All language subtitles for La Stagiaire.S07E03

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Original subtitles

...

-Vous êtes mignons. -Tu devrais venir avec nous.

Ca fait un bien fou.

-C'est vrai. Ca développe la pleine conscience.

-Le lave-vaisselle aussi est plein.

-C'est trop bien de passer du temps avec vous.

J'ai l'impression de me recentrer. -Tu avais besoin de recharger

ton énergie vitale. -Oui.

Je vais me doucher et vider le lave-vaisselle.

-N'oublie pas ! 18h, jogging sur la corniche.

-Yoga, jogging... Un vrai programme de remise en forme.

-Il se ressource avec son père. -Avec Rebecca,

ce serait mieux. -Pourquoi ?

-Plus on se ressource loin

l'un de l'autre et plus... -La source finit par se tarir.

Je te laisse. J'ai un discours à écrire sur la politique sportive.

-Bon jogging !

...

-Attends, attends, il faut que je te montre.

Regarde.

*-C'est encore plus nickel que quand je suis là.

-Et ton fils s'est douché sans râler.

*-Faut-il que je revienne ? -Je peux remettre le bordel

si ça peut te faire arriver plus vite.

*-Justement, je vais devoir rester à Paris,

*ce week-end. J'ai du boulot avec la présentation projet

*à faire pour lundi... Boris ? Tu dis rien ?

*Je vais appeler ma soeur. Elle va te relayer avec Raphaël.

-Non, on se débrouille bien avec Raphaël. Mais on a besoin de toi.

Sonnette. Attends, ça a sonné.

*-Laisse tomber. Je dois y aller de toute façon. On s'appelle ce soir ?

-OK. OK. A ce soir.

Elle lui envoie un bisou. Il déverrouille la porte.

Bon, Raphaël, on part dans dix minutes !

N'oublie pas de te laver les dents !

-Croissants pour le petit déj',

pains au chocolat pour le goûter. -Et pour le dîner ?

-Je pensais prendre

à emporter à côté... -Je plaisante. Par contre,

je dois emmener Raphaël à l'école dans dix minutes

et j'ai une scène de crime. -Je sais. Je suis ton procureur.

-Je ne risque pas d'oublier.

-Dix minutes pour faire le cartable et boulotter

les croissants, c'est une éternité. Vas-y. Raphaël !

C'est papi Vladimir ! -Ouais ! Papi !

-C'est le cri de ralliement. J'arrive !

J'ai une surprise pour toi !

Il soupire.

Sirènes de police.

...

-Le voilà.

-Eloignez-vous. -C'est notre chemin.

-C'est une zone de crime.

-C'est un bel endroit pour mourir. -Vous avez été vite.

-L'officier de police a mis son gyrophare.

-Ca devait être sympa.

-Très. -Votre père m'avait dit

que vous seriez à l'heure. -Mon père ?

C'est pas possible !

Il faut que je lui parle. Qu'est-ce qu'il fiche, son remplaçant ?

-Pour trouver un remplaçant à sa hauteur, ça va être long.

Prenez votre mal en patience. -Vous ne pouvez pas passer par ici.

Alex, tu t'en occupes, s'il te plaît ?

-Bonjour. -Bonjour.

On n'a jamais été autant dérangés. -C'est un spot d'escalade connu.

-La victime était une star. Un grimpeur de l'extrême.

-"De l'extrême" ? -Il faisait des ascensions

originales, souvent à la limite de la légalité.

-Comment ça ? -Ca peut être des falaises

à pic ou des ouvrages d'art. -Comment s'appelle la victime ?

-Florian Dillon. Suivez-moi, c'est par là.

C'est Natasha Pasquier, sa compagne. Elle a découvert le corps

hier après-midi. Elle était partie rendre visite à son père. Il habite

un village un peu plus bas.

Il l'a raccompagnée, et c'est eux qui ont appelé les secours.

Je lui ai demandé

de venir. -Le couple habitait ici ?

-Oui. -C'est roots.

-C'est le prix de la liberté.

-Les secours ont découvert le corps ici. Il respirait encore.

Il est mort à l'hôpital,

pendant la nuit. -Et l'arme du crime ?

-Posée à côté du corps, plein de sang.

Sa compagne confirme que c'est un marteau d'escalade de la victime.

Il n'y a aucune empreinte. -S'il a trouvé

le marteau ici, ça écarterait la préméditation.

Ca s'est passé à quelle heure ? -Un berger l'a vu ici à 14h.

Sa compagne l'a trouvé à 17h. -Ca servait à filmer ses exploits ?

Ca, c'est les cartes mémoire.

Il faut les faire analyser rapidement.

-Il faisait vendre du papier. -Oui.

C'est son agenda ?

Il ne chômait pas.

Italie...

Espagne...

-Je ne sais pas comment on fait pour vivre à deux dans cet endroit.

-L'amour, monsieur le juge. Hier, il avait rendez-vous à 18h

pour l'entraînement. A 500 mètres d'ici.

Ce n'est pas un peu tard ? -Ah non !

L'après-midi, la falaise est en plein cagnard.

-Comment vous savez ça ?

-Car j'ai grandi à Annecy. J'ai toujours entendu parler d'escalade.

Je préfère le trail... -Et donc ?

-Une seule route dessert le site.

Une caméra a été installée car il y a souvent des accidents.

Si le meurtrier est venu en voiture, on pourra l'identifier.

-C'est parfait. C'est encore plus fiable qu'un témoin.

-On est nés dans le même village, avec Florian. A Vennabley.

-Vous étiez là-bas, hier ? Chez votre père ?

-Ouais.

Mon père vit seul depuis que ma mère est décédée. J'essaie

de passer du temps avec lui quand...

-Vous reveniez souvent ? -On faisait les entraînements

de Florian ici. Après, le reste de l'année, on partait

découvrir de nouveaux spots de grimpe partout en Europe.

-Et vous ?

-Quoi, moi ? -Vous aussi, vous grimpez ?

-Non. Non, non, moi, je grimpe pas.

J'accompagnais Florian, c'est tout.

Et je travaillais un peu aussi à l'office du tourisme du village

pour mettre de l'argent de côté. Contrairement à ce qu'on croit,

les grimpeurs ne sont pas millionnaires.

-Aurait-il pu susciter de la jalousie ?

-Non. Florian

était un modèle pour les gamins du village. Personne n'aurait voulu

lui faire du mal. -Et pourtant...

On ne se laisse pas envahir.

On a du boulot. -Boris, je dois

te parler d'une affaire urgente.

-Donne ce dossier à Gombert. -Non. C'est un dossier brûlant.

Enfin, brûlant, si on veut... Vous pouvez nous laisser une seconde,

s'il vous plaît ?

-Euh... oui, oui, bien sûr.

-Raphaël l'a fait tomber de sa poche en retournant à l'école,

ce midi. Ne t'inquiète pas, je m'occupe de ça. Moi vivant,

Raphaël ne fumera pas.

-Ce midi ? -Oui. On a déjeuné ensemble.

Tu aurais vu le menu à la cantine. -Tu aurais dû me prévenir.

-Tu m'as mis sur la liste des proches habilités à le récupérer.

-Au cas où j'aurais un empêchement.

-Tu devrais plutôt me remercier. Heureusement que j'étais là.

On a frôlé une future addiction. -Il doit y avoir une explication.

-C'est l'époque. Ils sont précoces. Raphaël va avoir droit

à un rappel à la loi. -Un rappel ?

-Oui. Sois tranquille. Je m'en occupe.

-On a du travail. -C'est vrai.

-C'est ce que j'avais compris. C'est pour ça que je m'en occupe.

Je vous laisse. Perdon.

-Vous croyez que Raphaël fume ? -Mais non.

Mais il devient envahissant. -Vous avez vu !

Qu'est-ce qu'il me veut, à la fin ?

-Il est désoeuvré, il a envie de s'occuper.

-Qu'il se mette au Sudoku, mais qu'il ne vienne pas m'importuner.

Sinon... -Sinon quoi ?

-Je lui dirai ma façon de penser. -Ah, là, voilà.

-Il n'y a que deux voitures qui sont passées entre 14h et 17h.

La première, à 15h,

est à Hugo Thénin, le patron d'une marque de vêtements

et de chaussures d'escalade. C'est le sponsor de Florian Dillon.

Sa voiture repasse à 15h30.

La deuxième, c'est à 16h45.

C'est celle de Numa Pasquier, le père de Natasha.

-C'est parfait, capitaine.

Convoquons ce sponsor qui avait rendez-vous avec la victime.

-Ou pas. Il n'y a rien de marqué sur l'agenda de Florian Dillon.

-Je crois savoir pourquoi le sponsor est allé là-bas.

On a fait analyser

les vidéos de Florian. Il grimpe aussi bien avec sécurité

comme sans, en free solo. Mais il y a aussi ça.

*-Ca fait longtemps. Vous devez vous demander pourquoi j'ai disparu

*des radars. Certains m'avaient déjà enterré.

*Non. Je prépare depuis des mois une ascension à laquelle personne

*s'est jamais aventuré avant moi. Où ça ? Je vais déjà vous dire

*comment. Je prépare cette ascension

*en free solo et en nocturne. C'est une première mondiale.

*Alors, si ça t'intéresse, je te donne rendez-vous

*jeudi à 21h30

*sur Facebook pour vivre en direct, avec moi, cette ascension

*de malade et unique. A jeudi.

*Boum !

-Oui, je suis bien allé voir Florian hier.

-Pour quel motif ? -Amical.

*-Où ça ?

*Je vais déjà vous dire comment. Je prépare cette ascension

*en free solo et en nocturne !

-Et c'est en toute amitié que vous avez parlé de ce projet ?

-Florian voulait relancer sa carrière.

-Relancer ? -Oui.

Il y a un an, il s'est blessé à la cheville. Depuis, il avait du mal.

Les grimpeurs de l'extrême doivent réaliser des exploits

et les filmer. Florian n'avait plus diffusé d'images depuis longtemps.

-Un champion en perte de vitesse, ce n'est pas un bon investissement.

Ce nouveau projet

devait être une aubaine pour vous. De quoi s'agissait-il ?

-Le barrage de Roquebel.

C'est une paroi lisse.

Vous pouvez vite vous retrouver en grande difficulté. Le faire

en free solo, c'est une folie.

C'est juste un truc pour épater la galerie. C'est trop dangereux.

-Ou Florian vous demandait plus d'argent.

-Non. J'étais fermement opposé à ce projet. Je lui avais dit.

Je suis allé le voir pour tenter de le convaincre de ne pas le faire.

Dis donc, j'ai vu ton teaser, hier soir.

Je ne sais pas si tu veux te tuer,

mais moi, je ne fais pas

dans le suicide assisté. -Tu vas arrêter de me sponsoriser ?

-Un vrai champion, c'est un champion vivant.

-Arrête avec ça. Tu vas me porter la poisse. Hugo,

viens voir. Viens avec moi.

Regarde. Je vais être le premier à grimper

cette voie. Imagine les retombées

pour Eneroc. Ca va faire des millions de vues.

Le monde entier va voir ta marque. -Ecoute-moi bien.

Si tu t'obstines, je romps le contrat.

-OK. Bah moi, je vais devoir t'attaquer en justice.

Tout le monde saura que tes chaussures de merde m'ont coûté

une cheville. -Attends...

Ca n'a rien à voir avec ta blessure, tu le sais très bien.

-Ah ouais ?

Tu as l'air bien sûr de toi.

-C'est quoi, cette histoire ?

-Florian disait que sa chute était due aux produits d'Eneroc.

-C'est vrai ? -Il ne voulait pas

admettre qu'il avait fait

une erreur.

-Si la responsabilité de votre matériel était avérée, ça coulait

votre business. -Je l'aurais tué pour éviter

un scandale ?

-Je vais vous demander de rester à la disposition de la justice.

-Thénin n'a pas nié son conflit avec la victime.

Il n'a même pas cherché à se créer un alibi. S'il est coupable,

il n'est pas très prudent. -Oui, mais il a un mobile solide.

Leur dispute a pu dégénérer.

-On a trouvé, dans le camion de la victime,

une promesse de vente signée

par Florian et sa compagne il y a un mois.

-Pour l'achat d'un mas dans la région.

-Ils se sont rétractés.

Mais c'était hors délai. Ils ont perdu 30 000E. Enfin, Natasha.

Elle avait avancé l'argent. -30 000E, c'est pas rien.

-Il faudrait savoir pourquoi ils ont renoncé à ce projet.

Si c'est Florian, Natasha avait des raisons de lui en vouloir.

...

-Bonjour. -Bonjour.

-Bonjour. -Vous désirez... ?

-Je suis juge d'instruction. Nous enquêtons sur la mort

de Florian Dillon. -D'accord.

-On cherche Natasha Pasquier. -Elle est là-bas, au fond.

-MERCI. -Je vous en prie.

-Le jeune homme du bar nous a dit que vous étiez là.

-J'étais en train de faire un diaporama

pour l'enterrement.

Avec des photos,

des vidéos de Florian. Pour se rappeler des bons souvenirs.

-C'est vous qui filmiez Florian ?

-Non. C'était souvent des jeunes qui voulaient s'entraîner avec lui.

Dernièrement, c'était Max, le garçon au bar. Il devait filmer

l'ascension du barrage. Asseyez-vous, je vous en prie.

-Le projet de Florian était assez fou.

Comment est-ce qu'on peut prendre de tels risques ?

-C'est tout l'enjeu des sports extrêmes. Dépasser ses limites

et parfois... jouer avec la mort en se mesurant à elle.

-C'est sûr, on doit se sentir libre. Mais pour l'entourage,

quel supplice !

-Qu'est-ce que vous voulez dire ?

-Un projet immobilier, c'est plus stable.

Un projet avorté,

d'après ce qu'on sait.

-On s'est décidés trop vite.

C'était trop tôt. -Trop tôt ?

Pour qui ? Pour vous ou pour Florian ?

Parce que vous avez perdu une jolie somme dans l'affaire.

-C'est lui qui s'est rétracté ?

Ca n'a pas dû être facile pour vous de renoncer à ce projet d'avenir.

Natasha...

Depuis combien de temps vous vous sacrifiiez ?

-Je ne me sacrifiais pas.

Je vivais pour ça.

Je vivais pour lui.

Pour qu'il puisse s'épanouir, accomplir ses rêves.

Vous avez même pas idée de tout ce qu'on a vécu ensemble.

Excusez-moi. Je vais prendre l'air.

...

C'est vrai que ce mas, au départ, c'était plutôt mon idée.

Je n'aurais pas dû insister.

Mais Florian m'avait promis qu'après le barrage, il arrêterait.

J'ai eu le propriétaire au téléphone.

Tu t'es rétracté ?

-Je sais pas, je l'ai pas senti. -Tu l'as pas senti ?

C'est une blague ?

-On l'achètera, ta maison. Plus tard.

-"Plus tard"... C'est toujours plus tard, avec toi, Flo.

-Avec le barrage, ça va me relancer. C'est pas le moment

de s'enterrer. -"De s'enterrer" ?

Fonder une famille et t'installer avec ta femme, c'est s'enterrer ?

-On est jeunes. On a le temps. -Ca fait des années

qu'on fait que bouger. Il n'y en a que pour toi.

-Ca n'avait pas l'air

de te déranger.

-Donc, c'est quoi, le plan ? Continuer jusqu'à 60 ans ?

Me faire un enfant pour me calmer, à qui je vais devoir expliquer

ton absence ?

-Dans quelques années, tu vas voir, on va se poser.

Promis.

-Si tu savais le nombre de fois où j'ai entendu cette phrase.

On a perdu 30 000E.

-Et alors ? Dans quelques mois, je vais me faire dix fois plus.

Ma cote va exploser. Les sponsors vont s'arracher mon nom.

Florian Dillon !

Ne t'inquiète pas, on va l'acheter, cette maison.

-Je vais faire les courses.

-Et vous avez décidé de le quitter. -Qu'est-ce que je pouvais faire ?

J'avais pas le choix.

Ce jour-là, j'étais venue pour lui annoncer, quand...

Quand je l'ai retrouvé. -Florian

n'avait pas l'air du genre à se laisser quitter

sans réagir...

-Pourquoi je l'aurais tué ? J'allais le quitter.

-Le problème,

c'est que vous ne pouvez pas prouver ce que vous dites.

Je vais vous mettre

en examen.

Ah ! Ca va, tu me rassures, mon grand.

Oui.

-Je dérange ? -OK. OK.

Je t'embrasse, Raphaël. A tout à l'heure.

-Raphaël n'est pas encore en garde à vue ?

-Le briquet, c'était pour faire des tours de magie.

-Il devrait bénéficier des circonstances atténuantes. Sinon,

j'ai demandé à Nadia d'enquêter sur l'argent perdu du couple.

30 000E, c'est une belle somme. C'est une donation que Pasquier

a fait à sa fille.

Il n'a pas d'autre épargne. -Donner toutes ses économies

à sa fille... -Et découvrir qu'elle a tout perdu,

ça a pu le mettre très en colère.

-Je vais demander à Nadia de le convoquer demain matin.

-Très bien. -Merci.

-Je vous en prie.

-Je dois faire mon rapport à Quiring. Vous m'accompagnez ?

-Bien sûr.

Ce ne sera pas

nécessaire.

-J'ai eu l'étudiante qui garde Raphaël...

-Raphaël avait besoin d'un briquet pour faire un tour de magie.

Je sais. -T'étais déjà au courant ?

-BEN OUI.

-Comme quoi, il vaut mieux toujours discuter

plutôt que de faire l'autruche. La communication, c'est la clef

de voûte de l'éducation.

-Je rêve ou Quiring m'a fait une leçon d'éducation ?

-Et le rapport ?

-Oh, je suis rincé ! Ce jogging m'a tué. J'ai les jambes en coton.

-C'est parce que tu viens de t'y remettre. Dans 15 jours, c'est moi

qui vais te demander de ralentir. -Tu veux que je t'aide ?

-A farcir le poulet ? -Non, t'as raison, oublie.

-Ouvre plutôt les deux bières. -Yes !

Qu'est-ce que c'est que ça ? "Le sport est une école de la vie,

"de dépassement de soi, de fair-play..."

-Apporte-moi ta prochaine plaidoirie. On va voir qui va rire.

-Oh !

Au fait, j'ai déjeuné avec Rebecca.

-Vous parlez de Rebecca ? Attendez-moi pour les confidences.

Alors ? Reprends depuis le début. -Je disais à papa

que Rebecca et moi, on a parlé et on a mis les choses au clair.

Cet entre-deux, pour Tony, c'est pas bon.

-Bah voilà.

-Il a besoin que ses parents soient heureux, disponibles.

-Faire passer sa vie de famille avant soi-même, c'est ça, devenir

un homme. Bravo.

-Comment ça ? Non.

Ce que j'essaie de vous dire, c'est que Rebecca et moi,

c'est officiel, on se sépare.

Mais tout va bien, hein.

La vie continue. -Bien sûr.

-Et comment !

Il a raison.

La vie continue.

-Oui, je sais.

Enfin, ça me fait tout bizarre, quoi.

Ce ne sera plus Antoine et Rebecca.

Et pour Tony, son papa d'un côté, sa maman de l'autre...

-Ca ne sera pas le premier enfant de parents divorcés.

-Ce n'est pas pour Tony que je m'inquiète le plus.

Lui, il va s'habituer. -C'est pour Antoine ?

Attends, personne ne l'a forcé. En plus, je trouve ça très sain.

Il est trop jeune pour s'obstiner dans un ménage

qui ne l'épanouit plus. -Mmh...

-Si. Il est jeune, beau, talentueux.

Il a toutes les cartes en main pour se refaire

une belle vie.

Qu'il ait fait le bon choix ou le mauvais choix, peu importe.

C'est son choix.

-Et nous devons le soutenir. -Exactement.

Le bloc. Le bloc Meyer.

Indestructible.

-Indestructible.

Tu reveux du jus, mon chaton ?

-Non merci, maman.

-Vrais pancakes, vrai sirop d'érable, comme au Canada.

-Mais si, c'est trop bien.

Rebecca déteste ça. Donc, j'en ai jamais à la maison.

-Régale-toi.

Qu'est-ce que tu regardes ?

-Je regarde les annonces d'apparts, mais il n'y a pas grand-chose.

-Tu restes ici tant que tu veux. Y compris avec Tony, quand tu l'as.

-C'est gentil, mais j'ai besoin de mon indépendance.

-Si tu as besoin

de quoi que ce soit,

tu demandes. Tu promets ? -Je te le promets.

Vous êtes mignons, mais je ne suis pas malade.

Ne vous faites pas de souci. -On ne s'inquiète pas.

-Arrêtez, je vous connais. Tu m'appelles "mon chaton".

Papa, tu me fais des pancakes. Vous flippez, en fait.

Bon, je suis à la bourre.

Vous verrez, on sera tous plus heureux comme ça.

-Tu vois, il est solide. -Pourvu que ça dure.

-M. Pasquier, vous vous entendiez comment avec M. Dillon ?

-J'aimais bien Florian.

C'est un gamin du pays. On l'a tous vu grandir.

Ici, les grimpeurs,

ça fait partie du paysage.

Mais...

-Mais quoi ?

-Faire l'acrobate et faire souffrir

ma fille, ce n'était plus possible. Il devenait égoïste, avec le temps.

-Vous saviez que Natasha et Florian avaient renoncé

à leur projet d'achat immobilier ?

-J'ai compris que c'est lui qui avait déconné. Ma fille connaît

la valeur de l'argent. -Vous savez ce que je pense ?

Après que Natasha vous a avoué la faillite de son projet immobilier,

vous la raccompagnez en voiture et vous tenez à lui dire deux mots,

à Florian.

Et là, la situation dérape. -Qu'est-ce que vous me racontez ?

-Votre fille décide de vous couvrir et appelle les secours.

-Vous êtes malade ! J'ai eu des propos violents quand elle m'a dit

pour le mas.

Mais je tue pas les gens, moi !

-Votre réaction ne plaide pas

en votre faveur.

-Vous avez appelé

votre serveur, Max Pavy, à 16h50. Pour quelle raison ?

-J'ai accompagné Natasha, je l'ai déposée près du camion

et j'ai appelé Max

pour lui dire

que je rentrerais tard. J'ignorais combien de temps ça allait durer.

-Oui, Numa m'a bien appelé.

Il voulait savoir si Florian pouvait être violent quand Natasha

romprait.

-Pourquoi il vous a demandé ça à vous ?

-Je ne sais pas. Il a confiance. Avec Numa, on se connaît bien.

-Que lui avez-vous dit ?

-Que ce n'était pas la première crise entre Florian et Natasha

et qu'elle passerait.

-Vous pensez que ça l'a rassuré ? -Je ne sais pas.

Qui je suis

pour me mêler de leur histoire ?

-Et vous, vous n'avez jamais eu envie de faire de l'escalade

comme Florian ? -Si, bien sûr.

Quand on grandit ici...

Mais je n'ai pas le talent. J'ai juste fait un peu d'athlétisme.

Et une carrière dans l'extrême, ça dure 5-10 ans...

Il faut bien bouffer. -Beaucoup d'appelés et peu d'élus.

-Hum...

-Où étiez-vous entre 14h

et 17h le jour du meurtre ?

-J'ai travaillé ici jusqu'à 16h30 et je suis allé à pied

jusqu'à la paroi où je devais

filmer Florian. -C'est la paroi qui était indiquée

à 18h sur son agenda ? -Oui, sûrement.

-Vous êtes arrivé à quelle heure ? -Je suis arrivé là-bas vers 17h30.

-Bien.

-Non, laissez. C'est pour moi. -Ce serait de la corruption.

Vous comprenez ?

Merci. -Au revoir.

-Au revoir. Merci.

-Qu'est-ce que c'est que ce jeu idiot, Constance ?

-Faites-moi confiance. Vous vous verriez plus en Max ou en Florian ?

-En Florian, j'imagine. Il vit de sa passion, il est plutôt doué

et il a une relation stable avec une fille sympathique.

-Et Max, lui, il joue les vidéastes bénévoles, il tient la chandelle,

il bosse dur au café et il joue l'intermédiaire

dans le couple.

-Il y a de quoi être un peu jaloux. -Un peu ?

-D'accord, mais de là à tuer son ami ? Quand même !

-Et si Max était tombé amoureux

de Natasha ? Et si Florian avait compris son manège ?

-Et s'il volait au-dessus des montagnes ?

Avec des si... -Mais si je vous prouve

que Max a pu être près du camion au moment où Florian a été tué,

je pourrai le réinterroger ?

Téléphone. -Commencez déjà par me le prouver.

A tout à l'heure. Oui ?

Oui.

Rires.

-Avec Antoine, je vais récupérer mes affaires...

-Des projets de rando ? -Si on veut, oui.

-Ca me fait penser...

Avec Laurent, on a un ami guide de haute montagne. Il est génial.

Vibreur. La dernière fois...

-Monsieur le juge,

avez-vous de bonnes chaussures de marche ?

Allez les chercher, je passe vous prendre.

Merci, Nadia. Merci d'avoir fait aussi vite. Au revoir.

Max était bien au bar

jusqu'à 16h30. Et il faut 1h à pied pour rejoindre le camion en partant

du village.

-Comment on peut avoir envie de faire ça ?

-Chacun ses passions. -Max Pavy ne pouvait pas arriver

au camion avant l'heure du meurtre. -En passant par la route, non.

Vous n'avez pas pris les bonnes chaussures.

-Ca, ça ira très bien. -Vous avez confiance en vous.

-Et si on trouve la voie où Florian devait s'entraîner,

qu'est-ce que ça prouve ? -Je l'ignore. On est là pour ça.

Ah, vous me suivez ?

-C'est ici ? Vous êtes sûre ? -Oui. C'est exactement

là où Max a dit qu'il avait attendu Florian.

-Il l'a attendu en vain.

-On y va ?

Bon, vous venez, là ? -J'arrive.

Qu'est-ce qu'il y a ? -Je ne comprends pas.

Normalement, sur la carte, il y a un chemin qui part de là.

Je ne le vois pas.

-En tout cas, c'est très beau.

Vous pourrez toujours vous recycler en guide de randonnée.

-Attention où vous mettez les pieds, je suis nulle en secourisme.

-Oh ! -Monsieur le juge !

Ca va ? -Ouais, ouais, c'est bon.

-Si j'osais,

je vous embrasserais.

-C'est ce que vous cherchez ? -Oui ! C'est le sentier de berger.

Ca date d'avant

le barrage. C'est abrupt. Il faut être un initié pour l'emprunter.

Ca contourne

la paroi. A mon avis, en 10mn, c'est faisable.

-Max Pavy aurait eu le temps d'aller au camion avant l'arrivée

de Natasha.

Il a dû y avoir des accidents, ici. Vous comptez tenter le coup ?

-Non, pas aujourd'hui. On y va ? -Oui, oui.

-Oui, on va l'auditionner. En tout cas, bravo, Nadia. Merci.

Au revoir. Nadia s'est chronométrée pendant le trajet du sentier.

-Verdict ? -9mn40s. Elle s'est parfois arrêtée

pour chercher le sentier.

-Quelqu'un qui connaît le lieu et sportif pourrait aller plus vite.

-Oui. Ca vous a fait du bien, l'arnica ?

-Oui, ça va mieux.

-En empruntant l'ancien sentier qui contourne la paroi,

vous avez mis combien de temps ? Dix minutes ?

-Un couple de randonneurs vous aurait, semble-t-il, reconnu.

-Je suis juste allé faire du repérage sur la paroi.

Quand je suis arrivé à son campement, les secours étaient là.

-Il y avait combien de voitures ? SAMU ? Pompiers ?

-Je ne sais pas.

J'étais paniqué. J'ai pas fait attention.

-Vous ne vous souvenez pas dans quelle voiture a été embarqué

votre ami ?

-Max, vous ne gagnerez pas cette partie.

Croyez-moi.

Vous avez tout intérêt à nous raconter ce qu'il s'est passé.

Laissez-moi vous aider.

Vous vivez dans l'ombre de Florian.

La star.

Le champion. Mais vous tombez amoureux de sa compagne.

Florian, orgueilleux, s'en aperçoit et s'en prend à vous.

Et vous, vous vous défendez.

-Max... Natasha

est mise en examen pour meurtre.

Vous ne devez pas être le genre d'homme à fuir ses responsabilités.

-Florian était devenu comme... comme un monstre d'orgueil.

Mais vous vous trompez pour Natasha

et moi.

Moi, dans la vie,

j'ai appris à ne pas désirer ce que je ne peux pas avoir.

Je passais du temps

avec Florian et Natasha.

-Tu filmes, Max ? -Oui.

-T'es sûr ? -Oui.

Je les accompagnais partout.

-Je recommence. Donne-moi

du mou. Allez ! -C'est bon ?

-Encore.

Vas-y, redescends-moi.

-J'ai vu leur relation se dégrader en direct.

Il exigeait de plus en plus d'elle.

-Allez, montre-moi ça.

Hou ! Tiens.

-Regarde.

-Oh là là ! C'est ouf. C'est ouf ! Bravo, putain.

-La veille de sa mort, je suis allé au camion pour préparer le matos.

Florian était parti grimper, et Natasha est venue me voir.

-Je n'y arrive plus.

Je n'arrive plus à y croire.

Je n'arrive plus à me projeter.

Je suis de plus en plus malheureuse avec lui.

-C'est à cause de l'histoire du mas ?

Je suis sûr que vous allez faire d'autres projets.

Flo n'est pas en forme, en ce moment,

mais ça va s'arranger. -Ce n'est pas que ça.

Ca me plaisait bien d'être la femme du champion, au début, mais...

J'existe plus nulle part. J'existe plus dans ses projets.

-Ne pleure pas. Ne te mets pas dans cet état.

Tu mérites d'être heureuse.

-Toi aussi, tu mérites mieux. T'es toujours là pour tout le monde.

On peut toujours compter sur toi. -C'est normal.

-Non. Ce n'est pas la norme.

-Et comment a réagi Florian ?

-Je suis parti, mais je sais que Florian et Natasha

se sont engueulés juste après. Le lendemain, quand j'ai rejoint Flo

au camion pour la vidéo, il n'était pas bien.

-Qu'est-ce que tu fous là, toi ? Tu peux repartir.

Les vidéos, c'est fini pour toi. -C'est à cause de Natasha ?

-Si c'est elle que tu cherches, elle n'est pas là.

-Arrête. C'était rien. -T'es sérieux ?

Dire que je te prenais pour mon pote alors que tu attendais

de me piquer ma meuf. -Flo, tu délires, là.

Natasha, c'est toi qu'elle aime. Elle est avec toi.

Depuis ta blessure,

tu vois tout en noir. Repose-toi

un peu quelques jours.

-Même toi, tu penses que je suis fini ?

-Je n'ai pas dit ça. -Tu crois qu'elle pourra t'aimer ?

Les femmes, ça veut être avec des champions. Pas avec

des losers.

-Savoir être à l'écoute, c'est une force. Tu pourrais le comprendre,

avec plus de compassion.

-De la compassion ? Bah vas-y,

montre-moi à quel point t'es fort, avec ta compassion à deux balles.

Vas-y, quoi ! Tu vas rester planté là comme une merde ?

C'est comme ça

que tu vas avancer ? Minable ! -Vas-y, je me casse.

-Tu vas où, là ? -Lâche-moi !

-T'es venu

pour quoi ? Bats-toi ! Bats-toi, sinon je te tue !

Allez !

Tu veux piquer ma meuf ?

Je suis un champion. Y a personne qui me pique ma meuf ! OK ?

Qu'est-ce que tu vas faire ? Qu'est-ce que tu vas faire ?

T'es qu'une merde !

Il halète.

...

-Je ne savais pas quoi faire.

Je suis reparti comme si rien ne s'était passé.

Et en passant devant la paroi

où on devait s'entraîner... -Tu vas rester planté là

comme une merde ?

Les femmes, ça veut être avec des champions. Bats-toi, putain !

Montre-moi à quel point t'es fort !

...

-Arrivé en haut, j'ai su que Florian avait tort.

C'est là que Numa m'a appelé. Il me disait que Natasha était partie

voir Florian, alors j'ai compris qu'elle allait découvrir le corps.

-Vous vous rendez compte ?

Il aura fallu la mort de Florian pour se prouver qu'il valait

quelque chose. Il ne s'est jamais senti légitime de ce qu'il faisait.

-Espérons que son avocat réussisse à prouver que sa défense, elle,

était bien légitime. -Espérons. Alors,

vous bluffez, maintenant ? -Comment ça ?

-"Des randonneurs vous auraient vu..."

-Avec vous, je suis à bonne école.

-Ah non, mais j'en peux plus. J'ai jamais vu ça.

C'est incroyable. Je sais pas où ils vont les chercher,

les stagiaires, mais la mienne bat tous les records.

Comme si j'avais le temps de la former.

-Félicité Dupin, 29 ans. Elle est déjà l'avocate pénaliste en vogue.

Elle a les dents longues. Il vaut mieux ne pas l'approcher

de trop près.

-Je me suis occupé de tout pour ce soir.

Hamburgers et projection de "La Guerre des boutons".

-l se lève tôt. Et le frigo déborde.

-Profites-en pour sortir. Je vais dormir sur le canapé.

-C'est sympa... -Je t'en prie.

Je vais me mettre en cuisine.

On se voit chez toi. Je m'occupe de tout.

-Je ne comprends pas pourquoi il s'investit autant pour Raphaël.

-Vraiment ?

Vous ne comprenez pas ? C'est pas auprès de Raphaël qu'il veut

se sentir indispensable, c'est auprès de vous.

-De moi ? -Oui.

-Et pourquoi ? Il va partir en Russie.

S'il veut repousser son départ,

je ne suis pas un bon prétexte. -Ce n'est pas à vous d'en juger.

-Je fais quoi pour qu'il me lâche ?

-Ouvrez-lui la porte, il arrêtera d'essayer de l'enfoncer.

Vous ne croyez pas ?

-Je vais essayer. Merci du conseil, Constance.

-Je vous en prie. -A demain.

-A demain.

-Maman !

Euh...

J'allais sortir. Papa gère

le petit. -Encore une urgence de boulot ?

-Je vais

boire un verre avec une amie. C'est une collègue, donc c'est un peu

un rendez-vous de boulot. J'y vais. -Ouais.

-T'as pu savoir

où il allait ?

-Il a rendez-vous avec une collègue. Il ne perd pas de temps.

-C'est peut-être

une vraie collègue. -Non, je l'ai vu la draguer

au palais. Cette fille m'a déplu. -Sinon, elle est mignonne ?

-Il a quitté Rebecca hier ! -Elle est mignonne.

Les Meyer ont toujours eu un goût exceptionnel pour les femmes.

Constance,

j'ai une idée. Si, au lieu de prendre cette séparation

comme la fin de quelque chose, on la prenait

pour un nouveau départ. -Comment ça ?

-Je ne parle pas de nous, je parle de notre fils.

Un peu de changement, ça ne peut pas

faire de mal. Surtout quand tout le monde

est content. -Tu commences à avoir trop souvent

raison. Ca va finir par m'énerver. -Papi ! Mamie !

Venez ! -Allez, viens.

Ce soir, je t'invite à voir un dessin animé.

-Oh ! J'adore.

On arrive, Tony !

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