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Oui, T22, donc... Oui,
affirmatif. Bon, la T22 est responsable du secteur, là.
Bon...
Et puis il y a... Ouais,
manquez-vous, il y a le bordel, là.
Mais reviens ici, quoi ! Putain, on va vous
fuser la gueule ! On
va t'attendre en mer, là ! C
'est à cause de vous, ça ! Cassez-nous !
J'écoute.
Qu'est-ce qu'on a sur place ? Une seule voiture de patrouille.
Dites-leur de rentrer tout de suite, ils vont se faire écharper là-bas.
C'est pas vrai.
Qu'est-ce qui se passe ? Une émeute dans les cités.
Et après un accident en plus.
Fais gaffe, ces types de banlieues, c'est les plus terribles et les plus
cons. Parce qu'ils se sentent exclus, ils s'expriment par la violence.
Tu devrais pas y aller. Non mais tu rigoles ou quoi ? Si j'y vais pas, qu
'est-ce qui va y aller ? C'est mon métier, non ?
Tous mes hommes sont démotivés. Ils se retrouvent devant des gamins qui n'ont
presque l'âge de leurs enfants.
Des gamins, c'est vite dit.
Écoute, papa, c'est pas ton boulot, ça me fait peur.
Laisse faire les CRS. Mais les CRS, tu peux les mettre en surface, mais qu'est
-ce que je vais mettre dans les cages d'escalier ? Et dans les caves, c'est
pire encore.
Qu'est-ce que tu ferais, toi ? Hier, j'ai eu un cours sur Tocqueville.
Tocqueville ? Oui, Tocqueville.
Là, on est sauvés, alors.
Il disait, loi rigide, pratique molle.
C'est vrai qu'en France, il y a trop de lois qui servent davantage à créer un
idéal de société qu'à régler les conduites.
Ça, c'est bien dit.
Et le fossé s'élargit de plus en plus entre la rigidité de la loi et la
tolérance des transgressions.
Quel vocabulaire ! Tu vas finir à l'ENA, toi.
Arrête. Alors qu'aux États-Unis, il y a moins de textes, mais une vraie
application de la loi. Alors, qu'est-ce que je fais, moi ? Je demanderai à mon
prof. J'attends ici l'opinion de ton prof, c'est ça ? En attendant, j'ai un
cours pratique sur un cas de mortalité en milieu scolaire. Faut que j'y aille.
Tocqueville.
Tu as entendu ? Tocqueville.
On a fait un génie, nous.
Un génie.
Dis-donc, materne, tu vas avoir besoin d'un uniforme tout neuf, là. Excusez
-moi, patron, je ne suis pas très présentable.
Je me suis pris un truc en pleine tronche.
Rien de cassé ? C'est de l'humour.
Non, moi ça va, je me suis fait recoudre, mais Maroussi et Kovacs, ils
sont salement amochés. Je les ai laissés à l'hosto.
Tu crois qu'on vous a tiré dans une embuscade, là ? Non, c'est pas ça.
Il y a eu un accident sur la voie publique. Un scooter qui s'est foutu en
l'air.
On est arrivés, et deux minutes après, ils nous tabassaient avec des matraques,
des barres de fer, des caillasses.
Heureusement, il n'y avait pas d'armes.
Non, il n'y avait pas d'armes, à part les barres de fer et les matraques.
Je ne comprends pas, d'habitude, c'est tranquille, les quartiers.
Oui, les volcans aussi, c'est tranquille, avant l'éruption.
Dites-moi, Clarisse, vous ne venez pas au quartier, vous, avant d'entrer à l
'école de la police ? Oui, mais c'était il y a longtemps.
Bah, t'es pas si vieille que ça.
Mais qu'est-ce qu'on allait faire ? On allait pas quand même tirer dans le tas,
non ? Mais c'est parce qu'ils savent qu'on peut pas les animer qu'ils font
les cons. Il y a un moment où... Un moment où rien du tout, au clin.
Je vais prendre un projet, t'en as besoin.
Venez, vous autres.
On peut pas les laisser faire ça, patron.
Ah, Blomé, ben Marie, vous allez sur place et vous me ferez un rapport.
Mais attention, vous n'allez pas au contact, hein.
Pas de bavure.
Alors, c'est ça, on est flics, puis on rase des murs, on s'y flotte, on est
cool, on a honte d'être flics. De toute façon, toi, tu y vas pas, hein ? Bah,
pourquoi, patron ? Tu cours pas assez vite.
Une bavure, une bavure, mais c'est pas une bavure. Faut faire une bavure, on va
au trou. De bavure, on va chez le psy. Faut faire des centaines de bavures. Là,
au moins, on aura le gros ménage. Ça suffit, Auclin. Enfin, depuis le temps,
tu devrais avoir un peu de pont dans la tête, non ? À ton âge.
Excusez-moi. Non, non, vous vous restez ici, au commissariat avec moi. Vous
connaissez la cité, vous pourrez m'aider.
Patron, le tubib, je me souviens de son odeur, mais jamais de
Mais si, c'est le noir.
Mais c'est le noir aussi.
Bon, allez, avance.
Avance.
Allez, refaites.
Bref.
Je me demande de bosser comme un malade et toi, tu voudrais tout savoir avec
deux mots.
Mais si.
Tu négliges la somme de travail qu'il faut pour pouvoir te faire un rapport
dans un temps record.
Mais non. Mais si, c'est de la folie furieuse. Mais non.
Tu apparaîtras dans l'histoire comme le docteur qui découpe plus vite que son
ombre. Mais non.
Mais si.
Parle-moi des deux gosses.
Moi, j'en ai qu'un.
Celui qui conduisait le scooter.
Il a eu la nuque brisée dans l'accident, mort sur le coup.
13 ans. Il conduisait son permis.
Et l'autre ? L'autre ? Il n'est pas chez moi.
C'est qu'il est vivant ou alors on l'a expédié à une mauvaise adresse.
Aurélie. Oui, j'écoute.
Appelle l'hôtel Dieu et prends des nouvelles du passager du scooter.
Alors, c'est tout ce que tu as à me dire. La nuque, 13 ans, tu ne me parles
pas de ses dents de sagesse.
Tu baisses, hein, Carlo ? Ah, tu t'effiches de moi.
Bon, alors, tiens, tout est dans le rapport. Tout.
Sa taille, son opération de l'aspensicite, sa cicatrice au bras,
tout, tout.
Mais lis-le, lis-le.
Je te demande de le lire.
Je ne te lis plus.
La prochaine fois, tu sais ce que tu fais ? Tu me fais une cassette vidéo de
la victime et tu t'enregistres en haute voix. Comme ça, j'ai plus qu'à le mettre
dans la télé. Ah, ben, si tu veux. Moi, ça me fera gagner du temps. Et moi
aussi. Voilà.
Mais le caméscope, c'est moi qui le paye ? Mais non, demande à Valls.
Écoute, ça suffit maintenant, Carlo.
J'ai un mort, trois mecs sur le carreau, et si t'es en ébullition, tu me parles d
'argent. C'est exagère, non ? Tu dégenous ? Je mange pas, je sauterai
pas.
Pardon, Carlo.
Le passager du scooter est toujours dans le commun. On sait pas s'il va s'en
sortir. Je l'espère pour nous.
Enfin, pour lui.
Surtout pour lui, bien sûr.
Borélie, tu dégenous ? Moi, sans doute, jambon.
Ok, tu es déjà où ? Je vais gagner. Vous déjà allez où, patron ? Bouba est à
côté.
C
'est
bon, hein ? Oui, c'est ça mon boulot maintenant.
Bientôt, je serai champion de France.
Tu es sûr que tu ne joues pas pour de la thune ? Et alors ? Ce n'est pas défendu
?
Tu voulais me voir ? En fait, c'est votre chiffre.
Ils ont foutu la merde, c'est de leur faute.
Explique-toi.
Les gamins venaient un tour tranquillement sur le scooter.
Leur nom ? Celui qui est mort, c'est Thierry Cosson et l'autre, Moustapha
Saraki. Les chemins ont débarqué, ils ont voulu les arrêter.
Le scooter avait été volé, le passager avait de la dope sur lui.
Peut-être, sauf que les flics n'avaient pas les poussés avec leur bagnole.
Là, tu es en train de nous dire que les flics n'ont pas rechoqué le scooter ?
Bien sûr.
Même qu'ils les ont envoyés dans le décor.
Ah, merde.
Tu perds la main, hein ?
Pas de chance pour les mômes, il y avait un pot à cet
endroit-là.
C'est pour ça que les autres sont trop draches, maintenant.
C'est tout ce que tu viens de dire.
Ouais, sauf que maintenant, le bière est penche, quoi.
Il penche le billard ? Il ne penche pas le billard.
C'est toi qu'il penche.
C'est tout ? J'ai autre chose à vous dire.
On n'est pas bourré.
Et puis, joue pas tout ton fric à ce jeu-là.
Tu n'es pas encore assez bon.
Pourquoi ces sauvageons mettent le feu à leur propre quartier ?
Regardez-les ! Ils saccagent leurs propres moyens de transport, ils
démolissent l'école qui aurait pu les aider à s'en sortir, ils agressent les
fonctionnaires qui ne demandent qu'à les aider. C'est de la violence enragée,
sauvage, aveugle, qui ne débouche que sur de nouvelles formes de fascisme. Et
je pèse mes mots. Mais les ados ont compris.
Ils ont compris que les émeutes et les intimidations sont payantes.
Quelques voitures brûlées devant les caméras de télévision attirent plus l
'attention que tout le rapport d'experts. Et nous, on se retrouve en
face de gamins qui passent aux infos.
Nos hommes sont injurés, agressés, à tout moment.
Le problème, c'est qu'eux ont le droit de nous injurier et nous, on n'a pas le
droit de craquer.
C'est la préfecture sur le dos. Ils veulent des mesures immédiates. Des
mesures subtiles, j'imagine.
Déploiement de CRS, un patrouille, couvre-feu à 22 heures.
Tout pour calmer les esprits, quoi.
Entre autres.
Ça pourra augmenter la pression, vous le savez. Ben oui, je sais.
Mais qu'est-ce que vous proposez ? On peut pas rester là à attendre sans rien
faire. Les jeunes croient à une injustice.
C'est comme ça.
Un gamin de 13 ans se plante avec sa moto alors qu'il s'appelle conduire et c
'est soi-disant notre faute. C'est comme ça.
Alors d'accord.
Alors il faut leur expliquer. Il faut leur expliquer que ce n'est pas notre
faute. Leur dire les risques qu'ils courent en conduisant sans permis, en
faisant des rendez-vous.
Mais ils n'écoutent pas.
Ils n'écoutent pas.
Mais quand on leur demande ce qu'ils veulent, ils ne savent pas. Ils n'ont
rien à dire.
Aucune revendication.
Quand une idée leur vient dans la tête, ils réclament un terrain de foot.
On veut un terrain de foot.
Mais ils n'ont qu'à se le faire, leur terrain de foot. Ils prennent un terrain
vague et ils délimitent les buts avec des tas de cailloux. On a tous fait ça.
Vous, ça m'étonnerait, monsieur le divisionnaire.
Si nous enquêtons toute liberté, si nous prouvons que nous sommes pour rien dans
cette affaire, Ils comprendront.
Mais pour ça, il faut savoir ce qui s'est passé véritablement.
Si vous pensez que vous pouvez endiguer les angoisses sécuritaires du préfet
avec ça... Je vous regarde, monsieur le divisionnaire. Attention.
Il est possible que les conclusions du rapport ne nous soient pas favorables.
Mais vous plaisantez, Navarro.
Moi, je veux bien d'une enquête.
Mais à condition qu'elle conclue en notre faveur. C'est clair ? Non, ce n
'est pas clair.
Rédigez une note dans ce sens, avec vos instructions.
Là, ce sera clair.
T'imagines le jour où ils ont des armes ? Le jour où ils ont des armes, je
retourne au soleil.
J'ouvre une paillette sur la plage et je fais griller du poulet.
Si j'ai bien compris, tu seras toujours dans les poulets ?
Eh bien, dites-donc, là, vos hommes, ils ont dégusté.
Oui. Bon, dites-moi, on cherche éventuellement des traces d'impact avec
un scooter.
Alors, oui.
Alors, là, vous avez la panoplie complète de tout ce qui peut aider à
démolir une bagnole. Là, vous avez des barres de fer. Là-haut, des parpaings.
Tiens, les traces, là, comme de la grêle. Ça, c'est des cailloux.
Puis alors là, bon, la batte de baseball classique.
Voilà. Et puis derrière... Oh là là !
Oh bah dites donc, ils ont eu chaud.
Ça, c'est vraisemblablement un engin incendiaire. Oui, on nous a parlé d'un
cocktail molotov.
Eh bien, heureusement qu'il n'a pas pénétré à l'intérieur parce qu'au
moment, il n'y avait plus rien, ni personne.
Tu pourrais me certifier qu'il s'agit bien d'un cocktail molotov, là ? Ah non,
non, non, non, je n'ai pas dit cocktail molotov, j'ai dit engin incendiaire.
Pour affirmer l'avantage, moi, il me faut des analyses.
Mais pour répondre à la question de Borrelli, je ne vois aucune trace d
'accrochage. Avec un de rouge, je repasse, là, mais non.
Remarquez, ça ne veut pas dire qu'il n'y en a pas.
Par exemple, là, j'avais vu quelque chose.
Là, on peut facilement supposer qu'il y a eu choc.
Mais avant quoi et quand, ça, c'est une autre affaire.
Mais je ne peux pas m'accommoder de tes suppositions. Moi, j'ai besoin de
certitude.
Tout dépend de tes conclusions.
Il me les faut le plus vite possible si on ne veut pas que ça tourne à l'émeute.
Ah oui, mais moi, je ne peux rien te promettre.
Si je peux faire l'expertise à Paris, très bien.
Sinon, il faut que je démonte tout et que j'envoie ça à Lyon, alors.
Locke, tu m'évites les détails, oui.
Si je te prouve que cette bagnole a par choqué un scooter, ça évitera quoi ? S
'il est prouvé que mes hommes sont responsables de la mort d'un gamin de 13
ans, alors crois-moi, je serai du côté des émeutiers.
Patron, un représentant de la mairie attend dans votre bureau. Je me suis
permis de... Tu prends trop d'initiatives, Martin. La prochaine
fois, tu le garderas au greffe.
D'accord, patron.
Gérard, venez avec moi. Enfin, Gérard, j'aime mieux Clarisse.
Et vous dites-moi, commissaire, c'est quoi votre petit masque ? Ah, ça.
Merci.
Jacques Mosco, adjoint au maire, en charge de la cité des quartiers.
Enchanté. Inspecteur Gérard, asseyez-vous, monsieur Mosco.
Mosco.
La mairie est inquiète.
Elle attend des actions immédiates et musclées. Ah oui, lesquelles ? Vous
savez, j'ai pas d'illusion.
Entre les pitbulls et les dealers... Attendez, mais ils ne sont pas tous
comme ça, vous le savez très bien.
Vous parlez de deux petits groupes isolés, une vingtaine de personnes, pas
plus. Alors eux, oui, ils créent l'insécurité et en plus, ils donnent une
mauvaise image de la cité.
Oui, c'est vrai. D'habitude, c'est un quartier calme.
Mais dans ces immeubles, un quart de la population est au chômage. Le service
social est débordé et ne peut rien pour eux. Et les habitants de la cité n'en
peuvent plus de leurs jeunes.
On peut déjà les écouter.
Moi, je propose une rencontre entre les jeunes et la police, parfaitement.
En présence de la presse et de la télévision. Tout le monde pourra
débattre, parler des drames et de ces causes.
Tout à fait, c'est une bonne idée. Je mets une salle de la mairie à votre
disposition pour la réunion.
La mairie, ce n'est pas une bonne idée.
Moi, je propose quelque chose de neutre. Une salle des fêtes, une boîte de nuit.
Une boîte de nuit ? Une boîte de nuit, un terrain de sport, n'importe quoi,
pour qu'ils sentent qu'on se mette à leur portée. Mais la mairie, non.
Pourquoi ? Pourquoi ? Parce qu'ils se sentiront pris dans un piège.
Ah, pardon, excusez-moi.
Navarro, je viens de recevoir un appel m'avertissant de la venue de M. Mosco.
Mosco.
Mosco, c'est moi.
Mosco. Mosco.
Enchanté.
Divisionnaire Valls.
Une rencontre est prévue ce soir à la mairie. Le maire a déjà tout organisé.
Oui, je sais, mais je ne suis pas d'accord et je viens de l'expliquer à M.
Mosco.
Enfin, Navarro, pas question de revenir en arrière. Le maire a posé des
affichettes. Il y a une camionnette avec un haut-parleur qui annonce partout l
'heure et le lieu du rendez-vous. Oui.
Et qui va parler au nom de la police ? Et vous ? Eh bien, non. Non.
Je veux bien les tenir au courant du déroulement de l'enquête. Je veux bien
leur donner des nouvelles du blessé, mais pour le reste, croyez-moi, vous
êtes tout indiqué pour leur parler.
Bon, d'accord, je dirais un mot.
Mais pour le débat, je préfère que ce soit vous.
Écoutez, pour leur parler de l'enquête, d'accord, mais pour le reste, comptez
pas sur moi.
Monsieur le divisionnaire, si je peux me permettre, le commissaire Navarro a
entièrement raison. Ils n'iront pas à la mairie. Alors s'ils y vont, ce sera pour
tout casser.
Mademoiselle, je vous en prie.
Non, pas mademoiselle. L'inspecteur Girard est notre spécialiste des cités.
Moi, le seul spécialiste des cités que je connaisse, c'est monsieur Bosco.
Mosco.
Je vous remercie.
Monsieur, dans votre intervention, ne parlez pas seulement de nos hommes.
Parlez des victimes.
Pierrico sont morts.
Juste à face, Sarah qui est blessée.
Croyez-moi.
La prochaine fois, c'est sans moi.
Tout seul, ça.
Alors ? Tiens.
Tout ce qu'on a récupéré. Il y a saoulé, choucroute, couche-culotte, visage.
Vous revenez de là-bas ? Oui, mais il ne reste plus aucun indice. Le scooter
volé, une fois encore.
C'est une espèce de horde qui a déferlé après l'incident. Il n'y a plus de
cabine, patron.
Les bancs sont décédés, les vitrines explosées, les bus n'y vont même plus.
Et ça risque d'enquérir après la réunion de la mairie.
Je vais avoir besoin de vous tous.
Moi, je ne peux pas. J'ai un rendez-vous pour les poumons, un scanner des sinus,
ça fait deux mois. Moi non plus, patron, je ne peux pas, j'ai un problème avec ma
mère. Le blâmer ! Non, mais patron, attendez, ça fait des mois que son
ascenseur est en panne et puis Saucisson, il ne peut même plus monter l
'escalier. Saucisson, c'est son chien, il a 15 ans. Oui, le chien de maman.
Je ne peux pas lui faire ça.
Il s'agit d'une émeute, Blomé.
Pas d'une meute. Oui, mais enfin... Je peux l'appeler ?
Oui.
Non, maman, non, non.
Non, je te le dis définitivement, je ne pourrai pas monter le chien.
Elle trouve quelqu'un d'autre.
Je t'embrasse.
La violence recouvre une diversité de comportements ou d'actes.
Elle est individuelle ou elle est collective.
C'est cette dernière qui nous réunit ici.
La violence urbaine.
On pourrait la définir par le déchaînement, la fureur, la
destruction, le désordre.
Le chaos.
Vous en connaissez quelques-uns ici ? Presque tous, oui.
Après, un par un, ils sont cools.
En bande, c'est autre chose.
Il nous faudra chercher ensemble une définition objective qui donne la
priorité aux faits et nous permette d'identifier toutes les
différentes formes de violences urbaines.
Attendez, attendez, attendez.
Vous parlez quelle langue ? Vous connaissez quelque chose, vous ? Vous
vous tournez le cerveau, là ?
Mais puisque vous avez pris la parole si cavalièrement à M.
Bosco, Mosco, gardez-la ! Ouais, voilà, il faut que la police, les chefs, ils
arrêtent de nous contrôler tout le temps comme ça, quoi.
C'est vrai, ça veut dire quoi, ça a tes papiers, tes papiers ? Je sais pas, on
va pas prendre nos papiers pour aller jouer au foot en bas de chez nous ! Non,
c'est vrai ou quoi ? Ils nous connaissent en plus, maintenant ! C'est
de la provocation, ça, bordel ! C'est mon frère.
Il se fait appeler Clovis Amenophis II. En fait, il s'appelle Claude Girard,
comme moi.
Vous saviez qu'il était là ? Je le craignais, oui.
Y'en a marre du délit de sale gueule ! C'est vrai, putain, on est toujours
soupçonnés, oh ! On n'est pas des dealers, d'accord ? Ils nous demandent
nos papiers devant les meufs et les parents.
C'est pas respect, ça ! Nasser.
Prétend qu'il n'est pas dealer, mais à l'époque, il l'était. Alors, pourquoi il
ne le serait plus maintenant ?
Et les keufs, ils ne font que de nous provoquer. Ils ont déjà tué Thierry
Cosson, c'est à qui le tour maintenant ? Je vous ai déjà dit qu'une enquête est
en cours.
Je vous promets que toute la vérité sera faite sur cet accident.
Les situations de violence...
montre qu'elle peut être différente en fonction de résultantes de paramètres
variés.
Tu te crois où, là, aux élections ? On vote pas, nous, d'accord ? Alors tu
gardes tes discours, OK ? Écoutez, je vous en prie, soyez raisonnables.
Cette réunion prouve bien que nous voulons trouver une solution.
Tous, silence ! Silence ! On se croirait, je sais pas, moi,
on se croirait dans le Bronx.
Elle a mal au cerveau, Lulu. Le Bronx, tu connais le Bronx, toi ? Écarlier, c
'est pas le Bronx. T'en as marre de te comparer avec New York ? Ouais, c'est
vrai, ça. Tu sais même pas où c'est ? Bon, écoutez, calmez-vous, maintenant !
Nous, l'agence d'information et de presse.
Monsieur le commissaire Navarro, vous n'êtes pas intervenu. Que pensez-vous de
tout ça ? En cours d'occasion de perdu.
Vous voulez dire que l'adjoint en mer s'est mal pris ? Je n'ai pas dit ça.
Claude ! Arrête ! Qu'est-ce que tu fais ? Tu vas où, là ? Calme-toi ! Arrête-toi
! Je ne risque rien. Je suis inspecteur et si tout va bien, je suis commissaire
dans 10 ans.
Il manquait plus que ça pour que vous l'auriez fait la famille, quoi. Super.
Ça va, t'es pas fière de moi ? Dis-moi, qu'est-ce que t'as foutu, là ? Je t'ai
laissé des messages, tu m'as jamais répondu. Ne t'inquiète pas, je vous
dirai. Mais attends, tu vas où, là ? Allô ? Ouais.
T'es fou, ça part au colis grave. Ramène ta gueule, je te dis, tout le monde.
Je vais venir de ma vie, là. Il y a des coffres partout.
Tout de suite.
Oh, mais ça va, ne me regarde pas comme ça. Enfin, putain, merde, arrête,
Claude, je ne vais pas te coffrer, je suis ta soeur, arrête.
Claude vise déjà.
Ah ouais ? C'est un truc, je t'expliquerai, c'est un truc de scène.
Putain, mais t'as pas changé. Toi, t'es toujours ce galérien. Mais qu'est-ce que
tu vas te grandir dans ta tête, hein ? Tu m'expliques ? Oh, qu'est-ce que vous
foutez, là ? Ça barre devant l'introgris, hein ? Je sais que madame
est rentrée dans la police, Nasser.
Déconne pas.
Arrête, j'ai peur.
Arrête, quoi. Qu'est-ce qu'il y a ? Il y a un problème ? Tu me cherches ? Je
blaguais.
Je n'en ai rien à foutre que tu sois flic du moment que tu reviens.
Je t'ai dingue de toi. Attends tes mains, Nasser, putain.
Oh, du calme, OK ? Reste tranquille, hein. On est tous brothers, OK ? Je suis
puissant de love, moi. C'est ça, oui. Puissant de love, monsieur.
Ah, là ton boss.
Je me casse.
Il te demande quoi dans le travail ? De l'affection ? Tiens, mais tu vas la
boucler, connard ! Oh, tu veux me boucler ? Pour mettre les faux quartiers
? Je ne serai pas professionnel, Clarisse.
On s'embrasse ? Vas-y, dégage.
Comme tu veux.
Mais qu'est-ce qui vous est arrivé là, tous les deux, depuis que je suis partie
? Vous avez changé, c'est grave.
Je n'ai pas changé, moi, je n'ai rien fait.
Je bosse la musique comme un trimard.
Je m'investis à fond, ça ne rapporte que dalle.
Je bricole, quoi.
Ça n'a rien à voir avec Nasser, je te dis franchement.
Mais grave, il est parti en sucette, Nasser.
Fais gaffe quand même aussi, toi aussi.
Non, non, je ne rigole pas.
Mec, là, ils vous cherchent.
Ça barre du côté de la droguerie.
Je sais, je suis au courant, on en a parlé.
Patron, je vous présente mon frère.
Chantez.
Bon, je me casse. Je répète un truc à Marseille.
Ça veut dire quoi, Cartier ? Il y avait une usine de bobinage électrique ici
avant. Et puis, il y a quelques années, elle a été délocalisée dans le sud-est
asiatique. Alors le chômage, elle a un petit peu grimpé.
Quand je suis partie il y a quelques années, il n'y avait pas trop de
racailles. C'était pauvre, mais sympa.
Oh, il y a des espaces verts.
Sans cette poignée d'irresponsables, j'irais bien maman s'installer ici avec
Saucisson.
Euh, Saucisson, c'est son chien, patron.
La bagarre est terminée, commissaire. Mais ça peut reprendre à tout moment.
Eh bien, évitez les provocations. C'est difficile.
Je tiens mes hommes, mais c'est difficile.
Je sais.
Les journalistes sont revenus ? Oui, une agence de presse, je vous dirai.
On peut vous prendre en photo, commissaire ? Sûrement pas, j'ai grossi.
Alors, Clarisse, t'es devenue flic, maintenant ? Mais depuis quand ? Qu'est
-ce qu'il y a, Momo ? Tu veux que je te branche, peut-être ? Et c'est bien payé
? Ouais, ça gagne beaucoup.
Mais tu m'étonnes, c'est des fortiches.
Ils revendent le shit qu'ils nous piquent.
T'as qu'à pas en avoir, on t'en piquera pas, hein.
Ça, ça s'appelle du racket, ça.
Ça s'appelle une injure, ça.
L'appartement des croissants, c'est où ? Y a quelqu'un qui va me le dire, là ? C
'est où, l'appartement des croissants ? Premier étage.
Merci pour le renseignement.
Clarisse. Clarisse.
Je sais, c'est difficile.
Je reviens de la mort que j'ai été reconnaître mon fils.
Quand est-ce que vous me le rendez ? Nous sommes ici pour essayer de
comprendre ce qui s'est passé.
Ce qui s'est passé ? La mort, monsieur.
C'est ça qui est passé.
La mort.
Ce n'est pas la mort, maman.
La mort, elle pouvait attendre.
C'est qu'elle traînait tout le temps dans la rue. Il était où il ne fallait
pas, avec les gens qu'il ne fallait pas.
Bien sûr.
Vous avez dit avec les gens qu'il fallait pas. C'est qui, ça ? Je sais
pas. Moi, j'ai pas d'histoire avec la racaille.
Parce que vous, vous vous êtes là avec les CRS et tout.
Et demain, et après-demain, et quand vous serez partis, vous voulez que ma
mère, là, elle me reconnaîtra à la morgue ? Arrête, Alban, je t'en prie.
Vous devez nous dire ce que vous savez. On peut pas travailler autrement.
Dis-leur, Alban.
Mais on veut pas que la risque...
Thierry faisait des courses pour
ton frère.
C'est la vérité, Clarisse.
Pour Claude ? Claude ! Mais ça, c'était quand il était propre.
Aujourd'hui, c'est Clovis. C'est pour ça qu'il avait le scooter ! Parce qu'il
possède pour ton frère ! Excusez-moi.
Vous saviez que votre frère trafiquait ? Non, c'est pas possible.
Il y a longtemps que vous avez rompu vos liens avec votre famille ? Il y a quatre
ans, nos parents sont morts dans un accident de voiture.
On s'est retrouvés tout seuls, tous les deux, et on a commencé à moins voir.
Lui, il pensait qu'au rap, à ses potes, il n'en avait rien à foutre de moi, et
moi, je voulais bétonner mes études. Alors, je suis partie chez mes cousins.
Voilà. Et en quatre ans, Claude est devenu Clovis à mon office.
Et si les gamins faisaient des livraisons pour votre frère sur un
scooter ? Comment, non ? Grande gueule, oui, mais dealer, non.
Où c'est là ?
Couchez. Excusez-moi.
Hé ! Oh, je te parle. Tes chiens, là.
On leur met une muselière.
Oh, la meuf. Tu veux lui mettre, toi, la muselière ? La meuf.
Vas-y, essaie.
Bolide, papier.
On n'a pas de papier. On vit ici, nous. Ah ouais ? Oui.
Oh, c'est bon. Tu me saoules avec tes questions.
C'est toi qui as vu tes tirées ? Hé, c'est elle qui a vu tes tirées.
Hé,
oh ! Mais vous en avez pas marre de vos conneries, là ? On est en France. Vous
croyez quoi ? Vous comptez dans un film américain, c'est ça ?
Voilà monsieur, vous lisez et vous signez.
Ça suffit pour l'assurance ? Oui, c'est tout ce qu'elle demande.
Oui.
Moi, c'est la deuxième vitrine qu'on me casse depuis que je suis au quartier. Il
y a toujours un petit commerce.
Tout ça parce qu'il n'y a pas de commissariat là-bas.
On ne peut pas dire que les policiers nous gênent.
Écoutez, monsieur, quand on est là, on nous insulte. Quand on n'est pas là, on
se plaint. Il faudrait savoir.
Mais quand vous venez, c'est pour mettre des PV.
Ce n'est pas ça qu'on vous demande.
On vous demande de mettre de l'ordre.
Vous avez des enfants, monsieur ? Oui, d'office. Ils vivent avec vous ? Bien
sûr. Vous leur parlez de civisme, vous leur parlez de la loi.
Oh, ça va.
J'ai pas de leçons à recevoir. Mes gosses, je les élève comme je peux.
Et si vous croyez que j'ai le temps ? La vie d'un commerçant, c'est autre chose
que la vie d'un fonctionnaire.
On nous a parlé de gamins qui fabriquaient des cocktails Molotov.
Qui leur a appris ? Qui les en empêche ? Qui les punit ? Pas vous.
Alors, monsieur, faites d'abord le ménage chez vous.
Ça nous évitera de venir émettre de l'ordre.
Au revoir, monsieur.
Comment ça va ? Très très comme d'hab. Comme d'hab. Bonne journée.
Merci, toi aussi.
Regarde, déjà.
Déjà.
Tu veux voir ? Attends, attends, attends.
Regarde. Oh là là ! Ça a chauffé là-bas.
Tu as vu ça ?
Vous avez vu des voitures brûlées ? Non, ils ont escapé la lampe, mais pas que je
sache.
Des voitures brûlées ? Où est-ce qu'ils ont piqué ces photos ? Clovis a mis l
'office de jeune rappeur très respecté dans la cité, engage les jeunes à garder
leur calme.
Jusque-là, c'est bon, c'est vrai.
T'as vu son arme, lui ? Mossberg à canoncier.
Il n'y avait pas d'arme à feu dans la cité. Des matraques, oui, mais pas d
'arme à feu. Ce reportage bidon, ça, vous le voyez bien.
Il va le faire croire que la guérillette au portail des villes.
Ils ont cassé quoi ? L'immobilier urbain, c'est tout.
S'il y a une guerre, c'est une guerre des images, oui.
Morelli, qu'est-ce qui a signé ce reportage-là ? Barbara Springler.
Je te la convoque.
Le commissaire Navarro m'a fait appeler.
Oui ? Alors c'est le bureau du milieu, là-bas, en face de vous. Merci.
On s'est déjà rencontrés, nous.
Commissaire Navarro, bien sûr.
C'est ça, oui.
Alors, vous vous êtes décidés pour votre photo ? Je ne vous ai pas fait venir
pour ma photo.
Mais pour votre reportage.
Ah oui, beau sujet d'actualité.
Mais quel rapport avec la police ? Quel rapport avec la police ? Nous, nous
sommes sur le terrain.
Et nous avons besoin d'interlocuteurs qui fassent pression sur les mots. Mais
vous, vous en faites des stars qui posent devant des voitures qui flambent.
C'est le rôle de la presse.
Écoutez, j'ai une collaboratrice qui vient d'Ecardie. Elle me dit que ses
photos n'ont pas été prises là-bas. Et je ne sais pas où.
Toutes les cités se ressemblent, ce qui est valable pour l'une et valable pour
toutes. Ça, c'est votre jugement.
Mais je ne le lis pas dans l'article. Je ne le vois pas dans les légendes des
photos. Et quelqu'un comme moi qui ne le sait pas, il croit que ça s'est passé au
carnet. Je vous dis que toutes les cités se valent.
Pourquoi y avoir été ? Pourquoi avoir des photos ? Pourquoi ne pas avoir
puiser dans votre stock ? Pourquoi pas aussi avoir pris des photos de ghettos
américains pendant Bouziète ? Vous êtes mal placé pour me faire un procès.
Quand j'arrête un faussaire, je l'arrête pour faux et usage de faux.
Vous êtes un faussaire, madame.
Vous risquez la guerre d'abus.
Vous êtes insensé, on ne s'attaque pas à la presse.
On ne s'attaque pas à la presse ? Et pourquoi on ne s'attaquerait pas à la
presse ? Moi, je ne m'attaque plus à la presse, et puis que Zola s'en est servi
pour sauver un innocent.
Je la respecte, même quand elle se trompe de bonne foi.
Mais je l'attaque, oui, je l'attaque, quand elle affiche son cynisme, comme
vous le faites en nous prenant pour des cons.
Vous ne manquez pas de culot, hein ? Une voiture de flic renverse un scooter, tue
un jeune, et vous me faites la morale ? Attention, commissaire, si vous vous
risquez sur ce terrain, Vous allez être surpris en lisant la presse demain.
Vous me menacez, là ? Et vous ? Vous voulez me museler ? M'interdire ? M
'enfermer, peut-être ? Vous déshonorez votre profession.
Voilà. Merci.
C'est fini ? Un petit dessert ? Terminé, merci.
Monsieur le divisionnaire, une petite prune du Périgord, comme d'habitude.
Ça ne serait pas raisonnable, Madame Ginoux.
Vous me tentez.
Allons, allons.
On ne sait rien refuser au Périgord, Monsieur Valls.
C'est bien ce fromage, Ginoux, s'il te plaît. Tu veux qu'il vienne tout seul ?
Il ne va peut-être pas venir du tout si tu continues.
Ecoutez-moi, la journaliste cherche tellement le sensationnel que les gamins
le sentent.
Ils doivent la manipuler. Je suis sûr que quelqu'un se sert d'elle pour faire
monter la pression, sûr.
Vous pensez à quoi, Navarro ? Je ne sais pas. Un groupement extrémiste, un parti
politique ? Je ne sais pas. En tout cas, chaque fois que je cherche à avancer, on
me fout dans les pattes de cette soi-disant bavure.
Il faut qu'on trouve le moyen de nous disculper, une fois pour toutes.
Si seulement on avait un témoin de l'accident, ça nous arrangerait bien,
ça. Ah oui, mais si c'était de notre faute ? Si la patrouille était
réellement en cause ? C'est possible.
À ce moment-là, si c'était ça, elle serait en taule.
Ce serait plus clair. On ne pourrait pas dire qu'on se fout de la justice.
Allez, écoutez-moi ça. C'est du velours.
Toujours pas ? Non, non, non.
Je suis au régime.
Je suis au régime, j'ai pris un kilo, je sais pas comment.
T'es en mangeant, gros malin.
T'as pris deux ricots de mouton ? C'est exprès, je fais un régime dissocié,
dissocié. Un jour, je mange des ricots de mouton et je bois pas.
Un autre jour... Je ne montre pas de récours de mouton et je bois.
Et puis, je vais te dire la vérité, tu m'énerves et donne-moi de la prise.
Je sais bien que tu ne sais pas résister aux bonnes choses.
Eh, Gino, change pas de main.
Bonjour, monsieur.
On arrive des quartiers.
Alors ? Ça n'a pas été facile.
C'est normal.
Dites-moi ce qui s'est passé sans faire de commentaires.
On a un témoin de l'accident, patron.
Ah bah vous l'avez votre témoin, bravo Blomé ! Merci mon petit Blomé.
Non, non, non, dépêche-toi parce qu'on travaille.
Pas du non, mais tu serais, il n'y en a qu'une qui travaille ici, c'est moi.
Blomé ? Allez-y, c'est moi qui invite, pour fêter ça.
Ah ? Bah non, mais juste un doigt alors.
Non mais, oh là, arrête, tu vas le tuer là ! Mais, tu pourrais au moins me dire
qu'elle est bonne au lieu de râler.
Elle est très bonne.
Patro, je reviens à mon témoin.
C'est un type de la cité, un poivreau. Il affirme que la voiture de patrouille
est arrivée dans la minute et qu'elle a rien à voir avec l'accident.
Un poivreau, c'est tout ce que t'as trouvé, toi ? Ah ben, je veux dire, un
poivreau, c'est peut-être pas un poivreau. Il avait une tronche de
poivreau, c'est tout.
Alors où il est ? Où on peut le trouver ? Ah ben, il est à l'abri, dans les sous
-salles de la cité.
Oui, il nous a demandé d'être discret.
Pour qu'on sache, quoi.
Alors, téléphone à Clarisse.
Clarisse Gérard.
Alors, Clarisse, vous avez eu le temps de prendre contact avec votre frère ?
Oui, je l'ai eu, il est au quartier.
Il est OK pour vous rencontrer.
Vous voulez que j'aille le chercher ? Non, ça lui ferait perdre son autorité
sur les jeunes.
C'est à nous de nous déplacer.
Je viens vous prendre.
OK.
Vous n'y pensez pas, Navarro.
Vous allez vous périciper.
On a failli se faire tuer, nous. C'est votre travail.
Vous y allez.
Gino, vous pouvez me donner la note, s'il vous plaît.
Elle est là.
Merci.
Ah non.
Ah, c'est bête.
Oh, merde.
Vous pouvez me la marquer.
Vous marquez 5 repas. Je mettrai le nom du prépa.
Trop gentil, monsieur.
Merci.
Qui c'est, lui ? C'est un big cuff.
Il est venu voir votre chef, Clovis.
Ah ouais ? Et vous lui voulez quoi, Clovis ? Non mais je crois pas que ça te
concerne, toi. C'est une histoire entre chefs.
Et depuis quand il est chef, Clovis ? Chef mes couilles, ouais.
Ben, c'est à vous de décider quel chef ou pas.
Mais je suppose qu'il ne voulait pas d'un chef qui se prenne pour un aboléon.
Ouais.
Il répète en bas, dirigez-vous au son.
Mais videz-nous, ce sera plus pratique.
Ça t'emmerde pas qu'on nous voit ensemble ? Bien sûr que si, mais je
crois que j'ai pas le choix.
Tu disais pas ça avant ? Ouais, mais avant t'étais moins con.
Mieux con que flic.
Et puis je vais te dire, ton frère il est pas mauvais pour la musique, tu
vois, mais c'est pas le chef ici.
Ah ouais ? Ouais, et le chef c'est ton ami d'enfance, Nasser.
Alors pourquoi se bagarrer, hein ? On passe un beau moment ensemble et on s
'arrange, tu vois ce que je veux dire ? Désolée, je vois pas ce que tu veux
dire. Tiens, prends cette clé.
Si tu vois des crétins qui veulent casser une voiture de flic, tu la
prends, tu fais un tour et tu reviens avec, en bon état.
... ... ... ...
...
Excuse-moi, on va la refaire, vous m'attendez ? Bon, j'ai décidé de me
déplacer avec le vice parce qu'il me semble qu'on doit parler.
Vite.
Oui, je veux bien, mais pour parler de quoi ? C'est ça le problème.
Bon, à tout de suite.
On est là-bas, il y a un mal de bruit.
Je vous écoute.
On va parler de l'accident.
Attendez, Jean, on va pas trop t'entendre. Si vous appelez ça un
accident, nous on appelle ça un meurtre. Un meurtre ou un accident, c'est ni toi
ni moi qui pouvons le dire.
On sait pas. Tout ce qu'on sait, c'est que la mort de Thierry, ça arrange
beaucoup de gens ici.
C'est pas vrai, ça arrange personne ici.
Parlez, toi ! Quoi ? Bon, il faut que je sache si c'est un meurtre ou un
accident. J'ai besoin d'enquêter. Pour enquêter, j'ai besoin de la paix. J'ai
besoin d'un break entre nous, d'une trêve.
Attendez, une trêve entre vous et nous ? Oui.
Faut que je puisse enquêter sans foutre le feu partout. Mais attendez, on y
gagne quoi, nous, à vous avoir toute la journée à fouiner dans cette cité ? La
vérité. La vérité sur la mort de Thierry.
Et si c'est des flics qui sont responsables, croyez-moi, ils seront
jugés et punis. Moi, tu parles, c'est du bidon, ça. Mais dis-toi.
Quoi ? T'as vu le reportage dans le magazine ? C'est toutes les lignes, c
'est des conneries, ça ! C'est pas des favelas, chez nous ! Bien sûr, d'accord,
mais tant qu'on sort à part la vérité, la presse va continuer à faire du
sensationnel, et ça va se retourner contre vous, c'est stupide ! Attendez,
vous croyez que je vais dire aux mecs de la cité, hé les gars, on fait une trêve
! Et les gars, ils vont faire une trêve. Ils connaissent même pas le mot,
sérieux. Mais je sais pas, moi, demande-leur d'arrêter leur connerie.
Ils comprennent ça, non ? Bon, écoute, Claude.
Les petits t'écoutent et les grands te respectent. Alors tu peux nous aider à
faire régner le calme pendant qu'on fait notre boulot. Tu peux faire ça, non ?
Oui, mais attendez, c'est pas évident aussi ce que vous me demandez. Il y a
des CRS de partout dans la cité qui filent les voitures, tout ça.
Faites gaffe quand même, parce que ça va chauffer dans leur tête.
Justement, il y en a beaucoup qui aimeraient que ça pète.
Beaucoup.
Mais on veut pas ça.
On veut faire baisser la pression. Et pour ça, il faut savoir la vérité. Et qu
'elle soit acceptée par tous, par vous, par nous.
Ah ouais ? La vérité ? Et qui c'est qui va me la garantir, moi, la vérité ? Moi,
je te la garantis, la vérité. Non, toi, la vérité, c'est ton cul. Pas encore
comme ça ! C'est quoi ce délire, maintenant ? On va directement à l
'émeute, là.
Et une émeute, c'est comme un cyclone.
On sait d'où ça part, on sait pas quand ça s'arrête. Ni combien de morts ça va
faire.
C'est ça que tu veux ?
Je veux bien, mais ça dure combien de temps, la trêve ? On va faire le plus
vite possible.
Et s'il y a un truc qui va pas, on s'appelle.
D'accord.
Merci.
Commissaire.
Dites-moi, Clarisse, c'est un bon flic ? Elle fait de son mieux, elle est comme
moi. Elle est comme nous tous.
Je veux dire, il y a quand même des mauvais et des bons, comme partout.
Elle fait partie des bons.
Parce qu'elle a la vocation.
Elle ne fait pas ça pour du pognon.
Elle a la foi.
La foi, c'est bon pour les curés, pas pour les flics.
Tenez, personne n'y a touché.
Merci, cher chef.
Au revoir, Claude. Au revoir.
Ciao, on t'appelle.
Qu'est-ce que tu fais, Mounir ? T'es con ou quoi ? Arrête ! Hé, Clovis, qui suis
-je à peine ? Bouge, toi.
Pourquoi tu te prends, là ? Et toi, pourquoi tu te prends ? Moi, je ne m
'écrase pas devant les flics, OK ? Oui, parce que ta soeur est partie avec eux.
Mais tu ne m'écrases pas parce que tu n'en as rien à foutre ? Tu vas foutre le
feu, c'est ça ? On n'a plus de rien.
Allez, bouge.
Hé, Nasser, t'en veux à qui, là ? T'en veux au cœur ou t'en veux à ma soeur ?
Ta gueule ! Rien n'a plus que de ta soeur, OK ? T'en as rien à foutre parce
que t'es yégris, c'est ça ? Mais ouais, bien sûr.
Oui, il y a un truc de La Fontaine qui dit ça. Ouais, ouais, le renard et les
raisins. Le renard, il ne peut pas attraper les raisins parce qu'ils sont
trop hauts, alors lui, il dit qu'ils sont trop verts. Un peu comme toi, là,
monsieur La Fontaine.
Mais c'est ta soeur qui va être verte.
Pauvre con.
Merci, Clarisse.
Ça vous impressionne, hein ? Ah non, pas trop, non. C'est simplement parce que je
viens de recevoir le fichier. Il n'y a rien sur que lui, ça mène au fils de...
Par contre, Gérard, c'est un peu plus chargé.
C'est pas un gros client, mais... Il a pris deux mois ferme, parce qu'on l'a
retrouvé avec une barre de hache... Enfin, il le dilait, quoi.
Sinon, après, des bagarres, des bêtises.
On a affaire à un ange.
Clarisse, elle ne sait rien.
C'est un petit qu'on lui dit.
Monsieur le dévisionnaire s'est inquiété de savoir si vous étiez là. Il
souhaiterait vous voir.
Martin, tu parles comme un vieux 78 tours.
C'est très recherché.
Merci, patron.
Ça me fait plaisir.
78 tours, mais rayé, Martin.
Ah ! Navarro.
Décidément, je ne comprends pas cette violence gratuite. Je ne comprends pas
cette agressivité.
On a pourtant tout fait pour se mettre à leur portée, non ? Mais ils s'en foutent
qu'on se mette à leur portée. Ils nous demandent de répondre à leurs
interrogations sur le monde qui les attend.
Oui, j'ai un frère aîné qui élève des moutons en Nouvelle-Zélande.
J'en ai un autre qui est garagiste à Montreuil, qui a eu quelques petits
ennuis dernièrement pour des voitures d'origine douteuse.
Et j'ai une sœur, la plus jeune, qui, elle, peint des foulards sur soi à
Ibiza. Et vous les voyez ? Ma jeune sœur, oui, je passe toutes mes vacances
à Ibiza. Vous connaissez ? Non.
Si vous aimez les plages, les boîtes de nuit, les déguisements... J'aime
beaucoup les plages, moins les boîtes de nuit.
Et pas du tout les déguisements.
Excusez-moi.
Rino 2 à Rino 1, Rino 2 à Rino 1, vous m'entendez ? Rino 2 à Rino 1, Rino 2 à
Rino 1.
Capitaine, un appel du central.
Rino 2 à Rino 1, code URG 3.
Je répète, code URG 3.
A tous les Rino, alerte 3, centre à l'attaqué par mon armée.
Riposte immédiate au niveau 5 ! Allez, en tenue d'intervention ! Cartonnier,
moche et bouclier ! Allez, allez ! Je préviens Navarro.
Et attention, les gars, vous faites un tour dans l'envers ! T'es mort,
Clovis.
J'habite là depuis 12 ans.
Ça me coûte rien comme noyer, et en plus, je suis chauffé.
Attention, vous mettez les pieds.
Ici, et...
Tout communique. Un peu plus loin, on trouve même les caves des autres cités
qui communiquent avec celle-là. C'est un vrai labyrinthe.
Alors là, on va arriver chez moi.
Ça marche, ça suit. On est presque arrivé.
C'est chouette.
Ça, c'est les poubelles à rang.
Il n'y a que ça ici.
Nous sommes chez moi.
Excusez-moi, je n'ai pas fait le ménage.
Je finissais juste ma lessive, j'ai entendu le scooter qui revient à toute
vitesse. Il est à peu près là.
Le môme a perdu le contrôle de l'engin.
Il s'est scratché.
Les flics étaient loin ? Ils étaient encore loin.
Ils tournaient juste le coin, là-bas.
Quand ils ont vu l'accident, ils sont arrivés à toute vitesse.
Ils sont morts, les petits ? Celui qui conduisait, oui.
L'autre, on ne sait pas.
Ils prennent trop de risques, les mômes. Ils ont des jouets qui ne sont pas faits
pour eux.
Des voitures qui conduisent trop vite. Des armes, de la drogue.
Donc, d'après vous, les flics n'ont pas percuté le scooter ? Non, commissaire.
Ça, je le jure. J'ai tout vu.
Et après ?
Après, il y a un paquet de gamins qui sont arrivés et qui se sont jetés sur la
flicoille. Il y avait un manœuvre parmi eux ? Moi, je n'ai pas remarqué.
Vous seriez prêt à faire une déposition là-dessus ? C'est-à-dire que je prends
de gros risques en vivant ici.
Si on me retrouve... Écoutez, vous avez fait preuve de courage en acceptant de
témoigner et de disculper la police.
Vous n'allez pas faire marche arrière maintenant.
J'aime les gens.
J'aime surtout que les gens soient heureux.
Il ne sort jamais rien de bon dans la bagarre.
C'est quoi votre nom ? Je m'appelle Meunier. Je suis français, moi.
Robert Meunier.
Veuillez me suivre, monsieur Meunier.
Bon, ne restons pas là.
Ouvrez-vous, patron, ça chauffe.
Récupérez ma voiture sur le parking et emmenez-la au commissariat.
Moi, je récupère les autres.
Clarisse a voulu aller voir son frère.
Ma mariée est avec elle. Bon, allez, fonce, fonce. Qu'est-ce que vous croyez
que je fais, patron ? Oh, merde ! Tu crois pas que tu devrais porter des
lunettes, toi, non ?
C'est toi qui n'aimes plus les chiens. Et alors, ça te gêne ? T'es flic, t'es
contre nous. Ouais, t'es qu'une vendue, toi. T'es comme ton frangin. Mais toi,
tu vas payer pour cette merde ! Je lâche ça !
J'ai tout dit. J'espère que ça aidera pour la vérité.
En tout cas, bravo pour votre courage, monsieur Meunier.
Vous avez une attitude citoyenne.
Pardon.
Inspecteur Blommage, écoute.
Oui ? Maman ? Maman, c'est toi ?
C'est maman.
Qu'est-ce qui se passe ? Comment ça, il est mort ? Mais il est mort de quoi ?
Enfysème.
Écoute, je viens dès que je peux, d'accord ? À tout à l'heure.
Maman.
Son chien.
Saucisson.
Quinze ans.
Son soeur est tombée en panne.
Les poumons.
Enfin, il avait des gaz. Il souffrait beaucoup.
Des odeurs. Il était un peu en décomposition.
Je sais ce que c'est que les gaz. Moi, ça m'arrive aussi. J'ai forcément l
'aérophagie.
Et moi, j'avais un chat. Il s'appelait Philosophe.
Lui, il est passé sous un camion, alors c'était vite fait.
Un Ford jaune, notre camion.
Moteur en V, une belle bête.
Ceux-ci sont philosophes.
On est bien peu de choses.
Alors, ça a explosé. 14 blessés chez les CRS.
J'espère qu'il y en aura le double chez ces petits connards.
Vous êtes vraiment con.
Vous dites n'importe quoi.
Je crois qu'elle s'en est aperçue.
Bon, il y a des arrestations ? On les attend.
Martin, fais chauffer les cages.
Au clin, saucissons.
Vous êtes Clovis Amenénophis ? Oui, c'est moi.
Suivez-moi.
Vas-y, ma casquette.
Clovis Amenénophis, c'est quoi ? C'est grec ? N'importe quoi.
C'est un nom royal, ça. C'est de la dynastie.
Je suis désolé, je ne regarde pas la télé.
Ah ouais ?
Vous
avez mené en bateau, là ? Non, Clovis.
Moi, je vous ai cru, j'ai fait ce que j'avais à faire.
Je les ai convaincus, moi, les gars de la cité.
Et même si Thierry, il est mort, ils l'ont respecté, votre machin, votre
trêve. C'est vous qui avez déconné.
Oh, écoute, quelqu'un a donné l'ordre qu'il ne fallait pas au mauvais moment.
Ça te va ? Non, vous êtes foutu de notre gueule.
Vous avez fait comme tous les autres keufs.
Arrête, arrête, arrête, Clovis.
Mais c'est vrai, vous avez profité de nous, et puis vous avez foutu la merde
quand vous aviez envie de foutre la merde.
J'écoute.
Patron, monsieur le divisionnaire vient d'arriver.
Je vais m'en occuper moi-même, tu ne bouges pas, toi.
Paterne, tu le surveilles, je reviens.
J
'avais
obtenu une trêve.
J'avais même un témoin qui disculpait la police. Et vous avez tout fait foirer.
Moi ? Enfin Navarro, je vous assure que j'y suis pour rien. Qui a lâché les CRS
? Mais pas le préfet, ni moi.
C'est pas moi non plus, alors qui ? Écoutez Navarro, tout a été enregistré.
Les premiers recoupements prouvent que l'ordre d'attaquer n'émanait pas d'un
scanner appartenant à la police.
C'est la préfecture qui a pris le relais, croyant bien faire. Croyant bien
faire, non mais Horat, c'est pas possible, croyant bien faire. Mais les
hommes en ont marre d'être injurés, ils en ont marre de prendre des pavés sur la
tronche. Ils n'attendaient qu'un ordre, même pas un ordre, un signe.
Le prochain qui bouge, c'est moi qui le soigne.
Oui.
Oui.
C'est pour vous. Le labo de la police scientifique de lieu.
Ça va, Roger Coote.
Écoute, merci de m'avoir appelé.
Mais vous me faxez vos conclusions par écrit, c'est pour mon dossier.
Merci.
Aucune trace de pare-choquage sur la voiture de patrouille.
Ce qui prouve que notre témoin a dit la vérité. Tu veux pas me donner le nom de
tes potes ? Tu parles comme ma mère, moi, pour si quelqu'un arrive.
Tout le monde claquère la porte.
Tu vas me donner le nom de tes petits potes.
Les sales petits cons qui se prennent pour des tudeurs de flics.
Je te préviens, ça va aller mal.
Sur ta sale petite gueule ! Je le connais pas. Tu les connais pas ? Je les
connais pas.
Et ça ? Ça, tu connais ça ? Ah ouais, ça.
Alors maintenant, tu parles ou je t'éclate la tronche ! Et je te préviens,
je plaisante pas ! Fais gaffe, materne ! Ta gueule ! Vas-y, tire ! De toute
façon, tu risques rien ! Tire, je t'emmerde ! Tu vois, ça, c'était un
avertissement, ça.
Mais maintenant, j'ai un petit cadeau pour toi.
Regarde ça.
Tu vois, regarde.
Ça c'est un petit cadeau pour toi, et t'as une chance sur six de le gagner.
Alors tu vas me dire bien gentiment pourquoi on a été agressé alors qu'on
venait porter secours et constater un accident.
Qu'est-ce qu'il y avait dans les sacoches ? Il y avait de la cam ? Il y
avait de la cam dans les sacoches ? C'est con parce que, regarde, le coup va
partir, ça va t'emporter la tête et moi je dirais que c'était un accident.
Pas vrai que c'est un accident ? Accident, arrête, arrête.
Alors ?
Raconte. Joue pas les héros.
Raconte ! Raconte quoi ? Raconte ! T'as rien à dire ?
Moi, j'ai quelque chose à dire.
Que Maxima aussi s'y crève.
Une médaille à titre posthume.
Et lui, il rentre chez lui.
Détachez-le.
Je te l'avais confié, mais pas pour ça.
Alors désarmez-le.
Et emmenez-le au trou.
Je l'ai pas dit en cas, j'ai dit au trou.
Ensuite, tu regrèves et tu remets ton uniforme.
Vous avez commis la première défaut de preuve.
Vous avez perdu votre sang-froid.
Clarisse, appelez une ambulance et transférez-le à l'hôpital.
On va le libérer avant qu'il porte plainte ? On le libérera, mais pour d
'autres raisons.
En attendant, tu vas à l'hosto et tu prends sa déposition.
On le libère avant qu'il porte plainte, avec tout le bousin qui est dans la
cité. Non mais t'es de quel côté maintenant ? Mais Boréli, tu perds la
tête ou quoi ? Je suis du côté de la police, toujours.
Mais en ce moment la police c'est Clarisse, c'est pas Materne.
Materne c'est une conception de la police que je n'apprécie pas.
Une conception de la police qui veut s'approprier la loi.
Et non, elle te tourne la tête Clarisse, on dirait. En tout cas c'est pas toi qui
me la tourne.
Patron, le passager du scooter, Moustapha Saraki.
Il est mort ? Non, il est sorti du coma, il y a une heure. On peut l'interroger ?
Il prétend que c'est la voiture qui l'a envoyé dans le décor.
Il ment !
Non seulement on a un témoin, mais on a aussi le rapport du labo.
J'ai une sale gueule, mais c'est pas grave, tu sais.
Le docteur, il a dit qu'il me donnait un coupon pour sortir.
En tout cas, méfie-toi, parce que le mec qui a lancé les CRS contre toi, il s'est
fait passer pour un keuf.
Et à mon avis, celui-là, il doit pas te porter dans son cœur.
Ah, mais je crois savoir qui c'est.
Nasser ? T'as eu tort de continuer à le fréquenter, ce type, il a vraiment mal
tourné.
Je comprends pas, qu'est-ce qu'il veut ? Prendre le pouvoir dans la cité, c'est
ça ? Plus que ça, tu sais, il m'en veut, il en veut la terre entière à cause de
toi.
Tu sais très bien qu'il s'est toujours tordu la gueule pour toi, le Nasser.
Non ? Mais non, il a envie de se taper une femme flic, ça le fait fantasmer, c
'est tout.
Rien à voir, c'est une question de fierté.
Nasser, il s'est tapé toutes les meufs de la cité, toi, tu viens toujours
résister. Il est vénère, c'est normal.
Tu sais, tu serais moins cheval sur les principes, tu te le serais tapé, Nasser.
Il se serait calmé direct.
Mais attends, mais c'est pas vrai. Vous êtes tous pareils, hein, flics, truands,
tous des petits machos.
Quoique, franchement, je me demande s'il y en a pas moins chez les flics.
Attends, tu vas me faire la leçon à moi, à mon âge ?
Tu devrais te barrer quelque temps de la cité, Claude.
Clovis ! Clovis ! Pourquoi pas Claude François aussi, non ? C'est pas vrai,
macho, réactionnaire, forcément con.
Je crois que j'ai bien fait de me barrer, moi.
Moi, je vais rester, Clarisse, je te promis.
Faut que je calme le jeu à la cité, là.
Mais tu l'as promis à qui ? À un keuf.
À ton patron, en plus.
Tu peux pas me le reprocher, quoi.
Tu peux me le reprocher, moi ?
J'ai jamais aimé l'hôpital.
Les hôpitaux, c'est pas fait pour être aimé.
C'est bien fait pour être quitté.
J'ai cette odeur, moi.
La chaîne de Mustafa Seraki.
1013, c'est tout seul, monsieur.
Mustafa Seraki, commissaire Navarro, inspecteur Mamari.
C'est vrai que Thierry est mort ? Sur le coup, il a pas souffert.
Putain, c'est vous autres, ça, hein ? C'est à cause de vous autres, s'il est
mort. Bon, t'arrêtes tes conneries un peu.
Non, Marie, on a un témoin de l'accident.
Lui, il affirme que la voiture de police est arrivée après l'accident.
Tu m'entends ? Après l'accident.
Non, elle nous est rentrée dedans.
Pense à une chose, Mustafa. Quand tu vas sortir de l'hôpital, tu vas te trouver
devant la justice. Elle, elle va t'interroger beaucoup plus longuement
que nous à cause de ce témoignage contradictoire.
Elle voudra savoir qui lui ment.
Toi ou l'autre. Parce que si c'est toi, ton cas s'aggrave.
Tu seras accusé de complicité de vol, de détention de drogue et de faux
témoignages. Alors réfléchis un peu.
D'accord, d'accord.
La voiture ne nous a pas touchés. Mais putain, nous poursuivez.
C'est pour ça que tu y allais trop vite.
C'est pour ça qu'on s'est plantés.
C'est à cause de vous.
T'arrêtes ton délire un peu, oui.
Le scooter était volé. Tu avais de la drogue sur toi.
Hein ? Et t'as pas répondu aux sommations.
Et on n'aurait pas le droit de vous poursuivre ? Où on est, là ? Oui,
mais... Mais quoi ?
Thierry est mort de sa connerie.
Il s'est sauvé.
Il devait s'arrêter. S'arrêter, c'est la loi.
La loi, il ne s'est même pas soucié.
C'est parce que Thierry et toi, vous avez un poids chiche dans la tête que je
dois savoir.
Moi, j'ai deux gars sur le tapis parce qu'ils n'ont pas supporté votre
connerie.
Alors tu me la joues un peu moins arrogante.
Je crois qu'il a compris.
Bon, la police ne vous a pas choqué ? Non.
Elle vous a tiré dessus ? Non.
Alors, raconte.
La voiture était arrêtée à un croisement.
Et alors ? Ils ont mis le gyrophare, non ? Vous avez bien vu que c'était une
voiture de police ? Oui, Thierry a voulu faire demi-tour, mais c'était trop tard.
Alors il a foncé.
Tu lui as pas dit de s'arrêter ? Non, j'avais de la dope, je voulais pas...
Ils nous ont poursuivis, et Thierry a raté le virage.
Je sais pas s'il allait trop vite, ou si c'est qu'on a dérapé.
Tout ce souk pour de connards pareils.
Comment il va ? Bon, écoute, tu sais quoi ? Tu lui fous la paix à Clovis, ok
? Écoute, tu veux pas qu'on aille prendre un verre ? Je sais pas, qu'on se
parle ? Mais attends, mais on n'a rien à te dire.
Tu te rappelles le concert de Rolling Stone ? Pourquoi, je devrais ? Ben oui,
je t'ai embrassé.
Oui, tu m'as embrassé.
Il a fallu que je te repousse quand t'as voulu aller plus loin.
Alors quoi, tu veux recommencer, c'est ça ? Allez, viens, viens.
Sauf que la différence maintenant, c'est que j'ai un flingue et que le viol, c
'est plus un délit.
C'est un crime. Alors je te jure que tu me touches. Et je te bute.
C'est une déclaration d'amour ? Sûrement pas.
Toujours vierge ? Allez, dégage.
Ok, doucement, ok, c'est bon.
Putain, déconne pas.
Tu bouges pas.
Rends-moi mon flingue.
Tu sais, le flingue, c'est un symbole sexuel.
Et les symboles sexuels, on joue pas avec.
Nassir, déconne pas.
Tu veux ton flingue ? Oui.
Viens. Viens.
Mais Nassir !
Qu'est-ce que vous avez, vous pleurez ? Il m'a piqué mon flingue.
Qui ça ? La sœur.
Bon, demande un mandat d'amener en urgence.
On rentre à l'usine, on va s'occuper de ça.
Et prends la voiture de Clarisse.
Allô, le cabinet du juge ? Tu l'as vu, ma gueule ? Ils me l'ont défoncé ! La
différence, c'est que moi, je suis dehors. Tu comprends ? Et ce qui m'a
frappé, il est enfermé en fond, un culé.
Eh ouais ! Mais ça c'est parce qu'il y en a encore qui font les cons ! Hein ?
Mais faut pas rêver, ceux qui déconnent, ils vont se faire cirer par le
commissaire Navarro, là ! Ah ouais, Navarro, mais après ? Après, vous leur
donnez des médailles et ils vont venir nous faire chier aussi ! Ouais, ceux qui
ont buté Thierry, ils sont où, hein ? Ils sont en train de se bourrer la
gueule au bistrot ! Et toi déjà, pourquoi ils t'ont mis dans cet état-là
? Je sais plus pourquoi ils m'ont mis dans cet état-là ! Parce qu'ils
voulaient que je balance tous les dealers de la cité ! Et il est là le
problème ! Tant qu'il y aura des dealers ici, il y aura des cofs partout ! Il y
aura un putain de joueur de football ici, il y aura des ministres ! Qu'est-ce
que tu veux ? Tu leur as dit les dealers, hein ? Mais t'es dingue, toi !
Mais je crois que je vais balancer un ref, ou quoi ? Qu'est-ce que tu veux que
je dise à mon petit frère, moi ? À part changer d'avenir, sérieux ! Et si c'est
pas dealer, c'est quoi ? On va devenir quoi ? Flics, comme ta sœur ? Attends,
ton avenir, c'est toi qui le fais, Momo !
C'est vrai. Comment tu crois que tu vivais avant dans les bidons de ville,
tes parents, tout ça ? Tu les as vus, les vieilles photos, toi ? C'est vrai.
Tu crois qu'il vaut mieux rien foutre aujourd'hui que de travailler hier ? C
'est ça ? Ouais, mais avant, il n'y avait pas Internet, il n'y avait pas la
télé, putain. Mais comment on se les paye, les paraboles, les disques, tout ?
L'adopte, c'est pratique, ouais.
Sans l'adopte, on ne se fait plus rien. Alors on fait quoi ? C'est quoi ton idée
qu'on pique, c'est ça ? Ouais, et puis qu'on tue aussi.
Non mais franchement, c'est ça que tu penses pour demain, toi ? C'est ça que t
'as dans la tête ou pas dans la merde ? Rien d'abord.
Et alors ? Qui me fait l'autre ? Mais ce n'était pas un témé. Et alors ? Et là,
il faut trouver une putain de solution, c'est tout.
Ce n'est pas facile, il faut en trouver une.
On se prend la tête pour le coup de merde, pour la tuer de merde.
Alors qu'en fait, on se prend la tête pour avoir un peu de classe.
La classe, c'est la nuit propre.
Ce qu'il nous faut, c'est de l'argent propre, pas celui qui plombe.
On va rester là, on va se faire des pigeons.
On va se faire des pigeons, on va voir quoi.
Clarisse. Oui.
Prenez quelques jours de repos, mademoiselle Girard.
Au moins jusqu'à ce que cette affaire soit terminée.
Je vous remercie de votre compréhension, monsieur, mais je préfère continuer.
Vous voyez bien que vous êtes au bout du rouleau.
Soyez raisonnable.
Raisonnable, raisonnable, mais comment voulez-vous que je sois raisonnable ? Un
salaud m'a pris mon arme, il a tué mon frère avec.
Nous ne savons pas si c'est votre arme. Mais bien sûr que si, c'est mon arme. Je
le sais, et vous le savez aussi.
Excusez-moi, monsieur.
Alors, je te montre.
Voilà. Donc, c'est une balle de 45.
Ça correspond aux cartouches que vous utilisez dans vos armes de dotation. Le
manioc en 45.
Je ne peux pas affirmer sans éléments de comparaison que la balle qui a tué
Claude Girard soit sortie d'un Manurin 45.
Je peux simplement relever la concordance entre le calibre et l'arme
supposée. Tu parles bien quand tu ne veux rien dire.
Tu as très bien compris ce que je voulais dire.
Maintenant, donne-moi l'arme et je te dirai si cette balle en est originée ou
non. C'est une arme de poing.
Oui, c'est une arme de poing, ce n'est pas une cartouche de fusil. Il y a
toutes les chances pour qu'elle provienne d'un Manurin 45.
Bien, alors, j'explique.
Un couple a un enfant. C'est une image, c'est ça ? Oui.
Alors, le père a un phrabisme, l'enfant aussi.
Le père a un gros nez, l'enfant aussi. Le père a des oreilles décollées, l
'enfant aussi. Il est vilain, le père. Oui, mais moi, je ne peux pas affirmer
scientifiquement qu'il soit vraiment le père de l'enfant avant d'avoir une
empreinte génétique.
Tu comprends ? Parle-moi plutôt de ta femme. Comment va-t-elle être ?
Ah, elle n'a pas le moral.
Elle doit reprendre une chignot la semaine prochaine.
C'est à fond, Léon.
Décourage.
Où est Nasser ? Aucune trace.
Où est Nasser, je te dis ? Je ne sais pas, moi, où il est, Nasser.
Tu replonges, là.
Comment ça, je replonge ? Je ne peux pas la monter, Nasser, si je ne sais pas où
il est.
Si tu ne sais pas où il est, tu vas aller au fou.
Mais attendez, commissaire, j'ai toujours été réglo avec vous. Je ne me
suis jamais fait foutre. Je suis embarrassé, embarrassé, embarrassé. J'ai
qu'une place en taule. S'il ne va pas là, c'est à qui est-ce qu'il va y aller
? C'est toi. Il faut que je loue, moi.
Mais qu'est-ce que j'ai fait pour aller en taule ? Je n'ai rien fait.
Je balance, je prends du bonon, c'est tout, quoi.
Oh là là là là là.
Ecstasy.
Je pense qu'on a trouvé ça sur toi.
Attendez, c'est pas un make-up que vous me faites.
Regardez mon truc.
Il est nickel, je veux dire.
C'est bon.
Le tien, c'est celui-là. Il manque pas pour lui.
Alors, on la sert.
Son frère a une piole dans le 18e.
Qu'est-ce qui se passe ? Ton frangin ! C'est bon ! Où est ton frangin ? Je suis
fils unique !
C'est toi qui est niqué où, ton frangin ? Il est majeur, j'en sais rien, moi.
Dis donc, ça a l'air de te rassurer qu'on parle de lui, là.
Je suis sûr que c'est pour toi que tu croyais qu'on venait.
Oh, mais putain.
Il y en a pour un paquet de pognon, là.
Les âges personnels ou d'île ? C'est lui qui décide.
Alors, tu choisis ? Trois mois ou cinq ans ? Mais c'est pas à moi, c'est à lui,
ça. Bon, alors maintenant, tu vas nous dire où il est.
Je sais pas, moi.
Comment tu fais pour le joindre ? Je peux pas, c'est lui qui me contacte.
Non, non, non, non.
Tu lui sers de recel, alors tu lui sers aussi de contact.
Grouille, toi ! T'es dégagé, froid.
Il y a un mec qui a froid, il s'appelle Thierry Cosson. Le mec qui a froid
aujourd'hui s'appelle Claude Girard.
Clovis, si tu préfères.
Qu'est-ce qu'il a ? Il est mort ? Ton frère l'a tué.
Oh ! Capito ? Il a un téléphone portable.
Tu veux nous expliquer tout ça au commissariat, viens.
Allez.
Tu reviens, d'ailleurs.
Tout y est.
Deux mecs, une fille.
L'amitié, l'amour, la mort, allez.
Allez, toi.
Non, non, s'il lui téléphone, il se méfiera.
Nasser n'est plus un simple dealer.
C'est devenu un véritable trafiquant et un criminel.
Il a mis le feu dans la cité pour éviter que la police n'y entre.
Clovis allait foutre son plan en l'air.
Il est en train de devenir notre allié grâce à Clarisse.
Il n'y a pas que ça.
Il y a quoi ? Nasser est un obsédé.
Et je fais partie de ses obsessions.
Alors si vous ne l'appelez pas, moi je peux l'appeler.
Parce que je suis la part idéale.
C'est trop dangereux.
Mais faites-moi confiance.
Il va avoir peur, il va se tailler, c'est tout ce qu'on va gagner.
Mais non, je le connais trop bien. Je sais comment lui parler, quoi lui dire,
je sais exactement quoi faire.
Bon.
On l'appelle ? Ouais.
D'accord.
Écoute, ce sera un vrai plaisir.
Je savais bien que tu pourrais pas résister.
Bon, on se voit où et quand.
Mais disons dans une heure et demie au parking des quartiers.
Sois pas en retard, surtout.
T'inquiète pas, là.
Je serai à l'heure.
J'ai rendez-vous avec lui dans trois heures à l'ancienne patinoire. C'est là
qu'il se planque.
On fait comment ? Partez devant, le temps de récupérer Borrelli au clan où
on vous rejoint.
N'ayez pas peur, je serai près de vous.
On ne la suit pas ? Ben non. Si je t'ai demandé d'enregistrer sa conversation
avec ma sœur, c'est pour la précéder, pas pour la suivre.
Mais comment vous saviez que... Qu'elle jouerait son jeu ? La police n'est pas
faite que d'indices, ma Marie. Elle est faite aussi de psychologie.
Clarisse est une femme passionnée. Ses réactions sont prévisibles.
Bon, on prend l'enregistrement, on l'écoutera en route. J'espère que Blomé
est sur place.
Et attends, tu vas où là ? Monte, c'est une surprise.
Romain, prenez le relais.
Ok, Pat.
Tu vois ? Je sais recevoir.
Est-ce que tu crois que je suis venue seule ? Tu ne me poserais pas cette
question si tu étais venue accompagnée.
Et puis j'ai réfléchi.
Deux possibilités.
Tu viens seule parce que tu as l'intention de me tuer.
Ou tu viens avec tes copains parce que tu as l'intention de m'arrêter.
Tel que je te connais, tu es venue pour me tuer.
Mais franchement, je préfère.
Eh oui.
On a été à l'école ensemble.
On a grandi ensemble.
J'étais amoureux tout seul.
J'ai devenu flic et je suis resté voyou.
Et amoureux.
C'est con, hein ? C'est pour ça que t'as tué Claude ? J'ai pas tué Claude.
Il était bien, Claude.
J'ai tué Clovis parce qu'il me donnait des leçons.
Et tu donnes pas des leçons à quelqu'un qui tient à l'arrière le verre.
Ça, il l'avait pas compris.
J'ai un marché à te proposer.
Je t'écoute.
Tu prends mon arme et on oublie tout, ok ? Pour quoi faire ? Pour prouver que j
'ai bien tué Clovis avec ? Pas la peine, je te le dis, j'ai tué Clovis.
Mais qu'est-ce que tu crois ? Que je vais t'aimer après ce que tu m'as fait ?
Après ce que tu me dis ?
La pire chose que tu pourrais me faire, c'est de m'aimer, Clarisse.
Si tu m'aimais, tu m'en redonnerais un coup de livre.
Mais je n'ai plus le droit de vivre.
Ce serait terrible pour moi.
T'es vraiment malade.
J'ai plus de tricks.
Vous m'avez piqué ma dope.
J'ai plus d'avenir.
J'ai tué ton frère.
Je ne veux surtout pas que tu m'aimes, Clarisse.
Je vais te posséder Clarisse.
Je vais te posséder avant que tu me tues ou avant que tes copains ne m'arrêtent.
Je ne suis pas là pour t'aimer.
Je suis là pour t'aimer.
Tu comprends ?
Arrête, déconne pas.
Comment tu vas faire pour prévenir tes copains flics ? Tu vas crier ?
C'est ça ? Tu vas envoyer une fusée de détresse ?
Ça a l
'air facile, hein ?
On n'a jamais vu un homme se suicider d'un coup de couteau dans le ventre.
Mais ça a dû arriver.
Je viens de le voir.
On l'a tous vu faire, patron.
Je ne pouvais pas.
Je ne pouvais pas le tuer.
Eh oui, je sais, je sais, monsieur le préfet, oui.
Moi-même, j'ai eu du mal.
Voilà. Oui.
Bon.
Eh bien, mes hommages à votre épouse.
Et à bientôt, monsieur le préfet.
Merci.
J'ai eu du mal à faire admettre cette histoire de suicide avec un couteau dans
le ventre.
Pourquoi ? On a déjà vu des gens se suicider de deux balles dans le dos,
hein. On a dû les aider.
C'est rare, mais c'est arrivé.
Quand je pense à cette nuit d'émeute, cette cité en flammes, où c'est mort, c
'est blessé pour rien.
Tout ça à cause d'un petit dealer. Un petit dealer, un grand trafiquant, oui.
Un trafiquant amoureux, mais un trafiquant.
L'amour.
Je ne sais pas si je vous avais dit que nous avions renoué des relations.
Enfin, des relations, je me comprends.
Avec Madame le Préfet.
Non, à nouveau, vous n'avez pas dit non.
Je ne l'ai pas.
Avant notre rupture, c'était une mouve, insatiable, jalouse.
Depuis notre réconciliation, c'est une chienne.
Oui, amoureuse, fidèle.
La nature humaine est complexe, monsieur le divisionnaire.
Tu fais les courses maintenant ? Ben oui, il faut bien si je veux manger.
Bon, j'ai eu l'acquittement. Ah, bravo.
En cours pratique seulement, mais c'est vachement sérieux. Ben alors si c'est
sérieux, je vais me concentrer. Tiens, sers-moi quelque chose pendant que tu me
parles. Je t'avais dit que c'était un cas de mortalité en milieu scolaire.
Oui, bien sûr.
J'avais la charge de défendre une directrice d'école maternelle, tu te
souviens ? Ah, évidemment.
Ben après qu'un enfant soit mort dans son école.
Il est mort par accident.
Ben elle n'est pas coupable alors.
Parce que si elle n'était pas coupable et que tu l'as fait acquitter, c'est pas
soche. Mais si elle était vraiment coupable et que tu l'as faite acquitter,
alors là, je te dis, chapeau, ma fille.
Ne te moques pas de moi. L'enfant avait 6 ans.
Il jouait dans la cour, il y avait des travaux, il a grimpé sur une poutre et
il est tombé.
Alors, qui est responsable ? L'école ou l'entrepreneur ? Moi, j'ai fait
condamner l'entrepreneur. Donc, il y avait un coupable.
Mais il faut bien.
Il faut, il faut. Ce n'est pas obligatoire.
En tout cas, c'est bien de poser la question.
Alors, qui est responsable ?
La société, la cité, les amours, les individus. Ou alors, comme on disait de
mon temps, Mechtoub, c'est la destinée.
Tu viendras me voir pour ma première plaidoirie ? Tu peux imaginer que je
vais rater la première apparition de ma fille en avocate ? Finalement, j
'aimerais bien que ce soit un grand procès d'assises.
Un drame passionnel, une histoire d'amour exceptionnelle.
Ou alors, une tueuse en série.
Qui assassine toutes les femmes qui tournent autour de son père.
Meuf, c'est pas possible une chose pareille. Ça pourrait t'arriver à toi ?
Oui, ça pourrait.
Et qu'est-ce que tu dirais pour ta défense ? Que je l'aime.
C'est faible.
Que je l'adore.
Ça, c'est mieux.
Et qu'il est toute ma vie et que je ne peux pas vivre sans lui.
Vraiment ? Je le pense vraiment.
au revoir
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