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La pêcheresse
Sicile 1950
- Et toi, comment t'appelles-tu ? - Macaluso Giovanni.
Les frères Danderi, montez dans le camion.
Et vous aussi. Dans le camion.
- Et vous ? Qui êtes-vous ? - Les frères Messina. - Allez-y !
Vous autres, approchez.
Saragore Carmelo, tu peux rentrer chez toi.
Vous êtes trop bon Don Santuzzo.
- Et toi ? - Lombardo Sarro.
Dans le deuxième camion.
Vous trois, dans le premier.
Merci Don Santuzzo.
- Et vous trois aussi, dans le premier. - Merci, merci Don Santuzzo.
Finocchiaro Santo, monte toi aussi.
- Comment t'appelles-tu ? - Garofalo Michele.
- Et toi ? - Marino Giuseppe.
Les frères Calisciabetti, montez dans le camion.
Villacana, dans le deuxième.
- Tiens. - D'accord, je m'en occupe.
- Je vous baise la main. - Bonjour Don Santuzzo.
Tout va bien mon père.
Tous de bons gars pour le travail.
J'ai quelque chose pour vous.
Avec les respects du "Turc". Merci.
- Remerciez le "Turc" de ma part. - Au revoir.
Orazio mon gars, aujourd'hui tu es volontaire pour le froment.
- La ferme du con. - Dis-lui que ce n'est pas vrai.
Et comment peut-on faire ?
Qu'allons-nous donner à manger à nos enfants ?
Demande que ce soit les autres à le faire.
Le "Turc" se fout de nos enfants.
Le "Turc" pense seulement à baiser les filles et à envoyer l'argent
à son fils qui profite de la vie à Rome grâce à notre labeur.
Cachons-le sinon le "Turc" va le chasser.
Le "Turc" s'en est déjà rendu compte.
Il est foutu.
Cet enfoiré de merde l'a déjà enregistré sur son registe.
Et maintenant, il va le virer.
Allez au travail. Retournez au travail.
Vittorese, Vittorese, Vittorese...
C'est fait ! Tiens.
Ton fils t'a écrit.
Que raconte-il ? Il va bien non ?
Á Rome, ils disent que c'est le fils d'un baron.
Baron, et pas d'un mal embouché comme moi.
Des sous. Il veut des sous.
Des sous ? Mais il va recevoir un chariot plein d'argent.
Je suis riche, très riche.
Il y a Massaro. Il demande s'il doit donner le froment aux Solfatares ?
Mais quel froment ? Allez ! Dans trois jours oui.
Car s'ils mangent de trop, ils ne travailleront pas bien.
Et moi, je ne veux pas mendier.
- Comment t'appelles-tu ? - Carmelina.
Ah Carmelina. Tu es nouvelle ici ?
Oui Monsieur.
Bien. Fais-moi voir comment tu montes.
Vas-y vas-y !
Très bien !
Apporte-moi une bouteille de vin dans la veranda.
Oui monsieur.
Vas-y Angela, laisse-moi tranquille.
Carmelina, Carmelina...
Monsieur aime Carmelina ?
Carmelina est fiancée et elle va bientôt se marier.
Mais pour se marier...
Il faut de l'argent.
Et combien d'argent ?
- Il en reste encore. - Hey les gars, venez ici.
On arrive tout de suite.
Le chariot a perdu une roue.
Mes hommages monsieur.
J'ai trouvé de nouveaux gars suite aux noms que vous m'aviez suggéré.
Et lui vient d'arriver d'Afrique et il cherche un travail.
Si vous êtes d'accord...
Nous pouvons l'ajouter aux autres.
Salut. Comment t'appelles-tu ?
Turi Santalena
Quoi de neuf en Afrique ?
- C'est une histoire ancienne. - Bien.
As-tu la volonté et la force de travailler ?
Je travaille comme une mule et j'ai assez de
souffle pour éteindre les flammes de l'enfer.
Femme ? Enfant ?
Une femme et des enfants si Dieu le veut.
- Santuzzo. - Á vos ordres.
Affecte-le à la maison oú habitait Vittorese.
Je l'ai viré aujourd'hui et c'est mieux qu'il retourne chez lui.
C'est pour son bien.
- Á votre service. - Allez-y. - On y va.
Marche, et marche.
Le "Turc" respecte les règles.
Tu seras vierge au mariage.
Il veut juste s'amuser avec les filles comme toi. Entre, entre !
Hey, écoute ! Hey Toi là !
Je te parle.
D'oú sors-tu ? Mais qui es-tu ?
Que Dieu me foudroie ! Qui es-tu ?
Je suis Debra. La femme de Turi Santalena.
Je vais à la mine lui apporter à manger.
Par le sang de Judas. Il a su se trouver une belle femme.
Marche. Fais-moi voir.
Je vais t'emmener voir ton mari.
Quelle femme !
Elle te plaît, hein ?
Personne ne m'a rien dit au sujet de la femme de Santalena, hein ?
Bonjour à vous !
- Elle te plaît ? - Santanela va se les choisir en Afrique.
Le "Turc" va se la manger toute crue.
- Jolie ta femme, Turi ! - Que fais-tu ici ?
Mais je suis venue t'apporter à manger.
Les femmes ne viennent pas à la mine. Retourne à la maison. Vite.
Dégage. Á la maison !
Qu'est-ce que ça peux te foutre ?
On va l'aider à retrouver le chemin de la maison.
Riez, riez. C'est moi qui vais lui montrer la direction.
Si tu ne la fermes pas, je vais te tuer !
- Arrête ! - Je vais t'étriper !
Laisse-les causer.
Laisse tomber ces crétins. Ils font honneur à ta femme comme ça.
C'est une belle femme.
Et que la Madone te la protège.
Tu dois te calmer. Pourquoi t'énerver ? Pourquoi ?
La femme noire ! Elle a fait la pizza.
Corrado. Viens prendre ton bain.
Corrado !
Vous en voulez un morceau ? Elle est bonne.
C'est moi qui l'ai faite.
Pour toi. Voilà.
- Pour toi aussi. - Arrête. N'y touche pas !
Pourquoi ? Qu'est-ce qu'il y a de mal ?
Nous ne voulons rien de toi.
Et de ne donne rien à nos gamins.
Gaetano, jette ça et viens ici.
Elle a raison. Les gosses ne doivent pas
manger ces trucs de cette sorcière.
- Bonjour Madame. - Bonjour.
Vous saviez, madame Filomena, que
Santuzzo a donné du froment à la négresse ?
Femme belle, femme prise en considération.
Santuzzo dit qu'elle est dans les papiers du "Turc".
Et nous, nous sommes quoi ? Des bêtes ?
Et nos maris qui ne donnent pas de nouvelles.
Ils veulent la baiser.
La peau noire les fait souffler comme des taureaux.
Si mon mari la touche, je lui crêve les yeux !
- Avance, Avance. - Aller, bouge-toi de là !
- Je vais te montrer moi ! - Ne touche pas la bête, fils de pute !
Touche pas ma bête !
Les gars. Ça suffit ! Cassons tout !
Touche plus à ma bête !
Ça suffit de travailler comme pour ce porc !
Arrêtez, Arrêtez ! Il ne faut pas se battre entre nous.
Nous devons nous en prendre au "Turc" !
Et alors, allons-y !
Á la maison, à la maison !
Il a raison, nous devons nous en prendre au "Turc" !
Que se passe-t-il ?
C'est le diable qui court derrière toi ?
Mais non. Les gars de la mine ont abandonné le travail.
Et tout ça à cause d'une bête.
Ils ne veulent plus travailer.
Ils veulent tout de suite du froment et de l'argent.
Et ils profèrent des menaces.
Mais que dis-tu ? De quelle bête s'agit-il ?
L'histoire de la bête est seulement une excuse.
Depuis peu, ces gens-là ont de drôles d'idées.
- De drôles d'idées ? - Oui monsieur.
Ils méritent une petite leçon.
Vire-les tous !
Et le travail ?
Il y a de la chair fraîche à envoyer au travail.
Des gens d'ici.
Des gens de confiance.
Un peu de faim leur rendra les idées plus claires. Vas-y !
- Et fais ce que je t'ai dit. - Á vos ordres.
Hey viens ici !
Il y a la femme de Turi Santalena là-bas.
Regarde, regarde !
Tais-toi animal, elle n'est pas pour toi.
Reste ici.
Non, pourquoi te couvrir ? Tu es si belle.
Il te faudrait seulement des vêtements de soie.
Des colliers, des bracelets.
J'ai déjà des vêtements de soie, au revoir.
Lâchez-moi, lâchez-moi, lâchez-moi.
Lâchez-moi. Je ne veux pas. Je ne veux pas !
Par le sang de Judas, oú te sauves-tu ?
Putain !
Rosalia !
Rosalia !
Rosa...
Pourquoi veux-tu Rosalia à cette heure de la nuit ?
Et toi ? Pourquoi marches-tu comme un fantôme ?
Envoie-moi Rosalia.
Je dois lui dire mes commissions pour demain.
Ah te voilà.
Demain, tu devras aller dans les maisons de mes ouvriers.
Tu devras me ramener la femme de Turi Santalena.
Ce n'est pas pour toi.
C'est pour acheter des pendentifs en corail.
Tu sais ce que tu peux faire ?
Achête le complet.
Le collier, les bracelets...
Et bien quoi ? Tu t'es offensée ?
Il y a un temps pour les vaches grasses
et un temps pour les vaches maigres.
Vous savez ce que je veux dire.
Je m'en souviens très bien
de ton temps.
Tu étais fraiche comme une rose.
Ramène-moi le femme de Santalena.
Je peux garder un corail pour moi ?
De toute façon, je te l'aurais donné.
Mais... Tu peux le garder.
Avec ma permission.
Va-t-en.
Tu as une grande langue.
Comme celle des vipères.
Voudrais-tu m'enchanter ?
Ris, ris. Je te dis seulement ce que je vois et ce que j'entends.
Le "Turc" ne va pas laisser passer ça.
Aucune femme ne resiste au "Turc".
Ninnuzza, Ninnuzza.
L'entremetteuse du "Turc" est venue parler à la négresse.
Le "Turc" veut se la faire.
Pour être belle, tu es belle.
Tu n'es pas faite pour être une servante.
Je ne suis pas une servante.
Ça, c'est à mon mari.
Laisse tomber les culottes de ton mari et regarde ici.
Des coraux de premier choix.
Tu peux les garder.
C'est un cadeau du "Turc".
Dis au "Turc" que je suis la femme de Turi Santalena.
Et que Turi, lui crève le coeur s'il me regarde.
Ne dis pas de bêtise ma fille, le "Turc" est toujours le patron.
Et vu que tu lui plais,
il te demande et il te baise.
Ramène-lui ces trucs.
Et dis-lui de ne pas m'approcher.
Et toi aussi.
Le "Turc" ne te le pardonnera pas.
Hey, donne-moi un cigare.
Pourquoi te balades-tu ainsi ? Couvre-toi !
Couvre-toi.
Et toi ? Pourquoi ne te déshabilles-tu pas ?
Oú vas-tu ?
C'est à moi que tu parles ?
Nous sommes que tous les deux, non ?
On m'a dit que la femme de Turi
Santalena t'a fait perdre la tête.
Mais fais bien attention.
Turi sait utiliser le couteau.
Et peut-être que tu serais contente.
Quelle belle femme que cette négresse.
Elle a deux obus... Mieux que celle-ci.
C'est une femme gâchée pour Turi.
Maudit soit le jour de notre rencontre.
Je n'aurais jamais dû épouser un goujat comme toi.
- Occhiopenti Carmelo. - Occhiopenti Carmelo.
- Macoloso Giovanni. - Macoloso Giovanni.
- Santalena Salvatore. - Santalena Salvatore.
Mais Santalena non.
Vous aviez dit seulement des garçons que nous connaissions bien.
La carrière de chaux est à 40kms. Il faut des gens tranquilles.
Des garçons qui sont de notre côté. Des gens fiables.
Fiables ! Écris, écris.
Ils doivent partir tout de suite. Le travail ne peut pas s'arrêter.
Pas de filles avec eux.
Suis-je clair ?
Monsieur s'explique toujours.
Pouliche sauvage.
Mais c'est moi qui va te mordre.
Ce grand enfoiré de "Turc".
Il en avait tant d'autres à envoyer à la carrière.
Mais en fait, il m'a choisi moi.
Santuzzo dit que je suis un homme fiable.
Mais il doit faire attention.
L'histoire de cette mule était juste un prétexte pour mettre le bordel.
Je te jure que j'aurais aimé être avec eux.
Qu'as-tu ?
Qu'est-ce qui te passe par la tête ?
Cet animal ne doit pas te regarder.
Je n'aurais pas dû t'amener dans un endroit comme celui-ci.
- Qu'est-ce que c'est ? - Un minestrone.
Qui te l'a donné ?
Je me suis faite prêter des pâtes par une femme du village.
Tu ne dois pas te lier à ces femmes.
Elles sont jalouses car tu es belle. Tu ne dois pas, compris ?
Mais pourquoi ? De quoi as-tu peur ?
Comme tu es belle.
Allez, viens manger.
Non, pas maintenant.
Ne pers pas les pédales dans la carrière.
Et fais attention au travail.
Ça peut-être dangereux.
Oui, je ferai attention. Je te le promets.
Je m'attendais à ce qu'ils fassent le barrage.
Les fils de putes ! Ils vont voir maintenant.
Ils crachent dans la soupe.
- La soupe du "Turc" ? - Ne fais pas le malin.
Et occupe-toi de tes affaires.
- Arrête ! - Ils auront leur raison.
Nous on s'en fout.
- On ne travaille pas ici ! - Dégagez !
- On ne passe pas ! - Barrez-vous !
Laissez-nous passer.
Qu'est ce qu'il y a ? Qu'est ce qu'il y a ?
Vous voulez encore mettre le bordel ?
Voilà les remplaçants pour faire votre travail.
J'en ai marre de vos conneries !
Laissez-les parler Don Santuzzo.
Peut-être ont-ils raison ?
Mais qu'est-ce qui te prends dernièrement ?
Occupe-toi de ton cul !
Car c'est moi qui t'a présenté au "Turc" quand tu avais faim et soif.
Et ça veut dire quoi ça ?
Ce sont les bêtes que l'on traite avec le bâton et quatre fêves sêches.
Mais nous ne sommes pas des bêtes !
Tu veux faire une révolution ? Mais qu'est-ce qui te prends ?
- Je vais te casser la gueule ! - C'est moi qui vais te la casser !
Tire !
Je ne peux pas Santuzzo. Il y a aussi nos compagnons.
Tire en l'air !
Tire !
Arrêtez ! Vous êtes tous devenus fous ?!
Allez les gars, pour l'amour de Dieu, mettons un terme à tout cela.
Nous avons déjà perdu trop de temps.
Faisons cela : qui veut venir travailler peut venir.
Qui ne veut pas, ne vient pas.
Allez ! Nous avons perdu trop de temps.
Qui veut venir ? Montez dans le camion.
Il y aura à manger pour tout le monde.
Allez, montez !
Lâches ! Vendus !
Le "Turc" fait bien de nous la mettre !
Nous sommes des chêvres.
Mais que dis-tu ? Des chêvres ?
Remercie Dieu que tu es une chêvre.
Ça serait pire si tu étais un cocu.
Marco, enlève-moi tout ça de la route.
Tu veux que je te donne le bois dont tu as besoin ?
Non merci. J'en ai assez.
Je suis désolé d'avoir envoyé si
loin ton mari dans la carrière de chaux.
Je suis désolé.
Mais ce fût un choix obligatoire.
Il fallait envoyer des hommes fiables.
J'ai été obligé.
J'ai dû virer tous les ouvriers.
Et Turi est un homme fiable ?
Sang de Judas.
Je lui ai donné un travail.
Il aura bien de la gratitude. Non ?
De la gratitude ? Et pourquoi ?
Turi est un bon travailleur.
Tu me plais quand tu te fâches.
Mais je vais te le faire revenir vite, ton mari.
Ça dépend de toi.
Ça dépend de moi ?
Tu me rends fou !
N'es-tu pas fatiguée de bêcher ?
Donne, je vais te donner un coup de main.
Tous les deux. Je suis fatiguée.
Mais peut-être que tu n'es pas venue pour m'aider.
Si. Aussi. Mais je voulais te dire...
Ne dis rien. Je sais déjà tout.
Toutes les filles du coin feraient des follies pour un regard du "Turc".
Mais c'est toi que le "Turc" veut.
Tu peux le manipuler comme ça.
Tu peux devenir la patronne.
Et lui l'esclave.
Le "Turc" est un vrai homme.
Il parle avec les barons et il les fait pisser dans la culotte.
Ils ont essayé de foutre le bordel dans la carrière,
mais il les a fait fuir comme des lapins.
Turi n'est pas un lapin.
Et les autres non plus.
Mais tu as raison.
Il vous manipule comme il veut.
Parce que c'est un patron.
Personne ne peut lui résister.
Et si tu veux, il fera revenir ton mari.
Tu m'en donnes une ?
Elles sont pleines d'épines.
J'aime les choses épineuses.
Alors prends-les.
Turi Santalena est allé à la carrière de chaux ?
J'ai posé une question.
Madame le sait. Pourquoi poser la question ?
Je ne sais rien.
Madame sait tout. Et si vous permettez,
Pardonnez-moi madame.
Toi, Attia, va voir Nunzio le vacher.
Dis-lui que je dois lui parler immédiatement.
Allez !
Á vos ordres madame.
Écoute-moi.
Tu connais bien Turi Santalena ?
Oui madame.
Il travaille maintenant à la carrière de chaux.
Vas-y.
Et dis lui...
Par charité chrétienne,
Ce que fais sa femme.
Mais si après, Turi Santalena...
Après, c'est l'affaire de Dieu.
- Tiens, pour les gamins. - Merci madame.
Soyez bénie.
Hey là-haut ! Turi Santalena !
- Huey ! - Je suis là, Turi !
Qui es-tu ?
Je suis Nunzio.
Nunzio, que fais-tu ici ?
Pour une affaire avec mes bêtes. Et je suis passé te saluer.
Descends !
Viens. Je ne peux pas abandonner mon poste. Monte.
Quelles sont les nouvelles au village ?
J'ai l'impression que ça fait 100 ans que je suis ici.
Tout va bien là-bas ?
Je suis venu te dire certaines choses.
Quoi donc ?
Tu sais ce que l'on dit chez nous :
Les femmes sont comme le chiendent qui mange le blé.
Que veux-tu dire ?
Je suis ton ami depuis toujours, depuis que tu étais gamin.
As-tu oublié ?
Ne tourne pas autour du pot. Dis ce que tu as à dire.
Ta femme a fait un scandale avec le "Turc".
Mais qu'est-ce que tu racontes, Nunzio !
Oh mon Dieu quel malheur ! Quel malheur !
Turi est tombé dans la fourneau...
Les filles, les filles, quel malheur !
- Quoi ? Que se passe-t-il ? - Turi Santalena est mort.
Il est tombé dans la fourneau.
Turi est mort. Turi Santalena.
Turi Santalena est mort. Oui ! Turi Santalena !
C'est Nunzio qui m'a donné la nouvelle.
Pauvre gars.
Les filles, les filles, écoutez-moi.
Nunzio, le vacher, l'a vu de ses propres
yeux tomber dedans, le pauvre gars.
Il était allé le voir pour lui demander de revenir au sujet de son honneur.
Non Linuccia. Ce ne sont pas les paroles de
Nunzio qui l'ont tué mais le sort de sa femme.
C'est ainsi.
Elle a damné le "Turc", nos maris.
Elle doit s'en aller.
Oui, elle doit s'en aller cette sorcière !
C'est toi qui a fait mourir ton mari.
- Dégage sorcière ! - Va-t-en !
Tu as jeté un sort à Turi mais tu ne le feras pas à nos maris.
Va-t-en ! Va-t-en !
Je vous en prie, arrêtez vous !
Sainte Madone.
Qu'as-tu fait ? Tu te caches comme une chêvre sauvage.
Elles te cherchent et si tu n'étais pas sous
la protection du berger de Saint Antoine...
Sois courageuse, tu ne peux pas rester ici.
Ce n'est pas un endroit pour un être humain.
Viens avec moi, viens.
Laisse-moi.
Je ne veux plus retourner au village.
Et qui va te ramener au village ? Il ne faut pas les écouter
Je me fiche de ces gens.
C'est bien. Maintenant tu résonnes parfaitement.
Mais tu ne peux pas rester ici.
Turi était bon et il m'aimait.
Sois courageuse. N'y pense plus.
Mais comment est-il mort ?
- Comment ? - Ne pleure plus.
Personne ne me l'a dit.
Un malheur. Un maudit malheur.
Partir, je veux partir.
Et oú mon enfant ? Oú veux-tu aller ?
Turi est mort et toi tu es vivante.
Et puis le "Turc" t'attend.
Le temps passe et règle toutes les choses.
Viens avec moi.
Le "Turc" tient à toi.
- La voiture est prête. - Bien.
Tu sais ce que tu dois dire au patron s'il me cherche.
Soyez le bienvenu monsieur.
- Comment ça va ? - Bien.
Madame votre mère vous attend dans la voiture.
Salut maman.
Mon fils.
Comment vas-tu maman ? Je trouve que tu vas bien.
Tu m'as fait courir depuis Rome.
Oui courir.
Il a fallu deux télégrammes pour te faire venir.
J'avais des choses à régler.
Et puis ça ne semblait pas si urgent.
Il ne s'agissait pas de maladie.
Je peux rester seulement deux jours.
Tu es venu seulement pour deux jours ?
Maman, mais que se passe-t-il ?
Arrête ! Arrête-toi ici.
- Reste ici, je veux marcher un peu. - Bien madame.
- Alors ? - Michelino, c'est grave.
Ton père est dans une mauvaise situation.
Les ouvriers font des choses bizarres et il ne sait pas régler la question.
Ou bien il fait tout de travers.
- Oui mais... - Voilà pourquoi je t'ai fait venir.
Maman, ne tourne pas autour du pot.
Papa a toujours eu une poigne de fer au travail.
Et les ouvriers se sont toujours plaints.
Courage, dis-moi la vérité.
Vu que tu m'as fait venir de Rome...
Ton père a mis dans une de nos maisonnettes, la femme d'un étranger.
Une femme noire !
Mais que dis-tu maman ? Une femme noire ?
Et oú l'a-t-il trouvée ?
Laisse tomber. Ce sont des ragots.
Des ragots de femmes.
Non, ce ne sont pas des ragots.
Elle était la femme d'un certain Turi Santalena.
Il était venu d'Afrique. C'est Santuzzo qui nous l'a ramené.
Ici ?
Le muet est arrivé.
Ton âme damnée.
Il est très nerveux.
Bha, encore des problèmes là-bas.
Dans la carrière de chaux.
Pourquoi ne veux-tu pas parler avec les ouvriers ?
Et pourquoi ne t'occupes-tu pas de tes affaires,
Et penser à te faire foutre ?
Puis-je entrer ?
Que veut cette fille de pute ? Entre, entre !
Votre fils vient d'arriver de Rome.
Par le sang de Judas, que s'est-il passé ?
Est-il malade ?
Le muet a apporté la nouvelle.
Et avec lui, on ne peut pas discuter.
Il m'a juste fait comprendre qu'il arrivait.
Mais ça fait longtemps que tu ne vois plus ton fils ?
De quoi je me mêle ? Et ne parle plus de mon fils.
Dégage-toi !
Faisons une grande fête, mon fils est ici.
Toi, prends une bouteille, une de la
réserve de mon beau-père, le baron.
- Tout de suite. - Non non...
Je vais aller chercher ce vin pour mon fils.
Á ton grand-père, je lui ai pris pour quatre sous sa précieuse fille
Tout comme je fis pour la maison et les minières.
Tu ne changeras jamais.
Aller, va voir ta mère.
Elle ne vient pas de la réserve mais ça ira.
Maman.
Tes préoccupations me semblent excessives.
Papa est toujours le même.
Attends Michelino, attends.
Parle-le-lui de la fille noire.
Le revoilà à la maison.
C'est la boisson des Dieux celle-là.
Soyons joyeux mon fils. Trinquons.
Et puis tu me diras le pourquoi de ta visite.
Pour de l'argent, hein ?
Elles coutent chères les filles de la ville.
Santé.
Alors ? Pourquoi es-tu venu à l'improviste ?
- C'est maman qui m'a appelé. - Maman ? Et pourquoi ?
Elle est malade et elle veut rien me dire ?
Non. C'est le vice des femmes : la jalousie.
- Tu es un mari difficle. - Que veux-tu dire ?
Tu sais bien... Tu aimes les femmes. Á moi aussi d'ailleurs.
Maman a toujours fait semblant de ne rien
voir mais cette fois, elle l'a mal prise.
Non. Ta mère ne peut pas se lamenter.
Elle a des serviteurs, elle commande...
Je ne lui fais manquer de rien.
Á Rome, il y a tant d'autres choses.
Mais ici, à part la puanteur du souffre et les ennuis,
Il ne reste que les femmes.
Qu'est-ce que ça veut dire que les ouvriers font des choses bizarres ?
Ta mère t'a dit ça aussi ?!
Elle me l'a sous-entendu.
Bon, je m'en vais.
Fais-moi savoir combien d'argent tu as besoin.
Oú vas-tu ?
J'ai encore beaucoup de chose à faire.
Tu vois bien. Il va voir la fille noire.
C'est tous les jours la même chose.
Il reviendra demain manger car tu es là.
Ne t'en fais pas. Ça lui passera.
Demain j'irai à la minière et je lui parlerai clairement.
Mais il ne va pas à la minière.
Il n'y va presque plus.
Tout est dans les mains de Santuzzo.
Sois tranquille maman. Je suis là maintenant.
Tu sais, avec les sous que tu m'as envoyé,
je me suis acheté une moto.
Les 7 merveilles.
Quand j'arrive à l'université, tout le monde me la regarde.
Et le mois prochain, je veux changer de maison.
- Regardez, le fils du "Turc" arrive. - Et alors ? Que veux-tu faire ?
Je vais lui parler tout de suite !
Non, laisse tomber.
Non, je dois lui dire comment vont les choses.
- Oui, c'est mieux ainsi. - Monsieur ! Monsieur !
Je dois vous dire de vous méfier de la négresse.
Elle a ensorcelé Santalena et le patron.
C'est une sorcière !
Elle a ensorcelé le patron.
- Bas les pattes ! - Et ça sera bientôt votre tour.
Êtes-vous folles ?
Mais que dites-vous ?
Il faut la chasser !
Monsieur, vous devez nous libérer de la négresse !
Faites attention de ne pas mourir comme Turi Santalena.
Informez-vous à la minière. Tout le monde sait comment il est mort.
Tu ne me reconnais pas ? Pousse-toi de là !
Comment ça non ?
Pousse-toi de là, imbécile !
Fais attention taré ou tu me le paieras.
Mais es-tu fou ?
Mais que se passe-t-il ?
Qui est-ce ?
C'est le fils du "Turc" et le muet te protège à coup de fusil.
Je te ferai prendre à coup de pieds au cul.
Nous faisons ici la fusion du matériel que nous récupérons du puit.
Pourquoi utiliser encore ces systèmes archaïques ?
Il y a de nouvelles méthodes, de nouvelles machines.
Don Michelino, du moment que les bras ne coutent que
700 lires par jour, on se fout des nouvelles machines.
Voici l'entrée du puit numéro 5.
Ah, je veux y jeter un oeil.
Comment, maintenant ?
Habillé ainsi ?
Changez au moins le pantalon, les chaussures.
Non. Je préfère y aller tout de suite.
Don Michelino, je n'en peux plus.
Nous avons visité, marché pendant des heures.
Maintenant ça suffit. Vous avez tout vu.
- Maintenant je m'en vais. - Oui, vas-y.
- Je vais continuer tout seul. - Je vous attends dehors.
- Oú est la galerie d'avancement ? - Par là monsieur. - Merci.
Bonjour.
Bonjour monsieur.
- C'est qui celui-là ? - Le fils du "Turc".
C'est sa mère qui l'a fait venir.
Nunzio, le vacher, l'a dit.
C'est à Rome qu'il habite.
Peut-être.
Mais maintenant, il est ici.
Il va y avoir du grabuge si le fils veut se mêler
des affaires du père avec la femme de Turi.
Quelle soit maudite.
Je donnerais mon âme pour la baiser.
- Bonjour monsieur. - Salut.
Vous ne vous souvenez plus de moi, Don Michelino.
Mais je vous ai connu enfant.
Non, je ne me souviens pas.
Ça fait 30 ans que je travaille pour votre père.
Mais dis-moi au fait...
J'ai entendu parler d'un malheur dans la carrière de chaux.
Un certain Santalena.
Tu sais quelque chose ?
Pauvre Turi. Peut-être a-t-il eu un malaise.
Un malheur peut toujours arriver.
Mieux vaut ne pas faire trop de demande.
Les femmes des mineurs m'ont presque agressé.
Je n'ai pas bien compris mais je crois qu'elles accusaient sa femme.
Les femmes sont des femmes.
Elles sont jalouses comme des chêvres folles.
La femme du pauvre Turi est noire. Très belle.
Vous me comprenez monsieur.
J'ai entendu parler aussi d'un mécontentement.
Que puis-je vous dire ?
Je suis vieux désormais.
Mais les jeunes sont des têtes brulées.
Evidemment, c'est dur ici.
Je ne pensais pas que c'était comme ça.
Le travail dans les mines est toujours dur.
Mais ce n'est pas juste.
C'est une vie de chien.
Il faut faire quelque chose.
Et quoi donc ?
Comment t'appelles-tu ?
Un nom comme un autre.
Celui que vous voulez.
Et ainsi, il a dit qu'il ne fallait rien dire, que c'était dangereux.
Mais il a insisté et il a dit qu'il voulait te parler.
Il ne veut rien me dire d'autre.
Mais bon, si tu veux lui parler.
on peut toujours s'arranger.
Dis-lui que je le verrai. Arrange-toi pour lui dire
Arrange-toi...
C'est ton art de tisser les intrigues.
Je risque d'être chassée si le patron l'apprend,
Et tu me traites ainsi.
D'accord. Fais-le venir cette nuit.
Cette nuit ?
Et le "Turc" ?
C'est ton problème d'y penser, non ?
Libère-moi pour une fois du "Turc".
Peut-être que son fils a des choses importantes à me dire.
Il doit avoir un grand courage pour se dresser contre lui.
Si c'était vrai.
Aurais-tu le courage de te dresser contre le "Turc" ?
Le courage ?
Qu'est-ce que cela signifie ?
Peut-être défier le fusil du muet ?
Mais non. Je partirai d'ici.
Je ne résiste plus à cet endroit.
Ou penses-tu que je suis une femme heureuse ?
Et oú veux-tu aller ma fille ?
Le "Turc" ne te fait manquer de rien.
Tu ne peux pas comprendre.
Mets de l'ordre au lieu de parler autant.
Cet imbécile armé du fusil était à deux doigts de me tuer à la maisonnette.
Ça veut dire quoi ?
Ça veut dire que personne ne doit s'approcher.
Pourquoi ?
Parce que c'est mon ordre.
Et ça me concerne aussi ?
Michelino.
Tu as toujours été un fils respectueux.
Pour cette raison, tu dois toujours le rester.
Et tu ne dois pas te mêler de mes affaires.
C'est moi qui donne encore les ordres ici.
Au fait, on m'a dit que tu poses des questions bizarres.
Je veux seulement comprendre.
La vie en ville m'a fait oublier beaucoup de choses.
Et puis...
Un jour, tu seras le patron ici.
Mais moi, je suis né vacher et je connais ces gens.
Cette femme rend folle ma mère.
C'est ma mère, ne l'oublie pas.
Écoute-moi bien...
N'oublie pas tout ce que je t'ai dit.
Et surtout, ne te mélange pas avec les ouvriers.
Et cette femme ne regarde que moi.
J'ai dû trouver un moyen d'éloigner le muet. Ce fut difficile.
Encore un peu et ce taré me tuait.
Par ici, vite.
Vous pouvez entrer, il n'y a pas de danger.
Je t'attendais.
Viens.
Tu voulais me voir.
Pourquoi ?
Je serai clair.
Tu dois partir.
Je te donnerai tout ce que tu veux.
Mais tu dois partir.
Tu ne dois plus voir mon père.
Pourquoi ?
Quand mon père ne voudra plus te voir, il te chassera comme une putain.
Je ne te permets pas de me dire cela.
C'est toi qui ne peut rien te permettre
Vu que de toute façon,
tu es surveillée pire que dans une prison.
Je partirai quand je voudrai.
Et oú ?
Comment ? Avec quel argent ?
C'est ça ta prison.
Tu as voulu venir.
Mais nous n'avons rien à nous dire.
Va-t-en.
Le chargement pour Don Arricato est prêt.
Le camion peut partir.
Don Michelino. Que Dieu vous bénisse.
Pourquoi ces chargements n'ont pas été enregistrés ?
C'est une livraison que je dois faire personnellement.
Avez-vous besoin de quelque chose ?
Puis-je vous être utile ?
Á qui doivent-ils être livrés ?
Le patron a dit que vous ne resterez pas longtemps ici.
On doit bien vivre à Rome. Pas vrai Michelino ?
Donne-moi ce registre.
Oui, on vit bien à Rome.
Mais pour l'instant, je n'ai pas l'intention d'y retourner.
Laisse tomber Michelino.
C'est Santuzzo qui gère les comptes des livraisons.
Monsieur, vous savez que ce sont mes livraisons.
Pour de petits entrepreneurs.
Vous le savez.
Personne ne t'a rien dit.
Va plutôt donner un coup de main pour le chargement.
Je veux parler à mon fils.
D'accord.
Alors ? Quand as-tu décidé de partir ?
Je ne pars pas.
Et que veux-tu faire ici ?
Santuzzo vole tout ce qu'il veut et tu le laisses faire, pourquoi ?
La différence entre nous deux Michelino
Et que tu vois les choses que d'un côté seulement
Alors que moi je sais quand il faut
être ferme et quand il faut lâcher du lest.
As-tu du feu ?
Non ? Ce n'est pas grave.
Tu vois Michelino,
Un homme comme moi a toujours
besoin de quelqu'un qui lui vient en aide
Et Santuzzo, qui s'occupe de ses affaires,
m'enlève les épines du pied. Compris ?
Oui, j'ai compris qu'il t'est utile ce fourbe.
De toute façon, ce ne sont pas mes affaires.
Ça me plaît comme ça.
Pense à toutes ces femmes qui t'attendent à Rome.
Á ton âge, qui sait ce que j'aurais fait si j'avais habité en ville.
Á la maison, j'ai demandé de te préparer un diner comme tu aimes.
Qu'en dis-tu, hein ?
Les femmes à Rome peuvent attendre.
Papa, ma décision est de ne pas partir.
Je n'ai pas changé d'avis.
Tu es mon fils : Tête dure et brulée.
Si tu veux t'occuper des mines, j'en suis content.
Tout ça, c'est à toi.
On se voit à la maison.
Mon père s'est couché ?
Votre père s'est couché juste avant que
vous vous êtes retiré dans votre chambre.
La patronne en a peu bu, et vous aussi monsieur.
Mais le patron... Et bien on le sait bien.
Le vieux vin fait tourner la tête.
La fête en famille est bien longue.
Et le "Turc" ne viendra pas cette nuit.
Mais pourquoi cela te dérange-t-il ?
Je vais à la carrière abandonnée et je reviens.
N'aie pas peur.
Bien sûr que tu reviens. Oú pourrais-tu aller ?
- Vas-y, vas-y. - Merci.
Je vais y penser moi à ce cochon.
Sainte Vierge, le "Turc" est là.
Et l'autre qui n'est pas revenue.
Don Michelino, vous m'avez fait peur. Je vous ai pris pour votre père.
- Doucement, le muet dort. - Oui, je l'ai vu.
La prochaine fois que vous viendrez, faites-le-moi savoir avant.
Que faites-vous ici à cette heure de la nuit ?
Je n'arrivais pas à dormir et...
Debra aussi n'a pas réussi à dormir.
Elle est partie à la carrière abandonnée.
Vous y alliez souvent quand vous étiez petit,
Vous vous en souvenez ?
J'étais jeune moi aussi à cette époque.
Vous n'aviez pas beaucoup de sympathie pour moi.
Vous m'envoyiez des cailloux quand vous me voyiez.
Monsieur, je suis fatiguée et si Debra ne
revient pas, je ne peux pas me coucher.
Pourquoi ne me faites-vous pas le plaisir d'aller la chercher ?
- Qui ta dit que j'étais ici ? - Rosalia.
Tu es venu à la maisonnette car tu savais que ton père n'y était pas.
Oui. Je ne veux pas te créer de problème.
Ne te préoccupe pas de moi.
Aimais-tu ton mari ?
C'était un bon mari.
Mais qu'est-ce que ça peut bien te faire ?
Que veux-tu ?
Qu'es-tu venu faire ici ?
Dis la vérité Michele.
Je ne sais plus pourquoi je suis ici.
Parce que tu me veux.
Comme me veut ton père.
Comme vous me voulez tous.
Vous êtes tous pareils.
Non ce n'est pas vrai.
Non, laisse-moi.
Excuse-moi.
Maman.
Que fais-tu debout à cette heure ?
- Il est très tard. - Et toi, d'oú viens-tu ?
- J'étais... - Oui...
Je sais d'oú tu viens.
Michelino, que se passe-t-il ? Que se passe-t-il ?
Maman, c'est toi qui m'a appelé à Rome.
Et moi, je cherche de...
Tu me donnes l'idée que je n'ai plus rien à voir.
Mon fils, je te lis dans l'âme.
Le fait est que...
En plus... En plus de cette femme,
Il y a ce que j'ai vu à la Solfatara.
Et le malheur de ce Santalena.
Ne dis pas de bêtise.
Tu as toujours su que ton père est un homme dur au travail.
Mais le malheur fut un malheur.
Cependant, ton père n'a pas toujours été ainsi.
Tu aurais dû l'entendre quand il criait dans tout le village,
"J'ai un fils qui vient de naître !"
Et à moi, il m'a offert des colliers d'or et des coraux.
J'étais une femme heureuse à cette époque.
Écoute-moi Michelino.
Peut-être que j'ai mal fait de te faire venir ici.
En ce qui concerne ton père, je vais m'en occuper.
Et puis,
ça n'a plus beaucoup d'importance.
Tu vois,
La vie
est faite morceau par morceau.
Je ne sais pas bien m'expliquer.
Mais tu me comprends tout de même, hein ?
Un morceau est bon
Et un autre est mauvais.
Mais pourquoi êtes-vous tous aussi résignés sur cette terre ?
Parce que c'est ainsi depuis que le monde est monde.
Tu as vécu trop longtemps en ville, tu n'es plus comme nous.
Ici, tout est immobile.
Ce n'est pas immobile. Ça marche mal.
Écoute-moi,
Mon fils.
Notre terre est faite ainsi.
Mais peut-être que tu ne la comprends plus.
- Oui mais... - Laisse-moi finir.
Il y aura toujours un Turi Santalena qui mourra et chercher
à comprendre s'il s'agit d'un malheur ou non est erroné.
Il y aura toujours des hommes qui mangeront du pain et du souffre.
Et des hommes comme ton père.
Qui courent derrière des femmes effrontées.
Non. Des femmes sans défense.
Bonne nuit Michelino.
- Maman, je voulais te dire... - Tais-toi. C'est mieux.
Les sangsues qui devaient sucer
le sang mauvais n'ont rien fait.
Ni même les potions de feuilles d'oranges amers.
Et la semoule bouillie non plus.
Le petite a le venin ici. Il suffirait d'une goutte d'huile chaude.
Personne ne touche plus ma petite.
Nous savons toutes ce qu'elle a.
J'ai déjà contacté le prête à la carrière de chaux.
C'est la négresse qui a jeté un sort à ma fille.
Je ne veux pas entendre ces choses-là.
Elle a jeté un sort à tous nos enfants.
Car elle est brulée par le pêché et que la Madone ne lui donne pas d'enfant.
Folles ! Vous êtes folles !
J'ai vais lui faire voir maintenant !
Les filles, les filles ! Regardez ! Nunzia va faire une conjuration !
Les sorcières font mourir nos enfants.
Venez, venez !
Les flammes de l'enfer !
Folles ! Vous êtes folles !
Don Michelino. Cinq familles sont restées sans maison.
Le diable lui même soufflait sur le feu !
Ils se sont arrêtés. Ils ne veulent plus travailler.
Les maisons seront reconstruites.
Oui mais si votre père ne s'en soucie pas...
Bonjour monsieur.
Ce sont des bêtes. Des bêtes !
Écoute papa, il faut tenter de les calmer.
Pour moi, ils peuvent rester le cul à l'air.
S'ils ne sont pas d'accord, Qu'ils aillent dormir dans les grottes.
Mais les ouvriers ont raison. Cinq familles sont sans maison.
Ce n'est pas moi qui les aie brulées.
Et ne t'en mêle pas. Je sais comment les traiter.
Retourne à Rome Michelino. C'est mieux.
Ce n'est pas un endroit pour toi ici.
Qui t'a dit d'abandonner ton poste ?
Que veux-tu me dire, par le sang de Judas ?
Ils n'ont pas signé le contrat, ces ordures de Palerme ?!
- Santuzzo ! - Á vos ordres.
Le contrat avec les acheteurs de Palerme a sauté.
Les médiateurs de Catane sont à Pietraperzia.
Nous devons parler avec eux ce soir.
Par le sang de Judas ! Allons-y !
- Allez, laissez-moi passer. - Nous ne retournerons pas travailler.
Toi ! Va me préparer la voiture.
Salut.
Mais tu es fou ? Et si ton père te voyait ?
Debra, tu dois partir d'ici. Tout de suite.
Ne t'occupe pas de moi.
C'est dangereux.
Je partirai quand Dieu le voudra.
- Non. - Mais tu es plus en danger que moi.
Je t'en prie, retourne à Rome.
Á Rome ? Saint Christ !
Toi aussi tu veux que je parte ?
Tout le monde veux que je pars, pourquoi ?
Ce n'est pas un endroit pour toi.
Tu dois partir.
- C'est aussi ma terre. - Mais ton monde en est un autre.
Je t'en prie, va-t-en.
- Ton père... - Mon père ne viendra pas.
Et comment le sais-tu ?
Va-t-en, je t'en prie.
Il arrive.
Monsieur ! Le "Turc" ! Le "Turc" va tous nous tuer !
Et lâche-moi ! Lâche-moi !
Dis-lui qu'il va tous nous tuer.
S'il te trouve il va me tuer.
Je t'en prie Michele, ne te dresse pas contre ton père.
Ça ne résoudrait rien.
Viens.
Qu'est-ce qui se passe ?
Il est tard. J'allais au lit.
Je t'avais dit que je serais venu ce soir.
Et toi va-t-en. Laisse-nous tranquille.
Quelqu'un a vu mon fils
qui venait par ici.
Tu as entendu ce que je t'ai dit ?
Ton fils, je ne l'ai jamais vu.
Combien de temps crois-tu que je puisse rester encore ici ?
Ou crois-tu vraiment que ce chien de garde
que tu as mis dehors me fait si peur ?
Si mon fils t'approche, je le tue !
Je le tue !
Lâche-moi, tu me fais mal !
Lâche-moi s'il te plaît, tu me fais mal.
Tais-toi !
- Tu me fais mal. - Belle.. Belle, belle...
Tu me rends fou !
Si je ne t'avais pas aidé, tu serais morte de faim.
Donc tu es à moi !
Ils ont brulé ta maison. Tu ne peux plus retourner au village !
Tu es à moi. Tu ne peux pas partir d'ici.
Je me sens mal.
Debra, je ne peux vivre sans toi.
Je... Je renonce à tout pour toi.
Quelle femme que tu es, quelle femme !
Belle...
Je te donnerai tout, tout !
Ils me diront que tu es un sorcière, que mon âme est damnée.
Je ne te laisse pas, je ne te laisse pas partir.
Belle...
Emmène-moi loin d'ici. Je t'en prie. Emmène-moi loin d'ici.
Oui.
Oui, sois tranquille.
Je vais t'emmener à la carrière abandonnée.
Là, tu y seras en sûreté.
Viens.
Ici, tu n'as rien à craindre.
Ne me laisse pas, j'ai peur.
Non mon amour, non. Je ne te laisse pas.
Il fait froid.
Mais toi, tu ne me demandes jamais rien.
Tu ne veux jamais rien savoir de moi, pourquoi ?
Et pourquoi donc ?
- Parce que j'ai accepté... - Je t'en prie, ne dis rien.
Je dois tout te dire.
Au fond, j'avais accepté cette vie.
Voilà mon pêché.
Ton père m'avait fascinée.
Par sa dureté, par sa richesse.
Mais ce n'était pas seulement à cause de cela.
Et pas seulement à cause de la mort de Turi.
Mais parce que j'étais seule.
Et je ne savais pas oú aller.
Et ton père fut le seul à m'aider.
Non Debra, arrête.
Je ne veux rien savoir.
Et pourtant tu devras m'écouter jusqu'au bout.
Je t'aime.
Et tu dois tout savoir.
Je sais tout, tout !
Mais nous nous aimons. Et c'est la seule chose qui compte.
J'ai toujours connu la pauvreté.
Mais j'étais heureuse dans mon pays.
Pourquoi as-tu épousé Turi ?
Il me parlait de sa terre comme d'une chose divine.
Il me parlait d'amour.
Avec des mots gentils, doux.
Et quand il brulait de passion,
Les paroles se mélangeaient sur ses lèvres.
Alors il se mettait à rire,
Et il me couvrait de baisers.
Il aimait vivre.
Et ici, vous n'avez trouvé que de la misère.
Et de la poussière de souffre qui brule vos poumons.
Nous avons cherché partout
Mais c'est seulement ici qu'il a trouvé du travail.
Tu veux rester ici, pas vrai ?
Pour aider ton peuple.
Je le voulais. Tu as raison. Je le voulais.
Mais plus maintenant.
Les gens d'ici t'ont fait trop de mal.
Debra.
Nous partirons. Nous partirons pour toujours.
Et tu oublieras.
Tu dois oublier.
Tout.
Fils de pute. Elle s'est échappée sous tes yeux !
Mais je vais la tuer !
Oú est-elle ? Oú est-elle allée ?
Ordure, bâtard !
Oú étais-tu pendant ta garde ?
Oú, hein ? Je vais te le dire.
Á boire, tiens !
Tiens ! Et à bouffer ! Á bouffer ! Á bouffer !
Lêve-toi ! Lêve-toi ! Lêve-toi, lâche !
Tiens lâche ! Tiens !
Oú est Rosalia ? Oú est-elle ?
Rosalia, oú est-elle ?
Rosalia, putain !
Madame, vous devez m'écouter. C'est la sorcière.
Je ne veux rien entendre de toi.
Á cause de toi et de cette négresse, j'ai perdu mon mari.
Madame, vous pouvez dire ce que vous voulez.
Je vous comprends.
Je veux parler seule avec la patronne. Dehors, dehors !
Vous devez m'écouter, par pitié.
Et alors parle !
C'est un grand malheur madame.
Quand un père et un fils se chassent comme de féroces animaux.
Je t'ai dit de parler, Et non de tourner au tour du pot.
Alors parle !
Votre fils a pris avec lui la fille, et le "Turc",
Le patron la cherche comme un fou.
Il la cherche comme un taureau en furie.
Il a pratiquement tué le muet.
Il a tout cassé dans la maisonnette.
Et avec ses dents, il a déchiré tout les vêtements de la fille.
Il veut manger le coeur de son fils.
Dis-moi oú mon fils l'a emmenée.
Dans la carrière de pierres abandonnée.
Il l'a cachée dans le cabanon.
Rosalia, que se passe-t-il ?
Le fils du "Turc" a caché la négresse dans la carrière abandonnée. Compris ?
Allons-y !
Elle aussi est une fille de Dieu. Arrêtez-vous. Arrêtez-vous !
Á mort ! Elle a jeté un sort à nos maris.
Vous avez vu que j'avais raison. Elle va chercher son fils.
Tu es la chair de ma chair mais tu me trahis comme Judas. Christ !
Je te voudrais mort car c'est seulement mort
que je pourrais penser à toi comme fils.
Tu es vivant.
Jeune. Le sang en ébullition.
Et tu cours après les filles, tu profites de celle qui est à moi !
N'essaie pas de me frapper !
Et ne me fais pas oublier que tu es mon père.
Debra...
Ne mentionne pas son nom, c'est ma chair !
Debra est une femme, pas une bête !
Je l'emmène avec moi, tu ne la verras plus.
Il faudra me tuer d'abord.
La patronne va dans la carrière abandonnée.
Chez la femme noire !
Courez, venez !
Hey, oú allez-vous ? Revenez !
Arrêtez ! Vous êtes tous devenus fous ?!
Mais que se passe-t-il ?
Mais oú vont-ils ? Le sais-tu ?
Tu le sais ?!
Que se passe-t-il dehors, Rosalia ?
Mon Dieu, qu'ai-je fait ? Mon Dieu !
Rosalia. Que s'est-il passé ? Parle !
Votre mère est allée à la carrière.
Saint Christ !
Debra Santalena !
Debra Santalena.
Que Dieu te punisse pour tes pêchés.
Tu es venue de ta terre pour nous apporter malheurs et maléfices.
Et le déshonneur dans ma maison.
Maudite sorcière !
Que Dieu te maudit.
Tu dois mourir, sorcière !
Sorcière, sorcière !
Reprends ton maléfice.
Ça suffit, ça suffit...
Les hommes arrivent. Nos maris arrivent.
Sainte Madone, Le petit patron arrive.
Arrêtez ! Arrêtez !
Soyez maudites, maudites !
Mais pourquoi ?
Sainte Madone, qu'avons-nous fait ? Qu'avons-nous fait ?
Traduit par un passant Décembre 2016
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