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Zulu
Ah ! Enfin !
Dans ma terreur folle je voyais des policiers partout.
Le bénitier... La colonne...
Au pied de la statue de la Vierge, m'a écrit ma soeur.
Voila la clé
et voila la chapelle !
Toujours nettoyer !
Et chaque pinceau est plus crasseux
que la chemise d'un novice.
Monsieur le Peintre ! Voila': ! Personne !
♪ aurais juré qu'il était de retour,
le Chevalier Cavaradossi.
Non, je me suis trompé,
le panier est intact.
Que fais-tu ?
Je récite I'Angélus.
Son portrait !
De qui ?
De cette inconnue
qui vient ici depuis quelques jours pour prier.
Quelle dévotion... quelle piété...
C'est vrai.
Elle était si absorbée
dans ses priéres
que j'ai pu la peindre
sans qu'elle s'en apergoive.
Arriére, Satan, arriére !
Passe-moi les couleurs.
Oh secrete harmonie
de deux beautés dissemblables.
Floria, ma brune,
mon ardent amour...
Ris avec les démons et laisse les saints...
Et toi, beauté mystérieuse,
couronnée de blonds cheveux,
tes yeux sont d'azur,
ceux de Tosca sont noirs.
Ris avec les démons et laisse les saints...
Mystere de 'art
qui confond toutes les beautés diverses,
mais en peignant celle-ci,
c'est a toi seule que je pense, Tosca !
C'est a toi seule que je pense !
Ris avec les démons et laisse les saints...
Mars avec ces chiens de Volfaririens
ennemis du Trés Saint Gouvernement,
il n'y a pas & discufter.
His avec les démans et laisse les saints...
Fest une bande zfimpénitents !
Gardens-nous en faisant
le signe de la croix.
- Excellence, je pars ! - Si tu veux !
Le panier est plein. Faites-vous pénitence ?
Je n'ai pas faim.
Je le regrette.
N'oubliez pas de fermer.
-Val - J'y vais.
Quivala ?
Vous ! Cavaradossi !
C'est le ciel qui vous envoie !
Ne me reconnaissez-vous pas ?
La prison m'a-t-elle tant changé ?
Angelotti ! Le Consul de I'ancienne République Romaine !
Je viens de m'évader du chateau Saint-Ange.
Disposez de moi.
Mario !
Cachez-vous ! C'est une femme jalouse.
Un moment seulement, je vais la renvoyer.
Me voici !
Je suis a bout ! Je faiblis !
Dans ce panier, ily a des vivres et du vin.
Merci !
Vite !
Mario ! Mario ! Mario !
Me voici...
Pourquoi t'étre enfermé ?
C'est le sacristain qui le veut.
- Avec qui parlais-tu ? - Avec toi I
Tu chuchotais avec quelqu'un. Ou est-elle ?
- Qui ? - Elle ! Cette femme !
♪ ai entendu des pas rapides et le bruissement de sa robe...
- Tu réves I - Tu le nies ?
Je le nie et je t'aime !
Pas devant la Madone.
Non, Mario !
D'abord je veux prier
et lui offrir ces fleurs.
Ecoute-moi, ce soir je dois chanter,
mais ce ne sera pas long.
Attends-moi a I'entrée des artistes,
et nous irons ensemble tous les deux a ta maison.
Ce soir ?
C'est la pleine lune,
quand le coeur se grise
du parfum nocturne des fleurs.
N'es-tu pas heureux ?
Si, trés heureux !
- Redis-le. - Si, trés heureux !
Tu le dis mal !
N'as-tu pas envie
d'étre dans notre petite maison qui nous attend,
enfouie dans la verdure ?
Notre refuge, sacré pour nous et ignoré de tous,
plein d'amour et de mystere.
♪ aime écouter pres de toi
les voix de la nuit a travers les ombres étoilées !
Dans la forét, dans les buissons, dans I'herbe séche,
dans les profondeurs des tombes anciennes
toutes parfumées de thym,
la nuit murmure ses mille chansons d'amour
et ses conseils perfides
pour adoucir et séduire le coeur.
Les fleurs, les prairies
tressaillent a la brise marine,
dans la clarté lunaire,
le désir flotte sous la voiite étoilée,
et Tosca briile d'un amour fou !
Tu m'as envolteé,
ma siréne !
Le sang de Tosca briile d'un amour fou !
Oui, siréne, je viendrai !
Oh mon amour !
Mais maintenant laisse-moi travailler.
- Tu me chasses ? - Le travail presse,
tu le sais.
Je m'en vais.
Je m'en vais.
Qui est cette femme blonde ?
- Marie-Madeleine. Elle te plait ? - Elle est trop belle !
Précieux éloge !
Turis ? ♪ ai déja vu ces yeux bleus...
lis sont nombreux de par le monde !
Attends...
Attends...
C'est I'Attavanti !
Bravo !
Tu la vois ? Elle t'aime ! Tu I'aimes ?
- Tu I'aimes ? - Simple coincidence...
Ces pas... Ces chuchotements...
Elle était la a I'instant...
- Va ! - Une galante ! Me faire cela a': moi !
Je I'ai vue hier, simple coincidence.
Elle est venue ici se recueillir.
Sans me montrer, j'ai fixé ses traits.
- Jure-le ! - Je le jure !
Comme elle me regarde !
Val
Elle se moque de moi ! Elle me nargue !
Quelle folie !
Oh ! Ces yeux...
Quels yeux au monde rivalisent avec les tiens,
si profonds, si noirs ?
Ills me captivent,
tes yeux bouleversants dans 'amour, étincelants dans la colere...
Comme tu sais bien I'art de séduire !
Ma jalouse !
Tes yeux bouleversants dans I'amour,
étincelants dans la colére,
quels autres yeux au monde
a coté de tes yeux noirs ?
Comme tu sais bien
I'art de séduire !
Mais...
fais-lui des yeux noirs !
- Ma jalouse ! - Oui, je sais,
je te tourmente sans cesse.
Ma jalouse !
Tu me pardonnerais
si tu savais comme je souffre !
Tosca adorée
'aime tout ce qui est 10,
tes rages brusques
et ton amour haletant.
Redis ces mots-la.
Lis me réconfortent.
Redis-les.
Ma vie, mon amour inquiet,
je dirai toujours
"Floria, je t'aime".
Tranquillise-toi,
toujours je dirai "Je t'aime 1"
Ciel ! Quelle honte !
Tu m'as toute décoiffée !
Maintenant il faut partir !
Reste ici pour travailler jusqu'au soir.
Promets-moi que quoi qu'il arrive,
blonde ou brune,
pas une femme ne viendra prier ici.
Je le jure, mon amour !
- Maintenant pars ! - Pourquoi me presser ainsi !
Encore ?
Rien. Pardonne-moi !
Devant la Madone ?
Elle est si bonne !
Mais fais-lui des yeux noirs !
Ma Tosca est bonne,
mais obéissant a son confesseur, elle ne sait rien dissimuler.
Il valait mieux ne rien lui dire.
- Sommes-nous seuls ? - Oui, que comptez-vous faire ?
Au point 0E1 en sont les choses, partir sur-le-champ
ou demeurer caché a Rome.
- Ma sceur... - L'Attavanti ?
Oui. Elle a caché des vétements de femme
sous I'autel :
une robe, un voile, un éventail.
Quand il fera nuit, je m'en revétirai.
Je comprends maintenant !
Les précautions
et les ferventes priéres
d'une si belle et si jeune fille
m'avaient rendu soupgconneux.
Je croyais a un amour caché !
Maintenant, je comprends !
C'était 'amour d'une sceur I!
Elle tenterait tout
pour me soustraire aux griffes de Scarpia !
Scarpia !
Bigot sadique
qui méle a la religion ses pratiques libertines
et joue de ses talents lascifs
pour étre a la fois le confesseur et le bourreau !
Je vous sauverai, dussé-je y risquer ma vie !
Mais il serait dangereux d'attendre la tombée de la nuit.
Je crains le jour !
La chapelle donne sur un jardin :
puis 1l y a des champs déserts
qui conduisent @ ma maison.
- Oui, je sais. - Voici la clé.
Je vous rejoindrai avant la nuit.
Emportez avec vous ces vétements de femme.
Dois-je les mettre ?
Pas maintenant. Le chemin est désert.
Adieu !
Si les choses se gétent, cachez-vous dans le puits.
L'eau est trés basse
et une petite ouverture conduit a une chambre obscure.
C'est une cachette impénétrable.
Le canon du chateau !
Lis ont découvert votre fuite.
Maintenant Scarpia va lacher sa meute !
- Adieu ! - Je vous accompagne.
- Soyons prudents ! - Quelqu'un vient !
Si on nous attaque, défendons-nous !
Bonne nouvelle, Excellence !
Il n'est pas la. Cela me chagrine !
Celui qui prie pour un mécréant
gagne une indulgence !
Tout le cheeur est la ! Vite !
-0u? - Dans la sacristie.
- Que se passe-t-il ? - Vous ne savez pas ?
- Bonaparte, ce bandit, Bonaparte... - Et Belzébuth !
Il a été plumé et écrase, envoyé a Belzébuth !
Qui I'a dit ? C'est un réve !
C'est la vérité.
Nous venons d'apprendre la nouvelle !
Il faut célébrer cette victoire !
Et ce soir, grande retraite aux flambeaux,
une soirée de gala au Palais Farnése,
et une nouvelle cantate pour I'occasion
chantée par Floria Tosca !
Et dans les églises des hymnes a Dieu.
Maintenant, vite, plus de bruit,
entrez dans la sacristie !
Double ration... Te Deum... Gloria ! Vive le Roi !
Célébrons la victoire !
Vite ! Habillez-vous !
Célébrons la victoire !
Tout ce bruit dans une église !
Quel respect !
Monseigneur, cette grande nouvelle...
Préparez le Te Deum.
Reste-la !
Fouillez dans tous les recoins.
- Suivez toutes les pistes. - D'accord.
Gardez les portes
sans éveiller les soupcons !
Quant a toi...
pése bien tes mots.
Un prisonnier politique
s'est évadé du chateau Saint-Ange.
- Il se cache ici. - Miséricorde !
Il est peut-étre encore ici.
Ou est la chapelle des Attavanti ?
La voila.
Ouverte ! Miséricorde !
Et avec une autre clé !
Bon indice !
Entrons.
Ce fut une grave erreur de tire! ces coups de canon.
Le bandit s'est sauvé.
Mais il a larsse derriere lurs une précieuse piece a conviction -
un éventail,
Duel camp/ice a fa varisé sa fuite ?
La Marquise Attavanti / C'est son blason...
Son portrait /
Qui peint ce tableau ?
Le Chevalier Cavaradossi.
Lui !
Dieu ! Le panier !
Lui ! L'amant de Tosca !
Un suspect ! Un Voltairien !
Vide ! Vide !
Que dis-tu ? Qu'est-ce que cela ?
On a trouvé ce panier dans la chapelle.
-Tu Vas déjavu ? - Certes oui !
ll appartient au peintre... mais quand méme...
Crache ce que tu sais.
Je I'avais rempli d'excellentes choses...
- C'était le repas du peintre ! - ll a donc dfi diner.
Dans la chapelle ? Il n'avait pas la clé,
et il n'avait pas faim. ll me I'a dit.
C'est pour cela que je I'avais mis de cote.
Tout est clair...
Les provisions du sacristain
sont devenues celles d'Angelotti !
Tosca ! Qu'elle ne me voie pas.
Pour susciter la jalousie,
d Iago 1m man/chair, d moi 1m éventail!
Mario !
Le peintre Cavaradossi ?
Qui sait ou il est ?
Disparu par un tour de sorcellerie !
Il m'a trompée ? Non ! Non !
Il n'a pas pu me trahir !
Divine Tosca
ma main attend
votre petite main.
Non par galanterie
mais pour vous offrir I'eau bénite.
Merci, monsieur.
Vous étes un noble exemple.
Remplie de zéle religieux,
avec votre talent d'artiste
vous ravivez la foi des hommes !
Vous étes trop bon !
Les femmes vraiment pieuses sont rares...
Et vous étes une artiste...
Mais ici vous venez pour prier.
Que voulez-vous dire ?
Et vous n'étes pas comme certaines diablesses,
qui se vétent comme Madeleine
mais viennent ici pour une intrigue amoureuse.
Quoi ? Une intrigue ?
La preuve !
Est-ce la un outil de peintre ?
Un éventail ! Ou I'avez-vous trouvé ?
Sur I'échafaudage.
Quelqu'un a dii surprendre les amants,
et dans sa fuite elle a laissé quelques plumes.
La couronne !
Le blason /
C'est I'Attavanti !
Oh ! Je m'en doutais !
Jar farft mon effer /
Et je venais tristement lui dire
que pour ce soir, c'est vain ; le ciel s'assombrit,
'amoureuse Tosca est prisonniére...
Le poison fait son ceuvre !
...prisonniére de la féte royale /
Le poison fait son ceuvre.
Oh charmante dame, qu'est-ce qui vous chagrine ?
Une larme rebelle a coulé le long de votre joue
et I'a mouillée.
Oh charmante dame, me direz-vous ce qui vous tourmente ?
Rien !
Je donnerais ma vie
pour sécher ces larmes.
Mon cceur est déchiré,
et lui, dans les bras d'une autre, trahit mon amour.
Le poison fait son ceuvre !
Ou sont-ils ?
Si je pouvais trouver les traitres !
Oh horribles soupgons !
Deux amours maintenant s'abritent dans la maison !
Oh traitre !
Mon doux nid éclaboussé de boue !
♪ irai les démasquer !
Tu ne I'auras pas ce soir, jelejure!
Dans I'église !
Le Seigneur me pardonnera.
Il voit mes larmes !
Trois hommes... une voiture...
Vite, suis-la 0E1 qu'elle aille !
Et sois prudent !
D'accord. Ou nous retrouverons-nous ?
Au Palais Farnese !
Va, Tosca !
Scarpia s'est niché dans ton cceur !
Va, Tosca !
Scarpia a laché le faucon de la jalousie.
Quelle promesse
dans ton soudain soupgon !
Scarpia s'est niché dans ton cceur !
Va, Tosca !
Je vise maintenant un coup double,
et la téte de I'insurgé
n'est pas le plus précieux.
Ah ! Voir dans ces yeux si fiers
s'allumer la flamme de la passion,
la voir haletant d'amour,
dans mes bras
s'allumer d'amour.
Pour lui, I'échafaud,
pour elle, mes bras...
Tosca, tu me fais oublier Dieu !
Tosca est un beau faucon !
A I'heure qu'il est,
mes limiers ont dii trouver leurs deux proies !
Demain I'aube verra
Angelotti sur I'échafaud, et le beau Mario, la corde au co...
Tosca est-elle au Palais ?
Je viens de dépécher un chambellan a sa recherche.
Ouvre la fenétre.
Il est tard.
La Diva n'est pas encore la.
On joue des gavottes.
Va attendre la Tosca dans I'antichambre,
dis-lui que je 'attends apres qu'elle aura chante...
Ou mieux...
Donne-lui ce mot.
Elle viendra,
par amour pour Mario !
Par amour pour lui, elle se donnera a moi.
Dans un si profond amour,
ily a une misere profonde.
Je goiite davantage
les conquétes difficiles
que les consentements résignés.
Les soupirs ou les serments donnés au clair de lune
ne me touchent pas.
Je n'ai aucun goiit pour les airs de guitare
ou pour dire I'avenir
ni pour les yeux de merlans
ni pour les roucoulements :
je poursuis un désir jusqu'au succes,
puis je le rejette.
Il me faut une nouvelle proie.
Dieu a fait divers genres de beauté et de vin
et a tous ces présents divins, je veux goiter pleinement !
- Spoletta est la. - Qu'il entre. Finalement.
Dis-moi mon beau Monsieur, comment a marché la chasse ?
Saint Ignace, assistez-moi /
Nous avons suivi la dame
jusqu'a une maison isolée cachée au fond des bois.
Elle y entre, puis en sort, seule.
Alors je saute le mur du jardin avec mes limiers
et entre dans la maison...
Bravo, mon bon Spoletta !
Je flaire... je gratte... je fouille...
- Et Angelotti ? - Introuvable !
Ah ! Chien !
Traitrg ! Nid de vipéres ! A la potence !
Jesus 7
- Le peintre était la. - Cavaradossi ?
Et il sait 0E1 I'autre se cache.
Chacun de ses mouvements,
son accent, trahissaient un tel sarcasme,
que je I'ai arrété ! - C'est déja cela !
Il est la.
Va chercher le Chevalier !
Va chercher Roberti et le juge.
Quelle violence !
Chevalier, prenez la peine de vous asseoir.
Je veux savoir...
- Asseyez-vous. - J'attends.
A votre aise.
Savez-vous qu'un prisonnier...
Sa voix !
Savez-vous qu'un prisonnier
s'est evadeé aujourd'hui du Chateau Saint-Ange ?
- Non, je I'ignorais. - Et pourtant on m'a certifié
que vous I'avez rencontré a Saint-André,
lui donnant de la nourriture,
des vétements...
Mensonges.
...et vous I'avez conduit dans une maison du faubourg...
- Je nie tout cela. Des preuves ? - Un serviteur fidele...
Des faits I Qui m'accuse ?
Vos shires ont vainement fouille ma maison.
Preuve qu'il est bien caché !
Suppositions de sbire !
Il a ri de nos questions...
Et {'en ris encore...
Ici on pleure !
Attention !
En voila assez !
Répondez !
Ou est Angelotti ?
Je ne sais pas.
- Vous niez 'avoir nourri ? - Jelenie!
-Etvetu ? - Jelenie!
Et abrité chez vous ?
Je le nie !
Allons, Chevalier, réfléchissez,
votre entétement
est maladroit.
Des aveux rapides vous éviteront bien des tortures.
Croyez-moi, avouez.
Ou est Angelotti ?
Je ne sais pas !
Pour la derniére fois, ol est-il ?
Je ne sais pas !
Il mériterait la corde.
La voici !
- Mario, toi, ici ! - Ne dis rien de ce que tu as vu.
Tu me tuerais.
Mario Cavaradossi,
le juge attend votre témoignage.
Les formalités habituelles d'abord. Et puis...
selon mes ordres.
Nous allons parler comme de bons amis.
Allons, n'ayez pas si peur.
Je ne crains rien.
Cette histoire d'éventail ?
Une jalousie stupide !
L'Attavanti n'était donc pas a la villa ?
Non, il était seul.
Seul ?
En étes-vous certaine ?
Rien n'échappe a': une femme jalouse. ll était seul.
Vraiment ?
Seul ! Oui !
Quelle rage !
On dirait que vous craignez de trahir quelque secret.
Sciarrone, que dit le Chevalier ?
Il nie.
Insistez !
Oh I Cestinutile !
Nous verrons, Madame !
Pour vous plaire,
il faut donc mentir ?
Non, mais la vérité pourrait abréger
un moment trés pénible pour lui...
Un moment pénible ?
Que voulez-vous dire ? Que se passe-t-il dans cette piece ?
Il faut faire respecter la loi.
Oh ! Dieu ! Que se passe-t-il ?
Pieds et poings liés, votre amant
a un anneau defer sur son front
et le sang gicle a chaque dénégation.
Sans pitié.
C'est faux !
Ricanement de démon !
Il gémit ! Pitié ! Pitié !
Il ne tient qu'a vous de le sauver !
♪ accepte. Mais cessez de le torturer !
Sciarrone, arréte !
Tout ?
Tout.
Et maintenant - la vérité !
Je veux le voir !
Non !
Mario !
Tosca !
Te torturent-ils encore ?
Non, courage ! Tais-toi !
Tais-toi !
Je ne crains pas la douleur.
Allons, Tosca, parlez !
Je ne sais rien !
L'épreuve ne vous suffit pas ? Roberti, continuez...
-Non ! Assez ! - Parlez !
Non, non ! Monstre ! Vous le torturez !
Vous le tuez !
C'est votre silence
qui le torture !
Vous riez devant ces horribles tortures !
Tosca n'a jamais été aussi tragique sur scene !
Ouvre la porte, qu'elle I'entende gémir !
Je vous défie.
Plus fort ! Plus fort !
- Je vous défie tous ! - Parlez !
- Que puis-je dire ? - Allons, parlez...
Je ne sais rien ! Faut-il mentir ?
- Ou est Angelotti ? -Non ! Non!
Allons, parlez ! Ou se cache-t-il ?
Je n'en peux plus ! Quelle horreur !
Cessez ce martyre !
C'est trop de souffrance...
Je n'en peux plus... Plus !
Mario, permets-moi de parler !
Non !
Ecoute-moi, je n'en peux plus...
Imbécile ! Que sais-tu et que peux-tu dire ?
Faites-le taire !
Que vous ai-je fait ?
C'est moi que vous torturez.
Vous torturez mon éme...
Oui, vous torturez mon éme !
- Dans le puits, dans le jardin... - Angelotti est la ?
Oui.
Arréte, Roberti.
- Il s'est évanoui ! - Assassin !
Je veux le voir !
Amenez-le ici !
Floria !
Mon amour !
Est-ce toi ?
Comme tu as souffert, mon amour !
Mais Dieu punira !
Tosca, as-tu parlé ?
Non, mon amour...
Bien vrai ?
Non...
Dans le puits, au fond du jardin. Va, Spoletta.
- Tu m'as trahi ! - Mario !
- Sois maudite ! - Mario !
- Excellence ! - Pourquoi cet air affligé ?
- L'annonce de la défaite ! - Quelle défaite ? Ou ?
- A Marengo. - Crétin !
Bonaparte a gagné.
- Et Melas ? - Il est en fuite !
Victoire !
L'aube de la vengeance se leve
pour écraser les méchants !
La liberté revient, les tyrans tremblent.
Mario, calme-toi ! Aie pitié de moi !
Je me réjouis dans ma souffrance !
Menace !
Déverse le fond de ton dme flétrie !
Va, tu vas mourir, le peloton t'attend !
Emmenez-le !
Va, tu vas mourir, va, va !
Mario !
Mario, avec toi...
Vous, non !
Sauvez-le.
Moi ? Plutot vous !
Mon pauvre souper
a été interrompu.
Vous étes lasse !
Venez, belle dame,
asseyez-vous la ;
nous chercherons ensemble le moyen de le sauver.
Allons, asseyez-vous
et parlons.
Un doigt de vin.
Il vient d'Espagne.
Une gorgée
pour vous remettre.
Combien ?
Combien ?
Votre prix !
Oui, on dit que je suis vénal
et pourtant je ne me vends pas aux belles femmes
au prix de I'argent !
Si je dois trahir ma foi,
je cherche une autre récompense.
♪ ai attendu cette heure.
L'amour de la Diva me consumait déja.
Mais voici que je te vois ce soir
dans un role jamais vu.
Tes larmes étaient du feu
qui coulait dans mes veines
et tes yeux qui me crient ta haine,
augmentent mon désir !
Souple comme un léopard
tu enlagais ton amant.
Et j'ai juré
que tu serais mienne !
Mienne !
Oui, tu seras mienne !
♪ ai Mario comme otage !
Misérable ! Quel horrible marché !
Je ne te ferai pas de violence.
Tu es libre.
Mais ton espoir est vain.
La reine ne gracierait
qu'un cadavre !
Comme tu me hais !
Ah ! Dieu !
C'est ainsi, c'est ainsi que je te veux.
Ne me touche pas, monstre ! Je te hais !
Tu es immonde !
Qu'importe !
Spasmes de colére, spasmes d'amour...
- Misérable ! - Tu seras mienne !
- Au secours ! - Mienne !
- Au secours ! - Mienne !
Tu as entendu ? Ce sont les tambours,
la derniére escorte du condamné.
Le temps passe !
Sais-tu la sombre mission qui se prépare ?
Le peloton s'avance.
Ton Mario, a cause de toi,
n'a plus qu'une heure a vivre.
♪ ai vécu d'art.
♪ ai vécu d'amour.
Sans faire de mal
a qui que ce soit !
♪ ai tenté d'alléger
les souffrances
que ]'ail rencontrées.
Toujours d'une foi sincere
montaient mes priéres
vers le Saint Tabernacle.
Toujours d'une foi sincere
j'ornais de guirlandes
les autels.
A I'heure de la douleur,
pourquoi, pourquoi, Seigneur,
pourquoi me répondre ainsi ?
♪ ai donné mes bijoux
pour la cape de la Madone,
j'ai donné mes chants
aux étoiles
pour embellir les cieux.
A I'heure de la douleur,
pourquoi,
pourquoi, Seigneur,
pourquoi me répondre
ainsi ?
Décide-toi !
Tu me veux suppliante.
Regarde-moi.
Les mains jointes, je t'implore !
Voila,
regarde-moi,
humiliee, vaincue, {'attends ton aide I!
Tu es trop belle, Tosca,
trop aimante.
Je cede.
Pour un bien faible prix.
Tu demandes une vie.
Je demande un instant !
Allez, allez ! Tu me dégofites !
Qui est la ?
Excellence, Angelotti s'est tué a notre arrivée.
C'est bien. Alors pendez son cadavre a la potence.
Et I'autre prisonnier ?
Le Chevalier Cavaradossi ?
Tout est prét, Excellence.
Que Dieu m'aide !
Attends !
Eh bien ?
Ecoute...
Je veux qu'il soit libéré sur-le-champ.
Il faut étre prudent.
Je ne puis le libérer ouvertement.
On do it croire que le Chevalier est mort.
Cet homme est sir. Il veillera a tout.
Quelle preuve ai-je ?
L'ordre que je lui donne devant vous.
Spoletta, ferme la porte.
♪ ai changé d'avis.
Le prisonnier sera fusillé...
Attends...
Comme pour le Comte Palmieri.
Une exécution...
...simulée, comme pour Palmieri.
Tu as compris ?
- J'ai compris. - Va !
Je voudrais le lui apprendre moi-méme.
D'accord. Tu la laisseras passer.
Fais attention, a quatre heures.
Oui. Comme pour Palmieri.
Je tiens mes promesses.
Pas encore.
Je veux un sauf-conduit pour passer la frontiére avec lui.
Vous voulez nous quitter ?
Oui, pour toujours.
Comme il vous plaira.
- Quelle route prendrez-vous ? - La plus courte.
- Civitavecchia ? - Oui.
Tosca,
enfin, tu es a moi !
- Malédiction ! - Voila le baiser de Tosca !
Au secours ! Je meurs !
Au secours ! Je meurs !
- Le sang t'étouffe ? - Au secours !
Tué par une femme !
M'as-tu assez torturée !
M'entends-tu encore ? Parle !
Regarde-moi. Je suis Tosca, Scarpia !
Au secours !
Le sang t'étouffe ?
Meurs, maudit ! Meurs !
Meurs !
Meurs !
Il est mort.
Maintenant je lui pardonne !
Et devant lui toute Rome tremblait !
Je t'envoie mes soupirs
ils sont aussi nombreux
que les feuilles
balayées par le vent.
Tu peux me mépriser, mon cceur est brisé,
oh lampe d'or, je meurs pour toi.
Mario Cavaradossi ?
Tu as encore une heure.
Un prétre
est a ta disposition.
Non, mais j'ai une derniére faveur
a vous demander.
Si je peux...
Je laisse au monde
un étre
qui m'est cher.
Puis-je lui écrire quelques lignes ?
Cette bague, c'est tout ce qui me reste.
Si vous me promettez de lui transmettre mon dernier adieu,
ce bijou est a vous.
Ecris.
Les étoiles brillaient,
la terre embaumait.
La porte du jardin gringait
et un pas faisait craquer le gravier de I'allée...
Elle entrait, toute fraicheur,
et se jetait dans mes bras...
Ah ! ses doux baisers,
ses tendres caresses,
et je tremblais
tandis que je dévoilais toutes ses belles formes.
A jamais enfui mon réve d'amour...
L'heure s'achéve,
je meurs désespéré.
Et jamais
je n'ai tant aimé la vie !
- Floria ! - Tu es libre !
Ah ! Un laissez-passer pour Floria Tosca
et le Chevalier qui I'accompagne !
Tu es libre !
Scarpia !
Scarpia a cédé ?
C'est son premier geste de grace...
- Et le dernier. - Que veux-tu dire ?
Il voulait ou ton sang ou mon amour :
les supplications et les larmes étaient inutiles.
Folle d'horreur, j'ai supplié en vain
la Madone et les Saints.
Le misérable disait que déja le peloton était prét.
On entendait déja les tambours et il riait.
Le monstre riait
prét a se jeter sur sa proie !
Oui, je me suis promise a lui.
Puis j'ai vu briller la lame du couteau
pendant qu'il rédigeait I'ordre libérateur.
Puis il est venu chercher mes caresses...
et j'ai planté la lame dans son cceur.
Toi, de tes propres mains, tu I'as tué ?
Toi, compatissante et bonne, tu as fait cela pour moi ?
Mes mains étaient rouges de son sang.
Oh douces mains,
douces et pures,
mains destinées a la pitié,
pour caresser les enfants
et cueillir les roses,
jointes en priéres
pour les condamnés...
En vous, préservées par I'amour
la justice a placé son arme sacrée.
Vous avez donné la mort,
mains victorieuses.
Oh douces mains,
douces et pures !
Ecoute ! L'heure approche.
♪ ai déja pris I'argent et les bijoux.
Une voiture nous attend.
Mais d'abord, ris, mon amour !
D'abord tu vas étre fusillé,
pour I'apparence, avec des armes chargées a blanc...
un chatiment simulé.
Au coup de feu, tu tomberas, les soldats se retireront,
et nous serons saufs !
Nous irons a Civitavecchia
0E1 un bateau nous attend.
Nous prendrons la mer !
Libres !
Libres !
Nous prendrons la mer !
Plus de douleur sur la terre.
Ne sens-tu pas déja le parfum des roses ?
Ne te semble-t-il pas
que tout attend
I'aube dans I'amour ?
La mort ne m'était cruelle qu'en pensant a toi ;
la vie prend toute sa valeur par toi ;
ma joie et mon désir viennent de toi,
comme une flamme briilante.
Je verrai maintenant a travers tes yeux transfigurés
les cieux briller et les aubes palir ;
et la beauté de tout empruntera a toi seule
sa voix et sa couleur.
'Amour qui t'a sauve
nous guidera sur terre,
nous conduira sur mer,
il embellira le monde a nos regards.
Unis dans les spheres célestes
nous nous dissiperons au-dessus des flots
au soleil couchant, dans un nuage léger.
Et ils ne viennent pas...
Souviens-toi !
En entendant le coup de feu tu t'écrouleras aussitot...
Ne crains rien.
Je tomberai a I'instant précis et avec naturel.
Mais fais attention de ne pas te blesser.
♪ ai ll'expérience de la scene,
moi je saurais comment m'y prendre.
Parle, parle encore,
le son de ta voix est doux.
Ensemble exiles, nous réepandrons notre amour sur le monde
en couleurs harmonieuses...
En d'harmonieuses chansons !
Triomphante...
lime tremble zfespairs nauveaux
en ardeurs célestes grandissantes.
Et dans 1m val barman/aux
lime s'éléve
Jusgu'ad 'extase de 'amour.
Je fermerai tes yeux avec mille baisers,
je te donnerai mille noms d'amour.
C'est I'heure !
Je suis prét.
Souviens-toi : a la premiére salve, tu tombes...
Je tombe...
Et ne te léve pas avant que je t'appelle.
- Non, mon amour ! - Et tombe bien.
- Comme la Tosca sur scene. - Ne ris pas.
Comme ca ?
Comme ca.
Quelle attente !
Pourquoi ce retard ?
Déja, le soleil se léve.
Pourquoi cette attente ?
Ce n'est qu'une mise en scene, je le sais,
mais cette angoisse semble éternelle.
Lis préparent leurs armes !
Comme il est beau, mon Mario !
Voila': ! Meurs !
Voila un artiste !
Mario, ne bouge pas...
lis s'en vont. Tais-toi !
Lis partent...
lis descendent.
Ne bouge pas encore...
Vite, léve-toi, Mario ! Allons-y !
Léeve-toi !
Mario !
Mort ! Mort !
Mario ! Mort ! Te voir ainsi ! Comment ! Finir ainsi ?
Scarpia poignardé ?
C'était Tosca ! Ne la laissez pas échapper !
La voila ! Ah! Tosca, vous allez payer cher sa mort.
Payer de ma vie !
Oh Scarpia,
rendez-vous devant Dieu !
N° de visa 99.386
Sous-titrage : TELETOTA
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