All language subtitles for La Stagiaire.S08E03

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Original subtitles

-Oui, ça, c'est bien.

Tu prends du lait de brebis ? -Céleste le digère mieux.

Tu as de quoi noter ? -Attends, c'est ton père.

Je te reprends. Oui, Barth ?

-Tu sais où est Antoine ? -Non, je l'ai pas vu au palais.

Pourquoi ? -On va créer une assoc'

pour le square, c'est bien pour se faire entendre.

-Attends, c'est lui. Oui, Antoine, ton père essaie de te joindre.

C'est pour le square. -Il a des nouvelles ?

-Je croyais que c'était ton frère. -Attends, maman, la marque,

c'est Babiolac, 1er âge. Tu as noté ?

-Monsieur le juge, vous avez un stylo ?

Ah, c'est encore ton père, je te reprends. Oui, Barth ?

-Tu m'as raccroché au nez.

-Non, mais je voulais répondre à Antoine. C'est lui.

Antoine ? -Oui, maman, j'ai eu des textos

de papa, mais il répond pas. -Je lui dis de t'appeler.

-OK et dimanche, vous pouvez prendre Tony ?

-Oui, on en reparle plus tard. -Yes ! Merci.

-Barth, tu peux rappeler Antoine. -Tu t'es encore trompée de touche.

J'ai envoyé la marque. A ce soir ! -A ce soir !

-Oui, Constance ? Tu as eu Antoine ?

-Oui, il attend ton appel. Ciao ! -Une histoire de fou.

-C'est ce qu'on appelle une conversation groupée.

-Vivement la fin de la journée ! -Nadia nous attend

sur une scène de crime. -Bon ! On y va ?

...

-Monsieur le juge. Constance. -Capitaine.

-La voisine a prévenu les secours vers 18h30.

Alors...

Léo Varin, 24 ans.

Il vivait avec sa grand-mère, Elise.

Il serait mort vers 18h.

-C'est tout récent. -Il y a pas eu d'effraction.

Il venait de rentrer. -Il aurait été suivi ?

-Ou il connaissait le meurtrier.

-L'arrière de sa tête a heurté violemment la commode.

Il est mort sur le coup.

-Sa grand-mère est où ? -Au salon. Mais c'est délicat,

elle est Alzheimer.

La voisine s'est inquiétée de la voir dans le jardin

car normalement, elle sort accompagnée.

-Donc elle était là au moment du meurtre

et elle a tout oublié. -Même la mort

de son petit-fils, il a fallu lui répéter.

-A chaque fois, c'est un nouveau choc, donc il vaut mieux éviter.

-Mme Varin a élevé son petit-fils Léo.

Sa mère est morte quand il était enfant.

Un cancer, je crois. L'an dernier, il est revenu s'occuper d'elle

quand son état s'est aggravé.

Il voulait qu'elle reste dans sa maison avec ses habitudes,

ses... -Il travaillait ?

-Oui. -Il était gardien

au musée "Regards de Provence". On a retrouvé

un badge sur lui. -Il avait des problèmes ?

Il était préoccupé ?

-Je l'ignore. Je le croisais juste

quand ils se promenaient. Il était si patient avec elle. C'est...

-Et dans le jardin, elle a réagi ? -Non, elle voulait ouvrir

son magasin. Avant, elle tenait une droguerie.

-Il lui avait

fait un arbre généalogique pour l'aider.

-Violette, c'est toi ? -C'est une de ses cousines.

-Elle est morte en 2019 ?

Elle est bien perdue.

-Violette,

tu ne me reconnais pas ?

-Allez-y !

-Merci d'être venue.

C'est affreux ce qui est arrivé. Tu as coupé tes cheveux.

-Oui.

J'ai voulu changer.

-Ca te va bien.

-Tu connais ces gens ?

-Oui.

Ils sont avec moi.

Tu as vu Léo quand il est rentré ?

Prends ton temps.

-Il était en colère.

-Pour quelle raison ?

-Son téléphone était par terre.

-Il a dû le lâcher en tombant.

Quelqu'un a poussé votre petit-fils ?

Vous l'avez vu ? -Non, je sais pas.

Vous êtes qui ? Que voulez-vous ?

Laissez-moi tranquille ! Partez !

-Calme-toi !

-Tout va bien, Mme Varin.

Je crois que...

-Toi aussi.

Laisse-moi, je suis fatiguée. -Comme tu voudras.

-Dans un moment de confusion, elle aurait pu pousser son petit-fils ?

-Elle est bien plus petite. Il se serait défendu.

-Sans doute. Vous avez récupéré le portable de la victime ?

-Non. Le meurtrier a dû repartir avec.

-Ca va ?

-On ne peut pas la laisser seule ici.

-J'appelle les services sociaux.

-La maison est dans un sale état.

-Léo cherchait

à stimuler la mémoire

de sa grand-mère. Regardez !

-"Salle d'exposition, bureau, réserve."

-C'est les plans du musée où il travaille ?

-On dirait bien.

Il a fait des croix aux emplacements des caméras.

Le code d'accès change le lundi. -Il voulait voler des tableaux ?

-Vérifiez s'il a des antécédents. -Léo, tu es dans ta chambre ?

-Et les services sociaux ? -Ils n'ont plus de place.

On l'emmène aux urgences.

-Mais elle ne peut pas rester à l'hôpital.

-Avec son arbre généalogique, on trouvera sa famille, à part vous.

-Ca me va très bien, Violette. -Oui, c'est vrai, ça vous va.

Bébé.

-Tiens, ma chérie !

-Oh non, maman !

Je t'avais demandé le grand modèle. -J'ai pris ce qui restait.

-Tu peux lui faire son biberon ? -Je lui donne si tu veux.

-Non, j'ai un cours en ligne, je lui donnerai en même temps.

-Fais une pause.

-Non, j'ai mes partiels et mon concours

dans 3 mois. -Justement.

-T'inquiète, je gère.

Babillages. -Ta mère, elle gère.

Tu trouves pas qu'Alice a mauvaise mine ?

-Elle met le paquet avant les exams.

-Oui, mais en plus des révisions, elle a Céleste. Ca fait beaucoup.

-C'est fini, les vacances.

-Au fait, tu as eu Antoine pour ton projet d'assoc' ?

-Oui, il m'a donné plein d'infos. Je rédige des statuts.

On va sauver

notre square.

-Pour une affaire, la grand-mère d'une victime a Alzheimer.

Elle doit être prise en charge.

Tu peux voir avec la mairie ? -C'est compliqué avec la mairie.

-Elle n'a plus de famille.

-J'ai un pote aux services sociaux. Je lui en parle.

On se voit au dîner ?

-Maman, tu penses au biberon ? -Oui.

-Et tu prépares un truc sympa ? -On verra.

-Salut, monsieur le juge ! -Salut !

-Ca va ?

-Oui.

-Le petit Zéphyr fait ses nuits ?

-Ta peluche ? Non, je sais pas. Je sais même pas où elle est.

-Ca va pas, toi. C'est encore cette histoire de bébé ?

Vous vous prenez la tête ? -On n'en parle pas,

mais c'est là. -Tu sais quoi ?

Il faut casser la routine. Il faut voir du monde.

-Tu pourrais t'occuper de Raphaël ce soir ?

-Alors là, je suis ton homme.

Et je te suggère un love hôtel qui a ouvert sur le Vieux Port.

Suite 7e ciel, lit en suspension, les sensations sont superbes.

-Je pensais plutôt à une soirée romantique

au bord de la mer.

-Oui, chacun son délire. Je m'occupe de Raphaël.

-Tu dis rien à Solène. -Tu me connais.

-C'est pour ça. -Léo Varin travaillait

dans l'événementiel. Il a démissionné il y a un mois

pour devenir gardien de musée. On frappe.

Bonjour, Nadia. J'ai trouvé des devis pour refaire la toiture

de la maison de sa grand-mère.

Tout est à refaire et c'est cher. -Le vol d'un tableau aurait aidé.

-Il n'a pas de casier judiciaire et on n'a pas retrouvé d'argent

et le musée n'a pas porté plainte. -Vous avez interrogé l'entourage ?

-Je voulais d'abord vous montrer une vidéo que la PTS a trouvée

sur son ordinateur.

-C'est au musée ? -Oui.

On sait que c'est une vidéo faite

avec son téléphone portable à 6h du matin.

Vu la tenue du type et l'horaire, c'est un employé du musée.

-Là, il fait pas que la poussière. -Il a carrément remplacé

la toile

par une copie.

-Donc Léo Varin fait cette vidéo

et 10 jours après, il est tué ? -Et son téléphone disparaît.

L'homme de ménage aurait récupéré les images compromettantes.

-Vous êtes déjà allée à ce musée ? -Non.

-Alors c'est l'occasion.

-J'ai vu M. Varin pour la dernière fois

ici, hier midi. Nos gardiens tournent entre les salles.

-Comment ça se passait ? -Bien. On est un petit musée.

Tout le monde s'apprécie.

-Léo Varin a filmé ça il y a une dizaine de jours.

-La salle des peintures du 19e siècle.

-Vous connaissez cet homme ?

-C'est Christophe Nodier,

le responsable de l'entretien.

J'ai jamais rien eu à lui reprocher.

-Nous souhaitons lui parler.

-Perdon. Lançon vous réclame. Il y a un problème avec l'accrochage.

-Un problème ? -Sur la disposition de ses oeuvres.

-Dites-lui de patienter et envoyez-moi M. Nodier

dans la salle du 19e. Je veux voir le tableau.

Venez avec moi. -Oui.

-Si c'est une copie, elle est très bien faite.

-On va faire appel à notre expert judiciaire.

-Vous avez des caméras de vidéosurveillance dans les salles ?

-Non, juste aux accès extérieurs

et dans des couloirs. C'est un budget.

Il y a nos gardiens. Perdon. Vibreur.

-Oui, Muriel ?

Très bien. Merci.

Christophe Nodier n'est plus là. Il est parti il y a 10mn.

-Juste après notre arrivée. Il finit à quelle heure ?

-13h. -Il nous faut ses coordonnées.

La police verra les vidéos et interrogera les employés.

-Je vous cherchais. Il faut repenser l'accrochage.

-J'arrive, Stanislas. L'expo va ouvrir.

Muriel, il me faut les coordonnées

de M. Nodier. -Oui.

-Excusez-moi. -Il faut voir la chronologie.

C'est trop linéaire. -On va voir ça ensemble.

-Vous croyez qu'il y a d'autres copies dans le musée ?

-Ludo ! -Ha, madame la médiatrice !

Ca roule ? -Oui. Je suis entre 2 audiences.

Tu peux garder Raphaël ce soir ? -Tu as prévu quelque chose ?

-Oui... Enfin, avec Boris,

ça nous ferait du bien de sortir.

-Hé oui. -Il t'a parlé ?

-Non,

mais je me doute par rapport au bébé,

au projet. Je vais garder le petit, c'est bien.

-OK, super et dis rien

à Boris, hein ? -Il faut arrêter avec ça.

Je dis rien. J'ai du taf. Salut !

-Allô ? Bonjour, je voudrais réserver une table pour ce soir.

-Au revoir, merci. Nodier a été interpellé en bas de chez lui.

Il avait un sac et 3 000 euros. -Le produit du trafic de tableaux ?

-Je me suis renseignée sur lui. Il fait plus qu'échanger des toiles.

-C'est-à-dire ? -Regardez !

-Quelqu'un m'a demandé de remplacer la toile par une copie.

-C'est qui,

ce quelqu'un ? -Je ne le connaissais pas.

Il est venu me voir un soir.

Il avait un accent étranger de l'Est.

Il m'a proposé de l'argent, moitié avant, moitié après.

-Et vous n'avez aucun moyen de le contacter ?

-Vous oubliez de dire que cette copie,

c'est vous qui l'avez faite. Vous avez fait les Beaux-Arts

et vos professeurs vous décrivaient comme un technicien hors pair

capable

de reproduire n'importe quelle oeuvre,

mais sans personnalité. Vous avez donc voulu rentabiliser

votre talent en réalisant des contrefaçons. Et au musée, c'était

facile, les échanges. Ni vu, ni connu.

-Mais Léo Varin a découvert vos magouilles.

-Je n'y suis pour rien dans sa mort.

Hier, j'étais à mon atelier. -Ah, donc vous avez un atelier ?

-Léo Varin allait révéler votre business. Vous risquiez

un licenciement, une amende. -Non, vous vous trompez.

Il y a 10 jours, Varin m'a suivi dans les réserves.

Putain !

Tu me surveilles ?

-Tu as pris des photos du tableau. Tu bosses à partir de ça ?

-Tu veux quoi ?

Du fric ?

-Ca ne m'intéresse pas.

Tu vas me faire une copie de cet autoportrait.

-Un Lançon ? Mais c'est pas mon truc, le contemporain.

Et l'expo, c'est bientôt.

La directrice est pointue sur lui. -Ca l'intéressera de savoir

comment tu fais le ménage dans son musée.

-Je lui ai donné la copie vendredi dans les vestiaires.

-Donc 5 jours avant le meurtre. -Il l'a échangé avec l'original ?

-Sûrement. Il m'a demandé le code des réserves.

-Pour le meurtre, on va vérifier votre alibi.

Quant à vos délits artistiques...

-J'ai fait 4-5 copies. Ce n'était pas

des Renoir.

-Vous verrez ça avec l'Office central de lutte

contre le trafic de biens culturels.

Constance. -Oui ?

Sonnerie. -Excusez-moi ! Oui, Barth ?

C'est vrai ?

C'est super.

Non mais je prends.

Oui, je m'en occupe. Oui, merci.

Tu es un amour. Oui, je t'embrasse. A ce soir !

-Encore une urgence domestique ? -Une urgence tout court.

Il y a une place pour Elise Varin dans un établissement adapté,

mais il faut y aller.

-Vous voulez le faire vous-même ? -Elle pourrait peut-être me parler.

-Bon, allez-y, Violette !

-Pourquoi je peux pas rester ici ?

Léo va rentrer. -Mais il est en déplacement

pour son travail. -Ah oui, c'est vrai.

-Et tu vas être bien à la résidence Bellevue.

Il y a plein d'activités.

-Mais comment je fais pour le magasin

et les clients ?

-Mais c'est fermé

aujourd'hui. -On est déjà lundi ?

Le temps passe vite.

C'est Léo qui l'a fait.

Ma mémoire me joue des tours. Parfois, j'oublie les noms.

Il était gentil avec moi, toujours prévenant.

J'ai pas su le rendre heureux.

-Tu parles de Léo ? -Non, d'Edouard.

-Ah !

-L'amour,

ça se commande pas.

Tout le monde n'a pas ta chance.

Comment va...

Ton mari ?

-Très bien. Il t'embrasse.

Ah non, non, non.

Tu sais bien qu'on part.

-On va où déjà ?

-Le musée "Regards de Provence" ? Ah, mais oui, oui.

On y a été avec Milena le mois dernier.

C'était une conférence sur les pionniers

de l'abstraction. C'était abstrait. -Bonjour, monsieur le procureur.

-Bonjour. -Alors ?

-Elle s'est sentie bien là-bas.

-Vous avez des problèmes ? -La grand-mère de notre victime

est Alzheimer et prend Constance pour sa cousine.

-OK. Ca vous manquait, le rôle d'assistante sociale.

-Elle vous a parlé ? -De son mari, c'était pas

la passion, mais elle a oublié la mort de Léo.

-Oh !

-Bonjour. -BONJOUR.

-Catherine nous invite à voir l'éclipse

de lune ce soir sur son voilier. -Oh ! Mais tu veux dire en mer ?

-Oui, c'est fabuleux.

-Oui, mais là, chérie, désolé...

Non, ça va pas être possible.

-Mais pourquoi ? -Je... Je me suis fait mal au dos

et une virée

sur un voilier, c'est pas recommandé

avec le tangage,

le roulis...

Les secousses... -Comment c'est arrivé ?

-Bêtement. Un faux mouvement

à mon bureau.

Non mais... Je vous laisse.

Non mais c'est rien de grave. Je dois juste

faire attention.

-C'est très soudain, ce mal au dos. -Foudroyant.

-Nodier a passé l'après-midi

et la soirée dans son atelier.

-Il y est resté sans bouger ? -Oui. Un voisin est passé à 18h

pour lui demander de baisser

sa musique. Ils se sont disputés et Picasso a travaillé jusqu'à 23h.

-Donc c'est un faussaire, mais c'est pas un meurtrier.

-Léo Varin se fait

embaucher au musée pour voler l'autoportrait de Lançon.

Il le remplace par une copie.

-Qu'a-t-il fait de l'original ? Il l'a revendu ?

-Il y aurait des receleurs et une clientèle pas très exigeante,

donc je vais regarder de plus près les fadettes de Varin.

-Un commanditaire récupère la toile et refuse de le payer.

-Je vois pas Léo Varin

en intermédiaire.

D'après son historique Internet, il s'est renseigné sur Lançon,

ses débuts en France, sa carrière aux Etats-Unis.

-Oui, il ne ferait pas ça pour vendre le tableau.

-Mais une personne a beaucoup à perdre dans cette histoire,

c'est Victoire Romand.

Elle s'est battue pour que Lançon lui donne

sa collection personnelle, alors une copie, ça fait désordre.

...

-Qu'est-ce que ça veut dire ?

-Ce n'est pas votre autoportrait ?

-Bien sûr que c'est une copie. Regardez la signature.

Je comprends mieux pourquoi vous l'avez enlevé de l'exposition,

vous saviez. -Vous pouvez en dire plus ?

-Hier, Mme Romand m'a expliqué qu'elle trouvait plus pertinent

de choisir un autre autoportrait de moi. Où est ma toile ?

-Je l'ignore. Je suis désolée.

-Gardez vos excuses. Il faut la retrouver.

-Le faussaire a été arrêté, un homme d'entretien du musée

qui a fait la copie pour Léo Varin, le gardien qui a été tué.

-Des trafiquants opèrent sous votre nez, vous voyez rien ?

-M. Lançon, d'après notre enquête, Léo Varin s'intéressait

à votre carrière.

A-t-il cherché à vous parler ? -Non.

Son visage ne me dit rien.

J'étais si heureux que ma collection soit exposée ici,

en France, dans ma ville natale. Quel gâchis !

J'appelle mon agent. -Stanislas ! Parlons tous les 2 !

-Vous n'avez plus besoin de moi ?

Très bien.

-Donc vous saviez que c'était une copie.

Vous nous cachez d'autres choses ?

-Mme Romand, je vais demander votre placement en garde à vue.

-Ca a l'air d'aller mieux,

ton dos. -Mon dos ? Ah oui.

J'ai un peu improvisé

avec Milena. -Tu voulais pas faire du voilier ?

-On sort tout le temps.

Les dîners, les conférences, les concerts.

Et Milena adore

le grand air, alors dimanche, elle m'a traîné à Sormiou.

On a crapahuté

dans les calanques. J'ai besoin d'une pause.

-Dis-le lui franchement au lieu d'inventer des excuses foireuses.

-Je veux pas la décevoir. -Après, ce sera un torticolis,

une migraine, une rage de dents ? -C'est juste pour ce soir.

Je ne la prive de rien. Cette éclipse, on la verra tous les deux.

Elle, elle la verra sur le bateau et moi, depuis le canapé.

-Je passais en revue les tableaux de Lançon dans les réserves

et j'ai vu que l'autoportrait était une copie.

-C'était quand ?

-Je ne sais plus. -C'était hier,

le jour du meurtre.

L'unité centrale du musée a été passée

au crible. A 17h31, vous visionnez les enregistrements

des vidéosurveillances.

-Surtout ceux du couloir des réserves

où l'on voit 5 jours avant Léo Varin rentrer pour remplacer

l'autoportrait de Lançon. -Léo Varin est déjà parti.

Alors vous annulez votre réunion de 18h et vous quittez le musée.

-J'ai été chercher ma fille au collège.

-Oui, mais c'était 1h plus tard.

Ca vous a laissé le temps de passer par chez lui.

Si Lançon découvrait cet échange,

il remettrait en cause sa donation.

-Votre musée allait enfin être reconnu après tous vos efforts,

tous ces voyages aux Etats-Unis

pour gagner sa confiance. Il fallait récupérer

cette toile tout de suite.

-Que s'est-il passé ? Vous le suivez, vous allez chez lui.

-Je l'ai pas vu.

Devant la maison, il y avait

un camion de pompiers.

Je savais pas que c'était pour lui. J'ai attendu et je suis partie.

Je me suis dit

que je lui parlerai le lendemain.

Je l'ai pas tué.

-La directrice était sur les lieux

du crime et elle avait un mobile.

-Si elle a tué Léo, elle aurait dû remettre l'original à sa place.

-Elle n'a pas pu avec la présence de Lançon.

Attendons la fin de la perquisition

pour y voir plus clair.

-C'est étrange que Léo Varin ait voulu ce tableau.

C'est une oeuvre de jeunesse et c'est pas la plus connue.

-J'y vais. J'emmène Solène dîner là où on a eu notre 1er rendez-vous.

-Retour aux sources.

-Oui, on doit retrouver de la légèreté. Bonne soirée !

-Bonne soirée !

-Oui, c'est très clair. Ca veut dire que c'est le bureau qui...

Enfin, pour l'élection de l'AG.

C'est Antoine.

-Tu l'embrasses. -Oui, oui, bien sûr.

Non mais...

Fallait du vocabulaire. -Ca va, ma chérie ?

Pleurs.

-Oh ! Maman, tu peux y aller ?

-Bien sûr. -Merci.

-C'était ma mère.

-En plus c'est plus démocratique. Constance, tu nous commandes

des sushis ?

-Tu vas les commander tout seul car j'ai une urgence, Céleste.

-Oui.

-Ca va, ma chérie, ta journée ? Tu veux un cocktail ? Je t'ai fait

couler un bain et j'ai fait tout le repassage.

-C'était parfait et l'éclipse au dessert, c'était magique.

-On l'a pas vue au 1er rendez-vous. -Tu as été plus rapide que moi.

-Plus rapide ? -Tu as réservé juste avant moi.

-Dans le même restaurant ? -Hum.

-C'est incroyable, ça.

On est vraiment synchros, nous.

Qu'est-ce qu'il y a ?

-Je vais être sincère avec toi.

Je me vois pas enceinte, pas maintenant.

Je veux un bébé, mais je veux aussi que ce nouveau job marche

et là, c'est le début et je veux être à 100%.

Tu comprends ?

-On attendra le temps qu'il faudra.

-On a la maison pour nous. Ce serait dommage de pas en profiter.

-On a passé la soirée au jardin

à regarder l'éclipse. C'était beau, cette lune rouge.

-Moi, j'ai zappé. Le site de livraison de sushis a buggé,

donc ils sont jamais arrivés. J'ai fait des pâtes trop cuites à 23h.

Tout le monde râlait.

-Bonjour, mesdames. -BONJOUR.

-Il n'y a pas d'autoportrait

chez la directrice. -Moi, j'ai compris

pourquoi Léo Varin voulait ce tableau. Ca a un lien

avec sa grand-mère. Regardez

sur la cheminée !

-Quoi, le vase ? -C'est le même

que chez Elise Varin.

Sur la cheminée.

-Lançon a peint son autoportrait dans cette maison ?

-Il est parti aux Etats-Unis en 1971.

Le tableau a été peint l'été 70. Il était à Marseille.

-Donc lui et la grand-mère se connaissaient ?

-Peut-être même plus. Ils avaient le même âge. Demandons à Elise.

-La peinture ravivera sa mémoire ? -On peut essayer.

Alors...

La résidence Bellevue ? Bonjour, je suis Constance Meyer.

J'ai accompagné Mme Varin. A quelle heure on peut venir la voir ?

Quoi ?

Elle a disparu.

Vous me tenez au courant, d'accord ?

Merci. Ils pensent qu'elle a fugué.

-Diffusons son signalement. -C'est fait.

Allons-y ! -Où ça ?

-Chez elle.

-Elle va retrouver le chemin de sa maison ?

-Des fois, les Alzheimer se rappellent où ils habitent.

Elise !

Elise, c'est moi, c'est Violette !

-On va faire le tour. -Oui.

-Mme Varin ?

Mme Varin !

-Vous êtes qui, vous ? -Le juge Delcourt.

-Partez, je suis chez moi ! -Je suis un ami de votre cousine,

Constance...

Euh, de Violette.

Violette !

-Je suis là. Elise, c'est moi, c'est Violette.

Comment vas-tu ? -Ca va, pourquoi ?

Tu as changé quelque chose.

-Oui, j'ai coupé mes cheveux. Allez, on va se mettre au chaud.

Elise !

Tiens !

Tu reconnais ce tableau ? -Hum. C'est mon amoureux.

-Ton amoureux ? -Oui, Stanislas. Je t'ai parlé

de lui. Il venait à la droguerie

pour acheter des pinceaux.

-Et c'est ici qu'il a peint ce tableau. On reconnaît le vase

et la cheminée.

-Qu'est-ce qu'on a ri tous les deux !

Il bougeait sans cesse. J'ai eu du mal à finir.

-A finir ? Tu veux dire que c'est toi qui as peint

ce portrait ? -Je me suis bien débrouillée, non ?

-C'est très joli. Je m'en souvenais pas.

-Mais si, je t'ai

montré les photos.

Papa trouve que je suis trop jeune pour lui,

que barbouilleur, c'est pas un métier.

Moi, je l'aime tellement, Stanislas.

Il m'a promis de m'écrire.

-Si c'est elle qui a peint le tableau, ça change tout.

Mais comment en être sûr ?

-Elise.

Tu te souviens où tu as rangé les photos ?

...

-C'est bizarre.

-Tu as pu les ranger ailleurs.

-On va faire sans elle.

-La maison est grande.

Je vous remercie. Au revoir ! -J'ai rien trouvé.

-La résidence Bellevue, ils la récupèrent dans 10mn.

-Elle vient de s'assoupir. Elle commence à m'accepter.

-Les gens atteints d'Alzheimer

rangent leurs affaires dans des endroits inattendus.

Ha !

Je crois que j'ai trouvé.

-Ha oui !

-Alors qu'y a-t-il là-dedans ?

C'est ça, hein ? -Oui.

-Alors l'autoportrait de Lançon est en fait un portrait.

-Il a montré la toile à un galeriste parisien.

C'est le début de son style en clair-obscur.

-Il n'a pas dit qu'il n'en était pas l'auteur.

-Léo a dû voir les photos et en parler avec Elise.

-Et il a voulu rendre

à sa grand-mère son bien. Lançon est un imposteur

et Léo Varin le savait.

Mais on n'a pas de lien entre eux,

à part le musée.

Lançon a dit que son visage ne lui disait rien. Il aurait menti ?

-Et s'ils s'étaient vus avant que Léo soit embauché ?

Léo Varin n'est pas

un délinquant. A sa place,

j'aurais été voir le peintre pour plaider la cause de ma grand-mère.

Voler la toile,

c'est un plan B.

-OK. Demandez à Nadia de voir tous les mails de la victime.

-Une canne maintenant ? Tu ne pousses pas un peu ?

-Non, je me suis blessé.

C'est à cause de cette fichue éclipse.

-Tu as rejoint Milena ? -Non. J'ai voulu récupérer

ma lunette astronomique en haut de l'armoire et je suis tombé.

Résultat entorse du genou. -C'est l'inconscient.

Tu supportais pas de lui mentir. -Tu parles comme Meyer.

Signal. -Tiens, regarde !

-Elle est encore là-bas ? -Oui, ils en profitent.

Elle a même nagé avec des dauphins. Je suis usé.

Je vais aller à sa rencontre.

Non, c'est clair, c'est... C'est aussi bien d'en rester là.

-Comment ça ?

-Elle est pas revenue

à Marseille pour jouer les garde-malades. Ah ! Tu vois ?

Si la vieillesse est un naufrage,

là, je viens de percuter l'iceberg. -Pas question de garde-malade.

Elle est revenue pour toi

et vous vous aimez, alors où est le problème ?

-C'est plus compliqué que ça.

-Votre père se prend pour le Titanic ?

-Il voyait tout en noir.

Un taxi va le ramener chez lui.

-C'est la crise de la soixantaine ?

Sonnerie.

-Oui, Nadia ? Du nouveau ? Je vous mets sur haut-parleur.

*-J'ai trouvé

un lien entre Lançon et la victime.

*Il y a 2 mois, Léo Varin a contacté son agent et s'est fait

*passer pour un journaliste. -Donc ils se sont rencontrés.

*-Oui. Le peintre a enchaîné

*les interviews. -Merci, capitaine.

-Menteur un jour, menteur toujours.

-Au bar, ce jour-là, Léo Varin vous a montré cette photo ?

-Je n'ai pas vu ce jeune homme.

-Devant le chevalet,

c'est Elise, la grand-mère de Léo.

Mais je ne vous apprends rien, vous étiez ensemble l'été 1970.

Regardez de plus près. C'est Elise qui tient

le pinceau. Contrairement à vous, elle a de la peinture

sur les mains, sur ses vêtements. C'est elle qui a peint cette toile.

-Je suis obligé d'écouter

ces inepties ?

-Quand Léo Varin vous a réclamé ce tableau pour sa grand-mère,

vous avez refusé.

Une vieille photo, le témoignage d'une femme malade,

rien de cela ne vous a fait céder. -Mais qu'attendre d'un homme

qui a trahi la femme qui l'aimait ? -Alors il a décidé de remplacer

discrètement l'original par une copie, mais vous l'avez découvert

quand vous êtes allé dans les réserves

l'après-midi du meurtre. -Non, je l'ai vu hier avec vous.

-On vous voit en sortir très vite sur les vidéosurveillances

à 17h02. Vous aviez compris que Léo était responsable

de l'échange et vous saviez où était la maison.

-Accepter qu'il ait l'original, c'était admettre

que vous aviez volé le style d'Elise. C'était insupportable.

-J'ai rien volé. -En 1971, vous allez

aux Etats-Unis comme pour mettre un océan entre vous et vos mensonges.

-Faux. J'étais invité par une fondation à San Francisco.

-Sans Elise, pas d'invitation, pas de carrière.

Vous êtes un imposteur sans scrupules.

-Je vous l'interdis. Elise n'était pas une artiste, elle a rien fait.

-Elle n'a pu exprimer son talent. -Ce que vous appelez son style,

c'était des balbutiements que j'ai transcendés. J'ai créé une oeuvre.

-Et 50 ans après, vous pouvez tuer pour cacher la vérité.

-Non !

Je voulais juste la toile.

-Léo va pas tarder. Asseyez-vous ! -Merci.

-Vous vous connaissez

du travail ?

Que faites-vous ?

-Votre petit-fils a volé le tableau.

Il appartient au musée. -Non, il a rien volé.

Stanislas !

C'est toi, je...

Je t'ai vu à la télé.

C'était quand déjà ?

Je...

-Laissez ce tableau !

-Faux journaliste,

gardien de musée, quel culot !

-Vous pouviez le redonner à Elise. -Approchez pas !

Approchez pas ! -Léo !

-Mamie ! Tout va bien, ne t'inquiète pas !

La seule chose de vous sur cette toile, c'était la signature

et je l'ai grattée.

Salaud ! Combien de toiles vous lui avez volées ?

-Ha ha ha !

-Je vous présente Stanislas Lançon,

le grand peintre ou plutôt le grand usurpateur.

Toute votre originalité, votre vision,

vous les devez à Elise Varin.

-Arrête !

-Quand je mettrai ces images en ligne, ce sera fini pour vous !

-Pas ça !

-Léo !

-S'il m'avait laissé repartir, rien ne serait arrivé.

-C'est à cause de Léo Varin s'il est mort ?

Vous n'avez pas répondu à Léo.

Combien de toiles de sa grand-mère

avez-vous signées ?

-Huit.

Elise n'avait jamais pris de cours.

Elle peignait avec une telle liberté !

Après ce week-end, elle a voulu vivre avec moi.

Ses parents l'en ont empêchée et lui ont interdit de me voir.

-Mais vous avez

gardé ses toiles et bâti votre carrière dessus.

-Votre amour ne pesait pas lourd face à votre ambition.

Qu'avez-vous fait du portrait ?

-(Je l'ai brûlé.)

-Perdon ?

-Je l'ai brûlé.

-Au fait, le musée Regards de Provence a annulé l'expo Lançon.

-Elle aura lieu au tribunal.

Léo Varin ne verra pas

la vérité rétablie et Elise ne saura pas.

-Au moins, avec Alzheimer,

elle le croit toujours vivant.

Notification.

C'est une avalanche de messages. -C'est Barth. Il fait une réunion

à la maison pour l'association. On sera une dizaine.

Antoine veut des cacahuètes et des bières

et Alice révise dans notre chambre.

-Il te reste la cuisine.

-Ils me fatiguent. -Qu'est-ce que tu leur réponds ?

-"Urgence au boulot, débrouillez-vous !"

Point d'exclamation.

-Dis-moi, c'est quoi, cette urgence ?

Un petit verre en terrasse ?

-Je t'ai rapporté tes photos.

Regarde !

Là, c'est ?

-Lui, c'est... -C'est Stanislas, ton amoureux.

-Stanislas !

-Et là, regarde !

C'est toi qui peins son portrait.

-J'aime bien les tubes de couleurs.

Mon père en vend à la droguerie.

Vous êtes une cliente, c'est ça ?

-Oui.

...

-Prenez soin d'elle. -Bien sûr.

Sonnerie. -Excusez-moi !

Oui, Barth ? *-Alice a fait un malaise.

Dans l'escalier, elle s'est trouvée mal.

-Il faut appeler

les pompiers. -Non, je l'amène

aux urgences. Prends ta mère.

-Ca doit être un malaise vagal.

-Alors on fait quoi ?

-Soulevez ses jambes, serrez ses mains

*pour faire remonter le sang à la tête

et vous m'attendez. -Alors dépêche-toi !

-Tu nous entends ?

-Comment ça va, ma chérie ? -Tu avais raison, c'est passé.

Que ferait-on sans toi ? -Je me le demande.

Comment tu te sens ? -J'ai encore mal à la tête.

C'est la 1re fois

que ça m'arrive. -Ca, c'est normal.

Tu en fais trop. Tu ne manges plus, tu ne dors plus.

-J'ai pas le choix.

-C'est pas bon pour toi, ni pour la petite.

-Tu l'as bien fait

avec nous en reprenant tes études.

-Mais on était deux. -Et vous étiez plus grands.

-J'y arriverai pas.

Je vais abandonner la fac.

-Non, ma chérie, tu as trouvé ta voie.

Tu vas pas renoncer. Arrête de te mettre la pression !

Et puis on est là, nous.

-Oui, on est là. -Enfin, n'abuse pas !

Sonnette.

-Merde ! La réunion pour l'assoc', j'avais oublié.

Et c'est trop tard pour annuler. Viens, Antoine, on s'y colle !

Cris de bébé.

-Hou là ! Hou là ! Elle va attendre deux minutes.

...

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