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Tout se termina ce soir-là.
Les derniers rayons de soleil caressaient mon corps.
J'avais senti en moi une grande paix chaude et lumineuse.
J'étais enfin libéré.
J'avais perdu toute crainte.
La peur qui m'avait attaché à la terre avait disparu, volatilisé.
Tant que j'avais eu peur, je ne pouvais pas partir.
Je voyais au-dessous de moi une humanité de fourmi qui s'agitait pour fuir la
peur qu'elle appelait souffrance.
Je ne lui jetterai pas la pierre.
J'avais été comme elle, moi aussi.
Il n'a passé longtemps que ça.
J'y serai demain.
Demain, la première heure, comme convenu. Pas de problème.
Oui, ça, je n'y peux pas grand-chose. Écoute, dans 45 minutes, dans 45
minutes, j'y suis. Je suis à l'aéroport.
Oui, demain, 9h, j'ai dit.
Je veux le comptable.
Non, mais je serai là, moi.
Je serai là, oui.
Allô ? Je prends l'avion, là. Je prends le taxi.
Ça marche ! Voici Charles de Gaulle. Quel est le regard ? Euh...
Non, pas gardé.
Oui, toi tu seras là.
Ouais mais ça va pas du tout, c'est dans 45 minutes votre départ, vous y serez
jamais. 45 minutes, 500 si vous y arrivez.
Damien Ernest-Thierry, ça vous dit quelque chose ? Vous avez vu le taxi ?
Le taxi, c'est moi.
Ah mais que...
C'est pas vrai qu'elle conne ! Ça y est ! C'est
malin ça ! Excusez-moi monsieur, mais
vous êtes obligé de descendre de la voiture, j'ai un constat à remplir.
De toute façon, vous n'y arriverez pas.
Je te rappelle, je ne suis pas dans nos taxis.
Vous donnez votre nom ? Non, je ne vous donne pas mon nom. Vous donnez votre nom
? Sort de question, vous me rentrez dedans.
Vous me rentrez dedans ? Moi ?
Vous arrivez de là.
Excusez-moi, monsieur.
Vous êtes mon seul témoin. J'ai besoin de vous. Vous me donnez vos paroles. J
'en ai pour une seconde.
Vous allez lui foutre la paix ? Il y a un avion dans 40 minutes.
Elle n'a pas fait assez de dégâts, la poufiasse ? Je ne vous permets pas. Un
moment, s'il vous plaît.
Votre nom, s'il vous plaît.
Pierre.
Pierre Dimanco.
Et encore ?
Quand, quand ? Votre adresse à Rome ? Ah oui, Rome, il y a...
Oui.
Non mais moi j'hallucine complètement.
Vous avez vu cet enculé quand même ? Il me fonce dedans comme une bête et après
il dit que c'est de ma faute.
Comme une bête ? Vous avez crié ? Bien sûr que j'ai
crié.
Ils sont culottés les gens, en plus ils m'insultent.
On est arrivé.
Venez.
Merci. C'est bon, gardez tout. Merci.
Moi j'y vais.
Vous faites quoi, vous, maintenant ? Ben, rien. Je vais chercher un hôtel
et... Ça ira bien, quoi.
Venez, on fera ça de chez moi.
C'est une bonne idée ou pas ?
Allez-y, mettez-vous à l'aise. Merci.
Vous mettez un bon petit scotch.
À moi, vous pouvez faire autre chose ? Oui, autre chose.
Moi, je vais d'abord prendre un petit scotch. C'est sans la voiture, je me
sens toute nue.
Chin ? Comment on dit en Italien ? Salute.
Charmant.
Vous aussi, vous êtes charmant.
Quel âge ? Laissez-moi deviner.
20 ? 22 ans ? Non, 25, c'est ça.
Presque.
Vous laissez-moi deviner.
23, 24 ans.
C'est pas du tout ça.
Mais ça fait plaisir.
Excusez-moi, j'ai soif.
C'est bon.
Ça fait longtemps.
Quoi ? Que vous avez eu un accident.
Ça va pas, j'ai jamais eu d'accident.
Si cet enculé me fait avoir du malus, alors là, il va m'entendre, celui-là.
Enculé ? Une petite question.
Je dois savoir.
Est-ce que je vous plais ? Oui.
Ça tombe bien.
Est-ce que vous aussi vous plaisez ?
J'ai un petit travail à terminer.
Mais après, je suis toute à fond.
Vous voulez prendre une petite douche ? Après toutes ces émotions.
Ça en vaut la peine.
C'est par là.
Mon ami Fredo prétend que le moment le plus important est celui de la conquête.
Après, ce n'est plus que de l'exercice physique.
Lui, il renonce devant la porte de l'ascenseur.
Il dit qu'il suffit de penser que c'est possible pour que l'envie le quitte.
On ne désire pas ce qu'on peut posséder, dit Fredo, ce grand philosophe.
Il n'a rien compris, l'idiot.
Elle m'excite comme un fou, cette fille.
Je bande déjà.
Comment je vais pouvoir tenir sans ta mariée venir à mon secours ? Merde !
Elle me fait le coup de psycho.
Rien de mieux pour des bandés.
Ça sonne.
Qu'est-ce que c'est ? C'est l'hiver.
C'est l'hiver ? Oui.
Tiens.
Waouh.
Allô ? Oui.
Non, je suis toujours à Paris, là.
Non, non, j'ai loupé l'avion. C'était l'énorme.
Tu me convoques tout le monde à 11h.
Bah écoute-moi quand je te parle, à 11h ! Ok, d'accord.
Ça marche.
Oui.
Oui, moi aussi.
Oui, moi aussi.
Je t'aime.
Je t'aime.
Bon, je t'embrasse.
Mon Dieu que c'est beau, un corps de femme encore voilé par la buée de mon
désir.
D'accord, c'est enfantin.
Comment lui montrer autrement qu'elle m'émeut là sous sa douche un soir d'été
à Paris dans un appartement inconnu.
Toi, ma belle inconnue, mon indolente, dirait Baudelaire.
Belle comme la rencontre fortuite sur une table de dissection d'une machine à
coudre et d'un parapluie.
Et belle à craquer, belle à aimer, belle à filmer, belle à baiser.
La tente.
La tente insupportable et merveilleuse, tu fais battre mon cœur.
Je me sens tout fébrile dans la tente de la possession.
Viens, mon ange, que je te mette comme un fou.
Il faut que je me contrôle ? Non, d'un chien, c'est pas possible.
De quoi j'ai peur ? Ben, j'être à la hauteur.
Qu'espère-t-elle de moi ? Qu'est-ce qu'elle fait ? Bon Dieu, le matos, dans
quel état il est, c'est pas bon, ça.
Il faut que je garde l'esprit clair.
Pas simple d'être un homme qui veut assurer à tous les coups.
Elle a du goût, ma Béatrice.
Mais c'est qu'il est mignon tout plein.
C'est tout fait craquer.
Au fait, comment ?
Comment il s'appelle mon beau brun ? Pierre.
Ah oui, c'est vrai.
Pierre du matching, c'est ça.
De Marco.
Moi, c'est Alex.
Alex pour les intimes, Alexandrine pour les autres.
Enchantée.
Enchantée, Alex.
On commence par quoi ? Hard ou soft ?
Soft.
Et on finit par le hard ?
Tu me fais un petit striptease ? Mieux que leur amour, bien sûr.
Attention à ne pas être rabat-joie.
Si vous n'êtes pas rabat-joie, bien sûr.
Je te calme.
Moi, je vais te calmer, tu vas voir.
Non, je vais partir, je vais me retenir.
Heureusement, les glaçons.
J'avais un petit peu faim.
C'est pas rassasié, j'espère ? Non. Pourquoi ? Tu veux me bouffer ? Oui.
Plus je sens son désir monter, plus le mien se presse au pertillon.
C'est inhumains ce qu'ils nous font faire.
À ces moments-là, je ne sais plus ce qui se passe.
Pourquoi je suis là avec toi, Alex ? Pourquoi je ne peux plus quitter tes
lèvres ? Ta langue qui s'enfonce goulûment, qui frétille et m'émoustille.
Tu es folle, Alex, ma Béatrice.
Et tu me rends fou.
Que se gonfle tellement que je vais partir.
Enfin je vais essayer.
Mamma mia, c'est du velours cette chatte.
J'ai l'impression de pénétrer dans un écrin chaud et tendre où je terminerai
ma vie.
On va aller prendre une douche.
Pourquoi ? C'est notre facile.
Je hais les douches froides. Je hais les douches froides. Je ne vais jamais
pouvoir tenir.
C'est impossible.
Elles m'excitent trop au nom d'une pipe.
Allez, courage, Pietro.
Je n
'aurais pas dû le
laisser partir.
Je ne pense plus.
Ça y est, c'est foutu, je ne pourrai jamais repartir.
J'espère qu'il va pouvoir bander.
Je ne vais jamais pouvoir repartir.
J'étais trop excité.
Merde, cette douche, quelle connerie.
Qu'est-ce qu'il fout ? J'espère qu'il n'est pas en train de s
'exciter dans la salle de bain.
Parce que sinon, ça foutrait tout en l'air.
Surtout pour vous, mes chéris.
Merde, rien !
Il faut que j'y arrive, nom d'une pipe.
Je dois y arriver, je dois y arriver.
Je me jette à l'eau. On verra bien après tout.
Courage.
Elle est bonne, elle est bonne ! Oh, elle est bonne !
Elle est bonne ! Mickaël ! On y va !
Oui, j'arrive maman.
Maintenant, ça pourrait durer deux heures, ça ne me fait plus rien.
À moins que...
Ce soir-là, j'avais été droit au paradis. Ma tête avait cogné les anges.
Les musiques divines m'avaient transporté bien loin de ma condition
humaine.
C'était dans de tels moments que je réalisais que la jouissance nous
emportait dans une autre dimension, inconnue et mystérieuse.
C'est quoi ça ? Regarde toi-même.
Merde, on est filmé ! Et branché sur internet.
T'es pas marié au moins ? Si.
Et ta femme, elle bosse sur ordinateur ? Oui, elle bosse dans l'informatique.
En plus, j'aurais dû te prévenir.
Je suis vraiment désolée.
Et puis je suis un homme connu en plus.
Je travaille dans les affaires et là, j'aime pas trop que ma vie soit comme
ça, étalée sur Internet. Je suis pas Bill Clinton, moi.
Viens ici.
Viens ici.
Incroyable.
Incroyable. Ça, c'est pas possible.
Alex, la fille du site qui habite juste en face de chez ma marraine.
Ça, c'est une coïncidence.
Mickaël ? Mickaël, où es-tu ? Ah !
Tu peux jamais rien faire comme les autres.
On t'attend pour dîner avec ton parrain et ta marraine. Dépêche-toi.
Oui, j'arrive.
Ah, j'ai un fils voyeur maintenant.
Mais non, maman.
Ton fils est le nouveau Truffaut. Tu devrais être fière.
Bof. J'aurais préféré Besson.
Et moi, Bresson.
Allez, Mickaël, dépêche-toi, on t'attend.
Oui, j'arrive.
Alexandrine m'avait sauvé la vie avec son histoire de webcam, de caméra sur
Internet.
Cela faisait des mois que le Nasdaq chutait et que je ramais à mort pour
sauver ma société d'e-commerce.
Je pensais baisser mon pantalon devant les banquiers.
quand brusquement l'ange descendit brandissant cette foutue caméra devant
moi voilà ce qu'il fallait faire un site de rencontre entre tous les voyeurs et
tous les exhibitionnistes de la terre à travers la gigantesque toile tissée par
la nasa en appelait le web la moitié de l'humanité allait dorénavant mater la
deuxième moitié et pietro di marco pourrait remporter le gros lot
Tout va bien, Mickaël ? Tout est OK, ma reine. Et merci de me laisser habiter
ici. La chambre était libre. Il ne te manque rien ? Rien, ma reine.
Tu ne m'embrasses pas ? Si.
Merci. De rien.
Merci.
Qu'est-ce qui fait ?
Merci.
Merci à tous.
C'est bon.
C'est bon.
Réveille-toi.
Tu travailles encore ? Ouais, j'arrête pas à dormir.
Moi non plus.
Je peux ? Ne
bouge pas.
Je vais te regarder travailler.
Je m'en sentirai moins seule.
De toute façon, j'avais presque terminé. Tu filmes quoi ? La rue.
C'est mon exercice pour la fac.
Et si tu me filmais, moi, ce serait pas plus... plus excitant ?
Plus excitant.
Je passerai du néo-réalisme d'Orocellini à l'hyper-fantasmique de Leroy.
Qu'est-ce que vous en pensez, Marine ? Oui.
Je peux enregistrer ? On y va.
Marine, permettez-moi une question.
Je t'en prie, Mickaël.
Il est 2h43 du matin.
Vous êtes dans la chambre de votre fillelle, en tenue légère.
D'accord ? D'accord.
Et que dirait votre mari, qui est par ailleurs mon parrain, si je lui montrais
cette cassette ? Il dirait que tu as bien du talent, Michael.
Me poser des questions stupides à une heure aussi tardive de la nuit.
Viens plus près de moi et pose ta caméra.
Excusez-moi, ma reine, je suis fatigué.
Et puis je dois rendre mon exercice demain matin.
Toi aussi, tu me fatigues.
On remettra ça un autre soir.
Si tu le veux bien.
Si
vous
insistez,
marraine, vous allez vous retrouver sur Internet.
Tu vois, caresse-moi.
Rien de bien méchant.
C'est toi qui es une spécialiste du web en plus.
Tu vas t'amuser.
Ça va être un jeu d'enfant pour toi.
Ouais, sauf que je suis plutôt du genre timide.
Verticalement seulement, j'espère.
C'est pas évident pour moi d'expliquer aux gens ce qu'ils peuvent faire de
pervers avec une caméra comme ça chez eux.
Vous attendez quoi au juste de moi ? Une fois le branchement effectué chez les
clients, vous voulez dire ? Ouais.
Rien de particulier.
Tu vas les laisser délirer entre eux, tu vas voir.
Et toi, après, si tu veux, tu peux rentrer chez toi.
Moi, je te conseille plutôt d'essayer.
Tu pourrais t'amuser, je t'assure.
Regarde, viens voir.
Lequel as-tu choisi ? Celui-là, le petit bras.
Lui ? Oui.
Alors lui, tu vois, il vient juste de s'inscrire au site.
Retiens son numéro.
16969. C'est facile en plus.
Il ne fait rien, c'est normal.
Ouais, c'est normal.
Et regarde, il pourrait te voir si tu veux.
Et d'autres gens pourraient te regarder sans que tu le saches.
C'est super excitant ça, tu trouves pas ? Je sais pas.
Allez, arrête de faire l'hypocrite.
Allez viens, va dans mon bureau.
Je vais te proposer un petit conflit.
Combien d'abonnés ce soir ?
1650 dans la journée, ça fait 16450.
Nos actions montrent.
Surtout les tiennes.
Une seconde.
Chéri, tu es prêt ? Oui, j'arrive.
C'est le peak time à Paris et le matin à New York.
À vous prendre l'aide, les mecs.
C'est bon.
C'est dur.
Je vais te la manger, te la bouffer, te la sucer.
Tu aimes ? Ouais.
Plus haut.
Tu te sens bien ? Oui, Rick.
Ne traîne pas trop.
Oui, je suis à toi, ma chatte adorée.
Alors, Béatrice.
Rick, viens, je t'en prie.
Dans cette été de ton, j'ai appris ça en pension.
Une pension pas très catholique.
Au contraire, très catholique.
Pleine de garces en chaleur. C'est bonne, ça.
Qu'est-ce qu'il te fait ? Il me retourne.
Elles aimaient se faire enculer.
C'est incroyable.
Alors c'était quoi son numéro à lui ? 16969.
Qu'est-ce qu'il fait
? D'accord, il ne s'emmerde pas lui.
Pour un premier contact, ça commence fort.
Ne t'enferme pas chez moi.
Rossellini ou le roi ?
Non,
Anne. Il n'y a pas de non.
Espèce de petit dégoûtin.
Voyeur, voyou.
Qu'est-ce que lui met ? Ça
t'a plu ma Béatrice ? Quel pied ! On n'est pas mauvais, il faut dire la
vérité. Qu'est
-ce que c'est que ces cochonneries ?
Qu'est-ce que c'est que ces cochonneries ? Tu vas me le...
Tu vas me demander pardon maintenant.
Marène. Pardon à genoux.
Je vais vous expliquer.
Demande-moi pardon avant.
Pardon, Marène.
Pardon. Lève-toi.
Ne bouge pas. Qu'est-ce que tu vas encore faire ? Tu vas me laisser là,
avec mes insomnies, alors que tu regardes des films pornos et que tu...
Marène, j'ai 20 ans.
J'ai jamais... Je suis une femme, Mickaël.
Et ton parrain est parti en congrès. Il faudrait que tu me respectes.
Justement, ma reine.
C'est pas respect.
Dis que je suis laide, que je suis une vieille peau.
Non, ma reine, vous êtes belle.
Je ne te plais pas, alors ? Si, bah non.
Enfin, c'est pas ça, mais... C'est quoi, alors, Mickaël ?
Ma reine, vous me faites peur.
Vous savez, j'ai jamais... Avec une femme, alors... Vous me faites peur.
Mon petit, il ne faut pas avoir peur.
Détends-toi.
Laisse-toi faire.
Tu verras, c'est bien mieux la réalité que dans les films pornos.
C'est ridicule.
J'allais l'éjaculer.
Et Zorro est arrivé.
J'en crois pas mes yeux.
Elle va pas me faire une pipe, quand même.
Comme une vulgaire Monica Lewinsky.
Devant tous les internautes.
Qu'est-ce que je suis censé faire, moi ? Il faudrait peut-être que j'ai un geste
pour lui faire plaisir.
Ça pourrait la calmer.
Peut-être.
Les nichons.
Il paraît qu'elles aiment ça.
Ça commence à m'exciter.
Pas autant que le site d'Alex, mais bon.
Il est temps que je connaisse quel goût ça a vraiment, un corps de femme.
On voit pas grand chose dès que ça s'éloigne.
Faudrait trouver un zoom, puis s'actionner avec la souris.
Je vais y penser.
Ne fais pas cette tête.
Ça arrive tous les jours.
Je vais te raconter la première fois que j'ai rencontré ton parrain.
Tout grand savant qu'il est.
Oh non, en plus, elle va pas me parler du tonton.
J'ai déjà l'air assez con avec mes bites en berne.
Elle cause, elle cause.
Et elle boit.
1-69-69.
Voyons voir.
Nom de code, Mickey.
Allez, va bien, Mickey.
Numéro de téléphone et merde, c'est préservé.
Bon, réfléchissons.
Mac.
Mac, Mac, Mac.
Macaroni.
Evidemment, c'est pas ça.
Ma... Ma kélélique.
Je l'emmène dans mon studio.
Au sixième sans ascenseur.
Et là, il était tout en sueur.
Le pauvre, tu comprends, à son âge.
Six étages sans ascenseur.
C'est pas ça non plus.
Mac.
Il ne pouvait pas.
C'était pas un playboy.
Bon. Mais j'étais déçue.
J'ai ri.
Il était vexé.
Il m'a giflé.
Et là, je me suis mise à pleurer.
Et tout d'un coup, j'ai vu que ça l'excitait, le fait de pleurer.
Mac... Macho.
Évidemment, j'aurais dû y penser plus tôt.
Alex adore les machos.
C'était évident.
Alors... Et bah voilà, son numéro de téléphone.
Super.
Ma reine, si vous allez vous coucher... Je sens que ça vient.
1-69-69 ? Ok ?
Oui, je veux vous aider.
Tapez 1-67-40 sur le site d'Alex.
Vous me voyez ? Oui.
Vous ne pouvez pas la laisser comme ça. Je vais vous aider.
Ah bon ? Comment ? En vous regardant.
Bon.
D'accord.
Vous me direz ce que vous ressentez, ok ? Allez-y.
C'est doux, c'est chaud.
À qui tu parles ? À un copain.
Il veut tout savoir.
Je lui ai tout.
Ça, c'est vraiment tordu.
C'est la seule solution.
Va plus haut, là.
Sur le ventre.
Vas-y maintenant, touche-la.
Qu'est-ce que tu sens ? C'est tout mouillé.
C'est bon signe.
Fonce. Me prends le... Et alors ? Ça marche ? Ça marche.
Comment tu t'appelles ? Tu connais pas son nom ? Non, pas encore.
Charisma. Non, le nom. Mon père a connu ma mère aux Indes.
Laisse le porte à brancher. Je te regarde, je te mate, Mickey.
Tu vas l'apprendre.
Allez, pose le portable et fonce maintenant.
Voilà. Efficace, ton copain.
Tu serais pas un peu homo, toi ?
Oh mon dieu, c'est bon.
C'est... Bouge tes reins d'avant en
arrière.
Rentre plus encore.
Tu es bien là.
Oh oui,
c'est bien le charisme. Marine.
Je te serre là.
Oh.
Ah oui.
Ah, je sens.
Ah, ça fait drôle.
Oh, comme des cercles.
Vous pourriez recommencer votre massage, ma reine ? Ah.
Oh, je... Ah.
Ah oui.
Là, bourre-moi, là.
Oui ! Laboure-moi ! Ah oui,
je laboure. Je vous bourgogne.
Je te mate, Mickey.
Vas-y, fort.
Vas-y, oui.
Oui, oui.
Un coup sec, ça me plait.
Allez, vas-y, encore.
Un coup sec, ça me plait.
La maman !
Le monde entier te mate, Mickey ! Oh oui ! Oh oui, le monde entier !
A bientôt sur le net, Mickey.
Je lui ai dit, je lui ai laissé entendre qu'en fait son système nous intéressait
parce qu'on a envie effectivement d'avoir une caméra, de faire des trucs,
d'être exhibitionniste. D'ailleurs je vais vous montrer, je vais vous montrer,
là j'ai une cassette, on l'a fait, on a
fait ça, voilà,
vous allez voir ce qu'on fait avec ma femme.
Une fille de votre âge, tiens.
Merci.
Pourquoi merci ? Qu'est-ce que je t'ai fait ? T'es tellement mignonne.
J'adore les filles de ton âge. Merci.
Je vous remercie, vous avez été très très très gentilles.
Merci beaucoup.
Au revoir.
Qu'est-ce qui m'arrive ?
Vous avez oublié quelque chose ? Je dois encore signer ? Non, non.
Je suis venue quand chez vous ? Il y a quelques minutes.
Quelque chose ne va pas ? Non.
Enfin, si.
Tout va bien ? Moi très bien, mais c'est vous qui avez l'air bizarre.
Tu n'as pas compris, chérie.
Cette demoiselle revient pour que nous nous occupions d'elle.
Laissez-nous, Maria.
Nous recherchons justement une petite esclave pour remplacer Norbert.
Son costume est à l'office.
Vous prendrez bien quelques coups de martinet.
Eh bien alors, celle-là, elle ne sait pas ce qu'elle veut.
C'est surménage, souvent.
Il se passe quelque chose de pas normal ici.
Salut, Karine.
Bon anniversaire.
Tiens. Bon anniversaire, pizza.
Ça va, le travail ? Ouais, ouais, ça va.
Oh, ça a pas l'air d'aller, toi.
Si, si, ça va.
De toute façon, c'est ton anniversaire aujourd'hui. Tout ne laisse faire, tu
fais rien. Et nous, on prépare tout.
Ok ? J'ai complètement oublié.
Je crois que je travaille trop en ce moment.
Ça, on le sait, petite sœur.
Le travail, les études, les amants. Tu fais beaucoup de choses à la fois.
À la cuisine.
Mais toi aussi, t'as ce truc-là ? C'est la folie. Elles en ont tout ça.
Incroyable. C'est elle qui les vend.
Allez, laisse ma petite sœur tranquille.
Il faut qu'elle se pomponne.
Tu sais, j'ai invité Norbert.
Norbert ? Oui.
Allez, va te faire belle.
Tu sais que t'as encore toutes tes chances.
Merci, grande sœur.
De rien, petite sœur.
Sous-titrage
Société
Radio-Canada
Sensation m'empêche de dormir.
Cette romance empêche le froid de m'envahir. Vas-y, ne te gêne pas, viens
voir Valenciennes. Il s'agit de bien plus qu'un et moi.
Ce regard en fait vivre.
Excusez-moi les amours.
Reste, j'en ai pour une minute.
Non, mère, tu sais quoi ? T'as de la chance.
Ma petite sœur Charisma, c'est pas une chance, ça.
La chouchoute de la maison.
La super-intelligence.
La top jolie.
Papa l'adore.
Tout lui est réussi.
C'est pas comme ce mouton noir de Darynie.
C'est pas ça.
C'est pas ça, Darynie. Tout le monde t'aime.
Ah ouais, et lui-même, lui.
Arrête, tu le sais bien.
Je suis moche, je suis idiote.
Personne ne m'aime.
Personne ne me supporte.
Mes amants n'ont rien de plus pressé que de me larguer après la première nuit.
Je suis nulle, oui.
Je suis une catastrophe dans la vie.
Miss Bean.
C'est moi.
La fée Carabosse, vous connaissez ?
La vilaine sorcière d'Arimi.
La laide, le boudin, le plus mauvais coup de Paris.
C'est moi.
Avec en plus un nom ridicule qui fait qu'on m'appelle dard.
Dard par ici, dard par là. Comme si je piquais.
Je suis un vrai dard, oui.
Toujours en retard.
Jamais là où il faut.
Je rate tout.
Et même tout à l'envers.
Est-ce que tu m'as jamais vraiment regardée ?
Est-ce que tu m'as désirée ne serait-ce qu'une seconde ? Est-ce que tu m'as
aimée un peu ? Maintenant, trop éblouie par la belle charisma,
la sublime charisma.
Ah oui, et vingt ans ce soir en plus.
Toute la fraîcheur, le rêve, la beauté.
La plus belle chatte à l'ouest du Pégos.
Je te déteste, Caïs ! Moi, je te déteste ! Si tu savais comme je te déteste ! Je
t'aime fort, t'as vu ? Dis pas ça, d'arrête.
Dis pas ça.
Moi, je t'aime.
Tiens, prends ça.
Fais voir.
Je vais t'essuyer un peu.
Arrête ! Je veux pas de ta pitié.
Moi, est-ce que j'en fais de ta pitié ?
Arrête de me jouer la comédie, je la connais par cœur ta scène du 2.
Amusez-vous bien tous les deux.
Et merde, tu connes.
Je comprends pas.
Elle va jamais parler comme ça.
C'est rien, elle a trop bu.
Et puis tu sais bien.
Ouais.
Pas facile à gérer tout ça pour elle.
Ça fait que deux semaines que tu l'as quittée.
Je regrette rien.
Sans elle, je t'aurais pas connu.
Dis-moi Norbert, tu vas pas dans les quartiers chics toi des fois ? Ça peut m
'arriver pour mon boulot.
Pourquoi tu me poses cette question ? Parce qu'aujourd'hui je suis allée à
Passy et il y a quelqu'un qui m'a parlé d'un Norbert.
Et ce sera amusant.
Et toi, qu'est-ce que tu faisais à Passy ? Mon boulot.
Allez, mets-toi à l'aise.
Ah ouais ? Ah ouais.
Comme ça ? Ben écoute, tu montes ton zizi,
je te montre le mien.
Oh ben t'es gonflée, toi.
Moi je te prenais pour une fille bien, romantique, sentimentale, du sort,
déballe le paquet.
Tu vois, c'est raté.
Bon allez, sors ta queue, là.
Qu'est-ce t'attends ? Je sais pas, moi... Je vais pas t'attendre toute la
nuit.
Vas-y ! Tu veux que je t'aide, c'est ça
? Ça
va,
il n'y a pas à dire ce qu'il faut.
À 67,40, se réveille.
Qu'est-ce que c'est que ça ? C'est ça que tu voulais voir ? Ouais.
Jouer au docteur.
Au docteur. Quel manque de maturité.
Allô ? Ok.
Qu'est-ce que vous êtes en train de faire ? Moi ? Si vous continuez, je vais
appeler la police.
Vous ne seriez pas un peu jaloux des fois ? Mais arrêtez,
arrêtez ! Vous êtes folles !
Non,
non, non, je vous assure.
Attends, j'ai un petit problème.
Regardez.
Je vais vous montrer devant la caméra que tout va bien.
Mais qu'est-ce qui vous arrive ? Rien, tout va bien.
Ce que vous voyez, c'est pas moi.
Rassurez-vous.
C'est de la pulsion, à fond ! Fais lui chier sa merde !
C'est pas elle.
Elle ferait jamais une chose pareille.
C'est parti.
Bonne nuit Mickey
Le
site
d'Alex envahissait la planète Nous ne cessions pas de fêter nos succès Les
couilles de nos membres nous faisaient monter en bourse C'était un délire
planétaire connectant le monde de la réalité avec celui des fantasmes les
plus dingues les politiciens s'affolaient les autorités morales comme
on dit montaient entre nous plus ils nous traînaient dans la boue et devant
les tribunaux plus nos abonnés augmentaient pietro di marco et
alexandrine de renzis devenaient les opérateurs inévitables de la nouvelle
société l'ère de l'intercommunication incontrôlable était à nos portes
Nous n'avions pas vu comment le décalage avait commencé, ni quel jour, ni
pourquoi.
On cherche partout depuis tout à l'heure, j'ai quelque chose à vous dire,
il se passe quelque chose vraiment étrange.
Il se passe vraiment des choses étranges ici.
Effectivement.
Tu hallucines ou quoi ? C'est un moment que j'ai constaté.
Nous aussi.
Excusez-moi mademoiselle, mais vous ne pouvez pas rester là. Dites-moi monsieur
l'agent, est-ce que vous la voyez là la fille sur l'écran ? Oui, oui, oui,
superbe.
Est-ce que d'après vous, c'est la même personne qui est là, juste derrière moi
? Excusez-moi, mais je ne vois personne derrière vous. Je vois monsieur
là-bas, à côté de vous.
Vous et cette... Cette charmante créature sur l'écran, une vraie blonde.
Mais là, la personne qui est juste là, assise là, juste derrière, vous la voyez
pas ? Mais non, puisque je vous dis que je vois monsieur, beau brun, vous et
cette belle créature sur l'écran, magnifique.
Merci, monsieur l'agent.
C'est bien, circulez.
Vous y comprenez quelque chose, vous ?
On essaie.
Moi, au début, je croyais qu'on voyait mes fantasmes.
C'était plutôt chouette.
Et pourtant, personne ne le voit. Mais non, seulement les branchés sur votre
site. Nous voyons autre chose.
Oui, mais quoi autre chose ? Je ne sais pas.
Il n'y avait rien à comprendre.
Les webcams nous avaient fait passer dans une autre dimension.
Un point, c'est tout. C'était comme ça.
De beaux moments, de belles émotions, de belles rencontres.
Le bonheur nous inondait du matin jusqu'au soir, puisque tout était devenu
possible.
Dans quelques instants, je vais me sentir mieux.
Parrain va apprécier que je fasse l'effort de venir le chercher.
Je me sentirai moins coupable pour ma reine, cette chienne.
Tu embrasseras papa et maman de ma part.
Je suis vachement triste de devoir partir.
Moi aussi, ma petite sœur jolie. Je suis vraiment désolée qu'on en mange. C'est
pas grave, je te prépare un cadeau. Tiens, vite, tu vas louper le pain.
Tu
aimeras
ce requêt de Tagore.
J'en suis certain.
Un 69-69 ? Un 67-40 ? Mickey ? Oui, et vous ?
Nous
sommes
où là ? Je sais plus.
Là où il fait beau.
Où il fait chaud.
Non, pas trop chaud.
Quoi de plus beau que Paris ? Rien.
Paris, les bords de Seine.
Les péniches, le clapotis de l'eau.
Le soleil, les beaux hommes.
Les belles filles.
Entrons ensemble.
Entrons ensemble.
C'est bon.
...
Oh !
Merci.
... ... ...
...
... ...
tout se termina ce soir-là les derniers rayons de soleil caressaient mon corps j
'avais senti en moi une grande paix chaude et lumineuse j'étais enfin libéré
j'avais perdu toute crainte la peur qui m'avait attaché à la terre avait disparu
volatilisée tant que j'avais eu peur je ne pouvais pas partir
Je voyais mon visage dans tes yeux Je sentais la tendresse au
travers de tes mots Mes larmes fuient tel un coup en air
Mes larmes fuient au contact de ta peau Ton
regard a traversé mon âme Couvrant mon cœur d'un
voile soir
à traverser mon âme, couvrant mon cœur d'un voile de soir.
Bonne nuit, Minnie.
Bonne nuit, Mickey.
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