Afrikaans
Akan
Albanian
Amharic
Arabic
Armenian
Azerbaijani
Basque
Belarusian
Bemba
Bengali
Bihari
Bosnian
Breton
Bulgarian
Cambodian
Catalan
Cebuano
Cherokee
Chichewa
Chinese (Simplified)
Chinese (Traditional)
Corsican
Croatian
Czech
Danish
English
Esperanto
Estonian
Ewe
Faroese
Filipino
Finnish
French
Frisian
Ga
Galician
Georgian
German
Greek
Guarani
Gujarati
Haitian Creole
Hausa
Hawaiian
Hebrew
Hindi
Hmong
Hungarian
Icelandic
Igbo
Indonesian
Interlingua
Irish
Italian
Japanese
Javanese
Kannada
Kazakh
Kinyarwanda
Kirundi
Kongo
Korean
Krio (Sierra Leone)
Kurdish
Kurdish (Soranî)
Kyrgyz
Laothian
Latin
Latvian
Lingala
Lithuanian
Lozi
Luganda
Luo
Luxembourgish
Macedonian
Malagasy
Malay
Malayalam
Maltese
Maori
Marathi
Mauritian Creole
Moldavian
Mongolian
Myanmar (Burmese)
Montenegrin
Nepali
Nigerian Pidgin
Northern Sotho
Norwegian
Norwegian (Nynorsk)
Occitan
Oriya
Oromo
Pashto
Persian
Polish
Portuguese (Brazil)
Portuguese (Portugal)
Punjabi
Quechua
Romanian
Romansh
Runyakitara
Russian
Samoan
Scots Gaelic
Serbian
Serbo-Croatian
Sesotho
Setswana
Seychellois Creole
Shona
Sindhi
Sinhalese
Slovak
Slovenian
Somali
Spanish
Spanish (Latin American)
Sundanese
Swahili
Swedish
Tajik
Tamil
Tatar
Telugu
Thai
Tigrinya
Tonga
Tshiluba
Tumbuka
Turkish
Turkmen
Twi
Uighur
Ukrainian
Urdu
Uzbek
Vietnamese
Welsh
Wolof
Xhosa
Yiddish
Yoruba
Zulu
...
-Elle me ressemble
quand elle dort, non ? -C'est tout toi.
-Ah bon ?
-Sans les ronflements.
-Y a que moi qui ronfle, ici !? -Chut !
Si tu la réveilles, Alice nous tue.
Viens m'aider. -Elle ferait mieux
de nous remercier.
Avec des grands-parents comme nous, la sieste,
ça fait pas un pli. Faudra pas qu'elle compte toujours sur nous.
-Comment ça ?
-Elle s'en tire bien sans un papa à côté d'elle pour l'aider.
Plus Céleste grandira, plus ce sera compliqué.
-On en a parlé cent fois. Elle a décidé de faire un enfant seule,
elle sait ce qu'elle fait. -Mais...
C'est sûr, ça ? Elle nous a jamais parlé
du père. Elle a peut-être pas choisi d'être mère célibataire.
-On est là pour assurer le temps qu'elle stabilise sa situation.
-Elle a jamais su garder un job plus de 6 mois.
-J'ai une super nouvelle ! -Chut !
-(Perdon.
(J'ai finalisé mon inscription
(en master.
(Je vais passer
(le concours de professeure
-C'est bien, ça.
-(Je voulais être sûre d'être
(inscrite avant de vous en parler. Je vais devoir bosser des mois.
(A la fin, je vais
(pouvoir nous assumer, moi et Céleste, toute seule.
Gazouillis.
-Tu vois qu'il faut lui faire confiance.
C'était à elle quand elle était petite, regarde.
...
-Ah, tiens ! -Quoi ?
-Mon grand-père avait la même. -Ah.
-Capitaine.
-Monsieur le juge. Constance.
-Bonjour. -Une identité ?
-Ses papiers étaient dans sa voiture.
-Alain Lautric, 57 ans, garagiste.
Il habite à 50 km d'ici.
A Saint-Victoret.
-De la famille ? -Une femme, qu'on a prévenue.
Pas d'enfant. On n'a pas l'arme du crime.
Vu la plaie nette sur le crâne, c'est un objet lourd, métallique.
Il serait mort hier
entre 15 h et 18 h. Le corps n'a été signalé que ce matin,
par un conducteur.
-Il faisait quoi sur une route
si déserte et loin de chez lui ? -Ca...
On passe sa voiture au peigne fin. D'ailleurs,
venez voir.
-Un duvet, un oreiller :
il dormait dans sa voiture ?
-On dirait. On a trouvé un thermos
et une trousse de toilette. Ca, ça doit être l'explication.
-Une lettre d'avocat pour une médiation
au sujet d'un divorce.
-A la demande de Mme Lautric.
-On va aller lui rendre visite.
-Et on appellera l'avocate.
-Merci, capitaine. On se tient au courant.
Merci, maître.
On vous recontactera au besoin. Au revoir.
Aboiements.
-Alors ?
-Mme Lautric a bien demandé le divorce il y a 5 jours.
Y a quelqu'un ?
-Excusez-moi, on est fermés aujourd'hui.
J'ai oublié de mettre le panneau.
-On vient pas pour une panne. -Ah.
-Juge Delcourt.
Ma collaboratrice, Mme Meyer. -Bonjour.
-Mme Lautric ?
-30 ans de vie commune, vous vous rendez compte ?
Avec mon mari, c'est...
C'est la moitié de moi-même qui s'en va.
-Futur ex-mari, si je ne me trompe pas.
-En effet.
Vous êtes bien renseignés.
-Que comptiez-vous faire du garage après votre divorce ?
-Alain comptait s'en séparer.
On aurait partagé la vente.
Un concessionnaire est venu nous faire une offre.
-C'est une affaire familiale, ici.
C'était généreux de la part de votre mari de vouloir
partager l'argent. -Vous pensez que je mens ?
Que je l'aurais tué
pour un hangar
et des outils ?
Vous savez...
Dans un couple, la passion s'émousse avec le temps,
fatalement. Mais Alain et moi,
on avait gardé une immense tendresse l'un pour l'autre.
J'imagine que vous n'avez pas
la moindre idée de ce que représentent 30 ans
de mariage.
-Vous avez raison, j'ai pas votre expérience de mariage.
Mais y a des histoires d'amour qui finissent mal.
Pourquoi vouloir
divorcer ? -C'est moi qui ai contacté
une avocate.
Mais cette séparation, c'était une décision d'Alain.
Il avait rencontré quelqu'un.
Il me l'a annoncé il y a quelques jours.
Au fond, c'est toi qui as raison, Alain.
Moi, je me suis contentée de notre relation comme elle était.
Mais toi, t'as pas renoncé à l'amour.
-Jo, je te promets que je m'y attendais pas.
Cette femme,
elle m'est tombée dessus et... -Je veux pas de ta pitié.
Je veux pas savoir qui c'est ni comment c'est arrivé.
Alain soupire.
-En tout cas, pour l'avenir, t'as pas à t'en faire.
On va vendre
le garage et on se partagera l'argent.
-Et pourquoi tu ferais ça ?
Tu tiens tellement au garage.
-Sans toi,
le garage ne serait pas comme ça aujourd'hui.
Et je tiens à faire les choses bien.
-Une dernière chose,
Mme Lautric.
Dans la voiture de votre mari, on a retrouvé un duvet,
un oreiller. Il y dormait ? -Non.
Il dormait là.
Quand il m'a quittée,
Alain revenait le soir, ici. -Vous posiez pas de questions ?
-Il m'a assuré que ça ne durerait pas.
Je lui ai proposé de réintégrer la maison
le temps de trouver une solution.
Il voulait pas
m'infliger ça. C'était un homme entier, mon mari.
Très droit.
-Bien.
Je vous remercie pour votre collaboration.
Je vous demande de rester à la disposition
de la justice.
Une veuve trompée, sans actifs financiers,
elle cumule les mobiles.
-Je l'ai trouvée touchante.
-Elle vous a embobinée avec son couplet sur les 30 ans
de mariage.
-Si elle voulait garder son mari et son garage,
le plus simple était de tuer la maîtresse.
-Vous oubliez la rancoeur.
On sait pas si son mari voulait vendre et partager la somme.
-Faut appeler le concessionnaire.
-Nadia vérifiera
son emploi du temps et perquisitionnera le garage.
-Non, on verra plus tard
pour votre affaire, pas le temps. -Ca tombe bien,
nous non plus.
-Non mais...
Je suis vraiment pressé, j'ai un rendez-vous.
-Oui, ça a l'air.
-C'est pas un secret, j'ai rendez-vous avec Milena
pour signer le contrat de notre appartement.
On emménage ensemble.
-Excellente nouvelle, félicitations.
Un coup chez elle ou chez moi,
on a passé l'âge. -C'est la phase 2.
-La phase 2 ?
-Celle des plats surgelés, les engueulades sur la place
dans le lit, les chaussettes qui traînent.
-Je comprends pas,
de quelles chaussettes tu parles ?
-Je veux dire que c'est la fin de la romance
et le début de la monotonie
du quotidien. -La monotonie du quotidien ?
-Bon ! Oublie ce que j'ai dit.
File à ton rendez-vous.
Faut pas faire attendre Milena.
-Ouais, ouais.
Oui,
je file.
-Il a pas fait un truc
à ses cheveux ?
-Une teinture ?
-Vous exagérez, je l'ai pas cassé, c'était une boutade.
-Effectivement, il a trouvé ça très drôle.
-Mon père n'a pas vécu en couple depuis longtemps,
je le mets en garde.
-Le mettre en garde ? Votre père n'est plus un gamin,
M. le juge.
C'est pas plutôt vous
qui auriez des tracas conjugaux,
non ?
-Non.
C'est juste que depuis que Solène est devenue
médiatrice de justice,
elle bosse comme une dingue. Je suis ravi pour elle.
Après tous ses efforts pour se reconvertir.
-Mais... ?
-Mais maintenant,
c'est métro, boulot, dodo.
On parle que de ses affaires. -Et pas des vôtres.
Mais tout ça est normal.
Elle a besoin de faire ses preuves,
c'est son nouveau job. Avec le temps,
ça passera.
-Vous croyez ? -Oui.
Appelons ça
la phase 3.
-Elle dure combien de temps ?
-Avec Barth, on en est à 20, 25... 30 ans !
-C'est encourageant. -Oui.
-Ah, Constance !
C'est pour la réunion de quartier,
ce soir.
Faut faire bloc. Ca va chauffer à propos du square. On compte
sur vous, M. le juge. -Il n'habite pas notre secteur.
Notre square ne l'intéresse pas. -C'est important.
Je vous explique. A coté de chez nous,
on a un beau square. La mairie veut le transformer
en parking pour faciliter l'accès à la préfecture.
-Vous êtes contre.
-Je vais pas promener mon fils sur le parking !
-Non, mais j'imagine que la mairie a prévu d'aménager
un autre square. -A 1 km
de l'existant !
-C'est de la com'
pour faire avaler la pilule. C'est OK ?
-Nadia doit
arriver, là ?
-Tout à fait. D'une minute à l'autre.
-On s'en reparle après ?
-Voilà. -Oui.
-Voilà.
-D'accord.
Bon, merci.
-Oui ?
-Je viens d'avoir le concessionnaire.
Il a bien fait une offre pour acheter le garage,
mais à bas prix.
Son terrain a été classé
en zone inondable. -Sa vente n'aurait rien
rapporté à Mme Lautric.
-Et son alibi ?
-La visite d'un chauffagiste et d'une cliente.
Je vérifie, je vous dis.
On a cracké le téléphone de la victime.
On a trouvé des SMS
sans équivoque.
-Il a bien une maîtresse. -Hum.
-Annie Leclerc. 58 ans.
Hôtesse de l'air
à la retraite.
Elle habite à quelques kilomètres du garage.
-Pratique.
Pourtant, il dormait dans son garage et pas chez elle.
-Elle va nous l'expliquer. Prévenez-la de notre arrivée.
-Tout de suite.
-Les avions, c'est une passion familiale.
Mon mari était peintre aéronautique. Il est mort
il y a 15 ans.
-C'est votre fils ? -Adrien.
Il a réalisé notre rêve, devenir pilote de ligne.
Roger aurait été tellement fier.
Roger, maintenant Alain.
-Donc, vous nous confirmez
que vous aviez une liaison avec Alain Lautric.
-Depuis 6 mois.
Je l'ai rencontré en allant faire réparer ma voiture.
On s'est plu
immédiatement.
-Un coup de foudre.
-Dur à croire à notre âge. Et pourtant, c'était ça.
On riait, comme des gamins.
-Vous saviez qu'il était marié ?
-Bien sûr.
Il me l'a jamais caché.
Des rencontres comme ça, on n'en fait pas 50
dans une vie.
-Vous l'avez poussé
à quitter sa femme ? -Non.
C'était lui.
Il disait qu'il était l'homme d'une seule femme.
Y a 5 jours, il m'a dit qu'il l'avait quittée.
-Depuis, il vivait ici ?
-Non, pas encore. J'avais besoin de temps.
On oublie comment vivre
en couple. On avait décidé
qu'il emménage ici vite.
-Que faisiez-vous hier après-midi,
Mme Leclerc ?
-Rien.
J'étais ici.
Quelqu'un entre.
Adrien ! -Maman !
-Ca va aller, hein ?
-Je suis Boris Delcourt,
juge d'instruction. Constance Meyer.
On enquête sur la mort
de l'ami de votre mère. -Je compte sur vous.
Alain, c'était le rayon de soleil de maman.
-On peut vous parler une minute ?
-Bien sûr. Suivez-moi.
-C'est ici
que vous dormez ? -Oui. Je suis pas là souvent.
A côté des couchettes sur les long-courriers,
c'est un grand luxe.
Entrez.
Pendant 15 ans, ma mère n'a rencontré personne.
Je me voyais mal la laisser seule.
-Bien sûr.
Vous aviez de bons rapports avec son compagnon ?
-Oui.
Alain avait l'air d'être un gars bien.
Il prenait soin de maman,
c'était le principal. -Il allait vivre ici.
Vous n'auriez pas été en trop ? -J'en aurais profité pour prendre
enfin mon indépendance. Je laissais ma mère
entre de bonnes mains.
-Vous allez vivre dans cette villa ?
-Je suis en train de l'acheter.
Moi, j'ai pas besoin de tout ce luxe, mais...
Rebecca adore.
-Rebecca ? C'est votre compagne ?
-Oui. Hôtesse de l'air. Comme ma mère.
Ca fait ricaner, mais au moins, on aura des sujets de discussion
toute notre vie.
-Où étiez-vous hier
après-midi, M. Leclerc ? -A Dakar.
Dans un resto-gril à côté de l'aéroport.
Je profite toujours des escales
pour respirer l'atmosphère des villes.
J'ai la chance de voyager, donc autant en profiter.
-Y a un carnaval à Dakar ?
-Pourquoi ?
-Vous avez des serpentins
dans les cheveux. -Ah ! C'est chiant,
ces trucs, ça colle partout.
Au retour, on a fêté le départ à la retraite
d'un steward. Mais chut, personne doit
savoir que les pilotes font la fête en plein vol.
-Ca ne sortira pas d'ici. Merci, M. Leclerc.
-C'est moi qui vous remercie.
-Au revoir. -Au revoir.
-Jusqu'ici, tout semble réglo.
-Trop. Ca m'agace.
Entre une épouse trompée pas rancunière,
une maîtresse magnanime, un fils parfait...
Et pourtant, Lautric a été tué. -Oui,
mais il a pu tomber sur un déséquilibré.
Ca peut être n'importe qui. -En attendant d'identifier
"n'importe qui", on devrait demander à Nadia
d'enquêter sur les deux femmes. C'est trop beau
pour être honnête, tout ça.
-Vous avez raison. J'appelle Nadia.
On perd rien à creuser un peu.
-Bon, alors ?
-"La laïcité à l'école". -Hum.
-"Promotion de l'égalité fille-garçon".
-C'est bien, ça. -Hum.
-Les conjonctions de subordination, je détestais.
Ca me rappelle Mme Troulet.
-Mme Troulet ? -Sympa, mais j'ai toujours
détesté les conjonctions de subordination !
-Tu m'étonnes. -Ca fera pas de bruit.
Ils accepteront le projet,
je vous dis.
Mon compte rendu ? Oui, il est prêt.
Oui, bien sûr. Très bien.
A tout de suite, M. le maire. -Tout va bien ?
-Le maire est inquiet à cause du square transformé en parking.
Les riverains s'agitent.
-Y a de quoi s'agiter. Ca fait que commencer !
-Pourquoi tu dis ça ?
Oh non !
Me dis pas que toi aussi ! -Ben non !
Pourquoi je défendrais un square
où on peut se retrouver en harmonie avec la nature !?
-Le permis de construire
a été accepté ! Je fais comment ?
-Je vais rester chez moi et écrire des discours, ça va
changer le monde ! -T'as ton bébé et tes études.
Tu vas aussi militer ?
-Etre mère, ça interdit
de défendre des causes ? -Hé, le père et la fille !
On peut discuter sereinement ?
-J'y vais.
J'ai ma réunion de quartier.
-Il devient vraiment lourd, là. -Il essaie de te simplifier
la vie, c'est tout. -Non ! Il a peur
que je m'en sorte pas parce que je suis une faible femme
et seule. -C'est normal, tu es sa fille.
On sait peu de choses sur l'histoire de Céleste.
Alors ton père
se fait des films. -Mais je suis plus une gamine.
-Pour les parents, les enfants restent des bébés toute la vie,
c'est comme ça. On en était où ?
Soupir.
-"Promotion de l'égalité fille-garçon".
-Là aussi, y a du boulot. Allez !
-Bonsoir.
-Ecoute ça. Un jeune en scooter,
en excès de vitesse, a cassé le rétro d'une femme.
Elle allait mettre sa fille
dans la voiture, et le type a failli écraser la poussette.
La mère a accepté
de ne pas porter plainte si le jeune s'engage à entretenir
son jardin pendant un an. -Bravo.
Ils peuvent te remercier l'un et l'autre.
-Non, attends !
J'ai du boulot, là. Demain, j'ai rendez-vous
avec deux chefs d'entreprise en conflit.
Si on veut faire un enfant, faut qu'on essaie de temps en temps.
Sinon, on n'y arrivera pas. -On a fait les tests.
On n'a pas de problèmes pour en avoir, c'est énorme.
-Donc, y a plus qu'à !
-Oui.
Mais à notre rythme.
-Eh ben, bon boulot. Moi, je vais prendre un apéro.
-Je veux bien
un verre aussi.
-Alors, cet appartement, il est signé ?
-Oui.
On emménage demain.
Elle et moi, on n'est pas du genre à s'endormir
dans nos charentaises. La preuve, ce soir...
Je lui offre une nuit
dans une yourte ouzbek au milieu d'un élevage
de chameaux. -A Marseille ?
-Evidemment, à Marseille. Les commentaires
sont dithyrambiques.
Dépaysement garanti. -Ah ! Pas besoin
d'aller loin pour trouver l'aventure.
-Exactement.
Prenez-en de la graine.
-Je tâcherai, M. le procureur. Je tâcherai.
-Ah.
-Ah, Constance !
Tu nous as manqué, hier soir. -Moi ?
-Oui, à la réunion de quartier. Une catastrophe.
Le maire a été inflexible.
Et ton mari nous a pas aidés.
Dis-moi, Barth, il défend pas le projet,
quand même ? -Pas le choix, avec la mairie.
J'ai pas eu le temps
de creuser ce dossier. -Ah ?
Tu devrais. Tu verrais que ton mari n'est pas celui
que tu crois.
-Y a du nouveau ?
-Oui. J'ai vérifié
l'agenda des suspects. Pour Joséphine Lautric,
l'après-midi du meurtre,
elle a reçu un chauffagiste et une cliente.
Le chauffagiste est parti à 16 h.
La cliente est arrivée à 16 h 30.
Elle est repartie à 17 h 30. -Ca lui laissait 30 mn pour faire
50 km, tuer son mari et revenir.
Elle a donc un alibi. -Et Annie Leclerc ?
-J'ai les relevés de compte
de la victime et de Mme Leclerc.
Depuis quelques mois, ils allaient
le mardi et le vendredi au restaurant L'Etoile de mer.
Sauf que depuis une semaine, plus rien.
-Pile au moment où Alain a quitté sa femme.
Les amants auraient-ils été frappés par la monotonie
du quotidien ? -Pourquoi pas ?
-J'ignore de quoi vous parlez, mais si ça vous intéresse,
je suis allée dans le restaurant en question.
-Ah. Et... ?
-Le serveur a dit que ça c'était mal passé, leur dernier dîner.
Alain est parti avant la fin et Annie lui a dit
qu'il valait mieux qu'ils en restent là.
-J'avais dit qu'il y avait un loup.
-Bien vu.
Convoquez-la, capitaine.
-Bien sûr.
-Je suis pas très fière de moi.
Je me suis un peu emportée, ce soir-là.
-Vous pouvez nous expliquer pourquoi ?
-Alain était jaloux.
Dès que je me montrais aimable avec un homme, il le prenait mal.
Au restaurant, il m'a reproché
d'avoir allumé le serveur.
Un garçon de l'âge de mon fils.
-Et vous vous êtes disputés. -Je lui ai dit que
si c'est comme ça qu'il prouvait son amour, j'en voulais plus.
Il a quitté le restaurant.
-Vous nous avez caché cet épisode.
-Pour moi, c'était une petite brouille.
Mes mots ont dépassé ma pensée. On allait se réconcilier.
-Pourtant, d'après ce que j'ai sous les yeux,
Alain a essayé de vous joindre à plusieurs reprises
après cette soirée. Sans résultat.
-Je voulais le faire réfléchir.
Mettre un peu de distance quelques jours.
Mais je comptais le rappeler.
Et puis...
-J'ai une autre hypothèse, Mme Leclerc.
Alain Lautric, qui vient de quitter sa femme pour vous,
n'admet pas votre rupture.
Il continuait à vous inonder d'appels.
A vous faire toutes sortes de reproches.
Vous vous sentez harcelée.
Vous n'en pouvez plus.
Vous décidez de mettre les choses au clair,
une bonne fois pour toutes. Vous vous voyez.
Mais dans la voiture, l'explication dégénère.
-Je n'ai pas quitté mon domicile cet après-midi-là.
-Mais personne ne peut en témoigner.
-Si vous le prenez comme ça,
j'ai plus rien à déclarer.
-Je vais vous demander de rester à la disposition de la justice,
Mme Leclerc.
-J'ai du mal à imaginer Lautric violent, maladivement jaloux.
C'est pas le portrait que nous a dressé sa femme.
-Il était différent avec elle.
La passion fait pas toujours ressortir
le meilleur de nous-mêmes. -Vous parlez
en connaissance de cause ? -Ben...
Nadia a le bornage
des téléphones.
-Apparemment, Annie Leclerc
n'a presque pas bougé
de son domicile dans les derniers jours.
Ou sur un périmètre restreint.
Là, c'est le bornage de la victime. Garage, domicile,
domicile de la maîtresse, etc.
Et là,
le bornage est bien plus étendu.
C'est sur les 5 derniers jours.
-Depuis sa dispute au restaurant avec Annie.
-Il a changé ses habitudes. Vous avez repéré
les lieux ? -Je manque d'effectifs
pour être partout à la fois.
-Si on se partageait les bornages ?
Ca vous dit, un road trip,
M. le juge ? -Euh...
On s'enfonce en rase campagne, là.
-C'est là que le portable d'Alain a borné l'avant-veille
de sa mort.
-C'est à gauche, là.
Qu'est-ce que vous espérez ?
Croiser le fantôme de Lautric qui va nous révéler
l'identité du meurtrier ?
On va s'arrêter là ?
C'est un cimetière. -C'est là qu'on a le plus
de chances de croiser un fantôme.
On est bien, là.
Cloche.
-J'ai cru que vous alliez examiner toutes les tombes.
Que dit le gardien ? -Il se souvient pas de Lautric.
Mais il faisait sa sieste !
J'ai le registre des concessions du cimetière.
-Y a pas le nom de Lautric ?
-Non.
-Il a pu venir ici pour rendre visite à un ami défunt.
On va pas recouper tous les noms du cimetière !
-Je le garde,
en cas d'insomnie. -Espérons que la capitaine a eu
plus de chance que nous. Un avion passe.
Ca va, capitaine ?
-Oui, ça va.
Vous, c'est quoi, ces têtes d'enterrement ?
-Gagné ! On revient d'un cimetière.
Soit Lautric est fou, soit on voit pas ce qu'il y faisait.
-Je reviens d'une fête foraine
dans laquelle Lautric est allé
le jour de sa mort. -Cimetière, fête foraine,
que de paradoxes. -Les forains
m'ont dit que Lautric avait eu une altercation avec un homme.
Ce type est un extra, payé
au noir. Donc, compliqué à trouver.
Oh non, c'est pas vrai !
Ils vous balancent ça,
à la fête foraine. C'est dégueu et ça tache.
Je leurs mets un P.V.
-Essayez de trouver l'extra avec qui Lautric s'est disputé.
-Bien sûr.
-M. le juge, y avait les mêmes serpentins
dans les cheveux d'Adrien Leclerc.
-Oui, il a dit qu'il avait fêté
le départ en retraite d'un steward.
On voit ça demain ?
Ca va ?
Merci pour le café.
Fais attention, t'es en train
de te laisser bouffer par ton boulot.
J'ai lu que chez les femmes, le surmenage produit des enzymes
qui détruisent les spermatozoïdes.
-T'es sérieux ?
-Pas du tout, je te montrerai l'article.
-Donc, tout est de ma faute ? -J'ai pas dit ça non plus.
-Non, mais c'est ce que tu penses.
Tu sais ce que je pense, moi ?
Que t'étais ravi quand j'étais secrétaire et que je faisais tout
à la maison. -Quoi ? Tu me traites de macho ?
-C'est un peu le cas, non ? -Solène,
arrête tout de suite ton délire.
Je m'inquiète pour toi !
T'es obnubilée par ton job et tu t'en rends pas compte !
-Obnubilée ?
Tu dis ça parce que t'es pas l'unique centre de mon attention
et tu supportes pas. -OK. Je suis macho,
égocentrique ! Continue, t'as quoi d'autre
en magasin ? -Woh ! Je suis pas chaud
pour arbitrer un match de boxe, là.
-Pas maintenant, Ludo.
-Elle est pas contente, là. -Ca va.
Laisse tomber.
-Je vais jouer avec le petit,
c'est mieux.
Raph, c'est papa ! -Je suis dans la chambre !
-M. le juge, s'il vous plaît, juste une minute.
Avec 1 000 signatures, on met une grosse pression sur le maire.
-Je n'habite pas le quartier. -Pas grave.
On veut la signature d'un juge. -Tenu au devoir de réserve.
-J'ai déjà tout rempli.
-Le procureur a signé.
-Merci, Constance.
Voilà.
Maintenant, vous m'oubliez.
-C'est parfait, la lecture d'un registre de cimetière
pour s'endormir.
J'ai un truc. Y a pas de Lautric,
mais il y a un Roger Maurice Léon Leclerc, inhumé y a 15 ans.
-Le mari d'Annie ?
Se recueillir sur la tombe de l'ex-mari de sa maîtresse.
Lautric serait jaloux d'un mort ?
-Ce serait sacrément tordu.
Mais c'est normal qu'Adrien aille
sur la tombe de son père. -Ce serait lui
que Lautric suivait ? -Et si c'était l'extra
de la fête foraine ?
-Il était à Dakar.
Les pilotes n'ont pas le don d'ubiquité !
Adrien Leclerc
arrondirait ses fins de mois en jouant au forain ?
-Allez savoir.
Nadia va enquêter sur ses comptes.
On frappe.
-Oui ? -M. le juge...
-Capitaine.
-C'est le foutoir. Y a pas une trace de salaire
qui soit régulier. Adrien Leclerc a bien des rentrées d'argent,
mais c'est du liquide. Des petites sommes.
Ou des créditeurs privés, sûrement des courtes missions
et sans contrat.
-Genre extra à la fête foraine.
-Ca correspond pas à un salaire de pilote de ligne.
C'est quoi, ce truc ? Sa villa, il l'a pas payée
avec de la barbe à papa ! -Laissez-moi vérifier une chose.
-Faites voir.
-Tu cherches quoi ?
-La brochure de la villa qu'Adrien Leclerc va acheter.
Elle a été scannée pendant la perquisition.
-Ah !
Pochette violette sur ton bureau. -Merci.
-Je vais me chercher un café, t'en veux un ?
-Si tu veux.
-Oui, bonjour.
Mme Meyer, la banquière
de M. Leclerc.
-Oui. Je vous appelle au sujet de la transaction
pour la villa... Harmonia.
Oui.
Adrien Leclerc.
C'est ça.
Ah bon ?
Comment ça ?
Très bien.
Merci, désolée pour le dérangement. Au revoir.
Adrien n'a jamais eu l'intention d'acheter la villa. Il l'a vue
mais n'a pas fait d'offre.
La villa a été vendue y a 3 semaines.
-Carrément bizarre.
En revanche, il a un alibi en béton.
Vous avez vérifié ? -Oui, enfin...
Y avait, avant-hier, un vol Dakar-Marseille
de la compagnie pour laquelle
il travaille, mais...
-Ca prouve pas qu'il était à bord.
-Voilà.
Eternuement.
-Mon pauvre chéri !
Je suis passée à la pharmacie, tiens.
-Merci.
Une tente trouée en plein champ, tu m'étonnes qu'on ait chopé
la crève. -On a rigolé, c'est le principal.
-On a bien ri
mais on a peu dormi.
L'idée de défaire les cartons ce soir, je frôle le burn out.
-Hum...
Ecoute.
Et si on remettait ces cartons à demain ?
Hum ?
Ils ont ouvert un bar à vodka
juste à côté du palais.
Ca nous rappellera notre premier rendez-vous.
Hum ?
-Voilà un programme nettement
plus excitant. Donc, grog à la vodka !
Assaisonné au gingembre, histoire
de réveiller les ardeurs.
Petits rires.
-Alors ?
-J'ai contacté la compagnie qui assure le vol Dakar-Marseille.
Ils ont affirmé qu'Adrien n'a jamais fait partie du personnel.
Et c'est pas fini : il a passé le concours
de l'école nationale d'aviation civile 5 fois.
A chaque fois,
il l'a raté.
-Il s'est inventé un travail ? Pourquoi ?
-Rappelez-vous : son père meurt quand il a 17 ans.
Il se retrouve seul avec sa mère. Pour surmonter ce drame,
il continue de faire vivre le rêve de sa famille :
devenir pilote.
Il échoue. C'est inacceptable pour lui.
Donc, il tord la réalité pour qu'elle corresponde
à ses fantasmes.
-Des années qu'il se fait passer pour ce qu'il n'est pas.
-Qu'il met tout en oeuvre pour que son mensonge soit crédible.
-C'est un mythomane.
C'est un trouble psychique grave.
-Imaginez qu'Alain Lautric ait découvert qui il était vraiment.
-Vous faites quoi, là ?
Pourquoi vous fouillez
dans mes affaires ?
-Vous n'avez pas d'autres photos
de Rebecca, j'imagine.
-M. Leclerc...
Vous rentrez à la maison le matin et vous en sortez en pleine nuit
pour faire croire
que vous avez un vol.
Vous n'allez nulle part.
Vous mentez depuis quand ?
-Arrêtez ! Sortez !
-Ces documents de vol sont faux.
-Non !
C'est faux !
-Qu'est-ce qui se passe ?
Laissez-le tranquille. -Mme Leclerc...
On a appelé la compagnie pour laquelle votre fils
dit travailler. Il n'a jamais été pilote.
Vous le saviez ?
-Ben non.
Enfin...
-Il a inventé un monde autour de vous, autour de lui.
Pour vous faire plaisir.
Vous avez eu peur de le ramener à la réalité.
-Mais Alain Lautric, lui, voulait
prendre les choses en main, alors vous l'avez éloigné.
C'était votre fils, le vrai sujet de votre dispute au restaurant.
N'est-ce pas ?
-Il a voulu
vous aider.
Mais il a eu peur de s'engager dans une relation où le mensonge
tenait trop de place.
-Tout est de ma faute, mon chéri.
Je suis désolée.
-J'allais souvent à l'aéroport.
Je le connais bien, mes parents y ont travaillé toute leur vie.
Je restais là, observateur.
J'imitais tout ce que je voyais.
-Pour vous fondre dans votre personnage.
-Le jargon, l'attitude.
Même les connaissances, c'est pas si compliqué.
J'exerce pas, mais au final,
c'est tout comme.
-M. Leclerc, vous avez bien conscience que vous n'êtes pas
pilote de ligne. Que vous n'avez ni villa
de luxe ni petite amie.
-Ca change quoi, au final ?
Je rends ma mère fière de moi, j'ai une vie que j'aime.
On me respecte.
-Revenons-en au fait.
Comment occupez-vous vos journées ?
-Des petits boulots.
Sinon, je vais au cimetière voir mon père.
C'est au bout de la piste d'atterrissage.
Voir les avions décoller, atterrir.
Je pourrais rester là pendant des heures.
-Le cimetière où Alain Lautric vous a suivi.
-Hum.
Je l'ai d'abord vu sur le parking, dans sa voiture,
mais j'ai rien dit.
Puis à la fête foraine, parce que je bosse là-bas parfois.
C'est là qu'il est venu me voir. -J'ai essayé d'en parler
avec ta mère. Je suis pas là pour te causer des problèmes.
Tu peux pas continuer comme ça. Avec Annie, on trouvera
des gens pour t'aider. -Arrête de fouiller dans ma vie !
Mêle pas maman à ça !
Tu veux nous aider ? Lâche-nous ! -Adrien, t'es encore jeune.
Arrête de te planquer derrière cette personne. Personne
que t'es pas, d'ailleurs. -J'ai fini, je me casse.
-Attends, Adrien !
-Je comprenais pas, moi, ce qu'il voulait.
Pourquoi il m'emmerdait avec tout ça. Il me stressait.
-Et vous avez refusé de l'écouter.
Y a donc bien quelqu'un en vous qui savait qu'il disait vrai.
-Mais je voulais juste qu'il me laisse tranquille.
-Et au contraire,
il a continué à vous suivre.
-J'ai essayé de le semer en prenant des petites routes.
Je voulais plus l'écouter, je voulais être seul.
Mais lui...
Qu'est-ce tu fais, là ? Tu me suis, c'est ça ?
-S'il te plaît, Adrien, laisse-moi t'aider.
Fais-le pour ta mère.
-Arrête de me parler d'elle ! Fous-nous la paix ou je te tue !
-Calme-toi.
Ca sert à rien de s'énerver. Je propose juste mon aide.
-J'en veux pas, de ton aide ! Oublie-moi, d'accord ?
-Tu m'as l'air agité.
On peut aller discuter tranquillement chez toi,
hein ?
Allez.
Viens.
T'inquiète.
Allez.
...
-Il voulait tout raconter
à ma mère.
Elle aurait tout découvert, ça aurait été trop dur pour elle.
J'avais pas le choix.
-Vous l'avez fait aussi pour vous.
Impossible de vivre sans votre double,
le brillant pilote de ligne.
-Je voulais nous protéger, j'ai rien fait de mal.
...
-Je vous en supplie, il a besoin d'aide,
pas d'aller en prison.
-On va demander à ce qu'Adrien soit suivi par un psychiatre
jusqu'à son procès. -Ce seront les jurés
qui décideront s'il est pénalement responsable.
-Bon courage, Mme Leclerc.
J'arrête pas de me dire que si la mère et le fils
avaient été moins seuls, s'ils avaient eu des gens
autour d'eux pour les aider, ils s'en seraient sortis.
-Alain Lautric a essayé de le faire.
-Oui, mais trop tard. -On va boire un verre
avec Milena dans un bar à vodka. Ca vous dit ?
-Je dois retrouver Solène. -Viens avec Solène,
c'est encore mieux.
-C'est gentil,
mais elle a du boulot, elle voudra pas sortir.
Constance, peut-être ?
-C'est-à-dire que je suis attendue aussi.
-Ah !
Tant pis pour vous. On se fait un truc cette semaine,
tous ensemble. Hein ?
Je...
Je ferme la porte ? -Non, merci.
-Bonne soirée. -Bonne soirée.
Ca vous disait pas, des shots de vodka
avec Quiring, sa femme ?
Rires.
Vous aviez raison,
je l'ai fait flipper sur la vie de couple,
il tient plus en place ! Rires.
-Allez, papa, salut ! -Salut, mon Raph. A dans 3 jours !
Et n'écoute pas ta mère !
J'ai fait les courses !
Tu pourras pas me traiter de macho !
-Tu veux une médaille ? -Non.
Un merci suffirait.
-Tu me dis merci à chaque fois
que je fais les courses ? -Ah ouais !
Vous vous engueulez en continu
depuis ce matin !? Ca vous procure quoi
de vous déchirer
comme ça ? Vous voulez pas laisser le temps
au temps et tout ira bien ?
-"Le temps au temps" ?
-Je parle du bébé. Raph m'a dit.
-Raph ?
-Oui, Raph.
Il sent que vous êtes stressés.
Il est sensible, notre fils.
Franchement, si vous partez en sucette
tous les deux, Raph et moi,
on coule.
Vous êtes nos piliers.
Fini les disputes pour des mauvaises raisons. On s'aime
pour de bonnes raisons, OK ? -Par contre,
c'est quoi, ça ?
-C'était à la maison.
C'était pour Raph,
mais il me dit qu'il est trop vieux pour ça.
Il a pas tort.
Du coup, cadeau ! On va dire
que c'est votre bébé
en attendant. OK ?
-Il s'appelle Zéphir.
Soyez sympas avec lui,
le couchez pas trop tard. Salut !
-"Maman ?
"Maman !"
Rires.
-Je fais des pâtes ! -Non, moi, et je veux bien
une médaille.
-T'as vu, c'est beau, le parc.
Tu peux me la garder ? -Oui.
-Pour la reine des quiches, de la part du roi des tartes.
-Je m'attendais pas à te voir ici.
-On peut plus se balader dans ce square ?
-Ca aura du poids d'avoir quelqu'un
de la mairie avec nous.
-Y a ceux qui restent
les bras croisés en écrivant des discours
et ceux qui changent le monde en écrivant l'histoire.
Je veux que Céleste sache
dans quel camp est son grand-père.
-Papa, maman,
je voudrais vous dire quelque chose.
Le père de Céleste n'a jamais été une histoire d'amour pour moi.
Juste une soirée d'égarement.
Alors oui, ma grossesse n'était pas prévue, mais...
Plus les semaines passaient, plus je sentais
un torrent d'amour pour ce bébé, et j'ai compris
qu'avec tout cet amour, je serais assez forte pour l'élever seule
et qu'il me donnerait la force d'assumer ma vie
et mes engagements.
Je suis plus l'Alice d'avant.
Grâce à Céleste, je sais qui je suis
et je sais ce que je veux.
L'absence de père pour Céleste, c'est pas seulement un manque,
c'est aussi ma force.
D'accord ?
Bon, je vais la promener.
-Maintenant, on sait, pour le père de Céleste.
-Je me suis senti
très con, d'un coup. J'ai été lourd, non ?
-Tu lui as permis d'exprimer son cheminement.
C'est important pour elle.
-Pas facile d'élever ses enfants.
Qu'est-ce qu'on fait
de ça ?
-Ben... On les pose.
T'as pas peur que ça te retombe dessus, cette histoire,
à la mairie ?
-C'est quand le danger est plus grand que le salut est plus fort.
-C'est de qui, ça ?
-Un poète allemand du 17e, Friedrich Hoelderlin.
Un romantique.
-Un romantique !?
-Comme moi.
-Comme toi, mon amour.
Comme toi.
france.tv access
Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.