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DIVINE CR�ATURE
d'apr�s le roman de Luciano Zuccoli La divina Faciulla
Quand ton amant se met � avoir des acc�s de loyaut�
envers ton mari
tu peux �tre s�re que c'est le d�but de la fin.
Absolument. Parce qu'il m'a fait:.
"Cela ne peut pas continuer. C'est vulgaire.
"Un si vieil ami!"
Sale hypocrite!
Alors que mon cocu de mari,
ce cocu fini
il est au courant.
ll a juste peur que les gens jasent
ou que la presse en parle.
Parce qu'alors, adieu le s�nat. Surtout pas de scandale!
Devenir s�nateur du royaume vaut bien d'�tre tromp�.
Donc, nous rentrions en voiture.
Moi effondr�e sur le si�ge, furibonde, mon mari...
et lui qui ne m'accorde pas un regard.
M'aurait-il apais�e d'une caresse? Non, il parle politique,
avec le s�nateur.
Je n'existe pas.
L'amant de ta femme peut servir, si c'est le duc de Bagnasco.
C'est un �lecteur influent potentiel. Tu parles!
...nus dans le placard! C'est dr�le, non?
"C'est un devoir de briguer le s�nat", dit mon mari.
"Le parlement actuel est une honte. "
Alors lui, pour m'agacer, il s'enflamme
il parle de lutte, d'�ducation des masses.
Que sait-il des masses?
Au moins, I'autre cocu est coh�rent.
"Bagnasco, le peuple est servile. Il faut d�cider pour lui,
"prendre une initiative!"
C'est moi qui en ai pris une.
- Je lui ai mis la main sur la... - Dolores!
Mon mari a d�tourn� la t�te
et Bagnasco m'a flanqu� une gifle...
Mais c'est mon pauvre p�xinois, Ping-pong, qui a tout pris!
La pauvre b�te �tait sur mes genoux!
Elle n'avait rien fait.
ll fallait I'entendre glapir.
Le couple dans I'angle au fond � gauche...
Dans I'angle au fond � gauche!
Ils viennent chaque soir. M. Ghiondelli et sa fianc�e.
Bonne soir�e.
Bonsoir, merci.
"ll dort, pai'si'ble, � I'ombre, I'enfant du plaisir et du luxe"
Pouchxine
"Se r�veiller, ah, quel effort!"
Quelle nuit �pouvantable, M. le duc.
Le t�l�phone n'a pas cess� de sonner.
La baronne a envoy� deux fois son cocher
et une fois son chauffeur
avec ces billets.
Elle exigeait une r�ponse imm�diate.
Aucun employ� n'a ferm� I'oeil...
Je vous paie pour cela aussi.
Parfaitement. Pour prot�ger mon sommeil.
Les invitations pour ce soir.
Je n'en honorerai aucune, ce soir.
Mais je d�nerai dehors.
� vos ordres, Votre Excellence.
Je suis s�r que �a fera
une maison de campagne id�ale.
Tu me vois s�journer dans une �glise?
Mais non, c'est un presbyt�re.
Excusez-moi.
Que feriez-vous si vous h�ritiez
d'un presbyt�re?
En r�alit�, j'ai h�rit� de bien pire:.
une chapelle palatine.
Pleine de reliques
de saints totalement oubli�s.
Tu as gaff�.
Ce n'est pas une gaffe, mais un privil�ge.
N'emp�che, c'est un gaffeur, VOUS verrez.
De toute fa�on, je n'y vais jamais.
- Tu vois? - Je t'en prie, Manoela.
M. le duc ma vieille bique de grand-m�re
a l�gu� sa villa � la mer aux bonnes soeurs
et � moi le presbyt�re � la montagne.
- Qu'en faire d'autre qu'une maison? - En effet.
- Avec des christs au-dessus du lit? - Mais non!
Dans une �glise, il y en a forc�ment!
Un r�am�nagement me para�t sage.
Comme dit monsieur...?
Pardon.
Martino Ghiondelli et ma fianc�e, Manoela Roderighi.
Daniele Bagnasco.
Nous vous avons reconnu M. le duc.
Ce qu'il est gros! Merci.
Pourquoi sert-on le faisan avec ses plumes?
La poule le m�riterait aussi.
- Non? - Peut-�tre.
Voyons voir.
Comment faire plaisir � votre fianc�e?
En rasant I'�glise.
- Sans I'avoir vue? - Je ne veux pas la voir.
Les b�tisses converties en maison sont � la mode.
Tant d'abbayes francaises
sont devenues des demeures originales. Si ce presbyt�re
a une vo�te avec poutres et rosace,
cela fera un beau salon en mezzanine.
Tu vois? Je te I'avais dit.
Et s'il n'y a rien de cela?
Mademoiselle est pessimiste.
Et si, avant de vous d�cider vous visitiez ce maudit presbyt�re?
D'accord!
Ou pas?
Un vrai nid � poussi�re!
Quel bazar, dites donc!
Elle r�siste.
Seigneur!
N'entrez pas, il y a plein de poussi�re!
M'en voulez-vous?
Pourquoi?
De vous avoir tra�n�e jusqu'ici.
ll y a une bonne raison.
Aimerais-tu devenir ma ma�tresse Manoela?
Pourquoi pas?
Si mon futur �poux est d'accord, je vais lui demander.
Vous vous m�prenez.
La fougue de mon fianc� et mon indulgence vous auront tromp�.
Je comprends mieux. Pour qui me prenez-vous?
Manoela avait raison.
Comme toujours, malheureusement.
Cher duc, il n'y a ni rosace, ni poutres, ni fen�tre.
Je ne vois qu'une chose � faire:. tout raser.
"L'homme peut vivre dans I'�tude et se vouloir de jolies mains... "
Pouchkine
"ll prenait grand soin � s'habiller pour oublier ce qu'il endossait"
Stendhal
�a fait des mois qu'on le dit:.
il ne faut pas c�der aux provocations.
Pendant ce temps, Mussolini, personne n'ose lui tenir t�te.
En avant, peuple, � la rescousse Le socialisme triomphera
Dani!
Arr�tez-vous.
Tu te souviens de mon nom.
O� vas-tu?
- Je me prom�ne. - Personne ne t'attend?
Je suis seule, je m'ennuie.
Veux-tu venir chez moi?
Quoi faire?
Viens et tu verras.
- Tu veux g�cher ma promenade? - Oui.
Villa Bagnasco, je vous prie.
Que fais-tu I�?
� votre service, M. le duc.
Je t'appellerai, Pasqualino.
Veuillez m'excuser.
Que veux-tu, il m'a vu na�tre.
Comme tu es belle!
"Elle sait d�j� tout des secrets de I'amour... "
Zuccoli'
Tu es divine.
Ton fianc�...
C'est ton amant, n'est-ce pas?
Le premier?
Le seul?
Combien d'amants as-tu eus?
Un?
Trois?
Cinq?
Rends-moi la cigarette.
Tiens-tu � garder le myst�re?
Tu peux tout me dire.
Je ne suis pas jaloux.
Mlle Dolly Carol, la baronne Dolores Frassinet.
La duchesse de Flavis.
Bonsoir, s�nateur.
Viens, Dolly.
J'ai organis� un bal, pas un safari.
C'est beau, ici!
J'ai soif.
- Ce n'est qu'une fille de puisatier. - Je vois.
Elle d�teste le liquide qu'il lui a apport�.
- Tu permets. - Je veux boire cette eau.
Rien n'est trop beau.
Viens!
Excellent!
Viens chez moi je verrai si tu sais vraiment! t danser.
Fais-moi un petit num�ro.
Dani!
Que Dieu te maudisse.
Ram�ne-la.
Tu n'as rien vu.
ll ne s'est rien pass�.
"Incidents monotones de son existence multi'colore"
Pouchkine
Je passe.
Je suis.
Pareil.
ll para�t qu'� Rome,
il y a un coup de feu
qui ne demande qu'� faire mouche.
J'en ai entendu parler.
ll se dit tant d'inepties.
Je ne voudrais pas
qu'il atteigne sa cible.
- Que fais-tu I�? - Tu es seul?
Pas vraiment, comme tu le vois.
Mes amis.
Gianriccardo Montieri
Ludovico Della Notte
Lanfranco Selpa, chasseur d'Afrique.
Aucune femme?
Si.
Elena.
La gouvernante.
Tu permets? Je v�rifie.
Messieurs.
Le roi est mort, vive le roi.
La t�te qu'il faisait!
ll vit un enfer.
ll n'y a personne!
J'ai rat� mon coup. Ma visite-surprise tombe � I'eau.
Je ne te suis pas, tr�s ch�re.
On m'a affirm� que tu avais une ma�tresse.
Une autre que celle qui t'a tir� dessus.
Tu sais cela aussi...
Rome sait tout de toi.
Et pourquoi n'aurais-je pas une autre amie?
J'appr�cie ta franchise. Elle s'appelle Cecilia Folchi.
Je n'ai pas I'imprudence de la recevoir ici.
Alors tu peux rester avec ta Cecilia! Mais qu'elle s'habille un peu mieux.
Veux-tu que je te confie une cl� de chez moi?
Tu pourras venir � ta guise...
� quoi me servirait ta cl�? Tu vois tes ma�tresses ailleurs!
Je ne...
Je ne serai pas la facade de ta d�bauche!
Je ne t'aime pas.
Tu me plais �norm�ment.
Mais je ne t'aime pas.
Je ne t'aimerai peut-�tre jamais.
Pourquoi me dis-tu cela?
Je ne t'ai rien demand�.
Je ne t'aime pas.
Je ne t'aime pas.
Tu me plais.
Mais je ne t'aime pas.
Je ne t'aimerai peut-�tre jamais.
Ton cocher peut me raccompagner?
Oui, la cal�che est d�j� pr�te.
Reviens-tu demain?
Non, je ne peux pas.
Je vis avec ma tante, tu sais.
Demain nous avons des visites � faire.
Mais alors...
quand?
Apr�s-demain � 15 heures.
Pour que Ghiondelli ne se doute de rien.
Bien s�r.
"Cher Dani, mon amour... "
ll s'est pass� une chose �trange ce soir.
Tu sais les trois amis que tu as vus...
D'habitude, quand ils viennent, nous jouons au poker.
Je les bats toujours.
Mais ce soir, c'�tait une catastrophe.
Je n'arrivais � rien.
Et tu es arriv�e. C'est bizarre, non?
Crois-tu � ce vieux proverbe qui dit:.
"Heureux au jeu, malheureux en amour"?
J'ai chang� d'avis. Je ne viendrai pas apr�s-demain.
Qu'y a-t-il?
Rien. Je ne viendrai pas apr�s-demain.
- Alors quand? - Je ne sais pas.
- Veux-tu me quitter? - Peut-�tre.
Que t'ai-je fait?
Je n'ai pas � me justifier.
Comme tu voudras.
Je t'attendrai. Je suis toujours chez moi � 15h.
Adieu.
Bonjour, M. le duc.
- Le professeur est-il I�? - Au laboratoire.
Que fais-tu ici?
J'avais envie de te voir.
Alors mets-toi � I'aise retire ton casque.
Tu vas rester d�jeuner. Des plats rustiques, sans chichis.
Pas les poisons de la ville.
- Ils suivent la mode aussi. - Qui?
Les poisons.
L'homme moderne veut se tuer avec un poison en vogue.
De nos jours, la mode est � la cocaine, la morphine, I'h�ro�ne.
Voil�.
S'il te prenait I'en,vie de te suicider
il faudrait un poison exceptionnel, unique.
Pas celui du tout-venant de I'aristocratie.
ll te faudrait quelque chose de plus...
Par exemple...
La mort par t�tanotoxine.
Une mort fabuleuse. Tu sais comment?
Par t�tanisation de la nuque
et des muscles dorsaux.
Le corps se retrouve dans la position du pont, comme ca.
- Sur les talons et la nuque. - Amusant.
Amusant? Sensationnel!
Mieux que la grande cigu�!
Votre probl�me, c'est la routine.
Les d�jeuners, les d�ners, le th��tre,
ensuite, le club
les bals, les f�tes les femmes, les putains!
C'est monotone.
Regarde-toi, tu respires I'ennui.
- Mes p�tes vous ont plu, M. le duc? - Exquises.
Comme je le disais,
je ne me pardonne pas d'�tre rest� enferm� trois jours.
- Toi? - Oui, moi! Tu imagines?
Enferm� tout ce temps � attendre cette idiote.
Cette "idiote" utilise ton ennui comme rem�de contre le sien.
Tu ne comprends pas? C'est � moi de t'expliquer?
Je me sers peut-�tre d'elle pour combler I'ennui, moi aussi.
Qui sait?
Qui sait, qui sait...
Combien de vies inutiles s'enterrent sous les "qui sait"?
J'ai une id�e. Envoie ton chauffeur � Rome.
Fais venir tes malles
et reste � la campagne avec moi.
Tu as I'air d'un mort. Regarde-moi!
Allez, la coupure te fera du bien.
Bon retour. Avez-vous appr�ci� ce s�jour � la campagne?
La campagne t'abrutit, mon cher.
On y dort, on y b�ille.
On s'y ennuie � mourir.
On ne voit pas de routes.
Jamais d'invitation, jamais de femme,
jamais de bal.
Oui, mon cher, c'est une vie compl�tement absurde, immorale.
Les premiers jours, ce fut I'horreur.
Les six autres je les ai pass�s � dormir.
Et tous ces moutons!
Non, pas ici!
Je pr�f�re I'agitation de la ville.
Si je dois m'ennuyer, autant le faire confortablement chez moi.
M. le duc.
Mlle Roderighi est venue � deux reprises.
"Je t'adore, courroux des vierges, � d�lice farouche... "
Mallarm�
Tu �tais chez elle!
Tu vois Cecilia Folchi
cette blonde d�color�e cette femme entretenue!
qui s'habille n'importe comment!
Comment peux-tu aimer
une femme aussi mal fagot�e?
- J'�tais chez mon ami Pisani. - Je ne le connais pas.
- Tu le rencontreras. - Tu parles! Un maquereau!
Tu �tais � la campagne, je veux bien. Mais avec ta ma�tresse!
Cette ridicule Cecilia Folchi!
Vas-tu m'�couter un instant?
C'est fini, avec Cecilia.
Et la lettre?
"Pardonne-moi de ne pas venir.
"Je suis ext�nu�e. Je penserai � tes baisers. "
�a te fait rire?
Allons la chercher dans ta chambre.
Je I'ai br�l�e, comme les autres avant de partir.
Comme par hasard...
Dis-moi plut�t... Et si on oubliait ton fianc�?
Laisse-le tranquille!
J'�tais d�j� sa fianc�e quand tu as cherch� � me s�duire!
Moi, je ne connais pas ces ma�tresses
que tu me colles sous le nez!
Les hommes sont pu�rils et insatiables!
Je I'ai su � 15 ans!
� 15 ans?
"Elle devait parler. Elle se trahit. "
Zuccoli'
J'�tais b�te, � cet �ge-I�, je croyais tout ce qu'on me disait.
Ce monsieur avait I'air d'�tre un bon ami de la famille
comme disait ma tante.
Tu sais, j'ai toujours v�cu avec elle.
Ma m�re souffre des nerfs. Elle vit � Milan, je la vois peu.
Un jour,
nous partons tous les trois � Milan.
En cours de route ma tante a une crise de! foie.
Le "bon ami de la famille" propose imm�diatement
de nous h�berger dans sa villa de Reggio Emilia.
"Nous repartirons demain", dit-il.
Cette nuit-I�
il vient dans ma chambre et me viole.
De retour � Rome j'�tais sa ma�tresse!.
� partir de I�, il m'a harcel�e sans rel�che.
Notre relation �tait b�tie sur le chantage.
ll �tait mari�
mais son �pouse passait plus de temps � Paris qu'� Rome.
Qui est ce goujat?
Quelle importance?
Tu ne le connais pas.
Je lui ai m�me tir� dessus, une fois.
Comment s'appelle-t-il? Dis-le-moi.
� quoi bon?
Se pourrait-il que je le connaisse?
Je finirai par savoir.
Sans m�me avoir � chercher.
Que de secrets sous ce front...
Nous sommes comme des lucioles
Nous brillons dans les t�n�bres
Nous vivons dans un monde fatal
Nous sommes les fleurs du mal
M. le duc!
Arr�te-toi! C'est le duc de Bagnasco!
Fais marche arri�re, vite!
Tu ne I'as pas vu?
Allez, arr�te-toi I�.
Vous voulez un coup de main?
Une panne? Comment allez-vous?
Si vous voulez, j'appelle Gaspare. Gaspare!
Je la testais, elle est � vendre.
Lelio saura se d�brouiller tout seul.
Manoela, viens voir le duc.
Quel est le probl�me?
Enchant� de vous revoir.
Comment allez-vous, M. le duc?
�a prendra une demi-heure.
Venez donc d�jeuner avec nous � La rota Blu.
Votre chauffeur nous rejoindra plus tard.
Voici Augusto Roari,
Giuseppe Longarola,
Dico Fau...
Dico Faustini. Montez avec nous.
- Il n'y a pas de place. - Si, � c�t� de Manoela.
Dico, va devant. Je vous en prie, M. le duc.
Toi, Augusto, mets-toi I�. Giuseppe, derri�re.
Tout le monde y est? Chauffeur!
Rendez-vous � La rota Blu!
Prenez � droite dans 3 xm, puis... Vous n'aurez qu'� demander. Allez!
Petit poisson, mon bi'en-ai'm�, viens!
Joli! Bravo, mesdames.
Bravo � toi aussi!
Quelle belle truite vous avez prise!
Je vous raconte les faits.
Nous avions � peine commenc� � manger,
sous la tonnelle
quand, pr�s d'une autre table,
nous v�mes un homme
couvert de sang.
� la v�tre!
Des cris! Le type s'�tait enfui!
Nous appel�mes sans tarde,r oui, sans tarder, un cocher
mais nous v�mes arriver un policier,
avec ce type qu'il avait attrap�.
Et il lui dit:.
"Bon sang!
"O� est ton couteau!"
Ils I'ont retrouv� dans le four!
Viens au moins prendre le caf� avec nous!
ll faut bien aller � la rescousse du pauvre Dani.
Apr�s ca, impossible de ripailler.
Les poulets r�tis nous sont rest�s en travers de la gorge!
Tu es plus dr�le que Petrolini!
Veuillez m'excuser.
Qui sont-ils? Explique-nous le myst�re.
Un myst�re? "Cherchez la femme. "
Qui est-elle?
Je la connais � peine. Elle s'appelle... Roderighi, je crois.
Une Italienne? Je n'aurais pas cru.
Bien s�r que si!
Mais elle est remarquable. Tu la connais � peine, dis-tu...
Ne mens pas!
Que ferais-tu avec ces gens-I�, sinon?
J'ach�te une auto.
Ce... jeune homme en a une � vendre.
Nous I'avons test�e jusqu'ici.
Et � qui appartient la nouvelle?
ll me semble que la question ne se pose pas.
Elle est � qui la veut.
Parlez-vous de la femme ou de la voiture?
Je pense que je serai I'acqu�reur aussi bien de I'une que de I'autre.
Viens, Manoela!
�a te pla�t?
Dico!
Tu tentes ta chance?
Tu dis n'importe quoi.
Tu tentais le coup, je sais.
Tu I'�pies?
Mlle Roderighi te pla�t?
Au moins, on conna�t son nom.
Cela fait bien longtemps, Daniele.
C'est vrai.
Tu ne viens jamais me voir.
Je te rendrai visite, moi.
ll ne s'attendait pas � nous voir ici.
Votre Excellence.
Au revoir.
D�j�? Je t'en prie, reste avec moi.
Mon auto est pr�te.
� demain 15h.
Rus�, le coup du baisemain!
Et le duc? Il est pass� o�?
ll s'en va?
- Au revoir. - Bon, au revoir.
La parfaite automobile du c�libataire.
id�ale pour les escapades en amoureux.
Tu as enfin laiss� tes automobiles!
Tu devrais en faire un sport. Cela permet de rester vif et vigilant.
L'as-tu achet�e?
L'automobile? Oui, je I'ai achet�e.
Tu semblais de mauvaise humeur, hier.
J'�tais mal � I'aise.
Je ne connaissais ces gens que depuis peu.
Restes-tu d�jeuner au club?
Non, j'ai � faire. Quand viens-tu me voir?
Aujourd'hui, si tu veux.
Tr�s bien. Passe tout � I'heure, � 17 heures.
� 17 heures.
Tu as vu un peu tes fr�quentations!
Et ton Ghiondelli quel dr�le de fianc�!
Ne comprend-il donc rien?
Veut-il �tre le capitaine du navire
ou se contente-t-il d'une place � bord?
Quel idiot je fais!
Moi qui allais te demander de choisir.
Garde-le si tu y tiens! Tu le trouves bien pratique.
Seul un idiot comme lui peut �pouser une catin comme toi!
J'esp�re que tu sais ce que tu es.
Regarde-toi!
Tu sais ce que vaut ta beaut�?
Et ce Faustini! Si je le revois se comporter ainsi...
Je ne peux pas vivre de la sorte, je deviens fou!
M. le duc, le marquis Barra.
ll est trop tard.
Tu es encore I�, Pasqualino! Quel �ge as-tu, maintenant?
Je ne compte plus.
Pourquoi ne venez-vous plus, M. le marquis?
Rome est-elle trop loin?
Oui, pour un provincial comme moi.
Pourquoi ne voit-on plus M. le marquis?
Pasqualino.
Mon cousin Michele Barra Manoela Roderighi.
J'ai remarqu� Mademoiselle hier � La rota Blu.
Asseyons-nous. Je vous en prie.
Yvonne est-elle � Paris?
Sa femme ne vient � Rome que pour les deuils
ou les mariages.
En effet, elle est � Paris jusqu'au prochain enterrement.
Ou mariage.
Cela fait si longtemps... J'ai tant de questions � te poser.
N'es-tu pas inquiet pour tes terres,
avec les r�formes dont nous menace I'�tat?
Laisse parler les socialistes, leurs heures sont compt�es.
Les fascistes les ont � I'oeil.
L'ordre nouveau remettra le pays sur pied.
En revanche, ma villa
pr�s de Reggio...
Je veux m'en s�parer.
Tu as raison.
Ces demeures ancestrales ne sont que tracas.
Exactement.
Et mauvais souvenirs.
Pas forc�ment.
Ce sont souvent des souvenirs trompeurs.
Ce serait le comble
de rater une bonne affaire pour une histoire de coeur r�volue.
Un nouveau riche m'en offre une fortune, je lui c�de.
- M'offrirais-tu un verre? - Excuse-moi.
Ton champagne habituel ou du th�?
Du champagne.
Tu me reproches d'avoir �t� utilis�e et agress�e?
J'ai tout compris � I'auberge hier!
Je I'ai vu te regarder en patron jaloux!
Et il continue!
Ne I'as-tu jamais revu?
Tu es fou. Je pense que tu es fou.
Pourquoi I'as-tu invit�? Je I'�vitais depuis des ann�es.
Maintenant il aura le droit de m!e parler.
Pourquoi avoir fait cela, Dani?
Je t'aime, Manoela.
Vas-tu le comprendre � la fin?
Je t'aime.
Je ne veux pas rompre!
Pourquoi le ferais-je?
Parce que je te le demande.
Je ne veux pas te faire de mal,
surtout pas � toi.
Mais je ne veux pas!
Je devrais te redonner ta libert� pour un type que tu dis fou de toi,
mais qui ne te donne aucune garantie!
Je sais.
Je sais, mais je I'aime.
Voil� la v�rit�.
Je I'aime.
C'est ma faute. C'est vrai...
Je suis trop b�te.
Je ne comprends rien � rien.
Si j'avais fait attention, j'aurais pu t'�viter cette liaison.
Probablement.
�coute, on oublie tout et on repart � z�ro, allez!
ll me faudrait quelqu'un comme toi.
Qui me pardonne mes actes.
Et qui veut m'�pouser.
Mais ce ne serait pas sain.
Je ne te ferais que du mal et je ne veux pas.
Je ne veux faire de mal � personne.
Alors ce sont nos vainqueurs? La belle affaire!
Ce soir, nous d�nons tous ensemble.
� Colonna. Tu viens?
- Qui y aura-t-il? - Selpa, Montieri, Raffaelli, Barra.
Invite Mlle Roderighi.
- Mlle Roderighi? - Oui, ta...
Armellino, tu aimerais que je vienne avec elle?
Tu n'as pas le b�guin, j'esp�re?
Moi?
M'en crois-tu capable?
Mlle Roderighi me pla�t, c'est vrai, mais ce n'est qu'un caprice.
En passe de finir.
Dieu soit lou�!
Elle a �t� vue avec toi dans ton auto, dans ta cal�che...
Que fais-tu des convenances?
- Pouvons-nous discuter? - Je suis toujours ouvert au dialogue.
Amoureux de Mlle Roderighi!
Alors vois-la discr�tement sans t'afficher!
Un jus de tamarin?
Gar�on! Deux jus de tamarin, je vous prie.
Les gens pensent que c'est s�rieux entre vous.
La duchesse de Bagnasco!
Quand on sait
que Manoela vend ses charmes chez Mme Fernanda Fones...
Nos amis t'ont demand� de m'ouvrir les yeux.
J'ai compris, Armellino.
Cela part d'une bonne intention,
mais ce n'�tait vraiment pas utile.
Voil�, M. le comte.
Ce ne sont pas des m�disances.
Comme vous voyez, M. le duc, j'ai chang� les miroirs de place,
ajout� des fleurs.
J'ai mis ces splendides rideaux noirs.
En dehors de cela, la chambre est rest�e telle que vous I'aimiez,
avec simplement une nouveaut�:.
la lumi�re �lectrique au-dessus du lit.
Ce n'�tait pas n�cessaire.
Depuis combien de temps n'ai-je plus I'honneur de vous recevoir?
Vous ne me feriez pas des infid�lit�s, au moins?
La concurrence est redoutable.
�coute, Fernanda.
J'ai besoin d'un renseignement.
Je serais ravie de pouvoir vous aider.
Depuis peu, j'ai remarqu� une fille qui me pla�t �norm�ment.
J'ignore comment I'aborder, elle est souvent accompagn�e.
Elle s'appelle...
Attends. Comment s'appelle-t-elle? Peut-�tre la connais-tu?
Manoela, je crois.
Roderighi! Bien s�r!
Je la connais. Vous voulez un rendez-vous avec elle.
Aujourd'hui, nous sommes jeudi.
Le temps de la pr�venir, en prenant quelques pr�cautions,
et j'esp�re I'avoir pour samedi, si cela vous convient.
Samedi...
Tu es d�moniaque!
Comment I'as-tu rencontr�e?
Je serai franche.
C'est I'un des v�tres qui me I'a pr�sent�e.
- Le marquis Barra! - Alors vous savez absolument tout.
Et tu as eu I'id�e de la prostituer. Tu lui as fait une offre.
Puis une autre! Tu es... tu es...
Les mots me manquent.
Je suis la meilleure.
C'est un euph�misme. Il faudrait inventer un mot.
Tu arrives, tu repars,
tu reviens totalement � I'improviste.
Je te pr�viens tout de suite:.
n'essaie plus de te mettre au vert.
Je ne suis plus d'accord.
Rassure-toi, je ne reste pas.
Je me faisais du souci. Je n'avais plus de nouvelles de toi.
Depuis quand t'inqui�tes-tu comme �a?
Je me suis demand� si tu �tais malade.
Tu es compl�tement fou.
C'est bien la peine d'�tre gentil.
Je ne t'ai jamais vu aussi livide.
Me donnerais-tu une cigarette?
Celles qui sont dans ma chambre.
Celles-ci?
Tu n'as pas envie de parler?
Je dois interpr�ter ton silence?
Si tu as quelque chose � me dire, parle.
Aucun de tes propos
ne peut �tre n�gatif.
- Le duc est-il en vie? - Pla�t-il?
- Est-il souffrant? - Je ne pense pas, Monsieur.
J'ai ordre de ne pas le d�ranger.
Je veux le voir quand m�me.
ll dort... avec une demoiselle.
Vous �tes fous de les avoir laiss�s s'enfermer!
Je regrette, je ne peux pas ouvrir.
Je t'ordonne d'aller le chercher tu as compris?
ll en manque.
Par terre?
Tu aurais vol� le poison pour le jeter sur le tapis?
C'est peut-�tre vrai.
La tache est �norme. Comment I'as-tu dilu�?
Tu es trop curieux.
Je croyais que tu �tais mon ami.
Pourquoi I'as-tu vol�?
Tu ne veux pas r�pondre?
Jure-moi sur I'honneur que tu n'as pas gard� le reste.
Voyons...
Veux-tu que j'appelle Manoela? Elle se repose � c�t�.
Pas question.
Je te demande pardon, Manoela.
Parfois, je perds la t�te.
Dans ces moments-I� le moindre on-dit me met hors de moi.
Et je ne r�ponds plus de mes actes.
Pardonne-moi.
Nous nous sommes assez fait de mal pour aujourd'hui.
Demain � 16h, d'accord?
Oui, mon amour.
La demoiselle est-elle pr�venue?
Bien s�r, M. le duc, depuis hier.
Est-elle d'accord pour 16h?
Absolument, demain � 16h.
"� mon lendemain fait de tumulte de peut-�tre et de probablement... "'
Oxilia
Bonsoir, M. le duc.
Ce soir-I�, je me rendis au club.
Je jouai'...
...et je GAGNAl.
M. le duc.
Mlle Roderighi vous demande au t�l�phone.
Je dois accompagner une cousine venue faire des achats � Rome.
Je serai chez toi vers 18h, d'accord?
Non, Dani!
N'aie crainte, je ne suis pas arm�.
Je me sens d�shonor�.
Par piti�, laisse-moi partir pour toujours!
Pourquoi viens-tu ici? Pour I'argent?
Dans ce cas...
m�rite-le.
D�shabille-toi.
D�shabille-toi!
Tu aurais pu me demander de I'argent.
Revendre mes bijoux.
On ne met pas de bijoux dans un bordel!
Menteuse!
Sur ce lit, Michele Barra t'a initi�e � la prostitution!
Tu t'y es enfonc�e jusqu'au cou!
Tu as touch� le fond, putain!
Putain!
Je te tuerai en temps voulu.
Je ne raterai pas I'occasion.
S'il existe un coupable, et il y en a un,
il doit payer.
Le repas est servi.
Je lisais dans le journal, I I'histoire d'une dame
une femme respectable,
surprise dans une maison close.
Et je me demandais pourquoi une femme comme elle
Mari�e
ayant sans doute une liaison, n avec un amant fou d'elle
se prostituait-elle?
Peut-�tre qu'elle hait les hommes, qu'elle les m�prise.
"Qu'il est doux, en amour, d'�tre tour � tour victime et bourreau"
Baudelai're
�cris.
"Cher Michele je suis prisonni�re de! Dani.
"ll m'a emmen�e loin de tous.
"J'ai besoin de votre aide.
"Mais soyez prudent.
"Je vous contacterai d�s que nous pourrons nous voir.
"Manoela. "
ll faut que tu I'excites.
Avant de I'humilier.
Que tu attises ses espoirs,
avant de le repousser.
Tu dois le flatter
le torturer.
Tu devras feindre un amour qu'� cause de moi,
tu ne pourras lui manifester.
Et le lendemain
tu devras feindre un amour pour moi qui te fera oublier Michele.
Tu crois que j'ai besoin de faire semblant?
Tu lui donneras des rendez-vous auxquels tu n'iras pas.
Tu dois rendre Michele fou de d�sespoir.
- Tu veux ta vengeance? - Et je I'aurai gr�ce � toi.
ll ne fallait pas venir, Dani est I�.
ll y avait I'en-t�te de I'h�tel sur ton enveloppe.
Une enveloppe � en-t�te?
Je vois, tu n'as pas fait expr�s, comme d'habitude.
C'est un h�tel. J'ai le droit d'y s�journer.
ll ne fallait pas venir.
- Tu as besoin d'aide. - Ne me tutoyez pas.
Personne n'entend et tu es � moi.
Allez-vous-en!
Je vous contacterai.
Notre amour s'est termin� sur une fausse note.
J'ai �t� l�che, mais je t'aime encore.
Tu me reviendras il en va de ma vie '!
Ta lettre a fait accourir Michele Barra!
Et maintenant? Nos vacances sont g�ch�es!
ll est d�j� arriv�...
Tu as utilis� expr�s une enveloppe � en-t�te.
Tu cherches les ennuis, Dani.
Pense � moi tu ne vois pas que je souffre?
Je n'en peux plus!
- Lui as-tu parl�? - Il m'a abord�e.
Je hais les hommes!
Je suis avec I'un, I'autre se consume. Que faire?
�cris-lui un mot.
Dis-lui que tu as pr�f�r� m'avertir de sa pr�sence � I'h�tel
et que je I'invite � petit-d�jeuner avec nous demain.
C'est pour toi.
Ouvre.
ll y a une inscription.
Lis-la.
"Tu es... I'agneau
"parmi les loups. "
Que fais-tu, Dani?
Tu admires la mer?
J'aimerais rentrer. Le soleil m'incommode.
Excuse-nous, veux-tu?
ll a lou� un appartement en ville. Il veut me voir demain.
ll m'a demand� de te mentir pour le retrouver.
ll a trouv� encore un lupanar. Que lui as-tu r�pondu?
J'ai accept�, bien entendu.
Mais pour pouvoir t'en parler avant, j'ai report� � apr�s-demain.
Parfait. Nous partirons demain soir. Nous rentrons � Rome.
Dani, ce que je suis contente!
Cette com�die est insoutenable.
L'id�e de te tromper avec lui me r�pugne.
Je regrette, mais il faudra continuer de faire semblant � Rome.
Arr�tez-vous!
Mademoiselle le marquis Barra nous fait signe.
Tu t'es fichue de moi!
Pas de scandale!
- O� pouvons-nous nous voir? - Je ne sais pas.
Au caf� Greco, d'accord?
D'accord, demain.
� 13h, il sera d�sert.
� demain. Allez!
Je d�marre?
Allez-y!
J'aurais donc commis un crime.
M�me sans �tre orgueilleux...
Les autres
t'ont eue comme ma�tresse.
Mais moi seul t'ai eue vierge
et innocente.
Vous �tes ivre!
Un caf�!
� quoi cela rime-t-il
de manipuler I'unique homme de ta vie?
De qui parlez-vous?
�coute-moi.
Pourquoi as-tu chang� d'avis?
Tu avais accept� le rendez-vous.
Parce que je savais que je partais.
Tu m'as demand� de I'aide.
Pourquoi?
Une faiblesse de ma part.
J'avais peur
que I'amour exclusif de Dani m'�touffe.
Mais je I'aime et je ne le trahirai jamais.
C'�tait une erreur. Je vous demande pardon.
Tu te paies ma t�te. Tu aimes me voir dans cet �tat.
Dans quel �tat?
Tu verras.
Tu ne m'as pas oubli�.
En effet.
Tu te souviens encore de mes baisers.
Oui. Ramenez-moi, Dani m'attend.
Tu m'avais dit que tu aimais faire I'amour.
Je vous en prie...
Te caresse-t-il comme je te caressais?
Bien s�r, il m'aime.
Moi aussi, je t'aime.
Je ne t'emm�nerai pas chez Dani.
Vous �tes grossier, vulgaire et d�nu� d'esprit!
L'as-tu vu?
Au caf� Greco.
Que t'a-t-il dit?
Des mots d'amour, des tas.
- Il m'aime, il souffre. - Parfait.
C'est ce que nous voulions.
Demain, tu y retourneras.
Je ne viendrai plus.
- Pourquoi? - J'en ai assez.
Pourquoi?
J'en ai assez!
Tu crois que �a suffit pour que je renonce?
Je ne veux plus vous voir!
J'ai re�u une invitation de Dani � d�ner demain soir. Je te verrai!
Tr�s bien, vous me verrez mais avec lui.
Tu aimerais ca, hein?
Que j'assiste � votre bonheur conjugal.
Alors ne venez pas, vous n'assisterez � rien du tout.
Non, demain soir, je d�ne avec vous.
Mais apr�s-demain, tu seras avec moi.
Esp�ce de fou! Je vous c�derais pour un d�ner?
Je ne plaisante pas!
Apr�s-demain � 13h, tu es I� ou je me tue!
Je t'attendrai un quart d'heure. Je le jure sur ma d�funte m�re.
Si vous pouviez dire vrai...
Tu as maigri, Michele. Tu as mauvaise mine.
Comment cela se fait-il?
- Je suis amoureux. - Toi, amoureux?
Comme c'est mignon, il est amoureux!
Comme du temps de Mlle Pampaloni, I'ornithophage noctambule!
ll va nous dire de qui?
C'est un amour platonique.
Blanc comme un ch�que.
- Qu'est-ce que tu y connais? - � I'amour ou aux ch�ques?
� I'amour platonique et blanc comme neige.
C'est la passion qui t'emp�che de boire?
Voil� qui va te requinquer, Michele, tu verras!
Maintenant, j'aimerais porter un toast � notre divine ma�tresse de maison!
Mon histoire d'amour fut un fiasco.
La belle ne voulait pas de moi, m�me en r�ve.
- Pas m�me en cauchemar? - Non plus!
Je la suivais partout, au th��tre, au club, aux courses...
Je lui offrais des chocolats.
- Elle les jetait? - Non, elle les engloutissait.
Pas comme ca, voyons!
Un, deux, trois, quatre.
Tu vois? Quel empot� tu fais, Dani!
Je lui ai offert un bracelet et une bague:. elle les a enfil�s.
Un bracelet de perles, un collier de perles!
Elle les a enfil�s.
- Elle enfilait tout, celle-I�! - Tout, tout, tout!
C'�tait un vice irr�pressible.
Je voulais m�me lui offrir une villa.
Mon p�re refusa:. c'�tait la sienne.
Et puis comment aurait-elle pu enfiler des briques?
Je sais quel nom figure sur votre ch�que.
Du caf�, M. le marquis?
Oui, sans sucre.
- M. le comte? - Non, merci.
ll est d�truit, d�sormais.
�a y est.
Je lui �crivais trois fois par jour.
Les lettres, ca, elle me les renvoyait sans m�me les ouvrir.
ll y a des lettres qu'il ne faudrait ni �crire ni ouvrir.
Que dois-je comprendre?
Aurais-tu des remords?
Dani...
Au 12 Via Cavour, demain.
Tu sais comment �a s'est termin�?
Je me suis suicid�.
Mais comme tous les,suicides mis en sc�ne
il fut rat�.
J'avais confondu le v�ronal avec un laxatif.
Arr�tez-vous au num�ro 12.
Nous y sommes, madame.
Attendez-moi, je vous prie.
Ne t'approche pas.
Dans le doute, j'ai pr�f�r� venir. Ne me le fais pas regretter.
Non, tu ne partiras pas d'ici.
Un acc�s de d�mence et...
Ne t'approche pas.
Je veux t'embrasser.
Reste o� tu es.
J'�crivais � mon fr�re. Je lui dis tout.
Alors c'est vrai?
Tu allais te suicider pour moi, qui ne t'aime pas?
Quelle importance?
Moi, je t'aime.
- Adieu, Michele. - Reviendras-tu une autre fois?
Et si je te retenais?
Tu ne le feras pas, adieu.
J'aurais pr�f�r� en finir � ma fa�on.
Une histoire d'amour malheureuse mais merveilleuse
ne m�rite pas cette fin indigne.
Qu'esp�rais-tu?
Rien, pas m�me ta visite.
Tu ne feras pas de b�tise?
Non, tu m'as g�ch� I'instant.
Tu m'aimes encore.
T'ob�irais-je, sinon?
Te laisserais-je partir?
Allez, �a suffit.
Viens I�.
Voil�.
Pour moi
tu resteras toujours la jeune fille d'alors.
Tu n'as pas I'air normale.
Tu es toute �chevel�e.
O� �tais-tu?
Je me suis lev�e tard.
- Et Michele? - Je I'ai vu.
Toujours au caf� Greco?
O� veux-tu que je le voie?
Hier aussi?
Oui, mon cher.
Vous vous �tes vus avant-hier aussi?
- Je te dis que oui. - Ce n'est pas vrai.
Avant-hier, j'�tais au caf� Greco de 13h � 14h.
Et vous n'�tiez pas I�.
O� vous cachez-vous?
Pourquoi mens-tu, Manoela?
Je ne mens pas.
Pourquoi nous cacherions-nous?
Tu me brouilles les id�es.
Avant-hier, je ne I'ai pas vu.
Mon Dieu, quelle torture! Cette vie est devenue infernale!
D�sol�e, j'ai la migraine.
Je vais devenir folle!
Alors? Lui as-tu parl�?
ll me tuerait.
Je n'en peux plus!
Allons-nous-en!
Partons � I'�tranger! Disparaissons tous les deux.
Je te veux tout enti�re � moi!
ll se suiciderait.
Alors c'est deux heures avec moi et le reste avec lui?
Ne me crie pas dessus, je r�fl�chis! Laisse-moi du temps.
Vite! Il faut faire vite!
Sinon je vais tout raconter en personne � Dani!
Si tu fais �a, je te quitte.
- Mlle Roderighi? - Qui �tes-vous?
Vous ne me connaissez que de nom. Marco Pisani.
Que voulez-vous?
Que se passe-t-il?
Pardon, mais vos entrevues avec Michele Barra font jaser.
On en conna�t I'heure et I'adresse d'o� ma venue.
Ne parlons pas en pleine rue. Montez avec moi.
Cet Armellino veut-il provoquer une trag�die?
ll veut que Dani ouvre les yeux et vous quitte.
C'est pour �a qu'il le crie sur tous les toits.
La rumeur est m�me remont�e jusqu'� ma campagne.
Je ne vous comprends pas, Manoela. Vous dites aimer Dani.
Mais vous �tes la ma�tresse de Michele Barra.
ll m'a oblig�e!
Mais bien s�r...
ll m'a fait du chantage au suicide!
Quand je suis all�e chez lui, il �crivait � son fr�re, I'arme pr�te.
Vous n'auriez pas d� y aller!
Vous auriez vu ce dont il est capable.
Ne vous rendez plus Via Cavour.
Les rumeurs cesseront et tout redeviendra comme avant.
Pensez � Dani, � notre ami.
J'avoue que votre amour me para�t...
monstrueux.
Tu te berces d'illusions, cher Dani. Du reste, tu sais...
je leur suis moins oppos� qu'avant.
Ils ont la poigne n�cessaire.
ll faudra bien finir par compter avec les fascistes.
Et puis les Italiens en ont besoin.
Dommage qu'ils soient si rustres,
vulgaires, embourgeois�s,
mal �lev�s et tellement...
Votre conduite est inqualifiable!
Mais je ne suis pas encore fasciste.
Peu m'importe!
Vous n'�tes qu'une crapule, un trublion, un espion!
Tu plaisantes, j'esp�re?
Absolument pas.
ll dit � qui veut I'entendre que je vois Michele Barra
chaque jour entre midi et deux, Via Cavour.
ll le crie sur tous les toits!
ll enqu�te sur moi aupr�s des portiers et des commer�ants!
Esp�ce de l�che!
- Qui r�pond d'elle? - Moi, naturellement.
Et il joue les h�ros, en plus!
Allez-vous-en, crapule!
Regarde dans quel p�trin tu me mets.
Tu d�passes les bornes.
Tu vas te battre contre ce vaurien?
C'est � nos t�moins d'en d�cider.
Je consid�re que cette Roderighi ne vaut pas le coup d'�p�e
que tu m'infligerais ou que tu recevrais.
Mais, puisqu'elle m'a trait� de l�che et de crapule,
je n'ai plus le choix.
Dani, je n'ai pas menti.
C'est la v�rit�. Mlle Roderighi retrouve Michele Barra.
lls se voient entre midi et deux.
Dans un appartement.
Au 12 Via Cavour.
Si tu veux, tu peux v�rifier.
Tu n'as qu'� y aller.
Manoela est une fille
qui tape dans I'oeil, tu le sais bien.
Les t�moins qui s'en souviennent se trouvent facilement.
Je n'ai pas invent� ses activit�s chez Mme Fones.
Je ne mens pas plus aujourd'hui.
- Mettrais-tu tout cela par �crit? - Devant t�moins et avocats.
Votre Excellence...
Vous n'allez pas m'attirer d'ennuis, au moins?
Quelqu'un peut entrer � tout moment.
Ce sont des affaires d�licates.
Merci. Venez, suivez-moi.
Tu as un oreillet blanc � la boutonni�re.
cadeau de Michele.
Michele n'a pas ce raffinement.
Tu I'accuses � tort.
Ne plaisante pas.
ll vaut mieux que tu avoues tout.
Que dois-je avouer?
Que tu m'as tromp�e de la fa�on la plus mesquine.
Que tu es la ma�tresse de Michele Barra.
Mais pourquoi lui as-tu c�d�?
Comment es-tu pass�e de la haine � I'amour?
Ce ne sont que les calomnies d'un sc�l�rat!
Armellino ne ment pas.
ll disait vrai sur tes visites chez Mme Fones.
Au lieu de croire ce mufle tu aurais d� aller Via Cavour.
Pourquoi n'y es-tu pas all�?
C'est une id�e...
Mais non, je n'irai pas.
C'est dommage. Tu aurais eu la preuve de mon innocence.
Es-tu bien s�re d'�tre innocente?
Si ce vaurien d'Arme, Ilino est si s�r de lui
il aurait d� consigner par �crit ses calomnies!
S'il peut raconter des mensonges, il peut aussi en �crire!
Je veux rentrer je suis morte de fatigue.
Voyons-nous demain, cela vaudra mieux.
Demain est un autre jour.
Nous passerons la journ�e ensemble.
Tu te souviens de la fois o� je t'ai gifl�e?
J'avais mis du poison dans ton th�.
Tu voulais me tuer?
Tu en serais capable.
Un homme vous a-t-il questionn�e sur moi et le marquis Barra?
Je n'ai rien dit.
ll venait de ma part, vous auriez d� lui montrer I'appartement.
Alors oui, je le lui ai montr�. Je I'ai m�me accompagn�.
Tout y �tait? Les ooeillets blancs aussi?
Oui, les ooeillets blancs habituels. Tout �tait pr�t.
J'ai m�me d� ouvrir la fen�tre.
Cela pr�sente des avantages d'avoir un Bagnasco comme amant.
Ma tante, comprends-moi bien.
Les bijoux sont pour toi, mais pas I'argent.
Je I'ai gagn�. Ne me demande pas comment.
Tu ne peux pas fuir comme �a.
J'ai v�cu selon Barra, Ghiondelli Bagnasco et toi.
Je veux vivre ma vie.
- Moi qui voulais faire de toi... - Une duchesse?
Arr�te, tu t'en tires bien.
insolente!
Tu ne pourras plus faire semblant de ne rien voir, rien savoir.
C'est facile de se voiler la face.
"routes les femmes le savent.: la seule �chappatoire est la fui'te"
Proust
Non, � mon avis
il ne la retrouvera pas.
Pourtant, il en a engag�, des d�tectives.
Elle seule
sait o� elle se trouve.
Coca�\codee!
ll n'y a pas que lui qui a besoin d'�tre consol�.
Elle a perdu une belle rente, la ch�re tantine.
Et Michele Barra, qui va le consoler?
ll n'a pas besoin de cocaine pour I'oublier.
Je suis s�r qu'il a d�j� trouv� un exutoire � sa bestialit�.
Excusez-moi.
Elles sont descendues � I'h�tel
sous le nom de Theodora Langdon et Regina Hargrave.
La brune, qui ressemble au portrait que nous avons,
se fait appeler Mlle Hargrave.
Mlle Manoela Dani vous recherche d�sesp�r�ment.
Pardon?
Que dites-vous?
Je ne saisis pas.
Ne fais pas attention.
C'est bien elle
parce que, deux heures apr�s, elles avaient quitt� Paris.
Morphine!
Vive le vin qui' est sinc�re
Celui' qui'permet d'y voir plus clair
Qui' noie les id�es noires
Dans I'ivresse et la tendresse
Champagne!
Regardez-moi �a!
� la v�tre!
Un beau toast!
Avale, cochonne.
Tu as d�j� pris un bain de champagne?
lls s'en font pas, ces deux-I�!
Faut dire, avec toutes les fraises qu'ils ont b�fr�es.
Et nous alors?
ll va pas enlever les fraises, lui?
O� vas-tu?
Laisse �a!
Donne!
L�che! Tu vas l�cher, oui!
Tu te rinces I'oeil, en plus? Retourne travailler!
Tu te rends compte? Qu'il essaie pour voir...
Quoi?
Tu devrais �tre mannequin.
Surtout pour nous, de la vieille �cole naturaliste
tu devrais te montrer!
Regardez! Une vraie femme, avec des vraies courbes!
H�las, de nos jours... avec les futuristes
tu serais oblig�e de changer de m�tier.
Reviens ici!
Tu vas lui filer une apoplexie, � ce pauvre vieux!
Tu ne souris pas.
Manoela Roderighi.
C'�tait une bonne amie � moi.
Tu I'as trouv�e chez Fernanda?
- La photographie? - La fille.
Ce n'est pas compliqu�.
Tais-toi!
Tu I'aimes encore?
Tu ne peux pas I'oublier?
Qu'en sais-tu?
Moi non plus.
Je cherche apr�s ri'ti'ne
Et je ne la trouve pas
Je cherche apr�s ritine Mais je ne la trouve pas
La voil�, ma Titine!
Maintenant, titille-moi!
Allez!
M. le duc!
Pasqualino, tu n'es pas encore couch�?
Va au lit.
Bonne nuit, M. le duc.
Essaie encore une fois, ma belle.
La jeunesse
Est le printemps
De la beaut�
Le fascisme
Est le garant
De notre libert�
Superbe. Encore.
De notre libert�
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