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Zulu
...
- Et surtout,
tu mets le liège après avoir mélangé la chaux.
D'accord ? - Oui.
- Pas avant. Qui dit maison écologique
dit précision maximale. Tu as compris ?
- Hm. - Pour le potager, ça donne quoi ?
- Ca pousse. On a même eu nos 1ers clients en vente directe.
Mais la chèvre bouffe tout.
- Elle va avoir de la compagnie. - Ah bon ?
- Vous allez ramener les lapins.
- Merci. - C'est le dernier.
- La maison ne va pas s'écrouler.
- Surtout qu'elle n'est pas finie. - Dans quelques semaines.
- Merci, papa,
pour le camping-car.
- Vous êtes sur un terrain en friche.
Mais si ça vous va...
- Pour rappel, on devait emménager ici et vous en Espagne.
- Tu ne regrettes pas ? Nous, non. - Non. Nous, on ne regrette pas.
J'ai pu me concentrer
sur l'essentiel.
- Hé ! Qui a pris mon réveil Tarzan ?
- Je l'ai donné à Raphaël. - Il est collector !
- C'est plus de son âge que du tien.
- Super. Ca va. J'ai compris.
- Ca va nous manquer.
- Les cartons ou nos engueulades ?
- Ca et... tout le reste.
- Je déménage à 15 mn d'ici et Alice à 30 mn.
- Vous revenez tous dîner ?
- Il faudrait déjà être partis. - Alors, on y va.
Je ne voudrais pas rater
le petit risotto de Barth. Hein ?
- Le rangement des cartons, ce n'est ni fait ni à faire.
...
- Boris, tu peux amener le certificat d'aptitude au sport
de Raphaël au collège ? - Hm hm.
- Tu as entendu ?
- J'écris.
- OK.
- Pardon, mais il faut absolument que je finisse mon roman.
Chaque minute est précieuse.
- Si tu fais une pause, le monde s'écroule ?
- Un public, ça se fidélise.
Après le succès
de mon 1er livre, je dois enchaîner.
Ca fait toute la différence.
- C'est toi qui parles ou c'est ton éditeur ?
- Justement. Mon éditeur parie sur moi.
Alarme.
... - Ah.
La session écrivain est terminée. On a combien de temps ? 3 minutes ?
Le téléphone sonne. - C'est Nadia.
...
Oui, capitaine ?
Hm hm. Hm hm.
- Il faut rentrer chez vous. Le lycée va être fermé.
Allez. S'il vous plaît. Allez. Monsieur le juge. Constance.
- Bonjour.
- C'est un jeune lycéen. Tué à bout portant.
Les éboueurs ont découvert le corps ce matin.
Pour l'instant, on n'a pas retrouvé l'arme du crime.
Pour le légiste, il serait mort entre 6h et 8h.
- On a son identité ?
- Oui. Kilian Kaboré. 17 ans. Elève en terminale
à côté. - Qu'est-ce qu'il faisait ici ?
- Alors, justement.
Il avait 500 euros sur lui. Ici,
c'est un point de deal
du matin au soir.
- Et sa famille ? - La mère est
au Burkina. Elle rentrera dès que possible.
La victime vivait avec son frère,
Issa, aussi élève au lycée. - Issa, il est où ?
- Pour l'heure, il reste au lycée.
- On va essayer de lui parler. - Très bien.
- Bonjour. - BONJOUR.
- Etienne Joffret, le directeur.
- Juge Delcourt. Constance Meyer. On peut vous parler ?
- Ouais. Suivez-moi. - Ca doit être un choc.
- Surtout pour les jeunes.
On les a envoyés chez eux et on met en place une cellule psychologique.
Vous en voulez ? - Non merci.
- A Noël, un jeune a déjà été poignardé devant le lycée.
Un mois dans le coma. L'an dernier,
il y a eu une fusillade près d'ici. - Qu'est-ce que vous savez
sur la victime ?
- Kilian ? Un élève exemplaire. Des bulletins excellents.
- Des inimitiés ? Un incident à relater ?
- Non. - Vous pensez
qu'il aurait pu consommer ou vendre de la drogue ?
- Ca circule au lycée. Les dealers sont là du matin au soir.
Quant à savoir quand, qui...
- On sait ce qui s'est passé, exactement ?
- Vous êtes... ?
- Eve Castain. La professeure de maths de Kilian.
- Mon meilleur élève.
- Vous l'avez vu quand ? - Hier.
J'avais une bonne nouvelle.
Sonnerie.
...
Tu vois ? Tu y es arrivé. Ce n'était pas si difficile.
- Merci de m'avoir aidé
à réviser. - C'est toi-même
que tu dois remercier. Le lycée Descartes
a accepté ta préinscription. - Trop bien ! Merci, madame.
"Votre candidature
"a retenu notre attention." - Félicitations.
- Trop bien.
- Kilian avait un don en maths.
Un avenir brillant devant lui. Pourquoi se mettre
dans le deal ? - On peut être brillant
et avoir besoin d'argent.
- On peut voir son petit frère ? - Oui. Il est dans mon bureau.
Vous me suivez ? Pardon. - Merci. On vous recontactera
si besoin.
On frappe à la porte.
- Bonjour. - Bonjour.
- Bonjour, Issa.
Je suis Constance Meyer.
On voudrait comprendre ce qui est arrivé
à Kilian. - J'en sais quoi ?
- Tu as remarqué quelque chose de spécial,
ces derniers temps ?
- Il est parti tôt ce matin.
Plus tôt que d'habitude. Mais je ne me suis pas inquiété.
- Tu ne pouvais pas deviner.
- Issa.
Tu sais si ton frère était mêlé à un trafic de drogue ?
- N'importe quoi.
- On a retrouvé 500 E sur lui.
- Et alors ?
- Issa.
On a besoin que tu nous aides.
- Il faut regarder chez madame Garcia.
- C'est qui ? - La vieille
chez qui Kilian travaille. Il lui fait les courses.
Ca fait un complément.
- Merci, Issa.
- Qu'est-ce qui va se passer
pour moi, maintenant ?
- Il y a une assistante sociale qui va venir s'occuper de toi
en attendant le retour de ta maman.
Tu n'es pas tout seul. D'accord ?
...
- Oui. Entrez ! Ah. Vous voilà enfin.
Je suis inquiet.
Le recteur est sous la pression des associations de parents,
et moi, évidemment, la pression de la chancellerie.
On en est où ? - On dirait un règlement de comptes
lié au trafic de drogue.
- On doit s'attendre à l'escalade ?
- Ne faisons pas de conjectures.
- Les élèves ont besoin de réponses.
- Vous allez reprendre vos études ? - Non.
Ca, c'est la cerise sur le gâteau.
Un ancien camarade de lycée prof de droit
m'a demandé d'intervenir auprès de ses étudiants.
- Intéressant.
- Oui. Sûrement.
Mais je suis procureur de la République.
Je vais leur torcher
une bafouille et m'en débarrasser.
- Transmettre est enrichissant.
- Hm hm. Ecoutez, Meyer.
Si ça vous passionne tant et que vous n'avez que ça à faire,
prenez ma place. - Bon. On y va.
- Surtout, soyez sur la brèche.
Et fermez la porte.
- Merci au prof d'avoir mis Quiring en rogne.
- Mais un Quiring occupé à enseigner
nous fiche la paix.
- Ah. Constance.
Ton mari a appelé trois fois déjà. Tu as oublié ton portable.
- Oui. Effectivement.
Elle soupire.
- Tout va bien ?
- Il cherche des cages à lapins.
Non mais...
Il fait des fixettes. Là, les lapins.
- Le capitaine Saïdi
vous attend, au fait.
- Merci. - Je vous en prie.
- Rebonjour. - Bonjour.
- Du neuf ?
- Oui. On a perquisitionné l'appartement de la victime.
Un deux-pièces près du lycée. Ca a confirmé nos soupçons.
On a trouvé du haschisch
dans ses chaussures.
On a analysé son téléphone.
Il était en contact avec un numéro prépayé
depuis une semaine. - "Je dois te voir.
"On va régler ça."
- Le contact n'a pas répondu,
mais il a pu se rapprocher de Kilian.
- D'où sa sortie matinale. Il avait rendez-vous avec quelqu'un.
Pas moyen de remonter le numéro ? - On va essayer.
- Merci. - De rien.
- Kilian est bon élève. Il a du potentiel.
Il a un travail et s'occupe de son frère.
Pourquoi il s'est lancé dans ce trafic ?
- L'appât du gain.
- Avec les mandats de sa mère et son job,
ça devait couvrir les frais.
- Oui. Mais les extras ? Il voulait peut-être se fondre.
Si on peut se faire de l'argent dans la rue, ça doit être tentant.
- Il ne prenait pas ce chemin. Il avait tout pour réussir.
Quelque chose a dû le pousser à prendre autant de risques.
J'aimerais bien consulter le dossier de Kilian.
- Très bien. J'ai des coups de fil à passer. A tout à l'heure.
- Oui.
Sonnerie.
- Madame ? - Oui.
- Voilà le dossier de Kilian. - Merci beaucoup.
...
On dribble.
...
- On m'a dit que j'allais être placé dans un foyer.
- C'est pour quelques jours.
La police a retrouvé du haschisch dans les affaires
de ton frère. Dans ses chaussures.
C'est risqué de l'avoir caché là.
- Mais vous me voulez quoi ?
- Entre son job, le lycée... Où il trouvait le temps de dealer ?
- J'en sais rien !
- Issa, attends.
Ce n'est pas ton frère qui dealait. Je me trompe ?
J'ai la nette impression que tu t'en veux. Que tu as peur.
On peut te placer sous protection judiciaire
si tu nous aides.
- Très bien, maître. Je vous rappelle très vite. Merci.
Notification.
- Encore un rendez-vous ?
... - Non. Rien. Dites-moi.
- Djalil Barkat. 27 ans. Bien connu de la police.
Un petit caïd de cité. Il a fait 6 mois de prison
pour trafic de stupéfiants.
Depuis qu'on l'a rencontré, Issa a une attitude...
méfiante, agressive.
Comme s'il s'attendait à être accusé.
- Mais de quoi ? - Issa dealait pour Barkat.
Mais il a voulu le doubler.
Barkat l'a découvert et l'a menacé.
Issa lui devait 1 000 E. - Quel rapport avec Kilian ?
- Issa a prévenu son frère. Kilian lui a passé un savon.
Mais il lui a dit
qu'il allait s'en occuper.
- Kilian essaie de gagner du temps. Ca s'envenime
et Barkat le tue.
- Issa est persuadé que les dealers vont se venger s'il les dénonce.
Je lui ai promis
une protection. - Bien vu.
Nadia va interpeller Barkat.
- Donc, Kilian Kaboré ? - Connais pas.
- D'après votre téléphone, vous étiez en contact avec lui.
- Ce n'est pas le mien.
- Vous aviez rendez-vous avec lui pour qu'il vous rembourse.
- Ce n'était pas moi.
- Alors, un de vos associés. Le fait que vous n'ayez pas été pris
en flagrant délit ne fait pas de vous un innocent.
- Je ne commandite pas des meurtres.
- Non. Mais je pense que vous tenez à vous faire respecter.
- Pas en dégommant des minots.
- Vous avez un code d'honneur ? - Vous voulez que j'avoue un meurtre
que je n'ai pas commis ?
- Vous n'avez pas que des amis à Marseille.
On vous a vu à proximité du lieu du meurtre et à l'heure du meurtre.
Vous pensez
que je mens ?
Demandez-vous plutôt si ça vaut la peine de nous mentir à nous.
- Vous voyez Kilian
pour qu'il vous paie sa dette, mais il n'a pas la somme.
- Il était déjà cané !
- Il fallait le signaler ! - Aux flics ?
- Ca vous aurait avantagé.
Il soupire.
- Interrogez ceux qui m'ont balancé.
- Ca va être un peu léger comme argument pour votre défense.
Je vous mets en examen
avec demande
de détention provisoire. - Putain !
- Il ment. Comme tous les trafiquants de drogue.
Je vais demander aux stups de collaborer.
FEBP.
Filature, écoute, bornage, perquisition. Le réseau va tomber.
- Ca va prendre des semaines.
- Si tu as mieux, je t'écoute. - Barkat avait tout intérêt
à récupérer l'argent. Pas à se mettre un meurtre sur le dos.
- Pourquoi il n'a pas pris les 500 euros
qu'on a retrouvés sur la victime ? - Et voilà.
Vos polycopiés pour votre cours.
- Vous vous donnez du mal pour vos étudiants.
- Rigueur. Qu'on n'aille pas dire que le procureur est un fumiste.
- Vous ? Non.
- Au resto ? Mais moi aussi, j'ai eu une longue journée.
Non. Ce soir, ce n'est pas possible. Je dois écrire.
Ce n'est pas facile pour moi non plus.
OK. Allô ?
Si je fais des écarts au planning, c'est le début de la fin.
La rigueur, c'est le maître mot de la réussite.
Ca vous rappelle quelqu'un ?
- Je n'ai rien dit. - Vous l'avez pensé tellement fort.
- Oui. On se régale. Il n'y en a que pour toi.
Toi aussi !
- Tu devrais leur mettre une couverture.
Et leur chanter une berceuse
pour qu'ils s'endorment.
- C'est mon côté papa poule. On ne se refait pas.
Eux aussi vont partir.
En même temps, avec tout ce qu'Alice et Ludo ont à faire,
ils seraient peut-être mieux ici, non ?
Je plaisante.
- Tant mieux. Tu m'as presque fait peur.
- Hé. J'aurais essayé. Vous êtes témoins, non ?
Allez. A table.
- Et cette tropézienne ?
- Incroyable.
- C'est un nouveau pâtissier. - Ouf. Ca y est. Elle dort.
Babillages.
- On a décidé de te donner ça. Comme ça, tu as la collection.
- Merci. - Prends-en soin.
Dans 20 piges,
ça vaudra une blinde. - On va jouer.
- Allez-y. - Tu cours trop vite !
Reviens ! - Antoine.
Tu as pensé
à l'assurance habitation ? - C'est quoi ?
- Arrête.
- Ca fait 3 fois que tu me le dis
et 3 fois que je te dis que je l'ai fait.
- C'est un diamètre de 25 sur le tuyau ?
- Affirmatif, Barth.
- La pompe, même topo.
- Affirmatif aussi.
- Ne les stresse pas.
- Bon.
Constance, merci. Barth, ce risotto, à tomber.
Ils sont entre de bonnes mains.
Antoine, tu m'aides ?
- Papa,
le soleil, il va se lever, demain. - Mais méfie-toi quand même.
- Bon courage.
- A la prochaine. - Yes.
- Ca va être enfin calme,
ici. Plus de disputes.
Plus d'enfants partout.
- Plus de vie.
- Beaucoup de céleri.
- Je n'aime pas ça.
- Pour les lapins. - Tu es tout le temps
comme ça ? - Non.
- Ca ne monte pas vite, hein ?
- Qu'est-ce qu'on fait ?
On sert à quoi ?
- Les enfants s'en vont,
mais tu as une femme qui a besoin d'amour, d'affection, de tendresse.
- "Il y avait la vérité,
"et pour elle, il était prêt à tout
"pour la faire éclater."
"Faire... éclater."
Viens voir !
Je voudrais te lire un passage
sur lequel j'ai du mal.
- Il faut que je file au palais pour préparer ma médiation.
- OK.
A ce soir, alors.
- "Ce soir" ? Attends. Je vérifie. "Ce soir".
Non. Je dois aider Raph à finir son exposé. Demain...
Non. Réunion parents-profs.
Mardi en 8 ?
- C'est parfait. - Super.
- Hm. - Je note ?
- Oui.
- Mardi. "Boris". - Cool.
- Bonne journée, mon chéri.
- Toi aussi, ma chérie.
- C'est le grand jour ?
- "L'homme juste porte la justice en lui."
Ca vous inspire ? - C'est de vous ?
- Non. Ca pourrait. Et comment vous me trouvez ?
- Ca fait très... prof de droit.
- Mince.
Tu es venu déguisé ?
- Oh.
Le respect, ça vous dit quelque chose ?
- Ca va.
Ce n'est pas toi qui passes un examen.
Tu dois parler de ton métier.
- Parler de vous, vous savez faire. - Impertinents.
Vous allez vous trouver
avec un petit blâme.
Allez. Circulez, mauvaise troupe.
- Il est peut-être différent à la fac et au palais.
- Professeur Quiring et Mr Hyde. - Monsieur le juge. Constance.
- Bonjour. - BONJOUR.
- On a trouvé l'arme du crime
dans une bouche d'égout, près de la scène de crime.
- Formidable. Et alors ? - On n'a pas d'empreinte.
Mais l'arme appartient à Paul Garcia,
un voisin de Kilian.
- Kilian ne travaillait pas chez une certaine Mme Garcia ?
- Hm.
- C'est à cause du petit voisin qui travaille chez moi ?
On m'a dit qu'il avait eu un accident.
- Il est gentil avec vous ? - Oh oui. Très.
C'est un brave garçon. Sans lui, je serais morte de solitude.
- Vraiment ? - J'ai juste mon petit-fils
qui passe de temps en temps. C'est surtout pour se servir
dans le frigo.
- C'est votre petit-fils ?
- Oui. C'est Chris.
Mais il est grand, maintenant.
- Est-ce que vous avez une arme chez vous ?
- Oui. Le revolver de mon mari.
Il est là. Dans le premier tiroir.
- Vous permettez ? - Je vous en prie.
- Vous êtes sûre qu'il était là ? - Oui. Il n'a jamais bougé.
...
- Monsieur le juge ? - Excusez-moi.
*-Il y a un P. -V. qui correspond à ce que vous avez trouvé.
*Une plainte a été déposée juste avant le meurtre
*de Kilian. Par Eve Castain.
- La prof de maths.
- On ne sait pas
comment le voleur est entré. Il n'y a pas d'effraction.
Pour ouvrir la porte, il faut une clé.
Mme Castain a surpris le cambrioleur.
Il l'a menacée avec son arme, l'a plaquée au sol,
et ensuite, elle a fait un malaise.
- "L'individu était cagoulé. 1,75 m. Des baskets rouge et noire
"et une banane violette.
"Une chaîne autour du cou."
- Quelqu'un d'autre était là.
- "Kilian Kaboré".
- Mme Castain lui donnait un cours
à l'étage. Elle est descendue et elle a surpris l'agresseur.
Kilian lui a sauvé la vie.
- Kilian aurait reconnu le voleur ?
- En tout cas, il faut interpeler ce Chris Garcia.
- Quel cambriolage ? Qu'est-ce que j'ai à voir là-dedans,
moi ?
- Kilian a été tué avec l'arme de votre grand-père.
- Je ne savais pas qu'il y avait un flingue là-bas.
- La description de l'agresseur de Mme Castain vous désigne.
- Avec Kilian, vous vous connaissez ?
Vous avez passé votre 2de ensemble, avant d'arrêter les études.
- Ouais. Et alors ?
- Vous obtenez des informations sur la professeure de Kilian.
- N'importe quoi.
- Il voit le butin chez Mme Garcia et menace de vous dénoncer.
- Mais quel "butin" ?
- On a retrouvé vos empreintes sur les objets volés.
- Parce que...
Je ne sais pas. J'ai vu les trucs dans le frigo.
J'ai cru que c'était ma grand-mère qui débloquait.
- Vous préférez être inculpé
pour cambriolage, pour meurtre
ou pour les deux ?
- Kilian m'a demandé d'aller voler chez sa prof.
Mais je n'ai tué personne.
- Continuez.
- Au début, il m'a demandé de la thune.
Moi, j'ai refusé.
Après, il m'a parlé d'un plan. Il y avait du fric à se faire.
- Et là, vous avez accepté. - C'était "safe".
Il pouvait bloquer la porte pour la laisser ouverte,
et moi, je n'avais qu'à me servir. C'est ce qu'il m'avait dit.
- Il vous demande de partager, mais là, vous refusez.
- Non. Pourquoi j'aurais refusé ? Il s'occupe
de ma grand-mère. Non.
Il m'avait donné rendez-vous hier
à 6h30. Il était hyper stressé.
Il devait voir un gars pour payer ses dettes.
Les cloches sonnent.
Un chien aboie.
...
- Les gens vont commencer à arriver !
Il ne faut pas qu'on nous voie. - Tiens.
- Il n'y a que 500 balles !
- Ca prend du temps de tout vendre. - Tu me la fais à l'envers ?
- C'est moi qui ai fait tout le taf.
- Ramène le fric qui manque.
- Je fais ce que je peux.
- Ensuite, qu'est-ce que vous avez fait ?
- Rien. Je suis allé voir ma grand-mère.
- Un témoin âgé et malvoyant ?
J'ai peur que ça ne suffise pas.
Pour rembourser la dette de son frère,
Kilian veut voler sa prof.
Il est malin. Il se construit un alibi.
Etre sur place au moment du cambriolage
pendant que Chris Garcia fait le sale boulot.
Lui et Barkat ont un mobile. Mais on n'a aucune preuve et pas d'aveu.
- Un truc m'intrigue.
La prof était avec Kilian quand on l'a cambriolée.
- Il meurt 2 jours plus tard. Elle ne nous dit rien du braquage.
- Si elle a appris que son protégé l'a trahie...
- Je vais demander à ce qu'on la convoque demain.
Sirène de bateau. Le téléphone sonne.
...
Oui. Je sais. Je suis à la bourre.
- Yes ! Tu es chez moi. Tu paies. - Pas du tout. Je suis là.
- Tricheur ! Non. Tu es là. Boris !
Tu peux faire la banque ?
- Elle met des billets dans sa poche.
- Quoi ? Regarde dans mes poches.
- Pas la peine. - Boris !
- Je voudrais bosser.
- On était là avant. - Allez là-haut.
- Vas-y, toi.
Et au fait, bonsoir.
- Oui. Bonsoir.
- Allez. A moi.
5. 1,
2, 3, 4, 5.
Je suis encore en prison !
- OK. J'ai compris. Je vais bosser au café.
- Non. C'est nous. On va bouger. On va au ciné ?
- Ah ouais.
Ca va nous faire prendre l'air. C'est devenu irrespirable, ici.
- Je demande juste
une heure de calme. Ca va.
Il soupire.
- Bonne journée.
- Tu pars déjà ? - "Déjà" ?
Il est tard. - Grosse journée ?
- Hm. - Et ton affaire ?
- Je ne peux pas t'en parler. Et toi,
ton programme ? - Je vais tenter
de sauver ce laurier. - Il se porte bien.
- Ne te fie pas aux apparences. Viens voir. Par exemple,
cette feuille est jaunie. Ca sent la pourriture des racines.
- Carrément ?
- Oui. Il lui faut une taille chirurgicale.
Je vais commander un purin spécial et je vais demander à Ludo.
- Fais ça, alors. - Oui.
- Bonne journée.
- Bonne journée. Regarde. Sur celle-là, c'est plus probant.
- Oui. Envoie-moi les photos.
- Les photos d'une feuille ?
Elle s'en fout, en fait. Je vais te sortir de là.
- Une partie a été vendue. Vous pourrez récupérer le reste
à la fin de l'instruction.
- Pourquoi vous ne nous avez jamais parlé de ce cambriolage ?
- Je ne sais pas.
J'étais complètement anéantie par la mort de Kilian.
- Après le meurtre, je comprends. Mais ce n'est pas anodin.
- Il faut que vous compreniez.
Tout ça a réactivé quelque chose de très douloureux.
- Expliquez-nous.
- Il y a un an, on m'a agressée.
Un élève m'a menacée et frappée.
J'ai été arrêtée pendant plusieurs mois.
Je suis tombée en dépression.
Je pensais ne plus jamais pouvoir remettre les pieds au lycée.
- Et pourtant...
- Quand j'ai enfin repris,
six mois plus tard, j'ai rencontré Kilian.
Tout avait de nouveau un sens. Je me suis rappelé
pourquoi j'aimais mon métier. - Ca vous a aidée à vous relever.
- Et là, je sens que je sombre à nouveau.
C'est un cauchemar.
Elle soupire.
- Madame Castain. Il faut absolument
qu'on sache quelque chose.
Vous saviez que Kilian était mêlé à ce cambriolage ?
- Quoi ?
De quoi vous parlez ?
- Kilian avait commandité ce cambriolage,
sans prévoir comment ça allait tourner.
- Kilian ? Non. Non.
Non.
Non.
Elle halète.
...
- Vous voulez un verre d'eau ?
- Non. Ca va.
...
Je ne me sens pas bien.
- Appelez les secours.
Madame Castain.
Calmez-vous. Calmez-vous.
...
- C'est pour le cabinet Delcourt.
- Je te laisse terminer. C'est une crise d'angoisse.
Vous savez qui on peut appeler ?
- Non. Désolé.
- Son téléphone. Elle a un téléphone, dans son sac ?
- Oui.
- Elle a peut-être un numéro d'urgence.
- E. Joffret ? Utilisez ce numéro. On va devoir saisir le téléphone.
- OK. - Utilisez son empreinte.
- Je vous le ramène. - Merci.
- Les textos échangés sont clairs.
Ils ont une relation. Ils n'étaient pas tenus de nous le dire.
- Bien sûr que non.
- Je vois mal Mme Castain désarmer Kilian.
- Elle, non. Mais Etienne Joffret...
Ils sont amoureux.
Il devait savoir que Kilian avait été témoin du cambriolage.
- Et il ne nous en a rien dit.
- Suite à son agression,
Eve Castain sombre dans une dépression. Elle s'en sort
grâce à sa rencontre
avec Kilian. Elle se démène pour lui offrir un avenir.
C'est sa planche de salut.
- Mais si cette planche est pourrie, elle risque de replonger.
- Depuis son bureau,
Joffret a pu voir Chris et Kilian se parler.
- Il connaît Chris
et son profil.
- Merci, monsieur.
C'était le concierge du lycée.
Le jour du meurtre, Joffret est arrivé à 6h15.
- Alors ?
Le meurtre du lycéen,
on en est où ?
- Le proviseur est peut-être impliqué.
- Je vais avoir le ministère de l'Education sur le dos.
- Ton nouvel employeur.
- Ne m'en parle pas.
Je les soupçonne d'avoir apprécié ma bafouille
et on me demande d'intervenir tout le trimestre.
- Bonne ou mauvaise nouvelle ?
- "L'homme qui lutte pour la justice
"trouvera toujours le moyen d'accomplir son devoir."
Ca, c'est de qui ?
- Victor Hugo.
- Ouais. Bravo, bonhomme. Prenez-en de la graine, Meyer.
Ca vous va ?
- Oui, M. le professeur. Enfin, M. le procureur.
- Un café ? - Hm.
- Merci pour Victor.
- Mais je vous en prie.
Notification.
- Un problème avec le jardin ? - Avec le jardinier, surtout.
Boris rit.
- C'est ici que Chris Garcia a affirmé avoir vu Kilian
quelques minutes avant sa mort.
- Eve et moi, on était en couple depuis son agression il y a un an.
On s'est rapprochés.
- Grâce à vous, elle est revenue. - Elle m'a aidé aussi.
J'ai eu des moments difficiles. Eve a vraiment foi dans son métier.
Ca m'a donné la force de me battre.
- Pourquoi vous nous avez caché le cambriolage ?
- Avec Eve, on est discrets sur notre relation.
Ca pourrait poser des problèmes. On n'habite pas ensemble.
- Ou vous vous êtes dit que ça créerait un lien
entre vous et la victime. - Je n'y ai pas pensé.
- Vous arrivez ici aux aurores.
- Ca m'arrive, oui.
- 6h30 du matin.
Vous vous placez à la fenêtre
avec votre café, comme d'habitude.
- Vous voyez Kilian,
le protégé de votre compagne, discuter avec un autre garçon.
- Il n'y a que 500 balles.
- L'autre garçon, vous le connaissez : Chris Garcia.
Il était élève ici.
- Il correspond à la description faite par Eve Castain.
Là, vous réalisez.
- Vous m'accusez du meurtre de Kilian ?
- Vous n'aviez peut-être pas l'intention de le tuer.
Vous dirigez ce lycée. Les élèves sont sous votre protection.
Kilian est mort, mais il y a les autres.
Ceux qui n'oseront plus venir ici,
par crainte d'un autre drame.
Vous leur devez la vérité.
Ils ont le droit d'étudier en paix.
- C'était un accident.
Depuis le cambriolage, j'avais un soupçon diffus.
- Quand Kilian a récupéré l'argent
auprès de Chris, ce soupçon est devenu une certitude.
- J'ai suivi Kilian dans la ruelle. J'étais enragé.
Comment tu as pu trahir Eve ?
Tu sais ce qu'elle fait pour toi ?
Et tu envoies un voyou l'agresser ?
- Ca a mal tourné.
- Tu as failli bousiller sa vie ! - Je ne lui ai rien fait !
Bouge pas !
Laissez-moi tranquille ! - Tu vas faire quoi, là ?
Coup de feu.
...
- Je m'en voulais de ne pas avoir pu éviter l'agression d'Eve.
J'en voulais au monde entier. J'aurais dû m'avouer
que j'allais mal. J'aurais dû demander de l'aide.
- C'est tragique. Chacun n'a voulu compter que sur lui-même.
Ca a mené au drame.
- Comme un engrenage.
Notification. - C'est l'heure d'écrire ?
- Je pensais être discret. - Pas facile d'être juge et auteur.
- Et mari. Solène ne supporte plus le cumul des mandats.
Il faut que je termine mon roman avant que ça me coûte mon mariage.
- Il suffirait juste de lui montrer un peu d'attention.
- Maman.
...
- Il sentiero azzurro
delle Cinque Terre.
Depuis le temps qu'on parle de faire cette randonnée.
- Ce sont des excuses ?
- Je sais que je suis insupportable. - C'est bien d'en avoir conscience.
C'est dans deux semaines. Et ton roman ?
- J'ai deux semaines pour le finir et l'envoyer à l'éditeur.
Encore deux semaines d'enfer.
Ca va aller ?
- Je ne sais pas si je vais y arriver.
- Moi, sans toi, c'est sûr : je n'y arriverai pas.
- J'ai tout essayé.
C'est foutu.
Il est condamné, le pauvre vieux.
- Tu parles bien du laurier ? - Oui.
Tout se décompose autour de moi.
Le déménagement
qu'on a annulé, les enfants qui s'en vont.
Même le jardin part en cacahuète.
- OK. Je vois.
Qu'est-ce qu'il faut faire quand on a l'impression
que tout s'effondre ? - Boire.
- C'est une transition. Un moment pour penser à toi.
A la direction que tu veux prendre.
- Hm.
J'ai trouvé. Je sais ce qu'on va mettre
à la place du laurier.
Un bananier.
C'est beau, un bananier. C'est exotique. Résistant.
Et en plus, j'adore les bananes.
- Va pour le bananier.
- Vendu.
Je vais nous servir
un petit apéro pour fêter ça. Il siffle.
...
- (Un bananier...)
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