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Comment vivre une vie?
Ma soeur Ingrid était une vraie rêveuse quand on était petites.
Mais moi, j'ai toujours été raisonnable.
Une maison convenable dit tout sur ce que tu es.
Je dis toujours qu'il faut faire une liste.
Alors tu ne fais qu'une chose à la fois et tu mets tout à sa place.
Ordre, propreté et une maison sûre où tu es capable de tout retrouver.
Je me lève à 06.00 heures.
Je nettoie, fais les lessives, fais les courses et la cuisine.
Les habitudes et routines permettent la sérénité.
Aussi valable pour le bac à couverts.
Fourchette, couteau, cuillère. Cet ordre.
Un ami de Kent a voulu aider après un dîner...
et il a mis les couteaux à la place des fourchettes.
Ce fut la fin de notre amitié.
Kent travaille et moi, je fais le ménage.
Ça marche bien depuis 40 ans déjà.
Bien, une maison rangé et le repas prêt quand il rentre.
J'ai vraiment une vie agréable.
Voici les infos de 18.00 heures.
Une femme de 60 ans, retrouvée morte dans son appart...
après que les voisins se sont plaints de la mauvaise odeur.
La police suppose que sa mort date de quelques semaines.
Hé, chérie. –Il était temps.
Le repas refroidit. –Je suis désolé.
C'est bon? –C'est délicieux.
Pourquoi tu ne le dis pas? –Chérie...
je viens de le dire? C'est délicieux.
Merde.
Du foot. Merci pour le repas.
Kent aime par–dessus tout le foot.
Il dit que le foot est une métaphore de la vie.
Je ne vois pas dix hommes suants sur un terrain boueux...
être une métaphore de la vie.
Merde.
Pas besoin de toujours être d'accord.
Je ne veux pas le juger.
Mais le bicarbonate de soude apporte bien plus que le foot.
Ça enlève toujours les pires tâches.
Chacun a besoin d'une place dans la vie.
Comme Kent et moi avons ensemble.
Britt–Marie was here
Où est caché mon rasoir?
Il n'est pas caché. Dans le troisième tiroir.
Bonjour. Comment vas–tu?
Pas de problème.
Un instant. Je dois y aller.
Ce sera tard, ne m'attends pas.
Kent voyage beaucoup pour son travail.
Vrai, mais on pourra changer ça.
Il travaille dur.
Je trouve les voyages assez stressants.
Pardon.
Pardon.
Britt–Marie Larsson à l'appareil.
Un infarctus?
Je peux faire quelque chose pour vous?
Je suis Britt–Marie, la femme de Kent.
C'est vrai? Je pensais que...
Ben, je suis Britt–Marie.
Camilla.
Vous trouverez la sortie?
Ben, alors...
Je vais vous laisser seuls.
Alors?
Je ne sais pas ce que je dois dire.
Alors il faut mieux que tu ne dises rien.
Dans la plupart des relations il faut apprendre à accepter les faiblesses.
Les faiblesses étant des meubles lourds...
tu pourrais nettoyer tout autour.
Tu sais que la poussière est en dessous.
Mais tant que tes invites ne voient pas, il n'y a rien.
Jusqu'au jour où quelqu'un déplace ce meuble...
et tout devient visible.
Alors c'est trop tard.
Une journée à la fois, Britt–Marie. Une journée à la fois.
Britt–Marie. Que puis–je pour vous?
Je cherche un emploi.
Bon. Voyons.
Vous avez 63 ans, correct? –Correct.
Depuis 40 ans, vous n'avez pas eu un emploi professionnel.
Vrai. Mon dernier emploi était serveuse.
Je serai honnête. Il y a peu de travail pour des femmes de votre âge.
Ou pour des hommes de votre âge.
Il n'est pas question de discrimination.
Mais...
avez–vous entendu parler de Borg?
Borg est une ville.
Non, je ne crois pas. –Moi non plus.
Ils recherchent un animateur. C'est temporaire, mais c'est du travail.
Une de vos missions est l'entraînement de l'équipe de foot des jeunes.
Avez–vous de l'expérience dans le foot?
Ben... la moitié de ma vie a tourné autour du foot.
Ça a l'air bien. Si vous voulez, le poste est pour vous.
Merci.
Prochain arrêt: Borg.
Le chaos.
Ou 'on y perd sa peine' comme ma mère disait toujours.
Une journée à la fois, Britt–Marie. Une journée à la fois.
Mais tu peux aller la chercher? –Fais–le toi–même.
Bonjour.
Les visages d'enfants ont un truc spécial.
Tout est encore possible.
Ma soeur avait aussi un tel visage.
Ingrid était une vraie rêveuse. Un rêve plus beau que l'autre.
Mais des rêves, c'est des rêves et la vie, c'est la vie.
Bonjour. –Qui êtes–vous?
Nous voulons la balle.
Je veux d'abord savoir ce qui s'est passé.
Sérieux. Qui êtes–vous?
Vous êtes de la mairie?
Je suis Britt–Marie, la nouvelle animatrice.
Vraiment? –Notre nouveau coach aussi?
Oui. –Vous blaguez.
Non, je ne blague certainement pas.
Vous n'avez pas école?
Pourquoi rigolez–vous? –C'est samedi.
On pourrait avoir la balle?
Si vous rangez le verre, vous aurez peut–être la balle.
Sérieux? –Je suis toujours sérieuse.
Je vais au magasin.
Si tout est rangé à mon retour, vous aurez peut–être votre balle.
Est–ce clair?
Est–ce clair? Bien.
Je ne déteste pas vraiment les enfants.
Mais ils ne sont pas forcément bien.
Parfois ils sont terribles.
Je n'aime pas non plus tous les adultes. Pourquoi les aimerais–je?
Cette balle est à nous? –Non, à moi.
Pas ma balle.
Autre chose?
Oui. Y–a–t–il un vitrier ici?
Oui. Je suis vitrier.
Je veux dire un vitrier professionnel.
Oui. Je suis Memo. Je fais tout ici.
Je suis facteur, pizzaïolo, vitrier, plombier, électricien.
Et cetera. Que puis–je pour vous?
Une vitre est brisée au centre jeunesse.
Vous êtes de la mairie?
Non, je suis la nouvelle animatrice.
Vous blaguez. –Non.
Donc vous allez entraîner ces enfants au foot?
En effet. –Je vois.
Sami?
Voici la nouvelle animatrice.
C'est une blague? –Non.
Vous allez entraîner l'équipe? –Oui.
Pouvez–vous me mettre en contact avec le coach d'avant?
Papa est décédé. –Votre père est mort?
Non. L'animateur d'avant est mort d'une crise cardiaque.
Ils devaient envoyer quelqu'un, mais pas quelqu'un comme vous.
Ben, je suis là maintenant.
Pouvez–vous m'aider avec la vitre?
Bien sûr. Sami, il nous faut un carreau.
Au revoir.
Oh, pardon. –Regardez où vous marchez.
Salut, Bank.
Je ne comprends pas ce que les gens aiment tant au foot.
Je n'ai jamais eu le besoin de taper contre quelque chose.
Et pas du tout contre une balle de foot.
Passe–moi cette balle.
Pourquoi ne me l'avez–vous pas passé? –Comment tu as eu celle–là?
Vous en avez une autre?
On n'a pas le temps pour ranger. On doit s'entraîner pour la coupe.
Quelle coupe? –Vous ne savez pas?
Non, je ne sais pas.
Le match le plus important de notre vie...
puis ils envoient une mémé qui n'y connaît rien au foot.
Ça a l'air bien.
Oui. C'est une solution temporaire.
La vraie vitre arrivera dans une semaine.
On l'a commandé à Karltuna.
Vous avez de l'expérience en animatrice?
Pas vraiment, non.
Mais vous connaissez bien les enfants?
Oui. –Bien. Moi aussi.
Cette fille en jaune et ce garçon en bleu...
sont Vega et Omar, ma soeur et mon frère.
Je suis Sami.
J'avais aussi postulé comme animateur, mais votre cv était sans doute mieux.
Ou il ne fallait pas quelqu'un comme moi.
Ça fait 200 couronnes. –200?
En effet. –Tu ne peux pas facturer à la mairie?
Désolé, on n'accepte que du liquide.
Merci. Ça a été un plaisir pour moi. Bon week–end.
Au revoir.
Merde...
Mon Dieu.
Ohé. Que faites–vous?
Comment?
Qu'est–ce qu'il se passe ici?
Savez–vous où sont les cônes?
Cônes? –Il en faut pour l'entraînement.
Je viens de tout ranger.
Vous chamboulez tout comme une bande de sauvages.
Vous devriez avoir honte.
On débute par un comportement poli.
Présentez–vous.
Donc...
Moi, je suis Britt–Marie. –Vega.
Wilma.
Max Svensson.
Omar Svensson.
C'est des jumeaux.
Je suis Crapaud et voici Pirate.
Crapaud et Pirate?
Et comment tu t'appelles? –Dino.
On s'est présentés. Alors on peut aller s'entraîner?
Un instant. Ce carreau m'a coûté 200 couronnes.
Vous allez payer ça en faisant des petits travaux.
Ça s'appelle des 'conséquences'.
Est–ce clair?
Alors qu'est–ce qu'il faut faire?
D'abord vous allez ranger ce bazar puis vous allez laver les carreaux.
Pas le temps. Il faut s'entraîner.
En effet.
Alors il faut que j'appelle vos parents.
Ça ne s'enlève pas, merde.
Cette maudite peinture. Ça ne s'enlève pas.
Tu aurais dû y réfléchir avant de gribouiller ce mur.
Ce n'est pas du barbouillage.
C'est du graffiti, ça, ce sont des tags et ça, c'est du barbouillage.
Quelle est la différence? –Du barbouillage, c'est du sabotage.
Avec un tag tu montres que tu es là.
Ça n'est pas possible d'une autre façon?
La raison de l'importance de la coupe. –Parce que vous adorez le foot?
Non, pour prouver qu'on est une équipe.
Il y a longtemps que Karltuna n'a pas encaissé de buts.
Nous n'avons aucune chance...
mais nous pouvons faire voir que nous sommes une équipe.
Bien, Vega. Ne renonce jamais.
Avec du bicarbonate de soude mélangé de vinaigre et citron.
Bicarbonate? –C'est la solution à tous les problèmes.
Enfant, je n'avais pas de grands rêves.
Ingrid en avait.
Ça ne me dérangeait pas de lui arriver à la cheville.
Dans ses rêves il y avait assez de place pour moi.
Quelque chose ne va pas? –Non.
Je suis Sven.
Je voulais vous accueillir à Borg.
Super que vous soyez là.
Pour les enfants, je veux dire.
J'ai apporté de la confiture. Myrtilles et framboises.
Faite–maison. J'ai suivi une formation.
Bienvenue.
Désolé. Vous devez chercher une maison.
Vous pouvez habiter où vous voulez, mais ceci vous intéressera probablement.
Une dame sympa à une chambre à louer.
Jusqu'à la vente de sa maison.
Je l'ai aidée avec cette annonce.
C'est tout près. Je peux vous y conduire.
Si vous voulez. –En voiture de police?
Oui. –Non, merci.
On dira que je suis un criminel.
Je ne préfère pas. Mais merci du tuyau.
Que c'est propre ici.
Au revoir. Et bonne chance, coach.
Entraînement.
Entraînement? Avec vous?
Vous vouliez jouer pour la coupe, non?
Vous vous y connaissez en foot?
Manchester United.
Vous êtes nulle sur le sujet, hein?
Non. Rien du tout et ça ne m'intéresse pas non plus.
Je préfère les mots croisés.
Et c'est votre pep–talk? –Pep–talk?
Encouragement pour le match. –Oui.
Laissez tomber. Et l'entraînement?
Que faites–vous d'habitude?
En général on commence par 'l'idiot'.
Oui. OK, alors on commence par ce jeu, par l'idiot'.
Qu'est–ce qui est si drôle?
Ce n'est pas un jeu, mais l'échauffement.
Allez–y.
Je veux être là. –Arrête.
Je bois à la canette. –Prends un verre.
Et assieds–toi quand tu bois. –Pourquoi?
Parce qu'on n'est pas des bêtes.
Car elles boivent debout à la canette?
Je ne sais pas.
Quel âge avez–vous en fait?
Ce n'est pas bien de demander ça.
C'est de la discrimination d'âge.
C'est impoli.
Avez–vous des enfants? –Non.
Pourquoi pas? –Un mari, alors?
Non. –Vous en avez eu un?
Oui, ça, oui. –Qu'est–ce qui s'est passé?
Il en avait une autre. Pourquoi tu rigoles?
C'est toujours ça avec les adultes. C'est vrai, hein, Britt–Marie?
Temps de retourner au foot.
Attendez. D'abord débarrasser la table.
De la confiture faite–maison?
C'est gentil de sa part.
Peut–être faut–il prendre cette chambre.
Mais en voiture de police? Ça, jamais.
Juste ciel.
Formidable que vous soyez venue pour mettre ces enfants sous votre garde.
Ce n'est pas facile de remplacer Papa.
Si triste, comment ça s'est passé.
En pleine saison.
Les enfants étaient brisés.
Mais rien n'est impossible.
Ils peuvent toujours gagner la coupe.
Toi aussi, tu aimes le foot? –Oui.
Quelqu'un a dit: 'Le foot est instinctif.
Quand une balle roule vers toi, tu tapes dedans.'
Je n'ai jamais l'envie de taper dans un ballon.
Britt–Marie, êtes–vous d'accord...
si je vous invite au restaurant?
Comment? –Il y a un bon restaurant...
Ben, oui, c'est agréable. C'est vrai.
J'ai pensé, si cela ne vous embête pas...
je peux venir vous chercher.
Demain soir à 19.30 heures, par exemple.
18.00 heures.
Je mange toujours à 18.00 heures.
Bien sûr. On fera à 18.00 heures.
Bank. –Elle est là?
Oui. Bank est pratiquement aveugle.
La cuisine. Mange pas ici, je ne veux pas d'odeurs.
La journée tu dois être partie, l'agent immobilier vient avec des visiteurs.
Je marcherai en tête? Tu es aveugle.
Je ne suis pas aveugle. –À peu près, non?
Ça, c'est privé. Accès interdit.
Toilettes.
Ta chambre. Voilà.
500 couronnes le mois. À payer d'avance.
Et, tu vas la prendre? –Oui.
Bank a été footballeuse professionnelle. Pas étonnant avec un tel père.
Arrête, Sven. Autre chose? –Non.
Tenez. –Merci.
Au revoir. –Merci.
Merci de m'avoir conduite et de l'aide.
Pas de problème.
Au revoir.
Donc Papa a été ton père?
S'il faut vraiment que tu saches, oui, c'était mon père.
Mais plus là. Je me libère de ce logis et je peux continuer ma vie.
Il y a autre chose?
Ingrid a toujours dit que plus tard on vivrait à Paris.
Une grande maison avec des servantes.
Toutes les stars vivent à Paris avec des domestiques, disait–elle.
'Toi et moi, Britt', chuchotait–elle, quand on était réveillées la nuit.
Mais maintenant je suis à Borg.
Une journée à la fois, Britt–Marie. Une journée à la fois.
règlement du foot
Alors on y va.
Plus vite.
Le gardien ici.
C'est comme ça, hein? Passe le ballon.
Passe à Crapaud. Puis à Vega.
Passe par–là.
On ne s'est plus vraiment entraînés.
On a perdu la forme.
Je ne comprends pas comment pouvoir supporter ça pour le foot.
Le foot, c'est tout.
J'y pense quand je suis réveillée et quand je dors, j'en rêve.
Et bien sûr d'un nouveau terrain.
Tu rêves de quelque chose?
Bien sûr.
Parfois je rêve de voyages.
Où?
J'ignore.
Tu voudrais bien aller quelque part.
Paris, peut–être.
Le foot, pour moi, c'est Paris pour toi.
Tu y est allée souvent?
Non, jamais. –Pourquoi pas?
On allait tout l'été en France.
Enfin on devait aller à Paris.
Maman a dit qu'Ingrid devait mettre sa ceinture.
Elles se disputaient toujours pour ça.
Ingrid voulait se sentir libre.
Elle était comme ça.
Toute pleine de vie.
Temps d'aller faire du foot. Allez, hop.
Encore un tour.
On y va.
Allez, Max.
Le but est par–là, hein.
C'est là où il faut aller. Bien.
Crapaud, le but. Défend le but.
Coup d'envoi.
Jouez ensemble.
Ensemble, pas l'un contre l'autre. Omar.
Écoutez, les gars. C'est l'heure du repas.
L'heure de manger.
On était en train de finaliser.
Max, viens.
Tout va bien?
Anne–Britt. Je voudrais vous parler.
Britt–Marie.
Oui... Désolé. Je voudrais vous parler.
Je travaille pour la mairie. Pour les activités récréatives.
Déjà entraîné une équipe? –Non.
C'était dans le profil de poste. –Oui.
Au courant que le centre jeunesse ferme?
Oui, mais le foot peut continuer encore?
Oui, mais avec un vrai entraîneur.
Vous n'avez pas de licence? –Licence?
Une licence d'entraîneur.
Non.
On mettra le point final à ça?
Mais ils s'entraînent pour la coupe.
C'est déjà assez dur pour eux. Il faut qu'ils perdent encore plus?
Qui dit qu'ils vont perdre? –Qui dit que l'eau est mouillée?
Vous savez qu'il y a peu de chance. –Non.
Non? –C'est moi, leur coach maintenant.
Et je reste. Au revoir. –Mais...
Très bien. Mais pas de licence signifie pas de match.
J'ai réservé pour 18.00 heures. –Pour 18.00 heures?
Pour le dîner.
Mais les lessives...
Tu les fais sur 60 degrés? –Non, sur 40.
C'est combien de temps? Deux heures?
Deux heures et 40 minutes.
Le prélavage compris.
Je te ramène à temps pour le sèche–linge.
Merde.
Désolé. –Merci.
Ma femme, je veux dire mon ex, ne voulait pas que je rapproche sa chaise.
D'abord si, mais après elle trouvait ça...
bête de faire comme on s'aimait.
On est divorcé depuis deux ans.
Tu as faim? –Non.
Ou si, un peu. Peut–être.
Ça te plaît ici?
Désolée, je reviens. Je dois un instant...
Il s'appelle Erik. –Qui?
Celui avec qui est mon ex–femme, là.
Erik. Il est mécanicien. Ça durait depuis un petit moment.
J'ai essayé de comprendre, mais je pense qu'il ne s'agit pas de ça.
Kent dit que je manque de fantaisie.
Mais ce n'est pas vrai. J'en ai beaucoup.
Bien sûr. –Il faut bien...
si tu veux tenir des années de suite comme si il n'y avait rien.
Je lavais ses chemises qui sentaient le parfum.
Je ne mets jamais de parfum.
Santé. À la fantaisie.
Bonsoir, tout le monde.
Nous sommes Buffalo Beef.
Je peux t'inviter pour cette danse?
Merci pour le dîner.
Et toi pour la danse.
Je peux entrer pour un café?
Un café? On vient d'en boire un.
Tu veux encore du café? –Non, pas ça.
Ce n'est pas pour ça que je l'ai demandé.
Merci pour une agréable soirée. –Merci.
Je dois aller faire les lessives. –Pardon.
Tu n'as pas besoin de t'excuser.
Bonsoir, chérie.
Ces gens à la pizzeria m'ont envoyé ici.
Tu les connais? –Non. Enfin, si.
Je suis Kent. –Sven.
D'accord, oui.
Alors, je vais y aller.
Au revoir. –Salut.
Entre avec moi.
C'était difficile à trouver.
J'ai souvent demandé le chemin...
et quand même pris la mauvaise sortie.
J'ai fait un détour de 20 kilomètres.
Le médecin dit que je ne vais pas bien. Depuis un moment.
Ils m'ont prescrit des antidépresseurs.
C'est un endroit assez curieux pour arriver, ne trouves–tu pas?
Qu'est–ce que ta mère disait toujours par rapport à la campagne?
'Aucun plaisir à vivre'?
Non. 'Aucun honneur à obtenir.'
C'est ironique que tu te retrouves ici.
En 40 ans tu n'as pratiquement pas quitté la maison.
Peut–être que je ne le voulais pas.
Je suis désolé. C'est fini. Vraiment.
Elle n'avait aucune importance pour moi.
J'ai besoin de toi à la maison, Britt–Marie.
Sans toi tout devient la pagaille.
On ne peut pas tout balancer...
parce que j'ai fait une erreur bête.
Kent, j'ai quelque chose à faire ici.
Bientôt on joue pour la coupe.
Oui, j'ai entendu dire ça.
Tu es entraîneuse de foot. –Oui.
Je comprends. C'est clair pour moi.
Finis ce que tu as à faire ici.
Et rentre après.
L'amour n'est pas fait que de feu d'artifice et d'orchestres.
Pour beaucoup c'est tout autre chose.
Habitues, routines, murs et placards et tiroirs où tu peux tout retrouver.
Kent a besoin de moi. C'est mon mari et je suis toujours sa femme.
Que fais–tu? –C'est la pagaille ici.
En ce qui concerne ce foot, je ne sais combien de temps je serai là.
Tu es celle qui connaît le foot.
Tu pourrais reprendre après moi.
Les enfants, le foot, et Borg FF...
sont important pour toi. –Arrête donc.
Cette équipe est morte avec Papa.
Ne touche pas à mes affaires et gère tes propres problèmes.
Bonjour, coach. –Salut, Britt–Marie.
Mets sur ma facture.
Bienvenue, Britney.
Comment ça va?
Veux–tu un kebab avant que je ferme?
Non, je n'aime pas ça.
Un café, s'il te plaît.
Un café fort?
Peut–être as–tu un petit porto?
Que veux–tu dire? Tu sais que c'est illégal.
Ce n'était pas l'intention. –Je ne peux pas servir de l'alcool.
Désolée, j'ignorais... –Je blague.
J'ai toujours voulu jouer un gangster.
Tu pourrais mieux travailler ces blagues.
D'accord, mais je n'ai pas le temps.
Je suis tellement occupé. –Pas tant.
Dans un bol, alors ça ne se voit pas.
Sami. La coach est là.
Prends ces affaires qu'on a pour elle.
Oh, coach.
Nous avons des maillots pour toi.
Pourquoi cet air angoissé?
Je vais juste m'asseoir un peu avec mes mots croisés.
Je comprends tout à fait, coach. Nerveuse avant le match.
Mais tout pourrait tourner différemment.
Si t'as grandi avec Liverpool, tu sais que tout peut tourner autrement.
Comme la finale de la Champions League.
Aucune idée de ce que tu veux dire.
Finale de la Champions League, de 2005.
À la mi–temps Liverpool est mené 3–0.
Tous pensent que c'est une cause perdue.
Mais alors là, à la 54e minute...
Gerrard tire dans les filets. Délirant.
C'est devenu 3–1, 3–2 et le score final 3–3.
Mais on a gagné aux tirs au but.
Tout peut tourner autrement, Britt–Marie.
Très poétique, comme tu racontes ça.
Le foot c'est poétique. Je suis de 1994.
La Suède est en phase finale du Mondial.
Mon année.
Je n'ai plus joué au foot depuis que mon père est parti, et ma mère...
Bref...
Je m'occupe des enfants maintenant.
Le foot doit attendre.
Mais ce que tu fais ici compte énormément pour Vega.
Britt–Marie, tu bois de l'alcool là?
Ben. Je suis une femme de 63 ans sans abri.
Il y a ce championnat de foot et une équipe qui ne croît pas en moi.
Et je ne m'y connais pas du tout en foot.
Donc oui, je bois un verre parce que je l'ai mérité.
OK, coach, c'est toi qui le sais le mieux.
Tiens, Dino.
Du calme. Max, Crapaud.
Allez, les gars.
foot
Omar, passe.
C'était hors–jeu? –Fais pas l'imbécile.
Que se passe–t–il? Vega.
Il en est où, l'entraînement, Britt–Marie?
Exactement ce que tu as dit.
Qu'importe ce que je fais.
C'est inutile. On est nuls.
Qu'est–ce qu'elle fait là?
Que faites–vous ici?
Si vous voulez gagner la coupe, il faut s'entraîner contre un bon adversaire.
Omar, va chercher les chasubles. Les autres, sur le terrain.
Je n'attendais pas d'aide de ta part.
Selon Sami ils sont extrêmement mauvais.
Je devais faire quelque chose.
Tu n'es pas ivre, hein?
Tu veux de l'aide ou pas? –Oui.
C'est ce que je pensais.
Les adultes contre les enfants. Sami et Vega sont les capitaines.
On joue dans deux minutes.
Tu fais 2–3–1 ou 2–2–2?
Je ne sais pas. Parfois la deux. Peut–être.
C'est pire que ce que je pensais.
Il nous faut un avant qui sait marquer.
Trois milieux de terrain qui savent courir et deux défenseurs.
Wilma et Pirate, à l'arrière.
Prêt? On y va.
Pirate, pense à ta position. Défends.
Passez–vous le ballon l'un à l'autre.
Tu ne peux pas faire tout toi–même.
Merci, tout le monde.
Bien fait. Très bien fait.
Merci de ton aide, Bank.
Tu nous as vraiment bien aidés.
Tout bon coach a un assistant.
Attention, une flaque d'eau.
On peut regarder le match ici?
Lequel?
Champions League.
Liverpool est en finale.
OK, mais enlevez tous vos chaussures. –Je viens, Vega.
Veux–tu t'asseoir ici? –Non.
Non, ne fais pas ça. –Ça porte malheur.
Oh, pardon.
Va–t'en. Ils ont marqué quand tu n'étais pas là.
Bon match, aujourd'hui.
Je ne voulais pas te déranger après que...
ton mari soit venu.
Ça doit être compliqué.
Je voulais juste dire...
que je te trouve formidable, Britt–Marie.
Écoute un instant. –Que veux–tu dire?
On s'est entraîné très fort. –Vous saviez que ça allait arriver.
Bonjour. Qu'est–ce qui se passe?
Tu étais au courant?
Pourquoi tu n'as rien dit?
Borg doit avoir un entraîneur avec une formation et une licence.
Sans, vous ne pouvez pas jouer.
Mais on s'est entraînés une éternité.
Ils auraient dû vous le dire.
On s'est entraînés comme des fous.
On est beaucoup mieux maintenant.
Qu'en est–il? –Pourquoi tu n'as rien dit?
Je savais qu'ils allaient fermer le centre.
Le centre sera fermé. Et demain il n'y a pas de match.
À cause de cette licence débile? –Oui, ce sont les règles. Viens, Max.
Donc tu vas rentrer.
Rejoindre ton mari. Et il est fan de Manchester United.
Tu nous as menti. On s'en va.
Vega, ce n'était pas mon intention...
Je te conduis à la maison? –Volontiers.
Je préfère marcher. De l'air frais.
Que fais–tu ici si tard? –Et toi alors?
Tu dois élaborer la tactique.
Ah, non, il n'y aura pas de match parce que tu n'as rien fait.
Ah, chérie.
Je ne sais pas quoi dire. Tu sais...
J'ignorais l'obligation de cette licence.
Il ne s'agit pas de ça. Quelle importance?
Il s'agit de se défendre.
Tu ne peux pas juste abandonner parce qu'un mec annule le match.
Tu as fait ça quand ton mari t'a trompée?
Si tu as passé toute ta vie avec quelqu'un...
Tu n'as pas vécu toute ta vie encore. Il t'en reste la moitié.
Ce n'est pas si facile de changer les habitudes.
Ma vie est la même depuis 40 ou 50 ans.
C'est à dire...
En fait depuis...
que ma soeur a trouvé la mort dans un accident de la route, j'avais dix ans.
Il y avait du verre partout. Je voulais uniquement ranger ça.
Je pense avoir effacé ma vie en frottant.
Ma mère est décédée l'an dernier.
Également dans un accident de voiture.
Chère enfant... –Papa est parti quand on était petit.
Sami s'occupe de nous maintenant.
Quel malheur pour toi, Vega. –D'accord.
Mais je n'abandonne pas mes rêves. Le foot est tout ce que j'ai.
Je ne renonce jamais. Tu devrais faire ça.
Demain je vais leur montrer que Borg FF existe.
J'espérais que maman verrait ça ce que j'avais fait, et dirait:
'Comme tu as tout rendu agréable.'
Papa travaillait de plus en plus et à la fin maman ne disait plus rien.
Maman, je t'ai fait un café.
Donc je nettoyais, en espérant que quelqu'un me remarque.
Mais ça n'est jamais arrivé.
Et puis j'ai rencontré Kent.
Les gens sont comme des dîners.
Nous avons besoin d'un but.
'C'est délicieux.' C'est un but.
Une journée à la fois, Britt–Marie. Une journée à la fois.
Ton mari? –Oui.
Il vient me chercher tout à l'heure.
Je ne sais pas ce que je dois faire. Ni où je dois aller.
Qu'est–ce que c'est? C'est à toi?
Je savais que je l'avais quelque part.
Il faut qu'on aille gagner la coupe.
Sami va chercher les enfants. Je l'ai appelé. Tout est prêt.
Mets ça.
Bank, je ne peux pas...
Et tiens ça avec toi. Papa l'avait sur lui durant tous les matchs.
Ça porte bonheur.
Donc je te le donne maintenant.
Je vais venir. –Britt–Marie est là.
J'avais peur que tu ne viennes pas.
As–tu nos maillots? –Oui.
Tu es formidable. Venez vous changer.
Je te vois sur le terrain.
Qu'est–ce qui se passe?
L'équipe ne peut pas jouer sans coach...
Sans licence? –Exactement.
Dites, ils ont un coach ou pas? –Oui.
Britt–Marie Larsson.
Et Bank est mon assistante.
Alors on va commencer. –Bonne idée.
Accordez–moi deux minutes avec l'équipe.
Bien sûr.
Je ne m'y attendais pas que tu viennes. Tiens, mets ça.
Merci. Parfois ça se passe autrement que ce qu'on pense, Vega.
Bon. Je veux que vous sachiez...
Hop au terrain, faites une vive impression.
C'était ton pep–talk?
Montrez que vous êtes une équipe.
Bon travail.
Maintenant Karltuna joue contre Borg FF.
Depuis deux saisons Karltuna n'a pas encaissé de but.
Un match difficile pour Borg.
Bonne chance pour les deux clubs.
Passe, Vega.
Défendez mieux. Non...
Oh, non.
Défense.
Bouchez ces trous dans la défense.
Non, hein. –Merde.
Mi–temps. Il y a cinq minutes de pause.
Karltuna mène 9 à 0, mais le match n'est pas fini.
N'oubliez pas vos tickets de loterie.
On est voué à l'échec. Ils sont bien mieux.
Non, on est simplement nuls.
Liverpool.
Ils avaient le match en mains.
Je ne sais pas si tu es au courant, mais on n'est pas vraiment Liverpool.
C'est jamais trop tard.
J'ai voulu renoncer souvent aussi.
Mais si j'arrive à devenir coach...
vous êtes capables de marquer.
Ce n'est pas trop tard. Allez–y.
Allez. Debout.
Montrez que Borg ne renonce jamais.
Vous en êtes capables.
Focalisez–vous sur la deuxième mi–temps.
On est une équipe. On en est capables.
Sérieux?
Allez, Borg.
Ils en sont capables.
Ne renoncez pas, Borg. On joue bien.
Cherchez votre adversaire. –Bien.
Continuez.
Oui, en avance. Par–là.
Qu'est–ce que c'est ça?
Du calme tout le monde.
Allez, Vega, tu peux le faire.
Allez.
C'est parti. Surtout reste calme.
Allez. –Ultime chance, Vega. T'es capable.
C'était le coup de sifflet final d'un match particulier.
Borg FF marque un but sensationnel à la dernière minute.
Félicitation aux deux équipes.
Que c'est bien.
Du bon travail. Je suis impressionné.
Assez pour un nouveau terrain pour Borg?
Et pour laisser ouvert le centre?
Autrefois j'ai aussi joué à Borg. J'avais de grands rêves.
Il y a peu de rêve ou d'espérance ici.
Pour le foot, depuis la mort de Papa.
Personne n'investit dans de tels projets.
Et on veut tous le mieux pour nos enfants.
Super, voir à quel point ils sont contents.
Je ferai au mieux.
Un, deux, trois, Borg.
Bonjour, chérie.
Comment ça s'est passé?
On a perdu 14 à 1.
Eh ben. Ils n'avaient pas l'air très malins, ces enfants.
Viens, on s'en va.
Attends.
Tout ce que je voulais...
c'était qu'une seule fois tu mettes ta chemise dans le sac à linge.
Et ne marches pas chaussures sales sur mon sol propre.
Que ça t'importait.
Ou au moins que tu faisais semblant que ça t'importait.
Que tu voyais ce que j'avais fait.
Même si ce n'était qu'une seule fois.
C'est tout ce que je voulais.
Mais je ne veux plus de ça, Kent.
T'aurais dû le dire. –Oui, peut–être.
Peut–être l'apprendrai–je un jour.
Alors que veux–tu faire maintenant?
Rester ici et entraîner des dix ans?
Je ne sais pas.
Je n'en sais rien du tout.
Sauf que je ne peux pas rentrer là.
Chérie, réfléchis bien.
Pour ce soir je réserve une chambre d'hôtel ici, mais...
demain je rentre.
Et si demain matin tu n'es pas là...
je pars.
Tu me comprends? –Oui.
Je te comprends.
De la pizza. Asseyez–vous, les enfants.
Et pour toi de la bière gratuite.
Et maintenant les gagnants des prix de cette année.
Le gardien de l'année. Crapaud.
Les défenseurs: Wilma et Max.
Pirate. Omar.
Dino. Vega.
Et alors pour la plus grande lutteuse.
Quelqu'un qui s'est transcendée et qui a travaillé dur.
Quelqu'un qui a fait ce que personne ne pensait possible.
Quelqu'un qui a appris à Borg de ne jamais renoncer.
La meilleure du monde, notre formidable coach: Britt–Marie.
Ah, pardon. Elle est à toi. –Non.
Si, la dernière est pour toi.
Je pense qu'il y en a d'autres derrière.
Désolé.
Britt–Marie.
Je sais que tu ne peux pas rester à Borg.
Mais je veux que tu saches...
qu'à chaque fois que quelqu'un frappe...
j'espère que c'est toi.
Comment vivre une vie?
Si tu fermes fort et longtemps les yeux...
tu peux pratiquement tout récupérer ce qui t'a rendu heureux un jour.
L'odeur de la peau de maman.
Le nez froid de papa contre ta joue.
La main de ta soeur dans la tienne.
Toute passion est enfantine, banale et naïve.
Elle est instinctive et nous surprend à certains moments dans la vie.
Peut–être qu'on crie si fort pour ça...
juste parce que quelqu'un marque.
Peut–être que c'est pour ça qu'on aime tant le foot.
Car ça fait naître passion et rêves.
Tous ensemble. –C'est parfait.
Notre nouveau terrain.
Si tu fermes longtemps et fort les yeux...
tu te rappelles exactement les choix...
que tu as fait dans la vie.
Réalises–tu que c'est peut–être pas arrivé.
Que tu as fait tous tes rêves et choix...
peut–être pour quelqu'un d'autre.
Mais que ce n'est jamais trop tard pour recommencer.
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