All language subtitles for La Stagiaire.S11E06

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Original subtitles

...

Moteur de moto au loin.

...

Crissements de pneus.

...

...

...

-Et merde ! Merde.

-Qu'est-ce qui t'arrive ?

-Vous le chargez tellement qu'il est pété en deux !

Tu peux m'aider ? -Je vais prendre ma veste.

-Merci, ça va mieux...

-Houlà ! C'est rien. Je vais recoller

le pied. -Ce foulard est à toi ?

-Non, c'est à Peggy.

Elle a dû l'oublier, l'autre soir. Tu lui rendras.

-On n'a pas prévu de se revoir.

-Je lui déposerai à sa boutique.

-Ca ne t'embête pas ? -Non.

-Ah ! Je vais me faire un petit café, tiens.

-Peggy... -C'EST FINI.

-Bisou, mon amour.

-Attention à ne pas tomber. -A ce soir.

...

Raphaël s'est remis de sa déception amoureuse ?

-Oh oui, très bien. Il a déjà une nouvelle copine.

-C'est que le début. Accrochez-vous.

Il ricane.

-Monsieur le juge. Constance. -Capitaine.

-La garde forestière a donné l'alerte un peu après 9h ce matin.

Elle inspectait une parcelle. Elle a vu

une voiture qui poursuivait une moto et qui l'a percutée.

Le motard a fini dans le ravin.

D'après le légiste, ses cervicales ont été brisées net.

-C'est pas un accident, mais un homicide volontaire.

-Oui. Ca roulait vite,

la voiture ne s'est pas arrêtée. -On connaît le modèle ?

-La garde forestière n'a vu que la couleur, grise,

comme un tiers des voitures en France.

On attend le treuil pour remonter la moto,

une grosse cylindrée customisée avec des flammes.

-On a l'identité de la victime ?

-Victor Brabant.

-Il allait avoir 25 ans le mois prochain.

Bips.

-C'est le service des immat'.

-Il n'y avait pas la carte grise ? -Non.

Et c'est pas sa moto. Elle appartient à... Franck Dutoit.

Je vais le contacter.

-Nous, on va aller voir la famille. -Très bien.

Une voiture approche.

Des portières claquent.

-Bonjour.

-Bonjour. Boris Delcourt, juge d'instruction.

Nous voudrions parler à la maman de Victor Brabant.

-Victor est mon frère. Pourquoi ?

-Qu'est-ce qu'il se passe ?

Quoi ?

C'était pas un accident ?

-Non. Nous recherchons le véhicule impliqué.

La moto appartenait

à un certain Franck Dutoit. Ca vous dit quelque chose ?

-Ca doit être quelqu'un de son club de motards.

-Victor était préoccupé, ces derniers temps ?

Il avait des soucis ?

-Je sais pas.

Il n'habite plus ici.

-Il est parti il y a six mois. Il habitait

au-dessus du bar, à la sortie de Martigues.

-Seule la moto comptait pour lui.

-C'est de famille,

cette passion ?

Elle acquiesce.

-C'est notre père qui nous a refilé le virus.

C'était le héros de Victor.

Il ne s'est jamais remis de sa mort.

-Je n'arrivais plus avec lui. Il a abandonné ses études.

J'ai sûrement fait des erreurs.

-Maman, arrête. T'as rien à te reprocher.

-Quand avez-vous vu votre fils pour la dernière fois ?

-Il y a deux semaines.

Il était venu chercher des vêtements,

mais il était pressé.

On a juste parlé de son anniversaire.

-Et vous ? Vous aviez des contacts ?

-Je l'ai appelé, mais il a pas répondu.

-Vous n'étiez pas très proches ? -Non, pas vraiment.

On avait presque dix ans d'écart. Il était ado quand je suis partie.

-Pourquoi on a tué mon Victor ?

-Très bien. Merci, capitaine.

Elle a eu le propriétaire de la moto.

C'est le président du club. Elle l'a prévenu pour le décès.

-Victor habitait là-bas. On y va ?

-On n'a pas le bon véhicule pour cet endroit.

-La bonne tenue non plus.

Il rit.

Moteur. -T'entends ?

...

-Vous êtes Franck Dutoit ?

-Va chercher ton frère.

-Bonjour.

-Willow.

Sergent de route.

-Willow ? -Quand on intègre

le club, on prend un nom américain. C'est la tradition.

Texas. Rock.

Bear.

-Et Victor, il s'appelait comment ? -Bug.

-Il habitait ici ?

Comme tous les membres ? -Non. On a juste quelques piaules.

-Vous avez vu Bug, ce matin ? -Non.

-Pourquoi conduisait-il la moto

de Franck Dutoit ? -Ici, c'est Smoke.

Bug est allé me chercher de la Ventoline.

J'ai eu une crise d'asthme cette nuit.

C'est bon, j'ai appelé la pharmacie.

-J'ai un problème avec l'allumage.

-Je t'avais dit de vérifier. Tant pis, je vais y aller.

-T'es pas en état.

-Willow n'est pas rentrée, il n'y a personne.

-Moi. Moi, je peux y aller.

-Avec ma bécane ?

Mauvaise idée. -Il te faut ce médoc.

-Mais elle envoie. T'as pas l'habitude.

-Ca va aller. J'ai utilisé celle de Rock

plein de fois. Je vais gérer.

-Fais gaffe.

-Vous ne vous êtes pas inquiété

que Bug ne revienne pas ? -J'ai appelé la pharmacie,

on m'a dit qu'il était passé. J'ai pensé qu'il faisait un tour.

C'était encore un minot.

On venait de l'intégrer au club. Tout le monde avait voté pour.

-Il faut faire quoi

pour devenir membre ?

-Respecter

les règles,

la hiérarchie. Bug était carré, il en voulait.

-Et sur la route, il en voulait ? Avec une moto de cette puissance,

il a pu se chauffer avec un automobiliste.

-C'est impossible.

On veut juste rouler ensemble. On cherche pas les emmerdes.

-Mais il y a d'autres clubs. -Laëtitia...

-Les Roadsters nous ont bien fait chier au Metal Fest dimanche.

-Qui sont les Roadsters ? -Des mecs du Vaucluse.

-Victor a eu des soucis avec eux ? -Non. Ils aboient,

mais ils mordent pas.

-La police va venir interroger tous les membres

du club. La moindre information sur Bug peut être importante.

-Votre moto et celle de Victor se ressemblent ?

-Non. Lui, c'est une 883 et moi, une 1 340.

-Donc, très reconnaissable ?

Victor portait le blouson du club.

On pouvait pas voir son visage.

-Vous voulez dire... -Qu'on a pu le prendre pour vous.

-Qui était visé ? Le motard ou le président du club ?

-On n'écarte

aucune hypothèse. On enquête

sur les deux profils. Victor Brabant

n'avait pas grand-chose dans sa chambre. Un magazine de motos,

un carnet de route avec ses sorties...

Le règlement du club. -Ah...

-"Ne vous plaignez jamais.

"Ne montrez pas la moindre faiblesse. Ne faites confiance

"qu'à vos frères." -C'est l'armée.

-"Quand vous doutez, roulez. C'est ce que vous avez de mieux à faire."

-Ca va ?

-Oui, non...

La moto, ça me fait penser à Barth. Des fois, je m'inquiète.

-Si y en a un qui est prudent, c'est bien Barth.

Ah, tu sais pas la dernière ? Titou en veut une.

-Une moto ? -Oui.

-Il a 6 ans, ton fils.

-Il veut une moto électrique. Le Grand Prix lui a donné des idées.

-Regarde du cyclisme. Il voudra faire

du vélo. -Ah...

Oh ! Si je lui mets du curling, il voudra peut-être faire du ménage.

-Essaie. On sait jamais.

Elles rient.

-J'ai eu la mairie pour votre intervention à 14h

sur la prévention de la drogue.

Ils veulent que vous parliez aussi du dopage chez les sportifs.

-C'est bien 6, le coefficient

de l'EPS au bac ? -Vous faites encore des calculs ?

-Si on prend une fourchette haute pour les épreuves de spécialité,

il te faut au moins...

-12 au grand oral. Je sais.

-Si t'as moins de 10 en histoire et que c'est pas compensé par un 16

en anglais... -On saura demain.

-Non, il faut anticiper. Si jamais tu dois aller au rattrapage,

c'est en français que tu peux regagner des points.

-J'ai rendez-vous avec la photocopieuse.

-Ou en philo.

Tu le sens comment, Schopenhauer, toi ? Hein ?

-Victor Brabant est passé

à la pharmacie. L'employé n'a pas vu de voiture grise.

La piste des Roadsters

ne donne rien. Ils sont tous en Bretagne, à un rassemblement.

-Qu'en disent les membres du club ? -Ils sont d'accord avec F. Dutoit.

Bug était cool, sympa, sans ennemis, quoi.

-Et en dehors du club ?

-Rien de suspect dans ses appels. Pas de casier non plus. Par contre,

le président Smoke a des antécédents judiciaires.

-De quel genre ?

-Il a été accusé de racket à Aix.

-Il y a eu des poursuites ? -Non. Dossier classé sans suite.

-J'ai aussi trouvé

une plainte déposée par le proprio d'un magasin de pièces détachées.

Sa vitrine a été fracassée. Or, Smoke est un client régulier.

Et c'est là que sa moto a été customisée.

-Il le rackettait ?

-Vandaliser une vitrine, c'est un moyen

de pression. -Merci.

-Je vous en prie.

Moteur de moto au loin.

...

Il coupe le moteur.

Il chantonne.

Pff...

...

-Coucou, mon chéri. -Coucou,

mon coeur.

-J'ai vu de belles bécanes aujourd'hui.

-Ah oui ? -Ouais.

Le MC 13 à Martigues, ça te parle ?

-De nom, oui. Elle soupire.

Ils ont tous des blousons avec des flammes dans le dos.

-J'ai soif. -Vous enquêtez sur eux ?

-Un de leurs membres a été tué. -Ah merde !

-Les bikers ont une mauvaise réputation, mais eux...

-N'exagère pas. C'est juste des fous de bécanes

qui partagent leur passion.

-Leur organisation est militaire. -Normal.

Des vétérans de la Deuxième Guerre mondiale sont à l'origine

des motoclubs. Les road trips, ça doit être quelque chose.

-Toi, tu aurais eu envie de faire partie

d'un club. -On me l'a proposé.

La solidarité, la liberté, ça me parlait.

Mais la loyauté à la vie et à la mort, c'est pas mon truc.

Et on était déjà ensemble.

Ma famille, c'était toi.

-J'ai pu rendre son foulard à Peggy.

-Elle va comment ?

-Bof. Elle a tenté de joindre Fred, mais silence radio.

-Il lui a pas dit

qu'il ne voulait plus la voir. -Non, alors elle comprend pas.

-Pas cool, le frangin. -Non, pas cool.

On fait des pastas ? Il acquiesce.

-Mais moi, premier à la douche. -Oh non !

Il rit.

-Constance ! -Ah, bonjour Monsieur le juge.

La capitaine Lin a interpellé monsieur Bernardi,

le propriétaire du magasin vandalisé.

Il avait des raisons d'en vouloir à Smoke. Les bikers du MC 13

se servent dans sa boutique. -Le président

aurait récidivé ? -D'après Barth, ça coûte cher,

l'entretien de ces bécanes. Sans compter les road trips.

-Et les revenus du bar ne doivent pas suffire.

-Je n'ai jamais eu de problème

avec Smoke. Ni avec ses gars.

-Votre employé a dit le contraire.

D'après lui, ça a commencé

par la fourniture gratuite de pièces détachées. En échange,

les membres du club

devaient ramener des clients. -C'est courant. C'est le business.

-Mais vous n'y trouviez plus votre compte. C'était devenu du racket.

Alors, vous avez dit stop.

Et vendredi, vous avez appelé

M. Dutoit, enfin Smoke, pour le lui dire. Et comme par hasard,

la nuit suivante, votre vitrine a été brisée.

-Non, ça, c'est des voyous. -Ca, on ne peut pas le savoir,

la caméra de surveillance était hors service. Et dès le lendemain,

vous avez de nouveau laissé les membres du MC 13 se servir.

-Vous en aviez assez d'être racketté.

Hier matin, vous avez décidé d'agir.

-J'y suis pour rien.

-Vous êtes arrivé au magasin

avec 2h de retard. Et il n'y avait pas d'embouteillages.

-Où étiez-vous ?

-J'étais à Marseille.

Cité Rostand.

Pour voir un client.

-Il peut le confirmer ?

-Je suis pas certain qu'il ait envie de vous parler.

-Il va falloir, pour qu'on vous croie.

-Vous faisiez quoi

là-bas ?

-Je cherchais un moyen de me défendre.

-Contre Smoke ? -Vous avez acheté une arme ?

-J'ai changé d'avis.

C'était une mauvaise idée. Je suis retourné au magasin directement.

-Maître ! Maître Meyer !

-Ah Emma ! Bonjour.

-Je vous cherchais. Sam va bien ? -Oui.

Oui, il va très bien.

-J'ai pas reçu de lettre depuis quelques jours. Je m'inquiétais.

-Il prépare

l'audience de demain. Il n'a pas dû avoir le temps.

-Vous avez raison. Il est à quelle heure, le procès ?

-C'est à 15h. Oh là là ! Pardon.

Je suis maladroit.

Désolé. Merci beaucoup.

Merci.

Merci beaucoup.

-C'est votre écriture ?

Les lettres

de Sam, c'est vous ?

-Non...

Enfin, si, mais il m'a juste demandé de l'aide.

-Putain, mais sérieux ? -Il a du mal avec les mots.

Il ne voulait pas vous décevoir. -Vous m'avez vraiment prise

pour une conne.

Ca va ? Vous vous êtes amusé ?

-Je n'ai fait que tenir le stylo.

J'ai mis en forme ce qu'il ressent

pour vous. -Vous lisiez mes lettres ?

-Je suis désolé. On n'aurait pas dû faire ça.

-Vous préparez sa défense, au moins ?

-Je fais tout pour que Sam

sorte libre. -J'espère pour lui.

-Attendez.

C'est grâce à vos lettres

qu'il tient en détention.

Il vous aime. Il a besoin de vous.

Vous serez là demain ?

Vous viendrez ?

-Au revoir, Maître.

*-Bernardi a un alibi

*en béton. -Vous avez retrouvé son client ?

*-Même pas eu besoin, on a les images

de la BRB qui surveille la cité Rostand.

On voit Bernardi entrer à 8h55 et reprendre la voiture 20mn après.

-Il pouvait pas être en même temps sur la route à poursuivre Smoke.

Enfin, Bug.

*-Le président a dû se mettre d'autres gens à dos.

L'hypothèse de Brabant tué à sa place devient crédible.

-Allons réinterroger Smoke.

Pour une fois qu'on a une victime vivante.

Il rit.

*-Et bien vivante. Il mobilise ses troupes.

Il parle aux riverains. Il cherche la voiture grise.

Il fait vrombir le moteur.

-On connaît bien le territoire.

Les gens nous parlent plus facilement

qu'aux flics. Si on avait eu une info, on vous l'aurait transmise.

-Mais vous n'êtes pas

auxiliaires de justice. N'interférez plus dans l'enquête.

A part monsieur Bernardi, avez-vous d'autres ennemis ?

-On n'a pas de problèmes avec lui. -Mais lui en a avec vous.

Le racket est un délit. Ca fera l'objet d'une procédure à part.

Quelqu'un cherche à vous tuer.

Et le meurtrier est toujours dans la nature.

-On sait

que vous n'aimez pas la police, mais ce serait bien de coopérer.

-Mardi, avec Willow, on a été suivis par une bagnole grise.

-D'où votre enquête auprès des riverains.

Vous savez à qui elle appartient ?

-Je crois que c'était la soeur de Bug au volant.

Je suis pas sûr.

-Julia Brabant ? Vous la connaissez ?

-Elle a été membre du club il y a quelques années.

Et...

On est sortis ensemble.

-Pourquoi elle en aurait après vous ?

-Elle disait que j'en avais que pour le club, mes potes.

Ca a cassé.

Ca ne devait pas lui plaire que son frangin m'apprécie.

-Julia Brabant a oublié de nous dire qu'elle connaissait Smoke.

-Elle l'a suivi il y a deux jours. -Ca fait beaucoup d'omissions.

-Et quelques suspicions.

-Une demi-heure qu'on devrait avoir les résultats.

-Ah !

-"Erreur 404." Ca correspond à quoi ?

-Le serveur est bloqué. Tout le monde se connecte en même temps.

-Attends, Ludo. Ton mot de passe après "dollar" et "SPA",

c'est pas deux O comme la lettre ? -Non, c'est deux zéros.

Le téléphone sonne.

...

C'est bon, là.

On n'a pas le temps.

-Le sablier, c'est pas bon signe. -C'est signe que ça mouline.

-A mon époque, on affichait les notes dans la cour du lycée.

C'était convivial.

Enfin, ça dépendait des résultats d'accord, mais quand même...

-Pourquoi ça marche pas ?

-Je n'ai pas bougé de la maison le matin où Victor a été tué.

-Sauf que personne ne peut en témoigner.

-J'aurais tué Smoke pour une vieille histoire pourrie ?

-Alors, pourquoi l'avoir suivi ?

-Ma mère n'avait pas de nouvelles de Victor.

Elle m'a dit qu'il faisait partie

du club depuis six mois. -Et ?

-Et je connais bien Smoke.

C'est un mec possessif qui ne supporte pas qu'on le quitte.

-Pourtant vous l'avez quitté.

-En partant en Afrique, à des milliers de kilomètres

de lui. J'ai mis du temps à me reconstruire.

-Donc, imaginer votre frère subir la même emprise...

-J'aurais reparlé à Victor. Je l'aurais convaincu.

-Donc, vous l'avez vu.

Le moteur vrombit.

-Qu'est-ce que tu fous là ? -Maman s'inquiète.

-T'es revenue pour me dire ça ?

-Ce club, c'est une prison. Smoke va t'attirer des ennuis.

Pars. Je te jure. -Vos embrouilles,

c'est pas mon problème. Fous-moi la paix !

-Ce mec est toxique. Il a profité de la mort de papa pour te capter.

-Lui, au moins, il était là quand papa est mort !

-L'urgence, c'était de sauver Victor.

Et le lendemain, vous avez suivi Smoke.

Vous vouliez lui parler ?

-Oui, mais jamais j'aurais pu faire ça.

-Quand on veut défendre sa famille, on est prêt à tout.

La police va perquisitionner votre domicile, mademoiselle Brabant.

-Y a des disques durs, des box...

-Alors, qu'avez-vous constaté ?

-Des éraflures sur le côté avant du véhicule.

-Apporte les ordis au commissariat. -On en est où ?

-Il y a des éraflures sur la voiture de Mme Brabant.

Elles ont pu être faites par un motard

qui cherchait à se dégager. -Envoyez le véhicule au labo.

-Oui, très bien.

-Julia n'a rien fait. Vous vous trompez.

-Elle avait déjà suivi Smoke la veille.

Vous ne le saviez pas ?

-Si elle vous dit qu'elle était ici, c'est qu'elle était ici.

C'est pas une menteuse.

-Constance !

-Oui ?

-En fouillant la chambre de Julia, qui était celle de Victor,

on a retrouvé ça caché.

-Un passeport au nom de Victor Brabant délivré il y a 15 jours,

1 500E en liquide et des horaires de ferries pour la Tunisie.

-Il a déposé ça quand il est venu. -Et il y a

deux portables neufs. -Ce n'était pas pour un road trip.

-Victor voulait quitter le club. -Quand on achète un portable,

c'est pour couper les ponts.

-Et si on en prend deux, c'est qu'on ne part pas seul.

-Mais avec qui ?

...

-Je sais que c'est contrariant, ma chérie. Mais ça va se débloquer.

Ne t'inquiète pas. Gros bisou, ma puce. Ciao.

-Ludo n'a pas ses résultats ? -Non.

Il y a eu un bug sur leur site. -Un petit malin a piraté le site.

-Les candidats devaient être verts de rage.

-J'ai un scoop.

Ton frangin est sur son téléphone. Il regarde les photos de Peggy

avec un air triste. -Il a l'air triste ?

-Oui.

-Qu'est-ce qui se passe, Fred ? -Rien.

-Ca va pas ? -Si, ça va.

-Quand Peggy t'appelle, tu lui réponds pas.

Et là, tu t'abîmes les yeux à regarder ses photos.

Finalement, elle te plaît.

Elle comprend pas pourquoi tu l'ignores.

-C'est compliqué. -Non. Sois clair avec elle.

Ne lui donne pas de faux espoirs. C'est oui ou c'est non,

mais tu réponds. -OK, je vais le faire.

-Qu'est-ce que tu risques ?

Si ça marche, ça marche.

Si ça marche pas, c'est pas grave. -Pas grave ?

Ma femme s'est barrée. Mon fils aussi.

J'en ai bavé, moi, Constance.

Je suis pas prêt à revivre ça.

-Je sais que tu veux pas souffrir. Mais c'est peut-être le moment

de t'ouvrir aux... -Arrête avec tes conseils.

Toi, tu as ton mari, ta famille autour de toi.

-Moi, je veux t'aider, d'accord ?

Peggy a décidé de vivre le moment présent...

-Ne te mêle pas de ça.

-Enfin, on discute !

-Je suis fatigué, là. Bonne nuit. -Mais il est tôt.

Le couvre-feu a été avancé ?

Qu'est-ce que tu lui as dit ?

-Pas ce qu'il avait envie d'entendre, en tout cas.

Je pensais pas qu'il était aussi fragile.

Je suis peut-être allée trop loin.

-Vous êtes en rodage.

-Ouais...

-Les éraflures sur la voiture viennent d'un pilier en béton.

Et Julia était bien chez sa mère à l'heure du meurtre.

Un voisin l'a vue sur la terrasse.

-Ce n'est pas notre meurtrière.

-Julia voulait libérer son frère

de l'emprise de Smoke, alors qu'il avait déjà décidé de partir.

-Mais il ne lui a pas dit. Sans doute pour préserver leur mère.

D'abord, Julia qui s'en va, puis lui.

Téléphone. -Pardon. Je dois prendre cet appel.

Allô ?

-Je me suis dit que la voiture

qu'avait envoyée Bug dans le décor était peut-être volée. J'ai cherché

et j'ai trouvé celle-ci.

Elle a disparu la veille du meurtre,

pas très loin du bar du motoclub.

-L'un des membres l'aurait tué ?

-Quelqu'un qui en a assez d'être un larbin ou qui veut prendre la place

du président ? -Willow, la sergent de route ?

Mais elle n'aurait pas confondu Bug et Smoke.

-C'était la mairie où Victor a eu son passeport.

Laetitia Dutoit a fait une demande le même jour

que lui. -Bug était en couple

avec la soeur de Smoke ? -Vu le profil du président,

l'histoire est secrète.

-Encore plus s'ils voulaient partir.

-Ca remet tout en question. -Il faut en être sûr.

-Y a des moments où Laetitia n'est pas au club ?

-Elle finit un master à la fac.

Je vais vous récupérer son emploi du temps.

-Merci.

Je sais pas comment vous aider.

-Vous sortiez avec Victor Brabant.

-Comment vous savez ?

-Vos passeports.

Ca faisait longtemps, vous deux ?

Elle renifle.

-Ca aurait fait quatre mois, demain.

Excusez-moi.

-C'est normal de craquer.

Vous n'avez pas pu partager votre douleur.

Quelqu'un d'autre savait ?

-Quand Victor est arrivé au club, la seule chose qu'il voulait,

c'était impressionner mon frère.

Et un jour, je lisais "L'Ecume des jours" et on en a parlé.

Il me faisait rire.

Il était gentil, sensible.

Son téléphone vibre.

...

-Vous aviez décidé

de partir.

-C'était l'idée de Victor.

On en avait assez de se cacher.

-Votre frère n'aurait pas accepté

cette relation ?

-Je devais m'occuper de mes études, trouver un taf.

De toute façon, jamais aucun garçon n'est assez bien pour lui.

-Il veut le meilleur pour vous.

-C'est mon tuteur.

J'ai grandi dans des familles d'accueil.

Il s'est battu pour me récupérer.

Son portable vibre.

-Vous ne répondez pas, alors il s'inquiète.

-Il a toujours été comme ça.

-Votre frère prêtait sa moto comme il l'a fait avec Victor ?

-Non.

Mais après sa crise d'asthme, il était vraiment pas bien.

Pourquoi vous me demandez ça ?

Il soupire.

-C'est bloqué. C'est complètement bloqué.

-C'est invraisemblable !

Y a pas un informaticien compétent à l'Education nationale ?

Ca fait 24h qu'on est patients. On a atteint nos limites.

-Ca se débloque, là.

Je...

Je...

Je... -Tu l'as !

On l'a !

-J'ai mon bac.

On a mon bac. -Et regarde !

Avec mention. -"Assez bien."

-"Assez bien", c'est très bien.

Bravo, petit gars. Bravo.

Oh ! Oh, j'ai mon bac !

Oh, j'ai mon bac ! Yes ! Yes !

Vladimir, merci. Merci.

Je l'ai ! Je l'ai !

Merci à vous.

Hou !

J'ai mon bac ! Il a son bac ! J'ai mon bac ! Il a son bac ! Eh !

Un L, un U, un D, un O. Ludo ! -Bah oui... C'est vrai, il l'a.

Bravo, petit gars.

Bravo.

-J'ai mon bac !

Hurlement de joie.

J'ai mon bac !

-Smoke n'a pas voulu laisser partir Julia

il y a 10 ans. Il prenait ça pour une trahison.

-Alors, que Bug s'enfuie avec Laetitia...

-Il surveille sa soeur. Il a dû découvrir leur relation.

-Victor Brabant était donc bien la cible.

-Pourquoi vous avez fait sortir tout le monde ?

-Vous préférez qu'ils assistent

à notre entretien ?

-Vous voulez quoi ?

-Quand avez-vous découvert que Victor Brabant avait une relation

avec votre soeur ? -C'est quoi, ces conneries ?

-Laetitia l'a confirmé.

-J'étais pas au courant. Je comprends pas. Vous disiez

que c'est moi qui étais visé.

-Ca, c'est ce que vous avez voulu nous faire croire.

-C'est du délire. Vous m'accusez d'avoir tué Bug ?

-Vous ne pouviez pas supporter qu'elle parte avec lui.

-Jamais j'empêcherais ma soeur d'avoir une relation.

Elle est libre. -Vous parlez toujours de liberté,

mais vous cherchez à avoir le contrôle sur tout. Sur votre soeur.

Sur le club.

Vous avez enfin créé une famille.

-OK. On est chez la psy. Je m'allonge où, là ?

-On a lu votre dossier à l'ASE.

Votre mère est partie après la naissance

de Laetitia. -Je connais l'histoire.

-Votre père ne s'est pas occupé de vous. Vous avez été placé.

-Dans des foyers très sympas, avec des éducateurs hyper cools.

C'est bon, là ?

-Vous souffrez d'asthme depuis votre enfance ?

Chez certains enfants, c'est souvent lié

à un traumatisme. Comme l'abandon. Votre père vous a laissé seul

sur une aire d'autoroute... -Ca suffit !

-Vous vous calmez.

-Puis, tout est remonté.

Quand vous avez compris que Victor allait enlever votre soeur,

votre soeur adorée,

pour laquelle vous vous êtes battu pour la récupérer auprès de vous,

c'était insupportable.

-Il n'avait pas le droit.

...

-Vous avez tout prémédité.

Simuler une crise d'asthme, envoyer Bug à la pharmacie,

provoquer son accident avec une voiture que vous avez volée.

Et aux yeux de tout le monde, vous passiez pour la victime.

...

-Emma !

Merci d'être venue. -Bien sûr. Merci à vous.

Il a été dur, le procureur. Sam s'en sort bien grâce à vous.

-Avec du sursis.

Faudra qu'il se tienne à carreau, mais avec vous, il y arrivera.

-Maître...

Je peux vous poser une question ? -Bien sûr.

-Est-ce que, dans les lettres de Sam... Enfin...

Est-ce qu'il y avait plus que ce que Sam vous disait ?

Ce que je veux dire, c'est que...

Quand Cyrano écrit à Roxane, ce ne sont pas seulement les sentiments

de Christian qu'il exprime.

Vous aussi ?

-Emma !

Merci encore.

-Je n'ai fait que mon travail.

-On va boire un verre ? -Oui.

-Vous venez avec nous ?

-Non, j'ai des rendez-vous. -OK. Une prochaine fois, alors ?

-Avec plaisir. Profitez bien.

*-Ce soir, Alice vient à la maison pour fêter le bac de Ludo.

*Elle s'occupe de tout. -OK. T'as vu Fred ?

*-Oui. Pourquoi ?

-Il répond pas à mes appels. *-Il est allé

*au Vieux-Port. Il devait voir un pote. Il a parlé d'une croisière.

-Il s'en va ? Il est fâché ?

*-Il avait l'air surtout pressé.

*Oui ?

*Bon, je te laisse, mon coeur, à ce soir.

-La voiture volée a été retrouvée à l'endroit que Smoke nous a indiqué.

-Le dossier est clos.

-Oui. Un bouchon de bouteille saute.

On nous attend.

Brouhaha.

-Merci.

-Au bac de Ludo, alors.

-Et voilà. -Merci.

-On arrive au bon moment. -Absolument.

-Merci.

-A notre jeune bachelier ! A Ludo !

-A LUDO !

-A Ludo ! Bravo. -Bravo, Ludo !

-Un petit discours.

-Bon... -Plus encore que dans la réussite,

c'est dans l'effort qu'on trouve la satisfaction.

-Ah bon ?

C'est de qui ? -Je ne sais plus, mais c'est vrai.

Et nous n'avons pas ménagé nos efforts.

-C'est toi qui as passé les épreuves. Bravo. Un petit discours.

-Allez, OK.

Bon... Merci infiniment. -Je suis fier de toi, Ludovic.

Ca me tenait d'autant plus à coeur que je peux l'avouer aujourd'hui :

j'ai raté mon bac.

-Vous n'avez pas votre bac ? Comment vous avez fait pour être...

-Non, mais tout va bien. Je l'ai eu à ma seconde tentative,

mais à l'époque, je me laissais vivre.

Les rencontres d'un soir qui durent toute la nuit,

les cafés à l'aube sur les terrasses...

Enfin, ce que j'imaginais, à l'époque,

être la vie. -Gros fêtard, le procureur.

Rires.

Bon, je voudrais vraiment...

-Un calcul présomptueux, mais qui m'a servi de leçon.

Mention très bien l'année suivante, major de l'école de magistrature.

-OH !

-Comme quoi, tous les espoirs sont permis, Ludo.

-Tu vas faire quoi avec ton diplôme ?

-Je vais l'encadrer.

-Bah ouais.

-Eh oui !

-Mon petit Ludo... -Oui ?

-Il faut qu'on parle de la première année de droit.

-Ah bon ? -Oui.

Brouhaha.

-Si Emma t'a posé la question, c'est qu'elle se doute

de tes sentiments. -Peut-être, mais j'ai été clair.

Enfin, je crois.

De toute façon, Sam est dehors, donc les lettres, c'est fini.

-T'as fait ce qu'il fallait.

-Salut tout le monde ! Bah...

Ludo n'est pas là ?

-Il essaie de se débarrasser du procureur.

-C'est plus dur que d'avoir le bac.

-Allez, venez m'aider. -Ouais.

-Salut Antoine. -Salut tonton.

-Tu t'en vas ?

-Eh oui.

-Désolée pour ce que je t'ai dit hier, je voulais pas te blesser.

-Tout va bien, Constance.

Je suis allé voir Peggy pour m'excuser.

Ce que tu m'as dit hier soir, ça m'a fait réfléchir sur moi,

sur ce que je veux, et on en a parlé avec Peggy.

On a décidé de se donner une chance.

-Oh ! Il rit.

Ca, c'est une super nouvelle !

-Dans le "Lubéron",

y a pas la mer, il pourra pas s'échapper.

-Attention, les locaux disent "Luberon".

-Alors, tu restes ?

-On part que pour le week-end. -Ah !

Elle rit. C'est génial !

-On va pas attendre que le bachelier arrive pour trinquer.

-Parce que y a pas que le bac de Ludo à fêter. J'en connais un autre

qui a réussi son examen haut la main.

M. Dajet, vous êtes officiellement admis dans la famille Meyer.

-Bravo ! Bravo !

-Merci. -Madame la présidente,

un mot ? -Bien sûr. Alors...

Je vous kiffe. -Ah oui !

C'était court, mais l'essentiel y est.

Rires.

-Gardez un peu d'émotion pour Ludo. -Dans la famille Meyer,

de l'émotion, on en a à revendre.

-Merci. -Allez, à nous tous ! A nous tous.

A la vie ! -Et aux frères et soeurs.

-Mais oui, bien sûr ! Et qui c'est, les meilleurs ?

-C'EST LES MEYER ! -Eh oui !

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