All language subtitles for Lettres d'amour à Philadelphie 2026

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Original subtitles

J'étais ravie de vous rencontrer. Je suis sûre que vous saurez apprécier ce

bon à sa juste valeur.

C'est nous qui sommes contents d'avoir déniché cette merveille.

Merci. Au revoir.

Salut maman.

Émilie, ma chérie.

Ça me fait tellement plaisir de te voir.

Tout s'est bien passé sur la route ? Oui, mais c'était long.

Ah oui.

Heureusement qu'Abi a accepté de te remplacer à la boutique. On va pouvoir

passer du temps ensemble, c'est cool. Oui, je suis contente.

J'ai préparé quelques cartons dans le salon pour qu'on les trie à deux. Et en

ce qui concerne la revente des meubles, j'ai commencé à poster des annonces sur

Internet. Ouais, je vois ça.

Tu veux défaire ta valise ? J'ai pris la chambre de mamie et je t'ai préparé la

chambre d'amis.

Parfait.

Mamie avait gardé les billets d'entrée de toutes les expositions qu'elle m

'avait emmenées voir au musée. Je crois que vous n'en avez pas raté une seule.

Oh, ton dessin ! Il n'y en avait pas une pour attraper l'autre.

Le gène de la passion pour l'histoire n'a sauté que ma génération.

Oh, viens voir.

C'est papy.

Rassure-moi, t'as pas mis en vente son bureau.

J'aurais jamais osé.

Regarde.

J'ai toujours adoré cette photo de papy et mamie.

Mon père nous disait tout le temps, je n'ai connu le bonheur qu'à partir du

jour où le destin mit ta mère sur mon chemin.

Je sais.

Si on veut pouvoir mettre la maison en vente rapidement, il va falloir qu'on

soit efficace.

Oh, y'a pas tant de bazar.

Depuis quand tu n'es pas allée au grenier ?

J

'étais pas montée ici depuis des années.

J'ai toujours adoré le bureau de papy.

Ta grand-mère pouvait rester assise là pendant des heures pour faire ses

recherches d'historienne.

L'histoire n'est pas un luxe, c'est une nécessité.

Garda Lerner.

Oh, Emily, regarde.

C'est moi qui avais offert cette machine à coudre à mamie pour Noël. C'était il y

a 30 ans. Je crois qu'elle n'y a pas touché une seule fois.

Maman, on sait tous que tu es la seule manuelle de la famille.

Entre mamie et moi, il y avait quatre mains gauches.

J'espère que c'est pas les deux jeunes qui m'ont acheté le banc qui viennent le

rendre. Ça m'étonnerait. Je vais aller voir.

Bonjour.

Vous devez être Emily.

Oui ? Vous êtes aussi jolie que Beverly le disait.

Nancy, Roland, votre grand-mère et moi étions très bonnes amies. Je fais aussi

partie des Ladies de la Liberté, les passionnées d'histoire.

Oui, elle m'avait beaucoup parlé de vous. Nancy, bien sûr. Entrez, je vous

en prie. Merci.

Tenez, c'est pour vous. C'est gentil.

Un bouquet de menthe. Et fraîchement cueillie, ça sent.

Merci. Il n'y a pas de quoi. J'en fais pousser dans ma serre.

Votre grand-mère adorait la menthe.

C'était notre historienne la plus dévouée au sein de l'association. Et je

n'ai jamais rencontré personne d'aussi gentille qu'elle.

Merci.

Je suis bien d'accord.

Vous êtes toujours enseignante ?

Oui. Enfin, disons qu'en ce moment, je fais une petite pause pour chercher un

nouveau poste qui me conviendrait. Beverly était tellement fière que vous

ayez décidé d'étudier l'histoire comme elle.

Ça a toujours été elle, mon modèle.

Au fait, voilà pour vous.

Je tenais à vous le remettre en main propre.

C'était à votre grand-mère.

Je sais qu'elle aurait voulu que ça vous revienne.

Qu'est-ce que c'est ? Ce n'est qu'une partie de ses recherches. Le reste est

dans nos bureaux.

Cette collection de lettres, C'était ses documents les plus précieux. Elles

datent de la guerre d'indépendance.

Elles ont été écrites par un soldat de l'armée continentale qui s'appelait

Jonathan Ellis à mademoiselle Marie Rutherford.

Je me rappelle qu'elle m'avait parlé de ces courriers, mais je ne les avais

jamais vus.

Très chère Marie, je dois vous avouer que votre lettre m'a touchée comme un

rayon de soleil inespéré en ces temps si brumeux.

Je ne mérite guère autant de gentillesse de la part d'une personne dont les

parents désapprouvent fortement mon dévouement à la cause indépendantiste. C

'est une histoire d'amour fascinante.

mais avec un goût d'inachevé.

Ah bon, pourquoi ? Nous n'avons que les lettres de Jonathan.

Il est clair qu'il recevait des réponses de Marie.

Malheureusement, on n'a jamais retrouvé ses courriers. Et tout ça, c'est quoi ?

Votre grand-mère écrivait un article.

Elle comptait le présenter au comité de préservation historique de Philadelphie.

C'était pour leur prouver que les ladies de la liberté font toujours autant de

travail de recherche.

Malheureusement, notre association risque de perdre son agrément et d'être

dissoute. Pourquoi ?

Apparemment, on ne répond plus à tous leurs critères.

Nous avons le même but depuis toujours, préserver l'héritage de tous ces braves

citoyens qui ont participé à fonder notre pays.

Vous savez quand la décision doit être prise ? Dans deux semaines.

Autant dire demain.

Il n'y a personne pour terminer cet article ? Personne n'égalera jamais

Beverly. C'était la spécialiste de notre groupe.

Je connais quelqu'un qui partage la même passion que ma mère pour les recherches

historiques.

Oui.

C'est vrai, mais je ne vais pas pouvoir vous aider, désolée. Pourquoi ? On doit

vider et trier toute la maison avant de pouvoir la mettre en vente.

Et puis, je suis supposée faire une pause, loin de l'enseignement et de l

'histoire en général. Et comme Nancy vient de le dire, c'était mamie la

spécialiste, pas moi.

Bonjour, est-ce que je peux vous aider ? Oui, j'aurais quelques questions à poser

à un archiviste, c'est possible ? Oui, ça doit être faisable.

Naïd Kalaan est là.

Allons voir s'il est disponible. Suivez-moi.

Génial, merci.

C'est bon, on a compris. Tu peux arrêter.

Est-ce que je vous interromps en pleine tentative d'effraction ? Non, je ne

voulais pas déclencher l'alarme. Je voulais seulement jeter un œil à ce

rayon, c'est tout.

Les archives coloniales ne sont pas libres d'accès.

Comment je pouvais le savoir ? Ok.

J'aurais dû faire attention.

On a des documents d'une valeur inestimable dans ce rayon. C'est pour ça

qu'on en restreint l'accès. D'accord. Je suis vraiment désolée. J'étais trop

curieuse. Bon, c'est un défaut que je peux pardonner. Je peux vous renseigner

? J'aimerais discuter avec un archiviste à propos de vieilles lettres. Je vous

écoute.

C'est vous.

Avant tout, de quand datent les lettres ? A priori de la guerre d'indépendance.

Si vraiment elles ont été écrites à cette période, il faut les protéger

avant d'y toucher. Leur état doit déjà être en train de se détériorer chaque

jour qui passe.

Vous permettez que je jette un œil ?

Ça

ne va pas faire baver l'encre ? Très bonne question, c'est la première fois

que je suis amené à faire ça.

Vous avez de l'humour pour un archiviste. Les archivistes sont des

gens extrêmement drôles. C'est vrai.

Oh oui ?

Si un jour vous en avez l'occasion, vous devriez venir à une conférence des

gardiens d'histoire.

On se croirait à un spectacle de stand-up.

Voilà, cette lettre a été écrite sur du papier fabriqué à base de chiffon. C

'était très commun avant 1850.

Je viens de lui appliquer une solution alcaline.

Ça neutralise l'acidification.

Le papier est très sec, ça devrait les empêcher de craqueler.

Ça fait effet en combien de temps ? J'ai tellement hâte de pouvoir les lire.

Vous ne les avez pas encore lus ?

Non, seulement celle que j'arrivais à voir à travers la pochette.

J'avais trop peur d'y toucher avant d'avoir l'approbation d'un

professionnel. Ah, vous avez très bien fait.

Je trouve aussi.

Pour répondre à votre question, ça devrait prendre une heure.

Vous pouvez rentrer chez vous et revenir.

Je ne compte pas m'éloigner de ces lettres.

Il y a une machine à café dans le bâtiment, j'imagine.

Oui.

D'ailleurs, j'allais en prendre un aussi. Je peux me joindre à vous ? Bien

sûr. Parfait.

Parlez-moi un peu de ces lettres.

C'est la grand-mère de ma grand-mère qui les lui avait données.

Ma grand-mère était une mordue d'histoire et elle était prof.

Elle nous a quittés il y a quelques mois.

Ah, toutes mes condoléances.

Merci.

C'était vraiment une femme incroyable.

Elle travaillait sur un projet pour les ladies de la liberté.

Oh, quel genre de projet ? Elle avait commencé un article intitulé « Amour et

liberté, les voies de la révolution ». Le titre prometteur.

Malheureusement, elle ne l'a pas finie, alors que le comité en a besoin bientôt

pour juger du futur de l'association.

Donc j'ai repris le flambeau.

S'il s'avère que ces lettres sont authentiques, ce qui, à première vue, me

paraît plausible, ce sont des documents précieux. Le gros problème, c'est qu'il

me manque la moitié de cette correspondance.

On a les lettres signées de Jonathan Ellis, mais on ne sait pas où sont

celles de Marie Rutherford, la femme à qui sont adressés les courriers.

C'est pour ça que je suis venue aux archives nationales.

J'espérais que quelqu'un puisse m'aider à creuser un peu.

Peut-être qu'on va trouver des indices sur l'emplacement des autres lettres ?

Ça risque d'être compliqué de remonter aussi loin dans le temps.

Mais si vous voulez, je veux bien essayer de vous aiguiller.

Si ça ne vous dérange pas, ce serait génial.

Ce sera avec plaisir.

Voilà, tout doucement.

Alors... Cher mari, chaque moment en votre présence

réveille en moi...

Un amour incommensurable, vous voir prête à prendre autant de risques en

défiant non seulement l'autorité de vos parents, mais aussi leur loyauté envers

Sa Majesté, me touche au plus profond de mon cœur.

Sachez que la simple vue de votre visage suffit à m'emplir de courage et d

'espoir.

Je vous parle bien sûr de ce jour où nous assistâmes à la lecture de notre

avenir. Je me souviens que chaque phrase résonnait aussi fort que le tintement de

la cloche de la tour.

Au son de la liberté,

Je n'ai pas pu m'empêcher de me tourner vers vous.

Dans votre regard, je pus voir mon avenir. Vous y étiez à la fois mon

refuge et ma plus belle tempête, avec tout mon amour, Jonathan.

Vous comprenez ce que signifie cette inscription en bas ? Ça doit être un

message codé.

Ça devait être compliqué avec leur famille chacune dans un camp opposé.

Ils devaient avoir des secrets à protéger.

Alors vous avez déjà vu ce genre de message codé ? Oui, bien sûr.

En période de guerre, c'est plutôt commun.

Nate, désolé de vous interrompre.

Qu'est-ce qu'il y a ? Je viens tout juste d'être mise au courant que Richard

Kent était en route pour nous rendre visite.

Je ne savais pas qu'il devait venir.

Il ne devait pas venir.

Ça va aller.

De toute façon, tout est en ordre.

Normalement, il devrait être plutôt content de nous.

Oui.

Je retourne dans mon bureau tout de suite.

Merci, Linda.

Désolé, monsieur Kent est mon supérieur, alors...

Je vais être obligé de vous laisser.

Oui, je comprends, c'est rien. Je vous ai pris assez de temps comme ça.

Vous pourriez me donner des pochettes de protection pour les lettres ? Juste

histoire de pouvoir les lire sans les toucher.

Vous ne voulez pas plutôt les laisser ici ? Je préfère les garder chez moi, si

ça vous va.

En fait, je suis un peu inquiet parce qu'il faut les manipuler avec le plus

grand soin.

Ces documents étaient précieux pour ma grand-mère et c'est sûrement le seul

moyen de sauver les ladies de la liberté.

Désolée, je ne peux pas les laisser, mais je peux vous promettre...

que je ferai très, très attention.

Vous êtes persuasive.

Voici ma carte.

Vous en donnez encore ? La classe ? Alors, appelez-moi si jamais

vous avez une question ou une réponse.

Ou bien les deux.

Richard Quintana ! Ok, c'est parti.

Soyez naturel, il va franchir la porte dans deux secondes.

Fermé ou ouvert, tu fais quoi ? Monsieur Kala. Trop tard.

Monsieur Kent, quelle belle surprise.

J'étais dans le coin pour voir des donateurs, alors je suis passé voir

comment ça allait. Tout va plutôt bien.

Très bien.

On peut faire un petit tour ? C'est gentil, mais ce ne sera pas nécessaire.

Je connais bien les lieux.

J'ai fait mes débuts ici, vous savez.

Évidemment que je le sais.

Votre parcours m'a toujours beaucoup inspiré. Vous aurez des opportunités de

carrière si vous possédez les bonnes qualités. Il faut être curieux, intègre

et très bon en communication.

Pas qu'avec ses collègues, avec le public en général.

Je suis ravi de l'entendre.

Dites-moi, quand vous pensez aux archives, qu'est-ce qui vous vient à l

'esprit ? Eh bien, voilà !

C'est l'autre raison de ma venue. Je veux qu'on monte une exposition comme on

n'en a jamais faite. Qu'on prouve au grand public que les archives, ce n'est

pas seulement de vieux documents qui traînent sur des étagères. Une

exposition interactive, vivante. Les gens doivent comprendre la valeur de

notre travail.

Évidemment, il faudra également satisfaire une cible cruciale. Plus même

que les visiteurs, les donateurs.

Ok.

Les histoires, ça vous connaît.

Moi, j'aimais les cours de littérature et je passe tout mon temps libre à lire,

alors oui, je dirais que je raconte bien les histoires. Super, je veux que vous

utilisiez votre talent pour trouver une idée qui fera frétiller le public et les

donateurs. Le genre d'expo qu'on voudra conseiller à ses amis.

Oui, d'accord.

Vous avez une idée de comment aborder cet aspect frétillant ? Non, je vous

fais confiance.

Ah, ça me va droit au cœur.

Vous avez une date en tête pour cette expo, au printemps ? Oh,

euh... On est déjà au printemps.

On ferait mieux de se mettre au boulot.

Je vous appellerai pour prendre des nouvelles.

Bonne soirée.

Revenez quand vous voulez.

Au revoir.

Ok.

Ma très chère Marie.

Loin de vous, mon amour.

Je suis perdu.

À la dérive dans un océan d'apparitions.

de mirages insaisissables, je me raccroche aux souvenirs de vous.

Il est temps pour moi de vous quitter.

Sachez que je le fais avec le cœur lourd et une promesse en tête.

Vous ne serez jamais seul, mon amour, car à chaque fois que vous contemplerez

les étoiles nichées dans leur abysse de velours, je serai moi aussi plongé dans

leur contemplation.

À cet instant précis, Vous et moi ne ferons qu'un.

Dans vos yeux, j'ai vu les étoiles se refléter et l'espoir d'une nouvelle

nation se former.

Aujourd'hui, je pars risquer ma vie car le combat m'appelle.

Peu importe la distance, vous ne quittez pas mon cœur.

Si je ne revenais pas, soyez rassurés. Il n'y a aucun risque que vos lettres

soient découvertes.

Jusqu'à notre prochaine étreinte, votre dévoué, Jonathan.

Tu m'étonnes que t'as passé la nuit à les lire.

J'arrivais pas à décrocher.

C'est incroyable tous les risques qu'ils ont pris pour suivre leur cœur.

Ils devaient être fou amoureux l'un de l'autre.

Ouais, mais c'est comme Nancy a dit. C'est une histoire d'amour inachevée.

Qu'est-ce qu'il dit dans la dernière lettre ? Jonathan s'apprête à aller au

combat et il lui promet qu'elle sera toujours dans ses pensées.

Il essaie aussi de la rassurer parce qu'elle a peur qu'il ne revienne jamais.

Et ça s'arrête là.

Oh. J'espère que c'était pas la dernière lettre qu'il a écrite.

Je sais pas.

Ça me brise le cœur rien que de l'imaginer.

C'est pas tout. J'ai vu qu'il y avait des messages codés en bas de page sur

quelques lettres.

Si je veux faire honneur aux recherches de Mamie, je dois essayer de décoder ces

messages et chercher l'autre partie des lettres.

Tu pourrais recontacter le responsable des archives.

Il t'a bien aidé hier, peut-être qu'il peut continuer.

J'en sais rien, je peux demander.

Je crois qu'il dira oui.

Pourquoi tu fais cette tête ? Quoi ?

Quelque chose qui fera

frétiller les donateurs.

Sur les traces... Non.

Non, secret, c'est pas le mot-clé.

Salut, Franck. Salut, frérot.

Désolé de t'appeler au boulot. Je voudrais pas t'embêter en pleine

préservation de trésors nationaux. T'inquiète, je faisais rien d'urgent. Je

voulais te demander si tu venais au barbecue.

Hamburger, saucisses, les garçons.

K.O. garantie. Ça va être sympa. Ouais, compte sur moi. Super.

On prendra des saucisses au cheddar pour toi.

Oh, mes préférés.

Au fait, Sonia tient absolument à te rappeler que si tu veux venir

accompagner, ça nous pose pas de soucis.

C'est surtout toi qui adore me rappeler que je suis seul. C'est pas une tare d

'être célibataire, mais toi tu l'es depuis des siècles. T'es passé d'amateur

à la ligue pro.

Oh, merci.

Dans l'hypothèse où tu trouves quelqu'un à amener, il y aura plus qu'assez de

saucisses. Un argument qui ferait chavirer n'importe quelle femme. C'est

pas ce que je voulais dire.

Bon, allez, je te laisse. On se voit au barbecue.

Merci de l'invitation.

Bye. Bye.

J'ai épluché tous les papiers qui étaient dans ces cartons, mais il n'y

avait rien sur Marie ou le message codé. Dommage. Je ferai attention en triant

les placards, je te dirai si je trouve quelque chose.

Si tu vois des vêtements qui t'intéressent, sers-toi.

Je pensais garder quelques pièces pour faire de la couture, mais franchement,

tout le reste, on peut le donner. Je regarderai. Je vais déposer tous ces

documents à la déchetterie, je pense que c'est plus prudent.

Franchement, je trouve qu'on avance bien.

Dans le tri de la maison, oui, mais moi sur l'article, pas du tout.

Tu sais, on est en avance sur notre planning grâce à toi, alors tu n'as qu'à

faire une pause pour faire tes recherches.

Je vois que tu prends ça très à cœur.

Merci, maman. Il n'y a pas de quoi.

Toc toc.

Emily ? Ça va ? Oui.

Je suis vraiment désolée de débarquer sans vous prévenir.

Je vous aurais appelé, mais j'ai perdu votre carte.

C'est génial.

Je veux dire, comme ça, vous avez dû venir en personne.

Je vais vous redonner une carte.

Ça ne veut pas dire que vous ne devez plus venir à l'improviste. Je veux

simplement m'assurer que vous puissiez aussi téléphoner.

Cette fois, je l'arrange.

Dites-moi si je vous embête avec cette histoire, mais j'aurais voulu savoir si

vous aviez cherché les noms Ellis et Rutherford dans vos archives.

On a des registres de naissance sous forme de microfilm. J'ai commencé à

regarder, mais j'ai changé de sujet. Parce qu'entre temps, j'ai découvert les

messages codés.

Mais là non plus, j'ai pas beaucoup avancé.

Nouveau plan.

On fait équipe.

Je suis persuadée qu'avec nos deux cerveaux, on peut déchiffrer le code.

Ah oui ? Vous en êtes sûre ? Je vous ai pas dit ? Je suis la championne au jeu

du pendu.

Ok. Alors, euh... Bon, en règle générale...

Il y a un mot-clé qu'on écrit soit au début, soit à la fin de l'alphabet, et

ensuite, on reporte le reste des lettres dans un sens ou dans l'autre.

Prenons le mot « Marie » en guise d'exemple.

J'ai déjà essayé et ça ne marche pas.

Mais vous comprenez le principe ? Oui.

Et juste en dessous, c'est mon hypothèse la plus plausible.

Je n'ai pas encore le mot-clé, mais je crois que j'ai bien placé les « e ». D

'accord.

Bon, on va dire que vous avez raison.

Les R sont des E.

La consonne la plus fréquente de l'alphabet, c'est le S. Alors, disons

que le P est en fait un S.

Donc, S, E, blablabla, 22.

C'est sûrement un lieu d'endez-vous. Oui, un lieu cogné. Ou une adresse.

Ou alors, le 3 et le 22, c'est une manière de donner le jour et l'heure. Si

on parle d'un lieu connu, notre dernier mot, ça doit être...

House. Oui.

Du coup, les voyelles manquantes ne sont ni O, ni U, ni E, ce qui nous laisse le

A, le I et le Y.

Ce n'est pas toujours une voyelle.

Disons qu'il y a un A ici.

Oui.

S-A-E House.

Pennsylvania State House.

Donc le mot-clé, ce serait liberté.

C'est forcément ça. C'est pas pour rien que Jonathan l'a écrit en majuscule dans

la lettre. C'était sa façon de donner le mot-clé à Marie pour qu'elle puisse

décoder le message.

On y est.

Independence Hall.

Enfin, à l'époque, c'était le State House.

Regardez les détails de l'agencement des briques.

C'est typique de la période coloniale.

On appelle ça un appareillage flamand.

Quand je pense que c'est juste là qu'a été signé la déclaration d'indépendance.

Imaginez, vous êtes entouré d'une foule de patriotes et vous avez le droit à sa

première lecture officielle dans le pays.

Ça me donne des frissons.

Je crois que c'est ce que Jonathan et Marie ont vécu.

Vous vous rappelez le souvenir qu'il mentionne dans sa dernière lettre ? Je

vous parle bien sûr de ce jour où nous assistâmes à la lecture de notre avenir.

Je me souviens que chaque phrase résonnait aussi fort que le tempement de

la cloche de la tour.

Il faudrait qu'on réussisse à prouver qu'ils étaient présents tous les deux ce

jour-là. Si les lettres sont liées à l'un des monuments les plus importants

de notre histoire, ça pourrait tout changer pour mon article et les ladies

de la liberté.

J'adore ce genre de découverte.

C'est plus sympa qu'éplucher des registres.

Je vais devoir rentrer, j'ai promis à ma mère de l'aider.

Je pensais manger un bout dehors avant.

Vous avez faim ? Oui, qu'est-ce qui vous tenterait ?

Vous allez rire. Ce qui me manque, c'est les sandwichs de viande au fromage.

Pourquoi je me moquerais ? J'adore ça. Venez.

Allez.

Je maintiens ce que j'ai dit. C'est la meilleure garniture de sandwich au

monde. La viande est tendre et l'épaisseur des tranches est parfaite.

Il n'y a aucun débat à avoir.

Vous êtes plutôt fromage en tube ? Non, ça me paraît évident. J'en étais sûre.

Vous comptez me laisser lire le reste des lettres un jour ? Oui, vous avez le

droit de les lire, mais je ne vous les laisse pas.

Pas pour l'instant.

D'accord, j'ai compris.

Puisque vous, vous les avez lues.

Dites-moi tout.

Je suis curieux.

Ce qui saute aux yeux... C'est que Jonathan est sûrement un des hommes les

plus romantiques qu'on ait jamais vus. Ah oui ? Comment ça ? Dans une de ses

lettres à Marie, il lui parle d'une légende qui dit que quand un homme

amoureux visite un monument important et qu'il y allume une bougie pour la femme

dont il rêve, si la flamme est éternelle, alors leurs âmes seront liées

pour toujours.

Waouh ! C'est vrai que c'est un romantique.

Ce serait impossible aujourd'hui de trouver quelqu'un comme lui.

Ça existe encore ?

Je pense que quand on est fou à mourir de quelqu'un, et qu'on a désespérément

besoin d'un signe que la relation est faite pour durer, moi, je l'allumerais,

cette bougie.

Je l'ai trouvé dans un placard au milieu des draps. Ça devrait t'intéresser.

C'est notre arbre généalogique, et il remonte jusqu'à quatre générations. Oui.

Maple. Ils ont tous vécu ici, dans cette maison ? Agnès, la plus ancienne, a dû

naître juste après la déclaration d'indépendance. Y a pas son nom de jeune

fille.

Mamie voulait peut-être retracer toute l'histoire de la maison à travers la

famille de cette Agnès ? Mais pourquoi ? Je le montrerai à Nate. Il a accès à

toutes sortes de registres et de bases de données.

Il faut aussi que je récupère les derniers dossiers de Mamie auprès des

Ladies de la Liberté.

J'y passerai demain avant d'aller voir Nate.

Et ensuite, promis juré, je viendrai t'aider à faire du tri le reste de la

journée.

Au rythme où ça avance, on va pouvoir mettre la maison en vente dans à peine

quelques jours.

Je sais que t'as pas envie de la vendre.

Des générations entières de notre famille ont grandi dans cette maison.

On a tellement de souvenirs ici, ça va être dur de lui dire adieu.

Mais ma vie est ailleurs aujourd'hui. J'ai l'atelier de couture et clairement,

je ne suis pas prête à prendre ma retraite.

En attendant, je ne peux pas me permettre de garder la maison.

Nancy, bonjour.

Je viens chercher les documents que ma grand-mère avait laissés ici.

Oh, bonjour. Vous tombez à pic, c'est génial. J'allais vous téléphoner.

Vous vous en allez ? On s'est fait expulser de nos locaux.

Quoi ? Pourquoi ? Ça faisait pas des années que vous étiez là ? Si, en effet.

Mais notre bail n'a pas été reconduit.

On a essayé de négocier avec le nouveau propriétaire, mais on n'a pas eu gain de

cause. Pourquoi il veut vous virer ? Il a décidé d'augmenter le loyer de façon

considérable. Et il est convaincu que le comité ne renouvellera pas notre

agrément lors de la prochaine commission.

Je fais tout pour finir l'article. Si on retrouve les autres lettres, je suis

sûre qu'on sauvera l'association. J'espère.

D'ailleurs, merci encore.

J'aurais aimé avoir plus de temps pour finir.

J'imagine.

Et j'aurais aimé que Beverly soit là.

Elle trouvait toujours une solution à tout.

Suivez-moi, je vais vous donner les papiers qu'elle nous a laissés.

J'ai récupéré les dossiers de mamie. Je vais au grenier. D'accord.

Je vais passer l'aspirateur.

Ok.

Lettre de Marie, introuvable, peut être cachée par J.E.

Maman, regarde ça ! Les recettes de mamie !

On devrait faire une pause, pioche-en une au pif. On pourrait la faire ce soir

pour rendre hommage à ces bons petits plats.

Je vais nous chercher ce qu'il faut au magasin.

Si tu veux, tu peux inviter quelqu'un à se joindre à nous.

Ah oui ? Comme qui ? La personne de ton choix.

Tiens, Emily.

Sacrée coïncidence.

Je venais faire quelques courses au magasin, comme vous apparemment.

Vous venez remplir vos placards ? Ne me dites pas que vous êtes à court de

fromage. Vous rigolez, j'ai encore plein de tubes en stock.

J'en attendais pas moins de vous.

Je suis à court de conserve de spaghettis.

Quel coup dur, comment vous allez faire ? Je devrais survivre.

Non, en fait, je sais cuisiner, j'adore ça. Mais ça dépanne.

Ma mère a prévu de cuisiner une tourte aux poulets ce soir. La recette

traditionnelle du coin.

Vous pourriez vous joindre à nous ? Sauf si vous préférez vos spaghettis en

boîte, bien sûr. Je comprendrai parfaitement.

Ils sont étonnamment délicieux.

Je vous ferai lire le reste des lettres.

On pourrait se pencher sur les autres messages codés de Jonathan.

Essayer de trouver les mots-clés. Oh, j'ai saisi. En fait, l'invitation à

dîner, ce n'est qu'une excuse pour que je vous file un coup de main pour votre

article. Quoi ? Non.

Vous avez de la chance, parce que je suis incapable de résister à une bonne

tour de poulet.

Génial.

Merci de m'avoir aidé à débarrasser. C'est normal.

Au fait, encore merci pour le dîner. Je me suis régalé. C'était parfait de A à

Z. C'était un plaisir.

Allez, je vous laisse. Ne vous couchez pas trop tard.

Ok, à demain. Bonne nuit. Au revoir.

Waouh, ce courrier.

Quel suspense.

Je vous l'avais dit.

Oui.

Si on avait les lettres de Marie, on saurait comment se termine leur

histoire.

Oui. Dans un de ses carnets, ma grand-mère avait formulé l'hypothèse que

les lettres avaient été cachées quelque part.

Est-ce que quelqu'un vous a déjà écrit une lettre d'amour ? Je crois que ce qui

s'en rapproche le plus, c'était une déclaration par mail.

Et vous ? Ça vous est déjà arrivé d'en écrire ? Disons que je m'y suis essayé.

Une fois. Vous l'avez envoyée ? Vous êtes obligé de me raconter ? Vous en

étiez fier ? Non, en fait. Elle sonnait fou.

C'est ça le plus dur dans ce genre de lettres. Pour que ce soit naturel, il

faut être sincèrement amoureux.

Vous n'étiez pas sûr de ce que vous ressentiez ? Quand on aime, on est sûr.

Comme Jonathan.

Il était sûr.

Très sûr.

Romain, c'est déjà... Je ferais mieux de rentrer et d'aller me coucher vu l

'heure. Pourquoi ? À cause du boulot ? Oui, il faut que je sois au bureau très

tôt. On m'a confié une mission importante, mais j'arrête pas de

procrastiner.

Je n'oublie pas nos recherches, je vous rassure.

J'ai bien pris des photos de toutes les lettres, des messages codés et de l

'arbre généalogique. Comme ça, dès que j'ai un peu de temps, je chercherai des

noms. C'est de ma faute si vous êtes en retard sur l'autre projet.

J'aurais dû m'en rendre compte. Je vous accapare tout votre temps.

Oui.

Oui, c'est vrai.

Mais c'est rien.

Je veux pas que ça change.

Waterford... Waterford... Non.

Bonjour, Nate.

Désolée de vous déranger.

Bonjour, Linda.

Je viens de parler avec Richard Kent.

À propos de quoi ? Il veut que je commence à organiser notre exposition,

je cite, exceptionnelle. Il veut qu'on communique dessus dès maintenant.

Il vous a donné une date ? Samedi prochain.

Samedi. Samedi prochain.

C'est impossible.

Voulez-vous que je me charge de l'appeler et de lui dire que vous

préférez qu'on décale ? Non, non, ne faites rien.

Ok, compris.

Et donc, qu'est-ce qu'on a prévu pour cette expo exceptionnelle ? En tout cas,

ça donne envie.

J'ai du mal à trouver une idée.

D'accord.

Je pense que le mieux, c'est que je vous laisse travailler.

Voilà.

Bonjour, Nate.

Vous avez bien avancé sur votre travail ? Pas du tout.

C'est pour ça que je vous appelle.

Laissez-moi deviner. Vous n'arrêtez pas de penser aux nouveaux messages codés ?

C'est ça.

Et vous aimeriez m'aider à trouver les réponses de Marie ? Vous lisez dans mes

pensées.

Vous voulez qu'on se voit pour continuer à unir nos forces ? J'attendais votre

coup de fil.

Peut-être que ce deuxième message codé nous mènera jusqu'aux lettres de Marie.

Oui.

Je suis sûr que chaque message a un mot-clé différent.

Liberté, ça ne marche pas.

Peut-être courage ? C'est vrai qu'il est écrit d'une façon qui dénote un peu.

Oui, c'est le seul mot dont les lettres sont bien droites. Alors que tout le

reste est en italique.

On essaie ? Oui.

C'est bien ça. Le mot-clé, c'est courage.

Donc le message codé, c'est Mulberry & Bread ? Je crois que je sais où il veut

nous emmener.

Où ça ? Avant 1854, Arch Street s'appelait Mulberry Street.

Vous croyez qu'il parlait de la maison d'assemblée ? C'est impossible.

Elle a été construite après la guerre.

On est sûr que c'est un lieu de rendez-vous ? Il y a la date et l

'horaire, comme sur l'autre message codé.

S'il parle bien de Arch Street à l'intersection avec Bread Street,

alors... Regardez-moi ce qu'on a là.

La maison de Betsy Ross.

Ce serait pas complètement dingue s'il s'avérait que Marie et Jonathan avaient

des liens avec Betsy Ross.

Et ils se seraient rencontrés dans sa maison.

Vous venez ?

Betsy Ross est née en 1752 sous le nom d'Elizabeth Griscom. Sa famille faisait

partie de la communauté des Quakers.

Elle savait tricoter et coudre depuis le plus jeune âge.

Elle a ensuite épousé un homme du nom de John Ross et ils ont ouvert leur

boutique de tapissiers.

Malheureusement, John est décédé dans une explosion de poudre à canon pendant

la guerre d'indépendance.

Si l'on en croit la légende, au mois de mai 1776, Betsy Ross a été approchée par

nul autre que George Washington, qui lui aurait demandé de coudre le tout premier

drapeau américain.

Il voulait un drapeau constitué de 13 étoiles et de 13 rayures.

Lorsqu'il lui a demandé si elle en était capable, Betsy a simplement répondu, «

Je n'en ai aucune idée, mais je veux bien essayer.

» Vous savez si le drapeau est... mentionnée dans les lettres de Jonathan

? Ça ne me dit rien du tout.

Que cette partie de l'histoire soit avérée ou qu'elle ait été inventée,

Betsy Ross a réussi à obtenir sa place dans nos cœurs. Les Américains la voient

telle un symbole de patriotisme et comme la preuve de l'impact des femmes dans la

naissance de notre nation.

Elle devait avoir la pression avec sa mission.

Et comme Jefferson, elle s'en est sortie haut la main.

Oui, c'est clair.

J'ai adoré la réponse de Betsy Ross.

J'admire tellement son courage et sa volonté d'essayer.

C'est une belle histoire.

La guide a dit autre chose. Elle a été approchée par Washington en mai 1776.

Et Jefferson a commencé à rédiger la déclaration en juin 1776.

Chacun travaillait à l'indépendance au même moment.

Moment où, de son côté, Marie recevait les lettres de Jonathan, qui s'apprêtait

à partir au front.

Je me pose une question.

Pourquoi il a demandé à Marie de le rejoindre ici ? On a dû passer à côté de

quelque chose.

Alors... Voilà, regardez.

Dans vos yeux, j'ai vu les étoiles se refléter et l'espoir d'une nouvelle

nation se former.

Oui, ou il pourrait être en train de parler des constellations dans le ciel

ce soir-là. Ne commencez pas ! On est quasiment certain qu'ils se sont vus

chez Betsy Ross alors qu'elle bossait sur le drapeau aux 13 étoiles. Et dans

la lettre d'après, on a tout un passage sur les étoiles qui se reflètent dans un

regard.

Jonathan était l'archétype du bon patriote.

Pour lui, c'était important que la femme qu'il aime puisse voir les endroits où

leur avenir était en train de s'écrire.

Il voulait lui montrer pourquoi il se battait.

Si vous avez raison, ce serait plutôt incroyable.

Je ne sais pas si c'est un film d'amour ou un documentaire historique sur le

berceau de notre nation.

C'est un film carrément épique. La rivalité de leur famille, un amour

interdit, une révolution.

Ma grand-mère les avait surnommés les Roméo et Juliette de la Révolution.

C'est vrai ?

Ouais, c'est comme ça que son article commence.

C'est une super accroche. Je trouve aussi.

C'est une très belle hypothèse.

Pour que l'article soit recevable, je dois respecter des critères et il me

faudrait des preuves solides.

Et une conclusion, peut-être. Ce serait mieux avec une fin à l'histoire.

Tout ça fait beaucoup d'infos et ma tête va exploser.

L'échéance s'approche à grands pas et honnêtement, j'ai aucune idée de comment

trouver les preuves à temps.

Vous aviez raison.

Très bonne idée, votre super granité. C'est tellement bon.

Excusez-moi, le supra-joli granité.

J

'avais

complètement oublié que Philadelphie avait ce truc qui vous donne envie de

tout découvrir.

Je vois ce que vous voulez dire.

C'est curieux, j'ai passé une partie de ma vie ici, mais je voyais plus la

chance que j'avais de vivre dans une ville à l'histoire aussi riche.

Sûrement la ville la plus historique du pays.

Votre grand-mère avait l'air d'apprécier.

Oui.

Je la sens qui me guide dans cette aventure.

Votre voyage dans le passé.

C'est pas seulement le passé, c'est... comme si je redécouvrais...

Tout ce qui avait manqué à ma vie ces derniers temps.

Par exemple ? Mon amour pour l'histoire, les recherches.

C'est dingue, j'étais passionnée avant. Je pouvais me réveiller tous les matins

avec un grand sourire.

Ensuite, c'était l'angoisse.

Il fallait que je rallume mon étincelle, mais j'y arrivais pas. J'avais plus d

'inspiration.

Ces quelques lettres ont réussi à changer ma façon de voir les choses sur

un tas de sujets.

Et vous ? Qu'est-ce que vous retenez de ces lettres ? Je trouve que ces

courriers nous donnent envie d'imiter Jonathan, d'oser exprimer ce qu'on

ressent.

De prendre des risques, d'être plus authentique, que ce soit par nos actes

ou nos paroles.

Je suis d'accord.

Je me suis sentie inspirée par sa vulnérabilité décomplexée. Il se met pas

le frein.

Après ma dernière rupture, je suis devenue extrêmement prudente en amour.

Je crois qu'on pourrait tous les deux tirer quelques leçons de Jonathan.

Excusez-moi. Allez-y.

Allô ? Salut maman.

Ouais, ouais, ouais, tu vas trop vite.

Oh non, d'accord, tu bouges pas, tu m'attends.

Il faut que je vous laisse, c'est une urgence. Qu'est-ce qu'il y a ?

Elle dit qu'il y a eu le feu dans le grenier parce qu'une prise a explosé. Je

vous accompagne. Je pourrais peut-être aider.

Merci.

Maman, il s'est passé quoi ? J'en sais rien.

J'étais en train de faire du tri, j'ai entendu un boum et j'ai vu une lumière

bleue, un peu comme un éclair.

Il a dû y avoir un arc électrique.

Vous savez de quand date le câblage ?

Les deux étages inférieurs ont été remis à neuf il y a des années, mais c'est

peut-être encore les câbles d'époque dans le grenier. D'accord. Je vais

regarder votre tableau électrique pour vérifier. Je peux aller voir au sous-sol

? Oui. Je reviens. C'est gentil. Y a pas de quoi. C'est hyper dangereux.

Heureusement que t'étais pas juste à côté.

On devrait couper complètement le courant jusqu'au passage de l

'électricien. Tu vas devoir te trouver un autre bureau.

Si c'est que ça, c'est pas grave.

On va éviter tout risque inutile. Oui.

Surtout, n'hésitez pas. Je peux revenir quand vous voulez pour vous aider. Oh

non, c'est pas la peine. Ma mère est déjà en train d'appeler un électricien.

S'il vous faut quoi que ce soit d'autre, vous n'avez qu'à téléphoner. C'est

gentil, merci. C'est normal.

Désolé, je suis obligé de vous poser la question.

Où sont rangées les lettres ? Elles sont dans ma chambre, dans leur petit tiroir.

Vous êtes sûre qu'elles n'ont rien ? Oui, j'ai vérifié.

Comme je vous l'ai dit, ces lettres sont tellement fragiles. C'est important qu

'elles soient... Je sais, je sais.

Je les reprends simplement en photo.

Les images que j'ai sont ratées. Elles sont pas assez claires. Je peux les

numériser en haute définition. Je tiens à avoir mes propres copies. C'est

seulement pour me rassurer. Je fais ça ce soir et je vous les apporte demain

sans faute. D'accord.

Vendu. Vous connaissez les règles. Pas de flash.

Je me rappelle les règles.

J'espère que vous vous sentez pas obligée de me les donner. Non.

C'est vous qui avez raison. Les lettres seront bien plus en sécurité avec vous.

De toute façon, je crois pas qu'on trouvera celle de Marie.

On peut toujours essayer de compléter votre arbre généalogique pour voir s'il

y a un lien, et il nous reste quelques messages à décoder.

Oui, on peut toujours faire ça.

Oui.

J'y vais.

Merci d'être venu à notre rescousse.

Y a pas de quoi.

Je me demandais, mon frère et sa femme font un déjeuner chez eux demain.

Rien de grandiose. Leurs enfants sont du genre à crier et à courir partout, mais

ça devrait être sympa. Si vous voulez, vous pouvez venir.

J'adorerais venir avec vous.

Génial. Ok, alors, au revoir.

Bonne journée. Au revoir.

Un appareillage flamand comme la façade du State House ?

Les voilà, et il leur est rien arrivé.

Vous avez fait le bon choix, Emily.

On en prendra soin.

En revanche, j'aurais besoin que vous me promettiez que je pourrais toujours

consulter les originaux. Je veux un accès non négociable et rapide, un accès

VIP.

Je vous le promets.

Vous pourrez les revoir quand ça vous chante.

On peut même préciser que la collection vous appartient.

Non.

Mettez-la au nom de Beverly Chandler et des Ladies de la Liberté.

D'accord.

Au fait, j'ai découvert un mur de briques derrière le plâtre dans le

grenier et ça a l'air d'être le même type de pose qu'au State House.

Ah oui ? Je vais essayer de trouver des informations sur la maison. Parce que si

je peux prouver que ça a été un lieu important dans la ville, je crois que je

vais pouvoir tenter quelque chose.

Je suis très impressionné par votre détermination.

Vous ne vous laissez pas abattre.

Non. Je vais terminer l'article de ma grand-mère et je vais sauver les ladies

de la liberté.

Ah, d'ailleurs, c'est pour ça que je voulais vous présenter Sonia, ma belle

-sœur. Vous allez l'adorer. Et elle pourra peut-être vous aider.

Quant à mon cher frère, Franck, vous verrez bien, je ne dis rien.

Et pas dans la maison, les garçons.

Je t'ai pris tes saucisses préférées.

Merci, Sonia.

Emily, toi, tu préfères quand elles sont coupées en deux ou en tiers ? En tiers,

s'il te plaît. Ah, tu veux qu'elles sont encore tendres.

Toi, c'est pas la peine de te demander. Coupées et bien grillées.

Il y a quelques sujets sur lesquels on diverge.

C'est pas une mauvaise chose.

Comment vous vous êtes rencontrés avec Franck ? Ça remonte à l'université. On

avait un cours ensemble et je l'ai trouvé assez beau gosse.

Et je l'ai trouvé carrément divine.

Oh, très bonne réponse.

Un soir, il a proposé qu'on se rejoigne pour réviser. On s'est vus dans un café

ouvert toute la nuit et on a parlé de tout et de rien jusqu'au matin.

Et voilà.

Le lendemain, j'étais amoureuse.

Eh, les garçons, visez-moi.

Franck ! Un peu trop loin, mais c'était pas mal.

Oh, tu sais jouer ? Attention, il va t'avoir.

Eh,

wow ! Où est-ce que t'as appris ça ? Alors comme ça, tu cherches un poste de

prof à Philadelphie ?

Oui, j'ai contacté pas mal d'écoles, mais je me laisse le temps de me

renseigner sur d'autres styles d'enseignement.

J'aimerais trouver un poste qui me permette de toucher beaucoup de monde,

pas seulement une seule classe dans une seule école.

Quand j'étais petite, je voulais être prof moi aussi.

Et j'ai terminé avocate.

C'est quoi ta spécialité ? Je représente avant tout des associations à but non

lucratif.

Je sais pourquoi Nate tenait à nous présenter. J'aurais quelques questions à

te poser. Je pourrais t'appeler pour en parler ? Bien sûr, quand tu veux.

Merci.

Tu travailles sur quoi ? Tu étais là.

Je fais un grand couvre-lit en patchwork.

Je me suis dit que ce serait mon petit projet à moi pendant qu'on est là.

C'est beau, toutes ces couleurs.

Attends, je rêve ou j'ai déjà vu ce tissu quelque part ? Oui, tu l'as vu.

Ça vient des affaires de ta grand-mère. Ses draps, ses vêtements.

Je veux nous fabriquer un bel objet pour nous souvenir d'elle.

Chaque bout de tissu est un morceau de notre passé.

C'est une idée géniale.

Je ne suis pas la seule mordue d'histoire.

C'était bien ce déjeuner ? On a bien rigolé, c'était cool. La famille de Nate

est super gentille.

D'ailleurs, la chérie de son frère est avocate et je me dis qu'elle saura peut

-être quoi faire pour les ladies de la liberté.

Ah oui ? Pardon de ne pas t'avoir beaucoup aidée à trier, mais je n'aurais

jamais cru que je passerais mes journées à faire des recherches.

T'es sûre que c'est le projet de mamie qui te prend autant de temps ou bien c

'est Nate ?

Je te promets que l'article est ma priorité.

J'en suis pas si sûre.

Quoi ? Pourquoi tu dis ça ? Arrête.

Je dis seulement que depuis que tu le connais, t'as changé, t'es plus joyeuse

qu'avant, tu rayonnes.

Je rayonne, mais oui.

Ça saute aux yeux quand vous vous regardez.

Je suis contente pour toi.

Je me faisais du souci depuis ta dernière rupture.

Ouais, enfin, Nate est élégant, je l'admets.

Il est charmant, il est drôle, il est brillant.

Mais j'ai appris ma leçon.

Je reste prudente.

Je ne crois pas que ce soit la bonne approche.

Repense à la beauté de ses lettres, à tout ce que Jonathan et Marie ont dû

traverser. L'incertitude.

Jonathan risquait de tout perdre en avouant ses sentiments à Marie.

Et d'après ce que j'ai compris, elle aussi.

Il y a du bon et du beau dans cette prise de risque.

On ne peut pas vivre un tel amour sans sortir de sa coquille.

Bonjour, monsieur Kent. Monsieur Callahan.

Je voulais vous informer que je serai en ville pour quelques jours.

J'aimerais organiser un dîner avec une poignée de nos donateurs et je voudrais

que vous soyez présent.

Oh, merci pour l'invitation.

Il n'y a pas de souci. Bien, vous pouvez venir accompagner.

Super. J'ai quelqu'un en tête.

J'ai préféré n'inviter que nos donateurs les plus enclins à participer au

financement de l'expansion. Vous nous présenterez votre concept pour l

'exposition. J'imagine que vous avez bien avancé.

Oui, j'ai passé tout mon temps à y réfléchir. Je peux vous dire que ça va

être exceptionnel.

Ça, c'est sûr.

Et on va frétiller. Vous allez frétiller. J'adore.

Je vous enverrai les infos pour le dîner.

Au revoir, monsieur.

Bonjour Sonia, c'est Emily Hollister, l'amie de Nate. On s'est vues au

barbecue. Salut Emily.

T'avais des questions pour moi, c'est ça ? Oui, si ça te dérange pas.

En fait, ma grand-mère faisait partie d'une association et ils ont des

problèmes à faire renouveler leur agrément 501C3, les Ladies de la

Liberté. J'adore le travail que font ces femmes, j'aimerais beaucoup les aider.

Dis-leur de m'envoyer les documents qu'elles ont par mail.

Si tu pouvais trouver une solution, ce serait merveilleux. Je vais voir ce que

je peux faire.

Comment va Nate ? Tu l'as revue depuis ? Oui, ça va. En fait, je suis en route

pour aller lui rendre une petite visite.

J'ai trouvé le mot-clé de la lettre suivante.

Salut ! Euh, c'est quoi ? Affection.

Et... que dit le message ? Famille Masters, High Street, crépuscule.

Marie Masters.

Elle vivait sur High Street et sa maison est devenue par la suite la demeure du

président. Peut-être que Marie Masters était pour la révolution ? Et si elle

connaissait Jonathan, sa maison était peut-être la seule solution pour qu'il

puisse se voir ?

Moi aussi, j'ai bien avancé.

J'ai fait la découverte d'un quatrième message codé bien caché au dos de la

dernière lettre. On n'avait pas vu ça ? Non, on ne voit quasi rien à l'œil nu. J

'ai ajouté le message au tableau et j'ai cherché jusqu'à ce que mon chef m

'appelle. Et voilà que je viens te demander de m'aider alors que tu as bien

mieux à faire.

Je reviendrai plus tard.

Non, non, non, viens. Je sais faire plusieurs choses à la fois. Ah oui ?

Non, non, pas du tout.

C'est bien ce que je me disais.

La maison présidentielle n'existe plus aujourd'hui.

Donc même si on se rendait sur place, je doute fortement qu'on trouve plus d

'infos. On peut réfléchir au code.

Viens, on va relire la lettre.

Si l'indice est dedans, il est très bien caché. J'ai rien vu qui soit écrit

différemment. Oui, c'est vrai.

Ok, on parle d'un homme qui va à la guerre. Son avenir est incertain.

Qu'est-ce qu'il aurait choisi comme mot-clé ? Je trouve qu'il y a une phrase

qui se démarque.

Vos notes sont en sécurité.

Notes.

Ça pourrait être un moyen de lui expliquer qu'il n'a pas les lettres avec

lui. Il les a forcément cachées avant de partir pour pas qu'on les découvre dans

ses affaires. S'il ne revenait pas vivant, c'est peut-être ça le message.

L'endroit où il a caché les lettres.

Mur, grenier, M-A-P-L... Maple ? Le

mur de briques dans le grenier ! Comme sur la façade du State House ! Il faut

que j'y aille ! Je te téléphone ! J'ai le droit de venir ? Si tu te dépêches !

Je me dépêche ! Je

pense

qu'on va devoir démolir tout ce mur.

T'es sûre que tu veux faire ça ? D'accord.

L'ombre ? Oui, je l'ai.

Alors...

Attends.

Regarde cette brique.

Tu crois que je peux l'ouvrir ? Fais très attention.

Bravo, tu les as trouvés.

Ma grand-mère se doutait qu'il les avait cachés. À tous les coups, c'est elle qui

a mis le feu.

Ce serait bien son genre.

T'as intérêt à m'envoyer les lettres dès que t'as fini de les scanner. J'ai

tellement hâte de découvrir ce qui est arrivé à nos Romeux et Juliettes de la

Révolution.

J'espère que ça se termine bien pour eux.

On s'y mettra dès demain.

Comment ça, on ? Je crois que ces lettres sont si fragiles qu'elles

méritent quelqu'un de plus compétent. Je vais les confier au chef du département

Restauration. Il a déjà restauré des documents bien plus anciens qui venaient

d'Europe.

D'accord.

Je veux juste avoir assez de temps pour les incorporer à mon article avant l

'échéance. On devrait les avoir protégés et scannés pour ce week-end.

Ok.

Tu devrais aller te coucher.

C'est vrai que j'ai une grosse journée demain.

C'est dingue, je prends de plus en plus de retard dans mon travail. Je comprends

pas pourquoi.

Oui. Je crois que c'est encore de ma faute. Je suis désolée. C'est pas de ta

faute. Si.

Je t'en dois une.

S'il y a quoi que ce soit que je puisse faire pour me rattraper, je le ferai.

Puisque tu le dis, en fait, mon supérieur organise une espèce de dîner.

Il m'a demandé si je voulais amener quelqu'un.

Et tu lui as répondu quoi ? Eh bien, que j'avais quelqu'un en tête.

Il y a cette femme que je connais. Elle est brillante, très cool, séduisante. Je

pensais l'inviter.

T'as trouvé la perle rare ? Tu devrais te dépêcher de l'inviter.

Tu sais quoi ? Ouais, je devrais. Je vais aller la voir.

Emily, veux-tu être mon invité d'honneur au super dîner de mon chef ? Ce sera

dans un resto chic.

Tu fais bien de l'ajouter à ton discours, j'étais un peu dubitative.

Ah oui ? Compte sur moi.

C'est super.

Au revoir. À bientôt.

Emily, je t'ai apporté tes scones préférées pour te féliciter d'avoir

retrouvé les lettres de Marie.

Et puis ça y est, l'annonce de la maison est en ligne.

Quoi ? Oui, j'ai contacté un agent immobilier et tout est en marche. Je

viens de mettre une pancarte à vendre dehors.

Maman, il faut l'enlever tout de suite.

Pourquoi ?

Pourquoi

tu l'as enlevée ?

Je crois que j'ai trouvé une meilleure solution.

C'est-à-dire ? La maison est tellement chargée d'histoire qu'elle devrait être

classée monument historique. Et qu'est-ce que ça implique ? La vie veut

préserver son patrimoine, donc il pourrait nous aider à la racheter et on

aurait droit à des subventions pour s'occuper de l'entretien et de tous les

travaux. Oh, Émilie, ce serait vraiment la solution idéale. Attends, c'est pas

fini. Je voudrais leur proposer que la maison soit gérée par les Ladies de la

Liberté. Elles pourront y installer leurs locaux.

Chez mamie.

Ensuite, on pourra développer nos activités. J'adorerais accueillir des

sorties scolaires, par exemple. Pour ça, il faudra mettre l'histoire en scène, la

rendre plus vivante pour qu'on puisse toucher le public, comme les lettres ont

pu me toucher.

Ça risque de prendre du temps.

Je dois leur envoyer mon dossier pour qu'il soit soigneusement étudié, mais de

mon côté, ça avance. Oh, ma chérie.

Tu te demaines toujours pour les autres. Tu l'as toujours fait.

C'est pour ça que tu fais une excellente professeure.

Ça est ta passion pour l'histoire, bien sûr.

Je sais que tu te poses beaucoup de questions, mais quand tu enquêtes sur la

maison ou sur les lettres, tu as l'air si heureuse. C'est la preuve que tu as

toujours cette passion qui brûle en toi.

Merci, maman.

C'est vrai, je me sens revigorée depuis que je suis ici.

Est-ce que ça n'aurait pas un rapport avec Nate ? Ok.

J'admets qu'il y a un petit quelque chose.

Je suis contente que tu l'admettes enfin.

Chers membres de la commission, veuillez trouver 6 juin une demande de subvention

pour l'acquisition et la préservation de la maison située au 231 Maple Street.

Il s'agit d'une demeure qui a eu un rôle important dans la culture et l'histoire

de la ville de Philadelphie.

Tu as passé la journée à peaufiner ton article ? Oui, ça avance.

Je crois que je pourrais l'avoir complètement terminé d'ici dimanche

soir. J'attends de recevoir les scans de l'autre partie des lettres. Tu sais où

ils en sont ? Nate a dû demander l'aide d'un expert.

En parlant de lui, c'est ce soir votre premier vrai rendez-vous ? Oui.

Le problème, c'est que je n'ai rien à me mettre.

Pourquoi ? C'est chic ? Oui, robe élégante.

J'ai une idée. Ta grand-mère a ce qu'il faut dans ses placards.

Elle est magnifique.

Tu veux dire que Mamie portait ça ? Elle savait s'habiller.

C'est une des robes que j'avais mises de côté pour moi, mais c'est toi qui

devrais la porter.

Le rouge lui allait à ravir et je suis sûre qu'à toi aussi.

À votre sens.

J'y suis passé moi-même, j'ai pu constater toutes les améliorations. C

'est réussi.

Ah oui ? Je pense que l'exposition va beaucoup vous plaire.

Monsieur Callahan.

Approchez. Je vais vous présenter à nos invités.

Voici Nate Callahan, notre responsable des archives.

Bonsoir, enchanté. Madame Langford et Monsieur et Madame Pembroke, deux

familles qui comptent parmi nos plus généreux donateurs. C'est grâce à leurs

archives personnelles qu'on a pu agrandir nos collections.

Merci encore.

Oui, et Langford et leurs collections de pamphlets révolutionnaires.

Et les magnifiques portraits de l'indépendance, dont le plus connu, bien

sûr, le portrait du major général de George Washington, Nathaniel Green. C

'est mon préféré de la collection.

Ah, c'est le mien aussi.

Monsieur Callahan, j'espère ne pas vous prendre de court.

S'il vous plaît, pourriez-vous nous dire ce à quoi on peut s'attendre pour notre

exposition ? On m'a dit qu'elle était exceptionnelle.

Bien sûr.

Euh, mais...

Je ne vois pas pourquoi ça me prendrait de court. Après tout, on travaille

dessus depuis, quoi, peut-être huit jours.

Ça nous tient à cœur de présenter quelque chose d'inédit à nos visiteurs

et à nos généreux donateurs. C'est vrai, nous aussi, aux archives, on a plein de

choses à dire. Nos collections racontent les origines de notre grande nation.

Vous êtes d'accord avec moi, j'imagine ? Absolument.

C'est d'ailleurs pour ça que notre nouveau projet, une exposition qu'on

veut exceptionnelle, sera frétillante.

Il s'agit d'une nouvelle collection.

Une collection qui date de la guerre d'indépendance. En fait, ce sont des

lettres. Des lettres d'amour, pour être plus précis.

Écrites par les Roméo et Juliette de la Révolution.

Facilement. Dites-nous, cette histoire, comment elle finit ? Oui, j'aimerais

beaucoup le savoir.

Ça ne se termine pas de façon aussi tragique que dans Shakespeare.

Il faut espérer.

Vous le découvrirez par vous-même.

Suspense, j'adore ça. Je vous avais dit que M. Callahan était notre meilleur

conteur. Non, non.

J'aimerais ajouter que cette exposition n'aurait pas pu voir le jour sans une...

Ça va être incroyable. En tout cas, moi, j'ai hâte de voir ça de mes propres

yeux.

Nous viendrons avec mon mari.

Nous aussi.

Allez, vous amusez. C'est une excellente idée. Oui, une excellente idée.

Excusez-moi. Je vous en prie.

Tu es magnifique.

Et toi, tu es très élégant dans ce costume.

Cette cravate te va bien, ça fait ressortir tes yeux.

T'as remarqué ? J'ai fait des recherches et j'ai découvert quelque

chose qui pourrait aider ton dossier.

Oh, quoi ?

Si l'on en croit les registres, ta maison a un jour appartenu à Stuart et

Macy Ellis, les parents de Jonathan.

Macy était couturière. Elle cousait des manteaux pour l'armée continentale. C

'est sûrement comme ça qu'elle a connu Betsy Ross.

Qui était également couturière.

Il faudra que j'en parle à ma mère.

Et attends, Stuart Ellis était maçon. C'était un employé d'Edmund Woolley. L

'homme qui a construit le State House.

Oui, c'est ça.

Quand on y pense, c'est dingue de se dire que ta grand-mère ait vécu dans un

tel lieu.

Je crois qu'il y a de fortes chances pour que tu sois une descendante directe

de la famille Ellis.

Donc Agnès Ellis, ça doit être elle le lien.

Ça veut dire que la maison est dans notre famille depuis l'indépendance.

Ça en a tout l'air.

Tu verras, normalement tous les documents sont dans ta boîte mail. Tu

les joindras à ton dossier pour la maison.

T'es trop gentille, Nate.

T'as assuré, merci.

Ma grand-mère aurait été folle de joie.

On va serrer quelques mains.

Oui. Bien.

Madame Hollister, c'était un véritable plaisir de faire votre connaissance.

Encore merci pour l'invitation.

J'ai passé une excellente soirée. J'imagine que je vous reverrai pour l

'exposition de Nate.

Sûrement.

En tout cas, je l'espère.

Les Roméo et Juliette de la Révolution, c'est du génie.

Je vous dis à bientôt.

Emily, attends, s'il te plaît. Tu as vendu un concept basé sur le travail de

ma grand-mère comme étant le tien ? Non, non, pas du tout. On peut tous tirer

profit de cette exposition.

Tu penses pas que t'en tires plus que les autres ? Comment tu veux que les

ladies de la liberté fassent valoir leur propriété des lettres si les archives

nationales les ont déjà exposées publiquement ?

S'il te plaît.

Quelle idiote. Comment j'ai pu croire un seul instant que tu m'aidais par

gentillesse ? S'il te plaît, Émilie, écoute. Et dire que je te faisais

confiance. Ce projet, cette collection de lettres, c'est le rêve de tout

archiviste. Ça peut peut-être aider ma carrière, mais ça n'enlève rien au

sentiment que j'éprouve pour toi.

Nate, tout ce que je te demande maintenant, c'est de m'envoyer le reste

des lettres pour que je puisse terminer l'article de ma grand-mère.

Tu vois comme c'est ironique ? On ne sait pas comment ça finit entre Marie et

Jonathan.

Mais entre nous, c'est assez clair.

Cher Jonathan, je me souviens de la première fois que j'ai posé les yeux sur

vous comme si c'était hier.

Votre beauté et votre air digne, l'affection indéniable que nous nous

portons mutuellement suffit à combler le fossé que d'autres voudraient créer

entre nous.

Vous avez éveillé une passion au plus profond de mon cœur, non seulement pour

vous, mais aussi pour le rêve de cette nation que nous touchons du bout des

doigts.

Mon très cher Jonathan,

Ce grand rêve partagé par nombre d'entre nous vous appelle aujourd'hui à vous

battre dans les rangs de l'armée de Washington, et ce faisant, vous arrache

à mes bras et me prive de mon oxygène.

Bien que notre séparation imminente m'afflige, je sais que votre dévouement

est sans faille, car c'est lui qui a su acquérir mon cœur à vous et à votre

noble cause.

Partez donc avec ma bénédiction en pensée, mais promettez-moi que lorsque

la guerre sera derrière nous, vous me reviendrez.

Votre dévoué à jamais.

Marie.

Mon bien-aimé Jonathan, plus j'en apprends sur les terribles affrontements

qui ont lieu, plus mon cœur s'affaisse sous le poids de la peur.

Cela fait plus d'un mois que je n'ai pas eu le privilège de vous lire.

Ce silence me déchire le cœur.

Le sommeil et l'appétit me deviennent des concepts étrangers.

Je me repais en repensant sans cesse à ce moment devant le State House lorsque

vous avez allumé une bougie pour moi et que vous m'avez enfin demandé maman.

Quand vous reverrai-je, mon amour ? Un seul mot de votre part, même sur un bout

de papier arraché, et je pourrai respirer à nouveau.

Je saurai que votre souffle aura caressé ses fibres et que celui-ci pourra

embrasser le bout de mes doigts.

Votre bien-aimée, Marie.

Mon cher Jonathan.

Je puis difficilement contenir ma joie lorsque j'ai appris par l'officier

Bourne que vous étiez en vie, en convalescence dans un hôpital militaire.

Mon cœur est comblé à l'idée que dans quelques semaines, nous ne

communiquerons plus par lettres, car nous partagerons une seule et même vie.

En attendant ce jour, mon amour, chaque seconde me paraît une éternité.

Comme j'ai hâte de contempler votre visage et de prendre votre main dans la

mienne.

Sachez que mes pensées vous accompagnent à chaque instant.

Ma plume n'avait jamais glissé sur la page avec autant d'euphorie.

Il est vrai que lorsque les sentiments sont sincères, les mots s'écrivent d'eux

-mêmes sur le papier.

Votre dévouée, Marie.

Salut. Salut, Sonia.

Alors, l'agrément 501C3 est devenu plus compliqué à obtenir avec les nouveaux

critères. C'est malheureux, il y a énormément d'associations qui perdent

leurs avantages. T'as bien fait d'appeler une experte. J'ai réglé tout

ce qui bloquait au niveau administratif.

Oh, t'es un ange. Merci beaucoup, Sonia. Ils sont en train de vérifier que ton

article est conforme. On aura bientôt leur décision.

Mais... Entre toi et moi, je connais la directrice du comité. Nos enfants sont

dans la même école. Elle adore ton travail, ça va passer. C'est la

meilleure des nouvelles.

Les ladies de la liberté vont être tellement soulagées. Elles ont réussi à

trouver un nouveau local ? Non, mais je crois pouvoir les aider avec ça.

Elles ont de la chance de t'avoir à leur côté.

Je fais que reprendre la suite de ma grand-mère.

Je voudrais te demander... T'es pas obligée de me répondre, bien sûr.

Mais il faut que je te pose la question.

Pourquoi vous ne vous parlez plus avec Nate ?

Franck dit qu'il ne l'avait jamais vu aussi déprimé.

Cher Emily, je sais que je t'ai blessée et j'en suis désolé.

J'ai mis en place cette exposition dans l'intention de rendre hommage à ta grand

-mère et d'aider les ladies de la liberté.

Je pense que tu t'en rendras compte par toi-même si tu viens à l'inauguration ce

soir.

Enquêter avec toi sur ces lettres m'a extirpé du passé dans lequel je m'étais

réfugié. Pour la première fois, j'entrevois un avenir qui me plaît.

Ton dévoué à jamais, Nate.

Oui, c'est vrai.

Ma chère Marie,

je dois vous faire une confidence.

Je me lève chaque matin avec l'espoir de pouvoir lire un de vos courriers et d'y

trouver ma dose de bravoure.

Rarement ai-je attendu avec autant d'impatience le passage du facteur qui m

'apporte vos précieuses pages et me permet de me repaître de vos mots que je

dévore sans attendre. Mon très cher Jonathan, ce grand rêve partagé par

nombre d'entre nous vous appelle aujourd'hui à vous battre dans les rangs

de l'armée de Washington et ce faisant, vous arrache à mes bras et me prive de

mon oxygène.

Bien que notre séparation imminente m'afflige, je sais que votre dévouement

est sans faille, car c'est lui qui a su acquérir mon cœur à vous.

Et à votre noble cause.

Ma très chère Marie, la nuit est si calme qu'elle me glace le sang.

La bataille me semble aussi proche que votre beauté lointaine.

Loin de vous, mon amour, je suis perdu.

À la dérive dans un océan d'apparitions, de mirages insaisissables, je me

raccroche aux souvenirs de vous.

Il est temps pour moi de vous quitter.

Sachez que je le fais.

Félicitations, Monsieur Callag.

Monsieur Kent, cette exposition va faire parler d'elle. Je compte bien proposer

votre nom au comité pour le poste qui vient de s'ouvrir à Washington.

Merci.

Mais je ne veux pas de poste à Washington.

Vous êtes sûr ? Je me plais plutôt bien à mon poste ici, à Philadelphie.

Cela dit, vous pouvez faire autre chose pour m'aider. Bien sûr, je vous écoute.

C'est à propos d'une vieille maison qui devrait être classée monument

historique. Une demande au nom d'Emily Hollister.

Oh, Emily ! Oui, votre invitée, une femme charmante.

Elle n'est pas là ce soir ? Je crois qu'elle ne pourra pas venir.

Il faut que vous sachiez que rien de tout ça n'aurait pu voir le jour sans

elle. Vous pourriez vous assurer que sa demande soit étudiée de manière sérieuse

? Comptez sur moi.

Merci, monsieur.

Où est-ce que vous allez comme ça ? Cloche de la liberté.

Partez donc avec ma bénédiction aux pensées.

Mais promettez-moi que lorsque la guerre sera derrière nous, vous me reviendrez.

Votre dévoué à jamais, Marie.

Oh, excusez-moi.

Emily ! Ah, Linda !

C'est magnifique, cette mise en scène.

C'est bien fait, c'est vrai.

Nate va être terriblement déçu de vous avoir manqué.

Il n'est pas là ? Il vient de s'en aller.

Il a dit qu'il allait à la cloche de la liberté.

Je l'ai trouvé un peu bizarre ces derniers temps.

Ça doit être le manque de sommeil.

Je vais devoir y aller.

Excusez-moi, Linda. Je suis attendue.

Tu comptes essayer de l'allumer encore toute la nuit ?

J

'y passerai toute ma vie, s'il le faut.

Vas-y, allume-la pendant que je bloque le vent.

Bonne idée.

J'allume les lettres de Marie.

C'est leur amour qui a triomphé.

Oui.

Le nôtre aussi.

On dirait.

Emily, Diane, je n'arrive toujours pas à croire qu'on a sauvé la maison de

Beverly. Bienvenue, tout le monde.

Bonjour. Bienvenue.

Entrez, les enfants.

Entrez. Je suis trop contente de vous revoir, Madame Hollister.

Merci d'avoir proposé cette sortie scolaire. Oh, y a pas de quoi.

Tu as des questions ? En fait, ouais.

C'est vous le fiancé de Madame Hollister ? Ah, c'est pas le genre de question

auquel je m'attendais.

Mais ça ne fait rien.

La réponse est oui. On vient de se fiancer devant la cloche de la liberté.

Tu as bien fait de poser cette question, parce que notre relation est le parfait

exemple de la manière dont l'histoire influence le présent.

Exactement.

Viens, ne reste pas dehors. Je vais te faire visiter et en rejoindra les autres

pour l'atelier. Je vous raconterai une histoire. Mamie serait si fière de toi.

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