All language subtitles for La Stagiaire.S07E05

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Original subtitles

...

-C'est pas un peu rapide ?

-Qu'Antoine aille vivre chez Félicité ?

Il dort quasiment plus ici. -Ils se connaissent à peine.

-Merde !

-Donc le yoga, c'est sans toi, maintenant ?

-On fera des séances en visio. Notification.

-Y a un souci ?

-Rebecca travaille ce soir. Je dois prendre Tony.

-On peut le garder, nous. -Evidemment.

-Mais non,

je vais l'emmener avec moi, comme ça il rencontrera Félicité.

Je suis bête.

Bon, à bientôt.

-Ca va ?

-J'ai glissé.

-C'est un peu tôt, pour Tony.

-Il vient de se séparer de sa mère et il lui présente une autre femme.

-C'est lui le père. C'est lui qui décide.

Nous, on est là.

-Pour le soutenir.

-QUOVE.

...

-Vivement que Solène revienne.

Je sais pas comment je vais faire.

Là, c'est trop. -Ludo va travailler au Palais ?

-Il va remplacer le responsable du courrier.

La journée au Palais et le soir, à la maison.

On va plus se quitter !

-Voyez le bon côté des choses.

Ce sera plus facile pour vous organiser le travail.

Non ?

-Constance. Monsieur le juge.

-Bonjour. -Bonjour.

-C'est un plombier qui a aperçu le corps.

Il venait pour une chasse d'eau.

La porte n'était pas fermée.

Victor Blanchet, 52 ans.

Il louait ici depuis un mois. Il vivait seul.

-Seul ?

Il voulait de la place !

-D'après le légiste,

il serait mort hier, entre 20h et 22h.

-Il est mort comment ?

-Crise cardiaque, mais je pense que c'est un meurtre.

C'est pour ça que je vous ai appelés.

Il avait la main crispée sur ce papier, quand on l'a trouvé.

Ca vient de ce bloc-notes, et le stylo était sous le corps.

-"François".

Avec un C devant.

-Moi, je lis : "C'est François." -Il aurait écrit

le nom de son meurtrier ?

-Le légiste pense qu'il a pu être empoisonné.

Il dîne.

Il se sent pas bien.

Son téléphone est dans la cuisine, il peut pas l'atteindre,

alors il prend un papier

pour noter le nom de son agresseur.

-Il faut être sûr de la cause du décès.

Je vais demander des analyses.

-Je vais faire checker les restes du dîner.

-Il avait un François dans ses contacts ?

-Non, j'ai vérifié.

Il n'avait pas beaucoup d'appels, sauf avec Delphine Watrin.

Ils se sont parlé hier soir, à 19h30.

Je lui ai laissé un message. Elle doit nous rappeler.

-Et le voisinage ?

-Le voisin l'a vu rentrer vers 17h.

D'après lui, il était discret, pas très causant.

La lumière restait allumée la nuit. Il le voyait debout.

-Insomniaque ?

-Très probablement. Téléphone.

Capitaine Saïdi.

Mme Watrin, merci de me rappeler.

On aurait besoin de vous parler. Où vous trouvez-vous ?

Eh bien on arrive. Merci.

Une visite de la vieille ville, ça vous dit ?

Elle est guide touristique.

-Victor et moi, on a divorcé il y a 10 ans.

Mais on est restés amis.

Quand il s'est installé ici, on l'a hébergé.

-Pourquoi il est venu à Marseille ?

-Suite à un plan de départ volontaire.

Il en avait marre de Paris. Il a voulu changer d'air.

-Ces derniers temps, il était comment ?

-Il y a 3 jours, il est passé me voir.

Je l'ai trouvé préoccupé.

Tu aurais dû me prévenir, on aurait déjeuné ensemble.

-Ce sera pour une autre fois.

J'ai un service à te demander.

Tu peux me garder ça ? -C'est quoi ?

-Des copies de dossiers.

-C'est encore ton enquête ?

Qu'est-ce qui se passe, Victor ? -Je peux compter sur toi ?

-Evidemment.

Tout va bien, tu es sûr ?

-Il enquêtait sur quoi ?

-Il y a 5 ans,

Etienne, son meilleur ami, est mort d'une crise cardiaque.

C'était comme un frère pour lui.

Il s'était mis en tête que sa femme l'avait empoisonné.

-Vous la connaissez ? -Non, je l'ai jamais rencontrée.

On était déjà divorcés.

Je crois qu'elle habitait à Lyon.

-Comment elle s'appelle ?

-Françoise.

Claquement sec.

-Mais je te jure !

J'ai hâte qu'il vienne, le nouveau responsable.

J'en ai, des choses à lui dire !

Les parapheurs, c'est moi qui les ai achetés.

Ils nous font remplir des bons de commande

mais tu vois jamais rien venir.

Sans parler de la photocopieuse !

Tu les as vues, les ramettes ? -Hein ?

-Les ramettes !

-Heu... Non.

Excuse-moi, mais là,

j'ai tous les papiers de la victime.

Il voulait prouver que son ami avait été tué par sa femme.

-Il a fait une vraie enquête.

-Il y a des notes, des photocopies, des plans...

-"La veuve noire" ?

Elle a tué plus d'un mari ? -C'est ce que croyait Blanchet.

Le premier mari est mort d'une chute dans un escalier.

-C'est une belle femme. -Hum.

-Il la surveillait.

-Ca en a tout l'air.

-"Françoise Jonquières".

Comme l'avocat ?

-Je sais pas. Faudrait vérifier.

Elle habite Marseille, maintenant !

Blanchet s'est installé à deux rues de chez elle.

C'est pas que pour le soleil qu'il est descendu dans le Sud.

-Boris !

-Il devait commencer la semaine prochaine.

Tu es déjà là ?

-Ca arrangeait les RH.

Tu me connais. Ludo, toujours dispo !

Constance, c'est ça ?

J'ai beaucoup entendu parler de vous.

-Moi aussi. -Ah bon ?

Si vous avez besoin de fournitures,

je suis votre homme !

Dis-moi, Boris,

tu iras chercher le petit, ce soir ?

Je vais pas m'en sortir, moi.

-Viens voir.

Non.

Ici, on jongle tous entre le boulot et la famille.

Quand on fait un planning, on s'y tient.

-Chef, oui, chef.

-Et aussi, il faudrait être moins familier.

-Vous avez raison, monsieur le juge.

Bon !

Moi, je file !

J'ai ma tournée qui m'attend. A plus !

Je veux dire... A très bientôt, si vous le souhaitez.

-Il a l'air sur le coup. -Il a surtout la tchatche.

-C'est pas une veste à vous ?

-Il avait rien de sérieux à se mettre.

-Ca mériterait un petit shopping entre hommes.

Mais où il va ?

-Je sais pas.

-Un service d'accueil unique, ça sera pas mal !

-La première fois qu'on a parlé de moderniser le Palais,

j'avais pas un seul cheveu blanc.

Ah, avant que j'oublie ! Tiens.

-Théâtre de Beaune. Tu m'invites ?

-Je manquerai la fin de la saison. Autant que tu en profites.

La semaine prochaine, il y a les quatuors de Beethov'.

-Tu seras déjà parti ? -Mon avion est le 17. J'ai hâte !

Un petit café ?

Ca va, Boris ?

-Monsieur le juge, on a notre homicide.

-Votre énergie va me manquer.

-Un compliment, monsieur le procureur ?

Blanchet a été empoisonné à la digitaline.

Le poison était dans le vin.

Il est mort dans l'heure qui a suivi son absorption.

-Quelqu'un est venu chez lui ?

-La PTS a relevé des marques d'effraction

mais dans la maison, il n'y a que les empreintes de Blanchet.

Merci.

Il soupçonnait Françoise Jonquières d'avoir empoisonné ses maris.

-Jonquières, comme le ténor du barreau ?

-Oui, c'est son épouse.

-J'ai déjà eu affaire à lui. C'est un adversaire redoutable.

C'est un plaideur hors pair. Il sait retourner un jury.

-Elle saura à qui s'adresser si nos soupçons se précisent.

-C'est parfait.

Pierre-Louis arrive par le vol de 18h.

Non, non,

c'est entre nous, pour fêter son succès.

A tout à l'heure.

Alors ?

En quoi puis-je vous être utile, M. Delcourt ?

-Nous avons quelques questions au sujet de Victor Blanchet.

-Ca fait des années que je n'ai pas entendu ce nom.

-Il a été tué hier soir,

à son domicile, à deux rues d'ici.

-Quand je l'ai connu, il habitait Paris.

-Vous n'aviez plus de contacts ?

-Excusez-moi.

Ca me rappelle de mauvais souvenirs.

Je vous en prie,

asseyez-vous.

Il y a 5 ans, j'ai perdu mon mari brutalement.

J'étais dévastée.

Blanchet m'a accusée de l'avoir tué.

C'était ignoble.

-Pourquoi il pensait ça ? -Il était jaloux de notre couple.

Etienne et moi, on était très fusionnels.

Lui venait de divorcer.

Il essayait d'entraîner mon mari dans des virées.

Etienne a pris de la distance.

Blanchet a imaginé que je l'avais monté contre lui.

Après l'enterrement, ça a été terrible.

Il s'est mis à me harceler.

J'ai dû changer de numéro. -Vous n'avez pas porté plainte ?

-J'ai déposé une main courante.

Je savais qu'il souffrait de la mort d'Etienne.

Je n'ai pas voulu en rajouter. J'ai préféré couper les ponts.

-On peut connaître votre emploi du temps d'hier ?

-Est-ce que je dois comprendre

que vous me soupçonnez ?

-C'est la procédure, Mme Jonquières.

Vous connaissiez la victime.

-J'ai passé la matinée ici.

L'après-midi, j'étais au Club Azur, avenue du Prado.

J'y suis bénévole. J'organise des conférences là-bas.

-Vous êtes rentrée à quelle heure ?

-Mais je ne sais pas !

Vers 19h. J'ai dîné seule.

Après, j'ai lu.

Mon mari était à Lille, c'est dans toute la presse.

Je comprends pas.

-Je vous ai connue plus aimable.

-Et vous, moins conciliant, monsieur le juge.

Vous êtes tombé sous le charme de Mme Jonquières ?

-Pas du tout ! Je reste ouvert.

Je l'ai trouvée très franche sur son différend avec M. Blanchet.

-Elle s'est présentée en victime. Visiblement, ça a marché.

Téléphone.

-Oui, Nadia ? On vous écoute.

*-J'ai récupéré les fadettes de Blanchet.

*Mardi dernier, il a contacté le cabinet de Me Jonquières.

-Sa femme n'est peut-être pas si franche que ça.

-Il est encore à Lille.

Allez à son cabinet, poser des questions.

Merci, capitaine.

-(Maman !)

-Le 21, ça ne m'arrange pas, j'ai une audience.

-Qu'est-ce que tu fais avec le tipi de Tony ?

-Il arrive pas à dormir sans.

-La chambre d'amis est super. Elle a même une salle de bains.

-Oui, mais ça peut le rassurer.

-Il n'en aura pas besoin.

On se voit le 22, alors. Super.

Il va passer une super soirée. On commandera des pizzas.

-Si vous faites des frites maison, il sera aux anges.

-On est en retard. Le cocktail au Palais Longchamp.

-Le cocktail, bien sûr.

-Tu peux me garder ça ? -Oui.

-Merci.

-Eh ouais.

*-Jonquières ne pouvait pas recevoir Blanchet avant 2 mois.

*Il est venu au cabinet.

*Le gardien les a vus parler. Ca avait l'air tendu.

-Le lendemain, Blanchet donnait une copie du dossier à son ex.

*-On n'a pas retrouvé l'original.

-Il a sûrement été volé. Merci, Nadia.

*-De rien. Au revoir.

-On va convoquer Mme Jonquières.

Qu'est-ce qu'on sait des deux premiers maris ?

-Etienne Davron était gestionnaire d'actifs.

L'ami de Blanchet.

Simon Lantier est mort en 2005. Architecte naval.

Ce sont les profils idéaux pour une femme intéressée.

-Enfin, Constance ! C'est une réflexion misogyne.

-Non, c'est une déduction de juge.

Ils ont le profil !

Des quinquas avec un statut, des moyens.

D'après Blanchet,

elle a touché leur assurance décès et hérité de leurs biens.

-Il pensait qu'elle les avait empoisonnés.

-C'était son hypothèse.

Avec du chlorure de potassium et des plantes cardiotoxiques.

Il n'y a pas eu d'enquête.

La veuve...

La veuve noire a fait incinérer les corps.

-Un bon moyen de cacher la vérité. On frappe.

-Excusez-moi, monsieur le juge... -Perdon.

Je suis outré par vos méthodes indignes d'un magistrat.

-Merci, Fanny.

Maître, s'il vous plaît.

-Vous harcelez ma femme. Vous interrogez mon assistante.

Vous auriez dû m'en informer ! -Vous êtes là, profitons-en.

-Cet homme m'a abordé dans la rue. Il tenait des propos incohérents.

Fin de l'histoire.

-Vous pouvez nous préciser la teneur de ses propos ?

-M. Jonquières !

Il faut que je vous parle.

-Appelez mon cabinet. -C'est à propos de votre femme.

Vous ne savez pas qui elle est !

C'est une meurtrière.

-C'est vous, le dingue qui la harcelez ?

-Françoise tue les hommes avec qui elle partage sa vie.

C'est une veuve noire ! Tout est là-dedans.

-Si vous recommencez à harceler ma femme,

je porte plainte pour diffamation.

C'est avec les flics que vous vous expliquerez.

Foutez le camp. -M. Jonquières !

-Foutez-moi le camp !

-Il faut me croire !

-Avec ce genre d'individu, il faut montrer qu'on ne cédera pas.

Avant que vous ne posiez la question,

je ne l'ai pas revu.

Le lendemain, je partais à Lille pour la semaine.

-Votre épouse a dit ignorer que M. Blanchet était à Marseille.

-Je ne lui ai pas parlé de cette rencontre.

-Pourtant, elle était concernée.

-Françoise a vécu des moments douloureux.

Je ne voulais pas qu'elle soit la cible de ce mythomane.

-Vos voeux ont été exaucés :

il a été tué et son dossier a disparu.

-Vos insinuations sont ridicules.

Vu son tempérament, il ne devait pas manquer d'ennemis.

Vous devriez chercher de ce côté.

Si vous n'avez pas d'autre question, on m'attend.

-Restez à notre disposition.

-J'ai du mal à croire qu'il n'ait rien dit à sa femme.

-Et que ses menaces aient suffi à calmer Blanchet.

-Je vous ai envoyé le compte-rendu de l'autopsie d'Etienne Davron.

-Vous l'avez lu ? *-On n'avance pas.

Ils ne soupçonnaient pas un meurtre

donc ils n'ont pas analysé les prélèvements de sang.

-L'IML de Lyon a dû les conserver. *-Pendant 5 ans ?

-Tant que le procureur le demande.

-Donc on peut savoir si Davron a été empoisonné.

-On les appellera demain.

-Je vais tenter ma chance maintenant. Bonne soirée.

-Bonsoir.

Bonsoir !

-Hey ! Salut, vous. Toi.

Ca va ? -Hum.

-Je suis claqué. J'ai couru toute la journée.

-C'est grand, le Palais. -Très grand.

-Raphaël a fait ses devoirs ?

-C'est possible.

-C'est quoi ces chaussures ?

Elles sont où, ses baskets ?

-Je sais pas.

-Raphaël !

Qu'est-ce qui s'est passé ?

Tu as échangé tes baskets neuves ?

-Raph, on t'a forcé, c'est ça ?

-Il m'a pris mon portable, aussi.

-C'est qui, ce garçon ?

Il est dans ton école ?

Raphaël !

-Il t'a menacé

si tu le balançais ?

-Oui.

-Ca s'appelle du racket.

Personne n'a le droit de faire ça. -Hé, bonhomme...

On est là pour t'aider.

On a besoin de savoir qui c'est.

-C'est un grand du collège. Les autres l'appellent Yannick.

Ils étaient au square.

Téléphone.

-Lui dis rien ! -Dis rien !

-On peut gérer ça entre nous. -Oui, on peut !

-Bon... Chut !

Oui ?

Ah, c'est toi ?

Non, non, tu me déranges pas. Tout va bien.

Très bien, même.

Raphaël t'a pas répondu ?

-(Batterie. Batterie HS.)

-Oui, son portable était déchargé.

Mais il est là. Je te le passe.

-(Raph.) -Allô, maman ?

Ouais, super.

-On peut pas lui cacher la vérité.

-On va dire qu'il l'a perdu. On appellera l'assurance.

On en prendra un pourri, personne lui piquera.

-Et on lui rachète des tongs ?

-Ouais...

-Je vais parler au directeur.

-C'est mieux, ça.

-Non, je peux pas.

J'ai une audience à 8h.

-T'inquiète pas, je m'en occupe.

-Tu es sûr ? -Mais bien sûr.

Quand j'étais môme, j'étais convoqué tout le temps !

J'ai une dalle, moi !

-Et vous signez.

-L'IML de Lyon vient de me rappeler.

Davron avait de la digitaline dans le sang.

-Blanchet avait raison. -Et il a été tué de la même façon.

-On se croirait dans un roman d'Agatha Christie !

-Le poison, c'est l'arme de prédilection des femmes.

-Là, c'est vous qui êtes sexiste !

-Ca veut dire quoi ? On empoisonne parce qu'on fait la cuisine ?

-Ce sont les statistiques.

-Françoise Jonquières, comment s'est-elle procuré la digitaline ?

Il faut une ordonnance.

-A moins de l'extraire de la plante.

Blanchet avait une photo.

La digitale pourpre !

Aussi jolie que dangereuse.

C'est le même parterre de fleurs.

La veuve noire cultive l'arme du crime dans son jardin.

-Saisissez tous ce qui peut avoir un lien avec M. Blanchet.

Téléphone, ordinateur, dossier rouge,

si elle ne s'en est pas débarrassée.

-Chéri, rappelle-moi.

Le juge est ici pour une perquisition.

-On n'irait pas admirer le jardin ?

C'est là.

-Les tiges ont été coupées récemment.

-20 g de feuilles sèches, ça peut tuer quelqu'un.

-Mon mari veut vous parler.

-Oui, maître ?

En effet.

Non, c'est inutile de venir.

Votre femme va être placée en garde-à-vue.

Bien sûr, nous ne commencerons pas sans vous.

-Ah !

Maître, je vous accompagne. -Je connais le chemin.

-Non, mais j'insiste.

S'il vous plaît, maître.

-C'est un crime d'avoir un jardin fleuri

et d'aimer faire des bouquets ?

-Victor Blanchet n'était pas chez lui, l'après-midi.

Le meurtrier ou la meurtrière... -Très subtil, monsieur le juge.

-...en a profité pour s'introduire chez lui

et injecter la digitaline dans la bouteille de vin.

Le bouchon a été percé avec une seringue.

-Vous avez relevé des empreintes dans la maison ?

-La porte du garage a été forcée.

-Ma femme vous a dit qu'elle était au Club Azur.

-Elle a pu s'arrêter en y allant.

-C'est vous qui m'avez appris qu'il habitait Marseille !

-C'est vrai, il ne vous a pas parlé de leur rencontre.

-Vous avez affirmé être restée chez vous, ce soir-là.

Une voisine vous a vue sortir,

vers 21h.

-Ah oui.

Oui, j'avais oublié.

Quand il fait chaud, ça m'arrive de courir tard.

-Vous en profitez

pour retourner chez M. Blanchet. -Je suis allée vers la plage !

-Il est mort.

Vous récupérez le dossier qu'il a monté contre vous.

-Pour la 10e fois,

ma femme ignorait l'existence de ce dossier.

-Il en avait mis une copie en lieu sûr.

-S'il y avait un élément incriminant,

vous l'auriez déjà brandi.

Ce ne sont que les délires d'un malade.

-Non, maître.

Nous avons demandé l'analyse des prélèvements

effectués sur Etienne Davron.

Comme le soupçonnait M. Blanchet,

son ami a été empoisonné.

-Je comprends pas.

Le médecin avait dit que c'était une crise cardiaque.

-Provoquée par l'ingestion de digitale.

Un meurtre qui avait l'apparence d'une mort naturelle.

-Vous êtes en train de m'accuser de la mort d'Etienne ?

Chéri, mais c'est insensé !

-Votre instruction est manifestement à charge.

Vous tentez de joindre au dossier

un décès qui n'a fait l'objet d'aucune poursuite.

Je te conseille d'exercer ton droit au silence.

-A4... Il est où, le A4 ? Ah oui, c'est ça.

Mais non ! C'est quoi, ça ?

-Je te cherche partout ! Je suis allé dans ton bureau.

-Je suis sur le terrain. Je me familiarise avec le matos.

Et alors on se tutoie, finalement ?

-Tu as parlé au directeur ?

-Il est sur le coup, mais c'est pas simple.

-Comment ça ? -Ca n'a pas eu lieu à l'école.

Il doit contacter le principal du collège de l'autre gamin.

-Qu'est-ce qui se passe avec Raphaël ?

-Le square n'est pas considéré comme un abord direct de l'école.

-Donc devant le portail, un gamin est protégé,

et 50 m plus loin, c'est la jungle ?

Au lieu d'ergoter, le directeur devrait faire un signalement !

-Il va revenir vers nous. -Je m'en occupe.

-C'est pas à toi de faire ça. -Non, c'est à toi !

Tu es juge d'instruction, non ?

Tu sais que le premier réflexe, c'est de porter plainte.

Tu veux l'adresse du commissariat ?

-Je vais inscrire Raphaël à un cours de karaté.

-Arrête. Tu peux être sérieux ? -Je suis très sérieux.

Moi, qui m'a appris à me défendre ? Personne !

Pourtant, ça m'aurait servi,

crois-moi.

-J'essayais juste d'aider ton fils, c'est tout.

Oui, enfin, votre fils.

Enfin, le vôtre à vous.

-Tu as suffisamment de choses à régler pour ton départ.

-Je vous retiens pas.

-Hé !

Si vous avez besoin de cartons pour vos affaires, vous m'appelez.

-Je lui dis tout de suite. Merci, Nadia.

Ca va pas, monsieur le juge ?

-Vous devez me dire quoi ?

-Nadia a étudié les finances des Jonquières.

Surtout celles de Françoise.

-C'est-à-dire ? -Elle a un compte personnel,

sous son nom de jeune fille, Valbonne,

largement alimenté par les héritages de ses maris.

Il y a eu jusqu'à 2 millions d'euros.

-C'est plus le cas ? -Non.

Elle s'est acheté un beau domaine à Ramatuelle.

A l'insu de son mari.

-C'est quoi cette histoire ? -C'était une surprise.

-Drôle de cadeau.

Il n'y a que votre nom

sur le titre de propriété.

Vous l'avez payé grâce à l'argent hérité de vos précédents maris.

Ou devrais-je dire "victimes" ?

-C'est une calomnie.

Enfin, Pierre-Louis...

-Je souhaiterais m'entretenir avec ma femme.

Avec ma cliente.

-Une précision encore, afin que vous ayez tous les éléments.

Il y a de gros travaux à prévoir.

Votre femme a déjà engagé un architecte

qui a établi un devis à plus de 600 000 euros.

-C'est pour me faire une idée. J'ai rien signé.

-Vous comptez financer comment ces travaux ?

-Je sais pas. On aurait vu ça ensemble.

-Je pense que la facture allait être réglée grâce à votre décès.

-Comment pouvez-vous dire une horreur pareille ?

-Seulement, Blanchet réapparaît.

Il s'installe à côté de chez vous,

prend contact avec votre mari.

Ca compromet vos plans.

-C'est absolument ridicule. -Je vous repose la question :

est-ce que vous avez dit à votre femme

que vous aviez vu M. Blanchet ? -Mon amour,

regarde-moi.

-Vous la croyez toujours innocente ?

-Je lui en ai parlé le soir-même.

-Quelle a été sa réaction ?

-Elle était paniquée à l'idée qu'il la harcèle.

-C'est normal, après ce qu'il m'avait fait !

Mon amour, je te jure. Regarde-moi.

Je l'ai pas tué.

-Ce sont les derniers mots de M. Blanchet.

-Tu me fais plus confiance ? -Je sais pas. Je sais pas.

-Mais si, tu sais !

Mon ange, sans toi, je serais plus là.

Tu m'as redonné goût à la vie.

La seule chose qui compte, c'est nous deux, tu le sais.

Où tu vas ? -Il faut que je réfléchisse.

-Non ! Reste !

-Je peux pas assurer ta défense.

-Reste !

-Mme Jonquières,

vous êtes mise en examen.

-Quand Jonquières s'est levé, elle l'a agrippé d'une force...

Elle supportait pas de perdre le contrôle.

-Elle a vu son héritage s'envoler.

-C'est pas sa seule motivation. Y a quelque chose de plus profond.

-Comme quoi ?

-Il faudrait en savoir plus sur son passé, ses origines.

-Blanchet n'avait rien là-dessus ? -Non.

Mais nous, on a des moyens qu'il n'avait pas.

-Bonjour, Félicité. -Ah, Constance.

-Alors ? Vous avez rencontré Tony ? -Oui, oui.

-Il a eu besoin de son tipi ?

-Oui, et de son père aussi. Antoine a dû dormir avec lui.

-Ca ira mieux la prochaine fois.

-Il passe tout à son fils. Il faut savoir mettre des limites.

Mme Jonquières est avec le juge Delcourt ?

-Pas encore.

-Mais vous êtes...

-Sa nouvelle avocate.

-J'ai pu parler à votre tante, Lucie.

Elle habite toujours à Gap.

Elle aimerait bien avoir de vos nouvelles.

-Merci pour le message, Mme Meyer.

Si nous pouvions avancer. -Mais nous avançons, Me Dupin.

Nous avançons.

Elle m'a appris que vous aviez grandi à Ramatuelle.

Votre mère était la secrétaire et la maîtresse d'un industriel.

Il possédait une belle propriété.

Justement...

Celle que vous venez d'acheter.

-Excusez-moi, monsieur le juge,

mais ma cliente est mise en examen pour la mort de Victor Blanchet.

-Son meurtre. Et là, nous parlons du mobile.

Poursuivez.

-Cet homme avait promis d'épouser votre mère,

mais il a rompu et l'a licenciée. Elle a tout perdu.

Ca lui a brisé le coeur.

Elle s'est laissée mourir de chagrin.

Je vous apprends rien.

A 13 ans, il y a des choses qui marquent pour toujours.

C'est là que vous avez commencé à haïr les hommes.

Vous avez décidé

de ne jamais être leur victime.

-On est dans un cabinet d'instruction

ou chez un psy ?

-Tout ce que vous avez fait,

c'est pour revenir ici.

Vivre le rêve qu'il vous a volé à toutes les deux.

-C'est ce salaud que j'aurais dû tuer.

-Il était mort. Les autres ont payé pour lui.

-Mme Jonquières, ne dites plus un mot.

-Les hommes font tous des promesses qu'ils ne tiennent pas.

-Vous reconnaissez avoir empoisonné Etienne Davron et Simon Lantier ?

-Oui.

Eux aussi, ils m'ont achetée.

-Et Victor Blanchet ?

Vous vouliez le faire taire. -C'est faux !

J'ai rien à voir avec sa mort.

-Deux meurtres sur trois, on avance.

-Elle avoue celui de Simon Lantier mais pas celui de Blanchet.

-C'est une question de temps. -Pourtant, je l'ai sentie à bout.

-Elle prépare sa défense.

Pour ses maris, elle plaidera un crime passionnel.

Pour Blanchet, impossible.

-Et si elle disait la vérité ?

-Françoise Jonquières est une menteuse et une manipulatrice.

Vous l'avez senti depuis le début.

-Pour les meurtres précédents, elle avait un alibi. Là, rien !

-Elle s'est affolée.

Elle devait récupérer le dossier.

La digitaline, c'est sa méthode.

On n'en a pas fini avec elle.

-Jonquières, dévasté ?

Je peux vous assurer qu'il a retrouvé de sa superbe !

-Déjà ? -Oh oui.

Il clame qu'il a poussé la meurtrière à avouer.

Il sentait qu'elle lui cachait quelque chose.

-Il se donne le beau rôle.

-Il veut préserver sa crédibilité.

-Vous videz votre bureau ?

-C'est invraisemblable, ce qu'on accumule !

Bonne soirée, Meyer. -Bonsoir.

-Qu'est-ce qu'il voulait ?

-Rien. Des bruits de couloirs.

Ca va, avec votre père ?

-On a eu des mots au sujet de Raphaël.

Il n'est pas le mieux placé pour me parler d'éducation !

Ouais, j'aurais pas dû dire ça.

On va se quitter fâchés.

-Vous avez réagi comme ça à cause de son départ.

-Je suis très content pour lui. -Mais pour vous ?

Ludovic sifflote joyeusement.

...

-Ca sent bon.

-J'espère bien ! Gnocchis à la provençale.

Recette familiale, mon ami ! -Raphaël est dans sa chambre ?

-Il est au téléphone avec sa mère.

-Tu lui as dit, pour le racket ?

-Pas la peine. J'ai récupéré le téléphone.

-Comment tu as fait ?

-A la sortie de l'école, on a croisé le petit caïd.

-Tu lui as parlé ? -Je lui ai foutu la honte !

Il a tout rendu. -Même les baskets ?

-Regarde.

-Ben... Merci, Ludovic.

-De rien.

Je suis allé voir le proviseur.

On oublie la plainte et on raconte tout à Solène.

Ou pas.

Assieds-toi.

Goûte-moi ça !

Tu m'en diras des nouvelles.

-C'est chaud.

-Ben oui, c'est chaud.

-C'est fort !

-Raphaël, à table.

-J'en peux plus.

3h de réunion avec le maire pour changer un mot et 2 virgules.

-Fais-toi élire, c'est toi qui valideras les discours.

Tu m'aides pour le drap, s'il te plaît ?

Tu sais que ça s'est mal passé, chez Félicité ?

Antoine a dormi avec Tony dans le tipi.

-Tu avais raison, ça l'a perturbé.

-Elle a pas apprécié.

Elle croit tout savoir mais elle a jamais été parent !

-Tu as parlé à Félicité ? -Elle est venue au bureau.

Figure-toi qu'elle reprend la défense de la veuve noire.

-Elle est comment, comme avocate ? Pitbull ?

-Elle a aboyé, mais pas longtemps.

J'ai fait craquer sa cliente.

-Comme ça, aux réunions de famille, elle s'engueulera avec toi.

Ca me va !

-Je crois pas qu'elle m'en voudra.

Plaider pour la veuve noire, c'est une bonne pub pour elle.

Il y a celui-là à faire, aussi.

Allez, viens !

-Avant de plier, j'embrasse !

-Vous êtes déjà au Palais ?

-J'ai récupéré les affaires de Blanchet.

J'ai trouvé quelque chose.

-Sur Françoise Jonquières ?

-Non, sur Blanchet.

Il a reçu un recommandé de son ex-employeur

chez Delphine Watrin, son ex-femme.

-C'est normal. Il a fait suivre son courrier chez elle.

-Elle l'a eu le matin de sa mort.

-Donc ils se sont vus ce jour-là ? *-Ouais.

C'est pas la seule chose sur laquelle elle nous a menti.

Contrairement à vos déclarations,

votre ex-mari n'a pas fait partie d'un plan de départ volontaire.

-C'est ce qu'il m'avait dit.

-Depuis quelques mois, il était devenu agressif, parano.

Suite à une altercation avec son supérieur, il a été viré.

-Je savais pas.

-Vous ne vous êtes pas rendu compte de son changement de comportement ?

Vous avez reçu ce courrier le jour de sa mort.

Vous lui avez apporté ?

-Oui.

Enfin non.

Je l'ai mis dans sa boîte.

-A quelle heure ? -Après le boulot.

-D'après votre patron, vous êtes partie à 17h.

Victor était chez lui quand vous y êtes allée.

-Mme Watrin,

vous êtes la dernière à l'avoir vu vivant.

-C'est Françoise Jonquières qui l'a tué.

-Nous pensons que ce n'est pas elle.

Qu'est-ce que vous nous cachez, Mme Watrin.

-C'est vrai, je suis allée chez lui.

Il respire très difficilement.

Victor ?

Victor, c'est moi.

-Delphine. -Tu as fait un malaise ?

-Qu'est-ce qu'il avait ?

-C'est une maladie génétique très rare et incurable.

Le syndrome IFF.

-C'est de pire en pire. -De quoi tu parles ?

-Mon père avait la même chose.

-Ca attaque la partie du cerveau qui régule le sommeil.

Il ne dormait plus depuis des mois.

Il commençait à avoir des hallucinations.

C'était trop dur. Il n'en pouvait plus.

-Il souffrait trop.

Il savait qu'il ne vivrait pas assez longtemps

pour faire tomber Françoise Jonquières.

Il s'est empoisonné lui-même

pour faire croire que c'était elle.

-Au moins, cette salope paiera pour mon meurtre,

même si là, elle n'est pas coupable.

-Tu vas faire comment ?

-Avec les digitales de son jardin.

Elle en avait déjà, à Lyon.

Je suis sûr que c'est comme ça qu'elle a tué Etienne.

Quand la police viendra te voir, tu leur donneras l'enveloppe.

Ils penseront qu'elle a récupéré mon dossier.

Elle sera piégée, la veuve.

J'ai tout prévu !

-Mais tu peux pas mourir ! Pas comme ça !

-Ecoute, Delphine...

Il me reste quelques mois à vivre.

J'ai vu mon père crever dans des souffrances horribles.

Je finirai pas comme lui.

Au moins, ici,

il y a le soleil et la mer.

-C'est à cause de cette maladie que tu voulais pas avoir d'enfant ?

Tu voulais pas la transmettre ?

-C'était trop risqué.

Je pouvais pas t'empêcher d'être mère.

Quand je te vois avec tes gosses,

je me dis que j'ai eu raison.

-J'ai pas pu refuser.

Je suis partie. Je l'ai laissé tout seul.

-Il a profité de l'absence de Jonquières pour piéger sa femme.

Il nous laissait assez d'indices pour remonter jusqu'à elle.

-J'ai même pas été capable de garder son secret.

-Suffisamment pour révéler 2 meurtres

et faire arrêter la coupable.

-Vous devrez répondre d'entrave à l'exercice de la justice.

Vous saviez qu'elle n'avait pas tué Victor Blanchet.

On frappe à la porte.

-Oui, entrez.

-Je voulais te dire que ça s'était arrangé, pour Raphaël.

A l'amiable.

-Eh bien c'est très bien.

-Et m'excuser, aussi, pour hier.

Je me suis emporté. J'aurais pas dû te parler comme ça.

-Moi non plus.

Je me suis un peu trop impliqué dans cette histoire de racket.

Raphaël a bien assez de deux papas à plein temps.

Vous vous débrouillez très bien sans moi.

-Ne dis pas ça.

Comme grand-père, tu es parfait.

-Tu crois ?

-Hum.

Ah...

En rangeant, j'ai retrouvé un vieil armagnac.

Où est-ce que je l'ai mis ?

Ah, si ! Il est là.

"Réserve spéciale délibérations." Ca te dit ?

-Hum.

L'autre jour, quand tu m'as donné tes places de théâtre,

j'ai réalisé que tu partais pour de vrai.

Ca m'a fait bizarre.

-J'espère bien que tu vas venir me voir.

-Tu vas me manquer.

-Ouais, toi aussi, tu vas me manquer.

Encore un petit coup.

Ca va nous faire passer l'émotion.

-Ca a l'air compliqué, ton truc.

-C'est "virabrata".

Ou "vibrarata".

C'est le guerrier.

-Ah.

Aussi difficile à dire qu'à faire !

-Il est venu transpirer avec son papa.

Le yoga en visio, ça a ses limites.

-Heu... Non.

Je crois qu'il est pas venu pour ça.

-J'ai quitté Félicité.

-Oh, mon pauvre chéri.

On est désolés.

Hein, chéri ? Surtout toi.

-Ouais.

-Ca va, n'en faites pas trop.

-C'est difficile, une rupture.

-On s'est engueulés.

Je me suis rendu compte que j'étais pas à ma place.

C'est pas ma vie, la thalasso.

Ce que j'aime, c'est aller à la plage avec Tony.

-Tu as peut-être brûlé les étapes, depuis ta rupture avec Rebecca.

-Il faut prendre son temps

pour surmonter les épreuves,

sinon, c'est comme un fardeau qui t'empêche d'avancer.

-Il est inspiré, depuis qu'il écrit les discours du maire.

-Je vois ça !

Ca vous dérange pas si je me réinstalle ?

-On n'avait même pas remarqué que tu étais parti.

-Super !

-(Yes !)

-Il nous a vus ?

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