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Zulu
...
-Ils ont un de ces goûts, ces gosses, franchement !
-On ne critique pas les cadeaux d'Antoine.
-Ca va, mon chéri ? Content d'être revenu chez papa-maman ?
-Tu m'étonnes !
24h chez Félicité, c'est du masochisme.
1h de plus, ça aurait été...
-Du suicide. -Tu crois pas si bien dire.
En tout cas, merci. C'est trop bien d'avoir des parents comme vous,
sur qui on peut compter à tout moment.
Oh, au fait, j'ai eu l'appart !
-Sur la corniche ? -Ouais !
Il est libre la semaine prochaine. Tony va avoir une grande chambre.
Ca va être magnifique. Je suis content.
Je vais me préparer.
Sympas vos mugs, hein ? -C'est un cadeau !
C'est bien de le voir comme ça. Pour Tony, il était temps.
-Tu crois qu'on les verra souvent ?
Les oiseaux quittent le nid.
Alice, on l'a pas vue depuis 6 mois !
XL la séquestre !
-Demain, on fête ton anniversaire.
On se fait une soirée en amoureux, juste toi et moi,
comme quand on s'est rencontrés.
-Oui, mais mon plus beau cadeau,
ce serait d'être avec ma famille.
-Tu veux dire toute la famille ? Tout le monde ?
-Oui.
Bon, allez !
Le devoir m'appelle.
Bonne journée, mon amour.
-Oui.
-A ce soir. -A ce soir.
-Demain, c'est l'anniversaire de ta mère.
-On est déjà le 10 ?
-Le 11. Son anniversaire, c'est le 12.
-On n'a qu'à lui faire une surprise.
-Elle veut qu'on soit tous réunis. -Tous ?
C'est pas gagné, ça.
-Non.
...
-Qu'est-ce que c'est que cette baraque ?
Y a rien pour le petit déj'.
Y a pas de pain, pas de céréales, même pas une biscotte !
Un peu de confiture, je sais pas ! Qui fait les courses, ici ?
Ah !
Raphaël, petit déj' !
Tu vas te régaler. On sonne.
-J'y vais.
-Salut, fiston. -Salut.
-Dans une semaine, je serai plus là pour vous approvisionner.
Demain, je rencontre mon remplaçant.
Quelques jours pour le passage de relais,
et direction Moscou !
Il parle russe.
Traduction, Boris ? -"Elle est pas belle, la vie ?"
-Bingo ! -Salut.
-C'est quoi, ça ?
-Quoi, c'est quoi ça ? C'est du poulet.
-Au petit déj' ?
-Du moment qu'il mange, qu'est-ce que ça peut faire ?
-Oh, Ludovic...
-Monsieur le procureur, on se calme.
Solène rentre après-demain et vous pourrez plus m'incriminer
puisque je vais signer le bail pour mon appart !
Si tout va bien, Ludo, parti ! -Y a intérêt.
C'est chez mon fils et sa femme !
-Vous voulez dire mon ex, monsieur le procureur ?
-C'est ici que le corps de Manu Cana, 22 ans,
a été retrouvé ce matin, à 6h, par son père.
Il a été victime d'une chute.
Défenestré.
Le corps a été envoyé à l'IML
pour analyses.
-Là-haut, ce sont les bureaux de l'atelier de réparation ?
-Oui. L'entreprise appartient à Christophe Cana, son père.
Il habite à côté, avec sa femme, la belle-mère de la victime,
et Arthur, son demi-frère.
-Le père a vu ce qui s'est passé ? -Il a entendu des éclats de voix.
Le temps d'arriver, Manu était mort et le meurtrier avait disparu.
-Et le corps, il raconte quoi ?
-Il a une griffure dans le cou
et des fragments de peau sous les ongles.
On va faire un chiffrage ADN.
On va cracker son téléphone portable.
Il était en froid avec sa famille, mais il avait la clé de l'atelier.
Ca faisait 3 semaines que son père n'avait pas de nouvelles.
-Pourquoi ils étaient en froid ? -Je sais pas encore.
Il a du mal à parler.
Il est sous le choc.
-Qu'est-ce que Manu Cana est venu faire ici à 6h du matin ?
-Et surtout, avec qui ?
On l'a poussé, non ? -C'est notre seule certitude.
-On peut voir ses parents ?
-Oui, bien sûr.
-Tu vas jouer ? Je reviens tout de suite.
Mon mari est dans la chambre de Manu.
Je vous y conduis ? -Oui.
Je suis désolé de ce qui vous arrive.
Manu a été votre beau-fils ?
-Quand j'ai rencontré Christophe, Manu avait 15 ans.
Je suis venue habiter ici très vite,
et puis Arthur est né.
Ces derniers temps, on voyait presque plus Manu.
Il a toujours été indépendant.
Secret, aussi.
-Comment ça se passait, avec son père ?
-C'était très conflictuel.
-Il y avait des raisons ?
-Leurs rapports étaient compliqués. Ils étaient d'accord sur rien.
Ils avaient pas les mêmes goûts
ni les mêmes idées ni les mêmes envies.
Et puis Manu a fini par partir.
Il habitait plus ici.
C'était sa chambre.
On avait commencé à en faire celle d'Arthur.
-Je suis arrivé trop tard. Je sais pas qui a fait ça.
Je les avais laissés là
pour que Manu puisse les ranger. Je sais qu'il y tenait.
-C'était sa passion, la mode.
Manu travaillait dans un studio de design textile, à Marseille.
Comme sa maman.
On était tellement fiers de lui.
On lui a sûrement pas assez dit.
-Je regrette tellement toutes ces embrouilles.
-Vous savez où il habitait ?
-Chez sa copine.
-Je vais vous chercher l'adresse.
-Tenez.
-Qu'est-ce qu'il regrette, votre mari ?
Ca se passait mal avec son fils ?
Il y a autre chose ?
-La mère de Manu est décédée. Une leucémie. Manu avait 9 ans.
Christophe a eu du mal à remonter la pente
et à communiquer avec Manu.
Quand je les ai rencontrés, Christophe était très autoritaire.
-Il voulait garder le contrôle.
-J'ai essayé d'être leur médiatrice,
mais quand Manu a décidé de plus travailler à l'atelier...
-Votre mari lui en voulait de faire autre chose ?
-Christophe a été déçu
mais il lui en a jamais voulu.
J'espérais toujours que ça s'arrangerait entre eux.
Et maintenant, Manu n'est plus là.
-Comment on peut supporter de perdre son fils ?
-Et avec qui on est brouillé.
Monsieur le procureur, des nouvelles de votre remplaçant ?
-Non, aucune.
Ah si ! Il s'appelle Jacquard. Comme les pulls.
Faites pas cette tête !
Ce sera pas pire que moi.
Ah bon ?
C'était si dur que ça ?
-Ah ouais ! T'as pas idée !
-Mais non, on vous taquine, monsieur le procureur.
Vous êtes irremplaçable.
-Ca va, n'en rajoutez pas trop.
Surtout, je compte sur vous pour bien l'accueillir.
Hein ?
-Ah, vous êtes là !
J'ai mené ma petite enquête sur la nouvelle procureure.
On la surnomme Adjudicator.
-Adjudicator ? C'est quoi ce nom ? -J'ai posé la question aussi.
Ca fait penser à "gladiator" !
Et franchement, les arènes, les lions...
-Bon ! Adjudicator, donc. -Voilà.
Ce serait un mix entre "adjudante", "adjudication" et "Terminator".
-"Terminator" ? -Une vraie tyran, il paraît !
Qui extermine façon poignard dans le dos.
-Formidable. Merci.
-Vous êtes au courant
pour la nouvelle procureure ? -Oui, oui, merci, on a déjà l'info.
Allez-y.
-Les empreintes, dans le bureau de l'atelier,
ce sont celles de la famille.
Avec l'analyse toxicologique de la victime,
on a relevé de l'alcool et des amphétamines.
-Il l'a pas dit, son père, que Manu se droguait.
-Un père critique pas son fils.
-Ca dépend quel père.
Le téléphone dit quoi ?
-Manu Cana a harcelé sa copine, Eline Favard.
Entre 19h et 5h30 du matin, il y a 23 appels et 7 messages.
Elle avait rompu juste avant 19h. Il essayait de la rattraper.
-"Laisse-moi du temps." "On a toute la vie."
"Je pourrais pas être un bon père."
Elle a jamais répondu ? -Rien.
Le dernier message qu'elle a reçu,
c'était à 5h30, pour lui dire qu'il était à l'atelier.
Là, le contenu change.
-"Tu veux un enfant ? On en aura 10.
"Reviens, je t'en supplie."
-Leurs téléphones bornent sur la même antenne relais,
au moment du crime,
mais Eline habite dans cette zone, donc elle pouvait être chez elle.
-Ou avec lui.
Manu Cana, on sait ce qu'il a fait, entre 19h et 5h30 ?
-D'après son téléphone,
il sort du travail
à 19h30.
Il se rend dans un autre quartier et il y reste jusqu'à 5h.
J'ai une équipe sur place.
On va questionner le voisinage.
-On pourrait aller faire un tour chez Eline Favard.
-Bien sûr.
On se retrouve au parking ? J'en ai pour 5 mn.
-Bravo, capitaine. Beau boulot.
-Envoyez-moi un mail. -Faut que je te parle.
-Excusez-moi, cher confrère.
J'ai une urgence, il faut que je vous laisse.
-C'est quoi cette histoire d'Adjudicator ?
-Ben quoi ?
Tu crois que c'est moi qui nomme ma remplaçante ?
Je suis pas ministre !
Il y a tout un process.
C'est ça, la démocratie. -Tu pouvais influencer la décision.
-Et comment ? Par corruption, peut-être ?
-Je te parle de l'intérêt général !
C'est contre-productif, un tyran !
-C'est une manie de rentrer sans frapper !
-C'est bon, j'ai eu l'appart !
Waouh. Grosse ambiance, ici.
Je voulais simplement vous demander, monsieur le juge,
si c'était possible de m'aider, rapport à Solène.
Qu'elle me laisse Raphaël un peu plus longtemps, quoi.
-C'est-à-dire ?
-Une semaine sur deux.
-Tout de même !
Ca, c'est beaucoup plus longtemps !
-Je sais que Solène pense que je suis instable, incompétent,
mais j'ai fait mes preuves.
J'ai un boulot, un appart.
Et vous avez pu constater, monsieur le juge,
que je m'occupe bien de mon fils. -Avec du poulet au petit déj' !
Froid, en plus !
-S'il vous plaît.
Je l'aime, mon gosse.
Vous savez ce que ça signifie
de vouloir rattraper le temps perdu.
Hein ?
Répondez pas tous les deux à la fois.
Je vais chercher le petit et on ira voir un film.
-En semaine ? Tu rigoles !
-C'est un vieux film de Spielberg sur les dinosaures.
Ca s'appelle... Bref.
Il étudie les dinosaures, en ce moment.
Je m'occupe de son éducation.
En plus, la séance est à 17h.
-Elle a pas le coeur brisé par ton départ.
-Je me suis tiré au bout d'un jour.
-Et je te trouve beaucoup plus détendu.
-Si elle apprend ça, elle va me faire la misère !
-Mais moi, je te défendrai. -Ah ouais ?
-Oui, si tu me dis ce que ton père concocte pour mon anniversaire.
-C'est du chantage, ça !
-Un petit peu. -Ah oui !
Vibreur.
C'est Rebecca.
Ouais, Rebecca ?
Quoi ? Tu peux pas me demander ça ! Je t'ai donné le double.
-Vous êtes pas au parking ? -Si, regardez.
Toutes les voitures sont garées.
-Excusez-moi, je suis un peu dispersé.
-Vous inquiétez pas.
Entre le départ de votre père, l'arrivée de Ludovic,
le retour de Solène et Adjudicator qui débarque,
c'est un peu normal.
-Ma fille est dévastée depuis la mort de Manu.
Je sais pas comment elle va pouvoir s'en remettre.
-Vous le connaissiez bien ?
-Eline et Manu se sont connus à l'école primaire.
Il était comme notre fils.
-Où est-ce que vous nous emmenez, Mme Favard ?
-Chez eux. Il y a un studio au bout du jardin.
C'est là qu'ils vivaient. Ils étaient tellement amoureux !
Jusqu'à il y a 3 mois. -Quand votre fille a voulu un bébé.
-Hum.
Eline ?
Je comprends pas, elle était là il y a 5 mn.
Je lui ai dit que vous arriviez.
-On va l'attendre.
-C'est Manu qui l'a dessinée.
Elle est belle, hein ?
-E et M ?
Eline et Manu ? -Oui. C'est un modèle unique.
Tu étais où ?
-Maman...
-Bonjour. -Bonjour.
-Bonjour.
-Vous allez trouver qui l'a tué, n'est-ce pas ?
-Qu'est-ce qui s'est passé, hier soir ?
Vous l'avez quitté ?
-Oui.
Ca faisait quelques mois qu'il était dans un trip horrible.
Je pensais que ça allait passer, mais non.
Il me demandait Perdon et il recommençait.
T'es pas allé bosser ?
Pourquoi tu fais ça, Manu ?
Tu sais qu'ils vont finir par te virer.
-T'inquiète, ils ont trop besoin de moi.
-Tu dois rendre ta collection.
Tu dois la boucler pour la fin de la semaine.
-T'as raison, c'est mort.
-Pourquoi tu fais ça ?
Tu massacres tout, là !
-Je décompense.
-Je pense que c'est bien si on arrête de se voir un peu.
-Attends, Eline, tu vas pas me quitter !
C'est parce que je veux pas d'enfant ?
-Non, c'est parce que tu fous tout en l'air.
-Excuse-moi. Je te promets, je vais arrêter mes conneries.
-Ouais, jusqu'à la prochaine fois.
-Allez, ça va.
-Je suis désolée, Manu, mais c'est terminé.
-Tu as rencontré quelqu'un ?
-J'ai rencontré personne,
mais c'était plus facile de lui dire comme ça.
Et maintenant, il est...
-Ensuite, il a essayé de vous appeler.
-Oui.
Il m'a pourrie de messages.
Il m'en a envoyé une centaine.
Alors j'ai éteint mon téléphone. -Vous savez où il a passé la nuit ?
-Peut-être chez Corentin.
C'est un styliste de sa boîte. C'était son nouveau pote.
Ils faisaient beaucoup la fête ensemble.
-Suite à son dernier message,
vous êtes allée le rejoindre à l'atelier ?
-Non.
Pourquoi vous me soupçonnez ? -Vous aviez de quoi vous disputer.
Et la dispute a mal tourné.
-Manu n'était pas violent.
-On a retrouvé des traces de l'ADN de son agresseur
sous ses ongles.
On va procéder à un prélèvement sur vous.
-Je comprends pas.
Comment vous pouvez imaginer que j'aie pu me battre avec Manu ?
-Eline,
on n'imagine rien.
Il y a eu des coups,
donc il faudra vous examiner, c'est tout.
-Vous trouverez rien,
mais faites ce que vous avez à faire.
C'est pas moi qui ai tué Manu.
-Fonder une famille quand on a perdu sa mère
et qu'on a des relations difficiles avec son père,
pour Manu, c'était mission impossible.
Ses sorties, la drogue...
C'était une manière de provoquer sa rupture avec Eline.
-Il l'a quand même bien harcelée !
-Je veux, je veux pas... C'est le paradoxe humain.
Il faut qu'on sache ce qu'il a fait avant de revenir chez son père.
-Il était peut-être avec ce Corentin.
On n'a même pas son nom de famille. -Mais on sait où il travaille.
ESTaK Connexion. -Quoi ?
-C'est la marque de mode où Manu était styliste.
Mélanger notre bel Estaque avec le grand banditisme !
-"French connection" ?
C'est plutôt pas mal.
Partir du local pour ouvrir sur l'international,
c'est ambitieux, non ?
-Mouais...
...
Qu'est-ce que tu fais ?
-Rien. Je fais une étude pour la mairie.
-Les informations municipales, c'est secret défense, forcément.
-Forcément.
Téléphone.
-C'est Alice !
Ma chérie ! Ca fait plaisir de t'entendre !
Comment ça va ?
-Je me suis disputé avec Rebecca. Tony pourra pas venir.
-Comment ça ?
On a dit tous réunis ! Tous ensemble !
Il est où le loup ?
-Rien. C'est une histoire de pognon.
J'ai pas parlé de l'anniversaire. Je veux rien lui devoir.
On le fêtera une 2e fois avec Tony. -Tu lui en as pas parlé ?
Mais tu penses à ta mère, parfois ? Tu penses à lui faire plaisir ?
Ou tu profites juste de la chambre
et des lasagnes ? -Papa...
-Ravale ton orgueil.
Son anniversaire, c'est maintenant. Plus tard, c'est trop tard.
C'est comme ça qu'on passe à côté de ceux qu'on aime.
-Alice sera pas là avant un mois.
Je me consolerai avec ma soirée surprise.
Musique angoissante et bruit de pas d'un dinosaure.
...
-Ah ! Ah ! Ah !
Qu'est-ce que...
-Tu as trop flippé ! Tu étais mort de trouille !
-C'est pas drôle.
-J'adore ce passage.
Il va sortir de l'enclos. Il va tous les manger.
-Coucou ! -Hello.
-Ludovic, tu as tout rangé ?
-Non, "on" a rangé. Hein, Raph ? -Ouais.
-Tu as bien rangé la cuisine ? -Non, c'est toi qui l'as faite.
-Tu crois que c'est comme ça que je vais t'aider avec Solène ?
-De quoi il parle ?
-Non, non, c'est rien, bonhomme.
On a encore demain pour ranger.
-OK, mais on le fait maintenant, alors.
-Allez.
-Tiens, bonhomme.
Bonjour de Russie !
-Tu rigoles ?
-Tous aux abris !
-Vous faites quoi ?
Ah, d'accord !
...
-Et c'est qu'un avant-goût du grand jeu de ce soir !
Bon anniversaire, mon amour. -Merci, mon amour.
-C'est par ici que ça se passe.
-Tu as braqué un fleuriste ou quoi ?
-Ouais.
Je suis désolé pour ce que je t'ai dit hier.
J'imagine que c'est pas facile de vivre une séparation.
Pareil pour ta soeur. Elle a sa vie.
-Non, tu avais raison de me dire ça.
Du coup, y a plus d'anniversaire ? -Si, y a l'anniversaire de ta mère.
Après les fleurs, elle imagine des trucs incroyables
et j'ai pas d'idée.
-On va trouver.
On va trouver.
-On va trouver. -On va trouver.
-Coucou, c'est moi.
Y a quelqu'un ?
-Solène ?
Mon amour ! Tu m'as tellement manqué.
-A cause du ménage ?
-Ah, heu... Oui.
Hier soir, on a un peu... Enfin tu vois, quoi.
Mais on va tout ranger. Hein, papa ?
On va tout ranger. -Oui. Oui, oui. Si j'y arrive !
Perdon, Solène,
mais le parcours sportif, avec Raphaël, a été un peu rude.
Mais je suis ravi de vous voir ! -Ah oui ?
-Bon, allez, papa, tu m'aides ? -Oui, oui.
-Je m'occupe d'emmener Raphaël à l'école ?
-Raphaël est parti.
Ludovic voulait lui montrer son appartement.
-Ludo, partir aussi tôt ?
C'est du jamais-vu.
-Vous savez, Solène, les hommes peuvent changer.
Si, si, ça arrive !
Bon, les enfants, vous avez plein de choses à vous raconter.
Et tu as des témoins à interroger. -Oui. Allez, au revoir !
-Bonnes retrouvailles, mes agneaux.
-Je suis désolé.
...
-Donc je peux choisir un modèle
et le customiser comme je veux ? -Exactement.
Et ça, c'était une idée de Manu.
Je l'adorais, ce type.
Sa façon d'être, son élégance...
Et son génie.
-Vous le connaissiez depuis longtemps ?
-Depuis que je l'ai embauché, il y a un an.
J'ai pas vu tout de suite à quel point il était doué.
Il était discret. Timide.
Quand j'ai compris, j'ai réorganisé notre façon de travailler.
-C'est-à-dire ?
-Je l'ai mis à la direction artistique.
Mes stylistes se sont tous mis à travailler pour Manu.
-Ca a dû faire des jaloux.
-Je pense pas, non.
Il avait vraiment réussi à fédérer l'équipe autour de lui.
Ses idées étaient brillantes, novatrices.
On aimait travailler avec lui.
-Ces derniers temps,
il fédérait plus grand-chose.
-Il a jamais voulu me dire ce qui allait pas.
-Sa collection, il a pu la terminer ?
-Non.
-Comment vous avez fait ?
-Quelqu'un d'autre a finalisé la commande.
Un styliste moins doué mais fiable.
-Vous avez passé la main à Corentin Larieux ?
-Comment vous savez ça ?
Même Manu était pas au courant.
-Qu'est-ce que vous comptiez faire, avec Manu Cana ?
-Je savais pas.
Je peux pas me permettre de payer quelqu'un qui travaille pas.
La chance de Manu, c'était maintenant, pas demain.
-Le pote qui fait la fête avec vous pour vous piquer la place...
-Et si Manu l'avait compris ?
C'est peut-être ça, les éclats de voix.
-Vous avez déjà trouvé notre suspect ?
-Il est en route.
Ca a matché dans le fichier central.
Petit casier.
6 mois en prison pour du trafic de drogue.
Du coup, on a son ADN.
-Et ? -Et bingo !
Ca correspond aux fragments de peau sous les ongles de Manu Cana.
-Un match ADN ne constitue pas une preuve irréfutable.
-Le suspect aura du mal à nier une altercation avec la victime.
Son téléphone a borné où ?
-Il était désactivé.
-Comme par hasard.
-Vous avez désactivé votre téléphone, la nuit du crime.
-Non, j'avais plus de batterie.
-C'est votre collection ?
-Je l'ai retouchée,
mais non, c'est pas ma collection.
-En effet. C'est celle de Manu Cana.
C'est une aubaine, pour vous,
de finir la collection. -Vous voulez dire quoi ?
-Vous étiez un peu jaloux, non ?
-Pas du tout.
Grâce à Manu, les ventes ont explosé.
On en a tous eu les bénéfices.
-Vous l'emmeniez souvent faire la fête.
Jusqu'à l'aube.
-Quand j'ai capté que Manu voulait se détruire,
c'est vrai, j'ai pas réagi.
-Si, vous avez réagi.
En l'y encourageant !
-Le laisser se saboter, c'était vous propulser à sa place.
En pole position chez ESTaK Connexion.
-Ce qu'on appelle de l'opportunisme.
Ca vous a pas gêné non plus
de signer la collection de Manu.
-J'avais pas le choix.
Guillaume a dit que c'était plus simple.
-Manu l'a découvert et s'est senti trahi.
-Ah, tu es là.
Faut qu'on sorte.
J'suis libéré, là. J'en ai plus rien à foutre.
-OK, viens, on sort. -Attends, tu fais quoi, là ?
-Je suis désolé, Manu. Vraiment, je suis désolé.
-Tu travailles sur ma collection ?
-Tu viens plus. Il fallait qu'on la boucle.
-Ca te dérange pas de prendre ma place ?
-Guillaume m'a mis la pression.
Je pouvais pas faire autrement. J'allais te le dire.
-Tu me lâches ?
D'abord Eline et maintenant, toi ?
Et Guillaume, il va faire quoi de moi ?
-J'en sais rien.
-Il va me virer, c'est ça ?
Vous êtes une belle bande d'enfoirés.
-Et votre peau sous ses ongles, c'était pour vous remercier ?
-Quoi ? Ma peau ? Mais j'en sais rien !
On se voyait souvent. Peut-être qu'il m'a griffé.
-Oui, c'est connu. Quand on se voit, on se griffe.
Poursuivez.
Vous l'avez revu, dans la soirée ? -Ouais.
Je l'ai cherché partout, dans toutes les boîtes.
Je voulais qu'on trouve une solution.
-Vous l'avez trouvé. -Ouais, à 4h du matin.
Il était au Taxi. C'est une boîte près du port.
-Et ? -Il m'a sauté dessus.
-Et vous vous êtes battus. -Je me suis défendu.
Le gérant du bar nous a séparés.
Après, je suis rentré chez moi. Je sais pas ce qu'il a fait après.
-Vous êtes mis en examen, M. Larieux.
Le procureur va vous trouver une place
en détention provisoire.
-J'ai rien fait ! Je veux pas retourner en taule !
Son genou craque.
Téléphone.
-Oui ?
Oh ! Soleil de ma vie !
Il gémit.
Non, non, non !
T'inquiète pas, tout va bien.
Je suis en pleine forme. Un jeune homme !
Oui.
Comment ça, tu veux plus ?
On frappe.
-Oui, entrez.
-Elle est là. Elle vient vous voir.
-Non ! Ne me quitte pas, Milena !
Enfin quitte pas... Quitte pas le téléphone.
Quitte pas, chérie.
Qui ça ? -Adjudicator !
-Qui ? Ah, la proc' !
Faites-la attendre 5 mn. Je suis occupé.
-Moi, faire attendre Adjudicator ? Ah non, non, non !
-Sortez, Fanny.
Amenez-la-moi dans 5 mn.
Et fermez-moi la porte.
Fanny claque la porte.
Excuse-moi, chérie.
Comment ça, tu veux plus de moi en Russie ?
Tu vas revenir à Marseille ?
Ah.
Mais si ! Tu penses ! Je suis heureux !
Même très heureux !
-Monsieur le procureur est occupé. Il vous demande de patienter 5 mn.
-5 mn ? Pourquoi pas 15 ?
-En attendant, je peux peut-être vous proposer un thé ?
-Vous faites souvent des pauses thé ?
Conduisez-moi jusqu'à lui.
-Bien. Merci, Nadia.
-En fait, il était cool, Quiring.
-Comment ? -Non, rien.
Alors ?
-Le patron de la boîte confirme la déposition de Corentin.
-Corentin l'aurait suivi à l'atelier ?
Ca cadre pas avec l'impression qu'il a donnée.
-Si on devait se fier aux impressions...
-Pourquoi Manu était dans le bureau de son père ?
Y a rien pour dormir, là-bas.
-Il voulait pas réveiller sa famille.
-Vous, vous l'auriez fait, mais pas lui.
Il a pu découvrir que sa chambre avait été vidée au profit d'Arthur.
-Chambre qui se trouve à côté de celle de son père.
-Il aurait réveillé tout le monde, dans l'état où il était.
Moi, je préfère me rendre compte. -Sur place.
-Sur place.
On y va ? -Ouais.
On frappe.
-Oui, entrez.
-Monsieur le procureur, madame la procureure.
-Chère consoeur ! Chère Adjudi...
-Ne perdez pas votre temps à me brosser le poil.
Dites-moi juste ce que je dois savoir.
-C'est pas la passation de pouvoir à l'Elysée.
-Perdon ? -Je disais... Heu...
Bienvenue à Marseille !
-Bienvenue en enfer, plutôt.
-En enfer ?
-Je n'ai pas demandé à venir ici.
On m'a mutée pour un problème d'autorité.
Les gens ne supportent plus qu'on leur fasse des remarques.
Ils ne m'ont même pas fait de pot de départ.
Alors Marseille,
son pastis, ses sardines, sa bouillabaisse,
j'en ai vraiment rien à faire.
-Eh oui.
Oui, oui. Ben oui.
Je comprends. Je comprends.
Eh oui.
Sans compter la mafia.
Les quartiers Nord, Sud, Est, Ouest.
L'OM. Les hooligans.
Les avocats.
-Quoi ? Les avocats ?
-On vous a pas parlé des avocats ? -Non.
-Ah...
Ils sont tous marrons.
Ca reste entre nous,
mais le président du tribunal non plus, c'est pas...
Bon.
Heureusement, les juges sont pas trop compétents.
Au moins, eux, ils vous embêteront pas.
-Ce n'est plus une punition, c'est un cauchemar.
-Eh ouais, et c'est tous les jours.
Mais bon, si... Ah... Si...
Oui, il y aurait...
Il y aurait bien une solution. -Une solution ?
-Oui, mais il va falloir du courage.
Que vous affrontiez la chancellerie.
-A quoi vous pensez ?
-Vous refusez le poste. -Quoi ?
-On va trouver des arguments.
Je sais pas, un problème personnel qui vous oblige.
On va trouver.
Et moi, de mon côté, je viens en recours.
Je décale mon départ
pour raisons supérieures.
-Pour raisons supérieures ? -Oui.
Pour le bon fonctionnement de la justice.
-Pourquoi vous feriez ça ? -Oh ben tiens...
La solidarité entre confrères, c'est important.
Et puis... Et puis...
Je le peux.
C'est l'histoire de quelques semaines, après tout.
Hum ?
Je vous offre un thé ?
-Oui. Volontiers.
...
-Monsieur le juge.
-Qu'est-ce qui s'est passé ?
-Je sais pas. Il a dû tomber par terre.
-Ou alors un bon coup de pied.
Il est venu quand, la dernière fois, Manu ?
-Je sais pas. -Il y a 3 semaines.
-Au moment où vous commenciez à aménager la chambre pour Arthur.
-Et quand il a débarqué,
à 5 ou 6h du matin, dans un état second,
il a découvert
que vous aviez pris sa chambre pour la donner à son frère.
Les éclats de voix, c'était pas dans le bureau.
C'était ici.
-C'était entre Manu et vous.
Il était en colère.
Vous saviez pas ce qu'il venait de vivre.
Ca vous a rendu fou de rage.
-C'était un accident.
-Manu a débarqué à l'aube.
Il était complètement défoncé.
-(Mais qu'est-ce que tu fous là ? Tu veux réveiller tout le monde ?)
-T'as pas mis longtemps à m'effacer de ta vie !
-Maman...
-Tu es content de toi ?
-Maman !
-Dégage !
-Qu'est-ce qui se passe ?
C'est moi qui ai dit à Christophe de rattraper Manu.
Ca faisait longtemps qu'on l'avait pas vu.
Fallait pas rompre le lien.
-Je vais dormir ici, dans ton putain de bureau.
Après, tu me reverras plus.
-Calme-toi, Manu. Je ne suis pas contre toi.
-Ah ouais ? Pourquoi tu m'appelles jamais ?
Tu aurais préféré que je reste ici, à t'obéir.
-Manu, arrête.
C'est compliqué.
-C'est compliqué ?
Tu m'as jamais aimé, en fait !
-Tu dis n'importe quoi. -Tu sais quoi ?
J'espère que tu seras un meilleur père pour Arthur.
Quoi ?
Tu dis plus rien ?
Tu es fort, pourtant, pour me gueuler dessus.
Tu m'engueules pas ? -Ca suffit, maintenant. Dégage.
-Me dégager définitivement, c'est ça que tu veux !
-Il était là, par terre.
On a pris son pouls.
On a écouté son coeur.
Manu bougeait plus.
Il respirait plus.
On a appelé les secours.
Ils ont dit qu'ils seraient là dans 5 mn.
-5 mn, ça peut être long, parfois.
Qu'est-ce qui s'est passé, pendant ce temps ?
-On a compris que Christophe irait en prison pour homicide.
Volontaire ou pas.
Je voulais pas qu'Arthur vive sans son père.
-Comme Manu sans sa mère.
-C'est ma faute.
J'ai demandé à Isabelle de ne rien dire au Samu.
Juste qu'on savait pas ce qui s'était passé.
Je dois payer.
-Alors, monsieur le procureur ? Adjudicator ? Si terrible que ça ?
-Ne jamais accorder crédit à la rumeur.
Comme la calomnie,
elle peut accabler les honnêtes gens.
Au contraire, mon remplaçant est quelqu'un de formidable.
-Formidable ? -C'est un type charmant
qui adore cette ville.
Et le plus incroyable,
c'est que sa compagne est russe
et qu'elle va venir s'installer à Marseille.
-Tu veux dire que...
-Eh oui.
Milena a réalisé que sa vie et sa famille sont ici.
-Donc vous restez ?
-Bonne déduction, Meyer.
-Vous avez fait comment, avec Adjudicator ?
-Rien n'est impossible à ceux qui y croient.
Proverbe chinois :
"La volonté permet de grimper sur les cimes.
"Sans volonté, on reste
"le cul dans la vallée !"
-S'te plaît ! Je veux aller chez papa !
-Mon coeur, c'est pas si simple.
-Une semaine sur deux.
-Hé, bonhomme...
Elle a raison, maman. Je veux aller trop vite.
Parce que je veux rattraper tout le temps où j'ai pas été là.
Mais ça va aller. Je vais patienter.
OK ?
Elle a besoin de preuves, ta maman.
-Pour les preuves, on peut faire un test.
Qui commence aujourd'hui.
Mais pas de film, hein !
Y a école, demain. Promis ?
-Promis, maman. Promis juré.
-Merci.
Merci.
Allez, viens ! Hou, si je t'attrape...
Viens par là ! Tu vas voir !
-Quoi ? Qu'est-ce que tu veux ?
-Une semaine sur deux ?
Ca va ? Tu vas me supporter ?
-Barth ?
Barth ?
...
-Joyeux anniversaire. -Merci, mon chéri.
Mais tu es trop mignon !
-Tellement mignon !
-Merci, mon amour.
-Joyeux anniversaire !
-Oh !
-Bon anniversaire !
-Ma chérie !
Pourquoi tu nous as pas prévenus ? C'est un cadeau, alors ?
-Exactement, c'est un cadeau !
-Rebecca ! -Joyeux anniversaire, Constance.
-Merci ! Mais quel bonheur ! Quel bonheur de vous avoir tous !
Je suis trop contente. -On t'aime.
-Moi aussi, je vous aime.
-Allez ! -Ah, ça fait du bien !
A nous ! Oh là là !
-Qu'elle est belle, ma fille !
-Bon anniversaire !
-Papou, tu nous fais pas un discours ?
-Oh oui ! Si !
Tu en fais pour les autres, pourquoi pas pour nous ?
Le discours ! Le discours !
-LE DSCOURS !
-D'accord, d'accord.
Eh bien...
Merci
à mes enfants.
Merci à mes petits-enfants.
Maintenant, il y en a deux ! Un nouveau Meyer à la barre !
Enfin quand je dis Meyer,
c'est aussi le fils de son père, notre inénarrable XL.
D'ailleurs, pourquoi il est pas là ?
-C'est pas lui le père ?
-En fait...
-Bien. Voilà.
Parfait.
Donc comme l'existence n'est qu'une suite de rebondissements
tous plus étonnants les uns que les autres,
je t'invite, mon coeur, à souffler tes bougies !
-Avec plaisir ! Alors...
1, 2, 3 !
-Bravo !
-OUAIS !
-Très bien soufflé ! -Merci, merci !
Nos enfants n'ont vraiment pas la même famille que la nôtre !
-Mais on continuera
à veiller les uns sur les autres. -Bien sûr !
Bien sûr.
-Venez, les filles.
-Ah là là !
-Pas trop triste d'avoir manqué ta soirée romantique
avec l'homme de ta vie ?
-Il faudra que tu me dises ce que c'était, ta surprise.
-Je rêve ! Je vais pas griller mon prochain plan !
-Mais mon Barth...
Le gâteau, les bougies, les fleurs, les enfants !
D'avoir réuni tout le monde, c'est la plus belle des surprises.
Merci. -Bon anniversaire !
-Oh, mes amours ! -Bon anniversaire !
-Oh là là ! Non mais vous êtes fous !
Oh là là, mes trésors !
Faudra quand même que tu nous dises qui c'est !
-C'est le cadeau de Tony. -Mon petit coeur !
Il a fait un truc en pâte à sel. Il est trop doué !
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