All language subtitles for Francois.e (2026).fre

af Afrikaans
ak Akan
sq Albanian
am Amharic
ar Arabic
hy Armenian
az Azerbaijani
eu Basque
be Belarusian
bem Bemba
bn Bengali
bh Bihari
bs Bosnian
br Breton
bg Bulgarian
km Cambodian
ca Catalan
ceb Cebuano
chr Cherokee
ny Chichewa
zh-CN Chinese (Simplified)
zh-TW Chinese (Traditional)
co Corsican
hr Croatian
cs Czech
da Danish
nl Dutch
en English Download
eo Esperanto
et Estonian
ee Ewe
fo Faroese
tl Filipino
fi Finnish
fr French
fy Frisian
gaa Ga
gl Galician
ka Georgian
de German
el Greek
gn Guarani
gu Gujarati
ht Haitian Creole
ha Hausa
haw Hawaiian
iw Hebrew
hi Hindi
hmn Hmong
hu Hungarian
is Icelandic
ig Igbo
id Indonesian
ia Interlingua
ga Irish
it Italian
ja Japanese
jw Javanese
kn Kannada
kk Kazakh
rw Kinyarwanda
rn Kirundi
kg Kongo
ko Korean
kri Krio (Sierra Leone)
ku Kurdish
ckb Kurdish (Soranî)
ky Kyrgyz
lo Laothian
la Latin
lv Latvian
ln Lingala
lt Lithuanian
loz Lozi
lg Luganda
ach Luo
lb Luxembourgish
mk Macedonian
mg Malagasy
ms Malay
ml Malayalam
mt Maltese
mi Maori
mr Marathi
mfe Mauritian Creole
mo Moldavian
mn Mongolian
my Myanmar (Burmese)
sr-ME Montenegrin
ne Nepali
pcm Nigerian Pidgin
nso Northern Sotho
no Norwegian
nn Norwegian (Nynorsk)
oc Occitan
or Oriya
om Oromo
ps Pashto
fa Persian
pl Polish
pt-BR Portuguese (Brazil)
pt Portuguese (Portugal)
pa Punjabi
qu Quechua
ro Romanian
rm Romansh
nyn Runyakitara
ru Russian
sm Samoan
gd Scots Gaelic
sr Serbian
sh Serbo-Croatian
st Sesotho
tn Setswana
crs Seychellois Creole
sn Shona
sd Sindhi
si Sinhalese
sk Slovak
sl Slovenian
so Somali
es Spanish Download
es-419 Spanish (Latin American)
su Sundanese
sw Swahili
sv Swedish
tg Tajik
ta Tamil
tt Tatar
te Telugu
th Thai
ti Tigrinya
to Tonga
lua Tshiluba
tum Tumbuka
tr Turkish
tk Turkmen
tw Twi
ug Uighur
uk Ukrainian
ur Urdu
uz Uzbek
vi Vietnamese
cy Welsh
wo Wolof
xh Xhosa
yi Yiddish
yo Yoruba
zu Zulu

Original subtitles

Downloaded from YTS.BZ

Official YIFY movies site: YTS.BZ

(ruissellement)

(rires) (homme 1): Arrête ça.

C'est sûr que t'exagères pour te rendre intéressant.

(homme 2): Bien non! C'est ça que vous comprenez pas, les gars.

Les filles de 30 ans, aujourd'hui,

c'est plus comme nos femmes d'il y a 50 ans, là.

Eux autres, frencher une fille, puis lui pogner les boules,

c'est business as usual.

(homme 3): Je te confirme que ma femme est pas portée

sur le pognage de seins des autres.

(homme 2): Surtout pas les tiens, mon beau Dan!

(rires)

(homme 4): Toi, Steph, t'as-tu déjà fait un threesome?

(Steph): Eh, oui!

Hé, on a l'air d'une gang de dinosaures, nous autres,

avec nos petits crisses de fantasmes de trips à trois.

Ils ont grandi avec de la porn, les gars,

pas avec Porky, eux autres là, là.

(rires)

(Dan): Fait que toi, euh, tu vis ta best life, mon Gougeon. - Ah ouais!

Sauf que là, elle commence à me parler de couple ouvert, puis tout.

(exclamations)

Non, mais couple ouvert, de mon bord, c'est correct,

mais s'il y a une autre graine invitée dans le party,

je ne suis plus certain, moi là. (Dan): C'est clair, voyons!

- Je suis assez possessif, côté pénis, mettons...

(Dan): Non, Steph, on est trop vieux pour ces affaires-là.

- Crisse, tu ris, mais je pense que oui.

Des fois, j'aurais juste envie

de me coller sur elle puis regarder un film,

au lieu de faire de la MD puis me faire sucer.

(homme 1): Hé, t'essayes-tu de faire pitié, Gougeon?

La dernière fois que je me suis fait sucer,

Pauline Marois était au pouvoir. (rires)

(♪ Smalltown Boy ♪ de Bronski Beat)

Non, mais sérieux, Frank, faut que tu mettes la vie de Stéphane

dans ta prochaine série, ostie!

(rires)

- Je travaille justement de quoi, là.

- Ça fait pas 1000 ans que tu nous dis ça?

- OK, Frankie, je te donne la permission d'écrire sur ma vie,

mais je veux 50 % des droits d'auteur.

Je vais devenir sa... Comment t'appelle ça, l'affaire qui inspire?

La mule? - Ta muse, Steph. Ta muse.

- Hé, c'est vrai que la vie de Steph, ça serait drôle en crisse.

- Ça ferait changement des ostie de shows de matantes avec du braillage.

(rires)

- Ah, c'est une bonne idée, là, mais Frank,

il connaît rien dans les femmes.

Y en a rien qu'une, puis je pense qu'il s'en est pas remis encore.

(tous): Oh!

- Calvaire, Ben!

(coup de sifflet) Unnecessary roughness!

(rires) - Fuck you, estie.

(claquement de portière)

(musique intrigante)

- Oh...

Viens-t'en. Viens! Viens!

Viens, on va aller dehors.

(déchirement de ruban adhésif)

Ostie...

(musique intrigante)

(télévision): Ta carrière est finie, Thomas.

Tout le monde sait que c'est toi qui as volé l'argent ramassé

pour la petite handicapée puis que tu l'as joué au casino.

On dirait que t'es plus le même depuis qu'on a retrouvé ta mère

morte noyée dans la piscine, sans que t'aies eu le temps de lui dire adieu.

- Ne mêle pas ma défunte mère à ça!

- Câlisse que c'est mal écrit.

- Tu le sais très bien qu'en me disant ça,

tu prends un risque énorme face à la direction du poste.

- Non, non, non, non, non...

- Je t'aime, Thomas. - Quoi?

- Tabarnak... - Est-ce que t'essaierais de me faire du chantage?

(Il éteint la télévision.)

(ouverture de porte)

- Papa? - Hé!

Noémie! La belle visite, toi.

- Tu sais que t'as une famille d'écureuils qui vit dans ta poubelle, dehors?

- Ouais... Bien, comme tu viens pas souvent,

je t'ai remplacée, t'sais.

- Euh, tu sais-tu sont où mes souliers de danse?

- Non.

As-tu faim? Je pense que j'ai un restant de lasagne.

- Je suis intolérante au gluten.

- Ah oui, c'est vrai. Toi aussi, t'es dans cette mode-là.

- Tu penses vraiment que c'est une mode?

- Veux-tu une bière?

- Euh... Flo m'attend à la maison,

puis j'ai mon permis probatoire,

c'est tolérance zéro alcool.

- Bien là, tu seras pas pactée avec une Coors Light.

- Hé, ça avance pas vite, tes rénos, hein?

- Une chance que t'oublies des affaires,

sinon je te verrais jamais. - Ah, je le sais.

- Hé, en passant, dit à ta mère qu'elle a encore du linge dans mon garde-robe.

- Bien, si c'est encore là après deux ans,

je pense que tu peux le donner. Hum...

D'ailleurs, est-ce qu'elle t'a parlé pour mon nouvel ordi?

- On vient de t'en acheter un.

- Ça fait trois ans puis il bogue tout le temps.

- OK, dans le fond, t'es pas venue me voir.

T'es venue voir mon portefeuille.

Tu voulais savoir comment elles allaient,

mes cartes de crédit? - Ostie que tu comprends jamais rien.

Regarde, laisse faire, maman va me l'acheter.

- Bien non! Noémie, pars pas comme ça.

(fermeture de porte) No!

- Donc, ce que tu veux, c'est que je te passe de l'argent

pour que toi, t'achètes un ordinateur à notre fille?

- Que je vais te remettre dès que j'ai un go sur ma série.

- Ça fait cinq ans que tu dis ça.

- Oui, mais là, je l'ai, l'idée pour me relancer.

- Hum-hum!

(soupir)

- Tu le sais que c'est pas facile, avec Noémie.

Là, l'ordinateur, je veux qu'elle sache que ça vient de moi.

- Mais tu sais que pour Noémie, puis, pour moi aussi, d'ailleurs,

le problème, c'est pas que t'aies pas d'argent.

C'est pas important, l'argent.

(rire)

- C'est vrai que t'as l'air de t'en foutre pas mal.

- Ta fille, tout ce qu'elle veut, c'est que tu sois là pour elle.

- OK, regarde, laisse faire, je vais m'arranger.

- C'est pas ça. - Hé, François! La belle surprise!

Tu vas bien?

- Oui, et toi? - Ouais.

Bye, mon amour. - Bye.

- Tu m'appelleras après ta réunion

pour me dire comment ça s'est passé.

Sinon, je vais être à l'envers toute la journée.

(petit rire) - Oh! Merci, t'es fin.

- Je vous dérange pas plus longtemps.

Bye!

- Bye-bye! - Bye!

- Je suis sûr qu'il te fait pas rire.

- Toi non plus, tu ne me faisais plus rire.

(petit rire)

- Fait que c'est ça, ta comédie, là,

c'est vraiment l'histoire d'une gang de gars de 50 ans?

- Euh oui, mais... (petit rire)

...mais c'est bien plus que ça, là.

(Elle rit.) - Oui?

- C'est une série sur les relations humaines,

dans le fond, t'sais. - Ah!

- C'est une gang de chums, oui, dans la cinquantaine,

mais qui sont un petit peu perdus dans la société, actuellement.

T'sais, ils ne comprennent comme plus les codes.

Des bons gars.

Comme, y en a un, un moment donné,

il se fait une blonde plus jeune.

Là, elle parle d'avoir un couple ouvert.

(rire) - OK! OK, je t'arrête tout de suite.

Ça marchera pas. - T'aimes pas ça?

- Non, c'est pas important ce que moi, je pense.

Mais regarde autour de toi, qu'est-ce que tu vois, là.

Hein? C'est des séries d'hommes blancs,

jouées par des hommes blancs, écrites par des hommes blancs,

puis souvent réalisées par des hommes blancs.

- Je remarque surtout que ça fait une couple d'années que t'as rien produit.

- Bien, c'est ça. Regarde, justement, aujourd'hui, la mode, là,

c'est des projets, des émissions,

qui parlent de diversité ethnique, culturelle et sexuelle.

Fait que ton histoire d'homme hétéro blanc, là,

de 50 ans, là, on l'a vue, là.

- Bon, OK, regarde, on va ajouter un Noir.

Gai.

Aveugle avec un pied mariton.

- Non, non! T'auras beau le mettre en chaise roulante,

t'es, toi, un scénariste blanc. Fait que tu peux pas écrire

pour un Noir ou un gai qui lui manque une jambe.

- Non, mais c'est ridicule, ça.

C'est ça, la job d'un scénariste,

se mettre dans la peau de quelqu'un d'autre pour écrire à sa place.

Aux dernières nouvelles, George Lucas,

c'était pas vraiment un Jedi.

- C'est les diffuseurs!

C'est les diffuseurs qui veulent des projets issus de la diversité.

- Bien, ils sont où, tes scénaristes de la diversité qui ont mon genre d'expérience?

- Bien justement.

Comment tu veux qu'ils en prennent, de l'expérience,

si on leur donne jamais leur chance?

- Catherine... - François!

- Catherine, tout ce que je veux...

...c'est avoir la chance de pitcher à un diffuseur.

Je vais le changer. Je vais l'adapter, je te le jure.

Je t'ai écrit ton plus gros hit en carrière.

Donne-moi une chance.

(petit rire)

(musique intrigante)

- Yes! Comment je peux vous aider?

- Je me cherche une bonne corde pour me pendre. Puis un banc.

Qu'est-ce que tu me conseillerais?

- Le banc à roulettes, hein.

Il revient pas. C'est notre gros vendeur.

- Hum. - Mais visse-toi dans du solide.

Parce que beaucoup font l'erreur de se pendre sans s'accrocher dans le stud,

fait que ça tombe à terre, là.

Puis, euh... va à la toilette avant.

Parce que quand on meurt, les boyaux se vident, puis...

Sinon, on a des bâches.

T'étends ça à la grandeur, puis...

- As-tu de la mousse expansive

pour boucher un trou sur le bord d'une fenêtre?

- Là, on jase. Viens-t'en!

Là, je pensais à ça, là.

Si t'as de la moisissure, t'es pas mieux

de changer la fenêtre au grand complet?

(bip!)

- Hum...

Pour le poste de commis, là, je peux-tu voir le gérant?

- Ah! Pour appliquer, c'est sur le site Web.

- Ouais...

Si j'avais été chez nous,

c'est ça que j'aurais fait, mais là, je suis icitte.

Tu veux-tu que je retourne chez nous,

que j'aille sur le site remplir le formulaire,

pour revenir icitte pour mon entrevue?

- Claude!

- Vous êtes le gérant?

- LA gérante.

(musique intrigante)

(cliquetis de clavier)

(musique intrigante rythmée)

(musique intrigante)

(sonnette d'ascenseur)

- Oh! T'es bien chic.

- J'essaie de faire bonne impression.

- Bien oui, le skinny, c'est encore à la mode?

- C'est un vieux kit de gala d'il y a 10 ans. - Ouais...

- As-tu eu le temps de relire mon projet?

- Euh, en diagonale, là.

Mais, euh... Hé, tu sais-tu quoi?

Euh, je vais te laisser le pitcher. - Ouais?

- Ouais. J'ai bien des projets, en ce moment,

je peux pas tous les pousser. OK?

Brigitte! J'ai assez hâte que tu me racontes ton voyage à Cayo Coco.

Mais attends, Étienne nous attend, là.

- Toutes ces années après La Gang du bureau,

ça fait du bien de te revoir.

- Merci!

Ah! J'avais besoin de prendre un pas de recul.

Me demander ce que j'avais envie de raconter,

comment je pouvais me renouveler.

En fait, j'ai travaillé sur moi.

- Ça paraît. - Merci.

- Bon, bien, je ferai pas de détours.

Je vous avoue, d'emblée, qu'on est séduits par la proposition.

- Hein?

- Wow! - Wow! Bien, moi aussi, pour être honnête,

j'ai été très séduite.

Puis j'ai dit: « On va aller voir Étienne en premier,

parce que c'est pour lui, ce projet-là. »

- Bien, merci, Catherine. - Bien là! Normal.

- Très amusant, les amis un peu déboussolés,

dans un univers qui évolue trop vite pour eux autres.

- Ouais! - Ouais! Bien c'est ça, c'est comme...

- Celui qui doit retourner travailler

dans une quincaillerie à 50 ans,

avec une gang de jeunes de 20 ans.

- Ouais! - C'est-tu bon, ça?

- Et j'adore la gérante transgenre de la quincaillerie.

- Hum. - Ah oui! On l'aime-tu!

- Quelle répartie, cette femme! - Vraiment!

- Une attend pas l'autre, hein?

- J'imagine qu'au fil des épisodes,

cette gérante-là va finir par épauler

puis inspirer notre personnage principal dans sa propre transition?

- Oui, oui. - Bien oui!

- Oui, tout à fait.

- Tu sais que ça fait des années qu'on veut avoir

le point de vue d'un scénariste trans.

Ah! Excuse ma légendaire maladresse, là.

D'une scénariste trans.

Bien, écoute, ce projet-là coche toutes les cases exigées,

puis on a envie de vous accompagner là-dedans.

Si vous êtes d'accord avec l'orientation

que ça pourrait prendre, bien sûr.

- Absolument.

- Cool!

(petit rire)

- D'où t'as coché que t'étais un trans?

- Ça disait que le questionnaire était confidentiel.

- Confidentiel, ça veut pas dire que personne le lit.

Ça veut dire qu'on peut pas mettre ça sur Facebook, innocent!

- Prends pas ça de même, là. - C'est ça. C'est pour ça, le petit skinny jeans?

- On va dire que je suis comme les jeunes. Hein? Je suis fluide.

- Non, fluide, c'est pas trans. On fait quoi, là?

- On... fait rien. - On fait rien?

- On est la preuve que ça marche pas, leur affaire de quotas.

On les a déjoués comme ça. (claquement de doigts)

Comment tu veux qu'ils prouvent

que je suis pas une vraie femme trans? - Bien...

- Ils vont me faire faire pipi dans un petit pot?

Ils vont dire: « C'est pas de l'urine de femme trans, ça.

Oh non, ça sent bien trop fort. C'est de la bonne vieille urine

d'homme hétéro qui aime les vagins. »

- Voyons, toi, tu m'écoeures. - Regarde...

Vois ça comme une démarche artistique. (petit rire)

Je me mets dans la peau du personnage pour écrire de son point de vue.

- Non.

- T'en as autant besoin que moi.

Fait qu'on garde ça mort, puis on avance.

Eux autres, ils veulent un show, moi, je veux un chèque.

C'est un bon deal.

(rumeur urbaine)

- Parfait, ma belle.

- C'est le dernier modèle, avec les mégaturbo gigabytes.

Ça va vite, vite, vite, là.

Tu vas le garder pendant des années. (petit rire)

Le iPad, ça fait un peu la même chose,

mais c'est beaucoup plus pratique.

Le crayon, pour écrire pendant tes cours... et les écouteurs,

y a le mode annulation de bruit.

Ç'a l'air que c'est malade. - Ah oui, hein?

- Finalement, des souliers de danse... que je garde! (petit rire)

Comme ça, tu vas en avoir chez maman et chez moi.

Tu vas pouvoir danser où tu veux,

puis venir me voir plus souvent.

- Bien là, c'est... c'est bien trop, là! Merci!

- C'est exagéré, François. - Non.

Je le sais que j'ai pas été facile, les derniers mois.

- Années. - Années.

C'est la moindre des choses que je me rachète, là,

depuis que j'ai eu un go pour ma série.

- Hein? Quoi, enfin! - Mais wow!

- C'est malade! Tu dois être content?

- Ouais, vraiment. Paul est pas là, hein? - Non, non.

- Pauvre diable. Il va tellement être à l'envers d'avoir manqué ça.

(rire)

- T'es con.

- Allô!

Salut, la gang. - Allô.

- Ça va?

- Oui.

Est-ce que toi, ça va? - Ouais. Top shape.

Qu'est-ce qu'il y a? J'ai-tu la fly ouverte ou...

(rires) - Non! C'est juste...

- Hé, je... je trouve ça tellement courageux, ce que vous faites, là.

- Merci.

- OK, bon, on va parler du projet.

Euh, très bonne nouvelle, euh... le diffuseur aimerait ça-- - Catherine?

- Oui? - Est-ce que je pourrais te parler deux minutes?

- Bien oui. Bon!

(rires)

Oui? - On avait dit qu'on gardait ça mort.

Le dire à tout le monde, c'est pas ma définition de garder ça mort.

- Ce qu'on garde mort, c'est que t'es pas vraiment trans.

Toi, tu pensais que tu pouvais l'écrire sans jamais qu'on en parle, hein?

- Bien... - Voyons!

Là... (petit rire)

Là, à partir de maintenant, je suis la productrice moderne,

ouverte d'esprit, d'une scénariste trans.

Puis, c'est ta menterie, hein. C'est pas la mienne, là.

- OK, fait que...

Donc, notre personnage principal est une transsexuelle.

- Je m'excuse, monsieur Lebel, on devrait pas plutôt dire « transgenre »,

au lieu de transsexuelle?

- Ou « personne trans »?

- On peut.

Mais les gens sont souvent mêlés avec la terminologie,

donc, moi, je m'ajuste. - Hum.

- Mais parlant de terminologie, euh,

je crois pas que ce soit très, très approprié,

l'appellation de « M. Lebel », Audrey.

- Ah, bien oui.

Euh, je... je m'excuse, c'est vraiment sorti comme un réflexe.

Je suis désolée. Je me sens vraiment mal.

- Non, ça va, c'est correct. On va...

Audrey, on va s'ajuster. Hein?

On va s'adapter ensemble. - Ouais.

- Ouais. Mais comment tu voudrais qu'on...

bien, qu'on t'appelle?

- Appelez-moi...

...Françoise.

Je suis comme pas à l'aise.

- Bienvenue dans le club, ma chère.

- Françoise? - C'est toi, ça.

- Euh, on a jasé, un petit peu, après votre départ,

puis on voulait juste vous dire

que tout le monde serait super à l'aise

que vous puissiez venir habillée comme vous voulez à nos meetings.

Ça serait comme tuer l'ancien vous, t'sais. (rires gênés)

C'est-tu trop... c'est-tu trop violent ce que je viens de dire?

- Non, non, c'est une très bonne idée, là. Oui, oui.

Assassinons François, tout le monde ensemble.

- Bien oui!

On veut la connaître, nous, Françoise. - Hum?

- Vous pouvez venir habillée en robe, puis maquillée,

y a aucun problème. - Ah...

- On veut surtout pas être un frein à votre émancipation. - Non, mais...

- Oh, mais c'est beau, Audrey. Non, non, mais nos réunions, là,

c'est un safe space, là, Françoise.

(chants d'oiseaux)

- Merci. C'est gentil. - Ça fait plaisir.

OK. - OK.

À lundi.

- Je te fais confiance, parce que ça fait 30 ans que je te connais,

mais tu fermes ta gueule avec ça, hein? - Oui, oui, oui.

Hé, un formulaire d'identification sexuelle.

Je peux te dire que dans le domaine de la mécanique, j'ai jamais vu ça, moi.

- C'est une affaire de quotas, là.

Pour encourager les minorités.

- Ouais, je veux bien, mais la compétence, là-dedans?

Moi, s'il faut que je me fasse opérer à coeur ouvert, je veux le meilleur docteur.

Je me câlisse bien ce que tu te mets sur la tête ou dans le péteux.

Je veux que tu me répares.

- OK, mettons... ça ou ça?

- Bien... ça dépend.

Quel genre de femme tu veux être? - Hein?

- Non, en fait, quel genre de femme tu peux être?

Parce qu'on va se le dire, là,

t'es pas le morceau le plus sexy en ville, toi, là.

- T'es-tu venu icitte pour m'aider ou me complexer?

- Frank... toi...

...quel genre de femme tu es?

(musique angoissante)

(soupir)

(musique rythmée)

- OK. - Ah ouais.

Tu vois, t'as deux gros jambons à la place des cuisses,

puis, regarde, tes fesses, là... - Ouais?

- Bien, les gens vont penser que tu t'es fait greffer un cul.

Switche.

Bien, c'est parce que c'est pas chic, le petit muffin top.

- Crisse, as-tu fini de me shamer?

- François! Si tu veux être une femme,

tu pourras pas te laisser aller comme quand t'étais un homme.

Astheure, ton poids, ça va être ton obsession, ton sujet préféré.

Tu vas jamais te sentir belle, même si je te le répète à longueur de journée. OK?

- OK.

- Switche.

Bien, tu vois, dans ce kit-là, ils sont pratiques,

tes petits totons d'homme. - Ouais...

- Switche!

♪ Oops! I did it again ♪♪

Switche, Britney. - OK.

Je suis cute, là, non? - Ouais, ouais.

Y a juste un problème. - Ah?

(musique rythmée)

- T'as vraiment un ostie de gros bat, pour une femme.

- Bien là, je me couperai quand même pas la graine.

(émission en anglais)

- T'as-tu du duck tape?

(en anglais)

OK! Go!

(musique rythmée)

Montre donc, voir.

T'as vraiment beaucoup de poils.

- Oh... - Viens-t'en.

Let's go!

(musique rythmée)

(vrombissement de rasoir)

(musique rythmée)

- Thank you.

Hum...

Fuck.

- Qu'est-ce qu'il y a? - J'ai envie de pisser.

- Bien là! On a passé 15 minutes à te la strapper. - Oh...

(musique rythmée)

- Bien là! - Bien quoi? Ça fait ton âge.

- Mon âge?

(musique rythmée)

- Les magasins ne sont jamais sympa avec les gens.

Ils sont sympas avec les cartes de crédit.

Arrêtez de gigoter.

Jetez votre chewing-gum.

J'en crois pas mes yeux.

Nous allons dépenser une somme hallucinante d'argent,

alors il va nous falloir le maximum de gens

pour nous cirer les pompes.

(♪ Beau brin de femme ♪ de Bleu Jeans Bleu)

♪ Beau brin de femme marche dans la rue ♪

♪ Beau brin de femme ♪

♪ Oh combien je t'ai vue ♪

♪ Beau brin de femme ♪

♪ Je ne le crois pas tu n'es pas réelle ♪

♪ Aucune femme est aussi belle ♪

♪ Beau brin de femme me pardonneras-tu ♪

♪ Beau brin de femme ♪

♪ D'avoir tout de suite vu ♪

♪ Beau brin de femme ♪

♪ Que tu portais très bien la blouse ♪

♪ Voudras-tu être mon épouse ♪

♪ Grrr ♪

♪ Beau brin de femme Arrête un peu ♪

♪ Beau brin de femme j'ai des plans pour deux ♪

♪ Beau brin de femme fais-moi un sourire ♪

♪ Beau brin de femme oui oui oui ♪

♪ Beau brin de femme dans mon genre ♪

♪ Beau brin de femme donne-moi la nuit ♪

♪ Coup de foudre ♪

♪ Précise flèche ♪

♪ Grande aux yeux d'amour ♪

♪ Droit dans le chest ♪

- Vous avez jamais vu ça une femme trans, messieurs?

- T'es une erreur de la nature, dude.

- Hé, dude, la nature, là, il n'en restera plus pour longtemps

à cause de morons en pick-up, comme vous autres.

- Ouh!

♪ Cesse de m'ignorer ♪

(sifflement)

♪ Elle se retourne et revient ici ♪

♪ Oh oh beau brin de femme ♪♪

- OK, je vais changer des choses dans les premiers scénarios, là,

parce que juste entre ma voiture et ici, ce matin,

y a à peu près 10 tatas qui me regardaient

comme si j'étais une lépreuse, là.

- En passant, ma belle Françoise,

je t'ai booké une entrevue avec le copain de Laeticia.

- Il est journaliste pour un média numérique,

puis il aimerait vraiment ça faire une entrevue avec toi. - Hum!

- Entendre le point de vue d'une personne trans dans l'industrie de la télé.

- En même temps, j'ai pas beaucoup d'expérience, hein. - Bien...

- En télé, oui, mais côté trans...

c'est encore mon année recrue, hein.

(rires)

- Non, mais justement, c'est ça qui l'intéresse.

Le regard des gens autour qui change durant...

durant la transition. - Oui, mais en même temps...

- Ouais, mais non, c'est une bonne idée.

- Oui? - Oui! Le diffuseur va aimer ça.

- Super.

- Mais ça presse pas, hein. (rire gêné)

Je rechangerai pas de sexe demain matin, là. (petit rire)

- Genre. - Genre quoi?

(rire embarrassé) - Non, ce qu'elle veut dire,

c'est qu'on change de genre, pas de sexe. - Ah.

- Bon point! - Hum.

- Hein? - Puis je... je veux le dire,

je vous trouve tellement inspirante, là, Françoise. - Hum.

Câlisse! L'entrevue, là, tu pousses un peu, non?

- Toi, avec ta perruque de travelo,

tu penses pas que tu pousses un peu?

Hé! Ça va juste te donner du matériel pour ta série,

puis c'est tout, là. Mon Dieu, ça va super bien!

Arrête, là. - Du matériel...

- Chut! Ta gueule! Mon Zoom commence.

Allô, Étienne! - Allô, Catherine.

Désolé du retard, là. Crazy day.

Écoute, on a fait faire une lecture sensible

à des personnes de la communauté trans,

puis hum... ils ont détesté ça.

Trop gros, cliché, mononcle.

En fait, ça donne l'impression que c'est écrit par un homme cis,

pas par une personne trans.

T'sais, entre toi puis moi,

c'est Françoise que j'ai engagée, pas François.

Parce qu'on va se le dire, François, il était pas mal fini.

- Ah, mon Dieu! Non, non, honnêtement,

ouais, moi non plus, je trouvais pas ça très, très, très bon, là.

- T'sais, Catherine, je veux pas avoir tous les LGBTQ+ sur le dos.

- Oh, mon Dieu! On est tellement à la même place.

Non, non, non, non. Moi, je voulais juste que tu valides, là,

mais j'ai déjà, moi, demandé à Françoise de retravailler.

Elle va nous revenir avec des nouvelles versions, là, bientôt.

- OK, c'est bon. Merci!

- Bye! (petit rire)

- Quel ostie de plein de marde!

- Non, il a raison. C'est pas bon.

Tu sais même pas de quoi tu parles.

- Bien là, qu'est-ce que je vais faire?

- Bien... tu vas trouver, ma belle Françoise, là.

T'sais? Comme me disait un auteur

avec qui je travaillais auparavant, là,

vois ça comme une démarche artistique, hein?

Tu te mets dans la peau du personnage

pour pouvoir écrire de son point de vue.

Fait que déguédine là, ma belle.

- Moi, c'était pas vraiment un choix.

C'était soit ça, ou en finir avec ma vie.

Je pensais même pas me rendre à 18 ans.

Mais aujourd'hui, j'ai un chum...

- Un beau chum! (petits rires)

- On a un resto. - Hum!

- Ça montre qu'il y a toujours de l'espoir, hum?

- Ah! Merci, Jen.

- Moi, je pense que des rencontres comme ce soir, c'est important.

C'est en rencontrant des personnes trans

que j'ai compris... que j'ai réalisé, en fait, que ça se pouvait.

J'ai fait: « Oh, my God! Je suis pas juste bizarre. »

(rires) « J'ai le droit d'exister. »

Ça me fait du bien de savoir que je suis pas tout seul. - Oh.

- Moi, à 16 ans, je me posais tellement de questions, là.

C'était pas évident de l'expliquer aux épais dans ma classe

sans pogner les nerfs, là. - Ah, mais c'est correct, aussi, de pogner les nerfs.

- Moi, j'ai pété ma coche après un enseignant.

Ça faisait deux mois qu'il m'appelait Léa. - Hum-hum.

- Puis tout à coup, il commence à m'appeler par mon deadname! - Arrête!

- Juste parce qu'il a su que j'étais une trans.

- Oh! - Je comprends pas ce que ça enlève à quelqu'un

de m'appeler par le nom que je veux.

- T'sais, mettons que tu promènes ton chien, là.

Quelqu'un dit qu'il est beau.

Là, tu les corriges, tu dis: « Bien non, c'est une femelle.»"

Ils vont dire: « Oh, excuse-moi, elle est belle. »

Pourquoi c'est tellement facile à faire pour un chien,

puis compliqué pour une personne trans?

- Moi, ce qui me gosse aussi,

là, c'est le monde qui me demande si j'ai eu la vagino.

- Ah! « La totale. » - « La totale. »

- L'opération. - L'opération!

Je te demande-tu qu'est-ce qui se passe dans tes culottes, toi?

- Bien, toi, tu le peux. - Ouh!

(rires)

- Y en a-tu d'autres qui aimeraient prendre la parole?

Françoise?

T'aurais-tu le goût de t'exprimer? - Euh...

Mais moi, c'est... c'est encore tout nouveau, hein.

Je commence dans le métier.

(rires)

Ah, bien, en fait, je trouve ça vraiment super.

Oh, ouais. Ça me fait, comme: « Oh, my God! »,

t'sais, « je suis pas juste bizarre. »

Ouais. Ça fait du bien de sentir qu'on n'est pas seule.

- Tu vas voir, être vraiment toi-même, ça va changer ta vie.

- Ouh! (petit rire)

Ma vie est déjà pas mal changée, je te dirais.

(rires)

- Bye!

(rires) Bye!

- T'es fan de Men Without Hats? - Tu connais ça?

- Bien, c'est plus ma génération, mettons. - Ouais.

J'avoue que c'est ma tante qui m'a fait connaître ça. (petit rire)

Non, non, excuse-moi, je voulais pas, euh... - Non.

- Mais tu sais qu'elle est vraiment plus vieille que toi, là.

- Bien oui! - Au moins deux-trois ans de plus.

(rires)

En tout cas, merci vraiment d'être venue.

C'est le fun de voir du nouveau monde.

En même temps, tu dois te sentir tellement mieux!

- Ah bien, c'est sûr!

Pas évident, vivre dans le mensonge, hein?

- Ouais. Bye! - Merci.

- Mais toi, t'sais, t'animes des soupers causerie pour les personnes trans,

c'est-tu parce que tu travailles dans le milieu communautaire ou...

- Bien... je suis trans, moi aussi.

- Pour vrai? - Bien oui, pour vrai.

- Oh, hé... je... je m'excuse.

Non. Je suis vraiment désolée.

C'est juste que ça paraît tellement pas, là.

- Bien non, mais ça paraît pas que je suis allergique aux noix, non plus.

- Non, mais... c'est parce que t'es vraiment belle.

(petit rire) - OK! Merci. Toi aussi, t'es belle.

Hum.

- Merci, mais honnêtement,

est-ce que tu trouves que mon maquillage, c'est trop?

- Bien, c'est vraiment beau. - Mais?

- Mais je suis pas sûre que t'as besoin d'en faire autant que ça.

- Je le savais. (petit rire)

(soupir)

- T'es chanceuse, t'as vraiment pas des traits virils.

- Merci.

Mais mon plus gros problème,

je te dirais, puis je sais pas si t'as un truc pour ça, c'est la perruque.

Je trouve que ça pique, c'est chaud.

Je sais pas s'il y en a qui respirent mieux.

Ça se peut-tu, ça?

- T'as-tu le goût qu'on l'enlève?

- Ah, bien non, j'ai les cheveux très courts.

- Mais c'est beau aussi, une femme avec les cheveux courts. Non?

- OK.

- Tiens!

Bon, t'es super belle comme ça.

Ça dégage ton visage.

- Ouais, ça se peut.

(petit rire) Merci.

- Ah! Pendant que j'y pense.

J'ai écrit un livre sur ma transition,

si jamais ça t'intéresse. - Écrivaine, en plus?

- Oh, je sais pas si on peut dire ça. (petit rire)

Garde-le, j'en ai des caisses à la maison.

C'est comme pas tant un best-seller, fait que...

je les écoule comme je peux. Puis si ça peut aider...

- Ah oui, sûrement.

Je suis très content. - « Te ».

- Hein? - Contente.

- Oui! Excuse, je suis pas encore bien bon avec les pronoms.

- Bonne. - Oui!

La preu-ve.

(rires)

(♪ Pop Goes The World ♪ de Men Without Hats)

♪ Johnny played guitar Jenny played bass ♪

♪ Name of the band is The Human Race ♪

♪ Everybody tell me have you heard ♪

♪ Pop goes the world ♪

♪ Jenny played keyboard Johnny played drums ♪

♪ Called Little Baby and a big Bonhomme ♪

♪ Everybody tell me have you heard ♪

♪ Pop goes the world ♪

♪ It goes something like this ♪

♪ Johnny and Jenny had a crazy dream ♪

♪ See their pictures in a magazine ♪

♪ Every little boy needs a girl ♪

♪ Pop goes the world ♪♪

- En passant, c'est très beau, tes cheveux. - Merci.

- Ah! Oui, j'ai oublié de te dire, on va aussi filmer l'entrevue.

- C'était pas juste un petit article?

- Oui, mais faut aussi faire du contenu multimédia

pour Instagram puis TikTok.

L'éditeur en chef est super excited!

(rires) Antonin? Françoise.

- Allô, enchanté! - Oh!

- Antonin. Merci d'avoir accepté de faire l'entrevue, hein!

- Ah. Fait plaisir. (petit rire)

J'espère que je dirai pas de conneries.

- Ah non, non, non. Inquiète-toi pas, là.

J'essaierai pas de te piéger. - OK.

- Fais juste parler de comment tu te sens. - Ouais...

- Puis, c'est pas comme si t'avais besoin d'inventer une histoire,

pour une fois, hein? - Bien non.

(rires)

Hé! Excuse-moi, j'ai fait le saut. - Pas de souci.

- Est-ce que tu sens une ouverture de la part de ton entourage

ou les gens que tu croises? - Euh, généralement, oui. Oui.

Mais y aura toujours des gens qui veulent pas comprendre, mais ça...

Je vais te donner un exemple.

Euh, si tu promènes ton chien... - Hum-hum.

- Les gens vont te dire: « Ah, y est beau, ton chien! »

Si tu leur réponds: « Ah non, c'est une femelle!»"

Tout de suite, ils vont dire: « Oh, je m'excuse, elle est belle. »

Pourquoi c'est si facile à faire avec un chien,

mais si difficile avec une personne trans? - Hum-hum. Puis, hum...

comment tes proches ont pris ça?

- Bien. Ouais, mes proches ont très bien réagi.

- Ah ouais? - Ouais.

Mais y a très peu de choses

qui ont changé dans ma vie, en même temps.

Je suis toujours scénariste.

- What the fuck? Maman?

- Je joue au hockey une fois par semaine.

- Ah ouais? Puis comment tes coéquipiers ont réagi?

- Bien. Très bien.

- Ah ouais? - Ouais.

Mais c'est des amis de longue date, hein,

donc, c'est des hommes respectueux.

- Wow! Bien, c'est très cool.

- Ouais, des bons Jack, comme on dit.

- Bien oui! (rires)

- Bien voyons donc...

- Est-ce que tu nous permettrait d'aller prendre des images de ça?

- Tu veux dire, euh... venir à un match?

- Bien, si ça te va, là, évidemment.

Ça ferait tellement une image forte pour le reportage.

- Bien oui!

- Ouais? - Hum-hum.

- Fait qu'on fait ça? - On va regarder si ça se peut

dans les horaires, là. - Bien oui! Pas de problème.

Pas de problème. Quand t'es prête, on viendra. - OK.

(petit rire) - Hé, j'ai vraiment hâte.

- Hum-hum!

(musique électronique rythmée)

Hé, allô!

Oh...

(petits rires)

Ah...

- Tu veux-tu quelque chose? - Oui, peut-être, ouais.

Un espresso, s'il vous plaît.

- Hé, tu m'avais pas dit que t'écrivais pour la télé?

- Comment t'as su? - Ta fille.

Elle t'a tagué dans la vidéo de ton entrevue.

- Ma fille... - Bien oui.

Puis, je t'ai googlée aussi. (petit rire)

- Ça va vite, les réseaux sociaux, hein? - Ouais.

(rire) - Hum...

- Ça te dérange pas qu'elle t'appelle encore

par ton deadname? - C'est tout nouveau pour elle,

hein, c'est pas évident. - Ouais.

- Hum. - Je comprends.

C'est comme changer sa photo de profil sur les réseaux,

c'est une étape qui peut être difficile, hein.

- Oui.

Moi, c'est pour ça que j'y vais lentement.

Je protège beaucoup ma famille, là-dedans.

- Hum. - Hum.

Merci!

- En tout cas, ton entrevue était géniale.

- Tu trouves? - Bien oui!

Tu disais que tu travailles sur un nouveau projet?

- Oui, mais c'est juste une petite comédie, là.

- Bien oui, mais une comédie avec un personnage principal trans.

Tu réalises à quel point ça va être positif pour notre communauté?

- Hum, y a beaucoup de choses que je réalise pas, là.

- C'est-tu pour ça que t'es venue à la rencontre, l'autre soir?

- Bien non.

Bien oui, un peu. Oui...

Hum. Comme ma série va être basée sur ce que je vis,

c'est pour ça que je voulais te parler.

Hum, j'ai lu ton livre. - Oh non!

- Non, t'as vraiment beaucoup de talent et, en te lisant,

je me suis dit: « Hé, j'ai vraiment le syndrome de l'imposteur », là.

J'ai l'impression d'être trans depuis trois secondes,

tandis que toi, bien, t'as vécu plein de choses,

t'as écrit un livre...

Je me suis demandé: « Est-ce que ça te tenterait

d'être consultante sur ma série? »

- Consultante? - Ouais. Ouais, tu...

T'sais, je pourrais te poser des questions,

tu pourrais valider si ce que j'écris est correct,

si je suis trop clichée.

Si ça te tente, tu pourrais écrire quelques scènes.

- OK! J'ai toujours rêvé d'écrire pour la télé.

- Ah, super! En échange, je pourrais te donner un petit quelque chose, là.

Un petit cachet. - Wow!

OK, bien, c'est sûr que oui, voyons donc!

(rire) - OK!

- Wow! - Good!

- OK. Parle-moi donc de ton personnage?

- OK. Hum... Mon trans...

- Ta personne trans.

- Ma personne trans.

- Bien, c'est un homme ou une femme...

- C'est un... un. Hein?

Qui se transforme en une... en une une.

- Ouais, qui transitionne.

La transformation, c'est plus pour les loups-garous, mettons.

- Ouais, c'est ça, c'est plus les loups-garous, ouais.

- OK, fait que ton personnage, c'est une femme trans,

comme toi puis moi. - Oui.

Je la voyais belle, intelligente...

- Puis ses défauts, mettons? - Hum?

- Parce que ça va lui prendre des défauts, là,

sinon, elle va pas nous faire rire,

elle va juste nous faire chier. - Ah!

Bien oui, c'est vrai. T'as raison.

- Pour vrai, on est tannés que le monde de la diversité, à la TV,

soit lisse, lisse, lisse, bien parfait. - Hum!

- Nous, ce qu'on veut, c'est se voir avec nos qualités, puis nos ostie de défauts.

- Elle pourrait sacrer... - Bien, crisse, oui! (bris de verre)

- Et gaffeuse.

(rires)

(musique intrigante rythmée)

(soupir)

(claquement de portière)

Fuck.

- Papa? - Hé!

Qu'est-ce que... qu'est-ce que vous faites là?

- On avait envie de manger du gluten.

- Bravo, papa! Je suis tellement fière de toi, là.

Toutes mes amies ont partagé ta vidéo. T'as pas vu mon commentaire?

- Mais là, euh... je suis pas arrangée, rien, là.

- Bien non, c'est pas grave.

- OK. Je dois bien avoir un petit quelque chose à manger, quelque part.

- C'est comme si... je comprends tout, maintenant.

Pourquoi t'es... pourquoi t'étais jamais à la maison,

souvent désagréable, bête, colérique.

Dans le fond, c'est toi que tu fuyais.

- Eh oui!

- T'sais, tu voulais tellement être reconnu,

mais dans le fond, tu voulais juste être vu pour qui t'es vraiment!

Pauvre papounet, j'ai tellement pas été fine avec toi.

- J'ai pas toujours été le meilleur père non plus, hein.

(grésillement)

- C'est-tu vrai, tout ça?

- Mais oui, pourquoi?

- Pourquoi tu m'en as jamais parlé?

- Peut-être parce que j'aurais voulu faire toute ma vie avec toi?

- J'aurais aimé ça que tu m'en parles.

Mais c'est ironique, pareil.

On s'est laissés parce que tu ne me parlais plus.

Je pensais juste que t'étais narcissique, égoïste,

carriériste, arriviste, mais...

t'étais juste pas bien dans ta peau.

- Exact.

- Mais dans le fond, tout s'explique.

On était devenus des colocs, des amis.

C'est pour ça que tu bandais mou!

- Bien là, franchement. - Bien oui! Bien...

(rire)

« Le matin, je suis pas capable de venir »,

« Ça doit être à cause du vin », « Je sais pas ce qui se passe.»"

Hé, moi, tout ce temps-là, je pensais que c'était moi, le problème.

Ayoye!

Hé, pauvre toi.

- Hé, papa! Ça... Ça serait beau que tu sois toi-même.

Qu'est-ce que tu dirais qu'on rencontre Françoise, ce soir?

- Bien oui.

(musique douce rythmée)

- Ah, t'es full belle, papa!

Euh, bien, je peux-tu encore t'appeler papa?

- Bien oui.

Une mère, t'en as déjà une.

- My God! T'as des plus belles jambes que moi.

- On mange?

- OK! J'ai comme 1000 questions. - OK.

- Est-ce que tu pensais te faire couper le pénis puis reconstruire un vagin?

- Euh, honnêtement, je pensais plus rénover la cuisine.

(rires)

Non, je suis pas rendu là,

puis, tu sais que c'est très dispendieux, puis...

- Ah non, la vaginoplastie, c'est remboursé par la RAMQ.

C'est cool, hein? - Ouais, cool.

- Mais c'est sûr que si tu veux te faire limer la pomme d'Adam,

puis poser des nouveaux seins, là, c'est pas donné. - Voilà.

J'avais le choix entre des seins puis un laptop.

J'ai choisi ton laptop.

(rires)

- Elle est bonne!

- Hé, t'es tellement belle, là. Je peux-tu prendre une photo? - Bien oui.

(déclic) - OK. Attends, je vais faire un selfie pour Flo.

(déclic)

Ah, elle est full belle.

(propos indistincts)

(musique douce rythmée)

(musique triste)

(musique électronique rythmée)

- Fuck!

My God, t'es en avance! Rentre! Viens-t'en.

(petit rire)

- C'est beau, chez vous.

- Ouais, regarde pas le ménage.

(rire)

Si t'aimes mes sous-vêtements, c'est un petit magasin pas loin, ici.

Je peux te donner l'adresse. - Hé, je fouillais pas, là.

C'est juste que c'est la première fois

que je viens dans un appartement de femme trans.

Bien, à part chez nous, là.

Puis, euh, bien, c'est ça, là. Je voulais m'inspirer pour la série.

- Comment tu trouves ça?

- Ça ressemble pas mal à un appartement normal, je dirais.

(petit rire) - Cool!

- Hé, je m'excuse, là.

J'espère que ça fait pas un malaise, hein? Je...

- Bien non. - Ça, c'est tellement moi.

Je suis tellement fouineuse. - Non, je suis pareille.

- Ouais?

- Bon. Parlant de malaise,

on peut-tu se parler ouvertement puis franchement?

- Oui.

- Le titre de ta série,

Homme ouvert, pas sûre pantoute.

Ça fait comme mauvais livre de croissance personnelle.

- OK! Oui. OK.

- J'avais pensé à Transposition.

C'est comme deux univers transposés,

puis en même temps, on a un petit jeu de mots avec « trans ».

- J'aime ça! - Ouais?

- Hum-hum.

- Ah oui, puis, euh...

ton personnage principal. - Hum-hum?

- Elle a l'air vraiment attachée à son pénis, hein, dans sa transition?

- Quand même pas mal attachée, ouais.

(rires)

- Bien... je pense qu'on s'en sacre.

- Hum! Ouais, hein?

- Oui.

- C'est pas comme une affaire importante, ça?

- Bien, c'est pas ça qui est intéressant.

- Non? - Non.

- Qui veut savoir ça? - Bien personne.

- Oui, personne.

As-tu d'autres notes? - Oui, j'en ai une couple d'autres.

- OK. - Hum... Page un, scène un.

- Page un, scène un. OK... - Oui.

(musique électronique lente)

(cliquetis de clavier)

(soupir)

C'est donc ici qu'on joue depuis une quinzaine d'années maintenant.

- Salut, la gang!

- Bonsoir, messieurs.

- Bonsoir, bonsoir, bonsoir.

(fermeture éclair)

Bien, comme vous pouvez voir, tout est très normal.

Personne en fait de cas, là, hein.

- Hé, c'est calme, hein?

Je m'attendais à ce que ça soit plus loud,

plus dissipé,

dans la chambre.

- Ouais, c'est un gros match ce soir.

Les gars sont très concentrés, comme Gougeon.

Hein, Gougeon? J'espère que t'as soupé, comme ça,

tu mangeras pas le puck toute la soirée.

- Euh... Je... Je pense qu'on va arrêter le tournage, euh...

Je suis pas si beau que ça tout nu de toute façon. (rires)

- Bien oui, je comprends.

Bon, bien... Bien bonne game, les boys. Hein?

- Merci, merci.

(fermeture de porte) - OK. Hé, hum...

Frank, Frank, Frank... oise, hum...

On t'a pogné la chambre 4 pour que tu sois tout seul avec ton intimité.

- Bah, c'est correct. Bien gentil.

- Non, non, mais sérieux... tu serais mieux,

t'aurais de la place, t'aurais ta propre douche, toute, là, t'sais?

- Me crissez-vous dehors?

- Ah, come on, Frank, tu comprends, là.

- Je comprends quoi?

As-tu peur que je te regarde la graine?

Fait 15 ans qu'on prend nos douches ensemble à chaque mercredi soir.

Je l'ai déjà vue.

Est pas si impressionnante que ça, en passant.

À part Martin, on a tous des petites queues.

- Oui, mais c'est parce que pendant 15 ans,

t'étais un gars, puis là, bien...

ça l'air que t'es une femme. - Hé, regarde.

Je prendrai pas ma douche avec un gars-fille

ou femme-homme ou je sais pas du crisse.

- Je suis une femme, mais je suis encore attirée par les femmes.

Je me cherche pas une autre graine,

une graine, j'en ai une.

- Hé, moi, je suis mêlé en ostie, là.

- Je pensais qu'on était des chums. - Crisse, c'est rien, ça.

Moi, je pensais que t'étais un gars.

- T'sais, François... - Se. Françoise.

- Ah, arrête ton crisse de niaisage, man!

Tu vas me faire croire que t'as découvert, toi, à 50 ans,

que t'étais une femme?

- Oui. Puis ça te fait quoi, ça?

Qu'est c'est que ça te crisse, toi,

si je me sens mieux quand je m'identifie comme femme?

Toi, tu t'identifies bien comme joueur de hockey, puis t'es nul à chier.

- Les gars, faut évoluer, là.

- C'est quoi? Sortez-vous ensemble vous deux?

- Ostie. Je savais que t'étais débile, mais là, tu bats des records.

- Ah oui? Je sais pas c'est qui qui est le plus débile, Françoise, hein?

Les trans, c'est de l'ostie de niaisage, OK? - Ah oui?

- T'es sois un homme ou sois une femme. - OK, c'est assez!

- Ah oui? Tu sais ça, toi? - Bien oui.

- Hé, ça dérape. - Les gars!

Fait 15 ans qu'on se connaît.

Françoise, elle fait partie des boys.

- Chambre 4, s'il te plaît.

- Ostie!

Mangez de la merde.

- Françoise... - Non, fuck off.

- Come on.

(porte)

Vous me décevez, les gars.

(claquement de porte)

(musique dramatique douce)

- Ça va?

- Oui, oui.

T'es bien bonne. (petit rire)

- C'est ma blonde qui m'a appris ça.

- Ta blonde, hein?

(rire gêné)

- Hum, bien je... je crois

qu'on peut officiellement dire que Flo, c'est ma blonde.

- OK.

- Ça fait un bout qu'on était bien ensemble,

mais là, on pense à se louer un appart.

Mais pas tout de suite, là. - Hum.

Ça fait longtemps que tu sais que t'es gaie?

- Pas certaine d'être gaie.

Mais je... je suis aux humains. - Hum.

- Je tombe en amour avec la personne,

puis Flo est extraordinaire.

T'sais, comme je disais à maman, fille, gars,

ça veut rien dire de toute façon.

- T'en parles avec ta mère, hein?

T'aurais pu m'en parler à moi aussi.

- J'étais... J'étais pas sûre de comment t'allais réagir,

puis t'étais souvent pris avec ta job.

- Bien, pas tant que ça.

- Bien là, c'est parce que t'as manqué ma graduation

parce que t'étais à un festival je ne sais plus où. - Oui, mais là, ça...

J'ai toujours haï les flaflas de graduation, tu le sais.

- Oui, mais t'as aussi manqué mon spectacle de danse en secondaire 4.

Tu m'avais dit que tu viendrais. Puis ma finale de soccer,

t'étais à un 5 à 7 ou... Je sais pas trop de quoi... - OK, OK, OK. Coupable.

- Mais regarde, c'est pas grave. Le passé, il est passé.

Puis là, regarde-toi.

Pour une fois dans ta vie, tu t'assumes

au lieu de tout faire juste pour ta job.

Hé, hum... je vais m'essayer pour l'école de danse la session prochaine.

- Pour vrai? - Oui.

- Oh! You go, girl. - OK.

- Non? - Non.

(rires)

(musique douce)

(propos inaudibles)

(conversation indistincte)

(musique douce)

- J'aimerais commencer en disant merci à Françoise

pour sa belle entrevue.

- Yeah! (applaudissements)

- T'es tellement une bonne ambassadrice. - Tes réponses!

J'avais l'impression de nous entendre parler toute la gang.

- Ah, c'est vrai, ça.

- Ah, arrêtez, là, je suis gênée.

À part de ça, vous autres, quoi de neuf? - Bien ce qu'il y a de neuf,

c'est que tout le monde s'est entendu pour te nommer personnalité trans du mois.

- Oui! (cliquetis de verre)

- À ta grande intégrité. T'as fait avancer la cause.

- Puis on t'en remercie.

- À notre baby trans préférée.

(ensemble): Cheers!

- Santé!

(musique douce)

(conversation inaudible)

(rires)

- Merci.

- Bon, bien, on se voit toujours demain

pour travailler sur ta série, girl boss?

(rire)

- Girl boss.

(petit rire)

- Pour vrai, je capote.

J'aime vraiment ça écrire pour la télé.

- Hum...

- Merci beaucoup.

- Ah, c'est rien.

- On fait vraiment un bon team.

(rire)

- Crisse, les boys.

C'est-tu l'Halloween, puis vous m'avez pas averti?

Hé! Tantouse, c'est à toi que je parle.

- Restez galants avec les dames, messieurs.

(gémissement de surprise)

OK, arrêtez ça, là.

Je... Je sors d'un souper meurtre et mystère.

C'est une joke, ça.

(musique de tension)

- Veux-tu, je vais t'en faire une joke, moi?

(gémissement)

- Come on, les boys, là. Faites pas les caves.

- Tu me traites de cave?

(gémissements de douleur)

- Crisses-lui ça dans la face!

(musique inquiétante)

(grognement d'effort)

(coup de klaxon) (homme): Hé!

(rires)

- Euh... Deux-trois coins de rue d'ici.

Ils... Ils étaient trois gars.

Hum... Y en a un qui était pas bien grand,

une moustache, assez narfé.

Les deux autres, je m'en souviens pas trop. - OK.

- C'est pour ça que je voudrais porter plainte.

- Puis... c'était quoi votre relation avec ces personnes-là?

- Ma relation?

Bien, j'étais la personne qui se faisait fesser dessus.

- Oui, mais c'était-tu des étrangers?

Des amis? Des clients?

- Des étrangers, ostie. Mes amis ont pas l'habitude de me frapper dans la face.

C'est quoi cette question-là? - Oui, mais est-ce que vous les aviez sollicités?

- Pour une job?

(petit rire)

- Étiez-vous juste en train de marcher sur la rue

ou vous étiez là pour solliciter?

(rire de surprise)

- Non, non, tabarnak, les gars.

J-- Je suis pas une pute, câlisse.

Non, non, moi, je suis un scénariste, là.

Vous pouvez me googler. François Lebel. J'ai...

Regarde, OK.

C'est de la recherche pour ma prochaine série.

- Est-ce que vous avez fait quelque chose pour les provoquer?

- Tu penses je me suis fait battre parce que je les ai provoqués?

- Calmez-vous. - Non, non, non, je me calmerai pas.

Écris-le dans ton rapport:

« Une femme marchait dans la rue. »

Hé, ça, c'est provocant en tabarnak, hein?

- J'essaie juste de comprendre.

- T'essaies fuck all de comprendre.

- Donc, je comprends que vous ne portez plus plainte?

- Fuck you, ostie.

- Parfait. Merci.

(sonnerie de cellulaire)

(Noémie): Allô!

- Allô, ma belle.

- Euh... Ça va-tu? On te voit pas.

- Oui, non, c'est juste que je suis en retard pour une réunion.

Est-ce que je peux te rappeler? - OK, euh, oui.

Mais vite, vite, Flo puis moi, on... - Allô!

- ...on veut partir un GoFundMe, mais on a besoin de ta signature.

(Flo): Oui, mais on a déjà du monde qui sont prêt à nous backer pour 500 piastres.

- Super. Vous ramassez de l'argent pour quoi?

- Bien, pour toi, voyons, pour les opérations.

On sera peut-être pas capable de ramasser

10 000 piastres pour des nouveaux seins, mais 5000,

c'est mieux que rien.

- C'est ça, ça pourra au moins payer une boule.

(rires)

- Euh... Je vous rappelle un petit peu plus tard, OK?

Bye-bye. - OK, bye.

- Bye. (bip!)

(sonnerie de cellulaire)

- Allô? (Catherine): Eh!

Le diffuseur capote.

Mais tes nouvelles versions, honnêtement, c'est vraiment bon.

L'ajout du groupe de discussion,

ça, mon Dieu, Étienne, y a tellement aimé ça.

La scène où il se tape la poche, il m'en a parlé 12 fois, t'sais.

(rire)

- Good.

- Non, non. Good, good, certain.

Fait que c'est ça, moi, je voulais juste te dire qu'on lâche pas,

ça va très bien comme ça, puis à plus tard. OK, bye.

(à l'anglaise): Framboise.

- C'est Françoise. Françoise.

Il me semble c'est pas compliqué.

Câlisse.

Peux-tu croire que la police m'a jamais crue?

- Les tabarnaks. - Hum.

- Mais c'est pour ça qu'il faut que ta série fonctionne.

Décris exactement ce que t'as vécu.

- Hum.

Oui, la série...

Je ne suis plus sûre que ça me tente. - Hé.

Cette série-là, t'en as besoin,

j'en ai besoin, on en a toutes besoin.

On va écrire une série utile,

puis ça va être écoeurant.

- Bien, allons-y.

- Je me suis dit que notre personnage

pourrait avoir une fille de l'âge de la tienne.

(petit rire)

- Puis j'imagine que sa fille l'aime plus en mère

qu'elle l'aimait en père? - Hé, arrête, là.

Ta fille est vraiment chanceuse de t'avoir.

- Hum.

D'ailleurs, toi, tes parents sont comment?

- Euh... Ils sont loin.

Je n'ai plus vraiment de contact.

En fait, avec ma mère, c'est comme bien compliqué.

C'est ma tante qui m'a sauvée quand j'étais ado.

Elle, elle avait compris qu'on pouvait être qui on voulait,

puis ça devrait déranger personne.

- Hum.

(raclement de gorge)

Es-tu correcte?

- Ils ont-tu mis du lait d'amande dans mon café?

- Pas supposé, mais en même temps,

elle m'a appelée Framboise. - C'est clair que oui.

Je pense que je n'ai plus d'EpiPen.

(musique inquiétante)

Je n'ai plus d'EpiPen.

- OK, euh... Veux-tu que je t'amène à l'hôpital?

On dirait que c'est de pire en pire ton affaire.

Pourquoi ils te font pas passer?

- C'est plus fort que d'habitude on dirait. - Hum.

(femme à l'interphone): Thomas Guenette, salle trois.

- Ça va tu?

(femme à l'interphone): Thomas Guenette, salle trois.

- Envoye, Thomas, on attend nous autres.

- C'est moi. - Comment?

- Je lui avais dit de m'appeler Sarah, puis elle a pris

le nom sur ma carte d'assurance maladie, câlisse.

- Thomas Guenette, salle trois.

- Attends.

Bonjour.

Mon amie avait un autre prénom avant,

mais maintenant, elle s'appelle Sarah.

Est-ce que ce serait possible de dire son vrai nom, s'il vous plaît?

- Mais sur la carte, c'est écrit Thomas Guenette.

- Non, je sais. C'est pour ça que je suis ici.

L'information sur la carte n'est plus bonne.

Est-ce que c'est possible de l'appeler par son vrai nom, s'il vous plaît?

- Françoise, c'est correct. - Non, c'est pas correct.

- Mais là, y est-tu là, Thomas Guenette? - Il n'y en a plus, de Thomas.

Là, ce que je te dis, c'est dit « Sarah » dans ton petit micro.

C'est pas dur, tu pèses sur le piton, puis tu dis son nom.

- Monsieur, je vais vous demander-- - C'est « madame ».

- Françoise... - Moi, là, ça fait 20 ans que je fais ce métier-là,

je dois nommer-- - OK.

La merveilleuse Sarah Guenette

est demandée à la salle trois, s'il vous plaît, Sarah Guenette.

C'était-tu si compliqué que ça, câlisse?

Ça te prenait-tu un appel du ministre de la Santé pour faire ça?

- Salle trois, c'est ça? - Oui, salle trois.

- C'est ça, salle trois, oui.

(musique douce)

- Ça va être correct.

- Je suis-tu moins rouge?

- Oui, oui. Tu n'as plus de plaques ici,

tu n'en as plus là.

Dans le visage...

(médecin): Bonjour. Sarah, c'est ça?

Je suis le médecin de garde. - Oui.

- Oui. On dirait que ça s'est stabilisé avec le Benadryl.

Peut-être en prendre un autre dans quatre heures.

Juste surveiller votre conjointe cette nuit

pour voir s'il n'y a pas d'autres symptômes qui se développent.

Sinon, tout devrait rentrer dans l'ordre, d'après moi.

C'est beau? - Oui, merci

- Je vous en prie.

(fermeture de porte)

(petit rire)

(musique douce)

(musique électronique douce)

(chants d'oiseaux)

(♪ 3SEX ♪ d'Indochine et Christine and the Queens)

♪ Un garçon au féminin ♪

♪ Dans la rue des tenues charmantes ♪

♪ Maquillé comme mon fiancé ♪

♪ Garçon, fille, l'allure stupéfiante ♪

♪ Habillé comme mon fiancé ♪

♪ Cheveux longs cheveux blonds colorés ♪

♪ Toute nue dans une boîte en fer ♪

♪ Il est belle, il est beau décrié ♪

♪ Outragé mais j'en ai rien à faire ♪

♪ J'ai pas envie de la voir nue ♪

♪ J'ai pas envie de le voir nu ♪

(scratch, cri de douleur)

♪ Et j'aime cette fille aux cheveux longs ♪

♪ Et ce garçon qui pourrait dire non ♪

♪ On se prend la main ♪

♪ Et on se prend la main ♪

♪ Un garçon au féminin ♪

♪ Une fille au masculin ♪♪

- Ça va trop loin, là.

Je me suis fait crisser une volée.

Je pense que je développe des sentiments pour Sarah.

Ma fille ramasse de l'argent

pour que je me fasse chopper la graine.

- Hein?

Ça se coupe, un pénis?

- Loïc, va jouer ailleurs.

Viens-t'en.

En veux-tu une autre?

- Hum, oui.

Je vais en profiter pendant que je suis pas tapé.

(raclement de gorge)

(soupir)

- Écoute, Frank... je veux pas que tu prennes ça mal,

mais qu'est-ce tu veux dire par:

« J'ai des sentiments pour Sarah »?

Quel genre de sentiments on parle, mettons?

- On s'est embrassés.

- Wô.

OK, OK.

Tu l'as embrassée. - Hum.

- L'aimes-tu ou tu faisais juste ça

pour avoir ton émission de TV?

- Non, non, c'est... c'est une fille spéciale, t'sais.

Elle est ouverte, brillante, drôle.

- OK.

Avez-vous...

Avez-vous...

- Hein? - Avez-vous...

- Ah, non. Non.

J'aurais pas pu, je pense qu'elle a encore-- - Son chum?

Elle a encore son chum? - Non, son pénis.

- Son pénis. OK. Elle a encore son pénis.

Hum.

- L'as-tu vu?

- Non.

Elle l'a écrit dans son livre.

Au début, elle a son pénis, à la fin du livre, pas clair.

Y a des métaphores. - OK. OK, OK, OK, OK.

Mais quand tu l'as embrassée, là...

...as-tu senti qu'elle a bandé?

- Hein?

- Oublie ça.

Hum, OK.

Mais toi, quand tu l'as embrassée,

t'as-tu bandé?

- Mais là, je vais tout lui avouer.

Je vais aller voir Sarah, je vais aller voir tout le monde,

je suis pas bien.

- Oui, t'es pas bien parce que t'as bandé.

- Câlisse, Dan. M'écoutes-tu?

Je suis en train de te dire que je veux tout arrêter. - Oui, oui, oui. Oui, oui.

Tu vas tout arrêter, je comprends.

T'es pogné dans ce mensonge-là,

t'es troublé dans ton orientation.

Peut-être que ton corps t'a parlé à travers une érection.

- Tabarnak.

- Excuse-moi, je suis juste curieux.

Moi, à côté de toi, c'est pas mal tranquille, ma vie.

Je tombe très peu en amour avec des filles qui ont des pénis.

- Je le sais pas si elle en a encore un. - OK.

- Là, faut que je lui dise. Je veux dire...

elle mérite pas que je joue avec ses sentiments comme ça, t'sais.

- Frank...

Je suis avec toi, buddy.

- Merci.

- Ça serait pas grave si... - J'ai pas bandé.

- Je comprends, mais ça aurait pas été grave.

- OK.

(musique percussive de tension)

(musique douce)

- Pourrais-tu m'aider?

(musique émouvante)

Qu'est-ce qu'il y a?

- T'as vraiment la peau douce.

- T'as pas à avoir honte d'avoir du désir.

(musique émouvante)

François, baise-moi.

- Puis? Es-tu bandé?

(sursaut)

(halètements)

(soupir)

(musique électronique rythmée)

(sonnette)

(sanglots) - Ça va?

- Ma tante vient de mourir. Crise cardiaque.

Ils ont essayé de la sauver, mais...

- Je suis désolé. - Ma tante Josée.

(sanglots) Je sais pas quoi faire, ostie.

Faut que je monte à La Pocatière,

puis ma crisse de mère passive-agressive va être là.

Tu viendrais-tu avec moi?

- Je suis vraiment pas habillé pour ça, là.

(soupir)

Je comprends. Excuse-moi. (sanglots)

(fracas d'objets)

Je vais y aller avec toi.

- Oui? - Oui.

(musique dramatique douce)

Hé, juste avant...

est-ce qu'il y a des choses qu'il faudrait que je sache

ou qu'il faut pas que je dise?

- Ils s'adapteront, pas nous. Sois toi-même.

(ouverture de portière)

(claquement de portière)

(claquement de portière)

- Salut.

Ah, ça fait longtemps, hein? - Oui.

- Je suis content de te voir. - Moi aussi.

Allô, maman. - Allô.

- Michel. - Allô.

- Sylvie. - Plaisir.

François.

- Euh... Voulez-vous rentrer? Venez-vous-en.

Quelque chose à boire, François?

On a du vin, de la bière, de l'eau.

- Ah, bien moi, comme Sarah, là.

N'importe quoi, je vais suivre. - Sarah, toi?

- Non, merci.

- OK.

Je vais me chercher une bière, moi.

- Je vais aller voir Josée.

- Il aurait fallu mettre quoi comme photo?

On s'est pas vus depuis 10 ans.

Je l'aimais, moi, Thomas. - Hé, reviens-en, câlisse.

- Comment ça que j'en revienne?

T'es partie comme un voleur, tu m'as pris mon fils.

- Thomas, il est mort, OK?

T'es-tu capable de comprendre ça?

Fais ton deuil, puis décroche.

Qu'est-ce que t'aimes mieux?

Un fils qui a le goût de se tuer ou bien une fille heureuse?

Tabarnak.

(respiration haletante)

- Je vais...

(musique douce)

(musique douce)

(musique douce)

(musique douce)

(musique douce)

- Bon, on aimerait ça que tu viennes manger à la maison.

Je m'ennuie de ma fille, moi.

- Moi aussi.

Je m'ennuie de toi...

...Sarah.

(musique électronique douce)

(propos inaudibles)

(musique électronique douce)

- Vous allez dormir ici.

Bien, il est tard,

puis vous avez bu, fait que c'est pas négociable, ça.

J'ai mis des draps propres dans ta chambre.

- Merci.

(musique douce)

(musique douce)

(fermeture éclair)

(musique douce triste)

(chants d'oiseaux)

- Bye. - Bye, maman.

- Salut, ma belle.

- Bye, papa. - Bye-bye.

- T'as-tu faim? - Euh... Oui.

Bien, je sais pas, toi?

- Je connais une place pas loin.

- OK.

- Est-ce que Jérôme travaille encore ici?

- Oui. Oui, oui, dans les cuisines.

Tu veux-tu j'aille le chercher? - Oui.

- OK.

- Hum...

Peut-être que depuis hier, t'as remarqué que je suis un peu différent.

- Embrasse-moi. Là!

Hé, Jérôme. - Salut.

Euh... Thom-- - Sarah, c'est Sarah maintenant.

- Excuse. J'ai failli pas te reconnaître.

En tous cas, tu y vas all in. - Oui.

- Les cheveux longs, puis... tout.

(rire)

Ça va? - Ça va super bien.

Je suis installée à Montréal,

j'écris pour la télé avec mon chum François. - Hum-hum.

- Ça fait quatre ans qu'on est ensemble.

- Quatre ans la semaine prochaine, non?

- Bien oui, c'est vrai. (rire)

- Bien, je suis content pour toi.

T'as l'air... T'as l'air bien.

- Tellement, si tu savais.

- Sarah, c'est une femme sensible,

généreuse, intelligente, humaine.

- Oh! T'exagères, mon coeur.

- Non, non.

Souvent, je me sens pas à ta hauteur. - Ah, mon amour.

C'est tellement le fun quand l'amour, ça fait pas mal, hein?

(petit rire)

- Je vais y aller, moi.

- Tiens, toi, crisse.

Puis toi, que tu sois trans, cis, homo, hétéro, non binaire,

whatever, je m'en câlisse.

Mais que tu me mentes en pleine face

puis que tu te serves de mes amis puis moi, par exemple,

ça là, c'est crissement minable...

François.

- OK, est-ce qu'on serait prêts à commander, mes chéris?

- Oui! Ça va être la poutine extra fromage, s'il te plaît.

- Parfait. - Toi, mon coeur?

- Moi aussi. - Super.

(musique dramatique douce)

(sonnerie de cellulaire)

(Catherine): Est-ce que la meilleure scénariste en ville est bien réveillée?

Françoise? - Oui, oui, oui, je t'écoute.

- Je pense qu'on peut le popper,

le champagne! (rire)

Le diffuseur capote.

Honnêtement, je sais pas ce que t'as fait avec tes textes,

mais ça a vraiment pris une coche de plus,

ton affaire. Fait que là, la conférence de presse

pour annoncer notre projet, c'est dans une semaine.

Je t'avais dit que ça irait vite.

Je vais juste m'assurer que ma réalisatrice reste lesbienne,

puis on va être corrects. - Catherine, je te perds.

Je te rappelle plus tard, OK?

- Tes textes?

Elle sait même pas que j'existe, hein?

(musique douce)

- Voyons, qu'est-ce tu fais habillé de même?

- Demain, à la conférence de presse, je vais dire la vérité.

- Oh, non. Tu feras pas ça. - Oui.

Là, je me sens sale.

- Bien... Lave-toi.

Fais quelque chose. Je veux dire, non, non, attends.

Tu vas pas tout scrapper, là. - Je ne suis plus capable.

Je ne suis plus capable de faire semblant. - Hé, hé, hé, hé, hé, hé!

Fait 20 ans, moi, que je fais semblant avec mon chum,

puis je braille pas, là!

- Anyway, tu me l'as assez dit, hein?

C'est ma menterie, c'est mon problème.

- Non! Wô, wô, wô, on est une équipe, nous deux.

- Depuis quand qu'on est une équipe? - Pardon?

J'ai investi en toi, moi. J'ai investi en toi.

Tu ne peux pas me chier dans les mains. OK?

Tu vas tout perdre. Y aura plus personne qui va vouloir t'engager.

- Je m'en câlisse.

- Ah, oui, « je m'en câlisse.»"

Il est où le petit gars, hein, qui voulait prouver à son père

que c'était pas un raté, puis qu'écrire, c'est un vrai métier?

- Mon père est mort.

- Ta mère? - Hum?

- Ton ex?

Ta fille? - Non.

- Oui. - Mêle pas ma fille à ça.

- Non? Ta fille...

Toi, tu penses qu'elle va être fière de toi? Hein?

« C'est qui mon père? Ah, mon père,

c'est le menteur qui s'est fait passer pour une femme

pour écrire une série, mais la série,

finalement, elle a été nulle part.

Ça, c'est mon papa. »

- Je pensais que c'était moi le trou de cul dans l'histoire,

mais je vais te le dire, toi, tu donnes pas ta place.

- Tu vas tout perdre, hein?

Françoise!

(soupir)

(musique électronique douce)

- Bonjour, tout le monde. Bienvenue.

On est très contents de vous offrir

la première série sur la transidentité

conçue et créée par une personne trans.

(applaudissements)

J'aimerais inviter à l'avant l'autrice qui est à l'origine du projet...

...Françoise Lebel!

(applaudissements)

- Merci, Étienne. (petit rire gêné)

Je ne suis pas Françoise. (rires)

Non, je vais me présenter, Catherine Deslongchamps,

la productrice de la série.

Françoise est probablement prise dans le trafic.

Euh... Montréal! Et ses travaux. (rire)

Montréal, les cônes, tout ça, là... - Je suis là.

(soupir de Catherine)

(léger grognement)

Merci, Catherine. - Hum!

- Hum...

Ce que j'ai à vous dire aujourd'hui,

je le fais pas de gaieté de coeur, mais...

...je suis tanné de faire semblant que je suis quelqu'un d'autre,

donc... je vais dire la vérité.

(déclic d'appareil photo)

Je ne suis pas réellement une femme trans.

Non...

Au cours des derniers mois...

(déclics d'appareil photo)

- Bonjour!

Je m'appelle Sarah Guenette, je suis une femme trans

et c'est moi qui est à l'origine du projet.

J'ai rencontré François y a plusieurs mois,

pour lui parler d'une idée que j'avais pour la télé.

Malheureusement, j'avais ni l'expérience ni les contacts

pour qu'un réseau me prenne au sérieux,

alors j'ai proposé à François

de se mettre dans la peau d'une personne trans

pour qu'il puisse vivre notre réalité.

Le regard des autres, le mépris, la violence.

Y en aurait long à vous raconter sur ce qu'on vit.

Hein, François?

- Oh, oui. (rires)

- Grâce à ça, il a pu écrire avec moi

la première saison de Transposition

et, avec son expérience, ajouter un peu de crédibilité auprès au diffuseur.

Merci, François, de t'être prêté au jeu.

- Ça fait plaisir. (petit rire)

- Hum... OK.

Merci, Sarah. Euh... J'étais au courant, là.

(rires)

Je suis la productrice. Inquiétez-vous pas.

Non, en fait, c'était mon idée. On voulait que le scénariste

se mette dans la peau du personnage,

tout simplement. Méthode Actors Studio.

Puis aussi, pour mousser le lancement de la magnifique série Transposition.

(applaudissements)

(musique douce)

Gros coup de coeur pour notre actrice. OK.

- Sarah. Sarah, Sarah, Sarah.

Merci. - C'est le projet que j'ai sauvé, pas toi.

(déclics d'appareil photo)

- Toi, tu décrisses.

(déclics d'appareil photo)

Étienne.

(rires)

(déclics d'appareil photo)

(musique électronique douce)

- Arriviste, carriériste, égoïste, je le savais.

Mais t'es surtout un ostie de menteur.

- J'ai juste fait ça pour prouver que j'étais pas fini.

- Moi, je suis habitué que tu me déçoives, mais ta fille?

Tu réalises-tu ce que t'as fait?

- J'étais juste pris dans un engrenage.

Je ne pouvais plus reculer.

Puis oui, y a un bout de moi qui a aimé ça.

J'avais l'impression qu'en Françoise, tu m'aimais plus.

Que vous m'aimiez plus.

- Oui, parce que Françoise, elle, elle m'écoutait.

Elle pensait pas juste à elle.

(petit rire)

- Françoise, c'était moi. C'est moi.

J'aimerais ça qu'on garde cette relation-là, No.

- Pas moi.

- Ça va bien aller. - J'ai jamais fait ça.

- Oh, regarde, si je me fie à la conférence de presse,

t'es parfaite pour inventer des histoires. J'ai confiance.

Allô, Brigitte.

Mon Dieu que c'est beau, tes cheveux.

Étienne nous attend.

- Bonjour, Sarah.

Très content de rencontrer celle qui est derrière

les merveilleux textes de Transposition.

Pour nous, c'est excitant de travailler avec une nouvelle plume,

même si t'as pas beaucoup d'expérience.

- Je trouve que j'ai quand même pas mal d'expérience, moi.

J'ai été trans toute ma vie. - Oh!

(rires)

Pour la suite de la série, je me suis dit qu'on pourrait

aller encore plus loin avec notre personnage trans.

- Oui, écoute, ça, c'est bien, bien bon. Tu vas aimer ça.

- Je suis tout ouïe.

- Mais pour commencer,

on va revisiter le passé du personnage.

(musique électronique douce)

- Je pensais me vomir dessus.

- Je suis sûre que t'étais parfaite.

- Bien été?

- Tu t'en es rappelé? - Moi? Non.

C'est Françoise qui me l'a dit.

(petit rire)

Tiens, bravo.

- Merci.

(musique douce)

- Y a le bois traité, c'est plus économique,

mais plus d'entretien.

Chaque année, faut refaire la teinture.

Ou le composite, plus dispendieux,

mais avec ça, vous allez avoir la... la paix.

Donnez-moi juste une petite minute, OK?

Je peux vous aider? - Oui.

En fait, je suis une autrice.

J'écris la saison deux d'une série,

puis on introduit un personnage de 50 ans hétérosexuel, blanc,

un peu dépassé, prêt à tout pour garder sa place de privilégié

puis... j'aurais besoin d'un genre de consultant.

(petit rire)

- Bien oui.

J'ai toujours rêvé de faire de la TV.

(petit rire)

- Tout ce que j'écris en ce moment est un peu cliché,

fait que je pourrais valider avec toi

si c'est crédible ce que j'écris pour le personnage.

Je te donnerais quelque chose en échange,

peut-être un petit cachet?

(petit rire)

- Écoute, si le personnage est un trou de cul,

centré sur lui-même,

je vais sûrement être capable de t'aider, oui. - Super.

- Est-ce que ça va devenir un personnage important?

- Non, il va mourir avant la fin de la saison.

C'est juste pour éviter qu'on nous dise

qu'il y a pas d'homme blanc hétéro dans notre série, t'sais.

C'est une affaire de quotas.

(François): De quotas, hein?

♪ Ne me quitte pas des yeux ♪

♪ Prends ma main si tu veux ♪

♪ Ne regarde surtout pas en bas ♪

♪ Non ne me quitte pas des yeux ♪

♪ Ne me quitte pas des yeux ♪

♪ La tempête hurle et nous sommes au milieu ♪

♪ Bien qu'elle détruise tout sur son passage ♪

♪ Dans cette chambre d'hôpital ♪

♪ Nous serons deux à lui faire barrage ♪

♪ Est-ce que j'hallucine ♪

♪ Serais-je enfin heureux ♪

♪ Malgré les projectiles ♪

♪ Qui fusent autour de nous deux ♪

♪ Pour une fois je suis invincible ♪

♪ Pour une fois tu peux me suivre ♪

♪ Ne me quitte pas des yeux ♪

♪ Je ne sais pas ce que c'est d'être un homme ♪

♪ Mais pour toi je ferai de mon mieux ♪

♪ Laisse les garçons à la porte ♪

♪ Ne me quitte pas des yeux ♪

♪ Bête de somme ♪

♪ Ou créature de confort ♪

♪ Pour toi je soulèverai des tonnes ♪

♪ Ne me quitte pas des yeux ♪

♪ Est-ce que j'hallucine ♪

♪ Serais-je enfin heureux ♪

♪ Malgré les projectiles ♪

♪ Qui fusent autour de nous deux ♪

♪ Pour une fois je suis invincible ♪

♪ Pour une fois tu peux me suivre ♪

♪ Ne me quitte pas des yeux ♪

♪ Ne me quitte pas des yeux ♪

♪ Non non non non ♪

♪ Ne me quitte pas des yeux ♪

♪ Non non non non ♪♪

Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.