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Oui, ici Brunetti.
Bonjour, monsieur le directeur.
Oui, je reviens dans une semaine.
C'est sûr.
N'ayez aucune crainte.
Oui, bien sûr, j'ai les capitaux, mais que les choses soient claires, d'accord
? Je ne veux absolument pas que ma femme soit mêlée à cette affaire.
Bien.
J'irai directement, alors.
Bonjour à Saltarelli.
Truduc.
Salut, mon vieux. Je suis ravi d'apprendre que t'es pas mort. Arrête
tes sarcasmes, Mathéo. Qu'est-ce que je peux te raconter ? Quand je bosse, c'est
pour des mariages de merde.
Mais il faut bouffer, alors les principes, on pisse dessus.
Marche ou crève, mon vieux.
On te force à ne rien foutre dans ce pays.
Mais attends, c'est quoi ce discours ? Tu sais, mon pote, c'est évident pour
personne. Faut arrêter de pleurnicher.
Qu'est-ce que tu t'imagines ?
L'Italie est pleine de saltimbanques, de journalistes qui foutent rien.
Alors que faire ? En fait, je connais ton problème.
Tu as un caractère de merde.
Euh... Mathéo, tu m'as appelé pour me casser les couilles, hein ? Non, non, j
'ai une grosse affaire pour toi, vieux. Écoute bien attentivement.
Vendredi soir, on fait la une des journaux.
Écoute, Perilli va aller jouer les jeux interdits avec Catini.
Et toi, t'as plus qu'à les photographier. Mais il fera certainement
nuit. Prépare l'objectif à infrarouge. On va surprendre nos deux tourtereaux.
Avec ce job, tu vas être peinard.
Ouais, tu vois, Omar, cette fois, c'est vraiment un contre-béton.
Avec une revue célèbre. Putain, c'est génial ! Et combien tu veux pour ça ? On
verra plus tard.
J'ai pas calculé. On se démerdera.
Merci beaucoup, Mathéo. T'es un vrai pote, mon vieux.
C'est ça, ouais.
Salut David. Alors, t'as des infos ? Ouais, d'excellentes nouvelles. Je pense
qu'on va faire pas mal de bénéfices.
Bon, c'est déjà ça.
En attendant, le directeur de l'autre banque me fait chier.
Cet enfoiré me demande de rentrer.
C'est vraiment une sale affaire.
J'espère que Laetitia n'en saura rien.
Allez, t'inquiète pas mec.
Le mois prochain, tu vois, on aura plein de fric, c'est sûr.
Et ça, mon vieux, ça va te changer le moral, ouais.
Pour ce soir, j'ai une petite fiesta bien sympa avec une chouette gonzesse.
Le genre de fête qui se fait à trois, tu vois.
Allô ? Bonjour, Dr. Brunetti. Oui, j'arrive tout de suite.
Oui, entrez. Venez.
Madame ? Tenez, vous remettrez ceci au géomètre Réculi.
D'accord.
Qu'est-ce qu'il y a ? Vous semblez soucieux.
Un petit peu, ouais.
J'ai peur tous les jours, la mafia corrompt les gens.
Elle s'installe dans tous les milieux. Je crois qu'elle est ici.
Les gens ont changé, croyez-moi.
L'air est devenu malsain.
Je comprends tout à fait votre inquiétude, Romualdi. Mais elle est
disproportionnée, vous savez, vous ne risquez rien.
Cela fait 60 ans maintenant que notre société existe, vous comprenez ?
Nous n'avons pas peur de ces mafieux. Les plus féroces sont sans conteste les
hommes d'État.
Ils serrent votre gorge puis la relâchent, ça les amuse. Ce sont eux qui
mentent, qui vous manipulent, qui s'entretuent.
Les journalistes sont leurs vautours.
Ils vendent le crime, tel une drogue.
Il faut s'adapter et comprendre tout cela. Mais rassurez-vous, je contrôle
parfaitement mon entreprise.
Mon père et moi sommes très méfiants.
Certes, je suis une femme.
Mais ça ne veut pas dire qu'on me manipule.
Ce n'est pas ce que je voulais dire, Madame Brunetti.
J'ai juste peur pour vous, voilà tout.
Merci.
Comment s'appelle-t-elle ? Je crois que c'est Angèle.
C'est son premier trio, alors je la trouve très bien.
Superbe. Je l'ai rencontrée hier, complètement bourrée. Elle m'a expliqué
qu'elle venait de l'Est.
Et tu en as profité.
Ouais, ouais. Ces seins sont magnifiques.
C'est cool.
Ouais, c'est une belle baraque ici.
Elle a l'air sage.
C'est ça, les filles de l'Est.
oh oh
C'est vraiment...
Merci.
Ah, c'est la musique.
Merci.
Le géomètre Riculli a bien reçu la proposition.
Il fera savoir quand et comment seront transformées les habitations en
calabres. Il faut appeler Buccalosi.
Une goutte de lait.
Tu disais ? Je crois qu'on va mettre la main sur un beau paquet d'argent dans
une région comme la Calabre. J'étais certain que Buccalosi et les siens
accepteraient ce contrat.
Vous pouvez pas parler d'autre chose.
Ta fille a raison, Angelo. Je m'excuse, Martina.
Mais tu n'as pas à t'excuser, chérie. Tu n'as rien dit de mal, voyons. Au
contraire, je trouve que ce serait bien que Martina pense rapidement à
travailler, qu'elle s'intéresse à quelque chose, qu'elle arrête d'avoir la
tête dans les nuages.
Trouver un métier qui lui plaise, qui rapporte.
D'après ce que vous dites, l'argent vient avant toute chose, même avant la
vie.
Voilà, c'est ça. Tu es jeune et pleine d'illusions, c'est normal.
Mais n'oublie jamais ceci. Tout le monde a un prix et celui qui paye peut se l
'acheter. Bravo.
Très bon exemple.
Donc si j'ai bien compris, comme j'ai l'argent, on peut dire que je vous ai
acheté et vous êtes ma propriété.
Allons, ne faites pas cette tête, c'est de l'humour.
Bien, bien.
Souriez, monsieur.
Regardez votre femme, tenez-vous par le bras.
C'est ça, oui.
Pas mal.
Oh, merde, je suis désolé.
Allô ? Matteo ? Non, non, fantastique.
Pour l'instant, je fais un mariage de merde.
Ben ouais, vieux.
Non, je te rassure, je n'ai pas oublié notre conversation.
J'attendais que tu m'appelles pour avoir des infos supplémentaires.
Oui, oui, vendredi, c'est ce que tu m'as dit.
Salut.
Allez, on continue, encore deux photos.
Souriez, vous êtes mariés.
Je sais.
Regardez-vous.
Regardez-vous dans les yeux.
Allez-y.
Voilà, c'est bien.
Bonjour, mon amour. Pourquoi ces fleurs ? Surprise ! Allez, dis-moi.
Je t'aime.
Ces fleurs respirent la victoire.
Elles sont pour toi.
Merci mon amour. C'est rien.
Pourquoi ? Je t'ai dit que c'était une surprise.
Mais à quel propos ? Du boulot.
Elles sont magnifiques.
Fini les trucs de merde.
Tu vas voir chérie, plus de galère. On pourra même aller en vacances.
C'est un super bon plan.
Qu'est-ce que... T'es vraiment superbe avec ce collant et ces chaussures. Je t
'attendais, mon amour.
Tu m'as préparé une surprise.
T'es belle.
J'ai envie de toi.
Toi alors, t'es vraiment une coquine, tu sais. J'aime bien.
Tu sens vraiment bon.
Tes seins sont les plus beaux du monde, Linda.
Mets-toi debout, chérie.
Hé, doucement.
Putain, t'es vraiment bandante.
Tout ça, c'est pour moi.
Oui.
Ma femme a le plus beau cul du monde.
Il est magnifique.
Excuse-moi.
Ouais, comme ça.
C'est bon.
Chérie.
Ouais... Ouais, continue... Ouais...
Ouais...
Ouais, suce
bien...
... ... ...
...
Non.
Mouah !
Mouh !
Naaah
Je suis un monstre.
C'est pas facile de corrompre un militaire.
J'apporte encore du travail à la société jusqu'à ce que le vieux crève. Mais pour
ça, je suis pas assez payé. De toute façon, j'enculerai cette bande de
connards. Avec ce sale boulot, j'ai vendu mon âme au diable.
Je n'ai pas réussi à contacter M.
Brunetti. Cependant, quand il arrivera, vous lui expliquerez que nous sommes
allés voir mon père, qui est très malade. Nous dormirons là-bas.
Vous êtes contente, non ? Pourquoi ? Je n'ai aucune raison, madame.
Bien. Ne vous fâchez pas. Je pensais que vous auriez moins de convives pour le
dîner. C'est tout.
Donnez-moi donc la valise et allez en cuisine pour préparer le repas.
Tu crois que mon père te trompe avec Virginia ? Et toi, qu'est-ce que t'en
penses ?
La journée a été bonne. Belle récompense.
Le pouvoir du pognon.
C'est fascinant.
Avec le fric, bébé, tu peux tout faire. Tout.
L'argent transforme, métamorphose les personnes.
Tu sais que je pourrais t'acheter.
Peut-être même faire de toi une esclave.
D'ailleurs, tu ne me contredis pas.
L'esclavagisme existe toujours.
Seules les méthodes ont changé.
Imaginez un peu.
Prenons les mécaniciens, par exemple.
Ils doivent gagner quelque chose comme 1000 euros.
Tout ça pour de la merde.
Il faut payer son loyer, ses impôts, toujours plus.
Tu sais, quand j'étais jeune, je faisais partie des Brigades Rouges.
C'est fou, non ? Je sais pas ce que c'est, les Brigades Rouges. Je suis
bête.
Tu comprends rien.
À part ceci.
Tu es une machine à billets.
C'est vraiment dégueulasse de faire ça.
C'est n'importe quoi de donner ta propriété à cette association minable.
Elle vaut 10 millions d'euros.
Je sais combien vaut cette demeure.
J'ai assez trafiqué pour l'acheter.
J'ai corrompu, truqué des bilans, brisé des vies pour m'enrichir.
Je suis devenu un parrain qui sait que tout s'achète.
Même les plus grands avocats m'ont mangé dans la main. D'ailleurs, dire ça est un
pléonasme. Alors épargne-moi tes beaux discours.
Tu ne sais rien de moi.
Je sais que tu es pareil et prête à tout pour le pouvoir et l'argent.
Je pense à moi parce que tu es égoïste.
Qu'est-ce que tu t'imagines ? Que je suis bête ? Moi, au contraire, je pense
à la mort.
Je veux racheter ma conscience à coups de millions encore.
Tout s'achète, même le paradis.
Je veux qu'il reste quelque chose de moi.
Même si c'est une statue, même si c'est une place.
Mais j'imagine que tu peux pas comprendre ça.
Il le faudra car j'y laisserai ma fortune s'il le faut.
C'est réconfortant de mourir en se disant « j'ai fait quelque chose de bien
dans ma vie ». Tu es devenu fou, papa.
Mais crois-moi, je t'empêcherai de faire ça.
Pourquoi tu me fais une chose pareille ? C'est ridicule. Ne m'oblige pas à faire
n'importe quoi.
Comme quoi, ma fille ? Tu peux pas t'opposer à ma volonté.
Cependant, je réfléchirai.
Maman...
Oh...
Salut. Mon père est soupçonneux. Il m'a dit qu'il allait contrôler tous les
comptes, d'accord ? Vérifier les bilans, les capitaux, la réserve, etc.
S'il trouve la moindre faille, il ne te fera pas de cadeau. Il te déshéritera, c
'est certain.
Pourtant, il semblait estimer beaucoup.
Il a l'air très déçu.
Sais-tu que la banque a appelé pour des problèmes de découvert ? J'espère pour
toi que tu n'es pas impliqué dans une drôle d'histoire.
Mais qu'est-ce que tu crois ? Tout est en ordre ? Peut-être. J'ai préféré te
prévenir au cas où. Mais visiblement, mon père s'est trompé.
Il ne faut pas voir partout de la corruption.
Quelque chose ne va pas ? Non, tout va bien.
Ça craint, mec, tu comprends ? On risque de tout perdre. Arrête de flipper,
Angelo. Fais-moi confiance, enfin. On devrait tout récupérer dans quinze
jours. Ça va nous permettre de faire de la plus-value.
Ne me casse pas les couilles avec ta plus-value.
Faut remettre le fric tout de suite dans la société, putain, tout de suite !
Inutile de s'énerver, écoute. Ce n'est pas si simple que ça, vieux.
Beaucoup de gens sont impliqués, tu sais, tout de suite, là, ça me paraît
difficile. Comment tu veux que je fasse, putain ? Écoute, c'est pas mon problème,
démerde-toi, sinon je te jure, je vais péter un plomb, enculé, t'as rien
compris, tu m'as pris pour un con ou quoi ? Si je récupère pas le fric, je
suis ruiné ! Tu sais ce que ça veut dire ? Ruiner, putain !
Regardez.
Excusez-nous, Romualdi.
Où vas-tu ? À Lugano.
Les comptes bancaires se trouvent là-bas.
Ah, j'ai réussi à convaincre le ministre de la Défense, il devrait marcher avec
nous. Félicitations, tu es très fort pour la corruption.
Et ton père ? Rien à faire, il insiste, il veut tout inspecter au peigne fin,
surtout les comptes bancaires.
Je ne sais pas ce qu'il a en ce moment, il croit qu'il va mourir bientôt.
Tu sais, les vieux ont parfois des pressentiments.
De toute façon, demain, je vais rencontrer le directeur de la banque
coopérative.
Bon, eh ben, à demain.
C'est ça, à demain. Salut.
Romualdi, venez me voir, s'il vous plaît, et prévenez les autres que je ne
veux pas être dérangée.
Banque populaire Giorgio, bonjour.
Bonjour. Monsieur Colasanti, s'il vous plaît.
– Qui dois-je annoncer ? – Angelo Brunetti de la société SCPA. Un instant,
je vous prie.
Je suis désolé, M.
Colasanti est absent.
Ah, merci quand même.
Allô ?
Salut Angelo. Mais qu'est-ce que tu fous chez toi ? C'est quoi ce ton de merde ?
Tu te prends pour qui, toi ? Je suis en train de classer mes livres anciens. Tu
sais, c'est important la culture.
Tu me sembles nerveux ces temps-ci.
T'en as de bonnes, toi, vraiment.
Je me demande comment tu ferais à ma place.
Je suis dans la merde.
Calme-toi, il y a toujours une solution à tout.
Demain soir, je vais voir Laetitia. Je suis certain qu'elle peut nous aider. J
'ai cru comprendre qu'elle était en désaccord avec son père depuis quelques
temps. Je vais la convaincre.
Demain, je t'appelle vers 16h30, d'accord ? Surtout, n'oublie pas, hein ?
Ce type est un sale trou du cul.
Oui, j'écoute ? Rekuli, elle apparaît. Salut Rekuli.
Écoute, je suis en bagnole, vieux. Appelle-moi plus tard si ça te dérange
pas.
Écoute, j'en ai pas pour longtemps.
Je veux que tu me confirmes si le rendez-vous est retardé. J'ai pas envie
d'attendre deux heures, moi. Ils sont déjà en route, tu sais, patiente.
Bon, bah dans ce cas, je vais aller à Lugano.
Tu peux m'en dire plus ? Je t'ai dit que c'était pas prudent de parler sur le
téléphone portable.
Bon, d'accord, je te laisse. Salut.
J'en ai plein le crâne de cette histoire de merde. En plus, il faut que je tombe
sur des crétins, c'est vraiment pas possible.
Est-ce que je suis froide avec vous ? Oh non.
Au contraire, je vous trouve très attachante. Je suis content de
travailler avec vous, c'est plaisant, je vous assure.
Je n'en ai jamais douté, j'ai toujours su que notre relation était bonne.
Après toutes ces années, nous ne nous connaissons pas.
J'aimerais en savoir un peu plus sur vous.
Si vous me trouvez jolie, peut-être même désirable.
Alors dites-moi si je vous excite.
Venez, léchez-moi.
Ah...
Oh...
S'il te plaît.
Oh !
Non.
Virginia ? Virginia ?
Virginia ?
Il manquait plus que ça.
Une vraie salope comme sa mère.
J'aurais pas cru ça de ma fille.
C'est vraiment une journée de merde.
Ah, Virginia.
Tu perds rien pour attendre.
Je peux encore te couvrir une semaine. Je vais opérer un transfert bidon d'un
autre compte. Mais seulement pour cette journée.
Tu sais que je prends de gros risques. Je te remercie, mais j'ai bien peur que
ça suffise pas. Tu comprends, il faut que j'arrive à calmer l'autre partie.
Tu m'as mis dans la merde avec l'affaire des militaires et avec cette foutue plus
-value, je suis complètement ruiné.
Tu n'as pas le droit de dire ça.
Je t'ai fait gagner un paquet de fric, non ? Je vais te dire, il y aurait bien
une solution à tout ça.
Le vieux pourrait te laisser plus de liberté.
Comment ça ? Ça me paraît clair.
C'est toujours la même histoire. Avec quoi il a fait fortune ? Banque ?
Politique ? Finance ? Des crimes perpétrés sans jamais être inquiété ?
Excellent.
Le vieux Brunetti a travaillé avec la mafia.
Et avec la mafia, tu peux mourir.
N'oublie pas que s'il lui arrive malheur, c'est la fin des problèmes.
T'es tombé sur la tête. Je suis peut-être un enfoiré, mais je suis pas
un assassin.
D'accord, je suis dingue.
Mais je ne peux rien faire de plus pour toi.
Bonne chance, mon vieux.
Si je tombe, j'entraînerai des gens avec moi dans ma chute.
D'accord ? T'as compris ? Ça me paraît être une consolation bien maigre.
Et puis, entre nous, ça me fait pas vraiment peur.
Tu sais, je saurais me défendre.
Je crois qu'Angelo est sur le point de craquer.
Nous sommes entrés dans la phase la plus délicate. Alors tu es toujours partante.
C'est sûr que c'est terrible de désirer la mort de son propre père.
Mais j'ai terriblement besoin de fric.
Et puis, de toute façon, mon père est un vrai danger public. Il n'est pas comme
tout le monde.
C'est un homme dangereux. Hier, je l'ai eu au téléphone.
Et il m'a dit... Ce sont ses propres mots.
Je n'ai pas travaillé toute ma vie pour que tu dilapides ma fortune.
Et pour ce qui est des propriétés, il faut que tu saches que je compte les
léguer à des œuvres caritatives, susceptibles de faire le bien en mon
nom.
Ce n'est pas un père, c'est un enfoiré de première.
Changeons de sujet.
Le photographe, tu en es où ? C'est pas le photographe qui pose un problème, tu
sais. Le problème, c'est le tueur.
Ça se trouve pas au coin d'une rue. Je n'ai pas vraiment l'habitude de trouver
des assassins.
Demande-moi de détourner des fonds, ça d'accord.
Mais passer commande pour un homicide, je sais pas vraiment comment m'y
prendre. Dis-moi comment je suis censé faire pour t'amener un tueur sur un
plateau.
Avec de l'argent, tu fais tout.
Tout ce que tu veux.
Allez, dis-moi tout. Non, pas ici.
Comme tu veux.
Écoutez, vous ne risquez rien.
Rappelez-vous seulement une chose.
Quand vous serez dehors, il ne faudra pas qu'on vous reconnaisse.
Mon mari, quant à lui, sera à visage découvert.
Vous devrez le convaincre de vous aider à charger le corps dans la voiture.
Je vous donne un à-compte de 50%. Vous toucherez le reste... après l'exécution
du contrat.
Vous aurez un autre versement pour Angelo, le mari de madame.
Ce que vous me proposez n'est pas un travail normal.
Si je l'acceptais uniquement pour Don Carlo, c'est lui qu'il faudra remercier.
Parce que Don Carlo considère que la petite dame, comment dire, est un peu
des nôtres. Donc j'obéis, mais pas d'entourloupe.
Pour moi, un cadavre de plus ou de moins, ça me fait ni chaud ni froid.
À ce propos, je crois que le moment est venu de vous expliquer comment tuer mon
mari, votre nouveau client.
Écoute, je fais le boulot.
Mais tu devras m'aider à mettre le corps dans la bagnole.
J'ai déjà repéré une décharge.
Et toi, tu me donneras un coup de main pour balancer le corps dedans.
C'est clair ? T'es malade ou quoi ? Je touche pas au cadavre. T'as pas vraiment
le choix.
Je peux pas transporter ce mec tout seul.
Tu piges ? Je m'occupe de l'exécution.
Après, tu te pointes et on s'occupe du Maccabée ensemble.
T'as compris ?
C'est pour quand ? Bah, on peut pas faire ça maintenant, c'est trop tôt.
Il faut que je vérifie toutes les infos. Les habitudes du vieux, entre autres.
Procure-toi un double des clés de sa baraque.
Le moment venu, je te communiquerai la date et le lieu du rendez-vous pour
aller s'occuper du client.
Je dois partir en déplacement. Je serai absent trois jours.
Je vais profiter de ces trois journées pour bien me préparer. N'oublie pas les
clés de la maison.
Attends, j'ai pas fini.
Pas d'embrouilles avec Salina.
Hein ? D'accord ? Voilà.
Non, non, rien ! Je vais très bien.
Ça suffit. Vous commencez à me fatiguer, toi et ton père.
Avec vous, c'est toujours la même chose.
Vous n'appréciez jamais ce que je fais. Vous ne comprenez rien. C'est moi, c'est
moi qui me tape tout le sale boulot. C'est moi qui fais tout dans cette boîte
aujourd'hui.
Et c'est moi et moi seul le véritable successeur de ton père.
Et lui, nom de Dieu, aujourd'hui, il ne m'adresse plus la parole.
Calme-toi, calme-toi.
Ces grandes envolées théâtrales ne servent strictement à rien, tu sais.
Je te connais mieux que personne.
Ça ne te ressemble pas. Et il y a quelque chose qui te rend nerveux. Qu
'est-ce que c'est, hein ? Tu veux le savoir ? Tu veux vraiment le savoir ? Je
vais te le dire ce qui se passe. Je suis tombé sur Martina dans le même lit que
Virginia. Elles étaient en train de baiser. T'as une fille lesbienne ! Merde
! Ça te paraît pas être une bonne raison pour perdre les pédales, hein ? Je suis
désolée. Tu veux qu'on aille en parler dans la chambre ? La mère de Martina
était une pute ! Martina est une pute !
Et aujourd'hui, je me demande si c'est bien ma fille.
Je compte plus le nombre de fois où elle a abusé de ma confiance.
Un peu comme toi, qui tape Romualdi.
Tu vas à Malte demain ? Oui, je partirai de Bologne.
L'avion est à 21h.
Tu n'avais pas un rendez-vous de prévu vers 17h ? Si, vers 5h, j'ai une réunion
avec les militaires, je pars après.
Ce grand compositeur a laissé derrière lui une discographie impressionnante.
Méconnu du grand public, il est mort l'année dernière dans le plus grand
secret. Nous interrompons ce programme musical pour une édition spéciale. Nous
apprenons à l'instant que la ville de Bologne est en alerte maximale suite à
une alerte à la bombe. D'après nos informations, la cible serait l'aéroport
Guglielmo Malconi. Les artificiers sont à pied d'œuvre pour tenter de désamorcer
la ou les bombes qui seraient d'une grande puissance.
L'aéroport sera fermé pendant au moins 24 heures.
C'est la confusion la plus totale pour les voyageurs. À l'heure qu'il est, la
police n'a reçu aucune revendication.
Encore une fois, le terrorisme frappe notre pays.
Bien évidemment, nous vous tiendrons informés de l'évolution de la situation
en fonction de nos informations.
Très bien, on rentre à la maison.
Mais avant ça, je vais m'arrêter pour m'offrir un bon petit restaurant.
Pour moi, c'est clair.
Bon sang, on dirait la bagnole de David.
Ça ne plaît pas.
Martina nous attend, elle est prête. Elle déteste son père.
Et pour elle, il s'agira d'une espèce de rite initiatique.
C'est très important pour elle.
Cela lui permettra de faire enfin partie de notre grande famille.
C'est dans l'ordre des choses.
Elle sera liée à nous et non plus à son père.
Cette petite mexite a l'air bonne.
D'autant plus qu'elle pourra nous être utile dans l'avenir.
N'oublie pas que demain, nous devons voir les derniers détails avec Salina.
Pas d'embrouilles avec Salina, hein ? On est bien d'accord.
Il faut impérativement que l'on s'assure de la présence du photographe et que le
tueur ait le visage dissimulé.
Encore heureux que ton père vive dans un endroit aussi éloigné de tout.
Batard ! Allons-y.
Martina nous attend.
Hein ?
Oui.
Non.
Salut Laetitia, c'est moi.
Je croyais que l'aéroport de Bologne était bouclé.
Oui, j'ai pu partir par l'aéroport de Forlì.
Écoute, je t'appelle pour te dire que mon portable est en rade.
Est-ce que tout va bien ? Oui, tout va pour le mieux.
Il est encore en retard.
J'ai horreur des gens à la bourre.
Attendons encore un peu.
Bon.
Ah, le voilà.
– Vous avez eu un problème ? – Non, tout va bien.
On fera les comptes le moment venu, mon p'tit David.
Mais c'est que…
Chut ! Chut et reste
calme ! Y a quelqu'un, hein ? T'es sûre ? Tu
m'as pas vu, d'accord ? Tu dois dire à personne que je suis là.
Moi,
par contre, je t'ai vu quand tu faisais l'amour avec ma fille.
Mais je fermerai les yeux et je te donnerai même beaucoup d'argent.
À une seule condition.
Que tu ne dises jamais à personne que tu m'as vu entrer ici. À personne ! Oh,
pour ça, vous pouvez être tranquille. Je n'ai jamais apprécié Madame Laetitia.
Elle est méchante.
Oh, putain.
Mathéo, je suis en place. Calme-toi et ne te préoccupe pas de ce que tu verras.
Oui, ça va, je suis calme.
Mais qu'est-ce que je vais voir exactement ? Je te dis de rester calme.
Tout va bien. Toi, tu te contentes de photographier ce qui se passe dehors.
Quand tu me fileras les clichés, tu auras un paquet de fric.
T'arrêtes pas ce que tu vas voir, d'accord ? C'est une mise en scène.
Ça va servir à faire chanter à un salaud qui est plein de fric.
Mais tu ne dois en parler à personne.
J'adore.
J'aime faire chier les bourgeois.
Et encore plus emmerder les capitalistes.
C'est vraiment un pays de merde.
Rassure-toi, Matteo, ça va le faire. Salut.
Putain, ce qu'il est con.
Dans la décharge d'Hormetello, vous trouverez un cadavre. L'homme habitait
rue des Glicines au 47.
C'est noté. Qui êtes-vous ? Un tueur repenti, écœuré par les femmes.
Écoute, David, Angelo ne s'est pas montré.
J'espère seulement que tout s'est bien passé.
Tu as récupéré les photos ? Oui, les photos, je les ai. Et Pera, celui qui
doit payer.
Écoute, je te rappelle, d'accord ? Salut.
Alors, David ?
Nous avons là de belles photos qui montrent Laetitia avec le tueur.
Et d'autres qui vous montrent tous les trois.
Naturellement, ce tueur est fiché. Il a un beau palmarès à son actif. C'est un
client.
Il se trouve que j'ai quelques amis à la préfecture qu'ils connaissent bien.
Donc, la personne sur la photo avec le tueur, c'est toi.
D'autre part, je suis la personne qui a transporté le cadavre.
La police pourrait ne recevoir que les photos où apparaît Laetitia. Toi et moi,
on peut se fabriquer un alibi.
On pourrait dire que nous étions ici, ou à la banque, comme tu préfères.
Trouve-toi un ou deux autres témoins qui confirmeront tout ça.
Sans compter que, dans la maison du vieux, les flics risquent de tomber sur
un bracelet de Laetitia avec ses empreintes, et un de ses cheveux sous
les ongles du mort.
C'est pas de chance, tu ne trouves pas David ? Qu'en penses-tu ? Qu'est-ce que
tu veux que je te dise, Angelo ? Les banquiers se rangent du côté des
vainqueurs.
Tu es le plus fort.
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