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TERRA FILMKUNST PR�SENTE
L'�POP�E DU CERVIN PAR LUIS TRENKER
LE D�FI
Sc�nario: (adapt� du roman de Carl Haensel)
Musique:
Cam�ra:
D�cors:
Producteur:
Enregistr� par Tobis-Klangfilm et Geyer-Kopie
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Direction:
Non, je ne le vois pas. Il n'est pas l�.
Il est peut-�tre au col du Lion. - Oui.
L� non plus. Personne.
Si je peux regarder, je suis s�re de le trouver.
Je vous en prie, mademoiselle. - Merci!
Il y a quelqu'un sur le glacier.
C'est lui!
Tonio!
Tonio!
H�, Luc!
H�, Luc!
Tonio!
Enfin, tu es l�!
Mais oui, je suis l�. Partons.
Qu'est-ce que tu as l�-dedans.
Des cordes... de Zermatt.
�a? Des cordes?
Du tabac suisse. Je ne t'ai pas d�j� interdit la contrebande?
Je ne le ferai plus, jur�.
Cette fois tiens-toi � carreau.
Allez! On part.
Il se donne de grands airs ce Carrel
mais il ne fait que brasser de l'air.
Il n'est pas tr�s bien vu votre c�l�bre Carrel.
Il est mal vu, parce qu'il est diff�rent.
En effet.
S'il part, personne ne le regrettera.
Ah moi, j'en connais une qui en ferait une maladie.
Pas vrai, Favre?
Si vous parlez de ma fille, laissez-l�...
Mais enfin! Tu le laisses venir, boire � cr�dit et fr�quenter ta fille.
C'est quelqu'un qui n'a rien � faire avec des gens comme il faut.
Il faut le mettre dehors. C'est tout!
Bonjour.
Nous voil�! - Dieu merci! Nous �tions inquiets.
Un quart, comme d'habitude.
Encore de la contrebande?
Qu'est-ce que je vais dire � F�licit�, si elle voit le sac?
Dis-lui que c'est � Antoine!
Il a un peu l'air d'un bandit.
Alors, tu as oubli� mon vin, Favre?
Paie d'abord.
Alors Carrel, la Becca t'a encore rejet� comme un malpropre?
Dix ans qu'il y va, mais au sommet il n'y arrive pas.
Qui est-ce qui s'obstine � foncer contre un mur?
Un fou furieux!
Non, laisse ces cr�tins.
Non messieurs, vous vous trompez.
Carrel n'est pas fou si il veut atteindre le sommet.
Nous, nous voulons aussi y aller.
Vous voulez prendre un verre avec nous, Carrel?
Je ne dis pas non.
Cela fait longtemps que vous cherchez � ouvrir une voie au Cervin?
Une voie? Non. Ce n'est pas ce que je cherche.
Mais je veux aller au sommet. Et j'y arriverai!
Viendriez-vous avec nous, comme guide?
Sur un autre sommet volontiers mais sur le Cervin non.
Pourquoi non?
Je dois d'abord y aller moi-m�me.
Sinon je ne peux pas prendre le risque d'y emmener des clients.
Vous n'avez pas peur que les guides suisses vous devancent?
Regardez. �a, c'est le Cervin, sur la fronti�re entre l'Italie et la Suisse.
Ici, Zermatt, avec la face nord, qui est suisse.
Ici, Breuil, avec la paroi sud, qui est � nous.
Il y aura toujours une comp�tition des deux c�t�s.
Mais si je vois un Suisse de mon c�t�, je l'�jecte de la face!
Ainsi que tous les �trangers!
Vous �tes vraiment un type dangereux vous!
Et je le suis!
Au Cervin, personne n'y arrivera avant moi!
Bonsoir F�licit�.
Tu es enfin venu me dire bonjour.
Tu sais que ton p�re n'aime pas nous voir ensemble.
Et �a t'�tonne?
Regarde-toi. On dirait un vagabond.
Je ne te plais pas?
Quelle importance?
Qu'est-ce que tu as? Qu'est-ce que tu cherches l�-haut?
Ce n'est qu'un d�sert.
Rien de rien, seulement neige et glace.
Je ne te comprends pas.
Ici dans la vall�e tout est beau et vert!
Et on a tout ce que l'on peut d�sirer. Pourquoi tu ne restes pas avec nous?
Cela viendra, quand j'aurai atteint mon but.
Il va finir par t'arriver malheur. Et tu fais de la contrebande en plus!
De la contrebande?
Mais oui, tu ne vois pas ton sac?
Luc m'a dit que tu fais de la contrebande.
Luc? - Oui.
Qu'est-ce que vous lui voulez � Antoine?
Sachez que c'est mon ami.
Qu'est-ce qui te prend?
Au lieu de jeter mes clients dehors,
c'est toi qui devrait faire attention � ne pas te faire jeter en prison!
En prison? Pourquoi?
Le pourquoi, tu le sais tr�s bien!
Remercie dieu que tu es le p�re de F�licit�...
Sinon?
Antoine rentre � la maison. Ta m�re t'attend depuis longtemps.
Oui, F�licit�. J'y vais.
Bonne nuit.
Ah, on se fait attendre! Maintenant, je fais place nette.
Salut maman.
Que fais-tu?
Je range tout ton �quipement.
Et j'irai le vendre demain au chiffonnier.
Maman, quelle id�e!
Sans mes affaires, je ne pourrai plus aller dire bonjour � la Becca.
Tu trouves �a amusant! Mais quand tu pars, je suis inqui�te.
Mais non, la montagne n'est pas si m�chante. Il faut la conna�tre.
Regarde dans quel �tat tu es, enl�ve ta veste.
Ah oui! Elle s'est d�chir�e sur un rocher.
Mais ces choses-l� sont faites pour �tre us�es, non?
Du moment que ce n'est que la veste,
je peux le r�parer.
Mais si �a arrive � toi. Qu'est-ce que je fais moi?
Sois tranquille. �a ne risque pas de m'arriver.
Tu oublies comment ils m'ont rapport� ton p�re ce jour-l�.
Tu�.
Par la montagne.
On ne peut pas comparer. C'�tait il y a d'autres temps.
Je te dis que depuis le monde existe, cette montagne a fait bien du mal.
Que cherchez-vous ici? - La voie vers le sommet.
Vous voulez aller au sommet? - Oui.
Alors renoncez.
Vous �tes Jean-Antoine Carrel de Breuil? - En effet.
Si vous connaissez mon nom, vous savez qu'il vaut mieux redescendre.
Je n'en ai pas l'intention.
Au contraire, je propose de trouver un endroit pour en discuter.
Alors descendez sur ce plateau.
Il n'y a pas un endroit plus haut?
Je vous ai dit de descendre!
D'accord, comme vous voulez.
Voil�, asseyez-vous.
Vous vous croyez chez vous ici.
En effet. Je connais bien cet endroit.
Avec Tyndall, nous avons si souvent parl� de vous et de cette montagne.
Ah, vous connaissez Tyndall? - Oui.
Lui aussi voulait faire l'ascension.
Nous sommes arriv�s � 4 200 m.
Et seul, vous �tes arriv� jusqu'o�? - Je ne sais pas.
Je n'ai pas d'instrument de mesure.
Mais je crois que j'ai grav� mon nom 150 m plus haut.
Carrel. Voulez-vous faire l'ascension avec moi?
Non.
Ensemble non. Je veux arriver en premier et seul.
Mais si je vous devan�ais?
Tyndall m'a si bien d�crit l'itin�raire, que je peux le retrouver tout seul.
Mais depuis l'ar�te Tyndall, le sommet est encore loin.
Je pourrais y arriver sans vous.
Dites-moi. On peut savoir qui vous �tes?
Edward Whymper de Londres.
Ah, vous �tes Whymper?
Vous �tiez avec Croz au Mont-Blanc? - Exactement.
Mais ce sommet est beaucoup plus dur.
J'aimerais vous engager comme guide, Carrel.
Et nous pourrions encore faire une tentative aujourd'hui.
Bon d'accord. Avec vous je n'ai pas vraiment le choix.
Voil�, vous pouvez monter.
Allez, courage!
Aie!
Avec Tyndall, je suis arriv� jusqu'ici. - Et vous �tes rentr� avec lui?
Oui. - Pourquoi?
Aller plus haut est impossible. La paroi est lisse.
Mais vous �tes all� plus haut une fois.
Qui? Moi? - Oui.
Non, vous vous trompez.
Mais vous avez dit que vous avez grav� votre nom 150 m plus haut
que celui de Tyndall.
Oui. Mais de l'autre c�t�.
Et m�me l�-bas, c'est impossible.
Alors pourquoi m'emmener ici?
Parce depuis ici...
Allez Carrel, en avant! Je veux continuer.
Bon d'accord.
Ici, on ne passe pas.
Essayez encore, on ne peut pas rentrer maintenant!
Bon d'accord, essayons.
� droite! Mais vous ne voyez pas? Plus � droite!
Je n'y arrive pas.
Mais vous devez passer! Il n'y a que quelques m�tres!
Rien � faire. - Vous avez peur?
Vous �tes devenu fou?
Remontez imm�diatement!
Taisez-vous, je ne suis pas votre esclave!
Je vous paie! Je vous donne un ordre!
Oui. Monsieur paie, alors je dois risquer ma vie!
En haut, c'est moi qui commande!
Vous voulez prendre ma place?
C'est �vident que Tyndall s'est fait avoir. Mais avec moi �a ne marchera pas.
En-bas, nous en reparlerons.
Vous avez beau �tre Whymper, vous avez assez parl�.
Allez-y.
Vous savez quelle est la voie.
Vous avez d�j� convaincu Tyndall que c'est impossible.
Et l�, vous me jouez le m�me jeu, pour aller au sommet tout seul.
Voil� toute la v�rit�.
Retirez ces mots, monsieur Whymper.
Non! Je chercherai le passage tout seul.
Seul vous n'irez pas loin.
Comme guide, j'ai pris la responsabilit� de votre vie.
Maintenant que je vous connais,
je ne vous ferai s�rement pas confiance.
Non, Cher Monsieur de Londres,
c'est moi qui ne vous fais pas confiance!
Tr�s bien comme �a, Carrel. Bon retour dans la vall�e.
Sale b�te!
Maudites pierres!
Pauvre homme! Il est en mille morceaux.
C'est triste!
La bouteille, passe moi la bouteille!
C'est lui qui en besoin. Pas toi!
Allez, buvez. De la vraie gentiane, du genre � r�veiller les morts.
Buvez.
Merci, Carrel.
Vous voyez, il suffit d'une goutte et la vie revient.
Alors, dites-moi. Qui avait raison? Vous ou moi?
Vous, �videmment.
Si vous m'aviez donn� tort,
je vous aurais rapport� l� o� je vous ai trouv�.
Vas-y, doucement.
Merci, �a va, merci.
Attention.
Allez monte!
Merci bien.
Faites un bon voyage monsieur Whymper. - Au revoir Carrel.
Et l'ann�e prochaine nous retenterons l'ascension.
Bien s�r! Mais pas comme client et guide, comme amis.
Et seulement ensemble, pas vrai? - Promis!
Au revoir! - Bon voyage!
Elle est tomb�e!
Je t'avais dit de ne pas venir ici! Tu m'as fait peur.
Il y avait une lettre pour toi.
Qui te l'a donn�e? - Ta m�re.
Elle est de Whymper?
Non.
Exp�diteur: Club Alpino di Torino
Qu'est-ce qu'ils veulent? - Je ne sais pas.
Je l'ouvre? - Oui, bien s�r.
Jean-Antoine Carrel, Breuil
Tr�s honor� Monsieur...
Tr�s honor� Monsieur...
C'est vraiment moi?
Oui. Bien s�r!
Charg� par le Minist�re...
�a doit �tre le Cervin. - Ce n'est pas tr�s bien fait.
Tu marches sur les glaciers, et ici tu ne tiens pas debout!
L�ve-toi!
Tu me fais honte.
Attends-moi ici et ne bouge pas. - Oui.
Carrel. Je suis tr�s content de vous voir. Venez, je vous pr�sente � notre pr�sident.
Excellence, c'est notre homme.
Ravi de vous rencontrer...
Son Excellence Grey, Preside di Candoli, Comte Oldi,
Professeur Giordano, grand alpiniste et g�ologue.
Et je suis le ministre Sella.
Et moi le guide Carrel de Breuil.
Alors prenons place.
Professeur Giordano, expliquez-lui de quoi il s'agit.
Monsieur Carrel, il y a d�j� quelques ann�es...
Mais c'est le Cervin, non?
Oui.
Notre Cervin.
Il est bien fait.
La face ouest, et l'ar�te sud.
Le col du Lion, et l'ar�te Tyndall o� je suis souvent all�.
Oui, nous savons Carrel. C'est pourquoi vous �tes invit� ici.
Je voue en prie.
Carrel, nous savons que depuis longtemps vous essayez
avec beaucoup de sacrifices, d'escalader ce formidable pic.
C'est le but de ma vie.
Le club alpin et le minist�re m'ont donn� les moyens
d'organiser l'exp�dition pour la premi�re ascension.
Vous voulez �tre des n�tres?
Moi?
Non?
Vous connaissez Whymper?
Certainement, c'est un alpiniste de renomm�e mondiale, mais...
Mais Whymper est anglais! Giordano est italien comme vous, Carrel.
Je ne peux pas trahir Whymper. Non, je ne peux pas.
Carrel. Il n'y pas seulement les Italiens. Il y a aussi les Suisses de l'autre c�t�.
Vous voulez que les Suisses nous enl�vent la victoire?
Les Suisses? Non. Seul Whymper pourrait r�ussir.
Mais il ne le fera pas.
Nous nous sommes promis d'y aller ensemble,
et seulement ensemble.
Ce ne sont pas les alpinistes qui trahissent leur parole.
Mais il se peut que les circonstances changent.
Monsieur Giordano viendra � Breuil pour entendre votre r�ponse finale.
Bien. Mais je ne pense pas qu'elle sera diff�rente.
Au revoir, messieurs.
Au revoir, Carrel. - Au revoir.
Allez, viens.
�coute-moi �a Katharina:
Le club alpin � Turin a charg� le professeur Giordano
d'organiser une exp�dition au Cervin depuis Breuil.
Et ces endormis de Zermattois? Ils attendent la fin des haricots!
Tu comprends? C'est depuis Breuil qu'ils vont y arriver.
Tu comprends? Tous les touristes passeront � Breuil et pas ici.
L�-haut personne n'y arrivera, ni depuis Breuil, ni depuis Zermatt.
C'est ton opinion, mais...
Mais toi aussi, tu �tais de cet avis. Tu as toujours d�conseill� cette ascension.
� Croz, � Hudson, tu leur as toujours dit que le sommet est inviolable.
Mais si les Italiens r�ussissaient, c'en serait fini de Zermatt!
Il faudrait d'abord lui en parler.
Regardez messieurs, lisez.
Les Italiens! Ils vont nous voler notre montagne!
Pardon r�v�rend Hudson, mais vous, qu'en pensez-vous?
Moi, je la trouve captivante, cette course pour le sommet.
Ce sera sans aucun doute l'�v�nement sportif du si�cle.
Pour le sport, je n'en doute pas, mais pour les affaires...
Les Italiens � Breuil vont nous ruiner.
Bonjour, Peter. - Bonjour, Joseph. - Ravi de vous voir ici.
Voil� votre corde.
Elle est des plus r�sistantes. - Merci! Magnifique.
Esp�rons faire de belles courses avec cette corde.
Au revoir.
Tu dois me promettre de ne pas faire cette ascension, mon cher.
Mais Dorothy, beaucoup y vont. �a ne doit pas �tre si dangereux.
Pas si dangereux? Tu oublies que l'an pass�e Whymper a failli y rester.
Mais non, ma ch�rie!
Monsieur Whymper!
Monsieur Seiler! - Bienvenue � Zermatt!
Enfin, vous voil�!
Oui, pardon, je me suis arr�t� quelques jours � Lausanne.
Hudson! - Nous vous attendions!
Hadow.
Croz!
Douglas.
Monsieur Whymper, Miss Sweaton, ma fianc�e.
C'est merveilleux que vous soyez l�.
Je vous ai r�serv� votre chambre, avec vue sur le sommet.
Merci monsieur Seiler, mais je laisse seulement les bagages
et je pars tout de suite � Breuil.
Vous allez � Breuil?
Je dois parler � Carrel.
Cette ann�e, nous ferons l'ascension, � tous les co�ts.
Tr�s bien, mais de quel c�t�?
Ah �a, je vous le dirai quand je serai rentr� de Breuil.
Il va partir de Breuil.
Et alors, adieu Zermatt. Et ce filou de Favre va devenir riche.
Je ne peux pas y croire!
Il faut que tu essayes de faire dire � Carrel ce qu'il a fait � Turin.
Essayer? Moi? Impossible. - Pourquoi?
Parce qu'hier, je l'ai jet� dehors.
Ah bon. Et qu'a dit ta fille?
Je lui ai dit que je la ferai marier si elle me parle encore de Carrel.
Donc on ne saura pas ce qu'ils lui veulent � Turin.
C'est honteux, Favre. Ce type re�oit tous les honneurs
mais les gens bien comme nous, personne n'y pense!
C'est vrai.
� Turin, j'y serai bien all�.
Quelqu'un arrive.
F�licit�! Monsieur Giordano de Turin veux rencontrer le syndic.
Il est ici. Je vous accompagne.
Appelez-moi aussi le guide Carrel. - Oui.
Et rassemblez quelques hommes du village.
Oui.
Monsieur Giordano de Turin.
Mon p�re. Le syndic.
Je suis envoy� par le club alpin, Monsieur le Syndic
et j'aimerais entendre votre avis sur le guide Jean-Antoine Carrel.
Pour ce que j'en sais moi, c'est un paresseux, un vagabond,
et qui n'a jamais rien accompli.
Parfaitement!
Savez-vous qu'il d�pendra de ce "paresseux" et "vagabond",
que votre village devienne la destination de tous les touristes?
Ou vous ne comprenez pas?
Pour Turin, Carrel est devenu une personne de haute importante.
Asseyons-nous messieurs.
Je suis contente que vous soyez l�. Comment va la jambe?
Tr�s bien. Je suis parfaitement gu�ri.
Vous venez directement de Londres? - Non, je viens de Zermatt.
Bonjour, monsieur Whymper! - Bonjour, Carrel!
Alors vous ne nous avez pas oubli�s? - Vous oublier, Carrel?
Regardez un peu, si je vous ai oubli�.
Pour moi? - Naturellement.
Edward Whymper � son ami Carrel
J'ai aussi quelque chose pour vous. Voil�.
Pour moi? Merci beaucoup.
Magnifique! Un tr�s bel outil.
Et la forme est parfaite.
Merci beaucoup. - Et ceci est pour votre m�re.
Mais �a, c'est pour les gens distingu�s. - Comme l'est votre m�re.
En effet.
Je devrais moi aussi vous donner un cadeau...
Un moment!
Regardez �a.
Une plume d'aigle. Que j'ai abattu moi-m�me.
C'est superbe! Mille mercis.
C'est vous qui � force de rejeter Carrel,
l'avez pouss� � s'allier avec l'Anglais.
Mais si Carrel atteint le sommet avec un �tranger,
ce sera une humiliation pour nous tous.
Et Breuil en subira les cons�quences parce que...
Mademoiselle? - Pardon. Papa, le monsieur de Londres est arriv�!
Le diable l'emporte!
Vous savez ce qu'il veut?
Non, je ne sais pas. Mais il est en bas avec Carrel.
Monsieur le Syndic, rassemblez vos hommes. Il faut les emp�cher de se mettre d'accord.
Oui, je vais le faire.
C'est tout d�cid�.
Mais vous admettrez, Carrel,
qu'une ar�te est moins expos�e aux chutes de pierres qu'une paroi.
Sans compter que l'ar�te nord fait 500 m de moins que la face sud.
C'est un r�el avantage.
Pour ces raisons, je suis convaincu qu'un succ�s est possible seulement du c�t� suisse.
Vous avez raison. L'ar�te suisse est moins dure que la face sud.
Mais je vous ai attendu pour que nous tentions ensemble, non?
Certainement. - Mais pas depuis Zermatt. Depuis Breuil.
Nous n'avons jamais parl� de quel c�t� nous devions passer.
Non, on n'en a jamais parl�.
Mais moi, je suis italien!
Et si je r�ussis, je ne veux pas en faire profiter les Suisses.
Mais moi, je suis anglais, Carrel.
Et vu que notre montagne n'est pas sur territoire anglais...
Pour vous, le pays n'a pas d'importance.
Donc pourquoi pas depuis Breuil, ma patrie?
Mais si vous r�ussissez, votre patrie sera toujours fi�re de vous.
En tant qu'Anglais, si vous �tiez � ma place, vous parleriez diff�remment.
Vous ne comprenez pas qu'ici les gens vont se sentir trahis.
Allons tous chez Favre. Il y a une discussion avec Carrel.
C'est important.
Repousser ma proposition c'est renoncer � la victoire.
R�fl�chissez bien, Carrel, avant de d�cider.
Nous partons le 12 juillet � 2 heures, de l'h�tel de Seiler � Zermatt.
Et si je ne peux pas venir, notre amiti� sera finie?
Je suis s�r que vous viendrez, Carrel.
Je prends vos affaires sur le mulet et je vous attends le soir du 11 � Zermatt.
Au revoir.
Qui a fait �a?
Bonsoir Carrel. - Bonsoir.
Carrel,
il parait que tu as d�cid� d'aller au Cervin avec ce monsieur de Londres,
et du c�t� suisse.
Ce que j'ai d�cid�, �a me regarde.
Il veut nous ruiner cette crapule!
Jusque-l�, j'ai laiss� passer vos moqueries
Mais maintenant si vous continuez, je vous casse la figure.
Tu... - Tais-toi!
Carrel. Tu ne crois pas que tu as des devoirs envers ton village.
Un monsieur de Turin est ici pour faire l'ascension avec toi.
� ceux de Turin, je leur ai d�j� r�pondu. J'ai d�j� un engagement.
Avec cet Anglais, hein? - Oui, avec Whymper.
L�! Vous bien entendu, non?
Dites-moi. Faire �a pour un �tranger, ce n'est pas trahir sa patrie?
N'est-ce pas?
Tra�tre!
Le Cervin est italien et la premi�re ascension doit se faire depuis Breuil.
Tu n'es qu'un tra�tre!
Silence!
Et vous, qu'avez-vous fait, hein?
Rien! Rien, � part vous moquer de moi!
Je tentais, je souffrais. Et vous me croyiez fou.
Un seul de vous m'a-t-il aid� quand je risquais la vie pour atteindre mon but?
Quelqu'un y a-t-il pens�?
Mais maintenant, vous pensez aux int�r�ts.
Et pour �a, je devrais entendre vos insultes?
Si je suis le premier � arriver l�-haut, je l'aurais m�rit� plus que vous tous!
Je n'ai pas de comptes � vous rendre!
Je n'ai de comptes � rendre � personne. Seulement � moi-m�me!
Tu as entendu ce qu'ils me veulent?
Ils me pers�cuteront comme un chien si je vais � Zermatt.
Que dois-je faire?
Je ne sais pas non plus.
Toi aussi, tu penses que ce serait mal d'accompagner cet Anglais?
Non, Antoine. Quoi que tu d�cides, je suis avec toi.
Bien, alors j'irai � Zermatt.
Attends que l'on prenne un verre ensemble, mon ami.
Oui, bonne id�e! - Et un fameux!
Voil�...
Edward Whymper � son ami Carrel
Magnifique! Beau cadeau!
Beau! Beau cadeau que celui qui te pousse � trahir ta patrie!
Un beau cadeau!
C'est terrible.
Je dois aider Antoine. - Il ne veut entendre personne.
C'est un grand malheur pour lui.
Moi, je saurais peut-�tre comment l'aider.
Comment?
Un moment. Sant�! - Sant�!
C'est bon, hein? - Oui.
-�coute. Tu vas � Zermatt... - Oui.
et � Whymper tu lui dis... - Oui.
que Carrel ne peut pas venir.
D'accord, mais Whymper ne va pas me croire.
Mais si tu vas lui rendre son cadeau, il devra forcement te croire.
Alors j'y vais! - Bien!
Tu peux aussi dire � Whymper que Carrel ira avec celui de Turin.
Oui, bien s�r! Au revoir.
Au revoir!
Bravo!
Tu as tr�s bien jou�, Dorothy.
Tu as aim�? - Oui, beaucoup.
Fais-moi une promesse, alors. - Laquelle?
De ne pas aller sur cette horrible montagne.
Mais ma ch�rie, c'est la plus belle montagne!
Tu ne comprends pas. J'ai peur.
Mais Dorothy!
Votre attention messieurs.
Apr�s le merveilleux concert de Miss Sweaton,
je voudrais prier � notre invit�, monsieur Edward Whymper,
de nous donner des nouvelles de l'exp�dition qu'il a planifi�e au Cervin.
Il y a en fait tr�s peu � dire.
Je commencerai l'ascension apr�s-demain avant l'aube avec mon guide Carrel.
Voil�, c'est tout. L'ascension s'effectuera depuis Zermatt.
Et vive Whymper!
Hourra!
Excusez, monsieur Whymper.
J'�tais hier � Breuil, et j'ai entendu que Carrel
tentera l'ascension avec un groupe d'Italiens. Depuis Breuil.
C'est impossible. Carrel est mon guide. Je l'ai engag�.
Alors il vous trompe. Carrel sera le guide du professeur Giordano, de Turin.
Hudson pourra vous le confirmer.
Oui, nous avons parl� avec Giordano. Nons venons de Breuil.
Vous faites erreur.
Non, je vous assure. Il y a un t�moin.
Appelez-moi Luc. - Oui.
Luc Meynet?
Bonjour monsieur Whymper.
Carrel ne peut pas venir.
Tenez.
C'est Carrel qui t'a envoy� pour me le rapporter?
Oui, monsieur. Il ne peut pas venir.
Parce qu'il montera au Cervin avec des Italiens?
Oui, monsieur.
Bien.
Attends dehors.
Tu peux prendre les affaires de Carrel.
N'en faites pas une trag�die, Whymper.
Vous pouvez rejoindre notre groupe.
Oui. Les deux Taugwalder et Croz ne vous l�cheront pas comme Carrel.
Et nous allons r�ussir!
Cette trahison de Carrel, je ne m'y serais jamais attendu.
Eh bien, messieurs,
nous partirons sans lui!
Je dois y aller.
Ce sera difficile, Antoine.
Oui.
Si Whymper �tait parti de Breuil, et si j'avais pu honorer mon village,
je t'aurais dit ce que j'ai en t�te depuis longtemps.
Pourquoi ne pas me le dire?
Non, je ne peux pas t'impliquer dans ces histoires.
Mais si c'est mon destin, je n'ai pas peur.
Je sais que tu m'aimes, F�licit�.
Tu vois? On me veut du mal. Tu devrais le supporter toi aussi.
Va t'en!
Tu n'iras pas � Zermatt.
Maman laisse moi passer. J'ai donn� ma parole � Whymper.
Si tu fais un pas de plus, je ne veux plus te voir.
Je t'ai appris � ob�ir. - Oui, et � tenir mes promesses.
Viens � la maison.
Il y a des gens qui viennent.
Viens!
Tu devrais avoir honte pour ce qui arrive � cause de toi.
�a arrive seulement parce que ces gens se m�lent d'affaires qui ne les regardent pas.
J'ai d�cid� d'aller � Zermatt! Et personne ne me fera changer d'id�e!
Ils peuvent toujours crier!
Monsieur Carrel.
Et vous? Que faites-vous ici?
Je viens vous annoncer que tout est par� pour l'exp�dition.
Porteurs, provisions, mulets... Nous pouvons partir cette nuit.
Et il y a un t�l�gramme du ministre Sella.
ll nous souhaite bonne chance, au nom de toute l'Italie.
Si je ne peux pas aller avec qui je veux, je pr�f�re rester chez moi!
Ce sera mieux pour tout le monde.
Mais madame... - Vous!
Laissez mon fils tranquille!
En ce qui me concerne, c'est le diable que j'envoie au Cervin!
Bonjour tout le monde.
D'o� viens-tu? - De Zermatt.
Ce sont mes affaires, o� les as-tu prises?
Whymper me les a donn�es. Et aussi...
ceci.
Il va monter au Cervin demain depuis Zermatt. Avec des Anglais et des guides suisses.
C'est Whymper qui te l'a donn�e? - Oui.
Monsieur Giordano, je guiderai l'exp�dition italienne au Cervin.
Carrel, nous allons vers la victoire!
R�v�rend, � quelle altitude sommes-nous?
� environ 3 000 m. Nous avons encore 1 500 m � escalader.
Je voudrais continuer aujourd'hui. Qui sait o� est Carrel.
Ne commettons pas d'imprudences. Tout le monde est fatigu�.
Vous pensez encore � votre ami anglais.
Je vais moins bien que lui?
Non. Vous avez tr�s bien suivi.
C'est ici que je l'ai sauv�, quand il est tomb�.
Il vous a plut�t mal r�compens�.
� quelle hauteur sommes-nous?
Ici, nous sommes � environ 2 500 m. Il y a encore 2 000 m d'escalade.
Carrel, l� est l'ar�te Tyndall. Quel est le chemin ensuite?
C'est simple. Vous voyez la vire � gauche? De l�, on monte vers la droite...
Tonio! - en direction du sommet...
Tonio!
Je veux aller avec vous!
Je veux venir!
Silence, toi! Tu restes ici.
Allez, tout le monde!
Partons, Carrel!
En avant Carrel! - Oui.
Retenez-moi, Carrel! Retenez-moi!
Je n'en peux plus! Descendez-moi.
Courage Giordano! On ne va pas s'arr�ter ici!
Je ne me sens pas bien. Continuez sans moi Carrel.
Dommage.
C'�tait le but de ma vie. Mais maintenant, je serai un poids.
Essayez encore avant... - Vous y allez pour l'Italie.
C'est ce qui compte. - Je ferai de mon mieux.
Bonne chance, Carrel! - Merci.
Tu es bless�?
J'ai re�u une pierre.
Prends �a.
Et toi, tu es bless�? - Non.
Allez du courage, en avant! - Non.
Qu'est-ce que tu dis? - J'ai dit non.
Allez, bon sang! En avant! Et plus vite que �a!
C'est un sacr� ab�me � enjamber.
Il n'y a rien � faire. Il faut renoncer.
Il a raison. C'est sans issue.
Renoncer? On descend et on remonte de l'autre c�t�.
En avant! Suivez-moi.
Allez tout le monde, nous sommes au sommet!
Carrel est au sommet! Je l'ai vu!
Croz! Depuis que le monde existe, nous sommes les premiers hommes ici!
Favre, tout le monde! Nous avons gagn�. Carrel est au sommet.
Carrel!
O�? - L� en bas!
Carrel!
Carrel! - Merci mon dieu!
Je vais envoyer la nouvelle � Turin. Je reviens tout de suite.
Je regrette que ce guide ne soit pas ici. Il l'aurait m�rit�.
Le premier et le seul, � croire l'ascension possible.
Oui, c'est vrai.
Ils sont au sommet!
Croz, Taugwalder p�re, Taugwalder fils, et moi.
Pour que l'on se souvienne de ces noms.
Non!
Du calme, ici le rocher est solide.
Attention!
Ne bougez plus!
Ici, Croz, les deux Taugwalder, et ici, Lord Douglas.
Et moi?
Entre Whymper, � qui je ferai faire un monument devant mon h�tel, et Lord Douglas.
Je me r�jouis tellement!
Alexander. - Oui?
Qu'y a-t-il?
Viens ici un instant.
Mais enfin, qu'est-ce qui se passe?
Il est arriv� quelque chose?
Vous �tes seulement trois? O� sont les autres?
Ils sont rest�s en haut.
J'ai besoin de dormir.
Rest�s en haut?
Ils sont morts? - La corde s'est cass�e.
O� est Douglas?
Il est...
Il... Il n'est pas mort?
Parlez! - La corde s'est cass�e.
La corde s'est...
cass�e?
Nous voulons savoir la v�rit�!
Qui est tomb�? - O� est l'Anglais?
Mon dieu, pauvre madame Croz!
Calmez-vous. Je vous en prie!
Il est arriv� un grand malheur.
La corde s'est cass�e.
La corde s'est cass�e?
Me cordes ne se cassent pas!
Ils ont d�val� toute la face nord. - La corde a d� �tre coup�e!
Mes cordes ne se sont jamais cass�es.
Qui tenait la corde?
Whymper.
Alors c'est Whymper qui a coup� la corde!
Mes cordes ne se sont jamais cass�es.
C'est Whymper qui a coup� la corde!
Du vin, Favre.
Je ne te donne plus rien. C'est la cinqui�me fois.
Rentre chez toi, ce sera mieux.
Si c'est mieux o� pas, c'est moi qui sais.
Bonjour, Favre. - Bonjour.
Du vin, Favre.
D'o� venez-vous?
Nous sommes all�s � Zermatt et nous apportons des nouvelles.
Les alpinistes sont d�cid�ment tr�s respectables.
C'est s�r!
L'un insulte son village et l'autre envoie quatre personnes � la mort.
Quoi?
En descendant du Cervin, trois Anglais et le guide Croz sont tomb�s.
Tous les quatre sont morts!
Mon dieu, c'est terrible!
Whymper est mort aussi?
Ah non! Les vrais alpinistes, eux ils ne prennent pas de risques!
N'est-ce pas?
Assez!
Tais-toi o� je te tue!
N'importe quel alpiniste vaut plus que vous, crapules!
Tuer ne vous fait pas peur! Whymper a coup� la corde pour se sauver!
Qu'a-t-il fait?
Il a coup� la corde entre lui et les autres. C'est ce qu'ils disent � Zermatt.
Whymper ira au tribunal, et en prison si on ne retrouve pas la corde!
Antoine, o� vas-tu?
Je dois savoir ce qui c'est pass�.
Attends, je vais avec toi!
Tu es devenue folle? Reste ici!
Je dois lui parler.
Tonio! Attends!
Tonio!
Que veux-tu? Je dois y aller. - O� vas-tu?
� Zermatt. - Prends-moi avec toi.
Non, ce n'est pas possible.
Tu ne dis pas la v�rit�. Tu ne vas pas � Zermatt. Tu retournes sur la montagne!
Oui!
L�-haut, je dois trouver quelque chose.
La corde!
Laisse-moi partir, F�licit�. - Non!
Tu ne la trouveras pas. C'est impossible.
Pourquoi risquer ta vie pour quelque chose qui ne te regarde pas?
Cela me regarde! Tu as entendu ce qu'ils ont dit?
Il s'agit de l'honneur des alpinistes!
Whymper est accus� d'avoir tu� ses compagnons.
Et c'est plus important que moi?
Moi qui t'ai toujours soutenu
contre tous, et m�me mon propre p�re!
Non, tu ne dois pas retourner l�-haut. J'ai peur.
Je ne compte pas pour toi?
F�licit�, tu sais que je t'aime.
Si j'avais eu plus de chance, je te l'aurais dit il y a longtemps.
Pourquoi me le dire maintenant? Alors que nous ne nous reverrons peut-�tre plus.
Ton p�re avait raison.
J'ai gaspill� mes plus belles ann�es pour cette montagne!
Personne ne croira plus en moi.
Antoine, je crois en toi.
Merci.
Et si je reviens, nous resterons ensemble.
Tu m'attendras?
Maintenant, je dois y aller, il est d�j� tard.
Au revoir - Bonne chance.
Le t�moin Jean-Antoine Carrel de Breuil,
s'est-il pr�sent�?
Le t�moin Jean-Antoine Carrel!
Le t�moin Carrel ne s'est donc pas pr�sent�.
C'est bien �trange!
Le t�moin Carrel est citoyen italien
et n'a pas l'obligation de se pr�senter aux autorit�s suisses.
Ah, italien.
Poursuivons les interrogatoires. Accus� Taugwalder p�re.
Levez-vous s'il vous pla�t.
Qu'avez-vous � dire?
Tout est arriv� si vite.
Je peux seulement dire que la corde s'est cass�e entre Douglas et Whymper.
N'est-ce pas?
Oui, la corde s'est cass�e.
Je proteste. Mes cordes ne se cassent pas!
Silence! Asseyez-vous.
Cette protestation de la part du cordier est � noter.
C'est justement lui qui a propag� la rumeur que Whymper a coup� la corde.
Monsieur Whymper, vous �tiez amis avec Carrel?
Et vous pensiez d'abord tenter l'ascension avec lui seulement.
Oui.
Et pourquoi cela n'est-il pas arriv�? - Parce que Carrel n'a pas tenu parole.
Pour quels motifs Carrel n'a-t-il pas tenu parole?
Pour des raisons personnelles.
Mais nous sommes aussi int�ress�s par ces raisons personnelles.
Nous devons nous faire une id�e pr�cise de la situation.
Donc, d'o� vient cette haine entre vous et Carrel?
Il ne s'agit pas de haine.
Mais moi, j'ai la preuve que Carrel voulait vous faire payer votre affront.
Le 14 juillet 1865, nous foulons pour la premi�re fois ce sommet.
Pendant que nous exultons apr�s notre victoire, Carrel, 150 m plus bas,
mesure sa defaite et redescend, regrettant sa trahison.
Edward Whymper, 14 juillet 1865
Pendant que nous exultons apr�s notre victoire, Carrel, 150 m plus bas,
mesure sa defaite et redescend, regrettant sa trahison.
Edward Whymper, 14 juillet 1865
Il aurait sembl� d'apr�s Croz, que vous soyez un mauvais grimpeur.
Croz ne pensait pas � moi, mais plut�t � Lord Douglas.
Pourquoi Whymper l'a-t-il emmen�? Pourquoi a-t-il sacrifi� sa vie?
Je comprends votre douleur, Miss Sweaton, mais votre accusation est injuste.
Je vous prie de la laisser parler, Monsieur l'Avocat.
Cela apaisera sa douleur.
Pardon, je r�p�te seulement ce que tout le monde dit.
Le seul qui pourrait nous �clairer sur vos comp�tences en alpinisme
est le guide Jean-Antoine Carrel.
Et justement, il ne s'est pas pr�sent�.
Il se pr�sentera!
Qui �tes-vous?
F�licit� Favre, fianc�e de Carrel. Il m'a promis de se pr�senter.
Que la veuve du guide Michel Croz se pr�sente!
Ne me parlez pas vous. Assassin!
Madame Croz...
Vous l'avez emmen� l�, o� personne ne doit aller!
Madame Croz, nous comprenons votre douleur,
mais votre mari est mort en exer�ant sa profession.
Mais ce Whymper a coup� la corde!
Mais ce n'est pas vrai, madame Croz.
Est-il vrai, madame Croz,
que votre mari, avant l'ascension, craignait qu'il arrive un malheur?
C'est vrai. Il m'en a parl�.
Juste au moment de partir...
Votre mari pensait donc que Whymper �tait un mauvais alpiniste.
�a, je ne sais pas.
Je vous remercie, madame Croz.
Monsieur Whymper, je vous le demande encore une fois.
Pourquoi Carrel a-t-il refus� d'aller au Cervin avec vous?
Je r�pondrai moi-m�me.
Jugeant les alpinistes peu scrupuleux et mal pr�par�s,
il craignait de perdre la vie s'il commettait l'erreur de vous suivre!
Monsieur le Procureur, cette accusation est absurde!
Je le prouverai!
Ce que vous avez commis n'est pas un simple homicide involontaire.
J'�tends l'accusation � assassinat! - Vous ne pouvez pas!
Vous devez d'abord trouver la corde, pour d�montrer qu'elle a �t� coup�e.
� ne pas la faire trouver, vous y avez s�rement pens�, non?
La requ�te du procureur d'�tat, d'�tendre l'accusation � assassinat,
a �t�, apr�s minutieux examen, rejet�e par le tribunal.
Silence, s'il vous pla�t.
L'accus� n'a rien � ajouter?
Aucune affirmation ne peut �tre faite,
tant que la corde n'est pas retrouv�e.
N'esp�rez pas vous en tirer par manque de preuves.
Tous les indices sont contre vous. - Je sais Monsieur le Procureur.
Quelle que soit la sentence, les soup�ons p�seront toujours,
et ma r�putation en p�tira pour toujours.
Carrel est arriv�!
Carrel!
Tonio!
La corde est d�chir�e!
Elle n'a pas �t� coup�e!
Carrel, je te remercie!
FIN
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