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25 FPS

Sous-titres (v.01) : Lavie sylvain403@sympatico.ca

Relecture : Loupinou

[Chant choral]

...

[Musique jazz]

...

R�veillon-surprise ! Au Pigalos !

- P�re No�l, t'as une image ? - Barre-toi !

Tu me l�ches un peu ?

- Vous frappez un m�me ?

- Il m'a tir� la barbe !

- Moi aussi, je peux vous la tirer. - L�chez-moi un peu.

- Vous �tes encore l�, vous ? Vous n'avez rien � faire ici !

- Le trottoir est � tout le monde !

- Allez-vous-en !

- On m'emp�che de travailler, m'sieurs dames !

Je sors de prison,

mais j'ai pay� ma dette � la soci�t� !

- Arr�te de faire ton scandale ici, sinon on va te taper.

- �a va, t'�nerve pas.

Fasciste.

- Rattrapez ce salopard ! Attrapez-le !

- Un morceau de cette chose longue et molle.

C'est �a.

- [Le marchand] Voleur !

[Autoroute bruyante]

- Chouchou...

Salut, les rats ! Elle est pas l� maman ?

Elle pourrait faire le m�nage, quand m�me !

- D�sol�e de vous avoir d�rang�e.

Nous sommes l� pour �a. Ne quittez pas.

- Th�r�se ?

- [Enregistrement] Merci de votre appel...

- Th�r�se ? C'est moi, Josette.

J'en ai rien � foutre de ce disque, je veux te parler � toi.

- Ici SOS D�tresse-Amiti�, merci de votre appel.

Surtout, ne quittez pas,

une voix amie va bient�t vous r�pondre.

- ... je me sens mieux.

- Heureuse de pouvoir vous aider.

- Je suis si seule, je me sens comme renferm�e...

- [Th�r�se] Comme dans une coquille...

- C'est tr�s moche, �a.

- Avec son p�re, oui...

Joyeux No�l, et n'h�sitez pas � nous rappeler.

[On a raccroch�]

- J'en ai eu pour 785 francs pour ces quelques jouets.

Vous voulez mon opinion, Th�r�se ?

Th�r�se... Th�r�se.

- Oui, Mme Musquin ?

- Vous voulez mon opinion ? - Bien s�r.

- Les enfants sont pourris, vous savez.

Alors qu'ils s'amusent comme des fous avec un bout de ficelle.

Enfin, qu'est-ce que vous voulez ?

Qu'est-ce que fabrique Pierre ? Vous avez quelle heure ?

- 20h06. - J'ai 20h10. Je vais �tre en retard.

Mon beau-fr�re est terriblement � cheval.

Mes neveux attendent leurs cadeaux.

- Il doit avoir un emp�chement.

- Un emp�chement ?

Vous �tes d'une na�vet� !

C'est clair qu'il y a une femme l�-dessous !

- Marie-Ange, comment pouvez-vous insinuer une telle chose ?

Que Pierre ne soit pas ponctuel, je vous l'accorde.

De l� � lui pr�ter une liaison. Il est trop attach� � sa femme.

- Vous ne connaissez pas les hommes.

"Homme en retard, liaison dans le tiroir."

Je sais de quoi je parle, j'en ai fait les frais.

- Pierre ?

- Pierre ? On a craint le pire, vous savez ?

- Les enfants m'ont retenu,

et j'ai rendu visite � un couple de vieux.

- Je vous jette pas la pierre, Pierre, mais j'�tais � 2 doigts de m'agacer.

Je suis tr�s, tr�s en retard.

Je file.

Bonsoir. Joyeux No�l quand m�me !

- Et bon r�veillon.

- Et joyeux No�l, m'dame Musquin ! - Y a pas de mal !

Pierre...

Pierre, c'est Mme Musquin.

Pierre !

- [F�lix] O� t'�tais fourr�e, encore ? - J'ai �t� t�l�phoner � Th�r�se.

- La connasse de SOS ? Je t'ai d�j� interdit de leur t�l�phoner !

- T'as rien � m'interdire, t�te d'hareng ! Th�r�se, c'est ma bienfaiseuse.

Ras le bol de ce gourbiche ! Moi, je me tire d'ici !

M�me que le docteur a dit que le petit peut se choper la myxomatose.

Et rends-moi mon pognon d'allocation de grossesse !

- Remets pas �a sur le tapis, ou je t'en fous une !

- Si tu me frappes encore une fois,

mon fr�re de Marseille, y va venir t'�gorger.

- C'est une gonzesse, ton fr�re.

- Mais quand il rapplique, tu chies dans ton froc !

- Tu me fous les nerfs !

- Y avait ton slip et ton tricot de porc qui �taient � bouillir dedans.

- J'en volerai un autre. - Voil�, sac � vin !

- Les rats ! Saloperie !

Mais, elle est folle.

Chouchou, reviens !

Reviens tout de suite ou je vais te tuer !

Chouchou...

Les rats, revenez !

Pinouille...

Pinouille, reviens ici. O� ce que t'�tais, toi ?

Pinouille ! Pas l�-bas ! C'est le p�riph !

- Je... Je suis bloqu�e dans l'ascenseur !

Pierre, r�pondez-moi !

Pierre !

Ils sont bouch�s ou quoi ?

Pierre... SOS D�tresse ?

Bien. Bien.

- Pas trop d'appels, Th�r�se ? - Rien de grave, non.

La routine, quoi. Qu'un appel depuis 18h.

- C'est cela, oui.

[T�l�phone]

- SOS D�tresse-Amiti�, bonjour ! Je vous �coute.

- All� ? SOS D�tresse ?

- All� ? Je ne vous entends pas !

- Je suis au bout du rouleau. Qu'est-ce que je dois faire ?

- All� ? Appuyez sur le bouton.

All� ?

Rappelez-moi d'une cabine qui fonctionne.

- Un seul appel depuis 18h,

pour un soir de No�l, c'est tout de m�me tr�s calme.

- Oui, mais dans un sens tant mieux.

- C'est cela, oui. Tant mieux pour eux, vous avez raison.

Mais pour nous, c'est tout de m�me calme.

- Oui.

- Le t�l�phone est raccroch� ? Oui. Tr�s bien...

Parfois le t�l�phone est d�croch�,

alors bien s�r, �a ne sonne pas.

Quoi...

- J'ai presque termin� mes gants pour mes petits l�preux de Jakarta.

La Croix-rouge me demande de faire des gants � 3 doigts.

J'aurais plus vite fait de faire des moufles.

- Bien s�r...

Mais Th�r�se, si je peux me permettre,

une bonne paire de chaussettes et hop !

- Ce Pierre, tout de m�me...

- On dit de ces b�tises parfois...

- Oui. Remarquez que je pr�f�re faire la permanence avec vous

qu'avec Mme Musquin.

Elle est gentille si on veut,

mais malgr� tout, elle manque un peu de fantaisie, hein ?

- C'est cela, oui.

Je n'aime pas dire du mal des gens,

mais effectivement, elle est gentille.

- De la camelote !

�a, c'est de la camelote ! Au prix que �a co�te, quand m�me...

[Son strident]

[T�l�phone]

- Ah ! Un appel.

[Faible bruit de trompette]

All� ! D�tresse-Amiti�. Oui. Joyeux No�l, monsieur.

Mais je suis l� pour vous �couter.

- Je vous appelle parce que je suis tr�s seul, ce soir.

- Vous ne l'�tes plus. Toute l'�quipe est l� qui vous �coute.

- Je peux passer vous voir ?

- C'est pas possible, monsieur.

Peut-�tre avez-vous de la famille ?

- Non, ils ne m'appr�cient pas.

- C'est cela, oui. Un bar-tabac qui ferait r�veillon ?

- Non.

- Vous �tes mari�, monsieur ?

- J'ai �t� fianc�, mais c'est tout.

- C'est cela, oui. Confiez-vous � nous, nous vous �coutons.

- Je ne sais plus o� j'en suis,

qui je suis.

Si c'est bien moi qui vous parle en ce moment !

- Si si, je vous assure.

All� ? Ne vous laissez pas aller, monsieur.

Vous �tes dans une mauvaise passe,

mais le bout du tunnel n'est peut-�tre pas loin.

Nous sommes l�, monsieur. All� ?

- Je dois vous voir. Ce soir.

- Impossible. C'est une r�gle que nous ne pouvons transgresser.

- Un petit instant ?

- Impossible.

- Je vous en supplie, c'est No�l.

[Trompette au loin]

- Oui, bien... C'est...

17 rue Montmartre.

- Merci. J'arrive tout de suite.

Navr�, mais il a dit "C'est No�l", et je n'ai pas eu le courage de refuser.

- H�, Charles Bronson ! Fais pas la tronche, quoi !

T'as pas de raison de te d�primer.

- Arr�te de m'appeler comme �a, papa.

- Bronson, avec nous ! Bronson, avec nous !

- Il ne restera probablement pas longtemps.

Vous le r�conforterez, et puis il s'en ira.

- J'ai transgress� le r�glement.

- C'est tol�r� dans certains cas extr�mes.

- Ce n'�tait pas un cas extr�me. J'ai �t� faible et l�che.

Laissez-moi me rattraper.

[Ton sec] D�tresse-Amiti�. Joyeux No�l.

Oui. Joyeux No�l, monsieur.

- C'est mon dernier No�l.

- C'est cela, oui.

- Je suis atteint de leuc�mie, et je vais mourir dans 2 mois.

Je voudrais souhaiter joyeux No�l � une femme.

- [Au bord des larmes] C'est une preuve de courage que vous nous donnez.

Je vous passe ma collaboratrice.

- Joyeux No�l. Enfin, si on peut...

- Comment vous appelez-vous ?

- Th�r�se.

- Je t'encule, Th�r�se.

Je te retourne contre le mur et je te baise par tous les trous.

Je te d�fonce...

- Arr�tez ! �a nous int�resse pas ! �a nous int�resse plus !

- Je parle pas aux p�d�s ! Passe-moi la gouine !

- Il va encore nous bloquer la ligne !

- �coutez, vous qui souhaitiez de l'animation. C'est r�ussi.

[Sonnette d'entr�e] - �a m'int�resse pas !

- Pardon de vous d�ranger, votre amie est coinc�e dans l'ascenseur.

�a fait une heure qu'elle joue de la trompette.

- Que vous est-il arriv� ?

- Je m'�poumone depuis une heure !

L'ascenseur a encore disjonct�. Et naturellement, �a tombe sur moi.

S'il vous pla�t, arrangez �a.

- Tout de suite. D�sol�, on ne vous avait pas entendue.

- Vous �tes bien le seul ! Voyous !

� table, les enfants. �a va refroidir.

Pousse-toi !

- Ce n'est pas le disjoncteur.

- C'est un faux contact dans la bo�te � fusibles.

J'ai vu l'ancien concierge arranger �a.

- Je vais chercher les outils pour la d�visser.

- Vous n'avez pas de couteau suisse ?

- Non, excusez-moi.

- Le prenez pas mal. C'est quand m�me tr�s pratique.

- Votre s�ur a appel�. Ils commencent sans vous.

- Tant mieux, j'aime pas les hu�tres.

Ce qui m'emb�te le plus, c'est l'�tat des cadeaux.

Regardez-moi �a. C'est pas pr�sentable.

C'est pas pr�sentable ?

- Th�r�se !

- Vous me direz, c'est l'intention qui compte...

- Excusez-moi.

- Pierre, d�p�chez-vous. Je vais rater ma dinde !

Minuterie !

Je vais pas rester dans le noir pendant des heures !

- Qu'est-ce que c'est ce paquet, sur la chaise dans la cuisine ?

- Rien du tout. Qu'est-ce que vous avez fouin� ?

- Moi aussi, j'ai une surprise pour vous.

- Chut ! Mme Musquin.

- En plus, je n'ai m�me pas de tournevis cruciforme.

[T�l�phone]

- Th�r�se ? C'est Josette.

J'ai essay� de t'appeler toute la soir�e...

Qu'est-ce tu fous ?

Je me suis encore disput�e avec F�lix. J'sais pas dormir o�.

- Je comprends bien, mais je suis de permanence toute la nuit.

- Mais tu m'avais promis que je pourrais dormir chez toi

si je ne touchais pas aux bibelots.

- Les bibelots, oui...

- Coucher dehors, avec le froid, merci !

- D'accord, passe prendre les cl�s. Mais j'en ai assez de vos disputes.

- C'est pas moi, c'est lui.

Merde, v'l� F�lix. Je raccroche.

- Chouchou !

Chouchou !

- Y a un p�pin, Pierre ? R�pondez-moi franchement.

- J'ai peur de prendre du jus.

- Dites pas de b�tise, vous ne risquez rien avec vos semelles cr�pes.

Qui c'�tait ? - Josette, ma petite prot�g�e.

Une petite tr�s courageuse qui a toujours fait face � l'adversit�.

- Bien. Dites-moi...

Vous pensez qu'il va s'en sortir ? C'est � croire qu'il a 2 mains gauches.

- Th�r�se, vous pouvez venir m'aider � retirer le bo�tier ?

Si vous pouviez faire levier, je pourrais m'introduire.

- Ah ! J'arrive.

- Vous n'y arrivez pas, Pierre ? Alors appelez un d�panneur.

Y a pas de honte.

- J'y suis presque. Autant �viter une d�pense inutile.

- Mais je tiens � partager les frais.

- Partager les frais ? Elle s'y est mise toute seule, non ?

- Et c'est tout de m�me vous qui avez pay� le sapin.

Elle en profite aussi. - Exactement.

Regardez, si vous pouviez faire levier sur le bo�tier...

Attendez. Allez-y.

Je pourrais peut-�tre arriver � glisser un doigt.

Faites levier comme ceci.

- Pourquoi vous n'avez pas retir� les 3 autres vis ?

- Parce que je n'ai pas de cruciforme. Allez-y.

Poussez par l�. Attention. Attendez.

[Cri de douleur]

Putain de ta m�re ! Salope ! Donne-moi �a !

- Ce qui devait arriver est arriv�. Vous avez certainement �t� bless�, l� ?

- Putain de ta m�re ! Salope !

- Vous avez tr�s mal ?

- Navr�e, c'est enti�rement de ma faute. Je suis tellement maladroite.

- Vous allez peut-�tre appeler le d�panneur, maintenant ?

- �a me lance !

- [Th�r�se] 17 rue Montmartre. Dans combien de temps ?

- Excusez-moi, Th�r�se.

La douleur m'a fait dire des grossi�ret�s que je ne pensais pas...

- Oui, je l'entendais bien ainsi...

Pas plus t�t ? Je vous remercie bien.

- Je ne connais m�me pas votre m�re.

- Pas avant 2 heures. - �videmment, vous avez h�sit� 1 heure.

Mon r�veillon est � l'eau. Je vous remercie, vraiment.

[T�l�phone]

Allez r�pondre, Th�r�se. Vous pouvez me laisser seule.

- T�l�phone, Th�r�se !

- [Th�r�se] All� ? S.O.S. D�tresse-Amiti�.

- Dites donc, Th�r�se ! La surprise sur la chaise, �a se mange ?

- Je vous appelle, parce que...

Enfin, c'est-�-dire... J'ai un probl�me...

Un probl�me... En fait, c'est au niveau de moi...

Quand j'�tais petit, je supportais mal la province..

Alice non plus ne supportait pas la province...

- Ne faites pas l'enfant.

- Vous comprenez ?

- Si, parfaitement. C'est tr�s clair.

Je suis avec un pauvre gar�on incapable d'aligner 3 mots, alors...

- Merci, sympa !

- Il a raccroch�. C'est un gar�on tr�s timide.

Puisque vous ne pouvez pas attendre... Joyeux No�l, Pierre.

- Pour moi ? Il ne fallait pas, merci beaucoup.

Oh, �coutez...

- J'esp�re que �a vous plaira.

- Rien que d'y avoir pens�, c'est d�j� formidable.

- Vous ne l'ouvrez pas ?

- Bien s�r... �coutez, de l'ext�rieur c'est magnifique.

Oooh !

Oooh !

Aaah...

Une serpilli�re. C'est formidable, Th�r�se !

- C'est un gilet.

- Ah oui ? Mais bien s�r.

Bien s�r, il y a des trous plus grands pour les bras.

Je suis ravi, Th�r�se. Vraiment.

- Et point de vue coloris ?

J'avais pens� � un joli bleu marine, je sais que vous aimez bien.

Puis je me suis dit que �a changerait.

- Tout � fait. Le gris et le bordeaux, �a va avec tout.

- Et c'est une chose que vous ne verrez pas chez tout le monde.

- J'esp�re bien, Th�r�se.

Il me manquait justement quelque chose pour descendre les poubelles.

Je suis ravi.

- C'est vrai ? Je suis contente que �a vous plaise,

parce que... bon...

- Ne bougez pas. J'ai peint une toile pour vous.

- Pierre, �a me touche �norm�ment.

- S'il vous pla�t, n'y voyez pas le fantasme de l'homme,

mais la recherche cr�ative, le d�lire de l'artiste.

N'est-ce pas ?

[Sonnette d'entr�e]

Qu'est-ce que c'est, encore ?

Ah ! Monsieur Preskovitch. C'est Preskovitch, Th�r�se.

- Bonsoir, M. Mortez. Bonsoir, Mme Th�r�se.

Votre coll�gue qui parle fort est encore coinc�e dans l'ascenseur.

- Nous sommes au courant. Merci de nous avoir pr�venus.

- Je vous apportais aussi cadeau de No�l de mon pays.

- �coutez, nous sommes confus... Surtout qu'on n'a rien pr�vu du tout.

- Pour vous, non.

Comme on ne voyait plus, on pensait que vous �tiez d�c�d�.

- Vous �tes caustique.

J'ai pris travail de nuit au p�age de Corbeil-Sud.

Il y a beaucoup de vent, mais c'est tranquille.

- Vous �tes verni, M. Preskovitch.

Bon, on ne va pas vous retarder. Joyeux No�l.

- Mais c'est vacances, aujourd'hui. Je vous ai apport� dubichu.

Des dubichu. Comme des truffes en chocolat.

- Je vais les remiser. - Mais vous ne les go�tez pas ?

- Naturellement.

- Bien s�r. Nous allons les go�ter, M. Preskovitch.

- � vous. - Je vous en prie.

- On ne sait que choisir. - Il y a l'embarras du choix.

- [M. Preskovitch] Ce sont les fameux dubichu de Sofia.

- Ah oui, c'est tr�s bon.

- Ah oui. - Que des bonnes choses.

Cacao de synth�se, margarine et saccharose.

- Mmm...

Il y a une esp�ce de 2e couche � l'int�rieur.

- Tr�s fin, �a se mange sans fin.

- C'est une fabrication artisanale.

- Oui, on a cette impression.

- Oui, c'est roul� � la main sous les aisselles.

- M. Preskovitch, on va pas vous d�ranger plus longtemps.

- Normalement, c'est une garniture. Mais je vous dis pas plus, hein ?

- Non, ne dites pas plus. Merci beaucoup, M. Preskovitch.

- Je remonte � l'occasion. - Voil�, faites cela.

- Oui, Mme Musquin ? - Minuterie.

- Pardon !

- �a va, Mme Musquin ? - Tr�s bien, merci.

- C'est infect. Vous voulez cracher, Th�r�se ?

- Non, car c'est offert de bon c�ur.

- Vous avez raison.

J'allais vous montrer mon tableau, et maintenant j'ai le trac.

Je ne sais pas s'il vous plaira. - Pierre, c'est l'intention qui compte.

- Bien s�r, il faut le voir chez soi.

- Oui.

Je ne peux pas dire que je n'aime pas, mais enfin...

Le village est gentil, l�...

Mais...

Mais cette grosse femme, c'est un peu...

Enfin, �a va tr�s loin.

- C'est l� que je r�alise que...

je vous ai beaucoup moins bien r�ussie que le porc.

[Th�r�se rit]

[Trompette] On avait oubli� Mme Musquin.

Qu'est-ce qui se passe ?

- Th�r�se, descendez ! Je ne peux plus attendre, vite !

- C'est rat�... - Un petit ennui.

Mme Musquin a affreusement envie de faire la petite commission.

- Oh mince ! Je la plains, dites donc.

�coutez Marie-Ange, appuyez-vous sur le strapontin.

- Pierre, mettez-y du v�tre.

- Je fais ce que je peux, j'ai les lombaires fragiles.

- Tirez, bon Dieu !

- Je m'excuse. Vous n'�tes pas tr�s lourde, mais tout de m�me.

- Je vais chercher un escabeau.

- [Pierre] Mais si, on va y arriver. - Arr�tez de discuter, et tirez.

- Je ne fais que �a !

- [Mme Musquin] Tirez-moi ! - Tu p�ses une tonne, salope !

- Tirez-moi !

- Accrochez-vous, Marie-Ange ! - Je glisse !

Je vais m'�craser ! - Tenez bon !

- Ramenez l'ascenseur !

- J'ai touch� � rien !

- [Mme Musquin] Votre gueule, Th�r�se !

�a y est, j'ai une crampe ! Je glisse, l� !

Accrochez-moi, Pierre !

- [Pierre] Ne d�passez pas le 3e ! Pour l'amour de Dieu !

- Pierre, faites quelque chose !

- [F�lix] Chouchou ! Je sais o� tu vas !

- [Pierre] Bloquez l'ascenseur ! - Vite, faites quelque chose !

Bloquez l'ascenseur !

- Appuyez sur stop ! Bloquez cet ascenseur !

- C'est horrible, vous allez vous faire broyer !

- [Pierre] Appuyez sur le bouton ! Le bouton stop !

- [Mme Musquin] Bloquez l'ascenseur ! - [Josette] Y a quelqu'un ?

[Cri de d�tresse de Mme Musquin]

- [Pierre] Stop ! Appuyez sur le stop !

Le bouton rouge, vite ! Le bouton rouge !

D�p�chez-vous ! Le bouton rouge... !

- [Mme Musquin] On va �tre empal�s ! C'est horrible !

[Cris]

Ah... ben c'est...

- [Josette] Pousse-toi, Th�r�se.

- [F�lix] Chouchou !

Chouchou...

Ouvre !

- [Pierre] Laissez-moi, enfin. - Je dois absolument aller au petit coin.

- Laissez-moi descendre en premier.

- Ouvre ou je d�fonce la porte !

- [Pierre] A�e ! Vous me faites mal !

- Je peux plus tenir.

- Je vous aide, Marie-Ange.

- Je vais la niquer, cette porte.

Ouvre-moi ! - Casse-toi, tu pues !

- Je vais la p�ter, cette porte !

Ouvre-moi cette porte, nom de Dieu !

- Poussez-vous ! Ouvrez cette porte !

- Tu entends, Josette ? - Josette, ouvrez !

Mais �a va pas, non ?

- M'approche pas, t�te de n�ud. - Reviens � la maison.

- Brosse-toi le cul ! Jamais !

- Tu vas revenir cuisiner pour le r�veillon !

- Qu'est-ce que c'est que �a ? - Un lapin. Vite !

- Tu vas te calmer ? - Th�r�se, il m'�trangle !

- Mais l�chez �a ! - Vous allez lui faire mal.

- Vous lui faites mal, enfin !

- Je lui passais un peu d'eau sur le visage.

Elle fait tout le temps �a, vous la connaissez pas.

�a va mieux, Chouchou ? Elle est tr�s sensible.

- Sensible ? Il m'�crase la pomme dedans.

- Sortez !

- Oui, s'il vous pla�t. �a commence � devenir g�nant.

- Excusez-nous, Mme Musquin. - Pardon, Marie-Ange.

- Viens r�veillonner � la maison ! - Jamais, y fait que me battre.

- C'est normal, quand tu fais des b�tises.

C'est l'amour.

- Il ment. L'autre jour, il a voulu me faire passer par le vide-ordures.

Il voulait me friser avec le fer � souder.

- Mais c'est dangereux, �a.

- Il a mis ma t�l� � la consigne, il a bouff� le ticket.

- Ce n'est pas l'Arm�e du Salut, sortez.

- Vous vous disputez jamais avec votre femme ?

- Jamais � coups de fer � souder. - Vous �tes pas bricoleur, c'est tout.

- F�lix, elle ne veut plus vous voir. - Impossible.

Ce matin, on roucoulait comme deux pigeons.

- F�lix, joyeux No�l !

- Mais tu aurais pu lui faire mal ! - Eh ben, tant pire !

- Ce que vous avez fait tant�t ne m�rite aucune piti� !

Jeu de mains, jeu de vilains. - On se calme ! Th�r�se, serviette !

On ne r�sout pas les probl�mes par la violence !

- Amenons-le � la pharmacie.

- Des �ufs au plat, c'est parfait. En plus, je n'aime pas la b�che.

Non, je pars tout de suite.

- [Pierre] Mme Musquin... - Une seconde.

Quoi encore ?

- Restez un peu, nous l'emmenons � la pharmacie.

Il saigne de la t�te.

- Cinq minutes, mais pas plus. Faut pas trop tirer sur la ficelle.

- [Josette] Appelez la police, il fait semblant !

- Il est peut-�tre en train de mourir.

- Le tableau, Pierre. - Oui.

- All�, Marie-Ange ? R�ponds-moi.

All� ?

- All�, Marie-C�cile ? Marie-C�cile ?

All� ?

- [M. Preskovitch] Mme Th�r�se, vous partez ?

- Une autre fois, M. Preskovitch.

- Cette personne a pris un coup de fer � repasser.

- C'est r�lant, parce que si on aime le dubichu,

on aime le kloug aux marrons. C'est petite douceur.

- Je vais appeler les agents. Ils vont y faire sa f�te.

- (Chant�) Mais alors quand je recule...

comment veux-tu que je t'encule ?

- Ben quoi, qu'est-ce que c'est ?

- Comment tu t'appelles ?

- Moi, c'est Josette.

- Je t'encule, Josette !

Je te baise et tu me suces ! Tu m'entends ? Je vais t'enculer.

- Avec quoi, t�te de n�ud ?

Encule-toi tout seul, esp�ce de malpoli !

Bravo, la police !

- Je l'emmerde, la police !

- Donnez-moi �a.

Excusez-nous, monsieur.

Ce n'�tait pas une r�pondante, il y a eu un malentendu.

- Malentendu du cul, vieille morue ! Je te p�te la roulette, peau de couille !

- Tr�s po�tique. Je ne connaissais pas toutes ces expressions.

Allez-y. Insultez-moi, monsieur. Nous sommes l� pour �a.

Que se passe-t-il ? Vous ne continuez pas, monsieur ?

Vous en �tiez � "Peau de couille". Ensuite ?

[Ligne qu'on ferme]

Voil� comment on les calme. Je vais r�cup�rer mes cadeaux.

Enfin, ce qu'il en reste.

Et surtout, ne touchez plus au t�l�phone !

- [Th�r�se] Il p�se son poids, votre kloug !

Je me demande si je ne pr�f�rerais pas porter le P�re No�l...

- [F�lix] J'ai le cerveau qui cogne � gauche, l�. Reposez-moi.

J'arriverai jamais jusqu'� la pharmacie.

J'ai les jambes en cotons-tiges.

[Soupir exasp�r�]

- Quoi encore ?

�a va pas recommencer ? C'est carr�ment grotesque !

Je vais m'�nerver !

Y a des limites.

Qui a eu la bonne id�e d'appuyer sur le bouton ?

Ce n'est s�rement pas le Saint-Esprit, je m'excuse.

Minuterie ? Minuterie !

- J'arrive, Bijou.

- Excusez-nous, M. Poinsot.

- Vite. J'ai rendez-vous chez Castel, alors je vous en prie.

Laissez ces couches � leur place !

- Je suis vraiment confus de tout ce mal que je vous donne.

- Tranquille. Je vous ai dit que j'avais rendez-vous chez Castel.

- Je sais pas y faire avec Josette. - C'est le moins qu'on puisse dire.

- Un peu de d�sinfectant, et nous pourrons tous partir.

[Klaxon] J'arrive.

�a sera trois fois rien.

- [Mme Musquin] Il y a quelqu'un ?

Oh, mais je vous vois tr�s bien, vous savez !

Si vous pensez me faire peur, c'est compl�tement idiot.

Allumez la lumi�re.

[Mme Musquin au loin] Je vais me f�cher, moi.

- C'est bien ici, SOS D�tresse ? - Oui, madame.

- Je suis au bout du rouleau. Tous les taxis sont ivres.

Ils refusent de vous prendre.

Et j'ai p�t� mon talon. Cette derni�re heure �tait effroyable.

[Klaxon]

- Ah merde ! �a ira comme �a. Je ne suis pas un h�pital.

- Merci, M. Poinsot.

- Je m'avan�ais dans la p�nombre, et l�...

cet esp�ce de con de sentinelle a cru que j'�tais un voleur.

La balle a travers� un gros quartier de b�uf

avant de me mourir dans la main.

Mais �a m'a sectionn� des tendons.

- �a doit faire mal, hein ?

- C'est rien de le dire.

Ils m'ont soign� comme des manches.

J'ai jamais r�cup�r� toute la motricit� des doigts.

Depuis, je tra�ne de proc�s en proc�s avec l'arm�e pour obtenir une pension.

� l'h�pital, j'ai m�me tent� d'attenter � mes jours pour les emmerder.

Je me suis taillad� les veines avec une grosse seringue.

15 jours de cachot.

Motif : sali les draps.

S'il y a une tuile qui tombe, elle est pour moi.

Et si on me s�pare de Chouchou, c'est la fin des haricots.

- Tout �a est navrant, mais M. Poinsot est un peu press�.

"Bijou" l'attend.

Vous allez rentrer chez vous et laisser Josette tranquille.

- Vous n'auriez pas 10 balles ? Pour m'acheter une chopine ?

- Non, allez dehors ! - J'ai soif !

- Dehors, maintenant. - Dites-lui que je l'attends � la maison.

Ou sinon je me fous � la Seine.

- Combien je vois dois, M. Poinsot ? - Rien du tout.

- C'est tr�s gentil. - Je vais me tuer, l�.

- Mais ma veste est pleine de cambouis ?

- Comment est-ce possible ? - Je vous pr�sente toutes mes confuses.

- Vos confuses ? Vous n'imaginez pas que je vais aller chez Castel avec �a ?

- F�lix, vous �tes fou ?

- Mais qu'est-ce que c'est ? C'est... de la merde ?

- C'est kloug.

- N'approchez pas ou j'avale tout. - L�chez �a.

- Je comprends rien du tout � la S�cu. Leurs papiers, merci hein !

Vous avez des enfants ? - J'ai pas eu ce bonheur.

- Vous �tes mari�e ? - Non plus.

- Soyez pas triste, �a viendra. Chaque pot a son couvercle.

Bon alors... 25308...

Eh ben voil� ! C'est tout la S�cu, �a !

Ils vous donnent un num�ro, �a rentre m�me pas dans les cases.

Regardez.

- �a d�borde ! - Oui, y a pas assez de place.

- Exercez-vous une activit� professionnelle ? "�a d�pend."

On vous demande oui ou non. "�a d�pend", �a d�passe.

- C'est ce que je vous dis depuis une heure.

Et elle se croit maligne.

- C'est quoi �a, "Zizette �pouse X" ? - Z�zette �pouse X.

Vous savez pas lire ? Regardez.

"Femme mari�e ou veuve, mettre le nom de jeune fille,

"suivi de : �pouse X ou Veuve Y."

- J'ai mis "Z�zette �pouse X". - Vous �tes mari�e � X peut-�tre ?

Je peux pas leur dire que je suis pas mari�e.

Avec ce ventre, �a ferait mauvais genre.

[Mme Musquin chantonne]

- Profession de l'�poux ? - Il faut mettre quelque chose...

Mettez ce que vous voulez.

- �boueux ?

- Pourquoi pas ramasser les poubelles, tant que vous y �tes ?

Voyons voir... Vous avez qu'� mettre "bureaulier".

- Pardon ? - Celui qui travaille dans les bureaux.

- Vous voulez dire buraliste ? - Non, buraliste c'est dans les tabacs.

Abrutie ! - Restez courtoise !

Je fais �a que par solidarit�. Je suis moi-m�me au bout du rouleau.

- Mais dites donc, vous avez tout salop� ma feuille !

Sac � merde ! - Qu'est-ce qu'elle veut, la mongolienne ?

- T�te de rat ! - Pauvre conne, va !

Ah ! Elle a voulu me p�ter le pied, la salope.

- Pourquoi pas "marronnier" tant que vous y �tes.

�a, c'est les fusibles qui ont saut�.

- Qu'est-ce qui se passe ?

- C'est ignoble.

C'est infect.

- O� qu'elle est, Th�r�se ? - Avec F�lix.

Il a essay� de se suicider. - Quoi ?

- Il a aval� 3 bo�tes de m�dicaments et 2 litres de lotion capillaire.

- C'est la 3e fois qu'il vomit.

- C'est du bidon, Th�r�se !

- L'apothicaire pense qu'il est sorti d'affaire.

- Josette, remontez l�-haut.

- Non, c'est tout dans le noir.

Et votre coll�gue est encore coinc�e dans l'ascenseur.

�a gueule � tout va. - Mme Musquin ?

C'est une manie.

- Eh, M. Pierre !

Un monsieur tr�s malpoli a t�l�phon�. Y voulait enculer Th�r�se.

- C'est un ami. - �a va, alors.

- [M. Preskovitch] Enculer qui ? Enculer qui ?

- Quelle id�e de trifouiller les fils. - Genevi�ve, calme-toi.

- �a va, madame ? - Pas pire.

- Vous auriez pu vous tuer.

- Qu'est-ce qui s'est pass� ? - J'ai touch� 2 fils et vu 36 chandelles.

- [Un voisin] Tu m'�tonnes, c'est du triphas�.

- Je vous assure, je n'ai rien.

On m'attend � Cr�teil.

Je dois filer. Allez !

- Mme Musquin ? Je pense que vous allez � la cave.

- C'est exact.

Allez hop ! � Cr�teil.

Joyeux No�l, Pierre. � Cr�teil.

[Soupir exasp�r�]

[Moteur qui ne d�marre pas]

...

- [Le voisin] Je regarde les fusibles. - [Pierre] C'est cela, oui.

Il y a quelqu'un ? - Oui, je suis dans le noir.

Depuis 15 minutes. J'ai failli ne pas vous attendre.

- Vous m'attendiez ? - C'est pas � vous que j'ai parl� ?

- Ah... Bien s�r, oui.

- Je vais prendre une bougie. - Oui, c'est cela.

- C'est cela, oui.

Alors, c'est vous qui m'avez appel� ?

- Oui.

- J'ai toujours eu beaucoup de chance.

- Circulez. Il n'y a rien � voir.

- [Un badaud] Un P�re No�l, quelle horreur...

- Je l'ai frapp� parce qu'il est redevenu violent.

D�s qu'il a recouvr� ses esprits, il a saut� � la gorge de la petite.

- Alors, je me suis mise devant et j'ai tout pris.

- � cause du petit, j'ai pr�f�r� que ce soit Th�r�se.

- Je l'ai pouss� dans les pots de b�b�,

mais il m'a envoy� un p�se-b�b� � la t�te.

Alors je suis devenu m�chant.

- [Katia] Je vois bien que �a vous g�ne. La voix, �a trompe souvent.

C'est comme Albert Simon qui n'a pas du tout la voix de son physique.

- Ah oui ?

- Comme moi. Je n'ai la voix de rien, le physique de rien.

Je suis rien. - Oui.

Alors vous connaissez Albert Simon ?

- Tr�s tr�s peu.

Je l'ai rencontr� dans une bo�te, un soir.

Il se trouve que j'�tais avec mes parents sur la C�te d'Azur.

On s'est dit qu'on allait terminer la soir�e en mangeant un gaspacho.

Avec les haricots rouges. - Le chili con carne, alors.

�a recommence, donc.

- Oui, chili con carne.

Alors on a atterri au Dandy's, � Nice.

- Vous connaissez le Dandy's ? - Non, je ne connais pas.

- C'est tr�s surfait, d'ailleurs.

Le DJ �tait le neveu du type

qui bosse avec ma m�re. Effroyablement vulgaire.

Pourquoi je vous raconte tout �a ? Vous n'en avez rien � foutre.

- Continuez, �a me passionne.

- Tr�s joli, cette bougie.

- Au cas o� on se retrouverait dans le noir.

- Vous vous dites sans doute que je ne sais pas raconter.

- Pas du tout, vous racontez tr�s bien.

Franchement, vous m'avez d�peint cette soir�e avec brio.

- Avec qui ? - Avec brio, c'est une expression.

- Vous voyez ?

J'ai voulu faire de l'humour, et c'est tomb� � plat.

- Ah... ! Avec brio !

C'est tr�s bon.

- C'est trop tard.

C'est comme pour danser.

Personne veut danser avec moi.

Soi-disant parce que j'ai des grands pieds.

Alors je danse seule.

- Vous avez tort.

Je vais vous faire une confidence.

Un dernier conseil avant que vous partiez.

Moi-m�me, je suis un pi�tre danseur.

Mais je ne perds pas une occasion de m'amuser.

Vous savez pourquoi ?

Parce que je me fiche de l'opinion des autres.

Vous devriez en faire autant. Merci, M. Mortez.

- Vous-m�me seriez g�n� de danser avec moi.

- Mais pas du tout. Je ne vois pas du tout pourquoi.

- Vous avez de la musique, l� ?

- C'est-�-dire que nous n'avons... qu'un petit pick-up.

� piles.

- La violence, un soir comme aujourd'hui...

M�me les guerres s'arr�tent, le soir de No�l.

D�p�chons-nous, Pierre est seul � la permanence.

D�j� qu'il a fait un effort pour venir ce soir.

Il m'a fait un cadeau magnifique.

Et je fais que lui ramener des emb�tements.

C'est quand m�me � cause de vous deux, tout �a.

- C'est vrai. Merci F�lix. Le P�re No�l, c'est une ordure.

- Tu sais quoi ? On va lui apporter des hu�tres. Il est tr�s friand.

Une bourriche d'hu�tres, avec un petit vin blanc.

- Th�r�se, t'as le b�guin pour Pierre ?

- Qu'est-ce que tu vas chercher l� ?

- Je les sens ces choses-l�, quand les gens sont amoureux.

- Pas du tout. Nous travaillons dans une communaut� d'id�es.

Des liens se cr�ent, de respect mutuel.

- Tu crois qu'il a un gros bazar ? - Un gros quoi ?

- Tu crois qu'il a un gros kiki ?

- On parle pas de ces choses-l� devant les gens.

- Il a un petit kiki, alors ? - Non !

S�rement de taille norm...

Qu'est-ce que tu me fais dire...

Allez, on remonte.

Donnez-moi les hu�tres, M. Blain.

- Je vous la marque, Mme... euh... SOS ?

- [Tr�s fort] F�lix, il a un tr�s gros kiki.

Ah !

On a que des cantiques. - Tenez, il y a �a.

["Destin�e" de Guy Marchand]

Destin�e, On �tait tous les deux destin�s

� voir nos chemins se rencontrer

� s'aimer sans demander pourquoi

Toi et moi

Un bon slow, hein ? - Excellent.

- Vous aimez ce genre de musique ? - C'est tr�s bien � chanter.

- On peut �tre un bon chanteur et un danseur moyen.

[Rires]

- Aaah ! Arr�tez !

Je suis chatouilleux.

Ne le prenez pas mal. M�me avec les...

Enfin, je suis chatouilleux. Allons-y.

- Je sais, �a doit faire bizarre de nous voir danser

tous les deux, seuls.

- Ah, tiens ! La bougie, j'ai bien fait, hein !

- Je sens bien que �a vous g�ne...

- Non ! Nous avons affaire � toute sorte de gens, m�me des communistes.

- Fichu !

�a va me co�ter un taxi.

... l'amour allait m'encha�ner

Quand je rencontrerai quelque part,

Ton regard,

Destin�e...

- [Katia] L'entr�e est � 74 francs pour 2. - Ce n'est pas donn�, hein ?

- Alors on a chaud, et on boit, vous comprenez ?

Vous dansez 5 minutes, et vous reconsommez.

Tr�s vite, �a va vous chercher dans les 160 francs.

... Malgr� nous, doit toujours devenir

Tous nos d�sirs d'amour inesp�r�s,

Imagin�s, inavou�s

Dans la vie,

Aucun jour n'est pareil, tu t'ennuies

- [Pierre] Si vous y allez avec 2 amis, c'est encore plus cher.

C'est cela. La peau des...

... derri�res.

Vous savez qu'il vaut mieux danser dans un endroit trop frais

que trop chaud ?

- [Josette] Je pleure parce que F�lix, il va mourir.

Parce que vous l'avez fait piquer, comme Lupus.

Lupus, le chien de mon fr�re � Marseille.

Il �tait devenu m�chant.

- Il lui a fait une piq�re de calmant, c'est tout.

Il va dormir 24 heures

et se r�veiller demain frais comme un gardon.

Ne te fais pas plus b�te que tu ne l'es.

- Elle est l�-haut ! - Qui ?

- La poule de Mortez. Quel culot !

Ils dansent joue contre joue.

- Quoi ?

- Vous tombez de haut, hein ?

Je n'ai rien dit parce que c'est No�l, mais lundi, j'y vais de mon rapport.

Allez ! Ben allez !

"Homme en retard, liaison dans le tiroir."

- Moi, c'est un polichinelle que j'ai dans le tiroir.

- [Mme Musquin] Taxi !

Destin�e...

- Je vous sens crisp�, M. Mortez. - Non, non.

- Je ne vous marche pas sur les pieds ?

[Pierre crie]

L�chez-moi, sale p�dale ! C'est pas vos pieds, c'est votre vice !

Oui...

Excusez-moi. Je ne sais pas ce qui m'a pris.

Je suis sorti de mes gonds.

- C'est �a, je n'ai pas le droit d'�tre diff�rente ?

- Pas du tout ! Du tout, du tout !

- Je me suis encore fait pi�ger. Merci pour le r�confort.

- Non, je vous en prie... Un peu d'humour...

[Destin�e, solo de guitare]

...

- Pierre ?

Josette, porte �a � la cuisine. On va les ouvrir.

Quelqu'un est mont� vous voir ? - Mont� voir qui ? Moi non.

- J'avais cru croiser quelqu'un. - Ah bon ?

Non, non.

- L�, j'ai beaucoup souffert.

Je n'aurais jamais pens� souffrir autant

- C'est cela, oui.

- [Josette] Lupus, c'�tait un chien r�form� de la police.

Il avait rien compris, il s'attaquait aux uniformes.

- Chut...

- Quand mon fr�re est sorti de prison,

on est all� � la gare lui porter les valises.

Lupus l'a pas reconnu et lui a arrach� un beefsteak gros comme �a.

- Tais-toi.

- [Pierre] Attendez de toucher le fond,

et l�, un bon coup de talon et vous remontez.

- Vous me conseillez de me noyer ?

- C'est une image, monsieur.

Th�r�se, ne faites pas cette t�te-l�. J'adore le Gew�rztraminer,

mais le Muscadet va mieux avec les hu�tres.

- Avec des gla�ons, c'est tr�s buvable.

- Mmm ! C'est tr�s buvable !

[Sonnette d'entr�e]

- J'y vais, Pierre.

- Monsieur, elle a les d�fauts de ses qualit�s.

- ... elle a un c�ur de pierre...

- Bonsoir. Pierre est encore l� ?

La p�dale a oubli� son briquet.

- Pouvez-vous me rappeler ? J'ai un petit probl�me.

Non, ne faites pas �a, je reste au fil.

- [Katia] C'est pas l�... O� il est pass� ?

Il a d� tomber pendant qu'on dansait.

- [Josette] Vous avez dans�, M. Pierre ?

- Le voil�.

Au revoir, Pierre. - Non, tout n'est pas tout noir.

- Merci pour tout ce bonheur. - [En criant] Il y a beaucoup de gris !

Je ne hurle pas, monsieur. - Pierre, votre amie pleure.

- Ce n'est pas mon amie.

- Vous avez le droit d'avoir les amies que vous voulez.

- Il a raison. Je ne suis l'amie de personne.

- Occupez-vous de votre amie.

- L�chez �a. Ce n'est pas mon amie. Ce n'est pas mon amie !

C'est une personne... qui m'a oblig� � danser dans le noir.

Et en plus... c'est un inverti. Et voil� !

- [Katia] "Un inverti"... Pauvre con !

Juste quelqu'un de seul qui a besoin de r�confort.

Mais vous �tes coinc�s dans votre univers moral de merde !

Vous �tes myopes du c�ur et myopes du cul !

- Suffit, il se passe des choses, monsieur !

- Quand on n'est pas une grande connasse avec des seins comme des obus,

on est rien !

Oui, j'ai des poils qui poussent sous le maquillage,

mais je r�clame le droit de vivre !

Merde !

- Elle est pas g�n�e, celle-l� !

- Th�r�se, cette grotesquerie est grotesque.

C'est du chantage, je ne c�derai pas.

- Pierre, allez vous r�concilier avec votre amie.

- Ce n'est pas mon amie !

[Musique th�me]

...

- M�me si ce n'est pas votre amie,

ce qui est r�confortant pour votre famille, n'en rajoutez pas.

- C'est important !

- La charit� s'adresse � tout le monde. Il n'y a pas 2 poids 2 mesures.

Et puis, les homosexuels sont des gens comme les autres.

Ils sont souvent tr�s cultiv�s. Regardez Proust, Gide...

- Je dis merde � l'amour !

Attention, chaud devant !

Hop l� !

Il coule ce fromage. On dirait les coulisses de l'Alkazar.

La la la la !

- Vous �tes s�res que Proust �tait homosexuel ?

- [Chant�] Un poisson, un oiseau s'aimaient d'amour tendre

mais comment s'y prendre quand on est dans l'eau ?

- Je regrette pas que vous �tes venue. Avec Th�r�se, c'est rasoir.

[Sonnette d'entr�e]

Comme un gar�on, je porte un blouson...

Entrez ! - Attention, c'est tr�s chaud.

J'ai r�ussi � le r�cup�rer. �a sort du four.

- Oh ! C'est une b�che ? - Non, c'est kloug.

- [Pierre] Ah non ! Nous avions fini de d�ner.

Ces personnes allaient partir.

- Il nous jetterait � la rue sans sucre ? - J'en veux, du dessert !

- Mais oui, on a bien 5 minutes. Personne n'appelle en ce moment.

Ce n'est pas le m�me kloug que tout � l'heure ?

- Je l'ai colmat� avec le chpotzi.

- Ah oui ! Combien sommes-nous ?

- Pas pour moi !

- Pierre... - Bon, une petite lichette, alors.

- [Katia] Oui, laissez-vous tenter.

- [Z�zette] Le g�teau il a p�t� !

- Qu'est-ce que c'est que cette odeur ? - On croirait une boule puante.

- Il faut reconna�tre que l'odeur n'est pas tr�s agr�able.

- Parce que c'est tr�s chaud. Le chpotzi fermente � la mi-cuisson.

- Comme une fosse septique, quoi.

- En r�fl�chissant, je suis trop grosse. Je vais m'abstenir.

- [Josette] Quand �a sent tr�s fort, c'est souvent tr�s bon.

Une bonne fricass�e de mou, c'est tr�s bon mais �a schlingue !

- J'ai cass� mon couteau. � l'int�rieur, c'est comme de la pierre.

- Il faudrait le mettre 5 minutes au frigo, pour que �a durcisse de partout.

- Tr�s bonne id�e, Preskovitch. Ramenez-le et jetez... arrangez-le.

Parce que le frigidaire est cass�, chez nous.

- Mais non, Pierre. - Mais si, Th�r�se.

- On peut bien lui faire ce petit plaisir.

- Ou un bord de fen�tre ? - Excellent !

Avec cette petite bise, �a va refroidir en moins de deux.

- C'est �a, ouvrez. �a va a�rer.

- Attention qu'il s'envole pas. - Vous me prenez pour un idiot, Josette ?

Que c'est b�te ! Je crains d'avoir �t� maladroit.

- [Katia] Qu'est-ce qui s'est pass� ?

- Allez le ramasser. Un chien pourrait manger �a et �tre malade.

Je veux dire, � cause des bouts de verre.

- Je vais mettre mon nom sur le pare-brise.

- Oui, tellement de gens esquintent des voitures et partent comme des voleurs.

- Je vous ram�ne vos instruments. - Pas de presse, M. Presko.

-[Katia] All� ? Paul-Andr� est l� ? Oui, j'attends.

- Dites donc ! Vous vous g�nez plus, vous !

- Je ne peux pas rappeler, je pr�f�re attendre.

- M. Pierre, je voudrais vous demander. - Oui, quoi encore ?

- Je voudrais les coquilles d'hu�tre. Pour faire des cendriers.

- Bien s�r, Josette. Tenez, c'est mon cadeau de No�l.

- C'est vrai ? Dites donc, �a me fait dr�lement plaisir.

- C'est rien. Quand on peut faire plaisir.

- On se fait la bise.

- [Katia] Joyeux No�l, ma poule ! Tu devineras jamais qui c'est ?

Katia.

Hein ?

"Un petit poisson, un petit oiseau..." �a ne fait pas si longtemps.

J'ai souvent eu l'envie de t'appeler, mais l� j'ai l'occasion.

Non, chez des gens.

- Josette, qu'est-ce que tu fais ? - Pierre me les a donn�es.

- C'est r�pugnant ! Qu'est-ce que tu vas inventer.

Mets �a � la poubelle.

- Tenez Josette, prenez la bourriche. �a vous fera une valise.

- Enfin, Pierre... - Si �a lui fait plaisir.

- Quel temps tu as, toi ?

Tu imagines, des palmiers � Paris.

M'en parle pas, je suis blanche comme un bidet.

Si je pouvais, je viendrais maintenant. - Personne vous retient.

- Tu es fou, au prix o� est le billet.

Mais j'en connais pas. Et Loulou, il est toujours avec toi ?

- J'ai peur qu'il ne t�l�phone en dehors de Paris.

- Il d�jeune ? Mais quelle heure il est, chez vous ?

Ici, il est 2 h du mat'.

- O� est-ce qu'il appelle ? - Tahiti. Il me l'a dit.

- Vous �tes fou ?

- Un malheureux n'a pas le droit de t�l�phoner ?

- Je vous en prie ! C'est comme �a que vous nous remerciez ?

- Si c'est Presko, foutez-le � la porte. - Il nous ram�ne le seau.

- Et vous...

DEHORS !

- Je m'en vais.

- F�lix...

- Chouchou, viens. - Non, plus jamais.

- F�lix, l�chez ce jouet.

M�fiez-vous, ce n'est pas un jouet.

- M. le P�re No�l, je suis uniquement une personne d�pressive de passage.

Je suis au bout du rouleau, je vais m'en aller.

- Ta gueule Miss Monde, tu restes l�.

Chouchou, si tu me suis pas, je te tue.

- Je pr�f�re mourir.

- Je vais tirer dans la grosse.

- Mais qu'est-ce que j'ai fait au Bon Dieu ?

Il y a d'autres femmes. Th�r�se, par exemple.

- C'est Chouchou que je veux, pas la moche.

- [Pierre] Th�r�se n'est pas moche.

Elle n'a pas un physique facile, c'est diff�rent.

- Et elle est dr�lement intelligente. Elle est assistante sociale.

- Va t'asseoir, le tromblon.

Attention. Maintenant, c'est du s�rieux.

Tu viens avec moi ou je te bute...

et je bute tout le monde.

- Bute tout le monde, je m'en fous.

- Josette, il faut prendre un peu sur vous.

F�lix est un gar�on charmant, bourr� de qualit�s.

Faites-le au moins pour nous.

- Josette, dans la vie il faut parfois prendre sur soi.

- Allez, du balai !

- J'ai compris votre petit man�ge.

Vous voulez vous d�barrasser de moi. Merci beaucoup, Th�r�se.

- Comptez pas sur eux. Les rats quittent le navire.

- T'as bien raison, tous des rats. Y a que toi qui es courageuse.

- Vous n'allez pas tirer sur une femme qui porte la vie ?

- Pousse-toi !

- Vous n'aurez pas le cran. Vous savez pourquoi ?

Il y en a des milliers comme vous. Physique abject, mais bon fond.

Donnez-moi ce revolver, F�lix. Tout sera tellement plus simple.

Vous n'�tes pas une ordure. - L�che �a, grosse conne !

- Ah ! Il m'a niqu� le pied ! Il m'a niqu� le pied !

- T'es une ordure, F�lix !

- �a va encore �tre de ma faute.

C'est parti tout seul.

- C'est �pouvantable, �a saigne.

Je suis foutu, je suis cuit. Appelez ma m�re au 745 09 50.

- [F�lix] C'est peut-�tre pas la peine d'amputer.

- C'est pour d�couper la botte. - Appelez un docteur !

- Laissez-moi faire. - [F�lix] C'est � peine �rafl� !

- Arr�tez de me viser, vous ! - Donnez-moi �a !

- [Josette] C'est vider le d�chargeur qu'il faut !

- [Pierre] Josette, arr�tez �a ! - Rends-moi �a !

Chouchou !

- Arr�tez !

- Qu'est-ce que c'est ? - Je ne sais pas !

- Il ne fera plus de mal � personne. - Donnez-moi �a !

[Sonnette en continu]

...

- Le monsieur qui venait r�parer l'ascenseur.

- On s'en fout, il remarche l'ascenseur.

- [Le voisin] Encore SOS D�tresse. C'est bient�t fini ? On veut dormir !

- Excusez-nous !

- Si j'entends encore un p�tard, je monte.

- Ne montez pas, il n'y en a plus !

- Qu'est-ce qui se passe, M. Lebl� ?

- Encore les d�sesp�r�s du 5e. Ils nous emmerdent !

Hep ! Te sauve pas, toi !

- Qu'est-ce qui se passe ? R�pondez !

F�lix, si vous avez tu� tout le monde, �a va aller tr�s mal.

Josette ! - C'est rien du tout !

- Alors venez ici, parce que moi je d�guste.

- C'est une catastrophe, Th�r�se.

Je vais appeler le commissariat.

- Ils pourront rien faire de plus. Il est clapot�.

Vous vous rendez compte des ennuis qu'on pourrait avoir ?

- Je l'ai pas fait expr�s. Vous allez pas me d�noncer, M. Pierre ?

- Venez vite, je me vide de mon sang !

- Pierre, il est mort. - �a arrive.

- [Enregistrement] Vous avez demand� la police, ne quittez pas.

Vous avez demand� la police, ne quittez pas.

- Pierre, j'arrive plus � respirer. J'�touffe.

Je transpire de partout.

Je suis glac�e � l'int�rieur, j'ai chaud. Je vais me trouver mal.

- Calmez-vous, Th�r�se. C'est une catastrophe.

- Elle a ses nerfs, il faut lui tremper la t�te dans l'eau.

- [Josette] Attention � pas la noyer, comme les p'tits chats dans les water.

- Vite ! J'ai arr�t� l'h�morragie. Il me faut un kilo de coton !

- Une seconde, il s'occupe de Th�r�se.

- Enfin, je demande pas grand-chose. Du coton !

- Voil�. Calmez-vous.

- [Katia] Vite, �a pique !

- Vous me d�noncerez pas, M. Pierre ? Sinon le p'tit, il na�tra en cabane.

- Non, il ne na�tra pas en cabane.

- Le coton, merde !

Puisque tout le monde s'en fout, je vais y aller moi-m�me.

[Cri]

- Allez soigner son pied. C'est plus important que moi.

Ne faites pas attention � moi.

- Qu'est-ce qui vous arrive ? - Mon nez, pauvre con !

- Soyez polie, hein ? On vous rend service !

Qu'est-ce qu'il fait encore, l'autre ?

Tenez �a.

Vous �tes fou ? Qu'est-ce que vous faites ?

- Je le descends, on va le planquer.

- Remettez �a l� ! Vous en avez assez fait, non ?

- On a qu'� le glisser sous une voiture.

- Vous �tes responsable, et vous allez pas vous d�filer.

- Je voulais vous rendre service. Qu'est-ce qu'on fait de lui ?

- Ne touchez � rien ! Je vais appeler la police.

- Vous saviez que j'�tais derri�re la porte.

Je vous hais, Mortez. Je vous conchie !

- Qu'est-ce que vous avez ? - Je suis d�figur�e.

Mon nez a doubl� de volume.

- Je vais nettoyer. Il se peut que �a fasse un peu mal.

Hein ?

Hein ? Oui, oui.

�a fait mal, hein ? Je sais, c'est insoutenable.

- Vous �tes un sadique. Vous adorez voir souffrir les gens.

- Dites donc ! Y a rien du tout. Une �raflure.

- Arr�tez vos commentaires. Faites-moi un pansement correct.

- Vous �tes vaccin�e contre le t�tanos ? - Je suis vaccin�e contre tout.

Je suis jamais pass�e si pr�s de la mort.

- Vous auriez pu avoir moins de chance.

- Comment �a pourrait �tre pire que de recevoir une balle dans le pied ?

- Il a pas souffert, il a eu une belle mort.

Il y a des types qui tra�nent des maladies pendant 15 ans !

Si �a se trouve, on lui a rendu service.

Tu trembles comme une vieille carcasse.

- Dans le petit placard de la cuisine...

... � c�t� de l'�vier...

... il y a une bouteille de Fernet-Branca.

Ram�ne-moi un petit verre.

- �a va, l� ? - La douleur se calme.

Vous faites bien les pansements.

- J'ai 4 ans de secourisme derri�re moi.

- F�lix, ouvre. - C'est occup�.

- Ouvre de suite. C'est pour faire boire Th�r�se.

- Qu'est-ce que tu veux ? - C'est propre ce que tu fais.

- T'as une autre solution ? - Ils vont pas d�noncer.

- Tu les crois, toi ? C'est des caves ! Ils vont nous balancer !

On va le couper en morceaux et le jeter dans la Seine.

Et pis �a sera tout ! - Ce que t'es intelligent.

- Allez, viens.

[Marteau] - [Josette] Tiens-le, l�.

- Et la serpilli�re, elle va se faire toute seule ?

- Vous savez, on ne pense pas toujours ce qu'on dit.

- Vraiment ?

- Tout � l'heure, je vous ai dit des choses que je ne pense plus.

- Pierre, vite ! - Excusez-moi.

Allez-y, mon grand.

- Pierre, je me sens mal. J'ai froid. Pierre, aidez-moi.

- Mais... on ne peut pas...

- Je me sens partir, Pierre.

- Mettez �a et sortez de l�. - Je ne peux pas.

Je me t�tanise compl�tement. Frottez-moi le dos.

Je suis stress�e. Frottez fort. �a va allez mieux.

- Ah ! Ah, n'est-ce pas !

La poitrine... La poitrine.

- D�sol�e Pierre, mais �a me fait du bien.

- Mais si des gens appellent...

- Oui, c'est une catastrophe. Plus fort ! Plus fort !

- Oui, ne bougez pas.

- On foutra �a dans une poubelle, �a fera un heureux.

- Trouve une scie � m�taux.

- Cet imb�cile ne sait m�me pas faire les pansements.

S'il vous pla�t.

- Th�r�se, il y a F�lix qui demande si...

- Il fait une chaleur, ici. On �touffe !

On �touffe !

- �a y est, il va lui montrer son kiki.

- Josette, aidez-moi � desserrer ce bandage.

- Il vous a ligot� comme un sagouin.

- Faites attention.

[Cri] Vous m'avez fait mal, esp�ce de folle !

- C'est pour aujourd'hui ou pour demain ? Qu'est-ce que je t'ai demand� ?

- Qu'est-ce que vous avez aux mains ? - C'est rien. Allez hop !

- F�lix, il y a les outils du monsieur.

- [Pierre] All�, je suis l� !

- Et si �a appelle ?

- C'est une catastrophe. Il faudrait d�crocher le combin�.

- Oui, oui. Il faudrait d�crocher. Comme �a, si les gens appellent...

- ... �a sonne occup�. - Oui, oui.

[Scie � m�taux]

- [F�lix] Tiens-le mieux que �a ! Je vais finir par me couper un doigt.

- [Josette] Arr�te ! tu scies la table.

[Marteau qu'on lance]

- Il va falloir emballer tout �a, maintenant.

�a rentrera pas. La t�te peut-�tre...

- L� derri�re, il doit y avoir des fait-tout.

- [Cri] Qu'est-ce que c'est ? Un lapin ! C'est le bouquet, �a.

- Le bleu, il est joli.

- [F�lix] La porte, nom de Dieu. - Attention, t'en fais tomber partout !

- Les chaussures. Donne-moi une autre bo�te.

- [Josette] La catastrophe, bravo !

- �a rentre pas. - Mais tasse !

(Marteau) Voil� ! Des plus petits morceaux.

- Josette, je t'emprunte un apr�s-ski !

C'est laid, mais c'est confortable.

Josette !

[Papier froiss�]

- [Josette] C'est b�te, tout ce beau papier foutu.

- Verse-moi un coup de vin.

- Josette...

Josette ?

- La porte, merde ! - Josette !

Vous �tes dingue ! Vous avez failli m'�craser les doigts !

- Y a rien � voir ! - Je veux un verre d'eau.

- Salle de bain ! - F�lix, ce n'est pas dr�le !

Vous m'avez bris� le pied et vous avez manqu� me couper la main en deux.

J'en ai marre de vos s�vices ! - Fous le camp !

- M�fiez-vous ! M�fiez-vous !

Y en a marre, maintenant !

[Pierre marmonne � propos du t�l�phone]

- ... n'est-ce pas. Donc c'est occup�. - Oui, oui.

- C'est occup� ! - Aaah !

- Pierre ?

- C'est occup� ! - Oui, Pierre !

Pierre, on nous regarde !

[T�l�phone]

- SOS D�tresse ?

- Ils sont occup�s.

- Comment �a ?

- Ils ont rien � faire de pauvres types comme vous et moi.

- Ils sont partis ? - Non, ils baisent.

- Ils ont de la chance. - Beaucoup, oui.

- Qui c'est ? - �a ne vous regarde pas.

- O� tu vas ? - � la police.

C'est fini de me martyriser, je vais vous d�noncer.

Vous �tes un porc !

- Je suis navr�, Th�r�se. Je ne sais pas ce qui m'a pris.

- Ce n'est pas grave, Pierre. Je n'ai rien senti.

- C'est une catastrophe.

- Et Josette qui va �tre accus�e d'un crime qu'elle n'a pas commis.

- �a, c'est catastrophique.

Josette... Qu'est-ce qu'il a, lui ?

- F�lix lui a fil� une claque.

- Th�r�se et moi avons discut� et avons conclu que...

- Josette, j'ai pas quatre bras.

- C'est valable pour vous aussi. Enfin, �coutez-moi tous les deux.

L'enfant de Josette ne na�tra pas en prison.

C'est moi qui irai en prison � sa place.

Je vais donc me sacrifier. - Pardon.

- On a peur qu'ils croient pas � l'accident,

compte tenu de votre origine sociale. Cela dit, sans vous offenser.

Tandis que moi, �a sera plus facile. Du moins, je l'esp�re.

Nous avons d�pos� mes empreintes sur le r�volver.

Vous r�alisez le sacrifice que je fais pour vous ?

Je vais dire que c'est moi qui ai tir�.

- [Josette] Si vous voulez, mais c'est pas la peine.

- C'est d�j� d�cid�. Dites donc, o� est le corps ?

- [F�lix] Je crois que le compte est bon. - [Pierre] C'est-�-dire ?

- On a fini les paquets. On va le jeter dehors.

- F�lix l'a coup� en bouts, et on a fait des paquets de No�l.

C'est pas con, hein ?

- Certainement, mais o� est le cadavre ?

- L� ! �a fait une heure qu'on vous explique. Vous �tes bouch� ?

- Aaah !

Mais c'est monstrueux ! C'est ignoble ! Th�r�se !

Ils ont d�bit� le monsieur. - Comment, Pierre ?

- Ils l'ont mis dans des paquets. Regardez, c'est le bras l� !

- J'�tais s�r qu'il allait gueuler. - [Th�r�se] Je ne trouve pas �a dr�le.

- Je voulais bien me d�noncer pour le mort, mais pas pour les paquets.

- J'ai froid, Pierre. - �a va pas recommencer ?

- La frappez pas, elle a rien fait !

- Si vous �tes pas contents, vous avez qu'� recoller les morceaux.

- Et c'est tout m�lang�.

- On va recoller rien du tout. Je vais aller au commissariat.

Leur dire que vous avez ignoblement d�coup� ce livreur.

- Ils vous croiront, peut-�tre ? Vous n'avez rien fait pour nous arr�ter ?

- Surtout si vous racontez ce que vous faisiez avec Th�r�se.

La police, y vont bien se bidonner.

- Dr�le de publicit� ! Appelez les poulets, si �a vous chante.

- [Pierre] Vous �tes une ordure.

- Ils ont aussi but� le travelo.

- C'est un cauchemar. Il faut que �a cesse.

- Appelez la police ! Appelez la police !

- M'en fous, il y en a un autre.

[Bruits de lutte]

[Sur un air de No�l] - Dovi ta ta

Ovi cheka

J'ai entendu des p�tards, je suis mont� pour me joindre.

Peut-�tre je d�range s'il y a distribution de cadeaux ?

- Touchez pas, malheureux. Ce sont pas des cadeaux, mais des paquets...

... que nous allons donner avec Th�r�se.

- C'est le No�l de Fleury-M�rogis. - Commen�ons � charger.

- �a commence � sentir. - Donnez, c'est � nous !

- J'avais pens� chanter un assortiment de chansons. �a peut vous d�lecter.

- �coutez. �a fait des ann�es que vous nous cassez les couilles.

Rentrez dans votre pays et foutez-nous la paix !

[Cri]

Et d�gagez votre doigt !

- C'est une catastrophe, Th�r�se. - Qu'est-ce qu'on va faire ?

- [F�lix] Mais bouffe ! Allez bouffe !

- [Josette] Ouais ! - Attrape-le maintenant.

- [Pierre] Poussez-vous !

Allez, � table !

- Je vais lui filer un cadeau aussi. - Laisse faire les hommes.

- [Pierre] Allez, � table !

Ouais, allez !

�a y est !

Oh ! C'est magnifique.

- �a marche. Allez, aux lions. Les gu�pards, ils ont fini ?

- [Th�r�se] Oui, ils ont tout bien termin�.

- Peut-�tre qu'ils voudront du rabe. - S'il en reste.

[Pierre] Allez !

- [F�lix] Hop, petits !

Allez, les lions !

- [Josette] Bravo, le roi des animaux !

- Qu'est-ce que je fais ici ?

- T'es r�veill� ? Casse-toi maintenant.

- On m'assomme, on me tire dessus. Qu'est-ce que je vous ai fait ?

- Casse-toi !

- Il vaudrait mieux que vous vous cassiez.

- Qu'est-ce que vous trafiquez ? - C'est le No�l des animaux.

- Vous risquez gros. C'est interdit de nourrir les b�tes.

C'est marqu� l�.

- Ferme ton clapet ou je te jette aux lions.

Allez hop ! Aux ours.

Aidez-moi � prendre le gros.

- [Katia] Occupez-vous des animaux, l'humanit� on s'en fout.

Pauvres types !

Puisque tout le monde rit, alors amusons-nous.

Joyeux No�l, les girafes ! J'arrive, les babouins !

- H�, mais qu'est-ce qu'il fout ? Qu'est-ce qu'il fout !

- Th�r�se, avec moi.

- [Josette] J'en ai marre de courir.

- Mais arr�te !

- Joyeux No�l, les singes !

- Arr�te ! Mais il est fou !

Mais t'es pas bien ? - Pourquoi pas aux singes ?

Pourquoi on ferait des exceptions ?

- Parce qu'ils ne mangent pas cette sorte de cadeau.

- �a faisait longtemps que �a me d�mangeait.

Joyeux No�l, F�lix.

- [Pierre] Mais qu'est-ce qu'il a fait ?

- Pierre, il faut r�cup�rer ces paquets. - C'est cela, oui.

F�lix occupez-vous des singes. Je vais aux girafes, je suis plus grand.

- Taxi ! Une chance de vous trouver � cette heure-l�.

Merci ! Bonjour la solidarit�.

- [Josette] Attention, le gris ! Files-y un coup de pompe.

- Mais o� est Pierre ?

Qu'est-ce que vous faites ? - Regardez �a, c'est magnifique.

- Pierre, c'est tr�s g�nant. Comment pouvez-vous regarder �a ?

- Le lapin nous a bien regard�s.

- Cons de singes. Je reviendrai avec un fusil, �a nous fera des manteaux.

- Et des chaussons de singe pour le p'tit. Y para�t que c'est super chaud.

- D�p�chons.

- Je vous am�ne pas. Il faut encore que je repeigne la bagnole.

- �a n'est pas tr�s gentil. - Laissez, nous prendrons le bus.

- Salut m'sieurs dames. Merci pour la soir�e.

Et merci pour les hu�tres !

- Th�r�se, vous �tes de permanence � la Saint Sylvestre ?

- Le 31 ? - C'est cela. La veille du premier.

- Oui, c'est donc la veille du premier.

- [Rires de Katia] Alors Mortez, on oublie sa copine ?

- [Pierre] L�chez-nous un petit peu, hein ? Pot de colle !

�a suffit, hein ! - [Th�r�se] Rentrez chez vous.

- [Pierre] Le bus ! Le bus !

[Musique th�me]

...

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