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Commencez par prendre conscience de votre souffle. Inspirez.
Expirez.
Inspirez.
- Ça va ? - Expirez.
Je suis crevée. Le mort d'hier, il m'a tuée.
Ouais, moi aussi.
Tout ça pour une rupture d'anévrisme.
À chaque expiration,
vous chassez de votre corps tous vos tracas,
toutes vos contrariétés,
les énergies négatives accumulées
- durant votre journée. - Arrête !
J'ai une crampe.
Tu manques de potassium. Mange des lentilles.
À chaque inspiration,
vous laissez une lumière merveilleuse
rentrer en vous.
Vous n'en avez peut-être pas conscience,
mais vous vivez un moment parfait.
Bien sûr.
Vous lâchez prise. Désormais, vous êtes un être différent.
Eh ! Il m'a donné une deuxième chance.
- Qui ça ? - Mon taxidermiste !
Génial !
On s'est appelés hier.
Je le vois tout à l'heure, en fin d'aprèm.
C'est bien.
Vous vous trouvez dans une sphère de lumière bleue.
Tu vois la lumière, là ? La lumière bleue ?
n'empêchez pas les autres de le faire.
Je suis désolée. C'est de ma faute parce que j'ai...
j'avais une crampe. Mais là, ça va mieux.
Donc la bulle, lumière bleue, franchement, je suis dedans, là.
Tu m'étonnes que t'es dedans...
Vous chassez de cette bulle tous vos soucis.
Je suis désolée, pardon, c'est mon frère. Je suis obligée de répondre.
Pardon. Allô ? Ouais.
Non, tu me déranges pas. Rien.
Quoi ? Où ça ?
Attends-moi, j'arrive.
À toute. Merde.
Elle est coincée !
Merci.
Excusez-moi.
Je dois y aller.
J'ai un cadavre qui m'attend, mais...
la lumière bleue, tout ça, franchement, c'était super.
Bonne méditation, excusez-moi !
- On va où, là ? - Dans les marais.
On a trouvé un corps de femme.
Tu restes là, tu bouges pas !
- Salut. - Salut.
Bonjour, je ne vous serre pas la pince,
je viens de vider un cadavre, je ne me suis pas désinfectée.
Je comprends très bien, docteur Ehle.
Vous savez,
je crois qu'on est partis sur des mauvaises bases.
J'avais des a priori sur vous, mais finalement,
je crois que je me suis trompé.
Venez, mon petit, venez !
Pomme de Reinette et Pomme d'Api Tapis tapis rouge...
- Il a quoi ? - Je sais pas.
Ça fait deux jours !
Ce matin, il est arrivé en sifflotant.
Il doit être amoureux.
Ou peut-être qu'il a bouffé trop de pommes.
Alors, qu'est-ce qu'on a ?
On a retrouvé un corps. Une femme, la quarantaine.
Pas de papiers sur elle, pas de sac, pas de portable.
Pour l'instant, impossible de l'identifier.
Bonjour !
Elle a été frappée ici, sur le front,
peut-être avec une pierre. Deux fois.
Si c'est une pierre, le tueur a dû la lancer.
En tout cas, elle est morte à la suite des coups qu'on lui a portés.
Peut-être une hémorragie cérébrale.
Regarde ses mains, c'est tout écorché.
Elle a dû chercher à protéger son visage.
Il y a quand même un truc qui m'intrigue.
Sa peau, ses yeux.
Elle fait de l'eczéma. Avec irritation de la cornée.
Elle a dû être exposée à des produits chimiques.
Elle travaillait peut-être dans les champs ou dans les vignes.
Mais ça, l'autopsie nous le dira.
Il y a autre truc qui m'intrigue, c'est qu'on l'a déplacée.
Il y a des traces.
Et je ne comprends pas pourquoi.
Elle a des contusions sur les bras,
comme si on l'avait maintenue de force.
Alors, tu veux dire
que quelqu'un la maintenait pendant qu'un autre la frappait ?
Ça voudrait dire qu'ils étaient deux ?
Peut-être, ouais.
Dis, qu'est-ce que tu fais quand tu sors avec tes copains ?
Pourquoi, vous voulez que je vous emmène ?
Ouais, c'est une idée, ça. Pourquoi pas ?
Alors il y a le Zombie Game, si vous voulez.
C'est une course d'orientation de nuit dans une forêt.
Et chacun a son personnage, soit zombie, soit survivant !
Et tu crois que ça plairait à une adolescente ?
- Une adolescente ? - Ouais.
- Pourquoi ? Quelle adolescente ? - Laisse tomber, c'est compliqué.
Alex, tu peux venir s'il te plaît ? Toi aussi, Théo !
C'était quoi, ce petit numéro au cours de yoga ce matin ?
C'est moi, j'ai rigolé, c'était nul.
- Non, c'est moi, je... - Bref !
Vous m'avez mis la honte.
Je suis désolée, Diane.
Mais c'est pas notre truc la spiritualité, quoi.
Oui, je sais, mais ça m'inquiète pour vous.
Le corps et l'esprit marchent main dans la main.
Il est temps de reconnecter avec votre moi mystique.
Et toi, Diane, t'es sûre que ça va ?
Oui ! J'ai jamais été aussi bien, ça se voit, non ?
Ouais. Enfin quand même, ça a dû te miner, la séparation, non ?
Te retrouver toute seule avec ton bébé, là-bas...
Non.
Ça m'a permis de réaliser ce qui était important dans la vie.
Mais vous aussi, vous pourriez atteindre cet état de sérénité.
Grâce au pouvoir des pierres !
C'est quoi ?
Ceci est une labradorite.
C'est un bouclier de protection pour les éponges émotionnelles.
Et pourquoi tu me donnes ça à moi ? J'ai pas une tête d'éponge !
Tu t'immerges beaucoup trop dans le travail.
Tu considères les morts comme des vivants.
Non mais ça, c'est une question de degré.
Bon, bref,
la labradorite va t'enrober d'un manteau de lumière
Ça tombe bien, j'avais justement besoin d'un manteau pour l'hiver.
Non, excuse, pardon. Merci.
Pour toi,
de la pierre de lune.
Elle favorise l'émergence de la féminité.
Elle va t'apporter beaucoup de douceur, de la sensibilité.
Tu vas voir, elle va faire émerger ton féminin sacré.
Merci, c'est gentil.
Mais alors là, tout de suite, dans ma vie,
ça m'arrangerait plutôt de faire émerger un peu de masculin.
Justement.
Merci.
Tiens, c'est de la chiastolite.
Chiasto quoi ?
De la chiastolite.
C'est une pierre qui travaille sur les peurs en général,
la peur de mourir, la peur d'avoir peur...
La chiastolite va t'aider à te réaliser, à accomplir ton destin.
Mon destin ?
Elle a complètement vrillé.
Il faut la comprendre, la pauvre.
Être larguée deux jours avant l'accouchement,
mais c'est atroce...
Son truc des pierres, quand même, ça va loin, non ?
Ouais, mais bon. Elle fait ce qu'elle peut, tu sais...
Ouais.
- Elle se raccroche à ça. - Ouais.
"Accomplir ton destin"...
T'as vu ces lésions qu'elle a sur la peau, là ? Urticaire, eczéma...
Et regarde ici,
elle a de la cyanose aux extrémités.
Elle devait avoir un souci respiratoire.
Ouais, t'as raison.
Tiens, on va vérifier les organes. Scalpel.
Tenez.
Donc, je...
Je suis à l'hôpital, c'est ça ?
Oui... on peut dire ça comme ça...
Disons... l'hôpital d'après, quoi.
Ouais, enfin, c'est l'hôpital où on a moins besoin d'être soigné, quoi...
Vous voulez pas m'expliquer ? Parce que là, je comprends rien.
Vous êtes à la morgue.
On vous a trouvée dans les marais.
Morte.
- Quelqu'un vous a frappée à la tête. - Mais qui ?
C'est ce qu'on pensait que vous pourriez nous dire.
Moi ?
Non, je me souviens de rien.
Mais enfin, si j'étais morte, comment je pourrais être vivante ?
Ça, ça arrive quelquefois.
En cas de choc, l'organisme mime la mort.
Pouls inexistant, corps froid, hypothermie.
Vous êtes comme en catalepsie et ça peut durer des heures.
- J'ai combien de doigts, là ? - Quatre.
On est en quelle année ?
Je sais pas.
Vous vous appelez comment ?
Je sais plus.
C'est quoi, cette connerie ?
Théo ?
Elle est vraiment vivante ?
Elle vient de commander un hot dog.
Je lui ai fait faire une IRM, des radios, un bilan sanguin : ça va.
Ludivine a pris ses empreintes.
On espère pouvoir retrouver qui elle est.
- Elle se souvient plus ? - Rien !
ce qui a dû altérer sa mémoire épisodique.
- Tiens, son panorama dentaire. - Merci.
Quoi ? Dans ton cendrier ?
Ça marche pas comme ça !
Désolée, je la trouve belle, quand même...
J'espère que t'as gardé la tienne !
Bon,
nous, notre mission,
ça va être de lui redonner un nom et une identité.
Oui. Et de cacher sa résurrection
pour la protéger du tueur.
Vous voulez faire croire qu'elle est toujours morte ?
On est pas trop loin de la vérité, non plus.
Il y a une heure, elle était morte !
D'accord, mais il y a Pincé qui rôde.
Tu as une meilleure idée ?
Mais oui, plein. On pourrait, par exemple...
tu vois, on n'a pas le choix.
Merde, c'est eux qui arrivent,
retiens-les. Invente ce que tu veux, mais tu les retiens.
OK. Mais je dis quoi ?
Invente !
- Allez ! - Ouais.
- Bonjour ! - Bonjour !
La morte n'est pas prête.
Et quand je dis ça,
ça ne signifie pas qu'elle ait pu ressusciter.
La morte est morte, bien sûr, je veux dire...
Monsieur Pincé, votre maman, elle va bien ?
Ouais.
- Bonjour ! - Bonjour.
- Vous permettez ? - Mais bien sûr !
Moi, c'est Ludivine.
Et surtout, vous ne respirez que quand il regarde ailleurs.
- Comment je le saurai ? - On vous touchera l'épaule.
Le reste du temps, vous retenez votre respiration.
Très bien.
- Après vous. Allez-y. - Merci.
Alors. Elle est bien morte des contusions crâniennes.
Il n'y a pas eu d'agression sexuelle.
Le tueur a probablement utilisé une pierre qui se trouvait près de lui.
Donc ce meurtre n'a pas été prémédité.
Pour les interprétations, on va s'en charger. Merci.
Mais il reste quand même beaucoup de mystères autour de cette femme.
À commencer par son identité.
On s'en charge.
- Son corps a été légèrement déplacé. - On l'a mise sur le dos.
Peut-être un deuxième agresseur pour la maintenir de force.
On le savait déjà, ça. Des indices sur l'agresseur ?
On a trouvé des fibres polyacryliques sous ses ongles,
peut-être les vêtements du tueur ?
Il y a quand même un truc bizarre avec ces fibres.
Elles sont diverses.
C'est comme s'ils étaient plusieurs.
Oui, mais les deux blessures ont été faites par la même personne.
Elles proviennent du même angle.
Quelqu'un d'environ 1,75 m.
- Elle a les mains très abîmées. - Les yeux aussi.
Comme si on lui avait donné un poison lent.
Mais pourquoi on voudrait empoisonner quelqu'un qu'on tue
avec une pierre ?
Eh ouais !
C'est quoi, votre petit numéro ?
Vous avez quelque chose à cacher, c'est ça ?
Écoute, tu veux pas des nouvelles de ta fille, plutôt ?
Pourquoi tu me parles de ça, toi ?
Faut que tu parles à ta femme. Faut que ça s'arrête, cette situation.
T'as raison, j'y pense sans arrêt mais Véronique va péter les plombs.
Elle peut pas t'en vouloir,
c'était avant que tu la connaisses. Et en plus, tu viens de l'apprendre.
Tu la connais !
Dès que je parle à la boulangère, elle m'en veut.
Alors si je lui dis que j'ai une fille de 17 ans,
elle va me fusiller.
Prends ton courage à deux mains.
C'est bon, c'est bon, c'est bon !
- Ça va ? - Ouais.
Bravo !
Elle a besoin d'un père, cette gamine.
Elle n'arrête pas de m'insulter, cette gamine.
Mais non, il faut que tu la reconnaisses, comprends-la.
Elle veut que tu l'aimes.
T'as raison, j'en parlerai ce soir à Véro.
Et lui, là ?
Lui, toujours pareil. Calme, cordial.
C'est louche. Il doit cacher quelque chose.
Ouais, ou alors il a changé.
On ne change pas. On dissimule.
Tu vois le mal partout, toi !
Ouvrez grand la bouche.
Respirez.
Tu sais ce qu'il y a sur toutes les fibres textiles ?
Il y a de l'auramine.
C'est pas de l'asthme qu'elle fait, c'est de la byssinose.
OK !
Donc vous souffrez d'un resserrement transitoire des voies respiratoires.
C'est ce qu'on appelle la fièvre de filature ou la fièvre du lundi.
La fièvre du samedi soir était déjà prise...
C'est pour ça qu'on a cru que vous étiez empoisonnée,
avec votre peau pleine d'eczéma et vos yeux abîmés, là.
Mais empoisonnée par qui ? Pourquoi ?
Par l'industrie textile.
On ne sait pas qui vous êtes,
mais on peut déjà vous dire ce que vous faites :
à mon avis, vous travaillez dans la couture.
- Ça va aller ? - Hein ?
- Ça va aller ? - Oui.
- Bonjour. - Oui, bonjour.
J'ai déclaré la disparition de ma sœur.
La police m'a prévenu qu'on a retrouvé le corps d'une femme.
Elle a disparu quand ?
Hier soir.
Oui. Si vous voulez bien patienter, le docteur Ehle va vous recevoir.
Asseyez-vous.
Quelqu'un vient reconnaître le corps.
Continuez à faire la morte.
Monsieur.
- Docteur Ehle. - Xavier Liger.
Venez.
C'est pas elle.
Vous la connaissez pas ?
Je l'ai jamais vue.
Merci.
Est-ce que ça veut dire qu'il y a encore de l'espoir pour ma sœur ?
Oui, sûrement.
C'est...
Ah ! Je la cherchais partout.
Ça va...
- Je peux sortir ? - Oui.
Mais... personne me cherche ?
Pas d'enfant, pas de compagnon... Même pas de parents ?
J'ai personne ?
Vous avez pas de trace d'alliance,
vous n'êtes sans doute pas ou plus mariée.
Enfin, ça ne veut plus dire grand-chose.
Si on postait une annonce sur les réseaux sociaux ?
Oui, du genre : "Avis à l'assassin, vous avez raté votre coup, revenez."
Mais je fais quoi, moi ? Parce que...
J'ai plus rien. J'ai pas d'endroit où aller, plus de maison, pas de fric...
Je vais où ?
J'ai une idée.
Vous allez pouvoir vous reposer et puis...
On avisera demain. Mais ici, vous serez en sécurité.
Faites comme chez vous.
J'héberge déjà ma nièce et Monsieur, mais on va se serrer.
Monsieur ?
C'est mon chien.
Je faisais une autopsie sur son maître
qui avait été empoisonné
et il voulait plus partir, alors bon...
Je l'ai gardé.
Si vous recevez déjà votre nièce, je vais peut-être pas vous déranger.
Iggy ? Oh vous verrez, c'est une ado, mais sympa.
- Vous partez ? - Oui, une heure.
Je rentre pour dîner. Si vous avez quoi que ce soit,
vous pouvez m'appeler. Tenez, voici ma carte.
Elle est marrante !
Je serais bien restée, mais j'ai rendez-vous.
- Ne vous inquiétez pas, je... - Si vous avez faim,
prenez des roulés, servez-vous !
Et puis, fouillez dans mon placard
pour prendre des vêtements.
OK, merci.
- Salut ! - Salut !
Ouais, désolée pour la dernière fois...
C'est pas grave.
C'est déjà oublié.
Je suis content qu'on se rencontre.
- On pourrait sortir, après ? - Ouais, pourquoi pas.
Ciné ?
Ouais.
Je voulais aller voir Baisers grenadine.
Ah, je connais pas.
Mais pourquoi on irait pas au concert ?
Je crois qu'il y a Le Barbier de Séville à l'opéra et...
ou La messe en ut.
- en ut ? - Ouais, Messe en ut.
À l'auditorium, avec un super orchestre suisse.
- Suisse ? - Ouais.
OK.
Et un resto, non ? C'est plus simple, un resto.
Ouais.
Italien ?
Français ?
Japonais ?
Pakistanais ? J'aime bien moi, ça change un peu.
Thaï ?
Suisse.
En ut.
Oh, mon Dieu !
Ça existe, ça ?
Il y a quelqu'un ?
Et sinon...
Vous pratiquez un sport ?
Le sport en chambre, ça compte ?
- Non, c'est une blague ! - C'est drôle.
Moi, j'adore courir, je cours tout le temps.
Moi, je déteste le sport.
Franchement, depuis l'école... Enfin non, même avant l'école.
Je crois que même in utero, je foutais rien.
OK.
Aujourd'hui, j'ai éviscéré un blaireau.
Ah bon ? Vous avez procédé comment ?
Alors,
je commence par faire de petites incisions
sous les pattes et au niveau du ventre.
Et puis après, il faut bien décoller la chair de la peau.
Et surtout, il faut bien gratter
tout ce qui est os et graisse.
J'imagine. Sinon, ce serait le festin des nécrophages !
Ça, c'est drôle !
Si !
Et vous faites quoi, des viscères ?
On jette tout.
Vous voulez bien m'en garder pour moi ?
OK.
- Dans un petit pot. - Ouais, une petite boîte.
Il faut faire juste attention avec le foie
C'est pas grave, ça m'intéresse, j'aime bien.
OK.
Oui ? Oui ? Quoi ?
Iggy ? Mais elle est où ?
Par la fenêtre ? D'accord.
Non, vous en faites pas. D'accord, j'arrive. Oui.
Pardon, je dois y aller.
Je vous laisse ma carte, si jamais vous voulez me voir.
- Au revoir. - Au revoir.
Je suis désolée, j'ai dû lui faire peur
et elle est sur la terrasse, j'ai pas osé sortir.
OK.
Mais rien, c'est une morte qui... Enfin non, c'est une copine à moi.
C'est pas une assistante sociale ?
Mais non, tu croyais que je t'avais dénoncée ?
Je sais pas.
J'ai eu peur qu'on me refoute en foyer.
Pourquoi ? Ça t'est déjà arrivé ?
Avec ma mère ? Qu'est-ce que tu crois ?
Un coup, elle m'oubliait sur un parking,
un coup, elle se tirait avec un mec en Tanzanie.
On me plaçait, elle revenait me chercher.
Elle jurait qu'elle avait changé, qu'elle allait s'occuper de moi.
Personne m'a cherchée ?
Il n'y a pas encore de disparition signalée
qui matche avec votre âge et votre description physique.
Mais j'ai dit à mon frère que vous bossiez dans la confection.
Et avec vos empreintes digitales et dentaires,
on finira par vous identifier.
C'est étrange de ne pas savoir qui on est.
C'est la première fois
que j'essaie de dater et d'identifier la mort d'un vivant !
Même quand j'aurai un nom, je me rappelle plus rien,
ni ce que j'aimais, ce que j'étais, ce que je ressentais.
Rien.
Si vous voulez, je peux essayer de lire sur votre corps.
Lire sur mon corps ?
Oui, vous savez, ça dit plein de choses.
Ah bon ?
On peut essayer, qu'est-ce qu'on risque ?
OK.
Vous êtes une femme manuelle. Vous travaillez le tissu.
Il y a des traces de pigmentation.
Pour moi, vous n'avez pas d'enfant.
Mais vous prenez soin de vous. Regardez,
il y a encore des traces de crème sur votre épiderme.
Je pense qu'il y a quelqu'un dans votre vie.
- Et il ne m'aurait pas cherchée ? - C'est là où ça se gâte.
Vous voyez cette cicatrice, là ?
D'après la taille et la profondeur des griffures,
je dirais que c'est une main de femme.
Une femme ?
Mais là,
ces traces-là sur vos bras, c'est des mains beaucoup plus larges.
Des mains d'homme.
Ils se seraient mis à deux pour me faire ça ?
Si je pouvais vous ouvrir, je vous en dirais plus.
Éteins ça.
- C'est ta copine ? - Pas vraiment, non.
Éteins, je te dis.
Non mais c'est cool, hein.
Mais je sais que c'est cool.
Présente-la-moi, alors. Elle s'appelle comment ?
C'est vraiment pas ce que tu crois.
Non mais les adultes, vous êtes vraiment...
Un mec, une nana, c'est pareil. On s'en fout du genre.
Mais je sais qu'on s'en fout !
Très bien, si tu veux pas en parler...
Mais arrête ! Arrête, s'il te plaît.
Non ! Non, Olivier ! Non ! Olivier ! Non !
Ça va ?
Vous avez fait un cauchemar.
Olivier, c'est quelqu'un que vous connaissez ?
Je sais pas.
Alors, c'était comment, cette nuit ?
Mais puisque je te dis que tu te trompes.
Merci pour cette nuit.
De rien.
Vous avez été super.
Merci.
Si tu meurs, Monsieur, je te ferai empailler.
Comme ça, on sera toujours ensemble.
Tu parles à ton chien ?
Oui, je parle à mon chien. Et toi, tu as parlé à Véronique ?
Oui.
Non. Tu lui as pas parlé.
Non, je lui ai pas parlé. Je ferai ça ce soir.
Faut vraiment le faire, Antoine.
Hier, Iggy était recroquevillée dans le jardin.
Elle a trop peur de repartir en foyer.
Elle est pas bien, cette gosse.
J'aimerais bien, mais je la connais pas.
Je sais pas m'y prendre.
Eh bien, sois toi-même.
Enfin non, sois une meilleure version de toi-même.
Bon, alors ?
La morte, on sait qui c'est.
On a retrouvé son identité grâce à la radio dentaire.
Génial !
Par contre,
il y a un petit détail que je t'ai pas dit.
Je vais te le dire.
C'est rien. Mais c'est quand même important.
C'est bon, levez-vous.
Nom de dieu ! C'est quoi, ça, Alex ?
C'est quoi, ce bordel ?
Tu connais le docteur Frankenstein ?
C'est pareil, je l'ai ressuscitée.
C'est pas drôle. Je comprends pas.
Elle était pas vraiment morte.
Je vois bien !
Tu le sais depuis quand ?
Par contre, elle a complètement perdu la mémoire.
Ça y est, vous avez un nom.
Vous vous appelez Nathalie Lautremer.
Dis ce que tu sais !
Vous vous appelez...
Nathalie Lautremer. Et vous avez 38 ans.
Vous tenez une boutique de mode... Non, de couture, dans le centre,
avec votre sœur.
Et vous viviez... enfin, vous...
vous êtes en concubinage avec... Excusez-moi.
Un certain monsieur Olivier Girardon.
- Olivier... L'homme de mon rêve ? - Peut-être.
Nathalie Lautremer... Enchantée.
Enchanté.
Alex, t'es devenue folle ?
Tu te rends compte du risque ?
Cacher qu'un mort est vivant ! Tu veux nous envoyer en taule ?
Mais si le tueur sait qu'il a raté son coup, il va revenir.
Et il va vouloir la tuer encore ! Surtout si c'est son mec.
Ce risque-là, je ne veux pas le prendre !
Qu'est-ce que tu proposes ?
Tu arrêtes son mec
et... tu l'interroges.
Et puis moi, je fais revisiter son passé à la morte.
D'accord, je te couvre deux heures, pas une minute de plus.
Et tu viens me raconter direct ce que t'as appris.
Et tout de suite après, on déclare qu'elle est vivante. OK ?
Oui.
Tu piges combien c'est grave, une dissimulation ?
Tu percutes, là ?
Tu sais que ça arrive ?
Qu'il y en a qui se réveillent un ou deux jours après.
C'est quand même extraordinaire, le corps humain.
- Alex, OK ? - OK, OK !
On a deux heures avant le retour de votre conjoint.
Vous allez peut-être vous rappeler quelque chose.
Vous savez,
parfois, les vieux murs
en disent plus que les souvenirs qu'on nous raconte.
Vous croyez ?
Attendez, vous savez crocheter une porte ?
C'est un copain qui m'a appris.
Un copain... juste un copain ? Enfin, un copain ou... ?
Bon, tu viens ?
Alors ?
Rien.
Bon, moi, je vais faire le guet avec Monsieur.
Je fais quoi, si je vois Louis Pincé ?
T'auras qu'à lui montrer ta kryptonite.
Ma chiastolite, pas kryptonite.
Ça vous dit quelque chose ?
Je crois, oui. C'est un ruban de robe de mariée.
Vous alliez peut-être vous marier.
Aucune idée.
Je me souviens de rien.
Rien.
On avait l'air de s'aimer.
Vous ne dormiez plus dans le même lit.
Ah bon ? Qu'est-ce qui vous fait dire ça ?
Regardez. Là, c'est votre côté.
Vous y avez dormi récemment et le lit n'a pas été fait.
Tandis que là, c'est son côté à lui,
et il n'y a pas dormi depuis que vous avez changé les draps.
Regardez : pas une trace.
- Il dormait ailleurs ? - Pas loin.
Sur le canapé du salon.
Il y a ses cheveux accrochés à un coussin.
À mon avis, vous étiez en froid.
Vous avez fait un cauchemar, vous avez hurlé son nom.
Monsieur Girardon, je suis désolé,
mais je vais devoir vous poser quelques questions.
Ce sera rapide.
Pour comprendre ce qui s'est passé, je dois vous interroger.
Je comprends.
Vous n'avez pas signalé la disparition de votre compagne.
Elle partait souvent sans prévenir ?
Oui.
Elle avait l'habitude de s'en aller comme ça,
quelques jours.
Vous pouvez me parler d'elle ?
C'est une femme forte,
profondément honnête.
C'est une femme très indépendante.
Créative, aussi.
Elle faisait ce qu'elle voulait de ses mains.
Je l'adorais.
Vous connaissez des gens qui auraient pu lui en vouloir ?
Personne.
Elle était passionnée par son boulot, très sérieuse,
très appréciée des clients.
Pas complètement par tout le monde, quand même ?
Je comprends pas.
Je suis désolée, je pensais que ça pourrait marcher.
- On fait quoi, maintenant ? - On rentre et on continue.
Une fourmi rouge, rouge, rouge À petits points bleus
À petits points bleus Se baladait, se baladait...
Que dites-vous ?
Rien.
Je vais rencontrer la sœur de Nathalie Lautremer.
Enfin, de notre victime.
Ça vous dit de venir avec moi ?
Non, vous serez plus habile.
Vous êtes bien meilleur que moi en interrogatoire.
Une souris verte
Qui courait dans l'herbe
Je l'attrape par la queue Je la montre à ces messieurs
Dis donc, t'as réfléchi à ce que je pourrais faire avec une ado ?
Pardon,
mais pourquoi vous me demandez ça à moi ?
Je veux dire, je suis plus un adolescent.
Je suis un adulte, mature et responsable.
Justement, Théo.
Je te demande ça à cause de ta maturité
et de ton sens des responsabilités remarquables.
Ah... Alors...
Vous pourriez l'emmener au jardin public.
Ah, très bien.
Tu pourrais y emmener ma nièce ?
Votre nièce ? Je pensais que vous parliez de votre fille, moi,
depuis le début ! Donc vous n'êtes pas mariée ?
Divorcée.
Ça change tout !
Tu peux y aller demain ?
- Oui. Vous serez là ? - Évidemment.
Alors, je suis votre homme !
Bonjour. Commissaire Doisneau.
J'aimerais vous poser quelques questions.
Entrez, monsieur.
Ma sœur, c'était la créatrice.
C'est elle qui dessinait, imaginait,
et parfois même cousait les robes.
Elle a toujours eu
des idées pour des formes nouvelles, des couleurs nouvelles.
Nathalie a toujours été une artiste.
Vous étiez proche d'elle, j'imagine.
Jusqu'à récemment, on était inséparables.
Jusqu'à récemment ?
On s'est un peu éloignées.
Pourquoi ?
Il s'est passé quelque chose de particulier dans sa vie ?
Je pense, oui.
Il y avait quelques tensions dans son couple.
Vous pouvez me parler de ses relations avec son conjoint ?
Avec Olivier, ça a été un coup de foudre.
Ils vivaient une relation fusionnelle.
J'ai même été un peu jalouse, au début.
Mais les choses ont changé ?
Oui, ces derniers temps,
c'est Nathalie qui jalousait la relation stable
que j'avais construite avec mon mari.
Elle vous a dit pourquoi ?
On n'en parlait pas.
Nathalie était bien trop fière.
C'est bien Nathalie.
Je les ai entendus se disputer avec Olivier au sujet d'une femme.
- Une maîtresse ? - Apparemment.
Une femme plus jeune.
Nathalie accusait Olivier d'avoir le démon de midi.
Lui, il se défendait. Il la traitait de parano.
Elle est à peine pâle.
On dirait qu'elle va se réveiller.
Est-ce que votre sœur serait du genre
à partir de chez elle, sans prévenir, sur un coup de tête ?
Non, Nathalie était très frontale.
Elle disait les choses désagréables ou brutales, croyez-moi.
Vous croyez qu'Olivier l'a tuée ?
Je ne crois rien.
Venez, monsieur Girardon.
Mais c'est possible ?
Oui, c'est dans l'ordre des possibles, oui.
S'il a fait ça, je lui viderai un chargeur dans la tête.
Je pensais pas vous revoir.
Pourquoi ?
L'autre jour, vous êtes partie au bout de 15 minutes.
Ce n'était pas un rendez-vous réussi.
J'avais un problème avec ma nièce.
Ça fait un peu excuse bidon, quand même.
Je vous jure que c'est vrai.
En plus, j'ai passé un super moment.
Court, mais intense.
Moi aussi, j'ai passé un bon moment.
Bon, vous me montrez ?
Ouais, c'est là, juste sur la gauche.
Alors ?
C'est fou, on dirait vraiment qu'ils nous regardent.
Ouais, c'est ça, la taxidermie,
redonner l'apparence du vivant à des animaux morts.
En vrai, c'est pas évident de regarder la mort en face, non ?
Moi, ça m'apaise.
Il m'arrive même de leur tenir la main ou de les caresser.
Moi aussi, je caresse.
Parfois, je leur parle, aussi.
Je me dis que leur âme est peut-être pas très loin.
Allô ? Ouais ?
OK. J'arrive.
C'était mon frère. Enfin, la police.
Un cadavre m'attend.
Décidément !
Pourquoi vous me dites pas où vous étiez ?
Mais ça va, j'étais avec un collègue, je te dis.
Quel collègue ?
Bon, on a un nouveau cadavre sur les bras.
On l'a retrouvé là, en plein milieu du marais.
Mais c'est le marais où on a retrouvé Nathalie.
- Pincé, il est où ? - Je sais pas.
Pour l'instant, il est charmant, il me fout une paix royale.
Ça me dit rien qui vaille.
Oui, eh bien, carpe diem !
Par contre, pour Nathalie Lautremer,
on régularise la situation aujourd'hui. On est d'accord ?
Mais ça va, on n'est pas à un jour près.
Alex, plus ça traîne, plus tu me fous dans la merde.
Tu m'as dit toi-même que Pincé était charmant.
Et toi, qu'il fallait se méfier de l'eau qui dort.
J'ai dit ça, moi ?
Bon, alors, vas-y. Annonce.
Jeune femme, environ 25 ans.
A priori, elle a été étranglée.
Ouais. Regarde-moi ça, on l'a ruée de coups.
Elle a été battue à mort.
Donc, le vrai meurtre, c'était elle.
- Vas-y. - Continue.
Je sais pas,
mais si les deux meurtres sont liés, ce qui a l'air d'être le cas,
c'est peut-être elle que le tueur voulait supprimer.
- Et pas Nathalie. - Attends, attends...
Pourquoi tu dis ça ?
Pour frapper une femme comme ça, à mon avis,
il faut la connaître et la haïr vraiment.
Le petit a raison.
Il y a de la violence.
Comme de la vengeance.
À côté, le meurtre de Nathalie était plus froid.
Utilitaire, presque.
Dans cette hypothèse, Nathalie serait la victime,
on va dire collatérale, du vrai meurtre ?
Il faut qu'on trouve le lien.
Peut-être que Nathalie passait par là par hasard,
elle a vu le tueur en train d'exécuter cette femme.
Il s'est débarrassé d'un témoin gênant.
Il a cru s'en être débarrassé.
Il faut qu'on continue à faire croire qu'elle est morte.
Sinon, il va la buter.
Tu joues avec le feu, Alex.
Beau boulot, Théo !
Tant que tu chercheras ton bonheur à l'extérieur de toi,
tu ne le trouveras pas.
Tu es ton bonheur !
D'accord.
Je crois que c'est clair.
Donc je vais retourner travailler parce que...
Non, non.
Demande-toi : qu'est-ce que je veux réellement ?
Qu'est-ce que je veux par-dessus tout ?
- Théo ! - Théo ?
Oui ?
Ah, Théo ! Viens.
Il faut que j'y aille j'ai une urgence,
d'accord ?
Théo, on fait comme ça ?
- On fait comme on a dit ? OK ? - Quoi ? On a dit quoi ?
- Comme on a dit. Voilà. - Comment ?
Et toi, Théo, qu'est-ce que tu veux réellement ?
Moi, je pense qu'il ne faut rien vouloir.
Il faut être sans intention.
Mais pour ça, il ne faut pas en avoir,
même pas celle de ne pas en avoir.
Oui.
Enfin voilà, après, je sais pas trop...
Tu sais ce qu'elle m'a sorti, Diane ?
Quoi ?
"Tu es ton propre bonheur."
Hein ?
Diane, tout à l'heure. Bon, on s'en fout.
Elle a des traces d'auramine sur les doigts.
Donc elle et Nathalie étaient liées par la couture.
Regarde. Elle n'a pas du tout les mains d'une travailleuse manuelle.
Sa peau et ses yeux n'ont pas été abîmés comme ceux de Nathalie.
Elle a un cal sur la partie antéro latérale de la paume.
Comme ceux qui font de l'ordinateur toute la journée.
Tu fais quoi ?
Tu vois, elle a un tassement de vertèbres.
Elle restait souvent assise.
Des tensions dans les lombaires. C'était bien une sédentaire.
Tu vois, frottement sur le bureau, ordinateur...
Alex ? Tu fais quoi, là ?
Ça vous gênerait de descendre de votre monture ?
Non.
Elle a été étranglée et frappée au visage sept fois.
Grande brutalité.
Il y a aussi des traces plus anciennes.
Elle subissait des violences régulières.
En tout cas, on sait qui c'est.
- On sait si elle était mariée ? - Non, ni mariée ni pacsée.
Mais elle avait peut-être quelqu'un.
Vous avez avancé sur la datation des deux morts ?
Oui, les deux sont à peu près concomitantes.
Mais impossible encore de le dire encore avec précision.
C'est important pour confirmer l'hypothèse
que Nathalie a peut-être assisté au meurtre de cette jeune femme.
Vu le mode opératoire, c'est le plus probable.
Un meurtre de colère, un meurtre de circonstance.
Ça, ça veut dire deux mobiles.
Et donc peut-être deux meurtriers.
On va faire parler les corps.
Avec plaisir.
Tu sais quoi, si elles se connaissaient,
c'est peut-être que Nathalie lui préparait sa robe ou...
Eh, dites ! Eh, petit !
Il est où, l'autre corps ?
Nathalie ? Elle se repose. Je veux dire, elle repose.
- Où ça ? - Dans la chambre de...
Dans la chambre mortuaire.
C'est-à-dire ? C'est où ?
Dans un tiroir, elle est dans un tiroir.
Vous me la montrez ?
Là, je peux pas, j'ai yoga.
Yoga ?
Yoga.
C'est l'heure du yoga, les filles !
Bon, vous m'avez entendue ? Yoga !
J'y vais pas, moi.
On vient croiser ses doigts, on pose son menton sur ses doigts.
On inspire, on ouvre les coudes, on ouvre bien sa cage thoracique.
On étire son cou.
Et sur l'expiration, on rebaisse les coudes.
Pincé m'a demandé où était le corps, il va falloir lui dire !
Je sais, mais là, j'ai pas le temps. Fais ton yoga.
Ça va, vous suivez ?
La boutique de couture où travaillait Nathalie Lautremer,
c'est bien au 49 rue de la Forge Royale ?
Exact. Vous voulez aller la voir ?
Oh non, non !
C'est toujours bien d'avoir une adresse
au cas où on aurait un ourlet à repriser. Non ?
- Je peux vous aider ? - Oui. Bonjour.
Je suis une collègue du capitaine Doisneau. Vous savez,
le flic qui est venu vous interroger,
avec une barbe et une symphyse mentonnière.
- Une quoi ? - Non, laissez tomber.
Vous connaissez cette femme ?
Oui, je la connais. C'est la petite mariée.
- La petite mariée ? - Oui, elle va se marier.
Ma sœur lui confectionnait sa robe.
Et elle s'entendait bien avec votre sœur ?
Pourquoi vous me demandez ça ?
Parce qu'on vient de retrouver son corps,
pas loin de l'endroit où on a retrouvé votre sœur.
On cherche à comprendre le lien.
À part la robe, aucun.
Et le marié ? Vous savez qui c'est ?
Je l'ai jamais vu. Elle voulait lui faire une surprise.
Par contre, j'ai vu son frère.
Un sale type, croyez-moi.
Quel genre de sale type ?
Du genre à la gifler devant le magasin.
Merci.
Alors, votre sœur allait se marier ?
Elle allait surtout toujours se foutre dans des embrouilles.
Avec les hommes ?
Ouais.
Elle était trop naïve.
Elle aimait les hommes plus vieux.
Elle allait se marier avec qui, alors ?
Je sais pas.
Comment ça ?
Je sais pas, elle me l'a pas dit.
Elle avait peur que je l'engueule.
Elle allait toujours se foutre avec des espèces de salopards,
des pervers narcissiques,
des mecs qui lui promettent
monts et merveilles, puis qui disparaissent du jour au lendemain.
Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ?
Moi, je savais que ça allait se terminer comme ça.
C'est une drôle de coïncidence
que Blanche et Nathalie se retrouvent au même endroit, au même moment.
Ouais, mais vous savez, des fois, il y a des hasards étranges.
Je me suis déjà retrouvé dans un sauna
avec mon prof de maths. Alors...
Et ?
Bon et sinon, vous l'avez trouvé comment, ce frère ?
Enfin, je veux dire, il était pas bizarre ou...
Si, il était bizarre.
Il avait même l'air très possessif.
Voilà !
C'est peut-être lui qui la battait.
Ils ont perdu leurs parents tout petits,
dans un accident de voiture.
C'est la grand-mère qui l'a élevée. Et je l'ai retrouvée.
Et je voudrais que toi, tu ailles la voir
pour lui demander de te parler d'eux.
- Moi ? Tout seul ? - Oui.
Bonjour. Je suis un ami de Blanche.
Je suis venu pour présenter mes condoléances à madame Liger.
Vous êtes un ami de Blanche ?
Oui, enfin, ami...
Pas très proche, mais on se connaît.
On peut dire un camarade.
Vous savez, Marthe,
elle a plus toute sa tête, elle vit dans ses souvenirs.
Il faut la ménager.
Sa chambre est au 1er étage.
D'accord. Merci.
Bonjour.
Je suis venu pour vous parler de Blanche.
Vous êtes son instituteur ?
Oui. Voilà, c'est ça.
- Asseyez-vous. - Oui.
Vous venez encore vous plaindre ?
Écoutez, cette fois, Blanche a dépassé les bornes.
Comment ça, Blanche a dépassé les bornes ?
Vous confondez avec son frère,
c'est de son frère dont vous vous plaignez, d'habitude.
Elle est sage comme une image, ma petite Blanche.
Oui...
Vous avez raison, c'est son frère.
Quel garnement !
Il n'en rate pas une !
Qu'est-ce qu'il a fait, déjà, la dernière fois ?
Il a frappé le petit Rémy Soubrier.
L'amoureux de Blanche.
Et pourquoi, d'ailleurs ? Qu'est-ce qu'il s'est passé, déjà ?
Dites, vous n'avez plus toute votre tête, vous.
Vous êtes un peu...
Xavier s'est énervé pour les mêmes raisons que d'habitude.
Il a toujours dit qu'il se marierait avec sa sœur.
Du coup, dès qu'un gamin veut l'embrasser,
il le massacre.
Oui, c'est vrai.
Incorrigible, ce Xavier.
Bon, je vais devoir y aller.
Non, ça me dit rien.
Ou je me souviens pas.
Se souvenir de rien, c'est pire que d'être morte.
D'un autre côté, vous pouvez inventer la femme que vous allez devenir.
Nathalie Lautremer. Bonjour, je m'appelle Nathalie.
Nathalie Lautremer.
Le frère de Blanche Liger était fou de sa sœur.
Il devait penser qu'elle lui appartenait.
Les coups qu'elle a reçus,
même les plus anciens, je suis sûre que c'est lui.
Tu t'imagines ?
C'est un sacré interdit, l'amour entre frère et sœur.
Justement.
C'est pour ça qu'il la frappait.
La violence, faute de pouvoir assouvir son désir sexuel.
Donc il l'aurait tuée.
Mais Nathalie, que faisait-elle dans les marais ?
Elles étaient peut-être amies. Ou amantes.
OK. Le frère les découvre ensemble, il pète un plomb,
il les tue, s'acharne sur sa sœur. C'est cohérent.
Sauf que Blanche,
elle avait l'air d'aimer les hommes.
Dis, il avait pas dit qu'il lui trouverait
une activité pour les ados ?
Il aurait pas des idées plus modernes ?
Non, c'est un faux jeune.
Merci !
Fais pas cette tête, jamais de ma life j'aurais fait un scrabble.
Je fais pas cette tête.
Cool alors ! Tu montes ?
Quoi ? Non, moi je monte pas là-dessus, t'es folle.
Et t'as vu mon âge ?
Alors, tu as parlé à Véronique ?
Ce soir.
Et toi, tu es allée voir Pincé ?
Ce soir.
- Allez ! - Non mais...
Ça me donne des remontées acides dans l'œsophage.
Attends, parce que...
Et sinon, toi, t'as une copine ?
- Pas encore, mais... - Mais ?
Mais t'es in love ? Raconte, elle est comment ?
Jeune, fière, et même un peu farouche.
- OK, c'est bon, j'ai compris. - C'est vrai ?
Tu as compris de qui j'étais amoureux ?
Mais ça ne te choque pas ?
C'est une nana chanmé, rate pas le coche !
T'as trop raison !
Je fais ce que je veux ! T'es pas mon père !
C'est pas la question !
Putain de merde ! Tu me saoules !
C'est elle, j'ai rien fait.
C'est...
Mademoiselle ! Excusez-moi. Venez voir.
Ces gens là-bas, ils sont qui, pour vous ?
Toi, t'es qui ? Un keuf ?
Plus ou moins, ouais.
Je parle pas aux flics.
Mais je te reconnais, toi !
Tu es Iggy,
la fille de Lisa Bevilacqua.
Ce qui fait que ces gens sont ton père et ta tante. J'ai bon ?
Et évidemment, la femme de ton père n'est pas au courant, je parie !
Ça te dit quelque chose ? Tu l'as déjà vue ?
Je veux des infos sur elle.
Sinon, je dis tout à la femme de ton père.
Je m'en fous.
Non, je crois pas que tu t'en foutes. Pas du tout.
Parce que je suis un type sympa.
Très sympa, même !
Tu sais pourquoi ?
Je te laisse jusqu'à demain soir
pour me dire ce que tu sais sur elle.
Sinon, tu retournes dans un foyer.
Salaud !
Si tu parles, je fais une demande d'émancipation
auprès du juge des tutelles et tu es libre.
Ton père te tape sur les nerfs,
et moi, justement, j'ai un bon moyen de t'en débarrasser.
Alors, du nouveau ?
Oui, j'ai convoqué le frère de la deuxième victime,
un certain Xavier Liger.
Il a été condamné pour violences conjugales au moment de son divorce.
Et il aurait tué sa sœur ?
Cette pensée ne doit pas vous être étrangère ?
Apparemment, il était très attaché à sa sœur Blanche.
Voire même très possessif.
L'annonce de son mariage l'a peut-être fait basculer.
L'amour filial fait faire de nombreuses âneries,
vous ne direz pas le contraire.
Je plaisante !
Mais Xavier Liger ne connaissait pas la première victime ?
Non, elle se serait trouvée au mauvais endroit, au mauvais moment.
Le vrai meurtre serait celui de Blanche Liger.
Nathalie Lautremer les aurait surpris.
Précieuse déduction.
On se demande où vous allez chercher tout ça.
C'est un métier.
Monsieur Liger,
j'ai quelques questions à propos de la mort de Blanche.
Je n'ai rien à me reprocher.
Sauf d'avoir brutalisé votre sœur.
Je ne l'ai jamais touchée.
C'est ce que vous avez dit pour votre ex-femme.
Ça vous fait quoi, de frapper les femmes ?
Ça vous donne un sentiment de puissance ?
Ça n'a rien à voir !
Racontez-moi.
C'est vrai que j'ai frappé Blanche...
mais c'est parce que je l'aimais.
J'ai toujours adoré ma sœur.
Vous pouvez comprendre ?
Oui, je peux comprendre. J'ai une sœur, moi aussi.
D'accord, et ça ne vous arrive jamais de la remettre à sa place ?
Pour la protéger d'elle-même ?
Si, tout le temps. Mais je ne la frappe pas pour autant.
Et quand je fais n'importe quoi, elle ne me frappe pas non plus.
Je sais que c'est mal.
Mais c'était une vraie Marie-couche-toi-là.
Elle plaisait à beaucoup d'hommes,
elle avait plusieurs mecs.
Moi, je suis sûr que c'est Erwann... Le Guerridec.
Il était fou d'elle, il la harcelait.
Désolée de vous imposer de rester là,
mais si la police arrive, il faut qu'ils vous trouvent.
Je comprends.
C'est quoi, mon rapport avec cette jeune femme ?
À ce stade, tout est possible.
Mais il y a un lien, forcément.
Et peut-être que c'est elle qu'on a voulu tuer, pas vous.
Et que vous, vous avez tout vu.
Mais approchez !
À mon avis, elle ne va pas se réveiller.
J'espère que je ne lui ai pas fait de mal.
C'est bon, tout va bien.
Excusez-moi, mais je vais avoir du mal à m'y faire.
Je comprends.
J'ai interrogé le frère de Blanche, Xavier Liger.
On a vérifié son alibi, c'est pas lui qui a tué sa sœur.
Je l'aurais bien enfermé, c'est un vrai connard.
Donc c'est bien vrai qu'il la frappait ?
Ouais, il m'a dit que c'était pour son bien.
Moi aussi, pour ton bien, j'ai déjà eu envie de te taper plein de fois.
Bref, il la frappait, il l'aimait d'un amour malsain,
mais il l'a pas tuée.
Et à toi, il t'a dit avec qui elle allait se marier ?
Non, Blanche refusait de lui dire. Elle avait peur pour son amoureux.
On peut la comprendre.
Par contre, il m'a parlé d'un type qui la harcelait,
qui lui envoyait des centaines de textos, qui l'appelait sans arrêt.
Et ça, on sait qui c'est ?
Je vais pas te le dire. Tu vas aller le voir et il faut pas !
Pincé est sur le coup.
Il trame quelque chose.
Je te l'ai dit : les gens ne changent pas.
Au mieux, ils empirent.
Moi aussi, je t'aime.
Et je te promets que je te frapperai pas.
Il s'appelle Erwann Le Guerridec.
Les filles, je vais commander des pizzas. Ça intéresse quelqu'un ?
Ah ouais, carrément.
Une quatre fromages, s'il te plaît.
Et une boisson gazeuse.
N'importe laquelle, si c'est calorique et malsain.
Oh non, tu ne devrais pas. Ce que tu manges a un impact sur ton âme.
Mais bien sûr.
Prends-moi un supplément chorizo. J'en peux plus !
Diane, tu veux quelque chose ?
- Non, c'est pas l'heure. - D'accord.
C'est quoi, cette envie de pizza ?
Il n'y a pas d'heure pour une pizza.
Il y a quelqu'un ?
Bonjour.
Bonjour. J'ai des pizzas pour Alexandra Ehle.
Venez dans mon bureau parce que là, je...
Par là.
Vous avez pris des pizzas ! Trop bien, vous m'avez pris quoi ?
Ah zut, je savais bien que j'oubliais quelqu'un !
De toute façon, t'auras qu'à prendre la mienne.
Moi, j'ai pas commandé pour la manger,
mais pour interroger monsieur.
Moi ?
Sur la mort de Blanche Liger.
Elle a été tuée.
Mais par qui ?
D'après ce qu'on sait, ça pourrait être vous.
Moi ?
Mais... je l'adorais.
Justement, elle n'a pas eu de chance avec les hommes
qui disaient l'adorer.
Il paraît que vous la harceliez au téléphone, nuit et jour.
Elle m'a fait miroiter monts et merveilles,
elle m'a dit d'attendre,
qu'on serait ensemble.
Il fallait qu'elle se débarrasse d'un homme
qui menaçait de se tuer si elle le quittait.
Et j'ai appris par son frère qu'elle se mariait.
Avec qui ?
Elle n'a pas voulu me le dire.
Pourquoi ? Vous auriez pu être violent ?
Mais non... Elle voulait être discrète.
Il était plus âgé et vivait avec une femme très jalouse.
Olivier Girardon.
Eh, vous faites quoi, là ?
Je vérifie qu'il n'y a personne.
Bon, voilà : il n'y a personne.
Fouille la chambre, moi, le salon.
OK, on cherche quoi ?
Une preuve qu'Olivier Girardon connaissait Blanche Liger.
"Mon amour, tu n'en peux plus d'attendre,
"ta vie avec ta compagne te pèse.
"Mais nous devons être prudents. Mon frère est si jaloux.
"Il pourrait te tuer. On ira le voir une fois mariés.
"Comme ça, même s'il n'est pas d'accord, il sera trop tard. Blanche"
Je comprends pas.
Blanche Liger voulait se marier avec Olivier... votre amoureux.
Alors je cousais sa robe,
ils allaient se marier et j'aurais été au courant de rien ?
Vous étiez peut-être au courant.
C'est sans doute pour ça que vous ne dormiez plus dans le même lit.
Vous pensez que j'aurais pu tuer Blanche ?
Rien n'est sûr, mais vous êtes une suspecte possible.
Mais ce serait horrible.
Et moi alors, qui m'aurait tuée ? Olivier ? Parce qu'il l'aimait ?
J'ai l'impression que tout ça n'est pas réel.
Que je vais me réveiller.
Mais en fait non, c'est pas un cauchemar, c'est ma vie.
Je sais pas si vous allez retrouver la mémoire.
Mais moi, je vous promets qu'on va trouver ce qui vous est arrivé.
- Merci. - À tout à l'heure.
Ouais, Antoine ? Bon, on a retrouvé une lettre chez Nathalie. Ouais.
Ouais, Antoine ? Bon, on a retrouvé une lettre chez Nathalie. Ouais.
Monsieur Girardon,
je vous informe que vous êtes placé en garde à vue
dans le cadre d'une enquête
concernant le meurtre de votre compagne,
- Nathalie Lautremer. - Non, je l'ai pas tuée.
Je l'ai pas tuée !
Blanche Liger, ça vous dit quelque chose ?
Je comprends pas.
Cette fois, pas d'excuse pour filer en douce !
Non.
Juré.
Tiens, regarde. Une flava.
Tu sais qu'en l'hybridant avec une purpurea,
ça donne une stefensi !
Attends, j'ai une urgence, en fait.
Il y a quelque chose qui va pas ! Faut que j'aille voir un truc.
Je reviens. Ne m'attends pas
parce qu'en fait, ça risque d'être long...
Merde !
Le cours de tai-chi où vous vous êtes endormies !
En méditation, vous avez fait n'importe quoi !
Et mon cours de yoga, vous n'êtes même pas restées !
C'est tellement dégueulasse de me faire ça,
surtout en ce moment !
On est désolées, Diane.
On pensait pas que c'était si important pour toi.
On aurait fait un effort sinon, tu penses bien.
J'en peux plus !
Je suis fatiguée !
Je me réveille toutes les 2 heures pour nourrir ma fille
et à côté de moi, je trouve un lit vide !
Je me sens tellement seule.
Mais on est là ! Pardon ! Non, je te touche pas.
Désolée... Mais si on avait su...
- Ça va passer. - Mais oui.
- Mais non... - Mais oui.
- Mais non ! - Mais si, ça va passer.
Qu'est-ce qui se passe ? Vous la ré-autopsiez ?
Je me suis plantée.
Au lieu de regarder ce qu'il y avait,
j'aurais dû regarder ce qu'il n'y avait pas.
Vous êtes géniale, mais là, j'ai rien compris.
Au lieu de regarder les marques, on va regarder leur absence.
L'amour, ça laisse des traces,
des empreintes sur les joues,
sur les paupières, sur le front, sur le corps.
Les baisers, ça laisse de l'ADN.
C'est faux ! Tout est faux ! Théo !
Sur sa langue, il n'y a pas d'autre trace d'ADN que le sien !
Son visage n'a pas été caressé, ni son corps.
Personne ne l'a embrassée.
C'est une femme qui n'a pas été aimée.
Je vous répète que... que j'ai pas tué ma compagne.
Je l'aimais.
À la bonne heure !
Si je parle, qu'est-ce qui va lui arriver ?
Qui, lui ? Antoine Doisneau ?
Ma petite, si j'arrive à prouver qu'il a été complice de sa sœur
dans une dissimulation de cadavre,
je pense que toi et moi, on pourra fêter ma promotion et ta liberté !
- Il ira en prison ? - Juré craché.
Croix de bois, croix de fer, si je mens, je vais en enfer.
Lui comme le docteur Ehle, ils sont rien pour toi.
En plus, ton père t'empêche de t'épanouir
avec des jeunes et beaux garçons de ton âge.
Avoir un père flic, quoi de pire pour une fille de 16 ans ?
Moi,
je t'offre la liberté,
la possibilité de faire les pires conneries
que tu aies jamais imaginées.
Vous êtes un salopard. Je dirai rien.
La fougue de la jeunesse...
Réfléchis parce que tu vas aller en foyer.
Ta mère est en Inde et pour l'état civil,
t'as pas de père.
Bien sûr qu'elle a un père.
C'est moi.
Et c'est écrit où, ça ?
Je vais la reconnaître.
Madame Doisneau va pas être contente. Pas contente du tout.
Ni le petit Mathis. Il va bien, lui ?
Vous êtes un vrai salopard, vous.
Eh ! Vous allez rire. Elle s'est réveillée, Nathalie Lautremer.
Qu'est-ce qui se passe ?
Blanche Liger, elle a tout inventé.
Elle était érotomane, je suis sûre. Vous avez fait sa robe de mariée.
Mettons, elle a rencontré votre mari,
elle s'est mise en tête qu'il était amoureux d'elle,
qu'il l'aimait, quoi.
Vous lui en parlez, mais Olivier vous assure qu'elle ment.
Au début, vous le croyez.
Mais vous tombez sur une lettre qui vous apprend leur liaison,
leur mariage prochain, en cachette de vous.
Olivier ne le sait pas, mais vous commencez à fouiller son portable.
Vous trouvez des textos.
Elle me harcelait.
Alors, j'ai voulu arrêter ce cirque.
Je lui ai donné rendez-vous dans un bar, mais elle a tenu
à ce qu'on se voie plutôt dans les marais.
Elle disait qu'on y serait mieux pour...
Bref.
Je voulais mettre un point final à tout ça.
Sauf que,
quand je suis arrivé,
t'étais déjà là.
Allongée par terre.
Blanche t'avait tuée.
Enfin, je l'ai cru.
Quand je me suis relevé, j'avais qu'une idée en tête.
Olivier ?
Lui faire mal.
Qu'est-ce que vous avez fait ?
Hein ?
Je peux lui dire au revoir ?
- Merci. - Ça va aller.
On s'est beaucoup aimés, tu sais.
Alors je...
Je me disais...
que tu pourrais peut-être m'attendre. Enfin, si...
Enfin, si tu veux.
Tu vois,
si elle mourait une deuxième fois,
on verrait que c'est une femme qui a été aimée.
L'amour laisse des traces.
Ouais.
À qui le dis-tu ?
On t'avait prévenue, on n'est pas spirituelles.
- Surtout Alex. - Tu m'étonnes.
Un petit verre ?
- Voilà ! - Quand même !
Et si on faisait comme la dernière fois, un mime picole ?
- Oh non ! - Tu perds, tu bois !
OK, je commence ! Attends.
Canard ! La danse des canards !
Vas-y. Vas-y.
- Une poule ! Un poulet ! - Non !
- Un fantôme ! - Non !
- Frankenstein ! - Un zombie !
- Non mais c'est Théo, c'est facile ! - Théo ?
Oui !
C'est marrant, on les entend pas.
C'est les meilleurs baby-sitters que j'ai jamais eus.
Et de loin.
Tu trouves pas qu'on est trop mignons ?
On dirait une vraie famille. Le papa, la maman et leur bébé.
Ouais, enfin, je pourrai quand même être ton père.
C'est bon, des pères, j'en ai déjà deux.
Je vous présente Pierre.
Enchantée, Pierre !
Bonsoir, Pierre !
Véro m'a foutu dehors, est-ce que je peux dormir ici ?
- Oui, bien sûr. - Oui ! Enfin...
Oui. Évidemment.
Merci.
Pierre.
- Enchanté. - Enchanté.
Sous-titrage : Hiventy
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