus de saison ! On ne sait plus o� l'on va.
Pourquoi vous riez ?
Je ris en pensant � toutes les banalit�s qu'on dit depuis 5 minutes.
C'est tr�s difficile dans notre situation de dire autre chose que... des b�tises.
- On peut toujours essayer. - Alors, que pourrais-je vous dire ?
J'ai un pavillon en banlieue avec un jardin et un potager.
Ah bon, vous plantez des gros choux et des petites carottes ?
Exactement, c'est ma passion. La culture biologique.
Ah ben, c'est tr�s bien.
Et � part vos choux et vos carottes, qu'est-ce que vous faites ?
Je suis fonctionnaire.
- Vous n'avez rien contre les fonctionnaires ? - Pas du tout.
-Vous �tes � la SNCF ? - Non, non.
J'ai des relations administratives avec le public.
Mais M. le percepteur, comment voulez-vous que je paie ces imp�ts ?
Vous pouvez quand m�me me donner un petit d�lai ?
C'est No�l dans 3 jours.
Vous m'avez pr�par� un dossier ?
Oh, qu'est-ce que �a fait l� ?
Je vois que vous organisez des tourn�es au Moyen-Orient.
- �a marche bien, �a. - Je suis un tout petit.
On devrait me d�taxer, avec mes artistes !
Artistes, euh...
Parfaitement, artistes ! Je fais pas de la plume au cul, monsieur !
Moi, j'ai mont� casse-noisette chez l'�mir de Kowe�t.
J'apporte la culture fran�aise � l'�tranger.
- Vous avez toujours votre Rolls ? - Oui, j'ai Rolls.
C'est quand m�me pas un signe ext�rieur de richesse, la Rolls !
C'est une camionnette. �e me sert � transporter le mat�riel, les costumes...
...Que vous entreposez dans votre ch�teau en Auvergne !?
- C'est un hangar, �a !? - C'est pas un hangar, bien s�r !
C'est une masure ! C'est une ruine !
- Un tas de pierres. - Un tas de pierres.
Du XIIIe si�cle, class� par les Monuments historiques.
Si on les �coutait, ils classeraient tout !
Ils classent m�me des bidonvilles, on m'a dit, alors voyez !
J'ai trop de frais. Je peux plus payer, c'est pas compliqu�.
Avec ce que vous d�clarez comme revenu, on se demande m�me comment vous arrivez � vivre.
Il y a quand m�me bien des cas dramatiques ?
1 pour 10 fraudeurs.
C'est pas commode. Un percepteur, c'est presque aussi d�test� qu'un flic.
- Vous avez bien des amis. - Oui, en f�vrier.
Au moment des d�clarations d'imp�ts, c'est fou ce que j'ai eu comme copains,
au lyc�e, au r�giment, dans les clubs sportifs.
Ils ont tous besoin de conseils. Par contre, en mars...
C'est termin�, plus de copains.
Comment �tes-vous devenu percepteur ?
Eh bien...
Ce sont des choses qui arrivent...
T'as vu ? �a discute dur.
Elle le fait causer. Elle est en train de l'embobiner.
Y en a qui savent y faire avec les bonshommes.
Et j'en ai vu qui leur faisaient cracher leur fiche de paye
comme �a, tout de suite, au 1er rendez-vous.
- Et vous ? - Quoi, moi ?
Ben, qu'est-ce que vous faites ?
Je nage dans l'exploitation syst�matique de la connerie humaine.
Pour la 2e fois, mon chien est-il pr�t, oui ou non ?
- Vous avez des faux cils pour caniches ? - Est-ce qu'on a des faux cils pour caniches ?
Des faux cils pour caniches.
- Qui a demand� des faux cils pour caniche ? - Moi.
- En synth�tique ou en vison ? - En vison.
�coutez, j'�tais l� avant vous.
Il est pr�t, le chien de Mme Weldell ?
Non, il trempe.
C'est pas s�rieux ! Vous m'aviez promis 6h, il est 7h !
D�sol�e, nous avons �t� d�bord�es.
Vous ne vous rendez pas compte ! J'ai un r�veillon chez moi avec 30 personnes !
C'est tout de m�me insens� ! Je veux mon Hercule !
Vous voulez votre Hercule ? Le voil� !
Esp�ce de folle !
Vous aurez de mes nouvelles, mesdemoiselles, croyez-moi !
Bref, vous tondez les gens, et moi, je tonds les chiens.
Y a des jours o� je me demande comment les chiens font pour supporter les gens.
Et � part les chiens, qu'est-ce qu'il y a dans votre vie ?
Pas grand-chose.
C'est pas beaucoup.
- Je travaille toute la semaine. - Moi aussi.
Et le dimanche, qu'est-ce que vous faites ?
De n'importe quelle fa�on, je m'ennuie jamais.
Je tra�ne beaucoup chez moi comme �a...
Je m'occupe de mon potager et j'adore faire la cuisine, �a m'amuse.
Et vous, le dimanche, qu'est-ce que vous faites ?
J'adore jouer aux cartes avec des amis.
Je t'aime. Je suis tr�s mauvaise joueuse.
D�sol�e, faut que je m'en aille. On doit m'attendre au magasin.
En ce que nous concerne, vous avez envie qu'on se revoit ?
Pourquoi pas ?
Il faut que je vous pr�vienne : y a 20 ans que je ne crois plus tellement au grand amour.
Nous voil� bien !
- Vous y croyez, vous ? - � chaque fois !
- Ah bon ? - Oui.
De toute fa�on, on peut avoir des go�ts communs, de la tendresse...
Une grande amiti�.
- Vous y croyez � l'amiti� ? - Mais oui.
M�me en-dehors du mois de f�vrier.
Salut.
T'as vu ? Ils se barrent ensemble.
Pas si vite !
Y en a que j'ai vu revenir 10 fois avant de se d�cider.
� la onzi�me, le gars s'est tir�.
Oh, dites-moi. Je suis d�sol�.
J'ai oubli� de vous dire. Je m'excuse mais j'ai un fils.
Mais c'est pas grave ? Petit ?
Oui, enfin... comme �a, quoi.
Vous verrez, il est tr�s gentil et on est tr�s copains.
Je crois qu'il m'aime bien.
Enfin, il s'en fout un peu.
- Vous l'avez pas fait tout seul ? - Pardon ?
- La maman, o� est-elle ? - Oh l�, c'est une vieille histoire.
Je comprends. Bon, ben...
J'ai l'impression d'avoir encore plein de choses � vous dire.
Ben, on se voit mardi.
- Au revoir. - Au revoir.
- Ali Baba ou Gringo ? - Gringo.
On m'a dit que c'�tait un bon western.
Eh, c'est pas un pourboire, �a !
- Vous avez pas la monnaie ? - Non, comment voulez-vous ?
Vous avez pas la monnaie ?
Votre billet.
- Vous �tes un habitu� ? - Non, mais pas du tout !
Alors, c'est en mon honneur ?
Voyons, on s'est tromp�s de salle. C'est un malentendu, venez.
Non, je veux regarder. Une fois n'est pas coutume.
- Tout le monde nous regarde. - Et alors ?
- Je crois qu'il vaut mieux partir. - Je veux rester. Je trouve �a tr�s rigolo.
- Moi, je ne trouve pas �a rigolo du tout. - Pourquoi, vous avez un blocage sexuel ?
Je n'ai pas de blocage sexuel, qu'est-ce que vous racontez ?
- Vous avez des probl�mes, madame ? - Moi, pas du tout.
- C'est lui. - �a suffit comme �a !
Dis donc, parlez-moi sur un autre ton !
Avouez que c'est g�nant, quand m�me.
Parce qu'en plus, je vous g�ne ?
Parfait, au revoir, monsieur. Je ne veux pas vous d�ranger plus longtemps.
- Qu'est-ce qu'il y a ? - Il y a que �a ne va pas du tout !
Je savais que c'�tait un malade !
- Vous l'avez trouv� ? - Oui, je l'ai, monsieur Gaillard.
Jacqueline Br�ch�re, travaille au Chien chic, 52, faubourg St-Honor�.
Le t�l�phone, c'est... Je vous annonce � M. Champfrein ?
Tiens, t'es l� ? Tu voulais me voir ?
Pas du tout. Je venais juste demander un renseignement � Marie-France.
- T'as coinc� quelqu'un ? Je te demande rien. - �a n'a rien � voir. Salut.
- Qu'est-ce qu'il voulait ? - Retrouver une boutique de chiens.
Montrez-moi �a.
Au fait, qu'est-ce que je fais dans l'affaire de Mme Rossi ?
Faites-la saisir.
Mais elle est morte !
Vraiment ?
Tous les moyens leur sont bons pour pas payer.
M. Champfrein, voyons !
Faites saisir les h�ritiers.
Ah bon ?
�Au Chien chic�.
Voil� !
Oh, que �a lui va bien ! Oh, qu'il est beau !
Comme �a, il ne salira plus ses petites oreilles dans la soupe.
Excusez-moi, madame.
All� ?
Qui ?
Oui, je vous l'appelle.
Jacqueline, c'est lui.
- Qui, lui ? - Ton percepteur.
Comment il a fait pour me retrouver ?
- Je sais pas. - Il m'emmerde !
�coutez, elle ne peut pas venir au t�l�phone.
Il para�t que vous l'avez amen�e voir un film pornographique.
Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Je l'ai jamais emmen�e voir...
Je suis un fonctionnaire, pas un obs�d� sexuel.
Il y a plein de fonctionnaires obs�d�s sexuels, mais c'est pas grave.
D�ner demain soir ? Parfait !
Tu es folle ? Il en est pas question !
Je note l'adresse.
8h30 chez vous, d'accord.
Ciao, merci !
�a y est, ma ch�rie. C'est fait ! Tu es contente ?
Pas du tout. Aller d�ner chez un monsieur que je ne connais m�me pas !
Comme �a, tu le conna�tras !
Non et non, je n'irai pas !
- Vous �tes l�, vous ? - Ouais, apparemment.
- Je croyais que tu allais au cin�ma. - Ouais, mais bof !
Quoi ? Il y a un bon film �-c�t�.
- T'as envie d'y aller, toi ? - Bof.
Vous allez pas rester toute la soir�e � vous abrutir devant la t�l� ?
- On s'abrutit autant au cin�ma. - Non, pas du tout.
D'abord, on est oblig� de sortir pour y aller.
En plus, il y a la magie du grand �cran, la po�sie de la salle obscure.
Qu'est-ce que tu fais ?
Je prends un bain.
- � cette heure-ci, il est fou ! - Il attend une gonzesse ?
Lui ? �a m'�tonnerait !
Remarque...
Saumon fum�, champagne. Des fruits exotiques...
- Merde, t'as raison ! - Il a fait des frais, dis donc !
Tu sais, c'est la 1re fois qu'il am�ne une bonne femme ici.
D�sol�e d'arriver si tard, mais je ne sais pas ce qu'il se passe ce soir.
Y a des encombrements monstres. La circulation est bloqu�e.
- Ah bon ? - Je me sauve. Un taxi m'attend.
Je passerai demain pour payer. Je ne sais pas � quelle heure je vais �tre chez moi.
Dis donc, Gaston, on n'est pas sorti de l'auberge !
- T'attends quelqu'un ? - Oui, un coll�gue.
Vous allez �tre en retard pour la s�ance.
�a fait rien. On ira � la suivante.
- �coute, je te fous pas � la porte... - Mais tu nous vires, quoi !
- Voil�. - Bonne soir�e.
Salut.
1, 2, 3, 4, 5, 6. Il va falloir prendre une d�cision.
Ce ne sont pas mes chiens,
mais ceux des clients qui n'ont pas pu les emmener � cause des embouteillages.
Je pouvais pas les laisser au magasin, alors je les ai emmen�s.
Vous avez bien fait.
- �a vous ennuie pas trop ? - Pas du tout, ils ont l'air charmant.
Ils sont tr�s gentils. Tais-toi !
Dites-moi, vous voulez pas les mettre � c�t� ?
Vous avez un endroit ? On y va !
Du calme, les enfants.
Dans le fond, je suis content qu'il ait trouv� une bonne femme.
C'est vrai, �a me faisait chier de le voir toujours tout seul.
Sylvie, enl�ve ton bras !
Tu me bloques �a, �a fait 2 bagnoles que je plante !
Et ta m�re ?
Elle s'est barr�e � ma naissance.
- Il s'est jamais remari� ? - Pour quoi faire ?
On s'est d�merd�s tous les 2 comme des grands.
Je me demande ce qui lui a pris, quand m�me, tu vois.
Il doit se sentir vieillir.
T'es folle. Il est encore jeune, non ?
Oui, mais il est tout seul.
C'est vrai. Depuis quelque temps, je suis plus beaucoup � la maison.
Forc�ment, je suis toujours avec toi.
�a, c'est pas mal ! �a va �tre de ma faute, tout � l'heure !
Ceci dit, j'aimerais quand m�me bien voir la t�te qu'elle a.
D�licieux.
- Ils sont tr�s bons. - C'est pas un peu sal� ?
Pas du tout, c'est tr�s bon.
Mais c�t� cuisine, je me d�fends pas mal.
C'est une chance parce que... Gaston, �a suffit !
Moi, c'est plut�t le contraire : oeuf sur le plat, carottes r�p�es et encore !
C'est pas si facile que �a de r�ussir les oeufs sur le plat.
- Vous �tes toujours aussi poli ? - Oh non.
Vous vous en apercevrez vite. Je suis un ours.
Je voudrais m'excuser pour le cin�ma l'autre soir.
C'est moi qui m'excuse. C'�tait de ma faute.
Il y a des moments comme �a o� je me bloque.
Tu l�ches ! D�sol�, il va me faire des franges � un moment donn�.
C'est qui ? Ast�rix ? Il est �pouvantable ! Vous avez pas un endroit pour l'enfermer ?
- � la cuisine, �a vous ennuie pas ? - Ce sera tr�s bien.
Je vais l'enfermer.
- Je suis confuse. - Non, je vous en prie.
Un petit peu de champagne ?
Mes parents �taient de B�ziers. Pharmaciens.
Quand ils sont morts, j'ai bazard� la pharmacie et je suis remont�e � Paris.
Il me reste bien s�r quelques tantes barbues, moustachues...
�a vous amuse pas beaucoup, ce que je vous raconte l� !?
Si, si, mais regardez.
Oh mon Dieu ! Toi aussi, � la cuisine !
- Vous avez pas une serpill�re ? - Non, mais laissez.
Reste-l� ! Sois sage !
Qu'est-ce que c'est ?
Un souvenir du temps o� je faisais de la boxe fran�aise.
Je suis s�re que vous �tiez un champion.
Non, mais je me d�fendais pas mal.
Remarquez, je suis pas uniquement un sportif, j'adore lire.
Pas tellement les romans, plut�t l'histoire.
La grande Histoire.
Et vous ?
Moi, c'est Proust. J'aime bien Proust.
- Vous lisez Proust ? - Oui, pourquoi pas ?
Pour rien.
Remarquez, je d�teste pas Proust non plus.
C'est bien agr�able de rencontrer quelqu'un qui partage vos go�ts.
- Vous avez �t� mari� longtemps ? - Non, � peine un an.
Et puis ma femme et moi nous sommes s�par�s � l'amiable.
Salope ! Tra�n�e !
Va le retrouver, ton musicien !
Fonctionnaire !
Vous avez raison. Quand on ne s'entend plus, il vaut mieux se s�parer bons amis.
Oui.
Et vous, quelqu'un a compt� dans votre vie ?
C'est mon dessus-de-lit !
Comment il s'appelle ? Julie !
Au pied !
O� en �tions-nous ?
Je vous demandais si quelqu'un avait compt� dans votre vie.
Plusieurs.
Le dernier �tait tr�s charmant.
Et alors ?
Il avait seulement un petit d�faut : un grand poil dans la main.
C'est dr�le la vie, quand m�me !
Un jour, une petite annonce, par hasard...
On va au rendez-vous, sans trop y croire, et puis...
On tombe sur une personne...
qui...
avec qui quelque chose peut se passer.
Non ?
Vous n'y croyez pas ?
Toujours, si.
Alors, on se jette � l'eau ?
Oh non ! Ma tarte !
Dehors !
Il va pas me bouffer, non ?
Oh non ! Il a bouff� tous mes papiers !
Qu'est-ce que tu fais l�, toi !?
- Jacqueline ! - Oui ? Je suis l� !
Je t'assure. Il est trop t�t pour rentrer. On va les d�ranger.
Je peux plus attendre. Je veux voir la t�te qu'elle a.
Qu'est-ce que c'est que ce merdier ?
O� ils sont, les autres ?
Salut. Faites quelque chose, nom de Dieu !
Quand on a des chiens, il faut savoir les tenir !
Arr�tez de rire ! C'est un comble !
Qu'est-ce que vous foutez l� ?
Mon fils.
Tiens, porte �a.
Vous avez grandi depuis la derni�re fois.
Franchement, �coutez !
Au chien chic.
Mesdames, bonjour.
Brigade financi�re.
Veuillez me remettre votre livre de recettes et les clefs de votre coffre.
- Pourquoi faire ? - Contr�le fiscal.
C'est �a ! On a d�j� donn�, allez !
Vous n'avez pas compris. Il s'agit d'un contr�le fiscal.
Ne m'obligez pas � faire appel � la force publique.
Jacqueline, tu sais ce qu'il a fait, ton salaud de percepteur ?
Il nous a envoy� le contr�leur !
- C'est pas possible ! Tu es s�re ? - Oui, il est l�.
- Oh, le salaud ! - Oui !
Vous comprenez pas. Je vous ai d�j� dit que c'�tait pas possible.
- Je vous demande pas grand-chose. - Ce n'est pas possible.
Juste un d�lai d'un an.
Tous les malheurs me tombent dessus en ce moment, tous !
Accident de voiture. La Rolls kaputt, comme on dit chez moi.
Le bras cass�, la jambe, j'en parle pas.
Et maintenant, en plus, faut payer ces imp�ts ? J'ai plus qu'� mourir !
- Mon petit Philou ! - D�sole, j'ai rendez-vous.
M�me avec la meilleure volont� du monde, je voudrais signer que je pourrais pas !
Je peux pas. Qu'est-ce que c'est, un imp�t, dans l'administration ?
Le fisc, c'est comme le bon Dieu. C'est �ternel.
C'est dr�le, ce que tu dis, Philou !
- Tu dis rien. - �a suffit !
Esp�ce de salaud !
Alors, pour vous venger, vous nous envoyez le contr�leur ?
C'est d'une bassesse !
Je comprends rien. Vous �tes folle.
Parce que vous niez, en plus ?
C'est par hasard qu'un polyvalent a d�barqu� tout � l'heure au magasin ?
Mais j'y suis pour rien, enfin !
Pourtant, il a l'air de tr�s bien vous conna�tre.
- Qui c'est ? - M. Champfrein !
Le fumier !
La m�moire vous revient. C'est d�j� quelque chose.
- Asseyez-vous. - J'attends.
All�, Champfrein ?
Qu'est-ce que j'apprends ?
Tu fais un contr�le au chenil Au chien chic ?
C'est �a, Au chien chic.
Cette investigation me semble hors-de-propos.
� moi, pas du tout.
J'aime autant te dire qu'avec ce que j'ai trouv�,
�a valait la peine de se d�ranger.
Elle est pas pr�te de s'en relever, Mme Anita je-sais-pas quoi.
Je veux que tu laisses tomber.
Je te le demande � titre personnel.
Attention, parce que sinon, je ressors le dossier...
Pourquoi tu t'�nerves comme �a ?
Y a toujours moyen de s'arranger entre copains.
Fumier !
- C'est arrang�. - Parfait. Merci, adieu !
Excusez-moi d'insister, M. le percepteur d'imp�t,
comme je vois que vous avez tellement d'influence, pour le d�lai d'un an que j'ai demand�...
3 mois, et foutez-moi la paix !
Jacqueline.
Jacqueline !
- �coutez-moi. - Non. Vous �tes un minable !
Un tout petit monsieur !
- Jacqueline ! - Laissez-moi !
Arr�tez de vous conduire comme une enfant, c'est ridicule !
- Je fais ce qui me pla�t ! - Ne criez pas dans la rue !
Vous n'aimez pas le scandale. Vous �tes un hypocrite qui fait ses coups en douce.
- Vous savez bien que c'est un malentendu. - Ben voyons !
Vous vous rendez compte que je viens de risquer ma situation pour vous ?
Parce que vous vous prenez pour un h�ros, maintenant ?
Parfaitement ! Il faut de l'h�ro�sme pour vous supporter.
Je vous ai rien demand� !
�a, c'est trop fort !
Descendez, c'est mon taxi. � la Bastille.
- Vous allez me laisser tranquille ? - Non.
Descendez !
Boulevard Montparnasse, � la Coupole.
Dites � ce monsieur de descendre. J'ai pris ce taxi avant lui.
Oui, mon vieux. Faut descendre.
Allez, d�marrez.
Si c'est une dispute d'amoureux, je vais pas m'en m�ler !
Une dispute d'amoureux ? Vous savez ce qu'il fait dans la vie ?
Il est percepteur. Vous croyez qu'on peut tomber amoureuse d'un percepteur ?
�a me para�t difficile.
T'es gonfl� ! T'aurais d� faire du th��tre.
Je suis dou� pour tout, ma fille !
Jacqueline, vous croyez pas qu'on pourrait essayer de parler calmement ?
Pour quoi faire ? De toute fa�on, on en s'entend pas.
C'est s�r qu'on ne s'entendra jamais si vous ne faites aucun effort !
- Vous avez un dr�le de caract�re ! - Qui, moi ?
Descendez imm�diatement de ce taxi !
- Qu'est-ce qui vous arrive ? - C'est mon taxi !
Et maintenant, on va � la Pr�fecture se faire sauter les PV.
Oh merde ! J'en ai marre de tes conneries.
- Je suis fatigu�e. - Arr�te un peu.
Si je r�cup�re les 600 sacs de contravention, je t'emm�ne chez Maxime.
- Moi ? - Ouais.
- Formidable ! Quel pied ! - Nom de Dieu, voil� l'autre !
C'est pas vrai ! Je r�ve !
Tu crois qu'il m'a vu ?
Non, il est trop occup� � s'engueuler avec sa bonne femme.
Ce mec va me rendre malade.
Il va passer les vacances l�, ou quoi ?
C'est pas possible ! Je r�ve !
�a va, �a va ! Moi aussi, je travaille !
Je ne vous �coute pas. Ce que vous avez � dire n'a aucun int�r�t.
C'est �a, prenez-moi pour un con ! Bonjour, madame.
- �coutez-moi. - Vous allez me suivre longtemps comme �a ?
Un peu de pudeur !
Quand on fait ses confidences � un chauffeur de taxi,
on ferait mieux de pas parler de pudeur, esp�ce de folle !
- Au revoir, madame. - Au revoir.
Venez avec moi.
Je me demande vraiment pourquoi je vous cours apr�s.
Vous m'attirez que des ennuis.
- Moi ? - Franchement, Jacqueline !
Depuis qu'on se conna�t, c'est catastrophe sur catastrophe.
Je sais pas quoi faire avec vous.
Pourquoi insistez-vous ?
�a, je me le demande !
C'est peut-�tre une m�thode comme une autre.
Qu'est-ce que vous �tes t�tu, alors !
Et vous, injuste, rancuni�re et pugnace !
- Qu'est-ce que �a veut dire �pugnace� ? - �a veut dire un caract�re de chien.
C'est normal. Je travaille dans un chenil.
Voyez, on peut pas parler avec vous.
Alors, taisez-vous. �a reposera.
Vous savez ce qu'il vous manque, Jacqueline ?
C'est la tendresse,
la sensibilit�
et la douceur.
C'est tout ?
J'avais encore jamais vu un percepteur amoureux.
Je dois dire que c'est un grand moment de ma vie.
Attention.
Attention, je n'ai jamais dit que j'�tais amoureux.
J'ai dit que je crois que je vous aime.
La nuance s'impose.
Mais vous �tes quand m�me la plus belle emmerdeuse que j'ai jamais rencontr�e.
�a s'arrose.
J'ai plus un rond.
- J'ai plus un rond. - �a fait rien, j'en ai.
J'ai tout d�pens� au restaurant.
C'est tr�s cher, ici.
Je trouve pas ma clef.
- Je vais d�foncer la porte. - Oui.
C'est pas celle-l� !
Il est chi�, ce chien.
C'est dr�le, comme h�tel, ici.
Qu'est-ce que c'est, comme h�tel, ici ?
C'est pas un h�tel. C'est chez moi !
Mais pourquoi on n'est pas all�s � l'h�tel ?
Pourquoi on serait all�s � l'h�tel ?
Parce que, quand on s'aime, on va � l'h�tel.
- Ah bon ? - Ben oui.
Paul ?
Bonjour.
Bonjour.
- On est o�, ici ? - � l'h�tel.
- Non, on est chez moi. - Ah bon ?
Vous n'�tiez pas tellement en forme pour rentrer tout seul chez vous hier soir, alors...
C'est vous qui m'avez amen� ici ?
Mais comment je me suis d�shabill� ?
Je vous ai un peu aid�.
C'est gentil.
Et apr�s ?
Ben quoi ?
Apr�s, vous vous �tes endormi.
Ah bon ?
- Tout de suite ? - Tout de suite.
Je suis d�sol�.
Moi aussi, �a m'�nerve d'attendre, madame.
On va quand m�me pas attendre toute la journ�e.
Qu'est-ce que j'y peux, madame ? Moi aussi, j'attends.
Vous �tes pay�e pour �a.
C'est bon.
Qu'est-ce que j'ai faim !
T'en veux une autre ?
Avec du miel ?
Attention parce que �a coule.
Que c'est bon, le miel !
Ce qui serait formidable, c'est d'aller faire une grande balade en for�t.
�a m'emmerde vraiment d'aller au bureau ce matin.
Moi aussi.
Il est pr�t, celui-l� ?
C'�tait bien ?
Quoi ?
Ne me raconte pas d'histoires � moi, tu veux !?
�a se voit tant que �a ?
Faudrait �tre sourde et aveugle pour ne pas s'en apercevoir.
C'est quand, le mariage ?
On part d'abord en week-end ensemble et apr�s, on verra.
Oui.
Ah, c'est toi. Il est d�j� 6h30.
Alors, qu'est-ce que tu m'apportes, cette semaine ?
Je t'apporte le dossier de la Franstar. Il demande un d�lai sous pr�texte que...
Non, non, non, je veux aucun pr�texte.
Dis donc, Paul, je t'ai fait une surprise aujourd'hui.
J'ai pas mis de soutien-gorge.
- C'est tout l'effet que �a te fait ? - Non, c'est tr�s bien.
Tu sais ce qu'on m'a rapport� hier ? Le dossier Boudart.
�a fait un an que je le guette.
Tu sais comment je vais le coincer ? Par ses frais g�n�raux.
Je vais te d�cortiquer ses frais g�n�raux ! Il va en faire une d�pression nerveuse.
D�shabille-toi.
Non, aujourd'hui, je suis pas en forme.
Je sens que je couve une grippe, ou quelque chose comme �a.
Tiens, mon mari aussi. C'est fou ce que les hommes sont gripp�s facilement.
T'as pas la fi�vre ?
Je suis pas malade, mais je sens que �a vient, c'est tout.
�coute, tu veux ou tu veux pas ?
C'est pas que je veux pas, mais je peux pas.
Oh, tu peux pas !
Mais non. Je suis press�. J'ai rendez-vous en province.
Dis donc, tu me prends pour une idiote ?
Pas du tout, mais j'ai des obligations familiales en province.
Ne me raconte pas d'histoires. Tu pars en week-end avec une bonne femme.
Je t'interdis de mettre ma parole en doute.
Parce que tu mens, et mal, en plus.
- Si je mentais bien, �a se verrait pas. - Ah tu vois, tu avoues.
Mais je t'avoues rien du tout.
Tu m'emmerdes. Qu'est-ce que c'est que cette sc�ne ridicule ?
- On n'est pas mari�s, � la fin. - En effet.
C'est pas une raison pour te conduire comme un mufle.
�coute, Simone, ne le prends pas mal.
Permets-moi de te rappeler qu'il n'a jamais �t� question de sentiments entre nous.
- Alors, s'il te pla�t. - Mais ne t'inqui�te pas.
Je ne ferai pas de sentiments.
Simone, ouvre ! Sois pas b�te !
Merde, y a plus de standard.
All�, y a quelqu'un ?
Non, y a personne.
All�. R�pondez-moi. C'est M. Gaillard.
C'est toi, Simone ? All� ?
R�pondez-moi ! Je suis M. Gaillard.
Je parie que vous attendez quelqu'un.
Un jeton, s'il vous pla�t.
Il viendra plus, maintenant.
Au fond, c'est con, les petites annonces.
Non, c'est son fils. Bonjour.
Non, il est parti en week-end.
J'ai dit une connerie ?
Y a de l'eau dans le gaz !
Quel beau chien ! Il se laisse approcher ?
Bien s�r, sinon comment il ferait pour mordre ?
Allez, viens Gaston.
Viens, Gaston.
Je suis la reine des connes. Tu entends, Gaston !?
La reine des connes ! Viens-l�.
Merde !
Excusez-moi, madame. N'ayez pas peur.
Je suis le percepteur.
Je suis pass� par le balcon. J'ai perdu ma clef.
Je peux sortir par l� ?
Merci.
Bonne nuit, madame.
- Qu'est-ce que t'as ? - J'ai vu passer un percepteur.
Taxi !
Hep, taxi !
Y a pas une station de taxi, par l� ?
- Je cherche un taxi. - Je sais pas, moi.
- Vous pouvez pas me pr�ter votre v�lo ? - Non, il faut que je rentre chez moi.
Je vous le loue.
- C'est pas la peine. - �coutez.
Je travaille ici. Faut que j'aille pr�venir ma femme et mes enfants. J'ai eu un accident.
- Ah bon ? - Oui.
Pr�tez-le-moi. Je vous le ram�ne tout de suite.
- On dit �a. - Je vous promets : dans 1/2 heure, je reviens.
- C'est vrai ? - Je vous le promets.
Allez-y, si c'est urgent.
- Je reviens tout de suite. - Attention, y a pas de freins.
Qui c'est ?
C'est Paul.
Oh l� l�, si tu savais tout ce qui m'est arriv� !
T'as pas de l'alcool � 90 ? Je doit �tre coup� de partout.
- T'as eu un accident ? - Si c'�tait que �a ! J'ai �t� attaqu�
par un contribuable cingl�. Sa femme m'a mordu. Ils m'ont enferm�.
- Ils sont dangereux, les contribuables. - Absolument.
Heureusement que la police est venue me d�livrer. Apr�s, il a fallu aller au commissariat,
t�moigner... tu sais ce que c'est, �a prend des heures.
- Je te fais mal ? - C'est rien.
- Il faut que je le fasse. Voil�. - Je suis d�sol�.
C'est pas de chance, hein !?
C'est pas grave.
- Tu t'es inqui�t�e ? - Un petit peu, oui.
Le type �tait dr�lement costaud.
Heureusement que j'ai fait de la boxe. J'ai eu un mal fou � les enfermer tous les 3 dans l'armoire.
Tous les 3 ? Je croyais qu'ils �taient 2.
Non, parce qu'ils �taient avec un ami qui est venu apr�s.
Apr�s quoi ?
Apr�s que je les ai enferm�s dans l'armoire.
- Avec la femme, �a faisait 4. - C'est �a, oui.
Non, parce que moi, comme ils m'ont enferm� dans l'armoire,
Dis donc, t'as fini de te foutre de moi ?
- Qu'est-ce que c'est que cette histoire n�buleuse ? - Enfin, Simone !
Comment tu m'as appel�e ?
Je t'ai appel�e ? Je t'ai pas appel�e.
Paul, �a suffit. Quand tu auras retrouv� tes esprits, tu me feras signe.
Mais enfin, c'est insens� !
Je viens de traverser Paris � 3h du matin sur un solex que j'ai emprunt� devant mon bureau,
- et c'est comme �a que tu me re�ois ? - Un v�lo-solex ? �a va pas, non ?
Regarde ma jambe de pantalon.
Et alors ? C'est pas parce que t'es comme �a que t'es pas all� voir une dame !
T'es compl�tement folle ! Il est en bas, le solex !
Qu'est-ce que �a peut me foutre !?
Jacqueline, laisse-moi t'expliquer.
Laisse-moi tranquille. Menteur ! Sale hypocrite !
- �coute-moi ! - Non !
Tu vas m'�couter, nom de Dieu !
Alors, t'es calm�e maintenant ?
C'est ridicule. On fait la paix.
- Jacqueline ! - Non !
Au secours !
Ne me touche pas !
Tu vas voir �a, si je vais pas te toucher !
C'est tr�s beau.
Fais attention.
On va bien pouvoir se reposer.
Avec un temps comme �a, on va faire une belle balade. Un peu de sport !
- �a fait du bien, non ? - Ouais.
Quand on rythme bien...
c'est bien plus facile...
Jacqueline ?
Acc�l�re, �coute.
Vide-moi bien ta respiration sur la foul�e.
J'ai mal � la jambe.
�a, c'est normal.
Quand on fait pas d'exercice,
quand on m�ne une vie trop s�dentaire, le corps se rouille.
J'ai jamais tellement �t� sportive.
C'est un tort. Faut s'entra�ner un peu. Allez, viens.
Faut pas mollir. Viens, Jacqueline.
Edgar.
Edgar, viens mon p�p�re.
Attention aux marches.
- Tu veux pas un petit dessert ? - Non.
- Un sorbet ? - J'ai sommeil.
Cette promenade en for�t m'a tu�e.
Tu verras demain. Tu te sentiras mieux.
Tu crois ?
Tu m'aurais vu quand je faisais de la course � pied, je tenais la forme.
Tu faisais aussi de la course � pieds !?
Si j'avais continu�, sur 10 000, j'�tais pas mal.
Ah que c'est bon !
Ferme la fen�tre !
- Quelle heure est-il ? - L'heure des braves !
- On va dormir encore un peu. - Non, madame. Debout.
- Pour quoi faire ? - C'est une surprise.
Pour une surprise !
Paul, attends-moi. Je peux pas te suivre.
C'est parce que tu te crispes. P�dale en souplesse.
Faut pouvoir, dis donc.
Respire � fond.
Gaston !
Il a de la chance. Il est pas en v�lo, hein Gaston !
Viens, mon p�p�re !
Attends-moi, Paul.
Vas-y, mon Popaul ! Te laisse pas faire !
N'approchez pas trop. C'est pas stable.
Tu devrais essayer. C'est formidable !
- Tu veux pas essayer ? - Si, demain.
Fais attention quand m�me !
�a, c'est pas mal ! Qu'est-ce qui se passe ?
Je suis un peu tomb�.
Tu me trouves un peu ridicule ?
Pas du tout. Au contraire.
Embrasse-moi, idiot.
Ben dis donc, qu'est-ce que tu danses bien !
Le tango, �a a toujours �t� ma sp�cialit�.
- Qu'est-ce que t'as ? - Nom de Dieu !
- Je peux plus bouger. - Comment �a ?
Je me suis coinc� une vert�bre.
Te marre pas, �a fait mal.
Qu'est-ce qu'on va faire ?
- T'as mal ? - Oui.
- On va appeler quelqu'un. - Attends, je vais m'appuyer.
Non, �a fait mal.
�coute, on peut pas rentrer comme �a.
On va essayer de trouver un docteur.
Je veux pas me faire tripoter les vert�bres par n'importe quel rebouteux.
- Je veux mon docteur. - D'accord, ne t'�nerve pas.
Quelle poisse !
La derni�re fois que je me suis d�mis une vert�bre, j'en ai eu pour un mois !
- Qu'est-ce que je vais faire ? - Mais je suis l�.
Je vais m'occuper de toi, tu vas voir.
Je suis une tr�s bonne infirmi�re.
Fais attention o� tu roules, nom de Dieu !
J'ai fait attention.
Bougez pas. C'est tr�s douloureux ?
All� oui ? C'est pour vous.
- Mon ch�ri ? - Ah, c'est toi !?
Je te t�l�phone en vitesse.
Je suis pass�e au magasin pour le papier de la chambre, et il y en a plus.
Eh bien, tu n'as qu'� prendre celui qu'on avait vu avant.
- Lequel ? - Le vert.
- Avec les petites feuilles. - Non, le vert fait trop triste.
�coute, prends le rose.
�a va jurer avec les rideaux.
�coute, je sais pas quoi te dire.
- On changera les rideaux. - Tu t'en fous, quoi.
Non, �a ne m'est pas �gal, mais je suis en rendez-vous.
Y a quelqu'un dans mon bureau.
- Tu m'aimes ? - Quoi ?
- Tu veux un gros bisou ? - Oui, moi aussi.
C'est au sujet des 3 mois de d�lai que vous m'avez gentiment octroy�.
Je me suis dit que �a fait un peu juste, et comme je veux pas mentir � ma parole,
je me suis dit que peut-�tre bien,
�tant donn� les liens d'amiti� qui sont en train de se nouer entre vous et moi...
Tu parles ! Les liens d'amiti� avec cette fripouille !
Maintenant, il essaye de jouer sur la corde sensible.
Ils me d�go�tent, tous ces types. Tu peux pas savoir jusqu'o� ils vont.
Passe-moi le s�cateur. Je suis encore un peu coinc�.
C'est-y pas joli ce que j'ai fait l� ?
T'es une vraie petite jardini�re !
- Tu te plais ici ? - Pas du tout.
�a t'ennuie pas de te mettre � gauche parce que...
- Oui, c'est vrai, j'ai oubli�. - Je ne peux dormir qu'� droite.
Franchement, non. Les chiens sur les lits...
C'est pas de sa faute. Il a l'habitude de dormir sur le mien, c'est tout.
Oui, mais justement. Il est trop g�t�. Et puis il prend toute la place.
Gaston sage. Pas boug�. Par terre.
Mets-le dans la salle de bains.
Pour qu'il hurle � la mort comme la derni�re fois, s�rement pas !
Il est trop g�t�, ce chien.
Faut pas qu'un chien prenne de mauvaises habitudes comme �a.
Oh non !
- �coute ! - Qu'est-ce qu'il y a ?
- Regarde ! - Ben c'est Gaston.
Et voil� le tube dentifrice !
Qu'est-ce que tu dis ?
- Non, viens voir. - Quoi ?
Regarde-moi �a !
Un tube dentifrice, �a se presse pas n'importe comment !
Tu prends le sertissage du bas,
tu roules un peu tous les jours, chaque fois que tu t'en sers,
Comme �a, il reste pas un gramme de p�te dans la partie inf�rieure, et tu perds rien.
C'est quand m�me plus esth�tique que ce tortilli d�go�tant que tu m'as fait l�.
- Franchement. - Oui, je recommencerai plus.
Remarque, c'est pas grave.
Ah, te voil� !
Tu sais que tu commences � me manquer terriblement ?
Tu fais toujours la gueule ?
Non, pas du tout.
J'aimerais que nous examinions ensemble le dossier de la soci�t� Franstar.
Je pense qu'on pourrait faire droit � leur demande. Ils ont une grosse difficult� cette ann�e.
- Qu'est-ce que tu fais ? - Mon Popaul, comme d'habitude.
Mon petit, il ne faut pas �tre prisonnier de ses habitudes.
C'est une mauvaise habitude.
Salaud !
Y a �galement le dossier Garcia. Je leur ai accord� un d�lai de paiement.
- Tu me le paieras. - Si tu le prends comme �a, moi.
J'�tais venu pour travailler. Je te laisse les dossiers, tu les regarderas.
Quand tu auras retrouv� tes esprits. Au revoir, Simone.
Cette fois-ci, je te jure que tu vas me la payer.
C'est �a. Salut, Simone. Travaille bien.
Paul ?
Y a une sortie tr�s pratique par le vasistas du d�barras.
Gaston, regarde ce que tu as fait !
Tu sais comment il est maniaque ? Tu veux qu'on se fasse engueuler ?
Merde, tiens !
All� oui ?
- Non, madame. Je suis pas la bonne. - Ah ? Pourtant, � la voix, j'aurais cru.
Bon. Voulez-vous dire � Paul qu'il n'oublie pas notre d�ner de mercredi ?
Qu'il passe me prendre au bureau, comme d'habitude.
- C'est de la part de qui ? - Simone, voyons.
J'ai tout trouv� !
- J'ai tout trouv�. - C'est tr�s bien.
On va pouvoir continuer.
Salut, les ouvriers. �a bricole !?
Tu tombes bien. Tu vas nous filer un coup de main.
Je peux pas parce que je vais salir mon beau costume.
- �a t'arrange pas, l'arm�e ! - T'en connais beaucoup que �a arrange ?
C'est pas mal. Vous en avez foutu un sacr� coup !
Ouais, c'est bien. �a en avait besoin.
- Vous mangez un sandwich avec nous ? - Je peux pas. Je me change et on se tire.
- Il te va bien, ce costume, je trouve. - Arr�te. T'as vu la tronche que j'ai, l�-dedans.
- Pourquoi tu lui as pas dit ? - On est pas � 5 minutes pr�s.
- Tu te d�gonfles, hein ? - Non, arr�te. Tu fais chier.
Y a de la rillette, du saucisson et du fromage de t�te.
C'est formidable. Une vraie partie de campagne.
Ah ben, j'ai oubli�.
Dis donc, je d�nerai pas ici demain soir.
J'ai un banquet de percepteurs.
�a m'emmerde, mais je suis oblig� d'y aller.
Tu m'entends ?
J'aimerais mieux rester ici avec toi, mais qu'est-ce que tu veux !
- �a t'ennuie pas ? - Pas du tout. Tu es libre.
Tu peux sortir quand tu veux.
- Qu'est-ce que tu vas faire, toi ? - Je sais pas. Je vais aller au cin�ma.
- Toute seule ? - Oui, pourquoi pas ?
Ben oui.
Si tu veux, je peux aussi rester � la maison, hein, Gaston ?
On va coller les papiers ensemble, ce sera amusant.
Ne le prends pas mal.
Mais tu comprends, les fonctionnaires...
c'est un monde un peu � part,
un peu r�tro.
Tant qu'on est pas mari�s,
�a pose des probl�mes. Tu comprends ?
T'as fini de te foutre de moi ?
Qu'est-ce que t'as ?
J'ai Simone en travers.
Simone ?
Je t'en prie, fais pas l'imb�cile.
J'ai dit Simone. Elle a t�l�phon� tout � l'heure pour votre d�ner de mercredi soir.
Et surtout, passe me prendre au bureau comme d'habitude.
Dis donc, je voulais te dire...
Sylvie attend un enfant.
Hein ? Ah bon.
C'est tout ce que �a te fait ? T'as entendu ce que j'ai dit ?
Quoi ?
Oui, j'ai entendu. T'attends un enfant.
Non, pas moi. Sylvie.
C'est bien. Continuez.
On se tire. Allez, salut.
Pour la 100e fois, je te jure sur la t�te de Patrick
que c'est un d�ner de percepteurs du district nord de Paris.
- Et que Simone Darue est une de mes coll�gues. - Avec qui tu couches.
Avec qui j'ai couch�, d'accord. Mais y a longtemps que c'est fini.
- Alors pourquoi elle te t�l�phone ? - Mais pour m'emmerder, c'est �vident !
Je t'assure. Y a jamais eu aucun sentiment entre nous.
C'�tait juste... pour baiser, puisque tu veux le savoir.
- Avec moi, c'est pour quoi ? - Avec toi, c'est diff�rent.
Qu'est-ce qui me le prouve ?
Qu'est-ce que tu veux que je te dise ? Que je t'aime ?
Je t'aime, je t'aime, je t'aime. Voil�, t'es contente ?
Vous �tes bien toutes les m�mes. Il vous en faut, du violon.
Quand on a compris �a, on a tout compris. Donnez-leur du violon et vous aurez la paix.
Regarde ce que tu me fais faire avec tes conneries !
Sale petit percepteur ! Enfant de salaud de merde !
Qu'est-ce que tu crois ?
Quand on cherche ses amants dans les petites annonces,
faut pas s'attendre � rencontrer le prince charmant.
�coute, tu vas pas te mettre � pleurer, maintenant !
Tu veux qu'on se marie une bonne fois pour toutes ?
Voil�, mon fils fait un m�me et nous, on se marie.
Plut�t crever !
Mais laisse �a tranquille, bon Dieu !
- Jacqueline ? - Merde !
Quoi, merde ?
Mais qu'est-ce que tu fais l� ?
Qu'est-ce qui se passe ?
Tu lui as foutu sur la gueule ?
- Tu trouves �a dr�le ? - Mais non, je trouve �a tr�s bien.
C'est dans les disputes que le couple se consolide.
Je crois que cette fois-ci, c'est d�finitif.
Ouais, ouais. Il va te ret�l�phoner, tu vas voir.
Je lui r�pondrai pas. Plus jamais, je lui parlerai !
Jamais !
M. le percepteur, je suis des Fruits et l�gumes de Quimper.
- Mais on me saisit demain. - J'y peux rien. Vous avez qu'� payer vos imp�ts.
Qu'est-ce que tu fais l�, toi ?
Bonjour.
Et mes imp�ts ?
�a va pas se passer comme �� !
Je suis venue t'annoncer une mauvaise nouvelle, mon ch�ri.
Ta mutation pour la Guyane.
J'ai fait tout ce que j'ai pu pour arranger les choses
mais nous avons trouv� dans ton dossier des fautes impardonnables.
Un monsieur Garcia, impr�sario d'Auteux,
� qui tu as accord� sans motif s�rieux un d�lai de paiement.
Vraiment, tu fais des conneries.
Et puis surtout Champfrein,
qui s'est plaint de la pression que tu avais exerc� sur lui
pour qu'il stoppe une enqu�te sur un certain chenil.
Non, vraiment. �a fait beaucoup de griefs contre toi.
- Salope ! - J'y suis pour rien.
Notre histoire, c'est du pass�.
Bon, au revoir, mon petit Paul.
Si tu as besoin de quoi que ce soit, ne te g�ne surtout pas.
Je serai toujours l�.
Salope !
Psst ! �a a pas l'air d'aller.
M. Gaillard, excusez-moi. Je sais que c'est interdit.
Exceptionnellement aujourd'hui, j'avais personne pour le garder.
Je peux aller le promener.
- Je ne voudrais pas vous d�ranger. - �a ne me d�range pas.
Il est pas bien.
- Cufier ! - Oui, monsieur ?
Qu'est-ce que c'est que �a ?
Des choux-fleurs bretons, M. le percepteur.
Qu'est-ce qu'ils font dans l'escalier ?
C'est le type de ce matin que vous avez menac� de saisie.
Fruits et l�gumes de Quimper.
Il en a amen� 2 tonnes.
- Il a dit que vous pouviez vous les... - Oui, �a va.
- C'est ce qu'il a dit, M. le percepteur. - D�barrassez-moi l'escalier !
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