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Chut ! Arrêtez !
... ... ... ...
...
... ... ...
...
...
Alors ? Des réactions ? Commentaires ? Oui, allez-y. La musique ne vale jamais.
On a l'impression que le rythme est toujours le même. Comme si seulement les
paroles étaient importantes.
Moi, je ne suis pas d'accord avec toi.
J'ai l'impression, au contraire, que le rythme s'accélère.
On est entraînés comme si on ne pouvait pas en sortir.
Bon.
Vous n'avez pas tort tous les deux.
Dans la musique tétarentelle, le rythme...
doit aider à extirper le mal d'amour, la possession, la tristesse donnée par le
vénin de l'araignée.
Par le rythme, le malade est placé dans une sorte de transe.
Et la voix fait le lien entre le monde des hommes et celui des forces obscures
qui vont le guérir.
D'accord, tout cela peut paraître un peu intellectuel, je le sais, mais n'oubliez
jamais qu'avant tout, ces chants sont issus d'une très ancienne tradition
populaire et qu'on les reprenait sur les places, dans les rues, d'où ces
interpellations. Oui, oui, oui, qui ? Ces choses-là. Ces cris qu'on entend par
moments. Hey ! Des choses comme ça.
Vous pourriez assurer ce qui reste du semestre et la gare les prendra dès la
rentrée.
Moi, en tant que responsable du département, je ne peux pas les laisser
sans professeur comme ça.
Et rentrer quand, craquer ? Qu'est-ce que j'en sais ? Ce n'est pas de musique
religieuse qui est le spécialiste au sédar et maladie.
Dès qu'un certificat médical arrive à échéance, il en envoie un autre.
C'est le vôtre.
Ah, pardon.
On en reparlera plus tard.
Oui.
Allô ? Oui, c'est moi.
Oui.
Comment ? Ne le répétez pas à votre fille, mais moi je trouve ça formidable.
On n'arrête pas de dire que les jeunes n'ont plus de convictions, qu'ils se
foutent de tout.
À 15 ans, manifester devant le Parlement européen pour le Tibet libre, c'est ça
que vous trouvez formidable ? Parce que vous, ce qui se passe au Tibet, ça ne
vous concerne pas.
C'est à 10 000 kilomètres, alors c'est pas vos œillons, vous vous en foutez.
Non, non, non, je ne dis pas ça, mais j'étais des pierres sur les CRS, alors
qu'ils devraient être au lycée, c'est normal peut-être. Monsieur Regazzoni,
moi je vais vous dire une chose, chacun sa vocation. Un manifestant s'est fait
pour lancer des pavés, un CRS pour se les prendre sur le coin de la gueule.
J'ai un beau frère dans les CRS.
Il commence à déprimer dans les manifs quand il ne reçoit rien sur le casque.
Il a l'impression de ne plus exister, d'être transparent, inutile, qu'on ne l
'aime plus quoi.
C'est drôle hein ?
Et à 16 ans, qu'est-ce qu'elle va faire ? Brûler des voitures à Noël ? Bon, c
'est une coutume locale à Strasbourg.
Et avant tant, peut-être braquer les banques pour donner l'argent aux
pauvres, c'est ça ? Inamiter la cathédrale parce que Dieu ne bouge pas
le petit doigt pour ceux qui souffrent ? Arrête, papa.
Arrête, papa.
Mais pour qui tu te prends ? Mais pour qui elle se prend ? Une justicière ? Tu
penses que toi et tes copines des secondes vous allez faire plier le
régime de Pékin ? Ce n'est pas parce que tu n
'as aucune conscience politique qu'elle ne peut pas en avoir.
Alors là, tu ferais vraiment mieux de te taire. Parce que je sais bien d'où est
le bien de ces idées à la con. Mais maintenant, c'est suffisant. Tu as
compris, c'est suffisant. Autrement, je vais te battre dehors.
Et le monde, si tu veux le changer, tu vas le changer en dormant sous les
ponts, c'est clair.
Tu crois que tu me fais peur avec tes menaces bourgeoises ? Ah si ? Mais tu
as fait comme d'avoir un fratello borghese. Parce que sinon, maintenant,
où serais-tu ? Qu'est-ce que ferais-tu ? Tu n'as jamais travaillé un jour dans ta
vie.
Je résiste.
Depuis le temps, tu résistes bien.
Quelle force.
Bravo.
Complimenti. M'impressioni.
Qu'est-ce que je t'avais dit ? Tiens.
Non. Goûte.
Voilà.
Voilà.
Irina, à la table.
Il ne se passe pas deux jours sans que tu me gueules.
Je crois pas que c'est facile pour lui.
C'est ton père.
Il a des inquiétudes de père, c'est normal.
Ouais, mais bon, je suis plus une gamine.
Tu m'amuses.
Tu peux être une grand-mère non plus.
Oui.
Passe-moi le chiffon, s'il te plaît.
Pas celui-ci, l'autre.
S'il avait une copine, ça le calmerait.
Au moins, il serait après elle. Et nous, on pourrait respirer un peu.
Les rares copines qu'il a eues, tu sais bien, ça n'a jamais duré longtemps.
En tout cas, c'est longtemps pour qu'on les voit.
Ouais, mais là, il y a urgence.
On ne peut quand même pas lui en trouver une à sa place.
Je ne vais pas raconter.
Vous avez bien fait chier les flics. Oui.
Et les pavés ? Tous les ans, on se fait comme je t'avais expliqué, comme ça.
Bon élève.
Il y avait en eux quelque chose d'insoutenable. Et stress détourna le
premier leur égard.
Je m'excuse de devoir te poser cette question, dit-il.
Mais c'est très important.
Comprends-moi, Dorontine.
C'est important pour toi, pour ta mère, pour nous tous.
Je voudrais te demander si tu as vu le visage de l'homme qui t'a ramené.
Vous n'aimez pas ? Vous pourriez me lire le botin, Alessandro, je serais
heureuse. Vous avez une si belle voix.
Ismaël Cadaret, c'est tout de même un peu mieux que le botin, non ?
Parlez-moi du dehors.
La ville.
La ville ? Tôt le matin, il y a un parfum de
brouillard, de feuilles encore fraîches, de campagne.
Mais vers midi, tout est brûlant. C'est comme si le soleil envahissait toutes
les rues.
Les gens se mettent au terrasse, les enfants courent dans les parcs. Il y a
plein de sourires.
Ça fait combien de temps que vous venez me voir ?
Bientôt un an.
On en a lu des pages, hein ? Vous êtes ma plus ancienne auditrice, Agathe. C
'est pour ça que j'en ai un peu marre de vous.
Il est temps que vous rentriez à la maison.
Oui.
Vous êtes un artiste, monsieur Luigi.
Un véritable artiste. Une petite chose.
Oui, mais c'est tellement bien peint.
La peinture parle à l'humanité entière.
Plus de langue, plus de frontières, plus de tromperie.
C'est vrai ce que vous dites.
Ah, évidemment que c'est vrai.
Songez à tous les mensonges que vous transportez dans votre sacoche. Tous ces
enveloppes qui vont apporter la discorde, la haine, la ruine peut-être.
Mais il y a des lettres d'amour quand même.
Mais vous rigolez. Plus personne n'écrit des lettres d'amour.
Il n'y a que les e-mails maintenant, les SMS, la communication globale.
Mais pourquoi croyez-vous qu'à côté de la paume, symbole de péché originel, je
peine un téléphone portable ? Parce qu'il représente notre monde aujourd
'hui. Surveillance infinie, échange sans visage, perpétuel blablabla.
Non, dans votre sacoche, vous ne trouverez plus d'amour que des factures,
des lettres de licenciement, des redressements, des publicités débiles,
toutes ces merdes qu'il faudrait pulvériser, pulvériser ! J'avais jamais
pensé à tout ça.
Encore un peu de café ? Oui.
On te remplace la chaudière, tu vas pas tarder à nous lâcher. Par une chaudière
au gaz ou par une chaudière aux billes de bois, c'est pas le même prix.
Oui, mais c'est quand même plus écolo, les billes de bois.
Sauf que c'est pas donné au départ.
Et la géothermie, c'est bien, la géothermie.
Non, Malou, on me dit pas n'importe quoi. Ça coûte la peau des fesses.
Faudrait retourner le terrain autour.
Faudrait faire des forages.
Ouais, ben... Mais il n'y a pas de réduction d'impôt sur ta chaude et robot
? Oui, sauf que là, c'est une maison de campagne. On l'a achetée tous ensemble.
Je sais pas très bien comment ça se passe. Salut, tout le monde.
Salut.
T'as tout raté, j'ai même plus. Il reste à boire.
T'as déjà fini à travailler à cette heure-ci, toi ? C'est Shabbat.
C'est bien que j'opère jamais durant Shabbat. Salut.
Je devrais le savoir tout le temps, non ? Ça ne t'empêche pas de boire un coup.
Quel rapport, mais Tu connais rien au judaïsme.
Les amis, je vous présente Egidia.
Egidia. Egidia, qui est lituanienne.
Elle est depuis deux mois à Strasbourg, alors ne l'effrayez pas tout de suite.
Lui, c'est Jean-Paul, chirurgien en temps partiel, comme vous l'avez déjà
compris.
Malou, qui le supporte depuis... Depuis combien ? Depuis 21 ans.
Ça va, elle n'a pas l'air malheureuse, non ? Francette, la femme de Dieter, qui
est là-bas.
Et Alessandro, encore à prendre si tu as une copine.
Nous, on a renoncé à le caser.
Alors, qu'est-ce que vous pensez de ce vin ? Il est bon ? Très bien. Et Guy,
bien. Et Guy, bien.
Enchanté.
Vous n'êtes pas restée les mains vides ? Non, merci, je ne bois pas de vin.
Tu ne bois pas de vin ? Jamais.
Jamais.
Bon,
qu'est-ce qui vient dimanche aux Essors ? Moi, pas ce week-end, le prochain.
On peut emmener Rina, si tu veux.
C'est très bien.
Tu ne bois vraiment pas des verres ?
Elle habite où, cette Noémie ? À l'orangerie.
Bon, d'accord.
Mais vous sortez pas, vous restez chez elle.
Et il ne se doit pas arrêter de la marrer à l'école. Oui, oui, t'inquiète.
Qu'est-ce qu'il a écrit, là ? Il suit tout.
Mais vous pouvez pas dire ce palin comme tout le monde.
Tu sais très bien qu'il est combien, Marc ? Bon,
tu prends quatre rouleaux.
Et du liquide vaisselle, s'il te plaît.
Et deux berlingots d'eau de Javel.
Je veux savoir ce que tu fais
là.
J'ai vu que t'as pas mal de pilotes bonnes à changer et je trouve que celles
-là sont bien.
Pas vulgaires, de la bonne qualité.
Faut quand même pas que j'y mette ça.
Tu préfères le poney ? Papa, j'ai 15 ans.
15, t'as 8 ? Ouvre les yeux.
Et puis c'est pas à toi de me jeter mes culottes. C'est qui alors ? Mais à moi.
Et puis est-ce que je me vais aller t'acheter tes caleçons ? Ma mère, elle
les a bien achetés jusqu'à mes 30 ans, tu sais.
Tu me fais honte, là.
Irina.
Irina !
Non, Alessandro, t'es encore en retard. Je sais, je suis désolé.
Excusez-moi, tout le monde.
Bon, on fait une petite pause. Je pense que ça traduit bien à tout le monde.
Ça va pas aujourd'hui ? Si, un peu fatigué peut-être.
Ce moment, c'est pas facile avec Irène.
Elle te repère tout seul, tu vois.
C'est toi qui veux bien rester tout seul.
Elle n'a jamais eu de mère.
Je veux au moins qu'elle ait un père.
Tu crois pas que tu pourrais peut-être un petit peu t'occuper de toi, de temps
en temps ?
C'est pas parce que toi et moi ça a pas marché il y a quelques années que ça
marchera pas aujourd'hui avec une autre.
Tu connaîtras pas mon psychologue ?
Ça
va, ouais ? Bah tu viens pas ? Pourquoi ? Faudrait savoir, tu me dis toujours
que je te laisse pas libre.
Je sais pas, que tu dises bonjour à sa mère, au moins ça se fait, non ? Bon, d
'accord, mais juste bonjour, hein.
Enfin, les voilà ! Bonjour.
Entrez, entrez. Ah non, non, non, je l'ai déposée sur le monde, je suis très
mal garé. Oh, vous en faites pas, la police ne passe jamais dans la rue.
Entrez quelques minutes.
Vous allez bien prendre une petite poupette ? Ah non, non, pas à cette
heure-là.
Il n'y a pas d'heure.
Moins fort, les filles ! Quelle énergie à cet âge, non ?
Quel désir de vivre ! Alors
c'est vous le papa d'Irina.
Depuis le temps que Noémie m'en parle, elle en est folle.
Irina par-ci, Irina par-là.
Noémie m'a dit que vous étiez veuf ? Oui, c'est vrai.
C'est horrible.
C'est arrivé quand ? Cinq mois après la naissance d'Irina. Un accident de
voiture. C'est loin.
Vous avez eu le temps de...
Enfin, de... Fichue voiture tout de même.
Je suis désolé, je dois vraiment y aller.
Vous êtes professeur ? J'enseigne l'histoire de la musique baroque. Moi
aussi, j'adore le rock.
Johnny Hallyday... Non, pas le rock.
Baroque, c'est un peu avant.
Même ça, j'adore.
Je suis une passionnée.
J'aime sortir, dîner avec des amis.
Vous faites du sport ? Je cours un peu le week-end.
Désolé, je dois vraiment y aller. Route, sous bois ?
Sous bois ? Moi aussi.
Oh, Dieu.
À très bientôt.
Revenez quand vous voulez.
Si, si.
Ah, mais plus.
Non.
Non, non, non, non, non, non.
35 euros.
Miséria, porca miseria.
35 euros, pesta pazza.
Non, je n'ai pas. Si, tu y vas. Je n'ai pas.
C'est moi qui décide, d'accord ? J'ai pris un rendez-vous, et même si je dois
te traîner pour les cheveux, tu y iras. Non ! Oui ! C'est pour faire que tu
viens. C'est toi qui as besoin d'un psychologue.
Moi ? Moi ? Regarde-toi ! Regarde-toi ! Tu crois que c'est normal d'être élevé
par un père qui vit avec une mort ? Et un frère qui ne sort jamais, qui passe
ses journées avec les fringues d'une salle téléphysique ? Oh, mais c'est
votre langage, hein ? Mais je m'en fous ! C'est changé, tu l'as compris ? Mes
amies pensent que vous êtes une copine de fringues.
Qu'est
-ce
que je te fais ? Qu'est-ce que tu prends ?
On peut aimer quelqu'un qui n'aime pas les mêmes livres que toi, quelqu'un qui
n'aime pas les mêmes musiques que toi, c'est moi qui parle que toi, quelqu'un
qui n'aime pas les mêmes paysages que toi, mais on ne peut pas aimer quelqu'un
qui ne boit pas de vin, c'est pas possible.
Saucisse blanche, premier service.
Remarque, en Lituanie, la vigne, ça doit être rare, non ? Mais c'est pas le
problème !
J'ai une collègue de Reykjavik qui boit sa bouteille de Côte du Rhône tous les
soirs. Et que je sache, il n'y a pas un seul grain de raisin en Islande, non ?
Je confirme. En tout cas, ta petite lituanienne, vingt ou pas, a été
vachement bien gaulée. Et où ça va, Luther ? Qu'est-ce qui te prend ? Ben
quoi ? C'est vrai, c'est même Jean-Paul qui me l'a fait remarquer.
Quoi, t'as dit ça, toi ? Paul, qu'est-ce que j'ai dit ? Ben, la grande.
Les enfants, approchez vos assiettes.
Vous voulez en tirer vos saucisses ou je vous autopsie ? Moi, j'en veux deux.
Non, t'en prends une, on verra après. Non, mais tu vas te perdre, Sidarta, là
! Tais-toi ! Tais-toi !
Écoute, c'est pas de sa faute, il est en chaleur. T'es remettant en chaleur,
quoi.
Maman, papa ! Camille, elle doit qu'à craquer ! Il faut qu'il soit effondré !
T'as rien ? T'as rien ? T'es sûre ? Oh la vache !
Maman, t'apprends pas, t'apprends pas ? Maman, maman, reste ici ! Bordel !
Je l'avais bien dit qu'il fallait changer cette putain de poutre de merde
! Mon copain Guérard t'avait dit qu'elle était encore bonne. Mais ton copain
Guérard, il est cuisinier, qu'est-ce qu'il s'y connaît en poutre ? Qu'est-ce
qu'il s'y connaît en poutre ? Oui bon, ça va, ça va, on va se calmer, on se
calme, on se calme. Tu vas pas me les tuer ? Oui bon, ça va, personnellement,
c'est qu'à toi, rien de grave.
Bon, ta gueule, Tidarta, ta gueule ! Les saucisses vont cremer.
Ça va, ça va.
Les saucisses.
Putain, vous faites chier, les gars ! Vous faites chier !
Monsieur Berto ? Bonjour.
Je suis Alessandro Regazzori, de l'association Le Lien des mots.
Ça va bien ? Vous permettez ? Je suis venu vous faire la
lecture, Monsieur Berto.
J'ai amené différents livres, et vous me direz ce que vous aimez bien.
D'accord ? Il fait chaud ici.
Vous n'avez pas chaud ? Ça va ? Vous voulez un verre d'eau ? Alors... Si vous
voulez, je peux commencer par un auteur de ma région, le nord de la Vénétie, qui
s'appelle Mario Rigonisterne.
Toute son œuvre parle de la guerre, de la mémoire et beaucoup de la montagne
aussi.
« Neige de jambier » c'est le titre.
De sombre à droit, il s'était appuyé au traîneau.
Le gauche, il avait passé dans son manteau par devant.
Quand une balle de la rafale l'avait touché, il n'avait perçu qu'un coup sec.
Comme le choc d'un caillou.
Oui ? Oui, monsieur Berthaud ? Vous n'avez rien de plus érotique ? Euh...
Euh... Non.
Non. Non, pas là. Je suis désolé.
Elle vient juste de s'endormir. Bonjour Yasmine.
Bonjour.
Elle a beaucoup souffert cette nuit.
Tu lui diras que je suis passé.
Je reviens jeudi.
Oui.
Tu es un petit mignon.
On a signé hier soir chez le juge.
Je suis une femme libre maintenant.
Vous larguez.
Ça dépend comment on voit les choses.
De la poussière partout.
L'Express, 5 juillet 2006.
Le Point, 13 novembre 2008.
Du gratuit, tu graphies. Et Marie-Claire, avril 2000.
Irina Regazzoni. C'est moi.
Enfin, c'est nous. Je veux dire, c'est elle. C'est ma fille.
Je vois bien que nous nous éloignons l'un de l'autre. Elle remet en cause le
moindre de mes propos. Quand j'essaie de lui faire comprendre quelque chose, elle
se ferme.
Le problème, c'est que physiquement, elle a grandi tellement vite ces
derniers temps.
Mais c'est encore une enfant, j'en suis sûr.
Une enfant dans le corps d'une femme. Voilà.
D'une femme ? Oui, oui.
Regardez-la.
Qu'est-ce que tu en penses, Irina ? Bien.
Tu peux nous laisser un instant, ton père et moi, s'il te plaît ?
Voilà. Monsieur Rigottoni,
je ne suis pas certaine que votre fille ait besoin de moi.
Mais vous-même, vous pourriez peut-être aller voir un de mes confrères.
Comment ? Votre fille est entrée dans l'adolescence. Parfois, cela perturbe
davantage les parents que les enfants.
Vous vous manquez de moi, là ?
Vous trouvez qu'Irina évolue physiquement très vite alors qu'elle a
15 ans, mais le corps d'une enfant de double, et vous considérez que c'est
encore un bébé. Quoi ? Je suis prête à parier qu'elle est très en avance,
intellectuellement et émotionnellement.
C'est vous qui avez des problèmes, monsieur Regazzoni, pas elle ? D'importe
quoi.
Mais d'importe quoi ! Et vous pensez que je vais écouter les conseils de quelqu
'un dont les analyses sont aussi périmées que les magazines de sa salle d
'attente ?
Que vergogne !
Salut la belle. Qu'est-ce que tu fais ? Je les stocke. Mais tu penses toujours à
la même chose. Pourquoi je changerais ? Tu n'as jamais essayé de les vendre au
lieu de les garder ? Je ne veux pas les vendre. Il y a un type de Zurich qui
veut tout m'acheter.
Il a vu une de mes peintures chez Jean-Paul.
Et alors ? Elle m'envoie des lettres, mais je ne les lis pas.
Fils de ton père.
Bon week-end.
Hey ! T'aimes pas ? C'est ton âge pourtant, non ?
Oh, je te parle.
Irina me répondit. Mais qu'est-ce que je suis censée dire ? Tu dames des chansons
débiles ? Quoi ?
Bonjour,
ma chérie.
Ça va ? Bonjour.
Bonjour ma chérie.
Salut. Viens, donne-moi ton sac.
Tu restes avec nous pour le déjeuner ? Non, je ne peux pas, j'ai plein de
travail, il faut que je rentre.
Tu as deux minutes ? Oui.
Comment ça va ? Ouais.
Irina ou toi ? Un peu les deux.
Il n'est pas méchant, tu sais.
Quand il vous voit, il est content et puis en même temps, il se rappelle.
Avec le temps, j'aurais cru que... Le temps, ça change rien.
Le temps... Le temps, c'est toujours en excuse qu'on se donne.
Tu la reprends quand, la puce ? Dimanche.
Vers 7h, ça va ? Je te ferai une bonne tarte.
Ah, bien.
Merci.
Sandro ?
Pourquoi
tout ça fait du mal ? Non, non, mais c'est juste une cassette que je viens de
retrouver. Tu la retrouves tout le mois de recette.
Moi aussi je l'aimais beaucoup, Louise.
Mais tu vas pas rester comme ça jusqu'à ta mort.
Comment ça comme ça ? Tout seul.
C'est bien tout seul toi aussi.
C'est pas pareil. Je suis un combattant. Un combattant n'est toujours seul.
Le Che ne s'est jamais marié.
Il s'est jamais marié ? Jamais.
T'es sûr ? Non.
Et donc, qu'est-ce que tu veux ?
On se retrouve ici quand on devait couillon, dans quelques années, quand
Irina sera partie.
Moi j'aimerais bien aller ailleurs, c'est un tout petit village.
Lui il est content parce qu'il retrouve ses copains d'enfance, mais bon, moi j
'ai pas de copine là-bas.
Et puis les gens ils parlent même pas italien, c'est un espèce de patois,
comme ici l'alsacien.
Je comprends pas grand chose.
C'est important pour lui.
Ouais mais bon...
Tu as le même geste qu'elle.
De quoi tu parles ? Là, ce que tu viens de faire avec tes cheveux.
Louise faisait toujours ça.
Quoi ? Ça te dérange ce que je dis ? Tu n'aimes pas que je te parle de ta mère ?
Mais mémé, tu me parles de quelqu'un que j'ai pas connu, qui est mort il y a
trois siècles, dont j'ai aucun souvenir, et qui prend une place folle.
Tu te rends compte de ce que tu dis ? Ce que je dis, c'est qu'il faut que je
vive, moi.
Et que tout ça, ça m'étouffe.
Je l'ai où, l'animal ?
Tu le sais bien, là, près de l'évier.
Regazzoni, ça tombe bien, je voulais vous voir.
Bonjour. Oui, c'est ça.
Pour les euros et les partiels des deuxièmes années, essayez d'être un peu
plus sévère que d'habitude cette fois.
J'essaie d'être juste.
C'est vous qui le dites.
Chaque année, votre moyenne est à deux ou trois points au-dessus de celle de
vos collègues. Et résultat, vous nous faites perdre un temps fou en commission
d'harmonisation.
Je compte sur vous.
Mais vous ne trahiriez personne, Alessandro.
C'est pas question de trahir, c'est une question de... C'est une question de
place.
Quelque part, Louise est toujours là.
C'est comme si...
C'est comme si elle m'attendait.
Et vous aimez qu'elle vous attende ? Je pense que oui.
Vous savez, Agathe, je peux bien le dire à moi.
Il y a quelques femmes de temps en temps dans ma vie.
Mais j'y reste en rien.
Ça n'a pas de sens.
Les morts sont plus forts que nous.
Ils ont la vie entière devant eux.
Mais avec les absents, c'est pire.
Ils nous hantent plus que les morts.
Pourquoi vous dites ça ? En tout cas,
ne plus aimer à votre âge, c'est immoral.
Je vous l'interdis, Alessandro.
T'as vu comment il te regarde, lui ?
Mais non, c'est toi.
Tu rigoles, regarde bien.
De toute façon, il est moche.
Moche ? Non mais vas-y, couchez-le, t'as le mot.
Il est nouveau ? Je crois qu'il est arrivé il y a deux semaines.
Il a ses potes avec Juju et Bouzou.
Et tu sais que Sonia sera avec un type de 30 ans.
Arrête. Je te jure. Elle l'a pêché sur un site de rencontre sur Internet.
Tu sais, les trucs de vieux, là, quand tu ne peux plus draguer en direct.
Mais elle a notre âge, c'est dégueulasse.
En plus, elle est toute fière, cette imbécile.
Et t'as vu là ? Qu'est-ce que je t'avais dit ? Arrête ! C'est bien toi qui le
regarde.
Qu'est
-ce
qu'il dit Trump ?
Je dis que quoi que puisse dire Aristote et toute la philosophie, il n'est rien d
'égal au tabac.
Sganarelle, acte 1, scène 1, Don Juan de Molière.
Qu'est-ce que tu en penses, Irina ? On ne l'a pas encore étudiée. Oh, ils ne l
'ont pas encore étudiée.
Et ça ? Hop ! Tu l'as étudiée, ça ? Je l'ai trouvée où ? Dans tes affaires, une
caméra à soi.
Tu fouilles dans mes affaires, maintenant ?
Tu crois peut-être que j'avais laissé ma fille préparer son petit cancer du
poumon dès l'âge des 15 ans ? C'est pas à moi.
Menteuse. C'est à une copine.
Mais prenne d'une giro, guarda comme me prenne d'une giro. Mais c'est vrai, c
'est pour que ses parents ne sachent pas qu'elle fume.
Et tu voudrais que j'avale ça ? Pourquoi il ne me croit jamais ?
J'en ai marre.
Il approcha ses mains de sa poitrine.
Alors ?
il sentit jennifer se courber en arrière et ses deux seins couronnés par des
aréoles charnues et brunes durs et tendus comme des dards se gonflèrent
plus encore tandis qu'elle passait sa langue sur
ses lèvres humides elle écarta très lentement ses cuisses son regard chavira
et son front s'écouvrit d'une fine sueur
Monsieur Luigi Regazzoni ? Oui ? Sylvain Hansbach, je vous ai téléphoné hier. Ah
oui, oui.
Je vous dérange peut-être, vous étiez à la salle de bain ? Pourquoi vous dites
ça ? Je peux entrer alors ? Oui, je vous en prie. Merci.
Vous êtes en France depuis combien de temps ? Des années.
Des années ? Et vous faites votre demande seulement maintenant ?
La case nationalité d'origine, vous avez mis apatride. Mais vous venez de quel
pays exactement ? C'est un pays qui n'existe plus.
Oui, bon d'accord, mais lequel ? L'Italie, madame.
Attendez, moi quand j'ai vu votre nom, j'ai cru que vous aviez pris un faux,
mais vous êtes vraiment italien ? J'étais.
Écoutez, soyez sérieux, vous ne pouvez pas demander le statut de réfugié
politique en étant italien. Et pourquoi pas ? Mais l'Italie est une démocratie.
Une démocratie ? Une démocratie ? Et vous appelez cela une démocratie ? Un
État avec à sa tête un héros tombant, lifté, maquillé, couvert d'un plan qui
détient tous les pouvoirs, la télévision, la presse, l'économie. Une
démocratie ? Écoutez, M.
Rigazzoni, il y a des centaines de personnes dans des situations vraiment
désespérées. Je n'ai pas que ça à faire. Et la mienne, des situations ? Elle n
'est pas désespérée ? Depuis combien de mois on attend d'un rechute du tyran ?
Depuis son coup d'état, je refuse de parler ma langue qui salit tous les
jours. Je me nourris que de souvenirs et de rêves. Et c'est le paradis, c'est
peut-être... Au revoir, M.
Rigazzoni !
Et estimez-vous heureux que je ne porte pas plein pour vos déclarations.
C'est ça, partez, partez. Soutenez le dictateur.
Vous faites un joli travail, madame. Un très joli travail.
Salut.
Salut. Ça te dérange pas si je marche avec toi ? Je vais être patronne chez
toi, tu sais.
Ah bon ?
Je suis mercière au 27, on vient m'aménager.
T'as un seconde ? Oui, toi aussi.
Je t'appelle comment ? Aurélien.
C'est quoi cette photo ? Noël, il y a deux ans, on fait une soirée.
Il était beurré ou quoi ? Non, simplement gay.
Regarde un peu.
Ouais, c'est mieux.
Coupe un peu de poitrine encore.
Comme ça, ça va ? Oui.
Et le texte ? Je pense qu'il faut écrire un professeur.
Ça rassure, mais sans spécifier.
Et puis, libre, qu'elle ne pense pas qu'il est marié.
On peut mettre sportif ? Sportif, bien sûr.
Et bon danseur aussi.
Les femmes, elles aiment ça.
Je ne l'ai jamais vu danser.
Tu ne sais pas tout.
Laisse-moi quelques secondes.
Voilà, qu'est-ce que tu dis de ça ? C'est vrai, c'est pour les bêtes.
T'es sûre ? Oui.
Et puis la fin, je suis pas fan.
Tu veux quand même pas que toutes les cochonnes d'Alsace répondent à l'annonce
?
Parlez-moi de la musique religieuse de Vivaldi.
La musique religieuse.
Vivaldi était prêtre.
C'était un homme d'église. Il a composé beaucoup d'œuvres, de morceaux pour l
'église, pour les églises.
Par exemple ?
Vous ne savez pas ? Il est trop harmonique.
Pas du tout, non.
Vous n'avez jamais entendu parler d'un chef-d'oeuvre qui s'appelle Judith à
triomphe ? Bon, ce sera tout, c'est fini.
Voyons, il n'y a pas de quoi se mettre dans des états pareils.
Excusez-moi, mais il est tellement bossé ! Oui, mais là, on ne savait pas grand
-chose, on est d'accord, non ? Mais je...
parce que mes parents m'ont mis à la porte, alors si je me plante encore
cette année, c'est foutu.
Allez, allez, c'était pas si catastrophique que ça.
Mais ça vaut pas la moyenne ? Ah ben non, la moyenne... C'est foutu alors,
parce qu'il fallait au moins la moyenne pour avoir l'élément.
Je t'ai vu.
Merci quand même.
Au revoir. Au revoir.
Non.
Non mais je rêve.
Non,
non, non, non, non, non ! Porca miseria !
Il est entré dans ma chambre.
Il me violait chaque soir.
C'est quoi, ça ? Tu as pillé des banques brûlées ? Mais c'est toi qui les as
brûlées ? Oui.
Tu m'empêches de voir.
Tu m'empêches de voir ? Tu m'emmènes, là ! C'est encore ce marchand suisse. Il
croit qu'il va m'amadouer comme ça.
Marchand suisse ? Encore ? Parce que c'est pas la première fois ? Combien d
'anglopes t'as brûlées comme ça ?
Je ne sais plus. Trois, quatre.
Quatre. Peut-être plus. Sept, huit. Mais tu es complètement fou.
Je me fais un culot comme ça. Un culot comme ça, c'est bon.
Et quand ils te donnent les droits, tu les brûles.
Je parle avec toi.
C'est l'agent Suisse, je te le signale. Suisse. Donc forcément sale.
Luigi, va faire le culot. Va me faire les leçons de morale que tu ne fais pas
un cazot de la matinée à la soirée. Tu brûles les droits.
Mais je te fais couper les mains. Tu as compris ? Moi, je ne veux rien.
Et quand tu mets ton cul sur ta chaise, tu ne te donnes pas qu'à faire la
cuisine. Et les ménages, ils s'appellent tout seuls. Tes pantalons, tes chemises,
tes chaussettes, ils sont dans ton étoilant, peut-être. Je l'emmerde, je l
'emmerde, je vous emmerde, Berbichheim !
Un jardin sous la neige.
comme un pas recouvert de sa propre empreinte.
Le souffle d'un animal chaud et vivant près du sol qui attend.
La fleur de cérésier rejoint la lune. C'est la jeune fille qui murmure.
Vous vous souvenez, au début, vous me lisiez des pages de gros romans, ensuite
de plus petits, puis des nouvelles.
De longs poèmes.
Et maintenant, des haïkus.
Bientôt, plus rien.
C'est que j'ai peur de vous fatiguer, Agathe.
Je penserai à vous.
Moi aussi, je penserai à vous.
Je pensais jamais qu'un jour, on allait en arriver là.
Vraiment.
Quand tu les ramènes le dimanche, il les dépose en bas de l'immeuble.
Il klaxonne, je descends les chercher et il attend même pas que je sois devant la
porte.
Il repart aussitôt comme un voleur.
J'en ai franchement du temps.
Bonjour. Salut.
Ça a été ? Oui, oui.
Je voulais te dire, si jamais... Enfin...
Quand Agathe... Bon, tu me comprends.
Et tu pourras me prévenir ? Bien sûr.
Merci.
Ciao.
Vas-y vite, on a le temps.
Tu crois ? Oui, je fais avant de partir à Saint-Répet.
Il a trois messages.
Bonjour, je m'appelle Virginie. Je voudrais vous connaître un peu plus en
attendant de cliquer sur ces liens.
Je clique. Oui, je t'épêche.
Non, retourne-toi. Ferme les yeux.
C'est incroyable.
Il y a vraiment des folles.
Tu crois que je clique sur le deuxième ? Ne regarde pas, alors.
Bon, ça va.
Monsieur, il y a votre annonce. Vous êtes nos fumeurs.
Laisse tomber.
Et la dernière ? C
'est
quelqu'un qui l'a reconnue, tu crois ? Mistère, balle de golf.
Boule de gomme, je t'ai déjà dit cent fois. Ah ouais, si tu veux.
En tout cas, elle n'est pas indifférente.
On répond ? Oui.
Cher lovers...
Quel cafard d'or, mes pauvres gens, mes pauvres gens.
Bon, ça confirme ce que je vous disais à l'intérieur.
Il y a un gros boulot, il va falloir tout enlever sur ce port.
Les tuiles, de toute façon, elles sont foutues, vos tuiles. Les poudres qui
sont pas encore craquées, le latis, la cingrie, oh, allez, tout le bazar, quoi.
Au revoir, monsieur.
Au revoir, monsieur Gataille.
Oh, vous avez un accent, vous, hein. Oui. Vous n'êtes pas d'ici. Eh non.
Dites.
Vous l'avez quand même pas payé trop cher, votre grand-buse. Pourquoi vous
dites ça ? Oh, comme ça, comme ça. Juste pour causer, hein.
Allez ! Salut, bisous ! Un coup, hein ?
Un de plus.
Ça va bien les autres.
Salut, ça va ? Bien,
je te présente Evelyne. Bonjour, enchanté.
Jean-Paul.
Oui, Evelyne. Bonjour.
Bonjour, enchanté.
Evelyne, tu es douceur ? Oh non, j'ai déjà pris 3 kilos depuis que je suis
venue en Alsace. Oui, mais il ne faut pas rester, sinon dans deux ans, on te
roule. On me quoi ? On te roule comme de tonneaux.
Tu trouves que je suis grosse ?
Mais non, que parfaite comme ça. T'appelles ça des tranches, pas ? Mais t
'as qu'à le faire, toi.
Mais ça, c'est mon télérama, ça. Bah quoi, si tu veux que j'allume ce feu.
Mais je ne l'ai même pas vu. Tiens.
Oh, j'adore ce maison.
Vous l'avez acheté quand ? Oh, il y a un an et demi.
Et t'as devant toi les quatre pigeons qui ont signé.
C'est sympa quand même, même dans l'état où elle est.
Oh, les miracles de la méthode Coué. Bon, je propose un toast.
À toi, à ce que tu veux.
À votre voiture ? À nos week-ends pourris.
Evelyne, la nouvelle copine de Fernando.
Pourquoi nouvelle ? Il y en a eu beaucoup d'autres avant ? Non, non.
Tchin, tchin.
Il ne faut pas croire qu'on est protégés.
On nous mute sans nous demander notre avis.
On nous stresse.
Il y en a qui craquent.
J'ai encore un collègue qui a essayé de se suicider il y a 15 jours.
Les syndicats ne font vraiment pas grand-chose.
Le syndicat ?
C'est comme Dieu, ils sont morts depuis longtemps.
Il faut lutter tout seul.
Mettre des grains de sable, des petits cailloux dans le mécanisme.
Vous vous souvenez des bruits de gouttes rouges ? Ils ont tué des gens, non ?
Oui, c'était ça la grande erreur, tuer des gens.
Tout le monde s'en fout, on a plus de milliers chaque jour dans le monde et
personne ne proteste.
C'est au bien matériel qu'il faut s'en prendre.
Il n'y a que ça qui compte pour les gens, ce qu'ils possèdent.
Imaginez votre pouvoir à vous.
Si vous balancez dans les égouts toutes les lettres administratives que vous
transportez chaque jour, ça n'a l'air de rien, mais vous foutez une merde forte
dans les systèmes.
Et comme ça, vous existez.
Vous existez.
Vous avez dû faire beaucoup d'études, M. Lodji.
J'ai un cerveau. Je m'en sers.
c'est incroyable de vous voir là je voulais vous dire au revoir
vous êtes guérie j'ai toujours
aimé les matins vous vous souvenez de ce poème que vous m'aviez lu tous
les soleils à l'aube dorment encore un peu
engourdi
nonchalant il se moque bien du feu du jour qui les attend du visage des hommes
de la mort et des guerres tous les soleils à l'aube sont comme de grands
enfants qui n'ont que faire du temps
il fait si bon
je
pars en voyage en voyage
Soyez heureux, Alessandro.
Et il y a quelque chose d'autre, Mary, au-delà.
Oh, Peter, je savais comment te le dire avant de partir.
Mais ici... Ici, il n'y a pas de mots pour cette amour.
Une amour plus grande que n'importe quelle que nous ayons connue.
Je peux entendre les fleurs s'éloigner... et les belles s'éloigner
pour la vie et la mort.
Vous avez juste commencé à vivre, Peter.
Mary, je... Je sais.
Il n'y a rien d'autre à dire.
En conséquence des quoi ? Il est impossible au tribunal pénal
international d'accéder à votre demande d'instruire une plainte contre monsieur
Sylvie Berlusconi pour crime contre l'humanité, détournement d'agents
publics, exercice illégal de la médecine. Exercice illégal de la
médecine ?
Il faut
pas,
c'est un très beau combat, Luigi.
Oui. Et entre femmes, on peut se comprendre, non ? Hé, tu pourrais
frapper avant d'entrer. Pourquoi ? Je ne sais pas, moi. Elle pourrait être à
poil. À poil, qu'est-ce que vous faites ? Un dessert de français.
Pourquoi ma fille serait à poil pour faire un dessert de français ? C'est ça
le sujet ? Oui.
Alors, la littérature n'est pas la vie, elle est bien plus.
Vous analyserez et commenterez cette phrase de James Joyce.
Il a dit ça, Joyce ? Faut croire.
Vous me quittez le tir.
Parce que l'autre fois, comme lui, il y a eu seulement 8.
C'est sympa, hein ? Ah ben non, ces gars-là, moi je vous laisse.
Allez, viens, c'est la fin.
James Jones, le grand écrivain irlandais.
Qui aurait dit cette phrase ? Une phrase stupide et crédible.
Qu'est-ce qui s'est passé ensuite ?
C'est bon, on y retourne les enfants.
On a du pain sur la planche.
Tu es la gloire et l'espoir, et nous sommes poussières.
Nous glissons dans ta main et revenons à la terre.
Accueillons ce jour dans ton royaume de paix et de lumière, Agathe, notre sœur
qui nous a quittés pour te rejoindre.
Nous nous souvenons d'elle et te prions, Seigneur.
Amen.
S'il vous plaît, s'il vous plaît, pardonnez-moi.
Est-ce que je peux vous demander qui vous êtes ? Alessandro Regazzoni.
Je faisais la lecture à Agathe à l'hôpital.
La lecture ? Florence ? Je sais, fille.
On s'est disputées une fois de trop, de plus.
Je claquais la porte.
Et puis après, une carte ou deux dans la nez. Des phrases banales, c'est tout.
Une fois, c'est difficile.
On n'a jamais su se parler, toutes les deux.
Elle a beaucoup souffert.
Vous êtes très courageuse.
Vous préférez sourire.
Oui, sans sourire.
J'aimais beaucoup votre maman.
Moi aussi.
Elle est mal, sans doute.
Parfois, on ne trouve pas les mots, puis on finit par dire le contraire de ce qu
'on pense.
Et puis après, la vie, ça devient comme une grande vague.
Chacun d'un côté.
Depuis que je suis enfant...
Je n'ai jamais su lui dire combien je l'aimais.
Pardon.
Et vous faites ça depuis longtemps, lire dans les hôpitaux ? Pas mal, oui.
Mais vous ne faites pas que lire, vous parlez aussi, je suppose.
Vous parlez avec maman ? Elle vous a parlé de moi ? Un peu, oui.
Un peu.
Elle était très pudique.
Oui.
Sa pudeur.
Je n'ai jamais vraiment su si c'était une qualité ou un défaut.
Oh mon Dieu, j'ai complètement oublié.
J'ai rendez-vous chez le notaire à Strasbourg. Je suis désolée, je dois
partir. Non, non, laissez, laissez.
Alors au revoir.
Et vraiment merci pour tout ce que vous avez fait.
Vous êtes quelqu'un qui a l'air de bien la connaître. Dans son groupe de chien,
tu crois ? Ou à l'hôpital, à la fac, ici dans les quartiers, je ne sais pas, mais
qu'il voit souvent.
Qu'est-ce qu'elle raconte ? Je vais te faire lire maintenant, ça devient trop
intime. Et toi, tu écris quoi ? Je m'adapte, je m'invente.
Tu ne peux pas écrire pendant 50 ans tout de même. Il faudrait qu'il se
rencontre maintenant.
Qui devrait rencontrer qui ? Obama et Poutine.
Vous deux, c'est toujours la politique.
Il y a quelqu'un ? On est là.
Salut. Salut.
Qu'est-ce que vous fabriquez ? Vous êtes toujours là-dessus.
Vous ne le garderez jamais, les mecs.
J'avoue que c'est pas mal, non ? Oui, oui, pas mal, pas mal.
Et comment vous allez faire pour l'imprimer ? J'aime pas l'un copain qui
travaille au journal.
Au fait, ça n'a rien à voir.
Mais l'abruti a envoyé son devis pour le toit.
Je peux vous dire qu'il se fout vraiment de notre gueule.
L'enfoiré. Il doit vraiment avoir des têtes à se faire baiser, non ?
Oui ? Ah,
bonjour.
Oui ? Non, non, non, pas du tout, bien sûr.
Je connais la rue, oui. Au 27.
15 heures, d'accord, pas de problème.
Vous aussi.
À mardi, alors.
Elle va rester un moment avec nous. C'est pas vraiment le bon endroit, mais
il n'y avait plus de place dans cette heure, enfant.
Il va ? Oui.
Bonjour ! Comment ça va, ma puce ? Ça va.
Nina, je te présente Alessandro, dont je t'ai parlé.
Bonjour, Nina.
Bonjour. Eh bien, très bien. Je vous laisse tous les deux. À plus.
Fais très attention.
Il est italien, donc très draculeux. Ah, ouais.
Alors ?
Tu ne vas pas trop mal ? C'est mon cœur.
Il ne va jamais à la même vitesse.
Des fois, il va trop vite et d'autres, on dirait qu'il va s'arrêter.
Je suis un peu embêté parce que ici, il n'y a que des gens adultes, normalement,
et les livres que j'ai là sont un peu compliqués pour ton âge.
Mais je ne sais pas, est-ce que tu aimes la poésie ? J'aime bien, mais surtout
les contes. C'est de l'antiquité.
Ah, la mythologie ? Oui.
J'en amènerai la prochaine fois.
Écoute, en ce moment, je répète une chanson avec des copains.
Écrite par un poète sicilien qui s'appelle Alphion Tigre.
Si tu veux, je peux te lire la traduction.
Silencio d'amour.
Silence d'amour, ça s'appelle.
J'ai été aimé dès le berceau.
J'ai été donné de la douceur, miette après miette.
Silence d'amour qui coule dans les veines.
Il n'est pas possible de te quitter.
Ça va, t'aimes bien ?
C'est beau.
Ne pleurez pas, vous, les Oliviers.
L'amour et la tendresse viennent de loin.
Ma joie bien-aimée, souffle de mon âme.
Donne-moi ton cœur, je te donne ma vie.
Excusez-moi, je ne chante pas.
Il a beaucoup changé. Bonjour.
Je me suis un peu perdue.
Vous êtes en l'espoir ? Non, non, non, sur l'ex.
Merci d'avoir accepté.
De rien.
Ma petite Flo, ma petite Fleur, si tu lis cette lettre, c'est que je suis
partie. Et si tu es ici, c'est que je ne suis plus nulle part.
Nous nous sommes fait trop de mal, toi et moi.
Et je ne voulais pas que tu te sentes obligée de revenir parce que j'étais
malade.
Je t'ai tellement aimée, même dans ta longue absence.
Même si cela ne sert plus à rien, je m'en veux de ne pas avoir su te garder
près de moi.
Pardonne-moi, s'il te plaît.
Pense à moi de temps en temps.
Garde-moi une petite place dans ton cœur et dans ta mémoire.
Je ne ferai pas de bruit.
Je serai là, si tout.
Je t'embrasse, ma petite fille.
Sous-titrage FR ?
Nous venions toujours ici.
Donner à manger aussi.
Je lançais le pain d'une main. Je ne voulais pas lâcher maman.
Je me souviens encore de la chaleur de sa main.
Vous avez remarqué les signes ? Elles ne changent jamais.
On a l'impression que ce sont toujours les mêmes.
Ils ne vieillissent pas.
Vous le séquestrez, le pauvre. Mais pas du tout. Mais non, c'est lui qui veut
vous sortir.
Et voilà. Merci.
Remarquez, au moins comme ça, dans l'appartement, je sais qu'il ne fera pas
de catastrophe.
Il habite avec vous depuis longtemps ? Depuis la première élection de
Berlusconi. Il n'a pas supporté, le pauvre.
En tout cas, quand vous en parlez, ça donne envie de le connaître. Vous prenez
des risques.
Je vous le dis.
Et dans le sud, vous vous plaisez ? J'ai suivi un homme.
Il faut bien vivre quelque part, mais...
Vous savez ce qui manque le plus ? Le froid, la neige.
Vous allez me prendre pour une fois, vous devez détester.
Non, non, non, pas du tout.
Moi, je suis du nord de l'Italie, d'Aziago.
Il y a la montagne, l'hiver, la neige.
Vous y retournez ? Chaque année, un peu, oui.
J'ai plus vraiment de famille là-bas, mais j'ai des copains, des cousins.
C'est bizarre, mais maintenant... Maintenant, mon pays, c'est ici.
C'est le pays que j'aime.
Votre fille, elle parle italien ?
Quand on s'engueule, elle le parle très bien.
Et... Et il fait quoi, votre compagnon ? Il construit des ponts.
Il détruit d'autres choses aussi.
En fait, nos rapports sont de plus en plus compliqués.
Le pire, c'est de me rendre compte que c'est ma mère qui avait raison.
Elle doit beaucoup vous aimer, votre fille.
Ces derniers temps, elle le cache bien.
Vous n'avez pas d'enfant ? Non, il en voulait pas.
Il voulait se sentir libre, comme il disait.
Ça vous manque ? Pendant très longtemps, j'ai cru que non.
Je regardais les autres autour de moi, je m'estimais heureuse de ne pas en
avoir. Puis je me suis rendue compte que je mentais, que je me mentais.
Ça manque énormément.
Ils sont la vie qui passe.
Et moi, je passe à côté.
Si vous voulez, je vous donne mon frère et ma fille.
Vous repartez avec.
Il fait sa révolution tout seul.
Et parfois, il est insupportable.
S'il n'avait pas été là à certains moments, je ne sais pas ce que je serais
devenu.
Comme quoi, les fous servent à quelque chose.
Voilà, je suis arrivée.
Merci pour la soirée.
Merci à vous.
J'étais très heureux de... Vous reviendrez ?
J'y pense.
L'hôpital m'avait donné votre numéro.
Je ne vous ai pas laissé le mien.
Voilà.
Merci.
Au revoir, Alessandro.
Je voulais vous dire...
Agathe, chaque fois qu'elle parlait de vous, elle avait une grande lumière dans
les yeux.
Très belle lumière.
Excusez-moi. Bonjour, monsieur Luigi.
Bonjour. Vous venez prendre un café ? Non, ce matin, je n'ai pas le temps, je
suis à la bourre. La prochaine fois.
Monsieur Luigi, ça y est, j'ai pris ma décision, je vais frapper un grand coup.
Bravo.
Mais si jamais ça tourne mal, rappelez-vous qu'il faut toujours nier,
toujours.
Bonne chance.
Bonjour, ça va bien aujourd'hui ? Je peux vous aider ?
Il n'a pas desserré les dents.
Il a juste dit aux collègues... Pardon, je cherche la clé.
J'ai dit aux collègues qui l'ont arrêté qu'ils coopéraient pas avec des forces
de l'ordre à la botte des pouvoirs impérialistes.
Après, plus rien.
Voilà.
On a fini par l'identifier grâce à une de vos voisines, qui venait déposer
plein de fonds à vol de vélo.
Vous étonnez pas, il a été un peu chahuté par un automobiliste dont il a
abîmé la voiture, mais rien de méchant.
Venez, il est là.
C'est bien lui ? Ah oui, c'est lui.
... ... ...
Bonjour. Bonjour, ça va ? Ça va et toi ? Bonjour tout le monde.
Salut.
Salut, ça va ? Comment vas-tu ? Pas la bourre. Ouais, comme d'hab.
Salut.
Ça va ? Salut.
Salut. Ça va ? Bien et toi ? Ça va.
T'as l'air en forme.
Ah, tu trouves.
Qu'est-ce qui t'arrive ? T'as enfin rencontré quelqu'un ? Pourquoi tu dis ça
? Non.
C'est un an qui veut dire oui, ça.
Non, je suis sûr que non.
Tu ne veux pas m'en parler ? Il sentait derrière lui la présence d'Oridis.
Il savait bien qu'il ne fallait pas qu'il se retourne s'il voulait la
délivrer des enfers.
Mais le désir était tellement fort de la revoir.
Orphée marchait de plus en plus vite.
Et par moments, il l'aurait juré, il sentait sur sa nuque le souffle léger et
chaud de sa bien-aimée. Il va se retourner.
Tu connais l'histoire ?
Non, mais je suis sûre qu'il va se retourner. Et pourquoi tu penses ça ?
Parce que les morts peuvent jamais rejoindre le monde des vivants.
Et tu trouves ça juste ou injuste ? C'est comme ça.
Ah bah oui, c'est comme ça.
c'est moi
Il est dans ta classe, ce garçon ? Non, dans une autre seconde.
Tu es un peu amoureuse, alors ? Je sais pas.
Tu vas me dire que je reviens encore une fois à ta mère, mais je me souviens de
la première fois où elle m'a parlé d'Alessandro.
Elle l'avait rencontré à la fête ? Oui, elle terminait ses études. Et lui, il
était, comme on dit déjà, assistant, c'est ça ? Il était arrivé depuis un an,
je crois.
Ça a été le coup de foudre ? Oh oui, tu peux le dire.
J'en ai entendu parler de son sang de loup. Et ton grand-père qui ne comprend
jamais rien, il a tout échangé.
Il se demandait ce qui se passait.
Tiens, quand on parle du loup, parlons d'autre chose.
Les hommes ne comprennent rien à ça.
Non mais tu m'avais dit chez Koenig, bonjour ma puce. Mais non, je t'ai
toujours dit au Florian, tu deviens gâteux mon pauvre vieux.
T'aurais pas une agrafeuse ? Une agrafeuse ? Non.
Tu sais, je grave jamais. C'est un geste trop violent.
Mais qui c'est, celle-là ? T'as vu la date et le rendez-vous qui est marqué ?
Je sais pas ce qu'il faisait, ce jour-là.
Il me raconte pas sa vie, ton père.
C'est peut-être celle des annonces.
Non, pas possible.
Elle ferait des allusions dans ses messages.
Et au fait, qu'est-ce qu'elle raconte dans ses messages ? Tu me fais plus
lire. Rien, rien. C'est pas intéressant.
C'est devenu très intellectuel.
Qu'est-ce qu'on fait ? Rien. On attend. Qu'est-ce qu'on peut qu'on fasse ? T'as
vu ? J'ai changé.
Changer quoi ? Le téléphone. Je le mets à gauche de la porte maintenant.
C'est plus fort, je trouve.
Vachement plus fort.
Ah oui, vachement plus fort.
Entrez.
Bonjour. Bonjour.
Vous voulez me voir ? Oui.
Ferme la porte.
Je voudrais mourir sur ta gorge nue.
Il faudrait oser le communisme de l'amour.
Vous écrivez bien, Alessandro.
J'écris.
J'écris quoi ? Mais les mots.
Les mots ne me suffisent plus. Qu'est-ce que vous faites ? Alessandro ! Arrêtez !
Arrêtez ! Vous êtes folle ! Arrêtez ! Alessandro ! Vous
êtes folle !
Qui est-ce ? À 15 ans, c'est normal d'amorcer les garçons, peut-être.
À quel âge t'as embrassé ta première fille, toi ? C'est pas pareil.
C'est pas pareil.
Ah, oui. Vous êtes bien tous les mêmes.
Qu'est-ce qu'on a ? Ça arrête de composer.
Encore ? Oh, c'est comme ça.
Écoute, Sandro, Irina, c'est pas une cervelée.
Elle a la tête bien sur les épaules, crois-moi.
Tu sais, je me rappelle les premières fois où tu venais au magasin.
Elle était haute comme trois pommes, tout le temps collée à toi.
On aurait dit que vous accrochiez l'un à l'autre.
Laisse-la tranquille.
Fais-lui confiance.
Vous êtes comme chien et chat tous les deux.
Elle en parle à Camille, tu sais, Camille, elle me dit tout.
Ah bon ?
Mais oui.
Fous-lui la paix.
Sois gentil avec elle.
T'as sans doute raison.
Mais bien sûr que j'ai raison.
Sinon tout ce que tu vas réussir à faire, c'est la braquer encore plus
contre toi.
Elle est amoureuse.
C'est joli d'être amoureuse.
Tu crois pas ?
Je vais lui en parler quand même.
Tu crois que ça fait plaisir de voir ma fille comme ça ? Mais tu comprends
jamais rien ! Mais comprendre quoi ? Que tu passes ton temps à rouler des pelles
à un garçon au Pays de Strasbourg ? Tu sais même plus ce que c'est qu
'embrasser, alors arrête ! De quoi tu parles ? On n'est plus au Moyen-Âge !
Écoute, écoute Irina.
Tu le connais à peine ce garçon. Mais n'importe quoi !
Qu'est-ce que tu veux ? J'attends encore 15 ans avant de l'embrasser ? Que je
fasse pas roter, qu'il se lasse de moi et qu'il aille vers une autre, c'est ça
? Là, tu racontes... Tais-toi ! J'en ai marre de me faire engueuler tout le
temps ! Écoute-moi pour une fois ! T'as un modèle pour plein de choses, mais pas
pour ça ! Tu voudrais peut-être que je rentre au couloir pour te faire plaisir
? J'ai jamais dit ça.
On en reparle demain.
Mais regarde-toi.
Regarde ta vie.
Quoi, ma vie ? Avec tes tarentelles, je t'enseigne de la musique qui est censée
guérir.
Mais toi, t'es guéri de rien.
Moi, ce que je veux, c'est respirer, c'est aimer.
J'ai pas envie de finir comme toi.
Tout seul, tout vieux.
Avec un cœur desséché à force de ne plus servir.
Mais tu te rends compte de ce que tu me dis, là ?
Mais tu ne peux pas nous faire ça, Alexandre. On n'est qu'un jour du
concert. Je suis sûr que Jérôme sera très bien à ma place. On a la même voix.
Mais c'est ridicule. Tu es complètement prêt.
C'est-à-dire du caprice ou quoi ? Non, pas du tout, mais je ne me sens pas bien
depuis quelques jours.
Je ne suis pas dans mon assiette. Tu as des problèmes personnels ? Non, non, je
dois trouver quelque chose, je ne sais pas quoi.
Je me sens bizarre, je n'ai plus d'appétit.
Il faudra peut-être que je fasse des analyses, je ne sais pas.
Écoute. Je ne peux pas t'obliger à chanter.
En tout cas, tu nous mets bien dans la merde. Il y a un autre boulot par terre.
Je ne vais pas te remercier.
Je suis désolé. Oui, mais tu peux.
Non, non, toi.
Mais non.
Tu vas le faire.
C'est mieux.
Une voix de fille, ça va la rassurer.
Allez.
Bonjour, excusez-moi de vous déranger, je vous connais pas, mais je voulais...
Enfin, vous me connaissez pas non plus, mais je crois savoir que vous connaissez
mon père, Alessandro Regazzoni.
Oui, effectivement.
Je suis sa fille, Irina.
Je sais pas si vous avez parlé de moi, mais... Si, si, bien sûr.
Enfin, voilà, je suis avec mon oncle et on voulait... Enfin, ça va peut-être
vous paraître bizarre, mais... On voulait vous proposer quelque chose.
Et tu trouves que ce sont des aubergines ? Où va Irina ? Chez Camille, pour un
devoir d'aimante.
Lâche-la un peu, tu veux ? Oui ? Ah, ben, je n'avais pas réagi, vous habitez
là ? Bonjour.
Bon, je vous rassure, je ne viens pas pour votre frère, ni pour votre fille.
On fait une enquête de voisinage, en quelque sorte. Vous la connaissez ? Oui,
oui, c'est la factrice.
Il lui est arrivé quelque chose ? On a soupçon d'avoir mis le feu au centre de
tripostale. La moitié partit en fumée et le courrier qu'avait dedans par la même
occasion. Juste le jour où partaient les habitaires provisionnels de toute la
jasse. Vous imaginez le foutoir.
On n'avait pas constaté des choses bizarres à propos d'elle ? Mère Marc ?
Je sais pas. Non.
On se demande ce qui a pu motiver son geste et comme elle nie tout en bloc...
Vous savez, elle discute surtout avec mon frère.
Je ne suis pas souvent là quand elle passe.
Désolé. Je suppose que c'est pas la peine que je lui demande quoi que ce
soit. Il restera mieux comme une carpe.
Vous savez, il est un peu timide.
Bon. De toute façon, vous n'avez aucune preuve contre elle. Ça va encore faire
la paperasse pour rien.
Merci tout de même.
Votre frère, il est toujours habillé de la même façon ? Non, non, non.
C'est pas toujours le même pyjama.
Au revoir.
Qu'est-ce que t'as foutu encore ? Luigi, viens ici pour ton pantalon.
Regarde-la comme elle est craquante.
Ma grand-mère te l'a prêté ou donné cet album ? Donnez.
Elle a dit que c'était normal, que c'est moi qui l'ai.
Ah, celle-ci, la tête.
Ça devait être pour carnaval.
Elle était mignonne.
Toi aussi, tu sais.
Quel âge elle avait sur celle-ci, à ton avis ? Je lui dirais peut-être 15 ans.
Comme moi.
Tiens, en fait, il y a un message de Béatrice sur la pondeur.
Ah bon ? Qu'est-ce que c'est que cette histoire que tu répètes quand t'es au
concert ? Euh... Oui, oui, peut-être. Mais t'es pas bien ? Ça fait des mois
que tu répètes pour ça.
Je te préviens, si t'y vas pas, je te fais la gueule jusqu'à la fin des temps.
Jusqu'à la fin des temps ? Ça fait un peu long, hein ?
Chère Madame Brasse, l'opération a parfaitement réussi.
Vos seins sont superbes et les cicatrices sont invisibles.
Mais là, sous le sein gauche, ils sont tout de même, si vous regardez bien.
Simple réaction allergique très localisée.
Dans quelques jours, elle aura disparu.
Quand je les prends dans mes mains, docteur, j'ai l'impression que quelque
chose bouge à l'intérieur.
Difficile trovare la maniera di passare la serata con te.
Supponi per esempio che ne andassimo a ballare, lo sai bene com'è.
Insieme finiremo per cercare un posto quieto per nasconderci.
Et inévitablement finirai Con cualquier estupido te amo
Voilà.
À ce soir.
Le grand soir.
C'est qu'un concert, pas la révolution.
Il s'appelle comment ? Aurélien.
C'est joli.
Ça change de Brandon, Kevin, David.
Et pourquoi tu ne l'inviterais pas un jour à la maison ? Il n'est pas trop
con, hein ? Allez, ciao.
Messagerie de Florence, laissez un message.
Alessandro Ragazzoni, bonjour.
J'espère que vous allez bien, qu
'il
fait beau chez vous, qu'il n'y ait pas trop de pluie ni de vent.
C'était Alessandro Ragazzoni.
À bientôt.
J'espère qu'il fait beau chez vous.
Alessandro Regazzoni. Non, c'est un coglion.
C'est un grandissime coglion.
Dépêche-toi, j'habite en retard.
Oui, ça y est.
Où sont les pantalons ? Là.
Va bien, va bien.
Attends que je mette le bouton. Je prends le bien dans la voiture pour pas
que ça se fasse. Si, maman, si.
Mais t'es sûr que tu ne vas pas venir ? Non, non, non. Et d'ailleurs ? Je ne
sortirai d'ici que quand qui tu sais ne sera vraiment plus au pouvoir.
Ciao.
Merde.
J'ai apporté une caisse de whisky.
Oh, Germain ! Vous allez bien ? Ça me fait plaisir de vous voir.
Une chaînette pour la myrlandaise Germain.
Ragazzi, ragazzi, venez un petit peu par là, s'il vous plaît.
Deux, trois petites choses à vous dire avant le concert.
Tout le monde est accordé ? Tout le monde est chaud ? Les partitions sont
dans le bon ordre ? Eh bien, c'est bon, on peut y aller, alors.
Sous-titrage
MFP.
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501
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Comme tout le monde, tu es la campagne, tu es la regine et je suis le roi de l
'Espagne.
Musique du générique
nature.
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Sous-titrage
MFP.
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