All language subtitles for La Stagiaire.S11E02

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Original subtitles

-Vous êtes qui, vous ?

-Je suis Constance Meyer.

Je travaille avec un juge d'instruction.

On enquête sur la mort de...

-Quoi ? Sur la mort de qui ?

-Manon Torres.

-Manon ?

Non !

...

-Heureusement que son père est intervenu.

-Clément ne m'aurait pas fait de mal.

Son père et lui m'ont laissée

vous appeler. Ca plaide en leur faveur.

-Vous êtes avocate, maintenant ? -M. le Juge,

il était stupéfait en apprenant la mort de Manon.

-Certains coupables savent jouer la comédie.

-Pourquoi il serait revenu chez lui ?

-Besoin d'argent,

d'affaires... On peut tout imaginer.

-Peut-être.

J'ai pas eu le temps de lui dire qu'on est demi-frère et soeur.

-Tu as fait ce qu'il fallait. Tu n'as rien à te reprocher.

-Je me sens coupable vis-à-vis de Frédéric.

J'ai dénoncé son fils à la police.

-Peut-être qu'au final, Clément est innocent.

-Ca, j'en ai l'intime conviction.

Cette affaire sera résolue dans plusieurs mois.

J'ai pas accès au dossier. Antoine ne peut pas

multiplier les clients sur une même affaire.

-Que veux-tu y faire ?

-J'aimerais prouver que Clément est innocent.

-Le juge le fera.

-Mais il est seul. Il n'a pas de moyens.

Si on cherche de notre côté...

-On accélère le mouvement.

-Exactement.

-J'ignorais que Manon

était morte quand je suis parti de Castan.

-Pourquoi partir sans prévenir personne ?

Ca ressemble à une fuite.

Ca vous dit quelque chose ?

Vous avez acheté ce billet de ferry

pour Tanger.

Vous vouliez vous cacher chez votre mère ?

-Non, j'ai pas voulu fuir.

-Alors, c'était quoi ?

Des vacances ?

Je vous écoute.

-J'ai vu Manon le matin de sa mort. Elle n'était pas comme d'hab.

-Qu'est-ce qu'il y a ?

Ca ne va pas ?

-Non. C'est juste que...

Je me pose des questions sur nous.

-Sur nous ?

-Sur notre relation.

Des fois, je me demande si c'est encore de l'amour.

-Ah ?

T'essaies de me dire quoi ? -On se connaît

depuis qu'on est gamins. On a changé, tous les 2.

-Je ne comprends pas.

Il est où, le problème ?

T'as rencontré quelqu'un ?

Non ?

T'as rencontré un mec ?

Quoi ? Mais c'est qui ?

-On s'en fout. Je te parle de toi et moi.

-Non, on s'en fout pas.

Donc, nous deux, c'est fini ?

Manon ?

J'étais dégoûté.

Si je suis pas parti au Maroc

avec ma mère, c'est pour Manon.

La voir ici, heureuse avec un autre,

ça aurait été insupportable.

-A quelle heure êtes-vous parti

de Castan ? -En milieu d'aprèm.

-Qu'est-ce que vous avez fait, jusque-là ?

-Rien. J'ai attendu.

Je me suis dit qu'elle allait me rappeler.

Mais non ! J'ai pris le bus

direction la gare maritime de la Joliette.

Arrivé là-bas, il fallait que je m'achète un billet.

J'avais pas de thunes. Comme je n'avais plus de batterie

sur mon tél, je l'ai vendu et j'ai attendu le grand départ.

-Pendant 3 jours ?

Qu'avez-vous fait ?

-Rien. J'ai dormi sur place.

-Y a des témoins ?

-Non, j'ai vu personne.

-Vous étiez le seul

à aller au Maroc ?

C'est long, 3 jours à ne rien faire.

-Je me sentais vide.

J'ai même eu envie de me foutre en l'air.

-Vous avez changé d'avis, visiblement.

-Le ferry arrivait.

Et j'ai flippé.

Comme d'hab.

Qu'est-ce que j'irais foutre au Maroc, sérieux !

J'ai jamais mis un pied là-bas.

J'ai compris que c'était une connerie.

-Et vous avez décidé de rentrer.

A quelle heure avez-vous vendu

votre téléphone ? -J'en sais rien !

A 20 h. Le magasin allait fermer.

-Vous auriez pu retourner voir Manon

pour la faire revenir sur sa décision.

La voir avec un autre était insupportable.

-Je ne l'ai pas revue, putain !

-Votre absence pendant toute cette période

et l'impossibilité de me donner un agenda clair ne plaide pas

en votre faveur.

-Je ne l'ai pas tuée.

-Je vais demander votre placement en détention provisoire

dans le cadre de l'enquête sur le meurtre de Manon Torres.

Crissement d'un feutre sur le tableau.

-Ah là là !

Rien à faire. Ca ne rentre pas.

Il nous manque une semaine de révision.

-Même avec les week-ends ?

-On a déjà un dimanche sur deux et les soirées.

Il n'y a qu'une solution : prendre sur les repas.

-Ca, j'ai anticipé.

J'ai ramené mon casse-croûte.

-C'est quoi, ça ? -Ca ?

Un kebab.

Sauce blanche, salade, tomates, oignons.

-Tu vas foutre en l'air ton métabolisme.

C'est somnolence assurée toute l'après-midi.

Il te faut des vitamines B, des céréales,

du poisson gras.

Le reste, c'est de la merde.

Tiens ! Chapitre 7, 8, 9.

Je t'interroge demain à 7h30.

-Elle est là.

Elle est là.

Il souffle.

-Grâce à Frédéric, on sait que Manon avait un amoureux.

-On ne sait rien sur lui, à part qu'il avait une casquette

avec une visière orange. -Du coup, je cherche quoi ?

Soupir.

-Essaie Manon Torres. Elle a peut-être publié

des photos avec lui.

-Elle ne publie rien de personnel, que des pétitions

sur la sauvegarde du littoral.

-Essaie Clément Dajet.

-Clément Dajet.

Dajet.

Y a rien. -Salut !

-Coucou, ma puce !

-Je vous ai ramené la voiture.

Merci encore. Avec les révisions

de Ludo, je dois transporter Céleste partout.

Vivement la fin du bac !

Vous êtes sur les réseaux, là ?

-On enquête, figure-toi.

On cherche un profil, mais on ne connaît pas le nom.

-Oh, les boomers ! Laissez-moi faire.

Allez, papa ! Pousse-toi !

Bon ! C'est qui ?

-Le nouveau petit ami de Manon Torres. On n'a rien sur lui.

-C'est quoi, le nom du village ?

-Castan. -Alors... "Tu es

"de Castan si..."

Voilà !

Et là, tu fais défiler les abonnés.

-Attends.

Remonte.

C'est Clément et Manon

avec un autre gars.

-Qui est tagué ?

Lou Delire. Tu vois ?

C'était facile. Heureusement que je suis passée !

-Ca va ! On y serait arrivés tout seuls.

On frappe.

-Alors ?

-Frédéric Dajet a un alibi.

Son fils Clément nie le meurtre.

Les équipes de la capitaine Lin retracent son itinéraire.

-Et le nouveau fiancé ?

-On cherche encore. Quelqu'un frappe.

-Je peux ? -Oui. Entrez, Fanny !

-Comme vous me l'aviez demandé, j'ai relevé dans les fadettes

de la victime les numéros de ses contacts récents.

-Montrez-nous ça. -Oui.

Alors... Où je l'ai mis ?

Ah ! Voilà !

C'est ça.

Pour vous.

-Merci. -Donc...

On a Agathe, la mère de la victime.

Claude Fabre, Clément Dajet, bien sûr.

Et une certaine Lucie.

C'est une amie de la victime.

Elle fait ses études en Grèce.

-On cherche un garçon. Donc, on n'a rien.

-Ah si ! On a Rébecca.

-Rébecca ?

-Oui, et j'ai identifié la propriétaire de la ligne.

Et la propriétaire...

est un propriétaire.

-Et donc... Son nom ?

-Ca vient.

Alors...

Voilà ! Donc !

Louis Delorme, 20 ans. Il habite Aix, mais il vient en week-end

à Castan avec ses parents dans une énorme villa.

Elle l'avait enregistré sous un faux nom pour plus de discrétion.

-Il l'a appelée plusieurs fois

l'après-midi du meurtre.

Elle ne lui a pas répondu.

-Bravo, Fanny. -Merci.

-Je vais lui rendre visite.

-Ta greffière bosse à ta place ?

-Je suis en sous-effectif, en ce moment.

Je n'ai pas d'assistant, moi.

-Le mien est au bord de la noyade. -Tu devrais le ménager.

-Ca veut dire quoi, ça ?

-Tu devrais varier les méthodes.

Etre plus dans l'accompagnement, dans l'écoute.

Valoriser l'apprenant.

-Merci, Mme Montessori.

J'ai compris le message.

-La porte !

-Lou Delire, c'est Louis Delorme. Il est cité

dans les commentaires.

Il est souvent avec Manon et Clément.

-Montre un peu les photos.

Là !

C'est la casquette

qu'il avait quand Frédéric l'a vu avec Manon.

-Il est là depuis 3 semaines. Il a passé 3 jours

en mer avec sa famille et depuis,

il n'a rien posté.

-Il ne s'embête pas ! Je comprends que Manon l'ait choisi.

-Tu insinues qu'on est intéressées ?

-Non, non.

En tout cas, toi, clairement pas.

-Dis quelque chose ! -Oui, ça va !

Zoome !

-Des oursins en cette saison ? -Tu lis quoi ?

-"Reine de reinette.

"Oursin bleu, Castan." Ca ne veut rien dire.

-Mais si ! L'Oursin bleu, c'est le resto de Claude Fabre,

là où travaillait Manon. La cagette vient de son resto.

Les oursins aussi.

-Son beau-père fournissait Louis en oursins braconnés ?

-Ca n'a pas dû plaire à Manon que Claude Fabre ne respecte pas

les règles, alors que sa mère s'y plie.

Elle a menacé de le dénoncer. On y fera un saut demain.

-Non, faudra vous passer de moi. J'ai une journée chargée.

-Oh non !

Je voulais que tu fasses l'appât.

-L'appât ? -Fabre m'a vue avec le juge.

-Moi, je n'ai pas de cours demain.

Cri des goélands.

...

Le vent souffle.

...

-Par l'intermédiaire de Clément,

vous vous êtes rapprochés. -Oui.

Quand je venais les week-ends,

ici, ou pendant les vacances, je jouais avec lui au foot.

On est devenus potes.

Je l'avais croisé avec Manon.

Mais avec Manon, on s'était rencontrés cette année.

On s'est découvert des goûts en commun.

-Comme ?

-J'ai toujours rêvé d'aller en Australie. Manon aussi.

Elle voulait ouvrir un resto français là-bas.

On s'est rapprochés de plus en plus

et on s'est rendu compte qu'on était amoureux.

-Et Clément a découvert votre liaison ?

-Je sais pas.

Le jour où...

Le jour où elle est morte,

elle est venue déjeuner à la maison.

Elle avait rompu. Elle voulait attendre avant qu'on se montre.

Mais elle avait accepté de nous accompagner en mer

le lendemain.

-Continuez.

-Ensuite, on a fait une sieste.

Je me suis endormi.

A mon réveil, elle n'était plus là.

J'ai essayé de l'appeler. Elle me répondait juste par textos.

-Vous avez gardé ces messages. -Oui.

-"Qu'est-ce qui t'arrive ?

"Tout va bien ?" "Je ne peux pas en parler."

"On se voit toujours demain ?"

"Je ne peux pas venir." "Pourquoi ? Explique-moi."

-Elle ne m'a jamais répondu.

-Et après son départ, qu'avez-vous fait ?

-Rien.

Je me suis couché tôt. On partait à l'aube le lendemain.

-Vous n'avez pas essayé de la voir ?

-Mais non. Je me suis dit

qu'il fallait respecter sa solitude.

Peut-être que si j'étais allé la voir...

-Restez à la disposition de la justice, M. Delorme.

-Elle était adorable.

On connaît un peu sa mère et Claude aussi.

Ils ne méritaient pas ça.

-Vous saviez que votre fils

et Manon avaient une histoire ?

-Oui. J'avais fini par le comprendre.

-Et vous avez compris comment ? -Avec Edouard,

on vient ici dès qu'on a du temps libre, sauf qu'en grandissant,

Louis préférait rester à Aix avec ses amis.

Mais depuis quelques mois, il voulait nous accompagner.

-Il semblait l'aimer beaucoup.

-Ils avaient des projets en Australie ?

-Qui n'a pas eu ce genre de rêve à 20 ans ?

-Vous avez noté quelque chose de particulier

quand Manon est venue déjeuner ?

-Si.

Elle est partie un peu vite.

-Pourquoi, selon vous ?

-J'imagine qu'elle avait une urgence.

-Tu as compris ?

-Je suis une riche vacancière qui veut offrir

un apéritif raffiné à ses amis. -Tu t'en sens capable ?

-Je ne fais pas raffinée, comme ça ?

-Oui.

Et pas de zèle. Si ça ne prend pas, demi-tour.

-Si je ne suis pas revenue d'ici 10 mn, dis à Ludo

que ses chaussettes sont dans le tiroir

de gauche.

-On avait dit

"raffinée".

-Bonjour !

-Bonjour ! -Je peux boire un café ?

-Je vous en prie.

-L'Oursin bleu, c'est drôle, ça ! Ca existe, les oursins bleus ?

-Non, pas vraiment.

C'est une plante sauvage.

Les fleurs ressemblent à des oursins, la spécialité du coin.

-Justement, j'en cherche,

mais j'en trouve nulle part. -C'est normal.

C'est pas la saison.

-Il y a une saison ? -Evidemment.

-Oh, mais si j'avais su !

On a loué une villa avec des amis américains.

Je voulais leur en faire goûter.

-Je suis désolé.

-Qu'est-ce que je vais leur dire ? On est venus spécialement pour ça !

-Après, si vous y tenez, il y a moyen de s'arranger.

-C'est super, ça !

Et revoici la meilleure agente infiltrée de Marseille.

-Alors ?

-J'ai rendez-vous avec Fabre dans 15 mn pour en acheter.

-Oh ! Je suis fière de toi. -Oui. Moi aussi.

-Merci.

Qu'est-ce qu'il a ? Petit, Raph était super sérieux.

Vibreur.

-C'est Solène. Elle s'est encore pris la tête avec lui.

-La pauvre ! Elle ne mérite pas ça. -Elle ne s'en sort pas.

Elle pense que c'est de sa faute. -Mais non ! C'est un ado.

Moi, le problème,

c'est qu'il ne me prend pas au sérieux.

Tu veux pas lui parler ?

-Je ne suis que le mari de sa mère. -Mais non, non, non.

Tu vis avec lui.

Tu l'as vu grandir. Il t'aime beaucoup.

Toi aussi, tu as ton mot à dire. -Tu crois ?

-J'en suis sûr.

T'es juge. Faire l'arbitre, c'est ton boulot.

Tu seras toujours plus crédible que moi.

J'y vais. J'ai du taf. Merci pour le café.

-Bon courage !

-Je vous en prie.

-Et voilà !

-Ils sont beaux !

Pour une dizaine, ça suffira ? -Sinon, je rajoute une cagette.

-On boit quoi avec ça ?

-Du vin blanc de la région. -Sec, moelleux ?

-Sec.

-Ca marche bien, les affaires ?

-OK. Qu'est-ce que vous voulez ?

-Vous revendez des oursins braconnés aux Delorme.

-Et alors ? -Manon.

Elle l'avait découvert. Elle vous menaçait.

-Vous insinuez que je l'aurais tuée ?

-C'est un business juteux, la revente des oursins braconnés.

Votre restaurant n'aurait pas résisté au scandale.

-Manon était la fille de ma compagne.

Le soir du meurtre, j'étais au restaurant toute la soirée.

Et j'ai 20 témoins. Maintenant, foutez-moi la paix.

*-Vous revendez des oursins braconnés aux Delorme.

*-Et alors ?

-Quelque chose à ajouter ?

-Manon était au courant pour les oursins.

Elle m'a vu chez les Delorme, mais il s'est passé autre chose.

-Je vous écoute. Sonnette.

-Bonjour, Claude.

-Pascale ! -Entrez.

Edouard va être ravi.

Heureusement qu'on peut compter sur vous.

Posez-les là. Ca sera parfait.

-Et voilà !

-Waouh ! Magnifique !

-Content de vous rendre service. -Ne bougez pas.

Je reviens.

-Vous ne vous baignez pas ? -Non, je me rafraîchis.

-C'était la voix de Manon. Qu'est-ce qu'elle faisait là ?

-Un verre, Manon ? -Non.

Mes lunettes de soleil sont dans mon sac.

Ah, le voilà !

Merci.

-Dites donc !

Ca marche bien votre petite affaire avec Louis.

-Oui, on s'entend bien.

-C'est un bon garçon, mon fils.

Un peu naïf.

Trop naïf pour quelqu'un d'aussi riche.

Mais ça ne vous a pas échappé.

Attendez une seconde.

Eclairez-moi. C'est quoi, l'idée ?

Le séduire pour vous faire épouser

et faire construire votre resto en Australie avec notre argent ?

-Pas du tout.

-Ca a un nom, ce que vous faites.

Mais après tout,

si c'est ça, votre genre...

Ca peut m'intéresser aussi.

-Pascale revenait.

Je suis allé dans le séjour. C'est là que Manon a déboulé.

-Gardez la monnaie, Claude.

Manon, vous partez déjà ?

-Désolée. Je dois rentrer.

-Ca va, Manon ?

J'ai essayé de la retenir, mais elle est partie en courant.

En repensant au comportement de Delorme avec d'autres,

ça aurait dû m'alerter.

J'aurais dû vous le dire tout de suite.

-Effectivement.

Vous auriez dû nous en parler plus tôt.

-Oui, je sais, mais...

Edouard a des parts dans le resto. J'ignorais ce qui s'était passé.

Je n'avais pas de preuves. -Ouais.

Vous avez fermé les yeux.

-M. Fabre,

allez parler au juge.

Vous n'avez pas le choix.

-On a retracé le parcours de Clément Dajet

grâce aux caméras de vidéosurveillance.

Vibreur. Pardon !

...

Clément a bien été capté à l'arrêt de bus

sur la ligne qui va de Castan à Marseille.

Il est monté à 16h35 et descendu au port à 18h15.

-Et après ? -On perd sa trace. Par contre,

un vendeur près de l'embarcadère confie avoir acheté

le téléphone de Clément vers 20h.

-Il n'avait pas le temps de retourner à Castan.

Il n'a pas pu tuer Manon.

Vibreur.

Répondez. Ca a l'air urgent. -Pardon !

Allô ? 38,5.

Non, je ne peux pas. Je suis avec...

Attends. -Allez-y.

-Merci.

Dis-moi. T'as eu la crèche ?

D'accord. OK.

-M. le juge.

-Oui ?

-Claude Fabre a appelé. Il veut témoigner.

-Claude Fabre ? -Quelque chose

lui est peut-être revenu.

-Ou qu'on l'a aidé à retrouver la mémoire.

-Ah !

-Notre fille a un vrai talent d'infiltration.

Sonnerie. -Ah !

Le juge Delcourt.

-Il a eu vent de votre enquête ? -On va le savoir.

Oui, M. le juge.

Ah bon ?

Mais quand ?

Ah, d'accord ! Au revoir.

-Alors ? Vous allez avoir des ennuis ?

-Peut-être, mais je m'en fiche.

Clément Dajet a un alibi. Il est innocent.

-Tant mieux ! Tu vas réintégrer l'enquête.

-Et surtout,

je pourrai rencontrer mon frère la conscience tranquille.

-Je suis heureux pour toi.

-Hello !

-J'en peux plus, Raphaël ! Je peux plus te faire confiance.

-Qu'est-ce qui se passe ?

-Raphaël est exclu du collège pour une journée.

-Hein ? Pourquoi ? -Sa dissert sur le respect.

Il l'a faite à charge contre ses professeurs.

J'aurais dû vérifier sa copie. Mais je ne le fais plus.

Je fais confiance. Rire.

-Il n'y est pas allé de main morte.

Eh non ! Pardon !

Excuse-moi !

C'est pas drôle.

Excuse-moi.

-J'en ai marre, Boris.

J'y arrive pas.

Je suis nulle.

-Ah non, non, non.

Je ne suis pas d'accord.

Tu t'inquiètes. C'est normal.

T'es une formidable maman.

Et je suis là, moi.

-Heureusement !

-Allez-y ! Continuez !

-Ma mère s'est mariée peu après ma naissance

avec l'homme qui m'a élevée. -Oui.

J'étais adulte quand j'ai su que ce n'était pas mon père biologique.

-Et vous ne l'avez jamais cherché ? -Comment ?

Je savais qu'il s'appelait Emile, que ma mère l'avait rencontré

dans un bal à Toulon.

-Il était très droit, Emile. Très digne.

Et très absent aussi.

Il partait en mer pour de longues périodes.

Il est mort brutalement d'une maladie tropicale

quand j'avais 15 ans.

C'était un héros.

Mais je l'ai peu connu. -Un héros ?

-Un ancien résistant.

Il avait 20 ans quand il a rejoint le réseau.

Il a sauvé des familles juives.

J'ai voulu marcher dans ses pas en devenant militaire,

mais quand Clément est né,

j'étais démuni.

Je ne savais pas ce que c'était, un père.

Au fond, ça m'a rendu service d'être souvent absent aussi.

-Finalement, j'ai eu de la chance d'avoir eu le père que j'ai eu.

-Peut-être, oui.

-A nous !

-A nous !

-Heureusement que j'étais là. Meyer n'avait pas de passe.

-Tu m'as dit de le lui prendre. -Jamais de la vie !

-Si, tu m'as dit de le lui confisquer.

-Jamais !

-Constance ! -Meyer !

-J'ai réussi à rentrer.

On a du travail. -Voilà.

-On s'y remet.

-Ca m'avait manqué.

-Vous n'avez pas chômé pendant vos vacances.

-Je me suis occupée comme je pouvais.

-Histoire de ne pas perdre la main. -Ca vous évitera de me briefer.

-C'est délicat de votre part.

-Ah ! Ma Constance ! Comme c'était vide

sans toi ! Et pas très rigolo !

-Je devrais mettre un nez rouge.

-Tu vois ? Rien n'a changé. M. le juge est toujours

M. le juge.

On a reçu les 1ers éléments de l'enquête,

suite à la déposition de Claude Fabre.

-Vous me suivez, Constance ? -Oui.

Je suis contente aussi

de te revoir.

-Edouard Delorme a eu des ennuis l'année dernière pour une histoire

d'agression sexuelle dans son entreprise.

Une collègue a menacé de porter plainte.

Pour étouffer l'affaire,

ses associés l'ont poussé à changer de filiale.

-Ca corrobore

le témoignage de Claude Fabre.

Manon Torres a quitté la villa

après son entrevue avec le père de Louis.

Il a dû aller trop loin. -Et il risquait des ennuis.

Edouard Delorme

ne m'a pas relaté l'accident.

On va le voir.

-A peine revenue, déjà repartie.

Certains pensent

que leur richesse les autorise à tout faire.

-Bonjour.

-Mme Delorme, voici Constance Meyer qui travaille avec moi.

-Louis vous a déjà tout dit. Il est très affecté, là.

-Bien sûr. Nous voudrions nous entretenir avec votre mari.

-Edouard ? Mais pour quoi faire ?

-Nous allons perquisitionner votre domicile.

Après vous.

-C'est ridicule.

Vous croyez qu'il s'agit de la planque d'un gangster ?

-Un gangster,

je sais pas.

En revanche, un témoin vous a vu vous conduire de façon déplacée

avec Manon Torres ? -Quoi ?

-Claude Fabre.

Il vous livre des oursins de contrebande.

-J'y crois pas ! Il vit bien

grâce à nous et il nous crache dessus.

Ces gens-là sont tous pareils !

-Vous avez pensé la même chose pour Manon ?

Que c'était une chance pour elle d'entrer dans votre monde.

-Je vous arrête.

Il ne s'est rien passé.

Je lui ai fait un compliment. Elle se balade à moitié à poil.

-Vous avez eu a minima un geste déplacé.

-Il délire ! -Vous avez déjà eu

des problèmes du même ordre dans votre entreprise.

Vous ne vouliez pas qu'elle aille à la police.

-Attention à ce que vous dites ! C'est de la diffamation.

Une armée d'avocats bosse pour moi.

-Tant mieux. Vous en aurez besoin.

Que faisiez-vous le jour de sa mort, entre 17h et 19h ?

-J'étais à Marseille dans un magasin de pêche.

J'achetais du matériel.

Vous pouvez vérifier. -On n'y manquera pas.

-Bon ! Ecoutez !

Je suis désolé pour ce qui est arrivé,

mais je n'y suis pour rien.

-Que se passe-t-il avec Edouard ?

-Votre mari a agressé sexuellement Manon Torres.

Vous le saviez ?

-Edouard ? Impossible !

-Il a fait l'objet d'une enquête interne dans son entreprise

pour des comportements inappropriés.

Vous étiez au courant. -Ca fait

25 ans qu'on est mariés. Je le connais par coeur.

Parfois, il peut avoir des comportements un peu lourds.

Mais ce n'est pas un agresseur, encore moins un assassin.

Quand quelqu'un réussit aussi bien

que mon mari, il y a toujours des gens pour ternir son image.

-Et des gens pour la préserver coûte que coûte.

-Je vous laisse.

-J'attends Clément.

On m'a dit qu'il allait arriver d'une minute à l'autre.

-Le cauchemar est sur le point de se terminer.

-Ces derniers jours,

ma vie s'est brusquement arrêtée.

Maintenant, c'est un nouveau départ.

-Commençons par se tutoyer.

-Tu as eu droit à une 2e chance.

Il est peut-être temps de devenir un père aimant et présent.

Musique triste.

...

Désolée de vous avoir laissée seule avec M. le juge.

Il est plus sympa qu'il n'en a l'air.

-Merci, Constance.

Allez-y, capitaine.

-Alors ! Le propriétaire du magasin de pêche confirme la présence

d'Edouard Delorme, l'après-midi du meurtre.

Il est arrivé à 17h30 et en est reparti à 19h,

après 2 achats qui ont été vérifiés.

Mais il y a autre chose.

Sa villa est équipée d'un dispositif de domotique.

Les gens croient

qu'ils sont

en sécurité, mais ça se retourne contre eux.

-Continuez.

-Le portail enregistre les entrées et les sorties.

Le personnel de maison est parti vers 15h.

Et Delorme a joué toute l'après-midi sur une simulateur

de courses de voiliers. Or...

Le portail s'est ouvert à 18h10

puis peu avant 19h.

-Donc, c'est Pascale Delorme qui est sortie puis revenue.

-On a la réponse à notre question.

Pascale Delorme n'est pas si aveugle que ça,

concernant son mari.

-J'étais chez moi toute la journée.

-Votre relevé de domotique dit le contraire.

Vous êtes sortie de chez vous

à l'horaire précis du meurtre de Manon.

-Et alors ? -Vous ne pouviez pas prendre

le risque qu'elle parle. Vous aviez beaucoup à perdre.

-Qu'est-ce que vous racontez ? -Vous vouliez juste

la dissuader de le dénoncer.

-Votre mari s'était déjà comporté ainsi.

-Ce sont des rumeurs.

-Des rumeurs fondées dont vous vous accommodez.

Et si d'autres jeunes femmes

dans le sillage de Manon avaient décidé de parler ?

-Il n'y a rien. -Arrêtez !

Aujourd'hui, ce discours n'est plus tenable.

Votre fils est au courant ?

-Bien sûr que non.

-Votre fils tombe amoureux d'une fille qui n'est pas

de votre milieu et ils ont des projets ensemble.

C'est difficile de voir son enfant s'éloigner.

-Surtout s'il ne veut plus vous revoir.

-Manon comptait lui dire ?

-J'ai demandé à Edouard ce qui s'était passé.

A sa façon de minimiser, j'ai compris.

J'ai attendu qu'il parte

au magasin pour sortir.

A cette heure-là, je savais

que Manon allait prendre son service au restaurant.

En coupant à pied par les sentiers côtiers,

je l'ai interceptée.

-Qu'est-ce que vous voulez ? -Savoir si vous allez bien.

Vous êtes partie un peu vite. Louis est très déçu

que vous ne veniez pas sur le bateau demain.

-Ce n'est pas Louis, le problème.

-Alors, il n'y a pas de problème. -Pourquoi êtes-vous là ?

-Quoi qu'il se soit passé, ça ne peut pas être grave.

Les hommes sont comme ça.

Ils débordent, parfois.

Moi aussi, plus jeune, j'ai eu affaire

à ce genre de comportement. J'ai préféré oublier.

On oublie vite. -Vous me dégoûtez.

-Il ne vous a pas violée. -J'ai réussi

à partir à temps. Vous vivez dans quel monde ?

-Il vaut mieux que vous sortiez de nos vies.

C'est ça que vous voulez. Non ?

-Vous pensez que vous allez m'acheter ?

J'aime Louis.

Je ne me tairai pas.

-Il ne vous croira jamais. -Vous voulez qu'on parie ?

-T'as pas intérêt à parler.

-Votre fils saura qui vous êtes. Vous ne le reverrez plus jamais.

-Tu parleras pas.

Tu ne parleras pas !

Tu ne parleras pas !

Sanglots.

...

...

J'ai desserré les mains.

Elle ne respirait plus.

Des gens pouvaient arriver et me surprendre.

J'ai paniqué.

J'ai balancé le corps.

J'ai pensé

à tous les efforts que j'avais faits,

à toutes les blessures que j'avais cachées.

Je m'étais enfin

reconstruite.

Elle ne pouvait pas tout gâcher.

Mon fils...

C'est ce que j'ai de plus précieux.

-Des blessures comme celles que votre mari a infligées à Manon.

Peut-être pires.

-Oui.

J'étais jeune.

Et puis, à l'époque,

personne ne m'aurait crue.

-Manon l'a mise face à ses contradictions.

Une victime devenue complice.

-Et finalement, une coupable.

Je pensais à son fils.

J'espère qu'il se reconstruira.

-Il voulait aller en Australie.

C'est ce qu'il a de mieux à faire.

-Cette affaire a été délicate pour vous.

-J'ai gagné un frère.

-Vous avez été courageuse. -Vous étiez là.

Vous m'avez fait confiance.

-Réquisitoire, réquisitoire... -Je te l'ai donné sur une clé USB

pour que tu le retranscrives. -Ah !

-Une clé bleue.

-Je l'ai !

Voilà !

Impeccable ! Il pianote.

...

*Musique de dessin animé.

*...

Vous êtes sûr que c'est celle-là ? -Hum !

-J'ai dû la vider et mettre tous les dessins animés

de Céleste dessus. -J'ai entendu.

-Vous avez une autre sauvegarde ? -Non.

-Je suis désolé. Je ne fais que des conneries.

-Maria Montessori, ça te dit quelque chose ?

-Non. -Viens t'asseoir.

Tu as fait des progrès énormes.

Au palais et dans tes révisions.

Je n'aurais pas eu le même courage à ta place.

Alors, prends ta soirée

et ta journée de demain. T'as besoin de souffler.

-C'est un test ?

-Attention ! On ne se repose pas sur ses lauriers.

-Ca ne risque pas. Merci, Vladimir.

-Allez, file !

Je sais que je peux compter sur mon vieux sherpa.

-Allez ! Du balai !

-"Souffler un peu" ?

T'inquiète pas pour Raph. Il ne risque pas le burn out.

On se tient au courant. Salut !

Pour Ludo, il faut relâcher la pression,

les évaluations, les profs. On n'est pas performant H24.

-Ludo, quoi !

Il fait de son mieux.

-L'important, c'est de participer.

-Viens.

J'ai quelque chose à te dire.

J'ai réfléchi.

J'ai sous-estimé le poids de la responsabilité que tu as

vis-à-vis de Raphaël. Je dois faire ma part du job.

-Je ne veux pas t'embêter avec tout ça.

-M'embêter ? Ca ne m'embête pas du tout.

Ca m'embête de vous voir mal.

On est une famille.

-J'osais pas te demander.

-Moi, j'osais pas m'imposer.

-Tu vas y arriver ?

C'est dur de tenir tête à Raphaël.

-J'arrive à arracher des aveux. Ca ira face à un ado de 15 ans.

-Merci.

-C'est un petit apéro.

-Comme vous voulez.

-Et voilà !

Champagne ?

C'est la tradition quand un avocat gagne une affaire.

-Clément n'est pas venu ?

-Il est allé voir sa mère à Tanger, mais il sera là pour la cousinade.

-C'est super, ça. -Je te brieferai

sur certains cousins.

-Tu parles de qui ? -Papa !

-Quoi ? -Tu sais.

-Bienvenue dans la famille !

-J'ai quelque chose pour vous.

J'ai retrouvé

quelques reliques.

La médaille

de la Résistance d'Emile Dajet. Pour toi, Constance.

Et la photo de papa.

-Il ressemble

à Antoine. -Ah oui !

Il a la même calvitie.

-N'importe quoi ! Mes cheveux,

je les tiens de papa.

-Et sa casquette.

Sanglots.

...

Rires.

Repos !

-Champagne !

...

-Merci !

Pop du bouchon.

-Bon !

Exprimer mes sentiments, c'est pas mon fort,

mais...

merci de m'avoir soutenu.

-Entre un frère et une soeur, c'est normal.

Grâce à toi, j'ai mis un visage sur un fantôme.

J'ai réussi à combler un vide.

-Moi aussi, j'ai comblé un vide.

J'ai hâte d'apprendre à mieux connaître ma grande soeur,

maintenant qu'on s'est trouvés. -On ne se quitte plus.

A notre nouvelle famille.

-A notre famille.

Tintement.

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