All language subtitles for Ave.Cesar.2024.VOF.1080p.PAPR.WEB-DL.H.264.AAC.2.0-Caren

af Afrikaans
ak Akan
sq Albanian
am Amharic
ar Arabic
hy Armenian
az Azerbaijani
eu Basque
be Belarusian
bem Bemba
bn Bengali
bh Bihari
bs Bosnian
br Breton
bg Bulgarian
km Cambodian
ca Catalan
ceb Cebuano
chr Cherokee
ny Chichewa
zh-CN Chinese (Simplified)
zh-TW Chinese (Traditional)
co Corsican
hr Croatian
cs Czech
da Danish
nl Dutch
en English
eo Esperanto
et Estonian
ee Ewe
fo Faroese
tl Filipino
fi Finnish
fr French Download
fy Frisian
gaa Ga
gl Galician
ka Georgian
de German
el Greek
gn Guarani
gu Gujarati
ht Haitian Creole
ha Hausa
haw Hawaiian
iw Hebrew
hi Hindi
hmn Hmong
hu Hungarian
is Icelandic
ig Igbo
id Indonesian
ia Interlingua
ga Irish
it Italian
ja Japanese
jw Javanese
kn Kannada
kk Kazakh
rw Kinyarwanda
rn Kirundi
kg Kongo
ko Korean
kri Krio (Sierra Leone)
ku Kurdish
ckb Kurdish (Soranî)
ky Kyrgyz
lo Laothian
la Latin
lv Latvian
ln Lingala
lt Lithuanian
loz Lozi
lg Luganda
ach Luo
lb Luxembourgish
mk Macedonian
mg Malagasy
ms Malay
ml Malayalam
mt Maltese
mi Maori
mr Marathi
mfe Mauritian Creole
mo Moldavian
mn Mongolian
my Myanmar (Burmese)
sr-ME Montenegrin
ne Nepali
pcm Nigerian Pidgin
nso Northern Sotho
no Norwegian
nn Norwegian (Nynorsk)
oc Occitan
or Oriya
om Oromo
ps Pashto
fa Persian
pl Polish
pt-BR Portuguese (Brazil)
pt Portuguese (Portugal)
pa Punjabi
qu Quechua
ro Romanian
rm Romansh
nyn Runyakitara
ru Russian
sm Samoan
gd Scots Gaelic
sr Serbian
sh Serbo-Croatian
st Sesotho
tn Setswana
crs Seychellois Creole
sn Shona
sd Sindhi
si Sinhalese
sk Slovak
sl Slovenian
so Somali
es Spanish
es-419 Spanish (Latin American)
su Sundanese
sw Swahili
sv Swedish
tg Tajik
ta Tamil
tt Tatar
te Telugu
th Thai
ti Tigrinya
to Tonga
lua Tshiluba
tum Tumbuka
tr Turkish
tk Turkmen
tw Twi
ug Uighur
uk Ukrainian
ur Urdu
uz Uzbek
vi Vietnamese
cy Welsh
wo Wolof
xh Xhosa
yi Yiddish
yo Yoruba
zu Zulu

Original subtitles

Bonsoir à tous, c'est une comédie romantique qui vous attend ce soir sur

Paris 1ère en direct de Plomeul à quelques kilomètres de l'Orient avec

César. C'est le titre de la pièce de ce soir, une pièce écrite par Michel

Rimmel. C'est donc une adaptation de cette pièce qui s'appelle Sexy Laudry.

Je pense que même si vous ne parlez pas anglais, vous avez compris la substance

de la pièce. C'est une pièce sexy, c'est une pièce coquine.

Plein de tendresse et plein d'émotion. C'est l'histoire d'un couple qui fête

ses 25 ans d'anniversaire de mariage. Au cours d'un week-end, sa femme va

réserver une chambre d'hôtel pour lui faire une surprise.

Elle déteste la routine, elle a peur de ne plus être aimée. Lui au contraire

adore la pérennité de son couple et son quotidien. Autant vous dire deux visions

diamétralement opposées du couple.

Et pour camper ce couple tout feu, tout flamme, deux comédiens extrêmement

populaires que vous connaissez.

Christelle Reboule, c'est la bourgeoise voisine dans Nos chers voisins avec

cette voix inimitable.

Et lui, c'est José dans Scène de ménage. Il s'appelle Frédéric Bourali, vous l

'avez reconnu.

Deux comédiens populaires, je vous le disais, qui sont aguerris aux planches.

Ils se glissent dans la peau de ces deux personnages dans cette pièce mise en

scène par Éric Logérias. Alors, est-ce que votre couple ressemble, ressemblera,

ressemblerait ?

A celui que jouent Christelle Reboul et Frédéric Bourralli ce soir, je n'ai qu

'une seule réponse à vous donner. Ave César et cette locution latine n'est pas

anodine. Passez une excellente soirée.

Quoi ? Mais t'es pas en train de pétrir du pain, là, hein ? T'es censé me faire

un massage.

Ben, c'est ce que je fais.

T'aimes pas ? J'adore.

Mais tu vois, contrairement à mes épaules, mon dos et même mes pieds, mes

fesses sont incroyablement décontractées.

Alors ça, c'est parce que je suis un excellent masseur. Alors occupe-toi

plutôt de mes épaules, tu veux ?

En fait, tu es en train de m'expliquer comment je dois te masser. Mais pas du

tout.

Je partage avec toi mes besoins nuances.

Non, il n'y a pas de nuances, tu me donnes des ordres.

Regarde, le livre dit partager.

Oui, alors dit aussi explorer.

Eh bien, il faudrait peut-être partir à la découverte de nouvelles contrées.

Hein, Diana Jones ?

Et c'est supposé me mettre dans l'ambiance.

C'est supposé me détendre et nous libérer de nos inhibitions.

Mais ça fait mal au pouce. Et ben arrête d'appuyer comme un malade. Mais toi

arrête de me dire comment faire.

Et ben si tu faisais comme je te dis, je n'aurais pas besoin de te dire comment

faire. Allez.

Allez, c'est bon, t'es détendu là.

Ouais, moyen.

À mon tour ! Même pas en rêve. Attends, je t'ai massé, maintenant c'est à mon

tour. Ah non, pas le même jour.

Comment ça, pas le même jour ? Je suis détendue, là.

Si je te masse, je vais me retendre.

Je te masserai demain.

Demain ? Mais si on veut se libérer de nos inhibitions, on est censés être

détendus tous les deux. On n'est pas là pour se libérer seulement de tes

inhibitions. Déjà, tu es censé prendre du plaisir en explorant mon corps.

Oh, j'en prends énormément.

Écoute, je ne suis pas égoïste, maintenant c'est à ton tour d'en

prendre.

En explorant le mien.

En fait, c'est pas du tout relaxant de masser quelqu'un. On est bien d'accord.

Ah, donc ça ne t'a pas excité de masser ? Qui ? Mais c'est du boulot.

T'aimais ça avant ? Avant, avant, il y avait moins à explorer.

Quoi ? Non, alors,

c'est pas du tout ce que je voulais dire.

Ce que je voulais dire...

Christophe Colomb, par exemple, il a découvert l'Amérique une seule fois.

Au deuxième, troisième,

quatrième voyage, c'est déjà moins excitant de la routine.

Il y a un domaine dans lequel t'es encore plus nul que pour les massages.

C'est les métaphores.

Ok. Pour faire des métaphores, il faut avoir de l'imagination.

C'est pour ça qu'on est ici.

Pour faire des métaphores ? Mais non.

Pour faire preuve d'imagination.

Je croyais qu'on était venus ici pour baiser, moi.

Tu t'es trouvé les mots, toi ! Bon, écoute, Corinne, moi je t'ai suivi en

week-end parce que tu me l'as demandé. Parce que notre couple est un peu...

défraîchi, comme tu dis si bien.

Je fais tous les exercices débiles là du mieux que je peux.

Mais personne ne m'avait prévenu que j'aurais réussi à passer un examen

français.

T'as épousé un ingénieur en BTP, Coco, pas un poète.

C'est pas un examen français.

Le sexe, c'est avant tout de la communication.

Alors je me dis que peut-être, si on arrivait à avoir une communication

verbale, on arriverait à avoir une communication charnelle.

Une communication charnelle ? C'est sexy quand tu parles comme ça.

Je sais pas d'être sexy.

Je sais.

Donc tu ne me trouves pas sexy.

C'est de ma faute. Mais qu'est-ce que t'as faute ?

Si on ne fait plus l'amour ? On fait l'amour.

Quand ? C'est quand la dernière fois qu'on a fait l'amour ? Je parie que tu t

'en souviens même plus.

Si, c'était... C'était... C'était... C'était... C

'était quand c'était. Je ne suis pas là à compter comme toi.

On le fait. On ne le fait plus très souvent.

Bon, peut-être. Et alors ? Et alors ? Tu dis et alors ? Mais tu ne crois pas que

c'est important ? Tu ne crois pas que ça en dit long sur nous ?

sur notre mariage. On est occupés.

Comme les toilettes.

C'est-à-dire, on est débordés.

Donc, en fait, c'est juste parce qu'on n'arrive pas à trouver le temps, c'est

ça. C'est une question d'agenda.

Ah, tu sais, moi, des fois, je suis un peu... Tu sais très bien comment ça se

passe à l'agence en ce moment.

Faut bien que quelqu'un se farcisse le boulot que les autres ne font pas.

Oui, je sais, je sais. Moi, ça fait juste 25 ans que j'élève 3 enfants tout

en gérant ma carrière.

Eh ben, tu vois, toi aussi, t'es très occupée.

Mais pas au point de ne pas vouloir échanger avec mon mari quand il rentre

du travail.

Mais enfin... Enfin, on échange.

Oh, con ! Quand tu passes la porte.

Non, non, quand tu jettes ton manteau sur la chaise.

Quand tu allumes la télé.

Quand tu mets les pieds sous la table.

Con ! J'ai besoin de décompresser quand je rentre.

Mais moi aussi, j'ai besoin de décompresser.

Mais après, après avoir servi le dîner, après avoir mis ton fils en pyjama et au

lit, après avoir trié les mails du jour, après avoir réchauffé ton repas, et oui,

est-ce que tu ne crois même plus la peine de dîner avec nous ? Après, après,

après, j'ai besoin de décompresser.

Et j'aimerais pouvoir décompresser avec mon mari.

En fait, tu veux que j'arrête de faire le seul truc que j'aime faire ?

Regarder les infos quand je rentre à la maison.

Pas du tout.

Ça ne me dérange pas du tout que tu regardes les infos, même pendant des

heures.

Je voudrais juste pouvoir échanger avec toi.

Eh bien, regarde-les avec moi.

Regarder en boucle les mêmes infos qui t'expliquent à quel point le monde est

dans la merde ? Alors merci, autant se flinguer tout de suite.

Donc, tu veux pas que je regarde la télé ?

que ça ne me dérangeait pas.

Bon.

Hé, coucou.

Tu veux quoi, au juste ? Je voudrais... J'aimerais... Je sais pas,

moi. Qu'on se fasse des câlins.

On pourrait se passer les pieds, par exemple.

Oh non, je t'en supplie. Quoi ?

On le prend pas mal, hein ? Alors quand j'ai passé la journée sur mes deux

pieds, la dernière chose que j'ai envie de faire, c'est de masser les tiens.

Tu passes tes journées assis derrière ton bureau.

C'est une expression, tu vois très bien ce que je veux dire. Je pourrais te les

masser, moi, les tiens.

Quoi ? C'est quand la dernière fois que tu as prononcé le mot massage ? Pour m

'en proposer un et pas pour acclamer un pour toi juste derrière, c'est quand ?

Oui, bon, d'accord.

Mais n'empêche que si on se câlinait un peu plus souvent, peut-être que...

Pendant que je regarde les infos ?

Oui, on pourrait se faire des câlins sur le canapé. Et tu me parlerais ? Peut

-être.

Donc, je résume, tu voulais qu'on se fasse des câlins et qu'on discute entre

nous pendant que je regarde la télé.

Oui. Et on verrait où ça nous mène.

Éventuellement.

Donc, on se fait des câlins, on discuterait, éventuellement, on

ferait l'amour sur le canapé pendant que je regarde les infos.

Ça fait quand même beaucoup de choses à faire pendant que je regarde les infos,

non ? On n'est peut-être pas obligés de regarder les infos.

Ah, tu vois, tu veux pas que je regarde les infos.

Mais non, je dis simplement que s'il y a quelque chose de plus intéressant à

faire, on peut éteindre la télé.

Eh ben, c'est bon, t'as gagné.

Ma télé est éteinte.

Mais faire l'amour avec moi, c'est peut-être plus intéressant que de

regarder les infos, non ? Mais, je suis vraiment obligé de renoncer à un plaisir

pour un autre.

Avoir les deux, c'est impossible, c'est ça ? Mais c'est toi tout à l'heure qui

disais qu'on n'avait pas assez...

On peut en trouver ? Quand ? Pendant les pubs ? On est bienvenue ici,

non ? Oui, et ? Et ? On a pris ce temps pour faire l'amour.

On a déposé Hugo chez ta sœur, on s'est tapé une heure d'embouteillage, une

heure de plus à tourner en rond dans ce quartier de merde pour se garer.

On le prend ce temps pour faire l'amour.

Est-ce qu'on est en train de faire l'amour, là ? De faire l'amour, ça ?

Non. Non ? Tu m'exaspères. Enfin, je t'exaspère. On fait pas l'amour, on s

'exaspère. Ah, je ne suis pas exaspérée.

Bah, t'es quoi, alors ? Je suis triste.

Oh, non.

Non, ne fais pas ça. Quoi ? Me dire que t'es triste, alors qu'en fait, t'es

énervée. Ah, non, je suis triste.

Je suis triste pour nous. T'es pas triste pour nous, t'es énervée. Je suis

triste parce qu'on a perdu quelque chose.

et qu'on est incapable de le retrouver.

T'es énervée.

T'es énervée parce que t'es trop tard du boulot, parce que je regarde les infos,

parce que je m'occupe pas assez des enfants, parce que je t'aide pas assez à

la maison. Voilà, t'es énervée. Je suis triste.

Triste de ce qu'on a perdu.

Oh.

Oh la pauvre Corinne.

Martyrisée.

Si triste pour son couple.

Pendant que ce sale égoïste de Didier passe ses nerfs sur elle.

Sainte Corinne, priez pour nous.

Tu deviens méchant, là, Didier.

Méchant.

Énervé.

Égoïste.

Pourquoi tu m'as amené ici, en fait ? Pour

échanger.

Pour essayer de retrouver ce qu'on a perdu.

Ben, si t'as toujours raison et moi toujours tort, on n'est pas prêts de le

retrouver.

T'as raison.

Oh non, tu vas pas commencer à être d'accord avec moi.

D'accord.

Oh mais, Corine.

Didier. Allez, passe-moi le bouquin.

Attends, attends, j'en ai noté deux-trois qui sont super.

Il y a un exercice très très simple.

Donnez un surnom à vos parties intimes. Ah non, pitié, non.

Chaque partenaire doit donner un surnom.

au sexe de son compagnon ou de sa compagne, afin de faciliter le

rapprochement et d'ajouter du piquant à leur discussion érotique. Oh putain !

Lors d'une réception par exemple, ils doivent essayer de placer ce surnom dans

une conversation afin de titiller l'autre. Oh putain ! Si le surnom que

vous avez trouvé pour la boîte à ouvrages de votre femme... La boîte à

ouvrages ?

Il date de quand ton bouquin, la boîte à ouvrages ? Pourquoi pas la petite grotte

d'amour ou la bonbonnière ? On s'en fiche, l'important c'est l'exercice.

Donc, si le surnom que vous avez trouvé pour la boîte à ouvrages de votre femme

est la schtroumpfette... La schtroumpfette... Essayez de placer

schtroumpfette dans la conversation.

Exemple, moi, mon héroïne de bande dessinée préférée, c'est la

schtroumpfette. Où ? J'ai toujours trouvé que la schtroumpette était bien

coiffée, pas vous ? Ah si ? Non, très bien, parfait.

Grâce à ce surnom, votre partenaire et vous pourrez partager ce petit moment de

complicité sexy n'importe où.

Utilisez-le le plus souvent possible.

Ah oui, je vois.

Un dimanche midi, chez tes parents, entre la poire et le fromage.

Dites-moi, belle-maman, elle est quand même toute bleue, la schtroumpette ?

Oh, ça m'inquiète, pas vous. Non mais, sans décourager. T'es nul.

Moi, je trouve super cet exercice.

Allez, trouve-moi un surnom.

T'en as déjà un ? Coco.

Écoute, si on veut que ça marche, il faut y mettre un peu de bonne volonté.

Je vais pas me mettre à appeler ta... ton ta... Enfin, par un petit nom sexy

dans une conversation dans un dîner mondain. De toute façon, on s'en fout.

On n'y met jamais les pieds dans les dîners mondains. Bon, très bien.

Je vais t'en trouver un de surnom, tu vas voir. Je ne veux pas de surnom.

Chut, laisse-moi réfléchir.

Mais qu'est-ce que c'est que ce truc, là ? Ah ça ? De l'aromathérapie.

Épices, ombre, nuit d'Ethiopie, sensualité.

Cette chambre doit obligatoirement sentir le tiers-monde ? C

'est agréable, Didier.

Ça crée une atmosphère.

Atmosphère, atmosphère, une atmosphère de merde, ouais, parce que je te jure,

franchement.

Georges ! Quoi ? Ton surnom.

Georges.

Non, pas George.

George. George ? On peut le placer facilement, c'est vachement bien, non ?

George. George.

Ça fait dynamique.

Ça fait américain.

George Washington.

George Harrison.

George Clooney. What else ? Eh ben, comme ça, on saura avec quoi touiller le

café.

Bon, tu peux pas penser.

Ah ! George Michael ! Wake me up before you go-go ! Ça me plaît pas, George !

Wake me up ! Tu vas le vexer ! Peut-être que George a juste besoin qu'on l'aide

un petit peu à se réveiller ! Tu l'appellerais comment, toi, alors

? Pas George.

Mais George, tu lui trouves un surnom, sinon ce sera George !

César ! Quoi ?

César

! Tu veux que je l'appelle César ? Je ne veux pas que tu l'appelles du tout. Mais

pour en finir avec cet exercice débile, je choisis César.

Repasse-moi le bouquin, là, que je trouve autre chose.

Vos désirs sont des ordres, César. Allez à Jacques Taest.

C'est bon, ça suffit. C'est vrai. On va pas en faire une salade ? César !

Tu l'as dégoté où, ce bouquin ? À la bibliothèque.

Ils ont des trucs comme ça, à la bibliothèque ? Il y a toutes sortes de

livres à la bibliothèque.

Tu l'as emprunté ? Non.

Je l'ai caché sous mon pull. J'ai sauté par-dessus le portique de sécurité.

L'alarme s'est déclenchée.

Deux vigiles montales puguées ? Il a fallu que j'en descende un pour m

'enfuir. Maintenant j'ai un terre-polle aux fesses.

Une autre question ? Non, sans façon.

Écoute celui-là.

Fantasme partagé.

Laissez l'imagination de votre partenaire attiser la flamme de la

passion. Étendez-vous, relaxez-vous.

Soufflez sur les braises du désir et faites crépiter vos... Attends, attends,

attends, attends ! J'ai peut-être sorti un extincteur, là, parce que... Dis donc

! En dévoilant vos fantasmes les plus brûlants, ok ? Ok.

À toi l'honneur. Ben, pourquoi je devrais commencer ? Galanterie. Ah non,

je préfère écouter.

Oui, ben, moi, j'ai besoin d'y réfléchir un minimum. Alors, vas-y.

Commence.

T'as pas de fantasme.

Tu... Oh, plein.

Mais il faut que j'en trouve un qui soit racontable.

Pareil ! Bon, c'est ton idée de venir ici, c'est pas la mienne.

Alors vas-y, commence.

Bon d'accord, mais tu te marres pas alors.

Non, non.

Je suis assise dans un café.

Je porte une jupe noire, en cuir.

Des bottes en cuir noir, un chemisier blanc en soie sauvage sans soutien

-gorge.

Taille 36.

Oh puis merde, c'est mon fantasme, taille 34.

Je commande un café à un sublime serveur italien.

Il me la porte, pose délicatement sa main sur mon épaule et me

murmure à l'oreille.

Vous êtes merveilleuse.

Mais en italien.

Bellissima.

Au moment où il pose la tasse sur la table, je croise le regard d'un homme

qui m'observe.

Je baisse les yeux.

L'homme s'approche et s'assoit à côté de moi.

Je fais semblant de ne pas le voir.

Soudain...

Je sens une main sur ma cuisse Le serveur accroche un

écriteau fermé sur la porte Il enlève son tablier

Il est complètement nu dessous Il s

'approche Me demande si je veux un autre café Non

Et là Il se penche vers l'homme assis à côté de moi et l'embrasse à

pleine bouche.

À pleine bouche ? Oui.

C'est mon fantasme, disiez. Et donc, il se retourne vers moi.

Je sais très bien ce qu'ils veulent.

Ils me sourient.

Je leur souris.

Ils me retirent mes vêtements un à un. J'envoie valser tout ce qu'il y a sur la

table. Et là, là... Enfin, tu vois ce que je veux dire ? Oui.

Il n'y avait pas assez de détails, c'est ça ? Ah si, non, c'est très bien

détaillé, c'était parfait.

C'était pas excitant ? Oui, vrai.

Très excitant.

Eh ben, développe ! Développe, mais qu'est-ce que tu veux que je te dise,

moi ? Tu peux pas avoir un fantasme un peu plus comme tout le monde ? Je sais

pas, moi.

Un chant de fleurs, hein ? Ou un cheval blanc qui caracole un bord de mer, les

vagues, les mouettes, tout ça.

Non, là, tu confonds fantasme... sexuel et plus pour désodorisant oui bah excuse

moi excuse moi elle est un petit peu surpris que ma femme rêve de s'envoyer

en l'air avec un serveur ital homo et un dragon de bistrot c'est un fantasme

didier tu sais bien ce que c'est qu'un fantasme et si quelqu'un entrait

entrait dans le bistrot

Ils ont mis un écriteau fermé sur la porte.

Et si les gens ne le voient pas ? Ils entrent et ils se joignent à

nous.

Ah d'accord.

Ça revient carrément à l'orgie ton truc.

Ce n'est pas la réalité Didier.

Oui, mais c'est à ça que tu penses.

Oui, parfois je pense à ça. Et alors ? Et alors ?

Comment veux-tu que je rivalise avec ça ? Mais enfin, tu n'as pas besoin de

rivaliser. Moi, j'ai pas besoin de rivaliser avec ce que tu as en tête ?

Mais non ! Bah si, figure-toi ! Parce que c'est toujours ce que tu as en tête

qui nous fout dans la merde.

Pardon ? Rien n'est jamais à la hauteur de ce que tu as là-dedans, y compris

moi. Mais c'est pas vrai ! Bah si, c'est vrai ! Tu as systématiquement une idée

précise de comment les choses doivent être.

Comment je dois me comporter ? Ah, ouais.

Comment... Comment je dois plier les serviettes ? En quatre, dans le sens de

la longueur, pas en trois.

Comment je dois faire le lit en recouvrant bien les oreillers avec le

drap. Et surtout pas le contraire.

Tu sais précisément combien de temps je dois regarder la télé.

Comment je dois m'habiller.

Ce que je dois manger ou pas.

Jusqu'à la manière dont je dois mâcher mon steak.

Dix fois avant d'avaler. En prenant bien mon temps entre chaque bouchée surtout.

Alors, sans faire de bruit, hein, oulala.

mâcher sans faire de bruit je suis supposé être fort et romantique à la

fois te soutenir mais sans t'étouffer surtout lire dans tes pensées tout

savoir tout comprendre sans oublier bien évidemment de t'offrir des fleurs et de

te faire danser Non mais si tu laissais l'initiative et l'envie de t'en offrir

ça serait parfait seulement non toi tu m'envoies toujours des messages

subliminaux très subtils hein le genre il va penser à m'offrir des fleurs ce

grand con d'égoïste

Si je ne te demandais pas clairement, j'attendrai encore.

Qu'est-ce que tu en sais ? Tu ne l'as jamais fait spontanément ? Mais je ne

peux pas.

Tu ne me laisses le temps, ni même la chance, ni penser.

Et c'est vrai aussi que les fleurs, ce n'est pas mon truc. Mais à moi, c'est

mon truc. Tu danses comme un pied, mais danses non plus, ce n'est pas mon truc.

Comment tu peux dire ça ? Tu n'as jamais essayé.

N'importe quoi. Une fois. Je t'en prie, Didier.

De toute façon, claquer 50 balles dans des roses qui vont finir par crever au

bout de trois jours.

Mais quoi ? Toi aussi, tu vas finir par crever ?

Et ça m'empêche pas de t'aimer.

Et même depuis 25 ans.

Tu t'es jamais offert des fleurs pour ton anniversaire ? Si, mais tu sais ce

qui est sympa de temps en temps ? C'est l'effet de surprise.

Ah oui, bien sûr. Le geste de prouver que je pense à toi.

Tu penses encore à moi.

Évidemment que je pense à toi.

Non, je veux dire de façon.

De quelle façon ?

Mais bien sûr ! Mais attends, c'est pas moi qui rêve de partout avec une espèce

de gogo dans sa rita à la voile et à vapeur.

À quoi tu rêves alors ? À propos de toi.

Oui, à propos de moi, à propos de toi et moi, du chien, je m'en fous ! Qu'est-ce

qui te fait rêver, Didier ? Parce que moi, je sais plus, là.

Ça te fait rêver, ça ? Oui, un peu. Je ne sais pas. Je suis un mec, quoi.

Ah, très bien.

Alors, raconte-moi un de tes fantasmes. Je n'aime pas cet exercice. Mais j'ai

bien fait, moi.

Tu as promis de participer. Je t'en supplie. Ferme les yeux.

Raconte.

Je n'ai pas envie de fermer les yeux.

Bon, très bien. Comme tu voudras.

Alors, moi, je m'allonge et je vais faire le mien.

Mon fantasme.

Mon

fantasme

par Didier Lagnon.

Je m'apprête à rentrer à la maison après une longue journée au bureau.

Mon bureau.

Mon grand bureau d'angle avec vue sur la tour Eiffel.

Je m'apprête à rentrer à la maison après une longue journée au bureau et Rémi, un

jeune collègue, m'arrête avant que je prenne l'ascenseur.

Il a besoin d'un petit conseil d'expert.

Le fameux conseil à la Didier.

Je débrouille l'affaire en cinq minutes, ça lui sauve la mise.

Il me remercie bouleversé. Moi je dis, tu sais, c'est pas grand chose.

Il ne me lâche plus la main.

Je m'apprête donc à rentrer à la maison après une longue journée au bureau, une

journée pleine de défis, une journée très fructueuse.

Le porche est allumé, accueillant.

Ma maison est chaleureuse, mais pas surchauffée.

Ma femme m'attend à la porte avec un grand sourire.

Dans ses yeux, ni inquiétude, ni rage, ni colère.

Aucune déception.

Pas le moindre reproche.

Elle m'embrasse sur la jour, lève mon manteau, me sert un verre, allume la

télé et met ma chaîne d'infos préférée.

Ma fille, étudiante en droit, Ah ça, me tend ma paire de pantoufles.

Elle ne fait pas la gueule.

C'est vêtement son propre passé impeccable. On n'aperçoit ni nombril, ni

genou, ni tatouage, ni persil.

Pendant le repas, je fais une blague très fine.

Et mes enfants rient.

Ils me trouvent aussi drôle qu'intelligent.

Alors pour leur faire plaisir, je la raconte une seconde fois.

Doucement mais fermement, je réprimande mon jeune fils qui mange les coudes sur

la table.

Il m'obéit aussitôt.

Ma femme sourit, elle m'approuve.

Nous sommes conscients de la chance que nous avons.

Pendant que mes enfants font la vaisselle, ma femme

raconte sa journée avec entrain. Elle me parle de son travail de bénévole à l

'église du quartier que nous fréquentons tous les dimanches.

Elle est très fière de la belle commission qu'elle vient d'empocher.

Oui, elle est agent immobilier.

T'as déjà battu en partiel, fais ça par plaisir.

Pas du tout parce que nous avons besoin d'arrondir les fins de mois.

Ensuite, elle me demande mon avis sur la décoration du salon

et je comprends exactement de quoi elle me parle.

Alors je lui donne une réponse éclairée sur un tapis perçant que nous pourrions

disposer sous la table de bridge.

Ma réponse l'enchante.

Il lui donne aussitôt l'envie de me faire un massage du dos, sans rien

attendre en retour.

Plus tard, nous sommes étendus sur le lit, côte à côte, plongés chacun dans un

recueil de poésie.

Nous lisons, savourons ce silence et notre bonheur.

Et sinon, t'en aurais pas un autre de fantasme ? S'il te plaît.

Euh... Donc, je suis dans une chambre.

Ah oui, une chambre.

Je suis dans une chambre. Oui, je suis assis sur un lit.

Quel genre de chambre ? Ben, une chambre avec un lit, une chambre à coucher,

quoi.

Sois plus précis.

Notre chambre à coucher.

Ah ouais ? Alors non.

Non, c'est une chambre d'hôtel.

Je suis assis sur un lit dans une chambre d'hôtel.

Et qu'est-ce que tu portes ? Eh ben, tu permets, c'est moi qui raconte.

Je porte un pyjama et une robe de chambre.

La porte

s'ouvre. La porte s'ouvre et une femme de chambre entre.

Elle est somptueuse.

Somptueuse ? Une somptueuse femme de chambre entre dans la chambre.

Somptueuse ? Ben dis donc, c'est vachement précis comme terme. Ben quoi ?

Non, parce que tu es incapable de décrire la chambre à coucher, mais

étrangement, la femme de chambre imaginaire est somptueuse.

Tu veux que j'arrête ? Qu'est-ce qu'elle porte ? Ben elle porte un plateau avec

un club sandwich.

Elle porte un uniforme. Deux. Deux femmes de chambre.

C'est tout ? Non.

Elle porte des talons aiguilles et un tablier.

En cuir, le tablier. Ah, donc c'est pas vraiment une femme de chambre.

Tu crois ? C'est qui, alors ? Comment tu veux que je le sache ? C'est pas mon

fantasme.

Apparemment, c'est une fille somptueuse.

En uniforme de femme de chambre.

Avec un tablier en cuir.

Ouais.

Alors, je t'explique comment ça s'est passé.

Attends, je t'explique. Alors, il faut imaginer, hein, que la femme de

Chambalant, tu vois, elle est somptueuse.

Elle est somptueuse.

Elle est somptueuse.

Oh, t'es bien, moi je sais plus, là.

Mais qu'est-ce qu'elle dit ? Attends, attends, attends, attends.

Elle dit, si vous désirez le service ouverture du lit, appuyez sur le bouton.

Si vous désirez le service ouverture du lit, appuyez sur le bouton. Ah oui,

appuyez sur mon bouton.

Ah oui, appuyez sur mon bouton. Mon Didier.

Elle connaît ton prénom ? Et toi, qu'est-ce que tu réponds ? Putain, c'est

un service payant ! Quoi ?

L'ouverture du lit, payant ! La mise en place ! Ça me détient ! La mise en place

de ces sons ! Mais en... Mais on t'en fout ! Le dépôt de crédit sur le loyer,

payant ! Les pétales d'euros sur le lit, payant ! Ah, t'es connerie ! Ça aussi, c

'est payant 35 balles, arrête ! On s'en fout, la femme de chambre, elle fait

quoi ? Bah, j'en sais rien, moi, qu'est-ce qu'elle fait, moi ? Elle doit

être posée là, dans un coin, attendre son pourboire, comme tout le personnel

de cet hôtel.

T'es pénible, hein, vraiment, tu fais aucun effort.

Comment ça s'appelle, déjà, ici ? L'hôtel. Non, mais comment ça s'appelle

? Ben l'hôtel.

Hôte apostrophe L.

L ? Ça veut dire quoi L ? Luxe ? Mais non, ça veut rien dire L.

C'est un jeu de mots.

Hôte L.

Hôte comme coquin.

Pour les amoureux.

Qu'est-ce que c'est que ces conneries, là ? T'as lu ça où, toi, encore ? Dans

Marie-Claire.

C'était le titre de l'article. Évidemment.

C'est nouveau, hein ? C'est différent.

J'avais juste envie d'essayer.

Écoute, bon,

je veux bien faire l'amour, hein, mais leur en parler,

franchement, franchement, c'est pas mon truc.

Bon, très bien, mais c'est

toi qui choisis. D'accord.

Un architecte amoureux.

Tu lis ces conneries depuis qu'il croit, toi.

C'est parce qu'un ingénieur a bossé de nuit et jour que cet hôtel tient debout.

Oui, on sait, un ingénieur comme toi a travaillé à la construction de cet

hôtel. Exactement, ouais. Il y a le nom de l'ingénieur dans ton article ?

Sûrement pas.

C'est bien plus important de mettre le nom du glandu qu'à choisir la couleur

des serviettes de bain. Mais sans ce genre d'article, personne ne mettrait

les pieds ici.

Oh, quelle horreur.

Personne pour se faire ouvrir le plumard pour 25 balles. Ou payer un club

sandwich dix fois son prix.

Ça serait une catastrophe économique.

Ah, ça c'est sûr que pour...

Oui, c'est ça, oui.

J'en ai trouvé un autre.

Bon, allez, je t'écoute.

Dégustation à l'aveugle.

Le but de l'exercice est d'utiliser tous vos sens sauf la vue.

À l'aide du goût, de l'odorat.

du toucher, explorez le corps de votre partenaire afin d'en découvrir toutes

les subtilités.

Donc, il faut qu'on se mette un bandeau sur les yeux, pas le droit de parler,

et on voit ce qu'on ressent pendant l'exploration. Ça marche, et qu'est-ce

que je... Ah ben, on n'a pas le droit de parler. Ben, je n'ai rien dit, là.

Ah ben, si, t'as dit. Alors, quelque chose pour se bander les yeux. Ah, j'ai

peut-être quelque chose... Hop, hop, hop, hop, hop.

T'as des foulards dans tes affaires ? T'as des foulards dans tes affaires ?

T'as des foulards ? Je vais voir ce que je trouve dans la salle de bain.

pour cette chambre ? Tu sais très bien ce qu'on a payé.

Ah ouais ? 454 euros.

454 euros et les serviettes sont fines comme des mouchons en papier. Ah, mais

on pourrait peut-être s'en servir pour se bander les cieux. On peut même pas s

'en servir comme serviettes. Hé, les tés d'oreiller ! C'est vraiment du foutage

de gueule.

Allez, viens.

Mais commercialement, c'est minable. Ils trouvent bien le jouet à la qualité.

Avec leur serviette pourrie, ils vont dégoûter les gens de revenir.

Non, attends, attends, attends.

Je vais les appeler, moi.

Ça va pas, tu vas appeler qui ? Le directeur de l'hôtel. Tu comprends, ces

mecs se croient intouchables.

Ils croient pouvoir lésiner sur les serviettes et que personne s'en

apercevra. Non mais Didier ! Attends, attends, tu vas voir.

Allô, ouais, chambre 219.

Vous pouvez me passer le directeur de l'hôtel, s'il vous plaît ? C'est pour

formuler une réclamation au sujet du linge de toilette. J'ai à mon temps vous

dire.

Ouais, pas bien, je patiente, ouais.

Ils vont me le passer.

Courage ! On se remarquera que l'inverse est vrai aussi parce que... S'ils

avaient des serviettes de qualité, il y a des gens qui reviendraient que pour

ça. Mais personne n'a de stratégie à long terme. Je ne savais pas que tu te

passionnais à ce point-là pour les serviettes. Viable est dans les détails.

Petits effets, grandes conséquences.

Et tu es obligé de faire ça maintenant.

Il n'y a pas de petits... Allô ? Quoi, le service d'étage ? Non, ce directeur

de l'OTA que je veux parler.

Oui, c'est au sujet des serviettes, oui.

Non, non, non, je ne veux pas de serviettes supplémentaires.

Non, le problème, c'est qu'elles sont fines.

Voilà, elles sont très fines.

Et moi, ce que je pense, si vous voulez, par rapport au... Non, mais laissez-moi

parler. Si vous voulez, moi, ce que je pense... Non, mais laissez-moi parler.

Non, en fait... Ah, mais ta gueule ! Non ! Non, je ne veux pas remplir de

formulaires de réclamation. Écoutez, repassez-moi la réception.

Non, mais c'est qu'une serviette.

Serviette ? Non, ce n'est pas qu'une serviette. Ah, Didier, j'ai peut-être

quelque chose dans ma valise. En tout cas, c'est en disant sur l'intérêt que

ces gens portent à leur clientèle. Regarde, on pourrait prendre mon pull ou

mon tee-shirt. Soit petit A, il pense qu'on s'en fout. Soit petit B...

Quand ça ne l'apercevra pas, dans les deux cas, je trouve ça extrêmement

insultant. Tout ça pour une serviette ? Mais c'est une question de principe.

Moi, quand je paye, je veux en avoir pour mon argent.

Oui, sauf qu'en l'occurrence, c'est moi qui ai payé.

Ouais, ouais, mais, hein, dis donc, tu vois très bien ce que je veux dire.

Allô, ouais, chambre 219, ouais.

Oui, c'est au sujet des serviettes.

Qu'est-ce qu'elles ont ? Elles sont fines, elles sont trop fines.

Ah, elles sont italiennes.

Ouais, ben, je préfère qu'elles soient épaisses.

La quoi ? La microfibre.

C'est plutôt de la micro-qualité.

Ah, c'est des Michelanges. En voilà, là, tout est dit, des Michelanges.

Laissez-moi rire, madame.

Vous imaginez un petit peu, Michelange, après une grosse journée de peinture, il

est là, Michelange, et vas-y, il peint, il peint, il peint, il peint. Ouais, je

suis toujours là, ouais. Il peint, il peint, et vas-y, il peint, il peint, il

peint. Il rentre chez lui, il prend une douche.

Vous ne croyez pas qu'il a envie de s'envoler dans une bonne serviette bien

épaisse, bien confortable ? Plutôt dans votre torchon, là, en micro-couille de

mes deux fibres, là.

Ouais, c'est ça, ouais, au revoir, merci.

Les serviettes italiennes !

Pas trop serré.

Tu vois quelque chose ? Ben non, j'ai les yeux bandés.

Tu vois à travers ? Rien du tout.

Ah, passe-moi ça.

Ah, c'est doux.

C'est du cachemire.

C'est neuf ? Je l'ai eu en solde.

Tu m'étrangles là. Combien ? En solde, je te dis. Non, laisse-moi faire.

J'ai économisé 150 euros.

C'est bon, tu vois plus rien là ? Presque.

Les soldes.

Mais c'est ridicule, on n'économise pas de l'argent en dépensant de l'argent.

Regarde, l'économie mondiale. L'économie mondiale.

Mais on parle d'un pull, Didier.

Je le voulais, je l'ai acheté. Fin de l'histoire.

Oui, c'est bien ça le problème. Aujourd'hui, tout le monde veut tout,

tout de suite.

Tu sais ce qui se passe quand un type obtient le truc qu'il veut tout de suite

? Ça veut dire qu'il y en a un autre qui l'attend, le truc.

Qui peut-être attendre très longtemps.

Des années, si ça se trouve. Moi, je trouve ça injuste. C'est nul.

C'est dégueulasse.

Ils t'ont pas donné le statut d'associé ?

C'est Rémi qui l'a eu.

Mais pourquoi tu me l'as pas dit ? Ça fait même pas cinq ans qu'il est dans la

boîte.

Mais qu'est-ce que tu veux ? Il a vingt ans de moins que moi.

Oh, Didier ! On s'en fout. Mais non, on s'en fout pas ! Pourquoi tu me l'as pas

dit tout de suite ? Je sais pas.

Je croyais vraiment que ça serait moi, une simple formalité. Je suis dans cette

boîte depuis si longtemps.

Je me suis senti tellement con.

Ah, c'est pas juste.

Tes idées sentent définitivement le passé et la naphtaline.

C'est Christophe qui a dit ça ? Ouais, il veut qu'avant, des fraîcheurs

soufflent sur l'agence.

Mais enfin, t'as l'expérience, toi ! Ouais, mais Rémi les impressionne.

Il a des idées extraordinaires.

Tu te rends compte ? Il a plié le projet Atlas en trois mois.

En trois mois ! Lui, quand il voit un vieil immeuble... En 30 secondes, il

pense à une perle architecturale qu'on pourra édifier à la place.

Moi, quand je vois un vieil immeuble, je pense démolition.

Un jeune chantier à louer, mais de cubes de gravats à déblayer.

Évidemment, ça les impressionne moins.

Tu t'en as expliqué avec Christophe ? Mais pour lui dire quoi ? J'ai pas envie

de passer pour le faussetrait de service.

Avec ton ancienneté, ils finiront bien par te donner une promo un jour ou l

'autre.

Et puis au pire, c'est qu'un boulot que tu fais formidablement bien d'ailleurs.

Mais ça reste un boulot.

Tu dois avoir raison.

Je suis désolé. T'as pas à te désoler, c'est normal que ça te touche.

Avec cet argent... On s'en fiche de l'argent.

On en a plus qu'on peut en dépenser.

C'est vrai que pour ça, on peut te faire confiance.

Bon, allez, hein ? C'est notre week-end.

On va pas laisser Rémi et Christophe tout le gâcher. Oh, t'as raison.

On remet les bandeaux. On n'est pas obligés.

Tu vas pas me raconter un de tes fantasmes, plutôt ? Non, mais un vrai,

cette fois. Coucou. Chut, chut.

Là.

D'accord.

Allonge-toi.

Ferme les yeux.

Qu'est-ce que tu vois ? Je vois une plage.

Une plage cadue sous les tropiques.

Une fille sur une serviette prépare un pique-nique.

Tu sais, elle porte un pareo qu'elle a noué sur son maillot de bain.

Elle se penche sur son panier et son pareo vert glisse lentement sur elle.

Je devine la forme de ses petits seins.

Sa peau a l'air douce. On reprend l'exercice des bandeaux.

Ah, pourquoi ? Non, mais t'as raison, c'est bizarre de parler de ces choses

-là. T'as pas aimé, moi ? Non, non, c'est pas ça, mais un exercice muet, ce

sera plus intéressant.

S'il te plaît, Didier. On met les bandeaux, alors. Ouais, ça va être

sympa, tu verras.

Comme tu veux. Donc, on ne parle pas. On ne parle pas. Très bien.

Aïe. Je t'ai fait mal.

Ben, disons que, bon, si on considère que la rencontre violente et inattendue

entre un coude et une oreille peut provoquer une vive douleur,

effectivement, j'ai mal, ouais.

Je suis désolée, mon amour. Bon, on va se mettre sur le lit. C'est plus

brûlant. Donne-moi ta main.

Avez César!

Donne-moi ta main.

T'as remarqué comme les choses semblent toujours plus loin quand on est dans le

noir?

Plus loin ou plus près? Très drôle.

Ça y est, j'y suis. J'y suis aussi.

Je suis sur le lit.

Bonsoir.

Bonsoir.

Les draps sont très fins aussi, non ? Particule !

J'explore.

Mon ventre ? Ouais.

Y'a de quoi faire.

Quoi ? J'avais jamais remarqué tout ça. Attendez, Théon. Tout ça ? Mais pourquoi

tu fais ça ? Tu savais ou quoi ? Tu m'as mordu. Tu pourrais au moins essayer d

'être gentil. Quoi ? Que tu n'aies pas envie d'être ici, c'est une chose. Mais

ce n'est pas une raison pour te moquer de ma légère frise de poids. Je n'en

veux pas de toi.

J'explore. Tu explores en faisant des commentaires sur mes bourrelets. Jamais

de la vie. Y'a de quoi faire.

C'est des poignées d'amour, ça veut bien dire que ça... Ne sois pas

condescendant, s'il te plaît ! Je sais, moi.

Je me suis un peu laissée aller ces derniers temps, c'est vrai, mais je

pensais que mon mari aurait la délicatesse de fermer les yeux là

-dessus. Je pouvais pas avoir les yeux plus fermés que ça.

Quant à mes mains, elles faisaient le passé.

Dumont ! J'ai bien remarqué qu'à chaque fois que tu me prends dans les bras, tu

passes tes mains sous mes hanches, et tu me tâtes le dos pour voir si j'ai pas

encore grossi. Quoi ?

Je comprends mieux maintenant pourquoi on ne fait plus l'amour.

N'importe quoi. En fait, tu ne supportes plus de me toucher.

Viens.

Laisse-moi te dire une chose, Didier Lagnon.

Tu n'es pas non plus exactement ce qu'on pourrait appeler un Apollon.

C'est vraiment obligé de rester là, en prendre plein la gueule ? Mais pourquoi

un homme aurait-il le droit de se laisser aller tout en exigeant de sa

femme qu'elle reste mince, séduisante et attirée par lui ? Mais je veux pas que

tu sois mince. Ah, tu trouves que je suis grosse ? J'ai dit ça, non.

J'ai dit que je ne te demandais pas d'être mince. Donc, conclusion, tu veux

que je sois grosse ? Mais pas du tout.

C'est vraiment les conclusions qui t'arrangent, toi. De quelles conclusions

tu parles ? Mince ou grosse ? Mais tu m'embrouilles, là ! C'est pas

obligatoirement l'un ou l'autre. Mais réponds à ma question.

Qu'est-ce que tu préfères ? Que je sois mince ou grosse ? Ne mens pas !

Toi

! Je préfère que tu sois toi. Mais qu'est-ce que ça veut dire ça ? Ça veut

dire que tu es parfaite comme tu es.

Grosse ! Oh merde ! Je comprends rien.

T'es un homme, toi.

Ah ben oui, vous les hommes, vous vieillissez, puis avec le temps, comme

le bon vin, là.

plus séduisant.

Nous les femmes, on vieillit et c'est tout.

Je vieillis et c'est tout.

Tiens, dans ton fantasme, la fille sur la plage, elle a quel âge ?

Je ne sais pas, c'est une femme. Une jeune femme.

Si c'est encore au sujet des fleurs... Il n'y a rien à voir avec les fleurs !

La

sensation d'être vivante, c'est ça qui me manque.

Mais bien sûr que t'es vivante.

Mais j'ai pas toujours l'impression de l'être.

Aïe ! Eh ben tu vois que t'es vivante ! Mais tu comprends pas !

J'imagine que non.

Je suis retournée à la gym.

C'est une année de forme.

Non, univers de la forme. C'est pareil.

Non, c'est pas pareil.

Je suis regardée dans un miroir.

Et je me suis dit, c'est maintenant ou jamais.

Et donc, t'avais transpiré, alors ? Ben oui, j'y suis allée, sauf qu'en

arrivant, je me suis rendue compte que j'avais oublié mon sac de sport à la

maison.

J'ai dû improviser.

Heureusement, j'avais mes baskets aux pieds.

Et Hugo avait laissé son short de foot dans la voiture.

Alors je l'ai mis.

Je suis allée vers les tapis roulants, ceux des femmes.

Tu sais, du côté des femmes, il y a un grand miroir en face.

J'ai commencé à trottiner.

Je me sentais super bien.

Je me suis même dit, bravo Coco, tu sais encore courir.

Et tout à coup, cette femme, enfin cette jeune femme, une somptueuse jeune

femme, est montée sur le tapis à côté de moi.

22, 23 ans, les cheveux noirs jusqu'aux fesses, attachée en queue de cheval.

Elle portait une de ces petites brassières hyper moulantes.

Et la couleur de la virgule de ses Nike était assortie à son bandeau.

Une fois sur le tapis, elle s'est mise à appuyer sur un tas de petits boutons.

Tu sais, sur les tapis roulants, il y a plein de petites lumières qui t

'indiquent le niveau de difficulté.

De 1 à 20.

Elle s'est mise directement au niveau 15.

Avec un maximum de montées et de descentes.

Elle se regardait dans le miroir en courant.

Moi, j'étais au niveau 1.

Sur mon écran, les petits points lumineux étaient tout plats.

Juste une ligne horizontale de petits points rouges.

Pas de montée, pas de descente, rien.

Encéphalogramme plat.

Comme si j'étais morte.

Alors j'ai augmenté de 2-3 niveaux et j'ai couru plus vite.

Je courais vite.

Et c'est à ce moment-là qu'une autre minette est montée sur l'autre tapis à

côté de moi.

Elle aussi a choisi un niveau très très élevé, course en montagne.

Elle était blonde avec un piercing au nombril.

Alors j'ai encore augmenté la vitesse de mon tapis.

La fille aux cheveux noirs a commencé à faire de grands mouvements de bras.

J'ai fait la même chose.

D'un coup de tête, la blonde a balancé ses cheveux par-dessus son épaule.

la même chose.

On courait vite, on était super fortes. La brunette m'a sourie.

Je lui ai sourie.

La blonde a augmenté sa vitesse. Pof, j'ai augmenté la mienne.

Je regardais mes petits poings qui montaient et qui descendaient. Ça

commençait à faire de belles courbes. Je sentais mon cœur battre à toute

perzingue et mes poumons prêts à...

j'aurais dit le générique de drôle de dame ! Tu sais, quand les trois filles

courent ensemble, cheveux au vent et seins fièrement dressés, c'était

exactement ça. Il y avait Farah d'un côté, Jacqueline de l'autre, mais au

milieu, à la place de Kate...

Les cheveux gras, le teint gris, Colombo avec le short de foot d'Hugo,

et un tee-shirt sans forme, comme son vieil imperméable couvert de sauce

tomate.

Soudain, Jacqueline s'est retournée vers moi.

Et je te jure que tout avait l'air d'être au ralenti.

Elle m'a montré quelque chose par terre.

Alors j'ai regardé ce qu'elle me montrait. Mais c'est très difficile de

regarder le sol quand tu cours super vite et que tu remues les bras en même

temps. Quand je me suis aperçue que le lacet de ma basket droite était défait,

je me suis envolée, littéralement, comme une bouse.

Je me suis faite éjecter du tapis roulant et je suis partie dans les airs

pour atterrir contre le mur derrière.

T'imagines le tableau ? Deux déesses aussi belles qu'Aury et moi,

écrasée contre le mur derrière, dans le short de foot d'Hugo.

Qui venait de se déchirer à l'en...

Ce qu'on est devenu.

C'est avec la tête que t'as collé dans le mur.

Non.

Attends.

Tu m'as amené ici pour m'annoncer que tu veux divorcer ? Je t'ai amené ici

pour voir ce qui reste de nous.

Ce qui reste de nous ?

C'est nous.

Je ne sais pas si c'est suffisant.

Suffisant, c'est comme ça.

Et c'est quoi ça ? Ça ? Eh bien ça c'est nous, Corinne et Didier, mariés depuis

25 ans, trois enfants, une maison dans un beau quartier, de super amis.

Attends.

Attends, attends, attends.

C'est un test ou quoi ? D'un côté 25 ans de mariage, Puis de l'autre, ce week-end

à la con, là.

Si on fait pas l'amour aujourd'hui, on divorce, c'est ça, quand c'est les

questions ? Possible ? Possible

? Putain ! Mais le divorce, c'est pas un mot qu'on balance comme ça, t'as pété un

câble ou quoi ? Peut-être que tu t'es vu un beau matin dans ton miroir, après ton

cours de gym, tu crois que ça donne le droit de te foutre en l'air ?

En même temps, c'est pas étonnant.

Aujourd'hui, tout est devenu jetable.

Époque de merde.

Je voudrais juste que les choses soient plus faciles.

Plus évidentes.

Enfin, Corée, regarde autour de toi.

Regarde.

Bien mais jamais évident et facile.

Tout n'est pas exactement comme on voudrait.

C'est la vie.

Vieillir, c'est l'accepter, c'est faire avec.

C'est faire au mieux.

Avant, on préparait le dîner ensemble.

Je t'aime. Non, tu me laisses terminer, s'il te plaît.

On préparait le dîner ensemble.

Maintenant, tu es plouche.

Je cuisine.

Ah, on est dans la même pièce.

Mais c'est tout.

J'ai pas envie de continuer à vivre avec toi.

Simplement parce qu'on vit ensemble depuis toutes ces années. On est mariés.

C'est pas seulement vivre ensemble.

Mais il y a un tas de gens qui sont mariés. Oui, mais il y a un tas de gens

qui n'ont pas ce qu'on a.

Il y a un tas de gens qui ont juste à voir ce qu'on a. Oui, et ? Je crois que

tu te rends pas bien compte de ce qu'on a.

C'est pas quelque chose qu'on peut acheter.

On l'a construit, nous.

Depuis 25 ans ! Tous ces petits boulots à temps partiel, deux

diplômes universitaires, tous ces appartements en location, et enfin,

notre maison, nos trois enfants, ton cancer

du sein, mon putain de mal de dos.

Alors toutes ces conversations interminables avec ta famille...

Se lever ensemble tous les matins,

se coucher ensemble tous les soirs, c'est nous, ça.

C'est les fondations, c'est les murs, les briques, le béton, le plafond.

Peut-être que t'aimes plus la façade, mais c'est nous.

Ça vaut quelque chose, crois-moi.

Mais je parle pas de notre histoire.

Je parle de ce qu'on ressent l'un pour l'autre.

Pourquoi ça a changé ? Pourquoi t'es plus le même ?

On est tout simplement plus vieux, voilà.

Oui, parce que contrairement à la croyance populaire actuelle, les gens

finissent par vieillir.

Avant, tu mettais la musique à fondre la voiture. Mais je t'étais encore plus

que...

T'as toujours raison. On fait quoi ? Écris le scénario.

Dis-moi ce que tu dois faire, dis-moi ce que tu dois dire. Le problème, ce n'est

pas que tu ne mettes plus la musique à fond, que tu ne danses pas.

Le problème, c'est que tu n'essaies même plus.

Je n'aime pas danser, je ne veux pas danser, je n'ai jamais dansé, c'est

quand même pas une taille. On est dans la merde ! Et on ne fait rien pour s'en

sortir ! Mais, mais passez le week-end dans cet hôtel chic moins le quart, là !

Ridiculement rouge ! Et payez une fortune pour dormir là-dedans, dans des

draps, ridiculement fins ! Salut, je ne change pas ni trop ni moins.

On n'a rien à foutre. Ici, mais rien, rien.

Le problème, c'est que moi, ça me gonfle.

Et toi, ça t'enchante.

Eh oui, c'est peut-être ça le problème.

Tu sais...

Quand tu vas dîner chez les amis, tu rentres dans le salon, et puis alors le

premier truc que tu remarques au milieu des meubles raffinés, c'est le bon gros

fauteuil club.

Et tu te dis, dis donc, il est kitsch le fauteuil.

Et ensuite, qu'est-ce que tu te dis ? Oh, j'en ai rideau ! Non. Non ?

Tu te dis, je vais m'asseoir dans le fauteuil kitsch parce qu'il est

confortable et que la soirée va être longue.

Je veux être assis confortablement pour apprécier la fête.

Je veux m'asseoir dans le fauteuil club. Il est parfait. C'est le fauteuil par

excellence.

Attends.

T'es en train de me dire que je suis un fauteuil club ? Dans le salon de ta vie

? C'est la métaphore la plus insultante que t'aies jamais faite, Didier.

Je suis en cuir au moins ? Ou un vieux sky tout pourri ?

Ah non, non, non.

Je suis une ocase, c'est ça.

Une seconde main.

Et toi, qu'est-ce que t'es ? Amable télé, non ? Mais t'es pas un fauteuil

club.

On l'est, nous.

Notre mariage l'est. On a une vie confortable, on est confortables

ensemble. Mais être confortable, ce n'est pas être passionné.

Mais tout ça là, tout ça là, ça là, ça là, c'est passionné, tu trouves ? On est

soi-disant ici pour aiguiser notre passion.

Tout ce que tu trouves à faire, c'est faire la liste de tout ce qui va pas.

Tu parles même de divorce.

C'est pas exactement ce qui est plus passionné.

J'exprime simplement ce que je ressens.

Oui, alors tu sais quoi, ma chérie ? Je vais t'apprendre une grande nouvelle.

Je sais exactement ce que tu ressens.

Ouais.

Tu te sens déçu.

Tu te sens frustré.

Tu te sens fatigué.

T'as l'impression que c'est toi qui pense à tout, qui fait tout.

T'as l'impression que je suis pas assez bien pour toi. Eh ben, tu sais quoi ? Je

crois que je commence à ressentir la même chose.

Tu sais, des fois, moi, le soir, quand je rentre à la maison, je reste assis

dans la voiture.

J'ai pas envie de rentrer.

J'ai pas envie de te voir.

J'ai pas envie de voir cette déception

si perceptible sur ton visage.

Tu sais, moi aussi j'ai des envies, des désirs, qu'est-ce que tu crois ? J'en

fais tout un plat, non ? Peut-on se servir à quoi ? Non, je peux pas me

laisser bouffer par ta déception ou par la mienne, il faut que je fasse front.

que je garde la tête haute.

Peut-être que je ne construirai jamais mon viaduc de Millau, mais je dois

apprécier ce que j'ai, ce que nous avons.

Et si ce n'est pas assez pour toi, c'est peut-être toi qui as raison.

C'est un exemple, c'est pas important. Et si c'est important ? J'ai envie de

savoir des choses sur toi.

J'en ai tellement marre de nos... Comment s'est passée ta journée ? Très

bien, merci.

Et toi ? Comment s'est passée ta journée ? Très bien, merci.

Et toi ? Comment s'est passée ta journée ? J'ai envie de savoir des choses.

Même si tu penses à cette fille, là, sur la plage. Non, non, non, non, non.

Sérieusement, même si t'as envie d'une aventure avec elle.

Mais je comprends.

Je sais très bien pourquoi t'en as ras-le-bol de moi. Je vais pas ras-le

-bol de toi.

Eh ben moi, oui.

Oui, bon, c'est vrai que des fois, j'invite cette fille sur la plage. Oui,

elle est belle, elle est jeune.

Elle est heureuse.

Tu riais tout le temps.

T'as le rire le plus merveilleux que j'ai jamais entendu.

J'arrive à peine à m'en souvenir.

J'ai peut-être besoin que quelqu'un me raconte une bonne blague.

Eh ben voilà, c'est encore de ma faute. Non, je dis pas que c'est de ta faute,

mais si je ne suis pas heureuse en couple.

Ça te concerne un peu, non ? Je ne peux pas te rendre heureuse.

Je n'attends pas de toi que tu me rendes heureuse.

J'attends de toi que tu... Je sais pas, moi, j'attends de toi que tu me... J

'attends de toi que...

On est bien, non ? Eh bien ? Ça te suffit ?

Je sais pas.

Tu te poses pas la question ? Je suis qui je suis ? Non.

Non, tu t'es perdue.

Tu te ressembles plus.

T'es plus qu'une ombre.

C'est pas à toi de me changer.

Et pourquoi pas ? Je suis ta femme.

T'es tellement bourré de certitudes, là, que tu tentes plus rien de neuf.

Tiens, c'est pour ça qu'au bureau, ils t'ont pas donné le statut d'associé.

Qu'est-ce que t'as dit ? Je te connais.

Tu décides comment les choses doivent être, mais tu n'écoutes rien, ni

personne. Tu juges, tu critiques, mais tu t'impliques plus.

Comment tu veux continuer à être créatif en fonctionnant comme ça ?

Moi, je décide comment les choses doivent être.

Alors là, ça, c'est la meilleure, celle-là. C'est toi qui décide de tout,

tout le temps.

Tu veux que je change ? Pour ça, il faudrait que tu m'écoutes un petit peu

de temps en temps.

Que tu fasses un petit peu attention à moi, de me déplacer comme un meuble.

Tu me fais marrer, toi. Si d'un seul coup, je m'étais à avoir des idées

nouvelles ou à décider de quelque chose, tu ne saurais pas comment réagir. Et c

'est exactement ça que je veux ! Ouais, c'est ça, ouais.

Il faut que tout soit exactement comme toi tu veux. Et si tout n'est pas

exactement comme toi tu veux, tu te fous en colère.

Ah oui, non, non, tu es triste.

D'accord.

Je suis peut-être un peu autoritaire.

Et j'aime sûrement un peu trop contrôler les choses.

Mais tu sais qui je suis aussi, Didier ? Ta meilleure amie.

Et ce que je te dis là, c'est la vérité.

La vie te fait tellement peur que tu t'oublies de la vivre.

Ah, parce que c'est toi qui vas m'expliquer comment vivre, c'est ça ?

Mais pourquoi ? Pour que je devienne un hystérique du contrôle, comme toi ?

Tu sais bien que j'ai raison.

Si tu veux pas essayer de changer...

Essayer quelque chose de nouveau.

Ben moi j'ai plus envie de continuer.

Ah d'accord.

Ah ouais d'accord ouais.

Je vois que tout est prévu, tout est réglé dans ta tête.

Tu fourres la 25 ans de notre vie comme ça parce que tu sais tout toi.

T'as toujours raison.

Tu veux du nouveau ? En voilà.

Va te faire foutre.

Ok.

Je

vais

mettre une jupe. Ok.

Et puis je vais prendre un bain ! Ok ! Oui ok !

Ah merde ! Merde ! Ah c'est pas vrai, merde !

Oh merde !

Tu m'emmerdes Corinne.

Pourquoi tu sens toujours cette foutue légitimité à vouloir me donner des

leçons sur des trucs dont t'as absolument aucune idée. T'as aucune idée

comment ça se passe dans ma boîte. J'aimerais bien que tu passes une

journée à ma place pour voir vraiment.

Comment j'ai fait pour vivre comme ça ? 25 ans.

Y'en a qui prennent des peines de prison moins longues.

C'était pas ça le deal. Moi j'ai pas signé pour ça. Mon boulot de geste est

pénible. Le mariage est un compromis. Un mariage devrait être moins compliqué.

Un mariage ça demande des efforts. Un mariage devrait être un refuge.

Pas un épisode de confession intime.

Je serais aussi bien toute seule. C'est bon, j'ai ma dose.

Non, c'est bon, ça suffit. C'est maintenant ou jamais.

J'ai besoin d'un nouveau départ.

Elle peut garder la maison.

Il peut garder la maison.

Moi, je prendrais un appartement ou une chambre quelque part. Je m'en fous.

Je garderais mes meubles.

Je garderais juste mon fauteuil.

Regardez son vieux fauteuil, là. Et ma télécommande.

La putain de télé.

Une heure d'info, sans interruption.

Ah puis vivre peinard sans être emmerdé là toutes les cinq minutes pour un oui

pour un non sans toute cette engueulade, ces critiques incessantes, ces

réflexions permanentes sur notre mariage. Je pourrais prendre un joli

petit appartement. Je pourrais écrire un livre si je voulais. Repindre.

Ou m'en mettre au golf. Ou pas.

Chaque chose serait bien à sa place.

Je retrouverais tout tout le temps bien à sa place.

Plus de cheveux dans le lavabo.

Plus de ronflement.

Plus de lait de soja.

En mangeant des sushis. Ah parfait, Didier déteste les sushis. Alors tiens,

je vais me trouver un hobby moi.

Alors pas le golf, c'est trop prévisible.

Je pourrais peut-être encore rencontrer quelqu'un.

Je vais m'acheter un bateau.

Je vais apprendre à naviguer.

Je vais me faire couper les cheveux courts.

Me faire faire une manucure.

Un soin du visage.

Ah non, pas de lifting.

Je vais rencontrer quelqu'un qui m'aimera comme je suis.

Il y aura de la magie entre nous, une étincelle, une évidence.

On se rencontrera lors d'un dîner chez des amis, enfin des amis qui ne

connaissent pas Didier. Je vais m'acheter un petit voilier, une goélette

ancienne.

Ou au supermarché.

Non, on se rencontrera sur une croisière. Un voilier m'évader en mer,

seul avec les cormorants.

personne en dessous de 40, personne aux dates 60.

Je serai en train de contempler l'océan.

Il m'apportera une coupe de champagne.

Il me dira qu'il aime la forme de ma robe.

Il sera attentif à ce genre de détails.

Et on restera là, silencieux, heureux de l'être, contemplant l'océan,

ensemble. Les cormorants et moi, personne d'autre.

Pas de téléphone qui sonne. Les cheveux au vent.

Pas de téléphone, pas de SMS.

La lune haut dans le ciel.

Sa main sur mon épaule.

Sa main sur mon épaule. Ah, je pourrais amener Corinne Samago, elle est de temps

en temps.

Une divorcée sur une croisière, non mais quel cliché ma pauvre Corinne. Après

tout, on peut rester amis.

Je pourrais dire que Didier est mort.

Dans un tragique accident de bateau.

Bon, ça a été dur, mais je suis forte.

Les enfants sont grands.

On s'était bien organisés financièrement.

Didier a toujours été très responsable.

Il s'est toujours très bien occupé de nous. Souvent au détriment de ses

propres besoins.

Enfin, je crois.

Peut-être. On a tellement de souvenirs à se raconter.

Non, non, non.

Je ne parlerai pas d'idées.

Je garderai un air mystérieux à son sujet.

On ne peut pas jeter 25 ans à la poubelle comme ça.

C'est long, 25 ans.

On ne peut pas tout en vivre dans le passé. Il faut savoir tourner la page.

Je suis prête pour un nouveau départ.

Je ne suis pas encore mort.

Ouais, chambre 219.

Non, non, non, les serviettes sont très bien, non, c'est pas ça, non, non.

Non, je voudrais vous commander une bouteille de champagne, s'il vous plaît.

Ouais, qu'est-ce que vous avez ? Ah ben, je sais pas, moi.

La meilleure, hein.

La meilleure que vous ayez, quoi.

Ah ouais, c'est très bien, ouais.

C'est combien ? Ah, quand même.

Non, mais c'est très bien.

Avec deux flûtes et un sou à glace, quoi.

Merci, au revoir. Ah oui, non.

Non, vous pourriez mettre des fleurs sur le plateau ? Une rose ? Ah, c'est très

bien. Ouais, merci.

Ah oui, non.

J'étais en train de... De danser ? Ouais, je me lâchais un peu. T'as envie

d'un garçon ? Trappe sur le lit ! Mais... T'as trouvé ça où ? J'ai mis le

lit ! Qu'est-ce que tu préfères contre ta peau ?

Le cuir de ton vieux fauteuil club ? Ou le cuir de mon fouet ? Corinne !

T'es surpris, hein ? Bah, disons que je m'attendais pas exactement à ça de ta

part. Mais c'était le but.

Et maintenant, on va passer aux choses un peu plus physiques.

Physique ? Je peux être sauvage, tu sais.

Sans indiscrétion, hein.

T'as trouvé ça où ? J'ai des relations.

Je ne suis pas juste une épouse.

Je suis aussi un sexe. Un sexe ? Tu ne me trouves pas sexy ? Disons que c'est

pas vraiment comme ça que je te vois. Tu as tort parce qu'il y a beaucoup à voir.

Crois-moi.

Ouais, effectivement.

Je suis une femme, Didier.

Ça, j'étais au courant. Je suis une épouse, une mère, un agent immobilier,

une amie, une confidente. Mais je suis avant tout...

une femme.

Mais j'ai pas le contraire.

Allez, mon gosse, sur le ventre.

Tu vas quand même pas me taper avec ça.

C'est un gadget, Didier.

Je l'ai acheté dans un sex-shop.

C'est censé t'exciter.

Ah, oui, d'accord.

Et maintenant, on va devenir vraiment vilains.

Vilains, mais... Vilains comment ? Ça t'excite si je te dis des mots crus ? Tu

connais des mots crus ?

Bon bah essayez les métaphores ! Je sais pas, un truc du genre... Viens là beau

gars, j'vais t'éplucher la banane !

Je suis pas sûr.

Alors j'arrête les métaphores et je me contente de te parler cru.

On va baiser.

C'est pas toi que je reconnais plus, là.

C'est moi.

Avant, je m'en foutais de ta façon de mâcher ou de faire du bruit en mangeant.

J'étais heureuse.

Tu te souviens comment j'étais ? Comment on était ?

Toutes ces nuits blanches et tous ces joints

qu'on fumait en cachette.

La pipe à vous. La tequila.

Et puis le lendemain, une aspirine, un Bloody Mary et hop, à cheval.

Le journal du dimanche matin au kiosque.

Et puis, ces pantoufles bizarres que tu portais tout le temps.

Avec des talons.

J'avais repeint tout l'appartement avec.

Ça avait pris quatre jours. Juste avant la naissance de Thomas.

Fini les grâces matinées.

Dans le lit.

Tous les trois.

Puis quatre.

Émilie, puis Hugo.

Surprise!

Tu

te souviens?

Tous ces voyages ensemble.

On était jeunes.

Tu te souviens comment c'était, jeune?

En Espagne. En Sicile.

En Grèce.

Tu te souviens de la Grèce ? Tous ces pique-niques qu'on faisait sur la...

Sur la plage.

Raconte-moi ton fantasme, Didier.

Elle porte une robe verte.

Elle pose son panier sur la couverture et les bretelles de sa robe glissent

lentement sur elle.

Je dévie de la forme de ce petit sable pendant qu'elle essaie d'attraper... L

'assiette de fraise. Je l'embrasse.

On sent tous les deux la fraise.

Le sable chaud glisse entre mes orteils.

Elle se couche à côté de moi.

Là, j'ai qu'une envie, prendre cette fille, prendre cette femme dans mes

bras.

Et lui faire l'amour.

Je lève les yeux vers le ciel bleu.

Le ciel est bleu.

Et semble s'étendre un infini.

Et le bruit des vagues. Le bruit des vagues.

Et l'odeur des fraises.

Écrasée sur ma robe.

Ma robe verte.

Quand tu plies le linge... Quoi ? Quand tu plies le

linge, ta façon de te pencher sur le panier pour prendre le linge... Mais qu

'est-ce que tu dis ? Ah si, je te jure, ta façon de le secouer, ta

concentration, tes cheveux dans les yeux, ta façon de prendre chaque

vêtement, de toucher chaque morceau de tissu, mais c'est sexy, t'es sexy ! Ah

bah c'est sûr que quand je plie du linge...

Non, c'est pas toi.

On n'est pas obligé de faire ça vite.

Non, c'est pas ça.

On n'est même pas obligé de le faire du tout. Non, ça n'a rien à voir avec le

sexe.

C'est quoi le problème alors ?

Si tu veux, je ne me suis pas senti comme

ça depuis.

Je ne me suis pas senti moi-même depuis si longtemps.

Qu'est-ce qui m'est arrivé ? Quand est-ce que j'ai arrêté d'avoir des idées

nouvelles ? Quand est-ce que j'ai commencé à devenir ce grand con de

didier, énervé, égoïste, réacte que je suis devenu ? Attends.

Putain, elles sont en plastique.

Les flûtes, elles sont en plastique, en plastique.

Tu me manques tellement.

Toi aussi.

Eh,

t'as vu ? Ah ben, quand même, hein ?

Quand tu visites pour la première fois un endroit que tu as toujours voulu

voir, c'est nouveau, c'est excitant, tu as le cœur qui bat la chamade.

Quand c'est un endroit merveilleux, tu y retournes, encore, encore,

encore.

C'est plus nouveau, mais tu y retournes quand même, pour le connaître de mieux

en mieux.

que c'est un endroit que tu aimes plus que tout au monde, tu finis par vouloir

y vivre.

Tu sais comment on appelle un endroit qu'on aime au point de vouloir y vivre ?

Chez soi.

On appelle ça chez soi.

C'est ça !

Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.