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MECKLENBERG - POMÉRANIE OCCIDENTALE ALLEMAGNE
Maman, tu sais où sont mes autres jeans ?
Mon amour, je suis de retour.
Nous sommes début mars et il neige toujours.
Tu ne pourrais pas le supporter.
Rien ne tangue, ni rien à enrouler, et ça sent les écuries, pas le sel.
J'aide à la ferme de ma mère depuis mon retour.
J'aime travailler avec les animaux, et, ne ris pas, l'odeur aussi.
Où es-tu maintenant ?
Tu as affronté de nouvelles tempêtes ?
J'ai pu avoir une place à l'université.
Je pars pour Berlin vendredi.
Je vais rester avec un ami de Nils pendant un moment,
mais j'espère trouver un endroit.
Tu viendras me voir ?
Au fait, j'ai trouvé une application pour le français.
Alors, méfie-toi ! Mon prochain courrier pourrait être « en français ».
Salut et bisous, Marek.
DUNKERQUE - FRANCE
Je m'imagine debout parmi un groupe de marins.
Il est encore tôt le matin.
Mes fonctions sont attribuées.
Je dois aller avec deux autres à la salle des machines.
Mais, le capitaine me prend à part.
Il pose sa main sur mon épaule et me regarde droit dans les yeux.
Il va y avoir une tempête ce soir. Nous avons besoin du moteur d'ici là.
Il me fait laisse repartir avec une ferme poignée de main.
Je cours pour rattraper les autres.
Désormais, la survie du navire est entre mes mains.
Oui, oui. Arrête.
Arrête... Arrête !
Comment ?
Tu embarques sur le Saint-George ?
Le navire ?
Son nom est Jean.
Il attend le même navire que moi.
Il dit qu'une attente de 7 jours est normale.
Cependant, les choses peuvent aller vite et l'on doit se précipiter vers le navire.
Il est marin depuis l'âge de 16 ans.
Puis il me demande : « Et qui es-tu ? ».
Nous nous donnons rendez-vous le soir.
Regarde.
Comme ça.
Tu le prends.
Tu vas voir.
Elles sont visqueuses parce c'est la période de reproduction.
Et quand elles se rencontrent, on les mets dans l'eau.
Mais, c'est à quelle période ? C'est à la fin que c'est meilleur ?
Non, quand elles préparent le lait et qu'elles le relâche dans l'eau.
Puis les huîtres sont fécondées par le lait des autres.
Et ça fait une petite huître.
Une petite huître.
Tu es vraiment rapide.
Pas mal.
- Non ? - Non.
- Si je refuse, il n'y aura pas de point. - Même si tu hoches la tête ?
- Oui, bien sûr. - Quoi ?
- C'est comme ça. - Non, c'est pas comme ça !
Je te jure.
Je déteste ce jeu.
Oh, non !
J'ai perdu.
Tu n'as plus qu'à passer dessous et recommencer.
Parce que tu as moins un point.
- Tu dois dire merci. - Merci.
- Et donc... - Parce que j'ai perdu 2 fois ?
Non, parce que tu as moins un.
Mes points moins tes points. Tu dois donc de nouveau passer dessous.
Très bien.
Il est vraiment violent.
J'ai exactement 10 € en poche.
Les huîtres sont chères.
Jean a dit qu'il allait s'occuper du taxi.
Un ingénieur de navire semble gagner beaucoup d'argent.
Ma mère serait contente.
C'était sympa.
Je dois y aller.
O. K. Ouais.
- Y'en assez de 20 € ? - Oui.
- Si tu veux finir sans moi... - O. K.
- On se voit à bord demain ? - Oui.
Amuse-toi bien.
- Salut. - Salut.
Désolé de te déranger.
Le navire ne part pas.
O. K.
Tu devrais aller à la maintenance. Il y a des problèmes avec le moteur. C'est cassé.
- O. K. ? - Oui.
Et quand tu y seras, tu demanderas s'il y a un autre bateau,
au départ de Saint-Nazaire.
O. K. ?
- D'où ? - De Saint-Nazaire.
O. K.
- Bonne nuit. - Bonne nuit.
SAINT-NAZAIRE - FRANCE
- Les navires porte-conteneurs. - Oui.
C'est un port.
Exact.
Je les vois.
Oui, ça a l'air bien.
- Je peux regarder ? - Oui, bien sûr.
M. le Lieutenant Capitaine, Lieutenant Werner, marin et correspondant de guerre.
Johannthe Ghost. Braves héros allemands.
Jean n'a jamais entendu parler du film « Le bateau ».
Personne ne le connaît en France, dit-il.
J'ai dû le regarder 2 fois à l'école.
Jean est déjà parti travailler.
Il me reste un peu de temps.
MONTOIR-DE-BRETAGNE - FRANCE
Conditions préalables à l'obtention d'un permis de marin nautique :
Examen de fin d'études,
avoir au moins 14 ans.
Études nautiques :
3 mois dans une université maritime, formation de base.
Neuf mois en tant que mousse.
Un an comme matelot et un an comme matelot de 3ᵉ classe.
Puis l'examen de marin.
Puis au moins un an en tant que matelot de 2ᵉ classe.
Professions dans le fret :
capitaine, ingénieur en chef,
1ᵉʳ maître,
2ⁿᵈ ingénieur,
2ⁿᵈ maître,
3ᵉ ingénieur,
3ᵉ maître,
4ᵉ ingénieur,
ouvrier mécanicien,
steward, cuisinier,
matelot de 3ᵉ et 2ᵉ classe,
maître d'équipage, soudeur,
graisseur, essuyeur.
Jean attend sur le pont E.
« Tu vas bien ? », me demande-t-il.
« Oui. ».
Il se tient droit. Je pense à moi.
« Et le travail ? ».
Je ne sais toujours pas vraiment quelles sont mes fonctions.
Mais je n'en parle pas.
« Tant que tu sais où se trouve la bibliothèque nautique », dit-il en riant.
- Écrit 47 degrés. - O. K.
Tu passes donc au 54 parce que nous sommes dans le monde occidental,
30, 54, 30, 40.
Tu dois te rendre à 37.
Trace une ligne...
Tu dois faire une ligne, non... ici, oui.
À partir d'ici, tu traces une ligne.
- C'est assez ? - Oui.
Ici, tu as 20, 43.
Et ce doigt se déplace de 40. Maintenant, tu ajoutes 3.
40. Ici ?
C'est 40, mais tu dois ajouter 43,
- donc 1, 2, 3. - C'est 40.
Tiens ta main ici et prends le compas.
Non, prends-le.
Tu poses cette partie ici et celle-là sur cette ligne.
C'est notre position.
Le nom du navire était « Marie ».
Le capitaine, Guermeur. Cinq pêcheurs sous sa coupe.
Chaque année, ils affrontaient la mer pour une pêche périlleuse en Islande
où l'été ne connaît pas de nuits.
Jean, que les bretons appelaient Yann,
et Sylvestre, le plus jeune marin, étaient à la barre.
Ils s'étaient attachés à la barre.
Enivrés par le tangage agité,
ils chantaient à pleins poumons
jusqu'à ce qu'ils soient essoufflés.
Saint-George, le tueur de dragons.
197 mètres de long, 30 mètres de large.
Capacité de chargement maximale :
2 462 EVP.
« Unité équivalente à 20 pieds », c'est comme ça que ça s'appelle.
J'aimerais travailler dans la salle des machines.
Mais j'ai été affecté comme steward, ce qui signifie, au nettoyage.
Jean...
Est-ce que tu m'aimes ?
Je veux que nous restions ensemble pour toujours. Jean sourit.
Tu parles comme un petit garçon.
Puis il me donne un baiser et me ramène vers lui.
Je dis : « Jean, on peut se voir plus tard ? ».
« Je suis en train de travailler. ».
« Je veux dire, après. ».
« Je suis fatigué. ».
« Jean ! ».
Je ne veux pas.
Et pourquoi ?
Je ne veux simplement pas.
Alors, qu'est-ce que tu veux ?
Je ne sais pas. Peut-être...
parler.
- Quoi ? - Parler.
Les gens ont besoin de parler.
Mais je ne veux pas parler maintenant.
Bien, alors...
Alors...
MARTINIQUE - FRANCE
Demain, si tu veux, j'ai mon après-midi de libre.
Je peux te faire visiter l'île.
Je ne sais pas encore.
Je vais y réfléchir.
Son nom est Jean.
Il est marin depuis l'âge de 16 ans.
Il a eu son premier petit ami à 17 ans.
« Et aucune relation stable depuis. », dit-il.
Combien connaissent ce bar ?
Les endroits les plus secrets de l'île.
L'hôtel.
La chambre avec vue sur la mer.
Tu crois que je ferais tout ça, si je ne t'aimais pas ?
On baise et c'est ça ?
Tu me montres d'abord l'île, et puis on baise, hein ?
C'est dans tes habitudes, hein ?
Je ne veux pas être juste un parmi des milliers.
- Qui ça sera demain ? - Demain, c'est demain.
Tu es un facho. Je fais ce que je veux. Je ne profite de personne.
Tu n'es plus aussi poli.
Comment ça ?
Tu n'es plus aussi poli que tu l'étais au début.
La politesse ne réussit pas toujours.
Je suis toujours poli.
Pourquoi ?
Ma famille pense que tu peux résoudre tous les problèmes avec la politesse.
Nous parlions à peine en revenant vers la voiture.
Je voulais prendre un autre chemin.
Nous ne savions soudainement plus où nous étions.
Je déteste la jungle.
- Vraiment ? - Oui.
Je le vois vêtu d'un peignoir noir.
Il est assis là, pelant une orange.
La peau tombe en une régulière spirale sur la table.
Jean a l'air d'être comme dans un film.
Ce matin-là, nous avons de nouveau dormi ensemble.
Comment tu appelles ça ?
- En français ? - Oui.
Et comment tu appelles ça ?
On dit en allemand
« pénis »,
« schwanz »,
Ou... « pimmel ».
Et comment ça se dit en français ?
Ça s'appelle aussi « pénis ».
Et tu peux dire aussi...
O. K.
Mais dans ton cas...
On dirait, une « verge ».
O. K.
Qu'est-ce qui se passe ?
Je pense que quand tu commences quelque chose, tu dois le finir.
Comment tu le sais ?
J'ai parlé au 1ᵉʳ maître.
Pourquoi tu pars ?
Le capitaine est un con.
Le steward censé s'occuper de moi...
est vexé.
Lorsque les tâches sont attribuées,
je suis censé nettoyer les WC ou distribuer des rouleaux de papier-toilette.
Et chaque tempête me rend malade.
Ce n'est pas fait pour moi.
Qu'est-ce que tu comptes faire maintenant ?
Je ne sais pas.
Trouver un boulot.
Alors, tu ne veux pas m'accompagner jusqu'au bateau ?
Faisons quelque chose.
Je ne comprends pas.
On va faire quelque chose.
Quoi ?
- La jungle ? - Non.
Le nom du navire était « Marie ».
Le capitaine, Guermeur.
Cinq pêcheurs sous sa coupe.
Chaque année, ils affrontaient la mer pour une longue et périlleuse pêche
dans les eaux froides de l'Islande,
où l'été ne connaît pas de nuits.
Jean, que les bretons appelaient Yann,
et Sylvestre, le plus jeune des marins,
étaient à la barre.
Ils s'y étaient attachés.
Enivrés par le tangage
et la vitesse, ils chantaient fort
jusqu'à ce qu'ils soient essoufflés.
Pour Sylvestre, ce fut le dernier été à bord du Marie,
car il était réquisitionné à l'automne.
L'idée d'être séparé de Yann l'a attristé,
mais il voulait également prouver à Yann combien il était courageux.
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