All language subtitles for Les Sorcières de Salem (1957) The Crucible (1)

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Original subtitles

Donne-moi cette poupée.

Celle que papa m'a rapportée hier.

C'est le jour du Seigneur, Fancy.

Les grandes personnes ne travaillent pas et les enfants ne doivent pas jouer.

Dieu te voit.

Est-ce que tu veux le mettre en colère ?

Je suis froid, à présent.

Ainsi, qu'est-ce qu'il y a ? Ainsi.

Là, ma beauté, là, mon amour, là, mon ange.

On ne peut pas la lui laisser cinq minutes ?

sortir du paquet et la poser sur la commande.

Toi, tu vas t'asseoir là et dire tes prières jusqu'à ce que t'emmènes au

temple. Mais tu pourras la regarder.

Du coin de l'œil, hein ? Du coin de l'œil, de temps en temps.

Tiens ton drap.

Quoi que vous m'en voulez.

Vinci a peur de vous.

Je l'aime pas seul.

Dommage de la laisser jouer un dimanche.

Est-ce que vous savez pourquoi elle a peur de moi ? Parce que vous

avez toujours raison.

Vous travaillez le dimanche ? 20 ans.

Vous me cherchez ? Quand vous m'avez trouvée, vous me fuyez.

Je ne te cherche pas 20 ans.

Répétez-le une seule fois.

Une fois, et demandez.

Sorcière.

Pas si haut.

Vous me feriez pendre.

Ce serait justice.

C'est toi qui m'as tenté.

Vous savez bien que non, maître Procter.

J'ai 17 ans.

C'est votre désir qui est entré en moi.

C'est lui qui est devenu mon livre.

Il me désire ? Tout le temps.

Laisse-moi passer, je te jette par terre.

Ma taille est restée entre vos mains.

Tu veux m'écraser ?

N'aie pas peur.

Chaque fois que tu me touches, tu es paralysée.

Tu te rappelles ? Tu disais que tu aimais mes caresses, que personne ne t

'en avait jamais fait.

Tu ne m'aideras pas dans ta tentation, tu ne me feras pas devenir adultère.

Tu n'as pas couché avec moi, par deux fois ici même ! Il y avait sept mois que

je n'avais pas touché à une femme.

Ce n'est pas moi qui le désirais, c'est la bête qui est en moi.

Mais je la crèverai, je redeviendrai pur.

Et moi ? Quand je me consumerai de remords, crois-tu que je redeviendrai

vierge ? Oh mon Dieu, je ne peux pas commettre le mal.

Mais traîne-toi donc à genoux ! Tu sais bien que Dieu ne te pardonnera jamais !

Vous appelez mon mari, Abigail ? M. Proctor a

oublié son chapeau.

Eh bien, donnez-le-moi.

Je vais lui porter.

Pardon, madame.

Allez vous préparer, Abigaël.

Nous allons être en retard pour le service divin.

Vous allez au

temple !

Tu es pas fou ? C'est le jour du Seigneur, John.

Je me calme. Je m'étais mis en colère.

Si tu veux te calmer, viens avec nous briller au temple.

Au dernier office, Paris a parlé si longtemps de propriété d'hypothèque que

je croyais être à une vente. Il m'est arrivé de la bourrer le dimanche et c

'est pas moi qui vais jeter la pierre, mais tout de même.

Écoute-moi, John.

Tu es le seul à nous représenter à l'Assemblée. Tous les autres sont des

riches. Si l'on apprend que tu travailles à l'heure du service divin...

Ils vont t'exclure et nous ne serons plus représentés du tout.

Qui vous dit que je suis encore digne de parler en votre nom ? Nous vous faisons

confiance, Jean. Dans ce chien de pays, personne ne fait confiance à personne.

Allez prier sans moi.

Nous prierons pour vous, Jean.

Si vous voulez, bonjour.

John, vous n'allez pas au temple ?

Êtes-vous si coupable que

vous ayez peur d'y entrer ? Même si j'étais criminel, je ne craindrais

pas d'entrer dans la maison de Dieu.

Car je vous le dis, il est sûrement plus miséricordieux que vous.

Je vous rejoindrai au temple.

J'y serai mensièrement, oui.

Il était trop doux, beaucoup trop doux.

Ils veulent ma peau, mon enfant.

Mais ils n'y craintent.

Ils y craintraient.

Va te préparer pour l'office, Betty.

Eh bien ? Je ne peux pas y aller.

J'ai mal.

Si tu as mal, c'est que tu es coupable.

Qu'as-tu fait ? Je vous jure que je n'ai rien fait.

Dieu nous envoie nos mots pour nous punir de nos fautes.

Tu as péché, Betty.

Tu n'es pas malade.

Va te préparer.

Écoute, ma douceur, si tu me jures de ne pas parler à personne, je te la ferai

voir, ta maman.

Ma maman qui est morte ? Oui, oui.

Je pourrai lui parler ? Oui, si tu veux. Viens.

Orgueilleuse de Salem ! Deux fois en vingt ans, tu as rendu la vie si dure à

tes pasteurs qu'ils ont préféré partir.

Es-tu prête à recommencer aujourd'hui ? Je ne vous quitterai pas.

Ce sera votre pasteur qui prie sans cesse pour vos âmes.

Que seriez-vous, ô Jésus de Dieu ? Un tas de boue !

Je ne vous quitterai pas, mes frères, parce que la nature humaine est vicieuse

et parce que l'homme, livré à ses propres forces, incline toujours vers le

mal.

Il est de mauvaise humeur, ton oncle.

Si vous pouviez voir vos âmes comme vous voyez vos visages, vous seriez frappés d

'horreur.

Elles sont couvertes d'écale, elles puent.

Et chacun de vos péchés leur fait une blessure, d'où s'écoule un sang noir et

corrompu.

Avez-vous jamais vu des araignées se tordre dans les flammes ? Elles veulent

fuir, mais leurs pattes se dérobent.

Elles noircissent, elles se recroquevillent, puis se transforment en

boules de feu. Voilà votre sort.

La bête humaine est féroce.

On ne peut la vaincre que par la peur.

Si vous avez peur du tout puissant que votre pasteur représente sur la terre,

si votre terreur de l'enfer est plus forte que vos appétits criminels...

Assez ! Révérant Paris, vous manquez à vos devoirs.

Nous venons au temps que vous pourriez trouver Dieu et vous passez votre temps

à nous parler du diable.

Jean de Salem, cet homme est sacrilège !

John Proctor, Dieu ne te pardonnera jamais d'avoir crié dans sa maison.

En vérité, je vous le dis, il faut que la communauté tranche ses membres

pourris.

Alors seulement nous retrouverons la force de lutter pour notre Dieu, pour

notre terre et pour notre patrie.

Quelle occasion ? L'occasion d'appeler la colère de Dieu sur cette foule et de

casser les reins de ses meneurs. Vous me soutiendrez ? Eh oui, si l'occasion est

bonne. Elle sera bonne.

Je voudrais que Salem n'ait qu'une seule tête.

Pour la prendre par le cou et la courber jusqu'à mes pieds.

Vous aiderez Fancy à se déshabiller, s'il vous plaît. Bien, madame.

Je vous prie.

Restez encore un peu.

Je suis très fatiguée, John.

Bonne nuit.

On ne chante pas ça les dimanches !

Au revoir.

Elisabeth, voulez-vous m'aider ? Je suis votre femme, John.

Je vous aiderai de toute mon âme.

Vous êtes mon associé, ma sœur,

quelquefois ma mère, mais depuis sept mois, vous n'êtes plus ma femme.

Je suis malade, John, vous le savez.

Êtes-vous vraiment malade ? Je ne mens jamais.

M'aimez-vous ? Je vous ai dit que je suis votre

femme.

Je vous demande si vous m'aimez.

Avec Fancy, vous êtes...

que j'ai de plus cher au monde.

Mais comment puis-je vous aider ? Vous m'aideriez si je sentais que vous m

'aimez.

Je vous aime, John.

Si vous m'aimiez,

si j'avais senti quel que vous...

Il y a plusieurs manières pour une femme d'expédier un homme en enfer.

Elle peut le damner en lui donnant le goût du vice, mais elle le dame aussi

quelquefois parce qu'elle aime trop la vertu.

Abigael, demain matin, Gilles Corée vous reconduira chez votre oncle Paris.

Tu veux que je m'en aille ?

Jeune !

Maîtresse

Monster ! Savez-vous qu'il m'a eu vierge ? Qu'il vive cent ans, qu'il vous reste

cent ans fidèle, rien n'empêchera qu'il m'ait débauchée.

Va-t'en.

Tout de suite.

Du moment que c'est toi qui me le demande.

Un conseil.

Si vous voulez le garder, apprenez à le caresser.

Comme ceci.

Va t'en, putain ! Tu le regretteras, John, je te jure ! Je te ferai

pleurer du sang !

J'attendais ce moment, je suis soulagé.

Comme je le serai le jour du jugement, quand le regard de Dieu traversera mon

âme.

Vous me voyez dans ma vérité, Elisabeth.

Vous me connaissez à présent aussi bien que Dieu me connaît lui-même.

Non.

Me pardonnez-vous un peu.

Ce n'est pas à vous pardonner.

Dieu vous jugera.

Est-ce qu'il me pardonnera ? Jamais.

À moins que vous ne chassiez cette femme de votre cœur comme je l'ai chassée de

ma maison.

Je l'arracherai de moi, quand même.

Prenez-y garde, John.

Cette femme veut me tuer.

Pour ce soir, ne pas dormir auprès de moi.

Il m'aimera ?

Périr ta rivale ! Comme ça !

Disparez, c'est vous et votre lettre.

Ça va, donne-la-moi.

Vous n'avez parlé à personne ? Ferry !

Dis à ma femme que je vais à Salem.

Bonjour, maître Proctor.

Voilà deux mois que je ne vous ai vus.

Comment va maîtresse Proctor ? Est-ce qu'elle souffre toujours du ventre ? C

'est vrai ce que tu m'as écrit.

Tu es enceinte ? De trois mois.

Qu'allez-vous faire ? Si l'enfant vient au monde, ne comptez pas sur moi pour le

noyer.

Abigail ! Je ne suis pas enceinte, John.

Alors pourquoi ce mensonge ? Vous aviez juré de m'arracher de votre cœur.

Je voulais savoir si vous y étiez parvenu.

Pardonne-moi comme je te pardonne, mais n'espère plus rien.

Plus rien ? Je vois le désir dans tes yeux.

Le désir, oui.

Parce que le corps est une chiennerie.

Et je n'y céderai jamais plus.

Tout désir contient une promesse.

Ne fais rien, je n'essaierai plus de te tenter.

Tu ne me toucheras pas avant que je sois maîtresse Proctor.

Tu ne seras jamais maîtresse Proctor, Abigail.

Oui, c'est ce que tu dois me dire.

Ne t'inquiète pas, je ferai tout moi-même.

Tu garderas les mains pures.

Qu'est-ce que tu feras ?

Laisse

-moi passer, faut que je cherche Betty.

C'est aujourd'hui la pleine lune.

C'est rien, maman, je suis une dune écoe.

Viens par ici, ton père ne te voit pas.

Calme, qu'est-ce qu'il y a ? Rien, elle jouait.

Entrez.

Donnez-moi ce mouchoir.

Vous entendez ?

Tous les enfants saignent du nez ? Ne saigne pas du nez quatre fois par jour.

Je ne veux pas qu'on me l'apprenne.

Qu'est-ce que vous avez fait à Dieu ? Six enfants morts en huit ans, vous

trouvez ça naturel ? Non.

Alors ? Pourquoi serait-ce ma faute, Thomas ? Vous aussi, vous êtes un

pécheur.

Mon père était le plus pauvre et moi, je suis le plus riche de Salem.

Dieu a béni mon travail.

Mais vous, femme, il a maudit votre ventre. Mes enfants ont été assassinés.

Vous avez des ennemis partout, Thomas. Je suis sûre qu'on m'a jeté un sort.

Cette sage femme, cette Simpson, pourquoi l'avez-vous fait venir ? J'ai

vu mes enfants dépérir entre ses mains. Je vous dis que... Et moi, je vous dis

de n'accuser personne.

Ce sont vos péchés qui les ont tués.

Ce soir, c'est à pleine lune, je vais voir maman.

Ta maman est au ciel ? Oui, mais je vais la voir.

Puisqu'elle est au ciel, voyons, tu peux pas. Je l'ai déjà vue. Non ! C'est

Tituba qui me l'a montrée.

Abigail était là et merci.

Merci, notre servante ? Elle était là.

Ma maman s'est touchée l'oreille et m'a fait un clin d'œil.

Non ! Oh ! Un papillon noir !

Est-ce que tu aimerais voir tes petits frères ? Mes petits frères qui sont

morts ?

Vous l'avez revue, n'est-ce pas ? Oui, je l'ai revue.

Vous voulez-t-elle ?

C

'était faux, bien entendu.

Vous êtes un enfant.

Vous sortez, Marie ?

Oui, oui, je vais chez ma cousine Jeanne, qui sert chez maître Corée.

Je n'aime pas vous savoir sur les routes, la nuit.

Oh, la ferme est toute proche.

Et puis c'est la pleine lune.

Bien aller, mon enfant.

Merci, madame.

Je n'ouvre plus jamais votre chambre.

Je dormirai par terre au-dessus de votre lit.

Vous ne m'aidez pas.

J'essaie de tenir à la surface, mais vous m'enfoncez dans la boue.

Mais qu'est-ce qu'elle fait ? Elle saute, seule en patience.

Montre, elle va nous faire prendre.

Je suis tombée.

Parce que tu dansais, Bettine.

Dans les mains.

Qu'est-ce que tu veux pas ? Je veux ma maman ! Je veux...

Couchez-la, Tituba.

Je

veux

ma maman.

Je veux ma maman.

Dites-moi !

Pourquoi l'amènes-tu ? C'est sa mère qui l'envoie.

Je viens voir mes petits frères.

Se parler ? À moi ce bêtis ! Qui t'a

dit de venir

? Je suis amoureuse.

De qui ? Du fils aîné de Gilles Corret.

Fais bien attention ! Tu laisses échapper un mot sur ce que nous allons

faire !

Mais je ne dirai rien, je te jure.

Mange ! Mange si tu veux que Peter t'aime ! Tu peux manger ça, toi ? Je n

'ai pas besoin de crapaud pour qu'on m'aime.

Je vous boirai ça.

C'est rouge.

Je bois le sang.

Je veux que quelqu'un meure.

Je le veux.

Doucement, mes petites cavales.

Il faut d'abord danser.

Quand les lois vous chevaucheront toutes, vous pourrez boire et manger.

Tourne.

Tourne.

Tourne par ici.

Tourne par là.

Le grand loi va descendre.

Appelle Baron Zambi, les lois du cimetière.

Tourne, me dit.

Betty ! Ta maman ! Je

ne

crois pas à vos singeries, mais si ma femme devait en souffrir, tu paierais

pour elle.

Porte-la.

Nathan, prends ton cheval.

Va-t'en à Berkeley.

Tu demanderas le révérend Hell et tu lui prieras de venir ici toute affaire

cessante.

Le révérend Hell ? Un de nos meilleurs experts en démonologie.

Qu'est-ce que c'est ? Qu'est-ce que ça signifie ? Ça signifie que Salem est la

proie des démons.

Voici leur première et leur plus innocente victime.

Depuis des mois, un pouvoir malin l'a détourné de moi.

Il y a des sorcières parmi vous, Jean de Salem ? Et ma fille est ensorcelée.

Vous allez leur parler de sorcière.

Dieu m'a dit de le faire.

C'est plutôt le diable qui vous a soufflé ces sottises. Tant mieux si c

'est le diable. Nous le prendrons à son propre piège.

Rappelez-vous, voici l'occasion de distinguer les bons et les mauvais.

Ma fille était dans la forêt, la vôtre aussi.

Nous sommes dans le fumier jusqu'au cou et c'est nous qu'on frappera les

premiers. Nous ? Qui d'en nous frappera ? Nous sommes les accusateurs de Dieu,

non les accusés.

Vous avez peur ? Venez voir.

Ils ne m'ont jamais tant aimé.

Les sorciers sont là, au milieu d'eux. Ils le savent.

Les bons dénonceront les méchants.

Sous notre direction, la communauté fera justice elle-même.

Et Salem sera purifiée.

Je ne sais pas.

Ce qui me gêne, voyez-vous, c'est que cet enfant ne présente pas les signes

de... L'œil devrait être blanc.

Ah non, non, non, je ne veux personne.

Pensez-vous pardon, madame, mais je vous avais dit... Mais comme aviez-vous dit ?

Répétez-le devant le révérendel.

Voici ma femme.

J'ai perdu six enfants en huit ans, monsieur.

Six enfants ? Six enfants que j'avais mis au monde vivant et bien portant.

On a voulu m'accabler, révérend Hell.

On a dit que mon corps était pourri, que Dieu me châtiait de mes fautes.

On a tout fait pour me donner horreur de moi-même.

Mais tout est clair à présent, je suis enfin sortie de la nuit.

Ma vie est ensorcelée, monsieur, comme l'ont été mes six autres enfants. Et si

vous ne faites pas votre devoir, on la tuera comme on les a tués.

Mais je ne peux pas conclure si vite.

Hâtez-vous, ce sont les mères de Salem qui l'exigent, monsieur.

Le diable est ici et beaucoup d'enfants vont mourir.

Voulez-vous le nom de la sorcière ?

Je vous interdis de nommer qui que ce soit.

Pas d'accusation avant l'épreuve. C'est maîtresse. Taisez-vous.

Vous savez bien que vos enfants sont morts de maladie.

Il n'y a jamais eu de malade chez les Pottenham. Oh non, révérend, jamais.

Un peu de patience, tout est dans les livres.

Si Satan est parmi nous, je les crancerai.

Vous pensez trop au diable, vous tous.

Vous finirez par oublier Dieu.

Là, mon animal, là, là, doucement, doucement.

Qu'avez-vous fait ? Rebecca, je veux pas qu'on me fasse du mal. N'aie pas peur.

Cet enfant est en pouvoir du diable.

Alors d'où vient que je la calme ? Suis-je une sorcière ? La vérité, c'est

que j'ai été 11 fois mère et 26 fois grand-mère.

Je sais ce que c'est qu'une fillette malade.

Malade ? Peut-on parler de maladie quand une enfant veut s'envoler ? Elle veut s

'envoler ? 20 fois j'ai dû la retenir.

Et la voilà la preuve, la sorcellerie est manifeste. Non, madame.

Et je dois vous avertir que je n'entreprendrai rien.

Si vous n'êtes pas prêts à admettre que je ne trouverai peut-être ici aucune

trace de l'enfer.

Nous l'admettons, monsieur.

Nous reconnaissons notre incompétence et nous l'en mettons entre vos mains.

Le député gouverneur.

Il entre ici.

Je l'avais fait prévenir, c'est la coutume.

Je ne pensais pas qu'il viendrait.

Est-ce donc si grave ?

Ne

perdons pas de temps.

Quelles sont vos conclusions, Hell ? Votre honneur, je n'ai pas... Il faut

conclure tout de suite et convoquer les juges.

Monsieur... En toute conscience, je ne suis pas sûr.

Et moi, en toute conscience, je puis vous affirmer que cette fille est

ensorcelée.

Savez-vous que le pays est à deux doigts de sa perte ? L'ennemi est chez nous,

monsieur, dans nos propres foyers.

Le malheur qui vous frappe n'est que l'effet particulier d'une immense

congération qui s'étend jusqu'à Boston.

Des sorciers.

Des sorciers.

Des hommes sans mœurs, des basses classes, qui n'ont pas craint de faire

un pacte avec le diable pour s'emparer du pouvoir.

Voici l'occasion de les démasquer.

Je ferai mon devoir, elle.

Au moins vivant, le Massachusetts ne tombera pas aux mains de la canaille.

À vous de faire le vôtre.

Interrogez cette fille.

Votre honneur... Interrogez-la tout de suite et sous mes yeux.

Vous m'excuserez, monsieur.

Je suis trop vieille pour voir ça.

C'est Rebecca Nurse, la femme d'un fermier.

Betty, quelqu'un vous a-t-il fait du mal ? Betty, voyons !

Qui vous tourmente ? Tituba

! Abigail voulait... Abigail a bu ! Dis-leur ce que tu as bu ! C'est

Tituba, n'est-ce pas, qui t'a fait du mal ? Qui est Tituba ? Mon esclave noir.

Allez la chercher !

Voyez le pouvoir de cette femme.

Négresse, pourquoi la tourmente-tu ? Il faut la pendre, à l'instant ! Envoie-moi

mes enfants aux sorcières ! Abie ! Amégale, dites-le, j'ai jamais fait de

mal à des filles.

Elle nous a entraînés dans la forêt ! Elle m'a fait pendre ! Abie, vous m'avez

supplié d'évoquer les esprits.

Vous m'avez supplié de faire des filtres pour... Non ! Non, je ne peux plus, si

tu vas ! Je n'irai plus ! Non, si tu vas !

Elle est possédée du démon !

Pourquoi as-tu ensorcelé ses enfants ? J'ai jamais ensorcelé, monsieur,

personne, jamais.

Tituba, tu as vu le diable ? Moi, le diable ? Oui, oui, le diable.

Tu parlais noir et haut. Oui, oui, monsieur le diable. Il vient à moi, et j

'essaie de me sauver, de vivre, mais il me rattrape.

Le diable était-il seul quand tu l'as vu ? Qui était avec lui ? Qui était avec

lui ? Rappelle-toi, Tituba.

Vous a-t-elle dit quelque chose ? Elle m'a parlé de... des femmes de Salem.

Oh, dégueuille ! Quelle femme ! Monsieur Réveille, fais-le-moi ! Si tu as vu le

diable, tu as vu l'essentiaire ! Mais elle court si vite, si vite ! Si tu vas,

tu as péché ! Et tu obtiendras ton pardon si tu nous aides à nettoyer Salem

des suppôts de Satan ! Regarde Dieu, si tu vas, et réponds-nous ! Tu as vu l

'essentiaire ! Réponds !

Combien

était-elle ? Combien était-elle ?

Maître Simpson, la sage-femme ! Maître Simpson ! Maître Simpson ! Je le savais

! Les autres, Tituba ! Qui sont les deux autres ? Je ne

les vois plus !

Tituba,

tu as avoué que Dieu te pardonne ?

comme il pardonne à tous ceux qui se repentent et qui croient.

Il n'y a plus de doute.

Satan est dans Salem avec un cortège de sorcières.

Allez chercher le juge à Porn.

Soyez bénis, votre honneur. C'est un miracle.

Un miracle, en vérité.

On me dit que vos fidèles sont de fortes têtes.

N'ayez crainte.

Je ne quitterai pas Salem avant de les avoir domptés.

Satan est donc vraiment parmi nous.

Vos péchés lui ont ouvert les portes de Salem.

Hommes de peu de foi, reprenez-vous.

Dieu attend de vous tous que vous désignez à nos coups les bras des

galeuses.

Dieu de vengeance, nous te jurons de n'avoir ni pitié ni repos avant de les

avoir anéantis.

Notre Père qui es aux cieux, que ton nom soit béni.

Que ta volonté soit faite sur la terre

comme au ciel.

Celle qui est accrochée chez Field. Allez !

On

dirait que c'est dimanche ! C'est jeudi, voyons.

Pas de sottises.

Je vais vous cacher.

Je vous vois.

Ce dimanche, je n'aurai pas ma coupeuse. Tu l'auras. Je n'achèterai qu'elle.

Tous

mes

clients sont au procès.

Allez-y.

J'aime mieux rester ici et prier.

Nous n'avons rien à nous reprocher.

Et si nous courbons la tête, ces folies ne finiront jamais.

Ce sont les riches qui n'ont rien à se reprocher, Elisabeth.

Il n'y a pas de sorciers chez les riches.

Mais vous et moi... Qu'est-ce que vous voulez ? Une

poupée pour Fancy.

Une poupée ? Celle-là, la grande.

Toutes les poupées sont sous séquestre.

Vous savez bien que les sorcières s'en servent pour envoûter.

Ils sont venus vous la prendre ? Oui.

Je vous garde, Phil.

Non, tu ne l'auras pas.

Qu'est-ce que c'est ? Des enfants qui s'amusent. Mais de l

'île ? Oui.

Va m'attendre dans la carriole.

Allons, va !

Elle jure ! Tous les vaillamons lui font des enfants.

Posez-la ! Il n'y a pas besoin de la juger ! Qu'on la pende ! Pendant l

'épidémie de Variole, elle a continué à propager le mal.

La marmottée que nous lui refusons au monde ! Une de mes vaches est morte

trois jours après ! Qu'en dites-vous, marmottée ? Je disais mes commandements.

Vous les savez donc.

Récitez-les.

Tu ne tueras point.

Après.

Vous avez menti, Saragosse. Je ne suis pas une sorcière. Ce que nous allons

voir. Approchez-vous de ces enfants.

Vous avouez le tribunal pour vous faire grâce de la vie.

Avouez ! Non, je ne suis pas une sorcière. Alors vous serez pendu.

Je ne suis pas une sorcière. C'est moi, Sarah ! C'est toi qui me réveille la

nuit. C'est toi qui m'as donné mal au ventre la semaine dernière. Et tu m'as

dit que tu me ferais bouillir dans ta marmite ! Je m'arrête ! Qui ose

interrompre l'audience ?

l'accuser dans son cachot.

Voilà

le

papier.

Nous certifions que Martha Simpson est honorable.

Elle est en prison ? Anne Putnam l'accuse d'avoir assassiné ses frères.

Et vous avez tous signé ? Tous ! Qu'espérez-vous ? Ouvrir les yeux des

juges.

Et s'ils veulent les garder fermés ? Les juges sont honnêtes, John.

Honnêtes !

Croyez-vous que des juges honnêtes se laisseraient prendre aux singeries de

ces gamines ? Allons donc, c'est un coup monté.

Le pouvoir de l'Église est chancel, on veut le rétablir par la terreur.

Raison de plus pour protester.

Merci.

Non.

Tu as changé, John.

Autrefois, tu étais toujours le premier à convaincre l'injustice.

Eh bien oui, j'ai changé.

Autrefois, je me croyais bon, comprends-tu ?

Tu n'auras pas de poupées d'ici longtemps.

Il suffit que je veuille t'en acheter une.

Tu n'as vraiment pas de chance.

Tu as eu peur ? Tu es allée très vite.

Tu dois m'aimer, Fancy.

Toute ta vie.

Même si une étrangère s'installe ici à ma place.

Même si elle est plus jeune et plus belle que moi.

Jure-moi que tu ne l'appelleras jamais maman.

Oui, maman.

Tu m'aimeras toujours ? Oui, maman.

Jure-le.

Oui, maman.

Qu'est-ce qu'il y

a ? Je ne sais pas.

Va jouer, Fancy.

N'êtes pas le commune morte, Élisabeth.

Élisabeth.

J'ai vu Abigail tout à l'heure.

Et j'ai lu dans ses yeux.

Elle me fera pendre.

Pourquoi n'allez-vous pas dire au juge qu'Abigail a vu du sang la nuit du

sabbat ? Parce qu'il ne me croirait pas.

Comprenez-moi, Elisabeth, cette fille passe pour une sainte. Les gens dans les

rues lui baissent la main.

Mais comment voulez-vous qu'on me croie ? Est-ce que vous comprenez que vous

êtes un assassin ? Êtes-vous folle ? Abigail a monté cette affaire parce qu

'elle veut ma place.

Si vous n'aviez pas déshonoré son lit, laissez-la faire.

Cachez la vérité au juge.

Faites pendre Saragoude.

Faites pendre votre propre femme et épousez votre concubine.

Et vivez avec elle.

Vous paierez pour tout.

Vous irez en enfer.

Vous savez tout de moi, Elisabeth, parce que je vous parle comme à Dieu.

Mais vous n'êtes pas Dieu et vous n'avez pas le droit de me damner.

Pardonnez-moi, John.

Je ne veux que votre salut.

Mary ! Mary ! Pourquoi allez-vous à Salem quand je vous le défends ? Vous

moquez-vous de moi ? Je vous fouetterai si vous quittez encore cette maison !

J'ai apporté un cadeau pour Fancy, maîtresse Proctor.

Je l'ai cousu pendant l'audience.

Prenez garde à vous, Mary.

Dieu vous punira.

Qu'est-ce que j'ai fait ? Elle a accusé Saragoude devant les juges.

Ne n'y est pas ! Je ne songe pas à nier, maîtresse Proctor. C'est ce que j'ai

fait de mieux de toute la journée.

Vraiment ? Mais est-ce que vous comprenez que Saragoude va mourir ? Mais

elle ne mourra pas, monsieur.

On lui laissera la vie si elle confesse ses crimes.

Je vous jure que je prierai tous les soirs pour elle.

Priez plutôt pour vous, Mary.

Je ne l'ai fait que me défendre. Elle a tenté de me tuer plusieurs fois.

Mais si c'était vrai, vous me l'auriez dit ! Quand elle est entrée au tribunal,

une main m'a serré la gorge, et j'ai tout compris.

Vous n'irez plus au tribunal, Mary.

Vous y perdez votre âme. Il faut que j'y aille tous les jours ! Le diable est

dans sa lème, maîtresse Foctor ! Je ne supporterai pas d'être fouettée ! Je

vais chasser le diable hors de vous ! Je viens de lui sauver la vie !

Je suis accusée ?

mais j'ai déclaré que je vivais dans votre maison et que je n'y avais jamais

remarqué le moindre signe de maléfice.

Et alors ? Le juge n'a plus rien dit.

Qui l'a accusé ? La loi me défend de le révéler.

Allez vous coucher.

Je ne veux pas qu'on me voie comme une gamine ! Eh bien, ne vous couchez pas.

Je désire aller me coucher.

Alors, bonsoir.

Bonsoir.

Nous devons nous aimer les uns les autres.

Nous sommes dans un moment difficile.

Très difficile.

Je vais mourir.

Croyez-vous que je vais les laisser faire ?

Il y a une opinion publique à Salem.

Oh oui, il y en a une.

Tu viens de la voir.

Je serai pendue par le cou et je mourrai dans l'ignominie.

Je n'aurais rien eu de cette vie.

Pas même le sourire de mon enfant.

Vous allez vous remarier ? Élisabeth.

Pas tout de suite.

Mais vous êtes jeune.

Vous êtes fort.

Vous avez des désirs.

Quand je vous ai surpris dans sa chambre, vous aviez des yeux que je me

rappellerais sous la potence.

Regarde-moi.

Regarde-moi avec ces yeux-là.

Que j'ai au moins ça une fois dans ma vie.

Rendez gloire à l'éternel votre Dieu avant qu'il fasse venir les ténèbres.

Vous attendrez la lumière et il la changera en ombre de la mort.

Betty, tiens-toi droite et ne mets pas tes coudes sur la table.

Vous me donnez des ordres ? Je suis ton père, Betty.

Vous êtes le père d'une sainte.

Monsieur Denfort l'a dit.

Et vous avez beaucoup de chance.

Les saintes ne mettent pas leurs coudes sur la table.

Les saintes font ce que Dieu leur inspire.

Voici la crise, à présent.

Tituba, voyez ce qu'elle a, et demandez qui la tourmente.

Où est-ce ?

Là,

là.

Qui a fait ça ? Je lui demande.

Mon oncle, allez chercher M. Danfort.

Allez ouvrir, Dieu me punit.

Veux-tu gâcher ma femme ? Qu

'est-ce que ça veut dire ?

qu'on va m'arrêter.

Vous, Martha ? Pourquoi ? C'est le cadeau de ce vieil imbécile pour nos

noces d'or.

Il est allé se vanter partout d'avoir une femme instruite et qui lit dans les

livres.

Mais enfin, Martha, ce n'est pas un crime de lire un livre.

Mais c'est un crime, Assalem.

Tous les jours, il allait au procès. Il rentrait en se frottant les mains et

disait « Aujourd'hui, nous avons démasqué deux sorcières. » Eh bien,

soyez contents, Gilles Coray.

Grâce à vous, on en a démasqué une de plus. Vous restez ici autant que vous

voudrez, Martha.

Ah, vous ne savez pas ? Moi aussi, je suis une sorcière.

Bon, et bien maintenant, il n'y a plus qu'une seule chose à faire. Venez avec

nous. Nous traverserons la forêt et nous gagnerons New York en trois semaines.

Bien sûr, pour qu'ils confisquent nos terres. Nous voulions en laisser nos

enfants sans insultes. Mais à New York, nous...

Bonsoir, John. Bonsoir, Cheever.

Bonsoir à tous.

Que voulez-vous ? Nous avons l'ordre d'arrêter Martha.

À vos fusils ! En voilà assez.

Femme ! Taisez-vous.

Arrêtez-moi.

A présent, si Dieu vous a donné une cervelle, faites-la travailler et tâchez

de me tirer de là.

Allez-vous en, Cheever.

Pas encore.

Donnez-moi les poupées de votre femme, John.

Ma femme n'a pas de poupées, imbécile.

Filde a déclaré qu'Elisabeth voulait lui acheter une poupée, ce matin.

Qu'est-ce que c'est que ça ? C'est ta mairie ? Pourquoi n'en parlez-vous pas ?

C'est une aiguille.

Ce soir, on a trouvé dans le ventre d'un... Enfin, de... Je veux dire d'une

personne.

Une aiguille.

Et cette personne a juré que votre femme... Mais... Qu

'est-ce que c'est que ça ? C'est une poupée que j'ai faite pour Fancy.

Quand ? Pendant le procès. Abigail peut vous le dire, elle était à côté de moi.

Qui a enfoncé cette aiguille ? C'est moi.

Pourquoi ?

Pour m'en débarrasser, monsieur.

Voilà, vous êtes renseigné maintenant.

Sortez de ma maison. Que personne ne bouge.

John Proctor, je crois votre femme innocente.

Mais je suis chargé d'appliquer la loi.

Je vous prie de me laisser faire mon devoir.

Demain, je témoignerai moi-même de ce que j'ai vu et entendu ici.

Venez, Elizabeth.

Dieu t'aime.

Je ne lâcherai pas !

A demain, John.

J'ai conquis terminé aussi.

Nous allons vivre seul tous les deux.

Va te coucher, mon chéri.

Vous ici ! Demain, vous parlerez

devant les juges, mairie.

Abigail... Abigail ? Elle me tuera si je parle.

Et moi, je te tuerai si tu ne parles pas.

C'est vrai ? Vous l'auriez cousu vous-même ? Oui, monsieur.

Elle a signé sa déposition.

Il est venu pour renverser la cour.

Il l'avoue, le dimanche.

Asseyez-vous, monsieur... John Proctor, votre honneur.

Assieds-toi, Mary.

La cour te le permet.

Ainsi, vous n'auriez jamais vu d'esprit.

Non, monsieur.

Donc vous avez menti à la cour, à moins que vous lui mentiez en ce moment même.

Dans l'un et l'autre cas, vous irez en prison.

Dieu est avec moi, monsieur.

C'est toujours lui que vous mentez, Mary.

Il s'agit d'un trouble passager de votre conscience.

La cour n'en tiendra pas compte et Dieu vous pardonnera.

Mais vos accusations d'hier...

Tremblez si ce sont des mensonges.

Sur votre témoignage, la cour a jugé Sarah Good et l'a condamnée à mort.

Nous vous jetterons dans un cachot, donc vous ne sortirez pas vivante.

Et Dieu se détournera de votre âme avec dégoût. Paris ! Taisez-vous et venez

vous rasseoir ! Et les autres ? Les

autres ? Est-ce qu'elles mentaient aussi ?

Oui, monsieur.

Allez chercher les enfants.

Mme Warren a déclaré sous la foi du serment que vous n'aviez jamais vu d

'esprit.

Mairie ! Tu sais bien que tu mens ! Vous maintenez ce que vous avez dit ?

Oui, monsieur.

Silence ! Puis-je lui poser une question, votre honneur ? Mairie,

quand tu as vu Sarah Gould hier au tribunal,

Tu t'es évanouie, n'est-ce pas ? Je faisais semblant.

Je vous ai relevé moi-même à trois reprises.

Vos mains étaient glacées, votre cœur ne battait plus, vous aviez les yeux

révulsés. Je mentais, monsieur.

Et les autres mentaient aussi.

Alors,

à t'en croire, tu peux t'évanouir quand tu veux.

Eh ben, fais-le.

Fais-le donc tout de suite.

Vous entendez, Mary ?

Je

ne peux pas. Mais vous venez de dire.

Pas comme ça, pas maintenant.

Béry, essaie encore.

Allons.

Je ne peux pas.

Hier, au tribunal, vous pouviez.

Oui. N'est-ce pas la preuve qu'il y avait des esprits dans ce temple et que

vous leur obéissiez ? Mais je croyais avoir des esprits. Comment pouviez-vous

le croire si vous ne les voyez pas vraiment ?

Mais je ne sais pas, tout le monde avait l'air d'y croire, tout le monde en

parlait, j'ai cru les voir, mais je vous le jure, monsieur Denpant, mais je ne

les ai pas en plus ! Silence !

Silence !

Abigail,

Dieu nous voit.

Il nous enverra tous en enfer si nous avons causé la mort d'un innocent.

Rentrez en vous-même.

Et sur cette Bible, répondez sans détour.

Ces esprits malins pourraient-ils n'être que des illusions ?

Connaissez-vous mes nuits, monsieur ?

On me martyrisse jusque dans mon lit.

Les vieilles me tirent les cheveux, me griffent.

Il me soufflette.

Un boiteux me frappe avec sa béquille, sur le bras gauche, toujours au même

endroit. Là ! Mon sang coule parce que j'ai purifié la ville en dénonçant les

suppôts du diable.

Est-ce que je ne souffre pas d'assez ? Faut-il qu'on m'insulte en plein

tribunal et que les juges me suspectent ? Mais enfin, je ne vous suspecte pas.

Faut-il que j'aille crier à toute la ville, vous qui m'aimez ?

Vous qui baisez mes mains, le gouverneur d'Annefort m'a traité de menteuse et de

criminelle. Rabbi Gaël, je vous en prie, je vous crois.

Enchaînez Mary Warren.

Attendez, je vais vous expliquer. Vous allez expliquer. Écoutez-moi votre

nuire, Rabbi Gaël est une putain.

Qu'est-ce que vous dites ? Une putain qui a voulu tuer ma femme, monsieur.

Vous accusez cet enfant.

Je l'ai connu, monsieur.

Je l'ai connu.

Vous êtes un débauché ! Oui.

C'est la vérité, Francis.

Ma femme nous a surpris, la mise à la porte.

Tu voulais danser sur la tombe d'Elisabeth.

Est-ce vrai ? Je ne répondrai pas. Je vais mieux partir. Je vous ordonne de

rester ici.

Villard, allez chercher maîtresse Proctor.

Lui soufflez-moi de tout ceci et frappez avant d'entrer avec elle.

Vous prétendez que votre femme est honnête. Levez-vous.

Votre femme a-t-elle jamais menti ? Jamais, monsieur.

Quand elle a mis Abigail à la porte, elle l'a fait en connaissance de cause.

Bien. Abigaël, si maîtresse Proctor déclare vous avoir chassé pour l

'indécence de vos mœurs, Dieu ait pitié de vous.

Attendez ! Tournez le dos.

Vous aussi, Abigaël.

Tenez-vous à distance.

Et ne vous retournez pas, quoi qu'il arrive.

C'est compris ?

Que personne dans cette salle ne prononce une parole, ni ne fasse un

geste.

Asseyez-vous.

Regardez-moi, et non votre mari.

Oui, monsieur.

Pourquoi avez-vous renvoyé Abigail Williams ?

Elle ne me donnait pas satisfaction, monsieur.

Regardez-moi ! Était-elle malpropre ?

Paresseuse ? A-t-elle manqué de...

d'essence dans sa conduite ?

Votre honneur,

je... À ce moment-là, j'étais malade.

Et... Cette fille... Regardez-moi !

Oui, monsieur.

Abigail Williams a...

Abigail Williams ?

Oh...

Je me suis imaginée que mon mari en était épris et je l'ai mise à la porte.

Il se détournait de vous ? Mon mari est un bon mari, monsieur.

Donc il ne s'est pas détourné de vous ? Mais, pendant ma maladie, j'ai...

Regardez-moi ! A votre connaissance,

John Proctor a-t-il commis le crime de débauche ?

Je répète ma question.

Votre mari est-il un débauché ?

Non,

monsieur.

J'ai tout avoué ! Elle a parlé, Paris se fait assortir !

C'est seulement assumer mon honneur ! Pour votre honneur, vraiment ! Elle

sacrifierait ça à goût de maîtresse Simpson et sa propre vie ! Mais quand un

homme salit publiquement son propre nom, il faut le croire ! Mérite ! Dites au

juge d'un porte comment Abigail dansait au clair de lune !

Mary Warren, retirez votre esprit de ces enfants ! Mais monsieur Denfort ! Mais

monsieur Denfort ! Avez-vous signé un pacte avec le diable ? Mais non,

monsieur Denfort ! Mais non, monsieur Denfort ! Pourquoi me répète-t-elle que

vos paroles ? Donnez-moi un fouet, je vais arrêter ça ! Mais elle joue la

comédie ! Elle joue la comédie !

Signez vers moi la nuit et le jour pour que je signe, que je signe, que je signe

! Signez quoi ? Le livre du diable ! Il vient avec un livre noir ! Il veut avoir

mon nom ! Je vous tuerai des tils si ma femme est pendue ! Nous devons aller

renverser le tribunal qui était lancé ! Mairie ! Il m'éveille au milieu de la

nuit ! Ses yeux sont comme des chambousards d'oreilles !

Dieu soit loué.

Jeune Proctor, vous avez fait un pacte avec le diable.

Avouez ! Les charges sont écrasantes et vous sauverez votre vie par vos aveux.

Je sauverai surtout la paix de votre conscience.

Que dites-vous ? Je dis que Dieu est mort.

Vous blasphémez !

Éric Villard, arrêtez-le ! Défends-toi, John ! Il veut t'assassiner ! Il veut t

'assassiner ! Monsieur,

cette audience est terminée.

de la cour spéciale rendu le 6 septembre 1692.

Martha et Gilles Corée, Rebecca Nurse et John Proctor seront

pendus demain mardi 18 octobre à 5 heures du matin

devant la prison de Salem jusqu'à ce que mort s'en suive, à moins que...

Ce n'est pas une personne.

On inculque des commerçants, des avocats, même des pasteurs.

Les gens n'osent plus mettre le nez dehors.

Les affaires n'en parleront pas.

Les stocks pourrissent dans les entrepôts.

Est-ce que tu m'écoutes ? Il faut que ça cesse, entends-tu ? Nous sommes en train

de nous ruiner de nos propres mains.

Que veux-tu que j'y fasse ? Que tu te joignes à nous.

Et qui êtes-vous ? Des citoyens raisonnables.

Et qu'avez-vous besoin de moi ? Tu es l'homme le plus riche de la province.

Nous n'obtiendrons rien si nous n'avons pas les riches avec nous.

Il y a d'autres riches.

Mais ils viendront si tu viens.

La réunion a lieu chez moi à 5 heures, je t'attends.

Je ne viendrai pas, James.

Ce mal nous est envoyé par Dieu pour nous punir de nos fautes.

Inutile, Thomas.

Tout le monde sait que ta fille est à l'origine de cette affaire, alors prends

garde.

Si tu me compromets par tes folies, ma fille saura dire à la cour.

Écoute-moi bien, Thomas.

Si ta fille prononce mon nom ou celui de ma femme devant les juges, je te

trouverai où que tu sois.

Et je te lâcherai deux balles dans le ventre.

Vous voilà, punaise ! Quelle sale besogne allez-vous faire ? Le chinois !

Calmez, cracos ! C'est fini ? Oui ?

Voilà comment il faut les traiter.

M. Putnam, n'est-ce pas votre frère ? Il y a longtemps que nous n'avons plus de

rapport, et je ne sais pas pourquoi il est venu.

Nous venons chercher Anne, pour aller à la prison, madame.

Je ne veux pas ! Je ne veux pas ! Anne est fatiguée, mes enfants, vous irez

sans elle.

Père, empêchez-les de m'emmener, je ne veux pas le voir, quand on lui fera du

mal ! Mais qu'est-ce qu'il y a ? On va torturer le vieux Corée.

Les juges vont essayer une dernière fois de le faire parler.

C'est notre devoir d'être présentes et d'aider la justice.

Vous êtes un bon citoyen, maître Putnam.

Que pensera la cour si elle apprend que vous détournez votre fille de son devoir

?

Papa

! C'est ce qu'on te dit.

C'est un ordre, Anne.

Mais viens ! Ce coup-ci, je suis sûre qu'on va le faire mourir.

Il faut sursoir aux exécutions, monsieur.

Pourquoi ? On a failli m'assassiner.

Ils coupent bien.

Rebecca Nurse passe pour une sainte, John Proctor pour un bon citoyen. Si

vous les pendez, je crains une émeute.

Il y a des gens qui se rencontrent la nuit, qui parlent entre eux.

La terre tremble.

Elles ont de plus pour en finir vite.

Si vous me donniez du temps, ils avoueraient peut-être.

Ils ont eu quatre mois pour avouer, Révérend Paris.

Sont-ils coupables, oui ou non ? Ils le sont.

Donc on doit les pendre.

Croyez-vous que j'ai plaisir à verser le sang ? Je ne dors plus depuis six mois,

monsieur.

Mais Dieu nous a élus.

Nous sommes les instruments de sa colère.

Et nous irons jusqu'au bout de notre mandat.

Vous avez peur ? Moi, j'ai peur, quelquefois.

Je sais qu'on nous déteste qui puis-je, sinon frappez plus fort.

Malheur à celui que Dieu a choisi pour faire régner la terreur, et malheur à

celui qui l'a fait cesser avant le temps prescrit.

Je vais interroger le vieux Corée, venez-vous.

Rebecca Nurse et John Proctor seront pendus demain mardi 18

octobre à 5h du matin, jusqu'à ce que mort s'en suive.

Tu l'as entendu, toi ? Qui ? Le tambourineur.

Oui.

Il n'a pas parlé d'Elisabeth Proctor.

Dame,

tu ne sais donc pas, elle ne sera pas pendue ? Pourquoi ?

Elle est enceinte de quatre mois.

Alors on la laisse vivre un an.

Au bout d'un an, tu sais.

Pauvre Abigail.

Tu voulais épouser le mari, faire pendre la femme.

La femme est sauvée, c'est le mari qu'on pendra.

Qu'est-ce que c'est ? C'est la vache des procteurs.

Elle a dû crever faute de soins.

Attendez-moi.

Il faut que j'aille fermer la porte.

Qu'est-ce que ça peut te faire ?

Non... Eh oui...

Rebecca...

Ma femme me condamnait.

Drôle de rêve.

Je fais mon testament, Martha.

Vous avez deux douzaines de chemises, n'est-ce pas ?

Tais-toi, imbécile.

Nous serons pendus et nos biens seront dispersés.

Ma chemise, c'est la femme de Putnam qui la portera.

Je ne serai pas pendu, Martha.

Je connais la loi.

Je n'ai jamais dit oui au juge et je ne leur ai jamais dit non.

Si vous ne dites ni oui ni non, vous ne serez ni jugé ni condamné.

C'est la loi, John.

Pourquoi ne l'avez-vous pas dit ?

Nous aurions sauvé notre peau.

Non. Qu'est-ce que ça veut dire, Gilles ? Ça veut dire...

Ça veut dire que je paie mes dettes.

Je paierai, Martha.

Mais oui.

Mon silence paiera pour mes bavardages imbéciles.

Gilles Corret.

Et voilà.

Je ne dirai rien.

Mon testament, tu le donneras à mes fils et tu leur diras que je suis

mort sans être jugé.

Que par conséquent, la terre est à eux avec tout ce qui est dessus et tout ce

qui est dessous.

Je suis sûre qu'ils vont l'étouffer sous des pierres.

Oui, des pierres.

En tout cas, quelque chose qui écrase.

C'est un homme honnête, n'est-ce pas

? Le meilleur des hommes.

Et nos fessors ont la ferme.

Je suis contente.

Je crois qu'il est en train de mourir.

Qu'allerez-vous, Gilles Corée ?

Qu

'avez-vous dit ? Répétez !

Pour

la dernière fois, Corée !

Inutile, monsieur.

C'est fini.

Que Dieu le pisse ! Il n'a rien fait ! Il n'a rien

fait ! Alpotnum ! Je le vois ! Là ! Là ! Il dit qu'il n'a rien fait

! Vous ne pouvez pas le voir, puisqu'il est mort ! Quoi ? Je le vois, il dit que

Dieu vous tannera ! Il ordonne ! Mettez-lui la main sur la bouche,

ramenez-la chez elle !

Après demain, je pense, puisqu'on les prend demain.

Vous... Vous l'achetez ? L'acheter quoi ? La ferme des Procteurs.

Non.

Je ne trafique pas avec les biens des morts.

Vous avez acheté la maison et les champs de maîtresse Simpson.

Justement.

Vous, vous allez acheter la ferme. Moi ? Je vous prête l'argent.

Vous me devrez les deux tiers de la récolte et...

sur la main droite.

C'est la petite qui a signé le nez.

C'est vous qui l'avez fait signer ! Mais sortez ! Sortez ! Anne

!

Un sorcier ! Un sorcier ! C'est toi, un sorcier ! Pas trop, Maman !

Pas trop ! C'est un sorcier ! Ne la touche pas ! Je t'ai dit de ne pas la

toucher ! Je vais chercher le médecin.

Pas besoin de médecin, puisqu'elle va mourir. Mais tu es folle ! Elle va

mourir, Thomas, comme les six autres, et tu le sais mieux que moi.

Bien sûr, puisque c'est toi qui les as tués.

Et moi qui demandais pardon à Dieu de ne pas t'aimer.

Ce n'est pas naturel qu'une femme ait une telle horreur de son mari.

À présent, je sais, je sais, l'enfant a parlé.

Et quand elle sera morte, je te ferai pendre.

Nous avons décidé l'autre jour qu'une délégation se rendrait chez le

gouverneur pour le supplier de dissoudre la cour spéciale et de renvoyer les

prétendus sorciers devant les tribunaux ordinaires.

Quand partirez-vous, messieurs ? Nous vous avions prié de prendre contact avec

votre frère.

Accepte-t-il ? Qu'avons-nous besoin de lui ? Sans lui, tout est perdu.

Alors, qu'allez-vous faire ? Nous attendrons.

Qu'attendrez-vous ? Qu'on vous pende ? Assurez-vous, cher ami, nous, on ne nous

pendra pas.

Tu seras pondu, corbette, par le cou, jusqu'à ce que mort s'en suive, comme

tout le monde.

Le mal tournera, il a mangé les pauvres, il mangera les riches. Et ce sera bien

fait, la forêt reprendra tout.

Qu'avez-vous, Thomas ? Ne le voyez pas, je suis sorcier.

Sais-tu que ma fille ne t'aime pas ? Je veux vivre.

Et nous aussi.

Bon.

J'accepte de présider votre délégation. Messieurs, si vous nous faisiez la grâce

de partir à l'instant, vous arriveriez à Boston avant 10 heures, et l'ORFIP

serait le temps d'envoyer un messager pour empêcher les exécutions.

C'est ma femme qu'ils vont pendre.

Je comprends vos sentiments, Francis.

Supposer que nous allions crier au gouverneur l'innocence de votre femme,

de Martha Corr et des proctors.

Et supposer qu'au même moment, l'un d'eux passe aux aveux dans son cachot.

Voilà quatre mois quand les tourmentes ont-ils parlé.

Ils ont résisté aux tortures.

Résisteront-ils à la peur de la mort ? Sarah Good et maîtresse Simpson ont

avoué la corde au cou.

S'ils se taisent jusqu'à la mort, c'est l'argument.

Votre femme est une sainte, Francis.

Elle se sacrifie pour sauver toute une ville.

Il faut que vous soyez digne d'elle.

Je te l'avais dit. Tais-toi, à présent.

Laissez-en s'élever.

Rendez-vous chez moi demain à l'aube. Venez à cheval, nous partirons sur le

champ.

Dès notre retour, vous saurez le résultat de nos démarches.

Les chiens, ils vont... Assez ! C'est moi qui parle.

Vous avez compris ? Nous n'avons à compter que sur nous-mêmes.

Rentrez chez vous, chargez vos armes et rendez-vous à l'aube devant la potence.

C'est tout ? Peter Cœuré et ses amis veulent s'opposer par les armes à l

'exécution.

Arrêtez-les sur le champ ! Vous me donnez des ordres, monsieur ? Va te

faire payer par Charlie.

Les arrêter pour avoir toute la ville sur le dos.

Révérend Paris, vous perdez l'esprit ? Il faut masser la troupe au tour du JB.

Attends, j'ai 37 soldats, pas un de plus.

Et je ne sais même pas s'ils sont sûrs.

Le JB est dressé dans la campagne ? Oui.

Mais dans la cour intérieure de la prison, est-ce qu'il n'y a pas aussi des

potences ? Non.

Mais on peut s'arranger.

Bon, arrangez-vous.

Vous voulez ? Nous laisserons les émeutiers faire le pied de grue sous le

gibet. Et nous pendrons les criminels derrière les murs de la prison.

Allez !

plus jamais cette tête.

Demain, nous serons jeunes et beaux.

J'ai peur, voilà tout.

Ça fait mal, vous savez.

Quoi ? La corde.

La corde.

J'étais courageux quand je gardais le respect de moi-même.

Vous n'êtes jamais tenté d'avouer que vous êtes une sorcière.

Vous diriez que vous montez à cheval sur un balai.

Ça serait si bête que ça ne serait même plus un mensonge.

Et si j'avouais, moi, que je suis un sorcier, qu'est-ce que vous diriez ?

Vous me méprisez trop pour m'en répondre.

Je ne vous méprise pas. Parce que vous ne méprisez personne, ça revient au

même.

Il y en a d'autres qui me méprisent à votre place, soyez tranquilles.

Francis, votre mari.

Et les fils Corée dont le père est mort à cause de moi.

Ils viendront me voir pendre.

Vous serez tous pendus par ma faute.

Dieu ne me pardonnera pas, sois-en sûr, ni Élisabeth.

Savez-vous pourquoi je ne veux pas mourir ? Parce que je suis une ordure !

Il ne me reste plus rien.

Sauf quelques années terrestres, si j'avoue.

Soyez bénis, mon Dieu, parce que vous m'avez rendu courage.

Hier encore, les coupables étaient nus, délaissés, et j'avais horreur de ma

toute-puissance.

Mais puisque la ville entière est avec eux, je connais que je suis sur la bonne

voie.

Je prendrai leur vie sans remords, comme on s'apprête à prendre la mienne.

Et je ne crains plus d'être juge, parce que vous me laissez espérer que je serai

martyr.

Monsieur.

Que voulez-vous, mon enfant ? J'ai vu les anges.

Laissez-moi parler seul à seul avec Proctor, et vous aurez ses aveux dans

une heure.

J'avais juré de te tuer.

C'est moi qui t'ai rendue mauvaise.

Pourquoi ce corps est-il si pur ?

Où est le mal ?

Où est le mal ? Qu

'est-ce que tu veux ?

Te voir.

Tu vas rester jusqu'au dernier moment ?

Tu pourrais tuer à me voir pendre ? Oui.

Pourquoi pas ?

Qu'est-ce qu'on dit de

moi au village ? « Nurse », que dit-il ?

Tu peux très bien imaginer ce qu'il dit.

Je ne t'aime pas.

Y a-t-il quelqu'un pour me défendre ? Elisabeth a demandé pardon à Dieu

publiquement de t'avoir épousée.

Tu seras damnée, John.

Oui.

Toi aussi.

Bien sûr.

Tout à l'air, ils vont te pendre.

Et moi, un de ces jours, ils me chasseront.

Alors j'irai à Boston.

Et je me ferai putain pour vivre.

Que tu as ? Je ne veux pas qu'on te touche après ma mort.

Si tu ne veux pas qu'on me touche, tu n'as qu'à ne pas mourir ! Si tu vis,

tu feras de moi ce que tu voudras.

Ils te vomissent tous, mais tu es sauvée dans mon âme.

Je suis la seule au monde qui ne te méprise pas.

Tu es à l'abri, John, à l'abri dans mon cœur.

Nous irons à New York, nous refons notre vie.

Nous serons seuls, oubliés, heureux.

Dieu fasse que nous ayons pitié l'un de l'autre.

Pitié ? Jamais ! Nous brûlerons !

Je

suis un lâche. Viens près ! Ta lâcheté m'appartient.

Le mal doit aller au mal comme l'eau à la rivière.

tout ce qu'ils voudront.

Conduisez-moi ce juge dans le fort, vite !

Si

tu veux commencer tout de suite... Viens.

Qu'est-ce que j'avoue ? Tout ce que tu voudras. Tu es une inclande en rage du

choix.

Je vous demande quand il sera libéré.

Qu'est-ce que ça peut vous faire, Bigane ? De toute façon, ça n'est pas de ma

compétence.

Je donnerai l'ordre de sursoir à l'exécution, voilà tout.

Quant à le faire relâcher... Êtes-vous sûre qu'il est coupable ? Puisqu'il

avoue.

À votre place, je ne serai sûre de rien, M. Denfort.

Bon, je verrai ce que je peux faire pour lui.

Bon.

Où allez-vous ? Je vais retrouver John.

John ? John Proctor, s'il change d'idée.

Non, c'est inutile, j'y vais moi-même.

Je vous accompagne. Non, vous assisterez à l'exécution des deux autres, c'est

votre devoir.

Descendez dans la cour.

Dans la cour ? Oui, dehors, il y a des factieux.

Tout se passera dans la cour.

Fixe-la comme ça.

John est plus grand que moi.

Vous ne pendrez pas, Proctor.

Il a fait des aveux.

Proctor ? Ça m'étonnerait.

Je vous le dis.

Alors tant mieux pour toi.

Tu auras un mort de moins sur la conscience.

Je voulais...

Tu

as voulu me voir avant de mourir ? Je ne vais pas mourir, John.

Je suis enceinte.

Enceinte, alors oui, tu vivras.

Et ça ne te gêne pas de me demander de mourir ? C'est pour cela que tu es

venue, n'est-ce pas ? Mais je suis venue pour te supplier de vivre.

Je vivrai si je fais des aveux.

Oui.

Mais regarde ! Ajoute que tu as fait mourir les vaches de Maître Putnam et

Singe, John.

Je suis ta femme et je ne veux pas que tu meures.

Tu es le meilleur des hommes.

C'est pour cela qu'il faut que tu vives.

Le meilleur ? C'est que le genre humain tout entier va passer à la broche.

Le meilleur des hommes est tanné.

Idiote aux réserves d'enfer, je refuse ma part de ciel.

Tout est de ma faute.

Par honte d'avoir un corps, je t'ai donné honte de me désirer.

J'étais de glace et de feu.

J'attendais tes caresses et je détestais mon trouble.

Ma langue était nouée.

Mon cœur scellait, mon corps paralysé.

Tu me croyais ton juge et je n'étais que ton bourreau.

Depuis quatre mois, mes yeux se sont ouverts.

Ce que tu as fait pour moi, personne au monde ne l'aurait fait.

Tu as crié tes péchés devant tous et tu t'es perdue pour me sauver.

Je t'aime.

Tu as demandé pardon à Dieu de m'avoir épousée.

La seule fierté qui me reste, c'est d'être ta femme.

Regarde-moi.

Tu n'as jamais menti ? Jamais.

Sauf une fois, devant la cour, quand ils m'ont demandé si tu étais adultère.

Alors répète-moi ce que tu viens de dire.

Tu es bon, mon Dieu.

Tu es courageux.

Tu es pur.

Et tu ne le sais même pas.

Mais tout le village le sait pour toi.

On me dit que vous allez faire des aveux.

J'avoue que j'ai voulu mentir pour sauver ma vie.

Et que j'ai désespéré de Dieu parce que vous m'aviez obligé à désespérer de moi.

Assez ! Êtes-vous sorcier, oui ou non ? Non, monsieur.

Il n'y a jamais eu de sorcier que dans votre esprit.

Laissez-moi relever la tête.

Il est aussi longtemps que je la tiens courbée.

Elle m'a rendu la fierté.

Je te l'ai rendue pour que tu vives.

Bien sûr.

Tu ne pouvais pas savoir quelle motte serait la peur de mourir.

Je m'endettais à vivre parce que j'avais honte de ma vie.

Fini.

Faites votre devoir d'épouse, Elizabeth.

Dites-lui qu'il pêche par orgueil.

Qui protégera votre famille si vous mourrez ? Votre devoir est de vivre.

Même auprès d'un mensonge ? Qui parle de mensonge ? On vous demande une

signature. Si vous la refusez, c'est vous qui vous donnez la mort.

Est-ce que vous ne savez pas que Dieu défend le suicide ?

Pour la dernière fois en cette vie, soyez mon juge.

J'ai raison, n'est-ce pas ? Je ne distingue

plus le mal du bien.

Ce bonheur que vous m'avez rendu, est-il possible que ce soit de l'orgueil ? Oui,

de l'orgueil, et de l'orgueil criminel.

Dieu vous demandera compte du sang qui va couler, Paris !

Quel sang ? Il veut parler du vôtre ! Le sang d'un pendu ne coule pas.

Regardez-le.

Vous voyez bien qu'il parle du sien.

Tous mes amis sont là.

Tous mes amis, avec des armes.

C'était de vrais amis.

N'espérez rien d'eux, on vous prendra dans la prison.

Direz-vous encore que ma mort est inutile ? Si j'acceptais de mentir, ils

s'en iraient tête basse en pensant que vous aviez raison.

Mais quand on m'a remis la corde au cou, leur colère soufflera sur Salem et vous

balayera.

Mes enfants vivront dans la liberté.

Dis-moi que j'ai raison.

Grâciez-les, monsieur, ils sont innocents.

Révérend Paris,

il n'est écrit nulle part que les juges soient infaillibles, mais il est écrit

dans la loi que leurs sentences doivent être exécutées.

Si vous êtes innocents, pardonnez-moi.

Si vous m'avez trompée, prenez garde ! Amigaël ! Vous ne pouvez pas le pendre,

puisqu'il a tout avoué ! Il n'a rien avoué du tout, écartez-la ! Je mentis !

Je mentis, je jure que je mentis ! Je mentis, je jure ! Qui est-il autour ?

Un autre ! Un autre ! Un autre ! Un autre !

Je ne baisserai pas la croix que vous avez touchée.

Quand vous serez au ciel, priez pour moi.

Mettez-moi que je déteste ce que je fais.

Je prierai pour toi.

Hélas ! D'autres juges viendront qui seront sans pitié.

Vous faites peur ?

Assasseur.

Encore des juges ? Elle a tué Proctor !

Moi aussi je l'ai tué.

Toi aussi ?

Toi aussi ? Laissez-la.

De l'aimer.

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