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...
Chuintement.
...
...
...
-Il est clair, ton café.
-Quand on est tendu, on boit de la tisane.
-Je suis pas tendu.
-Pas toi, ta fille.
Attendons que Ludo ait le résultat de son écrit.
-Il prépare le grand oral.
-Il est à l'aise
à l'oral.
-Sauf que là, il stresse.
-Qui veut du café ?
-Moi. -Moi.
-Quel accueil !
-Merci. -Je t'en prie.
-Dans mon verre. -Bien.
-T'es de retour dans la marine.
-Dans le civil.
Je fais une sortie en catamaran. -Super.
-Barth, viens avec moi. Regarde ce soleil, cette brise.
Idéal pour naviguer.
-J'ai une journée de dingue.
Tu nous raconteras. -Oui.
Allez. -Allez.
Bon vent, mousse !
-Allez !
-Il a l'air bien ici.
Il rentrera chez lui un jour ?
Sonnerie.
-La justice... -N'attend pas.
...
M. le juge.
...
M. le juge. -Excusez le retard.
-Pas grave.
-On a quoi, capitaine ?
-Roméo Tonali.
38 ans.
-Le "street artist" ?
-Oui. C'est qui ?
-Une pointure, de Marseille.
-Je vous voyais plus de Vinci.
-L'habit ne fait pas le moine.
Allez-y.
-Un grapheur l'a trouvé ce matin.
Basile Ndiang, étudiant au centre des arts urbains.
C'est leur salle de TP.
La victime devait parrainer
la remise de diplômes ce soir.
-Cause du décès ?
-Il a été frappé à la tête avec une barre de fer.
-C'est pas
ce qui manque.
-On attend le relevé
d'empreintes. -Heure du décès ?
-D'après sa température,
entre 20 et 22h.
L'autopsie le précisera.
-C'est à lui ? -Oui.
-Il n'y a pas eu vol.
-Il devait remettre les diplômes.
Le mec vit
à Miami. -"Vivait".
Il a été découvert à l'Art Basel Miami Beach
il y a 15 ans et est resté.
-Il a fait ce chérubin hier. -Ca l'a rendu célèbre.
La reprise
en mode combat de l'enfant de la Bonne Mère.
Rien noté de particulier ?
-Non, rien, il était super cool.
-Vous êtes venu tôt.
-Pour graffer, et je l'ai trouvé.
C'est tout ?
Je bosse dans un resto. -Oui.
On vous appellera au besoin.
-Au revoir. -Au revoir.
J'ignorais votre amour du street art.
-Vous ne savez pas tout.
Chuintement.
...
-Vous devriez prendre un cours.
-Pour taguer le palais ?
-Je vous vois bien la nuit taguer la statue de Mirabeau.
-Vous avez 1mn ?
-Bien sûr.
-Je m'occupe de l'administratif.
Isa, de l'artistique.
-On a créé le centre pour promouvoir cet art.
Et l'école a un an.
-Les diplômes étaient remis
ce soir.
-Roméo était parrain.
-Ca s'est fait au dernier moment.
-J'ai revu Roméo à l'enterrement
de son père.
-"Revu" ?
-On a débuté le graff ensemble.
Avant son départ.
-Il a adoré notre projet.
Il a voulu être parrain.
Il a graffé avec les élèves.
-Pour surmonter le deuil.
-Vous avez remarqué
quelque chose ?
-Euh...
Hier matin, son agent a débarqué de Miami, furieux.
...
-Donc... -J'arrive.
-D'accord.
Je vous disais...
-T'es là ? -Tu devais revenir
pour l'avant-première. Les collectionneurs ont pas aimé
que ce soit annulé.
-Marc...
J'ai enterré mon père. -OK.
Mais t'es pas tout seul, on a une réputation à tenir.
Le show est dans un mois.
Tu seras là. -J'en sais rien.
-Quoi ?
-Je m'en fous.
-Je n'ai gardé que toi.
Et tu me fais ça ?
-J'ai jamais demandé l'exclu.
-Et ensuite ?
-L'agent a pris un taxi.
Ca vous plaît ?
Les TP de fin d'année.
-Ah.
Qui a fait ça ? -Moi.
-Notre fille Gabriela.
Elle graffe aussi.
-C'est de famille.
-Vous êtes douée.
-Il s'y connaît
en street art.
Son agent l'aurait tué pour une expo manquée ?
-Question d'argent.
Banksy a vendu une oeuvre 22 millions de dollars.
-Quand même !
M. le procureur... -Non.
Je dois préparer Ludo pour le grand oral.
-Ca s'annonce bien ? -J'ai été
Grand Prix d'éloquence 1980.
Ca va aller. -Mais Ludo,
avec la pression...
-Quoi ?
-Le stress le paralyse.
-Quand on veut être un champion, la pression...
-On la boit.
-On en fait un moteur.
-Gare à la surchauffe.
-C'est un bolide qu'il faut savoir conduire.
-Constance... -J'ai pas pu m'empêcher.
-Ah, M. le juge.
Constance. -Bonjour.
-Les empreintes sur les barres d'échafaudage sont inexploitables.
Il y a trop de passage.
-Et on a pu les effacer.
-La capitaine
a découvert des infos dans le portable du défunt.
C'est dans le dossier. -Merci.
Des échanges entre Roméo
et son agent.
-Marc : "Tu ne peux pas me planter."
-Roméo : "Rentre à Miami, oublie-moi."
-"Tu as un contrat."
-Roméo s'énerve.
"Je vais trouver un autre agent."
-"T'as pas intérêt à jouer à ça."
Vous parliez d'argent...
-On va le convoquer.
-Notre affaire avance.
On a identifié
deux faux propriétaires de véhicules volés.
Bonne nouvelle.
-J'ai la tête ailleurs.
-J'ai besoin de vous.
-Emma m'a écrit.
-Ah.
Je suis content.
Ah non, ça me regarde pas.
-Vous avez écrit
ma lettre.
Alors ? C'est beau.
-C'est...
une très belle lettre.
-On répond quoi ?
-Répondez ce que vous voulez.
Je ne veux plus vous aider.
J'aimerais qu'on se concentre uniquement sur votre affaire.
Il y a usurpation d'identité.
-J'étais dans le TGV pour Paris, on m'a embarqué comme un criminel.
-M. Stone, votre unique client a été assassiné.
-Vos échanges
avec Roméo Tonali.
Il voulait changer d'agent.
-L'effet de l'angoisse.
-Vous êtes impulsif.
-C'est un artiste.
Avec ses démons. Le brusquer l'incitait à créer.
Ca aurait donné du positif.
-La mort de son père ?
-Ca devait l'inspirer.
-Si vous n'étiez pas
inquiet, pourquoi
avoir débarqué de Miami ?
-Il a planté une expo.
C'était inhabituel, il avait besoin
de moi. -Et vous de lui.
S'il vous lâchait, vous plongiez.
Sa mort fait grimper les prix.
-C'est n'importe quoi.
-Que s'est-il passé ?
Vous êtes retourné à la friche,
ça a dégénéré. -J'étais à l'hôtel.
J'ai pas tué Roméo.
-On va vérifier.
Ne quittez pas la ville.
-"En conclusion...
"Petit 1 : le changement climatique est inéluctable.
"Petit 2 :
"on peut encore agir.
"Petit 3...
"Petit 3, petit 3..."
-"Petit 3, petit 3, petit 3 !"
Je m'ennuie.
-Ah !
-Le jury va roupiller.
Mon petit Ludo.
C'est pas mal.
Mais trop timide.
Et le grand oral,
c'est le fond et la forme, l'énoncé
et l'énonciation.
T'as choisi le sujet.
-Oui.
-Sois plus incarné.
Moins scolaire.
Enfin, plus...
-Plus...
-Je sais.
Je sais, je sais, je sais.
Ca, non.
Surtout pas.
Non plus.
Ca, non.
Cette affaire, un triomphe.
Ca aussi.
Mes réquisitoires.
Ecris le grand oral comme si t'avais des jurés
à convaincre.
Jury d'assises
ou jury du bac, c'est pareil.
-Merci.
-Hé ! Tu me files mon portable ?
-Oui, la journée a été bonne.
Et toi ?
-Passe-le-moi 2 heures.
-On a un deal.
Une heure par jour.
-Ca se négocie.
-Peut-être.
Pas là.
-Maman aimerait pas qu'on ait un pacte secret.
-Coucou. -Coucou.
-Ca va ?
-Je disais à Boris que ce soir,
je mets la table.
-C'est gentil,
mon chéri. -Avec plaisir.
-T'es un magicien.
Si.
-Ca a été, la balade en mer de Fred ?
-Aucune idée.
-Salut. -Coucou, ma chérie.
-Ca boit mon rosé ?
-Ben oui. Et Ludo ?
-Il est rentré à cran, il potasse son grand oral.
Et je prends l'air.
-Tisane ou rosé ? -Enfin, papa, tisane.
-C'était Clément.
-Il revient quand du Maroc ?
-Pas tout de suite, il adore.
-C'est l'essentiel
s'il est heureux.
Et cette promenade ?
-J'ai tout fait : voiles, barre,
lavage du pont, je suis mort.
-Tu devais profiter. -Il y avait
des groupes d'amis, des couples et moi seul comme un con.
Alors, j'ai aidé.
-Tu paies et tu bosses.
Chapeau ! -Oui.
-J'ai une amie
inscrite sur une appli de sorties
entre amis.
-Ca existe ?
-Oui, regarde.
Tu peux aller voir
un spectacle, aller au resto, avec des gens inconnus,
mais qui pourront devenir des amis.
-Et c'est pas mal, les amis.
-C'est super.
-Huit mois par an en mer, ça aide pas à s'en faire.
Ca a l'air sympa.
Je risque quoi ?
-Rien. -Rien.
-C'est quel nom ?
-"Sorties entre amis".
-Allez, "Sorties..."
-Bonjour. -Bonjour.
...
-Maître Meyer ?
Bonjour, Maître.
-Bonjour.
On se connaît ? -Non.
L'huissier m'a renseignée. Je suis l'amie de Sam.
-Emma.
-Il a parlé
de moi ?
-Oui, un peu.
-Sortez-le de là.
-Je fais tout mon possible.
J'ai bon espoir.
-On l'a arrêté juste après notre rencontre.
J'ai vu en lui un voyou.
Puis il m'a écrit.
-Ah... -Une lettre...
magnifique, sensible.
Poétique.
Quelle belle personne.
-J'ai une audience.
-Bien sûr. Je compte sur vous.
-Vous pouvez.
-Au revoir. -Au revoir.
...
On frappe.
-M. le juge. -Entrez.
-L'alibi de Marc est confirmé.
Il était bien à l'hôtel, le room service l'a livré à 20h.
Et selon les vidéos, il n'est pas sorti.
-Et chez le père de Roméo ?
-Roméo avait peu de choses.
Il ne comptait pas rester.
-On n'a rien. -Pas tout à fait.
Sur les réseaux sociaux, j'ai suivi le hashtag "Roméo".
-Idéal pour suivre un people.
-Je vous passe les selfies qu'il a faits à Marseille.
Mais j'ai ça.
-"Roméo est une supercherie. La vérité finit toujours
"par éclater."
Une menace.
De qui ? -Basile Ndiang.
-C'est celui
qui l'a trouvé. -Il allait balancer
des choses.
-Il nous a baladés.
-Il était au centre
ce matin.
-On est au centre.
On fouille le hangar.
Allez à son domicile.
-Désolée.
Il s'est enfui, c'est un vrai labyrinthe.
-Lancez les recherches. -Oui, M. le juge.
-Les Provin sont là ? -A l'atelier.
-Merci.
-Vous savez
ce qu'il savait ?
-Je vois pas.
-Ni moi.
-Roméo s'est mal conduit avec Basile ?
-Roméo les avait
en groupe, j'aurais eu vent d'un problème éventuel.
-Gabriela nous l'aurait dit, et c'est pas le genre de Roméo.
Les élèves étaient contents.
-Toujours rien ?
On continue, il finira bien par sortir.
Merci.
Je peux ?
-Hmm.
-Comment se passe ta préparation ?
-Intense. Il tousse.
Quiring me lâche pas et me fait hurler des heures.
-C'est quoi, ça ?
-Un site de "geoguessing", ça me détend.
-De quoi ?
-Geoguessing.
C'est un jeu.
Je t'explique.
Tu reçois une photo d'un endroit n'importe où dans le monde.
Tu dois deviner où c'est.
-Comment ?
-Tu te fais des repères.
Selon le paysage, la végétation, l'architecture, la signalisation.
Les meilleurs trouvent des trucs avec presque rien.
-T'as quel niveau ?
-Je me débrouille.
-Voici les dernières photos postées par Basile Ndiang.
Il a noté : "Repérage."
Là où il allait graffer.
-OK.
Et donc ?
-Il est introuvable. Il est peut-être caché là.
Tu sais où c'est ? -Possible.
Et plus excitant que de réviser.
Il y a pas mal de domaines.
-De quoi ?
-Des maisons servant d'entrepôt au 18e.
-Ah oui ?
-Il y en a
à Marseille.
Ce qui l'intéresse, c'est pas ça.
C'est ça.
Immeuble année 50-60.
-Il y en a partout.
-Ceux-là sont tous dans le même secteur.
Ton gars doit être par ici.
-C'est bluffant.
-Si ton père pouvait dire ça.
Il rit.
Salut.
-Merci, Ludo. -De rien.
-Capitaine, je crois savoir où il est.
*-Roméo est devenu artiste
*le jour où le graffeur Yann Santos est mort.
*Roméo a pillé sa tombe et volé son art.
*Le chérubin est l'oeuvre de Santos.
*Roméo mérite
*la démonétisation de ses oeuvres.
-C'est votre voix.
-J'ai posté que l'image.
-Que s'est-il passé ?
Roméo l'a découvert.
Et vous l'avez tué.
-Non... Mais non.
-Vous comptiez publier ça. -Oui, après
la remise des diplômes.
Il est mort, j'ai renoncé.
-Pourquoi
fuir ?
-Je l'ai trouvé.
J'ai été menaçant.
J'ai flippé.
-Il se serait approprié
les oeuvres de ce Santos ?
-C'est sûr.
Le chérubin, c'est Yann.
C'était son meilleur ami.
Il est tombé d'un immeuble.
Roméo a volé son visuel
et a fait fortune avec.
-Ce sont de graves accusations.
Vous avez des preuves,
j'espère.
-J'ai vu ses croquis.
-Vous les avez ?
-Non.
-Qui les a ?
-Gabriela.
-Gabriela Provin ?
-Gabriela Santos.
-Attendez.
C'est la fille
de Lisa et Yann Santos ?
-Oui.
Le chérubin...
C'est elle petite.
-Qui d'autre connaît l'existence des croquis ?
-Selon Gabriela, personne.
-Elle connaissait vos intentions ? -Oui.
Elle m'en a voulu.
C'était pas mon problème.
Elle me parle plus.
-Votre alibi ?
-Mon boulot.
-On vérifiera.
...
Tu t'es remise au yoga.
-J'ai bien fait.
-Qu'y a-t-il ?
-Raphaël nous ment.
Le portable a disparu.
-Ah.
-Ca peut pas continuer, ces mensonges.
-Je lui parlerai. -Il va te balader.
Non, je l'envoie chez un psy.
-Il faut que je te dise un truc.
-Après mon appel.
-Attends, c'est en rapport avec Raphaël.
-T'es inscrit, super.
T'as trouvé des sorties ?
-Oui, une pièce de théâtre, mais...
-Mais ? -J'y connais rien.
-D'autres excuses ?
-Je cherche... La sortie en mer, ça y est.
Ah, du rangement.
-Non, pas de rangement, la maison en peut plus.
Tu vas pas y aller comme ça ?
-Quoi ? -A ce soir.
-C'était pas
ta journée shopping ?
-Moi ? Non.
-Ah si.
-Mais non.
-Si, si.
-Si...
Si, si, si.
Si, j'avais dit aujourd'hui.
J'ai zappé.
-Emmène Fred.
-Bien sûr. -Il va au théâtre.
-En treillis, ça la gêne.
-Barth a du goût.
L'élégance pure.
-C'est vrai. Et je me rachèterai 2-3 trucs.
-OK, je te paie
des chaussures de rando.
Allez, on y va ?
-Bonne journée.
-Amusez-vous bien, les reines du shopping.
-Pourquoi tu cours ? C'est pas encore ouvert.
Chuintement.
...
-J'étais petite
quand Roméo est parti, je l'avais oublié.
Comme mon père.
-Roméo a parlé de lui ?
-Ben oui.
Il m'a raconté comment ils étaient devenus amis.
Comment ils graffaient ensemble.
J'ai voulu en savoir plus.
Les affaires de mon père
sont à la cave.
-Dont ce carnet. -Oui.
Une sorte de journal
où il m'écrivait.
-Vous aviez vu
ce carnet avant ? -Non.
-Vous avez parlé à Roméo ? -Non, à Basile.
-Mais Roméo avait volé votre père.
-Ca aurait servi à quoi ?
C'est passé.
Jamais mon père
aurait marché dans le système.
Il aurait pas agi comme Roméo.
-Roméo en a tiré bénéfice.
-Tant mieux pour lui.
-Il a été assassiné.
Ca peut être lié
au passé.
-Peut-être.
-Vous étiez où ce jour-là
entre 20 et 22h ? -Chez moi.
-On doit le garder.
-Je n'aurais pas voulu d'un parrain qui avait volé une oeuvre de Yann.
-Vous n'avez jamais vu
ce carnet ni le chérubin ? -Non.
Devenue mère, j'ai arrêté le graff.
Yann travaillait dans un local.
Et...
A sa mort, j'ai...
J'ai pas pu y retourner.
J'avais pas la force.
En emménageant avec Jérémy, tout est allé à la cave.
-Gabriela était chez vous
ce soir-là ?
-Oui.
Vous la soupçonnez ?
Je l'ai appelée.
J'étais en retard, il fallait faire à dîner.
Elle m'a décrit
tout le frigo. -En retard ?
-Je préparais la soirée de remise des diplômes.
-Seule ?
-Avec Jérémy.
...
-Ils ignoraient pour le carnet, Gabriela n'a pas parlé à Roméo.
Lequel des trois est le menteur ?
-Les trois ?
-Perquisitionnons.
-M. le président.
Mesdames et messieurs les jurés, je me tiens devant vous...
-Droit.
Tiens-toi droit.
-Pas pour juger
un homme, ni même un groupe,
mais pour dénoncer un crime silencieux, insidieux.
-Regard droit.
-Qui menace l'avenir de l'humanité. -Attends, là.
Tu suspends.
Tu fais mariner.
-Et...
C'est pas possible.
C'est pas moi, ça.
Cette façon de parler.
-Mon petit Ludo, tu le veux ce bac ou pas ?
-Oui, sans me fourvoyer.
Le changement climatique nous affecte tous.
Certains baissent les bras, mais non,
il faut lutter individuellement
et collectivement.
C'est ça que j'ai envie de dire.
Pas défendre la mort de l'humanité.
Il soupire.
-Eh ben voilà.
C'est bien.
-C'était bien ?
-Ben oui.
-M. le juge.
L'ordinateur a parlé.
-Gabriela a menti ? -Non.
Elle prenait des cours d'anglais avec une prof en visio.
Elle en prenait un le soir du meurtre.
-Pourquoi elle n'a rien dit ? C'est un alibi en béton.
-Elle voulait se perfectionner
pour partir à Miami avec une star du graff.
-Roméo ? -Hmm.
Dans ses mails, on a trouvé un aller simple pour Miami,
dans deux mois.
-Elle voulait le suivre.
Et elle a caché
le carnet à ses parents.
-Ils auraient refusé qu'elle parte en sachant ça.
-Imaginons que
Lisa découvre que Roméo a volé l'oeuvre de son ex.
Et veut emmener sa fille.
-Et Jérémy, après tout ce qu'il a fait pour elle.
-On les convoque.
-A Miami ? Gabriela a jamais quitté Marseille.
Vous lui voulez quoi ?
-A elle, rien.
-A la mort de Yann Santos,
ça n'a pas dû...
être facile.
Seule avec un enfant. Même après, c'était pas simple.
-Roméo avait
la belle vie.
-Et donc ?
-Vous avez voulu vous venger en apprenant qu'il avait volé
le père de Gabriela.
-Vous avez monté
ce centre pour elle, à la mémoire de son père.
Ca a dû être dur à financer.
-Roméo, lui, était une star,
on l'admirait.
Sauf que c'est
un traître.
-Ca suffit.
Gabriela
m'a dit
que Roméo l'emmenait à Miami.
Pour la lancer.
Elle avait son billet.
Je suis allé à la friche. Il aurait pu nous en parler.
Ca a dégénéré. Je voulais pas.
-"Dégénéré" ? -Oui.
-Vous l'avez frappé ?
-Sur ce carnet,
il y a vos empreintes.
...
-En rangeant la chambre de Gabriela, j'ai trouvé le carnet.
Pourquoi elle m'avait rien dit ?
Et dans ses mails, le billet.
-Vous êtes allée
voir Roméo.
-Il y a quoi avec Gabriela ?
Tu l'emmènes à Miami ?
-Oui, pour des collabs.
A Marseille, elle décollera pas.
-Ah oui ?
Et tu l'as incitée à piquer les idées de ses amis ?
-Quoi ? -Tu sais très bien.
Le chérubin est pas de toi.
-Je l'ai vu une fois le dessiner.
C'était un délire.
-C'était surtout sa fille qu'il dessinait.
-Je savais pas.
-Bien sûr.
Tu veux te racheter ?
Gabriela partira pas.
-A elle de décider.
Elle est forte.
Comme le chérubin.
-T'es un monstre.
Tu veux la bouffer, comme Yann.
-Et toi ?
Elle sait comment son père
est mort ?
-Il est tombé d'un toit.
-Quand tu l'as largué.
Je l'empêchais de faire des conneries.
La veille de sa mort... -Tais-toi.
-Tu lui as refusé une 2e chance.
C'était pas un accident.
-Oh, c'est dégueulasse.
-Je suis d'accord.
Gabriela saura.
-Je l'ai frappé.
Sans vouloir le tuer.
-Vous avez effacé vos empreintes.
-C'est moi.
Je cherchais Lisa.
Roméo était déjà mort.
Elle voulait se dénoncer.
Je l'en ai empêchée.
-J'ai aimé Yann
comme une folle.
Mais il savait pas s'occuper de notre fille.
On s'est éloignés.
-Il a pris des risques.
Vous n'y êtes pour rien.
...
Tu la savais coupable.
-Ils iront en prison ?
-Au juge de décider.
Ta mère ira en détention provisoire.
-Et Jérémy ?
-Il sera accusé de non-dénonciation de crime.
-Je vais faire quoi ?
-Tu sais...
Les artistes créent avec leurs émotions.
T'es une artiste.
Tout l'amour de ton père
est dans le chérubin.
Voilà quelqu'un
sur qui tu peux compter.
...
-Désolé d'avoir menti.
-Tu peux.
-Je tentais une stratégie.
Et à un moment, ça a porté ses fruits.
-Recommence pas.
-Non, je suis désolé.
-Ecoute...
J'ai réfléchi.
Faisons une thérapie.
-On en est là ?
-Une thérapie familiale,
avec Raphaël. -Ah.
-Moi, je suis démunie, toi, tu agis dans mon dos.
Je pense qu'on a besoin d'aide.
OK pour toi ?
-OK.
-Allez.
-Ca a été ? -Très bien.
Rupture de stock
de chaussures de rando.
-Alors...
-Oh, Fred !
George Clooney peut
aller se rhabiller.
-Oh ! -Bravo, chéri.
-Assieds-toi. -Non.
Je veux être à l'heure.
Je voulais vous remercier.
J'ai de nouveau la sensation
que tout est possible.
-C'est quoi ?
-On va voir du Shakespeare.
J'ai potassé la biographie, l'histoire.
-Tu passes pas un examen.
-Je m'intéresse.
-Fonce.
Aie confiance.
Confiance. -Oui.
Alors...
-Shakespeare...
Tu es mon Roméo.
-Toi, ma Juliette.
-Ca finit trop mal, je préfère Barth et Constance.
-Oui, un bon boulevard.
Ils rient.
france.tv access
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