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Avancez mesdames. - Doucement! Je ne suis plus une jeune fille.
Voilà madame.
Comment oses-tu poserton cul de paysan dans le compartiment des dames?
Dégage!
Magyars, Tchèques et Juifs sont à fouetter. - C'est reparti.
Ces bons à rien volent et mendient et l'empereur les protège.
Herzl, on t'attend tous. - Je viens juste de me faire beau pourtoi.
Par ici, mesdames et messieurs.
Je n'en peux plus de ce vacarme.
Tu te prends pour qui? Dieu? - Oui, que mon nom soit loué.
Voici deux commandements.
Primo: Bien que certains se voient en maîtres...
il n'y a qu'un Dieu et c'est moi.
Deuzio: Tous les gens sont égaux vu que les noirs chient aussi marron.
Alors fais un miracle!
Par ici.
Pour la dernière fois, mesdames et messieurs.
Je vois quelque chose que tu ne vois pas...
Que vois-tu en moi? Je suis pauvre, vieux et laid...
...et pas un de ces étalons blonds de Vienne.
Shlomo, tes histoires sont uniques.
Ça s'est refroidi, depuis que Lobkowitz a fait apparaître l'orage.
Il est vraiment Dieu? - Bien sûr qu'il n'est pas Dieu.
C'est un cuisinier kascherfou qui a été viré par son chef...
pour avoir mélangé du fromage fondu avec du boeuf bouilli.
C'est interdit? - C'est une insulte à la loi de Moïse.
Mais s'il n'est pas Dieu, pourquoi le laisses-tu te torturer comme s'il l'était?
Partage ton cidre avec ton voisin. Et épargne-lui ton vinaigre.
C'est la doctrine juive.
J'ai peut-être pitié de ce Dieu.
Car chaque personne qui est une sorte de dieu.
La Bible! Le livre parmi les livres.
Quiconque achète ce livre sera comblé...
car il contient tout. Le début et la fin du monde.
L'Ancien et le Nouveau Testament...
les Miracles et les Prophéties de tout temps...
Entre nous, qu'attendez-vous? - J'ai déjà une Bible.
Très bien. Pour les gens qui ont tout...
J'ai Fanny Hill, hors de la Bible et dans l'érotisme.
Fanny Hill, fille déchue victime des hommes et délaissée.
Tout y est. Saisis ta chance, mon ami pieux.
Sinon on va croire que tu es fauché.
Lobkowitz!
Que toutes tes dents tombent sauf une.
Et qu'elle te fasse mal jusqu'à ta mort.
J'étais juste honnête avec toi.
Que tu aies mille puces sans une main pourte gratter.
Désolé de t'avoir appelé Lobkowitz...
au lieu de Saint des saints. - Oui, Saint des saint.
Que son nom soit loué.
Mais j'étais perdu dans mes pensées.
J'écris un livre. - Pour moi?
Non.
Sur moi? - Non.
Qu'ils soient fauchés. Que le sang coule. - Himmlischst!
Ce pays ne s'améliorera pas tant qu'un seul Juif y vivra.
Si on me demandait mon avis, je chasserais ces foutues sangsues juives.
Tu vas te taire? - II nous faut un homme fort ou une armée.
Une guerre rapide résoudrait tous nos problèmes.
C'est des conneries.
Il n'y a qu'un seul livre et il a déjà été écrit.
Il dit tout surtout.
Même sur le café que tu renverses.
Je dois écrire mon propre livre pour extraire la vilenie de mon coeur...
avant qu'elle ne me submerge.
Ne regarde pas le désastre ou le désastre te regardera.
Chaque matin, quand on doit partir d'ici, je cherche en vain...
par où je dois commencer.
Si tu n'arrives pas à commencer...
commence avant le début.
Salaud.
Apporte-moi le sang d'une ancienne vigne...
apporte-moi une vigne!
Tu es dingue? Entre, sale porc ivre.
Excusez-moi. - Emmène-le à l'intérieur avec toi.
Qu'y a-t-il?
Où puis-je trouver le Foyer des artistes sans abri de Mme Merschmeyer?
Je l'appelle "Ma vie".
"Ma vie"? - Oui.
Pas un bon titre, pour un éventuel classique.
Bonsoir. Hitler, Adolf.
Que penses-tu de "Mes mémoires"? - Épouvantable! "Mes mémoires"!
Ta mère achèterait un livre intitulé "Mes mémoires"?
Je suis orphelin!
Et "Shlomo et Juliet", "Schlomo et lsolde"...
ou "Die Leiden des jungen Schlomo"?
Non, tout ça est...
Et "Mon combat"? - C'est ça!
Qui vous a demandé?
C'est la chambre 4? - On est tous dans la chambre 4.
Votre mère ne vous a pas appris la politesse?
Si, elle l'a fait.
Et j'ai obéi sagement à tous ses ordres...
malgré mon refus invétéré d'obéir à l'autorité...
qui a fini par se cristalliser en une volonté farouche...
de ne pas suivre le chemin de mon père béni.
Il a aussi connu le couperet du destin...
disparu trop tôt comme artiste...
au lieu de chercherfortune à Vienne...
une vocation prédestinée par mon énorme talent artistique.
À question simple, réponse simple...
et c'est la Saga de Nibelungen.
Ce que je trouve consternant, voire dégoûtant, d'un étranger comme vous...
vous tentez de réduire ma maîtrise verbale...
à un ridicule jeu du Oui et du Non.
Ça devrait être amusant!
Étranger? Lci c'est vous l'étranger! Calmez-vous. Reprenons.
Votre mère ne vous a pas appris la politesse?
Ce n'est pas votre appartement. Vous venez ici troubler mon intimité.
Il se trouve que je travaillais sur un livre...
jusqu'à ce que Dieu m'interrompe.
Qui? - Dieu.
Il est mort. - C'est ce que vous croyez!
On parie? Déjà perdu. Votre mère ne vous a pas appris...
à frapper avant d'entrer?
Malin.
Je pourrais mettre en pièces vos arguments de "non-allemand".
Mais je refuse.
Et pour démontrer ma générosité innée, j'obtempère.
Satisfait? - Frapper et entrer, ça ne va pas.
Jadis c'était: On frappe et on attend.
Quand on répond, on entre. Essayez à nouveau.
Entrez!
Vous voyez, ça marche.
Café? Du lait ou du sucre?
Les deux. - II n'y en a plus.
Le seul lit de libre est là.
Dégage!
Vous n'avez pas de manteau d'hiver? - Non.
Prenez le mien.
Mais seulement quand je dors.
Ils ne chauffent que jusqu'à l'aube.
Bigleux!
Levez-vous tous! Prenez vos affaires et sortez!
Dormir ne vous rendra pas plus beaux!
Pareil pourtoi, traînée tyrolienne!
Alors? C'est pour aujourd'hui ou quoi?
Grouille-toi!
Messieurs, aujourd'hui on a une délicieuse soupe aux patates.
Si vous trouvez de la viande, tant mieux pour vous!
Suivant, s'il vous plaît.
Suivant.
Suivant.
Tenez. - Merci.
Herzl!
De toute façon tu ne manges pas ça!
Suivant.
Merci pour le manteau, le Juif.
Mon père m'a conseillé de ne pas croire tout ce qu'on me dit à Vienne.
Tu ne devrais pas croire tout ce que ton père t'a dit.
J'adorais mon père, mais notre conflit générationnel était énorme.
Ouvre la porte!
Où est ton bulletin?
Je vais te battre à mort!
Je serai peintre, père!
II a dit: "Non, tu ne le seras pas!" J'ai dit: "Raison de plus!"
Même à l'école, je faisais les plus beaux dessins.
Merci.
C'est lui.
Une lettre des Beaux-arts, M. Hitler.
On vous invite à passer l'examen d'entrée.
Je le savais.
Signez ici.
Comment le saviez-vous?
Les enveloppes de refus sont plus fines.
On peut y jeter un oeil?
Une forme de réalisme radical.
Tenez, une nature morte intitulée "Maïs au crépuscule".
Incroyable. J'en ai l'eau à la bouche.
Avec du beurre fondu. - Plutôt grillé.
Vous connaissez les aquarelles? - J'en ai entendu parler.
Je l'appelle "Mon chien au crépuscule".
C'est mon chien. - Je m'en doutais.
Notez la parfaite perspective avec laquelle son regard loyal...
Vous aimez le crépuscule! - C'est un défi artistique, oui.
Et ça, un hommage au fusain:
"Ma mère écossant des petits pois au crépuscule".
Très touchant, je dois dire.
C'est le paradis de l'art.
Suivez-moi, Hitler.
Là?
Oui!
Qu'y a-t-il? Tout va bien, non?
Comment puis-je étudier sans le boeuf bouilli de ma mère?
Les sujets de l'examen me rendent nerveux.
"Expulsion du paradis"! Symbolisme idiot! Pas mon point fort.
A propos de paradis... Hitler, où allez-vous?
Combien coûte le livre d'images qui est en vitrine dehors?
Shalom!
Bonjour. - Je m'excuse, je ne vends pas de livres.
Mais il y en a un en vitrine. - Bien sûr, le livre de Moïse.
Bien, je voudrais acheter ce livre, M. Moïse.
Désolé monsieur, mais ici ce n'est pas une librairie.
- C'est quoi, alors? - C'est à dire...
Je suis lsaac Mandelbaum...
le circonciseur de la communauté juive d'ici.
Pourquoi n'affichez-vous pas un symbole de votre artisanat?
Et que devrais-je alors afficher, monsieur?
Mais je peux peut-être vous aider d'une autre manière?
Je ne vois pas comment. - Vous n'êtes pas de Leonding, par hasard?
Linz! Comment le savez-vous?
Vous êtes né entre 1885 et 1889?
Exactement. On se connaît?
Non, mais à cette époque, mon collègue, Reb Moishe...
y a servi comme mohel.
Il ne coupait pas avec précision.
C'est pour ça que vous mouillez votre pantalon. Regardez, c'est encore humide.
Circoncis? Moi?
L'impertinence!
Mon sang est pur comme la neige...
d'une souche dure comme le cuir et le silex...
et rapide comme un lévrier.
Du calme, jeune homme.
Comment vous appelez-vous, déjà?
Hitler! - Non, vous n'avez pas l'air juif.
Et vous n'avez pas l'air chinois.
Très astucieux.
Je devrais dire: Je ne suis pas chinois...
pour que vous puissiez dire: Je ne suis pas juif!
Je sais ce que je sais.
Vous devez être de... - Lemberg?
Un distant cousin. Quel heureux hasard. Bienvenu à Vienne!
Un cousin? De Lemberg? Vous me prenez pour un shmock?
Un shmock! Vous voyez? Un mot du Talmud!
Dans les registres de Vienne, il y a au moins 23 Hitler...
tous d'Odessa et de Munkacevo...
ou de Lemberg.
Vous connaissez l'oncle Ben?
Quel oncle Ben? Celui qui louche?
Non. Celui avec le goitre.
Jamais entendu parler de lui. Quelle idiotie!
Non, c'est le Talmud. - Un autre cousin?
Un livre. - En allemand?
Voici un exemple: Des jumeaux tombent dans une cheminée...
un en ressort sale, l'autre propre.
Lequel se nettoiera? - Le sale.
Faux. En regardant le propre, il pensera qu'il l'est lui aussi.
Réessayons.
Des jumeaux tombent dans une cheminée, l'un ressort sale...
l'autre propre. Lequel se nettoie?
Le propre, en voyant le sale...
il croit qu'il est sale et se nettoie.
Encore faux. Si des jumeaux tombent dans une cheminée...
pourquoi l'un est-il propre et l'autre sale?
C'est le Talmud!
C'est aussi Vienne!
C'est idiot! Je ne le crois pas! - Je n'en serais pas trop sûr.
Vous allez me dire que ce facteur est la mort?
A Vienne, la mort est une femme qui parle bien de la ville.
Foutaises!
Levez-vous tous. Et n'oubliez pas vos bestioles!
Pareil pourtoi, Cendrillon ou tu retournes chez ton méchant oncle!
Allez! Allez!
Merde, cette soupe est brûlante!
La cloche. C'est ta dernière heure!
Je m'en occupe, mon chéri.
Maestro! Je vous souhaite une très bonne journée.
Thé ou café?
Je peux être franche avec vous, puisque vous me protégez?
Bien sûr, madame.
Ne soyez pas surpris, mon cher. Je m'ennuie à mourir.
Comme ça je serai au courant.
Himmlischst, par exemple, va le samedi à la rivière.
Pas pour regarder les femmes, mais...
C'est Mme Merschmeyer qui décide. Une fois par semaine il doit s'exécuter...
Un des petits plaisirs de ce trou! Venez.
Que voyez-vous? - Quel raté!
Toujours à se vanter et puis ...plus rien!
Grouille-toi, le raté!
Tu vas y arriver? - Oui!
Connard!
Le soleil brille, l'amour nous... Le soleil brille, l'amour nous appelle.
Bonjour, Hitler. Lève-toi!
Allez, on se lève, mon petit artiste.
Je t'ai prévu un programme culturel.
Tu veux me tuer?
Je déteste la valse!
J'aime le gâteau! Je reste ici, je suis malade!
Je veux être seul avec mon invitée.
Pour des rapports sexuels? - Oui.
Je dois surveiller le linge.
Comme tu es laid. Je pourrais te couvrir de câlins.
Cet Hitler, il est plein de chutzpah. - C'est quoi "chutzpah", Shlomo?
C'est quoi chutzpah?
Chutzpah c'est quand quelqu'un tue son père et sa mère...
...et invoque des circonstances atténuantes, car il est orphelin.
Tu écris sur Hitler, dans ton livre? - Aussi.
Sur moi? Tout?
Tout. - Alors, tu es le peintre?
Le travail rend libre, messieurs.
Et le désordre...
...est le poison de l'âme esthétique de l'artiste!
Raconte-moi une histoire, Shlomo. - Quel genre?
Ce que tu veux, mais pas de la Bible!
Je dois juste passer l'examen d'entrée aux Beaux-arts.
Les peintres, les musiciens et les végétariens sont souvent juifs.
J'ai l'air juif? - Vous permettez?
D'après votre crâne, vous êtes aryen. Ne le prenez pas mal.
On est des Allemands nationalistes. - Radicaux.
On est pour l'armée. Le samedi on flingue la vermine de Vienne.
Compagnie, en avant, marche!
Pieds bien à plat. Appuyé contre l'épaule.
Tu vises là.
C'était le gros Français! La guerre totale!
C'était le Juif. Ce qu'il est rusé!
Ne gaspille pas, Hitler!
À votre santé, messieurs.
M. Himmlischst, qui est la jeune dame à qui Shlomo Herzl rend visite?
Vous voyez, M. Hitler, je ne comprends plus le monde.
Une fille aussi charmante et innocente.
Vous la connaissez?
Notre chère Mlle Gretchen! Si jeune et déjà orpheline.
Comme moi.
Le vieux Juif l'a envoûtée. - II n'y a pas d'autre explication.
C'est contre nature.
Le Juif noir rôde autour de la fille innocente...
un sourire satanique sur le visage.
Il la souille de son sang...
et l'enlève aux siens.
Prenez-le, Hitler. Vous apprendrez quelque chose.
Ça alors!
Ritter von Schönerer, il est fort!
A Schönerer!
À la vôtre!
Siffle fort, Himmlischst. Quand tu siffles, tu ne manges pas!
Tu aimes la viande fraîche, non?
Qu'a-t-il à rester là comme un idiot?
Qui? - Notre étudiant.
À étaler sa salive sur ses cheveux...
ça brille comme des couilles de chien.
Patronne! La saucisse pour l'anniversaire de Pichler est faite?
La saucisse pour Pichler est faite? Bouge-toi le cul, traînée!
Je ne me déshabille pas. - Pour qui me prenez-vous?
Vous voulez me peindre en Eve, non? - Oui, mais pas nue!
Adam et Ève étaient nus, quand ils ont été chassés du paradis.
J'interprète le motif allégoriquement.
D'après moi, Adam et Eve sont des Aryens...
qui ont abandonné la pureté de leur sang et ont dû quitter le paradis.
Puis ils ont péri à cause du mélange des races. Vous me suivez?
Pas du tout!
Les animaux ne s'accouplent qu'avec leur espèce.
Mésange et mésange. Pinson et pinson. Cigogne et cigogne.
Mulot et mulot, souris et souris.
Loup et louve.
Mulot et mulot, et souris et souris?
Je vous suis parfaitement.
Vous voulez me baiser! - Pardon?
Sauter, monter, enfiler.
Ça non. Vous n'êtes pas mon type. Et j'ai mes règles...
...comme vous pouvez le voir.
Vous vous êtes déshabillée pour Shlomo Herzl.
Vous m'avez espionnée.
Savez-vous pour qui vous vous déshabillez?
Pour l'assassin de Jésus Christ!
Bonsoir, Mlle Gretchen. Venez à notre table.
J'ai déjà un rendez-vous. - Restez pour une valse.
S'il vous plaît, prenez ma place.
Vous connaissez ces messieurs?
La Bible! Des vers sensuels et des psaumes romantiques.
Tu travailleras six jours, mais le septième jour est le jour du Seigneur.
Ce jour-là, tu ne travailleras pas.
Non. Tu devrais sortir avec ta copine...
boire un verre de bon vin et pester contre l'empereur.
Ce n'est pas une valse, ça!
De la musique de nègre. Arrêtez avec ce bruit!
Garçons et filles! N'oubliez pas que vous êtes allemands.
Dansez des danses allemandes. - Jouez-lui une marche!
Mlle Gretchen, ne dansez pas avec ce...
Allons-y!
La nouvelle semaine n'attend pas. Moi non plus! Himmlischst!
Quelque chose ne va pas? - Rien ne va!
Wagner avait raison, c'est la faute aux Juifs et aux cyclistes.
Qu'as-tu contre les cyclistes?
Regarde-moi ça: Tes plus belles chaussures pour l'examen.
J'ai essayé de les cirer, il fait si sombre que j'ai utilisé du marron.
On dirait de la merde de poule. - Du calme!
Va te faire voir! - Respire à fond.
Couvre le marron avec du noir. Le noir est plus foncé...
et elles brilleront.
Pourquoi ai-je quitté Braunau am Inn! - Oui, pourquoi en fait?
Partout la saleté, la puanteur, le désordre.
Vienne, ce mélange d'immondices.
Où est mon pantalon? - II est là.
Je te conseille de boire ton café et de te détendre.
Et c'est très important que tu te laves.
Je m'occupe du bouton...
et tu n'arriveras pas aux Beaux-arts la braguette ouverte.
Regarde cette pièce.
Tu as dû être gâté. Le chéri de sa maman.
Mais regarde la chaussette dans la cafetière.
Cette fois, je nettoie pourtoi.
A partir de demain, tu devras le faire toi-même.
Richard Wagner était aussi un artiste...
mais ses chaussettes n'étaient pas dans la cafetière.
Comment me trouves-tu?
Tu tiens à cette moustache? - Tu as quelque chose contre?
On dirait un Hun. Et on ne les aime pas, par ici.
Aux Beaux-arts, ce sont de vrais patriotes.
Tu sais ce qui est en jeu.
Je l'ai laissée pousser et elle a poussé.
Tous les grands hommes étaient rasés. Viens là.
Je vais la tailler.
Je te préviens, Juif. Tiens ta langue.
Même Jésus Christ avait un bec de lièvre sous sa moustache.
Juif, j'apprécie ton aide.
Quand mon heure viendra, je te récompenserai.
Quand tu seras vieux, je trouverai une bonne solution pourtoi.
Vous vous êtes fait tout beau.
Je vais aux Beaux-arts pour mon examen.
Je croise les doigts pour vous.
Un avenir brillant nous attend. Je m'occuperai de vous.
Une Allemande ne doit pas travailler.
Vous avez l'airtroublé. - Je suis sérieux, Mlle Gretchen.
Je vous épouserai.
Ma renommée d'artiste brillera à travers le monde...
de la colline où je bâtirai notre maison.
Aucun étranger n'y mettra les pieds.
Pas même Shlomo?
Surtout pas lui.
Alors c'est hors de question. J'aime Shlomo.
Ses histoires sont uniques.
Tu attends Hitler?
La façon dont tu maternes ce peintre frise le masochisme.
Du vent, canaille. C'est l'Académie...
Aux yeux du Tout Puissant, l'hospitalité pèse aussi lourd que...
le service divin.
La loi est ma lumière, mais je dois dire...
qu'avec ce paysan, j'ai du mal à lui obéir.
C'est vrai, il est paresseux...
il dort toute la journée et m'exploite.
Dieu et l'homme ont besoin de l'homme.
Mais tu as perdu une partie de ton humanité...
depuis que tu maternes ce peintre.
Je m'inquiète pourtoi.
Gruber, Martin?
Hartl, Johann.
Hillebrand, Karl.
Hi... Hi...
Où en étais-je?
Hitler, Adolf. - Merci. Hitler, Adolf.
Oui, où est-il? - Ici, s'il vous plaît!
Oui, mais pas ici.
Hillebrand, Karl. Hiller, Eduard. Kronenberg, August...
May, Karl.
Nepomuk, Hans.
Obonja, Walter.
Je m'inquiète.
C'est encore un enfant. Je sais reconnaître les candidats au suicide.
Qu'y a-t-il? - Ma vie n'a plus aucun sens.
Que s'est-il passé? - Personne ne m'aime.
Moi je t'aime, tu m'entends?
Je t'aime. Viens.
Espèce de brute insensible.
Comment ça s'est passé? - Ça ne s'est pas passé.
Comme un éclair dans le ciel, consumant mon innocente confiance.
J'ai été rejeté. - Mais pourquoi?
Pourquoi? Je n'ai pas demandé.
Il craint mon talent, ce Baron von Kropf ou Tropf.
Non, non, von Topf.
Tu le connais?
Vous êtes son père?
Oui.
Pourquoi Hitler n'est-il pas venu en personne?
Le garçon est timide.
Hitler, Adolf. Né le 20 avril 1889.
Braunau am Inn. Haute-Autriche.
Allemand. Catholique.
Père officier impérial et royal des douanes.
En fait, je suis à la retraite.
C'est écrit: Pas assez de portraits.
Résultat: Échantillons de dessin insuffisants. Décision unanime.
Allez, montrez-moi votre portfolio.
C'est sans espoir, jeune homme.
C'était la deuxième fois.
Moi, peintre en bâtiment? Plutôt mourir.
Qu'est-ce que ça a de si mal?
Traître!
Quoi? - Poignardé dans le dos!
C'est une conspiration mondiale des anciens sionistes!
Tu es de mèche avec von Kropf...
à comploter pour empêcher mon ascension jusqu'aux sommets de la gloire!
J'aurais dû le savoir. Mais je ne me suis pas méfié.
Tu as conspiré avec ce baron recteur-rectum contre moi, Juif!
Tu as trahi ma confiance. Tu t'es présenté comme mon père pour me ridi...
Drapeaux flottant au vent, sur les barricades, finie la servitude...
Tais-toi, Adolf. Il est tard. Les gens dorment.
Les drapeaux d'Hitler flotteront bientôt dans nos rues.
Cette servitude ne durera plus longtemps...
Levez-vous tous.
Dieu a fait la journée pour vous tous.
Je n'en suis pas si sûr. - La princesse au pois s'est aussi levée.
Regarde bien, Gretchen. Tu vas apprendre.
C'est la vie. Certains sont bouchers et d'autres des veaux.
Pas vrai, patronne? Ecoute, il a fini par se calmer.
Tu sais quelle explication m'a donné le directeur?
Mes portraits montreraient que mes talents...
ne sont pas dans la peinture, mais dans l'architecture.
Ça lui semblait incroyable que je n'aie pas étudié l'architecture.
Mais, Hitler, j'étais là.
Tu ne devrais avoir le droit de peindre qu'un mur de cuisine.
Faut-il que tu détruises tout?
Je me voyais déjà architecte.
A Berlin, il y a un concours pour le nouvel opéra.
Mais il faut un diplôme universitaire.
Seuls les poissons morts nagent avec le courant.
Qu'est-ce que tu griffonnes?
Ça ne te regarde pas!
C'est mon combat. - Tu n'as pas intérêt à écrire sur moi!
Je te tords le cou, si on apprend mon échec à l'École.
Ne t'en fais pas. Je n'en parlerai à personne.
Shlomo, j'ai faim et je suis fauché.
Tu pourrais? - Non, Hitler. Je ne peux pas.
Tu peux gagnerta vie comme tout le monde.
Ou sinon va mendier...
Je sais ce que tu trafiques!
Tu veux séduire cette innocente Gretchen.
C'est pour ça que tu veux te débarrasser de moi. Avec moi ça ne marche pas!
Le petit oiseau va sortir.
Elle te tiendra chaud pendant les hivers viennois.
Dans ton livre, tu écris sur Jésus? - Oui, aussi.
Et qu'écris-tu sur lui? - Que je l'aime.
Alors pourquoi l'as-tu tué? - Moi?
Qui a pu te mettre une telle idée en tête?
Arrête! Arrête, crapule!
Hitler est jeune et sot. Ne le prends pas au sérieux.
Et les évangélistes? - Rien que des ragots. Qu'en savent-ils?
Rien. Ils n'étaient pas là, mais moi si!
Allez. Même si tu mens. - Bien sûr que je mens.
Enfant, j'étais le plus grand menteur de Budapest.
Mon mensonge le plus célèbre m'a permis de sauver l'âme de mon père.
C'était à Budapest, en 1848, quand les cosaques ont envahi la ville.
Ils tuaient tout ce qui bougeait.
Je me suis caché dans un tonneau et j'ai tout vu.
Un cosaque faisait tournoyer son épée, traînant ma mère dans l'arrière-cour.
Quand il leva le bras pour le coup mortel...
mon père sortit de sa cachette, fit tomber le cosaque de son cheval...
et cogna sa tête contre le mur jusqu'à ce que le cosaque soit mort.
Mon père releva ma mère, me sortit du tonneau...
et on s'est embrassés.
Rien de tout ça n'est vrai.
En fait, mon père est allé au Palais d'hiver de St-Petersburg...
pour écraser la mauvaise tête du tsar contre les murs de marbre.
Oui.
Mes frères m'ont cru et ont averti la police.
Ils m'ont questionné et j'ai dit la vérité.
Les gendarmes ont traîné mon père au poste de police et ils l'ont interrogé.
J'étais devant lui à boire un chocolat chaud.
Les gendarmes l'ont interrogé...
sur ce projet d'assassinat du tsar...
dont je leur avais parlé.
Mon père les a regardés calmement et a dit...
Oui, ce petit a dit la vérité.
Et le tsar n'étant pas là, je vais vous écraser la tête contre le mur.
Il s'est levé et a sauté sur les gendarmes.
Une horde de gendarmes a envahi la pièce...
tabassant mon père sous mes yeux.
Je l'ai vu...
Je l'ai vu, tout recroquevillé, se tordant dans un coin...
protégeant ses lunettes pour qu'ils ne les cassent pas.
Le sang coulait de son crâne chauve.
Puis son âme l'a quitté.
Il advint donc que pour une fois, le père est mort pour le fils.
Gretchen!
J'aimerais les empoisonner comme de la vermine.
Les exterminer. - Et de quoi on vivra, gros malin?
Utilise donc ton cerveau, comme la vache sa queue.
On est quel jour, Himmlischst? - Non.
Pas encore, patronne. - Entre là-dedans! Fraîchement lavé!
Grete, descends, traînée!
Aidez-moi! Aidez-moi! Merci.
S'il vous plaît, aidez un pauvre infirme victime de la bureaucratie.
Maman, pourquoi le monsieur n'a qu'une jambe?
Si je t'attrape je te bats à mort.
A cause de la goy?
Non, Lobkowitz. Tu joue tellement bien que j'en ai pleuré.
Tu as joué comme Dieu. - Tu te prends pour Shlomo Herzl.
Et je me prends pour Dieu.
On a peut-être raison.
Aidez un invalide qui a défendu sa patrie.
Aidez-moi! - Jeune, mais trop paresseux pourtravailler.
Bonjour, M. Hitler.
Que regardes-tu, bouche bée?
Tu sais que tu es en retard pour le loyer?
Je l'attends comme la poule attend le ver.
Vous êtes dure. M. Hitler va avoir une bourse et vous paiera le loyer.
Sans blague, une bourse?
Oui madame. Comme orphelin, j'ai droit à une bourse.
Je vous paierai avec des intérêts. - J'espère bien!
Viens te confesser, ma fille!
Courage, mon gars.
La mendicité ça s'apprend aussi.
Crois-moi, ce n'est pas pour toi.
Fais quelque chose que tu sais faire.
Peins des cartes postales comme souvenirs.
Je les vendrai et on partagera les bénéfices.
Oh, tu pleures?
N'importe quoi!
Jamais! Même à l'enterrement de ma mère. Je me suis forcé et forcé, pas une larme.
Se forcer ça ne sert à rien. Les vraies larmes viennent la nuit.
C'est touchant. Tu m'apprends à pleurer?
Pense à quelque chose de triste! À ta mère décédée.
Ferme les yeux, Hitler, et imagine-la dans son cercueil.
Que vois-tu exactement?
Je la vois dans son cercueil. - Elle porte quoi?
Un dirndl. - Arrête de ricaner!
Comment est son visage? - Comme du fromage.
Tu la vois, maintenant? - Oui.
Dis-lui quelque chose Une chose que tu as toujours voulu lui dire.
Tu n'as jamais remarqué quand je mentais.
Tu n'as jamais vu que je volais de l'argent dans ton sac.
Tu ne t'es jamais doutée que je te regardais par la serrure, dans ton bain.
Tu comptes sur ma stupidité.
Tu te crois supérieur à moi, un aryen bien honnête.
Ton cerveau méchant flatte mon esprit sain...
pour me pousser à pécher.
Tu es une éternelle sangsue sur un corps racial sain.
De la brume de ton discours pompeux...
s'élève le sourire ricanant du judaïsme.
Bonjour, Mlle Gretchen. Ce nouveau chemisier vous va très bien.
Je sais ce que vous regardez.
Vous n'avez pas de cours, aujourd'hui?
À l'extérieur. Je vais dessiner l'église St-Michel.
Vous venez avec moi?
Vraiment?
Ecoutez, M. Hitler, vous devriez peindre cette vue.
Appréciez cette architecture. Absorbez ce superbe style baroque.
Voici la célèbre Pestsäule et Saint Sébastien avec ses flèches.
Vienne, ville de la valse, ville des arts, avec ses superbes édifices...
Même vous, en tant que jeune, devez comprendre ce qui se passe.
Ce combat est très important.
La merveilleuse culture germanique lutte pour son existence...
les Grecs de l'Antiquité et les Romains antiques.
Tiens, quelle coïncidence: "Maïs au crépuscule".
Mais c'est votre tableau!
Vous devez être un bon peintre, si vous exposez déjà.
J'ai d'abord refusé de le vendre...
mais M. Rosenthal m'a tellement supplié que je n'ai pas pu refuser.
J'aurais pu demander plus de 50 couronnes.
Formidable! Vous pouvez en peindre un autre.
Seuls les charlatans font deux fois le même tableau.
Je vois que le monsieur est peintre? - Et un très bon!
M. Hitler est aux à l'École des Beaux-arts.
Shlomo Herzl a refourgué ça à mon mari pour deux couronnes.
Désolée si j'insulte votre bon goût.
Combien en avez-vous vendus? - Ça se vend bien.
Une vingtaine, aujourd'hui. - Combien?
Enfin, quinze. - Pas un seul, mon cher.
Ce jeune Hitler est vraiment têtu.
Rien que des églises.
J'avais hâte de voir vos extérieurs.
Vous copiez des églises sur une carte postale.
Moi aussi je pourrais le faire.
Je n'aime pas les églises. C'est juste pour l'argent.
Shlomo les vend et je peux payer mon loyer.
Vous ne peigniez pas des églises pour l'Ecole?
Qu'a encore raconté sur moi ce vieux salaud?
Rien, pourquoi?
Dites-moi la vérité, Mlle Gretchen. - Vous êtes bizarre, M. Hitler.
Je veux ce qu'il y de mieux pour vous.
Je ne sais pas. - Alors, qu'a-t-il raconté sur moi?
Rien! II m'a juste raconté une histoire très triste.
Lui et ses histoires sans fin!
Cette abjecte créature vous a piégée...
et vous ne pouvez vous libérer.
Ce Juif vous a infectée avec ses histoires...
pour que vous dépendiez entièrement de lui.
Je suis jeune, mais pas idiote!
Vous vous occupez de ce garçon comme si c'était votre fils.
Il n'est même pas reconnaissant.
Excusez ma curiosité, mais c'est comment? - Quoi?
La mort. - Comme si vous ne le saviez pas.
La mort commence à la naissance.
Chaque bout de peau qui pèle...
chaque cheveu qui tombe, chaque nom oublié...
est chaque jour une petite mort.
La grande n'est pas bien différente. Ne vous débattez pas, laissez-vous faire.
Ça fait mal? - C'est plutôt comme naître.
Quand on ne résiste pas, c'est facile, on glisse dans un autre temps.
Quand viendra mon tour?
II y a un temps pour partir et un temps pour danser.
Je ne travaille pas par ordre alphabétique. Pas de Herzl aujourd'hui.
Vous m'accompagnez quand même?
J'ai une surprise pour vous.
C'est quoi?
Si je vous emmenais voir le grand opéra de Wagner "Rienzi"?
Sans blague! Vous m'emmenez vraiment à l'opéra?
A une condition:
Promettez-moi de ne plus voir Shlomo, cette fois-ci.
Juste pour me prouver que vous ne dépendez pas de lui.
Promis?
Lobkowitz.
Mon Dieu. Qui et combien?
Quatre-vingt-dix-neuf. - Pourquoi exactement 99?
Cent, vous ne m'auriez pas cru.
Regardez ce que ces brutes ont fait.
Aime tes ennemies comme toi-même. Allez, Lobkowitz.
Himmlischst! Levez-vous, espèce de rats!
Allez, debout Hitler. Il est tard. Et c'est le sabbat.
Hier j'ai vendu deux de tes images.
Voilà ta part.
Va te promener. J'attends de la visite.
C'est tout? Combien en as-tu vendus?
Trois. - Tu mens.
Un. - Pourquoi me donnes-tu trois couronnes?
Pour me débarrasser de toi. Habille-toi et file.
Très bien. Je serai parti quand la dame arrivera.
Si elle arrive.
Que veux-tu dire par là? - Shlomo, qu'est-ce qu'une fellation?
Tiens. Amuse-toi bien.
Shlomo, entre nous, ce rapport sexuel, c'est vrai?
Comment ça, vrai?
À Linz, le vicaire m'a dit que ça l'était.
Quoi?
II m'a dit: Attention, à Vienne ils le font.
Ils font quoi?
Tu vois ce que je veux dire. Hommes et femmes ensemble. Comme des chiens.
Pas comme des chiens, Adolf, pas à Vienne.
Appelle-moi encore Adolf et je t'étrangle.
C'est agréable?
Ça peut l'être.
La population croît, Adolf.
C'est un péché. - Non. La joie de l'homme est la joie de Dieu.
A petites doses.
Un jour d'été, à Braunau am Inn, j'ai vu une femme.
Elle séchait son dos nu au crépuscule.
Elle a levé une jambe et j'ai vu son centre.
C'était sombre comme la nuit.
Mais où est Gretchen, Shlomo?
Tu sais pourquoi elle ne vient pas? - Non.
Tu es un mauvais acteur. Tu devrais faire de la politique.
Tu crois? - Oui!
Mais tu dois améliorerta grammaire et ta rhétorique.
Crois-moi, les masses sont comme les femmes.
Il faut les flatter et leur offrir ce qu'elles veulent.
Pour qu'elles soient dociles.
La Bible: Le chef-d'oeuvre de tous les temps.
Regardez ces formidables illustrations: Elles sont uniques.
Là on voit les Juifs fuyant l'Égypte, chassés par l'armée du Pharaon...
Oui, on les voit clairement et distinctement.
Ici les eaux de la mer Rouge s'ouvrent...
pour sauver les Juifs...
et condamner leurs poursuivants à la damnation éternelle.
Trente mille Egyptiens sur le chemin de l'enfer.
Le début...
et la fin du monde. Tout en un seul volume.
On peut y apprendre comment échapper à la fin.
Pour seulement 1,50!
A Vienne, le pauvre ouvrier va mendier le samedi après-midi.
Pour occuper ses mains.
Et où?
Chez le vendeur de meubles juif!
Je l'ai vu le jeter dans les ordures à l'abattoir.
Tu racontes encore des conneries. Idiot d'ivrogne!
La majorité de la presse est aux mains des Juifs.
Les grands capitaux sont aux mains des Juifs.
Et les Juifs répandent la terreur au-delà de l'entendement.
Allez.
Pourquoi tu trembles comme ça?
Arrête de faire cette tête d'idiot!
...la libération de la prédominance du judaïsme.
Tu es un âne, Shlomo.
Suis-je un âne car je suis ton ami ou suis-je ton ami car je suis un âne?
Tu ne vas pas me duper.
Même si le peintre t'a volé ta goy...
tu nourris toujours cette vipère en ton sein.
Tous les conflits de ce pays sont déclenchés par les Juifs.
Faisons pression sur eux, camarades...
Je vous épouserai.
Ma renommée d'artiste brillera à travers le monde...
de la colline où je bâtirai notre maison.
Tu as raison, Lobkowitz. Je suis un âne bâté.
Bien fait pour moi. Je suis un vieux con qui est tombé amoureux d'une fille.
Je ne te laisserai pas mourir.
Je suis fier de vous, Mlle Gretchen.
Alors baisez ma main, ne la léchez pas. - N'importe quoi.
Vous avez mérité cette soirée. C'est pour moi une grande joie.
Vous êtes une beauté qui tient parole: Une vertu bien allemande.
Cola Rienzi: Comme un rayon de lumière il apparaît...
au beau milieu de son peuple désespéré et dégénéré.
Qu'il libère et sauve.
Une superbe histoire tragique. - Allez mon gars, le poisson.
Que lui est-il arrivé?
II a été renversé et tué par son propre peuple.
Car les masses ne comprendront jamais la nature du génie.
Ça alors!
M. Hitler, vous avez...
Dans le temple de l'art il y a un silence sacré!
...m'a choisi comme protecteur...
...des droits donnés à tous les peuples.
Rappelez-vous vos ancêtres...
et nommez-moi tribun de votre peuple!
Rienzi, sois loué, que ton nom soit honoré...
reçois les lauriers, que ton âme soit bénie tant que Rome sera debout...
jusqu'à la fin du monde.
Ton nom vivra à jamais, glorieux héros de paix!
Rienzi, sois loué, que ton nom soit honoré...
reçois les lauriers, que ton âme soit bénie tant que Rome sera debout...
jusqu'à la fin du monde.
Ton nom vivra à jamais, glorieux héros de paix!
Comment vas-tu, Gretchen?
Tu es toujours fâché, Shlomo? - Moi?
Les Juifs répondent toujours par une question.
Pourquoi on ne répondrait pas par une question?
Tu m'as manqué, ma colombe.
J'ai tellement honte. - Mais tu n'as pas à avoir honte.
Tu vas l'écrire dans ton livre.
Quoi? - Que je t'ai trahi.
Comme Judas avec le Christ.
Nous les Juifs, on ne croit pas au Nouveau Testament.
Hitler, c'est kitsch.
Vraiment horrible.
Mais ça, ça devrait te plaire!
Affirme ta puissance sur les gens. Succès garanti!
Fermez les yeux.
Je compte jusqu'à dix.
Un: Votre tête devient de plus en plus légère.
Deux: Votre respiration devient plus lente.
Trois: Vos bras deviennent de plus en plus lourds.
Quatre: Vous ne sentez plus vos pieds. - Je ne veux plus être peintre.
C'était juste pourtromper les imbéciles.
Je veux autre chose.
Comme quoi? - Le monde.
Quoi? Le monde entier?
Oui. L'Angleterre et ses tantes.
Et la Russie et ses moujiks. Je les veux tous.
Sois raisonnable, Adolf. Tu vois à quel point ces peuples sont différents.
Foutaises. Je serai là, debout, avec un immense fouet...
et je les emmènerai tous jusqu'à la fin du monde.
Bien alignés, ils se presseront tout au bord.
Le monde est rond, Adolf.
Il n'y a pas de fin. Et pas de bord. - On changera ça!
Lls s'accrocheront au bord du monde...
jusqu'à ce que j'écrase leurs doigts et hop là, hop là! Lls tomberont en hurlant.
Qu'en penses-tu?
Si tu souffles mot de notre conversation dans ton livre...
tu claqueras, Juif, et je ne te parlerai plus.
Même quand je disperserai tes cendres au vent.
La vie est une maladie dont on ne guérit pas.
Café? - Oui, merci.
Le café décime tes cellules grises et te donne des varices.
Je dois dire que j'admire votre courage.
C'est ce que j'aime à Vienne...
les nuages de nicotine dans les salons et les cafés.
Vous écrivez un livre?
J'essaie.
Ça parle de quoi? - De vous.
Comme ça s'appelle? - "Mon combat".
Avec la mort? Qui gagne?
L'amour gagne. - L'amour est plus fort que la mort?
C'est nouveau.
Excusez-moi.
Ta dernière heure est arrivée.
J'ai rendez-vous...
avec un homme très malin de Basse-Autriche.
Son amour ne devait pas être assez fort. Ce fut un plaisir, de parler avec vous.
Ce n'est pas une bonne idée!
Que Dieu vous bénisse!
La cloche sonne, ta dernière heure est arrivée!
C'est parti, mon gros...
Ben dis donc.
La cloche sonne, ta dernière heure est arrivée!
Va te faire foutre!
Fermez les yeux.
Je compte jusqu'à dix.
Un: Votre tête devient de plus en plus légère.
Deux: Votre respiration devient plus lente.
Trois: Vous ne sentez plus vos pieds.
Vos cheveux, Gretchen...
trempés du cri du peuple et d'une notion profonde.
Méfiez-vous de la souillure raciale...
d'aujourd'hui jusqu'à la fin des temps.
Surtout avec le Juif Shlomo. - Je me méfierai.
Poussez-vous!
Jurez: Je ne verrai plus jamais le Juif Shlomo.
Je le jure.
Et maintenant...
déshabillez-vous.
Où est Schlomo?
II te faut une vraie nana, Heinrich. - Avec des nichons géants.
Et une chatte juteuse. - Qui te la donne vraiment!
Je pourrais vivre dans une chatte, si j'avais de l'alcool.
Et des camarades pourtirer sur les rats. - Une sacrée bonne idée.
Camarades, la lutte commence.
A partir de maintenant, on tirera sur d'autres choses.
Nous devons nous organiser contre la conspiration juive!
On défendra la patrie pangermanique.
D'accord! Victoire à la patrie! Sieg Heil!
Sus aux parasites!
C'était vraiment le mort? - C'est "la" mort.
Ou un de ces idiots du Danube comme toi?
Elle est ce qu'elle dit. Comme moi.
Dans cette ville folle, plein de gens ne sont pas ce qu'ils disent être.
Mais qui l'est?
Lobkowitz, j'ai peur. - Je t'avais prévenu.
Vous m'avez déçu, Herzl. Je vous ai invité et vous m'avez volé.
Et pourquoi? Juste pour sauver votre misérable vie.
Vous dites que l'amour est plus fort que moi?
Quand le jeu est fait, vous avez la frousse.
Vous pensiez qu'en volant votre fiche vous deviendriez immortel?
Ce n'était pas la mienne.
À qui était-elle, alors? Donnez-la-moi!
Je ne l'ai plus!
Hitler?
Oui. - Vous aimez vraiment ce sale type?
Personne ne le supporte, pas même votre ami.
Il est écrit: "Tu aimerais ton ennemi comme toi-même."
Et Hitler n'est même pas mon ennemi.
Il est seulement jeune... et bête.
Qui sait ce qu'il adviendra de lui? II sera peut-être juste un homme?
II m'incombe peut-être à l'aider à le devenir.
Et s'il devient un criminel? Vous serez son complice.
Pourquoi ne pas essayer? Demain est un synonyme d'espoir.
Très bien. Vous avez sauvé la misérable vie d'Hitler pour encore quelques jours.
C'est ce que vous vouliez? - La poésie sert peut-être à ça.
À embobiner la mort et à la retarder.
Vous êtes sûr de vouloir sauver ce type?
La prochaine fois tu te prendras autre chose, sale vermine!
C'est quoi, la fellation, déjà?
Tu as balayé le sol? - Non.
Recousu mes chaussettes? - Non.
Repassé mon pantalon? - Non.
Observé le "Völkischer Observer"?
Sacrés Juifs! Vous faites de chaque pet de gitan un vrai sermon!
Rase-moi. - Hitler, tu abuses de mon humanité.
Je ne suis ni ton majordome, ni ta nourrice.
Soit tu t'améliores, soit je te vire!
Cette semaine tu as développé les pires des habitudes...
allemandes et juives.
Vu que tu ne travailles pas, apprends au moins à bien te torcher le cul...
carta sainte mère semble avoir omis de te l'apprendre.
Attention, ou je te commande pour le dîner.
Si tu oses encore lancer la Bible à mon oiseau adoré...
je te coupe ta gorge de païen!
Comme tu veux.
Au moins on sait où on en est. Je croyais qu'on était amis.
Encore un pas et je lui tords le cou. - Non, je t'en prie!
Tu as gagné. - Ça suffit, Juif!
Demande pardon!
Ne t'accroche pas! Un, deux, trois...
Himmlischst!
Ça n'arrivera plus, Mitzi. Je te promets.
Je vais faire virer ce monstre.
Le prévenu est accusé...
d'afficher une attitude immorale...
et asociale envers la victime mineure.
Il est accusé de...
Chers citoyens...
Sans défense. - Une fois de plus.
Sans scrupules.
Et une honte pour sa race.
Le nom du coupable?
Comment je me sens?
Très mal. J'ai traité le jeune Hitler comme un fils.
Ça pourrait être pire. - Je ne vois pas comment.
Il a tourné la tête de Gretchen. - Crois-moi, ça pourrait être pire.
De quoi parles-tu?
Celui que j'ai traité comme mon fils m'a mis en prison.
Il a séduit la fille que j'aime et il l'a forcée à témoigner contre moi.
Dis-moi ce qui aurait pu être pire! - Ça aurait pu m'arriver à moi.
Mange d'abord quelque chose.
Un croissant avec du beurre et de la confiture d'abricot...
du miel de tilleul, un jus d'orange frais...
deux oeufs sur le plat et un café au lait au lit.
Voilà, messieurs.
Que veux-tu de moi?
Le travail que le maître a fini...
certainement un chef-d'oeuvre, le livre que tu as créé.
Où est-il? - Où est quoi?
Ton chef-d'oeuvre. - "Mon combat".
Il n'est pas fini.
Si tout va bien, mais j'en doute, je pourrais livrer...
une version lisible dans deux mois.
Shlomo. - Oui?
Où est-il?
Celui où il est écrit: Tes cuisses sont des joyaux...
...tes seins sont comme deux coupes rondes d'où coule un doux lait?
Que ton père enfonce sa queue puante...
dans la chatte impériale-royale de ta mère décomposée.
Où est-il?
Du calme, Gretchen.
La fille est impatiente.
Je vais t'expliquer... - Les Juifs aiment les explications!
Ce serait plus simple de nous donner le livre.
On veut le lire avant qu'il passe à la postérité.
Je t'ai écouté: Je suis entré en politique.
Si je dois dédier ma vie au service public...
je dois me protéger et éviter les fausses impressions.
Dans ton journal de bord, tu n'as pas pu t'empêcher de faire une ou deux allusions...
à mon humble personne...
en décrivant dans ta prose inimitable mon incompétence plutôt touchante.
Ces ragots historiques sont légitimes...
mais dans mon cas, au début de ma carrière...
cela pourrait troubler les masses...
dont il me faut la coopération pour mon travail.
Ne te méprends pas, Shlomo, il n'est pas question de censurerton chef-d'oeuvre...
mais si tu pouvais nous laisser étudier ton manuscrit...
on serait peut-être obligés...
si cela s'avérait nécessaire...
de corriger une ou deux fausses impressions.
Où est ce putain de livre?
Pourquoi ne donnes-tu pas le livre au monstre...
pour qu'il soit satisfait?
Hitler ne sera jamais satisfait.
Ça finira mal.
...et ils vécurent toujours heureux.
Où vas-tu? - En Allemagne, avec Hitler et les autres.
On est plus de quarante.
Notre combat va s'étendre. Rien ne nous arrêtera.
Des citoyens riches aident notre mouvement.
Les gens veulent l'ordre. - Tu n'iras nulle part.
Ou je te dénonce à la police, toi et tes garçons.
On verra qui est le violeur d'enfants!
Patronne...
A partir de maintenant on se rebiffe, camarades.
Il faut trouver ce livre avant de partir et faire fuir ces rats.
On cherchera partout.
Il était temps que quelqu'un nettoie ce bordel!
Et s'il l'a caché dans ses intestins... on l'en délogera.
Fais tes valises, clochard. Tu peux partir.
Tu peux remercier M. Hitler et sa fiancée.
Des gens biens.
Il a convaincu le petit Franz de retirer sa plaine contre toi.
Mais on n'aime pas les violeurs d'enfant, ici.
Pas de scandale. On y va.
Dommage que tu aies le livre surtoi, Herzl.
Un bon titre, "Mon combat".
Je l'ai mangé. Plus de livre, plus de problème.
Pas du tout! - Pourquoi?
C'est toi, le problème. Le livre est dans ta tête.
Que vais-je faire de toi, Shlomo?
Si tu avais un tatouage, on ferait de toi un abat-jour.
Je blague! Tu viens à Munich avec moi. Mon porte-bonheur.
Prenons quelques victuailles pour le voyage. - Non!
Le jeu est terminé, Hitler. Allons-y.
Finita la commedia.
Tu as entendu?
Ces idiots. L'un veut être Dieu, l'autre la mort.
Et le troisième m'aime. Quelle rigolade!
On va aider un peu la mort. Le début d'une formidable amitié.
Himmlischst, embarque-les!
Eh bien, camarades, il faut se quitter.
Après cinq ans de misère dans cette ville de corruption et de luxure.
Cinq ans comme ouvrier et petit peintre...
Halte! Attrapez-les!
Tu veux entendre une blague?
Deux voleurs sont crucifiés. L'un d'eux gémit.
L'autre lui demande: Ça fait mal?
Seulement quand je ris.
Le supplice que j'ai vécu à Vienne...
m'a rendu mon peuple et m'a appris à faire la différence...
entre les victimes et les corrupteurs.
Heinrich, espèce de raté!
Où es-tu?
Himmlischst!
Tu es un incorrigible optimiste.
En rang pour l'hygiène physique. Tout de suite!
On s'est moqué de ma condition de prophète.
En rang par deux dans la cour.
Parmi ceux qui riaient, rares sont ceux qui rient encore.
Et bientôt, ceux qui rient encore ne riront plus.
Grouillez-vous!
Cette nuit j'ai fait un rêve.
On était réveillés avec du thé, du saindoux et des biscottes.
Puis le petit déjeuner, quatre plats et des crêpes aux raisins secs.
Puis le déjeuner, huit plats et des crêpes aux raisins secs.
Puis la sieste, avec des gâteaux.
A 5 heures, sandwichs et Sachertorte.
Dîner, dix plats et des crêpes aux raisins secs.
Souper à 10h, caviar Beluga, homard à l'américaine.
Et avant d'aller au lit, du lait chaud avec un chocolat.
Et...
...aucune possibilité d'aller chier.
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