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Original subtitles

je ne me doutais pas de l'étrange aventure qui m'attendait.

C'était une journée... comme les autres.

Où tu vas ?

Au salon de la BD.

Tu rentres quand ? Demain. Pas trop tard, j'espère. J'aimerais bien qu'on

dîne tous ensemble.

Oui ? Oui, bonjour.

Oui, oui, tout à fait.

Allez, tiens. Merci.

Salut, papa.

Ouais, ça je veux bien. Merci.

Bonjour monsieur.

Bonjour.

Vous avez sorti un nouvel album ? Non.

Celui-ci c'est le dernier, il est paru il y a deux ans.

Vous avez arrêté ? Non.

Enfin, oui.

Je cherche une autre histoire.

Avec Agatha Hayes ? Non.

Quelque chose de plus personnel.

Ce sera quoi comme histoire ? J'ai pas encore trouvé.

Dommage.

C'est vraiment super Agatha Hayes.

Contrôle des billets, s'il vous plaît.

Monsieur ? Monsieur ?

J

'ai oublié de le composter.

Ça, il faut me le dire avant de monter dans le train.

Vous êtes trompé de train.

Ah bon, c'est pas le train pour Paris ? Non.

Je pourrais revenir en arrière.

Ça va mieux.

Pardon ? Le prochain train pour Paris, il est à quelle heure ? 17h20.

C'était la ville où j'avais passé mon enfance.

Je n'y étais pas revenu depuis une éternité.

Thomas Vernia ? Godin.

Qu'est-ce que tu fais là ? Le hasard.

Un problème de train, alors je me suis dit que... Ça fait combien de temps qu

'on s'est pas vus ? Depuis l'enterrement de ta mère, je crois.

Mais t'as pas trop changé ? Tu fais quoi dans la vie ?

Dans la vie ? Des bandes décelées. T'es une vedette, alors ? Faut pas exagérer,

non. Je me rappelle, déjà, au Bayou, tu gribouillais tout le temps.

Et moi, comme tu vois, j'ai fini par reprendre le garage de mon père.

Faut dire que j'avais bien foiré mes études.

Ça va, ton père ? Ouais, ça va, ça vient. Tu sais, les parents, à cet âge

-là... Je voudrais revoir ma maison.

Tu risques d'être déçu.

Je t'avais prévenu, c'est à l'abandon.

Après l'atelier de ton père, il y a eu un magasin de hi-fi et... je sais plus

quoi.

Tu l'as revu, ton père, finalement ? Non, jamais.

Et t'as fini par savoir ce qui s'était passé ? Il s'était tiré le soir de ton

anniversaire, c'est ça ? Non, c'était le soir de son anniversaire.

Parce que moi, il me semblait...

On allait dîner en famille.

Et il est sorti aller chercher du pain et puis...

Drôle

d'histoire, hein ? Bon.

Je te paye le coup ? Non, merci.

Je vais aller au cimetière avant de reprendre le train.

J'étais content de te revoir. Moi aussi.

À la prochaine.

Dans 20 ans.

Le quartier de mon enfance avait disparu.

Au plus lointain de ma mémoire.

Je me suis toujours demandé si c'était la maladie ou le chagrin qui avait tué

ma mère.

Elle n'avait jamais revu mon père, disparu du jour au lendemain,

sans laisser de traces.

Sous-titrage ST' 501

Qu'est-ce qu'il y a ?

Voilà.

Vous dépassez où tout ce temps ? Il y a quelque chose à me demander ?

Allez,

aide-moi.

Quelque chose ne va pas ? Tu as encore mal à la tête

? Frais comme un carton.

Tu me les as rapportés ? Quoi ? Les tranches de jambon.

Je t'ai dit de passer chez le charcutier.

Non, j'ai oublié.

Alors tu étais où ? Où j'étais ?

Tant pis, je vais vous faire de la purée au zoo.

Tu me fais un bisou ? Pourquoi ? Imagine que demain je sois plus là.

Tu pleures ? Qu'est-ce que t'as ? Un garçon à ton âge, ça pleure pas.

Viens t'asseoir à table.

Il a l'air tombeau, Tomate.

C'est juste que... Ça a l'air tellement vrai.

Comme si c'était pas un rêve. Qu'est-ce que tu racontes ? Viens t'asseoir.

C'est parti.

Maman ? L'anniversaire de papa.

C'est 40 ans, c'était bien 5 jours.

Oui, pourquoi ? On est déjà le 12.

Ah bon, déjà ? Il est pas parti.

Vraiment ? Non, rien.

Je croyais sincèrement à un rêve.

Et j'aimais beaucoup ce rêve.

J'étais revenu à mes 14 ans, mais cette fois, mon père ne nous avait pas

abandonnés.

Tiens, t'as ressorti ton vieux pyjama.

Oui, je l'ai mis.

Bonne nuit, mon amour.

Bonne nuit, maman.

Thomas, tu me racontes la fin de l'histoire ? Quelle histoire ? Celle que

t'as commencé hier.

Tu sais, avec le rhino féroce.

Euh... Non, pas ce soir.

J'ai sommé la nénine.

Allez, dodo.

Moi aussi, je suis content de te retrouver.

Mais demain matin, je vais me réveiller.

Dans mon lit.

Pas celui-ci, l'autre.

Et t'auras disparu.

Thomas.

Réveille-toi.

Thomas !

Tu m'as fait peur.

T'as oublié de mettre ton réveil ? Allez, on se dépêche, sinon tu vas être

en retard.

Pour ça, où ? Au lycée.

Je t'ai complètement perdu.

Si c'était pas un rêve... Maman ? Alors c'était quoi ? Il est où, papa ? Où tu

veux qu'il soit ? Dans son atelier.

Allez, debout.

Attendez, des sous pour la cantine. Voilà, 500 francs. Merci.

Maman, on dit cinq fois, t'es pas moderne.

Tu me donnes le mot ? Mais t'avais dit que tu voulais plus.

De quoi ? Bah, me tenir la main devant les autres.

On s'en tape des autres. On s'en tape des autres.

Allez viens, c'est pas un film pour les enfants.

Merci, à tout à l'heure.

Bernien, attends-moi.

Rousseau ? Toi, t'as pas révisé la compo ? La compo de quoi ? De l'Latin. Je te

laisserai copier.

Cool.

Barguement. Présent.

Bouillé. Présent.

Chabrot. Présent.

Godin. Présent.

Lepiné. Présent.

Ils étaient si jeunes.

Beaucoup plus jeunes que dans mon souvenir.

Même les profs étaient plus jeunes que moi.

Alors Vernia, on rêve ? Je sais pas.

Ça vous amuse ? Non, monsieur.

Debout ! Assis !

Silence ! Prenez vos cahiers de composition.

Mettez la date.

Arrêtez, chavots ! J'ai rien fait, monsieur !

Sénèque répond à ses détracteurs. 17.

A. Si quis itaque est estis,

virgule, qui philosophiam collatrant, virgule, quod

solent dixerit.

C'est pas Sylvie Dumontet ? Comme si tu ne le savais pas.

Je n'ai jamais osé lui parler.

Aucun garçon n'a jamais osé.

On va chez moi ? On y va.

Elle avait été mon premier amour.

Mais à distance.

Et en secret.

Salut Nelly.

Salut.

Salut ma mère.

Là-haut.

Ça va Thomas ? T'as été chez le coiffeur ? Non, je crois pas.

Ah bon ? T'as quelque chose de changé ? Je vous sers quelque chose à boire ? Un

chouette s'il te plaît.

Un originaux.

Elle pure son corps.

À cette heure-là ? Elle a bossé toute la nuit.

Quand je suis parti au lycée ce matin, elle a rangé les cajots.

Classe.

Tu sais que c'est un collector ça ? Un quoi ? Très rare.

Je l'ai eu pour 200 balles, je te le file si tu veux. Bah si c'est sympa.

Tu

crois

qu'on peut voyager dans le temps ? Dans les livres oui.

C'est bizarre mais... Depuis hier j'ai l'impression de revivre mes 14 ans.

Parce qu'on est moins crétins.

Comment tu peux être revu dans tes 14 ans si tu y es déjà ? Ouais.

Mais tu vois, ce serait un temps différent, un temps parallèle ou une

dimension différente.

Tu devrais écrire des livres.

Bah, c'est plutôt ça.

T'as vu l'ananas ? Ouais.

J'en ai vu d'autres.

C'est ça.

Puisseux.

On se... J'ai fait ça avec toi

? Je vais rentrer chez moi.

Déjà ? J'ai envie de voir mes parents.

Nelly a raison, t'as changé.

Et puis c'est pas la coiffure.

Non, c'est l'âge.

Papa ? C'est là que t'étais ?

Bah oui, ça m'arrive.

Qu'est-ce qu'il y a ?

Imaginez que d'un coup de sabre on ouvre un homme en deux, c'est ça Berlin.

Chaque moitié soudain s'aperçoit qu'elle a besoin de l'autre, comme si un autre

mur invisible, celui-là, avait traversé en une nuit les amours, les amitiés, les

familles. Regardez par exemple cette scène entre une mère et une fille. C'est

terrible, toutes ces familles séparées.

Mais j'oublie pas ce qu'on leur doit, Horace.

De toute façon, tu vas voir.

Le mur de Berlin va tomber et les deux Allemands seront réunis.

Demain, tu peux monter chez mémé Yvette.

Mémé Yvette ? Elle est vivante ? Enfin, je veux dire vivante, heureuse.

Mais Yvette ? Je ne m'attendais pas à te voir.

Moi non plus.

Ça fait longtemps.

On ne s'est pas vu dimanche ? Maman m'a demandé de t'apporter des médicaments.

Merci. Tu ne devrais pas être à l'école ? Non, on est jeudi aujourd'hui.

Tu vas partager mon frisbee.

D'accord.

C'est toi la mariée là ?

C'est du passé maintenant.

Et là, sur le canoë, c'est toi aussi ? Non.

Là, c'est toi.

Ça, c'est qui ? C'est tes parents, tu les reconnais pas ? Si, mais le jeune

homme à côté.

Ah, lui ? C'est de l'histoire ancienne.

Depuis la petite école, ton père avait un ami, Robert.

Un garçon d'ici.

Ils étaient assez parables.

Pendant la guerre, ils se sont engagés dans la résistance.

Ils faisaient passer des gens de l'autre côté de la montagne.

C'est là-bas, en Suisse, que Robert a rencontré sa fiancée, Anna.

Ta mère.

Celle qu'allait devenir ta mère.

Mais elle était pas fiancée avec papa ? Au début, non.

Tu le savais pas.

On n'avait jamais parlé.

Une nuit, au retour d'une mission, ils sont tombés sur une patrouille.

Ton père a réussi à s'échapper, mais Robert a été pris et puis fusillé.

Au début, ça a été difficile pour ton père.

Il se demandait toujours pourquoi lui et pas moi.

A la fin de la guerre, ton père a fait ce qu'il fallait.

Déposer la fiancée de son ami.

D'avoir perdu leur ami à tous les deux, ça les a rapprochés.

Bonne nuit, papa.

Bonne nuit.

Vernia, je suppose que vous faites des mathématiques en cours de dessin ? Ça ne

vous intéresse pas, mon petit problème d'algèbre ? À vrai dire, je sais plus

comment on fait.

Sommes en fin d'année, monsieur Vernia.

Il serait temps de vous réveiller. Montrez-moi ça.

Non, c'est personnel.

Donnez-moi ce cahier.

Tiens.

On dirait mademoiselle Dumont. Et en quoi ça vous regarde ?

Essaie de prendre ce ton impertinent, debout.

C'est vous qui faites des... des insinuations de déplacés ? Ça suffit !

Debout ! Et chez monsieur le proviseur !

Tu

vas te faire lourder, fais gaffe, mon vieux.

Qu'est-ce qui t'arrive en ce moment ?

Non,

la meule.

C'est ton père qui te l'a filée ? Non, un client nous l'a laissée en

réparation. Putain, le bol que t'as.

Oh les gars, elle nous regarde.

Avec elle, on n'a aucune chance.

On ouvrira un magasin de râteaux.

Un magasin de râteaux.

C'est lequel, Thomas Vernia ? C'est moi.

Alors, est-ce qu'il paraît, je suis le modèle d'un grand artiste ? Un grand

artiste, non, mais... Tu peux voir à quoi je ressemble ?

J'ignorais combien de temps cette deuxième enfance allait durer, mais je m

'y sentais bien.

J'aurais dû offrir un chien à mes filles.

Elles auraient adoré Gina.

Pour si elles existent, mes filles.

Mais c'est moi !

Puisque j'étais rentré ici dans mon passé, il était peut-être possible d'en

ressortir de la même manière.

C'est qui ? Une femme.

Elle n'a pas dit son nom.

Alors ? Oui.

Euh, non, attends un instant.

Ouais.

Écoute, je me l'occupe, t'inquiète pas.

Je ne savais pas ce que je cherchais.

Mais ce coup de fil avait ravivé mon inquiétude.

On part ? Je veux venir avec toi à la pêche.

Ça va t'embêter de rester là, sans bouger, sans faire de bruit ? Non.

Je serai sage, promis.

Allez, pour une fois.

S'il te plaît.

Papa, t'es heureux ?

T'aimes ton métier ?

Tu m'écoutes pas ? Si,

si, je t'écoute.

Ce métier, je l'ai pas vraiment choisi.

La guerre, c'était difficile.

J'ai repris la boutique de ton grand-oncle.

Tu connaissais la couture ? J'ai appris.

En fait, c'est pas si mal.

Retoucher les habits, ça leur fait comme une autre vie.

T'aimerais ça, toi, Inoudi ?

C'est vrai que t'es pas très bavard.

Papa, suppose que... De quoi toutes ces questions ? Tu parlais jamais avec ton

père, toi ?

Pourquoi ?

Je sais pas, j'ai pas bien connu.

Il est parti trop tôt.

Il est parti ? Non.

Si tu pouvais le revoir, tu me dirais quoi ? Je

suppose

que... Le jour du puce.

Tu fais fière les poissons, là.

Tu passes pas, là.

Non.

Tu vas y aller tous les dimanches.

Et pourquoi ?

Arrête.

Salut. Salut.

Justement, je voulais te parler.

Tu m'accompagnes ?

Sylvie

Dumontel voulait me parler.

J'étais ému comme un adolescent.

Tu veux bien me donner des leçons ? Oui, mais des leçons de quoi ? De dessin,

parce que plus tard, j'aimerais bien devenir styliste. Dans la mode ? Oui, à

Paris ou à Londres.

À Carnaby Street ? Comment tu connais ? Mon père est un peu dans la mode.

Ah bon ? Oui, un tout petit peu.

Et alors, toi aussi, tu veux être dans la mode ? Non.

Non, moi je vais travailler dans la bande dessinée.

D'ailleurs, j'aurai beaucoup de succès avec un personnage inspiré par toi.

Par moi ? Oui.

Mais je m'en apercevrai que plus tard.

Beaucoup plus tard.

Il y a trois jours, en fait.

Qu'est-ce qu'il y a ? Je sais pas.

J'ai l'impression d'être déjà venu ici.

Ben, salut.

Tu veux danser ? Allez, viens.

Moi, quand je serai grande, je serai danseuse.

Non, quand tu seras grande, tu seras institutrice.

Ça te plaira beaucoup.

Non, je serai danseuse.

C'est sûr. T'as raison. Tu seras une très belle danseuse. Maman, tu veux

danser ? Allez, viens.

Qu'est-ce que t'as appelé à danser comme ça ? C'est quoi ce random ? Allez papa,

viens danser avec maman.

Non, je sais pas danser.

Papa ! Oui ?

Qu'est-ce qu'il y a ?

Je faisais un rêve qui fait peur.

Je tombais, je tombais, tout là-haut dans le ciel.

Ça se peut d'aller sur la lune ? Ben, la preuve, t'entends la fée ? Mais pas pour

de vrai.

Ce sera pour de vrai bientôt.

Écoute, je vais te raconter un secret, mais il faut le dire à personne, hein.

Ce sera le 20 juillet 1969.

Tu me fais une farce, Thomas ? Non, même que ça passera à la télé.

Et maman nous réveillera en pleine nuit pour aller regarder le premier homme

marcher sur la lune.

Mais papa ne nous laissera jamais regarder la télé en pleine nuit.

Peut-être qu'il sera pas là.

Il sera où ? En train de marcher sur la lune.

Allez, bonne nuit.

Papa marche sur la lune.

Tu ne vas pas chez moi ? Je ne peux pas.

Tu as rendez-vous avec ta copine ? Ce n'est pas ma copine.

Ce n'est pas marrant de dire que tu es amoureux.

Salut.

Ils sont bêtes.

C'est de l'orage.

Au revoir, madame.

Merci, docteur.

Tiens, le jeune vergnase.

On avait rendez-vous ? Non, en fait, j'attends votre fille.

Comment est-ce que tu te sens maintenant mieux ? Je sais que si tu as encore mal

à la tête, il ne faut pas hésiter à consulter. Tu as compris ? Oui, docteur.

Ne fais pas attendre ton ami, Sylvie.

Merci du conseil.

Merci, papa.

Tu vois, t'as filmé ton trait comme ça.

C'est moche.

On reconnaît à peine que c'est une guitare.

On écoute le réalisme, on s'en fout.

Ce qui est con, c'est que tu trouves ton style et que t'imposes ta vision.

Je te plais pas ? Si, tu me plais beaucoup, mais... Mais quoi ? Mais t'as

15 ans.

Et alors ? Je suis trop vieille pour toi ? Non.

En fait, je suis pas vraie.

Tu me diras quand tu seras vraie.

Je me sentais étrangement coupable.

Je me laissais draguer par une ado.

qui aurait pu être ma fille, et j'allais peut-être tromper ma femme avec elle.

Ma femme avait grandi en Bretagne, à Saint-Malo, et des barskis, il ne devait

pas y en avoir 36.

Allô, j'écoute. Vous êtes madame Barsky ? La maman de Catherine ? C'est bien

moi, oui.

Excusez-moi, est-ce que je pourrais parler à votre fille, s'il vous plaît ?

Qui est à l'appareil ? Thomas.

Thomas Vernia.

Vous êtes un camarade de classe ?

Non. Vous êtes qui, alors ? Un ami.

Bon, je vais la chercher, mais je prends l'écouteur.

Allô ? Catherine ? Oui.

Et toi, t'es qui ? Je suis Thomas.

Je te connais pas.

Oui, mais un jour, on va se rencontrer.

On va être ensemble.

On va se marier.

On aura deux enfants.

Deux filles.

La réalité de l'adulte que j'étais, ou qu'il m'a semblé avoir été, s'effaçait,

comme un souvenir lointain.

On va se baigner ? Non, d'abord, tu travailles ton essor. Ouais, je l'aime.

Tu crois que tu vas décrocher ton diplôme sans travailler ? On croirait

entendre mon père.

De toute façon, j'arrive pas à travailler quand je suis amoureuse.

Et t'es amoureuse de qui ? De qui ? Je t'aime.

Et toi, tu m'aimes.

Je crois que je t'ai vraiment aimée, oui.

Tu m'aimes déjà plus.

T'exagères, ça fait une semaine qu'on se connaît, même pas.

T'es timide avec les filles, c'est ça ?

Tu

étais où ?

J'étais chez Rousseau.

Ça me fait de la peine quand tu me manques.

Philippe Rousseau a téléphoné.

Il voulait te voir.

J'étais avec une amie.

Une amie ? Une fille. Oui, j'avais compris. C'est qui cette fille ? Je vais

pas te raconter ma vie.

Et puis d'ailleurs, tu me croirais pas.

Et toi ? Qu'est-ce que t'as fait de ta journée ? Rien de spécial, de marché, de

ménage.

Pourquoi t'es pas sortie te promener ? On est pas dimanche. Et alors ? T'as le

droit de sortir maman.

T'as le droit de profiter de la vie.

Allez viens.

Je t'invite quelque part.

C'est drôle mais depuis quelques jours je te trouve différent.

Peut-être que tu grandis tout simplement.

Tu veux une autre glace à venir ? Ce serait pas raisonnable, et puis je dois

aller chercher le cadeau pour ton père.

Un cadeau ? Quel cadeau ? Une canne à pêche télescopique.

Tu crois que ça lui fera plaisir ? Oui, sûrement, mais pourquoi tu voulais

offrir un cadeau ? Mais pour son anniversaire, dimanche.

C'était pas le 5 juin, son anniversaire ? Si.

On va pas aller fêter plusieurs fois ? Tout moi, tu sais bien.

Je t'assure que je vois pas de quoi tu veux parler.

Tu ne te souviens vraiment plus ? De quoi ?

Mouline ? On l'a pas fêté l'anniversaire de papa

? Ben non.

Regarde mon cadeau.

C'est super joli.

Toi, qu'est-ce que tu vas lui offrir ? Pourquoi on l'a pas fêté son

anniversaire ?

Bah, à cause de ton accident.

Quel accident ? Tu me fais marcher.

Non. Tu me le jures ? Oui, je te le jure.

Le jour avant l'anniversaire de papa, t'avais disparu.

On savait plus où tu étais. Papa a fini par te retrouver au cimetière.

Au cimetière ? Mais qu'est-ce que je faisais là ? Tu es tombé de ton vélo

dans les pommes.

Et t'as fait très mal à la tête.

Papa t'en es chez le docteur Dumontel ? Et le docteur a dit que tu devais te

reposer. Et en plus il a dit que t'aurais pas école.

Alors avec tout ça, l'anniversaire de papa, le pauvre, il a bien le droit à

son anniversaire ? Je me demandais si dans cette villa aussi, mon père allait

nous abandonner le soir de son anniversaire.

Tu n'as rien à faire ici.

Suite, j'ai oublié d'acheter le pain.

Ben, j'y vais.

Non, Thomas va y aller.

Il y en a pour cinq minutes.

Ce soir-là, mon père était allé directement à la gare.

D'après l'enquête des gendarmes, il avait pris le train pour Paris de 20h45.

À partir de là, on a perdu sa trace.

Personne ne l'a plus jamais revue.

Je n'étais pas revenu dans mon passé par hasard.

J'étais là pour empêcher mon père de partir.

Papa ! Papa !

Je dois te parler. Pas maintenant, on m'attend.

Je peux t'accompagner ? Non.

Il faut vraiment que je te parle. Plus tard.

Tiens, merci.

T'as pas un casque ? Si.

Merci.

Tu veux vraiment pas me dire ? C'est personnel.

Un whisky, s'il te plaît.

On sert pas d'alcool aux mineurs. Je suis pas mineur.

Ah non ? Allez, quoi. Un whisky.

Personne le saura.

Ah non, t'est-ce que t'es prêt ? T'aurais peut-être dit que t'étais

prêt.

Un autre, s'il te plaît.

Ça suffit.

T'as assez bu.

Moi ? Bon, Thomas, je te trouve très mignon, mais il est temps de rentrer

chez toi. Ta maman va s'inquiéter.

Ma mère ? Non, non, non. Ma femme.

Ah bon ? T'es marié ? Je suis marié.

J'ai deux enfants.

Deux filles.

Je sais pas si elles m'aiment, mais...

Si on lui disait qu'on l'aime, on tient très fort à lui.

Peut-être qu'il resterait.

Où est-ce que tu m'emmènes ? Je sais pas encore.

Il s'est un peu saoulé, mais ça va mieux.

Allez, debout.

Tu te saoules maintenant ? T'as pas honte ? Et toi ? T'as pas honte ?

C'est la première fois.

Que tu te prends une cuite ? Non, que tu me colles une gifle.

C'est parti tout seul ? Papa, t'aimes maman

? Bien sûr.

T'as des problèmes ? Quel genre de problèmes ? D'argent, de

santé ou... Y a quelqu'un d'autre ? Quelqu'un d'autre ?

Une femme ? Qu'est-ce que tu racontes ? Tu vas nous quitter ? Dis-moi,

t'as bu combien de bouteilles ?

Debout,

c'est l'heure !

Tu es malade

? Non, j'ai juste mal à la tête.

Tu veux que j'appelle le docteur ? Mais non, c'est bon, c'est juste la gueule de

bois.

Maman ? Il est où papa ? Tu me poses la même question dix fois par jour.

Il est où ? J'en sais rien, chez un client je crois.

C'est Thomas.

Je voulais vous poser une question.

Vous et... et mon père...

Ah non, c'est pas ça.

Ton père est un ami.

Je connais ton père depuis que je suis...

Je nais ici à la montagne pour me soigner.

Au sanatorium, tu sais.

Et il habitait la ferme à côté.

Il nous apportait le lait.

C'est incroyable ce que tu fais ensemble.

Je dirais à ton père de ne plus venir.

Je compte pas rester ici très longtemps.

Non.

Non, il faut qu'il vienne.

Viens ici, toi.

Le lycée a téléphoné. Il paraît que tu sèches les cours depuis deux jours.

Qu'est-ce qui t'arrive en ce moment ? Je sais pas.

Moi, je sais.

Quelque chose d'extraordinaire, c'est normal à ton âge.

Mais tu pourrais attendre les grandes vacances pour fréquenter cette jeune

fille.

Oui, maman.

Dès demain, tu retournes au lycée. Tu me promets ? Je te promets.

Tu es très belle, maman.

La balle s'élève dans la bonne direction.

L'or est sur la gauche des poteaux. On ne peut pas lui en vouloir.

La transformation était difficile.

Et le score est maintenant de 3 à 0.

Le coup de renvoi va être fait par Price, qui va donner ce coup de renvoi

en coup de pied tombé. Voilà qui est fait. La balle tarde à sortir. Si elle

sort pour les Français, caméra verrou à son frère, qui lance Dourde, Lux.

Lux a pris une passe un peu n'importe comment. Heureusement qu'Arnaudet était

derrière. Lux a pris une passe trop haute à Dourde, qu'il croyait plus loin.

Et c'est Arnaudet qui a pu se saisir de cette balle et trouver une touche à 25

mètres de la ligne de but française, côté tribune d'honneur.

Touche jouée par Bebba.

Touche jouée par Ben, avantage de Sesterre, Sesterre qui donne à Doga,

Doga au caméra Véro Brothers, et il dit, oh un contre-pied tout le monde, et il

va sans doute trouver une touche, non, il tourne frais, il se tira de cette

balle.

T'as peur ? Ouais, un peu.

Tu feras attention.

Tu sais ce que ça veut dire ? Je peux pas, excuse-moi.

Tu m'aimes pas.

Mais c'est pas ça.

Alors quoi ? Tu pourrais pas comprendre.

Arrête de me traiter comme une gamine.

Ecoute... En ce moment, il y a quelque chose de plus important. De plus

important ? De plus important, oui.

Reste quelque chose pour empêcher mon père de foutre ma vie en l'air.

Alors nous deux, ça peut attendre un peu, non ?

Tu

vas rame-dire ? Il n'est plus copain ?

Mais si, bien sûr que si.

On se parle plus comme avant.

Avant ? On a bu pour elle.

Mais non, arrête.

Elle t'a larguée ? Oui.

Non, enfin, si tu veux.

Mais qu'est-ce qui t'arrive alors ? Rien, enfin...

Je crois que quelque chose va m'arriver.

Quelque chose de grave ? Mon père va partir.

En voyage ? Non.

Il ne peut plus jamais revenir.

Je sais que tu dors pas, mais je sais que tu l'as rencontrée.

Elle est morte.

Tu sais ce qu'elle m'a dit avant de mourir ? J'ai

survécu.

Mais j'ai pas vécu.

Maintenant, c'est trop tard.

34, 35, 36, 37, 38, 39, 40... Tu n'as rien à faire ici.

Zut, j'ai oublié d'acheter le pain.

Ben j'y vais.

Non, Thomas va y aller.

Il y en a pour cinq minutes.

Joyeux anniversaire ! Joyeux anniversaire !

Il est où votre fils ?

Thomas, où vas-tu ?

Papa ? Qu'est-ce que tu fais là ? Toi.

On t'attend à la maison.

Comment tu savais que j'étais là ? Je t'embarque à Paris.

Comment tu sais ça ?

Dis à ta mère que... Quoi ? J'ai laissé l'argent dans l'armoire en haut. Elle

saura où.

Mais maman va pas s'en remettre.

Après ton départ, ça a été très dur pour elle.

Elle va essayer de reprendre la boutique, mais ça va pas marcher.

Alors elle va devoir trouver des petits boulots pour nous nourrir.

Elle a jamais cessé de t'attendre.

Maman est si jeune.

Qu'est-ce que tu racontes là ? On va pas s'en sortir.

Tu peux pas faire ça.

J'ai toujours fait ce qu'il fallait faire.

J'ai jamais rien choisi dans ma vie.

Nous, c'est pas ta vie.

Il faut que j'essaye avant qu'il soit trop tard pour moi aussi.

Peut-être que tu me comprendras quand t'auras mon âge.

Tu t'en vas comme ça, sans rien dire ? Tu te rends compte ?

Et

ton père, il est où, le soir de son anniversaire ? Je t'avais cru.

La guerre, elle est partie.

Partie.

J'ai essayé de l'en empêcher, mais...

J'ai toujours su que ça allait

arriver un jour ou l'autre.

Ne t'inquiète pas, il va revenir.

Les hommes, ils ont parfois besoin de... Maman.

Il reviendra pas.

Je te le dis, crois-moi.

Qu'est-ce que tu en sais ? Écoute, cette fois-ci, faut pas te laisser abattre.

Faut que tu penses à ta vie.

T'es jeune.

Promets-moi de pas l'attendre.

Promets-moi de pas l'attendre.

Contrôle des billets ? Monsieur ? Monsieur ?

Ah,

vous êtes trompé.

Ah bon, c'est pas TGV pour Paris ? Si, mais c'est pas le bon wagon.

C'est pas grave, y'a pas beaucoup de monde.

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